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Chapitre 3. Int Egration Complexe: Le TH Eor' Eme Des R Esidus Et Ses Applications

Ce chapitre traite de l'intégration complexe, en introduisant l'intégrale curviligne et les propriétés des fonctions holomorphes à l'aide des formules intégrales de Cauchy. Il explore également les séries de Laurent et la notion de résidu, permettant d'exprimer les intégrales curvilignes en fonction des singularités isolées. Enfin, il définit les concepts de chemins, domaines, et connexité, établissant des résultats fondamentaux sur la simple connexité des domaines dans le plan complexe.

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Chapitre 3. Int Egration Complexe: Le TH Eor' Eme Des R Esidus Et Ses Applications

Ce chapitre traite de l'intégration complexe, en introduisant l'intégrale curviligne et les propriétés des fonctions holomorphes à l'aide des formules intégrales de Cauchy. Il explore également les séries de Laurent et la notion de résidu, permettant d'exprimer les intégrales curvilignes en fonction des singularités isolées. Enfin, il définit les concepts de chemins, domaines, et connexité, établissant des résultats fondamentaux sur la simple connexité des domaines dans le plan complexe.

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CHAPITRE 3.

INTÉGRATION COMPLEXE :
LE THÉORÈME DES RÉSIDUS ET SES APPLICATIONS

A. BOUARICH

Ce chapitre est consacré au calcul intégral des fonctions complexes à une variable complexe.
Dans la première partie, on définit l’intégrale curviligne d’une fonction à variable complexe
et on donnera ses propriétés élémentaires. Ensuite, on démontrera les formules intégrales de
Cauchy qui vont nous permettre de démontrer plusieurs résultats caractérisant les fonctions
holomorphes. Par exemple, grâce aux formules intégrales de Cauchy on démontrera que toute
fonction holomorphe sur un ouvert on vide est indéfinement dérivable et qu’elle est développable
en série entière au voisinage de chaque point de son domaine de définition.
Dans la seconde partie, on étudie les séries de Laurent qui vont nous permettre d’introduire
la notion de résidu d’une singularité isolée d’une fonction holomorphe. En effet, c’est grâce
aux résidus des singularitées isolées d’une fonction holomorphe qu’on exprimera les intégrales
curvilignes. Plus précisément, on verra que l’intégrale curviligne d’une fonction holomorphe sur
un domaine limité par un contour fermé s’exprime par la somme des résidus des singularités
isolées contenues dans l’intérieur du contour d’intégration.

1. Intégration des fonctions complexes à une variable complexe


1.1. Les chemins et les courbes de C.
Définition 1. On appelle courbe (ou chemin) continue la donnée d’une application continue
γ : [a, b] → C.
(1) On dira que le chemin γ est de classe C 1 par morceaux s’il existe un nombre fini de points
a < t1 < t2 < · · · < tm < b tels que l’application, γ(t) := x(t) + iy(t), possède des dérivées
γ|
à gauche et à droite de chaque points tj et ses restrictions ]tj , tj+1 [−→ C sont de classe
C1.
(2) Le point γ(a) s’appelle l’origine du chemin γ et γ(b) l’extrémité du chemin γ.
(3) Lorque γ(a) = γ(b) on dira que le chemin γ est fermée (ou un lacet).
(4) Si la restriction de l’application γ(t) sur l’intervalle ouvert ]a, b[ est injective on dira que
le chemin γ est simple ou qu’il est sans points doubles.
(5) L’image Γ = {γ(t) ; t ∈ [a, b]} s’appelle courbe paramétrée dans le plan complexe C par
l’application γ.
(6) Soient γ1 : [a, b] → C et γ2 : [c, d] → C deux paramétrisations d’une courbe Γ. On dira
que γ1 et γ2 sont équivalentes s’il existe une bijection continue θ : [a, b] → [c, d] ayant un
inverse θ −1 continue et telle que γ2 ◦ θ(t) = γ1 (t), ∀t ∈ [a, b].
Notons que si on utilise la bijection de classe C ∞ , θ : [0, 1] → [a, b], définie par l’expression
t 7−→ θ(t) = t(b − a) + a
on déduit que les chemins du plan complexe peuvent être définis à partir des applications
continues sur le segment [0, 1] dans C. En particulier, le segment du plan complexe d’origine
z ∈ C et d’extrémité u ∈ C peut être paramétré par l’application
t ∈ [0, 1] 7−→ γ(t) = (1 − t)z + tu ∈ C
1
2 A. BOUARICH

Figure 1. Exemples de chemins du plan complexe

dont l’image sera notée [z, u] = {(1 − t)z + tu ∈ C ; t ∈ [0, 1]}.


Définition 2. Soit γ : [0, 1] → C un chemin. L’application continue γ − : [0, 1] → C définie
par γ − (t) = γ(1 − t) s’appelle chemin opposée ou chemin inverse du chemin γ.
Avec cette définition on voit que toute courbe paramétrée
Γ = {γ(t) ; t ∈ [0, 1]}
pourra être parcourue suivant deux sens : soit de γ(0) = a vers γ(1) = b ou bien de γ(1) = b vers
γ(0) = a. Le parcourt de a vers b s’appelle orientation positive et se note Γ+ = {γ(t) ; t ∈ [0, 1]}
y
ou ab tandis que la traversée opposée de b vers a s’appelle orientation négative et se note
y
Γ− = {γ − (t) ; t ∈ [0, 1]} ou ba.
Par exemple, un cercle de centre z0 ∈ C et de rayon R > 0 on peut le parcourir soit dans le
sens horaire ou dans le sens trigonométrique. Par convention le sens trigonométrique paramétré
par l’application
t ∈ [0, 1] 7−→ z(t) := z0 + Re2πit
est considéré comme une orientation positive du cercle. L’orientation négative du cercle peut
être obtenue à partir de la paramétration : t ∈ [0, 1] 7−→ z − (t) := z0 + Re−2πit .

z1 z2
b b

Figure 2. Le cercle de centre z1 est orienté positivement tandis que le cercle


de centre z2 est orienté négativement.

Définition 3. Soient γ1 et γ2 : [0, 1] → C deux chemins tels que γ1 (1) = γ2 (0). L’application
continue γ1 ⋆ γ2 : [0, 1] → C définie par les expressions suivantes,

γ1 (2t) si t ∈ [0, 1/2]
γ1 ⋆ γ2 (t) =
γ2 (2t − 1) si t ∈ [1/2, 1]
s’appelle chemin composée de γ1 et γ2 .
Par récurrence on pourra définir la composition d’une famille de n chemins γ1 , · · · , γn si pour
tout j ∈ {0, · · · , n − 1} l’extrémité du chemin γj (t) est égale à l’origine du chemin γj+1 (t) (ie.
γj (1) = γj+1 (0)) comme il est indiqué dans la figure.
ANALYSE COMPLEXE 3

Figure 3. Trois chemins composés

Exemple 1. Le bord d’un triangle T de sommets z1 , z2 et z3 ∈ C est un chemin fermé composé


par trois chemins qui matérialisent les arrêtes [z1 , z2 ], [z2 , z3 ] et [z3 , z1 ] du triangle T , on peut
le paramétré par le systèmes suivant :

 z1 + 3t(z2 − z1 ) si t ∈ [0, 1/3]
γ(t) = z2 + (3t − 1)(z3 − z2 ) si t ∈ [1/3, 2/3]
z3 + (3t − 2)(z1 − z3 ) si t ∈ [2/3, 1]

1.2. Les domaines de C.


Définition 4. Soit Ω ⊆ C une partie non vide.
(1) On dira que la partie Ω est un domaine s’il est ouvert et connexe.
(2) On dira que la partie Ω est convexe si pour tout couple de points z1 et z2 ∈ Ω le segment
[z1 , z2 ] = {(1 − t)z1 + tz2 ∈ C, ∀t ∈ [0, 1]} ⊆ Ω.
(3) On dira que la partie Ω est étoilée s’il existe un point z0 ∈ Ω tel que pour tout z ∈ Ω le
segment [z0 , z] ⊆ Ω.
z1 b b z5
z2 b

z3
z4 b

Figure 4. Une partie convexe

Il est clair que toute partie convexe est étoilée, et que l’intérieur de toute partie étoilée est
un domaine (ie. ouvert et connexe).
Définition 5. Soit Ω ⊆ C une partie non vide. Soient γ1 et γ2 : [0, 1] → Ω deux chemins qui
ont les mêmes extrémités ie. :
a = γ1 (0) = γ2 (0) et b = γ1 (1) = γ2 (1)
On dira que γ1 se déforme continument sur γ2 s’il existe une application continue H :
[0, 1] × [0, 1] → Ω telle que
H(t, 0) = γ1 (t), H(t, 1) = γ2 (t), H(0, s) = a et H(1, s) = b
L’application H(t, s) s’appelle une déformation continue de γ1 sur γ2 ; on l’appelle aussi
homotopie entre les chemins γ1 et γ2 .
Notons que si H : [0, 1] × [0, 1] → Ω est une déformation continue (une homotopie) de γ1 sur
γ2 alors pour tout s ∈ [0, 1] fixée l’application partielle
t ∈ [0, 1] 7−→ γs (t) := H(t, s) ∈ Ω
défini un chemin d’origine H(0, s) = a et d’extrémité H(1, s) = b.
4 A. BOUARICH

b
b
γ1

γs
a b

γ2

Figure 5. Le chemin γ1 se déforme continument sur γ2 et γs un chemin intermédiaire

Définition 6. Soit Ω ⊆ C une partie non vide. Si tout chemin continue et fermé de Ω peut
être déformé continument en un point de Ω on dira que la partie Ω est simplement connexe.
C’est-à-dire, si tout chemin fermé de Ω est homotope à un chemin constant (un point de Ω).
Lorsque Ω n’est pas simplement connexe on dira qu’il est non simplement connexe (ou mul-
tiplement connexe).
Proposition 1. Toute partie étoilée non vide Ω ⊂ C est simplement connexe.
Démonstration. Pour démontrer cette affirmation supposons que pour le point a ∈ Ω on a pour
tout z ∈ Ω le segment [a, z] ⊂ Ω. Puis, observons que pour tout chemin fermé γ : [0, 1] → Ω
tel que γ(0) = γ(1) = a si on pose
∀t, s ∈ [0, 1], H(t, s) = (1 − s)γ(t) + sa
on obtient une application continue qui déforme le chemin fermé γ sur le point a ; car pour
tout t ∈ [0, 1], H(t, 0) = γ(t) et H(t, 1) = a. 
Théorème 1. Pour qu’un domaine, Ω ⊆ C, soit simplement connexe il faut et il suffit que sa
frontière ∂Ω soit constituée par une seule courbe fermée et simple.
Démonstration. Admis. 
Le théorème qu’on vient d’énoncer sans démonstration est en effet équivalent au fameux
théorème de Jordan qui s’énonce comme suit.
Théorème 2 (Courbe simple de Jordan). Si C ⊂ C est une courbe simple continue et fermée
alors son complémentaire C\C est constitué que par deux composantes connexes une est bornée
et l’autre non bornée. De plus, la composante conexe bornée de C \ C est simplement connexe
on l’appelle l’intérieur de la courbe C tandis que la composante non bornée de C \ C s’appelle
l’extérieur de C.
Exemple 2. 1) Les triangles, les disques ouverts ou fermés, les demi-plans et les secteurs
C(z0 , θ1 , θ2 ) := {z ∈ C; θ1 ≤ arg(z − z0 ) ≤ θ2 } sont simplement connexes.
2) Si on se donne une partie Ω qui est simplement connexe alors en fixant un nombre fini de
points {x1 , x2 , · · · , xn } ⊂ Ω le complémentaire
Ω1 = Ω \ {x1 , x2 , · · · , xn }
est multiplement connexe. De même, si on enlève de Ω un nombre fini de disques fermés
D̄(x1 , r1 ), · · · , D̄(xn , rn ) ⊆ Ω
on obtient un domaine multiplement connexe
 [ [ 
Ω2 = Ω \ D̄(x1 , r1 ) · · · D̄(xn , rn )
En particulier, pour tout les réels 0 < r < R la couronne circulaire
C(r, R) = {z ∈ C ; r <| z |< R}
est multiplement connexe car sa frontière est constituée par les deux cercles concentriques de
rayons respectifs r et R.
ANALYSE COMPLEXE 5

b b

Figure 6. Domaine multiplement connexe

Les discussions de ce paragraphe peuvent être résumées en deux points :


i) Un domaine Ω ⊆ C sans trous est simplement connexe mais s’il possède des trous il est donc
multiplement connexe.
ii) Si le domaine Ω ⊂ C est borné et multiplement connexe alors sa frontière est constituée par
un nombre fini de courbes simples fermées.

1.3. Construction de l’intégrale curviligne complexe. On rappelle qu’une partition du


segment [a, b] est la donnée d’une suite strictement croissantes d’éléments σ = (tj ) ⊂ [a, b] telle
que t0 = a < t1 < · · · < tn = b. L’entier n ≥ 1 s’appelle la longueur de la subdition σ tandis
que la borne supérieure
hσ = max{| tj+1 − tj |; j = 0, · · · , n − 1}
s’appelle la norme ou le pas de la partition σ.
Soit Ω ⊆ C un domaine non vide. Considérons un chemin γ : [a, b] → Ω de classe C 1 par
morceaux et fixons dans le segment [a, b] une subdivision : a = t0 < t1 < · · · < tm = b.
b
γ(tm )
b b

b b
γ(tm−1 )
γ(t1 ) b

γ(t0 ) b

Figure 7. Chemin subdivisé en m-portions de chemins

De plus, considérons une fonction continue f : Ω → C et pour tout entier 0 ≤ j ≤ m


choisissons dans la portion de chemin γ([tj , tj+1 ]) un point ζj . La somme suivante associée à
ces données,
j=m−1
X
R(f, γ, m, ζj ) = f (ζj )(γ(tj+1 ) − γ(tj ))
j=0

s’appelle somme de Riemann de f (z) le long du chemin γ subdivisé en m-portions de chemins


pointées par ζj ∈ γ([tj , tj+1 ]).
Définition 7. La limite de la suite des sommes de Riemann définie ci-dessus
 j=m−2
X 
lim R(f, γ, m, ζj ) = lim f (ζj )(γ(tj+1 ) − γ(tj ))
tj+1 −tj →0 tj+1 −tj →0
m→+∞ m→+∞ j=0
6 A. BOUARICH

s’appelle intégrale curviligne au sens de Riemann de la fonction f (z) le long du chemin γ,


quand il existe ; elle se note
Z Z
f (z)dz ou bien f (z)dz où Γ = γ([a, b])
γ Γ

Lorsque la courbe Γ est fermée on utilisera l’une des deux notations suivantes :
I I
f (z)dz ou f (z)dz
γ Γ

1.4. Longueur d’une courbe plane. Soit Ω ⊆ C un domaine non vide dons lequel on fixe
un chemin γ : [a, b] → Ω de classe C 1 par morceaux.
Fixons alors une subdivision sur le segment [a, b] : a = t0 < t1 < · · · < tm = b. Dans ces
conditions, pour tout indice 0 ≤ j ≤ m − 1 le module | γ(tj+1 ) − γ(tj ) | mesure la longueur du
segment [γ(tj ), γ(tj+1 )] ; ceci permet alors d’interpréter la somme suivante :
j=m−2
X
| γ(tj+1 ) − γ(tj ) |
j=0

comme étant une valeur approchée de la longueur de la courbe Γ = γ([0, 1]). Donc, si on passe
à la limite suivante
 j=m−2
X 
lim | γ(tj+1 ) − γ(tj ) |
tj+1 −tj →0
m→+∞ j=0
on obtient la valeur exacte de la longueur de la courbe Γ = γ([a, b]).
Dans ce qui va suivre, on se propose d’établir une formule permettant le calcul paratique de
la longueur d’une courbe de classe C 1 par morceaux.
Noter que le faot que l’application γ(t) = x(t) + iy(t) étant de classe C 1 par morceaux ; donc
grâce au théorème des accroissements finis, on peut écrire
x(tj+1 − x(tj ) = (tj+1 − tj )ẋ(τj ) et y(tj+1 − y(tj ) = (tj+1 − tj )ẏ(τj′ )
avec tj < τj , τj′ < tj+1 . Ainsi, lorsque le pas de la subdivision, hσ ≥| tj+1 − tj |, est assez petit
on pourra alors approcher le module | γ(tj+1 ) − γ(tj ) | par la quantité suivante :
q q
(x(tj+1 ) − x(tj ))2 + (y(tj+1 ) − y(tj ))2 ≃ (ẋ(τ̄j )2 + (ẏ(τ̄j )2 (tj+1 − tj ) =| γ̇(τ̄j ) | (tj+1 − tj )
avec tj < τ̄j < tj+1 . De même, par continuité de la dérivée γ̇(t) si on approche | γ̇(τ̄j ) | par
| γ̇(tj ) | on pourra finalement poser :
| γ(tj+1 ) − γ(tj ) |≃| γ̇(tj ) | (tj+1 − tj )
Ainsi, en conséquence de ce qui précéde, si on passe à la limite sur tj+1 − tj vers zéro on
déduit que la longueur de la courbe Γ = γ([a, b]) est égale à l’intégrale simple définie :
Z b
ℓong(Γ) = | γ̇(t) | dt
a

Dans la suite, la longueur d’une courbe Γ de classe C 1 par morceaux sera désignée par
l’expression intégrale : Z
ℓong(Γ) = | dz |
Γ

Exemple 3. Calculons la longueur de l’arc paramétré par l’application γ(t) = z0 + Reit avec
t ∈ [θ0 , θ1 ].
Il s’agit de calculer l’intégrale curviligne suivante :
ANALYSE COMPLEXE 7
θ1 θ0
b

z0

Figure 8. Un arc de cercle de centre z0 et de rayon R > 0.

Z Z θ1
ℓong(γ) = | dz |= | γ̇(t) | dt
γ θ0
Z θ1
= | iReit | dt
θ0
= R(θ1 − θ0 )

Par conséquent, si on prend θ0 = 0 et θ1 = 2π on déduit que la longueur d’un cercle entier


de centre z0 et de rayon R > 0 est égale à 2πR.

Exercice 1. Soit [a, b] → R une fonction de classe C 1 . Montrer que la longueur du graphe
Gr(f ) = {(x, f (x)) ∈ R; x ∈ [a, b]} est donnée par l’intégrale simple :
Z bp
ℓong(Gr(f )) = 1 + (f ′ (x))2 dx
a

1.5. Calcul et propriétés de l’intégrale curviligne complexe. Soit Ω ⊆ C un ouvert non


vide et f : Ω → C une fonction continue dont les parties réelle et imaginaire sont désignées
respectivement par u(x, y) et v(x, y). Considérons un chemin γ : [a, b] → Ω de classe C 1 par
morceaux et pour tout t ∈ [a, b] posons γ(t) = x(t) + iy(t).
Donc, avec ces données, la somme de Riemann de longueur m ∈ N pourra être écrite sous la
forme,
j=m−2
X
R(f, γ, m, ζj ) = f (ζj )(γ(tj+1 ) − γ(tj ))
j=0
j=m−2
X
= [u(ζj ) + iv(ζj )][(x(tj+1 ) − x(tj )) + i(y(tj+1 ) − y(tj ))]
j=0
j=m−2
X
= [u(ζj )(x(tj+1 ) − x(tj )) − v(ζj )(y(tj+1 ur) − y(tj ))]
j=0
j=m−2
X
+ i [v(ζj )(x(tj+1 ) − x(tj )) + u(ζj )(y(tj+1 ) − y(tj ))]
j=0

D’autre part, observons que si on approche x(tj+1 )−x(tj ) par (tj+1 −tj )ẋ(tj ) et y(tj+1 )−y(tj )
par (tj+1 − tj )ẏ(tj ) on voit que la somme de Riemann R(f, γ, m, ζj ) peut être approchée par
la somme
j=m−2
X j=m−2
X
[u(ζj )ẋ(tj ) − v(ζj )ẏ(tj )](tj+1 − tj ) + i [v(ζj )ẋ(tj ) + u(ζj )ẏ(tj )](tj+1 − tj )
j=0 j=0
8 A. BOUARICH

Par conséquent, si dans cette nouvelle expression de la somme de Riemann R(f, γ, m, ζj ) on


fait tendre m vers l’infini et tj+1 − tj vers zéro on conclut que l’intégrale curviligne :
Z Z b Z b
f (z)dz = (u(γ(t))ẋ(t) − v(γ(t))ẏ(t))dt + i (v(γ(t))ẋ(t) + u(γ(t))ẏ)dt
Γ a a
Z b
= f (γ(t))γ̇(t)dt
a
Ceci démontre la proposition suivante :
Proposition 2. Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C une fonction continue. Si
γ : [a, b] → Ω est une courbe de classe C 1 alors l’intégrale curviligne
Z Z b Z Z
f (z)dz = f (γ(t))γ̇(t)dt = (udx − vdy) + i (vdx + udy)
Γ a Γ Γ
Corollaire 1. Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C une fonction continue. Si
γ : [a, b] → Ω est un chemin de classe C 1 alors pour toute fonction θ : [c, d] → [a, b] qui est
bijective et croissante on a, Z Z
f (z)dz = f (z)dz
γ◦θ γ

Exemple 4. Soient m ∈ Z et a ∈ C fixé. Calculons l’intégrale curviligne de la fonction (z−a)m


le long du cercle Γ de centre a et de rayon R = 1 paramétré par l’application
γ(t) = a + eit , t ∈ [0, 2π]

Z Z 2π
(z − a)m dz = eimt (ieit )dt
Γ 0
Z 2π
= i ei(m+1)t dt
0
0 si m 6= −1
=
2πi si m = −1
La formule énoncée dans la proposition précédente qui rammène le calcul des l’intégrales
curvilignes des fonctions complexes au calcul des intégrales simples définies nous permet de
déduire toutes les propriétés algébriques de l’intégrale curviligne. Par exemple, on a :
Z Z Z
(1) (f (z) + g(z))dz = f (z)dz + g(z)dz.
Γ Γ Γ
Z Z
(2) ∀λ ∈ C, λ · f (z)dz = λ · f (z)dz.
Γ Γ
Z Z Z
(3) f (z)dz = f (z)dz + f (z)dz.
Γ1 ⋆Γ2 Γ1 Γ2
Z Z
(4) f (z)dz = − f (z)dz.

