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Complexes

Le chapitre 7 aborde les nombres complexes, leur définition et leurs propriétés fondamentales, ainsi que leur importance en mathématiques. Il explique comment ces nombres permettent de résoudre des équations polynomiales et établit des liens entre algèbre, trigonométrie et géométrie. Les objectifs incluent la maîtrise des opérations algébriques sur les nombres complexes et leur utilisation dans la résolution de problèmes géométriques.

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Le chapitre 7 aborde les nombres complexes, leur définition et leurs propriétés fondamentales, ainsi que leur importance en mathématiques. Il explique comment ces nombres permettent de résoudre des équations polynomiales et établit des liens entre algèbre, trigonométrie et géométrie. Les objectifs incluent la maîtrise des opérations algébriques sur les nombres complexes et leur utilisation dans la résolution de problèmes géométriques.

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Chapitre 7 : Nombres omplexes

MPSI Ly ée Camille Jullian

22 novembre 2021

Les mathématiques onsistent à prouver des hoses évidentes par des moyens omplexes.

George Polya

Les nombres remarquables sont de sortie en dis othèque.


e et π s'amusent omme des fous, mais i reste s ot hé au bar.
e va alors voir i et lui dit :  Allez, viens dans C ! 

Pour e nouveau gros hapitre, nous allons revenir sur une notion que la plupart d'entre vous
ont déjà abordée en Maths Expertes l'an dernier, elle de nombres omplexes. Ces derniers forment
un outil fondamental en mathématiques, à la fois d'un point de vue théorique et d'un point de vue
pratique (notamment en géometrie, omme on le verra un peu plus loin), et se trouve de e fait à
la roisée entre plusieurs grands domaines des mathématiques, notamment pour nous l'algèbre, la
trigonométrie et la géométrie plane. Mais avant de ommen er les expli ations, une petite question :
pourquoi avoir  inventé  de toutes piè es es nombres omplexes ? Les diérents ensembles de
nombres sont apparus historiquement de façon relativement naturelle pour résoudre des problèmes
on rets : les entiers naturels servent tout simplement à ompter, les entiers relatifs deviennent
né essaires dès qu'on veut quantier de façon un peu abstraite des é hanges ommer iaux, et les
rationnels apparaissent dès qu'on her he à diviser en plusieurs parts une quantité entière. Enn,
les réels permettent de graduer une droite et sont don utiles pour se repérer (ils apparaissent par
ailleurs assez rapidement dans des problèmes de géometrie : diagonale d'un arré ou périmètre d'un
er le). Les omplexes, eux, ont été d'abord introduits pour permettre de résoudre des équations, les
autres appli ations n'apparaissant qu'ensuite. En eet, on sait bien par exemple que tout nombre
positif possède une ra ine arrée réelle (autrement dit, l'équation x2 = a admet une, et même deux,
solutions réelles si a > 0), mais qu'en est-il pour les nombres négatifs, et notamment pour −1 ?
L'ensemble des nombres omplexes possède l'étonnante propriété que toute équation polynomiale y
admet (au moins) une solution, e qui le rend  susant  pour à peu près toutes les appli ations
algébriques que vous pourrez y faire à votre niveau.

Obje tifs du hapitre :


• maîtrise du al ul algébrique sur les nombres omplexes : résolution d'équations, utilisation
alternée de la forme algébrique et de la forme exponentielle dans la résolution de problèmes.
• ompréhension du lien entre trigonométrie et nombres omplexes via la notation d'exponen-
tielle omplexe.

1
• résolution de problèmes géométriques à l'aide des nombres omplexes (interprétation d'angles
et de distan es à l'aide de modules et d'arguments, notamment), onnaissan e des isométries
et similitudes du plan.

1 Stru ture de l'ensemble des nombres omplexes.

1.1 Dénitions.
Dénition 1. L'ensemble des nombres omplexes, usuellement noté C, est onstitué de tous les
nombres de la forme a + ib, où a et b sont deux réels quel onques. Il est muni des deux opérations
élémentaires suivantes :
• la somme de de deux nombres omplexes z = a + ib et z ′ = c + id est égale à z + z ′ =
(a + c) + (b + d)i.
• le produit de es mêmes nombres omplexes est déni par zz ′ = ac − bd + (bc + ad)i.

Remarque 1. Autrement dit, le  nombre  i, qui n'est a priori qu'une simple notation abstraite
apparaissant dans la dénition des nombres omplexes, se omporte du point de vue des opérations
omme s'il s'agissait d'un nombre  normal  qu'on multiplie par le réel b, et qui vérie i2 = −1
quand on développe un produit à l'aide des règles de al ul usuelles sur R. Nous allons d'ailleurs
rappeler immédiatement les prin ipales propriétés de es opérations élémentaires, qui vont natu-
rellement s'étendre au al ul algébrique dans C et qui sont fondamentales pour pouvoir al uler
 naturellement  ave es nouveaux nombres et es nouvelles opérations.

Théorème 1. Propriétés des opérations usuelles sur les nombres omplexes.


• La somme de nombres omplexes est ommutative : ∀(z, z ′ ) ∈ C2 , z + z ′ = z ′ + z .
• La somme de nombres omplexes est asso iative : ∀(z, z ′ , z ′′ ) ∈ C3 , (z + z ′ ) + z ′′ =
z + (z ′ + z ′′ ).
• Le nombre omplexe 0 + i0 (désormais plus simplement noté 0) est un élément
neutre pour la somme : ∀z ∈ C, z + 0 = 0 + z = z .
• Tout nombre omplexe z admet un opposé noté −z , 'est-à-dire un élément vériant
z + (−z) = 0.
• Le produit de nombres omplexes est lui aussi ommutatif et asso iatif, il admet
omme élément neutre le nombre omplexe 1 + i0 (qui sera noté plus simplement
1).
1
• Tout nombre omple non nul z admet un inverse noté ou z −1 , 'est-à-dire un
z
nombre vériant z × z −1 = 1.
• Le produit est distributif par rapport à la somme : ∀(z, z ′ , z ′′ ) ∈ C3 , z(z ′ + z ′′ ) =
zz ′ + zz ′′ .

