FORMULATION D’UN CHARBON ACTIF POUR LE
TRAITEMENT DES POLLUANTS ORGANIQUES DANS
LES EAUX ISSUES DES DÉCHETS AGRICOLES
LOCAUX: CAS DE LA VILLE DE NGAOUNDERE
ABSTRACT
The production of activated carbon from local agricultural waste represents a
sustainable and economical solution for water treatment, particularly in regions with
abundant biomass resources like the Adamawa region . This study focuses on the
formulation of a pure activated carbon derived from corn cobs, aiming to address the
current limitations related to purity, moisture content, and adsorption capacity. The
specific objectives are to characterize the physicochemical properties of the raw
material (corn cobs), the chemical activation process using phosphoric acid (H₃PO₄) to
enhance specific surface area, and evaluate the adsorption performance of the produced
carbon for the removal of organic pollutants from wastewater. The activated carbon was
prepared through chemical activation followed by carbonization at 450°C.
Characterization results indicated a moisture content of 13,94%, an ash content of 3%,
and an iodine number of 1070.58 mg/g, confirming the development of a highly
microporous structure with a significant specific surface area. These findings validate
that corn cob-based activated carbon is a viable, efficient, and environmentally friendly
adsorbent for treating organic pollutants in agricultural wastewater, offering a
promising alternative to conventional materials and contributing to sustainable waste
management and water purification strategies.
INTRODUCTION
Le charbon actif (CA) est un adsorbant connu depuis longtemps se caractérisant par,
entre autres, sa grande surface spécifique, sa structure poreuse et sa thermostabilité
(Chen et al., 2011). Il peut être préparé à partir de toute matière solide contenant une
grande proportion de carbone (Ioannidou et al., 2007 ). Le CA est largement utilisé dans
la purification des eaux. Il permet d’en éliminer les matières organiques (pesticides, par
exemple) et inorganiques (métaux lourds comme le Pb, par exemple) (Ahmedna et al.,
2004). Une gestion intégrée des déchets solides agricoles et des déchets organiques ménagers
est essentielle pour promouvoir la durabilité et l'efficacité des systèmes de gestion des
déchets. Si ces déchets sont mal gérés, ils peuvent contaminer le sol et l'eau (J. Environ.
Manage., vol. 233). Dans cette optique, le présent travail se concentre sur la formulation d’un
charbon actif à base des rafles de maïs pour le traitement des polluants organiques dans les
eaux usées de la ville de Ngaounderé avant leurs déversements dans le lac de Dang (Courr. du
Savoir 2013). Ce charbon actif est spécifiquement fabriqué chimiquement à partir des rafles
de maïs cultivé dans la région de l’Adamaoua offrant ainsi une approche durable et locale
pour améliorer la qualité des eaux rejetées ( A. Kumar and H. M. Jena,). De nombreux travaux
sont alors entrepris sur un matériel végétal de provenances diverses : pailles de maïs
(Lanzetta et al., 1998), noyaux d’olives (Minkova et al., 2001), coquilles des graines de
tournesol (Haykiri-Acma et al., 2006), bagasses de canne à sucre (Cetin et al., 2004),
coquilles d’amandes (Aygun et al., 2003), noyaux de pêches (Tsai et al., 1997), graines de
raisins (Savova et al., 2001), amandes d’abricots (Aygun et al., 2003), noyaux de cerises
(Savova et al., 2001), coques d’arachides (Girgis et al., 2002), coquilles de noix (Lua et al.,
2004), coques de riz (Ahmedna et al., 2000), coques de maïs (Zhang et al., 2004). Les
avantages liés à l’utilisation de ces déchets sont nombreux et nous en retenons :
– la valorisation des agro-ressources en tant que matière première disponible, renouvelable et
bon marché,
– la répercussion positive sur le prix de revient du CA obtenu,
– un impact socio-économique certain sur les populations locales : création d’activités
génératrices d’emploi et, dans la mesure du possible, non polluantes.
