Derivation
Derivation
24 janvier 2022
Charles Baudelaire
Pour e dernier hapitre d'analyse du premier semestre, après elui sur la ontinuité, nouveau
retour sur une notion fondamentale ave laquelle vous avez beau oup travaillé au ly ée. Le prin ipe
sera d'ailleurs le même que dans le hapitre 12, reprendre une notion bien onnue et la revoir en
profondeur ave des dénitions et démonstrations rigoureuses. Rien de très nouveau don , si e n'est
que la se tion des théorèmes lassiques va s'enri hir notamment de l'inégalité des a roissements
nis, fondamentale pour l'étude des suites ré urrentes que nous aborderons en n de hapitre.
1 Dénitions et formulaire.
1.1 Aspe t géométrique.
L'idée a hée derrière le al ul de dérivée, que vous utilisez déjà depuis plusieurs années pour étudier
les variations de fon tions, est en gros la suivante : les seules fon tions dont le sens de variation est
réellement fa ile à déterminer sont les fon tions anes, pour lesquelles il est simplement donné par
le signe du oe ient dire teur de la droite représentant la fon tion ane. Pour des fon tions plus
omplexes, on va don her her à se ramener au as d'une droite en her hant, pour haque point
de la ourbe, la droite la plus pro he de la ourbe autour de e point. C'est ainsi qu'est née la
notion de tangente, à laquelle elle de dérivée est intimement liée. Plus pré isément :
1
Dénition 1. Soit f une fon tion dénie sur un intervalle I et a ∈ I , le taux d'a roissement de
f (a + h) − f (a)
f en a est la fon tion dénie par τa,f (h) = .
h
Remarque 1. Le taux d'a roissement n'est pas déni en 0. Pour h 6= 0, τa,f (h) représente le oe ient
dire teur de la droite passant par les points d'abs isse a et a + h de la ourbe représentative de f (il
s'agit te hniquement d'une orde de ette ourbe représentative).
0
−2 −1 0 a 1 2
−1
−2
1
Sur e s héma, on a pris a = ( e qui orrespond au point rouge de la ourbe) et tra é plusieurs
2
1
droites reliant e point ave d'autres points situés sur la ourbe. Ainsi, pour h = − ou h = 1 (la
2
3
droite orrespondante est la même dans es deux as), on aurait τa,f (h) = −
4
Dénition 2. Une fon tion f est dérivable en a si son taux d'a roissement en a admet une limite
nie quand h tend vers 0. On appelle alors nombre dérivé de f en a ette limite et on la note
f (a + h) − f (a)
f ′ (a) = lim .
h→0 h
Remarque 2. En reprenant l'interprétation géométrique pré édente, la droite tra ée se rappro he
quand h tend vers 0 de la tangente à la ourbe représentative de f au point de la ourbe d'abs isse
a. Le nombre dérivé de f en a est don le oe ient dire teur de ette tangente.
Remarque 3. Pour des raisons pratiques, on aura parfois besoin pour ertains al uls d'une dénition
f (x) − f (a)
légèrement diérente du nombre dérivé : f ′(a) = lim , qui est équivalente à la pré édénte
x→a x−a
(en posant h = x − a, on se ramène en eet à notre première dénition).
Exemples :
• Considérons la fon tion arré dénie par f (x) = x2 et al ulons à l'aide de ette dénition
la dérivée (ou plutt pour l'instant le nombre dérivé au point d'abs isse a) de f . Le taux
(a + h)2 − a2 a2 + 2ha + h2 − 1
d'a roissement de la fon tion arré en a vaut τa,f (h) = = =
h h
2
2a + h. Ce taux d'a roissement a une limite égale à 2a quand h tend vers 0, don f est
dérivable en a et f ′(a) = 2a ( e qui orrespond bien à la formule √
que vous onnaissez).
• Considérons à présent la√fon tion ra ine arrée
√ dénie par g(a) = √ a, le taux d'a roissement
√ √ √
a+h− a ( a + h − a)( a + h + a) a+h−a
de g en a vaut τa,g (h) = = √ √ = √ √ =
h h( a + h + a) h( a + h + a)
1 1
√ √ . Si a 6= 0, e taux d'a roissement a pour limite √ , e qui orrespond une
a+h+ a 2 a
nouvelle fois à une formule bien onnue. Par ontre, lim τ0 (h) = +∞, e qui prouve que la
h→0
fon tion ra ine arrée n'est pas dérivable en 0. On a tout de même une interprétation gra-
phique intéressante dans e as : la ourbe représentative de la fon tion ra ine arrée admet
en son point d'abs isse 0 une tangente verti ale.
Dénition 3. La fon tion f est dérivable à gau he en a si son taux d'a roissement admet une
f (a + h) − f (a)
limite quand h tend vers 0− . On note alors fg′ (a) = lim− . De même, f est dérivable
h→0 h
f (a + h) − f (a)
à droite en a si τa (h) admet une limite en 0+ et on note fd′ (a) = lim .
h→0+ h
Remarque 4. La fon tion f est dérivable en a si et seulement si elle y est dérivable à gau he et à
droite et que fd′ (a) = fg′ (a).
