Impact de Pratiques de Gestion de La Fertilité Sur Les Rendements en Mil Dans Le Fakara (Niger)
Impact de Pratiques de Gestion de La Fertilité Sur Les Rendements en Mil Dans Le Fakara (Niger)
Promoteurs :
Pr. C. Bielders
Dr. B. Gérard
Lecteurs :
Pr. J. Dufey
Pr. J-F. Ledent
Louvain-la-Neuve
Année académique 2005-2006
UNIVERSITE CATHOLIQUE DE LOUVAIN
Faculté d’ingénierie biologique, agronomique et environnementale
Promoteurs :
Pr. C. Bielders
Dr. B. Gérard
Lecteurs :
Pr. J. Dufey
Pr. J-F. Ledent
Louvain-la-Neuve
Année académique 2005-2006
Remerciements
Je voudrais remercier ici tous ceux qui m’ont aidé durant mes
études et durant la réalisation de ce mémoire.
Le mil (Pennisetum glaucum (L.) R. Br.) est la plante alimentaire la plus cultivée dans
la zone sahélienne du Niger. La pluviométrie et la faible fertilité des sols sont les principaux
facteurs conditionnant le rendement de la culture du mil. Les sols cultivés sont sableux,
contiennent peu de matière organique et de phosphore disponible et ont une faible capacité
d’échange cationique. La culture permanente pratiquée sans restauration de la fertilité du sol
provoque une diminution rapide de la teneur en éléments nutritifs et en matière organique
ainsi qu’une acidification de la plupart des sols.
Etant donné le manque de disponibilité de fumier, plusieurs études ont mis en
évidence que l’utilisation d’engrais minéraux, couplée à l’application d’engrais organiques est
la solution phare pour satisfaire la demande alimentaire croissante sans aggraver la
dépendance du pays vis-à-vis de l’aide internationale.
En vue de promouvoir l’utilisation par les agriculteurs de pratiques améliorées de
gestion de la fertilité des sols, il est essentiel de pouvoir établir préalablement l’impact en
conditions réelles de ces pratiques sur les rendements. C’est dans cet objectif qu’un essai en
milieu paysan a été mis en place pour une durée de 3 ans dans 3 villages de la région du
Fakara, au sud-ouest du pays. L’essai vise principalement la validation de la technique de
placement d’engrais au poquet et la caractérisation de l’impact de pratiques indigènes de
gestion de la fertilité. Il combine 3 variétés de mil (locale, ICMV IS 89305 et Zatib), 3
niveaux d’application d’engrais (témoin, DAP : phosphate diammonique et DAP + urée) et
plusieurs pratiques de gestion des amendements organiques (transport de fumier et parcage)
ainsi que leurs effets résiduels (un et deux ans après application).
Les rendements des parcelles où un parcage a été effectué dans l’année ont augmenté
de 168 % (en grain) et de 176 % (en paille), tandis que la technique du transport de fumier a
permis de doubler les rendements par rapport aux parcelles non fumées. L’effet du parcage
sur les rendements dépend fortement de la pluviométrie utile et est marqué pendant trois
saisons de culture consécutives, l’effet résiduel du transport de fumier jusqu’à la deuxième
saison de culture. L’application d’engrais a permis d’augmenter les rendements en grain de 15
à 19 % mais nous recommandons l’application de DAP seul par rapport à l’application de
DAP + urée car les rendements ne diffèrent pas significativement entre les deux types de
fertilisation. L’effet de DAP a été d’autant plus marqué que le parcage et le transport de
fumier étaient anciens. Les résultats indiquent que les agriculteurs gagneraient à appliquer
DAP placé au poquet comme apport-relai en nutriments à partir de la 2ème, voire de la 3ème
année après le parcage. Les variétés testées ont révélé différents avantages et inconvénients.
La variété locale, sélectionnée par les agriculteurs depuis de nombreuses années et adaptée à
la région, fournit les meilleurs rendements en paille. La variété améliorée ICMV IS 89305
permet une augmentation du rendement en grain de 12 % et une diminution de 10 % par
rapport au rendement de la variété locale.
Dans la pratique, les quantités de fumier appliquées (estimées à 18 t ha-1) sont hors de
portée pour la plupart des agriculteurs sahéliens, généralement trop pauvres pour posséder
suffisamment de bétail. D’autre part, les engrais importés sont chers et difficiles d’accès dans
les campagnes. L’amélioration de l’accessibilité des intrants paraît essentielle pour parvenir à
un accroissement durable des rendements en mil dans cette région.
Table des matières
INTRODUCTION.................................................................................................................... 9
1ERE PARTIE : CADRE DE L’ETUDE ............................................................................... 11
1. CONTEXTE GLOBAL : LE NIGER ..................................................................................... 11
1.1. Présentation ......................................................................................................... 11
1.2. Climat ................................................................................................................... 11
1.3. Ressources naturelles........................................................................................... 13
1.4. Démographie........................................................................................................ 15
1.5. Economie.............................................................................................................. 16
1.6. Agriculture, élevage et insécurité alimentaire ..................................................... 16
2. CONTEXTE LOCAL : LA REGION DU FAKARA ................................................................. 19
2.1. Présentation de la zone d’étude ........................................................................... 19
2.2. Géologie, topographie et géomorphologie........................................................... 20
2.3. Pédologie et caractéristiques agronomiques des sols.......................................... 22
2.4. Agriculture ........................................................................................................... 26
2EME PARTIE : PRATIQUES DE GESTION DE LA FERTILITE ................................. 33
1. AMENDEMENTS INORGANIQUES .................................................................................... 33
1.1. Phosphore............................................................................................................. 35
1.2. Azote ..................................................................................................................... 38
1.3. Potassium ............................................................................................................. 40
1.4. Autres éléments minéraux .................................................................................... 41
1.5. Effet des engrais sur l’efficience de l’utilisation en eau ...................................... 41
2. AMENDEMENTS ORGANIQUES ........................................................................................ 42
2.1. Matière organique du sol ..................................................................................... 42
2.2. Pratique de la jachère .......................................................................................... 44
2.3. Application de résidus de culture (mulching) ...................................................... 45
2.4. Agro-foresterie et association avec des légumineuses ......................................... 46
2.5. Pratique du parcage (coralling) .......................................................................... 47
2.6. Application de fumier transporté ......................................................................... 51
3. DENSITES DE SEMIS ....................................................................................................... 52
4. VARIETES AMELIOREES ................................................................................................. 53
5. COMBINAISON DE TECHNIQUES ..................................................................................... 53
6. ADOPTION DES TECHNIQUES .......................................................................................... 54
7. LES MECANISMES DE RESISTANCE A LA SECHERESSE DU MIL ......................................... 55
7.1. Caractères morphologiques et physiologiques de résistance et évitement du mil à
la sécheresse..................................................................................................................... 55
7.2. Impact des pratiques culturales ........................................................................... 57
7.3. Effet d’une sécheresse à différents moments du cycle.......................................... 58
1
7.4. Décomposition du rendement en grain ................................................................ 59
3EME PARTIE : MATERIELS ET METHODES ................................................................ 60
1. SITE DE L’EXPERIENCE ET CHOIX DES CHAMPS EXPERIMENTAUX................................... 60
2. DISPOSITIF EXPERIMENTAL............................................................................................ 60
2.1. Les pratiques de gestion de la fertilité organique................................................ 60
2.2. Les niveaux de fertilisation minérale ................................................................... 62
2.3. Les variétés........................................................................................................... 62
2.4. La parcelle élémentaire et la disposition de l’essai sur les champs .................... 63
3. DISPOSITIF DE MESURES ET ANALYSE DE DONNEES ....................................................... 63
3.1. Pluviométrie ......................................................................................................... 63
3.2. Profils de teneur en eau ....................................................................................... 64
3.3. Calcul de l’eau utile pour les plantes et bilan hydrique par parcelle.................. 66
3.4. Evaluation des apports de matière organique ..................................................... 67
3.5. Développement de la culture................................................................................ 67
3.6. Mesures de rendement à la récolte ...................................................................... 69
3.7. Evaluation des contraintes biotiques ................................................................... 70
3.8. Propriétés physiques et chimiques du sol ............................................................ 71
3.9. Analyse statistique................................................................................................ 72
4. PRATIQUES CULTURALES ET CALENDRIER ..................................................................... 75
4.1. Installation de l’essai ........................................................................................... 75
4.2. Semis..................................................................................................................... 75
4.3. Sarclages et démariage ........................................................................................ 76
4.4. Récolte.................................................................................................................. 76
4EME PARTIE : RESULTATS ET DISCUSSION............................................................... 79
1. PLUVIOMETRIE .............................................................................................................. 79
1.1. Pluviométrie en 2003 ........................................................................................... 79
1.2. Pluviométrie en 2004 ........................................................................................... 79
1.3. Pluviométrie en 2005 ........................................................................................... 80
1.4. Pluviométrie utile et durée du cycle cultural ....................................................... 82
2. EVOLUTION DE L’EAU UTILE DISPONIBLE ...................................................................... 82
3. PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES DES SOLS .................................................................. 86
3.1. Analyses chimiques des sols................................................................................. 86
3.2. Analyse texturale des sols .................................................................................... 87
4. EVALUATION DES APPORTS EN MATIERE ORGANIQUE .................................................... 88
4.1. Apports résiduels en matière organique en 2003................................................. 88
4.2. Apports résiduels en matière organique en 2004................................................. 88
4.3. Apports résiduels en matière organique en 2005................................................. 89
5. ANALYSE DES CORRELATIONS ENTRE VARIABLES ......................................................... 91
6. ANALYSE DES RENDEMENTS EN MIL EN 2003 ................................................................ 95
6.1. Taux de survie au démariage et à la récolte ........................................................ 95
6.2. Rendements en paille............................................................................................ 96
2
6.3. Nombre de talles et nombre d’épis par poquet .................................................... 98
6.4. Poids des grains par épi....................................................................................... 99
6.5. Rendements en grain .......................................................................................... 100
6.6. Indice de récolte ................................................................................................. 102
6.7. Nombres de poquets végétatifs et non matures par parcelle ............................. 102
7. ANALYSE DES RENDEMENTS EN MIL EN 2004 .............................................................. 104
7.1. Taux de survie au démariage et à la récolte ...................................................... 104
7.2. Rendements en paille.......................................................................................... 108
7.3. Nombre de talles et nombre d’épis par poquet .................................................. 110
7.4. Poids des grains par épi..................................................................................... 112
7.5. Rendements en grain .......................................................................................... 113
7.6. Indice de récolte ................................................................................................. 116
7.7. Nombres de poquets végétatifs et non matures par parcelle ............................. 116
8. ANALYSE DES RENDEMENTS EN MIL EN 2005 .............................................................. 118
8.1. Taux de survie au démariage et à la récolte ...................................................... 118
8.2. Rendements en paille.......................................................................................... 121
8.3. Nombre de talles et nombre d’épis par poquet .................................................. 124
8.4. Poids des grains par épi..................................................................................... 126
8.5. Rendements en grain .......................................................................................... 127
8.6. Indice de récolte ................................................................................................. 130
8.7. Nombres de poquets non matures et végétatifs .................................................. 130
9. EVOLUTION DE LA PHENOLOGIE EN 2005 .................................................................... 132
10. EVALUATION DES CONTRAINTES BIOTIQUES EN 2003, 2004 ET 2005....................... 134
11. ANALYSE RECAPITULATIVE : EFFETS SIGNIFICATIFS SUR 3 ANS ............................... 136
11.1. Effet de l’année............................................................................................... 136
11.2. Effet du site..................................................................................................... 141
11.3. Analyse des parcelles « témoins ».................................................................. 142
11.4. Effet de la strate de fertilité............................................................................ 145
11.5. Effet de l’engrais chimique ............................................................................ 148
11.6. Interaction strate de fertilité organique × fertilisation inorganique.............. 149
11.7. Effet de la variété ........................................................................................... 150
CONCLUSIONS................................................................................................................... 153
BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................... 156
3
Table des figures
4
30. Teneur en argile (moyennes et écart-types) en fonction de la profondeur...................................... 88
31. Apports résiduels en matière organique fécale (MOF) (kg ha-1) en 2004....................................... 89
32. Apports résiduels en matière organique végétale (MOV) (kg ha-1) en 2004 ................................. 89
33. Apports résiduels en matière organique fécale (MOF) (kg ha-1) en 2005....................................... 90
34. Apports résiduels en matière organique végétale (MOV) (kg ha-1) en 2005 .................................. 91
35. Graphe « boxplot$ » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x variété .. 96
36. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2003)......................................................... 97
37. Rendements en grain par site et par strate de fertilité (2003) ....................................................... 101
38. Graphe « boxplot » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x variété.. 106
39. Graphe « boxplot » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x fertilisation
x variété ..................................................................................................................................... 107
40. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction strate x fertilisation
................................................................................................................................................... 107
41. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2004)....................................................... 108
42. Graphe « boxplot » du rendement en paille (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation 110
43. Rendements en grain par strate de fertilité et par site (2004) ....................................................... 114
44. Graphe « boxplot » du rendement en grain (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation. 115
45. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction strate x fertilisation
................................................................................................................................................... 120
46. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction fertilisation x variété
................................................................................................................................................... 121
47. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2005)....................................................... 122
48. Graphe « boxplot » du rendement en paille (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation 124
49. Rendements en grain par strate de fertilité et site (2005) ............................................................. 128
50. Graphe « boxplot » du rendement en grain (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation. 130
51. Evolution de la phénologie de la tige principale du mil au cours de la saison ............................. 132
52. Nombre moyen de poquets atteints par le mildiou par parcelle en fonction du niveau de
fertilisation minérale et de la variété du mil .............................................................................. 135
53. Nombre moyen de plants shibra par parcelle en fonction du niveau de fertilisation minérale et de la
variété du mil ............................................................................................................................. 135
54. Occurrence moyenne de S. hermonthica par parcelle en fonction du niveau de fertilisation
minérale et de la variété du mil ................................................................................................. 135
55. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) en fonction du site et de la pluviométrie utile
annuelle...................................................................................................................................... 137
56. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) en fonction du site et de la durée du cycle cultural
................................................................................................................................................... 137
57. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) des parcelles sans engrais et de strate non fumée
(Témoin + NF) en fonction du site et de la pluviométrie utile annuelle.................................... 138
58. Différence entre rendements moyens en paille (a) et en grain (b) de traitements choisis et
rendements des parcelles sans engrais et de strate non fumée (Témoin + NF) en fonction du site
et de la pluviométrie utile annuelle............................................................................................ 139
59. Taux de survie au démariage et à la récolte en fonction de la pluviométrie utile (démariage)
(récolte) et en fonction de la différence de pluviométrie entre le démariage et la récolte
(récolte2).................................................................................................................................... 140
5
60. Rendements moyens en paille et en grain toutes années confondues et par site (barres d’erreur =
s.e.d pour les comparaisons entre années) ................................................................................. 141
61. Nombre de poquets morts, végétatifs, non matures et récoltés dans les parcelles non fumées, non
fertilisées par engrais et de variété locale .................................................................................. 143
62. Rendements moyens dans les parcelles non fumées, non fertilisées par engrais et de variété locale
................................................................................................................................................... 143
63. Poids des grains par épi et nombre d’épis par poquet* dans les parcelles non fumées, non
fertilisées par engrais et de variété locale (*non mesuré à Kodey en 2003).............................. 144
64. Rendements moyens toutes années confondues par strate de fertilité (barres d’erreur = s.e.d. sauf
FT-1 et FT-2)............................................................................................................................. 145
65. Rendements moyens en paille en fonction de la MOF résiduelle mesurée. Chaque point représente
une moyenne par strate. ............................................................................................................. 147
66. Rendements moyens en grain en fonction de la MOF résiduelle mesurée. Chaque point représente
une moyenne par strate. ............................................................................................................. 147
