Le risque crédit
Le risque crédit
Les risques crédit s’entendent de diverses manières : ils peuvent être inhérents à l’activité de crédit
(défaut de paiement ou impayés), liés à certain type de public (activité économique reposant sur une
personne ou une famille) ou à l’activité financée (risque économique ou climatique).
Les impayés (le défaut de paiement)
15
La véritable garantie de ce risque est la viabilité de l’activité financée . Plusieurs moyens (pas toujours
exclusifs) peuvent être mis en application pour réduire les risques :
La diversification du La diversification de portefeuille crédit est un moyen efficace pour mitiger le
portefeuille crédit risque. Elle porte sur deux niveaux :
- la variété du type d’activités financées par le SFD (crédits accordés à
des emprunteurs appartenant à diverses filières agricoles, à des
activités commerciales de différentes natures, au secteur de la pêche,
etc.)
- la taille et la durée des crédits financés. Le fait d’imposer des limites de
crédit aux clients/membres/bénéficiaires permet de limiter l’impact d’un
éventuel défaut.
La diversification des La diversification des emprunteurs consiste à limiter les liens entre les
emprunteurs emprunteurs afin d’éviter un effet « domino » en cas de premier défaut. Par
exemple, le SFD prête à deux époux qui tiennent un commerce familial (un
prêt à chacun des époux). Il faut dès lors tenir compte du fait que si l’un
des deux époux décède, le survivant se trouvera dans l’incapacité de
continuer l’activité créant une situation où les deux prêts ne pourront être
remboursés.
La connaissance des La bonne connaissance de l’activité financée permet au SFD de
activités financées et des dimensionner les crédits de manière ad hoc, tant au niveau des montants
emprunteurs prêtés qu’au niveau de l’évaluation de la période nécessaire pour le
rembourser tenant compte des flux de trésorerie générés par l’activité
économique.
L’élaboration d’une typologie d’emprunteurs permet de faciliter
l’identification des emprunteurs insolvables. L’élaboration d’un dossier de
crédit et la vérification – si possible – du non cumul des crédits sont autant
de moyens pour connaître son emprunteur.
Cette connaissance, souvent empirique, peut néanmoins être affinée au fil
du temps par l’analyse de données historiques sous la forme de
statistiques.
L’objet du crédit La vérification, le cas échéant, de l’existence physique de l’objet du crédit
est un moyen de s’assurer que le crédit n’est pas fictif.
15
Risque et sécurisation du crédit rural, 2000, François Doligez, IRAM
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Le risque crédit
Néanmoins d’autres facteurs interviennent tels que la capacité de l’emprunteur à développer son
activité économique. Etant donné la difficulté du SFD à obtenir l’information suffisante pour déterminer
son degré d’exposition au risque, différentes formes de garanties sont utilisées pour couvrir le risque.
L’épargne obligatoire L’épargne obligatoire est bloquée sur un compte détenu auprès du SFD.
L’épargne, préalable à tout emprunt, permet à la fois au SFD de mesurer la
capacité de l’emprunteur à générer des flux financiers et est directement
prélevée en cas de retard de paiement. Un ratio de 1 à 3 constitue une
pratique courante en Afrique de l’Ouest.
Les garanties matérielles Ces garanties prennent alors la forme d’hypothèque, de nantissement d’un
bien (voiture, parcelle, habitation, équipement, etc.), d’une délégation de
salaire, d’un warrant sur les récoltes stockées, etc.
Avant d’accepter ce type de garantie, le SFD portera néanmoins une
attention particulière à :
- L’évaluation monétaire de la garantie
- Le degré de liquidité de la garantie : peut-on facilement aliéner le bien,
existe-t-il un marché pour le vendre ?
- Le coût pour mettre en œuvre la garantie (coût relatif au processus de
saisie, de vente, de mobilisation des autorités coutumières, de la
justice, etc.).
Les garanties de nature Cette garantie s’applique dans le cas où le SFD connait de manière directe
morale son membre ou son client. Ainsi la capacité de remboursement est évaluée
à l’aune de la situation économique de l’emprunteur mais aussi de sa
réputation vis à vis des engagements pris.
La garantie morale peut également se traduire par la pression sociale que
peut exercer la communauté à laquelle appartient l’emprunteur.
Les garanties de type La société à laquelle appartient l’emprunteur se porte garante, soit par aval
social ou parrainage, soit par l’organisation de groupes de caution solidaire.