Dénition 4. Dans le as où fg′ (a) 6= fd′ (a) (ou si une seule des deux limites existe) on dit que la
ourbe de f admet une (ou deux) demi-tangente à droite ou à gau he en a. Si τa (h) admet une
limite innie en 0+ ou en 0− , on dit que la ourbe de f admet une demi-tangente verti ale au point
d'abs isse a.
|h| h
Exemple : Considérons f (x) = |x| et a = 0. On a don τ0,f (h) = . Si h > 0, τ0 (h) = = 1,
h h
−h
don fd′ (0) = 1 ; mais si h < 0, τ0 (h) = = −1, don fg′ (h) = −1. La fon tion valeur absolue n'est
h
don pas dérivable en 0, mais y admet à gau he une demi-tangente d'équation y = −x, et à droite
une demi-tangente d'équation y = x (qui sont d'ailleurs onfondues ave la ourbe).
Dénition 5. Une fon tion f est dérivable sur un intervalle I si elle est dérivable en tout point
de I . On appelle alors fon tion dérivée de f la fon tion f : x 7→ f ′(x).
Remarque 5. La ré iproque est fausse ! Par exemple la fon tion valeur absolue est ontinue sur R
mais pas dérivable en 0.
f (a + h) − f (a)
Démonstration. Si f est dérivable en a, on sait que lim = f ′ (a). Autrement dit,
h→0 h
f (a + h) − f (a)
= f ′ (a) + ε(h), ave lim ε(h) = 0. En multipliant tout par h, on obtient f (a + h) =
h 0 h→0
f (a) + hf ′ (a) + hε(h). Comme lim f (a) + hf ′ (a) + ε(h) = f (a), on a don lim f (a + h) = f (a), e
h→0 h→0
qui prouve que f est ontinue en a.
3
Dénition 6. On appelle développement limité à l'ordre 1 de f en a l'égalité f (a + h) =
f (a) + hf ′ (a) + hε(h), ave lim ε(h) = 0.
h→0
Remarque 6. Cette égalité signie simplement que, lorsque h est pro he de 0, f (a + h) peut être
appro hé par la fon tion ane h 7→ f (a) + f ′(a)h (qui n'est autre que la tangente à la ourbe en
son point d'abs isse a), et que l'erreur ommise quand on ee tue ette approximation est en ordre
de grandeur plus petite que la valeur appro hée al ulée (le terme hε(h) tend plus vite vers 0 que
le terme f ′ (a)h qui le pré ède). On verra plus tard que ela prouve que ette approximation est la
meilleure possible par une fon tion ane. On peut généraliser ette notion en appro hant la fon tion
f par un polynome de degré 2, 3 ou plus (mais il faut alors que f soit deux, trois fois dérivable,
et ). On parle alors de développement limité à l'ordre 2, 3 ou n., le prin ipe étant par exmple pour
l'ordre 2 d'avoir un développement du type f (a + h) = f (a) + f ′ (a)h + kh2 + h2 ε(h), ave k ∈ R et
f ′′ (a)
lim ε(h) = 0, de façon à avoir la meilleure approximation possible. Il faut pour ela hoisir k = ,
h→0 2
nous reverrons en détail es al uls une fois que nous posséderons un outil (la formule de Taylor)
permettant de mieux les omprendre.
1.2 Opérations.
1
Proposition 5. Soit g une fon tion dérivable en a, et ne s'annulant pas en a, alors est
′ g
1 g′ (a) f
dérivable en a et (a) = − 2
. Si f est une autre fon tion dérivable en a, alors
g g(a) g
′
f f ′ (a)g(a) − f (a)g′ (a)
est dérivable en a et (a) = .
g g(a)2
4
1 1
1 g(a+h) − g(a)
Démonstration. Le taux d'a roissement de en a vaut τa, 1 (a) = . Il n'est déni que
g g h
si g(a + h) 6= 0, mais on admettra que, si g(a) 6= 0 ( 'est une des hypothèses de la proposition) et g
est ontinue, alors g ne s'annule pas au voisinage de a ( 'est une onséquen e de la dénition de la
limite, il faut traquer un peu ave les ε et les η pour faire les hoses tout à fait rigoureusement). On
1 g(a) − g(a + h)
peut alors réduire au même dénominateur : τa, 1 (h) = . On re onnait à
g g(a + h)g(a) h
droite l'opposé du taux d'a roissement de g, qui tend don vers −g′ (a), et le dénominateur à gau he
tend vers g(a)2 ar g est dérivable don ontinue en a.
La deuxième
′ formule s'obtient en appliquant simplement la formule de dérivation d'un produit à f
1 f 1 g ′ (a) f ′ (a)g(a) − f (a)g′ (a)
et : (a) = f ′ (a) × − f (a) × = .
g g g(a) g(a)2 g(a)2
Démonstration. L'idée est de séparer le taux d'a roissement de g◦f pour faire apparaitre eux de g et
g ◦ f (a + h) − g ◦ f (a)
de f . Notons pour ela b = f (a), et k le réel f (a+h)−f (a), alors τa,g◦f (h) = =
h
g(f (a + h)) − g(f (a)) f (a + h) − f (a)
× . Le deuxième quotient est le taux d'a roissement de f en
k h
a, il onverge don vers f ′ (a). Mais le premier quotient est en fait aussi un taux d'a roissement :
g(b + k) − g(b)
en eet, par dénition, f (a + h) = f (a) + k, don il est égal , don à un taux
k
d'a roissement de la fon tion g en b = f (a). De plus, la variable k tend bien vers 0 quand h tend
vers 0 par ontinuité de la fon tion f en a. On peut don on lure que e quotient a pour limite
g′ (b) = g′ (f (a)) quand h tend vers 0, e qui a hève la démonstration de la formule.