Démonstration.
• Les propriétés de l'addition dé oulent immédiatement de elles de l'addition sur les réels.
L'opposé de z = a + ib sera bien sûr le nombre −z = −a + i(−b).
• En posant z = a + ib, z ′ = c + di et z ′′ = e + f i trois nombres omplexes, on a zz ′ =
(a + ib)(c + id) = (ac − bd) + i(ad + bc) = (c + id)(a + ib), don le produit est bien ommutatif.
De même (zz ′ )z ′′ = ((ac−bd)+i(ad+bc))(e+if ) = ace−bde−adf −bcf +i(acf −bdf +ade+bce)
et z(z ′ z ′′ ) = (a + ib)((ce − df ) + i(cf + de)) = ace − adf − bcf − bde + i(acf + ade + bce − bdf ).
Les deux résultats étant les mêmes, le produit est bien asso iatif.

2
a − ib
• L'inverse du nombre z = a + ib est le omplexe . En eet, (a − ib)(a + ib) = a2 − b2 .
a 2 + b2
• La distributivité est à nouveau un al ul sans di ulté : z(z ′ +z ′′ ) = (a+ib)(c+e+i(d+f )) =
a(c+e)−b(d+f )+i(a(d+f )+b(c+e)) = ac−bd+i(ad+bc)+ae−bf +i(af +be) = zz ′ +zz ′′ .

Remarque 2. Comme nous l'avons déjà fait pour 0 et 1, on identie en pratique l'ensemble R des
nombres réels à un sous-ensemble de C en onsidérant (et en notant) omme un réel a le nombre
omplexe a + 0i. Les opérations dénies plus haut prolongent alors la somme et le produit sur les
réels. On pourrait résumer tout le théorème en une seule phrase :  C est un orps ommutatif 
mais on attendra le pro hain hapitre pour avoir le droit de faire ça.
Dénition 2. Soit z = a + ib un nombre omplexe. Le réel a est appelé partie réelle de z , et noté
Re(z). Le réel b est appelé partie imaginaire de z , et noté Im(z).

Dénition 3. Un nombre omplexe de partie réelle nulle est appelé imaginaire pur, et on note iR
l'ensemble des nombres imaginaires purs.
Dénition 4. À tout nombre omplexe z = a + ib, on peut asso ier le point M du plan (muni d'un
repère orthonormé) de oordonnées (a, b). Le point M est appelé image du nombre omplexe z , et le
nombre z axe du point M . L'ensemble des points du plan muni de ette identi ation est souvent
désigné sous la dénomination de  plan omplexe .

1.2 Conjugaison.
On peut dénir sur les nombres omplexes une autre opération qui sera la première pour laquelle
nous aurons une interprétation géométrique simple :
Dénition 5. Soit z = a + ib un nombre omplexe, on appelle onjugué de z , et on note z , le
nombre a − ib.

Proposition 1. Propriétés de la onjugaison.


• La onjugaison est ompatible ave la somme : ∀(z, z ′ ) ∈ C2 , z + z ′ = z + z ′ .
• La onjugaison est ompatible ave le produit : ∀(z, z ′ ) ∈ C2 , zz ′ = zz ′ .
• La onjugaison est involutive : ∀z ∈ C, z = z .

Démonstration. Soit z = a + ib et z ′ = c + id, on a z + z ′ = a + c + i(b + d) = a + c − i(b + d) =


a − ib + c − id = z + z ′ ; zz ′ = ac − bd + i(ad + bc) = ac − bd − i(ad + bc) et zz ′ = (a − ib)(c − id) =
ac − bd − i(ad + bc). La dernière propriété est tellement évidente que je vous épargne le al ul.

Proposition 2. Pour tout nombre omplexe z , on a z + z = 2 Re(z) et z − z = 2i Im(z).


Par onséquent, z est un nombre réel si et seulement si z = z et z est imaginaire pur si et
seulement si z = −z .

Démonstration. Comme z = a + ib et z = a − ib, on a bien z + z = 2a = 2 Re(z), et z − z = 2ib =


2i Im(z).

3
Proposition 3. Soit z un nombre omplexe et M son image dans un repère orthonormal
du plan. Alors l'image de z est le symétrique de M par rapport à l'axe réel (axe des
abs isses dans le plan omplexe).

Démonstration. C'est une onséquen e immédiate du fait que le symétrique de M (a, b) par rapport
à l'axe des abs isses est M ′ (a, −b).
Remarque 3. Le symétrique de M par rapport à l'axe imaginaire (axe des ordonnées) a pour axe
−z . Le symétrique de M par rapport à l'origine du repère a pour axe −z .

M’’(−z) M(z)
2

0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4

−1

−2
M’’’(−z) M’(z)

−3

1.3 Module.

Dénition
√ 6. Le module d'un nombre omplexe z = a + ib, noté |z|, est le réel positif zz =
a 2 + b2 .

Remarque 4. Pour un nombre réel, le module oin ide ave la valeur absolue, e qui explique que la
notation soit la même (on peut d'ailleurs en donner une dénition ommune à l'aide de la notion de
distan e que nous allons rappeler i-dessous).

Proposition 4. Règles de al ul sur les modules :


• ∀(z, z ′ ) ∈ C2 , |zz ′ | = |z||z ′ |.
z |z|
• ∀z ∈ C, ∀z ′ ∈ C∗ , ′ = ′ .
z |z |
• ∀z ∈ C, |z| = |z|.

√ √
Démonstration. En eet, |zz ′ | = zz ′ zz ′ = zzz ′ z ′ = |z|.|z ′ |. Le quotient se fait de la même façon.
Le fait que |z| = |z| dé oule immédiatement de la dénition.
Remarque 5. Si M est l'image de z dans un repère orthonormé d'origine O, le module de z représente
tout simplement la distan e OM . Plus généralement, la distan e dans le plan omplexe entre les
images M et M ′ des nombres omplexes z et z ′ peut se al uler de la façon suivante : M M ′ = |z −z ′ |.