67. Rendements moyens toutes années confondues par niveau de fertilisation (barre d’erreur = s.e.d.)
................................................................................................................................................... 149
68. Graphe « boxplot » du rendement en grain moyen de 2003 à 2005 (kg ha-1) illustrant l’interaction
strate x fertilisation .................................................................................................................... 150
69. Différence de rendement en grain par strate entre parcelles témoins et fertilisées par DAP ........ 150
70. Rendements moyens par variété (barre d’erreur = s.e.d.) ............................................................. 151
71. Différence de rendement en paille avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile ............................................................................................................................................ 152
72. Différence de rendement en grain avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile ............................................................................................................................................ 152
73. Différence de rendement en paille avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile (sans la pluviométrie à Kodey en 2004) ............................................................................ 152
6
Liste des tableaux
1. Propriétés physiques et chimiques des sols du Fakara (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004) ... 23
2. Classification des sols par situation topographique (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004)........ 23
3. Principaux engrais (source : IFA et FAO, 2001) ............................................................................ 35
4. Calendrier des opérations culturales et pluviométrie (DOY = day of the year, jour de l’année).... 78
5. Détermination des périodes sèches après semis en 2003, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une période
sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)....................................................................................................................... 79
6. Détermination des périodes sèches après semis en 2004, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une période
sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)....................................................................................................................... 80
7. Détermination des périodes sèches après semis en 2005, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une période
sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)....................................................................................................................... 80
8. Durée de la période sèche supplémentaire au Tableau 6 et phase de développement
correspondante (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS, phase 3 : >75 JAS)............................ 83
9. Résultats des analyses chimiques des sols (échantillons prélevés le 2 juin 2003).......................... 86
10. Résultats d’analyse texturale (moyennes de 0 à 210 cm de profondeur )....................................... 87
11. Disparition de matière organique fécale (MOF) entre 2004 et 2005 .............................................. 90
12. Coefficients de corrélation de Spearman supérieurs à |0,5| et à |0,7| (en gris) en 2003, 2004 et
2005 ............................................................................................................................................. 93
13. Taux de survie au démariage et à la récolte en fonction des strates de fertilité (2003) .................. 95
14. Nombre d’épis poquet-1 et nombre de talles poquet-1 par niveau de fertilisation (2003) ................ 98
15. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2003) ................................ 100
16. Paramètres de rendement et rendement en grain moyens par niveau de fertilisation (2003)........ 101
17. Nombres de poquets végétatifs et non matures par strate de fertilité (2003)................................ 102
18. Nombres de poquets végétatifs et de poquets non matures .......................................................... 103
19. Comparaison des variables mesurées par rapport à 2003 ............................................................. 104
20. Taux de survie au démariage et à la récolte par niveau de fertilisation (2004) ............................ 105
21. Nombre de talles et d’épis par poquet par strate de fertilité (2004)............................................. 111
22. Nombre de talles et d’épis par poquet par niveau de fertilisation (2004) ..................................... 111
23. Poids des grains par épis par niveau de fertilisation (2004) ......................................................... 112
24. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2004) ................................ 113
25. Comparaison par site des nombres de poquets végétatifs et non matures en 2004 et 2003.......... 116
26. Nombres de poquets végétatifs et non matures par strate de fertilité (2004)................................ 116
27. Nombres de poquets végétatifs et non matures par niveau de fertilisation et par variété (2004) . 117
28. Comparaison des variables mesurées par rapport à 2003 et à 2004.............................................. 118
29. Taux de survie au démariage et à la récolte par site (2005).......................................................... 119
30. Taux de survie au démariage et à la récolte par niveau de fertilisation (2005) ............................ 119
31. Nombre de talles et d’épis par poquet par site (2005) .................................................................. 124
32. Nombre de talles et d’épis par poquet par strate de fertilité (2005)............................................. 125
33. Nombre de talles et d’épis par poquet par niveau de fertilisation (2005) ..................................... 125
7
34. Poids des grains par épis par site (2005)....................................................................................... 126
35. Poids des grains par épis par niveau de fertilisation (2005) ......................................................... 126
36. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2005) ................................ 128
37. Nombres de poquets végétatifs et non matures par site (2005) .................................................... 130
38. Nombres de poquets végétatifs et non matures par strate de fertilité (2005)................................ 131
39. Nombres de poquets végétatifs et non matures par niveau de fertilisation et par variété (2005) . 131
40. Régressions linéaires relatives aux graphes de la Figure 58 ......................................................... 139
41. Moyennes par année (p < 0,0001 pour toutes les variables)......................................................... 141
42. Récapitulatif des moyennes par année et par site ......................................................................... 142
43. Moyennes par strate de fertilité toutes années confondues........................................................... 148
44. Moyennes par niveau de fertilisation toutes années confondues .................................................. 148
45. Moyennes par variété toutes années confondues .......................................................................... 151
8
Introduction
9
particulièrement intéressé par la diffusion de cette technologie dans le milieu agricole
nigérien. Depuis 1999, le système d’application d’engrais minéral au poquet au taux de 4 kg
P ha-1 a fait l’objet de plus de 5000 essais dans les régions de Niamey, Maradi et Zinder. Ces
essais étant sous la supervision d’agriculteurs locaux, une grande partie de la variabilité de la
réponse au P semblait due aux types de sols et aux différences d’environnement expérimental,
sans toutefois que ces différences aient été quantifiées. C’est pour tester cette nouvelle
technologie dans un environnement plus contrôlé et présentant moins de variabilité qu’un
essai de validation fut installé dans trois sites de la région du Fakara.
Cet essai s’insère dans le cadre d'un projet financé par la DGCD (Direction Générale
de la Coopération au Développement belge) et coordonné par l’ICRISAT (Institut de
Recherche sur les Cultures des Tropiques Semi-Arides) en collaboration avec d’autres
organismes tels que la FAO et l’UCL. Le projet vise le développement de systèmes d'aide à la
décision à l'usage des décideurs, ONG et projets de développement, afin de mieux cibler les
propositions d'intensification et de diversification agricole pour les petits agriculteurs. L’essai
combine 3 variétés de mil, 3 niveaux d’application d’engrais inorganique et plusieurs
pratiques de gestion des amendements organiques (transport de fumier et parcage) ainsi que
leurs effets résiduels (un et deux ans après application).
L’analyse des résultats fournis par l’essai doit permettre d’expliquer les différentes
réponses des rendements en fonction de la variété de mil, des paramètres bio-physiques et des
différentes pratiques de gestion de la fertilité. Cette analyse doit également être la base de la
formulation de recommandations qui viseront à relier les pratiques de gestion de fertilité des
sols avec les risques de sécheresse tout en prenant en compte la question de la disponibilité de
la fumure organique.
Après une présentation du Niger et de la zone du Fakara, une synthèse des
connaissances actuelles des pratiques de gestion de la fertilité en région sahélienne est décrite.
Le dispositif expérimental et les mesures effectuées sont ensuite détaillés. La quatrième partie
présente les résultats. Ceux-ci sont illustrés et discutés par année avant d’être synthétisés dans
une analyse combinée effectuée sur les résultats des 3 années de l’essai. Enfin, une conclusion
reprend les principales remarques, observations et perspectives.
10
1ère partie : Cadre de l’étude
1.1. Présentation
1.2. Climat
a) Les précipitations
11
annuelle s’abaisse d’environ 1 mm par km du Sud vers le Nord divisant ainsi le pays en quatre
zones climatiques (FAO, 2005) :
- La zone saharienne (65 % du territoire national) avec des précipitations inférieures à
100 mm par an ;
- La zone sahélo-saharienne (12 % du territoire national) avec des précipitations
annuelles comprises entre 100 et 300 mm ;
- La zone sahélo-soudanienne (13 % du territoire national) avec des précipitations
annuelles variant de 300 et 600 mm ;
- La zone soudanienne (1 % du territoire national) qui reçoit entre 600 et 800 mm par
an.
La Direction de la Météorologie Nationale du Niger (2003) définit les mêmes zones mais
place la limite supérieure de la zone saharienne à l’isohyète 150 mm (Figure 2).
Cette zonation latitudinale des conditions climatiques affecte de manière significative
la vie socio-économique du pays et détermine les différents écosystèmes (voir les types de
sols et de végétation ainsi que la répartition de l’agriculture et de l’élevage ci-dessous).
La zone sahélienne montre un climat semi-aride déterminé par une longue saison
sèche d’octobre à mai et une courte saison de pluies de mai-juin à septembre (FAO, 2005).
L’évapotranspiration potentielle (ETP) atteint 2 à 3 m par an et le bilan pluviométrique
annuel par rapport à l’ETP est déficitaire sur l’ensemble du pays. La Figure 3 indique le bilan
pluviométrique mensuel et les températures enregistrées à Niamey. Les pluies montrent une
forte variabilité intra- et inter-annuelle qui constituent une des contraintes de la production
agricole locale (Figure 6 p.18). Sivakumar et al. (1993) ont calculé un coefficient de variation
de 22 % pour la pluviométrie annuelle totale à Niamey (moyenne de 545 mm pour la période
1931-1990).
12
300 45
40
250
Températures moyennes
Pluie et ETP moyennes 35
200 30 Pluie
25
150 ETP
20
(mm)
(°C)
100 15 T max
10 T min
50
5
0 0
t
ai
in
e
s
ril
no bre
r
oc re
ille
ie
ar
br
m
ju
av
b
nv
ju
m
m
to
em
ja
ve
pt
se
Figure 3. Température, ETP et pluviométrie moyennes mensuelles enregistrées à Niamey - 13°30’N 2°08’E
(1931-1990) (Sivakumar et al., 1993)
b) Températures et humidité
La température annuelle moyenne est de 29°C pour tout le pays. Les maxima moyens
mensuels sont observés durant les mois de mars, avril et mai (40 à 42°C). Deux périodes de
baisse des températures existent : durant la saison des pluies (32°C en moyenne en août) et en
décembre et janvier avec 34°C en moyenne. Ces deux derniers mois constituent la période des
nuits les plus fraîches avec une moyenne de 14 à 15°C.
L’humidité relative est corrélée avec l’alternance du passage des masses d’air du front
inter-tropical : la moyenne mensuelle est de 17 % en février et de 75 % en septembre (pour la
période 1951-1982).
c) Les vents
a) Hydrographie
Mis à part quelques bassins plus ou moins permanents et quelques cours d’eau
saisonniers, le réseau hydrographique principal du Niger consiste en un fleuve principal, le
13
Niger, une rivière plus petite, le Komadougou Yobé, et le bassin du lac Tchad. Le Niger
traverse le pays dans le sud-ouest sur 550 km. Le Komadougou Yobé marque la frontière
entre le Niger et le Nigéria sur 140 km. A l’extrême est, le lac Tchad se retire de plus en plus
et il n’existe plus à l’intérieur des frontières du Niger depuis 2004 (FAO, 2005).
14
Sur les terrasses entre le fleuve Niger et le dallol (rivière non permanente) Bosso et le
dallol Maouri, dans la zone sahélo-soudanienne, les Arenosols sont parfois associés aux
Regosols, des sols très peu développés situés sur une roche mère peu compacte.
1.4. Démographie
En 2003, le Niger compte 13,1 millions d’habitants dont 87 % vivant en zone rurale et
49 % en-dessous de 15 ans. La densité de population s’élève à 10 habitants/km2 mais la
population est concentrée à 90 % dans la bande d’environ 200 km de large au sud du territoire
le long de la frontière du Nigeria. L’espérance de vie moyenne à la naissance est de 44,3 ans
15
et le taux de mortalité infantile est de 154 morts pour 1 000 naissances. Le taux de croissance
annuel de la population est de 3,3 % (2005). Les femmes nigériennes mettent au monde en
moyenne 7,9 enfants (période 2000-2005).
Concernant la période 2002-2003, le taux brut de scolarisation dans le primaire,
secondaire et supérieur atteint seulement 21 % des enfants en âge d’être scolarisés. Le taux
d’alphabétisation atteint 14 % pour les plus de 15 ans et 20 % pour les 15-24 ans.
63 % de la population vit actuellement en dessous du seuil de pauvreté (période 1990-
2002). L’indice de développement humain de 0,281 atteint par le Niger en 2005 place celui-ci
en dernière position dans le classement des pays. Avec un PIB par habitant de 232 $ US, le
Niger est un des pays les plus pauvres du monde (PNUD, 2005).
Sauf mention contraire, les données citées ci-dessus proviennent de 2003.
1.5. Economie
a) Agriculture
Moins 4 % des terres sont cultivables, 9 % sont des pâturages permanents et seulement
2 % sont des forêts et boisements. L’agriculture est limitée au nord par l’isohyète 350 mm,
au-delà duquel la production de mil cesse pratiquement. Les zones sahélo-soudanienne et
soudanienne du Niger sont considérées comme potentiellement sédentaires (contrairement
aux zones du nord où l’on trouve avant tout une activité nomade). Le mil (Pennisetum
glaucum) et le sorgho (Sorghum bicolor) sont les cultures extensives traditionnelles, mais on
y cultive également du niébé (Vigna unguiculata), de l’arachide (Arachis hypogaea) ainsi que
du coton. Les dépressions créées par des cours d’eau anciens ou récents sont utilisées pour les
cultures maraîchères ou les arbres fruitiers. Le riz est cultivé autour du fleuve Niger et de la
16
rivière Komadougou. Le développement des cultures irriguées demeure modeste et est limité
principalement à la production de riz provenant des zones irriguées le long du fleuve Niger.
Celle-ci est insuffisante pour les besoins de la population (estimés à 200 000 t) et le riz
constitue le premier produit d’importation (FAO, 2001).
Le niébé, le coton et l’arachide sont cultivés pour l’exportation mais seul le niébé, peu
consommé localement et exporté de façon informelle vers les marchés sous-régionaux
(Nigeria, Bénin), constitue une production de réelle importance. Le mil est cultivé pour la
consommation locale ainsi que le sorgho, le manioc, les légumineuses, les oignons, le riz, la
canne à sucre et quelques primeurs. La pêche est pratiquée sur le fleuve Niger et les prises
sont consommées ou vendues localement.
L’agriculture bénéficie des engrais organiques qui maintiennent le sol fertile aux
alentours des lieux d’habitation mais l’augmentation de la production en mil provient avant
tout de l’augmentation des superficies cultivées (Figure 5). Chaque année 70 000 à 80 000 ha
de nouvelles terres sont occupés par l’agriculture aux dépens des forêts et de l’élevage (FAO,
2005). Le défrichement et l’exploitation du bois réduit considérablement la végétation
originale : Niamey, la capitale, requiert à elle seule plus de 11 000 t de bois de feu par an
(FAO, 2001). En outre, les jachères diminuent et les rotations sont ramenées à 2-3 ans, ce qui
réduit ultérieurement la fertilité des sols.
8000
Superficie totale cultivée
pour céréales (10³ ha)
7500
7000
6500
6000
5500
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Année
Figure 5. Evolution de la superficie totale cultivée pour les céréales au Niger de 1990 à 2000
(source : FAO, 2000)
b) Elevage
17
L’élevage contribue à hauteur de 35 % au PIB agricole et à 12 % du PIB (en 1995).
Plus d’un million de personnes travaillent à plein temps dans l’élevage (FAO, 2001). La
production animale nigérienne s’appuie sur la pâture extensive mais le risque climatique,
l’étendue et la qualité des pâturages, de même que les contraintes sanitaires et économiques,
constituent des freins notables à sa performance. La situation de précarité favorise deux types
d’élevage: les camélidés et les petits ruminants.
En 2004, la production totale en mil s’élevait à 2 500 000 t, constituant deux tiers de la
production céréalière du pays. Le Niger est le troisième pays producteur de mil après l’Inde et
le Nigéria. Le rendement en grain moyen du mil avoisine 400 kg ha-1.
Le caractère aléatoire des pluies, les attaques de pestes (notamment les acridiens) et la
pauvreté des sols sont autant de facteurs limitant la productivité agricole. Les fortes variations
interannuelles des niveaux de rendements soulignent la dépendance du pays vis-à-vis de la
pluviométrie (Figure 6). De 1983 à 2000, le bilan de la production céréalière disponible par
rapport aux besoins a été déficitaire 14 années sur 17, à l’exception des années 1988, 1998 et
1999. L’équilibre est notamment recherché à travers les importations (représentant 12 à 14 %
des disponibilités alimentaires dont plus de 50 % en provenance des pays voisins) et l’aide
alimentaire (FAO, 2005).
500 800
450 700
400
600 Pluviométrie annuelle
Rendement en mil
350
300 500
(kg/ha)
(mm)
250 400
200 300
150 Rendement 200
100
Pluviométrie 100
50
0 0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Année
Figure 6. Evolution des rendements en mil (source : FAO, 2000) et de la pluviométrie annuelle au Niger
de1990 à 2000 (source : Ali et al., 2003)
18
2. Contexte local : La région du Fakara
Le Fakara est une région couvrant approximativement 6000 km² et située à l’ouest du
pays entre la vallée du fleuve Niger et la vallée du Dallol Bosso. Le canton du Fakara fait
partie de l’arrondissement de Kollo situé dans la région de Tillaberi (Figure 7). Son chef-lieu
administratif est le village de Dantiandou.
Le site d’étude couvre 500 km² à l’intérieur du canton (entre les latitudes 13°20’ et
13°35’ N et les longitudes 2°35’ et 2°52’ E) (Figure 8). La zone comprenait une dizaine de
villages et quelques 6000 habitants en 1998.
Depuis les années 50, suite à la paix coloniale, aux progrès techniques concernant la
mise en place de puits, à l’amélioration des structures médicales et à la proximité de la
capitale, la densité de population n’a cessé d’augmenter dans la région.
La majorité de la production agricole est réalisée par des exploitations familiales de
petite taille, pratiquement exclusivement tournées vers l’autosubsistance et dont les
techniques demeurent très traditionnelles. La superficie de terre possédée par une famille
(ménage) est en moyenne de 5 à 13 ha (Hiernaux et Ayantunde, 2004). La terre, et surtout le
bétail, constituent la principale forme de richesse dans la région.
Le climat semi-aride montre une pluviométrie annuelle moyenne de 495 mm de 1968
à 1989 (Hiernaux et Ayantunde, 2004).
19
Figure 8. Délimitation de la zone d’étude et pluviométrie annuelle en 2003 (d’après ICRISAT, 2003)
Le Fakara est situé dans la partie inférieure d’un grand bassin de dépôts sédimentaires
s’étendant de l’Ouest du Niger au Sud-est du Mali. La zone est dominée par une formation
géologique complexe de grès plus ou moins argileux et de dépôts épais du miocène, connu
sous le nom de « Continent Terminal » sur lequel repose une cuirasse latéritique de 5 à 20 m
d’épaisseur. Depuis le quaternaire, l’érosion éolienne a localement contribué au dépôt de
sables par dessus ces formations (Hiernaux et Ayantunde, 2004).
La zone d’étude est située sur les anciennes terrasses quaternaires de fleuves fossiles.
Cinq types de relief ont été identifiés depuis les plateaux jusqu’aux bas-fonds. Les deux
premiers furent creusés dans les sédiments du Continent Terminal et sont indurés par le fer
dans l’horizon B tandis que les trois derniers sont dépourvus de ferrugination importante
(Taupin et al., 1991, cités par Dufey, 2002) (Figure 9).
20
Figure 9. Coupe schématique illustrant les éléments géomorphologiques
¾ Les plateaux supérieurs s’étendent sur les formations gréseuses et présentent des sols
généralement peu évolués, peu profonds, à faciès ferrugineux et à faible capacité
d’infiltration (Leptosols selon la classification FAO). La « brousse tigrée » se forme
sur ces cuirasses ferrugineuses. La faible pente des plateaux contribue à la dynamique
de la végétation. Quelques ensablements locaux sont réservés à la culture mais les
plateaux constituent principalement un lieu de pâturage, de prélèvement de bois de
chauffe et de cueillette. Les plateaux sont les sources principales du ruissellement de
l’eau sur les pentes adjacentes et les jupes sableuses ravinées.