Il y a en fait un (gros) problème, 'est que e premier dénominateur risque très fort de s'annuler
(quand f (a + h) = f (a)) et ( ontrairement à e qui se passait pour l'inverse) ela peut se produire
une innité de fois au voisinage de a. Pour orriger ette impré ision, une autre façon de prouver
ette propriété est de passer par les développements limités à l'ordre 1. On sait que f (a+ h) = f (a)+
hf ′ (a) + hε(h), et que g(b + k) = g(b) + kg ′ (b) + kη(k) (ave lim η(k) = 0, on a modié les notations
k→0
pour ne pas engendrer de onfusion). On veut désormais al uler g◦f (a+h) = g(f (a)+hf ′ (a)+hε(h)).
En posant b = f (a) et k = hf ′ (a) + hε(h) (qui tend bien vers 0 quand h tend vers 0), on a don
g◦f (a+h) = g(f (a))+(hf ′ (a)+hε(h))g ′ (f (a))+η(hf ′ (a)+hε(h)) = g◦f (a)+hf ′ (a)g′ ◦f (a)+hα(h),
ave lim α(h) = 0 (tout les termes restants sont des produits de h par des hoses qui tendent vers 0).
h→0
Comme on sait par ailleurs que g ◦ f (a + h) = g ◦ f (a) + h(g ◦ f )′ (a) + hα(h), une simple identi ation
donne (g ◦ f )′ (a) = f ′ (a)g′ ◦ f (a). Pour être totalement honnête, ette dernière identi ation repose
sur l'uni ité du développement limité à l'ordre 1, uni ité que nous n'avons pas vraiment évoquée
dans e ours, et don en ore moins démontrée.
Proposition 7. Soit f une fon tion dérivable et bije tive sur un intervalle I , à valeurs
dans J . Alors f −1 est dérivable en tout point b ∈ J tel que f ′ (f −1 (b)) 6= 0, et dans e as
1
(f −1 )′ (b) = .
f ′ (f −1 (b))
5
Remarque 7. Les images des valeurs où la dérivée de f s'annule, qui sont don les points où la
fon tion ré iproque n'est pas dérivable, orrespondent en fait à des endroits où la ourbe de f −1
admet des tangentes verti ales ( e qui se omprend graphiquement puisqu'une tangente horizontale
pour f devient après symétrie par rapport à la droite d'équation y = x une tangente verti ale pour
f −1 ).
Démonstration. Soient don b ∈ J et a = f −1 (b). La taux d'a roissement de f −1 en b est déni par
f −1 (b + h) − f −1 (b) f −1 (b + h) − a
τb,f −1 (h) = = . La fon tion f étant bije tive de I sur J , b + h
h h
admet un unique anté édent, qu'on va noter c, dans l'intervalle I . On a don f (c) = b + h et par
c−a
ailleurs f (a) = b, don h = f (c) − b = f (c) − f (a), e qui permet d'é rire τb,f −1 (h) = .
f (c) − f (a)
Pour mettre e quotient sous une forme plus habituelle (on devrait déjà re onnaitre i i un inverse
k
de taux d'a roissement), on pose k = c − a, et on a τb,f −1 (h) = , ave k qui tend
f (a + k) − f (a)
vers 0 quand h tend vers 0 par ontinuité de la fon tion f −1 (quand h tend vers 0, c = f −1 (b + h)
tend vers f −1 (b), don vers a). On re onnait don la limite quand h tend vers 0 de l'inverse du taux
1 1
d'a roissement de f en a. Si f ′ (a) 6= 0, on a don lim τb,f −1 (h) = ′ = ′ −1 . Si f ′ (a) = 0,
h→0 f (a) f (f (b))
la limite de τb,f −1 (h) est innie, on a don une tangente verti ale.
Terminons e paragraphe en rappelant les (rares) as de fon tions usuelles qui ne sont pas dérivables
sur tout leur ensemble de dénition (on ne rappellera pas les formules pour les dérivées de fon tions
usuelles, qui ont déjà été revues en début d'année), et qui, à l'ex eption du as de la valeur absolue,
dé oulent tous du dernier résultat énon é sur la dérivabilité d'une ré iproque :
• la fon tion valeur absolue n'est pas dérivable en 0.
• la fon tion ra ine arrée n'est pas dérivable en 0 (ré iproque de la fon tion arré dont la
dérivée s'annule en 0).
• les fon tions arccos et arcsin ne sont pas dérivables en −1 et en 1 (ré iproques des fon tions
π
cos et sin dont les dérivées s'annulent respe tivement en 0 et en π ; et en ± ).
2
Théorème 1. Toutes les fon tions usuelles sont de lasse C ∞ sur tous les intervalles où
elles sont dérivables.
Théorème 2. Le ara tère C n (ou C ∞ ) est stable par toutes les opérations usuelles : une
somme, produit, quotient (si le dénominateur ne s'annule pas), omposée de fon tions C n
(ou C ∞ ) sera également C n (ou C ∞ ).
6
Proposition 8. Formule de Leibniz.
n
n
Si f et g sont deux fon tions de lasse sur I , alors f (k) g (n−k) .
X
Dn (f g)(n) =
k
k=0
Proposition 9. Soit f une fon tion dérivable sur un intervalle borné ]a, b[ et x ∈]a, b[. Si
x est un point en lequel f atteint un extremum lo al, alors f ′ (x) = 0.