4
Proposition 5. Soit z un nombre omplexe, alors | Re(z)| 6 |z| et | Im(z)| 6 |z|.

Démonstration. C'est évident en utilisant la remarque pré édente, puisque Re(z) et Im(z) repré-
sentent les distan es de O aux projetés orthogonaux de M sur les axes du √ repère. C'est d'ailleurs
tout aussi évident à partir de la dénition du module sous sa forme |z| = a2 + b2 .

Théorème 2. Inégalité triangulaire.


Soient z et z ′ deux nombres omplexes, alors ||z| − |z ′ || 6 |z + z ′ | 6 |z| + |z ′ |. De plus,
l'inégalité de droite est une égalité si et seulement si z = λz ′ (λ ∈ R+ ) ou z ′ = 0.

Démonstration. Commençons par l'inégalité de droite : |z + z ′ |2 = (z + z ′ )(z + z ′ ) = |z|2 + |z ′ |2 +


2 Re(zz ′ ) 6 |z|2 + |z ′ |2 + 2|zz ′ | = (|z| + |z ′ |)2 . Tous es modules étant des réels positifs, l'inégalité
triangulaire en dé oule par passage à la ra ine arrée.
L'inégalité de gau he est en fait presque la même que elle de droite. En eet, appliquons ette
dernière à z ′ et z − z ′ , on obtient |z| 6 |z ′ | + |z − z ′ |, don |z| − |z ′ | 6 |z − z ′ |. En inversant le rle
de z et z ′ , on a de même |z ′ | − |z| 6 |z ′ − z|, e qui permet d'ajouter la valeur absolue au membre
de gau he. Ne reste plus qu'à rempla er z en −z pour la forme de l'énon é.
Enn, d'après la démonstration faite, l'égalité dans l'inégalité de droite se produit exa tement quand
Re(zz ′ ) = |zz ′ |, e qui ne se produit que si le nombre omplexe zz ′ est en fait un réel positif. Dans
z ′ |z|2 z′
la mesure où zz ′ = (dans le as où z 6= 0), ela revient à dire que est un réel positif, e qui
z z
orrespond bien à la ondition donnée dans l'énon é du théorème.
n
Remarque 6. On peut fa ilement généraliser l'inégalité à plus de deux nombres omplexes :
X
zi 6
i=1
n
|zi |. Cette inégalité triangulaire généralisée se prouve par ré urren e forte : elles est vraie pour
X

i=1
n = 1 ( 'est évident !) et pour n = 2 omme on vient de le prouver. Supposons alors l'inégalité vériée
n+1 n
pour une somme de n nombres omplexes et é rivons zi = |a + zn+1 | en posant a = zi .
X X

i=1 i=1
On applique alors su essivement l'hypothèse de ré urren e au rang 2 (d'où la né essité de faire une
n+1 n n+1
ré urren e forte) puis au rang n pour obtenir |zi |.
X X X
zi 6 |a| + |zn+1 | 6 |zi | + |zn+1 | =
i=1 i=1 i=1

Proposition 6. Équations omplexes de er les.


L'équation |z − a| = r dans le plan omplexe, ave r ∈ R+ , est l'équation du er le de
entre A(a) et de rayon r.

Exemple : On peut passer de e type d'équation de er le à une équation artésienne (faisant


intervenir les deux oordonnées sous forme de parties réelle et imaginaire des nombres omplexes
manipulés) par un al ul élémentaire. Faisons-le sur un exemple, elui du er le de entre A(1 + i) et
de rayon 2. En posant z = a + ib, on peut é rire l'équation du er le sous la forme |z − (1 + i)|2 = 4,
soit |(a − 1) + i(b − 1)|2 = 4, don (a − 1)2 + (b − 1)2 = 4. On re onnait bien là une équation de

5
er le, qu'on peut développer entièrement pour la mettre sous la forme a2 + b2 − 2a − 2b − 2 = 0.
On doit bien entendu être apable de déterminer rapidement les ara téristiques du er le à partir
de n'importe laquelle de es diérentes équations.

2 Complexes et trigonométrie.

2.1 Nombres omplexes de module 1.


Dénition 7. On note U l'ensemble des nombres omplexes de module 1 (ou nombres omplexes
unimodulaires). Cet ensemble est stable par produit et passage à l'inverse.
Démonstration. Si z et z ′ sont deux nombres omplexes de module 1, on a |zz ′ | = |z||z ′ | = 1, et
1
|z −1 | = = 1, don U est bien stable par produit et inversion.
|z|
Remarque 7. Le produit omplexe, restreint à U, est une opération interne (on ne peut pas obtenir
autre hoses que des nombres omplexes de module 1 en ee tuant des produits ou des divisions
à partir de nombres de module 1), et onserve les propriétés théoriques fondamentales du produit
dans C (asso iativité, ommutativité, élément neutre égal à 1). Ces propriétés expliquent en partie
le rle fondamental de l'ensemble U, qui forme e qu'on appelle en algèbre théorique un groupe
ommutatif.

Proposition 7. En notant eiθ le nombre omplexe cos(θ) + i sin(θ) (où θ ∈ R), tout
élément de U peut s'é rire sous la forme eiθ , l'angle θ étant unique module 2π .

Démonstration. Comme |z| = 1, le point M (a, b) image de z dans le plan omplexe appartient au
er le trigonométrique. On peut don é rire ses oordonnées sous la forme a = cos(θ) et b = sin(θ),
où θ est un angle déni à 2π près, et z = a + ib = eiθ .
Remarque 8. La notation exponentielle omplexe est à première vue totalement arbitraire, et semble
n'avoir au un rapport ave les exponentielles de nombres réels. Les régles de al ul rappelées dans
la propriété i-dessous suraient à justier ette notation puisque e sont les mêmes que elles des
exponentielles réelles, mais le lien est en fait plus profond : il existe de  meilleures  dénitions de
la fon tion exponentielle qui sont ohérentes ave toutes les formes que nous avons vues jusqu'i i,
réelle ou omplexe (par exemple à base de séries entières que vous étudierez l'an pro hain).

Proposition 8. Règles de al ul sur les exponentielles omplexes.