Le risque de contrepartie Le risque de contrepartie bancaire se pose lorsque la banque dans laquelle
bancaire le SFD a placés ses fonds fait faillite. Le SFD sera dès lors dans
l’incapacité de récupérer ses fonds.
La maladie ou le décès
Dans la mesure où le crédit s’appuie sur une économie familiale, la perte momentanée ou définitive
d’un membre – facteur de production – peut être lourde de conséquences. Outre l’impact sur la capacité
productive, une telle situation engendre des coûts élevés pour la famille (médicaments, soins, etc.).
Parmi les réponses que le SFD peut mettre en place pour couvrir ces risques, citons :
La micro-assurance Cette garantie prend des formes diverses et variées :
- Création d’un fonds de solidarité (principalement d’application dans le
Octobre 2010 42
Le risque crédit
cadre de crédit aux groupements) qui permet de couvrir un
pourcentage du défaut de paiement d’un de ses membres
- Recours, par le SFD, à une assurance pour garantir une partie du
défaut de paiement de ses membres/clients/bénéficiaires, lorsque
celui-ci est induit par des causes déterminées (maladie, décès par
exemple).
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5.2. Le risque d’illiquidité
Le risque d’illiquidité
La survenance de ce risque empêche le SFD de faire face à ses obligations de décaissement à
l’échéance. Ce risque dépend du comportement des épargnants et de la structure des actifs de
l’institution.
Le risque d’illiquidité existe quand l’institution prête à long terme des ressources (actif de long terme)
disponibles sur le court terme uniquement (passifs de court et moyen termes). Ce risque existe
également dans le cas où des restrictions plus exigeantes ont été mises en place par les sociétés de
refinancement afin d’obtenir l’argent nécessaire à la poursuite normale de l’activité (nombre minimum
de clients/membres/bénéficiaires, notoriété, garantie exigée), qui rendent les avoirs moins liquides.
De moindre importance, mais pouvant pâtir à la réputation d’un SFD, le risque d’illiquidité peut
s’entendre au niveau des opérations courantes d’une agence/caisse: si l'institution accepte les dépôts
d'épargne, les avoirs en caisse de l'agence/caisse doivent être suffisants pour couvrir les retraits.
Comment couvrir le risque ?
Le SFD doit mettre en place des moyens pour que le financement de la société soit assuré en toute
circonstance au travers d’une gestion des liquidités efficace.
Dans le cadre de SFD qui agissent en tant qu’intermédiaires financiers, c'est-à-dire qui collectent
l’épargne pour l’utiliser dans des opérations de crédit, l’organisation doit s’assurer d’avoir des réserves
de liquidités suffisantes pour répondre à une demande de retrait d’argent massive.
Création d’un fonds de Une instruction de la BCEAO rend cette mesure obligatoire pour les
16
sécurité ou de solidarité réseaux des SFD. L’art. 2 précise qu’il s’agit d’une « […] réserve
collective, en sus de la réserve générale, dotée obligatoirement par
l’ensemble des entités ou institutions membres d’un réseau […] ».
Respect des ratios Il existe de nombreux ratio qui permettent au SFD de veiller à l’évolution de
prudentiels ses stocks de liquidité :
- Le ratio de liquidité aide les institutions à déterminer s’il y a assez
d’espèce (trésorerie) disponible pour les déboursements à venir à
court terme (dans le mois) et aussi s’il y a de la trésorerie improductive
17
en trop. Il devra toujours dépasser 1 .
- le ratio de liquidité immédiate. Actif liquide (directement disponible) /
Dettes à court terme. Ce ratio permet de déterminer la part de
trésorerie disponible immédiatement en cas de demande de
décaissement.
16
Instruction relative à la mise en place d’un fonds de sécurité ou de solidarité au sein des réseaux
d’institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit des états membres de l’UMOA, BCEAO
17
Manuel de gestion des risques en microfinance, Greg Churchill et Dan Coster (2001)
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Le risque d’illiquidité
Plan de trésorerie Le SFD établit et met régulièrement à jour un plan de trésorerie qui permet
de veiller que le montant des encaissements est, à tout moment, égal ou
supérieur au montant des décaissements.
On note également que les SFD peuvent négocier à leur avantage des
lignes de crédit avec les contreparties bancaires: les montants négociés ne
sont alors utilisés qu’en cas de besoin de liquidité du SFD.