Démonstration. Supposons par exemple qu'il s'agisse d'un maximum (l'autre as est très similaire).
f (x + h) − f (x)
Le taux d'a roissement de f en x est déni par τx,f (h) = . Or, au voisinage de x,
h
on aura f (x + h) 6 f (x) puisque f (x) est un maximum lo al. On en déduit que ∀h < 0 (et tel que
x + h appartienne au voisinage en question), τx,f (h) > 0, don f ′ (x) = lim τx,f (h) > 0 (le point x
h→0−
étant situé dans un intervalle ouvert, on peut toujours al uler ette limite à gau he, tout omme la
limite à droite qui va suivre). Mais de même ∀h > 0, τx,f (h) 6 0, don f ′ (x) = lim+ τx,f (h) 6 0.
h→0
Finalement, on a né essairement f ′ (x) = 0.
7
5
0 a c b
0 1 2 3 4 5
Démonstration. Commençons par éliminer le as où la fon tion f est onstante sur [a, b] puisque
dans e as la dérivée de f est nulle, don le théorème est manifestement vérié.
La fon tion f étant dérivable, elle est ontinue sur [a, b], don y atteint un maximum M et un
minimum m d'après le théorème du maximum. Si on suppose f non onstante, l'un des deux, par
exemple M (dans l'autre as, la démonstration est similaire), est distin t de f (a) (et de f (b) qui lui
est égal), don atteint en un réel c ∈]a, b[. D'après la propriété pré édente, f ′ (c) = 0.
Remarque 8. On peut proposer une interprétation inématique de e résultat : si un objet se dépla e
sur un axe (dépla ement à une dimension) et qu'il revient au bout d'un ertain temps à son point
de départ, il y aura for ément eu un instant lors de son dépla ement où sa vitesse instantanée aura
été nulle ( e qui est ee tivement indispensable pour qu'il puisse faire demi-tour).
Remarque 9. Autrement dit, il existe un point où la tangente est parallèle à la orde passant par les
points de la ourbe de oordonnées (a, f (a)) et (b, f (b)). Là en ore, on peut fournir une interprétation
inématique de notre résultat : toujours en supposant un mouvement unidimensionnel, mais en
supprimant l'hypothèse de retour au point de départ, il y aura un instant pendant le dépla ement où
la vitesse instantanée du mobile aura oïn idé ave sa vitesse moyenne sur l'ensemble du dépla ement.
Le théorème fon tionne d'ailleurs aussi si le mouvement n'est pas unidimensionnel, quitte à prendre
en ompte la norme de la vitesse : si on par ourt 24 kilomètres en deux heures lors d'un jogging, on
aura eu à un moment donné une vitesse instantanée de 12 km.h−1 .
8
3
a 0 b
−1 0 1 c 2 3 4
−1
−2
−3
−4
−5
−6
Démonstration. Le prin ipe est de se ramener au théorème pré édent. Dénissons une deuxième
f (b) − f (a)
fon tion g par g(x) = x − f (x) ( e qui orrespond, à une onstante près, à l'é art entre
b−a
la ourbe représentative de f et la droite passant par les points (a, f (a)) et (b, f (b))). Cette fon tion
f (b) − f (a) f (b) − f (a)
est dérivable sur ]a, b[ puisque f l'est et vérie g(b) − g(a) = b − f (b) − a+
b−a b−a
f (b) − f (a)
f (a) = (b − a) − f (b) + f (a) = 0, 'est-à-dire que g(b) = g(a). On peut don lui
b−a
f (b) − f (a)
appliquer le théorème de Rolle : ∃c ∈]a, b[, g′ (c) = 0. Or, g′ (x) = − f ′ (x), don on a
b−a
f (b) − f (a)
f ′ (c) = , e qu'on her hait à prouver.
b−a
Théorème 5. Soit f une fon tion dérivable sur un intervalle I , alors f est roissante sur
I si et seulement si f ′ est positive sur I . De même, f est dé roissante sur I si et seulement
si f ′ est négative sur I .
9
pour tout a, la dérivée f ′ est bien positive sur l'intervalle I . Le sens ré iproque est bien entendu le
plus important : si f ′ (x) > 0 sur tout l'intervalle I , en hoisissant un élément y > x, le théorème des
f (y) − f (x)
a roissements nisassure l'existen e d'un réel x tel que = f ′ (c). Comme f ′ (c) > 0 et
y−x
y − x > 0, on a don f (y) − f (x) > 0, e qui prouve que f est roissante sur I . La preuve dans le
as de la dé roissan e est identique aux signes près.
Remarque 10. Ces théorèmes seront bien entendus utilisés sans être ités lors de l'étude des variations
de fon tions, omme vous en avez déjà l'habitude. Mais vous avez désormais une preuve omplète de
es résultats très lassiques.
f (a + h) − f (a)
Démonstration. Considérons le taux d'a roissement de f en a : τa,f (h) = (i i, h sera
h
né essairement positif pusique f n'est dénie qu'à droite de a). D'après le théorème des a roissement
nis, on peut é rire τa,f (h) = f ′(ch ), où ch est une onstante (dépendant de h) appartenant à
l'intervalle ]a, a + h[. Si on fait tendre h vers 0, d'après le théorème des gendarmes, ch aura pour
limite a. Alors, les hypothèses du théorème nous permettent d'armer que lim f ′(ch ) = l, e qui
h→0
prouve bien que la fon tion f est dérivable en a, puisque son taux d'a roissement y tend vers l.