• ∀(θ, θ ′ ) ∈ R2 , ei(θ+θ ) = eiθ × eiθ
′ ′

eiθ
• ∀(θ, θ ′ ) ∈ R2 , ei(θ−θ ) = iθ′

e
• ∀θ ∈ R, ∀n ∈ Z, (eiθ )n = einθ
1
• ∀θ ∈ R, eiθ = iθ = e−iθ
e

Démonstration. La première propriété dé oule imédiatement des formules d'addition pour le cos et le
sin : eiθ eiθ = cos(θ) cos(θ ′ )−sin(θ) sin(θ ′ )+i(cos(θ) sin(θ ′ )+sin(θ) cos(θ ′ )) = cos(θ+θ ′ )+i sin(θ+θ ′ ).

La troisième propriété dé oule bien sûr de ette première formule par ré urren e (pour les entiers
n positifs) et en ombinant ave la formule de l'inverse pour les entiers négatifs. Cet inverse est
évident à obtenir via la première formule : eiθ × e−iθ = ei0 = 1. On en déduit d'ailleurs tout aussi

6
lassiquement la deuxième formule de la proposition. Enn, le al ul du onjugué est immédiat si on
se rappelle que le osinus est une fon tion paire, et le sinus une fon tion impaire.

2.2 Argument d'un nombre omplexe.

Proposition 9. Tout nombre omplexe non nul z peut s'é rire sous la forme z = reiθ ,
où r = |z| ∈ R+ , et θ est un réel unique à 2π près. Cette é riture est appelée forme
exponentielle du nombre omplexe z .

Démonstration. C'est une appli ation immédiate de la propriété similaire du paragraphe pré edent
z z
sur les nombres omplexes de module 1 : z = |z| , et le omplexe ayant pour module 1, il peut
|z| |z|
s'é rire sous la forme eiθ .

Dénition 8. Le réel θ est appelé argument du nombre omplexe z , et noté arg(z) (il n'est pas
unique). L'unique valeur de θ appartenant à l'intervalle ] − π, π] est l'argument prin ipal de z ,
souvent noté Arg(z).
Remarque 9. Le nombre omplexe 0 est don le seul à ne pas posséder d'argument.

Proposition 10. Règles de al ul sur les arguments :


• ∀(z, z ′ ) ∈ C∗2 , arg(zz ′ ′
 z ) ≡ arg(z) + arg(z )[2π]
• ∀(z, z ′ ) ∈ C∗2 , arg ≡ arg(z) − arg(z ′ )[2π]
z
• ∀z ∈ C∗ , arg(−z) ≡ arg(z) + π[2π]
• ∀z ∈ C∗ , arg(z) ≡ − arg(z)[2π]

Démonstration. C'est en fait une simple redite des propriétés vues au paragraphe pré édent. Si
z = reiθ et z ′ = r ′ eiθ , on a les formes exponentielles suivantes : −z = r(−eiθ ) = r(− cos(θ) −

′ i(θ+θ ′ )
i sin(θ)) = r(cos(θ + π) + i sin(θ + π)) = rei(θ+π) ; z = reiθ = re−iθ ; zz ′ = rr ′ eiθ eiθ =rr e , et de

même pour le quotient.


Remarque 10. L'argument d'un nombre omplexe représente l'angle entre l'axe réel et la demi-droite
[OM ) (M désignant bien sûr l'image du nombre omplexe) dans le plan omplexe. En tant que tel,
il est fondamental dans tout e qui est interprétation d'angles en termes de nombres omplexes. Il
est en parti ulier indispensable de onnaitre ette propriété : si A(zA ),B(zB ) etC(zC ) sont trois
−−
→ −→ zC − zA
points du plan omplexe, alors l'angle orienté (AB, AC) est égal à arg . En parti ulier,
zB − zA
zC − zA
les trois points sont alignés si et seulement si le quotient est un nombre réel, et les droites
zB − zA
(AB) et (AC) sont perpendi ulaires si et seulement si e même quotient est imaginaire pur.

2.3 Appli ations du al ul omplexe en trigonométrie.

Proposition 11. Formules d'Euler.


eiθ + e−iθ eiθ − e−iθ
Pour tout réel θ , cos(θ) = et sin(θ) = .
2 2i

7
Démonstration. C'est en fait une simple redite pour le as de eiθ des formules z + z = 2 Re(z) et
z − z = 2i Im(z)

Proposition 12. Formule de Moivre.


Pour tout réel θ et tout entier naturel n, cos(nθ) + i sin(nθ) = (cos(θ) + i sin(θ))n .

n
Démonstration. Cette formule est tout bêtement équivalente à einθ = eiθ .
Plus que les formules elles-mêmes, e sont quelques al uls lassiques les utilisant qu'il faut onnaitre :
Exemple 1 : Expression de cos(nθ) et sin(nθ) en fon tion de cos(θ) et sin(θ).
On a vu dans le hapitre de trigonométrie des formules de dupli ation et de tripli ation du osinus.
Les formules de Moivre et d'Euler permettent plus généralement de al uler cos(nθ) omme un
polynome en cos(θ) (et de même pour le sinus, au détail près qu'un fa teur cos(θ ) restera présent
si n est un entier pair) via la formule du binome de Newton (que nous énon erons enn dans le
pro hain hapitre de ours onsa ré au dénombrement ; en attendant, on peut toujours al uler les
oe ients de e genre de développement en se servant du triangle de Pas al). Par exemple :
cos(5θ) = Re(ei5θ )
= Re((cos(θ) + i sin(θ))5 )
= Re(cos5 (θ) + 5i cos4 (θ) sin(θ) − 10 cos3 (θ) sin2 (θ) − 10i cos2 (θ) sin3 (θ)
+5 cos(θ) sin4 (θ) + i sin5 (θ))
= cos5 (θ) − 10 cos3 (θ)(1 − cos2 (θ)) + 5 cos(θ)(1 − cos2 (θ))2
= 16 cos5 (θ) − 20 cos3 (θ) + 5 cos(θ)

Exemple 2 : Linéarisation de puissan es du osinus ou du sinus.