Définition d’une politique Dans la mesure où ce risque d’illiquidité peut survenir d’un défaut de
de crédit paiement massif de la part de clients, membres ou de ses bénéficiaires, la
mise en place d’une politique de crédit précise permet de couvrir
également le risque d’illiquidité. Dans le cadre de cette politique de crédit,
le choix des clients/membres/bénéficiaires, de la nature des crédits qui leur
sont accordés prend toute son importance.
Nous invitons le lecteur à se référer aux fiches Risque crédit, risque de taux
et risque de change.
Le risque de contrepartie Dans la mesure où le SFD place son surplus de liquidités dans un
bancaire organisme bancaire, il doit sélectionner une contrepartie présentant des
garanties suffisantes par rapport à sa propre liquidité. Le SFD doit pouvoir
bénéficier à la demande de son surplus de liquidité auprès de la banque.
Effets induits :
« En l'absence de garanties matérielles, la motivation des clients/membres/bénéficiaires des institutions
de microfinance à rembourser leurs crédits, est étroitement liée à leur espoir que de bonnes
performances de remboursement seront récompensées par un accès facilité au renouvellement de
crédits. Lorsqu'une crise d'illiquidité oblige une institution à différer le renouvellement de crédits,
l'information circule vite, et cela aboutit souvent à d'importants impayés en série sur l'encours de crédits
18
des autres clients/membres/bénéficiaires. »
18
Audit externe des institutions de microfinance : Guide pratique, volume 2, CGAP (1998)
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5.3. Le risque de fraude
Le risque de fraude
La fraude interne et externe constitue l’un des risques majeurs pour les SFD. Par fraude, on entend
« tout acte illégal caractérisé par la tromperie, la dissimulation ou la violation de la confiance sans qu’il y
ait eu violence ou menace de violence. Les fraudes sont perpétuées par des personnes et des
organisations afin d’obtenir de l’argent, des biens ou des services, ou de s’assurer un avantage
19
personnel ou commercial » . La fraude interne peut être commise à tous les niveaux de l’organisation
et sur toutes les opérations. La fraude externe s’entend comme une fraude commise par une personne
externe au SFD. Par exemple, une personne usurpe l’identité d’un client pour effectuer un retrait.
Parmi les fraudes internes, citons les principales : les vols directs d’argent, les surfacturations, la
manipulation de données informatiques, les prêts fictifs, la falsification des documents, des rapports
financiers par le management, les pots de vin et autres manœuvres de corruption, et le non-
enregistrement de remboursements effectués par les clients / membres / bénéficiaires.
Le SFD est d’autant plus vulnérable à la fraude s’il dispose d’un dispositif de contrôle interne peu
efficace, d’un système d'Information de Gestion (SIG) peu fiable ou peu cohérent. On notera également
que le recours à des systèmes informatiques sécurisés rend la fraude plus difficile.
« La gestion des dépôts d'épargne, particulièrement des épargnes libres augmente la vulnérabilité dans
la mesure où toute défaillance dans la détection de fraude interne pourrait conduire à la perte d'actifs
liquides circulant de la clientèle, et à la rapide détérioration de la notoriété de l'institution. En cas de
détection de fraude interne, il est crucial de circonscrire et de résoudre le plus tôt possible le problème à
la source, en prenant les mesures et sanctions subséquentes en Direction du personnel concerné avant
20
qu'il ne soit trop tard. »
Remarque :
Un environnement de contrôle interne laxiste expose de manière importante le SFD au risque de fraude
et de vol. De plus, l’expérience montre qu’il y a une forte propension à imiter/multiplier les fraudes dès
lors qu’une brèche dans les dispositifs de contrôle interne a été identifiée par une ou plusieurs
personnes.
19
Institut français de l’audit et du contrôle internes (avril 2009)
20
Manuel de gestion des risques en microfinance, Greg Churchill et Dan Coster (2001)
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5.4. Le risque de ressources humaines
Le risque de ressources humaines
De nombreuses organisations se concentrent soit sur les aspects techniques du processus de
développement du produit soit sur les aspects dirigeants du marché, en ignorant jusqu’à ce qu’il soit
trop tard les questions de ressources humaines. Cette pratique génère une pression extraordinaire sur
les budgets et le service de formation. Des exemples de risques associés à la gestion des ressources
humaines incluent :
Risque légal Il correspond au risque de non-conformité au droit social, de problèmes
de santé au travail, de conflits sociaux, etc.