Exemple : Ce théorème sera souvent appliqué dans le as où on prolonge une fon tion par ontinuité,
pour déterminer si le prolongement ee tué est dérivable ou non. Il évite de revenir au al ul du
taux d'a roissement (qui est toutefois rarement plus omplexe, les deux options sont en pratique
équivalentes). Considérons la fon tion f : x 7→ x2 ln(x). Cette fon tion est dénie et de lasse C ∞
sur R+∗ et peut se prolonger par ontinuité en 0 en une fon tion g vériant g(0) = 0 (par roissan e
omparée). Par ailleurs, f ′(x) = 2x ln(x) + x a ertainement aussi une limite nulle en 0 (toujours de
la roissan e omparée i i). Le théorème de prolongement de la dérivée permet alors d'armer que
la fon tion prolongée g est dérivable en 0, et que g′ (0) = 0. Cette information est essentielle pour
tra er une allure pré ise de la ourbe au voisinage de 0.
Remarque 11. On pourra également utiliser la variante suivante du théorème de prolongement de la
dérivée : sous les mêmes hypothèses, si la dérivée f ′ admet en a une limite innie, alors f n'est pas
dérivable en a mais sa ourbe y admet une (demi)-tangente verti ale.
10
Remarque 12. On peut énon er autrement l'IAF dans sa se onde version : si |f ′ | est majorée par K
sur un intervalle I , alors f est K -Lips hitzienne sur I .
La première version de l'IAF est plus pré ise que la deuxième, mais en pratique 'est surtout la
deuxième qu'on utilisera, notamment quand on l'appliquera à l'étude des suites ré urrentes.
Démonstration. C'est vraiment une appli ation dire te du théorème des a roissements nis. Dé-
f (y) − f (x)
montrons la première version : il existe un réel c ∈]x, y[ tel que = f ′ (c). Les hypothèses
y−x
imposent que m 6 f ′(c) 6 M , il sut don de multiplier l'en adrement par y − x (qui est par
hypothèse positif) pour obtenir le résultat souhaité.
Remarque 13. Ces inégalités ont une interprétation inématique assez évidente : si on reprend
l'exemple du oureur qui fait son jogging, s'il a ouru deux heures ave une vitesse instantanée
maximale de 15 kilomètres par heure, il aura par ouru au maximum 30 kilomètres lors de ses deux
heures de jogging.
Comme pour l'étude des suites impli ites dans le hapitre pré édent, le but de e paragraphe est
de présenter les méthodes prin ipales d'étude des suites ré urrentes sur un exemple simple, sans
réellement énon er de résultats à retenir. Il faut par ontre vraiment onnaitre les étapes prin ipales
de la méthode, notamment en e qui on erne l'appli ation de l'IAF : les ré urren es sont toujours
les mêmes et apparaissent au même endroit, on doit don savoir à quel moment y re ourir. Tout de
même, un seul résultat théorique :
Théorème 7. Si une suite (un ) vériant la relation de ré urren e un+1 = f (un) onverge,
alors sa limite l est un point xe de la fon tion f , 'est-à-dire une solution de l'équation
f (x) = x.
Remarque 14. Il est bien entendu tout à fait possible qu'une telle suite ne onverge pas, les points xes
de f représentent don simplement les limites potentielles d'une suite ré urrente faisant intervenir
la fon tion f .
Démonstration. Il s'agit simplement de passer à la limite dans la relation de ré urren e. Comme un+1
tend vers l et f (un ) vers f (l), l'égalité f (l) = l en dé oule immédiatement. Notons l'importan e de
la ontinuité de la fon tion f pour e al ul.
Ajoutons un tout petit peu de vo abulaire avant d'étudier notre exemple :
Dénition 10. Un intervalle I est stable par la fon tion f si f (I) ⊂ I .
Ainsi, une suite ré urrente un pour laquelle u0 ∈ I aura tous ses termes dans l'intervalle I si
l'intervalle est stable ( 'est une ré urren e triviale, mais qu'il faut iter à haque fois sur une opie).
1
Exemple : Considérons la suite dénie par u0 = 1 et ∀n ∈ N, un+1 = 1 + . On posera don pour
un
1
notre étude f (x) = 1 + .
x
11
Étude de la fon tion f et détermination des points xes.
On ommen e toujours une étude de suite ré urrente par l'étude de la fon tion f , en lui adjoignant
elle du signe de f (x) − x (qui donnera en passant la valeur des points xes éventuels de la fon tion).
1
I i, f est dérivable sur R∗ , de dérivée f ′(x) = − 2 . Elle est don dé roissante sur ] − ∞, 0[ et sur
x
]0, +∞[, ave des limites égales à 1 en ±∞ et innies à gau he et à droite de 0 (on ne détaille pas,
1 x + 1 − x2
tout ça est très fa ile). Par ailleurs, f (x) − x = 1 + −x = . Le numérateur a pour
√ x √ x √
−1 − 5 1+ 5 1− 5
dis riminant ∆ = 5, et s'annule en x1 = = , et en x2 = , qui sont don les
−2 2 2
deux points xes de f . On va ajouter dans le tableau de variations le signe de f (x) − x :
x −∞ x2 0 x1 +∞
1 ❍ +∞ ❍
❍ ❍
❥
❍ ❥
❍
f (x) x2 x1
❍ ❍
❍❥
❍ ❍❥
❍
−∞ 1
f (x) − x + 0 − + 0 −
Tant qu'on y est, une représentation graphique ne peut pas faire de mal, et permet de visualiser
aisément les prin ipales propriétés de la suite, à ondition d'indiquer sur le graphique la droite
d'équation y = x. On peut même visualiser les premiers termes de la suite grâ e à la onstru tion
géométrique simple suivante : on part de l'abs isse u0 puis on monte jusqu'au point de la ourbe
d'abs isse u0 (et don d'ordonnée u1 puisque par dénition f (u0 ) = u1 ). On tra e ensuite à partir de
e point une horizontale jusqu'à atteindre la droite d'équation y = x (qu'on oupera don au point
de oordonnées (u1 , u1 )) et on redes end jusqu'à l'axe des abs isses pour se retrouver à l'abs isses
u1 . Il ne reste plus qu'à itérer pour les termes suivants.
x2 0
u0 u2 u3 u1
−2 −1 0 1 x1 2 3
−1
−2
I i, on onstate que la suite ne semble pas monotone, mais semble par ontre onverger vers x1 .