¾ Les jupes sableuses correspondent aux bordures des plateaux. Elles présentent des
pentes dont l’inclinaison est supérieure à 3 % et ne sont traditionnellement pas
cultivées. Une végétation buissonnière s’y maintient et l’épaisseur de l’horizon
sableux croît le long de la descente de la pente.
¾ Les plateaux intermédiaires constituent des paliers intermédiaires. En-dessous de
chacun d’eux se dessinent des jupes sableuses comme ci-dessus. Le nombre de
plateaux intermédiaires varie entre un et cinq selon les niveaux géologiques.
¾ Les pentes sableuses suivent les jupes sableuses. La topographie du sol y est
caractérisée par une surface légèrement ondulée de petites buttes au sol acide (pH < 5),
présentant un dénivelé de 30 à 40 cm et une largeur de 10 à 30 m. Les pentes sableuses
sont creusées de ravines et de koris (lits de rivières temporaires). Beaucoup de sols y
sont peu profonds et leurs surfaces sont compactes. En certains endroits, des horizons
B indurés et enrichis en argile sont exposés (glacis). Les pentes sableuses constituent
le type de relief le plus représenté et elles abritent la quasi-totalité des terres de culture
avec les bas-fonds. La profondeur de sable augmente dans le bas de la pente dans les
zones de cultures plus importantes.
¾ Les bas-fonds (ou fonds dépressionnaires) constituent le niveau le plus bas de la
toposéquence mais ils occupent une proportion faible de la superficie totale. Il s’agit
de larges vallées sableuses occupées occasionnellement par une mare ou un kori
résultant du ruissellement des eaux de surface. Les bas-fonds récoltent les sédiments
arrachés aux talus, glacis et jupes sableuses. Ils présentent des sols sableux à argilo-
sableux, de couleur claire et à faible pente.
21
2.3. Pédologie et caractéristiques agronomiques des sols
Bien que les sols soient formés sur le même substrat géologique, le Fakara abrite
différents types de sol (Tableau 1). A l’exception du contenu du sol en matière organique, lié
aux pratiques de gestion de la fertilité, les principales propriétés chimiques et physiques des
horizons de surface peuvent être mis en relation avec leur pédogenèse (elles dépendent de
l’âge du dépôt sur lequel les sols sont formés, ainsi que du nombre et de la durée des périodes
sèches et humides qui se sont succédées) et leur position topographique (Tableau 2) (Hiernaux
et Ayantunde, 2004).
Les types de sols définis sur base de leur topographie, géomorphologie et texture en
surface peuvent être groupés par niveau d’aptitude agronomique. Ils sont classés selon un
gradient de fertilité chimique considérant la CEC, le pH et le contenu en matière organique et
selon un gradient d’infiltration prenant en compte la profondeur, la position topographique, la
texture et l’encroûtement de surface (Figure 10) (Hiernaux et Ayantunde, 2004). Ce
classement empirique permet de définir 5 catégories d’aptitude agronomique des sols :
- Les sables limoneux et les limons argileux présents dans les dépressions colluviales et
alluviales (Cambic arenosols, Arenic cambisols et Arenic gleysols) constituent le
groupe de sols le plus « riche ». Ces sols offrent le potentiel le plus élevé pour la mise
en culture mais ils sont susceptibles d’être inondés, à cause de leur position basse dans
la toposéquence. En outre, leur texture relativement fine rend le travail du sol difficile.
- Les sols sableux épais et peu lessivés (Ferralic arenosols et Arenic lixisols) sont
faciles à travailler et offrent un bon potentiel de culture pour le mil et le niébé à
condition que des techniques de restauration de la matière organique soient pratiquées
(jachère, apport de fumier).
- Les sols sableux épais très lessivés (Arenic lixisols) offrent un potentiel de culture plus
faible à cause de leur faible fertilité inhérente et de leur texture très sableuse.
- Les sols sableux et sablo-limoneux minces ainsi que les sables alluviaux très lessivés
(Ferralic arenosols, Skeletic leptosols, Leptic lixisols, Arenic lixisol, Gleyic arenosols)
constituent le groupe de sols le plus marginal en terme d’aptitude à la culture. Ils sont
très sensibles à l’érosion hydrique.
- Les sols indurés et les sols présentant la roche-mère apparente (Skeletic leptosols) ne
sont pas arables.
22
Tableau 1. Propriétés physiques et chimiques des sols du Fakara (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004)
Tableau 2. Classification des sols par situation topographique (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004)
23
Les sols sur lesquels le mil est cultivé sont principalement classés en Arenic lixisol
mais incluent également les sols de type Arenic cambisol, Ferralic arenosol et Gleyic
arenosol.
Les sols cultivés ont une faible teneur en carbone organique et en azote total à cause
de la faible production de biomasse et des taux élevés de minéralisation. Leur particularité est
leur faible fertilité inhérente : faible taux de Corg (< 0,3 %), de P total et P disponible, de N et
de capacité effective d’échange cationique (ECEC). Ils sont également acides et pauvres en
minéraux primaires. L’adsorption de P sur les surfaces des oxydes et hydroxydes de fer et
d’aluminium s’aggrave avec l’acidification et le manque de ligands organiques, ce qui peut
conduire à une réduction de la disponibilité en P pour les plantes.
L’accumulation de matière organique est fortement liée à la pluviométrie totale. La
faible ECEC est liée à la faible quantité de matière organique et d’argile ainsi qu’à la
minéralogie des argiles présentes (kaolinite). En surface, l’ECEC est plus liée au contenu en
matière organique qu’au pourcentage d’argile (Bationo et Mokwunke, 1991 cités par Bationo
et al., 2003). On comprend donc qu’une diminution du contenu en matière organique
provoque une baisse de l’ECEC et donc de la capacité de retenir les nutriments. D’après Van
Keulen (1990) (cité par Bationo et al., 2003), une différence de 0,1 % en Corg provoque une
différence de 4,3 cmol+ kg-1 en ECEC.
Les sols cultivés du Fakara sont très sableux et présentent des conductivités
hydrauliques élevées ainsi qu’un drainage interne rapide. Cela signifie qu’en cas d’année
pluvieuse ou d’événements pluvieux intenses, des pertes d’éléments nutritifs par lessivage ont
lieu. D’autre part, même si leur perméabilité est importante, ces sols peuvent également
souffrir de pertes en eau et en éléments nutritifs à cause du ruissellement et de l’encroûtement
(diminuant l’eau disponible pour les plantes et causant de l’érosion). L’érosion éolienne,
l’encroûtement de la couche superficielle du sol et l’érosion hydrique sont les processus de
dégradation physique du sol les plus importants (Bationo et al., 2000).
La conductivité thermique des sols varie avec leur teneur en eau, leur densité
apparente, leur teneur en matière organique et leur composition minérale. D’après van
Wambeke (1995), les sols secs ne contenant que peu de matière organique sont les plus
sensibles aux extrêmes de températures. Dans les couches superficielles sableuses, la
température peut dépasser les niveaux critiques pour la levée des semis et la croissance des
racines (la température peut atteindre 55°C dans le premier cm de sol).
24
Figure 10. Carte des unités topographiques, géomorphologiques et texturales des sols du Fakara et carte dérivée de l’aptitude potentielle à la mise en culture
(gradient de fertilité) (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004)
25
2.4. Agriculture
L’agriculture est principalement tournée vers la subsistance. Elle est basée sur le mil et
le sorgho associés à des cultures secondaires telles que les légumineuses (niébé, noix de
Bambara, arachide) et des culture de rente (sésame, oseille). Dans ce contexte, le
développement du marché de Dantiandou a pu favoriser le développement des productions
cultivées par les femmes dans les jardins de case.
c) Le mil
26
profond, ainsi qu’un court cycle de croissance, sa croissance est donc rapide lorsque l’eau est
disponible (FAO et ICRISAT, 1997). Sa culture est généralement pratiquée sans irrigation ni
apport d’engrais chimiques.
Le mil représente environ 75 % de la consommation totale de céréales au Niger. Il est
cuisiné en bouillies et en galettes. La teneur en protéines des grains est comparable à celle du
blé, de l’orge et du maïs (FAO et ICRISAT, 1997).
La plante possède un port érigé et sa hauteur varie entre 0,5 et 4 mètres selon les
variétés. L’appareil racinaire est de type fasciculé (une racine séminale et de nombreuses
racines adventives). Le développement racinaire important, pouvant atteindre jusqu’à 180 cm
à la récolte, permet une bonne adaptation aux conditions pédo-climatiques de la zone semi-
aride. La tige est rigide et les entre-nœuds sont pleins. Les entre-nœuds de la base s’allongent
les derniers et sont les plus courts. Les nœuds de la base sont capables de donner des talles
secondaires et tertiaires. Les talles ne sont pas tous fertiles : 1 à 7 talles par plante parviennent
généralement à produire. Les feuilles alternes et à nervures parallèles s’insèrent sur la tige et
les talles au niveau des nœuds. Elles possèdent une gaine enserrant la tige et un limbe
lancéolé. Les nervures sont bien développées et empêchent le limbe de se plier. Le limbe
porte des stomates sur ses deux faces.
L’inflorescence est constituée d’une panicule apicale très dense et de forme
cylindrique. Sa longueur et son diamètre varient en fonction de la variété (15 à 140 cm pour la
longueur et de 0,5 cm à 4 cm pour le diamètre). La panicule (faux épi) est formée d’un rachis
rigide portant les épillets pédonculés et groupés en bouquets. Chaque épillet comprend deux
fleurs : la fleur supérieure est hermaphrodite ou femelle, généralement fertile, tandis que la
fleur inférieure est stérile ou mâle. En général, quelques jours de décalage entre les floraisons
mâles et femelles assurent la fécondation croisée.
Le fruit est un caryopse long d’environ 4 mm et de couleur variable.
Le cycle de croissance du mil peut être divisé en trois phases : la phase végétative, la
phase reproductive et la phase de remplissage des grains.
27
plantule développe son système racinaire primaire et forme de nombreuses racines adventives.
Le tallage débute 15 jours après la levée et se poursuit durant 10 à 20 jours. Les talles produits
tardivement ne formeront pas d’épis ou leurs épis ne parviendront pas à maturité. La taille de
la plante reste réduite car l’allongement des entre-nœuds ne s’est pas encore produit. Durant la
phase végétative, l’accumulation de biomasse concerne essentiellement les feuilles et les
racines. L’initiation de la panicule est marquée par l’élongation du dôme apical et permet
l’entrée dans la phase suivante.
Le mildiou ou lèpre du mil est sans doute la maladie la plus dangereuse du mil dans le
Sahel (Mbaye, 1993). Le mil est la principale plante-hôte du champignon (Sclerospra
graminicola (Sacc.) Schroet) responsable du mildiou. Avant l’épiaison, les plantes malades
présentent d’abord une décoloration jaunâtre de leur feuillage pouvant apparaître très tôt sur
les jeunes plantes. En cas d’infection précoce ou sévère, les plantes se rabougrissent ou
meurent. A l’épiaison, les fleurs attaquées se transforment, en partie ou entièrement, en
feuilles avec production d’épis difformes, appelés parfois « balais de sorcières ». Les épis
atteints deviennent noirs et boursouflés.
Le shibra (Pennisetum stenostachyum) est la forme adventice du mil. Elle provient
d’un croisement entre mil cultivé et mil sauvage. Par un mécanisme de mimétisme, cette
forme adventice parvient à échapper au sarclage. Les plants de shibra sont facilement
identifiables au champ à la récolte, ils donnent des épis de mauvaise qualité (Niangado,
1989).
28
Le Striga hermonthica (L.) est une plante adventice à fleurs mauves, parasite
obligatoire qui vit aux dépends du mil (Figure 12). Cette espèce est présente dans toutes les
zones de production de mil au Niger et cause des dégâts appréciables à la culture (Mbaye,
1993). Les graines de S. hermonthica émettent une radicule très ténue qui doit se fixer
rapidement sur une racine hôte (moins de 96h) sous peine de dégénérer. Après la fixation, la
plantule de S. hermonthica met en place un suçoir conique qui pénètre dans les tissus de la
racine hôte.
Différents insectes deviennent nuisibles pour la culture de mil s’ils sont présents en
grand nombre. Les chenilles mineuses d’épi (particulièrement Heliocheilus albipunctella), les
insectes foreurs de tiges, différents diptères et coléoptères ravageurs et les criquets pèlerins
(Schistocerca gregaria) peuvent provoquer des dégâts considérables (Mbaye, 1993). Les
punaises se développent sur les épis en cas de sécheresse. D’autre part, les plants de mil
situés sur des fourmilières se développent moins bien car leur système racinaire est attaqué.
Les oiseaux granivores peuvent occasionner des pertes en grains sévères, surtout si la
récolte est retardée par rapport à la maturité des grains.
d) L’agriculture traditionnelle
De faibles niveaux d’intrants et la faible fertilité des sols limitent les rendements et
expliquent les périodes de jachère (15 à 20 ans) traditionnellement pratiquées pour restaurer la
fertilité. Après la période de jachère, la préparation du champ nécessite de couper ou brûler
les arbustes présents. Suite à la pression sur les terres, les périodes de jachère tendent à
raccourcir ou à disparaître au profit d’une culture permanente.
29
Figure 13. Représentation schématique du calendrier des pratiques agro-pastorales
(source : Bielders et al., 2004)
¾ Semis
Le mil est semé au cours des trois premiers jours suivant la première pluie importante
(> 15-20 mm en deux jours), entre le 15 mai et la fin du mois de juin. Si la première pluie
n’est pas suivie d’une seconde pluie rapidement (10 à 15 jours), la germination peut avorter et
les paysans se voient régulièrement contraints de ressemer. Le mil est semé en poquets, dans
des petits creux formés à l’aide d’une houe traditionnelle et espacés de 1 à 1,5 m. Les paysans
y placent une pincée de semences (de 15 à 40 graines) et le rebouchent immédiatement.
La densité de semis est traditionnellement faible : 5000 poquets ha-1 afin de favoriser
le tallage (de Rouw, 2003). Les densités de semis sont plus élevées à proximité des villages
car le recyclage de matières organiques conduit à une fertilité des sols plus importante (Figure
14).
Pendant la période culturale, les animaux sont éloignés du champ. Ils sont soit mis en
enclos, soit envoyés en transhumance vers le nord (Figure 13).
30
¾ Sarclage et démariage
Le sarclage est le seul travail du sol effectué. Réalisé uniquement par les hommes, il
requiert une main d’œuvre importante : la superficie moyenne sarclée par jour par adulte est
de 0,15 ha. Effectué à l’aide de la hilaire (lame courbe fixée au bout d’un manche en bois), il
permet la coupe des mauvaises herbes et la déstructuration des croûtes superficielles.
Les fermiers considèrent que le sarclage est indispensable pour sécuriser un minimum
la production de mil. Les champs sont en général sarclés deux fois au cours de la saison de
croissance (environ la 2ème et la 6ème semaine après le semis). Lorsque cela n’est pas effectué,
c’est souvent à cause du manque de main d’œuvre causé par des contraintes économiques ou
sociales (Hayashi et al., 2005).
Le démariage consiste à déraciner les plants excédentaires au niveau d’un poquet pour
limiter la compétition. Il est également réalisé à l’aide de la hilaire et dans le courant du mois
du semis. Le démariage à 3 plants par poquet semble le plus courant.
¾ Récolte
Lorsque les plants sont parvenus à maturité, en fin de saison des pluies (Figure 13), les
épis sont récoltés à l’aide d’un couteau et assemblés en bottes de 200 à 300 épis. Les bottes
sont ensuite séchées et transportées, à pied ou en charrette jusqu’aux greniers (Figure 15). Le
mil peut être stocké pendant plusieurs années mais il est généralement consommé dans
l’année ou vendu après la récolte. Le péricarpe dur des grains protège en effet l’endosperme
de l’attaque des insectes et les grains sont récoltés et stockés dans des conditions sèches (FAO
et ICRISAT, 1997).
Les pailles peuvent être récoltées notamment pour leur utilisation dans la construction
de clôtures (Figure 15). Les résidus de culture peuvent également être laissés au champ où ils
constituent une source importante de fourrage et contribuent à enrichir et protéger le sol.
31
e) Un système en déséquilibre : agriculture minière et insécurité alimentaire
32
2ème partie : Pratiques de gestion de la fertilité
L’augmentation de la productivité des sols et des rendements du mil est limitée par les
ressources en eau et en nutriments du sol. Les niveaux faibles de P et N du sol sont les
contraintes principales à la croissance des cultures.
Les bilans en éléments nutritifs du sol peuvent être quantifiés en mesurant les
variations de matière organique et d’éléments minéraux dans le sol en l’absence de
fertilisation ou en soustrayant les outputs en nutriments aux inputs apportés au sol. En Afrique
de l’Ouest, ces bilans sont généralement négatifs à cause de la maigre fertilité naturelle de ces
sols et à cause du faible niveau de fertilisation pour remplacer les nutriments enlevés du
système du sol (Bationo et al., 1998). Les éléments nutritifs sont soustraits par l’exportation
de pailles et de grains de mil mais également par l’érosion éolienne et hydrique ainsi que par
lessivage. Buerkert et Hiernaux (1998) (cités par Gandah et al., 2003) estiment à 15 kg N, 2
kg P et 15 kg K ha-1 la perte en nutriments pour un rendement de 440 kg de grain et 1860 kg
de paille. D’autre part, à faible densité de semis (3000 à 5000 poquets ha-1), d’autres chiffres
sont avancés par Buerkert (unpublished data, cité par Esse et al., 2001) qui évalue les besoins
du mil par hectare à 21-28 kg N, 1,7-2,3 kg P et 35-37 kg K pour un rendement de 300-500
kg grain et 1700-2300 kg paille.
Certaines pratiques de gestion de la fertilité traditionnellement utilisées par les paysans
sahéliens ainsi que des technologies nouvelles ayant fait l’objet de nombreuses études sont
disponibles pour combattre la perte en nutriments du sol. Il faut différencier les pratiques qui
empêchent les nutriments d’être perdus des agro-écosystèmes (telles que le contrôle de
l’érosion, la restitution de résidus de culture, l’agro-foresterie et le recyclage de déchets
ménagers et de fumier) des technologies qui ajoutent des nutriments au système (comme
l’application de fertilisants inorganiques et d’amendements, les inputs organiques de
l’extérieur de la ferme et la fixation d’azote atmosphérique) (Bationo et al., 1998).