Des études ont montré que la production locale du charbon actif à base des rafles de
maïs est limitée par des problème de pureté, d’humidité et son pouvoir d’adsorption[1].
Ce pendant leurs recherches n’ont pas été accentuées sur la caractérisation des rafles de
maïs afin d’obtenir, un charbon actif pur, ayant une humidité idéale et un fort pouvoir
adsorbant (Z. Yousra et al, 2022).. Cette problématique se décline en trois questions de
recherche principales : Comment caractériser les paramètres des rafles de maïs pour
garantir une humidité et une pureté optimales avant transformation ? Comment
augmenter la surface spécifique du charbon actif dérivés des rafles de maïs ? Comment
améliorer la méthode chimique de formulation (carbonisation, activation) pour
renforcer l’efficacité d’adsorption du charbon produit ? L’objectif général de cette étude
est de formuler un charbon actif pur à base des rafles de maïs avec une humidité
comprise entre 13 et 14% et un bon pouvoir adsorbant (Icemaep, pp. 36–41, 2016). Nos
objectifs spécifiques consistent d’une part à caractériser les paramètres critiques des
rafles de maïs et du charbon actif et d’autre part d’utiliser la méthode chimique de
fabrication qui améliore les paramètres de carbonisation et d’activation d’un charbon
actif. Hormis l’introduction générale, la conclusion générale et les recommandations, ce
travail sera axé tout d’abord sur les généralités sur le charbon actif, en suite les
matériels et méthodes de formulation d’un charbon actif tout en faisant son étude
d’adsorption et sa caractérisation et en fin présenter les résultats et discussions.
I- GÉNÉRALITÉS SUR LE CHARBON ACTIF
Le charbon actif (CA) historiquement est le premier adsorbant utilisé. De par ses propriétés
médicinales, il était déjà employé en Égypte antique [3]. Il est utilisé dans l‟industrie pour les
applications environnementales. Les CA sont des carbones de structure hautement
microporeuse avec à la fois une surface interne et porosité élevées. Il fait partie des adsorbants
les plus couramment utilisés pour l'élimination des matières organiques et inorganiques
polluants provenant des cours d'air et d'eau [ 2]. Le charbon actif peut être obtenu à partir d‟un
grand nombre de matériaux contenant du carbone organique d‟origine animale, végétale ou
minérale [3].
De nos jours, les innovations dans la fabrication et l'utilisation du CA sont conduites par la
nécessité de réutiliser des ressources naturelles et d'empêcher la pollution environnementale.
Ainsi, de nombreux progrès ont été obtenus sur l‟optimisation de ces matériaux carbonés, aussi
bien au niveau de leur fabrication (origine, contrôle de la taille des pores et mise en forme) que
de leur régénération[4].
C‟est un composé obtenu par calcination de bois, noix de coco, charbon, lignite, tourbe, et en
général tout composé organique. Il est souvent caractérisé par une surface quasi non polaire,
qui lui permet d‟adsorber préférentiellement les composés organiques ou non polaires par
rapport aux composés polaires tels que l‟eau [4].
I.1 Définition
Le charbon actif est un matériau solide noir carboné, sans goût, est un produit adsorbant obtenu
à partir de matières premières riches en carbone (le bois, la tourbe, le charbon, le lignite, l'écorce
de noix de coco, noyaux de fruits, etc.) [5].
Le charbon actif est un carbone microporeux inerte qui a subi un traitement pour augmenter sa
surface. Il possède ainsi une très grande surface spécifique pouvant aller de 100 à 2000 m 2.g1,
d'où sa grande capacité d'adsorption.
I.2 Description et propriétés des charbons actifs
Ils se présentent sous plusieurs formes selon les applications :
I.2.1 Charbon actif en poudre (CAP)
Le charbon actif est pulvérisé en fines particules de taille comprise entre 10 et 50 μm. Il est
généralement issu du procédé de fabrication chimique et est fréquemment utilisé pour le
traitement d‟effluents liquides
I.2.2 Charbon actif en grains (CAG)
Le charbon actif en grain ou en granulé CAG est formé de particules de 0,5 à 10 mm Les
caractéristiques physiques des granulés de charbon actifs varient considérablement selon les
produits. Les granulés utilisés pour le traitement des gaz proviennent essentiellement d‟une
activation physique[6].