Si on veut être plus pré is, la sous-suite (u2n ) des termes d'indi es pairs semble roissante, et la
12
sous-suite (u2n+1 ) des termes d'indi es impairs semble dé roissante, ave adja en e des deux suites
vers leur limite ommune x1 . On pourrait en fait prouver beau oup plus généralement que la suite
ré urrente est monotone lorsque la fon tion f est roissante (sur l'intervalle stable où vont se situer
tous les termes de la suite), et qu'on aura toujours la situation de notre exemple ( onvergen e en
es argot ) si f est dé roissante. Le tout bien sûr à ondition que la suite onverge.
Utilisation de l'IAF.
Il est important de bien vérier toutes les hypothèses de l'IAF avant de l'appliquer. Sur notre
1 4
intervalle I , on peut majorer la valeur absolue de la dérivée |f ′ (x)| = 2 par . On peut alors
x 9
appliquer l'IAF en prenant y = un et x = x1 (on hoisira toujours le terme général de la suite et le
point xe qui sera la limite pour appliquer l'IAF dans e genre de as), qui sont bien tous les deux
4 4
dans l'intervalle I . On obtient, puisque |f ′ | est majorée par , |f (un ) − f (x1 )| 6 |un − x1 |, soit
9 9
4
|un+1 − x1 | 6 |un − x1 |. Ce résultat permet déjà de omprendre intuitivement pourquoi la suite va
9
for ément onverger vers x1 : à haque nouvelle étape, la distan e entre la suite et la limite va être
4
diminuée (multipliée par un oe ient inférieur à ), e qui revient à dire qu'on se rappro he en
9
permanen e de x1 . On remarque que, pour que e raisonnement puisse fon tionner, il est né essaire
que le majorant obtenu pour |f ′ | soit stri tement inférieur à 1, e qui n'aurait pas été le as sur
l'intervalle [1, 2]. En fait, on peut plus généralement onstater que, si l est un point xe de la
fon tion f vériant |f ′ (l)| < 1, la suite va souvent onverger vers l (on parle de point xe attra tif
dans e as), alors que si |f ′ (l)| > 1, la suite ne pourra presque jamais onverger vers l, sauf si elle
est stationnaire (on parle dans e as de point xe répulsif ). Ce vo abulaire n'est pas à onnaitre.
Une fois appliquée l'IAF, les dernières étapes sont toujours les mêmes : on prouve par ré urren e une
inégalité majorant la distan e entre un et sa limite dire tement en fon tion de n. I i on va prouver
n−1
4
que ∀n ∈ N∗ , |un −x1 | 6 . En eet, au rang 1, |u1 −x1 | 6 1 puisque x1 ∈ [1, 2]. En supposant
9
n−1 n
4 4 4 4
ensuite la propriété vraie au rang n, on peut é rire |un+1 − x1 | 6 |un − x1 | 6 × =
9 9 9 9
en appliquant su essivement l'IAF puisl'hypothèse de ré urren e. On on lut enn à l'aide du
4 n 4 n−1
théorème des gendarmes : omme lim = 0, et omme 0 6 |un − x1 | 6 , on aura
n→+∞ 9 √ 9
1+ 5
lim |un − x1 | = 0, 'est-à-dire que lim un = x1 = . Si on le souhaite, on peut même
n→+∞ n→+∞ 2
exploiter la majoration obtenue pour étudier la vitesse de onvergen e de la suite. Sur notre exemple,
si on veut déterminer une valeur pour laquelle |un − x1 | 6 10−2 (autrement dit, un sera une valeur
appro hée de sa limite ave une pré ision de deux dé imales), une ondition susante (mais pas
13
n−1
4
du tout né essaire, ne mettez surtout pas d'équivalen e dans e as !) est 6 10−2 , soit
9
4 ln(10)
(n − 1) ln 6 −2 ln(10), don n > 1 + (on fait bien sûr attention au hangement de
9 ln(3) − ln(2)
sens de l'inégalité quand on divise par ln(4) − ln(9) qui est négatif). Plus on rètement (on ee tue
l'appli ation numérique à la al ulatri e) on peut hoisir n = 7 (en pratique, la valeur appro hée est
sûrement meilleure que prévue ar la majoration utilisée est loin d'être optimale).
Proposition 11. La suite (zn ) onverge si et seulement si les deux suites réelles (Re (zn ))
et (Im (zn )) onvergent. Dans e as, lim zn = lim Re (zn ) + i × lim Im (zn ).
n→+∞ n→+∞ n→+∞
Autrement dit, on ramènera toujours l'étude de la onvergen e des suites omplexes à elle de (deux)
suites réelles. Il arrivera plus rarement qu'on étudie les suites réelles formées par le module et l'ar-
gument de zn pour aboutir au même genre de on lusion.
Parmi les résultats lassiques vus dans le hapitre d'étude des suites réelles, tous eux qui font
intervenir des inégalités ( onvergen e monotone, théorème des gendarmes, suites adja entes) sont
bien entendu inappli ables aux suites omplexes (mais on peut bien sûr les appliquer à la partie
réelle ou à la partie imaginaire de la suite), e qui laisse en pratique très peu d'outils d'étude dire te
de es suites.
