Cours Al
Cours Al
Jean-Philippe NICOLAS
Département de Mathématiques,
Université de Brest, 6 avenue Victor Le Gorgeu,
29200 Brest.
Bureau H109, Tel. 02 98 01 67 61,
email : [Link]@[Link]
2
Table des matières
1 Espaces vectoriels 5
1.1 Espaces vectoriels sur R ou C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Opérations sur les espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.1 Intersection de sous-espaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.2 Somme de sous-espaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.3 Produit d’espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4 Sous-espaces vectoriels supplémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.5 familles libres, familles génératrices, bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5.1 Familles génératrices finies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5.2 Familles libres finies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.5.3 Bases et dimension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3 Applications linéaires 25
3.1 Definitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.3 Bases, dimension et isomorphismes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.4 Projections et symétries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4 Matrices 37
4.1 Matrice d’une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
4.2 Matrices, produit de matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.3 Lien avec les applications linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
4.4 Changement de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
4.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3
4 TABLE DES MATIÈRES
Espaces vectoriels
• une loi de composition externe, notée “.” et appelée multiplication par un scalaire
(on appelle vecteurs les éléments de E et scalaires les éléments de K), qui à un
élément λ de K et un élément x de E associe un élément de E noté λ.x ;
et qui vérifie les propriétés suivantes :
• (E, +) est un groupe commutatif, i.e. la loi + vérifie :
– λ.(µ.x) = (λµ).x ;
– (λ + µ).x = λ.x + µ.x ;
5
6 CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS
– 1.x = x ;
– λ.(x + y) = λ.x + λ.y.
Remarque 1.1. Souvent, on notera λx au lieu de λ.x.
Exemples.
• R2 et C (munis de l’addition et de la multiplication par un nombre réel) sont des
R-espaces vectoriels.
• Rn est un R-espace vectoriel pour tout n ∈ N, en particulier R est un R-espace
vectoriel, ainsi que {0R }.
• Cn est un C-espace vectoriel pour tout n ∈ N, en particulier C est un R-espace
vectoriel, ainsi que {0C }.
• L’ensemble K[X] des polynômes à coefficients dans K est un K-espace vectoriel. De
même l’ensemble Kn [X] des polynômes de degré inférieur ou égal à n à coefficients
dans K est un K-espace vectoriel. Par contre l’ensemble des polynômes de degré
égal à n à coefficients dans K n’est pas un K-espace vectoriel.
• Soit X un ensemble, l’ensemble F(X, K) des fonctions de X dans K muni des deux
lois + et . définies par :
f +g : X → K et λ.f : X → K
t 7→ f (t) + g(t) t 7→ λ.f (t) ,
est un K espace vectoriel.
Proposition 1.1. Si E est un K-espace vectoriel, alors pour λ ∈ K et x ∈ E, on a :
1. 0K .x = 0E et λ.0E = 0E ;
2. −(λ.x) = (−λ).x = λ.(−x).
De plus
λ.x = 0E =⇒ {x = 0E ou λ = 0K } .
Preuve.
1. On utilise le fait que 0K + 0K = 0K , on a alors
(0K + 0K ).x = 0K .x + 0K .x = 0K .x
et en ajoutant aux deux membres de l’égalité l’opposé de 0K .x, on trouve la première
égalité voulue.
Pour la deuxième, on procède de façon analogue avec 0E = 0E + 0E , d’où
λ.(0E + 0E ) = λ.0E + λ.0E = λ.0E
et on conclut de la même manière.
1.2. SOUS-ESPACES VECTORIELS 7
2. On a
λ.x + (−λ).x = (λ − λ).x = 0K .x = 0E
par la propriété 1. Et de manière similaire
par la propriété 1.
2. F est stable par multiplication par un scalaire, i.e. pour tout x ∈ F et pour tout
λ ∈ K, λ.x ∈ F ;
3. F muni des lois + et . (on notera (F, +, .)) est un espace vectoriel.
Cette définition n’est absolument pas pratique pour vérifier effectivement qu’une partie
donnée d’un espace-vectoriel est un sous-espace vectoriel, il y a tout simplement trop de
choses à vérifier. En fait, elle peut être considérablement simplifiée. Commençons par la
remarque suivante :
Remarque 1.2. Les propriétés 1. et 2. sont équivalentes à la propriété :
Voici maintenant un critère très simple pour montrer qu’une partie d’un K-espace
vectoriel en est un sous-espace vectoriel.