ZΓ Z Γ
(5) f (z)dz ≤ | f (z) | · | dz |≤ sup{| f (z) | ; z ∈ Γ}ℓong(Γ).
Γ Γ
Exercice 2. On vous rappelle que le segment d’éxtrimités a et b ∈ C est défini par [a, b] =
{a + t(b − a); t ∈ [0, 1]}. Calculer les intégrales curviligne suivantes
Z Z Z
ℜ(z)dz, ℑ(z)dz, (z̄)n dz
[a,b] [a,b] C(0,r)
ANALYSE COMPLEXE 9

Exercice 3. Soient a et b ∈ C tels que 0 <| a |<| b |. Calculer l’intégrale curviligne


dz
I

C(0,r) (z − a)(z − b)
dans les trois cas : 1) 0 < r <| a |, 2) | a |< r <| b | et 3) 0 <| b |< r.
Exercice 4. C(0, 1) désigne le cercle unité centré à l’origine. On on pose,
1 du
I
f (z) = , ∀ | z |6= 1
2πi C(0,1) u(u + z)
1) Calculer la valeur f (z) selon la position de z par rapport au cercle C(0, 1).
2) Calculer les deux limites lim f (z) et lim f (z). Conclure.
z→i z→i
|z|<1 |z|>1

1.6. Première formule de Cauchy. Pour démontrer la formule de Cauchy on aura besoin
de la formule de Green-Riemann qu’on a rappeler ci-dessus.
Définition 8. Soit Ω ⊂ C un domaine connexe dont la frontière ∂D est constituée par un
nombre fini de courbes simples. On dira que Ω est orientée positivement si chaque composante
de sa frontière est parcourue de telle sorte que l’intérieur de Ω reste du côté gauche (voir la
figure ci-dessous).

Figure 9. Domaine connexe orienté positivement

En pratique, l’orientation positive d’un domaine connexe D ⊂ C se fait en parcourant la


composante extérieure du bord ∂D dans le sens trigonométrique tandis que les composantes
intérieures du bord ∂D on les parcourt dans le sens horaire. Donc, le fait d’orienter un domaine
connexe D ⊂ C induit une orientation naturelle des composantes du bord ∂D.
Théorème 3 (Formule de Green-Riemann). Soit Ω ⊆ C un ouvert connexe et soient P et
Q : Ω → R des fonctions de classe C 1 . Alors, pour tout domaine compact D ⊆ Ω orienté
positivement l’intégrale curviligne
∂Q ∂P 
I ZZ 
(P dx + Qdy) = − dxdy
∂D D
∂x ∂y
La proposition suivante nous donnera la reformulation de la formule de Green-Riemann pour
les fonctions complexes à variable complexe en fonction des variables complexes indépendantes
z et z̄.
Théorème 4 (Formule de Riemann-Green complexe). Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et
f : Ω → C une fonction dont la partie réelle u(x, y) et la partie imaginaire v(x, y) sont de
classe C 1 . Si D ⊆ Ω est un domaine compact connexe orienté positivement alors l’intégrale
curviligne
∂f
I ZZ
f (z)dz = 2i dxdy
∂D D
∂ z̄
10 A. BOUARICH

Démonstration. Rappelons que dans les conditions du théorème l’intégrale curviligne


I I I
f (z)dz = (udx − vdy) + i (vdx + udy)
∂D ∂D ∂D
I
Donc, si on applique aux parties réelle et imaginaire de f (z)dz la formule de Green-
∂D
Riemann on obtient
I I I
f (z)dz = (udx − vdy) + i (vdx + udy)
∂D
Z∂D ∂D
∂v ∂u  ∂u ∂v 
Z  ZZ 
= − − dxdy + i − dxdy
D ∂x ∂y D ∂x ∂y
∂u ∂u i h ∂v ∂v i
Z Z h
= − +i + − −i dxdy
D ∂y ∂x ∂x ∂y
∂u ∂v 
ZZ 
= 2i −2 dxdy
D ∂ z̄ ∂ z̄
∂f
ZZ
= 2i dxdy
D ∂ z̄


Rappelons qu’au chapitre précédent on a vu que si les parties réelle et imaginaire d’une
fonction f (z) = u + iv sont différentielles alors f (z) est holomorphe si et seulement, si les
dérivées partielles de u et v vérifient les conditions de Cauchy-Riemann ie.
 ∂u ∂v ∂u ∂v  ∂f
= et =− ⇐⇒ =0
∂x ∂y ∂y ∂x ∂ z̄
D’où le corollaire,
Corollaire 2 (Cauchy (1815)-Riemann (1846)). Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C
une fonction holomorphe dont la partie réelle et imaginaire sont de classe C 1 . Alors, pour tout
domaine compact connexe et orienté positivement D ⊆ Ω l’intégrale curviligne
I
f (z)dz = 0
∂D

Le résultat du corollaire précédent qu’on vient de déduire à partir de la formule de Green-


Riemann complexe démontré pour la première fois en 1815 par Cauchy en utilisant une méthode
basée sur le calcul des variations. En 1900 Goursat a proposé une nouvelle démonstration de
la formule de Cauchy sans demander que les parties réelle et imaginaire de la fonction f (z)
ne soient de classe C 1 . En effet, l’hypothèse de classe C 1 exigée par le corollaire sur les parties
réelle et imaginaire est superflue parce que au paragraphe 2.5, consacré aux formules intégrales
de Cauchy, on va démontrer que toute fonction holomorphe est en effet indéfinement dérivable
sur l’intérieur de son domaine de définition.
Vue l’intérêt instructif et pédagogique de la démonstration historique du théorème de Cauchy-
Goursat on va la développer ci-dessous sous sa forme générale.
Théorème 5 (Cauchy-Goursat (1900)). Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C une
fonction holomorphe. Pour tout domaine connexe comapct D ⊂ Ω qui est orienté positivement
et dont la frontière est constituée par un nombre fini de courbes simples fermées et disjointes
∂D = Γ1 ∪ · · · ∪ Γn l’intégrale curviligne
I I I
f (z)dz = f (z)dz + · · · + f (z)dz = 0
∂D Γ1 Γn
ANALYSE COMPLEXE 11

En particulier, pour toute courbe simple fermée Γ ⊂ Ω qui borde un domaine simplement
connexe D ⊆ Ω l’intégrale curviligne,
I
f (z)dz = 0
Γ

Démonstration. La preuve du théorème de Cauchy-Goursat sera développée en étapes.


Étape 1 : Cas d’un triangle
Étape 2 : Cas d’un polygone
Étape 3 : Cas d’un domaine compact connexe ayant un bord connexe
Étape 4 : Cas d’un domaine compact connexe ayant un bord non connexe 
Exemple 5. On désigne par C(0, r) le cercle de centre z = 0 et de rayon r > 0 parcouru dans
le sens trigonométrique. Les intégrales curvilignes suivantes sont nulles :
ez
I I I I
2 3
dz = 0, z dz = 0, sin(z )dz = 0, dz = 0
C(0,r) C(0,r) C(0,r) C(0,r) z − 2r

Exercice 5. Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C une fonction holomorphe. Soit


Γ ⊆ Ω une courbe paramétrée par une application γ : [a, b] → Ω de classe C 1 telle que au
point t1 < t2 on a γ(t1 ) = γ(t2 ) et la restriction de γ sur ]t1 , t2 [ est injective avec une image
γ([t1 , t2 ]) qui borde un domaine simplement connexe (voir la figure).

Figure 10. Un chemin avec un point double et la boucle fermée qu’elle forme

1) On pose Γ1 = γ([a, t1 ]), Γ2 = γ([t1 , t2 ]) et Γ3 = γ([t3 , b]). Montrer que l’intégrale curviligne
Z Z Z Z
f (z)dz = f (z)dz = f (z)dz + f (z)dz
Γ Γ1 ⋆Γ2 ⋆Γ3 Γ1 Γ3
Z
2) En déduire qu’une intégrale curviligne f (z)dz peut être calculée sans passer par les boucles
Γ
de Γ crées par les points doubles de Γ bordant des domaines simplement connexes.
3) Montrer que si le domaine Ω est simplement connexe alors l’intégrale curviligne de f (z) le
long d’une courbe Γ ⊂ Ω qui joint deux points A et B ∈ Ω peut être calculée en supposant que
Γ est simple.
Le théorème de Cauchy-Goursat possède plusieurs applications importantes qui seront illustrées
ci-dessous.
Proposition 3. Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C une fonction holomorphe. Pour
tout couple de courbes simples fermées Γ1 et Γ2 ⊂ Ω qui sont disjointes orientées dans le même
sens trigonométrique et bordent une couronne C ⊆ Ω l’intégrale curviligne,
I I
f (z)dz = f (z)dz
Γ1 Γ2
12 A. BOUARICH

Figure 11. Une couronne non circulaire dont les composantes du bord sont
orientées dans le sens trigonométrique (positive).

Démonstration. Par exemple, supposons que Γ1 est la composante extérieure du bord ∂C


tandis que Γ2 est sa composante intérieure. De même, supposons que Γ1 et Γ2 sont orientées
dans le sens trigonométrique (voir la figure).
Dans ces conditions, si on oriente la couronne C positivement on voit que le bord ∂C =
Γ1 ∪ Γ−
2 . Ainsi, par la formule de Cauchy-Goursat appliquée à la fonction holomorphe f (z) sur
la couronne orientée C on obtient :
I I I
f (z)dz = f (z)dz + f (z)dz = 0
∂C Γ1 Γ−
2
I I I I
Donc, comme f (z)dz = − f (z)dz il s’ensuit que f (z)dz = f (z)dz. 
Γ−
2 Γ2 Γ1 Γ2

Corollaire 3. Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C une fonction holomorphe. Si Γ1


et Γ2 désignent deux courbes simples qui ont la même origine z1 ∈ Ω et la même extrémité
z2 ∈ Ω et telles que la courbe composée Γ1 ⋆ Γ− 2 borde un domaine simplement connexe D ⊆ Ω
(voir la figure), alors l’intégrale curviligne
Z Z
f (z)dz = f (z)dz
Γ1 Γ2

z2
b

Γ1 Γ2

z1

Figure 12. Deux chemins ayant les mêmes extrémités et bordent un domaine
simplement connexe.

Le résultat du corollaire se généralise aux courbes homotopes dans un domaine de définition


d’une fonction holomorphe. Plus précisément, on a :
Proposition 4. Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C une fonction holomorphe. Si Γ1
et Γ2 désignent deux courbes homotopes et ayant la même origine z1 ∈ Ω et la même extrémité
z2 ∈ Ω alors l’intégrale curviligne
Z Z
f (z)dz = f (z)dz
Γ1 Γ2

Démonstration. Admise. 
ANALYSE COMPLEXE 13

Exercice 6. En appliquant la formule de Green-Riemann complexe, démontrer que l’aire du


1
I
domaine limité par une courbe simple fermée Γ est égale à z̄dz.
2i Γ
Exercice 7. Soit Ω ⊂ C un ouvert non vide et f et g : Ω → C est holomorphe.
1) Démontrer que pour tout domaine multiplement connexe D ⊂ Ω on a
I ZZ
f (z)g(z)dz = 2i f ′ (z)g(z)dxdy
∂D D
2) En déduire que le l’intégrale double
1
ZZ I
| f ′ (z) |2 dxdy = f (z)f ′ (z)dz
D 2i ∂D
Exercice 8. Soit Ω ⊆ C un ouvert connexe borné non vide et f : Ω → C une fonction
holomorphe. Démontrer que si la fonction f ′ (z) ne s’annule pas sur Ω alors l’aire de f (Ω) est
donnée par la formule ZZ
Aire(f (Ω)) = | f ′ (z) |2 dxdy

Application : Calculer l’aire du domaine f (D(0, 1)) dans les cas suivants :
f1 (z) = z n , et f2 (z) = z 3 + 3z
Exercice 9. Soient a > 0 et b > 0. On désigne par Γ ⊂ C l’ellipse paramétré par l’application
1
γ(t) = a cos(t) + ib sin(t) ∀t ∈ [0, 2π]. En intégrant la fonction holomorphe sur l’ellipse Γ,
z
puis sur un cercle de rayon R > max(a, b) déduire la valeur de l’intégrale simple
Z 2π
dt 2π
2 2 2 2 =
0 a cos (t) + b sin (t) ab
1.7. Primitive d’une fonction holomorphe. Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C
une fonction continue. Dans ce paragraphe, on se propose de donner les conditions nécéssaires
et suffisantes pour que la fonction f (z) possède une primitive.
Définition 9. Soit U ⊆ Ω un ouvert non vide et F : U → C une fonction continue. On dira
que la fonction F (z) est une primitive sur U de la fonction f (z) si,
∀z ∈ U, F ′ (z) = f (z)
Notons que puisque la dérivée d’une constante est nulle on déduit que la primitive d’une
fonction f (z) lorsqu’il existe sur un ouvert connexe elle est unique à une constante additive
près. C’est-à-dire, si sur un ouvert connexe non vide U les fonctions F (z) et G(z) sont des
primitives de f (z) alors la fonction F (z) − G(z) est constante sur U .
Proposition 5. Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C une fonction continue. Si
la fonction F (z) est une primitive de f (z) sur Ω (ie. f (z) = F ′ (z), ∀z ∈ Ω) alors pour tout
chemin γ : [a, b] → Ω de classe C 1 l’intégrale curviligne complexe
Z
f (z)dz = F (γ(b)) − F (γ(a))
γ
I
En particulier, pour courbe fermée γΩ l’intégrale curviligne : f (z)dz = 0.
γ

Démonstration. Rappelons que l’intégrale curviligne de la fonction f (z) le long d’un chemin
de classe C 1 , γ : [a, b] → Ω, est donnée par
Z Z b
f (z)dz = f (γ(t))γ̇(t)dt
γ a
14 A. BOUARICH

Observons que si la fonction F (z) est une primitive de f (z) sur l’ouvert Ω on aura f (γ(t))γ̇(t) =
d
(F (γ(t))), donc
dt
Z b
d
Z
f (z)dz = (F (γ(t)))dt = F (γ(b)) − F (γ(a))
γ a dt
I
Par conséquent, si le chemin γ est fermé il s’ensuit que f (z)dz = 0. 
γ

Il est important de souligner que le résultat de la proposition précédente nous apprend que
si Ω ⊆ C est un ouvert non vide et f : Ω → C est une fonction continue
I telle que il est possible
de trouver une courbe fermée Γ ⊂ Ω dont l’intégrale curviligne f (z)dz soit non nulle, alors
Γ
la fonction f (z) n’admet pas de primitives holomorphe sur Ω.
z n+1
Exemple 6. Puisque pour tout entier n ∈ Z\{−1} la fonction z 7−→ est une primitive de
n+1
la fonction z − n ∗
7 → z sur l’ouvert C on aura pour toute courbe Γ d’origine a ∈ C et d’extrémité
b ∈ C,
d z n+1 bn+1 an+1
Z Z
n
z dz = ( )dz = −
Γ Γ dz n + 1 n+1 n+1
1
Cependant, si on intégre la fonction z 7−→ le long du cercle Γ paramétré par l’application
z
γ(t) = reit avec t ∈ [0, 2π] on déduit que l’intégrale curviligne
Z 2π
dz ireit
I
= dt = 2πi
γ z 0 reit
1
est non nulle. Donc, la fonction z 7→ n’admet pas de primitive holomorphe sur C∗ .
z
Noter que le résultat de cet exemple confirme le fait que le logarithme complexe ne peut pas
être holomorphe sur tout l’ouvert C∗ .
Le théorème suivant nous donnera la condition suffisante pour qu’une fonction complexe et
à variable complexe continue possède une primitive.
Théorème 6 (Existence de la primitive). Soit Ω ⊆ C un I ouvert et f : Ω → C une fonction
continue. Si pour toute courbe fermée Γ ⊂ Ω l’intégrale, f (z)dz = 0, alors les affirmations
Γ
suivantes sont vraies :
(1) Les intégrales curvilignes de la fonction f (z) ne dépendent que des extrémités des chemins
d’intégration contenues dans Ω.
Z z
(2) La fonction z 7−→ F (z) = f (u)du est holomorphe sur l’ouvert Ω, donc ; c’est une
a
primitive de f (z) = F ′ (z), ∀z ∈ Ω.
Démonstration. 1) Considèrons deux courbes Γ1 et Γ2 ⊆ Ω d’origine z1 ∈ Ω et d’extrimité
z2 ∈ Ω. Donc, si on applique l’hypothèse du théorème à la courbe fermée composée Γ1 ⋆ Γ−
2 on
obtient : I Z Z
f (z)dz = 0 =⇒ f (z)dz = f (z)dz
Γ1 ⋆Γ−
2 Γ1 Γ2
Z
Donc, l’intégrale curviligne f (z)dz ne dépent que des extrémités de la courbe Γ.
Γ
ANALYSE COMPLEXE 15

2) Puisque dns 1) on a vue que les intégrales curvilignes de f (z) ne dépendent


Z z que des
extrémités des chemins d’intégration inclus dans Ω on pourra alors écrire f (z)dz pour
a
désigner l’intégrale curviligne de f (z) le long d’une courbe d’origine a etZ d’extrimité z.
z
Vérifions alors que pour a fixé dans Ω la fonction, z ∈ Ω 7→ F (z) := f (u)du, est homo-
a
lophe et que sa fonction dérivée F ′ (z) = f (z).
Fixons un réel ε > 0 et un point z0 ∈ Ω. Donc, par continuité de f sur Ω il existe un réel
r > 0 tel que
∀u ∈ D(z0 , r), | f (u) − f (z0 ) |< ε
De même, considérons une courbe Γ ⊂ Ω d’origine a et d’extrimété z0 et pour tout h ∈ D(0, r)
désignons par Γz0 ,h ⊂ D(z0 , r) le segment d’origine z0 et d’extrémité z0 + h ∈ D(z0 , r) (voir la
figure)

z0 b
b

Γ z0 + h

Figure 13. Le chemin composé Γ ⋆ Γz0 ,h .

Ainsi, avec les notations ci-dessus, on déduit que pour tout h ∈ D(0, r) on a
Z
F (z0 + h) = f (u)du
Γ⋆Γz0 ,h
Z Z
= f (u)du + f (u)du
Γ Γz0 ,h
Z z0 Z z0 +h
= f (u)du + f (u)du
a z0
Z z0 +h
= F (z0 ) + f (u)du
z0
Z z0 +h
D’autre part, observons que hf (z0 ) = f (z0 )du. Ainsi, comme pour tout u ∈ D(z0 , r)
z0
on a | f (u) − f (z0 ) |< ε on déduit que
Z z0 +h Z z0 +h
F (z0 + h) − F (z0 ) − hf (z0 ) = f (u)du − f (z0 )du
z0 z0
Z z0 +h
= (f (u) − f (z0 ))du < ε | h |
z0
Par conséquent, la fonction F (z) est holomorphe sur l’ouvert Ω et sa fonction dérivée F ′ (z) =
f (z), ∀z ∈ Ω. Autrement dit, F (z) est une primitive de f (z) sur l’ouvert Ω. 
Corollaire 4. Si Ω ⊆ C est un ouvert simplement connexe non vide alors toute fonction
holomorphe f : Ω → C possède une primitive sur Ω.
16 A. BOUARICH

1
Exemple 7. 1) La restriction de la fonction z 7−→ sur l’ouvert simplement connexe Uπ =
z
C \ R− possède la déterminantion principale du logarithme complexe
∀z ∈ Uπ , Log(z) := Log(| z |) + iArg(z) où Arg(z) ∈] − π, π[
comme primitive holomorphe telle que Log(1) = 0. Les autres primitives holomorphes de la
1
fonction sur Uπ sont égales à Log(z) + 2kπi avec k ∈ Z.
z
1
2) Calculons l’intégrale curviligne de la fonction g(z) = 2 le long du cercle Γ paramétré
z −1
par l’application γ(θ) = 1 + eiθ avec θ ∈ [0, 2π].

dz 1 dz 1 dz
I I I
2−1
= −
Γ z 2 Γ z − 1 2 Γ +1
z
1
Noter que puisque la fonction est holomorphe à l’intérieur du cercle Γ, le théorème de
z+1
dz
I
Cauchy-Goursat implique = 0. Donc, on obtient
Γ z+1

dz 1 dz 1 2π ieiθ dθ
I I Z
2
= = = πi
Γ z −1 2 Γ z−1 2 0 eiθ
1
Ainsi, en conséquence de ce calcul, on déduit que la fonction 2 n’a pas de primitive
z −1
1
holomorphe sur l’ouvert C \ {−1, 1}. Cependant, si on restreint g(z) = 2 sur le demi-plan
z −1
supérieur H = {z ∈ C ; ℑm(z) > 0} on vérifie que la fonction
1 1
G(z) = Log(z − 1) − Log(z + 1)
2 2
π
est une primitive holomorphe de g(z) sur H telle que G(i) = i .
4
1
Exercice 10. Pour a > 0 on définit f (z) = 2 holomorphe sur l’ouvert U = C \ {−a, a}.
z − a2
1) Calculer l’intégrale curviligne de la fonction f (z) le long des trois courbes :
(1) Γ1 = {z ∈ C; | z − a |= r} avec 0 < r < a.
(2) Γ2 = {z ∈ C; | z + a |= r} avec 0 < r < a.
(3) Γ3 = {z ∈ C; | z |= r} avec a < r.
2) La fonction f (z) possède-t-elle une primitive sur son domaine de définition U ?
3) En utilisant l’invariance par homotopie I des intégrales curvilignes ; montrer que pour toute
dz
courbe fermée Γ ⊂ C \ [−a, a] l’intégrale 2 2
est nulle.
Γ z −a
1
4) En déduire que la fonction 2 possède une primitive sur l’ouvert C \ [−a, a].
z − a2
5) Déterminer la primitive F (z) de f (z) sur les domaines suivants et qui vérifie la condition
indiquée :
(1) H+ = {z ∈ C; ℑ(z) > 0} et F (i) = 0.
(2) B+ = {z ∈ C; a < ℜ(z)} et F (2) = 0.
(3) B− = {z ∈ C; ℜ(z) < −a} et F (−4) = 0.
(4) B0 = {z ∈ C; −a < ℜ(z) < a} et F (i) = 0.
ANALYSE COMPLEXE 17

Exercice 11 (Formule d’intégration par parties). Soient D ⊆ C un domaine et f, g : D → C


des fonctions holomorphes. Montrer que pour toute courbe fermée Γ ⊂ D on a la formule
d’intégration par parties :
I I
f (z)g(z)dz = − f (z)g ′ (z)dz

Γ Γ

Exercice 12. Sur le domaine simplement connexe, C \ R− , on définit une fonction par l’ex-
pression intégrale :
dt
Z

∀z ∈ C \ R , L(z) =
[1,z] t

1) Justifie pourquoi la fonction L : C \ R− → C est bien définie ?


