Gênes
Gênes
Climat
Grâce à sa position environnementale, au centre du golfe,
sur la mer, à l'abri des montagnes et exposée plein sud, le
climat y est entre subtropical humide (classification de
Köppen : Cfa) et méditerranéen (classification de
Köppen : Csa). Plus qu'ailleurs en mer Méditerranée, le
climat de Gênes est humide (plus de 1 000 mm annuels),
même si le nombre de jours de pluie est limité. Par Géolocalisation sur la carte : Italie
ailleurs, on observe une faible amplitude thermique entre
le jour et la nuit et, dans une moindre mesure, au cours de
l'année (hivers très doux avec gel exceptionnel, étés
chauds mais non caniculaires). Les reliefs qui entourent
la ville, bloquant partiellement les vents froids du nord,
permettent des hivers ensoleillés et lumineux, avec des
températures moins basses qu'à Milan ou Turin, et des
étés chauds et non étouffants grâce aux brises marines et
aux pluies. Les records absolus de température sont de
38,7 °C maximum le 7 août 2015 et de −6,8 °C
minimum. Les chutes de neige sont rares mais pas
exceptionnelles (en moyenne une à deux fois par an).
Gênes
Gênes
Liens
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Température
minimale 5,4 6 8,2 10,7 14,5 18 20,8 20,9 17,9 14,2 9,6 6,4 12,7
moyenne (°C)
Température
maximale 12,3 13,1 16,4 20 22,4 27,2 29,2 28,5 27,3 22,9 17,3 14 18,9
moyenne (°C)
Précipitations
106 95 106 85 76 53 27 81 99 153 110 81 1 072
(mm)
15
15
Source : (it) Servizio Meteorologico
Urbanisme
Sampierdarena Sottoripa
San Lorenzo
Piazza Cavour
Foce
Adresses
Comme dans la plupart des villes, le passant dans les rues de Gênes voit sur l'entrée de chaque immeuble
un numéro (numero civico). À Gênes, celui-ci est soit noir soit rouge. Les immeubles abritant une activité
professionnelle portent les numéros rouges, et tous les autres, principalement résidentiels, portent un
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numéro noir . Dans les documents administratifs ou pratiques, les numéros rouges — moins nombreux
que les noirs — sont transcrits suffixés d'un "r" minuscule : un immeuble résidentiel est situé "via
Garibaldi 12" et porte un numéro noir, tandis qu'un restaurant ou une assurance peuvent avoir pour
adresse "via Garibaldi 12r" indiquant un numéro rouge.
Histoire
Antiquité
L'occupation humaine de la région de Gênes est précoce. Les plus anciennes traces de sédentarisation
retrouvées dans la région de Gênes sont datées de l'époque néolithique au Ve millénaire av. J.-C. Des
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vestiges d'habitations plus récentes datées de l'Âge du bronze (un mur en pierres sèches ) ont également
été retrouvés à l'embouchure du Bisagno.
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La nécropole de la ville datant des vie et ve siècles atteste l'occupation du lieu par les Étrusques mais le
port d'origine ligure, qui commerce particulièrement avec la plaine du Pô qui est un axe important dans la
Route de l'ambre, est plus ancien. L'ancienne ville ligure est connue des Grecs sous le nom de Σταλία
(Stalia) et reste dans l'ombre de Vada Sabatia (Vado Ligure), près de Savone. Stalia fait alliance avec
Rome par un foedus aequum (« traité entre égaux ») au cours
de la deuxième guerre punique (218-201 av. J.-C.). Les
Carthaginois, sous le commandement de Hannibal, Hasdrubal
et Magon, alliés aux tribus ligures des Intemelii et des
Ingauni, détruisent Gênes en 205 av. J.-C.
La ville est reconstruite par les Romains et en 148 av. J.-C. est
réalisée la via Postumia. La ville reçoit des droits municipaux
après la troisième guerre punique en 146 av. J.-C. Le castrum
original s'agrandit alors vers les quartiers actuels de Santa Carte représentant la Ligurie à l'époque
Maria di Castello et le promontoire San Lorenzo. Gênes romaine.
bénéficie de l'instauration de la Pax Romana et l'oppidum
Genua, mentionné par Pline l'Ancien (Nat. Hist. 3.48), fait
partie de la Regio IX Liguria. En 13 av. J.-C. est établie la via Julia Augusta, tronçon de la via Aurelia.