14
Dénition 13. La fon tion f est ontinue en a si x→a
lim f (x) = f (a).
f (a + h) − f (a)
La fon tion f est dérivable en a si son taux d'a roissement τa,f (h) = admet une
h
limite nie l lorsque x tend vers a. On note alors f ′(a) = l.
Les autres notions ( ontinuité sur un intervalle, prolongement par ontinuité) sont identiques au as
des fon tions réelles.
On peut dénir des notions de dérivée à gau he ou à droite omme dans le as réel. Par ontre,
l'interprétation géométrique de la dérivée en termes de tangente est plus ompliquée ( f l'exemple
qui suit la propriété). Pire, la notion de variations pour une fon tion omplexe n'existant pas, le
al ul même de la dérivée perd une grande partie de son intérêt !
Exemple : Si on pose f (t) = eit (fon tion dénie sur R), on peut é rire f (t) = cos(t) + iπsin(t), don ,
en dérivant séparément les parties réelle et imaginaire, f ′ (t) = − sin(t) + i cos(t) = ei(t+ 2 ) = ieit . On
remarque que la dérivée de ette exponentielle omplexe se al ule omme elles des exponentielles
réelles. Si on souhaite omprendre géométriquement la notion de dérivée pour ette fon tion, on peut
représenter la traje toire orrespondant à ette fon tion dans le plan omplexe sous forme de ourbe
paramétrée (on pla e tous les points d'axe f (t) lorsque t varie, sans faire varier la variable t sur
un axe du repère). I i, on obtient une traje toire ir ulaire (on par ourt le er le trigonométrique).
La valeur ( omplexe) de f ′ (t) orrespond en fait à l'axe du ve teur tangent à ette traje toire au
point de paramètre t (i i, ette axe a toujours un module 1, e qui prouve que la traje toire est
par ourue à vitesse uniforme). Un petit s héma i-dessous, ave les points et les ve teurs tangents
π 11π
orrespondant à t1 = (en rouge), t2 = π (en violet) et t3 = (en orange) :
3 6
0
−1 0 1
−1
15
Tout le formulaire de al ul de dérivées (y ompris la formule de Leibniz) reste valable pour des
fon tions omplexes. Il est toutefois moins utile que pour les fon tions réelles, ar il existe beau oup
moins de fon tion usuelles sur C.
Parmi les théorèmes énon és plus haut dans e hapitre, par ontre, presque plus rien d'intéressant
pour le as omplexe : pas de théorème des a roissements nis, pas de théorème de Rolle. Par
exemple, en reprenant f (t) = eit , la dérivée f ′ (t) = ieit ne s'annule jamais, alors que f (0) = f (2π) = 1
( 'est logique dans la mesure où, lors d'un dépla ement en deux dimensions, on peut très bien revenir
à son point de départ sans jamais avoir eu une vitesse nulle). Par ontre, assez urieusement, l'IAF,
du moins sous sa forme valeur absolue (qui sera i i rempla ée par un module) reste vraie.
4 Convexité.
La notion de onvexité/ on avité d'une ourbe, que vous avez déjà abordée l'an dernier, permet de
ompléter elle de roissan e/dé roissan e pour visualiser l'allure générale de la ourbe représentative
d'une fon tion. Elle permet également de démontrer énormément d'inégalités liées à la position
des ourbes représentatives de ertaines fon tions par rapport à des droites remarquables ( ordes,
tangentes). C'est surtout et aspe t qui sera développé dans ette partie de ours, même si le lien
ave le signe de f ′′ quand la fon tion est de lasse C 2 sera bien sûr démontré.
Dénition 14. Soit f une fon tion dénie sur un intervalle I , alors f est onvexe sur I si, ∀(x, y) ∈
I 2 , ∀t ∈ [0, 1], f (tx + (1 − t)y) 6 tf (x) + (1 − t)f (y). Symétriquement, f est on ave sur I si, ave
les mêmes quanti ations, f (tx + (1 − t)y) > tf (x) + (1 − t)f (y).
Cette dénition signie simplement la hose suivante : la ourbe représentative d'une fon tion onvexe
(respe tivement on ave) est située en-dessous (respe tivement au-dessus) de ha une de ses ordes.
En eet, ave les quanti ations données dans notre dénition, tx + (1 − t)y par ourt toutes les
valeurs de l'intervalle [x, y] (en supposant par exemple x 6 y ), et tf (x) + (1 − t)f (y) orrespond
à l'ordonnée du point d'abs isse tx + (1 − t)y sur la orde reliant les deux points de oordonnées
(x, f (x)) et (y, f (y)). Un petit dessin sera ertainement plus lair :
x 0
tx+(1−t)y y
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1
tf(x)+(1−t)f(y)
−2
f(tx+(1−t)y)
−3
−4
16
Plus généralement, une ourbe de fon tion onvexe est située sous ses sé antes (droite oupant la
ourbe en deux points, le segment reliant les deux points est alors une orde de la ourbe) entre
les deux points d'interse tion, et au-dessus à gau he du premier point d'interse tion et à droite du
se ond. C'est le ontraire pour une fon tion on ave. En eet, notons x et y les abs isses des deux
points d'interse tion, et supposons x < y 6 z . Dans le as où f est onvexe, on veut prouver que
f (y) − f (x)
f (z) > (z − y)+ f (y) (le membre de droite de ette inégalité est l'équation de la sé ante),
y−x
soit en
mettant tout au même dénominateur (y − x)f (z) + (z − y)f (x) > (z − x)f (x), ou en ore
y−x y−x
f (y) 6 1 − f (x) + f (z). Cette dernière inégalité n'est rien d'autre qu'une inégalité de
z−x z − x
y−x y−x y−x (z − y)x + (y − x)z
onvexité, ave ∈ [0, 1] et 1 − x+ z= = y . On traiterait
z−x z−x z−x z−x
le as z 6 x < y de la même façon.