Dans l'autre sens, on peut fa ilement linéariser les puissan es du osinus (et du sinus), 'est-à-dire
les exprimer en fon tion des osinus des multiples de θ , par exemple :
4
eiθ − e−iθ

4
sin (θ) =
2
1 4iθ
= (e + 4e2iθ + 6 + 4e−2iθ + e−4iθ )
16
e4iθ + e−4iθ e2iθ + e−2iθ 3
= + +
16 4 8
1 1 3
= cos(4θ) + cos(2θ) +
8 2 8
Z π
2
On peut appliquer e type de al ul par exemple dans le adre d'un al ul d'intégrale : sin4 (x) dx =
0
π  π
1 1 3 1 1 3 2 3π
Z
2
cos(4x) + cos(2x) + dx = sin(4x) + sin(2x) + x = .
0 8 2 8 32 4 8 0 16

Exemple 3 : Fa torisation par l'angle moitié.


Les expressions du type 1 + eiθ et 1 − eiθ peuvent se mettre fa ilement sousforme exponentielle en les
θ θ

θ θ θ θ
fa torisant par une exponentielle omplexe d'argument : eiθ + 1 = ei 2 ei 2 + e−i 2 = 2 cos ei 2 .
2   2
θ θ
En supposant θ ∈ [0, π], le nombre 1 + eiθ a don pour module 2 cos et pour argument .
2 2
Un exemple d'appli ation à un (superbe) al ul de somme :

8
n n
!
X X
cos(kθ) = Re eikθ
k=0 k=0 !
1 − ei(n+1)θ
= Re
1 − eiθ
(n+1)θ (n+1)θ (n+1)θ
!
ei 2 (e−i 2 − ei 2 )
= Re θ θ θ
ei 2 (e−i 2 − ei 2 ) !

ei 2 × (−2i sin( (n+1)θ
2 ))
= Re
−2i sin( 2θ )
(n+1)θ
cos( nθ
2 ) sin( 2 )
=
sin( θ2 )

Remarquons pour nir que 'est exa tement le même al ul qui permet de retrouver rapidement
les formules de transformations somme-produit trigonométriques que vous avez oublié pendant les
i(p+q) i(p−q) i(q−p)
va an es : par
 exemple
 cos(p) + cos(q) 
ip + eiq ) = Re(e 2 (e 2
= Re(e   + e 2 ))
p−q i(p+q) p−q p+q
= Re 2 cos e 2 = 2 cos cos . On peut naturellement retrouver les
2 2 2
autres formules de la même façon.

Exemple 4 : Un al ul trigonométrique moins dire t faisant intervenir les exponentielles omplexes


est la transformation des expressions de la forme a cos(x) + b sin(x) en A cos(x + ϕ) ( al uls très
fréquents en physique, les nombres A et ϕ étant alors appelés amplitude et déphasage de la
fon tion trigonométrique x 7→ a cos(x) + b sin(x)). Une façon rapide de faire est d'interpréter la
somme de osinus et de sinus omme la partie réelle d'un produit de nombres omplexes. Par exemple,
2 cos(x) − sin(x) = Re((2 + i)(cos(x) + i sin(x))) = Re((2 + i)eix ). Il ne
 reste plus qu'à mettre le
√ √ 2 1
nombre 2 + i sous forme exponentielle : |2 + i| = 5, don 2 + i = 5 √ + √ i . Léger sou i,
5 5
on ne re onnait pas d'angle remarquable
  dans l'argument de e qui se trouve dans la parenthèse.
1 h πh
Pas grave, on va poser θ = arctan qui onviendra très bien (en eet, il appartient à 0,
2 √ 2
et sa tangente est √
égale à elle de √l'argument re her hé). On trouve alors 2 + i = 5eiθ , puis
2 cos(x) − sin(x) = 5 Re(ei(x+θ) = 5 cos(x + θ). Autrement dit, l'amplitude de notre fon tion est
√ 1
de 5 et son déphasage de arctan .
2

2.4 Exponentielle omplexe.


On peut en fait généraliser la dénition de l'exponentielle à tout nombre omplexe.
Dénition 9. Soit z = a + ib un nombre omplexe, son exponentielle est le nombre ez = ea eib .
Remarque 11. Cette dénition généralise à la fois elle de l'exponentielle réelle et elle donnée pour
les imaginaires purs. On a en fait arg(ez ) = Im(z) et |ez | = eRe(z) .

Proposition 13. ′La fon tion exponentielle omplexe est 2iπ-périodique, et vérie la pro-
priété ez+z = ez ez .

Démonstration. La périodi ité dé oule simplement du fait que e2iπ = 1, et l'équation fon tionnelle
est issue de elle vériée par les deux exponentielles déjà dénies pré édemment.

9
Exer i e : Résoudre dans C l'équation ez = 1 + i.
Il s'agit en fait simplement de mettre le nombre sous forme exponentielle
√ puis d'identier module
2 iπ
et argument des deux membres. On al ule très fa ilement 1 + i = e 4 , et notre équation peut
√ 2
2 iπ
don se mettre, en posant z = x + iy , sous la forme ex eiy = e 4 , e qui implique simplement
√ ! 2
2 1 π
x = ln = − ln(2), et y ≡ [2π]. Les solutions de l'équation sont don données par S =
2 2 4
 
1 π
− ln(2) + i + 2ikπ | k ∈ Z .
2 4

3 Équations omplexes.

3.1 Équations du se ond degré à oe ients omplexes.

