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Jury :
J-C. CREBIER (Rapporteur)
J. MILLAN (Rapporteur)
[Link] (Examinateur)
S. LEFEBVRE (Examinateur)
J-B. QUOIRIN (Examinateur)
J-L. SANCHEZ (Examinateur)
Le travail effectué dans ce mémoire a été effectué au sein du groupe Intégration des
Systèmes de Gestion de l’Energie (ISGE) du Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des
Systèmes (LAAS) du CNRS à Toulouse.
Je voudrais remercier les collègues de bureau pour avoir rendue ce « séjour » si agréable,
Stéphane dont les blagues commencent à être aussi drôle que les miennes, Gabs qui a apporté
sa touche de folie dans le bureau et Julie pour ses blagues de haut vol, ses initiations aux jeux
et surtout son soutien dans les moments difficiles de la fin de thèse. Je voudrais remercier
aussi toute l’équipe photovoltaïque pour leur bonne humeur: Cédric (le maître power point),
Jeff (bon c’est quand qu’on se fait une soirée ?), ainsi que les petits nouveaux Alona (la reine
du déguise), Youssef (on fait une pause ?) et Marcos. Je tiens à adresser un remerciement
particulier à Mathieu qui a été un soutien durant les périodes difficiles de la thèse et surtout
qui apporté une aide énorme en salle blanche, sans jamais compter son temps. C’est grâce à
toi que j’ai pu arriver au bout, merci d’avoir été là pour moi. Je remercie également Gaétan et
Loïc, mes deux experts en simulation 2D. Enfin un gros merci à Thibaut pour sa grande
générosité qui n’a pas hésité à se lever très tôt pour ma soutenance et qui a toujours répondu
présent dès que j’avais besoin d’aide.
Enfin dans le désordre, je remercie Philippe MENINI (un tuteur pédagogique en or),
Alain CAZARRE, Pierre ALOISI (c’était un plaisir de partir en conférence avec toi), Claude
LAFFORE, Neermalsing SEWRAJ. Je m’excuse d’avance auprès de ceux que j’ai oubliés.
Je ne peux finir sans remercier mes parents et Greg qui m’ont soutenu patiemment durant
ces années de thèse avec tout leur amour.
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION GENERALE 9
Introduction 15
1.4. Objectifs 27
2. INTEGRATION DE LA FONCTION 28
2.1. L’intégration en électronique de puissance 28
3.2. Méthodologie 46
Conclusion 48
Introduction 51
1. DEFINITION DE L’ARCHITECTURE 51
1.1. Présentation de l’architecture et de son fonctionnement 51
2. SIMULATION PHYSIQUE 2D 59
2.1. Dimensionnement des composants 60
Introduction 95
1. DEFINITION DE L’ARCHITECTURE 95
1.1. Présentation de l’architecture et de son fonctionnement 95
Introduction 147
BIBLIOGRAPHIE 177
ANNEXE 185
INTRODUCTION GENERALE
Figure 1 : Les différents types de conversion possible et le nom usuel des convertisseurs suivant leur
fonction.
9
Introduction générale
et les entraînements industriels, les convertisseurs statiques sont maintenant présents dans la
gestion du réseau de distribution, l’électroménager, les appareils portables et l’automobile.
Certaines applications comme les systèmes de récupération de l’énergie (variateur de
vitesse, monte charge, systèmes à énergie renouvelable), nécessitent des convertisseurs
capables d’acheminer l’énergie d’un générateur vers un récepteur et inversement, du récepteur
vers le générateur : on dit qu’ils sont réversibles. Aujourd’hui, ces convertisseurs utilisent des
interrupteurs entièrement commandés en MLI (modulation de largeur d’impulsion) associés à
des capteurs et des alimentations auxiliaires, source de complexité et de coût élevé. Une
alternative intéressante et économique a été proposée par le laboratoire LAPLACE [2] sous la
forme d’un convertisseur statique auto-protégé, intégrant la fonction de protection au cœur du
mécanisme de commutation. Cette idée a permis de montrer la faisabilité de convertisseurs de
type redresseur et onduleur réversibles, dits à commutation automatique, mettant en œuvre
des interrupteurs auto-commutés dans lesquels la mise en conduction spontanée est obtenue
au passage par zéro de la tension et l’ouverture lorsque le courant dans l’interrupteur atteint
une valeur fixée. Les interrupteurs à commutation automatique doivent être autonomes du
point de vue de leur fonctionnement, c'est-à-dire qu’ils ne nécessitent ni alimentation
auxiliaire, ni circuit de commande et capteur externes. Ils permettent ainsi de proposer des
topologies simplifiées de convertisseurs [3] et possèdent tous les attributs pour viser une
intégration complète sur silicium avec tous les gains attendus sur le coût et la fiabilité.
Notre travail de thèse porte sur ces nouvelles fonctions interrupteur à auto-commutation,
et sur la recherche de solutions adaptées à leur intégration complète sur silicium. Plus
précisément, nous proposons de réaliser, par le biais de l’intégration fonctionnelle, un
interrupteur monolithique réversible en courant à auto-commutation, c'est-à-dire un thyristor
dual auto-blocable tel un disjoncteur. Deux voies sont explorées :
- une topologie basée sur un thyristor auto-amorçable doté d’un limiteur –disjoncteur.
Cette structure vient en continuité des travaux effectués sur l’intégration des
fonctions thyristor dual et micro-disjoncteur.
- et une nouvelle topologie basée sur un cœur IGBT.
Le premier chapitre expose les motivations et les objectifs du travail de thèse. Une fois le
cahier des charges de l’interrupteur défini, les différents modes d’intégration en électronique
de puissance sont abordés pour confirmer le choix de l’intégration fonctionnelle. Les
10
Introduction générale
La conception de la deuxième solution basée sur un IGBT est traitée dans le troisième
chapitre. Comme pour la première solution, l’architecture et le fonctionnement du circuit sont
présentés, ainsi que le dimensionnement des différents composants. La fin de ce chapitre se
consacre à l’intégration d’une fonction d’auto-alimentation, en particulier à l’étude d’un
nouveau procédé technologique permettant la réalisation conjointe de composants actifs et de
condensateurs 3D.
Le travail de conception des deux dispositifs s’achève dans le quatrième chapitre, avec le
design des masques. Enfin, la réalisation technologique des nouvelles structures intégrées et
les résultats de la caractérisation des puces sont présentés.
Pour conclure, un bilan comparatif des deux solutions sera effectué, à partir des résultats
obtenus tout au long de ce travail.
11
12
C HAPITRE I
INTEGRATION FONCTIONNELLE D’UN INTERRUPTEUR
AUTO-COMMUTE : LE THYRISTOR DUAL DISJONCTEUR
Sommaire
Introduction 7
1.4. Objectifs 19
2. INTEGRATION DE LA FONCTION 20
2.1. L’intégration en électronique de puissance 20
3.2. Méthodologie 38
Conclusion 40
13
14
CHAPITRE 1
Introduction
Des travaux menés au LAAS sur la fonction thyristor dual ont permis de réaliser, par le
biais de l’intégration fonctionnelle, un interrupteur blocable et dont la commande à
l’amorçage a été supprimée [4]. L’apparition ces dernières années d’un nouveau mécanisme
de commutation, appelé auto-commutation, nous motive à compléter cette fonction pour
obtenir un interrupteur ne nécessitant aucune commande à l’amorçage et au blocage, c'est-à-
dire un thyristor dual disjoncteur.
Après une présentation de la fonction thyristor dual disjoncteur, le cahier des charges du
dispositif à concevoir sera introduit. Puis le chapitre se focalisera sur la réalisation de
l’interrupteur auto-commuté. Nous nous intéresserons en particulier à l’intégration
fonctionnelle et ses spécificités ainsi qu’au procédé technologique associé. Enfin, une
méthodologie de conception sera définie.
15
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
a) b)
16
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
17
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
donc imposés par le circuit extérieur et les pertes dissipées sont beaucoup plus faibles que
dans le cas d’une commutation commandée car le point de fonctionnement longe les axes.
La classification des interrupteurs peut être établie à partir de différents critères. Le plus
couramment utilisé est fonction du nombre de segments de la caractéristique statique. La
signification de ces segments indique la bidirectionnalité ou non d’un interrupteur. C’est une
propriété importante car la réversibilité d’un convertisseur est obtenue grâce à la
bidirectionnalité (en courant et/ou en tension) des interrupteurs qui le composent. Avec ce
type de classement, il est possible d’envisager quatre types d’interrupteurs :
- Les interrupteurs unidirectionnels en tension et en courant. Leur caractéristique
possède deux segments, c’est le cas de la diode et des transistors.
- Les interrupteurs bidirectionnels en tension, comme le thyristor. Ils présentent une
caractéristique à trois segments (deux en tension et un en courant).
- Les interrupteurs bidirectionnels en courant qui présentent aussi une caractéristique à
trois segments (deux en courant et un en tension).
- Les interrupteurs bidirectionnels en courant et en tension, dont la caractéristique est
constituée de quatre segments. Seul le triac est capable d’assumer cette fonction seul.
Mis à part le thyristor et le triac, la synthèse des interrupteurs à trois et quatre segments
nécessite l’association de plusieurs composants. Par exemple, un interrupteur bidirectionnel
en tension peut être obtenu à l’aide d’un IGBT et d’une diode câblée en série. Mais des
solutions discrètes pour réaliser ces fonctions interrupteur présentent peu d’intérêt car elles
engendrent de nombreux inconvénients : augmentation des inductances de câblage, chute de
tension en direct, multiplication des commandes et utilisation de logique complexe,
alimentations auxiliaires volumineuses (coûteuses et sources de perturbations CEM) associées
à ces circuits de commande…Toutes ces raisons ont motivé la recherche de solutions
monolithiques pour réaliser de nouvelles fonctions interrupteur. Le thyristor dual est un
exemple d’interrupteur obtenu par le biais de l’intégration monolithique qui illustre
parfaitement l’intérêt de cette démarche.
18
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
La fonction thyristor dual s’est naturellement imposée car elle ne nécessite qu’une
commande au blocage : elle est moins complexe qu’un interrupteur bicommandé et elle
commute avec beaucoup moins de contraintes qu’un thyristor-diode. En effet, le blocage du
thyristor dual correspond à la mise en conduction d’une diode alors que l’amorçage du
thyristor-diode correspond au blocage d’une diode avec les problèmes liés à son
recouvrement. Mais à la différence du thyristor qui est une structure monolithique, la fonction
thyristor dual était quant-à elle obtenue en associant des composants de puissance de base
(transistor bipolaire, MOST, IGBT, diode) avec une logique de commande et une alimentation
auxiliaire (figure 4) [6].
19
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
Pour surpasser ces contraintes, le LAAS a développé une structure intégrée basée sur une
nouvelle démarche de conception. Son principe consiste à associer des briques
« fonctionnelles » intégrées, ou cellules élémentaires semi-conductrices, pour obtenir la
fonctionnalité complète.
Pour définir les différentes fonctions qui composent le thyristor dual, étudions ses
propriétés. Elles s’obtiennent en appliquant les règles de dualité à celle du thyristor : le
thyristor dual est un interrupteur bistable (à verrouillage de son état), réversible en courant, il
s’amorce spontanément au passage par zéro de la tension et il se bloque par une commande
pour des courants positifs. Or, le thyristor est le seul semi-conducteur de puissance disponible
à présenter un comportement bistable (à maintien de ses états) sous une polarisation directe (il
reste passant après la suppression de l’ordre de commande). Le dispositif permettant de
réaliser l’intégralité de la fonction thyristor dual est donc constitué d’une structure thyristor
complétée par une fonction d’auto-amorçage, une fonction de blocage, une fonction de
maintien de l’ordre de blocage après suppression de l’impulsion de commande et une diode en
antiparallèle assurant la conduction inverse [4] (figure 5).
20
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
MOS M3 qui initie le blocage du dispositif (par court-circuit cathode base du thyristor). Il
provoque ainsi l’augmentation de la tension anode cathode, ce qui permet de charger la grille
d’un second transistor M2 à travers un transistor MOS à canal préformé M4. Ce dernier
assure, par contre-réaction, l’alimentation de la grille du transistor M2 et donc la confirmation
du blocage et le maintien du court-circuit cathode-base, même lorsque la commande
impulsionnelle est supprimée. La coupe de principe de la structure est donnée sur la figure 6.
La structure intégrée de la fonction thyristor dual est relativement complexe mais elle a
permis de s’affranchir des contraintes de l’association discrète : le dispositif obtenu réalise la
fonctionnalité et ne nécessite aucune logique de commande, capteur et alimentation auxiliaire.
Ces problèmes récurrents en électronique de puissance sont ici traités par la réalisation de
briques spécifiques, en particulier :
- L’auto-alimentation à partir de la borne haute tension, grâce à des structures MOS
haute tension à canal préformé,
- Le blocage de thyristor par des structures MOS intégrables,
- Les fonctions de type auto-amorçage et/ou auto-blocage.
21
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
22
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
23
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
Citons pour information une troisième application qui peut être réalisée en associant les
deux cellules précédentes : le transformateur à courant continu réversible (figure 9). Son
principe de fonctionnement est le suivant : la cellule onduleur fonctionne grâce à l’inductance
magnétisante du transformateur et crée une source de tension alternative permettant la
commutation de la cellule redresseur. Ce montage réalise ainsi une liaison isolée entre deux
sources continues. L’utilisation de convertisseurs autonomes permet d’obtenir un dispositif
potentiellement hautement intégré à quatre bornes, similaire au transformateur classique
fonctionnant en alternatif.
24
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
a) b)
25
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
26
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
Figure 1. 10 : schéma de principe breveté du pont redresseur réversible et prototype industriel 400 V
triphasé / 25 kW réalisé par Cirtem.
1.4. Objectifs
Le travail de recherche présenté dans ce manuscrit propose de réaliser un interrupteur
monolithique bidirectionnel en courant à auto-commutation, c'est-à-dire un thyristor dual
disjoncteur (figure 11).
27
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
excellent candidat pour une intégration fonctionnelle sur silicium. En effet, cette intégration
monolithique a déjà montré, à travers les études menées notamment sur le thyristor dual et le
micro-disjoncteur, qu’elle offrait une solution intéressante pour la simplification des
structures au prix d’une plus grande complexité du dispositif silicium.
Pour concevoir l’intégration de l’interrupteur, nous avons défini un cahier des charges
qui fixe l’ensemble de ses caractéristiques électriques. Il impose, à l’état bloqué, une tenue en
tension VMAX de 600V pour être compatible avec des applications réseau monophasé dans le
contexte d’un prototypage de laboratoire. De plus, à l’état passant, la chute de tension V ON
aux bornes de l’interrupteur ne doit pas dépasser 2V pour un courant maximum IMAX de 2A.
La valeur du courant de disjonction a été choisie pour des raisons pratiques : cette valeur peu
élevée permet une surface totale de puce relativement petite. Nous pourrons obtenir un
nombre raisonnable de dispositifs par plaquette de silicium et ainsi anticiper les problèmes
d’inhomogénéités propres à la réalisation technologique. Enfin la tension VTH, qui correspond
à la tension effective de blocage, sera fixée à 4V.
Pour répondre à ce cahier des charges, nous proposons de développer deux architectures:
- Une topologie basée sur un thyristor auto-amorçable doté d’un limiteur-disjoncteur.
Cette structure vient en continuité des travaux antérieurs effectués sur l’intégration
des fonctions thyristor dual et micro-disjoncteur.
- Une topologie nouvelle basée sur un cœur IGBT.
2. L’intégration de la fonction
28
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
ainsi que du packaging et des interfaces entre la partie puissance et la commande. Mais
surtout l’intégration permet de réaliser des fonctions au cœur des composants et des substrats
pour gagner en performance ou pour créer des caractéristiques nouvelles sans complexifier et
sans « défiabiliser » la fonction première comme cela est généralement le cas en discret.
L’effort d’intégration en électronique de puissance, au niveau puce et assemblage, s’est
développé depuis une vingtaine d’années, tiré par des marchés de plus en plus nombreux
comme l’automobile, les transports, les appareils portatifs, la domotique, la gestion du réseau
de distribution, l’éclairage ou l’électroménager. D’énormes progrès ont été réalisés, d’une part
grâce à l’évolution des techniques d’isolation et d’autre part grâce aux avancées
technologiques de la microélectronique. Bien que les performances à optimiser pour les
composants de puissance soient différentes de celles des circuits intégrés (augmentation du
rapport V.A/mm2 pour les composants de puissance et augmentation du nombre de
transistors/mm2 pour les circuits intégrés), l’électronique de puissance a toujours bénéficié,
avec un certain décalage, du transfert des progrès technologiques réalisés dans le domaine des
circuits intégrés. Le décalage correspond à l’adaptation des caractéristiques électriques des
dispositifs aux exigences des applications de puissance, c’est-à-dire la prise en compte des
aspects d’isolation et de tenue en tension. L’un des exemples les plus importants est
l’introduction des technologies MOS (Métal Oxyde Semi-conducteur) dans le domaine des
dispositifs de puissance. Elle constitue l’étape décisive qui a marqué une rupture dans
l’évolution des composants de puissance tant sur le plan des performances que sur celui des
structures.
Jusqu’aux années 70, les composants de puissance étaient obtenus de façon discrète à
partir de technologies bipolaires. Mais 15 ans après les premières structures MOS en
microélectronique, l’électronique de puissance a pu bénéficier des avantages de ces nouveaux
transistors. Les structures MOS ont permis de s’affranchir des commandes en courant à faible
gain des dispositifs de puissance purement bipolaires. Les topologies des dispositifs ont
commencé ainsi à se simplifier et de nouvelles possibilités d’intégration sont apparues. Deux
évolutions majeures ont vu le jour :
- Les premiers travaux consistaient à adapter les structures MOS au domaine de
l’électronique de puissance et à améliorer leurs performances, notamment le compromis
résistance à l’état passant/tenue en tension. Ils ont abouti au développement des premiers
composants MOS de puissance, les structures verticales VDMOS [12] dont la résistance à
l’état passant a pu être fortement réduite grâce à la réduction des dimensions des canaux. Pour
la première fois la réduction des dimensions d’un composant de puissance a conduit à une
29
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
amélioration de ses performances, rejoignant ainsi le mode d’évolution des circuits intégrés.
Mais cette réduction des dimensions a été possible grâce à l’amélioration des procédés
technologiques de fabrication issus de la microélectronique (telle que la double diffusion
basée sur la réalisation de grilles en silicium polycristallin). L’introduction des technologies
MOS dans le domaine de la puissance a donc permis de créer une synergie entre les domaines
de la microélectronique et de la puissance et ainsi de faire bénéficier les dispositifs de
puissance des progrès réalisés en microélectronique. Cette évolution a conduit naturellement
au développement des circuits intégrés de puissance.