Risque concurrentiel Il correspond au risque d’un manque d’attractivité du SFD, un
recrutement inefficace, une démotivation des employés liée à une
rémunération insuffisante ou mal répartie (fixe/variable), un besoin en
compétences particulières non pourvu, un excès de nouvelles recrues
qui peuvent apporter avec elles des cultures et des méthodologies
incompatibles et/ou indésirables, etc.
Risque lié aux compétences Il correspond au risque d’avoir des ressources en personnel
insuffisantes ou mal gérées, du personnel ne possédant pas
suffisamment de compétences ou ne bénéficiant pas de mise à jour
régulière des compétences et connaissances des employés, d’un
encadrement intermédiaire mal formé
Risque démographique Il correspond à un risque de centralisation des compétences vers des
employés plus expérimentés, un risque de départ massif, de perte
d’employés clés, de dégradation du climat social, etc.
Risque sociétal Il correspond au risque d’image, de responsabilité sociale des SFD
Risque financier Il correspond au risque de pilotage insatisfaisant de la masse salariale,
et d’une gestion sociale inefficace.
Comment couvrir le risque ?
Le département des ressources humaines doit:
• mettre en place un règlement intérieur et un manuel de procédures de ressources humaines
détaillé incluant la gestion des compétences et des carrières, la mobilisation et le recrutement, la
gestion de congés et absences, la gestion de la paie, les prêts et avances aux employés, les
licenciements, démissions et départs en retraite, la gestion des sanctions, etc.
• s’assurer que ces documents sont bien compris et utilisés,
• s’assurer qu’il conserve une connaissance complète et à jour des lois et règlements applicables
en matière de droit du travail et de droit social,
• S’assurer de l’existence de la relation de travail avec l’employé par le biais d’un contrat de travail
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5.5. Le risque de transaction
Le risque de transaction
« Le risque de transaction correspond au risque de perte financière résultant de la négligence d’un
21
employé, d’une mauvaise gestion, d’erreurs liées aux systèmes ou d’erreurs humaines » .
Un des moyens pour se prémunir ou mitiger ce risque est la mise en place de politiques et de
procédures de gestion efficaces et respectées par les employés. L’informatisation des transactions et la
mise en place de contrôles automatisés constituent un autre moyen.
21
Améliorer le contrôle interne, MicroFinance Network / GTZ (2000)
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5.6. Le risque de sécurité
Le risque de sécurité
L’aspect sécurité doit s’entendre à plusieurs niveaux : sécurité physique des personnes, des locaux,
des biens (liquidités, documents) et sécurité électronique des données.
Sécurité des personnes Dans un contexte de pauvreté, voire d’extrême pauvreté, la tentation peut
être forte de voler / détourner de l’argent. Ainsi le montant total de
remboursements quotidiens collectés peut aisément excéder le revenu
moyen annuel des ménages dans une communauté donnée.
Outre le risque de perte financière, le risque est surtout humain : agression
des employés du SFD.
La mise en place de procédures qui limitent les montants transportés ou
détenus dans les points de service, le changement dans l’organisation des
tournées (pas toujours le même parcours, pas toujours le même agent)
sont autant de possibilités pour limiter le risque.
Sécurité des biens Par bien, il faut considérer non seulement l’argent liquide mais également
les documents papier qui constituent des pièces justificatives (livre de
compte, carnet individuel d’épargne et de crédit, carnet de reçus, etc.
A nouveau, outre la mise en place de limite à la disponibilité de ces biens
(un agent de crédit ne possède qu’un carnet de reçu à la fois, etc.) le SFD
prend des mesures pour mettre les biens à l’abri : existence de coffre-fort,
sécurisés par deux types d’accès (clé et code) détenus par deux personnes
distinctes, etc.).
Sécurité des locaux Parmi les moyens à la disposition du SFD pour restreindre l’occurrence de
ce risque, citons les suivants :
- Le SFD met en place des procédures pour restreindre l’accès des
locaux aux seules personnes autorisées.
- Des vigiles et/ou des caméras de sécurité sont placés dans les
agences/caisses.
Sécurité informatique Afin de minimiser le risque lié à la sécurité informatique, le SFD
pourra mettre en œuvre des moyens:
- assurant la sauvegarde des données et leur intégrité via une définition
claire des droits d’accès des employés et un suivi des modifications
faites dans le système, de l’utilisation d’antivirus et de logiciels sains,
de l’utilisation de mot de passe, etc.
- assurant la sécurité physique des postes de travail et des serveurs
réseau par le biais de procédures adéquates et claires et de règles de
prudence dans l’utilisation des ressources informatiques.