2) Montrer que si z = reiθ avec r > 0 et θ ∈] − π, π[ on a : L(z) = log(r) + iθ (Indication :
utiliser la courbe Γ = [1, r] ∪ {reis ; 0 ≤ s ≤ θ}).
3) En déduire que L(z) coı̈ncide avec la détermination principale du logarithme.
1.8. Indice d’un point par rapport à une courbe fermée. Dans ce paragraphe on se
propose d’établir une formule qui va nous permettre de calculer le nombre de tours que faisait
une courbe fermé autour d’un point n’appartment pas à la courbe.

b
u
b

z0

Figure 14. Le point u élément de la courbe fermée Γ tourne autour du point z

Définition 10. Soit Γ ⊂ C une courbe fermée de classe C 1 par morceaux paramétrée par une
applications, γ : [0, 1] → C. On définit l’indice d’un point z ∈ C \ Γ par l’expression intégrale :
1 du
I
IndΓ (z) =
2πi Γ u − z
La proposition suivante nous donnera les propriétés topologiques intéréssantes de la fonction
indice z ∈ C \ Γ 7→ IndΓ (z) ∈ C.
Proposition 6. Soit Γ ⊂ C une courbe fermée de classe C 1 par morceaux paramétrée par une
applications, γ : [0, 1] → C. Alors, les affirmations suivantes sont vraies :
(1) La fonction z 7−→ IndΓ (z) est continue sur l’ouvert C \ Γ.
(2) L’image IndΓ (C \ Γ) est inclut dans Z.
(3) La fonction z 7−→ IndΓ (z) est constante sur les composantes connexes de l’ouvert C \ Γ.
En particulier, elle est nulle sur la composante connexe non bornée de C \ Γ.
(4) Si Γ et Γ′ sont homotopes alors pour tout z ∈ C \ (Γ ∪ Γ′ ) l’entier IndΓ (z) = IndΓ′ (z).
18 A. BOUARICH

Démonstration. 1) Fixons un point z0 6∈ Γ, donc puisque la courbe fermée Γ est compacte on


pourra trouver un réel d > 0 tel que pour tout u ∈ Γ, | u − z0 |≥ d. Ainsi, si on choisit un réel
0 < r < d/2 on voit que le disque D(z0 , r) ⊂ C \ Γ (voir la figure 8).
Maintenant, prenons z ∈ D(z0 , r). Par définition de l’indice on aura :
1 du du
I I
| IndΓ (z) − IndΓ (z0 ) | = −
2π Γ u − z Γ u − z0
| z − z0 | du
I
=
2π Γ (u − z)(u − z0 )
D’autre part, observos que pour tout u ∈ Γ on a les deux inégalités | u − z0 |≥ d et que
| z − u |≥| u − z0 | − | z − z0 |> d − r ≥ d/2. Ceci permet d’obtenir la majoration suivante :
| z − z0 | | du | long(Γ)
I
| IndΓ (z) − IndΓ (z0 ) |≤ 2
= | z − z0 |
2π Γ d /2 πd2
Ceci montre donc que la fonction z 7→ IndΓ (z) est continue sur l’ouvert C \ Γ.
2) Pour démontrer que le sous-ensemble image IndΓ (C \ Γ) ⊆ Z nous allons démontrer que
l’exponentiel complexe exp(2πiIndΓ (z)) = 1, ∀z ∈ C \ Γ.
Fixons alors une paramétrisation γ : [0, 1] → C qui soit de classe C 1 par morceaux, donc par
Z 1
du γ̇(t)dt
I
définition d’une intégrale curviligne, on peut écrire : = , ∀z 6∈ Γ.
Γ u−z 0 γ(t) −z
 t γ̇(s)ds 
Z
Maintenant, pour tous z 6∈ Γ et t ∈ [0, 1] posons : ϕz (t) = exp . Noter que
0 γ(s) − z
ϕz (t) est dérivable sur ]0, 1[ et que sa dérivée est donnée par l’expresion suivante :
γ̇(t) d  ϕz (t) 
∀t ∈]0, 1[, ϕ̇z (t) = ϕz (t) =⇒ ∀t ∈]0, 1[, =0
γ(t) − z dt γ(t) − z
ϕz (t)
Donc, la fonction continue t 7→ est constante sur [0, 1] avec :
γ(t) − z
ϕz (t) ϕz (0) ϕz (1)
= =
γ(t) − z γ(0) − z γ(1) − z
Ainsi, comme la courbe Γ est supposée fermée on aura γ(0) = γ(1) ce qui entraı̂ne ϕz (1) =
ϕz (0) = 1. Par conséquent, pour tout z 6∈ Γ l’intégrale
Z 1
γ̇(t)dt du
I
= ∈ 2πiZ =⇒ IndΓ (z) ∈ Z
0 γ(t) − z Γ u−z
3) D’abord, observer que la courbe fermée Γ est compacte dans C, cela permet de trouver un
réel R > 0 tel que
Γ ⊂ D(0, R) =⇒ C \ D(0, R) ⊆ C \ Γ
Ainsi, comme l’ouvert C \ D(0, R) est connexe on conclut que l’ouvert C \ Γ possède une
composante connexe non bornée. Ceci étant.
Maintenant, puisque d’après 1) et 2) la fonction z ∈ C \ Γ 7→ IndΓ (z) ∈ Z est continue, elle
est donc constante sur les composantes connexes de l’ouvert C \ Γ. D’autre part, obvervons que
pour tout z 6∈ Γ on a la majoration suivante :
1 du long(Γ)
I
| IndΓ (z) |= ≤ =⇒ lim Ind(z) = 0
2π Γ u − z 2πd(z, Γ) |z|→+∞

Donc, la fonction indice z 7→ Ind(z) est nulle sur la composante connexe non bornée de
l’ouvert C \ Γ.
4) C’est une conséquence immédiate de l’invariance par homotopie des intégrales curvilinges
des fonctions holomorphes. 
ANALYSE COMPLEXE 19

Pour finir ce paragraphe, notons que l’invariance par homotopie de la fonction z 7→ IndΓ (z)
permet d’interpréter l’indice IndΓ (z) comme la mesure du nombre de tours du point z réalisés
en marchant sur la courbe fermée Γ.

Γ
b

z2
b
u
b

z1

Figure 15. Le point u fait deux tours autour de z1 et un seul tours autor de z2 .

Exercice 13. On désigne par C(a, r) le cercle centré au point a ∈ C et de rayon r > 0 et que
l’on paramérise par γ(t) = a + reit avec t ∈ [0, 2π]. Vérifier que l’intégrale curviligne :

1 du
I
1 si | z − a |< r
=
2πi C(a,r) u − z 0 si | z − a |> r

Exercice 14. Calculer l’indice de l’origine (0, 0) par rapport à la corurbe fermée C ⊂ C
paramétrée par l’application γ(t) = (2 + cos(3t/2))eit avec t ∈ [0, 4π].

Figure 16. La courbe C paramétrée par r(t) = 2 + cos(3t/2).

Exercice 15. Soit Γ une courbe paramétrée par une fonction de classe C 1 par morceaux m :
[0, 1] → C. Pour tout z ∈ C \ Γ on pose :
Z 1
1 dt
f (z) =
2πi 0 m(t) − z
1) Montrer que f (z) est holomorphe sur l’ouvert C \ Γ.
2) Montrer Ique pour toute courbe fermée de classe C 1 par morceaux, C ⊂ C \ Γ, l’intégrale
curviligne : f (z)dz ∈ Z.
C
3) En déduire que f (z) n’a pas de primitives sur l’ouvert C \ Γ.
20 A. BOUARICH

2. Formules intégrales de Cauchy et ses applications


Dans ce paragraphe, on va démontrer la célèbre formule intégrale de Cauchy qui exprime
la valeur d’une fonction holomorphe en un point donné au moyen de l’intégrale curviligne le
long d’une courbe simple qui fait un tour autour de ce point. La formule de Cauchy donne
plusieurs conséquences et applications pour les fonctions holomorphes. La quenséquence prin-
cipale qu’on va en déduire est que les fonctions holomorphes sont indéfiniment C-dérivables,
donc en particulier ; les fonctions harmoniques sont de calsse C ∞ .

2.1. Deconde formule intégrale de Cauchy et principe du maximum.


Théorème 7 (Seconde formule de Cauchy). Soit Ω ⊆ C un ouvert et f : Ω → C une fonction
holomorphe. Si Γ ⊂ Ω est une courbe simple fermée qui borde un domaine simplement connexe
D ⊆ Ω (ie. Γ = ∂D courbe de Jordan) alors pour tout point z0 qui appartient à l’intérieur de
D on a :
1 f (z)
I
f (z0 ) = dz
2πi Γ z − z0

Γ
b

z0

Figure 17. La courbe Γ borde un domaine simplement connexe.

Démonstration. Soit z0 un point qui appartient à l’intérieur du domaine D limité par la courbe
simple fermée Γ (voir la figure).
La fonction f (z) est supposée holomorphe sur Ω, donc en fixant un réel ε > 0 ; on peut
trouver un réel r > 0 tel que le disque fermé D(z0 , r) ⊂ D et on a

∀z ∈ D(z0 , r) =⇒ f (z) − f (z0 ) − f ′ (z0 )(z − z0 ) < ε | z − z0 |

Appliquons alors la formule de Cauchy-Goursat sur le domaine D \ D(z0 , r) (voir la figure)


dont le bord est constitué par Γ et le cercle C(z0 , r) centré au point z0 et de rayon r pour avoir
l’égalité :
f (z) f (z)
I I
dz = dz
Γ z − z0 C(z0 ,r) z − z0
De même, intègrons l’inégalité précédente le long du cercle C(z0 , r) pour obtenir :
f (z) f (z0 )
I I I I

dz − dz − f (z0 )dz < ε | dz |
C(z0 ,r) z − z0 C(z0 ,r) z − z0 C(z0 ,r) C(z0 ,r)
f (z)
I
dz − 2πif (z0 ) < 2πrε
C(z0 ,r) z − z0
ANALYSE COMPLEXE 21

Par conséquent, enI faisant tendre le réel εI > 0 vers zéro on obtient la formule intégrale de
1 f (z) 1 f (z)dz
Cauchy f (z0 ) = dz = . 
2πi C(z0 ,r) z − z0 2πi Γ z − z0
Corollaire 5 (Formule de la moyenne de Gauss). Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C
une fonction holomorphe. Pour tout point z0 ∈ Ω et pour tout réel r > 0 tel que le disque fermé
D(z0 , r) ⊂ Ω on a la formule de la moyenne
Z 2π
1
f (z0 ) = f (z0 + reiθ )dθ
2π 0
Démonstration. Remarquer que si on applique la formule de Cauchy à la fonction holomorphe
f (z) sur le cercle C(z0 , r) = ∂D(z0 , r) on obtient
1 f (z)
I
f (z0 ) = dz
2πi C(z0 ,r) z − z0
Puis, observer que si on paramétrise le cercle C(z0 , r) par l’application γ(θ) = z0 + reiθ avec
θ ∈ [0, 2π] on déduit que
Z 2π
1 f (z) 1 f (z0 + reiθ ) iθ
I
f (z0 ) = dz = ire dθ
2πi C(z0 ,r) z − z0 2πi 0 reiθ
Z 2π
1
Donc, f (z0 ) = f (z0 + reiθ )dθ. 
2π 0
Ci-dessous, on va appliquer la formule intégrale de Cauchy pour calculer certaines intégrales
curvilignes complexes.
Exemple 8. 1) On désigne par Γ le cercle de centre z = 0 et de rayon r = 2. Calculons les
intégrales curvilignes suivantes en appliquant la formule de Cauchy :
ez
I 5
z + 10z + 4
I
dz et dz
Γ (z − 1)(z + 3) Γ z(z + 4i)

ez z 5 + 10z + 4
Puisque les fonctions f (z) = et g(z) = sont holomorphes sur le disque
z+3 z + 4i
fermé D(0, 2.5) la formule de Cauchy implique que
1 ez 1 f (z) ez eπi
I I I
dz = dz = f (1) =⇒ dz =
2πi Γ (z − 1)(z + 3) 2πi Γ z − 1 Γ (z − 1)(z + 3) 2
I 5 I 5
1 z + 10z + 4 1 g(z) z + 10z + 4
I
dz = dz = g(0) =⇒ dz = 2π
2πi Γ z(z + 4i) 2πi Γ z Γ z(z + 4i)
2) Soit Γ′ ⊂ C une courbe simple fermée, donc elle borde un domaine simplement connexe
D ⊂ C. Notons que si on applique la formule de Cauchy à la fonction f (z) = 1 sur D on
déduit que l’indice de tout point z 6∈ Γ′ est :

1 du
I
0 si z 6∈ D
IndΓ (z) =
′ =
2πi Γ′ u − z 1 si z ∈ D
Théorème 8 (Principe du maximum). Soient Ω ⊂ C un ouvert connexe et f : Ω → C une
fonction holomorphe. S’il existe un point z0 ∈ Ω tel que
∀z ∈ Ω, | f (z) |≤| f (z0 ) |
alors la fonction f (z) est constante sur Ω.
22 A. BOUARICH

Démonstration. Posons F = {z ∈ Ω ; f (z) = f (z0 )}. La partie F est fermée non vide (car
z0 ∈ F ) et montrons alors qu’elle est ouverte.
Pour un u ∈ F fixé prenons un réel r > 0 tel que le disque fermé D(u, r) ⊂ Ω. Ainsi, puisque
f (z) est holomorphe on déduit que pour tout réel ρ ≤ r la formule de la moyenne de Gauss
implique que
Z 2π Z 2π
1 iθ 1
f (u) = f (u + ρe )dθ =⇒ | f (u) |≤ | f (u + ρeiθ ) | dθ ≤| f (z0 ) |
2π 0 2π 0
Donc, comme le module | f (u) |=| f (z0 ) | et la fonction définie par l’expression

θ ∈ [0, 2π] 7→| f (z0 ) | − | f (u + ρeiθ ) |


Z 2π  
est positive continue et l’intégale | f (z0 ) | − | f (u + ρeiθ ) | dθ est nulle. Donc, pour
0
tous les réels θ ∈ [0, 2π] et ρ ∈ [0, r], | f (u + ρeiθ ) |=| f (z0 ) |. Par conséquent, comme la
fonction holomorphe f (z) est constante sur le disque fermée D(u, r) ⊆ F on déduit que F est
un ouvert, et par connexité de Ω, on conclut que F = Ω et que f (z) est constante sur Ω. 

Le résultat du principe du maximum nous informe que si une fonction holomorphe f (z)
n’est pas constante sur un ouvert connexe Ω, alors son module n’atteint jamais son maximum à
l’intérieur de son domaine de définition. Ainsi, par exemple, si Ω ⊆ C est un ouvert relativement
compact et f : Ω → C est holomorphe possédant un prolongement continue sur le bord ∂Ω
(compact), alors grâce au principe du maximale on déduit que la borne supérieure :
sup{| f (z) | ; ∀z ∈ Ω} = sup{| f (z) | ; ∀z ∈ ∂Ω}
En particulier, pour une fonction f (z) qui est holomorphe sur un disque ouvert D(0, r) et
continue sur le cercle C(0, r) = ∂D(0, r) on aura
sup{| f (z) | ; | z |< r} = sup{| f (z) | ; | z |= r}
Noter que ces remarques déduites du principe de maximum n’est pas valable sur les ouverts
non relativement compacts. Par exemple, si on considère l’exponentielle complexe f (z) = ez
sur l’ouvert U = {z ∈ C, ℜ(z) > 0} on voit que pour tout y ∈ R et x > 0 on a iy ∈ ∂U et
x ∈ U mais le module
| f (iy) |=| eiy |= 1 < ex =| f (x) |
Exercice 16. Soit f (z) une fonction holomorphe sur le disque D(0, R). Pour tout réel 0 <
r < R on désigne par C(0, r) le cercle paramétré par γ(t) = reit avec t ∈ [0, 2π].
Soient a 6= b deux points éléments de C \ C(0, r). Calculer l’intégrale curviligne :
f (z)
I
dz
C(0,r) (z − a)(z − b)
1
Indication : Décomposer en éléments simples la fraction .
(z − a)(z − b)
Exercice 17. Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C une fonction holomorphe. On
considère deux courbes Γ et Γ′ ⊂ Ω qui sont simples, fermées, disjointes et qui limitent une
couronne D ⊂ Ω avec Γ′ (resp. Γ) est la composante extéieure (resp. intérieure) de la frontière
∂D. Montrer que pour tout point z qui appartient à l’intérieur de D on a :
1 f (w)dw 1 f (w)dw
I I
f (z) = −
2πi Γ′ w − z 2πi Γ w − z
ANALYSE COMPLEXE 23

Exercice 18. Soit D ⊆ C un domaine borné et f : D → C une fonction holomorphe non


constante.
1) Montrer que s’il existe a ∈ D tel que pour tout z ∈ D, | f (a) |≤| f (z) | alors f (a) = 0.
2) Montrer que si f (z) ne s’annule jamais sur D et continue sur le bord ∂D ; alors
inf{| f (z) |; z ∈ D} = inf{| f (z) |; z ∈ ∂D}
Exercice 19. Démontrer que si une fonction holomorphe f (z) qui est non constante et ne
s’annule jamais sur un domaine D ⊆ C alors son module | f (z) | ne pouvait pas avoir de
minimums locaux sur D.
Exercice 20 (Lemme de Schwarz et ses applications). Soit f : D(0, R) → D(0, M ) une
fonction holomorphe telle que f (0) = 0.
M
1) Montrer que pour tout | z |< R on a | f (z) |≤ | z | et que | f ′ (0) |≤ M/R.
R
M
2) Que peut-on dire si sur D(0, R) on a | f (z) |= | z | ? ou si on a | f ′ (0) |= 1/R ?
R
3) Supposons que la fonction f (z) s’annule au point z0 ∈ D(0, R). Montrer que pour tout
z − z0 MR
| z |< R on a | f (z) |≤ M R et que | f ′ (z0 ) |≤ .
1 − z0 z 1− | z0 |2
4) On pose w0 = f (0) ∈ C∗ .
f (z) − w0 |z|
i) Montrer que ∀ | z |< R, ≤ .
M 2 − w0 f (z) M
ii) En déduire que | f ′ (0) |≤ (M 2 − | f (0) |2 )/M .
iii) Que devient les inégalités de i) et ii) si on pose w0 = f (z0 ) avec z0 ∈ D(0, R) ?
iv) Trouver l’expression des isomorphismes holomorphes, ϕ : D(0, R) → D(0, M ).
Exercice 21. Soit D = {z ∈ C; | ℜe(z) |< π/4} la bande verticale.
i) Montrer que la tangente, tg : D → C, est injective et que son image tg(D) = D(0, 1).
ii) En déduire que la fonction tg(z) possède une inverse holomorphe sur D(0, 1) dans D définie
par
1 − z 
∀ | z |< 1, arctg(z) = −i log
1+z
iii) Si f : D → C est holomorphe vérifiant f (0) = 0 et | f (z) |< 1, montrer que
| f (z) |≤| tg(z) |, ∀z ∈ D
2.2. Formules de dérivations de Cauchy.
Théorème 9 (Formule de dérivation de Cauchy). Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω →
C une fonction holomorphe. Alors, la fonction f (z) est indéfinement dérivable et sa dérivée
d’ordre n ≥ 1 est donnée en tout point intérieur z0 ∈ Ω par la formule
n! f (z)dz
I
(n)
f (z0 ) =
2πi Γ (z − z0 )n+1
où Γ ⊂ Ω désigne une courbe fermée simple qui borde un domaine simplement connexe D ⊆ Ω
(ie. Γ = ∂D) et qui contient le point z0 dans son intérieur.

Démonstration. Notons d’abord que puisque z0 appartient à l’intérieur du domaine D limité


par Γ il existe un réel r > 0 tel que D(z0 , r) ⊂ D. Notons aussi que puisque pour tout entier
f (z)
n ≥ 0 la fonction est holomorphe sur la couronne C = D \ D(z0 , r), donc après
(z − z0 )n+1
orientation positive de la couronne C, la formule de Cauchy-Goursat permet de déduire que
f (z) f (z) f (z)
I I I
n+1
dz = 0 =⇒ n+1
dz = n+1
dz
∂C (z − z0 ) Γ (z − z0 ) C(z0 ,r) (z − z0 )
24 A. BOUARICH

Γ
b

z0

Figure 18. La courbe Γ borde un domaine simplement connexe.