Preuve. Le fait que (i) ⇒ (ii) est évident. Montrons la réciproque. La stabilité de
F par combinaison linéaire est équivalente aux propriétés 1. et 2. de la définition 1.2
d’après la remarque ci-dessus. Montrons tout d’abord que F est un sous-groupe additif
de E. On a bien la stabilité de F par +, 0E ∈ F et de plus pour tout x ∈ F , son opposé
−x = (−1).x ∈ F par stabilité par multiplication par un scalaire. Donc F est bien un
sous-groupe de E et donc un groupe. On a ensuite la stabilté par multiplication par un
scalaire, les propriétés des opérations + et . restent bien sûr vraies sur F . Donc il suit
que (F, +, .) est un espace vectoriel.
Remarque 1.3. Attention!!! Il ne faut surtout pas oublier de montrer que 0E ∈ F , sinon
on peut démontrer que l’ensemble vide est un sous-espace vectoriel de E ce qui est faux.
Remarque 1.4. Dans le théorème précédent, on peut remplacer l’hypothèse (i) par l’hypo-
thèse “F est non vide”, du fait que si x ∈ F , on a nécessairement 0E = 0K .x ∈ F par
stabilité par multiplication par un scalaire. Un énoncé équivalent du théorème est donc
“un sous-espace vectoriel de E est une partie de E non vide et stable par combinaison
linéaire.”
Exemples.
• La droite de R2
∆ = {(x, y) ; x + 4y = 0}
est un sous-espace vectoriel de R2 .
• La droite de R2
∆ = {(x, y) ; x + 4y = 1}
n’est pas un sous-espace vectoriel de R2 .
F + G := {x + y ; x ∈ F , g ∈ G} .
1.4. SOUS-ESPACES VECTORIELS SUPPLÉMENTAIRES 9
E × F := {(x, y) ; x ∈ E , y ∈ F }
et de la loi externe
λ.(x, y) = (λ.x, λ.y) .
z = x + y, x ∈ F , y ∈ G,
n’est pas unique. Dans le cas où cette décomposition est unique pour tous les éléments de
F + G, on dira que F et G sont en somme directe et on écrira F + G = F ⊕ G.
10 CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS
(ii) F ∩ G = {0E }.
Preuve.
z = 0E + z , 0E ∈ F , z ∈ G ,
= z + 0E , z ∈ F , 0E ∈ G .
z = x1 + y1 = x2 + y2 , x1 , x2 ∈ F , y1 , y2 ∈ G
(ii) F + G = E et F ∩ G = {0E }.
Exemples.
1.5. FAMILLES LIBRES, FAMILLES GÉNÉRATRICES, BASES 11
Définition 1.7. Soit E un K-espace vectoriel. Une famille de n vecteurs de E (où n est
un entier naturel donné) est un ensemble constitué de n éléments de E
F = {v1 , v2 , ..., vn } .
On dit que la famille est finie du fait qu’elle contient un nombre fini d’éléments, en
l’occurence n.
x = λ1 v1 + λ2 v2 + ... + λn vn ,
Définition 1.9 (Sous-espace engendré par une famille). Soit E un K-espace vectoriel et
F = {v1 , v2 , ..., vn } une famille de n vecteurs de E. On appelle sous-espace vectoriel de E
engendré par F l’ensemble des combinaisons linéaires des éléments de F, noté Vect(F).
0E = 0K .v1 + 0K v2 + ... + 0K vn .
De plus, par définition, F est stable par combinaison linéaire. Soit maintenant H un
sous-espace vectoriel de E contenant F. Comme H est stable par combinaison linéaire,
il contient Vect(F).
Exemples.
12 CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS
λ1 v1 + λ2 v2 + ... + λn vn = 0 ⇔ λ1 = λ2 = ... = λn = 0 ,
c’est-à-dire que la seule combinaison linéaire nulle des vi , i = 1, 2, ..., n est celle dont tous
les coefficients sont nuls.
Définition 1.12. Une famille qui n’est pas libre est dite liée.
Exemples.
On a les propriétés importantes suivantes :
Proposition 1.9. Soit E un K-espace vectoriel et F une famille finie de vecteurs de E.
1. Si F contient exactement deux vecteurs, alors F est libre si et seulement si ses deux
vecteurs ne sont pas colinéaires (autrement dit parallèles, ou encore proportionnels).
d’où u k v.
Réciproquement, supposons que u et v sont colinéaires. Si u 6= 0, il suit qu’il existe
λ ∈ K tel que v = λu, autrement dit λu − v = 0E , la famille F est donc liée. Si
u = 0E alors 1.u + 0.v = 0E et donc la famille F est liée.
Proposition 1.10. Toute sous-famille d’une famille libre est libre. Toute sur-famille
d’une famille liée est liée.
λ1 v1 + λ2 v2 + ... + λn vn = µ1 v1 + µ2 v2 + ... + µn vn ,
implique λ1 = µ1 , λ2 = µ2 , ..., λn = µn .
et la famille est libre si et seulement si (1.1) implique que tous les coefficients λi − µi sont
nuls.