Le port fait le commerce des peaux, du bois et du miel, produits convoyés vers des villes comme Tortona
et Plaisance. Strabon dit de la ville qu'elle est l'emporium (du grec ἐμπόριον / empórion, « marché ») de
la Ligurie.
Moyen Âge
Après la chute de l'Empire romain d'Occident, Gênes est occupée par les Ostrogoths jusqu'à la reconquête
de l'Italie par Justinien en 553. Quand les Lombards envahissent l'Italie en 568, l'évêque de Milan se
réfugie à Gênes mais les Lombards du roi Rothari prennent Gênes et la Ligurie vers 643. En 774, le
royaume lombard est annexé par l'Empire carolingien. Le premier comte carolingien de Gênes est
Ademar, qui reçoit le titre de praefectus civitatis Genuensis. Ademar meurt en Corse en combattant les
Sarrasins. À cette époque, les remparts romains détruits par les Lombards sont reconstruits.
Durant les siècles suivants, Gênes est un centre de taille moyenne, construisant lentement sa flotte
marchande. La ville est mise à sac et brûlée en 934 lors d'une attaque par les Fatimides et quasiment
abandonnée pendant quelques années. Au xe siècle la ville, située dans la Marche de Gênes, est sous
l'autorité de la famille Obertenghi. Gênes devient une des premières villes italiennes à avoir des droits
civiques garantis par les seigneurs locaux [réf. nécessaire].
République de Gênes
Au Moyen Âge, Gênes est l'une des quatre républiques
maritimes italiennes avec Venise, Amalfi et Pise dont elle
devint la plus puissante pendant plusieurs siècles à la suite
des Croisades. Elle connaît en particulier deux apogées, tout
d'abord de 1284 à 1381, militairement et politiquement, puis
de 1550 à 1630 environ, financièrement cette fois. On appelle
cette dernière période « le siècle des Génois ».
Expansion de la république de Gênes en
La république de Gênes comprend la Ligurie actuelle, la
mer Méditerranée ainsi qu'en mer Noire.
Corse et des colonies au Moyen-Orient, en Grèce, autour des
bouches du Danube, en Crimée et en Afrique du Nord. Du
e e
xiii siècle à la fin du xv , la mer Noire est une mer génoise, Caffa en Crimée est la plus importante des
colonies avec 80 000 habitants ; il faut ajouter que les Génois ont fondé des colonies loin sur le Danube.
De plus, ils contrôlent les grandes routes terrestres dans le cas où la route des Détroits aurait été fermée.
Gênes succombe sous la pression des troupes de Napoléon Ier et ne fut réinstituée qu'en 1815. Le congrès
de Vienne accorde l'ancienne république « à perpétuité aux États de S.M. le roi de Sardaigne ».
Conquête et grandeur
À la fin du xe siècle, Gênes et Pise entreprennent de chasser les Maures de Corse et de Sardaigne.
Pendant deux siècles, les deux cités se disputent avec acharnement les deux îles et de manière plus
générale, le contrôle de la mer Tyrrhénienne. Dans un premier temps, Pise a l'avantage. Gênes et Pise, au
gré des changements brusques de la politique romaine, se partagent les îles entre leurs différents évêchés.
Durant le bas Moyen Âge, aux xiie et xiiie siècles, Gênes connaît une période de prospérité et de montée
en puissance grâce à son grand commerce (soie, épices, or, pierres précieuses, alun).
Les Génois sont fermement implantés dans le nord de la Sardaigne, l'extrême Sud Corse avec Bonifacio,
en Balagne avec Calvi qu'ils fondent au xiiie siècle et dans le cap Corse avec Bastia. Ils possèdent en outre
l'île de Capraia en face de Bastia. Les Pisans possèdent le reste des îles. La vie des institutions de la
« Commune » est dominée par les rivalités entre ces quatre grandes familles : les Fieschi, Grimaldi, Doria
et Spinola.
