Conception et Modélisation Analytique d’une Machine Asynchrone
Introduction
Ce rapport présente la démarche adoptée pour modéliser analytiquement une machine
asynchrone triphasée à l’aide d’un programme Matlab. L’objectif est d’établir le schéma
équivalent monophasé de la machine et de déterminer les paramètres électriques associés
(résistances, réactances, flux, et coefficients caractéristiques) permettant d’analyser ses
performances électromagnétiques.
I - Schéma équivalent de la machine asynchrone
1. Principe de fonctionnement
Le stator d’une machine asynchrone est constitué d’une carcasse ferromagnétique portant
trois enroulements identiques, disposés à 120° les uns des autres autour de la circonférence
interne. Lorsqu’un système de courants triphasés équilibrés alimente ces enroulements, il
se crée, conformément au théorème de Ferraris, un champ magnétique tournant de
pulsation ω et de vitesse de rotation synchrones Ωs = ω/p, où p représente le nombre de
paires de pôles.
Ce champ tournant coupe les conducteurs du rotor et induit en eux, selon la loi de Faraday,
des courants rotoriques. Ces courants génèrent à leur tour un champ magnétique qui
s’oppose au flux statorique, créant ainsi un couple électromagnétique qui met le rotor en
mouvement. La vitesse du rotor étant inférieure à celle du champ tournant, on définit le
glissement g = (Ωs - Ω)/Ωs, avec Ω la vitesse mécanique du rotor.
2. Construction du schema equivalent
Sous alimentation triphasée équilibrée, chaque phase du stator est soumise à une tension
sinusoïdale Vs(t). Le courant is(t) qui circule dans la bobine provoque des pertes ohmiques
dans les conducteurs ainsi qu’une induction magnétique B et un flux Φ dans le circuit
magnétique.
La tension d’une phase peut s’exprimer sous la forme : Vs(t) = Rs is(t) + dΦk(t)/dt +
dΦfsk(t)/dt. En considérant que les flux de fuite sont proportionnels aux courants qui les
engendrent, on peut écrire : Vs(t) = Rs is(t) + ns dΦsk(t)/dt + ns Lsk dis(t)/dt.
3. Prise en compte du courant de magnétisation et des pertes fer
Le schéma précédent ne tient pas compte de deux phénomènes important: le courant de
magnétisation, nécessaire à la création du champ tournant, et les pertes fer dues aux
courants de Foucault et à l’hystérésis dans le fer.
On ajoute alors au schéma équivalent une impédance de magnétisation Zm = Rm + jXm en
parallèle avec le stator, représentant le courant de magnétisation et les pertes magnétiques.
En ramenant les grandeurs rotoriques au stator, le schéma équivalent complet devient : Vs
= Rs Is + jXs Is + (jXm (Rr/g + jXr)) / (Rr/g + j(Xr + Xm)) Is.
4. Paramètres du schéma équivalent
Symbole Désignation
Rs Résistance statorique
Rr' Résistance rotorique ramenée au stator
Xs Réactance de fuite statorique
Xr' Réactance de fuite rotorique ramenée au
stator
Xm Réactance de magnétisation
Is, Ir, Im Courants statorique, rotorique et de
magnétisation
Vs Tension d’alimentation d’une phase
E Force électromotrice induite
g Glissement
II - Calcul de la résistance statorique
La résistance d’une phase statorique est déterminée par la relation Rs = ρ × (L / S), où ρ est
la résistivité électrique du matériau conducteur, L la longueur totale du conducteur par
phase et S la section du fil.
Ce calcul repose sur les hypothèses suivantes : le matériau conducteur est homogène et
isotrope, la température est considérée constante, et la section du fil ainsi que la densité de
courant sont uniformes tout au long du conducteur.
Conclusion
Le schéma équivalent de la machine asynchrone constitue un outil fondamental pour la
modélisation et l’analyse de ses performances. À partir des équations électromagnétiques
du stator et du rotor, il permet d’assimiler la machine à un transformateur à couplage
variable, dont les pertes et la magnétisation sont représentées par des impédances
équivalentes. La détermination précise des paramètres rend ensuite possible l’évaluation
du couple, du rendement et du point de fonctionnement sous différentes conditions de
charge.