Exemples.
1. Dans R :
2. Dans R3 :
(a) F4 = {(1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)} est une base de R3 ;
14 CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS
3. Dans Rn [X] :
x = λ1 e1 + λ2 e2 + ... + λn en ,
(ii) pour tout x ∈ E, il existe d’uniques scalaires λ1 , λ2 , ..., λn dans K tels que
x = λ1 e1 + λ2 e2 + ... + λn en .
Preuve.
(ii) ⇒ (i) L’existence des scalaires montre que F est génératrice. L’unicité est équiva-
lente au fait que F est libre.
Théorème 1.3. Soit E un K-espace vectoriel admettant une base B = {e1 , ..., en } ayant
n éléments. Alors :
Preuve. Nous allons établir un résultat intermédiaire dont le théorème sera une con-
séquence immédiate.
Lemme 1.1. Soit E un K-espace vectoriel, soit F une famille libre finie et soit G une
famille génératrice finie. Alors ](G) ≥ ](F).
1.5. FAMILLES LIBRES, FAMILLES GÉNÉRATRICES, BASES 15
On veut montrer que la famille F est nécessairement liée. Pour cela, on cherche µ1 , µ2 ,
..., µn non tous nuls tels que
µ1 v1 + µ2 v2 + ... + µk vk = 0 , (1.2)
ce qui contredira le fait que la famille des vi est libre. L’équation (1.2) s’écrit
On cherche une solution telle que tous les coefficients devant les wi soient nuls. On obtient
un système de n équations linéaires à k inconnues,
qui admet nécessairement une infinité de solutions non nulles du fait que k > n. On en
déduit donc que F est liée, ce qui est contraire à l’hypothèse.
Revenons à la preuve du théorème.
• Soit F une famille libre, alors ](F) ≤ ](B) car B est génératrice.
• Soit G une famille génératrice, alors ](F) ≥ ](B) car B est libre.
Nous pouvons maintenant définir la notion de dimension.
Définition 1.14 (Espace vectoriel de dimension finie, infinie). Soit E un K-espace vec-
toriel.
• On dit que E est de dimension finie s’il existe une famille finie B de vecteurs de E
qui est une base de E.
16 CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS
dim E = ](B) .
Exemples.
• L’ensemble
P = {(x, y, z) ∈ R3 ; x + y + 2z = 0}
est un sous-espace vectoriel de R3 de dimension 2.
• L’ensemble
D = {(x, y, z) ∈ R3 ; x + y + 2z = 0 et x + 3y = z}
est un sous-espace vectoriel de R3 de dimension 1.
• L’ensemble des fonctions continues sur R à valeurs réelles est un R-espace vectoriel
de dimension infinie.
Théorème 1.4. Soit E un K-espace vectoriel, on suppose que E admet une famille
génératrice finie, alors on peut en extraire une base.
1.5. FAMILLES LIBRES, FAMILLES GÉNÉRATRICES, BASES 17
Preuve. D’une famille génératrice non libre, on peut enlever un vecteur pour obtenir
une autre famille génératrice. On répète le processus jusqu’à obtenir une famille qui est
toujours génératrice mais qui est aussi libre (i.e. une base). C’est forcément le cas à
un moment, sinon on descend jusqu’à l’ensemble vide qui ne peut pas être une famille
génératrice.
Théorème 1.5 (de la base incomplète). Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie,
toute famille libre de E peut-être complétée en une base de E.
Preuve. Supposons que E soit de dimension infinie. Soit n0 dans N∗ tel que E
admette une famille libre ayant n0 éléments. Pour n0 = 1 on sait que c’est vrai, il suffit
de prendre une famille contenant un vecteur non nul de E. Soit
une telle famille. Elle ne peut pas être génératrice, sinon ce serait une base et E serait de
dimension finie. Alors il existe x ∈ E qui n’est pas combinaison linéaire des éléments de
F. En conséquence, F ∪ {x} est une famille libre de n0 + 1 éléments dans E. Il suit par
récurrence que E admet pour tout n ∈ N∗ une famille libre ayant n éléments.
Réciproquement, supposons que E admette pour tout n ∈ N∗ une famille libre ayant
n éléments. Si E était de dimension finie k ∈ N, toute famille libre de E aurait au plus k
éléments, ce qui est contraire à l’hypothèse. D’où E est de dimension infinie.
2. dim F = n si et seulement si F = E.
Preuve.
1. Supposons que F soit de dimension infinie, alors F admet pour tout k une famille
libre de k éléments. En particulier, pour k = n + 1, soit F une telle famille. Elle
peut être complétée en une base de E qui contient strictement plus de n vecteurs.