Dans les années 1350, le doge de Gênes, Jean da Murta, reçoit la soumission du peuple de Corse.
Désormais, Gênes, par l'intermédiaire d'offices financiers (la Maona jusqu'en 1453 puis la banque de
Saint-Georges jusqu'en 1561), s'efforce de réduire la noblesse insulaire.
Sa puissante flotte affronte également la république de Venise à plusieurs reprises, sans qu'aucune des
deux rivales puisse dominer l'autre. Depuis 1270, les deux cités renouvellent des trêves successives, tout
en sachant l'affrontement inévitable. Les croisades apportent à Gênes une immense prospérité grâce au
transport des troupes chrétiennes outre-mer. De cette activité sont issus les nombreux ordres militaires
encore aujourd'hui représentés dans la cité. Les marins génois prennent une part considérable dans la
prise de Saint-Jean d'Acre en 1191.
Le commerce génois s’avère florissant dans le sud des royaumes latins. En 1261, par le traité de
Nymphée, les Génois obtiennent du basileus Michel VIII Paléologue des avantages commerciaux
considérables ainsi que le quartier de Galata à Constantinople, de l'autre côté de la Corne d'Or. Bien vite,
le comptoir de Galata attire plus de navires que Constantinople elle-même.
La mer Noire devient le domaine réservé des Génois. Ceux-ci s'assurent le contrôle des routes terrestres
et du Danube (maîtrise de l'estuaire du Danube et fondation de San Giorgio) dans le cas où la route des
Détroits serait inaccessible. Cette domination sans partage, malgré les tentatives de Venise et de l'empire
de Trébizonde, s'achève en 1481 quand la population de Caffa ouvre la ville aux assiégeants ottomans.
Gloire
Au xive siècle, la république de Gênes a un véritable empire
maritime en mer Méditerranée et en mer Noire, incluant la
Corse, alors son grenier à blé, des îles grecques (Lesbos,
Chios, Ikaria et Samos), des comptoirs en Anatolie (Galata,
Phocée, Scalanova, Amastris et Sinope), en Crimée (Cherson,
Cembalos, Halopsis, Yalta, Soudak, Caffa et Kertch), autour
des bouches du Danube (San Giorgio, Caladda, Licostomo,
Eraclea aujourd'hui en ruines et Constanța) et ailleurs en mer Gênes en 1481.
Noire (Montecastro en Moldavie, Matrida, Taman et Tana
dans le khanat de la Horde d'or autour de la mer d'Azov).
C'est une nef génoise qui rapporte involontairement de Crimée la peste noire en 1348.
L'empire génois a pour principal concurrent celui de Venise, dominant en mer Égée, sur les marchés de
Constantinople et de Trébizonde, et à Chypre ; de leur côté, les Vénitiens veulent chasser les Génois de
leurs possessions de Syrie. Gênes se rapproche de Byzance (traité de Nymphée) tandis que Venise se
rapproche de Pise. Les deux cités s'affrontent par intermittences depuis la fin du xiiie siècle et plus
particulièrement depuis le printemps 1294 où les navires vénitiens attaquent les colonies génoises de
Chypre puis, le 7 octobre 1294, mettant les voiles vers la Cilicie. Ils rencontrent les Génois sur la côte
arménienne : la bataille est désastreuse pour Venise qui perd 25 navires, un nombre important de
combattants dont son général Marco Basagio.
Face à la défaite, la ville réagit en donnant ordre à tous ses armateurs d'entreprendre une guerre de course,
tandis que la cité reconstruit une nouvelle flotte de 65 galères. Gênes, qui a ainsi triomphé de Pise et de
Venise, est alors à l'apogée de sa puissance militaire. Cependant, si elle n'a rien à craindre de Pise, alors
divisée en factions, Venise est parfaitement capable de s'opposer à nouveau à elle et, dès l'année suivante,
les deux cités s'affrontent dans une série de coups de main jusqu'à ce que Gênes batte à nouveau Venise le
8 septembre 1298 devant Curzola, bataille remportée par Lamba Doria, frère d'Oberto Doria, vainqueur
de Pise à la Meloria.