Différentes pratiques de gestion de la fertilité dans le cadre de la culture du mil en
milieu sahélien sont discutées ci-dessous. D'autre part, les stress hydriques ont un impact sur
la croissance et le développement du mil. Les rendements en mil sont modulés par la
contrainte hydrique et nous discuterons brièvement dans la partie 7 des mécanismes
intrinsèques de résistance à la sécheresse du mil.
1. Amendements inorganiques
33
d’augmenter la biomasse racinaire, permettant un accroissement de matière organique dans le
sol (Bationo et al., 2001).
Les fertilisants inorganiques combinent généralement trois éléments :
- l'azote est un élément constituant de nombreuses molécules organiques d'importance,
allant des protéines aux acides nucléiques ;
- le phosphore joue un rôle prédominant dans le transfert énergétique et le métabolisme
protéique ;
- le potassium est important pour la régulation ionique et osmotique. Il agit également
comme cofacteur ou activateur pour de nombreuses enzymes du métabolisme
glucidique et protéique (Van Duivenbooden, 1996).
Les engrais possèdent un intérêt logistique avantageux comparés aux apports organiques : ils
sont des formes concentrées de nutriments et peuvent être transportés facilement. Ils ont aussi
leur désavantage : les engrais chimiques seuls ne peuvent pas soutenir les rendements à long
terme. Dans les sols sableux, l’utilisation d’engrais inorganiques peut causer une
acidification du sol à cause du faible pouvoir tampon du sol. Ce problème diminue si les
quantités sont faibles (45 kg N, 20 kg P et 25 K kg ha-1) et que l’augmentation des rendements
permet une augmentation de la matière organique du sol (Shapiro et Sanders, 1998). Quand
des engrais minéraux sont combinés avec des amendements organiques, le risque
d’acidification du sol est amoindri et on peut obtenir des systèmes de production productifs et
durables (Bationo et al., 2000 ; Harris, 2002).
D’autre part, force est de constater que l’Afrique sub-Saharienne possède le plus faible
taux de consommation en engrais au monde (environ 8 kg nutriments ha-1an-1 d’après Bationo
et al., 1998). L’application d’engrais minéraux concerne moins de 5 kg ha-1an-1 dans la zone
soudano-sahélienne (Buerkert et al., 2001) et seulement 0,8 kg ha-1an-1 au Niger (Sivakumar
et Salaam, 1999). Les engrais importés sont chers et difficiles d’accès dans les campagnes. En
outre, leur achat doit s’effectuer à la période de l’année où la plupart des paysans souffrent de
problèmes de revenus (période de soudure).
Dans ce contexte, la technique d’application localisée d’engrais au poquet (micro-
doses de 3 à 5 kg P ha-1) est particulièrement prometteuse au niveau de l’efficience de
l’utilisation de l’engrais par la plante et au niveau de la diminution des coûts d’investissement
par les agriculteurs. Elle permet un apport direct des nutriments à la zone racinaire, stimulant
la croissance précoce des racines, la croissance et la floraison, et favorisant un prélèvement
plus important des nutriments initialement présents dans le sol (Buerkert, 1995).
Le Tableau 3 dresse une liste des principaux engrais, leurs acronymes et leurs
pourcentages en éléments nutritifs. Tout au long de ce rapport, N, P et K sont exprimés sous
forme élémentaire; les conversions appliquées sont : P = P2O5/2,29 et K = K2O/1,20) (Van
Duivenbooden, 1996).
34
Tableau 3. Principaux engrais (source : IFA et FAO, 2001)
1.1. Phosphore
Dans les sols sableux sahéliens, les quantités de P total et de P disponible (PBray) sont
très faibles, pouvant atteindre moins de 40 mg P total kg-1 et 2 mg PBray kg-1 (Bationo et al.,
2003). Ces faibles valeurs peuvent être expliquées par les facteurs suivants :
- Le matériau parental composé de sables éoliens à faibles réserves minérales ;
- la proportion élevée du P total sous forme indisponible à la culture (PBray/P total = 0,06
d’après Bationo et al. (2003) dans les sols d’Afrique de l’Ouest semi-aride) ;
- le faible taux de matière organique et la récolte d’une partie des résidus de culture du
champ.
La matière organique possède un double effet bénéfique sur la dynamique de P dans
le sol : P peut être relâché lors de sa minéralisation et elle fournit des ligands organiques qui
complexent les surfaces des oxydes et hydroxydes de fer et d’aluminium, diminuant
l’adsorption du P. La croissance du mil sur les sols sableux acides de l’Ouest du Niger n’est
pas restreinte par la toxicité aluminique (Kretzschmar et al., 1991). Mais l’acidification
promeut l’adsorption de P par les oxy-hydroxydes, ce qui peut conduire à une réduction de la
disponibilité en P pour le mil (Bationo et al., 1990, cité par Bielders et al., 2002).
Huit mg PBray kg-1 a été déterminé comme étant le niveau critique nécessaire pour une
croissance optimale du mil. Ce niveau ne peut être atteint que par une application répétée
d’engrais. Etant donné que les grains de mil sont petits (10 mg), ils contiennent une réserve en
P très faible (20 µg grain-1) et les plantules dépendent fortement d’un apport externe en P
après l’émergence (Muehlig-Versen et al., 2003). Si l’eau n’est pas un facteur limitant, la
réponse à la fertilisation phosphatée est substantielle. Bationo et al. (2003) démontrent que P
est l’élément le plus limitant dans la production de mil. Il n’y a pas de réponse aux
35
fertilisants azotés sans correction préalable de la déficience phosphatée (Buerkert et al., 2002).
L’addition de 30 kg P205 ha-1 permet d’augmenter les rendements en grain de 190 kg ha-1 à
714 kg ha-1, l’addition supplémentaire de 120 kg N ha-1 permettant d’atteindre 1173 kg ha-1
(Bationo et al., 2003).
La distribution possible de l’engrais phosphaté se répartit en quatre fractions (Van
Duivenbooden, 1996) :
- fixé sur la fraction minérale du sol (sur les particules argileuses et les oxy-hydroxydes
de fer) ;
- intégré à la matière organique du sol ;
- résiduel (P disponible au cours de l'année suivant l'application) ;
- absorbé par la plante (en moyenne : 10 - 16 %).
L’effet bénéfique des engrais est de façon générale attribué à une croissance initiale
des feuilles plus rapide, ce qui permet une interception des radiations plus efficace, un
développement racinaire rapide et une augmentation de l’eau extraite par transpiration. De
faibles apports en fertilisant phosphaté permettent donc d’augmenter assez rapidement les
quantités de phosphate soluble et d’obtenir une réponse de la plante. Muehlig-Versen et al.
(2003) notent que l’apport de P permet d’augmenter le nombre de panicules par poquet et
favorise le remplissage précoce des grains par rapport à des plants « témoins » non fertilisés.
Subbarao et al. (2000) montrent que l’application l’épandage de P à la volée (13 kg P
-1
ha ) pendant onze années consécutives permet d’augmenter le PBray du sol de 6,6 à 18,22 mg
kg-1, tandis que le PBray du sol diminue de 6,6 à 2,6 mg kg-1 sous culture de mil sans
application d’engrais. Utilisant le même taux d’application, Yamoah et al. (2002) notent
également une augmentation significative du contenu en P du sol au cours d’un essai sur 9
ans, ce qui signifie que la fertilisation phosphatée est susceptible de fournir un effet résiduel
après l’année d’application.
36
d’émergence des plantules. Muehlig-Versen et al. (2003) recommandent l’utilisation de NPK
(15-15-15) en grains fins plutôt que le SSP pour limiter ce risque de brûlage chimique des
plantules. En outre, l’application localisée de P permet d’améliorer le prélèvement de K et de
N (qui augmente de 2 à 3 fois) par la plantule, indiquant que N ne limite pas la croissance
initiale du mil (Muehlig-Versen et al., 2003). L’application en micro-doses au poquet a des
avantages supplémentaires par rapport à une application à la volée dans les régions affectées
par l’érosion éolienne (où les risques d’ensevelissement des plantules sont plus élevés) et les
années de démarrage tardif ou de fin précoce de la saison des pluies (où l’implantation rapide
des plantules est souhaitable).
Buerkert (1995) a montré par ailleurs que l’application de 0,5 kg P ha-1 sous forme de
super phosphate simple (SSP) n’augmentait pas les rendements finaux mais permettait de
favoriser le développement initial des plantules.
L’application localisée de 3 à 5 kg P ha-1 sous forme de SSP est recommandée
(Muehlig-Versen et al., 1997). Le problème est que ces quantités sont hors d’atteinte pour la
plupart des fermiers qui font de l’agriculture de subsistance. Toutefois, Buerkert et al. (2001)
montrent que le risque économique (au niveau du retour sur l’investissement) d’appliquer P
en micro-doses est inférieur à celui de ne pas appliquer de P, excepté lorsque les niveaux de
productivité sont très faibles. Plus le sol est productif, plus cette technologie est efficace. Les
auteurs rapportent des augmentations de 50 à 220 % de la matière sèche totale suite à
l’application de 4 kg P ha-1 au poquet, c’est-à-dire de 0,4 g P par poquet à une densité de
semis de 10 000 poquets ha-1.
Buerkert et al. (2001) montrent qu’à un même taux d’application (4 kg P ha-1), les
augmentations de rendements sont similaires avec DAP (phosphate diammonique 18-46-0) et
NPK (15-15-15). A ce taux d’application, NPK contient 9,2 kg N ha-1 dont la moitié sous
forme de NH4 tandis que DAP contient 3,6 kg N ha-1 entièrement sous forme de NH4. Cela
indique que le composé NH4 de NPK peut avoir augmenté les effets de P sur les plantules en
stimulant directement la croissance racinaire. Le DAP requiert une application en quantité
moindre (2 g par poquet) que le NPK (6 g par poquet) pour des performances équivalentes et
les prix à l’unité de P appliqué sont plus avantageux.
Le placement de P au poquet à de faibles taux d’application est potentiellement
utilisable par les agriculteurs sahéliens si l’accès aux engrais est amélioré mais il faut
nuancer : cette pratique ne permettra pas de restaurer les réserves en P du sol (Muehlig-
Versen et al., 2003).
37
l’application de phosphates naturels de Tahoua permettait d’augmenter les rendements de 76
% comparée à l’application de SSP. Pour Shapiro et Sanders (1997), les phosphates naturels
ne seront compétitifs par rapport aux engrais importés que lorsque leur prix vaudra environ 25
% de ceux-ci.
Buerkert et al. (2001) rapportent que la combinaison de phosphates naturels et de P en
micro-doses montrent des effets additifs importants et plus ou moins indépendants de N. Le
minerai affecte surtout le statut à long-terme de P dans le sol tandis qu’une petite quantité de
P disponible directement stimule la croissance de la plantule et augmente le prélèvement total
de P grâce à un meilleur développement racinaire (complémentarité des deux formes
d’application de P).
L’enrobage des semences est une autre technique, mais elle requiert des facilités
industrielles que le Niger ne possède pas encore (Buerkert, 1995 ; Muehlig-Versen et al.,
2003).
1.2. Azote
38
b) Doses et formes d’application de N
Christianson et Vlek (1991) (cités par Bationo et al., 2003) ont calculé que le taux de
fertilisation azotée optimum au niveau agronomique était de 30 kg N ha-1 pour la culture de
mil. Ce taux est proche de celui cité par Buerkert (28 kg N ha-1) et permet de produire 9 kg de
grain par kg d’azote utilisé (contre 18 kg de grain par kg d’azote d’après Buerkert, travaillant
sans doute avec une densité plus faible). Au delà de ce taux, l’augmentation des rendements
par unité de N appliquée diminue. Dans la zone soudano-sahélienne, l’efficacité de
l’utilisation de l’azote est faible pour la majorité des cultures et on retrouve moins de 50 % de
N appliqué au moment des récoltes (Bationo et Vlek, 1997).
L’application de NPK au poquet à un taux de 4 kg P ha-1 (discutée plus haut) permet
d’apporter 0,9 g N et 0,4 g P par poquet (pour une densité de semis de 10000 poquets ha-1).
Ces quantités couvrent 10 à 20 % des besoins nécessaires en N d’après Buerkert et al. (2001)
et 30 % des besoins en N si ceux-ci sont assimilés au taux optimum cité par Christianson et
Vlek (1991).
L’urée (46 % de N), le CAN (ammonitrate de calcium, 26 % de N) et le DAP sont les
sources les plus communes d’azote dans la région. Bationo et al. (2003) dressent les
conclusions suivantes :
- les quantités de N appliquées retrouvées dans la plante sont faibles (25 à 30 %) ;
- les pertes en N sont plus élevées pour l’urée que pour CAN probablement à cause de
la volatilisation de l’ammonium (la moitié de N dans le CAN est sous forme non
volatile);
- le CAN possède une plus faible teneur en N que l’urée mais permet un prélèvement de
N par le mil plus important.
Dans une autre étude, Bationo et Vlek (1997) rapportent que le CAN et le nitrate de
potassium permettent d’obtenir des taux de récupération plus élevés que l’urée. Ils notent
également que l’application de P et de chaux améliore le taux de prélèvement de N par les
cultures.
La réponse aux engrais azotés est affectée par la pluviométrie de mi-saison.
Chistianson et al. (1990) (cités par Bationo et al., 2003) montrent qu’il existe une période de
45 jours coïncidant avec les stades d’initiation de la panicule (allongement des entre-nœuds)
et d’épiaison pendant laquelle l’utilisation de N est particulièrement dépendante de la
pluviométrie.
Il existe divers coûts et risques associés à la fertilisation azotée tels que la brûlure
(chimique) des plantules en cas de teneur en eau du sol insuffisante, ce qui augmente les
pertes en rendement si la pluviométrie est faible. Toutefois, une carence en N va rapidement
limiter la croissance lorsque la plante augmente son utilisation de P. Les agriculteurs peuvent
limiter le risque associé à la fertilisation azotée en l’appliquant plus tard dans la saison en
fonction de la pluviométrie en début de saison (Shapiro et Sanders, 1998). Une application en
deux fois (split application) permet d’augmenter considérablement l’efficience de l’utilisation
de N (Bationo et Vlek, 1997).
39
La fertilisation azotée est réputée pour stimuler le tallage et contribuer à
l’augmentation de rendement par une augmentation du nombre de panicules. De Rouw (2004)
montre que les rendements en grain augmentent avec la fertilisation (10 kg P sous forme SSP
avant semis et 50 kg N sous forme d’urée appliquée en deux fois au démariage et à la
floraison) principalement à cause de l’augmentation du nombre de panicules car le tallage est
stimulé par N. Ce nombre de panicules est élaboré dans la première moitié du cycle de
croissance (entre 30 et 50 JAS) tandis que le nombre de grains et le poids des grains sont des
composantes du rendement dépendant de la seconde moitié du cycle. Le nombre de grains et
le poids des grains sont également influencés par la fertilisation, signe que celle-ci permet de
fournir des nutriments sur une longue période, jusqu’à la deuxième moitié du cycle.
Toutefois, la contribution des talles au rendement en grain n’augmente pas sous l’effet de la
fertilisation dans les sols les plus pauvres. Dans ceux-ci, l’augmentation de rendement est
obtenue en réduisant le nombre de poquets stériles (de Rouw, 2004).
c) Fixation biologique de N
1.3. Potassium
Bien que les teneurs en potassium échangeable soient très faibles dans les sols en
Afrique de l’Ouest, très peu d’études ont montré une réponse positive du mil au K (Traoré et
al., 2002). Un apport de 25 kg K ha-1 est toutefois recommandé pour une densité de semis de
10000 poquets ha-1 (Hafner et al.,1993). Les pailles de mil sont également une source de K.
40
D’après van Duivendooden (1996), la distribution possible du potassium se répartit en
quatre fractions :
- intégré à la matière organique du sol ;
- lessivé ;
- intégré à la fraction minérale du sol (échanges ioniques et adsorption spécifique ;
- absorbé par la plante (24 à 38 % en moyenne).
Quelques études ont mis en évidence l’importance du soufre pour la culture du mil.
Les engrais contenant du S sont cités dans le Tableau 3. Le SSP combine l’apport en P et S
mais les autres principaux engrais utilisés dans le Sahel (TSP, NPK, DAP, CAN, urée) ne
contiennent pas de S.
41
2. Amendements organiques
a) Humification et minéralisation
Les organismes vivants sont les premières sources de N et C organiques. Ils produisent
des résidus morts, de la litière ou des amendements qui se décomposeront en matière
organique du sol (MO) et autres substances par le processus d'humification. La MO du sol
(aussi appelée humus) est intimement liée à la fraction minérale du sol et elle ne présente plus
la structure originelle des cellules propres aux organismes vivants.
La MO est totalement envahie par des micro-organismes vivants qui participent
activement avec la mésofaune à des processus de transformation. La perte de substances
organiques par transformation chimique ou biologique est appelée décomposition ou
minéralisation.
Le terme « apport » est utilisé pour désigner les quantités de C ou de N qui entrent
effectivement dans un des compartiments de la matière organique. Dans le cas de la MO, les
apports représentent les quantités qui entrent dans le compartiment MO du sol et non la
quantité totale de résidus végétaux qui sont ajoutés au sol (apport de matière organique
fraîche). En effet, une partie de ces résidus peut être oxydée et ne jamais atteindre le stade de
MO (Van Wambeke, 1995).
Les facteurs climatiques et les propriétés du sol influencent les teneurs en MO. Les
taux de minéralisation de la MO varient avec des facteurs biologiques, climatiques et
édaphiques tels que l’origine des apports organiques, la température du sol, l’activité des
micro-organismes, les types de faune du sol, les conditions d’humidité, l’apport en oxygène et
les propriétés de la fraction minérale du sol. Le ratio Corg/N est important pour évaluer la
qualité des apports de matière organique fraîche. La Figure 16 schématise les flux de N dans
le système cultural sahélien.