C’est absurde. F est donc de dimension finie. Soit B une base de F , c’est une
famille libre de E, elle admet donc au plus n éléments, d’où le résultat.
Preuve. On en donne simplement l’idée principale. Si BE = {e1 , ..., en } est une base
de E et BF = {f1 , ..., fp } est une base de F , alors
Définition 1.16. Soit E un K-espace vectoriel et F une famille finie de vecteurs dans
E. On appelle rang de F la dimension du sous-espace vectoriel Vect(F).
Remarque 1.5. Bien sûr, le rang d’une famille de n vecteurs est inférieur ou égal à n.
1.6 Exercices
Exercice 1.1. On considère dans R3 les trois sous-espaces vectoriels suivants :
F1 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x + y = 0} ,
F2 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x + y + z = 0 , x + y − z = 0} ,
F3 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x + y + z = 0 , x − y = 0} .
1. F1 et F2 sont-ils supplémentaires?
20 CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS
2. F1 et F3 sont-ils supplémentaires?
Exercice 1.2. Les familles de vecteurs de R3 suivantes sont-elles libres? Sont-elles généra-
trices? :
1. Parmi ces sous-ensembles de R[X], lesquels sont des sous-espaces vectoriels de R[X]?
2. Parmi ceux qui sont des sous-espaces de R[X], lesquels sont en somme directe?
3. Déterminer F1 + F4 , F3 + F4 , F1 + F4 + F5 .
F1 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x = y = z} ,
F2 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x + z = 0} ,
F3 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x2 = y 2 } .
F1 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x + y + z = 0} ,
F2 = {(x, y, z) ∈ R3 ; y = |x|} ,
F3 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x = y , z = 1} ,
F4 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x = y , z = −x} .
F1 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x + y = 0} ,
F2 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x − y = 0 , z = 0} ,
F3 = {(x, y, z) ∈ R3 ; x + y = 0 , z = 0} .
On présente dans ce bref chapitre la méthode de Gauss qui est utile dans de nombreux
exercices dès la fin du chapitre 1.
où les aij et les yi sont des coefficients fixés dans K et les xi sont les inconnues que l’on
cherche dans K. La méthode de Gauss est une méthode systématique pour résoudre un
tel système. L’idée est de se ramener à un système dit triangulaire supérieur qui sera très
facile à résoudre. La méthode est décrite par l’algorithme suivant.
L’algorithme de Gauss On note L1 , L2 , ..., Lk les lignes du système.
• Si on n’en trouve pas, c’est que la variable x1 n’apparaît pas dans le système,
on passe alors à l’étape 2.
• Si on trouve un tel i0 , on garde la ligne Li0 du système et on l’utilise pour
éliminer la variable x1 des autres lignes de la façon suivante : pour j 6= i, on
remplace la ligne Lj par
aj1
Lj − Li .
ai 0 1 0
On se retrouve avec un système équivalent au premier, constitué de la ligne Li0 et
d’un sous-système de k − 1 équations avec n − 1 inconnues.
23
24 CHAPITRE 2. RÉSOLUTION DE SYSTÈMES LINÉAIRES
Deuxième étape : deuxième variable. C’est la même que l’étape 1 mais appliquée
à la variable x2 et au sous-système de k − 1 équations avec n − 1 inconnues.
Résolution. Le système est alors dans une forme où, s’il y a des solutions, on peut les
trouver en remontant de la dernière à la première équation.
Nous énonçons maintenant des propriétés sans les démontrer. Nous verrons la preuve de
ces résultats au chapitre suivant.
1. Si n > k et la famille F est libre, alors le système admet une infinité de solutions.
3. Si la famille F n’est pas libre (par exemple si n < k), alors en général le système
n’admet pas de solution, mais cela dépend des cas.
2.2 Exercices
Exercice 2.1. Résoudre le système suivant :
2x + y
= 1
x + 2y + z = −1
y + 2z + t = 1
z + 2t = −1
Chapitre 3
Applications linéaires
3.1 Definitions
Définition 3.1. Soit E et F deux K-espaces vectoriels. Une application f : E → F est
dite linéaire si pour tout x, y ∈ E et λ, µ ∈ K, on a
Kerf := {x ∈ E ; f (x) = 0} ;
Imf := {f (x) ; x ∈ E} .
25
26 CHAPITRE 3. APPLICATIONS LINÉAIRES
3.2 Propriétés
Proposition 3.1. Soit E et F deux K-espaces vectoriels et f : E → F une application
linéaire, alors :
1. Kerf est un sous-espace vectoriel de E ;
2. Imf est un sous-espace vectoriel de F ;
3. si G est un sous-espace vectoriel de E, alors
f (G) = {f (x) ; x ∈ G} ,
est un sous-espace vectoriel de F .