Ainsi, en conséquence de cette égalité, on conclut que pour démontrer la formule de dérivation
de Cauchy il suffit qu’on la vérifie sur le cercle C(z0 , r).
1) Démontrons la formule pour n = 1. Pour tout h ∈ C tel que | h |< r/2 la formule de Cauchy
nous permet d’écrire que

f (z0 + h) − f (z0 ) 1 h f (z) f (z) i


I
= − dz
h 2πhi C(z0 ,r) z − z0 − h z − z0
1 f (z)
I
= dz
2πi C(z0 ,r) (z − z0 )(z − z0 − h)
1 f (z) 1 hf (z)
I I
= 2
dz + dz
2πi C(z0 ,r) (z − z0 ) 2πi C(z0 ,r) (z − z0 )2 (z − z0 − h)

Maintenant, observons que puisque pour tout z ∈ C(z0 , r) et | h |< r/2 on a

| z − z0 |= r et | z − z0 − h |≥| z − z0 | − | h |≥ r − r/2 = r/2

De même, puisque la fonction f (z) est bornée sur le cercle C(z0 , r) la borne supérieure

sup{| f (z) | ; ∀z ∈ C(z0 , r)} = M (r) < +∞

Ceci implique donc :

hf (z) | h | M (r) 4π | h | M (r)


I I
dz ≤ | dz |=
C(z0 ,r) (z − z0 )2 (z − z0 − h) r 3 /2 C(z0 ,r) r2

Ainsi, comme pour tout h ∈ C tel que | h |< r/2 on a la majoration

f (z0 + h) − f (z0 ) 1 f (z) 4πM (r) | h |


I
− 2
dz ≤
h 2πi C(z0 ,r) (z − z0 ) r2

1 f (z)
I
cela entraı̂ne que lorsque h tend vers zéro on obtient f ′ (z0 ) = dz.
2πi C(z0 ,r) (z − z0 )2
ANALYSE COMPLEXE 25

2) Démontrons la formule pour n = 2. Comme dans 1) pour tout h ∈ C tel que | h |< r/2 la
formule de Cauchy démontrée pour n = 1 nous permet d’écrire que
f ′ (z0 + h) − f ′ (z0 ) 1 f (z) f (z) i
I h
= − dz
h 2πhi C(z0 ,r) (z − z0 − h)2 (z − z0 )2
1 f (z)(2(z − z0 ) − h)
I
= dz
2πi C(z0 ,r) (z − z0 )2 (z − z0 − h)2
1 (z − z0 )(2(z − z0 − h) + h)
I
= f (z) dz
2πi C(z0 ,r) (z − z0 )3 (z − z0 − h)2
1 2f (z) h f (z)(3(z − z0 ) − 2h)
I I
= 3
dz + dz
2πi C(z0 ,r) (z − z0 ) 2πi C(z0 ,r) (z − z0 )3 (z − z0 − h)2
Ainsi, en observant que sur le cercle C(z0 , r) on a | z − z0 |= r et pour | h |< r/2 on a
| z − z0 − h |> r/2 on déduit comme dans l’étape 1) :
f ′ (z0 + h) − f ′ (z0 ) 2! f (z) | h | M (r)(3r + 2(r/2)
I
− 3
dz ≤ (2πr)
h 2πi C(z0 ,r) (z − z0 ) r 3 (r/2)2 )
32M (r)
≤ |h|
r3
Par conséquent, si on fait tendre h vers zéro on déduit que la dérivée seconde
2! f (z)
I
(2)
f (z0 ) = dz
2πi C(z0 ,r) (z − z0 )3

3) En supposant que pour tout 0 ≤ p ≤ n − 1 la dérivée f (p) (z0 ) est existe et qu’elle est donnée
par la formule intégrale
p! f (z)
I
f (p) (z0 ) = dz
2πi C(z0 ,r) (z − z0 )p+1
on démontre comme ci-dessus que le taux d’accroissement
f (n−1) (z0 + h) − f (n−1) (z0 ) (n − 1)! f (z) f (z) i
I h
= n
− dz
h 2πhi C(z0 ,r) (z − z0 − h) (z − z0 )n
n! f (z)
I
tend vers dz = f (n) (z0 ) quand h tend vers zéro. 
2πi C(z0 ,r) (z − z0 )n+1

Le théorème suivant nous donne une généralisation de la formule intégrale de Cauchy au des
courbes fermées non nécéssairement simples.
Théorème 10 (Formule de Cauchy généralisée). Soient Ω ⊆ C un ouvert et f : Ω → C
une fonction holomorphe. Si Γ ⊂ Ω désigne une courbe fermée (non nécéssairement simple)
contenue dans un ouvert simplement connexe D ′ ⊂ Ω alors, pour tout z ∈ D ′ \ Γ :
1 f (u)du
I
= IndΓ (z)f (z)
2πi Γ u − z
Démonstration. Pour z ∈ D ′ \ Γ considérons la fonction Fz : Ω → C définie par les expressions
suivantes : 
 f (u) − f (z)
si u 6= z
Fz (u) = u − z
 f ′ (z) si u = z
26 A. BOUARICH

Noter que Fz (u) est holomorphe sur l’ouvert Ω \ {z} et continue au point z. Dn plus, comme
la fonction holomorphe f (u) est deux fois C-dérivables sur l’ouvert Ω on voit qu’au point z la
limite suivante :
Fz (u) − Fz (z) f (u) − f (z) − f ′ (z)(u − z) 1
lim = u→z
lim 2
= f ′′ (z) = Fz′ (z)
u→z
u6=z
u−z u6=z
(u − z) 2

Ainsi, comme maintenant


I la fonction Fz (u) est holomorphe sur l’ouvert Ω il s’ensuit que
l’intégrale curviligne Fz (u)du = 0. En effet, puisque z 6∈ Γ on peut écrire :
Γ

f (u) − f (z) f (u) f (z)


I I I
du = 0 =⇒ du = du = 2πif (z)IndΓ (z)
Γ u−z Γ u−z Γ u−z

Théorème 11 (Morera 1886). Soient Ω ⊆ C un ouvert et f : Ω → C une I fonction continue.
Si pour tout domaine simplement connexe D ⊂ Ω l’intégrale curviligne f (z)dz est nulle
∂D
alors la fonction f (z) est holomorphe sur Ω.
Démonstration. Du fait que les intégrales curvilignes de f (z) sont nulles le long des courbes
fermées Zcontenues dans les domaines simplement connexe D ⊆ Ω cela entraı̂ne que la fonction
z
F (z) = f (u)du est holomorphe sur D ⊆ Ω. Donc, par le théorème de dérivation de Cauchy,
a
la fonction f (z) = F ′ (z) est holomorphe sur Ω. 
Exemple 9. On désigne par Γ le cercle centré à l’origine et de rayon r = 1. Calculons les
intégrales curvilignes
dz e2z dz
I I
∀n ≥ 1, n+1 (z − 2)
et 2
Γ z Γ (2z − 1) (2z + 1)
1
1) Observons que si on pose f (z) = on obtient une fonction holomorphe sur le disque
z−2
centré à l’origine et de rayon r = 1. Donc, d’après la formule de dérivation de Cauchy, au
point z = 0 la dérivée d’ordre n ≥ 0 de f (z) est égale à
n! f (z) dz 2πi dn 1
I I
(n)
f (0) = n+1
dz =⇒ n+1
= n
( )
2πi Γ z Γ z (z − 2) n! dz z − 2 z=0
dn 1 (−1)n n!
Ainsi, puisque pour tout entier la dérivée ( ) = on en déduit que
dz n z − 2 (z − 2)n+1
dz 2πi (−1)n n! πi
I
n+1
= n+1
=− n
Γ z (z − 2) n! (−2) 2
e2z
2) Notons que la fonction est holomorphe sur C \ {−1/2, 1/2}. Donc, si pour
(2z − 1)2 (2z + 1)
0 < r < 1/4 on oriente positivement le domaine (voir la figure)
 
D = D(0, 1) \ D(−1/2, r) ∪ D(1/2, r)

la formule de Cauchy-Goursat appliquée à la fonction g(z) implique


e2z dz e2z dz e2z dz
I I I
2
= 2
+ 2
C(0,1) (2z − 1) (2z + 1) C(−1/2,r) (2z − 1) (2z + 1) C(1/2,r) (2z − 1) (2z + 1)
ANALYSE COMPLEXE 27

b b b

Figure 19. Orientation positive du domaine D.

Ainsi, si on applique la formule de dérivation aux deux intégrales curvilignes de droite on


déduit qu’elles sont égales à
e2z dz e2z πi
I
2
= 2πi 2
= e−1
C(−1/2,r) (2z − 1) (2z + 1) 2(2z − 1) z=−1/2 4
et
e2z dz d  e2z πie
I 
2
= 2πi =
C(1/2,r) (2z − 1) (2z + 1) dz 4(2z + 1) z=1/2 4
e2z dz πi
I
Par conséquent, l’intégrale curviligne 2
= (e + e−1 ).
C(0,1) (2z − 1) (2z + 1) 4
Exercice 22. Soit R > 1 et f : D(0, R) → C une fonction holomorphe. Montrer que
Z 2π
f (n) (0) 1
∀n ≥ 0, = f (eiθ )e−inθ dθ
n! 2π 0
Exercice 23. Soit R > 1 et f : D(0, R) → C une fonction holomorphe.
1) Calculer les deux intégrales curvilignes suivantes le long du cercle C(0, 1) :
1  f (z) 1  f (z)
I  I 
2 − (z + ) dz et 2 + (z + ) dz
C(0,1) z z C(0,1) z z
2) En déduire qu’on a les deux formules suivantes
1 2π f ′ (0)
Z
f (eit ) cos2 (t/2)dt = f (0) +
π 0 2
Z 2π ′
1 f (0)
f (eit ) sin2 (t/2)dt = f (0) −
π 0 2
Exercice 24. Soient f et g : D(0, 1) → C continues et holomorphes sur le disque ouvert
D(0, 1). Démontrer que l’intégrale curviligne
f (z) si | z |< 1
(
1  f (u) zg(u) 
I
+ du = 1
2πi |u|=1 u − z zu − 1 g( ) si | z |> 1
z
Exercice 25. Calculer les intégrales curvilignes suivantes
ez dz cos(z)dz (z 2 + 1)dz zdz
I I I I
n
, 2
, 3 2
, 2 3
|z|=1 z |z|=1 z (z − 2) |z|=2 z (1 − z ) |z−i|=1 (z + 1)

Exercice 26. Calculer l’intégrale curviligne suivante pour r = 1 et r = 3


ez dz
I
2 2
|z|=r z(z + 4)(z − 2)
28 A. BOUARICH

Exercice 27. Soient P (z) et Q(z) deux polynômes tel que le degré deg(P ) < deg(Q).
1) Montrer que si Q(z) ne possède que des zéros simples z1 , z2 , · · · , zm ∈ C alors
k=m
P (z) X P (zk ) 1
=
Q(z) Q′ (zk ) z − zk
k=1

2) Soit r > max(| zk | ; k = 1, · · · , m). Pour toute fonction holomorphe f : D(0, r) → C


montrer que l’intégrale curviligne
k=m
P (z) P (zk )
I X
f (z) dz = 2πi f (zk ) ′
|z|=r Q(z) Q (zk )
k=1

P (z) zP (z)
I
3) En déduire que dz = 2πi lim .
|z|=r Q(z) z→∞ Q(z)
4) Application : Calculer les intégrales curvilignes suivantes,
(z 2 + 1)ez dz (z 3 + z)dz (z 3 − 1)dz
I I I
2
, 2 2
, 4 2
|z|=3 (z − z − 2)z |z|=2 (z − z + 1)(z + z + 1) |z|=6 z − 4z − 3

Exercice 28. Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et z0 ∈ Ω. Considérons une fonction f : Ω → C


qui est continue et holomorphe sur Ω \ {z0 }.
1) Démontrer que la fonction g(z) = (z − z0 )f (z) est holomorphe sur l’ouvert Ω.
2) En déduire que la fonction f (z) est holomorphe sur l’ouvert Ω.
Exercice 29. On désigne par Γ (resp. Γ∗ ) le demi-cercle supérieur (resp. inférieur) orienté
dans le sens trigonométrique, centré à l’origine et de rayon un.
Étant donné un réel R > 1 et une fonction ϕ(z) continue sur le disque D(0, R) ; on définit
deux fonctions les expressions intégrales suivantes :
ϕ(u)du ϕ(u)du
Z Z

∀z ∈ C \ Γ, f (z) = et ∀z ∈ C \ Γ , g(z) =
Γ u−z Γ∗ u − z

1) Montrer que pour tout z 6∈ Γ la borne inférieur :



 || z | −1 | si ℑ(z) > 0
inf{| z − u | ; ∀u ∈ Γ} = d(z, Γ) = |z−1| si ℑ(z) ≤ 0 ℜ(z) ≥ 0
|z+1| si ℑ(z) ≤ 0 ℜ(z) ≥ 0

2) Montrer que pour tout couple de points z 6= z0 qui n’appartiennent pas à Γ on a


f (z) − f (z0 ) ϕ(u)du (z − z0 )ϕ(u)du
Z Z
− 2
= 2
z − z0 Γ (u − z0 ) Γ (u − z0 ) (u − z)

3) On pose M = sup{| ϕ(u) | ; ∀u ∈ Γ}. Montrer que


(z − z0 )ϕ(u)du πM | z − z0 |
Z
2

Γ (u − z0 ) (u − z) (| 1− | z0 |)2 | 1− | z ||
4) En déduire que la fonction f (z) est holomorphe sur l’ouvert C \ Γ et que sa fonction dérivée
est donnée par l’expression,
ϕ(u)du
Z

∀z 6∈ Γ, f (z) = 2
Γ (u − z)

5) En procédant comme dans 2) et 3) démontrer que la fonction g(z) est holomorphe sur
l’ouvert C \ Γ∗ .
6) On suppose que la fonction ϕ(z) est holomorphe sur le disque D(0, R).
ANALYSE COMPLEXE 29

i) Établir les relations suivantes



ϕ(z) si | z |< 1
f (z) + g(z) =
0 si 1 <| z |< R

ii) En déduire que pour tous les points z+ ∈ Γ et z− ∈ Γ∗ on a

lim f (z) − z→z


z→z+
lim f (z) = ϕ(z+ ) et z→z−
lim g(z) − z→z
lim g(z) = ϕ(z− )
+ −
|z|<1 1<|z|<R |z|<1 1<|z|<R

iii) Conclure.

2.3. Développement en séries entières et applications. Dans ce paragraphe, on va appli-


quer les formules de dérivation intégrales (cf. th. 7) pour mettre en évidence quelques propriétés
importantes et spéciales pour les fonctions holomorphes.
Rappelons que ci-dessus nous avons démontré que les fonctions holomorphes sont indéfinement
dérivables, donc il est naturel de se demander sont-elle développables en séries entières ? La
réponse affirmative est donnée par le théorème suivant :

Théorème 12 (Développement en série entière). Soit Ω ⊆ C un domaine et f : Ω → C


est une fonction holomorphe. Pour toute courbe simple fermée Γ ⊂ Ω qui borde un domaine
simplement connexe DΓ ⊆ Ω et pour tout z0 ∈ DΓ il existe un réel R(z0 ) > 0 tel que pour tout
z ∈ D(z0 , R(z0 )) ⊂ DΓ la série de Taylor
X f (n) (z0 )
(z − z0 )n = f (z)
n!
n≥0

De plus, pour tout réel 0 < r < R(z0 ), la série de Taylor converge normalent vers f (z) dans
le disque fermée D(z0 , r) avec

n! f (u)
I
(n)
f (z0 ) = du
2πi Γ (u − z0 )n+1

b
z r
b b
R
u z0

Figure 20. La courbe Γ borde un domaine simplement connexe DΓ ⊆ Ω.

Démonstration. Puisque le point z0 appartient à l’ouvert DΓ il existe un réel R = R(z0 ) > tel
que le disque fermé D(z0 , R) ⊆ DΓ . Fixons alors un réel r < R et un z ∈ D(z0 , R) ⊆ DΓ tels
30 A. BOUARICH

que | z − z0 |< ρ < r < R (voir la figure). Ensuite, pour tout u ∈ C(z0 , r) écrivons
1 1
=
u−z (u − z0 ) − (z − z0 )
1 1
=
u − z0 1 − z − z0
u − z0
k=n
1 X  z − z k0 1  z − z0 n+1
= +
u − z0 u − z0 u − z u − z0
k=0
k=n
X (z − z0 )k 1  z − z0 n+1
= +
(u − z0 )k+1 u − z u − z0
k=0

Maintenant, multiplions les deux membres de cette égalité par f (u) et intégrons le long du
cercle C(z0 , r) tout en appliquant les formules de dérivations de Cauchy,
k=n
X f (k) (z0 )
1 f (u)du 1 f (u)  z − z0 n+1
I I
= (z − z0 )k + du
2πi C(z0 ,r) u − z k! 2πi C(z0 ,r) u − z u − z0
k=0
k=n
f (k) (z0 ) 1 f (u)  z − z0 n+1
X I
f (z) = (z − z0 )k + du
k! 2πi C(z0 ,r) u − z u − z0
k=0

D’autre part, posons Mr (f ) = sup{| f (u) |; | u − z0 |= r} et observons que puisque pour tout
z − z0 ρ
u ∈ C(z0 , r) on a < < 1 et que | u − z |≥| u − z0 | − | z − z0 |> r − ρ. Ceci induit
u − z0 r
la la majoration suivante du reste du développement limité trouvé :
1 f (u)  z − z0 n+1 rMr (f )  ρ n+1
I
du ≤
2πi C(z0 ,r) u − z u − z0 (r − ρ) r
k=n
X f (k)(z0 ) rMr (f )  ρ n+1
f (z) − (z − z0 )k ≤
k! (r − ρ) r
k=0

ρ X f (n) (z0 )
Par conséquent, puisque < 1 on conclut que la série de Taylor (z − z0 )n
r n!
n≥0
converge normalement vers f (z) dans le disque D(z0 , ρ). 
Théorème 13 (Inégalités de Cauchy). Soit Ω ⊆ C un ouvert non vide et f : Ω → C une
fonction holomorphe. Si le point z0 ∈ Ω alors pour tout réel r > 0 tel que D(z0 , r) ⊆ Ω et pour
tout entier n ≥ 0 on a l’inégalité
f (n) (z0 ) Mr (f )
≤ où Mr (f ) = sup{| f (z) | ; ∀z ∈ D(z0 , r)}
n! rn
Démonstration. Rappelons que d’après l’expression intégrale des dérivées supérieurs de f (z)
au point z0 ∈ Ω tel que D(z0 , r) ⊆ Ω on a :
f (n) (z0 ) 1 f (z)dz f (n) (z0 ) 1 | f (z) || dz |
I I
= =⇒ ≤
n! 2πi C(z0 ,r) (z − z0 )n+1 n! 2π C(z0 ,r) r n+1
I
Ainsi, on voit que l’inégalité de Cauchy s’obtient en remarquant que | dz |= 2πr et
C(z0 ,r)
en posant Mr (f ) = sup{| f (z) | ; ∀z ∈ D(z0 , r)}. 
ANALYSE COMPLEXE 31

Théorème 14 (Liouville). Une fonction holomorphe bornée sur la droite complexe C est
constante.
Démonstration. Remarquer que s’il existe un réel M > 0 tel que pour tout z ∈ C on a
| f (z) |≤ M ; l’inégalité de Cauchy donne pour tous r > 0 et z ∈ D(0, r) :
M (r) M
| f ′ (z) |≤ ≤
r r
Ainsi, si on fait tendre le réel r > 0 tend vers l’infini on déduit que la dérivée f ′ (z) = 0, et
donc pour tout z ∈ C, f (z) = f (0). 
Corollaire 6. Une fonction hamonique bornée sur la droite complexe C est constante.
Démonstration. Soit u : C → R une fonction harmonique bornée. Noter que si v est un conjugé
harmonique de u on obtient une fonction f = exp(u + iv) qui est holomorphe bornée sur C
(car | f |= exp(u)). Donc, par le théorème de Liouville, on déduit que f est constante ; par
suite u est constante. 
Théorème 15 (Théorème fondamental de l’algèbre). Tout polynôme de degré n ≥ 1 à coeffi-
cient complexes possède au moins une racine dans C.
Démonstration. Supposons qu’il existe une fonction polynômiale P (z) de degré n ≥ 1 qui ne
s’annule jamais dans C.
1
Noter que sous cette hypothèse, la fonctions f (z) = est holomorphe sur C. De plus,
P (z)
1
comme la limite lim = 0 il s’ensuit que f (z) est bornée sur C. Ainsi, d’après le théorème
z→∞ P (z)
de Liouville, la fonction f (z) est constante sur C ; le polynôme P (z) lui même est constant sur
C ce qui est absurde. Par conséquent, la fonction polynômiale P (z) s’annule sur C. 
Exercice 30. Soient z0 ∈ C un point fixé et f : D(z0 , R) → C une fonction holomorphe.
1) Montrer que pour tous r ∈]0, R[ et z ∈ D(z0 , r) \ {z0 } on a l’expression suivante :
f (z) − f (z0 ) − (z − z0 )f ′ (z0 ) 1 f (u)du
I
E2 (z, z0 ) := 2
=
(z − z0 ) 2πi |u−z0|=r (u − z)(u − z0 )2
f (z) − f (z0 ) − (z − z0 )f ′ (z0 ) f ′′ (z0 )
2) En déduire que z→z
lim = .
0
z6=z0
(z − z0 )2 2!
3) En revenant à la preuve du théorème du développement en série entière d’une fonction
holomorphe, montrer que pour tout n ∈ N on a :
k=n−1
X (z − z0 )k
1 1 f (u)du
  I
(k)
En (z, z0 ) := n
f (z) − f (z0 ) =
(z − z0 ) k! 2πi |u−z0|=r (u − z)(u − z0 )n
k=0

f (n) (z0 )
4) En déduire que z→z
lim En (z, z0 ) = .
z6=z0
0 n!

