0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues3 pages

Lecture

Le document explore l'évolution des approches littéraires, passant des théories formalistes qui se concentrent sur les qualités intrinsèques des textes à des théories de la lecture qui valorisent le rôle actif du lecteur dans la création de sens. Les travaux d'Iser et de Jauss, en particulier, soulignent que le sens d'une œuvre littéraire émerge de l'interaction entre le texte et l'expérience du lecteur, mettant en avant l'importance de l'indétermination du texte. Cette transition marque un changement de paradigme vers une compréhension de la littérature comme un projet partagé entre l'œuvre et son interprète.

Transféré par

limulevoldigod
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues3 pages

Lecture

Le document explore l'évolution des approches littéraires, passant des théories formalistes qui se concentrent sur les qualités intrinsèques des textes à des théories de la lecture qui valorisent le rôle actif du lecteur dans la création de sens. Les travaux d'Iser et de Jauss, en particulier, soulignent que le sens d'une œuvre littéraire émerge de l'interaction entre le texte et l'expérience du lecteur, mettant en avant l'importance de l'indétermination du texte. Cette transition marque un changement de paradigme vers une compréhension de la littérature comme un projet partagé entre l'œuvre et son interprète.

Transféré par

limulevoldigod
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1- Le rôle actif du lecteur dans la création de sens

Jusqu'au milieu des années 1970, la littérature comme phénomène a été


étudiée sous l'angle d'approches dites interne Selon ces approches, le
phénomène littéraire est étudié pour dégager les qualités intrinsèques des
œuvres. L'approche formaliste, entre autres, a étudié la dimension
linguistique qui fait la spécificité des textes littéraires. Trois aspects ont
caractérisé 1 'approche formaliste (Dufays, Gemenne et Ledur, 1996):