Ces travaux sur les composants MOS de puissance ont permis d’améliorer leurs
performances mais le compromis résistance à l’état passant/tenue en tension limite leur
utilisation dans la gamme des basses et moyennes tensions.
- Afin de profiter de la facilité de commande des structures MOS pour des dispositifs
adaptés aux applications hautes tensions, de nombreux travaux ont alors été développés au
début des années 80, pour étudier la possibilité de combiner des structures MOS et bipolaires.
Ces recherches ont donné naissance à une nouvelle famille de composants MOS-bipolaire
dont est issu l’IGBT (Insulated Gate Bipolar Transistor) [13], composant de puissance le plus
utilisé actuellement. Par la suite, des associations plus marginales comme le thyristor-MOS
ont fait leur apparition avec notamment le MCT (MOS Controlled Thyristor) [14-15], le BRT
(Base Resistance Thyristor) [16], l’EST (Emitter Switched Thyristor) [17]…Avec ces
nouveaux dispositifs, l’interrupteur se voit doter de nouvelles fonctionnalités de commutation.
L’intégration en électronique de puissance commence alors à s’orienter vers un nouveau
concept qui consiste à rajouter les fonctionnalités à l’interrupteur et non à ajouter aux circuits
intégrés un étage de puissance. C’est les débuts de l’intégration fonctionnelle où le composant
de puissance devient le cœur d’une fonction évoluée [18-19].
L’intégration dans le domaine de la puissance est une avancée considérable. Elle a
permis d’améliorer les performances des composants, et surtout de proposer de nouvelles
structures silicium. Les dispositifs réalisent ainsi des fonctionnalités de plus en plus complètes
et complexes. Mais la notion même d’intégration a évolué et actuellement différents modes
d’intégration sont envisageables suivant l’application visée. Toutes ces évolutions découlent
des avancées technologiques de la microélectronique. Cependant, les problèmes de
l’intégration ne se posent évidemment pas dans les mêmes termes qu’en électronique de
traitement du signal et de l’information. Les dispositifs de puissance intégrés doivent être
capables de supporter des densités de puissance importantes, de fortes contraintes thermiques,
des dI/dt et dV/dt élevés...Il paraît alors évident que l’intégration en électronique de puissance
30
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
ne peut être considérée comme une simple miniaturisation. Elle doit toujours se justifier par
un apport de solutions innovantes pour assurer des fonctionnalités bien identifiées.
L’intégration hybride
a)
b)
Figure 1. 12 : Exemple de module IGBT utilisé dans la traction ferroviaire [20] – a) module
convertisseur intégré à IGBT ouvert (200 A-600 V) et b) schéma d’assemblage du module électronique
de puissance.
L’intégration hybride se situe à mi-chemin entre l’intégration monolithique et le discret.
Elle permet d’associer sur un même substrat les divers composants mis en jeu dans la
réalisation d’une fonction de puissance « intelligente » grâce à l’utilisation simultanée de
matériaux conducteurs et isolants réalisant plusieurs fonctionnalités dont la fabrication
simplifiée permet une réduction des coûts (figure 12). Ce mode d’intégration est adapté aux
applications fonctionnant dans des gammes en puissance importante, typiquement pour des
densités de courant supérieures à 100 A/cm2 et des tensions se situant dans la fourchette 600
31
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
L’intégration monolithique
32
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
33
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
Pour des raisons évidentes de coût, l’isolation par jonction est préférée pour des
applications standard alors que l’isolation par diélectrique, très efficace (pas de courant de
fuite), reste réservée aux applications nécessitant une très bonne isolation. Ces différentes
techniques ne permettent pas d’assurer des isolations supérieures à quelques centaines de
volts. Ce mode d’association s’adresse donc à des applications de faibles puissance et sans
contraintes fortes d’isolement galvanique, c'est-à-dire l’électronique automobile, la téléphonie
mobile…
b. L’intégration fonctionnelle
Malgré les progrès réalisés par l’intégration Smart Power, un grand nombre
d’applications échappait à l’intégration monolithique. Ces applications qui constituent une
partie importante de la conversion d’énergie, concernent les fonctions alimentées à partir du
réseau de distribution électrique (230-400 V) et d’une façon générale les fonctions haute
tension (400-600 V), les fonctions de protection (qui travaillent sur des forts pics de courant),
les fonctions bidirectionnelles en tension et en courant…La particularité de ces applications
est de présenter de fortes contraintes d’isolement galvanique beaucoup trop élevées pour être
assurées par des procédés d’isolation utilisés en microélectronique. Une intégration
34
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
monolithique de type Smart Power n’est donc pas envisageable et une séparation matérielle
doit être réalisée entre l’élément de puissance et la partie traitement du signal.
Il est toutefois possible de proposer l’intégration de fonctions de commande et de
protection au plus près de l’interrupteur de puissance, c'est-à-dire d’intégrer la fonction
interrupteur galvaniquement isolée de la partie traitement du signal. Cette répartition permet
d’utiliser au mieux la surface délimitée par les terminaisons de jonction (réalisées pour
améliorer les tenues en tension du composant) et autorise l’utilisation des technologies CMOS
et BiCMOS les plus performantes pour la partie traitement du signal, qui sera réalisée sur une
autre puce. Mais pour tirer tous les bénéfices de cette intégration, la démarche doit être
différente de celle utilisée pour les circuits intégrés de puissance. Dans ces derniers, la partie
traitement du signal constitue le cœur du dispositif et impose sa technologie, laissant peu de
libertés de conception pour le composant de puissance. Au contraire, dans ce mode
d’intégration, la partie traitement du signal n’apparaît pas. Il paraît évident de privilégier la
partie puissance et de construire le dispositif autour de l’interrupteur qui devient alors le cœur
de la fonction. Cette démarche d’intégration fonctionnelle est l’inverse de celle adoptée pour
les circuits intégrés de puissance : La technologie de base devient celle du composant de
puissance et les fonctions supplémentaires sont intégrées en utilisant l’architecture de base de
l’interrupteur [27].
Etant données les gammes de tension et de courant visées pour ce type d’intégration, une
disposition verticale du composant de puissance s’impose. Elle autorise un meilleur étalement
des zones de charge d’espace à l’état bloqué et une meilleure répartition des lignes de courant
à l’état passant. La structure de base est donc constituée soit d’un agencement vertical N+/P/N-
/P+, pour les familles thyristor et IGBT, soit d’un agencement N+/P/N-/N+ pour les transistors
VDMOS et bipolaire. L’intégration des éléments annexes, qui doit utiliser au mieux cet
agencement de base, peut se faire soit en utilisant une région existante du composant de
puissance, soit à l’intérieur d’une région isolée de la haute tension pour les composants basse
tension [28]. A la différence des autres types d’intégration, la fonction de puissance ne résulte
donc pas de l’interconnexion de composants individualisés et isolés les uns des autres, mais
des multiples interactions électriques qui se créent entre les régions semi-conductrices
judicieusement disposées et dimensionnées. Au lieu de subir ou d’isoler ces interactions
naturelles souvent perçues comme parasites, elles sont ici exploitées pleinement comme
fondement même de la conception des dispositifs et permettent ainsi d’obtenir de nouvelles
fonctionnalités, inaccessibles en discret. Les premiers dispositifs de puissance, tels que les
35
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
thyristors et les triacs, ont émergé de ce principe. Par exemple, dans le cas du thyristor, la
mise en commun des deux régions de base des sections bipolaires permet d’obtenir un effet de
latch-up, phénomène inexistant si les deux transistors bipolaires sont associés de façon
discrète. L’introduction des technologies MOS dans le domaine de la puissance a constitué un
véritable tournant pour l’intégration fonctionnelle. Elles enrichissent le concept en lui offrant
une nouvelle dimension et permettent ainsi de superposer des fonctionnalités en surface aux
interactions bipolaires en volume. De nouvelles familles de composants ont ainsi pu être
développées associant la facilité de commande des transistors MOS et les hautes capacités en
courant des dispositifs bipolaires : les associations MOS-thyristor [15] et les associations
MOS-bipolaire dont l’IGBT est un des exemples les plus représentatifs. Ce dernier a connu,
depuis son introduction au cours des années 1980, un développement industriel important et
son champ d’application ne cesse de croître.
36
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
fonctionnalités sont moins complexes que celle obtenues par Smart power. Mais l’intégration
fonctionnelle permet d’envisager une nouvelle approche de l’intégration monolithique qui
favorise le développement de nouvelles fonctions de puissance répondant aux besoins de la
conversion d’énergie (figure 15).
Synthèse
Chaque mode d’intégration est adapté à des gammes de puissance et des applications
spécifiques, résumées dans le tableau 1.
Mode Gamme de courant Exemples Commentaires
d’intégration et de tension d’application
Fonction de
commutation de
Traction ferroviaire
puissance élémentaire
Intégration hybride I>50A et V<6,5 kV Alimentation
(interrupteur) optimisée
industrielle
en densité de courant et
W/cm2
Enrichissement de la
fonction de puissance :
fonction de
Applications réseau
Intégration commutation de
I<50 A et V<3,3 kV ou fonctions
fonctionnelle puissance avec ses
spécifiques
fonctions « vitales »
(protection, commande
et alimentation)
Fonction de traitement
de l’information dotée
Smart power et Automobile
I<10 A et V<400 V d’une fonction de
HVIC Téléphonie mobile
commutation de
puissance
37
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
38
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
étapes technologiques spécifiques, illustré sur la figure 16, est le résultat de l’évolution d’une
filière technologique flexible, décrite dans le prochain paragraphe. L’évolution de cette filière
découle des progrès réalisés ces dernières années dans les techniques utilisées dans le
domaine des microtechnologies : la gravure profonde du silicium par RIE (gravure ionique
réactive), les dépôts chimiques en phase vapeur haute pression (CVD) ou basse pression
(LPCVD), les dépôts de résine épaisses, les dépôts électrochimiques, la thermomigration
d’aluminium... Une partie des travaux actuels s’oriente vers le développement d’étapes pour
la réalisation de nouvelles fonctionnalités de stockage de l’énergie, d’isolation, de
transmission de commandes isolées qui font intervenir des matériaux diélectriques,
magnétiques, ferro-électriques ou piezo-électriques, externes aux filières silicium classiques.
Ces étapes spécifiques devront être intégrées dans le procédé de fabrication des composants
de puissance et permettront à terme de concevoir des structures de puissance intégrant en leur
cœur des éléments actifs et passifs et ainsi de développer de nouvelles fonctionnalités qui
tendent à se rapprocher des micro-systèmes. Dans le futur, les interrupteurs intégrés qui
comprendront leur commande, leur protection et peut être même leur refroidissement seront
donc des objets hétérogènes 3D à l’image de certains microsystèmes développés aujourd’hui.
39
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
40
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
photolithographies double face …). Le processus est composé d’un enchaînement d’étapes de
base correspondant à la réalisation d’une structure de type IGBT, qui constitue le cœur de la
filière. A ces étapes de base peuvent être ajoutées des étapes spécifiques permettant de réaliser
de nouvelles fonctionnalités plus complexes sans modifier les caractéristiques électriques des
composants de base.
Le substrat de départ est de type N dopé à 1014 cm-3 et l’épaisseur des plaquettes est de
300 µm. Comme pour tous les composants de puissance, la réalisation des terminaisons de
jonction et la matérialisation de la région d’anode face arrière sont considérées comme des
étapes de base placées en début du procédé de fabrication. De plus, le principe d’auto-
alignement impose la réalisation de la grille en début du processus technologique, avant toutes
les étapes d’implantation ionique et de redistribution thermique. Les briques technologiques
de base s’enchaînent donc de la façon suivante :
- Terminaisons de jonction
- Anode face arrière
- Grille en polysilicium dopé N
- Caisson P
- Caisson P+
- Cathode N+
- Ouverture contacts et métallisation
41
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
Oxydation de masquage
Les plaquettes sont enfournées à 700 °C, et subissent une montée lente en température
jusqu’à 1070 °C sous atmosphère d’oxygène sec. Toutes les étapes d’oxydation sont suivies
sur le palier de température de 15 minutes sous azote, ce qui permet d’arrêter la réaction
d’oxydation à haute température et de purger le four. La descente en température se fait sous
ambiance neutre (azote).
N2 O2 O2 + H2 O2 N2
1070°C
20’ 30’ 60’ 60’ 15’
N2 40’ 90’ N2
700°C 700°C
Oxydation de masquage
Terminaison de jonction
Nous avons choisi pour cette filière des terminaisons de jonctions de type JTE optimisées
précédemment au LAAS [43] pour des tenues en tension situées dans la gamme 600-1200 V.
Ces terminaisons de jonction sont réalisées en périphérie des dispositifs par implantation
ionique de bore avec une faible dose. Le caisson P-, ainsi réalisé, est ensuite redistribué sous
ambiance oxydante. L’implantation de bore se fait avec une énergie de 50 keV et une dose de
2,5.1012 cm-2. L’oxyde de champ alors créé présente une épaisseur d’environ 6400 Å. Les
doses et énergies d’implantation sont choisies pour obtenir en fin de processus de fabrication
une dose active dans le silicium de 1,3.1012 cm-2 correspondant à la tenue en tension
maximale [44]
Etape de redistribution du P-
42
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
Les anodes P+ sont réalisées par implantation ionique de bore sur la face arrière sans
auto-alignement par rapport à la grille. L’énergie d’implantation est de 50 keV, et la dose est
de 1.1016 cm-2. La redistribution de ces régions se fait d’une part, lors de la réalisation de
l’oxyde de grille effectuée à 1000°C, et d’autre part lors des redistributions des caissons P et
des cathodes N+ de la face avant à 1150°C. A la fin du processus de fabrication et après toutes
les étapes thermiques, la concentration en surface obtenue est de 3.1019 cm-3 pour une
profondeur de jonction de 7,2 µm.
Oxyde de grille
L’oxyde de grille des dispositifs MOS est réalisé par oxydation thermique du silicium. Le
profil thermique de cette étape a été optimisé à la centrale technologique du LAAS pour
obtenir une épaisseur d’oxyde de 550 Å. Les dix minutes à 700°C sous azote après
l’enfournement permettent d’uniformiser la température du four ainsi que la répartition des
gaz, en vue d’obtenir une épaisseur d’oxyde la plus homogène possible sur chaque plaquette
et également sur l’ensemble des plaquettes introduites dans le four.
O2 sec N2
1000°C
60’ 30’
O2 sec 60’
75’ N2
N2
700°C 700°C
10’
43
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
d’éviter cette exodiffusion des atomes de phosphore. Le dopage du polysicium est donc
réalisé à partir d’un prédépot d’une source liquide POCL3. La résistivité obtenue varie de
1.10-3 Ω.cm à 7.10-4 Ω.cm dans les cas extrêmes. La couche d’oxyde créée lors de cette étape
thermique a une épaisseur d’environ 500 Å.
N2 + O2
N2 + O2 + source N2 + O2
950°C
5’ 15’ 5’
Dopage du polysicilium
Les régions P matérialisent les sources et drains des transistors PMOS, les bases des
thyristors et des IGBTs et les substrats des transistors NMOS. Elles sont réalisées par
implantation ionique de bore et sont auto-alignées par rapport à la région de polysilicium de
grille. La dose implantée est de 1.1014 cm-2 et l’énergie de 50 keV. A l’issue du bilan
thermique complet, on obtient une concentration en surface de 6.1017 cm-3 et une profondeur
de jonction de 4,8 µm. Dans ces conditions, la concentration en surface maximale sous la
grille est de 1.1017 cm-3.
Il est à noter que l’utilisation de la grille pour effectuer un auto-alignement conduit à
l’obtention d’une région de canal présentant un dopage variable entre source et drain des
transistors NMOS (zone de diffusion latérale des régions P). Afin d’obtenir un recouvrement
de ces caissons P sous la grille, en fonction de leur profondeur (4,8 µm), la longueur de grille
est fixée à 4 µm.
Les régions P+ sont utilisées pour matérialiser les courts-circuits des dispositifs IGBT et
MOS-thyristor mais également les cathodes des diodes antiparallèle et les prises de contacts
substrat des transistors NMOS. Ces caissons sont réalisés par implantation ionique de bore
avec une dose de 1.1016 cm-2 et une énergie de 50 keV. La redistribution du P+ est commune
avec la redistribution des caissons P. A l’issu du bilan thermique complet, la région P +
présente une concentration en surface de 3.1019 cm-3 et une profondeur de jonction de 7,1 µm.
44
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
N2
1150°C
200’
N2 60’ 110’ N2
700°C 700°C
Redistribution P et P+
Les régions N+ matérialisent les cathodes des dispositifs thyristor et IGTB ainsi que les
zones de source et de drain des transistors NMOS. Elles sont réalisées par implantation
ionique d’arsenic et utilisent la protection de la région de grille pour assurer l’auto-
alignement. Avec une dose d’implantation de 1016 cm-2 et une énergie de 100 keV on obtient,
à la fin du processus technologique, une concentration en surface de 1020 cm-3 et une
profondeur de jonction de 1 µm.
N2
1150°C
15’
N2 60’ 110’ N2
700°C 700°C
Redistribution N+
Contacts et métallisation
Le dépôt de la couche de nitrure (Si3N4) d’isolation se fait dans un four LPCVD à une
température de 750°C pendant 44 minutes. L’épaisseur obtenue est de 1000 Å. Cette couche
de nitrure ainsi que l’oxyde de grille sont ensuite gravés pour ouvrir les contacts. Ces étapes
sont suivies d’une métallisation d’aluminium de 1 µm par sputtering. Le même procédé est
effectué sur la face arrière. En fin de processus, un recuit de l’aluminium est effectué à 450°C
pendant 20 minutes.
45
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
Le processus de base, qui vient d’être décrit, est composé d’étapes simples, sans
difficulté technologique particulière. Il est conçu pour réaliser des IGBTs ou des thyristors,
mais on peut aussi obtenir des transistors MOSFET à enrichissement basse tension (PMOS et
NMOS) et des diodes. D’autres types de composants (transistor MOSFET à canal préformé,
thyristor-MOS, diode antiparallèle, condensateur…) sont obtenus en ajoutant au processus de
base des étapes spécifiques, compatibles avec les étapes de base, dont quelques unes sont
mentionnées sur la figure 17. Par exemple certaines fonctions de commande et de protection
sont basées sur la réalisation de transistors MOS à canaux préformés nécessitant une étape
spécifique d’implantation ionique à travers le silicium polycristallin de grille. La réalisation
de cellules MOS sur les deux faces de la plaque impose le développement de
photolithographie double face ou une étape spécifique de collage de plaque (wafer bonding).