Exercice 31. Soit f : C → C une fonction holomorphe 1 et i-périodioque ie. :


∀z ∈ C, f (z + 1) = f (z + i) = f (z)
1) Utiluser la partie entière d’un nombre réel et montrer que f (C) = f ([0, 1] × [0, 1]).
2) En déduire que f (z) est constante sur C.
3) Plus généralement, montrer qu’il n’existe pas de fonctions holomorphes sur C qui soient a
et b-périodiques avec {a, b} ⊂ C est libre dans R2 .
32 A. BOUARICH

2.4. Les zéros d’une fonction holomorphe. Le théorème de développement local d’une
fonction holomorphe en séries entièrs va nous permet de caractériser la répartition des zéros
dans son domaine de définition d’une fonction holomorphe non nulle. Il va nous permetre aussi
de comprendre la dynamique locale des fonctions holomorphes.
Théorème 16 (Principe du zéro isolé). Soit Ω ⊆ C un domaine et f : Ω → C une fonction
holomorphe. S’il existe une suite infinie zn ∈ Ω qui converge vers a ∈ Ω vérifiant f (zn ) = 0 ;
alors la fonction f (z) est identiquement nulle sur Ω.
Démonstration. 1) Notons d’abord que par continuité de f (z) on a f (a) = 0. De même, puique
f (zn ) − f (a)
pour tout entier n le taux d’acroissement est nul on obtient par passage à la
zn − a
limite f ′ (a) = 0.
2) Observons aussi que puisque sur le sous ensemble infini {n ∈ N , zn 6= a} le second
f (zn ) − f (a) − (zn − a)f ′ (a)
taux d’acroissement est nul on en déduit que la dérivée seconde
(zn − a)2
f (2) (a) = 0.
3) En effet, par récurrence, on vérifie de la même façon que toute les dérivées f (n) (a) sont nulles.
En conséquence, le dévellopable en série entière de f (z) sur un voisinage de type D(a, r) est
identiquement nul.
4) Enfin, considérons la partie fermée F = {z ∈ Ω ; f (n) (z) = 0, ∀n ∈ N} qui est aussi ouvrte
d’après le théorème 10 de développement local en série entières des fonctions holomorphes.
Ainsi, par connexité de l’ouvert Ω on déduit que F = Ω et que par conséquent f (z) est nulle
sur le domaine Ω. 
Corollaire 7. Soit Ω ⊆ C un domaine et f : Ω → C une fonction holomorphe non nulle. Alors,
le sous-ensemble des zéros Z(f ) = {z ∈ Ω; f (z) = 0} est un ensemble au plus dénombrable et
sans points d’accumulation. C’est-à-dire, pour tout z ∈ Z(f ) il existe un réel R > 0 tel que
D(z, R) ∩ Z(f ) = {z}.
Le principe du zéro isolé est un phénomène spécial pour les fonctions holomorphes parce que
sur les espaces Rn on peut construire des fonctions de classe C ∞ qui s’annulent sur des ouverts
non vides. Par exemple, sur Rn la fonction suivante
0 si kxk2 ≥ 1

f (x, y) = exp[ 1
] si kxk ≤ 1
(kxk2 )2 −1 2

est de classe C∞et s’annule sur l’ouvert Rn \ D(0, 1).


Dans le reste de ce paragraphe, on donnera plus précisions sur le comportement locale d’une
fonction holomorphe au voisinage des zéros. De même, on donnera des formules qui nous
permetterons de calculer le nombre total des zéros d’une fonction holomorphe sur un disque
fermé.
Définition 11. Soit Ω ⊆ C un ouvert connexe et f : Ω → C une fonction holomorphe. On
dira que z0 ∈ Ω est un zéro de f (z) d’ordre m ∈ N∗ si,
f (z0 ) = f ′ (z) = · · · = f (m−1) (z0 ) = 0 et f (m) (z0 ) 6= 0
Considérons une fonction holomorphe f (z) sur un doamine Ω et supposons que f (z) possède
un zéro d’ordre m ≥ 1 au point z0 ∈ Ω. Donc, on peut trouver un disque ouvert D(z0 , R) ⊆ Ω
sur lequel on a le développement en série entière
f (z) = am (z − z0 )m + am+1 (z − z0 )m+1 + · · · = (z − z0 )m g(z)
où g(z) est une fonction holomorphe sur le disque ouvert D(z0 , R) avec g(z0 ) 6= 0.
Inversement, il est clair que si f (z) = (z −z0 )m g(z) avec g(z) est holomorphe sur un voisinage
de z0 et g(z0 ) 6= 0 alors z0 est un zéro d’ordre m de la fonction f (z).
ANALYSE COMPLEXE 33

Supposons maintenant que sur le disque D(z0 , R) ⊂ Ω on a f (z) = (z − z0 )m g(z) avec m ≥ 2


et que g(z) ne s’annule jamais sur D(z0 , R).
Noter que puisque g(z) ne s’annule pas sur D(z0 , R), en utilisant une déterminantion du
logarithme holomorphe on pourra écrire g(z) = exp(h(z). Ainsi, si on pose :

∀z ∈ D(z0 , R), ϕ(z) = (z − z0 ) exp(h(z)/m)

on obtient une fonction holomorphe dont la dérivée au point z0 vérifie :

(ϕ′ (z0 ))m = exp(h(z0 )) = g(z0 ) 6= 0

Donc, d’près la fonction inverse, il existe des réels 0 < r < R et ρ > 0 telle que la restriction
ϕ| : D(z0 , r) → D(0, ρ) soit bijective et son inverse ϕ−1 est holomorphe. En plus, on a :

∀z ∈ D(z0 , r), f (z) = (ϕ(z))m

Ce qui précède on le résume dans la proposition suivante.

Théorème 17. Soit Ω ⊆ C un domaine et f : Ω → C une fonction holomorphe. Si z0 ∈ Ω est


un zéro d’ordre m ≥ 2 alors les affirmations suivantes sont vraies :
(1) Il existe des réels r > 0 et ρ > 0 et une fonction, ϕ : D(z0 , r) → D(0, ρ), qui est
biholomorphe telle que f (z) = (ϕ(z))m , ∀ | z − z0 |< r.
(2) Pour tout c ∈ D(0, ρ) \ {0} l’équation f (z) = c possède m-solutions distinctes dans le
disque D(z0 , r).

Corollaire 8 (Application ouverte). Soit Ω ⊆ C un domaine. Toute fonction holomorphe non


constante, f : Ω → C, est ouverte.

Corollaire 9. Soit Ω ⊆ C un domaine et f : Ω → C une fonction holomorphe injective. Alors,


la fonction réciproque f −1 : f (Ω) → Ω est holomorphe.

Exercice 32. Démontrer les deux corollaires.

Maintenant, considérons un domaine Ω ⊆ C et une fonction holomorphe f : Ω → C. D’après


les discussions précédentes sur les zéros de f (z) on conclut que sur un disque fermée D(z0 , R) ⊂
Ω on peut écrire :
k=n
Y
∀z ∈ D(z0 , R), f (z) = (z − zk )αk exp(g(z))
k=1

où g : D(z0 , R) → C est holomorphe. Dans ces conditions, la dérivée logarithmique de f (z) se
décompose comme suit :
k=n
f ′ (z) X αk
∀z ∈ D(z0 , R), = g ′ (z) +
f (z) z − zk
k=1

Par conséquent, si on fixe une courbe simple fermée Γ ⊂ D(z0 , R) qui renferme les zéros ak
dans le domaine DΓ ⊂ D(z0 , R) avec ∂DΓ = Γ ; on obtient après intégration :
k=m
1 f ′ (z)
I X
dz = αk
2πi Γ f (z)
k=1
34 A. BOUARICH

Notons aussi que si on paramétrise Γ par une application de classe C 1 , γ : [0, 1] → Ω, on voit
que l’intégrale curviligne
I ′ Z 1 ′
1 f (z) 1 f (γ(t))γ̇(t)
dz = dt
2πi Γ f (z) 2πi 0 f (γ(t))
 ′
Z 1 f (γ(t))
1
= dt
2πi 0 f (γ(t))
1 dw
I
=
2πi f (Γ) w
= Imdf (Γ) (0)
La proposition suivante résume le développement ci-dessus.
Proposition 7. Soit Ω ⊆ C un domaine et f : Ω → C une fonction holomorphe. Si Γ ⊂ Ω est
une courbe fermée simple qui limite un domaine simplement connexe DΓ ⊂ Ω ; alors l’intégrale
curviligne I ′
1 f (z)
dz = Imdf (Γ) (0)
2πi Γ f (z)
mesure le nombre des zéros de f (z) dans DΓ comptés avec leurs multiplicités.
Le théorème suivant prouvé par Eugène Rouché nous donnera une condition suffisante pour
que le nombre des zéros d’une fonction holomorphe reste invariant après modification de l’ex-
pression de la fonction donnée au départ.
Théorème 18 (E. Rouché). Soit Ω ⊆ C un domaine et f, g : Ω → C des fonctions ho-
lomorphes. Si Γ ⊂ Ω désigne une courbe fermée simple qui limite un domaine simplement
connexe dans Ω et telle que | g(z) |<| f (z) |, ∀z ∈ Γ, alors f (z) et f (z) + g(z) ont le même
nombre de zéros à l’intérieur de Γ comptés avec leurs multilicité.
Démonstration. Noter que la condition | g(z) |<| f (z) | sur la courbe Γ implique que f (z) ne
s’annule pas sur Γ. De même, puisque sur Γ on a | f (z) + g(z) |≥| f (z) | − | g(z) |> 0, la
somme f (z) + g(z) ne s’annule pas sur Γ.
D’autre par, rappelons que le nombre de zéros de f (z) et de f (z) + g(z) à l’intérieur de Γ
est donné par les expressions suivates :
I ′ I ′
1 f (z) 1 f (z) + g ′ (z)
Nf (Γ) = dz et Nf +g (Γ) = dz
2πi Γ f (z) 2πi Γ f (z) + g(z)
D’où par soustraction, on obtient :
I h ′
1 f (z) + g ′ (z) f ′ (z) i
Nf +g (Γ) − Nf (Γ) = −
2πi Γ f (z) + g(z) f (z)
I ′
1 g (z)f (z) − g(z)f ′ (z)
= dz
2πi Γ f (z)(f (z) + g(z))
1 [g ′ (z)f (z) − g(z)f ′ (z)]/f 2 (z)
I
= dz
2πi Γ 1 + g(z)/f (z)
 ′
I 1 + g(z)/f (z)
1
= dz
2πi Γ 1 + g(z)/f (z)
= IndF (Γ) (0)
où F (z) = 1 + g(z)/f (z). Mais, comme sur la courbe Γ on a | F (z) − 1 |=| g(z)/f (z) |< 1 il
s’ensuit que l’image F (Γ) ⊂ D(1, 1), donc F (Γ) fait zéro tours autous de l’origine de C. Par
conséquent, Nf +g (Γ) = Nf (Γ). 
ANALYSE COMPLEXE 35

Exemple 10. Considérons le polynôme P (z) = z 8 − z 5 + z 2 + z + 7 et localisons ses racines


dans les domaines D1 = D(0, 1) et D2 = D(0, 2).
1) Posons g1 (z) = z 8 − z 5 + 1 et f1 (z) = z 2 + z + 6, donc f1 (z) + g1 (z) = P (z). Noter que
f1 (z) ne s’annule pas sur le cercle unité centré à l’origine. Car sinon, on aura :
f1 (z) = z 2 + z + 6 = 0 =⇒ 6 =| z 2 + z |≤ 2
Le polynôme g1 (z) lui même ne s’annule pas sur le cercle unité centré à l’origine. Car sinon
on aura :
g1 (z) = 0 =⇒ z 8 − z 5 = −1 =⇒ 1 =| z 3 − 1 |=| z 5 − 1 | =⇒ z 5 = (z̄)3
Ainsi, comme les solutions communes des équations | w − 1 |=| w |= 1 sont conjuguées on
conclut que : z 5 = (z̄)3 , donc z 8 = 1. D’où, l’absurdité z 5 = 2.
D’autre part, comme pour tout | z |= 1 on a les inégalités :
| g1 (z) |≤ 3 et | f1 (z) |≥ 6− | z 2 + z |≥ 4 =⇒ ∀ | z |= 1, | g1 (z) |≤ 3 < 4 ≤| f1 (z) |
Finalement, d’après le théorème de Rouché on conclut que le polynôme P (z) = f1 (z) + g1 (z)
possède seulement deux zéros dans le disque ouvert D(0, 1).
2) Ici, on pose f2 (z) = z 8 et g2 (z) = −z 5 + z 2 + z + 7 ; ce sont des polynômes qui ne s’annulent
pas sur le cercle centré à l’origine et de rayon deux. D’autre part, puisque pour tout | z |= 2
on a les inégalités :
| g2 (z) |≤ 25 + 4 + 2 + 7 = 45 <| f2 (z) |= 28 = 256
le théorème de Rouché implique que les huit zéros du polynôme P (z) = f2 (z)+g2 (z) sont inclus
dans le disque ouvert D(0, 2).
Exercice 33. Existe-t-il une fonction holomorphe sur un voisinage de zéro vérifiant l’une des
propriétés suivantes :
(1) ∀n ∈ N∗ , f (1/n) = sin(nπ/2).
(2) ∀n ∈ N∗ , f (1/n) = 1/(2n + 1).
(3) ∀n ∈ N∗ , f (1/n) = f (−1/n) = 1/n2 .
(4) ∀ | z |< r, f (z) = f (2z).
Exercice 34. On se propose de montrer que tout polynôme à coefficients complexe, P (z) =
z n + an−1 z n−1 + · · · + a1 z + a0 , possède au plus n-racines dans C.
1) Montrer qu’il existe un réel R > 0 tel que :
∀ | z |> R, | an−1 z n−1 + · · · + a1 z + a0 |<| z n |
2) Conclure.
k=n−1
X k=n−1
X
Exercice 35. Soit P (z) = z n + ak z k tel que | ak |< 1. Montrer que tous les zéros
k=0 k=0
de P (z) appartiennent au disque D(0, 1).
Exercice 36. Trouver le nombre de zéros des équations ci-dessous dans le domaine indiqué :
(1) z 4 − 3z + 1 = 0 (| z |< 1) :
(2) z 7 − 5z 5 + z 3 − 2 = 0 (| z |< 1) ;
(3) z 4 + z 3 − 4z + 1 = 0 (1 <| z |< 2) ;
(4) z 8 + z 5 + z 2 − 6z + 10 = 0 (| z |> 1).
I
Exercice 37. Soit R 6∈ N. Calculer l’intégrale curviligne tg(2πz)dz.
|z|=R
36 A. BOUARICH

Exercice 38 (Théorème de l’indice). Soit D ⊆ C un domaine et f, g : D → C des fonctions


holomorphes. Supposons que sur une courbe simple fermée Γ ⊂ D on a : | g(z) |<| f (z) |. Dans
ces conditions, pour tout réel t ∈ [0, 1] on pose
I ′
1 f (z) + tg ′ (z)
NΓ (t) = dz
2πi Γ f (z) + tg(z)
i) Montrer que la fonction NΓ (t) est bien définie sur [0, 1].
ii) Montrer que la fonction NΓ (t) est continue sur [0, 1] et à valeur dans Z. En déduire que
NΓ (t) est constante.
iii) Conclure.
Exercice 39. Soit D ⊆ C un domaine et f : D → C une fonction holomorphe. Étant donnée
une courbe Γ ⊂ D (non nécessairement fermée) et un point w ∈ D \ f (Γ) on pose :
1 f ′ (z)dz
Z
NΓ (w) =
2πi Γ f (z) − w
1) Montrer que l’application NΓ : D \ Γ → C est holomorphe.
2) Soit w0 ∈ D \ Γ et R(w0 ) = d(w0 , Γ) > 0. Montrer que NΓ (w) se développe en série entière
dans le disque D(w0 , r) avec 0 < r < R(w0 ).
3) Ici, on suppose que la courbe Γ ⊂ D est fermée.
i) Montrer alors que NΓ prend ses valeurs dans Z.
ii) Montrer que NΓ (w) est l’indice du point w par rapport à la courbe image f (Γ).
iii) En déduire une intérprétation pratique de l’entier NΓ (w).
Exercice 40. Soient D ⊆ C un domaine et f, g : D → C des fonctions holomorphes. On fixe
un point z0 ∈ D dont l’équation associée, g(z) = g(z0 ), possède m ≥ 1 solutions comptées avec
leurs multiplicités. On choisit alors un disque fermé D(z0 , r) ⊂ D de sorte que g(z) − g(z0 ) ne
soit pas nulle sur D(z0 , r) \ {z0 } ; et pour tout z ∈ D(z0 , r) on pose :
1 f (u)g′ (u)du
I
I(z) = où C(z0 , r) = {u ∈ D, | u − z0 |= r}
2πi C(z0 ,r) g(u) − g(z)
1) Montrer que pour tout z ∈ D(z0 , r), I(z) = mf (z).
2) En déduire que si g(z) est injective sur D(z0 , r) son inverse est donnée par :
1 ug ′ (u)du
I
−1
g (z) = , ∀z ∈ D(z0 , r)
2πi C(z0 ,r) g(u) − g(z)
3) Montrer qu’au voisinage de z0 la fonction f (z) est égale à la somme d’une série de fonctions
holomorphes de type :
1 f (u)g ′ (u)du 1 f ′ (u)du
X I I
n
f (z) = an (g(z)) où an = =
2πi C(z0 ,r) g(u)n+1 2nπi C(z0 ,r) g(u)n
n≥0

3) Applications : i) Si f (z) = ebz et g(z) = ze−z ; montrer alors que


X (b + n)n−1
ebz = z n e−nz , ∀z ∈ C
n!
n≥0
X
ii) On suppose que g(z) = an z n ; noter que g(0) = 0. Montrer que si a1 6= 0 il existe alors
n≥1
un voisinage de zéro dans lequel on peut écrice :
X 1 dn−1  z n
z= bn (g(z))n où bn = lim n−1
n! z→0 dz g(z)
n≥1
ANALYSE COMPLEXE 37

iii) Montrer que la fonction h(z) = ze−az est inversible sur un voisinage de zéro et son inverse
X (an)n−1
h−1 (z) = zn .
n!
n≥1

Exercice 41. Soit f : C → C une fonction holomorphe (entière).


Parti I. On suppose qu’il existe un polynôme P (z) de degré n ≥ 1 tel que ∀z ∈ C, | f (z) |≤|
P (z) | .
k=n
X f (k) (0) 
1
1) Montrer que la fonction g(z) = n f (z) − z k se prologne holomorphiquement
z k!
k=0
sur C.
2) Montrer que g(z) est bornée sur C. En déduire que f (z) est un polynôme.
Note : D’après le résultat de la partie I, une fonction entière qui vérifie, | f (z) |≤ A + B |
z |n , ∀z ∈ C, est nécéssairement un polynôme ; on dira qu’elle est s à croissance polynômiale.
Les fonctions entières non polynômiale sont dites à croissance transcendentales.
Parti II. On suppose que la fonction f (z) est non constante vérifiant lim f (z) = ∞.
z→∞
1) Montrer qu’il existe un réel R > 0 tel que si | z |> R entraı̂ne | f (z) |> 1.
2) Montrer que f (z) s’annule sur D(0, R). (Indication : procéder par l’absurde et considérer
1
g(z) = f (z) ).
3) En déduire que f (z) possède un nombre fini de zéros z1 , · · · , zn ∈ D(0, R) (comptés avec
leur multiplicités).
k=n
Y P (z)
4) Posons P (z) = (z − zk ) et pour tout z 6= zk posons g(z) = .
f (z)
k=0
i) Montrer que g(z) se prolonge sur C en une fonction holomorphe qu’on désignera aussi par
g(z).
ii) Montrer que g(z) est bornée sur C. En déduire que f (z) est un polynôme.
5) Conclure.
Exercice 42. Le lemme de Schwarz et ses applications.
1) Soit f : D(0, R) → D(0, M ) une fonction holomorphe telle que f (0) = 0.
M
i) Montrer que pour tout | z |< R on a | f (z) |≤ | z | et que | f ′ (0) |≤ M/R.
R
M
ii) Que peut-on dire si sur D(0, R) on a | f (z) |= | z | ? ou si on a | f ′ (0) |= 1/R ?
R
2) Supposons que la fonction f (z) s’annule au point z0 ∈ D(0, R). Montrer que pour tout
z − z0 MR
| z |< R on a | f (z) |≤ M R et que | f ′ (z0 ) |≤ .
1 − z0 z 1− | z0 |2
3) On pose w0 = f (0) ∈ C∗ .
f (z) − w0 |z|
i) Montrer que ∀ | z |< R, ≤ .
M 2 − w0 f (z) M
ii) En déduire que | f ′ (0) |≤ (M 2 − | f (0) |2 )/M .
iii) Que devient les inégalités de i) et ii) si on pose w0 = f (z0 ) avec z0 ∈ D(0, R) ?
iv) Trouver l’expression des isomorphismes holomorphes, ϕ : D(0, R) → D(0, M ).
4) Soit D = {z ∈ C; | ℜe(z) |< π/4} la bande verticale.
i) Montrer que la fonction tangente, tg : D → C, est injective et que son image tg(D) = D(0, 1).
ii) En déduire que la fonction tg(z) possède une inverse holomorphe sur D(0, 1) définie par
1 − z 
∀ | z |< 1, arctg(z) = −i log
1+z
iii) Montrer que pour toute fonction holomorphe, f : D → C, qui vérifie f (0) = 0 et | f (z) |< 1,
on a : | f (z) |≤| tg(z) |, ∀z ∈ D.
38 A. BOUARICH

3. Le théorème des résidus et ses applications


3.1. Séries de Laurent.
Définition 12. Une série des puissances de la forme
X a−2 a−1
an (z − a)n = · · · + + + a0 + a1 (z − a) + a2 (z − a)2 + · · ·
(z − a)2 z − a
n∈Z

s’appelle série de Laurent centrée au point a ∈ C.