Le nouveau type de galères génoises, dites « à la sensile », est largement responsable de la victoire. Le
bilan pour Venise est lourd : 18 navires coulés, 66 navires brûlés par les Génois qui ne peuvent les
remorquer à Gênes, 7 400 prisonniers dont Marco Polo (qui rédige ses récits de voyage dans les prisons
génoises) et Andrea Dandolo, fils du doge Giovanni qui préfère se tuer en se fracassant la tête à son banc
plutôt que de figurer au défilé triomphal de Lamba. Une médiation du pape et de Charles d'Anjou amène
les deux cités à signer la paix de Milan en 1299, faisant planer sur Gênes toujours en proie aux luttes
entre factions, l'ombre des souverains de Milan, les Visconti.
Une troisième guerre éclate, de 1350 à 1355, émaillée de victoires incertaines de part et d'autre, jusqu'à ce
que les deux républiques signent une paix temporaire à Byzance, en 1355, puis qu'elles concluent des
accords commerciaux en 1361. De 1372 à 1378, une nouvelle période de tensions amène successivement
une défaite vénitienne devant Pola en 1374, puis de Gênes près du cap d'Anzio en 1378. L'année suivante
voit Gênes s'imposer mais, en 1379, commence entre les deux villes la guerre de Chioggia s'achevant par
la défaite génoise en 1380, Venise assurant sa souveraineté sur la Méditerranée orientale.
La paix de Turin de 1381 permet à Venise de rentrer à nouveau en possession de tous ses privilèges à
Constantinople et même de se faire reconnaître le droit de commercer librement en mer Noire. Durant
cette guerre, Venise ne doit son salut qu'à la mort du général génois, Pietro Doria, tué lors de la bataille
finale et au retour opportun de Vettor Pisani et de son escadre. Pour sauver leur patrie, les Vénitiens se
saignent autant financièrement que physiquement, induisant de profondes et irréversibles modifications
des institutions.
Essor et renaissance
Alors que Gênes est au sommet de sa gloire, la concurrence
émerge à Venise, où une « Bourse du Rialto » facilite
l'échange des parts de navires, le développement d'une flotte
commerciale et le quadruplement de la superficie de l'arsenal
de Venise dans les trois premières décennies du xvie siècle.
Mais tandis que Venise plaçait comme suprême bien
l'indépendance et l'union des citoyens, Gênes s'offrit aux
différentes puissances étrangères (Visconti, France, puis
Espagne) déchirée de l'intérieur par les luttes fratricides des Christophe Colomb, explorateur génois,
différentes factions, patriciens contre plébéiens, guelfes débarquant en Amérique et ouvrant la
contre gibelins, Adorno contre Fregoso ou Campofregoso. voie aux routes commerciales ainsi
qu'aux conquêtes des conquistadores.
En 1339, Simone Boccanegra avait été acclamé premier doge
de Gênes. Le doge, élu à vie, devait être plébéien et de la
faction gibeline. On appelle cette période le dogat populaire. Aucun doge ne put rester durablement en
place. Chaque coup d'État entrainant la perte de l'indépendance dans un mouvement irréversible de
décomposition. En 1390, devant la perte de ses positions commerciales en Tunisie en faveur de Venise,
Gênes organisa une expédition militaire voulant lui donner le caractère d'une nouvelle croisade au
prétexte de venger la piraterie des Barbaresques contre les Chrétiens. Elle obtint l'assistance d'un corps de
seigneurs franco-anglais dont Louis II de Bourbon prit le commandement et qui mit le siège devant
Mahdia. Par le traité du 25 octobre 1396, Gênes se donne au royaume de France qui y place en 1401
comme gouverneur Jean II Le Meingre, dit Boucicaut. Éclate une révolution en 1409 et la ville proclame
son indépendance.
Le conflit avec Venise reprend sporadiquement et une nouvelle défaite génoise amena un nouveau traité
en 1404. Gênes n'est alors plus en mesure de s'imposer. Elle est à nouveau battue en 1431. Mais le grand
adversaire de la cité n'est plus Venise, au xve siècle, mais l'Aragon qui lui dispute la Sardaigne (perdue
dès 1320), la Corse et, plus largement, la domination de la Méditerranée occidentale. Mais le 5 août 1435,
Alphonse V est vaincu et fait prisonnier par les Génois à la bataille de Ponza. Il est capturé par le Génois
Biagio Assereto.