Pour obtenir des dispositifs symétriques en tension, une étape spécifique de réalisation de
murs verticaux P+ traversant la plaquette peut être réalisée en début de processus [ref olivier
causse]…
3.2. Méthodologie
Le travail du concepteur consiste à réaliser, à partir d’un cahier des charges définissant la
fonctionnalité de l’interrupteur de puissance et les performances souhaitées, une structure
monolithique correspondante. Ce travail fait appel à différentes approches :
- Une approche système et électrique. Dans un premier temps, il faut définir d’un point
de vue électrique la fonction, c'est-à-dire proposer un schéma électrique adapté à
l’application visée et qui assure la fonctionnalité requise par le cahier des charges.
- Une approche physique. La fonction et les caractéristiques électriques d’un dispositif
basé sur le concept d’intégration fonctionnelle sont définies par la topologie,
l’agencement et les paramètres physiques (profils de dopage) des régions semi-
conductrices de chaque cellule de l’architecture choisie. La seconde étape consiste
donc à traduire le schéma électrique par un agencement tridimensionnel dans le
cristal des plus judicieux. Pour cela, le concepteur doit dimensionner physiquement et
géométriquement les régions de chacune des cellules de l’architecture en prenant en
compte leurs propriétés électriques individuelles, mais aussi leurs interactions
électriques. Cette étape nécessite l’utilisation des outils de simulation 2D car ils
46
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
47
Chapitre 1 Intégration du thyristor dual disjoncteur
Conclusion
48
CHAPITRE II
INTERRUPTEUR AUTO-COMMUTE A THYRISTOR
Sommaire
Introduction 43
1. DEFINITION DE L’ARCHITECTURE 43
1.1. Présentation de l’architecture et de son fonctionnement 43
2. SIMULATION PHYSIQUE 2D 51
2.1. Dimensionnement des composants 52
49
50
CHAPITRE 2
Introduction
La solution développée dans ce chapitre consiste à synthétiser une fonction thyristor dual
disjoncteur à partir d’un thyristor classique. Il faudra doter ce dernier de fonctions annexes
permettant la gestion de l’amorçage et de l’auto-blocage.
Des travaux menés au LAAS sur une structure thyristor-MOS auto-amorçable ont montré
que cette structure présentait un intérêt pour l’intégration de la fonction thyristor-dual [47].
C’est sur la base de cette étude que nous proposons une première topologie pour la réalisation
d’un interrupteur auto-commuté.
Après avoir présenté l’architecture et étudié son fonctionnement, ce chapitre se focalisera
sur le dimensionnement physique et géométrique du dispositif à l’aide des outils de simulation
2D. Ce dimensionnement permet de préparer la conception des masques et la réalisation
technologique qui seront présentées dans le chapitre 4.
1. Définition de l’architecture
Architecture
51
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
52
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Fonctionnement
Dès qu’une tension positive est appliquée sur l’anode du dispositif, le canal préformé du
thyristor-MOS (figure 2) conduit et vient alimenter la base de la section PNP (courant
d’électrons Ie), qui entre alors en conduction. En parallèle, des trous sont injectés de l’anode
vers la région de base N-. Suite à la fermeture de la section PNP, ces porteurs peuvent franchir
la jonction N-/P fortement polarisée en inverse. Un courant de trous (IBNPN) circule alors
latéralement dans la région de base P et provoque une chute de tension à travers sa résistance
RGK. Comme cette région n’est pas court-circuitée à la cathode N+, la chute de tension devient
spontanément suffisante pour entraîner la mise en direct de la jonction P/N+ (jonction
émetteur/base de la section NPN), et ce pour un niveau de courant de trous nettement plus
faible que dans le cas d’un thyristor classique où la cathode est court-circuitée à la base P. La
section NPN devient conductrice, entraînant la circulation d’un courant d’électrons de la
cathode N+ à la région de collecteur N-. La section NPN vient donc à son tour alimenter la
base de la section PNP. Cette action régénératrice des deux transistors bipolaires couplés de la
structure, appelée effet thyristor, provoque le verrouillage du thyristor et ainsi la fermeture du
dispositif. Un courant peut alors circuler à travers le thyristor-MOS et le canal préformé du
NMOSFET M2 placé en série (figure 1).
Le courant qui traverse la structure augmente. Lorsque la valeur de blocage (IMAX) est
atteinte, le transistor M2 entre en saturation, ce qui limite le courant et entraîne
l’augmentation de la tension aux bornes du dispositif. Le générateur de courant M4 réagit à
cette augmentation de potentiel à ses bornes en générant un courant qui va charger la capacité
grille source du transistor M3 de blocage. Ce dernier entre alors en conduction et joue le rôle
de court-circuit de la jonction base émetteur de la section NPN du thyristor. La résistance à
53
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
54
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Paramètres
Etapes Relations
ajustables
Dopage et
[2.1] dimensions du canal
de M1
Auto
Dimensions et
amorçage
[2.2] dopage de la région
P de gâchette du
thyristor
[2.3]
Maintien Dimensions et
de dopage du canal de
l’amorçage M2
[2.4]
Amorçage
55
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
d’espace s’étend car la jonction drain substrat est en inverse. Les porteurs sont repoussés et le
canal est pincé. Si l’on augmente le dopage du canal, il faut un champ électrique plus
important pour repousser les charges, entraînant une tension de saturation, et donc un courant
de saturation, plus élevés. Il en est de même lorsque le rapport de la largeur sur la longueur du
canal (Z/L) est augmenté.
Le gain en courant du transistor PNP est un paramètre difficile à maîtriser car il dépend
du dopage, des dimensions des différentes régions et du niveau de polarisation. Cependant, la
base de la section PNP est très large et peu dopée pour obtenir une bonne tenue en tension,
son gain en courant est donc naturellement très faible.
Si l’on se réfère à la relation (2.1), deux autres paramètres peuvent être ajustés : RDSONM2
et RGK. La résistance à l’état passant du limiteur M2 dépend de sa tension de seuil et des
dimensions de son canal qui définissent aussi le courant de saturation. Or, ce niveau de
courant correspond au courant maximum (IMAX) défini par le cahier des charges. Le seul
paramètre qui pourra être modifié est la résistance RGK qui traduit la résistivité de la région P
de gâchette du thyristor. Rappelons que la résistivité d’une région dépend de ses dimensions
et de son dopage.
Les deux paramètres principaux d’ajustement sont donc IDSATM1 et RGK.
Maintien de l’amorçage
D’après l’équation (2.3), les seuls paramètres ajustables sont le facteur de forme et la
tension de seuil du limiteur de courant M2, car le courant d’anode maximum IAMAX et la
tension de seuil du transistor MOS de blocage VTM3 sont imposés par le cahier des charges
(IMAX et VMAX respectivement). Ces deux paramètres dépendent du dopage et des dimensions
du canal préformé, à travers le facteur Z/L et la mobilité des électrons.
Auto-blocage
56
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
[2.7]
[2.8]
Avec N la mobilité des électrons dans le canal, COX la capacité d’oxyde de grille, Z et L les
largeur et longueur du canal, et VT la tension de seuil.
Or la tension de seuil du transistor MOS de blocage correspond à la tension maximum à l’état
passant du dispositif (VMAX), imposée par le cahier des charges. Il semble donc à ce niveau
que la seule condition à respecter soit l’inégalité (2.5), c'est-à-dire obtenir un KPM3
suffisamment élevé en jouant sur les dimensions.
Maintien du blocage
D’après la relation (2.6), il faut diminuer la résistance à l’état passant de M3, RDSONM3,
soit adapter les dimensions du canal (longueur et largeur) et le dopage de la région de substrat
P (IDSATM1 étant un paramètre de l’auto-amorçage).
Remarques
Nous avons envisagé seulement des modifications des couches semi-conductrices. Les
caractéristiques électriques des MOSFETs et du thyristor-MOS dépendent également des
57
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
58
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
En conclusion, cette première solution est particulièrement intéressante d’un point de vue
technologique, mais son comportement électrique sera très sensible aux paramètres
technologiques.
2. Simulation physique 2D
La conception d’un dispositif basé sur le concept d’intégration fonctionnelle consiste à
dimensionner physiquement et géométriquement les régions semi-conductrices de chacun des
composants de l’architecture en prenant en compte leurs propriétés électriques individuelles,
mais aussi leurs interactions électriques. Ce travail nécessite l’utilisation des outils de
simulation physique 2D car ils permettent une description physique et géométrique de la
structure (la structure est décrite à partir des profils de dopage des régions semi-conductrices)
et de traduire un certain nombre d’interactions électriques au sein du cristal.
Dans un premier temps, les composants de l’architecture sont dimensionnés séparément.
Pour cette étape nous utilisons les outils MDRAW (description de la structure et de son
maillage) et SDEVICE (spécification des modèles physiques pris en compte et des modèles de
résolution numérique) de SENTAURUS TCAD. En chaque point du maillage, le simulateur
résout numériquement les équations fondamentales des semi-conducteurs (équations de
continuité et de Poisson). Il fournit ainsi le comportement électrique du composant ainsi que
des informations sur la distribution interne de variables telles que les concentrations de
porteur, les lignes de courant, le champ électrique ou le potentiel [48].
Lorsque les caractéristiques électriques des composants concordent avec le cahier des
charges, les structures 2D obtenues sont associées et insérées dans une cellule de
commutation. Cette étape est réalisée à l’aide de l’outil MIXED-MODE de SENTAURUS
TCAD qui permet de coupler des composants issus de la simulation physique à des éléments
de type SPICE. L’intérêt de cette démarche est de pouvoir vérifier le bon dimensionnement
des cellules et de tester le comportement du circuit complet.
59
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Mise à part la tenue en tension VOFF du dispositif (qui doit être supportée par les deux
éléments de puissance du dispositif, le thyristor et le générateur M4) et la tension
VONTHYRISTOR (qui dépend de l’injection de l’anode et de la région de base N-), ces grandeurs
correspondent à des tensions de seuil, des tensions de pincement et des courants de saturation
de NMOSFETs. Elles sont fixées par les paramètres physiques des couches semi-conductrices
se situant sous la grille, c’est à dire les régions P et les canaux préformés.
Les structures des composants haute tension du dispositif sont basées sur un
enchaînement vertical de type P+/N-/P/N+ pour le thyristor-MOS, et N+/N-/P/N+ pour le
générateur M4. La tenue en tension directe de ces composants est assurée par la jonction
60
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Pour la première simulation, la structure du composant est définie avec les profils de
dopage (une combinaison (CS, XJ)) de la filière technologique. Si les caractéristiques
électriques obtenues à l’aide de la simulation ne concordent pas avec le cahier des charges,
une nouvelle combinaison (CS, XJ) du caisson P est testée. Dans le cas contraire, les valeurs
de CS et XJ sont stockées, et une nouvelle combinaison est testée. On obtient ainsi pour
chaque composant une « bibliothèque » de valeurs (CS, XJ). Pour les composants à canaux
préformés, la même démarche est appliquée pour les profils des canaux. Mais il faut être
conscient qu’il sera impossible de remonter aux paramètres technologiques correspondant
réellement au profil de dopage de ces régions, car la simulation process ne permet pas de
modéliser convenablement l’étape d’implantation à travers le polysilicium. Pour ces régions,
61
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
les résultats obtenus seront purement qualitatifs. Mais ils permettront de tester le
fonctionnement complet du dispositif avec les niveaux de courant et de tension souhaités.
Pour rappel, les caractéristiques physiques des différentes couches semi-conductrices
obtenues à partir du procédé technologique de la filière flexible sont résumées dans le tableau
2.
N+ Gaussien 1020 1
N- Constant 1014 -
P Gaussien 6.1017 5
P+ Gaussien 3.1019 7
Tous les composants réalisés sont de type multicellulaire : des cellules élémentaires
identiques sont associées en parallèle pour que le calibre en courant soit respecté (chaque
cellule fait transiter un faible pourcentage du courant total). Ce type de réalisation implique
qu’une seule cellule de 1 µm de longueur suffit pour définir la structure à partir de la
simulation physique 2D. Le niveau de courant désiré est obtenu par l’ajout d’un facteur
multiplicatif affectant la longueur de la cellule lors de la simulation électrique. La profondeur
des cellules simulée est de 300 µm. Cette dimension correspond à l’épaisseur des plaquettes
utilisées lors de la réalisation technologique.
Le thyristor-MOS
62
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
a. Dimensions
La surface du dispositif est définie à partir de la densité de courant admissible. Dans le
cas d’un composant de puissance, comme le thyristor-MOS, la densité classique est de 100
A/cm2. La valeur nominale du courant circulant à travers le composant est de 2 A. Le thyristor
doit être capable de transiter un courant légèrement supérieur au courant nominal. Nous
choisissons une valeur de courant de 2,3 A, soit 15 % de plus que la valeur nominale. La
surface occupée par le composant est donc : 2,3 / 100 = 0,023 cm2.
Les simulations sont effectuées à partir d’une structure de 35 µm de large. Pour obtenir la
même surface, la longueur de la cellule (appelée area factor ou facteur multiplicatif) est donc
de 66667 µm. Il faut remarquer que la longueur de la cellule correspond à la longueur totale
de la grille de la section MOS.
b. Profils de dopage
La caractéristique statique visée pour l’état passant du thyristor-MOS est un courant de 2
A pour une chute de tension inférieure à 2 V (1 V dans le meilleur des cas). Elle dépend de la
résistivité de la région de base N- et du niveau d’injection de l’anode, c'est-à-dire de son profil
de dopage. Les paramètres de la région N- ne sont pas modifiables car ils correspondent aux
caractéristiques du substrat de silicium et ils fixent la tenue en tension du dispositif. Seul le
profil de dopage de la région P+ d’anode peut être ajusté. Une première simulation avec les
profils de dopage de la filière flexible est effectuée. La caractéristique statique du thyristor-
63
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Pour obtenir les caractéristiques électriques de la section MOS M1, l’anode de type P+ en
face arrière est remplacée par une région N+ correspondant à l’électrode de drain. La source
de M1 correspond à la région N+ en face avant et le substrat à la région P. Les simulations
effectuées donnent les caractéristiques ID(VDS) pour une tension VGS nulle. Les valeurs
correspondant à celles visées sont reportées dans le tableau 3 ainsi que les profils de dopage
de la région P et du canal. Examinons les résultats obtenus.
Profil région
P (CS [cm-3]) 2e+17 3e+17 4e+17 5e+17 6e+17
XJ = 4,8 µm
Profil canal
(CS [cm-3])
1,5e+17 2e+17 2,5e+17 3e+17 3e+17 3,5e+17 3,5e+17 4e+17 4,5e+17 5e+17
XJMAX=0,15
µm
VDSAT [V] 0,1 0,3 0,1 1 0,1 0,3 0,1 0,2 0,2 0,6
IDSAT [A] 2e-6 1,5e-5 4e-5 1e-2 6e-6 8e-4 2e-6 2e-4 7e-5 5e-3
64
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
former, sa concentration en surface doit être plus importante que celle de la région P au
niveau de la grille. Les résultats de simulation montrent effectivement que plus le CS de la
région P est élevé, et plus le CS du canal est important (tableau 3).
Le choix du profil de dopage de la région P dépend des limitations technologiques. En
effet, l’implantation du canal à travers le polysilicium nécessite une dose et une énergie
d’implantation plus élevées que pour une implantation classique dans le silicium. Par
exemple, pour obtenir un canal avec un CS de 1e+18 cm-3 et un XJ de 0,1 µm pour une
épaisseur de polysilicium de 240 nm, il faut une énergie d’implantation de170 keV et une
dose de 3e+14 cm-2 [42]. La quantité de dopant sous la grille, c'est-à-dire la concentration en
surface du canal, est donc limitée. La concentration en surface de la région P ne doit pas
excéder 6e+17 cm-3 car cela nécessiterait des concentrations en surface du canal trop
importantes pour être réellement obtenues.
En outre, une concentration en surface de la région P inférieure à 2e+17 cm-3 n’est pas
souhaitable car le Cs du canal serait très faible. L’implantation à travers le polysilicium est
une étape délicate, et l’épaisseur de polysilicium peut être légèrement différente de celle
prévue. Dans le cas de faibles doses implantées (c'est-à-dire de faibles concentrations en
surface pour le canal), il existe un risque de masquage qui, dans le pire des cas, peut empêcher
la formation du canal. Par exemple, une épaisseur plus importante de polysilicium peut
réduire la dose réellement présente dans le silicium et le canal ne sera pas formé.
Enfin, il est à noter que la profondeur de jonction de la région P est restée fixée à 4,8 µm.
Cette valeur n’a pas été modifiée à cause du bilan thermique complet du procédé
technologique. Les profondeurs de jonction sont définies principalement par les étapes
thermiques. La modification de l’une de ces étapes entraînerait des changements sur
l’ensemble des profils de dopage des régions implantées.
Vérifions le fonctionnement du thyristor-MOS avec les dimensions et les profils du tableau 3
(figure 6).
65
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Sur la figure 7 est reportée la caractéristique électrique IA(VAK) du composant avec une région
P de concentration en surface 4e+17 cm-3 et 3,5e+17 cm-3 pour le canal préformé. Le thyristor-
MOS présente une chute de tension de 1 V pour un courant de 2 A. La caractéristique ne
présente pas de retournement à l’amorçage comme pour un thyristor classique. Il s’agit d’un
amorçage spontané de type diode obtenu grâce à la section MOS, dès que la tension VAK
atteint 0,8 V (tension nécessaire pour polariser en direct la jonction anode P+/ base N-), et
grâce au fait que la cathode et la région P ne sont pas court-circuitées (RGK très grande).
66
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Le limiteur de courant M2
a. Profils de dopage
Les simulations, effectuées sur une cellule de 1 µm de longueur, conduisent à la
caractéristique ID(VDS) à VGS nulle. Dans le tableau 4 sont reportés les profils de dopage qui
correspondent à des tensions VDSAT inférieures à 1 V.
67
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Cs ([cm-3])
région P 2e+17 3e+17 4e+17 6e+17
XJ=4,8 µm
Profil
canal
3,5e+17 ;0,1 1,5e+17 ;0,3 3e+17 ;0,15 5e+17 ;0,1 5e+17 ;0,15 6,5e+17 ;0,1
Cs[cm-3]
;XJ[µm]
IDSAT [µA] 13 14 14 12 14 13
Les profils de dopage de M2 sont soumis aux mêmes limites technologiques que le
thyristor-MOS à cause de la réalisation de son canal dans une zone de double diffusion
latérale de la région P. La concentration en surface du substrat P est donc comprise entre 2 e+17
cm-3 et 6e+17 cm-3.
Les dopages du canal présentés dans le tableau répondent à trois critères :
- Le canal est complètement formé,
- La tension de saturation VDSAT est inférieure à 1 V,
- Le phénomène d’avalanche n’apparaît que pour des tensions VDS supérieures à 5V.
Le dernier point limite la valeur du courant de saturation que peut fournir M2 car sa
structure latérale n’est pas adaptée pour des tensions importantes.
b. Dimensions
Dans le tableau 5 sont reportées, pour les profils de dopage du tableau 4, les longueurs de
cellule, c'est-à-dire la longueur de grille de M2, nécessaires pour obtenir un courant de
saturation de 2 A à VGS nulle.