X a−n
(1) La série des puissances négatives s’appelle partie principale.
n>0
(z − a)n
X
(2) La série des puissances positives an (z − a)n s’appelle partie régulière.
n≥0

(3) On dira que la série de Laurent converge si ses parties principale et régulière convergent.
La proposition suivante est analogue au théorème de Hadamard pour les séries entières ; elle
donnera les formules qui permettent de déterminer l’intérieur du domaine de convergence simple
d’une série de Laurent et donnera aussi une formule permettant de calculer les coefficients de
la série de Laurent en fonction de sa somme.
X
Proposition 8. Soit an (z − a)n une série de Laurent centrée en a ∈ C. On pose
n∈Z
p
n 1
r = Lim-sup | a−n | et R= p
n
n→+∞ Lim-sup | an |
n→+∞
X
(1) La série de Laurent an (z − a)n converge simplenement sur la couronne circulaire
n∈Z
Cr,R (a) = {z ∈ C ; r <| z − a |< R}.
X
(2) Pour tout couple de réels r < r ′ < R′ < R la série de Laurent an (z − a)n converge
n∈Z
normalement vers une fonction holomorphe f : Cr′ ,R′ → C dont les fonctions dérivées
s’obtiennent en dérivant la série de Laurent terme à terme. Plus précisément, pour tout
réel r < ρ < R ; les coefficients de la série de Laurent sont donnés par l’integrale curviligne
1 f (z)dz
I
an = , ∀n ∈ Z
2πi C(a,ρ) (z − a)n+1
p p
Démonstration. Supposons que les limites lim n | an | et lim n | a−n | existent. Donc,
n→+∞ n→+∞
X X a−n
d’après le critère de Cauchy, les partie régulière an (z − a)n et principale
n>0
(z − a)n
n≥0
convergent pour z fixé si la limite du racine n-iène du module de leurs termes généraux sont
strictement inférieures à un :
p
lim n | a−n |
p n→+∞
| z − a | lim n | an | < 1 et <1
n→+∞ |z−a|
Donc, un nombre complxe z ∈ C appartient au domane de convergence de la série de Laurent
donnée dès qu’il vérifie la condition suivante :
p 1
r = lim n | a−n |<| z − a |< p = R ⇐⇒ z ∈ Cr,R (a)
n→+∞ lim n | an |
n→+∞
ANALYSE COMPLEXE 39

Noter alors que si on choisit deux réels r ′ et R′ tels que r < r ′ < R′ < R on voit que pour
tout z ∈ Cr′ ,R′ (a) on a les limites :
R′
r
a−n r r |z−a|
r
lim n = < < 1 et lim n
a (z − a)n = < <1
n
n→+∞ (z − a)n |z−a| r′ n→+∞ R R
Par conséquent, la série de Laurent converge normalement sur la couronne circulaire Cr′ ,R′ (a)
et que sa somme f : Cr′ ,R′ (a) → C est holomorphe. De plus, pour tous ρ ∈]r ′ , R′ [ et m ∈ Z on
peut écrire que
f (z) X
m+1
= an (z − a)n−m−1
(z − a)
n∈Z
1 f (z)dz X an I
I
= (z − a)n−m−1 dz
2πi C(a,ρ) (z − a)m+1 2πi C(a,ρ)
n∈Z
I
Ainsi, comme pour tout m ∈ Z l’intégrale (z − a)n−m−1 dz s’annule si et seulement si
C(a,ρ)
1 f (z)dz
I
n − m − 1 6= −1 ; on en déduit que le coefficient am = . 
2πi C(a,ρ) (z − a)m+1
Le théorème suivant est démontré en 1843 par Pierre Alphonse Laurent, il affirme que toute
fonction holomorphe sur une couronne circulaire coı̈ncide avec la somme d’une série de Laurent.
Théorème 19 (P.A. Laurent 1843). Une fonction holomorphe f : Cr,R (a) → C se développe
de manière unique en série de Laurent centrée au point a ie. :
X
∀z ∈ Cr,R (a), f (z) = an (z − a)n
n∈Z
De plus, pour tout réel ρ ∈]r, R[ et pour tout entier n ∈ Z le coefficient
1 f (z)
I
an = dz
2πi C(a,ρ) (z − a)n+1
Démonstration. Il s’agit de montrer que f (z) est égale à la somme d’une série de Laurent
convergente. Pour cela fixons un point z ∈ Cr,R (a) et deux nombres réels r < r1 <| z − a |<
R1 < R (Voir la figure).

ρ
R
R1 r1 b
r
a
b

Figure 21. Cr,R (a) : une couronne circulaire centrée en a ∈ Ω

f (w)
Donc, si on applique la formule de Cauchy-Goursat à la fonction sur le bord du
w−z
domaine orienté positivement (voir la figure)
D = C r1 ,R1 (a) \ D(z, ε) avec 4ε < min(| z − a | −r1 , R1 − | z − a |)
40 A. BOUARICH

on déduit que
f (w)dw f (w)dw f (w)dw f (w)dw
I I I I
= − − =0
∂D w−z C(a,R1 ) w−z C(a,r1 ) w−z C(z,ε) w−z
Ainsi, comme la fonction f (w) est holomorphe sur le disque fermé D(z, ε) la formule intégrale
1 f (w)dw
I
de Cauchy implique que f (z) = . D’où,
2πi C(z,ε) w − z
1 f (w)dw 1 f (w)dw
I I
f (z) = −
2πi C(a,R1 ) w − z 2πi C(a,r1 ) w − z
Pour trouver le développement de Laurent on va développer les deux intégrales curvilignes
précédentes respectivement en série de puissances positives et négatives.
i) Notons que si pour tout w ∈ C(a, r1 ) on écrit
1 1 1 1
= =−
w−z (w − a) − (z − a) z−a1− −a w
z−a
 w − a n+1
k=n
1 h X  w − a k
+ z −wa − a
i
= −
z−a z−a 1−
k=0
z−a
k=n
X (w − a)k  w − a n+1 1

= − k+1
+
(z − a) z−a w−z
k=0

Ensuite, multiplions cette expression par f (w) pour obtenir l’intǵrale curviligne suivante :
k=n
1 f (w)dw 1 1 f (w)dw
I X I
= − k+1
2πi C(a,r1 ) w − z (z − a) 2πi C(a,r1 ) (w − a)−k
k=0
1  w − a n+1 f (w)dw
I
+
2πi C(a,r) z − a w−z
D’autre part, observons que puisque pour tout w ∈ C(a, r1 ) on a
| w − z |≥| a − z | − | w − a | =⇒ | w − z |≥| a − z | −r1
Donc, si on pose r =| z − a | et M (r1 ) = sup{| (f (w) | ; w ∈ C(a, r1 )} on obtient l’inégalité :
1  w − a n+1 f (w)dw M (r1 )  r1 n+1
I

2πi C(a,r1 ) z − a w−z r − r1 r
Ainsi, comme pour tout w ∈ C(a, r1 ) on a | w − a |= r1 <| z − a |= r on en déduit que
lorsque l’entier n tend vers l’infini on obtient
1 f (w)dw X a−n 1 f (w)dw
I I
=− où a−n = , ∀n ≥ 1
2πi C(a,r1 ) w − z (z − a)n 2πi C(a,r1 ) (w − a)−n+1
n≥1

ii) De la même façon que ci-dessus, on vérifie que l’intégrale curviligne


1 f (w)dw X 1 f (w)dw
I I
n
= an (z − a) où an =
2πi C(a,R1 ) w − z 2πi C(a,R1 ) (w − a)n+1
n≥0

f (w) f (w)
Enfin, puisque pour tout n ≥ 0 les fonctions w 7−→ −n+1
et w 7−→ sont
(w − a) (w − a)n+1
holomorphes sur la couronne Cr1 ,R1 (a) et comme pour tout réel ρ ∈]r1 , R1 [ le cercle C(a, ρ) se
ANALYSE COMPLEXE 41

déforme continument sur les deux cercles C(a, r1 ) et C(a, R1 ) on déduit que
1 f (w)dw 1 f (w)dw
I I
an = n+1
=
2πi C(a,R1 ) (w − a) 2πi C(a,ρ) (w − a)n+1
et
1 f (w)dw 1 f (w)dw
I I
a−n = −n+1
=
2πi C(a,r1 ) (w − a) 2πi C(a,ρ) (w − a)−n+1
Noter que l’expression des coefficients an de la série de Laurent trouvée impliques que les an
ne dépendent que de f (z) et donc ils sont uniques. 
sin(z)
Exemple 11. 1) Développons la fonction en série de Laurent centrées à l’origine a = 0
z∗
qui soit valable sur la couronne C0,+∞ (0) = C .
Rappelons que la fonction sin(z) est holomorphe sur C possédant un développement en série
entière centrée à l’origine de type :
X z 2n+1
∀z ∈ C, sin(z) = (−1)n
(2n + 1)!
n≥0
Noter alors que si divise cette série on obtient :
sin(z) z2 z4 z 2n
∀z ∈ C∗ , =1− + + · · · + (−1)n + ···
z 3! 5! (2n + 1)!
sin(z)
c’est la série de Laurent en zéro de dont la partie principale est nulle.
z
1
2) On se propose de développons la fonction 2 en série de Laurent centrée à l’origine
z (z − i)
a = 0 sur la couronne 0 <| z |< 1. Pour cela observons que puisque pour tout | z |< 1 on a la
série entière
1 i X
= =i (−1)n (i)n z n
z−i 1 + iz
n≥0
1
on déduit que le développement de Laurent de la fonction au voisinage de zéro est
z 2 (z − i)
donné par
1 i 1 X
= + − i + (−1)n (i)n+1 z n , ∀z ∈ C∗ , 0 <| z |< 1
z 2 (z − i) z2 z
n≥1
1
Noter que la partie principle de la série de Laurent de la fraction rationnelle est
z 2 (z − i)
i 1
égale à la fraction rationnelle
2
+ .
z z
3) Rappelons que la fonction exponetielle ez possède sur C le développement en série entière
suivant
X zn
∀z ∈ C, ez =
n!
n≥0
Donc, pour tout z ∈ C∗ on a la série de Laurent centré à l’origine
X 1 1
e1/z = , ∀z ∈ C∗
n! z n
n≥0
dont la partie principale contient une infinité de termes.
1
4) Dans cet exemple, on va développer la fonction holomorphe f (z) = en série
(z − 1)(z − 2)
de Laurent dans plusieurs couronnes contenues dans l’ouvert C \ {1, 2}.
42 A. BOUARICH

a) Notons que pour tout z ∈ C0,1 (1) = {z ∈ C; 0 <| z − 1 |< 1} on peut écrire

1
f (z) =
(1 − z)[1 − (z − 1)]
1 X
= (z − 1)n
1−z
n≥0
1 X
= =− −1− (z − 1)n
z−1
n≥1

b) De même, pour tout z ∈ C0,1 (2) = {z ∈ C, 0 <| z − 2 |< 1} on pourra écrire

1
f (z) =
(z − 2)[1 + (z − 2)]
1 X
= (−1)n (z − 2)n
z−2
n≥0
1 X
= −1+ (−1)n−1 (z − 2)n
z−2
n≥1

c) Maintenant, prenons z ∈ C1,2 (0) = {z ∈ C, 1 <| z |< 2} et écrivons :


1 1 1 1 1 1
f (z) = − =− −
z−2 z−1 2 1 − z/2 z 1 − 1/z

Ainsi, comme on a | z/2 |< 1 et | 1/z |< 1 on pourra écrire


1 X zn 1 X 1
f (z) = − −
2 2n z zn
n≥0 n≥0
X X zn
= − zn −
2n+1
n≤−1 n≥0

Exercice 43. Déterminer le développement en série de Laurent dans la couronne indiquée.


7z − 2
(1) , {z ∈ C ; 0 <| z |< 1}.
z(z + 1)(z − 2)
7z − 2
(2) , {z ∈ C ; 0 <| z + 1 |< 1}.
z(z + 1)(z − 2)
1
(3) , {z ∈ C ; 0 <| z − i |< 1}.
z 2 (z− i)
1
(4) , {z ∈ C ; 1 <| z |}.
z 2 (z− i)
z2 + 1
(5) , {z ∈ C ; 0 <| z |< 1}.
z 2 (z 2 − 1)
z2 + 1
(6) , {z ∈ C ; 0 <| z − 1 |< 1}.
z 2 (z 2 − 1)
z2 + 1
(7) , {z ∈ C ; 0 <| z + 1 |< 1}.
z 2 (z 2 − 1)
ANALYSE COMPLEXE 43

3.2. Classification des singularités isolées.


Définition 13. Soient z0 ∈ C et r > 0. Si f (z) est une fonction holomophe sur le disque
épointé D ′ (z0 , r) = {z ∈ C ; 0 <| z − z0 |< r} on dira que le point z0 est une singularité isolée
de f (z).
(1) On dira que z0 est une singularité isolée supprimable si lim f (z) existe dans C.
z→z0
(2) On dira que z0 est un pôle d’ordre m ∈ N∗ si pour tout entier 0 ≤ p < m la limite
lim (z − a)p f (z) = ∞ mais lim (z − a)m f (z) existe dans C.
z→z0 z→z0
(3) On dira que z0 est une singularité isolée essentielle si pour tout entier m ∈ N la limte
lim (z − z0 )m f (z) n’existe pas.
z→z0

Exemple 12. 1) Les fonctions suivantes possèdent une singularité isolée suprimable au point
z0 = 0 :
2
sin(z) 1 − cos(z) ez − 1 sin(z)
, 2
, 2
,
z z z Sh(z)
2
z +7
2) La fraction rationnelle 3 présente un pôle d’odre deux au point z1 = i et un pôle
z (z − i)2
d’ordre trois au point z2 = 0.
1
3) La fonction exp( ) possède une singularité isolée essentielle au point z0 = 0.
z
1 1
4) Noter la fonction sin( ) s’anulle sur les termes de la suite qui tend vers zéro. Ceci
z nπ
implique que le point d’accumulation z0 = 0 n’est pas une singularité isolée pour la fonction
1
sin( ).
z
Proposition 9. Soit z0 ∈ C et f : D ′ (z0 , r) = {z ∈ C ; 0 <| z − z0 |< r} → C une fonction
holomorphe. Alors les affirmations suivantes sont vraies :
(1) Le point z0 est une singularité suprimable de f (z) si et seulement, si sa série de Laurent
autour de z0 ne contient pas des puissances négatives.
(2) Le point z0 est un pôle d’ordre fini de f (z) si et seulement, si sa série de Laurent autour
de z0 contient un nombre fini de puissances négatives.
(3) Le point z0 est une singularité essentielle de f (z) si et seulement, si sa série de Laurent
autour de z0 contient une infinité de puissances négatives.
Démonstration. Exercice. 
Exercice 44. Soit f : D(a, R) \ {a} → C une fonction holomorphe.
1) On suppose qu’il existe M > 0 et 0 < r < R tels que | f (z) |≤ M sur le disque D(a, r).
Montrer que a est une singularité supprimable de f (z).
2) On suppose que lim f (z) = ∞.
z→a
1
i) Montrer que a est une singularité supprimable pour la fonction g(z) = .
f (z)
ii) En déduire que a est un pôle de f (z).
3) En appliquant 2) ; montrer que si a est une singularité essentielle de f (z) il existe alors une
suite zn ∈ D(a, R) \ {a} qui converge vers a mais sa suite image f (zn ) n’a pas de limite dans
C.
Exercice 45 (Théorème de Cassorati-Weierstrass). Soit f : D ′ = {z ∈ C; 0 <| z − z0 |<
R} → C une fonction holomorphe. On se propose de démontrer que si z0 est une singularité
essentielle de f (z) alors pour tout réel 0 < ρ < R l’image f (D(a, ρ) \ {a}) est dense dans C.
44 A. BOUARICH

Fixons alors un nombre complexe w qui n’adhère pas à l’image f (D ′ ).


1) Montrer qu’il existe ε > 0 tel que ∀z ∈ D ′ , | f (z) − w |≥ ε.
z − z0
2) Montrer que g(z) = se prolonge en une fonction holomorphe sur le disque D(z0 , R).
f (z) − w
3) Conclure.
3.3. Résidu d’un point singulier isolé. Soit f (z) une fonction holomorphe sur le disque
épointé D ′ (z0 , R) = {z ∈ C; 0 <| z − z0 |< R}. Donc, d’après le théorème de Laurent, la
fonction f (z) se développe dans le disque épointé D ′ (z0 , R) en série de puissance sous la forme
X
∀0 <| z − z0 |< R, f (z) = an (z − z0 )n
n∈Z
telle que pour tout réel 0 < ρ < R le coefficient
1 f (z)
I
an = , ∀n ∈ Z
2πi C(z0 ,ρ) (z − z0 )n+1
Définition 14. Avec les notations ci-dessus, le coefficient
1
I
a−1 = f (z)dz
2πi C(z0 ,ρ)
s’appelle résidu de f (z) au point z0 et se note Rés(f (z), z0 ).
Il est intéressant de noter que pour tout réel 0 < ρ < R l’intégrale curviligne autour de la
singularité isolé z0 de la fonction f (z) est donnée par l’expression :
I
f (z)dz = 2πiRés(f (z), z0 )
C(z0 ,ρ)
En particulier, si f (z) admet une une singularité isolée supprimable, elle se prolonge donc en
fonction holomorphe sur le disque D(z0 , R) ; par suite son intégrale curviligne :
I
f (z)dz = 0 =⇒ Rés(f (z), z0 ) = 0
C(z0 ,ρ)

Exemple 13. 1) Rappelons que pour tout nombre complexe z ∈ C∗ on a la série de Laurent
1 1 1
e1/z = 1 + + 2
+ ··· + + ···
z 2!z n!z n
Donc, comme le résidu Rés(e1/z , 0) = 1 il s’ensuit que l’intégrale curviligne
I
e1/z dz = 2πi
|z|=1

Observons que si pour θ ∈ [0, 2π] on porte z = eiθ dans cette intégrale on déduit que
Z 2π Z 2π
cos(θ)
e sin(θ − sin(θ))dθ = 0 et ecos(θ) cos(θ − sin(θ))dθ = 2π
0 0
La proposition suivante nous donnera une méthode pratique qui permet de calculer le résidu
d’une fonction f (z) en un pôle d’ordre fini m ≥ 1.
Proposition 10. Soit f : {z ∈ C ; 0 <| z − z0 |< R} → C une fonction holomorphe ayant un
pôle au point z0 d’ordre m ≥ 1 ; alors le résidu
1 dm−1 h m
i
Rés(f (z), z0 ) = (z − z0 ) f (z)
(m − 1)! dz m−1 z=z0
En particulier, si z0 est un pôle simple le résidu
Rés(f (z), z0 ) = lim (z − z0 )f (z)
z→z0
ANALYSE COMPLEXE 45

Démonstration. Noter que si z0 est un pôle d’ordre m ≥ 1 le développement de f (z) en série


de Laurent centrée au point z0 est alors donnée en tout point z ∈ D ′ (z0 , R) par :
a−m a−1 X
f (z) = m
+ ··· + + an (z − z0 )n
(z − z0 ) z − z0
n≥0

Ainsi, si on pose g(z0 ) = a−m et g(z) = (z − z0 )m f (z) lorsque z 6= z0 ; on obtient une


holomorphe sur le disque D(z0 , R) car on :
X
∀z ∈ D(z0 , R), (z − z0 )m f (z) = a−m + a−m+1 (z − z0 )+ · · · + a−1 (z − z0 )m−1 + an (z − z0 )n+m
n≥0

g(m−1) (z0 )
De plus, on voit que le coeffecient a−1 = = Rés(f (z), z0 ). 
(m − 1)!
Corollaire 10. Soient g(z) et h(z) deux fonctions holomorphes sur le disque D(z0 , R). Si
g(z0 ) 6= 0 et h(z0 ) = 0 avec h′ (z0 ) 6= 0 alors le résidu
 g(z)  (z − z0 )g(z) g(z0 )
Rés , z0 = lim = ′
h(z) z→z0 h(z) h (z0 )
1
Exemple 14. 1) La fonction f (z) = possède trois pôles simples {0, −i, i} dont les
z(z 2+ 1)
résidus sont donnés par,
(1) Rés(f (z), 0) = lim zf (z) = 1.
z→0
(2) Rés(f (z), i) = lim(z − i)f (z) = −1/2.
z→i
(3) Rés(f (z), −i) = lim (z + i)f (z) = −1/2.
z→−i
1
2) La fonction g(z) = possède deux pôles d’ordre 4 aux points {−i, i}, donc leurs
(z 2 + 1)4
résidus sont donnés par
1 d3 h (z − i)4 i 1 d3 h 1 i 4.5.6 5i
Rés(g(z), i) = = =− =−
3! dz 3 (z 2 + 1)4 z=i 3! dz 3 (z + i)4 z=i 3!(2i)7 32

1 d3 h (z + i)4 i 1 d3 h 1 i 4.5.6 5i
Rés(g(z), −i) = = =− =
3! dz 3 (z 2 + 1)4 z=−i 3! dz 3 (z − i)4 z=−i 3!(−2i) 7 32
1
3) La fonction h(z) = présente au point z0 = 0 un pôle d’ordre de. Donc, le résidu
z(ez − 1)
de h(z) au point z = 0 est donné par la limite
d 2 
Rés(h(z), 0) = lim z h(z)
z→0 dz
d z 
= lim
z→0 dz ez − 1
 ez − 1 − zez 
= lim (règle de l’Hospital)
z→0 (ez − 1)2
 −z 
= lim (règle de l’Hospital)
z→0 2(ez − 1)
1
= −
2
46 A. BOUARICH

1 1
Notons que puisque on a trouvé le résidu Rés( , 0) = − on en déduit que l’intégrale
z(ez − 1) 2
curviligne
1 1
I
dz = 2πiRés( z , 0) = −πi
|z|=1 z(ez − 1) z(e − 1)
1
Exercice 46. Démontrer que pour tout entier n ≥ 1 le résidu Rés(z n e1/z , 0) = .
(n + 1)!
Exercice 47. Calculer le résidu Rés(f (z), u) pour f (z) et u donnés ci-dessous.
z2 + 1
(1) f1 (z) = , u1 = 0.
z 3 (1 − z 2 )
z 2 − 2z + 10
(2) f2 (z) = , u2 = 1.
(z − 1)2 (z 2 + 2z)
1
(3) f3 (z) = , u3 = kπ où k ∈ Z.
sin(z)
1
(4) f4 (z) = z , u4 = 2kπi où k ∈ Z.
e −1
1
(5) f5 (z) = , u5 = 1.
Log2 (z)
Théorème 20 (Théorème des résidus (Cauchy 1826)). Soit Γ ⊂ C une courbe simple fermée
qui borde un domaine borné simplement connexe DΓ ⊂ C (ie. ∂DΓ = Γ) ; et soit f : DΓ → C
est une fonction homolorphe sauf aux points {z1 , z2 , · · · , zn } ⊂ Int(DΓ ) (ie. les zk sont des
singularités isolées de f (z)). Alors, l’intégrale curviligne
I k=n
X
f (z)dz = 2πi Rés(f (z), zk )
Γ k=1

Démonstration. Autour de chaque singularité isolée zk traçons un disque fermé D(zk , rk ) où
les rayons rk > 0 seront choisis de tel sorte que les k disques D(zk , rk ) restent disjoints (voir
la figure).

z3
Γ
b b
z2 z1
b
z4

Figure 22. La courbe simple fermée Γ borde un domaine simplement connexe


borné DΓ épointé par quatre singularités isolées de f (z).

