MAG354 – Fonctions Holomorphes Université Paris-Saclay 2025-2026
Feuille 1 : Fonctions holomorphes
1. Holomorphie. En utilisant la définition par C-différentiabilité :
(a) Démontrer que la somme et le produit de deux fonctions holomorphes f, g : U → C, définies
sur un ouvert U de C, sont encore holomorphes. Déterminer leur dérivée complexe.
(b) Même question pour la fonction (1/f ) : z ∈ U 7→ (1/f (z)) ∈ C∗ , en supposant que la
fonction holomorphe f : U → C∗ ne s’annule pas.
(c) Soit la fonction f : C → C définie par f (x + iy) = x + 2ixy. En quels points z0 = x0 + iy0
la fonction f admet-elle une dérivée complexe ?
2. Similitudes. On munit R2 ∼ C de sa structure euclidienne canonique.
(a) Montrer que l’application f : z ∈ C 7→ (1 + i)z ∈ C est une similitude directe. Déterminer
le rapport de cette similitude, ainsi que l’angle de la rotation sous-jacente.
(b) En quels points z0 ∈ C la différentielle de l’application f : R2 ∼ C → R2 ∼ C définie par
f (z) = z + z̄ 2 est-elle une similitude directe ? L’application f est-elle holomorphe ?
(c) Montrer que la composition de deux similitudes directes est une similitude directe. En
déduire que si f : V → C et g : U → V sont deux fonctions holomorphes, où U, V ⊂ C
sont deux ouverts de C, alors la composée f ◦ g : U → C est holomorphe.
3. Équations de Cauchy-Riemann.
Soit f : U → C une fonction holomorphe définie sur un ouvert connexe de C. En utilisant les
équations de Cauchy-Riemann, montrer que les conditions suivantes sont équivalentes :
(1) f est constante, (2) Ref est constante, (3) Imf est constante, (4) |f | est constante.
L’image d’une fonction holomorphe peut-elle être contenue dans un cercle ? Dans une droite ?
4. Rigidité Soient Ω un ouvert connexe de C, f ∈ O(Ω) et F ∈ C 1 (R, R) tels que
∀ z ∈ Ω, Re f (z) = F (Im f (z)).
Montrer que f est constante.
∂ 1 ∂ ∂ ∂ 1 ∂ ∂
5. Bonus : Les opérateurs ∂/∂z et ∂/∂ z̄. On note ∂z = 2 ∂x − i ∂y et ∂ z̄ = 2 ∂x + i ∂y .
Soit f : U ⊂ R2 ∼ C → R2 ∼ C, supposée R-différentiable sur un ouvert U du plan.
∂f ∂f
(a) Calculer ∂z et ∂ z̄ pour chacun des exemples suivants :
• f : z 7→ z et f : z 7→ z̄, f : (x, y) 7→ x, f : (x, y) 7→ ex+y ,
• f : z 7→ z n (n ∈ Z), puis f polynomiale en z.
∂f
(b) i. Montrer est f holomorphe si et seulement si la fonction ∂ z̄ est identiquement nulle.
∂f
ii. Montrer que, si la fonction f : U → C est holomorphe, on a l’égalité ∂z = f 0 (z).
∂f
(c) On dit que f est antiholomorphe lorsque ∂z = 0.
i. Donner des exemples de fonctions antiholomorphes.
ii. Montrer que la fonction f : U → C est antiholomorphe si et seulement si la fonction
conjuguée f : z ∈ U 7→ f (z) ∈ C est holomorphe, si et seulement si la fonction
h : z ∈ U 7→ f (z̄) ∈ C est holomorphe (où U = {z | z ∈ U }).
6. Un biholomorphisme. Soient H = {z ∈ C, Im z > 0} et f : H → C l’application définie par
z−i
f (z) = .
z+i
(a) Montrer que f (H) est inclus dans D = {z ∈ C, |z| < 1}.
(b) Montrer que f établit une bijection entre H et D et que f et son inverse sont holomorphes.
7. Bonus : Fonctions harmoniques. Une fonction u : U ⊂ R2 → R de classe C 2 est har-
2 2 ∂2u
monique lorsqu’elle est de laplacien nul, c’est-à-dire si ∆u := ∂∂xu2 + ∂∂yu2 = 4 ∂z∂ z̄ = 0.
(a) Montrer que les parties réelle et imaginaire d’une fonction holomorphe sont harmoniques.
(b) Soient U ⊂ C un ouvert connexe, et f : U → C holomorphe. On note respectivement
u = Ref et v = Imf la partie réelle et la partie imaginaire de f . Déterminer toutes les
fonctions v1 : U → R pour lesquelles f1 = u + iv1 : U → C est holomorphe.
(c) Soient trois réels a, b, c et la fonction u : R2 → R définie par u(x, y) = ax2 + 2bxy + cy 2 .
i. À quelle condition sur (a, b, c) la fonction u est-elle harmonique ?
ii. À quelle condition sur (a, b, c) la fonction u est-elle la partie réelle d’une fonction
holomorphe ?
(d) Soit U ⊂ C un ouvert. Montrer que u : U → R est harmonique si, et seulement si, c’est la
partie réelle d’une fonction holomorphe sur U .