Toutefois, la république reste étranglée entre de puissants
rivaux. Et finalement, elle se résout à se déclarer sous la
protection de la France. Celle-ci nomme le 11 mars 1458
comme nouveau gouverneur Jean d'Anjou, duc de Calabre ; il
a six successeurs, dont Antonio Ardorno (1513-1515) et
Octavio Fregoso (1515-1522). Toutefois, Gênes se rebelle le
12 mars 1461. À partir du 16 avril 1464, c'est le duc de Milan
qui impose son protectorat sur la république jusqu'au
7 juillet 1478.
Organe très puissant de contrôle des institutions, le syndicato est composé entre autres de deux censeurs.
Le doge est de rang royal, il lui est interdit de sortir de la cité pendant son mandat de deux ans non
renouvelable avant dix années. Or, on élit généralement des hommes fort âgés et seul Giacomo Maria
Brignole sera élu deux fois, en 1779 et 1795 ; il sera le tout dernier doge de la République.
En 1528, la Commune de Gênes disparaît et devient une république sérénissime en 1596. En 1547 a lieu
la Conjuration de Gian Luigi Fieschi qui s'achève tragiquement et provoque la cruelle vengeance
d'Andrea Doria. Gênes perd l'île de Chios, habitée par près de 40 000 Génois en 1566. Tabarka (Tunisie)
en 1744, la Corse en 1768.
Splendeur et lutte
« ...L’étonnante beauté de cette ville dont les maisons
paraissent enchâssées dans le roc comme diamants dans
l’or. » in les Nouvelles exemplaires de Miguel de Cervantès.
Le doge doit venir s'humilier à Versailles en mai 1685. Le doge se rend à la présentation au Roi, en plein
mois d'août, avec un vêtement de velours, une action publicitaire adroite qui détermina le début d'une
période de grande exportation de velours de Gênes à la France. Pendant la visite, le roi, montrant au doge
le nouveau palais royal de Versailles, lui demanda quelle était la chose qui l'avait le plus étonné pendant
sa visite. Le doge répondit d'une formule lapidaire, caractéristique du sarcasme génois : « Mi chi » c'est-à-
dire « Moi ici ».
Le gouvernement génois se limite désormais à assurer la sécurité et à prélever l'impôt, tandis que la haute
classe dirigeante s'adonne au grand commerce et à la finance. Le blé acheté en grande quantité et à bas
prix au royaume de Naples suffit à approvisionner la cité qui, ainsi, ne pense pas à mettre en valeur la
Corse où elle construit tout de même routes, forts et ponts. La maîtrise de la Corse est nécessaire à la
survie de Gênes, car toute nation possédant l'île serait en mesure d'exercer le blocus de la métropole.
Durant le xviiie siècle, la République eut à mener plusieurs
violentes guerres contre le duché de Savoie. Lors de la guerre
de Succession d'Autriche, les armées génoises tout juste
réorganisées et portées à 10 000 hommes par le général en
chef Francesco II Brignole Sale, souffrent des défaites de la
France. Gênes est dès lors [Quand ?] occupée [Par qui ?]
[pourquoi ?]. En 1747, Gênes se révolte contre l'occupant
En 1861, Gênes, avec tout le royaume de Sardaigne, sont intégrés dans le nouveau royaume d'Italie.
En 1892, à Gênes par Filippo Turati, Andrea Costa et Anna Kuliscioff a été créé le Parti socialiste italien,
la ville est devenue un important centre industriel et le port d'embarquement pour de nombreux émigrés
italiens s'en allant tenter leur chance en Amérique. Les immigrants génois en Argentine créent le quartier
de Buenos Aires appelé La Boca et en 1905 toujours grâce aux immigrants génois sera fondé le Club
Atlético Boca Juniors.
Ansaldo 1853. Monument en mémoire Chantiers navals de
de l'Expédition des Sestri Ponente.