68
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Région P
XJ=4,8 µm
Profil
canal
3,5e+17 ;0,1 1,5e+17 ;0,3 3e+17 ;0,15 5e+17 ;0,1 5e+17 ;0,15 6,5e+17 ;0,1
Cs[cm-3]
;XJ[µm]
Longueur
de grille 153846 142857 142857 166667 142857 153846
[µm]
Le NMOSFET de blocage M3
69
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
a. Profil de dopage
Le canal de M3 se crée dans la zone de double diffusion latérale des régions P de
substrat. La valeur de la tension de seuil dépend du profil de dopage de cette région. Pour
déterminer la combinaison (CS, XJ) de la région P qui permet d’obtenir une tension de seuil de
3 V, une cellule de 1 µm de longueur est simulée. Les résultats reportés dans le tableau 4 sont
issus des caractéristiques ID(VGS) pour VDS= 1 V.
Profil région P
-3
(2e+17 ,4,8) (3e+17 ,4,8) (4e+17 ,4,8) (5e+17 ,4,8) (6e+17 ,4,8)
(CS [cm ], XJ [µm])
VSEUIL [V] 1,7 2,3 2,7 3,2 3,6
Deux profils donnent des valeurs de tension de seuil se rapprochant de la valeur fixée,
(4e+17 cm-3 ; 4,8 µm) et (5e+17 cm-3 ; 4,8 µm).
b. Dimensions
La valeur du courant de saturation est définie par le nombre total de cellules, c'est-à-dire
par la longueur de grille.
Pour déterminer la valeur du courant de saturation de M3 nécessaire pour bloquer le
dispositif, des simulations sont effectuées sur les structures thyristor-MOS dimensionnées
précédemment. Elles sont insérées dans un circuit qui reproduit le principe de blocage du
NMOS M3, en injectant un courant négatif sur la gâchette du thyristor. Le circuit de test est
70
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
constitué d’un générateur de tension en série avec une résistance, connectés à l’anode du
thyristor (figure 12). Un générateur de courant négatif est relié à la gâchette (région P).
71
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Profil région
P thyristor
2e+17 3e+17 4e+17 5e+17 6e+17
(CS [cm-3])
Xj = 4,8 µm
Profil canal
M1
(CS [cm-3]) 1,5e+17 2e+17 2,5e+17 3e+17 3e+17 3,5e+17 3,5e+17 4e+17 4,5e+17 5e+17
XJMAX=0,15
µm
IDSAT M3
660 663 653 658 646 650 640 643 630 638
[mA]
Longueur de
grille [mm] 165 165,7 163,2 164,5 161,5 162,5 160 160,7 157,5 159,5
= IDSAT / 4e-6
72
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
La diode Zéner ZD
La diode Zéner protège la grille du transistor M3 lorsque le dispositif est à l’état bloqué,
en maintenant une tension de l’ordre de 10-15 V à ses bornes. Sa structure est constituée
d’une région N+ implantée dans une région P (figure 16).
Le principe de fonctionnement de ce type de structure est basé sur l’effet d’avalanche. Sous
polarisation inverse, une zone de charge d’espace se développe au niveau de la jonction P/N +.
Dès que le champ électrique dans cette zone atteint une certaine intensité (environ 105 V/cm),
les porteurs libres accélérés par le champ acquièrent suffisamment d’énergie pour créer par
73
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
collision avec le réseau cristallin de nouvelles paires électrons-trous [49-50]. Les porteurs
ainsi générés provoquent à leur tour la création d’autres paires. Ce phénomène est possible si
la largeur de la zone de charge d’espace est plus grande qu’un libre parcours moyen d’un
porteur. La tension Zéner VZ présente aux bornes du composant lors de l’effet d’avalanche,
dépend de la largeur de la zone de charge d’espace et du dopage des deux régions. Dans notre
cas, la jonction est fortement dissymétrique, VZ dépend donc essentiellement de la région la
plus faiblement dopée soit la région P.
Une diode avec une largueur de cathode de 200 µm (figure 17) est testée pour différents
dopages de la région P. La structure utilisée pour la simulation est très proche de celle réalisée
technologiquement. Nous réaliserons aussi des diodes Zéner de 100 µm et 300 µm de
longueur de cathode. Les valeurs de VZ obtenues à partir des caractéristiques IK(VKA) sont
reportées dans le tableau 8.
Profil région P
-3
(2e+17 ,4,8) (3e+17 ,4,8) (4e+17 ,4,8) (5e+17 ,4,8) (6e+17 ,4,8)
(CS [cm ], XJ [µm])
VZ[V] 12,5 11,5 11 10,5 10
Les résultats sont cohérents : plus le dopage diminue, plus la valeur de la tension Zéner
augmente car la zone de charge d’espace s’étend plus facilement. Cependant, la longueur de
la cathode peut aussi modifier la tension Zéner. Le courant inverse de la Zéner est issu de
l’électrode de cathode. Il traverse la jonction P/N+, puis circule dans la région P le long de la
74
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Le générateur de courant M4
75
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
a. Profils de dopage
Pour cette étape, les simulations, effectuées sur une cellule de 1 µm de profondeur,
conduisent à la caractéristique ID(VDS) à VGS nulle. Rappelons que la source de M4
correspond à la région N+ en surface, le substrat à la région P et le drain à la région N+ en face
arrière.
Les profils de dopage de M4 sont soumis aux mêmes limites technologiques que le
thyristor-MOS car la réalisation de leur canal est identique: implantation du canal à travers le
polysilicium de grille dans la zone de diffusion latérale de la région P. La concentration en
surface du substrat P est donc comprise entre 2e+17 cm-3 et 6e+17 cm-3.
De même pour les concentrations en surface du canal préformé : la limite inférieure
correspond à la valeur minimum pour laquelle le canal est formé, la limite supérieure
correspond à la valeur maximum pour laquelle la tension VDSAT est inférieure à 1 V.
Dans le tableau 9 sont reportés les profils de dopage qui correspondent à des tensions
VDSAT inférieures à 1 V.
Profil région
P
(2e+17 ,4,8) (3e+17 ,4,8) (4e+17 ,4,8) (5e+17 ,4,8) (6e+17 ,4,8)
-3
(CS [cm ];
Xj [µm])
CS canal
[cm-3]
1,5e+17 2e+17 2,5e+17 3e+17 3e+17 3,5e+17 3,5e+17 4e+17 4,5e+17 5e+17
XJMAX=0,15
µm
VDSAT [V] 0,1 0,3 0,1 1 0,1 0,3 0,1 0,2 0,2 0,6
IDSAT [A] 3e-11 2,3e-8 6e-10 1,6e-7 9e-11 1,3e-8 3e-11 3e-9 1e-9 7e-8
Dans ce tableau figurent aussi les valeurs du courant de saturation. Elles sont utilisées
dans le paragraphe qui suit pour déterminer la longueur de grille de M4.
76
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
b. Dimensions
La valeur du courant de saturation est définie par le nombre total de cellules, c'est-à-dire
par la longueur de grille. Rappelons que M4 doit charger rapidement la grille de M3 et
polariser ZD dans sa zone de régulation. La condition relative à la diode Zéner signifie que le
courant de saturation de M4 doit être supérieur au courant de saturation inverse de ZD pour la
polariser dans sa région de « coude », soit :
[2.9]
Le dimensionnement de la diode Zéner réalisé précédemment donne un courant inverse
IZMIN de l’ordre de 1e-9 A.
Pour compléter le dimensionnement de M4, il faut vérifier par simulation que son
courant de saturation est suffisant pour charger rapidement la capacité de grille de M3. Pour
faciliter cette étape, des simulations de type « gate charge » sont effectuées sur le transistor
M3 afin d’évaluer sa capacité d’entrée. C’est une méthode simple permettant de définir la
charge nécessaire à fournir en entrée du composant pour le rendre conducteur [51]. Le
principe consiste à injecter un courant constant sur la grille du composant pour que celle-ci se
charge jusqu’à atteindre une tension de référence. Pour cette simulation, un générateur de
tension de 2V en série avec une résistance de 10 Ω sont connectés sur le drain du NMOSFET.
Le générateur de courant connecté à la grille impose un courant constant de 1e-5 A (figure 19).
Sur la figure 20 sont reportées les courbes de VDS(t), VGS(t)et ID(t) obtenues pour un
NMOSFET M3 de concentration en surface 4e+17 cm-3 pour la région P.
77
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Elles se divisent en trois phases. Seule la première, de t0 à t1, est nécessaire car elle
correspond au temps de charge de la capacité d’entrée pour que la tension grille source
dépasse le seuil de conduction. Le choix d’un courant de grille constant permet de remonter
facilement à la valeur de la capacité vue de l’entrée par l’expression suivante :
[2.10]
ΔVGS correspond à la tension de seuil de M3, soit 2,5 V, Δt correspond à (t1-t0) et I le
courant de grille soit 1e-5 A. La capacité d’entrée de M3 a donc pour valeur 0,36 nF.
Pour charger rapidement cette capacité, il faut fournir un courant de grille élevé. Un
temps de charge de l’ordre de la centaine de nanosecondes est une durée raisonnable pour la
mise en conduction de M3. Par exemple, le courant nécessaire pour fermer M3 en 220
nanosecondes est de 3,5 mA. Dans le tableau 10 sont reportées les longueurs de cellule
nécessaires pour obtenir un courant de saturation de 3,5 mA.
78
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Profil région P
(2e+17 ,4,8) (3e+17 ,4,8) (4e+17 ,4,8) (6e+17 ,4,8)
-3
(CS [cm ; Xj [µm])
CS canal [cm-3]
2e+17 3e+17 3,5e+17 5e+17
XJMAX=0,15 µm
Certains profils de dopage ont été écartés car le nombre de cellules était trop important.
Si un courant de saturation plus élevé est choisi, le temps de charge diminuera. Mais pour
minimiser le courant de fuite du dispositif auquel M4 contribue, il convient de choisir une
valeur de courant de l’ordre du mA. De plus, le courant admissible par la diode Zéner impose
une limite supérieure au courant de saturation de M4. Pour une densité de courant classique
de 40 A/cm2, le courant maximum admissible par la diode Zéner de 100 µm de largeur de
cathode est de 4 mA. La valeur de 3,5 mA pour le courant de saturation de M4 est un bon
compromis entre le temps nécessaire pour la mise en conduction du dispositif, et le courant
total admissible par les diodes Zéner proposées.
79
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Synthèse
Tous les composants dimensionnés présentent une ou plusieurs combinaisons (CS, XJ)
possibles pour leur région P. Pour minimiser le nombre d’étapes technologiques, il convient
de retenir une combinaison (CS, XJ) commune à l’ensemble des composants. D’après les
résultats précédents, les caractéristiques retenues pour la région P de tous les composants du
circuit sont : une concentration en surface de 4e+17 cm-3 et une profondeur de jonction de 4,8
µm. Dans le tableau 11 sont répertoriées les longueurs de cellule des composants au terme de
ce dimensionnement.
Générateur
Thyristor- Limiteur MOS de Diode
Composant de courant
MOS M2 blocage M3 Zéner
M4
Longueur de cellule
66667 166667 162500 270000 400
[µm]
Il est à noter que les composants annexes au thyristor-MOS ont des dimensions
importantes. Pour le limiteur M2, il est difficile d’obtenir une surface plus faible, car c’est un
composant basse tension qui doit faire circuler un courant important. Du fait de sa structure
latérale, il faut un nombre de cellules important pour obtenir le niveau de courant désiré. De
même pour M3, qui doit dévier un courant important pour bloquer le thyristor. Seules les
dimensions de M4 auraient pu être plus faibles, mais nous préférons diminuer le nombre
d’étapes technologiques plutôt que de réduire la surface silicium.
Les composants sont maintenant associés de façon discrète et insérés dans une cellule de
commutation (figure 22). Le circuit de simulation proposé est volontairement simplifié afin de
focaliser l’étude sur les caractéristiques essentielles des composants conçus tout en étant
parfaitement représentatif des cycles de commutation rencontrés dans une application réelle
(amorçage, état passant, blocage, état bloqué, conduction inverse). Ainsi, le circuit est
constitué d’une source de tension continue, d’un générateur de courant triangulaire et d’une
diode de roue libre qui sont des éléments circuit de type SPICE fournis par le logiciel de
simulation. Le générateur de courant doit être impérativement alternatif pour assurer la mise
80
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
en conduction de la diode antiparallèle. Pour faciliter l’interprétation des résultats, nous avons
choisi une forme de courant triangulaire.
A conditions initiales nulles, l’ensemble du circuit est au repos. Dès que le courant IG
fourni par le générateur devient positif, il est dérivé dans la section MOS du thyristor
permettant l’amorçage de l’interrupteur. Ce courant circule alors à travers la branche
thyristor-limiteur et constitue le courant principal IA de l’interrupteur (figure 23). Quand le
courant principal IA atteint la valeur du courant de limitation fixé à 2 A, VAK a pour valeur 2
V. Le limiteur M2 entre alors en saturation, et la valeur de son courant de drain est limitée à 2
A. La saturation du NMOSFET M2 conduit à une augmentation rapide de la tension à ses
bornes, entraînant l’augmentation de la tension VAK aux bornes du dispositif. Cette tension est
appliquée à la grille du transistor MOS M3 qui devient conducteur. Le courant principal IA se
répartit alors de la façon suivante :
- Une partie circule à travers la cathode du thyristor et le limiteur. La valeur de ce
courant est imposée par le courant de saturation du limiteur.
- La deuxième partie est déviée au niveau de l’électrode de la région P du thyristor-
MOS et circule à travers le transistor NMOS M3 : c’est le courant de drain de M3. Sa
valeur correspond à la différence entre la valeur imposée IA et la valeur du courant de
drain du limiteur, soit IA-2 A.
81
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Etude du blocage
82
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
[2.11]
Le courant IA n’est pas limité et il a pour valeur au moment du blocage 3 A et non 2 A.
Le fonctionnement de ce circuit implique que la valeur du courant au moment du blocage est
toujours supérieure à la valeur IMAX de limitation. Pour réduire la valeur de IA au moment du
blocage, il faut diminuer la valeur du courant minimum de drain de M3 nécessaire pour
bloquer le dispositif. Rappelons son expression :
[2.12]
avec RGK la résistance de la région de base de la section NPN du thyristor, αPNP le gain en
courant de la section PNP du thyristor, IDSATM2 le courant de saturation de M2 et IMINDM3 le
courant minimum de drain de M3 capable de bloquer le dispositif.
Dans l’analyse présentée au début de ce chapitre, nous avions conclu qu’il n’était pas
souhaitable de modifier cette caractéristique électrique car les trois paramètres intervenant
dans l’équation sont soit imposés par le cahier des charges (IDSATM2), soit des paramètres
importants pour une autre phase de fonctionnement (RGK pour l’amorçage, et αPNP pour la
tenue en tension à l’état OFF). Cependant, la modification du gain de la section PNP du
thyristor est moins critique que celle de RGK car le dopage et les dimensions de la région N-
offrent une tenue en tension de 1200 V, soit deux fois plus que le VOFF demandé. Une marge
de manœuvre est donc permise sur ce paramètre.
Pour évaluer l’influence du gain sur l’expression de IMINDM3, dérivons l’expression
donnée par l’équation 12 par rapport à αPNP :
[2.13]
83
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
La dérivée de IMINDM3 est toujours positive quelle que soit la valeur de αPNP, ce qui
signifie que la valeur de IMINDM3 évolue dans le même sens que αPNP. Pour diminuer la valeur
du courant de blocage il faut donc diminuer le gain de la section PNP du thyristor.
Le gain αPNP dépend de l’injection de l’anode, soit du dopage de la région P+ en face
arrière, et de la résistivité de la région de base N-. Des simulations sont effectuées avec un
dopage moins important de l’anode (CS= 6e+17 cm-3) et en augmentant l’épaisseur de la base
(400 µm) de la section PNP. Les résultats obtenus (figure 24) montrent une légère diminution
de la valeur du courant IA au moment du blocage. Mais ces modifications s’accompagnent
aussi d’une détérioration de l’état passant du dispositif. Comme la réduction n’est pas
significative, il est préférable de ne pas modifier le gain αPNP et de conserver un courant de
blocage IA de 3 A.
Variante
84
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Le circuit est testé en appliquant différents potentiels sur la grille de M2. Le courant
principal IA du dispositif est reporté sur la figure 25 pour une tension VGS de -1 V et 1 V.
Pour des tensions VGS négatives, c'est-à-dire pour des niveaux de saturation inférieurs à 2
A, la fonctionnalité est obtenue. Dans le cas de VGS= -1 V, le dispositif s’ouvre quand IA= 1,3
A au lieu de 3 A pour VGS nulle. Cependant, pour des niveaux de saturation supérieurs, il est
impossible de bloquer le dispositif. En effet, l’ensemble du circuit a été dimensionné pour un
niveau de limitation de 2 A. Pour des niveaux inférieurs, le NMOSFET M3 bloque le
dispositif car il est surdimensionné. Au contraire pour des niveaux supérieurs, comme c’est le
cas lorsque VGS=1 V, le MOS de blocage est sous dimensionné et il ne peut dévier
suffisamment de courant pour ouvrir le dispositif.
85
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
l’étalement en bordure de zone active, mais, entre les différentes régions P des composants, le
principe d’auto-blindage est utilisé : des zones de charge d’espace (ZCE) se créent autour des
jonctions P/N-. Les équipotentielles se répartissent dans la ZCE en suivant la courbure de la
jonction. Si la distance entre deux régions P, de même potentiel ou de potentiel proche, est
inférieure à environ 40 µm, alors les zones de charges d’espace se rejoignent, et les
équipotentielles se lissent.
L’ensemble des régions P du dispositif est à un potentiel nul ou faible (12 V pour la
région P de substrat de M4 et 0 V pour le reste des composants). Il suffit de laisser une
distance de séparation inférieure à 40 µm entre les différentes cellules pour que les zones de
charge d’espace se rejoignent. L’isolation est ainsi assurée sans avoir recours à des techniques
d’isolation complexes.
Enfin, pour simplifier la structure et diminuer la surface du dispositif, certains
composants partagent la même région P : M3, M2 et AD (figure 26). Cette mise en commun
est électriquement possible car la région P de substrat de M2 et de M3 et la région P d’anode
de AD sont reliées à la cathode du dispositif. ZD aurait pu aussi être réalisée dans la même
région P, mais sa région N+ de cathode atteint un potentiel de 12 V pendant l’état OFF du
dispositif. Par sécurité, il est préférable de réaliser ZD indépendamment de l’association M2-
M3-AD. La coupe 2D de principe de la structure intégrée du dispositif que nous proposons est
représentée sur la figure 26.