I.2.3 Charbon actif extrude (CAE)
Il existe un troisième type de CA appelé charbon actif extrudé. Il prend la forme de cylindre et
sa taille est comprise entre 0.8 et 5 mm. Le CAE est principalement utilisé pour des applications
en phase gazeuse à cause de sa faible perte de charge, de sa grande résistance mécanique et de
sa faible teneur en poussiers[4].
CAP CAG CAE
Figure 1: Différentes formes de charbon actif
Selon la classification de l‟IUPAC (International Union of Pure and Chemistry Applied) les
tailles de pores sont réparties en 3 groupes :
Tableau 1: Classification de la taille des différents pores selon l’IUPAC[26]
Type de pores Rayon (nm) Volume poreux (mL/g) Surface spécifique (m2 /g)
Micropores <2 0 ,2 – 0,6 600 – 1500
Mésopores 2 – 50 0,02 – 0,1 20 – 70
Macropores >50 0,2 – 0,8 0,5 – 2
Les macropores agissent comme couloir de passage permettant aux molécules adsorbées
d‟atteindre les pores de plus petite taille situées à l‟intérieur de la particule carbonée. Si les
macropores ne sont pas importants quant à leur capacité à adsorber en grande quantité, ils
interviennent de façon très importante sur la vitesse de diffusion vers les mésopores et les
macrospores.
Les micropores constituent la plus grande part de la surface intérieure et, de ce fait, la plupart
de l‟adsorption y est réalisée. On considère qu‟au moins 90% de la surface active d‟un charbon
est microporeuse.
Les mésopores (les pores de transition) représentent environ 5 % de l‟aire massique totale du
charbon. Ils sont le siège de tous les phénomènes de condensation capillaire.
Figure 2: Représentation schématique des différents types de pores[27]
I.3 Caractéristiques chimiques des charbons actifs.
L’analyse chimique élémentaire d’un charbon actif varie selon l’échantillon. Les
principaux éléments chimiques qu’on y retrouve sont : le carbone, l’hydrogène,
l’oxygène et l’azote.
I.3.1 Nature chimique de la surface d’un charbon actif
Les propriétés acido-basiques de la surface d’un charbon actif sont très
importantes et semblent prévaloir sur les caractéristiques de sa porosité dans le
cas de l’adsorption de composés organiques en phase aqueuse. En effet,
l’adsorption dans les solutions aqueuses étant un phénomène de surface, les
anions seront plus favorables aux charbons actif dont la chimie de surface est
plus basique (BOEHM, 1994) alors que les cations seront favorisés par les
charbons actifs dont la chimie surface est plus acide (VOLL et BOEHM, 1971 ;
KHUR et al., 1997). La chimie de surface du charbon résulte de l’existence
d’hétéroatomes tels que l’oxygène, l’azote, l’hydrogène, le chlore, le soufre et le
phosphore. Ces hétéroatomes forment des groupes organiques fonctionnels tels
que les cétones, les éthers, les amines et les phosphates situés sur les pourtours
des cristallites de charbon. Les techniques d’analyses des groupements de
surface sont nombreuses. Nous avons entre autres le dosage acido-basique et la
spectroscopie infrarouge. Cette spectroscopie sonde les liaisons entre les noyaux
atomiques et leurs arrangements et permet d’accéder à l’information
moléculaire, à la nature chimique et à l’organisation conformationnelle et
structurale des matériaux analysés ([Link], 2012). A titre
illustratif, Le tableau III présente les bandes IRTF caractéristiques du charbon
actif.