En zone sahélienne, Corg et N total sont généralement faibles à cause de la faible
production de biomasse et des taux élevés de minéralisation. De plus, il y a souvent un
manque de synchronicité entre le moment où les éléments minéraux sont libérés par la
minéralisation et le moment où la croissance des plantes demande ces nutriments, beaucoup
de nutriments sont alors perdus. La totalité du N minéralisé, par exemple, n’est en réalité pas
disponible entièrement pour les plantes, une partie peut lessiver, volatiliser ou subir la
dénitrification. La synchronicité peut s’atteindre en manipulant la demande de la plante ou en
contrôlant la quantité et la qualité des intrants organiques (Bationo et al., 1998).
42
En début de saison des pluies, on observe un flux de N libéré par la forte
minéralisation. Ce flux peut apporter entre 13 et 183 kg N ha-1 et dépend de l’intensité et de la
fréquence des premières pluies. Les plantules sont généralement peu ou pas développées pour
utiliser l’azote disponible si tôt dans la saison et la majorité de cet apport azoté peut être
perdue par lessivage (Bationo et Vlek, 1997).
Figure 16. Flux de N dans les champs cultivés et les pâturages du Sahel (les rectangles sont les inputs, les
ovales sont des outputs) (source : Powell et al., 1996)
43
plantules contre l’ensevelissement lors de tempêtes et réduisent l’encroûtement de la couche
superficielle du sol (Bationo et Buerkert, 2001). De faibles teneurs en MO dans le sol peuvent
conduire à des limitations sévères dans la croissance des plantes et à la détérioration des terres
de culture. Des pratiques d’aménagement peuvent cependant remplacer certaines fonctions de
la matière organique : les engrais peuvent par exemple corriger des déficiences
nutritionnelles.
44
Environ 30 % des fermiers de l’Ouest du Niger cultivent leurs champs de façon
permanente et moins de 10 % font des jachères de plus de 5 ans (Wezel et Haigis, 2002, cités
par Schlecht et Buerkert, 2004) alors que 6 à 12 ans de jachère sont nécessaires pour restaurer
la perte en nutriment causée par 3 ans de culture (Van Duivenbooden, 1996).
La durée de la jachère varie entre 2 et 4 ans (en général 3 ans de jachère suivi de 6 ans
de culture) dans la région du Fakara (Hayashi et al., 2005). La persistance de la jachère se
justifie par l’éloignement des champs par rapport au village et le manque de relations avec un
éleveur (qui pourrait faire du parcage).
On observe que la faune du sol est plus diversifiée et plus nombreuse dans les champs
où est pratiquée la jachère que dans les champs fumés cultivés de façon permanente
(Derouard, 1996, cité par de Rouw et Rajot, 2004). Or, ces organismes coprophages jouent un
rôle indispensable dans la libération des nutriments contenus dans le fumier . De Rouw et
Rajot (2004) notent que tant que le système de jachère existe (loin du village et sur sols plus
lourds), le fumier est généralement appliqué sur les sols les plus pauvres (près du village et
sur sols plus sableux) pour permettre une culture permanente, tandis que sans apport de
fumier des périodes de longue jachère sont indispensables pour restaurer le sol. Lorsque le
système de jachère disparaît avec la pression accrue sur les terres arables causée par
l’accroissement de population, les sols déjà cultivés depuis longtemps et très sableux sont
abandonnés (effet du fumier insuffisant) et la culture continue sur les sols meilleurs (plus
lourds) avec application de fumier.
Figure 17. Cycle des nutriments dans le système agro-pastoral sahélien (adapté de Harris, 2002)
L’application de résidus de récolte (CR : crop residue) durant la saison sèche permet
d’améliorer la capacité d’infiltration de l’eau et la rétention en eau du sol, de diminuer
l’érosion éolienne et hydrique, d’augmenter la CEC du sol, d’augmenter la fourniture lente
d’éléments nutritifs aux plantes et de chélater le P fixé par les oxydes de Fe et Al (Schlecht et
Buerkert, 2004). Le paillage de surface a un effet sur la diminution de la formation des
45
croûtes à la surface du sol, l’augmentation de la croissance et l’amélioration de
l’approvisionnement des plantules en P et K (Muehlig-Versen et al., 1997). De nombreuses
études ont également montré que la combinaison d’application de CR et d’engrais permet
d’obtenir les plus hauts rendements (Bationo et al., 2000).
Les quantités généralement recommandées suite aux essais agronomiques sur le
mulching sont de l’ordre de 2000 kg CR ha-1 (Bationo et al., 2000). Le problème se situe au
niveau de ce que les champs produisent réellement. Baidu-Forson (1995) (cité par Bationo et
al., 2000) reporte que à Dantiandou, sur les 1200 kg ha-1 de paille de mil produits à la fin de la
saison de croissance seulement 250 kg ha-1 étaient encore disponibles en début de saison des
pluies l’année suivante pour la pratique du mulching. Environ 50 % de la disparition peut être
attribuée au pâturage par les animaux et les 50 % restants sont utilisés dans la construction,
comme combustible, vendus ou utilisés pour le mulching. L’augmentation de la biomasse au
niveau des exploitations agricoles est importante pour pouvoir satisfaire la demande en CR.
L’application de CR constitue un moyen efficace pour réhabiliter des terres dégradées
et est fréquemment pratiqué par les fermiers, à des échelles limitées toutefois. Le rôle de
l’activité biologique et surtout celui des termites dans ce processus de régénération stimulé
par la présence de résidus organiques est considérable (même s’il y a aussi un rôle de la
modification des conditions de surface à cause du dépôt de sédiments). L’activité seule des
termites permet de doubler l’infiltration cumulée en comparaison avec des parcelles paillées
traitées à l’insecticide (Mando et al.,1996, cités par Bationo et al., 2000).
Le rapport C/N des pailles de mil est relativement élevé (> 100/1 d’après Kretzschmar
et al., 1991). Ce rapport élevé a pour effet de stimuler l’activité microbienne du sol, y compris
celle des nitrogénases, et d’augmenter la proportion de bactéries diazotrophes dans la
rhizosphère par rapport aux hétérotrophes (Hafner et al., 1993). D’autre part, l’application
directe d’une grande quantité de pailles peut avoir des effets négatifs en immobilisant N
durant la minéralisation par les micro-organismes (dont le rapport C/N est proche de 10) et
causant une « faim en N » chez les plantes. Vu les faibles quantités de CR généralement
appliquées, le problème d’immobilisation de N est cependant peu important au Sahel.
La proximité d’arbres peut protéger la culture des vents de sables. Certaines espèces
sont en outre fixatrices d’azote atmosphérique (Acacia albida) et la retombée des feuilles sur
les champs de mil permet un apport fertilisant (Bationo et al., 1998).
La culture associée de légumineuse et de céréale est souvent mentionnée pour ses
nombreux effets bénéfiques par rapport à la monoculture (Bationo et al., 1998). L’azote
produit par la fixation symbiotique chez les légumineuses est un fertilisant « gratuit » pour le
système.
Entre autres, les rotations céréales-légumineuses permettent d’augmenter l’efficience
d’utilisation en N par la plante et de baisser les quantités de N à appliquer sous forme
d’engrais. Dans la zone sahélienne, Bationo et Vlek (1997) rapportent des efficiences
46
d’utilisation d’engrais de 20 % sous culture permanente et de 28 % lorsque le mil est cultivé
en rotation avec le niébé. Une alternative à la rotation annuelle est la culture associée en rangs
avec rotation entre les rangs d’une année à l’autre. Cette technique permet d’accroître les
rendements de mil en exploitant les effets résiduels des engrais appliqués au niébé (Bielders et
al., 2002).
La culture associée mil-légumineuse proprement dite est largement pratiquée.
L’interculture de niébé est semée peu après le mil, lorsque les animaux sont interdits de
divagation dans les champs et lorsque le risque de compétition pour l’eau et les éléments
minéraux diminue (le mil étant à un stade plus avancé et la saison des pluies étant mieux
installée). Bationo et Ntare (2000) notent toutefois que, dans cette interculture traditionnelle,
la densité du niébé est faible et sa contribution à la fixation biologique de N pourrait être
négligeable. D’après eux, il n’y a pas de preuve directe d’un transfert de N de la légumineuse
vers le mil. Dans le cas d’une rotation, par contre, la culture suivante pourrait bénéficier
d’effets résiduels de N fixé par la légumineuse. Les gousses et fanes de niébé étant exportées
du champ, ces effets proviendraient du système racinaire. Certains auteurs attribuent l’effet
bénéfique des rotations à l’habilité des exsudats racinaires de certaines légumineuses à
solubiliser le P (Gardener et al., 1981, cités par Bationo et Ntare, 2000).
L’intensification de la culture de niébé peut être un moyen pour augmenter les revenus
des exploitations agricoles à condition que l’accès à un marché soit garanti. Il faut noter que
l’adoption de technologies d’intensification des cultures peut être améliorée si elle dirigée sur
des cultures de rente (niébé) plutôt que sur des cultures purement vivrières (mil). D’autre part,
l’intensification de la production de niébé ne peut pas se faire aux dépends de la production de
mil dans un contexte de pénurie alimentaire (Bielders et al., 2002).
a) Technique
L’application de fumier fut adoptée pour permettre la culture permanente des champs,
c’est-à-dire sans période de jachère. La technique est pratiquée par les fermiers Zerma assez
aisés que pour posséder du bétail et par quelques familles Peuls installées dans la région avec
leurs troupeaux. Il s’agit de placer pour la nuit le bétail sur les champs qui ne sont pas
cultivés. Après la récolte, le bétail se nourrit des résidus de culture et mauvaises herbes et
reste au champ tant que la nourriture y est suffisante. Lorsque que ce n’est plus le cas, le
berger mène le troupeau vers des pâturages mais retourne au champ la nuit. Les animaux sont
libres de se déplacer sur le champ ou, si on désire concentrer l’application de fumier en un
point de faible fertilité par exemple, les veaux sont placés dans un enclos qu’on déplacera au
fur et à mesure sur le champ. 50 à 80 % de N excrété par les animaux se retrouve dans l’urine,
également très riche en K, tandis que presque la totalité du P excrété sera présent dans le
fumier (Whitehaed, 1970, cité par Ikpe et al., 1999 ; Powell et al., 1996). Les déjections
47
sèchent sur la surface du sol et restent intactes, elles sont incorporées au sable uniquement
lorsque qu’elles sont piétinées par le bétail.
Une variante demandant plus de main-d’œuvre consiste à placer les animaux de
manière systématique dans des enclos distribués sur l’entièreté du champ et déplacés lorsque
la quantité de fumier déposée dans un enclos est jugée satisfaisante. Cette technique permet
aux déjections et à l’urine d’être incorporées au sol à l’endroit du parcage par piétinement et
évite ainsi une perte de nutriments (de Rouw et Rajot, 2004).
Le principal frein à ces techniques est qu’elles signifient un surplus de travail (ou de
coût pour un contrat de parcage auprès d’un éleveur) alors que les agriculteurs sont
généralement trop pauvres pour posséder suffisamment de bétail. Les agriculteurs riches et les
éleveurs sédentaires accumulent de la matière organique dans leurs champs aux dépens des
plus pauvres dont les champs se dégradent peu à peu car ils fournissent du fourrage aux
animaux qui y passent sans que les éléments nutritifs ne leur soient restitués (Neef, 1997).
D’après Schlecht et Buerkert (2004) le fumier n’est pas exploité comme il le pourrait,
ni en termes de la quantité effectivement disponible ni en terme de son effet résiduel. La petite
taille des troupeaux appartenant à un individu, la peur du vol de bétail et le manque de
moyens de transport pour le fumier empêchent une utilisation plus efficiente des pratiques de
coralling et de fumier transporté.
48
rendement et par une augmentation de 50 % des résidus de culture via une stimulation du
tallage et donc de la production de biomasse. Un apport en nutriments supplémentaire en
deuxième partie du cycle végétatif permettrait d’augmenter les rendements en grain. Cela peut
être atteint par des quantités plus grandes de fumier appliquées en début de saison qui auraient
un effet plus prolongé ou par des apports d’engrais organique ou inorganique en milieu de
saison. L’application de fumier permet également de protéger mécaniquement la surface du
sol pendant les premiers mois de la saison culturale, lorsque le sol est peu couvert par la
culture, et de piéger les sables éoliens durant les tempêtes (de Rouw et Rajot, 2004).
Gandah et al. (2003) montrent que des taux d’application de fumier de 1500 à 17000
kg MS ha-1 sur des petites zones de champ permettent d’augmenter les rendements en grain de
500 kg ha-1 sur les champs fumés plus de 6 ans auparavant et de 1100 kg ha-1 sur les zones de
parcage récent. Ils notent les effets positifs du coralling jusqu’à 4 ans après l’application,
contrairement à de Rouw et Rajot (2004) qui rapportent l’absence d’effet résiduel du fumier
(appliqué à 5000 kg MS ha-1) sur les rendements du mil. McIntire et al. (1992) (cités par Esse
et al., 2001) rapportent une augmentation de rendement en grain de 15-86 kg par tonne de MS
de fumier. Agyemang et al. (1993) (cités par Harris, 2002) notent une augmentation de 30 kg
par tonne de MS de fumier.
Michels et Bielders (2006) rapportent des augmentations de rendements en grain de
188 % suite à l’application de fumier de parcage (10000 kg MS fumier + 1250 l urine ha-1)
par rapport aux parcelles paillées (2000 kg CR ha-1). La croissance racinaire a également été
stimulée dans l’entièreté du profil d’enracinement et l’efficience d’utilisation de l’eau (EUE)
a augmenté de 2,3 pour le témoin à 10,0 kg MS totale ha-1 mm-1 suite à l’application de fumier
et d’urine.
Esse et al. (2000) montrent que les macro-organismes jouent un rôle prédominant dans
la phase initiale de décomposition du fumier. Observer la présence et l’activité des insectes
coprophages permet de vérifier que les plantes bénéficient du fumier durant la saison de
croissance (de Rouw et Rajot, 2004). Ils remarquent également que les taux de libération de N
et P suivent les taux de décomposition du fumier tandis que les taux de libération de K
baissent beaucoup plus rapidement. Le ratio K/ECEC est une variable répondant à
l’application de fumier. K est fort présent dans le fumier et appliqué au sol, cet élément très
soluble s’adsorbe sur le complexe d’échange (de Rouw et Rajot, 2004). D’autre part, les taux
de décomposition diminuent avec le temps : les composants restants sont plus difficiles à
minéraliser (la proportion de lignine et polyphénols étant plus importante).
L’azote présent dans l’urine est rapidement disponible pour les plantes tandis que le
fumier requiert une décomposition plus avancée avant que N ne devienne disponible. La
transformation de N présent dans l’urine (hydrolyse de l’urée, apparition d’ammonium et puis
de nitrate) est complète en 4 jours mais environ 30-50 % de N sont perdus par volatilisation
ammoniacale (Stillwell et Woodmansee, 1981, cités par Ikpe et al., 1999). L’application
d’urine a pour effet d’élever le pH du sol, particulièrement les premières semaines après
application, ce qui permet de dissoudre les complexes entre P et les oxydes de Fe et Al et
d’augmenter la disponibilité de P pour les plantes (Powell et al., 1998).
49
Comparé au P contenu dans la biomasse, le P contenu dans la fumure minéralise plus
rapidement dans le sol (Powell et Valentin, 1997).
Brouwer et Powell (1998) insistent sur le fait que la quantité de fumier et d’urine
nécessaire pour obtenir de bons rendements (> 800 kg ha-1) dépend de la position
topographique de la parcelle et de la qualité du fumier. Ils conseillent de concentrer le fumier
et l’urine d’ovidés en bas des champs, là où l’infiltration et l’acidification des sols sont plus
élevées, à un taux inférieur à 2800 kg ha-1. L’urine d’ovidés a un effet plus alcanisant que
l’urine de bovidés. L’application de fumier de bovidés (2500 kg ha-1) doit être effectuée sur
les parties plus élevées du champ, là où l’infiltration est moindre et le ruissellement important.
La qualité du fumier dépend du contenu nutritif présent dans le foin et du type
d’animal. Esse et al. (2000), entre autres, montrent que le fumier de bovins possède une
concentration initiale en N supérieure à celle du fumier d’ovins et de caprins et qu’il se
dégrade plus vite. D’après Harris (2002), la grande variabilité entre exploitations dans la
composition du fumier et le type de sol rend difficiles les recommandations en termes de
quantités de fumier à appliquer. Idéalement, le parcage devrait avoir lieu un mois après le
début de la saison des pluies : quand la qualité de la pâture augmente à cause de l’humidité de
l’air, la qualité du fumier augmente aussi par rapport au fumier de saison sèche, mais ce n’est
pas possible : le parcage ne peut avoir lieu en même temps que la culture (Harris, 2002).
50
combinée à l’application de 6000 kg MS fumier ha-1 a permis d’augmenter les rendements en
grain de 350 kg ha-1 par rapport à la somme des rendements obtenus par application seule de
DAP et par application seule de fumier.
D’autre part, Powell et al. (1996) notent que laisser tous les résidus de récolte sur les
champs permet d’obtenir des meilleurs rendements plutôt que de les laisser consommer par
les animaux qui laisseront leur fumier/urine aux champs. Toutefois, cette stratégie n’est pas
envisageable pour les agriculteurs, étant donné qu’il n’y a pas de fourrage alternatif durant la
saison sèche.