86
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
obtenue car la fermeture du dispositif n’a pas lieu. Pour déterminer l’origine de ce
dysfonctionnement, examinons la répartition des lignes de courant dans la structure. A
l’instant où la fermeture aurait dû avoir lieu, le courant circule de l’anode vers la cathode
(figure 27). Les lignes de courant sont issues de la région N+ en face arrière, elles traversent la
région N- de drift et accèdent à la cathode N+ par le canal préformé de la section NMOSFET
du thyristor. Ce n’est plus le thyristor qui transite le courant principal du dispositif, mais un
VDMOSFET parasite créée par l’anode N+ en face arrière et la section MOS du thyristor.
Les régions réalisées en face arrière sont toutes reliées à la même électrode : la région P+,
qui matérialise l’anode du thyristor, est connectée à la région N+ qui représente le drain de M4
et la cathode de AD. Quand une tension positive est appliquée entre l’anode et la cathode du
dispositif, le courant d’anode traverse la jonction N+/N- plutôt que la jonction P+/N- du
thyristor car sa résistivité est plus faible. Par conséquent, l’anode P+ du thyristor ne peut pas
injecter de porteurs dans la région N- et la jonction P+/N- reste bloquée, interdisant la
fermeture du thyristor.
Le courant latéral qui traverse la région de drift N- crée une chute de tension au dessus de
la région P+ en face arrière. Si cette chute de tension atteint 0,7 V, la jonction P+/N- se polarise
en direct. Des trous peuvent alors être injectés dans la région N- et le thyristor-MOS se ferme.
87
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
La chute de tension qui se développe ne dépend que de la résistance vue par le courant à cet
endroit de la structure. Pour polariser en direct la jonction P+/N-, il faut donc augmenter la
distance séparant la région N+ et la région P+ en face arrière ou augmenter la longueur de la
région P+. La deuxième solution entraîne une augmentation de l’injection de l’anode, soit une
augmentation du gain αPNP. Suite à l’étude de l’influence de αPNP sur le blocage du dispositif,
cette solution ne sera pas retenue.
Des simulations du dispositif complet sont réalisées pour établir la distance nécessaire au
déclenchement du thyristor entre les régions P+ et N+ face arrière. Rappelons que le thyristor-
MOS utilisé est très sensible au déclenchement à cause de sa région P flottante (la région N+
de cathode n’est pas connectée à la région de gâchette P). Cela signifie qu’à la différence des
structures thyristors classiques, la caractéristique I(V) ne présente pas de retournement.
88
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
Profils région P
(4e+17 ; 4,8) (4,5e+17 ; 4,8) (5e+17 ; 4,8)
-3
(CS [cm ]; Xj [µm])
Pour compléter ces simulations, des plaquettes tests ont été réalisées sur des substrats N
de dopage constant 1e+14 cm-3. Les différentes doses de bore utilisées pour les simulations ont
89
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
été implantées avec une énergie de 50 keV. Ces plaquettes ont été ensuite analysées par SIMS
(Secondary Ion Mass spectrometry), qui est une méthode de caractérisation chimique
destructive [54]. Elle est basée sur la détection des ions secondaires produits sous l’effet d’un
bombardement d’ions primaires incidents. L’impact d’un ion ou d’une molécule possédant
une énergie de quelques keV produit l’émission de rayonnement et de particules de natures
différentes : des photons, des électrons secondaires, des particules neutres, des ions
secondaires positifs et négatifs caractéristiques de l’échantillon. Ces derniers sont extraits,
analysés et quantifiés. Cette étape est répétée à différentes profondeurs de l’échantillon afin
de reproduire le profil de dopage dans le silicium.
Les résultats de l’analyse SIMS sont comparés aux résultats de simulation pour vérifier la
validité des modèles utilisés et confirmer le choix de la dose à implanter. Sur la figure 29 sont
reportés les profils de dopage de la région P obtenus par simulation et par analyse SIMS pour
une dose implantée de 6,5e+13 cm-2. Les deux profils se caractérisent par une concentration en
surface de 4e+17 cm-3 et une profondeur de jonction de 4,8 µm (profondeur où la concentration
est égale à 1e+14 cm-3, soit la concentration du substrat).
Conclusion
90
Chapitre 2 Interrupteur auto-commuté à thyristor
avantages apportés par le thyristor : amorçage rapide grâce à la section MOS du thyristor et
faible chute de tension à l’état passant malgré la présence du limiteur en série. Cependant, les
simulations électriques ont montré que le blocage d’un tel dispositif est difficile à réaliser car
pour stopper l’effet thyristor, il faut extraire un courant important de la gâchette du thyristor.
Le NMOSFET de blocage présente de ce fait une surface importante. Il est à noter que son
sous dimensionnement peut conduire à l’échec de la fonction. Le limiteur M2 présente lui
aussi une surface importante car cet élément basse tension en série avec l’interrupteur de
puissance, doit transiter le courant IMAX du dispositif.
Ces dernières remarques motivent l’étude d’une deuxième solution bâtie cette fois-ci
autour d’un IGBT, composant facilement blocable et qui sature naturellement, contrairement
au thyristor.
91
92
CHAPITRE III
INTERRUPTEUR AUTO-COMMUTE A IGBT
Sommaire
Introduction 87
1. DEFINITION DE L’ARCHITECTURE 87
1.1. Présentation de l’architecture et de son fonctionnement 87
2. SIMULATION PHYSIQUE 2D 96
2.1. Dimensionnement des composants 96
93
94
CHAPITRE 3
Introduction
La seconde topologie est construite autour d’un IGBT, composant aujourd’hui très
répandu et relativement facile à commander à l’ouverture et à la fermeture. Comme dans le
cas de la solution précédente, il faudra doter ce composant de fonctions annexes pour obtenir
les conditions de commutation souhaitées. Toutefois, à la différence de la structure thyristor,
la phase de mise en conduction de l’IGBT nécessite l’application et le maintien d’une tension
de commande. Cette condition implique la réalisation d’une source auxiliaire d’alimentation
capable de fournir l’énergie nécessaire à la mise en conduction de l’IGBT au passage par zéro
de la tension.
Après avoir présenté l’architecture et étudié son fonctionnement, ce chapitre se focalise
sur le dimensionnement physique et géométrique du dispositif à l’aide des outils de simulation
2D. La dernière partie du chapitre concerne l’étude menée en vue de l’intégration d’une
fonction d’auto-alimentation.
1. Définition de l’architecture
95
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Grille
Cathode
Sense
La détection du courant est réalisée par l’IGBT-sense (figure 1). Lorsque le courant
principal atteint la valeur IMAX, le courant de sense provoque la fermeture d’un interrupteur
qui assure le court-circuit grille-cathode de l’IGBT, initiant ainsi le blocage. Deux solutions
sont envisageables :
– L’interrupteur de blocage est un thyristor et le courant de sense est directement utilisé
pour contrôler sa fermeture (figure 2).
– L’interrupteur de blocage est un NMOSFET et il est nécessaire de passer par une
conversion courant-tension à l’aide d’une résistance (figure 2).
Dans le cas d’un blocage par thyristor, lorsque celui-ci a totalement déchargé la grille de
l’IGBT, le courant traversant ce thyristor s’annule et ce dernier s’ouvre. Pour éviter que la
grille de l’IGBT ne se trouve à l’état de haute impédance, on doit maintenir le court-circuit
grille-cathode par une cellule de maintien du blocage. Cette cellule, déjà présente dans la
première topologie, est constituée par l’ensemble M4, ZD et M3.
Dans le cas d’un blocage par un transistor MOS, dès que la tension de grille de l’IGBT
commence à décroître, le courant principal diminue ainsi que le courant de sense. La tension
de commande appliquée au transistor NMOS décroît à son tour et le court-circuit grille-
cathode de l’IGBT n’est plus assuré. L’ensemble IGBT-NMOS entre alors dans un mode de
fonctionnement de type linéaire, et il faut prévoir une cellule permettant d’obtenir le blocage
complet de l’IGBT. Là encore, c’est la cellule M4-ZD-M3 qui assure cette fonction.
Pour rendre conducteur un IGBT, il faut appliquer et maintenir une tension de l’ordre de
la dizaine de volts sur sa grille. Ceci ne pose aucune difficulté si l’on dispose d’une source
d’alimentation externe. Par contre, si l’on envisage un fonctionnement autonome de l’IGBT et
des circuits associés, ceci ne peut être réalisé qu’à partir d’une source d’énergie propre
96
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
capable d’alimenter la grille, même lorsque l’IGBT est à l’état passant. Une auto-alimentation
[40] est donc nécessaire (figure 2). Celle-ci est constituée d’un condensateur mis en série avec
une diode D et un transistor NMOS à déplétion M1. Lorsque l’IGBT est à l’état bloqué, le
condensateur se charge à travers M1 et D pour atteindre une valeur de tension voisine de la
tension de Zéner de ZD. La diode D évite la décharge du condensateur à travers la diode de
corps de M1 lors de la conduction de la diode AD.
Le transistor PMOS MP permet d’aiguiller la charge du condensateur vers la grille de
l’IGBT. Lorsque l’IGBT est bloqué, le potentiel de grille de MP est tel que celui-ci est à l’état
bloqué et isole ainsi le condensateur. Lorsque la tension aux bornes de l’IGBT décroît (mise
en conduction de la diode AD), le potentiel de grille de MP diminue. Ce dernier entre en
conduction et transmet la charge stockée par le condensateur à la grille de l’IGBT qui est alors
prêt à conduire.
Une étude analytique du circuit s’avère complexe car celui-ci comporte des mailles
capacitives soumises à des potentiels variables. Seules des simulations peuvent nous donner
les informations nécessaires au dimensionnement des différents composants. De ce fait, nous
97
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
n’énoncerons dans cette partie que les conditions évidentes permettant un fonctionnement
correct du circuit en régime statique.
Figure 3. 3 : Définition des courants et tensions utilisés pour l’analyse du circuit, version blocage par
thyristor.
Figure 3. 4 : Définition des courants et tensions utilisés pour l’analyse du circuit, version blocage par
NMOSFET.
Etat passant
Lors de l’état passant, aucun dispositif de blocage ne doit entrer en conduction tant que le
niveau de courant de disjonction n’est pas atteint.
Donc, tant que :
98
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
[3.1]
- La tension aux bornes de l’IGBT doit être inférieure à la tension de seuil du
NMOSFET M3 de maintien du blocage, jusqu’à ce que le courant de disjonction IMAX soit
atteint (figures 3 et 4) :
[3.2]
- La tension de la jonction gâchette-cathode du thyristor de blocage doit rester inférieure
à 0,7 V (figure 3) :
[3.3]
avec ISENSE courant de gâchette du thyristor et RGK résistance de la région P.
- La tension aux bornes de la résistance RS doit être inférieure à la tension de seuil du
NMOSFET de blocage (figure 4) :
[3.4]
L’équation (3.2) permet de dimensionner l’IGBT et le NMOSFET M3. La tension
VCESAT, qui correspond à la chute de tension maximale à l’état passant, est fixée par le cahier
des charges. Elle dépend de la résistivité de la région P/P+ court-circuitée à la cathode N+. La
tension de seuil de M3 est ajustée à travers la région de substrat P, en particulier sa
concentration en surface. Les équations (3.3) et (3.4) relatives aux interrupteurs de court-
circuit de grille donnent une première indication pour le dimensionnement de ces composants
ainsi que de la région émetteur sense de l’IGBT, qui sera déterminée plus précisément lors de
l’étude de la phase de blocage.
La deuxième condition pour maintenir l’IGBT passant concerne le PMOSFET MP qui
assure la connexion entre la grille de l’IGBT et le condensateur de l’auto-alimentation. Il faut
que la tension VGS de MP reste inférieure à sa tension de seuil :
[3.5]
donc
[3.6]
99
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
La tension aux bornes du NMOSFET M4 est négligée car le courant qui le traverse
correspond au courant inverse de la diode Zéner. Ce courant est très faible et la tension aux
bornes de M4 est proche de zéro.
Comme précédemment, VCESAT est fixée par le cahier des charges et, pour obtenir une
bonne caractéristique de l’IGBT à l’état passant, nous choisissons une valeur de 10 V pour
VCAPA (la tension de seuil de l’IGBT est de l’ordre de 5 V). La tension de seuil de MP est
ajustée à partir du dopage de sa région de substrat N.
[3.7]
[3.8]
où ISENSE MAX est le courant de gâchette produisant le déclenchement du thyristor.
De même, pour fermer le NMOSFET de blocage, la tension aux bornes de la résistance
RS doit atteindre sa tension de seuil (figure 4) :
[3.9]
Il est à noter que les équations (3.8) et (3.9) permettent de dimensionner les interrupteurs
de court-circuit (thyristor ou NMOSFET) et la partie sense de l’IGBT.
Le courant de déclenchement du thyristor est réglé à partir de la résistivité de sa région P
de gâchette (profil de dopage et dimensions). Il faut ensuite déterminer le nombre de cellules
de l’IGBT qui seront dédiées à la partie sense.
La tension de seuil du NMOSFET de blocage est ajustée à partir du dopage de sa région
de substrat. Il faut choisir une valeur de résistance et une valeur de courant de sense (un
nombre de cellules à émetteur de sense) qui permettent d’obtenir cette tension de seuil.
100
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Etat bloqué
[3.10]
Dès que la diode Zéner entre en régime de limitation de tension, le potentiel de grille de
M3 cesse d’augmenter et a pour valeur VZ. M3 doit donc être conducteur avant que la tension
de Zéner ne soit atteinte car sinon il sera impossible de le fermer :
[3.11]
Les équations (3.2) et (3.11) permettent de fixer la valeur de la tension de seuil de M3 qui
dépend en particulier de la concentration en surface des régions P de substrat situées sous la
grille. La tension Zéner dépend quant-à elle du dopage de sa région P d’anode.
La diode Zéner ne limitera la tension appliquée sur les grilles de M1, MP et M3 que si le
courant de saturation du NMOSFET M4 est suffisant pour polariser correctement la diode
Zéner au delà de la tension de coude :
[3.12]
Le courant de saturation de M4 sera ajusté à partir du dopage de la région P de substrat,
du dopage de son canal et de sa largeur. Pour compléter son dimensionnement, il faudra
vérifier par simulation que son courant de saturation est suffisant pour charger la capacité
équivalente vue de sa source (capacités de grille de MP et de M3) lors des phases transitoires.
Une fois la grille de l’IGBT chargée, la tension VGS du PMOSFET MP doit devenir
supérieure à la tension de seuil de MP pour entraîner son ouverture et ainsi déconnecter la
grille de l’IGBT de l’auto-alimentation :
[3.13]
avec
[3.14]
101
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
soit
[3.15]
donc
[3.16]
Les équations (3.16) et (3.6) imposent une plage de valeurs possibles pour la tension de
seuil de MP.
[3.17]
102
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
[3.18]
La capacité d’entrée de l’IGBT doit être évaluée à l’aide de la simulation. La valeur de la
capacité de l’auto-alimentation pourra alors être déduite à partir de l’équation (3.17).
Pour que l’IGBT puisse se fermer dès le passage par zéro de la tension à ses bornes, la durée
de charge de la capacité d’entrée de l’IGBT ne doit pas excéder la phase de conduction
inverse du dispositif, soit 10 µs pour l’application envisagée. La constante de temps du circuit
de transfert de charge est :
[3.19]
La charge de la capacité est donnée par une équation du premier ordre. La constante de temps
doit donc vérifier :
[3.20]
Cette dernière relation permet de déterminer la valeur maximale de RDSON du transistor MP.
Cette résistance dépend de la concentration en surface du substrat N sous la grille et de la
largeur du canal.
103
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
2. Simulation physique 2D
De la même manière que le circuit basé sur un thyristor-MOS, la solution présentée dans
ce chapitre est étudiée à l’aide des outils de simulation 2D. Dans un premier temps, tous les
composants sont dimensionnés séparément avec les outils MDRAW et SDEVICE de
SENTAURUS-TCAD [48]. Les structures 2D obtenues sont alors connectées entre elles pour
tester le fonctionnement des deux circuits proposés dans ce chapitre.
104
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Mises à part VOFF et VON (qui dépend en particulier de l’injection de l’anode de l’IGBT),
ces grandeurs correspondent à des tensions de seuil et des courants de saturation de
NMOSFETs. Le dimensionnement physique des composants consistera donc à ajuster
l’injection de l’anode de l’IGBT et les profils de dopage des régions P et des canaux
préformés de l’ensemble des composants.
IGBT
105
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
a. Dimensions
La surface du dispositif est définie à partir de la densité de courant admissible. Pour une
densité de courant de 100 A/cm2, la surface occupée par l’IGBT est donc : 2 / 100 = 0,02 cm2.
Les simulations sont effectuées à partir de structure de 40 µm de large. Pour obtenir la
même surface, la longueur de la cellule (appelée area factor ou facteur multiplicatif) est donc
de 50000 µm. Il faut remarquer que la longueur de la cellule correspond à la longueur totale
de grille de l’IGBT.
b. Profils de dopage
Le canal de l’IGBT se forme dans une région de diffusion latérale de la région P. La
valeur de la tension de seuil dépend du profil de dopage de cette région. Pour déterminer la
combinaison (CS, XJ) de la région P qui permet d’obtenir une tension de seuil de 5 V, une
cellule de 1 µm de longueur est simulée. Les résultats reportés dans le tableau 1 sont issus des
caractéristiques IA(VAK) pour VAK= 1 V.
Profil région P
-3
(1e+18 ;4,8) (1,1e+18 ;4,8) (1,2e+18 ;4,8) (1,3e+18 ;4,8) (1,4e+18 ;4,8)
(CS [cm ], XJ [µm])
VTH [V] 4,4 4,7 5 5,3 5,6
La caractéristique statique visée pour l’état passant de l’IGBT est un courant de 2 A pour
une chute de tension VAK de 2 V et une tension de grille de 9,5 V. Le courant IMAX de 2 A est
pris dans la zone ohmique de la caractéristique IA(VAK) et non dans la zone de saturation. En
effet, si l’IGBT entre en saturation, la tension à ses bornes va augmenter rapidement et
entraîner la mise en conduction du NMOSFET de maintien de blocage M3. L’interrupteur de
blocage devient inutile et l’ordre de blocage n’est plus réalisé à partir de la détection en
courant mais à partir d’une détection en tension. Ce mode de fonctionnement n’est pas adapté
car la valeur du courant de saturation dépend de la tension de grille, c’est à dire de la tension
aux bornes du condensateur. Si cette tension présente une valeur différente de celle attendue,
la valeur IMAX de 2 A ne sera pas respectée.