Maintenant, appliquons la formule de Cauchy-Goursat à f (z) sur l’ouvert connexe :


k=n
[
Ω=D\ D(zk , rk )
k=1
ANALYSE COMPLEXE 47

que l’on suppose orienté positivement pour voir que l’intégrale curviligne le long de la courbe
Γ (c’est la composante extérieure du bord ∂Ω) est égale à :
I k=n
XI
f (z)dz = f (z)dz
Γ k=1 |z−zk |=rk

1
I
Ainsi, comme pour chaque singularité zk on a f (z)dz = Rés(f (z), zk ) on déduit
2πi |z−zk |=rk
I k=n
X
que l’intégrale curviligne f (z)dz = 2πi Rés(f (z), zk ). 
Γ k=1

z3 + 1
Exemple 15. 1) La fonction f (z) = possède quatre pôles simples qui se trouvent sur
z4 + 1
le cercle centré à l’origine et de rayon R = 1 donnés par l’expressions :

zk = ei(π/4+kπ/2) = eiπ/4 (eiπ/2 )k avec 0≤k≤3


z3 + 1
I
Notons que pour tout réel 0 < r < 1 l’intégrale curviligne 4
dz = 0 car la fonction
|z|=r z + 1
f (z) est holomorphe sur le disque D(0, r). Mais, si le réel r > 1 on aura
k=3
z3 + 1
I X
dz = 2πi Rés(f (z), zk )
|z|=r z4 + 1
k=0
k=3
X (zk )3 + 1
= 2πi
4(zk )3
k=0
k=3
πi X  
= − (zk )3 + 1 zk car (zk )4 = −1
2
k=0
= 2πi
1 − cos(z)
2) Calculons l’intégrale curviligne de la fonction g(z) = le long du cercle C(0, 4)
z 3 (z − π)2
parcouru dans le sens trigonométrique.
Notons que la fonction f (z) est holomorphe sur C \ {0, π} et qu’elle présente un pôle simple
au point z1 = 0 et un pôle double au point z2 = π. Donc, d’après le théorème des résidus,
l’intégrale curviligne
1 − cos(z)
I h i
3 2
dz = 2πi Rés(g(z), 0) + Rés(g(z), π)
|z|=4 z (z − π)
h 1 − cos(z) d  1 − cos(z)  i
= 2πi lim 2 + lim
z→0 z (z − π)2 z→π dz z3 z=π
h 1 −6 i
= 2πi + 4
2π 2 π
i 2
= (π − 12)
π4
Exercice 48. Soit n ∈ N∗ . Vérifier que pour tout réel r > 1 l’intégrale curviligne
z 2n−1 + 1
I
2n + 1
dz = 2πi
|z|=r z
48 A. BOUARICH

Exercice 49. Calculer les intégrales curviligne suivantes,


z 3 dz dz (sin(z) − z)dz 1 − cos(z))dz
I I I I
4
, 3
, ,
|z|=2 z − 1 |z|=2 (z + 1)(z − 1) |z|=2 z 3 (z + 1) |z|=2π z 3 (z − iπ)
Exercice 50. Soient P (x) et Q(x) deux polynômes irréductibles tel que Q(x) ne possède que
des racines simples notées {z1 , z2 , · · · , zq }.
 P (z)  P (zk )
1) Démontrer que le résidu Rés , zk = ′ , ∀1 ≤ k ≤ q.
Q(z) Q (zk )
2) En déduire que pour tout réel R > max{| zk | ; 1 ≤ k ≤ q} l’intégrale curviligne
k=q
P (z)dz P (zk ) zP (z)
I X
= 2πi ′ (z )
= 2πi lim
|z|=R Q(z) Q k z→∞ Q(z)
k=1
3) Calculer les intégrales curvilignes suivantes
z2 + z + 1 z3 − 1 5z 2 − 2z + 1
I I I
3 2
dz, 4
dz, dz
|z|=2 z + z + z + 1 |z|=2 z + 4z + 1 |z|=3 3z 3 + 5z 2 − 2z − 2
Exercice 51. On définit une fonction sur C \ {−i, i} par l’expression suivante :
zetz
Ft (z) = , avec t ∈ C est fixé
(z 2 + 1)2
1) Déterminer les pôles de Ft (z) et calculer leurs résidus.
2) Calculer l’intégrale curviligne de Ft (z) le long de la courbe Γ+
R constituée par le segment
+ iθ
[−R, R] et le demi-cercle CR = {z ∈ C; z = Re , 0 ≤ θ ≤ π}.

4. Calcul des intégrales simples généralisées par la méthode des résidus


Dans cette section, nous allons appliquer le théorème des résidus pour calculer certaines
classes d’integrales simples définies ou généralisées.
Notons d’abord que si f :]a, b[→ R est une fonction continue telle que la fonction à variable
complexe f (z) soit holomorphe sur un ouvert Ω ⊆ C sauf sur un nombre fini de points singuliers
isolés sur Ω. Ainsi, si en supposant que l’intervalle ]a, b[⊂ Ω le théorème des résidus implique
que pour toute courbe simple Γ ⊂ Ω telle que Γ ∩ [a, b] = {a, b} (voir la figure) on a
Z b Z k=m
X  
f (x)dx = − f (z)dz + 2πi Rés f (z), zk
a Γ k=1

Γ
b
z4
z1 b

z2
b
z3
b b

a b
Figure 23. La courbe composée [a, b] ⋆ Γ est simple fermée borde un domaine
du plan complexe qui contient certaines singularités de f (z).
Z b
Théoriquement, grâce à cette formule on pourra calculer l’intégrale simple f (x)dx à partir
Z a
du calcul de l’intégrale curviligne complexe f (z)dz, le cas idéal est lorsqu’il existe une courbe
Γ
ANALYSE COMPLEXE 49

simple Γ qui donnera une intégrale curviligne complexe simple à calculer ou identiquement
nulle !
Dans cette section, on va exploiter cette remarque pour calculer certaines familles d’intégrales
simples par application du théorème des résidus.

Z 2π
4.1. Calcul des intégrales définies de type R(cos(t), sin(t))dt. Considérons une frac-
0
tion rationnelle R(x, y) réelle à variables réelles et observons que si on pose z = eit avec
t ∈ [0, 2π] on otient les expressions suivantes :

1 1 1 1
R(cos(t), sin(t)) = R( (z + ), (z − )) et dz = izdt
2 z 2i z
Ainsi, avec ces notations on voit que l’intégrale simple de la fraction rationnelle trigo-
nométrique R(cos(θ), sin(θ)) est égale à une intégrale curviligne que l’on peut calculer en
appliquant le théorème des résidus i.e :

1 1 1 1 dz
Z I
R(cos(t), sin(t))dt = R( (z + ), (z − ))
0 |z|=1 2 z 2i z iz
X
= 2πi Rés(r(z), zk )

1 1 1 1 1
où les zk sont les pôles de la fraction rationnelle r(z) = R( (z + ), (z − )) qui appar-
iz 2 z 2i z
tiennent à l’intérieur du disque unité D(0, 1).

dt
Z
Exemple 16. 1) Pour a > 1 calculons l’intégrale simple définie
0 a + cos(t)
Pour calculer cette intégrale on va appliquer la méthode ci-dessus qui consiste à poser z = eit
avec t ∈ [0, 2π].


dt 1 dz
Z I
=
0 a + cos(t) |z|=1
1 1 iz
a + (z + )
2 z
2dz
I
=
|z|=1 i(z 2 + 2az + 1)

Noter que les zéros du trinôme, z 2 + 2az + 1, sont z1 = −a + a2 − 1 et z2 = −a −
√ 2
a2 − 1. Ainsi, comme z1 est le seul pôle de la fraction rationnelle 2
qui est
i(z + 2az + 1)
dans l’intérieur du disque oiuvert D(0, 1) ; le théorème des résidus implique que


dt 2
Z p
= 2πiRés( , −a + a2 − 1)
0 a + cos(t) i(z 2 + 2az + 1)

2(z + a − a2 − 1)
= 2πi z→z
lim
z6=z
1 i(z 2 + 2az + 1)
1


= √
a2 − 1
50 A. BOUARICH

Notons que si la fraction rationnelle R(cos(t), sin(t)) est intégrable sur l’intervalle [0, 2π] elle
possède des coefficents de Fourier complexes donnés par l’expression,
Z 2π
1 1
∀n ∈ Z, c−n = (an + ibn ) = R(cos(t), sin(t))eint dt
2 2π 0
1 1 1 1 1
I
= R( (z + ), (z − ))z n−1 dz
2πi |z|=1 2 z 2i z
Exemple 17. Soit a > 0. Calculons les coefficients de Fourier de la fonction
1
f (t) =
Ch(a) + cos(t)

qui est 2π-périodique et de classe C sur R.
Pour calculer les coefficients de Fourier complexe de la fonction f (t) on va donc appliquer
le théorème des résidus à l’intégrale simple :
Z 2π
1 eint dt
∀n ∈ N, c−n =
2π 0 Ch(a) + cos(t)
1 2z n dz
I
=
2πi |z|=1 z 2 + 2Ch(a)z + 1
1 2z n dz
I
=
2πi |z|=1 (z + ea )(z + e−a )
 2z n −a

= Rés , −e
(z + ea )(z + e−a )
2(−1)n e−na
=
−e−a + ea
(−1)n e−na
=
Sh(a)
1
Noter que puisque la fonction f (t) = est paire ses coefficients bn sont donc
Ch(a) + cos(t)
2(−1)n e−na
nuls et que par suite les coefficients an = 2c−n = . Par conséquent, pour tout x ∈ R
Sh(a)
1
la série de Fourier associée à la fonction 2π-périodique √ est égale à :
5 + cos(t)
1 1 X 2(−1)n e−na
= + cos(nt)
Ch(a) + cos(t) Sh(a) Sh(a)
n≥1

Exercice 52. Calculer les intégrales simples suivantes par la méthode des résidus.
Z 2π
dt
(1) où 0 < b < a.
0 a + b cos(t)
Z 2π
dt
(2) où a > 1.
0 (a + cos(t))2
Z 2π
dt
(3) où | a |6= 1.
0 1 − 2a cos(t) + a2
Z π
cos2 (t)dt
(4) .
0 5 − 3 cos(t)
Z π
(5) cos2n+1 (t)dt où n ∈ N.
0
ANALYSE COMPLEXE 51
Z π
(6) cos2n (t)dt où n ∈ N.
0
Exercice 53. Pour tout réel | a |> 1 calculer les coefficients de Fourier de la fonction 2π-
périodique
1
f (x) = , ∀x ∈ R
(a + cos(x))2
Exercice 54. Pour tout réel | a |6= 1 calculer les coefficients de Fourier de la fonction 2π-
périodique
1
f (x) = 2 , ∀x ∈ R
a + 1 − 2a cos(x)
Z +∞
P (x)
4.2. Calcul des intégrales généralisées dx. Considérons une fonction x ∈ R 7−→
−∞ Q(x)
P (x)
f (x) = dont la fonction à variable complexe associée z 7−→ f (z) est holomorphe sur C
Q(x)
sauf en un nombre fini de singularités isolées non réelles. On désigne par {z1 , z2 , · · · , zn } les
singularités de f (z) qui appartiennent au demi-plan supérieur H = {z ∈ C ; ℑm(z) > 0}.

b
z4
z1 b

Γ z2
b

z3
b

b b

−R R

Figure 24. La courbe Γ est simple fermée borde un domaine du demi-plan


supérieur contenant certaines singularités de f (z).

Maintenant, observer que si pour tout réel R > max(| z1 |, | z2 |, · · · , | zn |) on intégre


la fonction holomorphe f (z) sur la courbe Γ constituée par l’intérvalle [−R, R] et le demi-
cercle CR de centre l’origine et de rayon R (voir la figure) que l’on parcourue dans le sens
trigonométrique ; le théorème des résidus implique que
I Z R Z k=n
X
f (z)dz = f (x)dx + f (z)dz = 2πi Rés(f (z), zk )
Γ −R CR k=1
Par conséquent, si on fait tendre le réel R > 0 vers l’infini on obtient l’expression suivante :
Z +∞ Z k=n
X
f (x)dx = − lim f (z)dz + 2πi Rés(f (z), zk )
−∞ R→+∞ CR
k=1
Z
Le lemme de Jordan suivant permet de calculer la limite, lim f (z)dz, certaines fonc-
R→+∞ CR
tions holomorphes qui vérifient les hypothéses ci-dessus.
Lemme 1 (Jordan). Soient S = {z ∈ C ; 0 <| z − z0 | et θ0 ≤ arg(z − z0 ) ≤ θ0 + α} un
secteur non vide et f : S → C est une fonction holomorphe telle que

z→∞
lim (z − z0 )f (z) = A
z∈S
52 A. BOUARICH
Z
Alors, lim f (z)dz = iAα où γR (t) = z0 + Reit ∈ S avec t ∈ [θ0 , θ0 + α].
R→+∞ γR

CR
S
Cr
b

z0
Figure 25. Le secteur Sr,R (α) de sommet z0 , d’angle α et limité par deux arcs
circulaires CR et Cr .

Démonstration. Fixons un réel ε > 0. Donc, par définition de la limite z→∞


lim (z − z0 )f (z) = A
z∈S
il existe un réel R > 0 tel que :
A ε
∀z ∈ S, | z − z0 |> R =⇒ | (z − z0 )f (z) − A |< ε =⇒ | f (z) − |<
z − z0 | z − z0 |
A
Pour tout z ∈ S \ D(z0 , R) posons alors ϕ(z) = f (z) − . Ceci nous donne l’intégrale
z − z0
curviligne suivante :
Adz
Z Z Z Z
| ϕ(z)dz |=| f (z)dz − |=| f (z)dz − iAα |≤ εα
γR γR γR z − z0 γR
Z
Donc, lim f (z)dz = iAα. 
R→+∞ γR

Z Après
+∞
avoir démontré le lemme de Jordan, on pourra continuer le calcule de l’intégrale
f (x)dx sous l’hypothèse suivante :
−∞

lim zf (z) = A ∈ C
z→∞
avec S = {z ∈ C; 0 <| z |, 0 ≤ θ ≤ π}
z∈S

En effet, sous cette hypothèse le lemme de Jordan implique que si on fait tendre le réel R
vers +∞ dans l’expression
Z +∞ Z k=n
X
f (x)dx = − lim f (z)dz + 2πi Rés(f (z), zk )
−∞ R→+∞ CR
k=1

on obtient,
Z +∞ k=n
X
f (x)dx = −iAπ + 2πi Rés(f (z), zk )
−∞ k=1
L’expression qu’on vient de trouver on va l’appliquer à la famille des fractions rationnelles
P (x)
irréductibles, f (x) = , dont le dénominateur Q(x) vérifie les deux conditions suivantes :
Q(x)
(1) le polynôme Q(x) ne possède pas de racines réelles ;
(2) le degré deg(Q(x)) ≥ deg(P (x)) + 2.
ANALYSE COMPLEXE 53

Z Noter
+∞
alors que la seconde condition faite sur Q(x) garantie le fait que l’intégrale généralisée,
P (x)
dx, converge et que la limite z→∞
lim zf (z) = 0. Ceci implque que l’intégrale simple
−∞ Q(x) z∈S
généralisée réelle :
Z +∞ k=n
P (x)dx X  
= 2πi Rés f (z), zk
−∞ Q(x)
k=1

Exemple 18. 1) Pour tous 0 < a < b calculons l’intégrale simple généralisée
Z +∞
x2 dx
2 2 2 2
−∞ (a + x )(b + x )

x2
Notons que cette intégrale converge car au voisinage de l’infini 2 est équivalente
Z +∞ (a + x2 )(b2 + x2 )
1 dx z2
à 2 et on a = 1 converge. De plus, comme la fonction f (z) = est
x 1 x2 (a2 + z 2 )(b2 + z 2 )
holomorphe sur le demi-plan supérieur sauf aux points ia et ib avec lim zf (z) = 0 ; le lemme
z→∞
de Jordan combiné avec le théorème des résidus impliquent :
Z +∞
x2 dx h i
2 2 2 2
= 2πi Rés(f (z), ia) + Rés(f (z), ib)
−∞ (a + x )(b + x )
h (ia)2 (ib)2 i
= 2πi +
(2ia)(b2 − a2 ) (−b2 + a2 )(2ib)
π
=
b+a
2) Soient n ∈ N et a > 0. Calculons l’intégrale simple généralisée
Z +∞
dx
(a2 + x2 )n+1
0
1
Noter que la fonction est holomorphe sur le demi-plan supérieur et n’a pas de
(a2 + z 2 )n+1
racimes réelles. En plus, comme zf (z) tend vers réro ; le thórème des résidus permet d’obtenir :
Z +∞
dx 1 +∞ dx
Z
2 2 n+1
=
0 (a + x ) 2 −∞ (a + x2 )n+1
2
 1 
= πiRés , ia
(a2 + z 2 )n+1
πi dn  1 
=
n! dz n (z + ia)n+1 z=ia
π(n + 1) · · · (2n + 1)i (−1)n
=
n! (2ia)2n+1
(2n + 1)! π
= 2
(n!) (2a)2n+1
Exercice 55. Calculer les intégrales simples suivantes par la méthode des résidus.
Z +∞
tdt
(1) 2 2
.
−∞ (t − 2t + 2)
Z +∞
tdt
(2) 4 + t2 + 1
.
0 t
54 A. BOUARICH

+∞
dt
Z
(3) où n ∈ N.
0 1 + t2n
Z +∞ m−1
t dt
(4) 2n
où les entiers m et n vérifient 0 < m < n.
0 1 + t
Z +∞
P (x) iαx
4.3. Calcul des intégrales généralisées e dx. Considérons une fraction ra-
−∞ Q(x)
P (x)
tionnelle dont le dénominateur Q(x) n’admet pas des racines réelles et son degré
Q(x)
deg(Q(x)) ≥ deg(P (x)) + 1
Avec ces données, on se propose de calculer les intégrales simples généralisées de type
Z +∞
P (x) iαx
e dx où α∈R
−∞ Q(x)
a) Le paramètre α > 0 : Dans ce cas on choisit un réel R > 0 strictement supérieur
aux modules des racines {z1 , z2 , · · · , zn } de Q(z) qui appartiennent au demi-plan supérieur
P (z) iαz
H = {z ∈ C; ℑ(z) > 0}, puis ; on intègre la fonction holomorphe e sur la courbe simple
Q(z)
fermée ΓR constituée par l’intervalle réel [−R, R] et le demi-cercle CR ⊂ H centré à l’origine
et de rayon R. Donc, d’après le théorème des résidus, on obtient
Z R k=n
P (z) iαz P (x) iαx P (z) iαz P (z) iαz
I Z X
e dz = e dz + e dz = 2πi Rés( e , zk )
ΓR Q(z) −R Q(x) CR Q(z) Q(z)
k=1
P (z)
Notons que puisque deg(Q(x)) ≥ deg(P (x)) + 1 il s’ensuit que lim = 0, et par suite,
z→∞ Q(z)
P (z)
la fonction R 7→ M (R) = sup{| | ; z = Reiθ avec 0 ≤ θ ≤ π} elle aussi tend vers zéro
Q(z)
quand R tend vers +∞. D’autre part, par majoration on voit que le module
Z π
P (z) iαz
Z
e dz ≤ M (R) | eiαz || dz |
CR Q(z) 0
Z π
≤ M (R) e−αR sin(θ) Rdθ
0
Z π/2
≤ 2M (R)R e−αR sin(θ) dθ
0
Z π/2
≤ 2M (R)R e−2αRθ/π dθ car sin(θ) ≥ 2θ/π, ∀θ ∈ [0, π/2]
0
πM (R)
≤ [1 − e−αR ]
α
P (z) iαz
Z
ce qui implique que lim e dz = 0. Par conséquent, l’intégrale simple généralisée
R→+∞ CR Q(z)
Z +∞ k=n
P (x) iαx X P (z) iαz
e dz = 2πi Rés( e , zk ) où ℑ(zk ) > 0
−∞ Q(x) Q(z)
k=1
b) Le paramètre α < 0 : On désigne par {u1 , u2 , · · · , um } les racines de Q(x) qui appartiennet
au demi-plan inférieur H− = {z ∈ C; ℑ(z) < 0}, puis pour tout réel R > max(| u1 |, | u2 |, · · · , |
P (z) iαz
um |) on intégre la fonction holomorphe e sur la courbe fermée ΓR constituée par le
Q(z)
ANALYSE COMPLEXE 55

demi-cercle CR = {Reiθ ; θ ∈ [−π, 0]} ⊂ H− orienté dans le sens trigonométrique et l’intervalle


réel [−R, R]est parcouru dans le sens opposé. Ainsi, avec ces données, le théorème des résidus
P (z) iαz
appliqué à la fonction e sur la courbe ΓR nous donne :
Q(z)
Z R k=n
P (z) iαz P (x) iαx P (z) iαz P (z) iαz
I Z X
e dz = − e dz + e dz = 2πi Rés( e , uk )
ΓR Q(z) −R Q(x) CR Q(z) Q(z)
k=1