I.3.2 Propriétés chimiques d’un charbon actif
Les principales propriétés chimiques du charbon sont : l’indice de matières
volatiles (MV) perte de masse exprimée en pourcentage obtenue après pyrolyse
du charbon abstraction faite de la perte de masse due à l’évaporation de l’eau
d’humidité ; le taux de cendres (C) résidu obtenu après combustion du charbon ;
le taux d’humidité (H) teneur en eau d’un échantillon de charbon et le taux de
carbone fixe (Cf) lié aux valeurs de MV, C et H. Le point de charge nulle (PCN)
est aussi une propriété chimique du charbon actif.
I.4 Caractéristiques physiques des charbons actifs
Les propriétés physiques les plus étudiées des charbons actifs sont : la surface
spécifique et la porosité. Elles sont généralement déterminées par des méthodes
d’adsorption. Ces deux paramètres sont intimement liés dans la mesure où, plus
un charbon est activé, plus il développe une surface spécifique importante et
plus sa capacité d’adsorption liée à la porosité est élevée. Pour atteindre ces
deux paramètres (surface spécifique et porosité), on peut utiliser des méthodes
liées à l’adsorption en phase gazeuse ou en phase liquide.
I.4.1 Type d’adsorption
L’adsorption est un phénomène de surface par lequel des molécules de gaz ou de
liquides se fixent sur les surfaces solides des adsorbants selon divers processus.
Plusieurs facteurs sont pris en compte dans le phénomène d’adsorption telle que
la nature du milieu, le type d’adsorbant, le temps de contact, la nature et la
concentration de l’adsorbat, la température. De ce fait, on distingue deux types
d’adsorption : l’adsorption physique et l’adsorption chimique. L’adsorption
physique ou physisorption met en jeu des liaisons faibles (de l’ordre de 20
kJ/mol, de type forces électrostatiques dites de Van der Waals). La
physisorption est rapide, réversible et n’entraîne pas de modification des
molécules adsorbées. L’énergie libérée lorsqu’une molécule est physisorbée est
du même ordre de grandeur que l’enthalpie de condensation. Cette faible énergie
peut être absorbée par le réseau sous forme de vibrations et dissipée sous forme
d’agitation thermique. En rebondissant, les molécules perdent leur énergie et
sont finalement adsorbées sur la surface suivant un processus dit d’installation.
L’adsorption chimique ou chimisorption met en jeu une ou plusieurs liaisons
chimiques covalentes ou ioniques entre l’adsorbat et l’adsorbant. L’adsorption
met en jeu des énergies de liaison importantes (plus de 100 kJ/mol). La
chimisorption est généralement irréversible et produit une modification des
molécules adsorbées. Ces molécules ne peuvent pas être accumulées sur plus
d’une monocouche. Ainsi, les molécules (ou les atomes) adhèrent à la surface en
formant une liaison chimique et tendent à se loger dans des sites pour lesquels le
nombre de coordination avec le substrat est maximum. L’enthalpie de
chimisorption est beaucoup plus grande que celle de physisorption.
I.4.2 Isothermes d’adsorption
L’étude cinétique de l’adsorption décrit et interprète l’évolution, dans des
conditions données, de la masse, du volume, ou du nombre de moles de
molécules chimiques adsorbées en fonction de celle du solide mis en mélange.
Ces tests ont lieu à température constante et les données expérimentales
obtenues sont présentées sous la forme d’un graphique appelé isotherme
d’adsorption. Le traitement des données est fait à partir d’un certain nombre de
modèles suivant que l’adsorption a lieu en phase gazeuse ou en solution.
I.4.3 La surface spécifique
La surface spécifique est l’étendue de surface accessible par unité de masse de
charbon, elle s’exprime en m2/g. Pour les charbons actifs, elle varie entre 400 et
2500 m2/g. Il est important de bien différencier l’adsorption due à la
microporosité (surface interne) de celle obtenue sur la surface externe . La
surface externe est non microporeuse et comprend les mésopores, les
macropores et la surface des feuillets aromatiques. Il est intéressant de comparer
la valeur de la surface spécifique BET à celle de l’aire externe. En effet, une
adsorption multicouche peut se produire sur la surface externe du matériau
poreux. En général, la surface externe varie entre 10 et 200 m2.g-1 pour un
charbon actif (www. Le [Link], 2012)
II- MATERIELS ET METHODES DE FORMULATION DU CHARBON
ACTIF
II-1 MATERIELS
Les matériels utilisés dans le procédé sont ceux nécessaire à la collecte, au tri et au
broyage des rafles de maïs obtenus dans la ville de Ngaoundere ainsi que la
carbonisation et l’activation du charbon formé.