Mille.
e
xx siècle
Le xxe siècle pour la ville de Gênes commence par
l'Exposition Internationale de 1914. Sous le fascisme, la
Grande Gênes est constituée. Pendant cette période, de
nombreuses œuvres urbaines ont été réalisées et en 1931, les
chantiers navals de Sestri Ponente lancent le transatlantique
Rex. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la flotte
britannique bombarde Gênes et un obus tombe dans la
cathédrale San Lorenzo sans exploser. Une copie est
maintenant visible pour le public dans le collatéral droit de la
22
cathédrale . La ville fut libérée par les partisans, le
25 avril 1945, quelques jours avant l'arrivée des Alliés.
e Exposition Internationale.
xxi siècle
En juillet 2001, le 27e sommet du G8 se tient dans la ville. Il
est éclipsé par de violentes manifestations au cours desquelles Carlo Giuliani, un militant
altermondialiste, sera tué lors d'une confrontation avec la police italienne (voir l'article « émeutes anti-G8
de Gênes de 2001 »). En 2007, quinze fonctionnaires, parmi lesquels figuraient des policiers, agents
pénitentiaires et deux médecins, ont été reconnus coupables par un tribunal italien d'avoir maltraité des
23
manifestants. Un juge a prononcé des peines de prison allant de cinq mois à cinq ans .
En 2004, l'Union européenne a désigné Gênes comme capitale européenne de la culture, avec la ville
française de Lille.
Le 14 août 2018, le pont Morandi, section autoroutière qui surplombe plusieurs quartiers de la ville,
s'effondre, provoquant la mort de 43 personnes. Le 3 août 2020, le viaduc Gênes-Saint-Georges est
inauguré à la place de l'ancien pont.
Culture
Arts textiles
Les arts textiles ont été florissants à Gênes.
Au xiiie siècle, la république de Gênes avait le monopole du commerce de l'alun, minéral essentiel pour la
24
fixation des couleurs sur les tissus, en particulier la soie et le velours . La fabrication et l'exportation de
tissus précieux s'y sont développées : le velours de Gênes et la soie, qui a fait la fortune de Zoagli, petit
bourg des environs.
25
La toile de jean doit sans doute son nom à la ville de Gênes . D'abord utilisé par la marine génoise pour
ses voiles et les vêtements de ses marins, ce tissu a aussi servi pour l'habillement des plus pauvres,
comme le montrent les tableaux du Maestro della tela di Genova. La toile est aussi présente dans l'art
religieux, soit en support (La Déposition du Christ de Teramo Piaggio), soit en représentation (Martyre de
saint André de Teramo Piaggio et Antonio Semini).
Femme cousant avec deux enfants. La Déposition du Christ.
Martyre de saint
André.
Monuments et patrimoine
Le centre historique de Gênes s'articule en un dédale de
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places et de caruggi étroits (ruelles génoises typiques) .
Les musées d'art de la Strada Nuova (maintenant Via Garibaldi) : Musei di Strada Nuova
La Galerie nationale du palais Spinola
L'église-musée Sant'Agostino
Le jardin botanique Clelia Durazzo Grimaldi
Le château d'Albertis qui abrite un musée consacré aux cultures du monde
Le château Mackenzie, de style néogothique.
En périphérie :
Cuisine
C'est à Gênes en 1574 que la première Guilde des Pastai fut formée avec son propre statut (Capitoli
dell'arte dei Fidelari). Outre la paternité revendiquée du pesto, de la focaccia génoise, du jean et du jeu
de loterie, Gênes lie également son nom à la naissance, avec d'autres villes, de la coutume de l'apéritif.
Éducation
Les premières formes organisées d'enseignement supérieur à Gênes remontent au XIIIe siècle, lorsque les
collèges privés avaient le droit de décerner des diplômes en médecine, philosophie, théologie, droit, arts.
Aujourd'hui, l'Université de Gênes, fondée en 1481, est l'une des plus grandes d'Italie, avec 11 facultés,
51 départements et 14 bibliothèques. En 2007-2008, l'université comptait 41 000 étudiants et 6 540
diplômés.