La chute de tension à l’état passant de l’IGBT est donnée par l’équation suivante :
106
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
[3.21]
Avec VjEB la tension émetteur base du PNP, VN- la chute de tension dans la région de
substrat N- et Vcanal la chute de tension dans le canal de la section MOS [52]. Vcanal n’est pas
modifiable car elle dépend du profil de dopage de la région P qui fixe aussi la tension de seuil
de l’IGBT. La chute de tension VN- dépend de la résistivité de la région de base N- et du
niveau d’injection de l’anode, c'est-à-dire de son profil de dopage. Les paramètres de la région
N- ne sont pas modifiables car ils correspondent aux caractéristiques du substrat de silicium,
qui fixent la tenue en tension du dispositif. Seul le profil de dopage de la région P + d’anode
peut être ajusté.
Différents dopages de la région P+ d’anode sont testés par simulation sur une cellule de
50000 µm de longueur (figure 7), avec une région P de concentration en surface 1,2e+18 cm-3.
Dans le tableau 2 sont reportés les profils de dopage et les tensions V AK obtenues pour IA =2
A à VG=9,5 V.
Profil région P+
-3
(5e+18 ,7) (1e+19 ,7) (3e+19 ,7) (4e+19 ,7)
(CS [cm ], XJ [µm])
VAK [V] 2,7 2,6 2,5 2,5
Tableau 3. 2 : Chute de tension de l’IGBT à l’état passant pour différents profils de dopage de la
région d’anode.
Le profil de dopage de l’anode utilisé dans la filière flexible est (3e+19 cm-3 ; 7 µm). Avec
cette concentration en surface et cette profondeur de jonction, la tension VON est de 2,5 V.
Pour obtenir les 2 V, il faut donc augmenter le dopage de l’anode. Mais les résultats de
simulation montrent qu’au-delà d’une concentration en surface de 3e+19 cm-3, l’augmentation
du dopage n’a plus aucun effet sur la chute de tension à l’état passant. En effet, les porteurs
injectés n’arrivent plus à moduler la résistivité de la base N- car la mobilité des trous diminue.
Il est donc inutile de modifier le profil de dopage de la région P+ d’anode donné par la filière
flexible.
107
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Sur la figure 8 est reportée la caractéristique électrique IA(VAK) du composant avec une
région P de concentration en surface 1,2e+18 cm-3 et 3e+19 cm-3 pour l’anode. Pour une
tension de grille de 9,5 V, l’IGBT présente une chute de tension de 2,5 V et un courant de 2
A. Pour cette même tension de grille, son courant de saturation est de 3,3 A.
Le NMOSFET de blocage est un composant basse tension de structure latérale (figure 9).
Lorsque la tension aux bornes du dispositif atteint 2,5 V, il doit décharger la capacité d’entrée
de l’IGBT pour ouvrir le dispositif.
108
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Des simulations ont déjà été effectuées sur un composant du même type dans le chapitre
2 (le NMOSFET M3). Les résultats ont donné les tensions de seuil en fonction du dopage de
la région P de substrat à partir des caractéristiques ID(VGS) pour VDS = 1 V. D’après ces
109
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
résultats, pour obtenir une tension de seuil de 1,7 V, la région P doit présenter une
concentration en surface de 2e+17 cm-3.
b. Dimensions du NMOSFET
Le courant de saturation du NMOSFET doit être suffisant pour décharger rapidement la
capacité d’entrée de l’IGBT. Pour déterminer la longueur de grille du NMOSFET, des
simulations de type gate charge sont effectuées sur l’IGBT pour évaluer sa capacité d’entrée :
un générateur de tension de 600V en série avec une résistance de 300 Ω sont connectés sur
l’anode de l’IGBT. Le générateur de courant connecté à la grille impose un courant constant
IG de 0,1 A (figure 11).
110
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Elles se divisent en trois phases. Seule la dernière phase de t2 à t3 est utile pour
déterminer la valeur maximum de la capacité d’entrée de l’IGBT donnée par l’expression :
[2.10]
ΔVG est égal à (40-9,5) V, Δt correspond à (t3-t2) et I le courant de grille est de 0,1 A. La
capacité d’entrée maximum de l’IGBT a donc pour valeur 0,66 nF.
La tension de grille de l’IGBT étant de 9,5 V lors de la mise en conduction du
NMOSFET de blocage, le courant nécessaire pour décharger complètement la capacité en 10
µs est donc de 0,63 mA.
Pour déterminer la longueur de grille du NMOSFET de blocage, une simulation de type
ID(VDS) est effectuée sur une cellule de 1 µm. Le résultat indique que le NMOSFET de
blocage présente un IDSAT=3e-7 A pour VGS= 2 V. Pour que IDSAT= 0,63 mA, la longueur de
grille du NMOSFET doit donc être de 2100 µm (0,63e-3/3e-7).
111
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Les résultats indiquent qu’il faut une longueur de grille (longueur de cellule) pour la partie
sense de 2200 µm (soit une longueur de grille pour la partie IGBT de 47800 µm) pour obtenir
un courant de 1,7 mA pour VG= 9,5 V et VAK=2,5 V (tension pour laquelle le courant
principal vaut 2 A).
Dans le circuit proposé, le thyristor est un élément basse tension de structure latérale
(figure 13). Il doit entrer en latch-up quand le courant total traversant l’IGBT atteint IMAX.
Cela signifie que pour un courant total IMAX, le courant de sense doit correspondre au courant
de déclenchement du thyristor.
a. Dimensionnement du thyristor
Le courant de déclenchement du thyristor dépend de la résistance de gâchette R GK, c'est-
à-dire du profil de dopage de la région P, de sa largeur, de sa longueur et de sa profondeur.
Etant donné le nombre important de paramètres affectant la valeur du courant de
déclenchement, les profils de dopage de la filière flexible seront conservés pour simplifier
l’étude.
Dans un premier temps, des simulations sont réalisées sur une cellule de 1 µm de
longueur avec les dimensions données sur la figure 14.
112
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
De t=0 à t1, le thyristor est à l’état OFF. Le courant d’anode est nul et la tension à ses
bornes correspond à la tension du générateur. A t1, une impulsion de courant est appliquée sur
la gâchette du thyristor. A t2, le courant de gâchette atteint 0,02 mA et le thyristor entre en
conduction. La tension à ses bornes s’effondre et le courant d’anode augmente. A t3,
l’impulsion sur la gâchette s’arrête, mais le thyristor reste conducteur. A t4, le courant
d’anode atteint 0,06 mA, et le thyristor s’ouvre. On obtient donc, pour une structure de 1 µm
de long, un courant de déclenchement de 0,02 mA et un courant de maintien de 0,06 mA.
113
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
a. Profil de dopage
Le canal de M3 se crée dans la région des diffusions latérales des régions P de substrat.
La valeur de la tension de seuil dépend du profil de dopage de cette région. Pour déterminer la
combinaison (CS, XJ) de la région P qui permet d’obtenir une tension de seuil de 4 V, une
cellule de 1 µm de longueur est simulée. Les résultats reportés dans le tableau 3 sont issus des
caractéristiques ID(VGS) pour VDS= 1 V.
Profil région P
-3
(5e+17 ,4,8) (6e+17 ,4,8) (1e+18 ; 4,8)
(CS [cm ], XJ [µm])
VTH [V] 3,2 3,6 4
Une région P de concentration en surface 1e+18 cm-3 donne la tension de seuil recherchée.
114
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
b. Dimensions
La valeur du courant de saturation est définie par le nombre total de cellules, c'est-à-dire
par la longueur de grille.
La capacité d’entrée de l’IGBT a été évaluée précédemment. Pour décharger cette
capacité de 0,66 nF en 10 µs (temps raisonnable pour l’application visée), le MOSFET M3
doit fournir un courant de saturation de 0,63 mA, pour une tension VGS d’environ 5 V. Pour
déterminer le nombre de cellules nécessaire, une simulation de type ID(VDS) est réalisée sur
une cellule de 1 µm avec le profil de dopage retenu précédemment. Pour une tension V GS = 5
V, le courant de saturation est égal à 1,2e-8 A. Pour obtenir un courant de 0,63 mA, il faut
donc une longueur de grille de 52500 µm, soit une dimension supérieure à celle de l’IGBT.
Pour diminuer cette surface silicium importante, nous préférons augmenter le temps de
décharge de 10 µs à 50 µs. Pour ce nouveau délai, la longueur de grille nécessaire est alors de
10500 µm.
Il faut remarquer qu’au moment où M3 entre en conduction, la grille de l’IGBT a été en
partie déchargée par l’interrupteur de blocage. M3 est donc dimensionné dans le cas critique
où l’interrupteur de blocage n’a pas exercé sa fonction et la grille de l’IGBT est complètement
déchargée.
Diode Zéner
La diode Zéner doit présenter une tension de coude VZ d’environ 11 V pour que le
condensateur une fois chargé fournisse une tension de 9,5 V sur la grille de l’IGBT. D’après
les résultats obtenus dans le second chapitre, la diode Zéner doit avoir une concentration en
surface inférieure à 4e+17 cm-3 pour la région P et une longueur de cathode inférieure à 200
µm.
Générateur de courant M1
M1 est un NMOSFET vertical qui doit supporter la pleine tension lors de l’état bloqué du
dispositif. Son rôle est de charger le condensateur lorsque le dispositif est à l’état OFF. Sa
structure est constituée d’un enchaînement N+/N-/P/N+ et d’un canal préformé vertical (figure
16).
115
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
a. Profil de dopage
M1 doit présenter une tension de saturation faible (une valeur inférieure à 5 V est
raisonnable) et un courant important pour charger rapidement le condensateur de l’auto-
alimentation. La saturation de M1 dépend des profils de dopage de la région P de substrat et
de canal (ce dernier se situe dans la zone de diffusion latérale de la région P.
Des simulations de type ID(VDS) à VGS=0,4 V sont effectuées sur une cellule de 1 µm de
long avec différents dopages de la région P de substrat et du canal. La valeur de la tension
VGS est définie par (VZ-0,6 V- VCAPA), soit 0,4 V si VZ=11 V et VCAPA = 10 V. Seuls les
profils de dopage fournissant une tension VDSAT <5 V et des niveaux de courant importants
sont reportés dans le tableau 4.
Profil région P
(3e+17 ,4,8) (4e+17 ,4,8) (5e+17 ,4,8) (6e+17 ,4,8)
(CS [cm-3]; Xj [µm])
CS canal [cm-3]
2,5e+17 3,5e+17 4e+17 4e+17
XJMAX=0,15 µm
VDSAT [V] 1 3 1,5 1
IDSAT [A] 2e-7 6e-7 2,2e-7 8e-8
116
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
b. Dimensions
La valeur de la capacité de l’auto-alimentation se déduit des équations (3.17) et (3.18).
Pour une capacité d’entrée de l’IGBT de 0,66 nF (déterminée précédemment), une tension
VGIGBT de 9,5 V et une tension VCAPA de 10 V, Calim doit avoir pour valeur 12,5 nF.
Le condensateur se charge à courant constant (IDSATM1) lors de l’état bloqué du dispositif.
Pour l’application visée, un temps de charge de 10 µs est une valeur raisonnable. Le courant
IDSATM1 doit donc vérifier l’égalité suivante :
PMOSFET MP
117
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Le PMOSFET MP est un composant basse tension de structure latérale (figure 17). Son
rôle consiste à autoriser la charge de la grille de l’IGBT lors de la conduction inverse et de
l’état ON du dispositif. Au contraire, il isole l’IGBT du condensateur pendant l’état OFF.
a. Profils de dopage
La tension de seuil de MP est définie à partir des équations (3.6) et (3.16). D’après le
dimensionnement de l’IGBT, VCE = 2,5 V. L’équation (3.6) devient donc :
[3.23]
De même, le dimensionnement de M1 donne une tension de seuil VTM1 de -3 V.
L’équation (3.16) devient donc :
[3.24]
Nous choisissons une tension de seuil de -5 V pour MP.
Le réglage de la tension de seuil du PMOSFET est complexe car sa structure est
constituée d’un empilement de trois couches : les régions P de drain et de source, la région N
de substrat, et la région P d’isolation. Ce type de structure est difficile à obtenir car il faut
respecter une relation d’ordre ente les trois profils de dopage qui sont extrêmement liés. On
comprend donc que la tension de seuil du PMOSFET va dépendre des caractéristiques
physiques des trois régions et non pas que du substrat comme c’est le cas pour le NMOSFET.
Afin de faciliter le dimensionnement, nous proposons d’imposer un profil de dopage pour la
région P d’isolation : sa concentration en surface est de 1e+18 cm-3 et sa profondeur de jonction
de 7 µm. C’est un profil de dopage réaliste, proche de celui de la région P de la filière
flexible. Pour les régions N de substrat, la profondeur de jonction est fixée à 3,5 µm. La
concentration en surface doit nécessairement être supérieure à 1e+18 cm-3 pour que les régions
N puissent se former. Lorsque ces deux régions sont obtenues, il ne reste que peu de
possibilités pour la réalisation des régions P de source et de drain : la profondeur de jonction
est de 1 µm et la concentration en surface doit être légèrement supérieure à celle de la région
N (figure 18).
118
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Des simulations de type ID(VGS) sont effectuées avec différentes concentration en surface
de la région N (et donc des régions P de source et de drain). Finalement, pour obtenir une
tension de seuil de -5 V, la région N de substrat et les régions P de drain et de source doivent
présenter une concentration en surface de 4,5e+18 cm-3.
b. Dimensions
La longueur de grille de MP est fixée par l’équation (3.19). D’après les valeurs obtenues
précédemment (Calim= 12,5 nF et CIGBT= 0,66 nF), la résistance à l’état passant RDSON de MP
doit être inférieure à 3,2 kΩ pour que le temps de charge 5τ de la grille de l’IGBT soit
inférieur à 10 µs. Dans un premier temps, des simulations sont effectuées sur des cellules de 1
µm de longueur pour déterminer la résistance « élémentaire » RDSON de MP pour VSG= 10 – (-
0,7) V, qui correspond à la tension VSG lorsque le dispositif est dans son régime de conduction
inverse (soit -0,7 V aux bornes du dispositif ramené sur la grille de MP). La caractéristique
IS(VDS) pour VSG= 11 V (figure 19) indique que la résistance à l’état passant RDSON d’une
cellule de 1 µm est égale à 250 kΩ (1 V/ 4 µA).
119
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Pour vérifier l’équation (3.19), nous choisissons une longueur de grille de 1000 µm
correspondant à une RDSON de 250 Ω.
Générateur de courant M4
a. Profil de dopage
Cette étape est identique à celle réalisée dans le chapitre 2 pour le générateur M4. Les
dopages de la région P et du canal correspondant à une tension de saturation inférieure à 1 V
ont déjà été mentionnés dans le tableau 2.9.
b. Dimensions
La valeur du courant de saturation est définie par le nombre total de cellules, c'est-à-dire
par la longueur de grille. Comme dans le cas de la solution basée sur un thyristor-MOS, le
courant de saturation de M4 doit être supérieur au courant de saturation inverse de ZD pour la
polariser dans sa région de coude, soit :
[3.24]
avec IZMIN de l’ordre de 1e-9 A.
120
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Pour compléter le dimensionnement de M4, il faut vérifier par simulation que son
courant de saturation est suffisant pour charger rapidement la capacité de grille de M3 et de
MP (la charge de M1 n’est pas étudiée car c’est un MOSFET à canal préformé qui reste à
l’état passant durant la phase complète de fonctionnement). Des simulations de type « gate
charge » sont effectuées sur les transistors M3 et MP. Les circuits de test et les résultats
obtenus sont représentés sur la figure 20.
a) b)
Les deux capacités sont calculées de la même manière que dans le chapitre 2 :
- Pour le NMOSFET M3, Ig= 1e-6 A, Δt=1e-4 s, ΔVG=4V et CM3=25 pF. Pour la charger
en 200 ns, il faut donc un courant de 0,5 mA.
- Pour le PMOSFET MP, Ig= 1e-6 A, Δt=1,1e-5 s, ΔVG=5V et CMP=2,2 pF. Pour la
charger en 200 ns, il faut donc un courant de 55 µA.
121
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Synthèse
Dans le tableau 5 sont répertoriées les longueurs de cellule des composants au terme de
ce dimensionnement.
NMOSFET Thyristor Diode
Composant IGBT M3 MP M1 M4
blocage blocage Zéner
Longueur
50000 2000 1000 10000 1000 4000 3470 400
cellule [µm]
Les dimensions obtenues sont raisonnables. Elles sont nettement inférieures à celles de la
solution étudiée dans le chapitre 2. Il est à noter que l’IGBT, qui est l’interrupteur de
puissance, occupe la surface la plus importante. D’une façon générale, le dimensionnement de
ce circuit est beaucoup moins critique. Le risque d’un sous-dimensionnement peut conduire à
des temps de commutation plus longs, mais pas systématiquement à l’échec de la fonction. La
seule inconnue reste la taille du condensateur. Elle sera déterminée plus tard quand nous
aborderons les possibilités de son intégration. Enfin il faut noter que le dimensionnement
proposé est valable pour des composants discrets. Certaines structures, comme le thyristor, ne
peuvent être intégrées en cet état, car les différents potentiels vus par la structure complète
demandent des tenues en tension plus importantes que celles requises pour des associations
discrètes de composants.
122
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Dans un premier temps, afin d’effecter un choix sur la nature de l’interrupteur de blocage
à utiliser (thyristor ou NMOSFET), nous limiterons les simulations à la seule phase de
fonctionnement allant de la détection du courant maximum jusqu’à l’ouverture de
l’interrupteur principal.
Pour simplifier l’étude, l’auto-alimentation sera remplacée par la mise en série d’une
source de tension de 10 V et d’une résistance RG de 50 Ω connectée à la grille de l’IGBT
(figure 21). Seuls l’IGBT sense et l’interrupteur de blocage sont des composants issus de la
simulation physique 2D.
Dès que le courant IG du générateur est positif, l’IGBT devient passant et le courant
principal IA = IG (figure 21). La croissance linéaire de IA entraîne l’augmentation du courant
délivré par l’électrode de sense (Isense).
Dans la solution utilisant un NMOSFET de blocage (figure 22 a), le courant Isense
circule à travers une résistance de sense (Rs). C’est l’évolution de la tension VS aux bornes de
cette résistance qui va permettre d’atteindre la tension de seuil du NMOSFET de blocage (t=
1,3e-2 s - IA = 2,8 A) et conduire à l’ouverture de l’IGBT par la mise en court-circuit des
électrodes de grille et de cathode. Il est important de noter que, dès que le courant dans
l’IGBT commence à décroître, l’effet de blocage du NMOSFET a tendance à diminuer, et
comme le montrent les chronogrammes de simulation de la figure 22.a, l’ensemble
NMOSFET-IGBT entre dans un mode de fonctionnement linéaire (limiteur de courant). Dans
la structure complète, c’est par le biais de la cellule de maintien de blocage (M4 – ZD – M3)
que l’on parviendra à obtenir le blocage définitif de l’IGBT.