Théorème 3. Pour résoudre une équation du se ond degré à oe ients omplexes (E) :
az 2 + bz + c = 0, où a ∈ C∗ et (b, c) ∈ C2 , on ommen e par al uler son dis riminant
∆ = b2 − 4ac puis :
b
• si ∆ = 0, l'équation (E) admet une unique solution z0 = − .
2a
−b + δ −b − δ
• si ∆ 6= 0, l'équation (E) admet deux solutions z1 = et z2 = , où δ
2a 2a
est un nombre omplexe vériant δ = ∆.
2

Démonstration. La preuve est la même quedans le as réel : en divisant l'équation par a puis en
b 2 ∆
mettant sous forme anonique, on obtient z + = 2
. Si ∆ est nul, il n'y a qu'une seule
2a 4a
−b b δ b δ
solution égale à . Sinon, on a z + = ou z + = − , e qui donne les deux solutions
2a 2a 2a 2a 2a
annon ées.
Méthode : Pour obtenir une ra ine arrée d'un nombre omplexe ( e qui est né essaire i i pour
déterminer δ à partir de ∆), on her he tout simplement la valeur de la ra ine arrée sous forme
algébrique :en posant δ = a+ib, on al ule δ2 = a2 −b2 +2iab, et l'égalité δ2 = ∆ se traduit don par
a2 − b2 = Re(∆) (1)
le système . Pour simplier la résolution de e système, on ajoutera
2ab = Im(∆) (2)
systématiquement l' équation aux modules  |δ|2 = |∆|, qui s'é rira sous la forme a2 + b2 = |∆| (3).
On ee tue alors les ombinaisons d'équations (1) + (3) et (3) − (1) pour obtenir les valeurs de a2
et b2 et don , au signe près, elles de a et b. L'équation (2) sert alors simplement à bien hoisir les
signes des deux in onnues (deux possibilités ohérentes, e qui est normal puisque deux valeurs de δ
sont possibles, opposées l'une de l'autre).
Exemple : On veut résoudre l'équation z 2 − iz − i − 1 = 0. On al ule don le dis riminant
∆= (−i)2 − 4(−i − 1) = −1 + 4i + 4 = 3 + 4i. Cher hons don δ = a + ib vériant δ2 = 3 + 4i.
Comme δ2 = a2 − b2 + 2iab, on obtient les deux √onditions a2 − b2 = 3 et 2ab = 4. On ajoute la
ondition sur le module |δ|2 = a2 + b2 = |∆| = 32 + 42 = 5. En additionant et soustrayant la
première et la dernière équation, on a 2a2 = 8, soit a = ±2, et 2b2 = 2, soit b = ±1. Comme par
ailleurs 2ab > 0, a et b doivent être de même signe, e qui laisse les possibilités δ1 = 2+i et δ2 = −2−i.
i+2+i i−2−i
Les solutions de l'équation initiale sont don z1 = = 1 + i, et z2 = = −1.
2 2

10
Proposition 14. Soient z1 et z2 les deux solutions de l'équation az 2 + bz + c = 0, alors
b c
z1 + z2 = − et z1 z2 = .
a a

Démonstration. On peut s'en sortir dire tement ave les formules donnant les solutions : z1 + z2 =
−b − δ −b + δ −2b b −b − δ −b + δ b2 − δ 2 4ac c
+ = − , et z1 z2 = = 2
= 2 = .
2a 2a 2a a 2a 2a 4a 4a a
Terminons e paragraphe en itant, sans le démontrer, un théorème extrêmement fondamental sur
les équations omplexes :

Théorème 4. D'Alembert-Gauss.
Toute équation polynomiale admet au moins une solution dans C.

Remarque 12. Ce théorème porte également le nom pompeux de théorème fondamental de l'algèbre.
Il peut être pré isé, le nombre de ra ines d'un polynome de degré n étant toujours égal à n si on les
ompte ave multipli ité. Nous yreviendrons dans un hapitre ultérieur spé iquement onsa ré aux
polynmes.

3.2 Ra ines n-èmes d'un nombre omplexe.


Dénition 10. Les ra ines n-èmes d'un nombre omplexe a sont toutes les solutions de l'équation
z n = a.

Remarque 13. Cette équation admet (presque, le seul as parti ulier étant z = 0) toujours plusieurs
√ 1
solutions, qu'il est hors de question de noter sous la forme n a ou même a n . En eet, ontrairement
à e qui se passe dans R, il n'existe au un ordre naturel sur C, et don au une façon évidente
de distinguer l'une de es solutions pour l'identier de façon unique à l'aide de es notations. En
parti ulier, omme nous l'avons d'ailleurs déjà fait dans le paragraphe pré édent on ernant les
équations du se ond degré, on ne parlera jamais de la ra ine arrée d'un nombre omplexe, mais
bien d'une ra ine arrée, les deux valeurs possibles jouant systématiquement un rle inter hangeable.
Dénition 11. On appelle ra ines n-èmes de l'unité les ra ines n-èmes du nombre a = 1. On
note Un l'ensemble des ra ines n-èmes de l'unité.

Théorème 5. Les ra ines n-èmes de l'unité sont les


2ikπ
n nombres omplexes e n , ave
k ∈ {0, . . . , n − 1}.

Démonstration. En eet, soit z = reiθ un nombre omplexe (non nul) mis sous forme exponentielle.
En séparant module et argument, l'équation z n = 1 se traduit par les deux onditions rn = 1 et
nθ ≡ 0[2π]. Or, r étant désormais
  un réel positif ( 'est un module !), la seule possibilité est r = 1,

et on a par ailleurs θ ≡ 0 , e qui donne bien, les n valeurs annon ées (si on ontinue à faire
n
augmenter la valeur de k on retombe sur les mêmes valeurs puisque l'argument aura augmenté de
2π entre la valeur orrespondant à k = 0 et elle orrespondant à k = n).

11
Proposition 15. Les images dans le plan omplexe des ra ines n-èmes de l'unité y forment
un polygone régulier à n tés ins rit dans le er le trigonométrique (voire i-dessous
l'illustration pour n = 3 et n = 8).

i i

1 1

Dénition 12. On note habituellement


2iπ
j le nombre omplexe e 3 . Les ra ines ubiques de l'unité
2π 4π
sont don les nombres 1, ei 3 = j et ei 3 = j 2 = j .
2ikπ
Remarque 14. Plus généralement, on peut en fait remarquer qu'en notant ω = e n , l'ensemble des
ra ines n-èmes de l'unité est onstitué des nombres de la forme ω k , pour k variant entre 0 et n − 1
(ω est appelée ra ine n-ème primitive de l'unité, ar on peut obtenir toutes les autres en prenant les
puissan es de elle- i). En parti ulier, il est stable par produit, e qui en fait te hniquement e qu'on
appelle un sous-groupe de U (il est bien entendu toujours in lus dans U, d'où la notation employée
pour le désigner).