1) l'étude du langage en soi, du lexique, de la syntaxe, des figures de style et


de la structure narrative
2) l'étude de l'intégration de l'œuvre dans un réseau de textes de mêmes
types, de mêmes genres (l'architextualité) et de textes antérieurs (1
'intertextualité)
3) 1' étude des éléments formels du texte et de leur composition dans la
production
des effets de sens. Quasi exclusivement orientée par l' étude des
phénomènes langagiers mis en œuvre dans les textes littéraires, l’ approche
formaliste a été critiquée, les reproches venant tantôt du champ des théories
de la littérature, tantôt du champ des théories didactiques de la littérature.
Le premier reproche est attribué à l'attention monopolisée par l'étude du
langage (Dufayset al., 1996). Le souci d'une analyse «objective» des textes
littéraires, strictement orientée par l'analyse des formes, placé hors champ
de la subjectivité du lecteur. On a aussi reproché au formalisme de
représenter le texte littéraire comme un objet langagier clos, autosuffisant et
absolu (Langlade,2002; Chabanne, Dunas, Valdivia, 2002). La critique
littéraire s'est dotée d'outils abstraits, de concepts construits pour
systématiser 1' analyse d'un texte littéraire, mais ces outils et concepts
considèrent peu les lectures singulières. Daunay (2007) soutient que, en
plaçant hors discipline les savoirs qui ne sont pas propres à 1 'étude des
formes, on risque de mettre en sourdine la lecture singulière du sujet lecteur.
2- Cadre théorique - Des théories de la lecture
littéraire
Vers la fin des années 1970, la littérature a été théorisée sous l'angle
d'approches dites
«externes», aussi appelées «théories de la lecture» (Dufays et al. , 1996, p.
50, 65). Selon les théories de la lecture, ce ne sont pas les textes qui font la
littérature. Ce serait le lecteur qui attribuerait au texte sa valeur littéraire.
Les théories de la lecture se sont intéressées à ce qui, dans 1' acte de lire,
confère au texte son caractère littéraire. Avec les théories de la lecture, «la
question n'est plus de savoir ce qu'est la littérature comme objet ou comme
produit fini, mais ce qu'elle est en tant que projet ou représentation dans la
tête de celui quilit» (Ibid., p. 65). 179 Nouveaux cahiers de ta recherche en
éducation vol. 13, no 2, 2010, p. 177 à 196 180
3- De l'effet esthétique à l'esthétique de la réception
Depuis les travaux d'Iser (1985) et ceux de Jauss (1978), la production du
sens ne trouve plus sa source exclusivement dans le texte. Les théories de la
lecture littéraire proposent que le sens soit probablement d'abord produit par
celui qui lit.
Pour Iser, l'un des fondateurs, avec Jauss, de l'esthétique de la réception,
l'activité du lecteur est interpellée par les lacunes du texte, par les«blancs»,
ces «lieux d'indétermination» (Iser,1985, p. 318) qui autorisent différentes
interprétations, qui permettent la participation du lecteur au déroulement de
l ' action (Ibid.). En insistant sur l'indétermination du texte comme une
condition de son efficacité, Iser sème l'idée que lire c'est aussi lier, lego
(Picard, 1986). Lebrun (2005)traduit ainsi la théorie d 'Iser:
Une œuvre littéraire possède en elle une indétermination que seul le rapport
au lecteur
Permet de lever. Cela signifie que le lecteur est l'implicite du texte, son
présupposé fondamental. L'effet esthétique, la beauté résultent alors de la
jouissance que le sujet, qui reçoit 1' œuvre, éprouve à répondre aux appels
signalés par la structure formelle. Le lecteur actualise les potentialités
inscrites dans ces formes. Il en lève l'indétermination naturelle. Tout texte
appelle un lecteur, donc un acte de lecture, car les conditions de sa réception
réelle sont inhérentes au texte. (p. 13-14) Pour Jauss (1978), l'idée de
l'expérience esthétique doit être défendue. La reconnaissance de la beauté
se vit à la réception du texte littéraire. Toutefois, il avance également que le
lecteur est «l'implicite du texte». C'est pourquoi il propose de distinguer
l'effet constitué par l'œuvre et lar réception restituée de 1 'œuvre: « [ ... ]
deux éléments constitutifs de la concrétisation du sens -1 'effet produit par
l'œuvre, qui est fonction de l'œuvre elle-même, et la réception, qui est
déterminée par le destinataire de 1' œuvre» (Ibid., p.259). L'effet constitué
par 1 'œuvre et la réception restituée de l'œuvre sont en constante
interaction dans la construction du sens. L'effet est inscrit dans un «horizon
d'attente littéraire», celui de l'œuvre. L'œuvre correspond à un genre, se fait
1' écho de textes antérieurs et contemporains, respecte une structure propre
à un courant esthétique, propose une vision du monde ancrée
historiquement et est socialement située. La réception de l'œuvre est inscrite
dans un «horizon d'attente social», celui du lecteur. Le
lecteur se situe à une époque et dans un contexte social, il a une vision du
monde, il peut avoir une idée des courants esthétiques, des genres et des
textes phares d'une époque. Cependant, le lecteur ne vit pas nécessairement
à l'époque qui a vu naître le texte. Ce n'est qu'en considérant l'historicité du
lecteur et son horizon d'attente que 1 'on pourra, selon Jauss (Ibid.), tenir
compte du lecteur réel. L'effet de l'œuvre et sa réception s'articulent en un
dialogue entre un sujet présent et un discours passé; celui-ci ne peut encore
dire quelque chosé à celui-là [ ... ] que si le sujet présent
C'est l'auteur qui souligne. La part du lecteur de textes littéraires dans la
classe de français découvre la réponse implicite contenue dans le discours
passé et la perçoit comme réponse à une question qu'illui appartient, à lui, de
poser maintenant. (p. 247)
De ce fait, selon ses capacités d'interprétation, ses connaissances et ses
représentations du monde, le lecteur visite et assemble les différentes
perspectives du texte pour élaborer un sens. Iser et Jauss, au sein de l'École
de Constance, ont permis de rendre à l'œuvre sa fonction de communication
esthétique et, du coup, d'orienter le regard sur le rôle du lecteur, « libre
interprète» des textes littéraires (Lebrun, 2005, p. 17). Leurs travaux ont
marqué un changement de paradigme, soit le passage des théories du texte
aux théories de la lecture. Toutefois, pour Eco ( 1992), bien que la
théorie de l'esthétique soit proche de la perspective herméneutique selon
laquelle l'œuvre littéraire par les interprétations qu'on en fait, il ne faut pas
négliger que ces interprétations sont d'abord limitées par l'intention du texte.

Vous aimerez peut-être aussi