La connaissance de la durée du séjour d’animaux dans un corral spécifique, la
variation du contenu nutritif dans le foin, la variation de qualité de fumier produite, le nombre
et le type d’animaux ainsi que le type de sol doit permettre d’estimer l’apport nécessaire de
fumier en un site particulier. Cet apport doit prendre en compte d’autres contraintes
importantes comme la charge de travail et la disponibilité en terres de pâturage et en fumier
(Gandah et al., 2003). Les variations en termes de disponibilité de pâture vont
particulièrement affecter la quantité et la qualité du fumier produit par un animal. Les
concentrations en MO, N et P dans le fumier seront plus faibles durant la saison sèche (Powell
et al., 1996). Schlecht et al. (1997) rapportent que les quantités de N excrétées sont plus
élevées de jour que de nuit et que les défécations et urinations sont plus fréquentes au lever et
à l’abreuvement. Ceci suggère que des pratiques de gestion du bétail telles que le maintien des
animaux sur le site du parcage une trentaine de minutes après leur lever, et l’épandage de
litière près des points d’eau, permettraient une récupération plus complète du fumier et de
l’azote pour améliorer la fertilité des sols.
51
désavantage de cette technique est que les taux de N dans le fumier transporté sont plus
faibles que dans le fumier obtenu par parcage, le NH3 présent dans l’urine étant le plus
souvent perdu par volatilisation avant l’épandage (Esse et al., 2001). Powell et William
(1994) (cités par Bationo et al., 1998) ont montré que l’urine pouvait aussi être « piégée » par
les résidus de culture à haut ratio C/N utilisés comme foin dans les étables et les corrals.
Nzuma et Muwira (2000) (cités par Harris, 2002) montrent qu’un lit de paille permet de
réduire les pertes en NH3 de 80 %.
Il faut savoir que les contraintes de charge de travail et de disponibilité du bétail
nomade rendent difficile le remplacement du coralling prolongé en un endroit par des
applications de fumier plus dispersées. Par contre cela peut être effectué plus facilement dans
le cas du fumier transporté. Le transport manuel de fumier 4 semaines après semis une fois
par an à 2000-3000 kg MS ha-1 vaut à priori mieux que des taux beaucoup plus importants
une fois tous les 10 ans si on désire éviter les pertes d’éléments minéraux pour les plantes
(Esse et al., 2001).
D’autre part, comme dans le cas du parcage, l’extension des intervalles entre
application de fumier (de 1-2 à 3 ans) permettrait d’augmenter la superficie des champs
bénéficiant de cette pratique de gestion de fertilité et d’éviter les pertes liées à une surdose
locale de fumier (Schlecht et Buerkert, 2004)
Bien que ces techniques utilisant le fumier ne permettent pas d’ajouter des nutriments
au système agro-pastoral en lui-même, elles sont néanmoins un moyen de transfert et de
recyclage d’éléments minéraux et de Corg à différentes échelles à l’intérieur du système. Il est
important d’optimiser et d’intensifier ces techniques dans un contexte où les agriculteurs
locaux ont peu accès aux autres formes de fertilisation (Esse et al., 2001).
3. Densités de semis
Différentes études recommandent des densités de semis plus élevées pour augmenter
les rendements en cas d’utilisation d’engrais minéraux (Reddy, 1988 ; Klaij et al. 1994 cités
par de Rouw, 2004 ; Shapiro et Sanders, 1997).
Au Sahel, les agriculteurs sèment à de faibles densités (10000 à 30000 plants ha-1) et
pratiquent le démariage pour favoriser le tallage et pour que les talles fertiles contribuent au
rendement en grain (Bidinger et Raju, 2000). Le mil est la seule céréale haute où la sélection
n’élimine pas le tallage. Le risque d’échec de la culture en cas de sécheresse durant l’initiation
de la panicule ou de la floraison est amoindri (de Rouw et Winkel, 1997).
Une expérience à Banizoumbou montre que la densité de semis traditionnelle (5000
poquets ha-1) produit des rendements élevés moins fréquemment que la densité recommandée
(10000 poquets ha-1) en conditions favorables (de Rouw, 2004). Par contre, il y a moins de
risques de perte en rendement lors d’années plus sèches si la densité de semis est plus faible
même si les rendements en grain moyens sont plus faibles. Une densité de semis plus faible
stimule plus le tallage que la fertilisation par N et P. Les risques ont été réduits principalement
par le développement déphasé des tiges principales et des talles secondaires. La contribution
52
des panicules des talles au rendement en grain passe de 60 % à 20 % lorsque la densité est
plus élevée (de Rouw, 2004). Winkel et Do (1992) remarquaient déjà que le nombre et la
survie des talles est inversement proportionnel à la densité de semis.
D’après de Rouw (2004), les agriculteurs sont conscients que l’espacement et la
fertilisation stimulent le tallage et préfèrent les appliquer ensemble. De Rouw (2004) indique
que, dans les conditions de mise en culture de terres marginales comme au Sahel, une densité
de semis élevé n’est pas vraiment nécessaire pour obtenir un rendement élevé. Une telle
densité réduit le tallage et rend la culture plus vulnérable aux sécheresses et aux contraintes
biotiques (de Rouw, 2004).
4. Variétés améliorées
5. Combinaison de techniques
Pour redresser les bilans négatifs en nutriments il faut développer des systèmes de
gestion intégrée de ces nutriments, c’est-à-dire manipuler judicieusement les processus
d’entrée et de sortie des nutriments. Tous les exemples montrent que même si l’application
d’engrais inorganiques est un bon moyen d’augmenter les rendements, les engrais minéraux
ne peuvent pas seuls soutenir ces rendements à long terme. D’autre part, les techniques qui
recyclent les nutriments ne permettent pas de compenser seules les pertes liées à l’exportation
de la récolte. Une production durable pourra être obtenue lorsque les engrais minéraux sont
combinés avec d’autres technologies comme l’application de résidus de culture ou de fumier
(Bationo et al., 1998 ; Hayashi et al., 2005).
L’application de résidus de culture, par exemple, est limitée par la disponibilité en
pailles de mil. Or, même l’utilisation de faibles quantités d’engrais permet d’augmenter les
rendements en paille dans les essais en milieu paysan. L’application de petites doses de P au
poquet, couplée avec l’adoption de systèmes culturaux adaptés comme l’association avec le
53
niébé permet d’obtenir de bonnes augmentations en biomasse totale (Bationo et al., 2000).
Remarquons que l’augmentation de production en vue d’accroître le recyclage d’éléments va
conduire à une augmentation des pertes en nutriments (par l’exportation des cultures) si les
techniques utilisées n’apportent pas également des avantages complémentaires (tels qu’un
apport en P au sol, une meilleure protection contre l’érosion, etc).
54
Des stratégies complémentaires doivent être encouragées, spécialement pour les
agriculteurs les plus pauvres et face au déclin de la fertilité et à l’émigration de familles des
régions les plus arides. Les recherches futures doivent se focaliser sur les raisons d’adoption
ou de non adoption des techniques disponibles pour combattre la perte en nutriments.
En plus de la recherche, des interventions au niveau national et supranational sont
nécessaires. Au niveau national, il faut créer un environnement qui contient des actions sur le
thème du crédit, des actions post-récolte pour ajouter de la valeur au produit sortant des
exploitations, du marketing sur les produits, … Au niveau supranational, il faut revoir
l’impact des programmes d’ajustement structurel et les accords généraux sur les tarifs et le
commerce (Bationo et al., 1998).
Etant donné la dépendance de la culture face aux aléas climatiques, les mécanismes
intrinsèques de résistance à la sécheresse du mil sont de première importance. La résistance
est prise ici dans le sens agro-écologique de stabilité du rendement. La gestion de la fertilité
peut être plus efficiente si on prend en compte les impacts des stress hydriques sur la
croissance et le développement du mil.
Des épisodes de sécheresse peuvent avoir lieu à n’importe quel moment de la saison
de croissance et leur variabilité spatiale est également considérable. Il faut cependant noter
que des sécheresses en début, milieu ou fin de saison auront des impacts différents sur les
pertes en production de grain.
Le mil a un métabolisme de type C4 qui lui confère une efficience hydrique double de
celle des plantes en C3 (la carboxylation en 2 étapes des espèces en C4, en concentrant le CO2
dans les cellules de la gaine, améliore le rendement de la Rubisco-carboxylase et donc, à
conductance stomatique égale, l’assimilation photosynthétique).
L’efficience hydrique dépend de la capacité d’assimilation photosynthétique de la
feuille et de la conductance foliaire pour la vapeur d’eau. Une efficience élevée, résultant
d’une augmentation de l’activité photosynthétique relativement à la transpiration, peut
accroître la production totale de MS et le rendement potentiel sans modifier la consommation
en eau totale de la culture. Si l’augmentation de l’efficience résulte d’un maintien de
l’assimilation concomitant avec une diminution de la transpiration (en cas de stress hydrique)
55
elle se traduit par une économie des réserves en eau du sol ce qui permet d’éviter la
déshydratation et une meilleure stabilité de la production de grains (Winkel et Do, 1992).
b) Résistance à la sécheresse
c) L’évitement de la sécheresse
Les mécanismes d’évitement de la sécheresse mis en place par le mil concernent (de
Rouw et Winkel, 1998) (Winkel et Do, 1992) :
¾ La synchronisation du cycle végétatif à des périodes de hautes probabilités de
conditions de croissance satisfaisantes. Le développement de la tige principale
coïncide avec la période de plus haute probabilité de pluviométrie élevée.
¾ La plasticité du développement ou variation de la durée d’une phase de croissance en
fonction de l’importance des déficits en eau. Le développement hâtif et asynchrone
des panicules et fleurs permet d’étaler la floraison sur une longue période, en
maintenant le rendement potentiel même si la tige principale est endommagée.
56
¾ La plasticité de la croissance. Quand l’eau est disponible et les nutriments non
limitants, les talles peuvent représenter jusqu’à 70 % de l’appareil végétatif de la
plante et constituent une « banque » de matière sèche et d’éléments nutritifs qui peut
servir de tampon face aux fluctuations de l’environnement. La perte en poids des
grains sur les tiges principales causée par un déficit hydrique peut être
partiellement ou entièrement compensée par l’accroissement de la production des
talles (par la multiplication des talles fertiles et l’augmentation du nombre de grains
par épi).
¾ La remobilisation des assimilats vers le grain. Une partie importante de la
croissance des grains serait due à l’activité photosynthétique des feuilles en période
postflorale. En absence de contrainte hydrique, les substances carbonées produites
avant la floraison ne participent pas au remplissage des grains. L’émergence des épis
stimule fortement les transferts carbonés à partir des feuilles. On admet que la
contrainte hydrique réduit les capacités de synthèse des feuilles, ainsi que les transferts
d’assimilats. Si elle a lieu durant la phase de remplissage des grains, elle peut donc
affecter directement la production finale. Le mil présente néanmoins une grande
stabilité de rendement face au déficit en eau. Les hypothèses avancées font état d’une
remobilisation vers les grains des assimilats de la période préflorale et une
redistribution des composants minéraux et glucidiques par régression de talles au
profit des talles fructifères. Cette remobilisation aurait pour effet d’améliorer
l’efficience de l’eau en termes de production de grain. C’est ainsi que des
phénomènes compensatoires pourraient également avoir lieu entre le nombre et
le poids des grains. Ces composantes sont déterminées à des phases différentes du
cycle et donc dans des conditions parfois contrastées mais on note que le poids suffit
rarement à compenser la baisse du nombre de grain.
¾ Le maintien de la surface foliaire verte. Ce maintien favorise la stabilisation de la
production en permettant une reprise rapide et complète de l’activité photosynthétique
dès que le stress est levé. Cette stratégie est adaptée à une contrainte hydrique
intermittente mais contribue à épuiser les réserves en eau du sol en cas de contrainte
prolongée.
¾ La réduction de la surface de feuilles vertes. Une sécheresse postflorale (déficit de 7
jours) peut provoquer une réduction de 50 % de la surface foliaire verte. Une
sénescence foliaire rapide permet dans ce cas la réduction de la transpiration.
57
tallage, la floraison hâtive et la fertilité des talles. Le tallage détermine aussi la surface foliaire
et la consommation en eau de la plante (Winkel et Do, 1992 ; Winkel et al., 1997).
La variation spatiale de la croissance ou micro-variabilité est également importante.
Cette variation dépend de l’hétérogénéité physique et chimique du sol ainsi que des pratiques
culturales. Les agriculteurs sont souvent contraints de ressemer les poquets manquants et
peuvent s’ajuster aux conditions environnementales par les pratiques du démariage et du
sarclage (de Rouw, 2003). C’est ainsi que les agriculteurs produisent des poquets d’âges
différents et des plants d’âges différents au sein d’un même poquet (l’émergence au sein d’un
poquet peut être déphasée car les semences sont enterrées à des profondeurs différentes) (de
Rouw et Winkel, 1998). Au niveau de l’agro-système, la diversité génotypique des variétés
locales et l’hétérogénéité environnementale donnent des variabilités de croissance et de
développement des plantes qui permettent une dispersion des risques en cas de sécheresse
(Winkel et al., 1997).
La meilleure stratégie pour réduire le risque de perte de rendement causé par une
sécheresse est d’étaler les stades sensibles dans le développement de la culture sur la plus
longue période possible (de Rouw et Winkel, 1998).
D’après Winkel et al. (1997), les risques de sécheresse doivent être classés en deux
types. Les sécheresses de début ou de fin de saison culturale sont fréquentes et souvent
longues et sont combattues par des semis successifs ou par le choix de cultivars à cycle court
tolérants aux déficits hydriques post-floraison. Elles sont généralement peu dommageables
quand aux pertes en rendement en grain (de Rouw, 2003). Les sécheresses intermédiaires
(plus courtes, ±10 jours et plus imprévisibles) ont lieu durant les phases d’initiation des
panicules, de la floraison ou de la pollinisation et peuvent endommager des fleurs ou des
panicules entiers.
Dans une étude sur les effets d’une sécheresse de préfloraison, de Rouw et Winkel
(1998) remarquent qu’il existe des sous-populations de plants fleurissant tôt, de floraison
intermédiaire ou de floraison tardive et que les talles fertiles sont concentrés dans le groupe
des plants fleurissant tôt. Ce groupe est capable de sécuriser une partie de la production en
retardant (de 13-18 jours) le développement de talles fertiles après la période de stress. Les
plants de floraison tardive sont souvent « unitiges » ou moins tallés. Le développement de
talles fertiles est diminué par un sol pauvre et une courte durée de la saison des pluies. La
composante de rendement responsable de la réduction de rendement est principalement le
nombre de grains par panicule, tandis que la composante la moins affectée par la sécheresse
est le poids moyen d’un grain et le nombre de poquets à l’hectare. De Rouw et Winkel
(1998) concluent que l’initiation florale et la floraison sont beaucoup plus perturbées par une
sécheresse de préfloraison que le remplissage des grains et la survie des poquets.
Dans une autre étude, les mêmes auteurs observent un délai de floraison du à la
sécheresse préflorale pour les plants n’ayant pas reçu de N. L’application de N permet de
58
générer plus de panicules par poquet mais la floraison ne commence pas plus tôt ni ne
continue pendant plus longtemps, c’est-à-dire que le taux de floraison est stimulé par N. En
général, au plus tôt a lieu la floraison, au plus de panicules peuvent être produits (sauf si la
sécheresse affecte l’initiation des panicules). La proportion de panicules fleurissant tôt reflète
l’abondance des premières pluies.
Y = S * Nr * Np * Wg (1)
59
3ème partie : Matériels et méthodes
2. Dispositif expérimental
Chacun des champs a été divisé en strates correspondant à des pratiques de gestion
de la fertilité organique différentes. Ces pratiques sont le parcage (PA) et le transport de
fumier (FT), ainsi que l’effet résiduel du parcage un an et deux ans après application. Une
strate non traitée par application de fumier (NF) est également ajoutée. Les chiffres qui
suivent indiquent l’année d’application de la technique (2001, 2002, 2003, 2004 ou 2005).
Une strate concernant l’effet résiduel du fumier transporté a été ajoutée chaque année.
En 2003, les champs sont divisés en 5 strates: PA03, PA02, PA01, FT03 et NF. Les
strates PA03 et FT03 représentent le parcage et le fumier transporté de l’année tandis que les
strates PA02 et PA01 représentent les strates où le parcage a été effectué un an et deux
auparavant (Figure 18). En 2004, 6 strates sont délimitées par champ (PA04, PA03, PA02,
FT04, FT03 et NF) et 7 strates en 2005 (PA05, PA04, PA03, FT05, FT04, FT03 et NF).
Chacune des strates a été divisée en parcelles élémentaires selon un design multi-
factoriel comprenant 3 niveaux de fertilisation minérale, 3 variétés de mil et 3 répétitions
(Figure 19). Le schéma du dispositif expérimental est repris en Annexe 2.
Le parcage de l’année est réalisé durant la saison sèche (janvier, février, mars) par les
fermiers. L’application de fumier transporté a lieu en fin de saison sèche (mai), au moment du
60
piquetage des parcelles. Le fumier provient du village, il contient des déchets ménagers, des
résidus végétaux et des bouses de petits ruminants. La composition du fumier et la quantité
appliquée diffèrent selon les champs. Le parcage et l’épandage de fumier transportés ont lieu
chaque année dans les deux blocs délimités à cet effet. En règle générale, toutes les opérations
culturales sont suivies par des techniciens de l’ICRISAT, aidés par des manœuvres locaux
engagés pour les travaux lourds.
Suite à la grande variabilité des quantités appliquées entre sites et années, l’application
de fumier transporté a été contrôlée en 2005 à Kodey à 180 kg par parcelle, c’est-à-dire à
18000 kg ha-1. Le parcage en 2005 à Kodey a également été contrôlé par un technicien de
l’ICRISAT et appliqué en février 2005. Pour obtenir le même taux d’application que celui du
fumier transporté, 8 vaches ont été parquées par parcelle pendant 1 semaine (selon une norme
calculée par International Livestock Research Institute (ILRI), Ayantunde et al., 2001). A
Banizoumbou et à Bagoua, le parcage et l’application de fumier ont été réalisés par les
paysans, les apports étaient donc nettement moins uniformes spatialement.
Figure 18. Dispositif expérimental superposé à une photo aérienne du site de Kodey, le 17 septembre 2003.