On peut citer entre autres :
❖ La brouette
❖ Les camions
❖ Les Equipements de protection individuel
❖ Un broyeur
❖ Le Tamis AFNOR pour retenir les particules de tailles comprises entre 2 à 2,5
mm
❖ L’étuve
II-2 METHODES
II.2.1. Collecte des rafles de maïs
Dans le but de valoriser les matériaux locaux en charbon actif, nous avons utilisé comme
référence des rafles de maïs provenant de la ville de Ngaoundere qui se distinguent par les
conditions climatiques favorables à la culture du maïs, ce qui en fait un lieu idéal pour la récolte
des Rafles, souvent négligées comme sous-produit. La période de récolte de ces rafles
correspond entre le mois de mai et d’août.
II.2.2. Préparation du Charbon Actif
Le précurseur est lavé, avec de l'eau distillée jusqu‟à l‟obtention d‟une eau de rinçage claire.
Puis, il a été séché pendant 24 heures à une température de 105 °C dans une étuve. Ensuite, il a
été broyé et tamisé pour obtenir une poudre passant à travers un tamis compris entre 0-1 mm
de diamètre.
II.2.3. Activation Chimique du charbon actif
L‟activation chimique est souvent utilisée pour préparer des charbons actifs à partir de déchets
de la biomasse. Les agents activant utilisés sont principalement H 3PO4, ZnCl2, KOH …etc.
Parmi ces agents activant, H3PO4 a été très largement utilisé pour l‟activation des charbons [8]
,[4]. Aussi, il est considéré comme l‟un des meilleurs oxydants [9]. De plus, l‟utilisation
d‟acide phosphorique donne la possibilité de développer des charbons microporeux et/ou
mésoporeux dont la surface spécifique dépend de la température d‟activation [4].
❖ Protocole de préparation des CA par l’activation chimique
Le charbon a été préparé au laboratoire de l’ENSAI par des élèves ingénieurs de L’EGCIM
pendant l’édition de la semaine de l’ingénieure, en utilisant la poudre de rafles de maïs de 1
mm de diamètre, ce charbon est activé chimiquement, selon les étapes suivantes :
1. 60g de l‟échantillon sont mélangé avec 120 ml de la solution H3PO4
(40%) et maintenu sous agitation pendant 6 h ;
2. Le mélange est mis à l'étuve pendant 24 heures à 105°C ;
3. L'échantillon est introduit dans des creusets et puis calciné pendant 1 heure à 450 °C dans
un four réglée une heure avant de mettre l'échantillon
4. Après la sortie du four de calcination, le charbon activé obtenu est lavé avec de l‟eau
distillée jusqu‟à l‟obtention d‟une poudre à un pH égal 6 ;
5. Le charbon actif obtenu est ensuite séché dans une étuve pendant 24 heures à 105°C.
La figure 3 présente les étapes de préparation du charbon actif.
N ettoyage
Séchage dans l’étuve a Tamisage
une température de Broyage d<1 mm
105 C pendant 24h
Activation par
Séchage 24h à l’H3PO4(40%)
105 C + agitation à 6h
Carbonisation 1h
à 450 C
Lavage par l'eau
distillée jusqu'à
pH = 6
Séchage 24h à Charbon
105 C actif
Figure 3: Les étapes de préparation du charbon actif
III . CARACTÉRISATION DE CHARBON ACTIF :
III.1. La teneur d’humidité :
Le taux d‟humidité est un rapport exprimé en pourcentage, il est déterminé par le séchage de l‟adsorbant dans une étuve. On
a introduit 0,5 g de charbon actif dans un creuset en céramique et on l‟a pesé. Ensuite on l‟a séché dans une étuve à 110°C
jusqu‟à ce que son poids reste constant. A sa sortie de l‟étuve, on l‟a refroidi à température ambiante puis on l‟a repesé.