Théorème 9. Cara térisation de la onvexité par roissan e des pentes des sé antes.
Une fon tion f est onvexe sur l'intervalle I si et seulement si, pour tout réel a ∈ I , le taux
f (x) − f (a)
d'a roissement τ : x 7→ est une fon tion roissante sur I\{a}.
x−a
Démonstration. Supposons don f onvexe sur I , et xons a ∈ I . Soient x et y deux valeurs ap-
partenant à I et distin tes de a telles que x < y . Si y > a, alors y est situé à l'extérieur du
f (x) − f (a)
segment [a, x] (ou [x, a] selon la position de x), don f (y) > (y − a) + f (a) (la ourbe
x−a
est au-dessus de sa sé ante, f remarque ee tuée plus haut). Cela revient exa tement à dire que
17
f (y) − f (a) f (x) − f (a)
> (on divise par un nombre qui est positif par hypothèse). Si y < a, y
y−a x−a
est situé à l'intérieur du segment [a, x], don l'inégalité est dans l'autre sens ( ourbe en-dessous de
ses ordes), mais revient dans le même sens après division par y − a qui est négatif, pour la même
on lusion.
Supposons ré iproquement les taux d'a roissements roissants. Si (x, y) ∈ I 2 ave x < y et t ∈
]0, 1[, on pose a = tx + (1 − t)y , e qui implique x < a < y . L'hypothèse faite permet d'armer
f (x) − f (a) f (y) − f (a)
que 6 , don (y − a)(f (x) − f (a)) > (x − a)(f (y) − f (a)) (on multiplie
x−a y−a
par un nombre positif et par un nombre négatif, d'où le hangement de sens de l'inégalité). Après
y−a a−x
développement et division par y−x, on a don f (a) 6 f (x)+ f (y), 'est-à-dire exa tement
y−x y−x
f (tx + (1 − t)y) 6 tf (x) + (1 − t)f (y), e qui est la dénition même de la onvexité !
Démonstration. Si f ′ est onvexe, la roissan e de f ′ dé oule de la ara térisation pré édente sur la
roissan e des taux d'a roissement (il sut de faire un passage à la limite). De plus, la tangente
à Cf en son point d'abs isse a a pour équation y = f ′ (a)(x − a) + f (a). Posons don g(x) =
f (x) − f ′ (a)(x − a) − f (a), la fon tion g est dérivable sur I et g ′ (x) = f ′ (x) − f ′ (a). Par roissan e
de f ′ , la fon tion g est dé roissante à gau he de a et roissante à droite de a. Comme g(a) = 0, ela
sut à prouver que g est toujours positive, exa tement e qu'on souhaitait démontrer.
Supposons ré iproquement la ourbe située au-dessus de ses tangentes, et prouvons que f est onvexe :
on a par hypothèse f (x) > f ′ (a)(x − a) + f (a), don tf (x) + (1 − t)f (y) > tf ′(a)(x − a) + tf (a) +
(1 − t)f ′ (a)(y − a) + (1 − t)f (a) = f ′ (a)(tx + (1 − t)y − a) + f (a). Il sut de prendre a = tx + (1 − t)y
pour retrouver la dénition de la onvexité.
Ci-dessous, une illustration de la position relative d'une ourbe de fon tion onvexe (en bleu) et de
ses ordes d'une part (segments rouges) et tangentes d'autres part (droites vertes en pointillés) :
18
2
0
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1
−2
−3
−4
Exemples : en pratique, on privilégiera bien sûr es ara térisations fa iles à démontrer pour prouver
la onvexité d'une fon tion. Mais les autres ara térisations et dénitions seront parti ulièrement in-
téressantes à exploiter pour obtenir des inégalités lassiques, souvent onnues sous le nom d'inégalités
de onvexité. Quelques exemples à onnaître ave les fon tions usuelles :
• ∀x ∈ R, ex > x + 1 (la fon tion exponentielle est onvexe, don au-dessus de sa tangente en
0).
• ∀x ∈]0, +∞[, ln(x) 6 x − 1 (la fon tion ln est on ave, don en-dessous de sa tangente en 1).
h π i 2x
• ∀x ∈ 0, , 6 sin(x) 6 x (la fon tion sin est on ave sur et intervalle, don en-dessous
2 π
de sa tangente en 0 et au-dessus de la orde reliant les deux points aux extrémités du segment).
Une illustration de et en adrement i-dessous :
0
0 1
Dénition 15. Soit f une fon tion dénie sur un intervalle I et a ∈ I , a est l'abs isse d'un point
19
d'inexion de la ourbe représentative de f si f hange de on avité en a ( onvexe à gau he de a
et on ave à droite, ou le ontraire).
Remarque 17. Si f est deux fois dérivable, on aura un point d'inexion en a si f ′′ hange de signe en
a (et don f ′′ (a) = 0). La tangente à la ourbe représentative de f en un point d'inexion traverse
lo alement ette ourbe (la position relative de la ourbe et de la tangente hange au passage en a).
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