Enfin, avec les mêmes majorations que ci-dessus (noter θ ∈ [−π, 0] et α < 0), on obtinet par
passage à la limite sur R vers l’infini :
Z +∞ k=n
P (x) iαx X P (z) iαz
e dx = −2πi Rés( e , uk ) où ℑ(uk ) < 0
−∞ Q(x) k=1
Q(z)

Exemple 19. Pour tous les réels a > 0 et b > 0 calculons l’intégrale simple généralisée :
Z +∞
cos(bx)
2 + a2
dx
0 x
Pour calculer cette intégrale on va appliquer le théorème des résidus à fonction holomorphe
eibz
et la corube simple fermée ΓR constituée par l’intervalle réel [−R, R] et le demi-cercle
a2 + z 2
CR de rayon R > A, centré à l’origine et contenu dans le demi-plan supérieur H. Ce qui donne
en tendant R vers l’infini :
Z +∞ ibx Z +∞
e dx eibz e−ba cos(bx) πe−ab
2 2
= 2πiRés( , ia) = 2πi =⇒ dx =
−∞ x + a z 2 + a2 2ia 0 x 2 + a2 2a
Z +∞
P (x) eiαx
4.4. Calcul des intégrales généralisées dx. Dans ce paragraphe, on va
−∞ Q(x) x
P (x) eiαx P (x)
adapter la méthode décrite au paragraphe précédent au cas des fonctions avec
Q(x) x Q(x)
est une fraction rationnelle dont le dénominateur Q(x) ne possède pas des racines réelles et
son degrés deg(Q(x)) ≥ deg(P (x)).
P (z) eiαz
Sous ses hypothèse, on intègre la fonction sur la courbe fermée Γε,R (voir la figure)
Q(z) z
que l’on oriente dans le sens trigonométrique et qui soit constituée par le demi-cercle CR =
{Reiθ ; θ ∈ [0, π]} (si α > 0 mais si α < 0 on prend θ ∈ [−π, 0]), l’intervalle I− = [−R, −ε], le
demi-cercle Cε = {εeiθ ; θ ∈ [−π, 0]} et enfin l’intervalle I+ = [ε, R] et où r < min(| z1 |, | z2 |
, · · · , | zn |) et R > max(| z1 |, | z2 |, · · · , | zn |).

b
z4
z1 b

Γε,R z b

2 b
z3
b b b

−R R
Figure 26. La courbe Γε,R est simple fermée borde un domaine contenu dans
P (z)
le demi-plan supérieur H contenant les singularités zk ∈ H de tout en
Q(z)
évitant l’origine.
56 A. BOUARICH

Donc, d’après le théorème des résidus on obtient


Z −r
P (x) eiαx P (x) eiαx P (z) eiαz
I Z
dx = dx + dz
Γε,R Q(x) x −R Q(x) x Cr− Q(z) z
Z R
P (x) eiαx P (z) eiαz
Z
+ dx + dz
r Q(x) x CR Q(z) z
k=n
X P (z)eiαz
= 2πi Rés( , zk )
zQ(z)
k=1

P (z) eiαz
Z
Maintenant, en procèdant comme ci-dessus on vérifie que l’intergrale dz tend
CR Q(z) z
vers zéro quand le rayon R tend Zvers +∞ dans les deux cas α > 0 et α < 0. Il nous reste qu’à
P (z) eiαz
calculer la limite de l’intergarle dz quand le réel r tend vers zéro. C’est le but
Cr− Q(z) z
du deuxième lemme de Jordan suivant :
Lemme 2 (Jordan). Soit S = {z ∈ C ; 0 <| z − z0 | et θ0 ≤ arg(z − z0 ) ≤ θ0 + α} un secteur
non vide. Si f : S → C est une fonction holomorphe telle que
lim (z − z0 )f (z) = a ∈ C
z→z0
z∈S
Z
alors lim f (z)dz = iaα où la courbe γr (t) = z0 + reit ∈ S avec t ∈ [θ0 , θ0 + α].
r→0 γr

CR
S
Cr
b

z0
Figure 27. Le secteur S de centre z0 est limité par deux arcs circulaires CR
et Cr et avec Cr qui tend vers z0

Démonstration. Soit ε > 0. Donc, par définition de la limite z→z


lim (z − z0 )f (z) = a il existe un
0
z∈S
réel η > 0 tel que :
a ε
∀z ∈ S, | z − z0 |< η =⇒ | (z − z0 )f (z) − a |< ε =⇒ | f (z) − |<
z − z0 | z − z0 |
a
Pour tout z ∈ S ∩ D(z0 , η) posons alors ϕ(z) = f (z) − et intégrons le long de l’arc de
z − z0
cercle γr pour avoir l’expression :
adz
Z Z Z Z
| ϕ(z)dz |=| f (z)dz − |=| f (z)dz − iaα |≤ εα
γr γr γr z − z0 γr
Z
qui entraı̂ne lim f (z)dz = iaα. 
r→0 γr

Maintenant, avec le résultat du second lemme de Jordan, puisque la limite


 P (z) eiαz  P (0)
lim z = =a∈C
z→0 Q(z) z Q(0)
ANALYSE COMPLEXE 57

alors en faisant tendre le réel r vers zéro ; on obtient


Z +∞ k=n
P (x) eiαx X
dx = iaπ + 2πi Rés(f (z), zk )
−∞ Q(x) x k=1
+∞
sin(x)
Z
Exemple 20. Calculons l’intégrale généralisée dx par la méthode des résidus.
0 x
eiz
Pour calculer cette intégrale nous allons intégrer la fonction, f (z) = , sur la courbe
z

fermée Γε,R constituée par le demi-cercle CR = {Re ; θ ∈ [0, π]}, l’intervalle I− = [−R, −ε],
le demi-cercle Cε = {εeiθ ; θ ∈ [−π, 0]} et enfin l’intervalle I+ = [ε, R].
eiz
Puisque la fonction est holomorphe dans le domaine limité par la courbe Γε,R il s’ensuit
z
que l’intégrale :
Z −ε ix Z R ix
eiz eiz e eiz e
I Z Z
dz = dz + dx + dz + dx = 0
Γε,R z CR z −R x Cε z ε x
Z −ε ix Z R −ix
e e
Oberver alors que dx = − dx ce qui implique :
−R x ε x
Z R
sin(x) eiz eiz
Z Z
2i dx = − dz − dz
ε x CR z Cε z

D’autre part, comme la limite lim zf (z) = lim eiz = 1 le second lemme de Jordan implique
z→0 z→0
ℑ(z)>0
que la limite
eiz eiz
Z Z
lim dz = − lim dz = −iπ
ε→0 C −
ε
z ε→0 Cε z
De même, puisque le module | e iReiθ |= e−R sin(θ) on en déduit que le module
Z π Z π/2 Z π/2
eiz π
Z
dz ≤ e−R sin(θ) dθ = 2 e−R sin(θ) dθ ≤ 2 e−2Rθ/π dθ = (1 − e−R )
CR z 0 0 0 R
eiz
Z
et donc lim dz = 0.
R→+∞ CR z
Z R
sin(x)
Par conséquent, si dans l’intégrale simple dx on fait tendre R vers +∞ et ε > 0
ε x
vers zéro on obtient
Z +∞
sin(x) π
dx =
0 x 2
Z +∞
1 − x2 sin(ax)
Exemple 21. Calculons l’intégrale simple généralisée dx où a > 0.
0 1 + x2 x
1 − z 2 eiaz
Considérons la fonction f (z) = qui est holomorphe sur C\{±i, 0} et pour laquelle
1 + z2 z
les points ±i et 0 sont des pôles simples. Donc, si on applique le théorème des résidus à f (z)
sur la courbes fermées Γε,R (voir la figure 22) on obtient
Z Z −ε Z Z R
f (z)dz + f (z)dz + f (z)dz + f (z)dz = 2πiRés(f (z), i)
CR −R Cε− ε
58 A. BOUARICH

b i
Γε,R

b b b

−R R
Figure 28. La courbe Γε,R est simple fermée borde un domaine contenu dans
1 − z2
le demi-plan supérieur H contenant la singularité i ∈ H de tout en
1 + z2
évitant l’origine.

R R
1 − x2 eiax
Z Z
Observons d’abord que l’intégrale simple, f (z)dz = dx. De même, on a :
ε ε 1 + x2 x
−ε −ε R
1− 2
x eiax 1 − x2 e−iax
Z Z Z
f (z)dz = dx = − dx
−R −R 1 + x2 x ε 1 + x2 x
Ceci permet de déduire que
Z R
1 − x2 sin(ax) h 2 e−a i
Z Z
2i 2
dx + f (z)dz + f (z)dz = 2πi
ε 1+x x CR Cε− 2i i
Pour trouver la valeur de l’intégrale simple généralisée donnée ; il suffitqu’on calcule les deux
limites suivantes Z Z
lim f (z)dz et lim f (z)dz
R→+∞ CR ε→0 C −
ε
iθ iθ
En effet, puisque lim εe f (εe ) = 1 le second lemme de Jordan implique
ε→0
0≤θ≤π
Z
lim f (z)dz = −iπ
ε→0 C −
ε

1 − z2
Dême, observons que puisque lim = 1 on déduit qu’il existe M > 0 et R0 > 0 tel que
z→∞ 1 + z 2
1 − z2
pour R > R0 on a ≤ M . Donc, si pour z ∈ CR on pose z = Reiθ avec 0 ≤ θ ≤ π on
1 + z2
aura dz = iReiθ dθ. D’où, par majoration on obtient comme aux paragraphes précédents :
Z π
2πM
Z Z
−aR sin(θ) −aR
f (z)dz ≤ M e dθ ≤ (1 − e ) =⇒ lim f (z)dz = 0
CR 0 aR R→+∞ CR

Maintenant, avec ces calculs on déduit que lorsque R tend vers +∞ et ε > 0 tend vers zéro
on obtient :
Z +∞ Z +∞
1 − x2 sin(ax) −a 1 − x2 sin(ax) π π
2i 2
dx = πi − 2πe i =⇒ 2
dx = − a
0 1 + x x 0 1 + x x 2 e
Exercice 56. Calculer les intégrales simples suivantes par la méthode des résidus.
Z +∞
cos(bx)
(1) 2 − 2 cos(α)x + 1
dx où b > 0 et α ∈]0, π[.
−∞ x
Z +∞ 3
t sin(t)dt
(2) .
0 (t2 + 1)2
Z +∞
1 − cos(2t)dt
(3) .
0 (t2 + 1)2
ANALYSE COMPLEXE 59

+∞
x sin(x)
Z
(4) dx.
0 x2+x+1
+∞
sin(x)
Z
(5) dx.
0 (x2 + 1)(x − π)
+∞
P (x)
Z
4.5. Calcul des intégrales généralisées xα
dx, −1 < α < 0. Dans ce para-
0 Q(x)
P (x)
graphe, on considère une fraction rationnelle réelle dont le dénominateur Q(x) n’admet
Q(x)
pas des pôles réels et son degré deg(Q(x)) ≥ deg(P x) + 1. Avec ces données, on va décrire la
méthode qui permet de calculer les intégrales simples généralisées réelles convergentes de type :
Z +∞
P (x)
xα dx avec −1<α<0
0 Q(x)
D’abord, observer queZ si on effectue le changement de variable x = et dans l’intégrale
+∞
P (x)
généralisée convergente, xα dx, on on obtient :
0 Q(x)
Z +∞ Z +∞
α P (x) P (et )
x dx = e(α+1)t dt
0 Q(x) −∞ Q(et )
Maintenant, posons u = Log(z) la détermination principale du logarithme complexe telle
P (z)
que arg(z) ∈]0, 2π[, ceci montre que si z0 6= 0 est un pôle de la fraction rationnelle
Q(z)
P (eu )
le nombre complexe u0 = Log(z0 ) est une singularité de la fonction u)
. Ainsi, suite à
Q(e
Z +∞
P (x)
ces remarques on voitt que le calcul des intégrales généralisées de type xα dx peut
0 Q(x)
P (eu )
être fait en appliquant le théorème des résidus à la fonction e(α+1)u sur le rectangle
Q(eu )
P (eu )
CR = [−R, R] × [0, 2π] qui contient tous les pôles de la fonction ayant une partie
Q(eu )
imaginaire strictement positives (voir la figure) :
u k=n u
(α+1)u P (e ) (α+1)u P (e )
I X
e du = 2πi Rés(e , uk )
∂CR Q(eu ) Q(eu )
k=1

2πi
b b
u1 b
u3 u4 b
u2
b
u5

−R R

Figure 29. La courbe ΓR est simple fermée et borde un rectangle du demi-plan


P (eu )
supérieur qui contient les singularités de la fonction .
Q(eu )

Développons alors l’intégrale curviligne le long de la courbe fermé ΓR = ∂CR .


60 A. BOUARICH

R 2π
P (eu ) P (ex ) P (eR+iy )
I Z Z
e(α+1)u du = e(α+1)x dx +i e(α+1)(R+iy) dy
∂CR Q(eu ) −R Q(ex ) 0 Q(eR+iy )
−R 0
P (ex ) P (e−R+iy )
Z Z
(α+1)(x+2πi)
+ e dx + i e(α+1)(−R+iy) dy
R Q(ex ) 2π Q(e−R+iy )
R
 Z P (ex )
= 1 − e2π(α+1)i e(α+1)x dx +
−R Q(ex )
Z 2π R+iy ) Z 2π −R+iy )
(α+1)(R+iy) P (e (α+1)(−R+iy) P (e
i e dy − i e dy
0 Q(eR+iy ) 0 Q(e−R+iy )
Posons n = deg(Q(z)) − deg(P (z)) ≥ 1. Donc, pour tout réel assez grand R > 0 on obtient
les approximations suivantes :

P (eR+iy ) c P (e−R+iy )
| e(α+1)(R+iy) R+iy
|≃ e(α+1)R nR et | e(α+1)(−R+iy) |≃ R−(α+1)R c′
Q(e ) e Q(e−R+iy )
Par conséquent, si on fait tendre R > 0 vers l’infini on obtient l’expression,
+∞ k=n
 Z P (ex ) X u
(α+1)u P (e )
1 − e2π(α+1)i e(α+1)x dx = 2πi Rés(e , uk )
−∞ Q(ex ) Q(eu )
k=1

qui est équivalentes aux deux expressions suivantes :


+∞ k=n
P (ex ) πe−παi X P (eu )
Z
e(α+1)x dx = − Rés(e(α+1)u , uk )
−∞ Q(ex ) sin(πα) Q(eu )
k=1

et
+∞ k=n
P (x) πe−παi X P (z)
Z
xα dx = − Rés(z α , zk )
0 Q(x) sin(πα) Q(z)
k=1
Z +∞ α−1 +∞
eax dx t dt
Z
Exemple 22. Pour tout 0 < a < 1 calculons l’intégrale x
= .
−∞ 1 + e 0 1+t
Pour calculer cette intégrale simple généralisée on va lui appliquer la méthode générale décrite
ci-dessus afin vous initier à la méthode.
Considérons le rectange ΓR = [−R, R] × [0, 2π] (voir la figure), ensuite, appliquerons le
eaz
théorème des résidus à la fonction f (z) = sur le domaine ΓR :
1 + ez

2πi
b

b
πi

−R R

Figure 30. La courbe ΓR est simple fermée et borde un rectangle du demi-plan


supérieur qui contient le pôle simple πi de f (z).
ANALYSE COMPLEXE 61
I
f (z)dz = 2πiRés(f (z), πi)
ΓR
(z − πi)eaz
= 2πi lim
z→πi 1 + ez
eaπi
= 2πi πi = −2πieaπi
e
Observons que par définition d’une intégrale curviligne on peut écrire
Z R ax Z 2π a(R+iy)
e dx ie dy
I
f (z)dz = x
+ R+iy
ΓR −R 1 + e 0 1+e
Z −R a(x+2πi) Z 0 a(−R+iy)
e dx ie dy
+ (x+2πi)
+ −R+iy
R 1+e 2π 1 + e
  Z R eax dx Z 2π iea(R+iy) dy Z 2π iea(−R+iy) dy
= 1 − e2πai x
+ −
−R 1 + e 0 1 + eR+iy 0 1 + e−R+iy
Ainsi, puisque le paramètre 0 < a < 1 on obtient pour tout réel y ∈ [0, 2π] :
Z 2π a(R+iy)
iea(R+iy) eaR (a−1)R ie dy
R+iy
≤ R ≃+∞ e =⇒ lim R+iy
=0
1+e e −1 R→+∞ 0 1+e
et Z 2π a(R+iy)
iea(−R+iy) e−aR −aR ie dy
−R+iy
≤ −R
≃+∞ e =⇒ lim R+iy
=0
1+e 1−e R→+∞ 0 1+e
Ceci implique que :
  Z +∞ eax dx
1 − e2πai x
= −2πieaπi
−∞ 1 + e
Par conséquent, pour tout réel 0 < a < 1 l’intégrale généralisée
Z +∞ ax
e dx π
x
=
−∞ 1 + e sin(πa)
Notons que si dans l’intégrale qu’on vient de calculer on effectue le changement de variable
t = ex on aura dt = tdx et par suite
Z +∞ ax Z +∞ a−1
e dx t π
∀a ∈]0, 1[, x
= dt =
−∞ 1 + e 0 1 + t sin(πa)
z exp(iaz)
Exercice 57. On considère la fonction f (z) = avec a > 0.
z 2 − 4z + 5
1) Calculer le résidu des pôles de f (z).
2) Calculer l’intégrale curviligne de f (z) le long de la courbe fermée Γ+ R constituée par le
segment [−R, R] et le demi-cercle CR = {z ∈ C; z = Reiθ , θ ∈ [0,Zπ]}.
+∞
xeax dx
3) En déduire la valeur de l’intégrale généralisée convergente : 2
.
−∞ x − 4x + 5

Exercice 58. Soient un entier n ≥ 2 et un réel α tels que n > α + 1 > 0.


1) Démontrer que l’intégrale généralisée suivante converge :
Z +∞ α
x dx
I(α, n) =
0 1 + xn

2) Intégrer la fonction f (z) = sur le bord du domaine sectoriel
1 + zn

Cε,r = {z ∈ C, ε ≤| z |≤ r et 0 ≤ Arg(z) ≤ }
n
62 A. BOUARICH

π
et déduire que I(α, n) = .
n sin(π(α + 1)/n)
Exercice 59. Calculer l’intégrale généralisée suivante par la méthode des résidus
Z +∞ ax
e dx
−1<a<1
−∞ Ch(x)
Z +∞
2 √
Exercice 60. On vous rappelle que l’intégrale simple généralisée e−t dt = π/2.
0
2
Soient a > 0 et r > 0 des réels. Intégrer la fonction holomorphe e−z le long du bord du
rectangle R orienté positivement de sommets 0, r, r + ia et ia, ensuite ; faire tendre r vers +∞
pour déduire que
Z +∞ √
2 2 π
e−at cos(2at)dt = e−a
0 2
Z +∞ Z a
−at2 −a2 2
e sin(2at)dt = e e−t dt
0 0
2
Exercice 61. Intégrer la fonction holomorphe eiz
le long du bord du secteur C(R) = {z ∈
C ; | z |≤ R, 0 ≤ arg(z) ≤ π/4}, ensuite faire tendre R vers +∞ pour déduire que
Z +∞ Z +∞ √
2 2 π
cos(t )dt = sin(t )dt = √
0 0 2 2
Exercice 62. Ici, Log(z) −
Z +∞ désigne la détérmination du logarithme sur C\R i. Calculer l’intégrale
Log(x) Log(z)
simple généralisée, 2 2
dx, en intégrant la fonction 2 le long de la courbe
0 (x + 1) (z + 1)2
fermée ΓR,ε qui borde le domaine (voir la figure 22)
 
DR,ε = {z ∈ C ; | z |≤ R} \ {z ∈ C ; | z |≤ ε} ∩ {z ∈ C; ℑ(z) ≥ 0}
puis faire tendre R vers +∞ et ε vers 0. (Rép. − π4 )
eiz
Exercice 63. Intégrer la fonction f (z) = sur le bord du réctangle DR = [−R, R] ×
ez + e−z
[0, π] et déduire que l’intégrale généralisée :
Z +∞
cos(x) π
dx =
−∞ Ch(x) Ch(π/2)
iz
ee
Exercice 64. Intégrer la fonction le long sur la courbe fermée ΓR,ε qui borde la demi-
z
couronne supérieure,
DR,ε = {z ∈ C; ε ≤| z |≤ R; ℑ(z) ≥ 0} où R > 0 et ε > 0
puis faire tendre R vers +∞ et ε > 0 vers 0 pour déduire que
Z +∞ cos(t)
e sin(sin(t)) π
dt = (e − 1)
0 t 2

Université Sultan Moulay Slimane, Faculté des Sciences et Téchniques, B.P. 523, Beni Mellal,
Maroc/Morocco.
E-mail address: bouarich1@[Link] or bouarich@[Link]

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