L’analyse des résultats de simulation montre que le courant de disjonction est supérieur à
2 A. Cela est dû à la valeur excessive de VS qu’il faut atteindre pour entraîner la mise en
conduction de l’interrupteur de blocage. En effet, l’augmentation de VS entraîne une
123
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
diminution de VGS et le canal sous la grille de l’IGBT devient de plus en plus résistif. La
valeur du courant total correspondant à une tension VS de 4 V (tension de seuil du MOS de
blocage) est plus élevée que prévue. Cette solution ne permettra donc pas de régler avec
précision la valeur du courant de disjonction.
Cependant, ce problème ne se pose pas si l’on utilise un blocage par thyristor puisque ce
dernier est commandé en courant. Ainsi, pour t= 8 ms, le courant IA atteint 2 A, la tension de
sense est voisine de 0,7 V (figure 22 b) et le thyristor se déclenche entraînant l’ouverture de
l’IGBT par la mise en court-circuit des électrodes de grille et de cathode. Nous voyons donc
que dans le cas d’un blocage par thyristor on obtient d’une part une meilleure précision sur la
valeur du courant de disjonction et d’autre part un gain en terme de chute de tension aux
bornes du dispositif (car VS est moins importante).
3 12 2 12
Vgrille IGBT Ia Ia Vsense
Vsense Vgrille IGBT
2,5 10 10
1,5
2 8 8
Tensions (V)
Tensions (V)
Courant (A)
Courant (A)
1,5 6 1 6
1 4 4
0,5
0,5 2
2
0 0
0 0
0 0,005 0,01 0,015 0,02
0 0,005 0,01 0,015 0,02
Temps (s) Temps (s)
a b
Figure 3. 22 : Étape de court-circuit grille-cathode de l’IGBT à l’aide des solutions blocage par
NMOSFET (a) et blocage par thyristor (b)
Ces dernières remarques nous conduisent à écarter la solution de blocage par NMOSFET
et de ce fait la suite de l’étude ne portera donc que sur la solution blocage par thyristor.
124
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
L’architecture complète est simulée dans les mêmes conditions que la première solution
basée sur un thyristor-MOS auto-amorçable (figure 23). Tous les composants de l’architecture
sont des structures 2D, mis à part le condensateur qui est un composant de type SPICE.
Lors de la première alternance positive du courant IG, le condensateur de l’auto-
alimentation n’est pas chargé et ne permet donc pas la mise en conduction de l’IGBT (figure
24). La diode de roue libre se met à conduire et entraîne l’augmentation de la tension VAK aux
bornes de l’interrupteur. Cette tension est transmise par l’intermédiaire du NMOSFET M4 à
la grille du PMOSFET MP, à celle du NMOSFET M3 et à celle du NMOSFET M1. La grille
de M3 se charge, entraînant sa mise en conduction et le court-circuit de la grille de l’IGBT.
En même temps, la grille de M1 se charge et le courant qui traverse ce transistor vient charger
le condensateur de l’auto-alimentation à une tension (Vzéner – VTHM1 - VD). L’augmentation
de la tension aux bornes du condensateur entraîne l’ouverture du transistor MP. Ainsi, d’une
part on isole la grille de l’IGBT de l’auto-alimentation, et d’autre part on évite la décharge du
condensateur à travers M3.
125
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
126
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
3. Intégration de l’auto-alimentation
La brique d’auto-alimentation réalise une fonction de stockage autonome. Sa réalisation
monolithique, qui n’a jamais été proposée, est complexe car elle doit associer sur une même
puce de silicium des composants actifs (dans notre cas un NMOSFET vertical à canal
préformé et une diode basse tension) et un condensateur de forte capacité (dans notre cas 12,5
nF) pour stocker une énergie suffisante. La réalisation d’une capacité planaire, qui aurait
simplifié l’intégration, ne peut être envisagée car les faibles densités qu’elle présente (de
l’ordre de 0,63 nF/mm2 pour une épaisseur de SiO2 de 55 nm) entraineraient une surface de
silicium trop importante pour le condensateur. Nous avons donc choisi de réaliser un
condensateur tridimensionnel [60] qui permet d’atteindre une densité de capacité plus élevée
de l’ordre de 45 nF/mm2. Son principe consiste à graver des pores dans le substrat de silicium,
et ainsi d’augmenter la surface des électrodes tout en gardant une surface sur la puce
minimale.
127
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Le substrat de départ, qui tient lieu d’électrode inférieure, est du silicium de type N dopé
à 1018 cm-3. Les étapes technologiques sont les suivantes (figure 26) :
- Des pores sont gravés par DRIE dans le substrat de silicium pour augmenter la
surface développée des électrodes.
- Une diffusion de phosphore à 1050 °C réalise un dopage constant N+ en surface et le
long des cavités, permettant ainsi d’assurer un contact ohmique de l’électrode
inférieure et de minimiser sa résistance série.
Diffusion N+
- Le diélectrique est ensuite formé avec une bicouche d’oxyde de silicium (6 nm), dont
la croissance s’effectue par oxydation thermique, et de nitrure de silicium (20 nm),
déposé par LPCVD (Low Pressure Chemical Vapour Deposition).
N2 O2+N2 N2
800°C
20’ 5’ 30’
N2 40’ 50’ N2
Croissance de l’oxyde
NH3 + SiH2/Cl2
750°C
8’30
128
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
129
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
130
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
La filière flexible, que nous utilisons et que nous avons déjà présentée dans le premier
chapitre, s’appuie sur un enchaînement d’étapes de base correspondant à la réalisation d’une
structure de type IGBT. A ces étapes de base peuvent être ajoutées des étapes spécifiques
permettant de réaliser de nouvelles fonctionnalités plus complexes sans modifier les
caractéristiques électriques des composants de base.
Pour réaliser la brique d’auto-alimentation, il faut compléter cette filière flexible par de
nouvelles étapes spécifiques propres à la réalisation des condensateurs 3D. Le processus final
devra respecter le principe d’auto-alignement qui est la base du procédé technologique associé
à la filière flexible, présenter des étapes toutes compatibles entre elles, vérifier l’isolation des
éléments basse tension vis-à-vis des composants haute tension, et surtout être constitué d’un
minimum d’étapes.
En plus des conditions fixées par la filière flexible, il faut aussi prendre en compte les
contraintes imposées par la réalisation des condensateurs 3D, en particulier celles de l’étape
de dépôt du polysilicium qui s’avère la plus critique. Le polysilicium, qui représente
l’électrode supérieure du condensateur, doit remplir les cavités et présenter un dopage
uniforme sur toute leur longueur. Un procédé spécifique pour un dépôt LPCVD de
polysilicium dopé bore dans un four vertical a été développé au LAAS [62-63] répondant à
ces critères : conformité, dopage uniforme, faibles contraintes. Avec ce procédé, le
polysilicium est dopé in situ (assurant ainsi un dopage constant jusqu’au fond des cavités) à la
différence du dépôt de polysilicium dopé N+ utilisé dans le procédé IGBT classique où le
polysilicium est dopé à posteriori.
Pour répondre à toutes ces exigences, trois modifications du processus IGBT sont
proposées :
131
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
L’oxydation thermique est réalisée à 900 °C pendant 22 minutes pour obtenir une couche
de SiO2 de 10 nm, et le dépôt de nitrure de 80 nm dure 33 minutes à 750 °C.
132
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
N2 O2 N2
900°C
5’ 22’ 15’
N2 30’ 30’ N2
600°C 600°C
Oxydation thermique
NH3 + SiH2/Cl2
750°C
33’
Dépôt nitrure
Validation du procédé
133
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
18
1018 10
Bore Phosphore
Phosphore Bore
1017 1017
Concentration (cm-3)
Concentration (cm-3)
1016 1016
10
15
1015
14
1014 10
1013 1013
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
Profondeur (µm) Profondeur (µm)
(a) (b)
1018
1017
17
10
1016
16
10
1015
15
10
14
1014
10
1013
1013 0 1 2 3 4 5 6
0 1 2 3 4 5 6
Profondeur (µm) Profondeur (µm)
a) b)
Figure 3. 29: Profils de dopage des régions N+ et P avec procédé classique IGBT (a) et
nouveau procédé technologique (b)
Avec le nouveau procédé technologique, la dose des dopants présents dans le silicium
diminue légèrement pour le bore et de façon importante pour l’arsenic. Le remplacement de la
134
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
1018
Phosphore
Bore
1017
Concentration (cm-3)
16
10
15
10
14
10
1013
0 1 2 3 4 5 6
Profondeur (µm)
L’implantation à haute énergie d’une dose importante d’espèce lourde, telle que l’arsenic,
peut entraîner une détérioration de la résine de masquage déposée sur la plaquette lors de la
photolithographie. Pour cette raison, nous limiterons l’énergie maximale d’implantation à 160
keV. Les résultats de simulation montrent qu’à cette énergie, la concentration en surface reste
très inférieure à 1e+20 cm-3 (figure 31).
135
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
1020
Phosphore
19 Bore
10 Arsenic
Concentration (cm-3)
18
10
17
10
16
10
1015
14
10
1013
0 1 2 3 4 5 6
Profondeur (µm)
Figure 3. 31 :Profils de dopage avec une énergie d’implantation de 160 keV pour l’arsenic.
Il faut donc remplacer l’arsenic par une espèce plus légère, comme par exemple le phosphore.
Mais quelle que soit la température, cette espèce a un coefficient de diffusion dans le silicium
plus important que celui de l’arsenic. Il faut donc aussi modifier l’étape de redistribution qui
suit l’étape d’implantation. Les résultats de simulation montrent que pour obtenir le profil de
dopage recherché, il faut implanter une dose de phosphore de 1e+16 cm-2 à une énergie de 110
keV, puis réaliser une étape de redistribution à 1050 °C durant 50 minutes (figure 32). La
diminution de la température et du temps de recuit influent peu sur le profil de dopage de la
région P. En effet, le premier recuit à 1150 °C durant 210 minutes que subit cette région
redistribue largement les dopants dans le silicium. Le deuxième recuit, qui s’effectuait
auparavant à 1150 °C, ne modifiait que très peu le profil de dopage de la région P car le
premier recuit avait déjà suffisamment diminué les gradients de concentration et donc le
phénomène de diffusion.
20
10
Phosphore
Bore
19
10
Concentration (cm-3)
1018
1017
1016
1015
1014
0 1 2 3 4 5 6
Profondeur (µm)
136
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
18
10
17
10
16
10
15
10
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
Profondeur (µm)
137
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
138
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
correspond à une surface d’environ 4,2 mm² pour obtenir une capacité de 6 nF.
Diminuer encore la profondeur des pores implique une augmentation de la surface
totale de silicium, car la surface enterrée des électrodes du condensateur diminue.
Pour l’instant, nous retenons cette deuxième solution pour la réalisation de l’auto-
alimentation. La profondeur des pores sera de 5 µm au lieu de 6 µm, ce qui impliquera une
augmentation de la surface du condensateur à 4.8 mm². Nous envisagerons une deuxième
réalisation avec la première méthode lorsque les tests sur la nouvelle machine d’insolation
seront terminés.
Synthèse
139
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
l’ajout d’une seule étape, la réalisation de composants actifs et d’un condensateur 3D. Des
améliorations peuvent être apportées, en particulier sur la surface occupée par le
condensateur. Pour cette première étude, la compatibilité et la réduction du nombre d’étape
sont été privilégiées par rapport à la surface silicium consommée. Pour bénéficier des
avantages apportés par les condensateurs 3D en terme de densité de capacité, nous proposons
deux voies à explorer :
- Diminuer la largeur des pores.
- Augmenter la profondeur de jonction de la région P+ qui matérialise une électrode du
condensateur.
Les résultats de simulation montrent que la fonctionnalité est obtenue, mais la valeur du
courant de blocage est de 1,3 A au lieu de 2 A (figure 36). Cette diminution provient de la
décharge non désirée du condensateur lors de l’état inverse du dispositif. La tension appliquée
140
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
sur la grille de l’IGBT est donc inférieure à 9,5 V et le niveau de courant à l’état passant est
plus faible que celui attendu.
Figure 3. 36 : Tensions VAK aux bornes du dispositif, Vcapa aux bornes du condenstauer et courant IA
total en fonction du temps.
Il faut noter que la tension VON du dispositif est toujours égale à 2,5 V au moment du
blocage, ce qui signifie que la valeur du courant de sense n’a pas changé malgré la décharge
de la capacité. La valeur de ce courant dépend de la résistance Rs externe, soit la résistance
RGK du thyristor, et de la résistance RDM du canal de la partie sense (cf figure 10). Seule la
valeur de la résistance RDM dépend de la tension VGS. Or, RDM est nettement inférieure à RGK,
la diminution de la tension VGS n’a donc que peu d’influence sur le courant de sense.
Pour déterminer l’origine de la décharge du condensateur, il faut regarder la répartition
des lignes de courant dans l’auto-alimentation. Lors de la conduction inverse, la diode de
l’auto-alimentation est polarisée en inverse et doit empêcher la décharge du condensateur à
travers le canal préformé de M1. L’observation des lignes de courant confirme le bon
fonctionnement de cette diode. Mais le courant utilise un autre chemin de conduction à travers
la diode parasite créée par la région P du condensateur et la région N+ de drain de M1 (figure
37).
141
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Conclusion
Une deuxième solution construite autour d’un IGBT a été étudiée. Initialement choisi
pour sa facilité de commande, l’IGBT s’avère moins adapté que le thyristor pour l’intégration
de la fonction thyristor dual disjoncteur. Il nécessite l’utilisation d’une auto-alimentation à
l’amorçage et des fonctions supplémentaires pour maintenir ses états. Ces raisons expliquent
la complexité de la topologie proposée et la difficulté d’intégrer le dispositif complet.
142
Chapitre 3 Interrupteur auto-commuté à IGBT
Cependant, le comportement électrique de cette architecture est plus intéressant que celui de
la solution à thyristor : la fonction est vérifiée, les niveaux de courant et de tension sont
respectés, les changements d’état sont instantanés et le dimensionnement des composants est
beaucoup moins critique. Ces résultats motivent la poursuite des travaux sur cette solution, en
particulier l’intégration de l’auto-alimentation. Les premiers travaux de conception de la
brique auto-alimentation ont conduit à proposer un nouveau procédé technologique, autorisant
pour la première fois une intégration monolithique actif-passif. Il est à noter que cette brique
peut être utilisée dans d’autres applications, comme par exemple les convertisseurs DC-DC
(applications portables).
143
144
C HAPITRE IV
REALISATION TECHNOLOGIQUE
Sommaire
Introduction 139
145
146
CHAPITRE 4
Réalisation technologique
Introduction
147
Chapitre 4 Réalisation technologique
Le thyristor-MOS
Deux motifs de cellules sont proposés pour le dessin du thyristor-MOS : des cellules
carrées et des cellules à bandes. Il est intéressant de réaliser les deux types de cellules car le
motif peut influer sur les caractéristiques électriques du composant, en particulier sur les
chutes de tension et les tenues en tension.
Implantation P+
face arrière
Gravure
polysilicium
Implantation
région P
148
Chapitre 4 Réalisation technologique
Implantation
région P+
Implantation
région N+
Implantation N
canal préformé
Ouverture
contacts face
avant
Métallisation
face avant
149
Chapitre 4 Réalisation technologique
La longueur de grille d’une cellule carrée est déterminée à partir du masque de gravure
du polysilicium. Elle correspond au périmètre intérieur du motif, soit dans notre cas 200 µm
(50 µm *4). Pour obtenir une longueur totale de grille de 66667 µm (cf chapitre 2), il faut
donc 334 cellules carrées. Le composant occupe une surface de 2,18 mm2.
Implantation
P+ face arrière
Gravure
polysilicium
Implantation
région P
Implantation
région P+
150
Chapitre 4 Réalisation technologique
Implantation
région N+
Implantation
N canal
préformé
Ouverture
contacts face
avant
Métallisation
face avant
La longueur de grille d’une cellule à bandes est déterminée à partir du masque de gravure
du polysilicium. Chaque bande de polysilicium correspond à deux grilles différentes. La
longueur totale de grille est donc égale (longueur d’une bande de polysilicium * nombre de
bande de polysilicium*2). Pour obtenir une longueur totale de grille de 66667 µm, nous avons
choisi 42 bandes de polysilicium de 813 µm de long. La surface totale du composant est de
3,4 mm2.
A longueur de grille égale, le motif carré permet d’obtenir une surface mois importante
que le motif à bandes.
151
Chapitre 4 Réalisation technologique
Un motif de type bande est retenu pour le dessin des masques de ces composants. Pour
faciliter la conception, la longueur de grille du NMOSFET de blocage M3 est prise égale à la
longueur de grille du limiteur M2, soit 166667 µm au lieu de 162000 µm. Le détail des
masques est donné dans le tableau 3.
Etape Masque
Implantation N+
face arrière
Gravure
polysilicium
Implantation
région P
Implantation
région P+
152
Chapitre 4 Réalisation technologique
Implantation
région N+
Implantation N
canal préformé
Ouverture
contacts face
avant
Métallisation
face avant
Il est à noter qu’avec ce type de motif, deux cellules MOSFET partagent une même
région de drain.
La longueur de grille totale correspond au produit (nombre de bandes de polysilicium*
longueur d’une bande). Pour obtenir une longueur de 166667 µm, nous avons choisi 95
bandes de polysilicium de 1754 µm (en réalité la longueur de grille est de 166630 µm). La
surface occupée par l’ensemble limiteur-NMOSFET de blocage-diode antiparallèle est de 12
mm2.
153
Chapitre 4 Réalisation technologique
Le générateur de courant
Le générateur de courant M4 est réalisé à partir de cellules carrées. Le détail des masques
est donné dans le tableau 4.
Implantation N+
face arrière
Gravure
polysilicium
Implantation
région P
Implantation
région P+
154
Chapitre 4 Réalisation technologique
Implantation
région N+
Implantation N
canal préformé
Ouverture
contacts face
avant
Métallisation
face avant
La longueur de grille d’une cellule carrée est de 200 µm (50 µm *4). Pour obtenir une
longueur totale de grille de 270000 µm, il faut 1350 cellules carrées. Le composant occupe
une surface de 5,8 mm2.
La diode zéner
Trois tailles différentes sont proposées pour la diode Zéner. Le détail des masques de la
diode Zéner de 400 µm de longueur de cathode est donné dans le tableau 5.
155
Chapitre 4 Réalisation technologique
Implantation
région P
Implantation
région N+
Ouverture
contacts face
avant
Métallisation
face avant
La surface occupée par la diode Zéner est respectivement de 0,04 mm 2, 0,16mm2 et 0,25
mm2 pour une longueur de cathode de 200 µm, 400 µm et 500 µm.
156
Chapitre 4 Réalisation technologique
1.2. L’IGBT-sense
L’IGBT-sense est réalisé à partir de cellules carrées. Le détail des masques est donné
dans le tableau 6.