Chacun des 5 blocs (strates) représente une pratique de gestion de fertilité organique différente.
(ICRISAT, 2003)
61
Différentes cartes de la zone d’étude existantes ont été combinées à des mesures
effectuées par GPS pour localiser et cartographier précisément les parcelles d’essai en 2003.
Les coordonnées des nouvelles strates ont été reprises en 2005 pour être ajoutées à la base de
données existante.
Un GPS Pathfinder Trimble TDC1 (modèle 3300-CNCHOPE-007) a été utilisé pour
localiser les blocs PA04, PA05, FT04 et FT05. Ce GPS différentiel fournit des mesures dont
l’erreur est inférieure à 1 m lorsque les mesures sont corrigées par rapport à l’antenne satellite
fixe installée au centre ICRISAT de Sadoré.
Néanmoins, nous n’avons pas pu encoder les données : le câble permettant la
transmission des données vers un ordinateur est déficient depuis avril 2005. Nous ne
possédons donc que les cartes de l’essai en 2003.
L’essai compare la variété locale et les variétés améliorées ICMV IS 89305 et Zatib.
La variété locale résulte de la sélection opérée par les paysans de la région. Cette
variété est donc bien adaptée aux conditions régionales et elle présente un cycle de croissance
d’environ 100 jours.
62
La variété ICMV IS 89305 est une variété améliorée obtenue par sélection récurrente
à partir de croisements entre les variétés ¾ HK B-78, Souna-3 et CIVT. Les variétés
améliorées sont plus homogènes génétiquement que les variétés locales. La variété de mil
ICMV IS 89305 fleurit à 70 JAS et montre un cycle de 95 à 100 jours. Elle est résistante au
mildiou et est protégée contre les insectes foreurs de tige. Cette variété possède un rendement
potentiel en grain de 2000 kg ha-1. L’indice de récolte vaut 27 % en conditions optimales et le
poids moyen de 1000 grains est de 10 g (ROCAFREMI, 2002).
La variété Zatib a été obtenue par sélection des cultivars locaux Zanfarwa et Tchin-
Bijini. Il s’agit d’une variété légèrement plus précoce que la précédente : elle fleurit à 60 JAS
et présente un cycle végétatif de 95 jours. Cette variété de mil est reconnaissable à ses plants
touffus et plus petits que les deux autres variétés, ainsi qu’à ses feuilles glabres. Elle est
résistante au mildiou et est protégée contre la chenille de l’épi. Le rendement potentiel en
grain varie entre 1500 et 2000 kg ha-1. L’indice de récolte vaut 27 % en conditions optimales
et le poids moyen de 1000 grains est de 10,5 g (ROCAFREMI, 2002).
Les fiches techniques des variétés améliorées sont présentées en Annexe 1. Chaque
variété sera semée sur les parcelles individuelles correspondantes, conformément au schéma
en Annexe 2.
Chaque parcelle élémentaire mesure 100 m² et est caractérisée par son appartenance à
un site, une strate de fumure organique, un niveau de fertilisation minérale, une variété de mil
et une répétition. La densité de semis est de 10 000 poquets ha-1, c’est-à-dire 121 poquets par
parcelle (poquets séparés de 1 m). Les parcelles sont séparées de 1 m, les strates de 2 m ou
plus. Chaque bloc mesure 32 x 98 m = 3136 m² et donc la superficie occupée par l’essai sur
un site couvre au minimum 3136 m² x 5 = 1,56 ha (en 2003).
3.1. Pluviométrie
Un pluviomètre a été installé sur chacun des 3 sites. Après chaque pluie, un technicien
de l’ICRISAT a relevé le niveau d’eau dans le pluviomètre (Figure 20).
63
Figure 20. Pluviomètre installé à Bagoua
Depuis 2004, des tubes en aluminium (48 mm de diamètre interne) ont été installés au
centre de chaque parcelle. Des mesures d’humidité du sol à différentes profondeurs (tous les
15 cm jusqu’à 210 cm) sont effectuées grâce à des sondes à neutrons Didcot Instruments (type
I H III) en 2004 et 503-DR Hydroprobe en 2005 (Figure 21 etFigure 22).
Les mesures des profils de teneur en eau sont prises environ une fois par semaine, sur
sol réessuyé en cas de pluie. Pour des raisons logistiques (temps, matériel et charge de
travail), ces mesures n’ont pas été effectuées sur les parcelles semées avec la variété ICMV
IS 89305. Ces mesures ont été réalisées en 2004 sur les strates de fertilité NF, FT04, PA04,
PA03 et PA02 tandis qu’en 2005 ce sont les strates NF, FT05, PA05, PA04 et PA03 qui sont
concernées.
64
a) Principe de fonctionnement d’une sonde à neutrons
Figure 22. Schéma d’une sonde à neutrons 503 DR Hydroprobe (Bacchi et al., 2000)
65
réalisé chaque jour de prise de mesures (matin et soir) en plaçant la sonde à saturation dans un
fût d’eau. θ est estimé à chaque profondeur par la formule suivante :
comptage
θ = int ercept + pente * (2)
SC
3.3. Calcul de l’eau utile pour les plantes et bilan hydrique par parcelle
L’eau utile pour les plantes (mm) (EU) a été estimée selon l’équation suivante :
EUj (mm) = Σni=1 (θi,j – θci,j) ∆zi pour tout i tel que θi,j ≥ θci,j (3)
66
3.4. Evaluation des apports de matière organique
L’évaluation des apports de matière organique au sol est mesurée à partir de 2004 par
la méthode du placeau. Il s’agit d’échantillonner les strates de pratique de fertilité en plaçant
aléatoirement 4 à 5 fois par parcelle élémentaire un placeau de 0,5 m x 0,5 m (cadre en bois).
La matière organique est prélevée, séparée en matière organique végétale et fécale (MOV et
MOF) et le poids humide de chacune des fractions est pesé sur le terrain. Ensuite, un
échantillon de chaque fraction est prélevé et pesé. Après un passage à l’étuve (60°C pendant
48 h au laboratoire de l’ICRISAT à Sadoré), les échantillons serviront à déterminer le poids
sec de matière organique présente dans chaque position du placeau.
Nous effectuons les moyennes de poids sec de MOF et MOV par parcelle (sur les
différents emplacement du placeau) et calculons ensuite la moyenne de MOF et MOV sur une
même strate. Cette façon de procéder permet de tenir compte du fait que le nombre de placeau
par parcelle est variable (4 à 5) et que le nombre de parcelles dans lesquels on effectue
l’analyse est variable en fonction des strates et des sites.
Il est important de remarquer que par « apport de matière organique » on signifie
« résidus résultants d’apports de matière organique fraîche (d’origine végétale ou fécale,
résidus de culture ou fumier) mesurés à la surface du sol ». Il ne s’agit donc pas des apports
bruts en fumier par exemple, car les mesures ont été prises après la date d’application (et il
peut y avoir eu une disparition de matière suite à des processus de minéralisation,
d’humification ou déplacement par les termites).
En 2004, l’évaluation des apports a eu lieu à Banizoumbou le 11 et 12 mai (1,5 mois
avant le semis) ; à Bagoua le 13 mai (une semaine avant semis dans les strates FT04, PA02 et
NF) et le 2 juin (après semis dans les strates FT03, PA03, PA04) ; à Kodey le 29 avril (un
mois avant semis dans la strate PA04) et le 2 et 3 juin à Kodey (au moment du semis dans les
autres strates). En 2005, les mesures à la méthode du placeau ont été effectuées le 13 et 14
mai à Banizoumbou, le 18 mai à Bagoua et le 19 mai à Kodey, c’est-à-dire environ 15 à 20
jours avant le semis dans toutes les strates.
67
Les dates correspondantes aux stades de développement suivants sont notées (en
DOY, day of the year, jour de l’année) au niveau de chaque parcelle :
- date de l’émergence : stade 0
Ce stade débute par l’émergence du coléoptile à la surface du sol. Le temps requis avant
l’émergence de la plantule dépend de la profondeur du semis, de l’humidité du sol et de la
température. L’émergence se produit 2 à 3 jours après le semis.
- date de l’émergence du 1er talle : stade 3
Ce stade concerne l’initiation de la panicule. Les primordias foliaires cèdent la place aux
primordias de l’appareil reproductif. L’élongation du dôme apical débute. Les premiers entre
nœuds s’allongent et plusieurs talles apparaissent. Ces talles suivent les mêmes stades de
développement que la tige principale avec un décalage dans le temps.
- date d’apparition de la feuille du panicule : stade 4
Le limbe de la dernière feuille est visible. Cette dernière se distingue des autres feuilles car
elle ne possède plus de nouvelles feuilles émergeant en son centre. Les entre-nœuds
continuent à s’allonger. Les méristèmes de la panicule se différencient, le processus
commençant à la base de celle-ci et progressant vers le haut. La panicule est enfermée dans la
gaine formée par les dernières feuilles et elle est poussée vers le haut par l’élongation de la
tige via les entre-nœuds.
- date d’apparition de la 1ère panicule : stade 5
Le développement de la panicule est presque complet. Celle-ci croît en longueur et en largeur
jusqu’à émerger de la gaine de la dernière feuille. Le pédoncule (dernier entre-nœud)
s’allonge en même temps ; c’est l’épiaison.
- date de début de la floraison
- date de 50 % de floraison : stade 6
Les stigmates fleurissent les premiers (protogynie), en commençant quelques centimètres sous
la pointe et en se propageant des deux côtés. Le stade 50 % de floraison est atteint lorsque les
stigmates apparaissent au niveau du milieu de la panicule. En quelques jours, les stigmates ont
tous émergé et les premières anthères apparaissent. Le développement de toutes les anthères
nécessite jusqu’à 5-6 jours. Différentes panicules d’une même plante peuvent fleurir
simultanément ou séquentiellement.
- date de la maturité : stade 9
L’endosperme passe par une phase de maturation laiteuse, une phase de maturation cireuse
avant d’atteindre la maturation physiologique. Celle-ci est marquée par l’apparition d’un point
(une petite ligne) noire dans la région du hile de la graine. Cette étape coïncide avec la fin du
remplissage des grains et marque donc la fin de leur croissance. Les grains ont alors atteint
leur poids sec maximum et l’endosperme est devenu dur.
68
3.6. Mesures de rendement à la récolte
Le rendement en botte d’épis Yb est évalué comme le quotient du poids sec (Psb) et du poids
frais (Pfb) de l’échantillon d’épis, rapporté au poids frais total des épis par parcelle (PFtotb).
Ps ( g ) 10
Yb (kg / ha ) = b ⋅ PFtot b ( g ) ⋅ (5)
Pf b ( g ) 81
69
Le rendement en grain Yg est calculé comme le quotient du poids des grains (Psg) de
l’échantillon d’épis et du poids frais de l’échantillon d’épis (Pfb), rapporté au poids frais total
des épis par parcelle (PFtotb).
Ps g ( g ) 10
Yg (kg / ha) = ⋅ PFtot b ( g ) ⋅ (6)
Pf b ( g ) 81
70
Signalons que des manœuvres ont été engagés en fin de cycle de croissance pour
chasser les oiseaux et éviter de trop importantes pertes en grain, surtout chez les variétés à
cycle plus court que la variété locale.
Des échantillons de sol ont été prélevés avant le début de l’essai, le 2 juin 2003. Les
échantillons ont été prélevés à 3 profondeurs différentes (0-10 cm, 10-20 cm et 20-40 cm)
dans chaque répétition au sein de chaque strate de fertilité. 9 échantillons de sol sont donc
disponibles par strate de fertilité organique. Ils ont été remis au laboratoire de l’ICRISAT à
Sadoré pour analyse chimique des paramètres suivants : pH KCl (1 M), pH H20 (1:2,5),
phosphore disponible (méthode Bray 1), carbone organique (méthode Walkley et Black),
azote total (méthode Kjeldahl), capacité d’échange cationique (méthode Argent Thiourée), H+
et Al3+ (KCl 1 M). Les protocoles expérimentaux sont repris en Annexe 3.
Chaque année, des échantillons de sols sont pris dans les nouvelles strates. En 2005,
deux prélèvements par parcelle (sur la diagonale) ont été effectués dans les strates FT05 et
PA05, à 0-10 cm, 10-20 cm et 20-40 cm. Ces deux échantillons sont mélangés et un sous-
échantillon est prélevé (échantillons composites). Au total, 3 échantillons sont donc
disponibles pour chaque parcelle. Ces échantillons sont prélevés au semis, pendant la période
de croissance et après la récolte, ils sont stockés à l’ICRISAT en vue d’une analyse texturale
et chimique éventuelle.
Une analyse texturale a également été effectuée avant le début de l’essai sur des
échantillons récoltés à différentes profondeurs sur chaque strate et site (0-10 cm,10-20 cm,
20-30 cm, 30-60 cm, 60-90 cm, 90-120 cm, 120-150 cm, 150-180 cm, 180-210 cm).
L’analyse a été effectuée par le laboratoire de l’ICRISAT et porte sur les 5 classes texturales
suivantes : sable fin, sable grossier, limon fin, limon grossier et argile. La conductivité
hydraulique à saturation (Ko) a été calculée sur base de l’équation suivante par Manyame en
2003 :
71
3.9. Analyse statistique
72
c) Analyse de variance
Nous allons analyser l’effet des différents facteurs sur les variables principales (ou
variables dépendantes) citées ci-dessus. L’analyse de variance peut être effectuée à condition
que trois hypothèses soient satisfaites :
- les observations suivent une distribution normale,
- les variances entre populations sont égales (les populations sont définies par les
combinaisons de niveaux de facteurs),
- les échantillons dans lequel les observations sont effectuées sont indépendants et
identiquement distribués, c’est-à-dire que les observations qui les constituent sont
indépendantes et issues d’une même population.
Nous vérifions graphiquement et grâce aux coefficients de Skewness et de Kurtosis
que les variables ont une distribution proche de la normale, à l’exception du nombre de
poquets végétatifs et du nombre de poquets non matures. La distribution des variables est
présentée à l’Annexe 4. Le coefficient de Skewness mesure le degré d'asymétrie de la
distribution tandis que le coefficient de Kurtosis mesure le degré d'écrasement.
Nous avons effectué des tests d’égalité de la variance de Levene pour les différentes
variables et niveaux de facteurs. Nous constatons que l’hypothèse d’égalité de la variance ne
peut pas être acceptée pour la plupart des variables (résultats non présentés).
73
généralisation étant que les données sont autorisées à présenter une corrélation et une
variabilité non constante.
L’instruction « Modèles mixtes » dans le logiciel SAS System Release 8.02 ajuste un
ensemble de modèles linéaires mixtes aux données et permet d'utiliser ces modèles ajustés
pour créer des inférences statistiques sur les données. Le modèle linéaire mixte permet de
modéliser non seulement les moyennes des données mais aussi leurs variances et covariances.
¾ Transformations de données
En appliquant le modèle d’analyse de variance aux données, nous avons vérifié que les
graphes de résidus étaient correctement distribués. Nous avons constaté que la variable
« rendement en paille » présentait dans certains sites et certaines années un graphe de résidus
à forme évasée (petites valeurs de résidus pour les petites valeurs prédites et grandes valeurs
pour les grandes valeurs prédites). Nous avons transformé cette variable en prenant son
logarithme pour effectuer l’analyse de variance.
D’autre part, les variables « taux de survie au démariage » et « taux de survie à la
récolte » présentaient des graphes de résidus de forme légèrement inverse (petites valeurs de
résidus pour les grandes valeurs prédites et grandes valeurs pour les petites valeurs prédites).
Nous avons effectué une transformation 1/x afin de normaliser ces graphes.
La transformation de ces trois variables ne modifiant pas l’occurrence des effets
statistiquement significatifs, nous avons choisi d’effectuer l’analyse de variance sur les
variables originelles plutôt que sur leurs transformations, pour des raisons de facilité
d’interprétation.
74
pas selon les tests et le test de Bonferroni a été sélectionné pour effectuer ces comparaisons
multiples.
Nous choisissons d’effectuer tous les tests au niveau de confiance α = 0,05.
Une analyse de corrélation entre les variables principales a été menée par site et par
année sur Minitab 14.
4.2. Semis
Le semis a lieu après la première pluie importante de la saison (si possible supérieure à
20 mm). La densité de semis est de 10000 poquets ha-1. Les poquets manquants sont ressemés
quelques jours après le semis. Les dates et pluies de semis sont reprises dans le Tableau 4.
La Figure 23 résume schématiquement les dates de semis et de récolte du mil. En
2004, le semis effectué le 20 mai à Bagoua a été suivi d’une période de sécheresse et un
resemis total a été nécessaire le 21 juin sauf dans la strate PA03. A Banizoumbou, le semis a
été réalisé le 30 juin après une pluie de 26,5 mm alors qu’une première pluie importante avait
déjà eu lieu le 19 mai (45 mm). Une charge de travail importante et le manque de main
d’œuvre expliquent ce délai de semis d’un mois.
Etant donné que l’essai vise à imiter les conditions paysannes, aucun traitement
phytosanitaire n’a été appliqué.
75
Figure 23. Lignes du temps schématiques des dates de semis et de récolte du mil
Les dates auxquelles ont été effectués les sarclages et le démariage sont reprises par
année dans le Tableau 4. Le premier sarclage est effectué environ une quinzaine de jours
après le semis. Le second sarclage a lieu plus tard dans la saison, approximativement 1 à 1,5
mois après le premier en fonction de la charge de travail des agriculteurs.
Le démariage a lieu dans le mois suivant le semis. Il permet d’éclaircir la culture à 3
plants par poquet. Les plants restants sont favorisés car ils bénéficient d’une compétition
moindre pour les ressources.
4.4. Récolte
Les dates de récolte sont indiquées dans la Figure 23. La durée du cycle cultural peut
être calculée par la différence entre la date de récolte et la date du semis.