Preuve. On montre 1. et 3. en appliquant la caractérisation des sous-espaces vecto-
riels. 2. est bien sûr une conséquence de 3.
Théorème 3.1. Soit E et F deux K-espaces vectoriels et f : E → F une application
linéaire, alors f est injective si et seulement si Kerf = {0}.
Preuve. On suppose que f est injective, c’est-à-dire que x 6= y entraine f (x) 6= f (y),
ce qui revient à dire que f (x) = f (y) entraine x = y. En particulier, il suit que si f (x) = 0
alors x = 0 car f (0) = 0.
Réciproquement, supposons que Kerf = {0} et considérons x et y tels que f (x) = f (y).
Alors par linéarité de f , f (x − y) = 0, c’est-à-dire que x − y appartient au noyau de f .
Donc, x = y, et il suit que f est injective.
Proposition 3.2. Soit E et F deux K-espaces vectoriels, L(E, F ) est un K-espace vec-
toriel.
Preuve. On vérifie une à une toutes les propriétés, il n’y a pas de difficulté mais c’est
un peu long.
Proposition 3.3. Soit E, F et G des K-espaces vectoriels.
1. Soit f ∈ L(E, F ) et g ∈ L(F, G), alors g ◦ f ∈ L(E, G).
2. Soit f ∈ L(E, F ) un isomorphisme, alors f −1 ∈ L(F, E).
Preuve.
1. On utilise successivement la linéarité de f et de g :
g ◦ f (λx + µy) = g (f (λx + µy))
= g (λf (x) + µg(y)) par linéarité de f
= λ.g(f (x)) + µ.g(f (x)) par linéarité de g
= λg ◦ f (x) + µg ◦ f (y)
d’où le résultat.
3.3. BASES, DIMENSION ET ISOMORPHISMES 27
Théorème 3.2. Soit E et F deux K-espaces vectoriels, on suppose que E est de dimension
finie. Soit B = {e1 , e2 , ..., en } une base de E et {f1 , f2 , ..., fn } une famille de vecteurs de F ,
alors il existe une unique application linéaire L de E dans F telle que, pour i = 1, 2, ..., n
on ait L(ei ) = fi .
Alors :
Preuve.
x = λ1 e1 + ... + λn en ,
2. suit directement de 1.
3. Supposons que F soit une famille liée. Alors il existe λ1 , ..., λn non tous nuls tels
que
λ1 f (e1 ) + ... + λn f (en ) = 0 ,
c’est-à-dire
f (λ1 e1 + ... + λn en ) = 0 .
De plus, comme les λi , i = 1, 2, ..., n ne sont pas tous nuls et comme B est une base,
le vecteur λ1 e1 + ... + λn en est non nul. Il suit donc que f n’est pas injective.
Réciproquement, supposons que f n’est pas injective, alors il existe un x ∈ E non
nul tel que f (x) = 0. On décompose x sur la base B :
x = λ1 e1 + ... + λn en
Théorème 3.3. Soit E et F deux K-espaces vectoriels. On suppose que E est de dimen-
sion finie et qu’il existe un isomorphisme de E dans F . Alors F est de dimension finie
et dim E = dim F .
De plus, à l’aide de la caractérisation des bases donnée dans le théorème 1.7, on peut
donner une caractérisation des isomorphismes.
Théorème 3.4. Soit E et F deux K-espaces vectoriels de dimension finie ayant même
dimension et soit L ∈ L(E, F ). Les propriétés suivantes sont équivalentes :
Théorème 3.5 (du rang). Soit E et F deux K-espaces vectoriels. On suppose que E est
de dimension finie. Soit L ∈ L(E, F ), alors
Preuve du lemme. L est injective sur G. En effet, soit x ∈ G tel que L(x) = 0 alors
x ∈ G ∩ Ker L = {0} et donc x = 0. De plus, pour tout x ∈ E, on a la décomposition
unique
x = y + z , y ∈ Ker L , z ∈ G
et
L(y + z) = L(y) + L(z) = 0 + L(z) = L(z) .
Donc tout élément de Im L est l’image par L d’un élément de G. L est donc bijective de
G sur Im L.
On déduit du lemme précédent que dim G = dim Im L et de plus, comme G et Ker L
sont supplémentaires, on a dim G + dim Ker L = dim E. D’où le Théorème du rang.
x = xF + xG , xF ∈ F et xG ∈ G .
Dire que cette décomposition est unique signifie qu’à un x donné est associé un unique
xF et un unique xG , que l’on peut considérer comme les “composantes” de x sur F et sur
G. L’exemple typique de ce genre de décomposition est le suivant : E = R2 , F est l’axe
des abscisses et G l’axe des ordonnées, c’est-à-dire
F = {(x, 0) ; x ∈ R} , G = {(0, y) ; y ∈ R} .