Implantation P+
face arrière
Gravure
polysilicium
Implantation
région P
Implantation
région P+
157
Chapitre 4 Réalisation technologique
Implantation
région N+
Ouverture
contacts face
avant
Métallisation
face avant
La longueur de grille d’une cellule carrée est de 160 µm (40 µm*4). Pour obtenir une
longueur totale de grille de 50000 µm il faut 312 cellules carrées. La partie sense doit avoir
une longueur de grille de 1250 µm. Il faut donc dédier 8 cellules à la partie sense. Le
composant occupe une surface de 4,3 mm2, périphérie comprise.
158
Chapitre 4 Réalisation technologique
Les étapes technologiques réalisées sont données sur la figure 1. Les paramètres
d’implantation des canaux préformés sont choisis en fonction des résultats obtenus sur des
composants similaires réalisés antérieurement [42].
Figure 4. 1 : Enchaînement des étapes technologiques pour la réalisation des NMOSFETs de test.
Les composants obtenus sont testés sous pointes. Analysons dans un premier temps les
caractéristiques électriques du NMOSFET à enrichissement (figure 2). Sur la figure 3 est
représentée la caractéristique ID(VGS) à VDS= 1 V. La tension de seuil est égale à 0,5 V, soit
très inférieure à la valeur de 2,5 V obtenue par simulation. Cette diminution importante traduit
une contamination de l’oxyde de grille. La caractéristique ID(VDS) à VGS=4 V donne une
tension de saturation VDSAT= 0,5 V et un courant de saturation IDSAT= 0,12 A. Les valeurs
obtenues correspondent à celles désirées car, pour une longueur de grille de 166630 µm, le
courant IDSAT sera de 1 A (0,12 *166630/20000).
159
Chapitre 4 Réalisation technologique
a) b)
Deux implantations de canal différentes ont été testées pour les NMOSFETs à déplétion :
- Dose = 8.1013 cm-2 et énergie= 180 keV. La tension de seuil est de -0,5V (figure 4 a).
A VGS=0V, la tension de saturation VDSAT est de 0,2 V et le courant de saturation
IDSAT est de 0,04 A (figure 4 b).
160
Chapitre 4 Réalisation technologique
a) b)
- Dose= 8.1013 cm-2 et énergie= 185 keV. La tension de seuil est de -0,7V (figure 5 a).
A VGS=0V, la tension de saturation VDSAT est de 0,3 V et le courant de saturation
IDSAT est de 0,06 A (figure 5 b).
a) b)
161
Chapitre 4 Réalisation technologique
longueur de grille de 166630 µm est donc de 0,5 A pour une énergie d’implantation de 185
keV (166630*0,06/20000), et de 0,3 A pour une énergie de 180 keV (166630*0,04/20000).
Pour obtenir un courant de saturation de 2 A, pour une longueur de grille de 166630 µm, il
faudra augmenter la dose implantée.
Une vue du NMOSFET vertical est donné sur la figure 6. Le canal a été réalisé par
implantation de phosphore avec une dose de 8.1013 cm-2 et une énergie de 180 keV. Les tests
du NMOSFET vertical ont montré qu’il n’y avait pas d’effet de champ. La dose de dopant
dans le silicium est trop importante, l’effet de champ ne peut exister, et le canal est
comparable à une résistance. Il faudra donc diminuer la dose implantée.
Les résultats obtenus n’ont pas permis de déterminer précisément la dose et l’énergie
d’implantation des canaux préformés. Pour fixer ces paramètres, il faudrait réaliser d’autres
lots de NMOSFETs tests. Cependant, compte tenu de la durée du procédé technologique
(c’est le procédé complet sans l’étape d’implantation des périphéries et de l’anode P+ en face
arrière), nous préférons lancer la réalisation du dispositif complet en tenant compte des
indications apportées par ces premiers résultats.
162
Chapitre 4 Réalisation technologique
Oxyde de masquage
Etape Descriptif
Nettoyage H2O2-H2SO4
1
Attaque HF 10% (t=30 s)
2 Oxydation thermique -Epaisseur oxyde=6000 Å
Terminaison P-
Etape Descriptif
163
Chapitre 4 Réalisation technologique
Etape Descriptif
164
Chapitre 4 Réalisation technologique
15
Etape Descriptif
18
Grille
Etape Descriptif
21
165
Chapitre 4 Réalisation technologique
23 Nettoyage RCA
28
Caisson P
Etape Descriptif
31
Caisson P+
166
Chapitre 4 Réalisation technologique
Etape Descriptif
34
36 Redistribution caissons P et P+
Etape Descriptif
38
40 Redistribution arsenic
Canal préformé N 1
Cette étape correspond à l’implantation des canaux des NMOSFETs verticaux (M4 et
M1)
167
Chapitre 4 Réalisation technologique
Etape Descriptif
42
Canal préformé 2
45
47 Redistribution phosphore
Etape Descriptif
168
Chapitre 4 Réalisation technologique
Etape Descriptif
51
Etape Descriptif
54
55 Lift-off
Etape Descriptif
169
Chapitre 4 Réalisation technologique
57
Etape Descriptif
La surface totale occupée par le dispositif est de 0,26 cm2, périphérie comprise.
170
Chapitre 4 Réalisation technologique
L’amorçage est immédiat dès que la tension VAK atteint 0,6 V. De plus, la caractéristique
ne présente pas de retournement. La dose de phosphore présente dans le silicium, sous la
grille est donc suffisante pour former le canal. Cependant, les niveaux de courant et de tension
ne correspondent pas à ceux obtenus en simulation : on obtient un courant de 0,1 A à VAK=
1,7 V au lieu de 2 A à VAK= 1 V. Il est très probable que l’état de surface de la face arrière,
apparemment dégradé, ait affecté l’injection de l’anode, et ainsi la chute de tension à l’état
passant. Les thyristors à cellules carrées (figure 10) présentent la même caractéristique
IA(VAK).
171
Chapitre 4 Réalisation technologique
Pour tester le blocage du thyristor-MOS, les composants ont été montés sur boîtier. Un
générateur de tension continue en série avec une résistance sont connectés sur l’anode du
thyristor et la grille est reliée à la masse. Le thyristor s’amorce et un courant circule à travers
le composant. Puis pour vérifier le blocage du dispositif, nous court-circuitons la gâchette du
thyristor à sa cathode. Or le courant ne s’annule pas, il semble donc impossible de bloquer le
thyristor. Une dose trop importante du canal de la section NMOSFET explique l’échec du
blocage.
172
Chapitre 4 Réalisation technologique
a) b)
173
Chapitre 4 Réalisation technologique
Conclusion
174
CONCLUSION GENERALE
La première solution offre une topologie simple, compacte, bien adaptée au concept
d’intégration fonctionnelle. Le comportement électrique de l’architecture bénéficie des
avantages apportés par le thyristor : amorçage rapide grâce à la section MOS du thyristor et
faible chute de tension. Au contraire, le blocage est plus difficile à obtenir car il faut extraire
un courant important de la gâchette du thyristor. Ceci se traduit par un blocage lent et par une
valeur de courant de disjonction plus élevée que celle désirée. Mais le principal inconvénient
de cette solution concerne les NMOSFETs à déplétion. De façon générale, l’utilisation de
transistors NMOS à canaux préformés a permis de réaliser simplement les fonctions annexes
de gestion de l’amorçage et de l’auto-blocage. Mais en contre partie, la fonctionnalité devient
fortement dépendante des paramètres technologiques : les conséquences peuvent aller d’une
simple modification du niveau de disjonction à l’échec de la fonction. En terme de surface
silicium consommée, il est à noter que certains composants annexes comme le MOSFET de
blocage et le limiteur présentent des surfaces importantes par rapport au thyristor, mais la
dimension finale (0,26 cm2) du circuit reste honorable pour un dispositif qui réalise à la fois
des fonctions de puissance, de commande et de protection. En conclusion, cette première
solution est particulièrement intéressante d’un point de vue intégration monolithique, mais
son comportement électrique est très sensible aux paramètres technologiques.
La seconde solution, basée sur un IGBT, s’avère moins adaptée pour l’intégration d’un
interrupteur auto-commuté :
175
Conclusion générale
- Elle présente une topologie plus complexe car l’IGBT nécessite l’utilisation d’une
auto-alimentation à l’amorçage et des fonctions supplémentaires pour maintenir ses
états.
- Elle nécessite la réalisation d’un condensateur sur silicium.
Cependant, le comportement électrique de cette architecture est plus intéressant que celui
de la solution à thyristor : la fonction est vérifiée, les niveaux de courant et de tension sont
respectés, les changements d’état sont instantanés et le dimensionnement des composants est
beaucoup moins critique. Concernant la surface du dispositif, les premiers éléments de
conception donnent une surface de 4,3 mm2 pour l’IGBT et 4,8 mm2 pour le condensateur, qui
sont les composants les plus consommateurs de silicium de cette solution. Ces résultats
laissent préfigurer une surface totale du dispositif plutôt raisonnable. En conclusion, cette
deuxième solution est plus difficilement réalisable, mais d’un point de vue fonctionnement
elle s’avère beaucoup moins délicate.
La solution basée sur un thyristor a fait l’objet d’une première réalisation technologique.
Mais les résultats obtenus n’ont pas permis d’exploiter les potentialités de cette solution en
raison des profils de dopage des canaux préformés mal maîtrisés. Il conviendrait donc de
réaliser de nouveaux lots de NMOSFETs à déplétion pour évaluer et maîtriser les
caractéristiques de ces transistors, qui ont un impact considérable sur l’obtention de la
fonctionnalité. Concernant la deuxième solution, des premiers composants test d’IGBT-sense
ont été réalisés. En parallèle, les travaux sur l’auto-alimentation se poursuivent : un lot de
NMOSFETs est actuellement en cours de réalisation afin de valider le nouveau procédé
technologique que nous avons proposé et qui autorise une réalisation monolithique actif-
passif.
A plus long terme, nous envisageons d’associer deux interrupteurs monolithiques auto-
commutés pour obtenir une cellule complète de commutation et ainsi proposer des
convertisseurs hautement intégrés dont les retombées applicatives sont nombreuses.
176
BIBLIOGRAPHIE
177
Bibliographie
[20] [Link]
[21] G. CHARITAT, J.L. SANCHEZ, P. ROSSEL, H. TRANDUC, M. BAFLEUR
Power integrations: Overview and future
Mix design of VLSI circuits (Mix VLSI’95), Krakov (Poland), 1995, pp. 45-59.
[23] F. MORANCHO
178
Bibliographie
179
Bibliographie
180
Bibliographie
181
Bibliographie
[64] G. REY
« Technologie des dispositifs à semiconducteurs et des circuits intégrés», fascicule
de cours.
[65] A.S. GROVE
« Physique et technologie des dispositifs à semiconducteur», Dunod, 1971, 380 p.
182
LISTE DES PUBLICATIONS
REVUES INTERNATIONALES
183
Liste des publications
[10] F. CAPY
Intégration de la fonction thyristor dual disjoncteur
9eme Journées Nationales du Réseau Doctoral de Microélectronique (JNRDM’06),
Rennes, 10-12 mai 2006.
[11] F. CAPY, M. BREIL, F. RICHARDEAU
Intégration monolithique de la fonction thyristor dual disjoncteur
11eme Journées Nationales du Réseau Doctoral de Microélectronique (JNRDM’08),
Bordeaux, 14-16 mai 2008.
[12] F. CAPY, M. BREIL, F. RICHARDEAU, J.L. SANCHEZ, E. IMBERNON
Thyristor dual disjoncteur intégré pour convertisseur à commutation automatique
12eme Conférence Electronique de Puissance du Futur (EPF’08), Tours, 2-3 juillet
2008, pp. 59-62.
[13] F. CAPY
Conception d’un interrupteur de puissance monolithique sur silicium à propriété
d’auto-commutation : comparaison de deux architectures
Conférence des Jeunes Chercheurs en Génie Electrique (JCGE’08), Lyon, 16-17
décembre 2008, pp.49-53.
RAPPORTS
[14] F. CAPY
Intégration de la fonction thyristor dual disjoncteur
Rapport de Master Recherche, Université Paul Sabatier, Toulouse, juillet 2005.
[15] F. CAPY, N. ROUGER, M. BREIL-DUPUY, F. RICHARDEAU, J.L. SANCHEZ,
J.C. CREBIER, [Link]
Nouvelles fonctions de commutation de puissance intégrées sur silicium
Rapport GDR Intégration des Systèmes de Puissance à 3 Dimensions (ISP3D), Lyon,
20-21 octobre 2005, 9p.
[16] F. CAPY, M. BREIL, F. RICHARDEAU, J.L. SANCHEZ
Etat d’avancement de l’intégration de la fonction thyristor dual disjoncteur
Rapport GDR Intégration des Systèmes de Puissance à 3 Dimensions (ISP3D),
Montpellier, 18-19, octobre 2006, 5p.
[17] F. CAPY
Intégration monolithique du thyristor dual disjoncteur
Rapport Journée de l’école doctorale GEET, Toulouse, 20 mars 2008, 4p.
184
ANNEXE
1. Auto-amorçage du dispositif
Nous allons définir les conditions de déclenchement du dispositif. Pour cela nous nous
plaçons au moment où la section NPN devient conductrice. Le transistor est donc à l’état
ouvert. De plus, en statique, l’IGBT ne dévie que très peu de courant car sa cathode est reliée
à une diode Zener et à la grille du transistor MOS de blocage. Ce dernier, par hypothèse, ne
doit pas être enclenché. Les courants circulant dans le thyristor sont donc le courant IA et le
courant de drain du transistor MOS d’autoamorçage. La section PNP étant enclenchée, le
courant circulant dans RGK et la tension à ses bornes sont donc :
[1]
[2]
185
Annexe
Nous avons vu que le dispositif s’amorçait dès que la tension aux bornes de la jonction
base émetteur de la section NPN devenait directe c’est à dire dès que :
La condition de déclenchement est donc :
[3]
Soit si on remplace IG par son expression en fonction de IDM1 :
[5]
avec :
[6]
soit :
[7]
Ce qui est équivalent à :
[8]
La condition la plus contraignante pour que l’inégalité (3) soit respectée correspond à la
valeur minimum du courant de drain car si la relation (3) est vraie pour IDM1 minimum elle
sera automatiquement vraie pour toutes les autres valeurs de IDM1.
186
Annexe
De plus pour que l’amorçage soit possible, le transistor MOS de blocage ne doit pas être
enclenché. Cela correspond au cas où la tension aux bornes du dispositif est inférieure à la
tension de seuil du MOS de blocage, soit :
[10]
Lorsque cette relation est vérifiée, le courant IA a atteint le niveau du courant
d’accrochage pour lequel le thyristor devient passant. On obtient donc une deuxième
condition sur la valeur minimum du courant IA qui correspond à la valeur de ce courant
d’accrochage.
Avant que le dispositif ne se déclenche le courant de drain du transistor MOS
d’amorçage correspond au courant de base de la section PNP, soit :
[11]
Dès que le dispositif est amorcé, le courant de base devient supérieur au courant de drain.
Pour que la fermeture du dispositif soit possible, le courant de base de la section PNP doit
donc être supérieur ou au moins égal au courant de drain du transistor MOS d’amorçage, qu’il
soit saturé ou en régime ohmique. La deuxième condition d’amorçage du dispositif est donc :
[12]
On remarquera que si cette dernière inégalité est vraie quand le transistor MOS
d’amorçage est saturé, elle le sera aussi quand il est dans son régime ohmique (situation de
pire cas). De plus, si l’une des équations (10) et (12) est vérifiée, l’autre l’est
automatiquement.
187
Annexe
car le processus de blocage s’enclenche dès que la tension de grille du transistor MOS
atteint sa tension de seuil. Cette relation est équivalente à :
[14]
soit :
[15]
Si l’on se place dans la situation la plus critique pour maintenir l’amorçage, c’est à dire
juste avant le blocage quand le dispositif est en saturation, on peut remplacer le courant par sa
valeur maximum définie par le cahier des charges. On obtient donc :
[16]
3. Blocage du dispositif
Le dispositif est passant et le transistor MOS de blocage vient de s’enclencher.
Pour bloquer le dispositif il faut interrompre l’autoentretien du thyristor c’est à dire
polariser en inverse la jonction collecteur base des deux sections bipolaires. Cette condition se
traduit par :
[17]
avec :
[18]
De plus la diode Zener ne doit pas rentrer en conduction sinon le dispositif ne pourra
jamais se bloquer. Cette condition correspond à l’inégalité suivante :
[19]
Introduisons dans l’inégalité (17), l’expression (18). On obtient :
188
Annexe
[20]
avec :
[21]
soit :
[22]
[23]
L’ouverture du dispositif ne se réalise pas dès que le transistor MOS de blocage
s’enclenche. En effet, il doit extraire suffisamment de courant de la base de la section NPN
pour bloquer le thyristor. Il existe donc un courant minimum pour lequel le blocage du
dispositif est possible.
Nous pouvons déduire ce courant minimum de la relation (23). Ainsi nous obtenons :
[24]
Nous pouvons nous attendre à une pointe de courant entre le moment où le transistor
MOS de blocage s’enclenche et le blocage effectif du dispositif. En effet, au courant circulant
dans le limiteur il faut ajouter le courant de drain du transistor MOS de blocage. L’inégalité
(24), d’où l’on extrait le courant minimum de drain (et donc le courant minimum IA) pour
lequel le blocage est réalisé, va nous permettre d’évaluer ce pic de courant.
Nous venons de définir le courant minimum IA nécessaire pour bloquer le dispositif.
Nous pouvons aussi déterminer la tension aux bornes de l’interrupteur. Pour cela nous allons
remplacer dans l’inégalité (20) le courant IDM3 par son expression en fonction des tensions de
grille et de seuil du transistor MOS de blocage.
Exprimons tout d’abord IDM3:
- quand le transistor NMOS est en régime saturé
[25]
- quand le transistor NMOS est en régime ohmique
189
Annexe
[26]
avec :
[27]
Afin de déterminer dans quel régime se trouve le transistor MOS de blocage, exprimons
VDSM3 :
[28]
avec :
[29]
et :
[30]
soit :
[31]
La condition de saturation d’un transistor MOS à enrichissement est :
[32]
Dans notre cas nous avons :
[33]
Le transistor MOS de blocage est donc dans son régime saturé.
Finalement, si nous remplaçons IDM3 par son expression dans l’inégalité (20) nous
obtenons :
[34]
190
Annexe
[35]
[36]
Pour maintenir le blocage, la jonction Emetteur-Base de la section NPN du thyristor doit
rester en inverse, c’est-à-dire :
[37]
Ce qui est équivalent à :
[38]
Si l’on exprime cette inégalité en fonction des courants, on obtient :
[39]
On peut donc en déduire la valeur maximum de la résistance du canal du transistor MOS
de blocage :
[40]
191