Le taux d‟humidité (% H) a été calculé par la formule suivante[8] :
Où :
M1 : la masse initiale du CA utilisée en (g).
M2: La masse du creuset rempli après séchage en (g).
M3 : La masse du creuset rempli avant séchage en (g).
III.2. Détermination de la pureté du Carbon actif (La teneur en cendres)
Il s‟agit de la partie inorganique, inerte, amorphe et inutilisable, présente dans le charbon actif, le taux de cendre a été
déterminé par la méthode décrite en littérature [11]. Un morceau de 0,5g de charbon actif est séché pendant 24 heures dans
une étuve à une température de 80◦C, puis placé dans un creuset en céramique. Ce creuset est ensuite placé dans un four réglé
à 650 ◦C et maintenu à cette température pendant 3 heures. Une fois refroidi à température ambiante, le creuset est à nouveau
pesé. Le taux de cendre C (%) est calculé comme suit :
C (%) = (P₃ - P₂) * 100 / P1
Avec :
P₁ : la masse initiale du charbon actif utilisée en (g).
P₂ : la masse du creuset vide avant carbonisation en (g).
P₃ : la masse du creuset rempli le cendre après carbonisation en (g)[11]
III.3. Pouvoir adsorbant (Indice d’iode (Id))
III.3.1. Définition
L‟indice d‟iode est un paramètre fondamental pour caractériser la performance des charbons Actifs. Il donne une bonne idée
sur la surface totale disponible pour l‟adsorption des composés à faible poids moléculaire[4].
III.3.2. Principe de détermination d'indice d’iode
L‟indice d‟iode permet de mesurer la capacité d'adsorption des micropores d'un adsorbant. Pour déterminer l‟indice d‟iode
de charbon actif, on a utilisé la méthode de Dosage par Thiosulfate de Sodium [11]. Nous avons préparé les solutions
suivantes :
1- Une solution d'empois d'amidon.
2- Une solution d‟iode 0,1 N.
3- Une solution de thiosulfate de sodium de concentration 0,1N.
Nous avons introduit 10 ml d‟une solution d‟iode 0,1N dans un erlenmeyer et nous avons dosé cette dernière par une
solution de thiosulfate de sodium 0,1N, en présence de quelques gouttes d‟une solution d‟empois d‟amidon comme
indicateur jusqu'à la disparition de la couleur. Ensuite, nous avons ajouté 0,05g de l‟échantillon dans un erlenmeyer qui
contient 15 ml d‟une solution d‟iode 0,1N avec agitation pendant 30 min. Après, nous avons filtré et dosé l‟iode de 10 ml de
filtrat par la solution de thiosulfate de sodium 0,1N en présence des quelques gouttes d‟une solution d‟empois d‟amidon
comme indicateur jusqu'à la disparition de la couleur.
L‟indice d‟iode a été calculé par la formule suivante :
(Vb-Vs) : Différence des résultats du titrage à l‟essai à blanc et à l‟essai avec adsorbant en
(ml de thiosulfate de sodium 0.1N).
N : Normalité de la solution de thiosulfate de sodium en (mol/l).
126,9 : Masse atomique d‟iode.
M : Masse de l‟adsorbant en (g)
IV. PRESENTATION ET DISCUSSION DES RESULTATS
IV.1. Caractéristiques physico-chimiques de substrat utilisé.