1. Ker PF = G, Im PF = F = {x ∈ E ; PF x = x} ;
2. Ker PG = F , Im PG = G = {x ∈ E ; PG x = x} ;
3. Ker SF = {0}, Im SF = E ;
4. Ker SG = {0}, Im SG = E ;
5. F = {x ∈ E ; SF x = x}, G = {x ∈ E ; SF x = −x} ;
6. F = {x ∈ E ; SG x = −x}, G = {x ∈ E ; SG x = x} ;
7. PF + PG = Id ;
8. PF − PG = SF , PG − PF = SG ;
9. PF ◦ PG = PG ◦ PF = 0 ;
10. SF ◦ SG = SG ◦ SF = −Id.
Preuve. C’est un ensemble d’exercices qui sont des applications de la définition des
sous-espaces vectoriels supplémentaires. Quelques uns seront traités en cours et en TD si
on le souhaite.
Les projections et symétries ont d’autres propriétés importantes dont on va voir qu’elles
les caractérisent.
1. PF ◦ PF = PF , PG ◦ PG = PG ;
2. SF ◦ SF = Id, on dit que SF est une involution, de même bien sûr SG ◦ SG = Id.
(i) P ◦ P = P ;
(ii) P est une projection, c’est la projection sur Im P et parallèlement à Ker P .
(i) S ◦ S = Id ;
(ii) S est une symétrie, si on note
F = {x ∈ E ; Sx = x} , G = {x ∈ E ; Sx = −x} ,
Preuve. Dans les deux cas, on a déjà vu que (ii) ⇒ (i). On ne démontre donc que
les implications réciproques.
1. Considérons une application linéaire P de E dans lui-même telle que P ◦ P = P .
Montrons que E = Im P ⊕ Ker P . Soit x ∈ E, on a
x = Px + x − Px, (3.3)
0 = P x = P (P y) = P y = x .
F := {x ∈ E ; Sx = x} , G := {x ∈ E ; Sx = −x} .
3.5 Exercices
Exercice 3.1. Parmi les applications de R2 dans R suivantes, dire lesquelles sont linéaires
et lesquelles ne le sont pas :
1. Déterminer l’image de L.
3. Déterminer le noyau de L.
L(x, y) = (x + y, −x − y, x) .
3. L est-elle surjective?
L(x, y, z) = (x + z, −x + y, y + z) .
3. L est-elle surjective?
L(x, y, z) = (x + y, x + z, y + z) .
Exercice 3.6. Les applications linéaires suivante sont-elles surjectives? Sont-elles injec-
tives?
• L1 : R2 → R3 , L1 (x, y) = (x + y, 2x − y, x + 3y),
• L2 : R3 → R2 , L2 (x, y, z) = (x + y, x + y + z),
L(x, y, z) = (x + y + 2z, x + z, x − y) .
3. L est-elle surjective?
L(x, y, z) = (2x + y + z, 2x + y − z, x + y) .
1. Déterminer le noyau de L.
L(x, y) = (0, y − x) .
2. Déterminer L ◦ L.
3. En déduire que L est une projection sur une droite que l’on déterminera, parallèle-
ment à une autre droite que l’on déterminera.
2. Déterminer L ◦ L.
3.5. EXERCICES 35
3. En déduire que L est une symétrie sur une droite que l’on déterminera, parallèlement
à une autre droite que l’on déterminera.
Exercice 3.12. Soit E un R-espace vectoriel de dimension 4 muni d’une base B = {e1 , e2 , e3 , e4 }.
Soit f une application linéaire de E dans lui-même telle que
f (e1 ) = e1 + e2 + e3 + e4 , f (e2 ) = e1 − e2 + e3 − e4 ,
f (e3 ) = −e1 + e2 + e3 − e4 , f (e4 ) = e1 − e2 − e3 + e4 .
2. Déterminer le noyau de L.
4. Déterminer l’image de L.
Exercice 3.14. Soit E = P [R] le R-espace vectoriel des polynômes à coefficients réels. On
considère l’application Φ qui à p ∈ E associe le polynôme Φ(p) = p0 . On admettra que Φ
est linéaire de E dans lui-même.
1. Φ est-elle injective?
2. Φ est-elle surjective?
36 CHAPITRE 3. APPLICATIONS LINÉAIRES
Chapitre 4
Matrices
37
38 CHAPITRE 4. MATRICES
On a rangé les coefficients de telle sorte que la j-ème colonne représente les composantes
de L(ej ) dans la base BF .