Politique et administration
La ville est administrée par un conseil municipal de 40 membres élus pour un mandat de cinq ans. Les
dernières élections ont eu lieu les 12 et 26 juin 2022.
Les maires successifs
Hameaux
Grand Gênes
L'ensemble du Grand Gênes (Grande Genova) - c'est-à-dire la ville qui s'étend d'un bout à l'autre du golfe
qui porte le nom de Gênes, depuis les falaises de Nervi jusqu'à la plage de galets de Voltri - remonte à
l'époque du fascisme, en 1926, quand ont été réunies au chef-lieu plus de vingt communes, jusque là
autonomes, qui sont aujourd'hui des quartiers (delegazioni) mais qui sont depuis toujours dans le cadre du
centre-ville et comprennent les vallées adjacentes et les deux rivieras.
Par extension, on utilise parfois le terme pour l'ensemble de l'agglomération autour de la commune de
Gênes, avec les myriades de petites municipalités qui s'étendent sur flancs des collines et les hauteurs des
environs (comme le mont Figogna, où se trouve le sanctuaire Nostra Signora della Guardia) ou encore les
lieux touristiques divers, falaise ou plages de sable au-delà de Vesima, à l'ouest, ou de Bogliasco, à l'est.
En fait, le réseau d'autobus et la ligne ferroviaire qui les desservent marquent le mieux l'unité de ces
divers quartiers de l'actuel « grand Gênes ».
Anciennes communes
Les communes adjointes en 1873 incluent : Foce, [Link] d'Albaro, San Martino d'Albaro, San
Fruttuoso, Marassi (comprenait Quezzi), et Staglieno où se trouve le fameux cimetière monumental.
Les communes adjointes en 1926 incluent : Apparizione, Bavari, Bolzaneto, Borzoli, Cornigliano Ligure
ou Cornigliano, Molassana, Nervi, Pegli, Pontedecimo, Pra', Quarto dei Mille, Quinto al mare, Rivarolo,
Sampierdarena, San Quirico (it), Sant'Ilario, Sestri Ponente, Struppa, et Voltri.
Communes limitrophes
Arenzano, Bargagli, Bogliasco, Bosio (AL), Campomorone, Ceranesi, Davagna, Masone, Mele,
Mignanego, Montoggio, Sant'Olcese, Sassello (SV), Serra Riccò, Sori, Tiglieto, Urbe (SV)
Évolution démographique
Habitants recensés
Sports
La ville possède deux clubs de football professionnels, le Genoa CFC, fondé en 1893 et qui est le plus
vieux club de football italien, et l'UC Sampdoria, fondé en 1946. Le derby entre les deux équipes est
appelé Derby della Lanterna.
La ville possède plusieurs installations sportives, tels que le Stade Luigi-Ferraris (qui accueille le Genoa
et la Sampdoria) ou encore le Stade La Sciorba.
Elle organise aussi chaque année en septembre un tournoi de tennis sur terre battue du circuit ATP
Challenger Tour.
La ville abrite également le Yacht Club Italiano, fondé en 1879, le plus ancien club de voile de
Méditerranée.
Le stade Luigi-Ferraris Le stade La Sciorba.
en 2016.
Transport routier
La ville de Gênes est traversée par l'autoroute A10 dite des fleurs depuis les années 1950, avec plusieurs
jonctions :
Transports urbains
Depuis 1990, Gênes est équipée d’une ligne de métro (8
stations) gérée par la compagnie Transdev. Le réseau
comporte aussi trois navebus (Pegli-Centro, Genes-Camogli,
Genes-Portofino), plusieurs lignes d'autobus et une ligne de
trolleybus. La nature vallonnée de la ville a influencé ses
Trolleybus de Gênes.
transports en commun, qui comporte deux funiculaires (Zecca-Righi et Sant'Anna), une ligne à
crémaillère (Principe-Granarolo), et dix ascenseurs urbains.
Le port
Le port de Gênes est le premier port italien. Le port de Gênes comprend le port de commerce et le port de
passagers. Plusieurs lignes de croisières et de ferries desservent les terminaux passagers du vieux port,
avec un trafic de 3,2 millions de passagers en 2007. MSC Cruises a choisi Gênes comme l'un de ses
principaux ports d'attache, en concurrence avec la compagnie génoise Costa Cruises, qui a déménagé son
port d'attache à Savone.