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5.7. Le risque de non alignement
Le risque de non alignement
Nous avons souhaité regrouper dans cette catégorie tous les risques qu’encoure le SFD s’il n’est pas
en conformité avec des obligations légales, réglementaires ou morales.
L’occurrence de ces risques divers ne porte bien entendu pas les mêmes conséquences.
Mission sociale Deux aspects sont envisagés :
- le non alignement avec l’objet du SFD : les opérations effectuées par
le SFD ne sont plus en ligne avec l’objet social défini dans sa mission.
Le risque pour le SFD est alors de voir ses actionnaires / membres se
retourner vers les organes de gestion et de remettre en question
l’existence même du SFD. Un autre risque consiste au retrait de
l’agrément.
- La mission sociale définie par le SFD l’expose à des risques élevés si
les groupes cibles ou leur répartition dans le portefeuille client du SFD
ne sont pas correctement définis et si le SFD n’a pas mis en œuvre
des mécanismes pour assurer la bonne adéquation des services
financiers fournis aux besoins réels de leur clientèle actuelle et
potentielle.
Mission commerciale On notera qu’un des défis du SFD consiste à concilier la mission sociale
avec la mission commerciale. Il peut arriver que le SFD soit tenté
« d’oublier » sa mission sociale pour des raisons de meilleure rentabilité
commerciale.
Législation et Ces risques regroupent le risque de non-respect de la législation et des
réglementation règlements en vigueur sur le territoire. Par exemple, on pourra citer :
- La non-conformité avec l’environnement légal et règlementaire : il
s’agit d’apprécier la légalité des prêts accordés avec la réglementation
locale en vigueur ou encore il convient de s’assurer si la société de
microcrédit a le droit d’exiger une caution, une garantie ; peut-elle
prêter à une personne mineure ?
- Le non respect des règles du code du Travail : la durée du temps de
travail légale est-elle respectée ? Le salaire minimum est-il appliqué ?
Les congés annuels sont-ils accordés aux salariés dans la bonne
période ?
- L’activité du SFD respecte t’elle sa forme juridique ?
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5.8. Le risque de taux d’intérêt
Le risque de taux d’intérêt
Le risque de taux d'intérêt est le risque que fait courir au porteur d'une créance ou d'une dette, à taux
fixe ou variable, l'évolution des taux entre la date de l'engagement et la date du règlement :
Ce risque prend plusieurs formes :
Un risque d’adossement Le taux d’intérêt des ressources (dettes) n’est pas couvert par les taux
d’intérêt générés par les emplois (actifs).
Un risque de marge correspondant à des placements de ressources dans des emplois de
mêmes caractéristiques avec une marge lorsque les opérations adossées
sont à taux variables. C’est le cas du SFD qui emprunte à taux variable
mais prête à ses clients/membres/ bénéficiaires à taux fixe. En cas de
hausse des taux d’intérêt sur le marché, le SFD subira une croissance des
charges financières alors que les produits financiers resteront stables,
ayant pour effet de diminuer la marge.
Un risque de révision des Il existe un délai significatif entre une augmentation du taux sur les dettes à
taux court terme du SFD et l’ajustement des taux pratiqués par le SFD pour ses
crédits. Le profit généré par la différence entre les taux s’amoindrit pendant
une période donnée, voire est négatif, ce qui peut impacter la profitabilité
du SFD.
Comment couvrir le risque ?
Les SFD doivent suivre le risque de taux d’intérêt en prenant les mesures suivantes :
• S’assurer que les revenus générés par les crédits octroyés couvrent le coût de l’argent. Pour ce
faire, le SFD a besoin de connaître les composantes de ces coûts et la part de chacun dans le
taux d’intérêt qu’il pratique pour ses crédits.
• Evaluer le montant à risque quand il y a un changement dans les taux d’intérêt
• Evaluer les variations périodiques des flux financiers dans un contexte particulier de
changement de taux d'intérêts.
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5.9. Le risque de change
Le risque de change
Le risque de change comprend au moins trois éléments: 1) risque de dévaluation ou de dépréciation; 2)
risque de convertibilité ; et 3) risque de transfert.
Le risque de dévaluation La dévaluation ou la dépréciation s’opère lorsque le SFD possède des
ou de dépréciation dettes en devises, tandis qu’il prête ses fonds sur son marché local en
devise nationale. En d’autre terme, le passif est évalué par rapport à une
monnaie forte, tandis que ses actifs sont en unités monétaires nationales.