Exemples. On prendra notamment les exemples les plus simples de projections et de
symétries dans R2 avec les bases canoniques.
c’est-à-dire que cij est donné par le “produit scalaire” de la i-ème ligne de A et de la j-ème
colonne de B.
Preuve. Evidente.
On va voir que dans le cadre des applications linéaires entre espaces vectoriels de di-
mension finie, lorsqu’on choisit des bases dans l’espace de départ et dans l’espace d’arrivée,
le produit matriciel intervient naturellement pour exprimer l’image d’un vecteur quel-
conque. De même la matrice de la composée d’applications linéaires sera obtenue en
effectuant le produit des matrices de chaque application linéaire.
v = v1 e1 + v2 e2 + ... + vn en .
On appelle w = L(v) l’image par L de v. Son expression dans la base BF sera notée
w = w1 e1 + w2 e2 + ... + wn en
4.3. LIEN AVEC LES APPLICATIONS LINÉAIRES 41
p
X
L(ej ) = aij fi .
i=1
n
X
L(v) = vj L(ej )
j=1
n p
X X
= vj aij fi
j=1 i=1
pn
!
X X
= aij vj fi
i=1 j=1
Preuve. On note {e1 , ..., en } les vecteurs de la base BE , {f1 , ..., fk } les vecteurs de la
base BF et {g1 , ..., gp } les vecteurs de la base BG . Si on note C la matrice de L2 ◦ L1 dans
les bases BE et BG , le coefficient Cij est le coefficient selon gi de la décomposition sur la
42 CHAPITRE 4. MATRICES
et on voit que le coefficient devant gi est bien le coefficient de la i-ème ligne et de la j-ème
colonne de la matrice BA.
v = λ1 f1 + λ2 f2 + ... + λn fn .
V = PW .
On énonce ce résultat sous forme d’un théorème avec des notations plus explicites :
où
Soit v ∈ E, le vecteur colonne VB1 de ses composantes dans la base B1 s’obtient en fonction
du vecteur colonne VB2 de ses composantes dans la base B2 par le produit matriciel :
Définition 4.5. La matrice PB1 ,B2 ci-dessus s’appelle la matrice de passage de la base B2
à la base B1 .
Remarque 4.1. Noter que l’ordre des bases dans la notation est naturel.
La proposition suivante est une conséquence de la définition d’une matrice de passage.
Lorsqu’on applique la matrice identité à un vecteur (par produit matriciel avec le vecteur
colonne) le vecteur reste inchangé.
et deux bases de F
Soit L ∈ L(E, F ), on considère A ∈ Mkn (K) la matrice de L relativement aux bases BE1
et BF 1 et B ∈ Mkn (K) la matrice de L relativement aux bases BE2 et BF 2 . Alors on a la
relation suivante
B = PBF2 ,BF1 APBE1 ,BE2 .
Remarque 4.2. Une façon plus lourde d’écrire cette relation mais qui a un avantage du
point de vue mnémotechnique est la suivante : on écrit
et on voit que les bases se suivent dans l’écriture dans un ordre logique.
On a un résultat évident mais important.
4.5 Exercices
Exercice 4.1. On considère les applications suivantes :
L1 : R2 → R2 , L1 (x, y) = (0, y − x) ;
L2 : R2 → R2 , L2 (x, y) = (2x − 3y, x − 2y) ;
L3 : Rn → Rn , L3 = IdRn ;
L4 : R2 → R3 , L4 (x, y) = (x − y, y − x, 2x − 4y) .
Déterminer leurs matrices dans les bases canoniques des espaces de départ et d’arrivée.
Exercice 4.2. Soit A ∈ M23 (R) et B ∈ M32 (R) données par
1 1
1 2 1
A= , B = 0 −1 .
0 1 −1
2 0
Calculer AB et BA.
46 CHAPITRE 4. MATRICES
L1 (x, y, z) = (x − 2y + z, −x + 2y − z, x − 2y + z) , L2 (x, y, z) = (x + y, x − z, y + z) .
1. Déterminer la matrice de L1 .
2. Déterminer la matrice de L2 .
3. Déterminer la matrice de L2 ◦ L1 .
4. Déterminer la matrice de L1 ◦ L2 .
4. Soit le vecteur V = (1, 2, 3). Déterminer ses composantes dans la base B̃1 .
L(x, y, z) = (x − y, x + y + z) .
L(x, y) = (x + y, x − y) .