Aéroport
L'aéroport de Gênes est situé à 6 km du centre-ville, il est construit sur une péninsule artificielle. En
2017, il a accueilli 1,2 million de passagers.
Transports ferroviaires
Les principales gares ferroviaires sont Gênes Brignole à l'est et Gênes Principe à l'ouest. Gênes Brignole
est proche des quartiers d'affaires et du parc des expositions, tandis que le Principe est proche du port, de
l'université et du centre historique. De ces deux gares partent les principaux trains reliant Gênes à la
France, Turin, Milan et Rome. La ville de Gênes comporte 23 stations ferroviaires réparties le long de la
côte :
Relations extérieures
Jumelages
Baltimore (États-Unis)
Chios (Grèce)
Columbus (Ohio) (États-Unis)
Marseille (France)
Odessa (Ukraine)
Accords bilatéraux
Saint- Mantoue (Italie) Capo di Ponte (Italie)
Pétersbourg (Russie) Crémone (Italie) Castelsardo (Italie)
Ovada (Italie) Saint-
Iekaterinbourg (Russie) Domingue (République
Buenos Constanța (Roumanie) dominicaine)
Aires (Argentine) Tursi (Italie)
Turin (Italie)
Guayaquil (Équateur) Deva Pointe Noire (Congo)
La Havane (Cuba) (Hunedoara) (Roumanie) Kaolack (Sénégal)
Barcelone (Espagne) Sienne (Italie) Lattaquié (Syrie)
Dalian (Chine) Odessa (Ukraine) Galata (Turquie)
Marseille (France) Kiev (Ukraine) Hébron (Palestine)
Belém (Brésil) Nice (France) El Mina (Liban)
Athènes (Grèce) La Paz (Bolivie) Pizzo (Italie)
Lille (France) Azuchi (Japon) Polokwane (Afrique
Acqui Terme (Italie) Bogota (Colombie) du Sud)
Moscou (Russie) Valparaíso (Chili) Lyon (France)
Varna (Bulgarie) Sousse (Tunisie)
Réseau de villes
Eurocities
Notes et références
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Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :
Gênes ([Link]
iki/Genova?uselang=fr), sur Wikimedia
Commons
Gênes, sur le Wiktionnaire
Gênes, sur Wikiquote
Gênes, sur Wikivoyage
Bibliographie culturelle
(it) Federico Alizeri, Guida artistica di Genova, Gênes, 1846-1847.
Bibliographie historique
Fabien Levy, Histoire de Gêne : Le souffle du capitalisme mondial, XIVe-XVIe siècle,
Passés composés, avril 2025
Articles connexes
Familles patriciennes de Génois, voiles Opération Vado (1940)
Gênes Génoise (architecture) Accords de Gênes
Histoire des Juifs à Pont génois (1922)
Gênes Traité de Rapallo (1922)
Tour génoise
Archidiocèse de Gênes Traité de Rapallo (1920)
Liste des tours génoises
Velours de Gênes en Corse Siège de Gênes (1747)
Jean (tissu) Occupation génoise de Siège de Gênes (1746)
Crèche génoise Rhodes Siège de Gênes (1522)
Génoise (cuisine) Carabiniers génois (485) Genua, astéroïde
Société de navigation Arbalétriers génois nommé d'après le nom
génoise Rubattino Émeutes anti-G8 de latin de la ville
Marine génoise Gênes de 2001
Liens externes
(it) Commune de Gênes ([Link]
GenovaTurismo ([Link]
Notices d'autorité : VIAF ([Link] ·
ISNI ([Link] ·
BnF ([Link]
(données ([Link] ·
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Ressource relative au spectacle : Archives suisses des arts de la scène ([Link]
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Ressource relative à la géographie : Digital Atlas of the Roman Empire ([Link]
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Ressource relative à la bande dessinée : Comic Vine ([Link]
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Ressource relative à la recherche : Horizon 2020 ([Link]
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