On parle de position de change défavorable dans le bilan du SFD.
Les fluctuations de change entre les deux devises peuvent créer des pertes
importantes pour le SFD.
Le risque de convertibilité « Le risque de convertibilité s’entend comme le risque que le
et le risque de transfert gouvernement ne vende pas de devises aux emprunteurs ou autres
détenteurs d’obligations libellées en monnaie forte. Le risque de transfert
est le risque que le gouvernement ne permette pas aux devises de quitter
le pays, quelle qu’en soit la source ».22
Exemple :
23
« Supposons qu’une IMF emprunte 500 000 dollars. Il s’agit d’un prêt in fine à 3 ans , au taux d’intérêt
fixe de 10 % par an, les paiements d’intérêt s’effectuant tous les 6 mois. À la date du prêt, le taux de
change est de 1 dollar pour 10 unités de monnaie nationale (MN). Le prêt de l’IMF équivaut au début à
5 millions de MN.
Si la monnaie nationale perd de sa valeur au rythme régulier de 5 % tous les 6 mois, à la date
d’échéance du prêt l’IMF aura besoin de 6,7 millions de MN pour rembourser le principal en dollars. Du
fait de cette dépréciation, le taux fixe initial de 10 % l’an a, en fait, grimpé à 21 %. La dépréciation à elle
seule augmente le taux d’intérêt de 11 %, soit plus de 100 % par rapport au taux d’intérêt nominal fixe
initial. Si la valeur de la monnaie nationale du pays en développement s’effondrait à 1 dollar pour 30 MN
au cours de la première année du prêt, l’effet serait pire. L’IMF aurait besoin de 15 millions de MN pour
rembourser le principal en dollars à l’échéance du prêt—soit une augmentation de 300 % du montant
en MN. Le taux d’intérêt effectif serait de 59 %, soit 400 % de plus par rapport au taux annuel fixe de 10
% initial.
Comment couvrir le risque ?
Il existe plusieurs réponses à cette question. Toutes ne sont pas toujours applicables compte tenu de
leur coût ou de l’absence de telle réponse offerte par le marché financier des pays des SFD. Nous
présentons ci-après brièvement les quelques réponses que peut apporter le SFD à ce risque24.
22
Risque de change en microfinance : définition et modes de gestion, CGAP, 2006
23
Un prêt in fine est un prêt dont les paiements d’intérêt s’effectuent pendant toute sa durée de vie, le principal
n’étant remboursé qu’à l’échéance du prêt.
24
Risque de change en microfinance : définition et modes de gestion, CGAP, 2006
Octobre 2010 52
1. Ne rien faire et d’accepter les conséquences des variations de la valeur des monnaies ou la
possibilité que le gouvernement impose des restrictions à la disponibilité ou au transfert de
devises (stratégie de l’acceptation du risque).
2. Proposer au bailleur de fonds que tous les fonds reçus soient libellés en monnaie locale. Le risque
de change est ainsi porté au bailleur de fonds. (stratégie du transfert du risque)
3. Acheter un instrument financier qui protégera contre les conséquences des mouvements
défavorables des taux de change (stratégie de la limitation du risque). Citons à ce titre :
a. Contrats à terme de gré à gré : Contrat conclus entre deux parties qui s’engagent à
échanger ou vendre des devises à un certain prix dans le futur.
b. Swaps : Accords par lesquels les parties s’engagent à échanger (ou vendre)
simultanément un montant de devises maintenant et à revendre (ou racheter) cette
devise dans le futur.
c. Options : Instruments qui donnent le droit, mais sans obligation, d’acheter (option
d’achat) ou de vendre (option de vente) une devise dans le futur, une fois que la valeur
de cette devise atteint un prix convenu à l’avance, le prix d’exercice.
d. Les prêts adossés : En règle générale, le SFD contracte un prêt en devises et le dépose
dans une banque locale. Le SFD utilise ce dépôt comme garantie en espèces ou comme
une forme de caution donnant à la banque locale un droit contractuel sur
le dépôt, pour contracter un emprunt libellé en MN en vue de financer son portefeuille de
prêts. Le prêt en MN n’est normalement pas considéré comme une dette. Autrement dit, le
dépôt en devises offre une garantie totale à la banque locale. Une fois que le SFD
rembourse le prêt en MN, la banque locale libère le dépôt en devises,
qui est alors utilisé pour rembourser le prêt initial libellé en devises.