Remarque 5.1. Lorsqu’on considère la notion de valeur propre, alors il vaut bien mieux
avoir K = C. Lorsque K = R, on peut avoir des endomorphismes n’admettant pas de
valeur propre réelle, comme par exemple l’application de R2 dans R2 définie par L(x, y) =
(y, −x). Si on cherche à résoudre L(x, y) = λ(x, y), on peut faire le petit calcul suivant :
49
50 CHAPITRE 5. DÉTERMINANT ET VALEURS PROPRES
5.2 Déterminant
5.2.1 Calcul
Le déterminant est une opération qui s’applique aux matrices n × n. On commence par
le définir pour les matrices 2 × 2, puis on l’étend de proche en proche aux matrices n × n.
Définition 5.3 (Déterminant 2 × 2). Soit
a11 a12
A= ∈ M22 (K) .
a21 a22
Le déterminant de A, noté det A ou encore
a11 a12
a21 a22
est le nombre
a11 a12
det A = := a11 a22 − a12 a21 .
a21 a22
Le déterminant d’une matrice n × n est maintenant défini en se ramenant à des calculs
de déterminants de matrices (n − 1) × (n − 1). On descend ainsi dans la taille des matrices
jusqu’à ne plus avoir que des déterminants de matrices 2 × 2 qu’on sait calculer par la
définition ci-dessus.
Définition 5.4. Soit
a11 a12 . . . a1n
a21 a22 . . . a2n
. . . . . . ∈ Mnn (K) .
A=
. . . . . .
. . . . . .
an1 an2 . . . ann
5.2. DÉTERMINANT 51
A noter que pour les matrices 3 × 3, on a encore une formule simple similaire aux
matrices 2 × 2, ce n’est plus le cas pour n ≥ 4.
et en faisant la somme des produits des termes sur les diagonales descendantes moins la
somme des produits des termes sur les diagonales montantes :
det A = a11 a22 a33 + a21 a32 a13 + a31 a12 a23
−a31 a22 a13 − a11 a32 a23 − a21 a12 a33 .
5.2.2 Propriétés
Un première propriété évidente :
Proposition 5.4. det In = 1 (on rappelle que In est la matrice identité d’ordre n).
3. Le déterminant est linéaire par rapport à chaque vecteur colonne de A et par rapport
à chaque vecteur ligne de A.
Théorème 5.1. Soit A ∈ Mnn (K), les propriétés suivantes sont équivalentes :
(i) det A 6= 0 ;
(ii) les vecteurs colonne de A sont les composantes dans la base B des vecteurs d’une
base de E ;
(ii) les vecteurs ligne de A sont les composantes dans la base B des vecteurs d’une base
de E ;
(ii) det A 6= 0.
χA (λ) = det (λ In − A) .
5.4. INVERSION DE MATRICES 53
Si la matrice A s’écrit :
a11 a12 . . . a1n
a21 a22 . . . a2n
. . . . . .
A= ,
. . . . . .
. . . . . .
an1 an2 . . . ann
la matrice λ In − A s’écrit
λ − a11 −a12 . . . −a1n
−a21 λ − a22 . . . −a2n
. . . . . .
λ In − A = .
. . . . . .
. . . . . .
−an1 −an2 . . . λ − ann
Le résultat suivant est une conséquence des propriétés du déterminant :
Théorème 5.3. Soit E un K-espace vectoriel de dimension n, soit L ∈ L(E). Soit B
une base de E et A la matrice de L dans la base B. Soit également λ ∈ K. Les propriétés
suivantes sont équivalentes :
(i) λ est une valeur propre de L ;
(ii) χA (λ) = 0.
Définition 5.7. Soit A ∈ Mnn (K), on appelle rang de A et on note rg (A), la dimension
du sous-espace vectoriel de Kn engendré par les vecteurs colonne de A (ou par les vecteurs
ligne, c’est la même dimension).
1. rg (A) = dim(Im(L)) ;
Remarque 5.2. On a des résultats analogues pour une application linéaire entre deux
espaces vectoriels ayant même dimension finie. Soit E et F deux K-espaces vectoriels de
dimension finie tels que dim E = dim F = n ∈ N∗ . Soit BE une base de E et BF une base
de F . Soit L ∈ L(E ; F ). On considère
la matrice de L dans les bases ci-dessus. Alors les propriétés suivantes sont équivalentes :
1. L est bijective ;
2. A est inversible ;
3. det A 6= 0 ;
4. rg (A) = n.
Dans ce cas,
A−1 = MatBE ,BF (L−1 )
et
L ◦ L−1 = IdF , L−1 ◦ L = IdE .
5.5. EXERCICES 55
5.5 Exercices
Exercice 5.1. Soit les matrices
1 2 0 −1 1 −2 2 −1
1 1 0 1
−2 2 −1 1
A= 1 −1 , B= .
1 −1 2 −1 1 −2
2 1 0 0 −1 1 −2 2
56 CHAPITRE 5. DÉTERMINANT ET VALEURS PROPRES