Proposition 16. La somme de toutes les ra ines n-èmes de l'unité est toujours nulle.


Démonstration. Il s'agit d'un simple al ul de somme géométrique : en posant ω = ei n , il s'agit
n−1 n−1
2ikπ 1 − ωn
de al uler = 0 puisque par dénition ω n = 1. En fait, on vient de
X X
e n = ωk =
1−ω
k=0 k=0
démontrer que le polygone régulier évoqué dans la propriété pré édente est entré en 0.

Proposition 17. Soit a = reiθ un nombre omplexe mis sous forme exponentielle. Ses
√ i(θ+2kπ)
ra ines n-èmes sont les nombres de la forme n re n , ave k ∈ {0, . . . , n − 1}.

Démonstration. C'est exa tement le même al ul que pour les ra ines de l'unité : en posant z =
r ′ eiθ , l'équation z n = a se traduit, en séparant module et argument, par les onditions r ′n = r et

nθ ′ ≡ θ[2π], dont dé oulent les formules annon ées.

12
Exemple : On her he à déterminer
√ les√ra ines ubiques
√ de πa = 2+2i. Commençons par é rire a sous
forme exponentielle : |a| = 4 + 4 = 2 2, don a = 2 2ei 4 . En notant z = reiθ , l'équation z 3 = a
√ π √
se ramène à r 3 e3iθ = a, 'est-à-dire aux deux onditions r 3 = 2 2 et 3θ ≡ [2π], soit r = 2, et
4
√ iπ √ i( π + 2π ) √ i 3π
 
π 2π
θ≡ . Autrement dit, les trois ra ines ubiques sont z1 = 2e 12 , z2 = 2e 12 3 = 2e 4 ,
12 3
√ π 4π √ 17π
et z3 = 2ei( 12 + 3 ) = 2ei 12 (seule la deuxième de es trois ra ines ubiques peut s'é rire aisément
sous forme algébrique).
Remarque 15. Les propriétés des ra ines n-èmes de l'unité se généralisent à toutes les ra ines n-
èmes. En parti ulier, les ra ines n-ème d'un nombre omplexe quel onque ont des images formant
toujours un polgone régulier entré en 0 dans le √
plan omplexe (mais inss rit, non plus dans le er le
trigonométrique, mais dans un er le de rayon n r, où r est le module du nombre omplexe dont on
a al ulé les ra ines).

4 Nombres omplexes et géometrie.

4.1 Axes d'objets géométriques du plan.



−→
Dénition 13. L'axe omplexe du ve teur AB est le nombre z−AB
→ = zB − zA . Plus généralement,
le ve teur →

u (a, b) du plan aura pour axe omplexe z−
u = a + ib.

Proposition 18. Propriétés des axes ve torielles :


• Pour tous ve teurs ~u et ~v du plan, z~u+~v = z~u + z~v .
• Pour tout ve teur ~u et tout réel λ, zλ~u = λz~u .

zA + zB
Proposition 19. Le milieu I du segment [AB] a pour axe omplexe zI . Le =
2
z + zB + zC
entre de gravité G du triangle ABC a pour axe omplexe zG = A .
3

4.2 Produit s alaire et déterminant.

Proposition 20. Soient ~u et ~v deux ve teurs du plan, alors ~u.~v = Re(z~u z~v ) et det(~u, ~v ) =
Im(z~u z~v ).

Démonstration. Si ~u = (a, b) et ~v = (a′ , b′ ), alors z~u = a + ib et z~v = a′ + ib′ , don Re(z~u z~v ) =
aa′ + bb′ = ~u.~v . De même, Im(z~u z~v ) = ab′ − a′ b = det(~u, ~v ).

Remarque 16. En parti ulier, deux ve teurs ~u et ~v sont orthogonaux si et seulement si z~u z~v ∈ iR, ou
z z
plus simplement si ~u ∈ R. Ils sont olinéaires si et seulement si ~u ∈ R. Ces propriétés orrespondent
z~v z~v
exa tement à elles annon ées lors de la dénition de l'argument d'un nombre omplexe : trois points
zC − zA
A, B et C sont alignés si et seulement si ∈ R, et le triangle ABC est re tangle en A si et
zB − zA
z − zA
seulement si C ∈ iR.
zB − zA

13
4.3 Transformations du plan.
Une transformation du plan est tout simplement une appli ation bije tive dénie sur l'ensemble
des points du plan, ayant la plupart du temps une interprétation géométrique simple. Dans le adre
de e hapitre, nous verrons de telles appli ations sous la forme de fon tions f : C → C (on iden-
tiera don un point ave son axe omplexe quand on parlera de es transformations). Vous avez
déjà étudié depuis plusieurs années de telles transformations géométriques : translations, rotations,
symétries font partie de ette atégorie. Le but de ette dernière partie de hapitre est de lassier
rigoureusement es transformations, en ommençant par dénir des atégories de transformations
selon les ara téristiques géométriques qu'elles onservent.
Dénition 14. Une isométrie du plan est une transformation du plan qui onserve les distan es :
quels que soient les points M et N du plan, en notant M ′ et N ′ leurs images par la transformation,
on aura toujours M ′ N ′ = M N .
Une similitude du plan de rapport k ∈ R+∗ est une transformation du plan qui multiplie toutes
les distan es par le même réel k. Ave les mêmes notations que i-dessus, on aura don toujours
M ′N ′ = k × M N .
Une simitude (ou une isométrie) est dire te si elle onserve de plus les angles orientés, indire te si
elle transforme un angle orienté en angle opposé.
Remarque 17. Il est sous-entendu dans la dernière partie de la dénition qu'une similitude onserve
né essairement les angles au signe près, propriété que nous ne démontrerons pas, mais qui est bien
sûr vraie.
Exemples : parmi les hoses que vous avez déjà étudiées, toutes les translations et les rotations
sont des isométries dire tes. Les réexions (symétries par rapport à des droites) sont des isométries
indire tes. La notion de symétrie entrale (par rapport à un point) ne sera pas évoquée puisqu'il
s'agit en fait d'une rotation (d'angle π ). Enn, les homothéties sont des exemples de similitudes
dire tes du plan.