Le tableau 2 présente les caractéristiques physicochimiques des substrats des rafles de maïs
utilisés
Tableau 2: Caractéristiques Physico-chimique de substrat utilisé
TH( % ) MS ( % ) Taux de MOV (%) CF (%)
cendres
(%)
13,57 86,3 6,505 79,63 13,865
Plusieurs facteurs peuvent être pris en compte dans le choix de la matière première pour la fabrication du charbon actif,
notamment une faible teneur en matières inorganiques (cendres), une teneur suffisante en matières organiques volatiles, une
matière sèche élevée, une forte disponibilité locale, un faible coût et de grandes quantités. Par conséquent, les rafles de maïs
peuvent être considérés comme une alternative intéressante pour la production du charbon actif, compte tenu des propriétés
mentionnées ci-dessus
IV.2. Caractérisation de charbon actif
Le tableau 3 présente les caractéristiques du charbon actif préparé à base des rafles de maïs.
Tableau 3: Caractéristiques texturales de l’adsorbant obtenu
Taux de TH (%) Id mg/g
cendre(%)
3 13.,94 1070,58
Les résultats obtenus pour le charbon actif préparé à partir des rafles de maïs (tableau 3) montrent que ce matériau possède
des caractéristiques intéressantes pour être utilisé dans le traitement des eaux usées. D‟abord la valeur de 1070.58 mg/g pour
l‟indice d‟iode montre que nous avons obtenu un matériau de grande microporosité et par conséquent, une surface spécifique
importante s‟est développée [11]. Cela indique une bonne capacité d'adsorption pour notre charbon actif, ce qui est essentiel
pour l'élimination de polluants dans les eaux usées. Ensuite, le pH du charbon actif légèrement acide est compatible avec de
nombreuses applications de purification de l'eau. Enfin, les résultats du taux de cendres et du taux d‟humidité sont en accord
avec celle rapportée par A. NAIT-MERZOUG [14] qui a montré que les valeurs du TC et TH, du charbon actif préparé à
partir des de grignons d‟olive par activation chimique sont respectivement 2.17%,6.4% proches de celles obtenus dans cette
étude. Ces propriétés mettent en évidences le potentiel des rafles de maïs comme source alternative pour la production de
charbon actif, avec des applications intéressantes dans divers domaines [15],[16]. De ce fait nos résultats montrent que les
rafles de maïs présentent une alternative viable et durable aux matières premières traditionnelles (comme le bois de
chauffage) pour la production de charbon actif destiné au traitement des eaux usée[17],[18]. Cette valorisation des rafles de
maïs pourrait non seulement répondre à des besoins industriels, mais également contribuer à des pratiques de cuisson plus
durables, favorisant une gestion responsable des ressources naturelles.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Conclusion
L‟objectif de ce travail était de formuler un
charbon actif pur à base des rafles de maïs avec une
humidité comprise entre 13 et 14% et un bon pouvoir adsorbant destiné au traitement des eaux usées de
la ville de Ngaoundere , afin de réduire la pollution environnementale. La capacité d‟adsorption du charbon préparé pourra
donc permettre l’élimination des polluants des eaux usées de la ville. Les résultats ont permis de démontrer que le charbon
actif préparé à partir des rafles de maïs présente une capacité d‟adsorption remarquable pour l'élimination des polluants dans
les eaux usées. Ces performances soulignent non seulement l'efficacité du charbon actif dérivé des rafles de
maïs, mais elles témoignent également de son potentiel en tant qu‟alternative durable et économique aux méthodes de
traitement traditionnelles. En réduisant les coûts de traitement, ce matériau pourrait faciliter l'accès à une eau de meilleure
qualité, en particulier dans les zones urbaines où les ressources peuvent être limitées. De plus, l'utilisation de rafles de maïs,
souvent considérées comme des déchets agricoles, ouvre la voie à une réduction de la dépendance au bois de chauffage pour
la production de charbon actif. Cela pourrait contribuer à atténuer les problèmes de déforestation et les impacts
environnementaux négatifs associés, tout en offrant une solution de gestion des déchets agricoles.
Recommandations
Aux chercheurs :
• à poursuivre ce travail en prouvant l‟efficacité de ce charbon actif à adsorber d‟autres polluants.
• à faire des études sur la valorisation énergétique des rafles de maïs notamment dans la
production
Aux pouvoirs publics
À sensibiliser la population sur l‟importance de la valorisation des déchets.
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