Proposition 21. Expression omplexe des transformations usuelles.


• La translation de ve teur ~u a pour équation omplexe z 7→ z + z~u .
• La rotation d'angle θ et de entre A(zA ) a pour équation omplexe z 7→ eiθ (z −
zA ) + zA .
• L'homothétie de rapport k et de entre A(zA ) a pour équation omplexe z 7→
k(z − zA ) + zA .
• La réexion par rapport à l'axe réel a pour équation omplexe z 7→ z .

Démonstration.
• En notant M (z) et M ′ (z ′ ) l'image de M par la translation de ve teur ~u, on a par dénition
−−−→′
M M = ~u, don zM ′ − zM = z~u , e qui orrespond bien à la formule annon ée.
• Ave les mêmes notations que pour la translation, on peut ara tériser l'image d'une rotation
−−→ −−→ z ′ − zA
par le fait que AM = AM ′ , et (AM , AM ′ ) = θ . Autrement dit, le nombre omplexe M
zM − zA
a pour module 1 (le numérateur et le dénominateur ont pour module respe tif AM ′ et AM ),
z ′ − zA
et pour argument θ . On peut don é rire M = eiθ , soit zM ′ = eiθ (zM − zA ) + zA .
zM − zA
zM ′ − zA
• Même prin ipe que pour la rotation, on aura ette fois- i = k (le rapport des
zM − zA
modules vaut k, et l'angle est nul), dont on déduit aisément la formule.
• On a déjà vu la ara térisation géométrique de la onjugaison.

14
√ !
2π 1 3
Exemple : La rotation de entre A(i) et d'angle transforme M (z) en M ′ (z ′ ) ave z ′ = − + i
3 2 2
√ ! √
1 3 3 3i
(z − i) + i = − + i z− + .
2 2 2 2

Théorème 6. Cara térisation omplexe des isométries et des similitudes.


• Les isométries dire tes du plan ont toutes une expression omplexe de la forme
z 7→ az + b, ave a ∈ U et b ∈ C. Les seules isométries dire tes du plan sont les
translations et les rotations.
• Les similitudes dire tes du plan ont toutes une expression omplexe de la forme
z 7→ az + b, ave a ∈ C∗ et b ∈ C. Une telle similitude est soit une translation, soit
la omposée d'une homothétie et d'une rotation de même entre. On parlera alors
de la similitude de entre A, de rapport k ( elui de l'homothétie) et d'angle θ ( elui
de la rotation).
• Les isométries indire tes du plan ont toutes une expression omplexe de la forme
z 7→ az + b, ave a ∈ U et b ∈ C.
• Les similitudes indire tes du plan ont toutes une expression omplexe de la forme
z 7→ az + b, ave a ∈ C∗ et b ∈ C.

Démonstration. La démonstration est faisable par des moyens élémentaires, mais assez rébarbative,
je vous en fais grâ e.
Méthode : Pour re onnaitre une similitude dire te à partir de son équation z ′ = az + b, on peut
pro éder de la façon suivante :
• Si a = 1, on re onnait immédiatement une translation, dont le ve teur a pour axe b.
• Si a 6= 1, l'appli ation z 7→ az +b admet un unique point xe ω , dont on notera Ω l'image dans
le plan omplexe. En notant k = |a| et θ = arg(a), la transformation est alors la similitude
dire te de entre Ω, de rapport k, et d'angle θ .
Exemple : Considérons l'appli ation f : z 7→ (1 + i)z − 2i. On re her he le point xe de l'appli ation
en résolvant l'équation z = (1 + i)z − 2i, e qui donne iz = 2i, soit z = 2. Comme par ailleurs
√ π
|1 + i| = 2, et arg(1 + i) = , l'appli ation f est don la similitude dire te de entre A(2), de
√ 4
π
rapport 2 et d'angle .
4
Exemple : On peut également dénir une similitude dire te à l'aide de l'image de ertains points.
En eet, si (M, N ) et (M ′ , N ′ ) sont deux ouples de points distin ts du plan, il existe toujours une
unique similitude dire te f telle que f (M ) = M ′ et f (N ) = N ′ .
Considérons par exemple les quatre points du plan (et leurs axes omplexes) A(2 − i), B(−1 + i),
A′ (3 + 7i) et B ′ (5 − 3i), et her hons à déterminer les éléments ara téristiques de la similitude
dire te f vériant f (A) = A′ et f (B) = B ′ . Le théorème de lassi ation des similitudes du plan
nous assure que f a une expression omplexe de la forme f (z) = az + b. Appliquée aux axes des
deux
 points dont on onnait l'image, ette équation nous permet d'obtenir le système d'équations
a(2 − i) + b = 3 + 7i
. En soustrayant es deux équations, on déduit immédiatement que
a(−1 + i) + b = 5 − 3i
−2 + 10i (−2 + 10i)(3 + 2i)) −26 + 26i
(3 − 2i)a = −2 + 10i, don a = = 2 2
= = −2 + 2i. On al ule
3 − 2i 3 +2 13

15
ensuite fa ilement b = 3 + 7i − (−2 + 2i)(2 − √
i) = 5 +√i. On pro ède ensuite omme d'habitude :
le rapport de la similitude est égal à |a| = 8 = 2 2 puis, après avoir é rit a sous la forme

 
1 1 3π
a = 2 2 − √ + √ i , on re onnait omme angle de la simitude arg(a) = . Il ne reste plus qu'à
2 2 4
trouver l'axe du entre de la similitude en résolvant l'équation f (z) = z , soit (−2 + 2i)z + 5 + i = z ,
−5 − i (−5 − i)(−3 − 2i) 13 + 13i
e qui implique z = = = = 1 + i. L'appli ation f est don la
−3 + 2i 13 13
√ 3π
similitude dire te de entre C(1 + i), de rapport 2 2 et d'angle .
4

A’
7

2
B
1 C

0
−3 −2 −1 0 1 2 3 4 5 6 7
−1
A

−2

−3
B’

−4

16

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