Les plants faisant partie des bordures autour de chaque parcelle n’ont pas été pris en
compte dans la récolte. Celle-ci commence par l’abattage des plants de bordure afin
d’individualiser chaque parcelle et pour éviter le mélange des récoltes entre parcelles. La
superficie récoltée par parcelle est donc de 9 x 9 = 81 m² (Figure 24). On commence par
couper les épis à l’aide d’un couteau et on les rassemble pour qu’ils soient comptés et pesés.
Les tiges sont ensuite abattues à la machette.
76
Figure 24. Schéma d’une parcelle (100 m²). Chaque croisement indique l’emplacement
d’un poquet, les poquets de bordure sont signalés par un point noir.
77
Tableau 4. Calendrier des opérations culturales et pluviométrie (DOY = day of the year, jour de l’année)
Banizoumbou Bagoua Kodey
Date DOY Pluie (mm) Date DOY Pluie (mm) Date DOY Pluie (mm)
2003 Semis 14-juin 165 30 14-juin 165 30 24-juin 175 17
1er sarclage 27-juin 27-juin 9-juil
Démariage 10-juil * *
Application urée 7-août 7-août 7-août
2ème sarclage 7-août 7-août 7-août
Récolte 8-oct 281 14-oct 287 22-oct 295
Durée du cycle cultural 116 122 120
Total pluviométrie 474 452 371
Total pluviométrie utile 471 447 347
2004 Semis 30-juin 182 26,5 20-mai 141 40 21-mai 142 58
Resemis / 21-juin 173 20 et 24 /
1er sarclage 16-juil 7-juil 13-juin
Démariage 19-juil 17-juil 22-juin
Application urée * 2-août 3-juil
2ème sarclage 14-août 31-juil 17-juil
Récolte 13-oct 287 26-sept 270 14-sept 258
Durée du cycle cultural 105 97 116
Total pluviométrie 472 432 582
Total pluviométrie utile 404 432 535
2005 Semis 5-juin 156 12,5 4-juin 155 17 31-mai 151 27
1er sarclage 19-juin 18-juin 18-juin
Démariage 28-juin 27-juin 27-juin
Application urée 8-juil 21 9-juil 7 6-juil 40 et 9
2ème sarclage 31-juil 30-juil 19-juil
Récolte 5-oct 278 25-sept 268 17-sept 260
Durée du cycle cultural 122 113 109
Total pluviométrie 444 453 430
Total pluviométrie utile 407 381 399
*données non communiquées
78
4ème partie : Résultats et discussion
1. Pluviométrie
La pluviométrie moyenne dans le site d’étude est de 495 mm (période de 1968 à 1989)
(Hiernaux et Ayantunde, 2004). La pluviométrie totale en 2003 est de 474 mm à
Banizoumbou, 452 mm à Bagoua et 371 mm à Kodey. La distribution de la pluie par site et
les pluies de semis sont reprises en Annexe 5. Le graphe des pluviométries cumulées (Figure
25) indique que les 3 sites subissent une période sèche pendant la deuxième quinzaine de
juillet, particulièrement marquée à Kodey.
Le Tableau 5 reprend la distribution des périodes sèches. Celles-ci sont déterminées
par une période de 10 jours (ou plus) sans pluie ou présentant de faibles pluies (pluies
intermédiaires ≤ 7 mm). Rappelons que 35 à 45 % de la pluie s’évapore et que les pluies
inférieures à 5 mm sont perdues par évaporation endéans 24 h (Bationo et al., 1998). Les
phases de développement pendant lesquelles ont lieu les périodes sèches sont déterminées
selon de Rouw et Rajot (2004) : phase végétative (phase 1), phase reproductive (phase 2) et
phase de remplissage des grains (phase 3).
Notons que la période sèche perturbant la phase végétative est plus longue à Kodey et
que ce site est le seul à endurer une seconde période sèche du 7 au 23 août, en phase
reproductive.
Tableau 5. Détermination des périodes sèches après semis en 2003, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une
période sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)
Site Début Pluies intermédiaires Fin Durée Phase de
Date JAS Date JAS Pluie Date JAS Pluie jours développement
Banizoumbou 10-juil 26 / / / 23-juil 39 30 mm 13 Phase 1
Bagoua 10-juil 26 23-juil 39 6 mm 2-août 49 15 mm 23 Phase 1
Kodey 10-juil 16 2-août 39 7 mm 7-août 44 50 mm 28 Phase 1
Kodey 7-août 44 15-août 52 6 mm 23-août 60 65 mm 16 Phase 2
79
Bagoua a donné lieu à un resemis (excepté dans la strate PA03). Banizoumbou a été semé
plus tard et n’a pas été atteint par cet épisode sec.
Malgré une pluviométrie totale importante (due à une pluie record de 96 mm le 20
juin), Kodey est le seul site à souffrir de périodes sèches durant les trois phases de
développement (Tableau 6).
Tableau 6. Détermination des périodes sèches après semis en 2004, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une
période sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)
Site Début Pluies intermédiaires Fin Durée Phase de
Date JAS Date JAS Pluie Date JAS Pluie jours développement
Bagoua 19-mai * 2-juin * 1,3 mm
6-juin * 2,2 mm 19-juin * 20 mm 31 Resemis le 20 juin
Kodey 21-mai 0 6-juin 16 6 mm 9-juin 19 14 mm 21 Phase 1
Kodey 9-juin 19 / / / 20-juin 30 96 mm 11 Phase 1
Kodey 21-juil 61 / / / 2-août 73 32 mm 12 Phase 2
Kodey 8-août 79 / / / 22-août 93 32 mm 14 Phase 3
* période avant resemis le 20 juin
Tableau 7. Détermination des périodes sèches après semis en 2005, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une
période sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)
Site Début Pluies intermédiaires Fin Durée Phase de
Date JAS Date JAS Pluie Date JAS Pluie jours développement
Banizoumbou 11-juin 6 22-juin 17 4,2 mm 26-juin 21 26,5 mm 15 Phase 1
Banizoumbou 18-juil 43 / / / 31-juil 56 9,1 mm 13 Phase 1 et 2
Banizoumbou 17-août 73 29-août 85 4,4 mm Fin phase 2
30-août 85 2,2 mm 2-sept 89 13 mm 16 et phase 3
Banizoumbou 8-sept 95 20-sept 107 2,3 mm 26-sept 113 18 mm 18 Phase 3
Bagoua 11-juin 7 22-juin 18 5 mm
26-juin 22 2 mm 2-juil 28 7,4 mm 21 Phase 1
Bagoua 18-juil 44 / / / 31-juil 57 45 mm 13 Phase 1 et 2
Bagoua 17-août 74 29-août 86 5 mm
30-août 87 3 mm
2-sept 90 1,1 mm Fin phase 2
6-sept 94 4 mm 8-sept 96 10,5 mm 22 et phase 3
Kodey 11-juin 11 / / / 22-juin 22 10 mm 11 Phase 1
Kodey 17-juil 48 / / / 31-juil 61 28 mm 13 Phase 1 et 2
Kodey 17-août 78 / / / 29-août 90 12 mm 12 Phase 3
80
Pluviométrie cumulée en 2003
600
Banizoumbou
500
Pluviométrie (mm) Bagoua
400 Kodey
300
200
100
in
in
t
pt
il
il
t
ai
ai
ai
ep
oc
-ju
-ju
-ju
-ju
-m
-m
m
se
2-
-s
10
24
1-
12
26
4-
15
29
18
Date
600
Banizoumbou
500
Pluviométrie (mm)
Bagoua
400 Kodey
300
200
100
0
in
in
t
pt
il
il
t
ai
ai
ai
ep
oc
-ju
-ju
-ju
-ju
-m
-m
m
se
2-
-s
10
24
1-
12
26
4-
15
29
18
Date
600
Banizoumbou
500
Pluviométrie (mm)
Bagoua
400 Kodey
300
200
100
0
in
in
t
pt
il
il
t
ai
ai
ai
ep
oc
-ju
-ju
-ju
-ju
-m
-m
m
se
2-
-s
10
24
1-
12
26
4-
15
29
18
Date
81
1.4. Pluviométrie utile et durée du cycle cultural
600
Pluviométrie utile
500
400 2003
(mm)
300 2004
200 2005
100
0
Banizoumbou Bagoua Kodey
Site
La durée du cycle cultural est définie par le nombre de jours entre le semis et la récolte
(Tableau 4). Les cycles culturaux sont plus longs en 2003 sauf à Banizoumbou où le cycle
cultural est plus long en 2005 (Figure 27).
140
Cycle cultural (jours)
120
100
2003
80
2004
60
2005
40
20
0
Banizoumbou Bagoua Kodey
Site
L’évolution de l’eau utile disponible par site et saison culturale est présentée dans les
Figure 28 et Figure 29. Rappelons que l’eau utile disponible (EU) a été calculée en
soustrayant les teneurs en eau critiques aux teneurs en eau mesurées. L’EU est calculée sur la
couche de sol allant de la surface à la profondeur d’enracinement maximale (1,50 m). Avant
que les racines n’atteignent cette profondeur, l’EU pour la plante peut être inférieure à celle
calculée si l’avancement du front d’humectation dépasse la vitesse de croissance des racines
82
(Sivakumar et Salaam, 1999). Le taux de croissance des racines peut être estimé à 0,02 m
jour-1 (Rockström et de Rouw, 1997, cités par Bielders et al., 2004), la profondeur
d’enracinement maximale serait donc atteinte à partir de 75 JAS. D’autre part, notons que les
mesures de profils de teneur en eau ont été effectuées à plus de 15 jours d’intervalle en 2004 à
Bagoua et à Kodey, les périodes de stress hydriques ne pourront pas être cernées avec
précision.
En 2004, les graphes (Figure 28) indiquent que les valeurs d’EU sont globalement très
faibles (entre 0 et 16 mm pour un profil de 1,50 m) et que la réhumectation du sol après une
pluie est extrêmement faible par rapport à 2005 (Figure 29). La courbe de calibration utilisée
pour obtenir les teneurs en eau du sol à partir des comptages effectués par la sonde pourrait
comporter des erreurs. En conséquence, les courbes d’eau utile en 2004 ne seront analysées
que de manière qualitative.
En 2004, nous observons que l’EU moyenne à Banizoumbou chute à 15 et 47 JAS ;
nous ne considérons pas ces deux dates comme des périodes de stress hydrique car la
pluviométrie est régulière. Dans ce champ, la strate PA04 possède la plus faible EUD et les
strates PA02 et NF les valeurs les plus élevées. Ceci s’explique par le fait que l’apport de
fumier récent favorise le développement racinaire (Michels et Bielders, 2006) et permet une
croissance initiale des feuilles plus rapide, ce qui accroît fortement la perte en eau par
transpiration (Bationo et al., 1998 ; Shapiro et Sanders, 1997). A Bagoua, l’EU est nulle à 39
et 77 JAS. L’EU reste très faible entre ces deux dates, signe que Bagoua subit une période
sèche (à 39 JAS, la profondeur d’enracinement est de 0,78 m) que l’analyse de la
pluviométrie n’avait pas permis de déceler (Figure 25). Cette période sèche supplémentaire
est indiquée dans le Tableau 8. A Kodey, les 3ème et 4ème périodes sèches déterminées par
l’analyse de la distribution des pluies (Tableau 6) concordent avec l’évolution de l’EU, les
deux premières périodes sèches ayant lieu avant le début des mesures de teneur en eau. Une
première chute de l’EU a lieu à 57 JAS et une période où l’EU reste constante à moins d’un
mm en moyenne est marquée entre 77 et 95 JAS.
En 2005 à Banizoumbou, les 4 périodes sèches déterminées par l’analyse de la
distribution des pluies (Tableau 7) trouvent leur pendant en baisses de l’EU. A Bagoua, nous
relevons deux périodes critiques en terme d’EU, à 56 JAS (2 mm) et à 83 JAS (8 mm)
correspondant aux deux dernières périodes sèches. La première période sèche déterminée (7 à
28 JAS) correspond cependant à une remontée de l’EU. A Kodey, nous observons 4 baisses
de l’EU, la dernière ayant lieu après la récolte. L’EU moyenne ne descend jamais sous 10
mm.
83
120 18
20
18 Banizoumbou 2004 16
16 100
Date 0 0
1 16 31 46 61 76 91
NF FT04 PA04 PA02 PA03 Tem ps (JAS)
120 18
20
18 Bagoua 2004 16
16 100
14
14
Eau utile (mm)
0 4
20
2
Date 0 0
1 16 31 46 61 76 91
NF FT04 PA04 PA02 PA03 Tem ps (JAS)
20 120 18
18 Kodey 2004 16
16 100
14 14
Eau utile (mm)
12 80 12
10
8 10
(mm)
60
6 8
4
2 40 6
0 4
20
2
Date 0 0
1 16 31 46 61 76 91 106
NF FT04 PA04 PA02 PA03 Tem ps (JAS)
Figure 28. Eau utile par strate et par site (à gauche) et comparaison entre pluviométrie cumulée
(histogramme) sur la période entre deux mesures de sonde à neutron et eau utile (♦) moyenne par site (à
droite) en 2004
84
120 45
55
50 Banizoumbou 2005 40
45 100
Date 0 0
1 16 31 46 61 76 91 106 121
NF FT05 PA05 PA03 PA04 Tem ps (JAS)
120 45
55
50 Bagoua 2005 40
45 100
10 40 15
5
0 10
20
5
0 0
Date
1 16 31 46 61 76 91 106
NF FT05 PA05 PA03 PA04 Tem ps (JAS)
120 45
55
50 Kodey 2005 40
45 100
Pluviométrie cumulée (mm)
40 35
Eau utile (mm)
35
80 30
30
25 25
20 60
20
15
10 40 15
5
0 10
20
5
Date 0 0
1 16 31 46 61 76 91 106
NF FT05 PA05 PA03 PA04 Tem ps (JAS)
Figure 29. Eau utile par strate et par site (à gauche) et comparaison entre pluviométrie cumulée
(histogramme) sur la période entre deux mesures de sonde à neutron et eau utile (♦) moyenne par site (à
droite) en 2005
85
3. Propriétés physico-chimiques des sols
Tableau 9. Résultats des analyses chimiques des sols (échantillons prélevés le 2 juin 2003)
Bagoua Banizoumbou Kodey
Variable Profondeur Moyenne Ecart-type Moyenne Ecart-type Moyenne Ecart-type
pH H2O 0-10cm 5,5 0,1 5,8 0,1 5,5 0,1
(1:2,5) 10-20cm 5 0,1 5,2 0,1 5,1 0,1
20-40cm 4,9 0 4,8 0,1 4,8 0,1
pH KCl 0-10cm 4,9 0,1 5,2 0,1 5,0 0,1
(1:2,5) 10-20cm 4,2 0,0 4,4 0,1 4,5 0,1
20-40cm 4,0 0,0 4,1 0,0 4,2 0,0
+
H 0-10cm 0,06 0,01 0,06 0,01 0,06 0,01
-1
(cmol+ kg ) 10-20cm 0,14 0,01 0,13 0,01 0,13 0,01
20-40cm 0,19 0,01 0,2 0,01 0,17 0,01
3+
Al 0-10cm 0,02 0,01 0 0,00 0,01 0,00
-1
(cmol+ kg ) 10-20cm 0,19 0,02 0,12 0,02 0,16 0,03
20-40cm 0,37 0,02 0,3 0,01 0,26 0,02
Corg 0-10cm 0,21 0,01 0,18 0,01 0,16 0,01
(%) 10-20cm 0,15 0,00 0,14 0,00 0,12 0,00
20-40cm 0,13 0,00 0,12 0,00 0,10 0,00
Total-N 0-10cm 193,91 9,57 185,2 11,00 159,66 8,62
-1
(mg N kg ) 10-20cm 144,27 3,64 155,03 5,59 127,78 4,15
20-40cm 123,86 1,52 132,87 2,58 116,83 3,27
P-Bray 0-10cm 6,36 0,27 4,24 0,21 4,7 0,65
-1
(mg P kg ) 10-20cm 3,45 0,12 2,67 0,14 2,57 0,09
20-40cm 2,44 0,08 1,99 0,11 2,13 0,05
CEC 0-10cm 1,38 0,14 1,23 0,11 1,54 0,09
-1
(cmol+ kg ) 10-20cm 1,38 0,16 1,2 0,09 1,39 0,07
20-40cm 1,48 0,15 1,05 0,08 1,39 0,12
+ 3+
H + Al /CEC 0-10cm 7 . 6 . 7 .
(%) 10-20cm 28 . 23 . 24 .
20-40cm 44 . 49 . 35 .
Les résultats des analyses chimiques initiales des sols sont présentés dans le Tableau 9.
Le pH-H20 est compris entre 4,8 et 5,8, le sol devient plus acide en profondeur. Le sol est
légèrement moins acide à Banizoumbou que dans les deux autres sites. La concentration en
H+ est semblable dans les trois sites : elle varie entre 0,12 et 0,13 cmol+ kg-1 et augmente avec
la profondeur d’échantillonnage. Dans ces sols acides, Al3+ est présent sur le complexe
d’échange. La concentration en Al3+ augmente lorsque que le pH diminue ; elle atteint 0,37
cmol+ kg-1 à Bagoua, 0,30 cmol+ kg-1 à Banizoumbou et 0,26 cmol+ kg-1 à Kodey dans
l’échantillon le plus profond (20-40 cm). Les teneurs en Corg (< 0,2 %) et en azote total
(compris en moyenne entre 135 mg N kg-1 à Kodey et 158 mg N kg-1 à Banizoumbou) sont
très faibles et diminuent avec la profondeur. La teneur en Corg est en moyenne la plus élevée à
Bagoua et la plus faible à Kodey. Le rapport C/N du sol est proche de 10 dans les trois sites.
Les teneurs en P disponible sont comprises entre 6 mg P kg-1 à Bagoua (0-10 cm) et 2 mg P
kg-1 à Banizoumbou (20-40 cm). Ces faibles teneurs en P disponible peuvent limiter les
rendements : 8 mg P kg-1 sont nécessaires pour atteindre 90 % des rendements potentiels en
86
mil (Bationo et Mokwunye, 1991, cités par Muehlig-Versen et al., 2003). Enfin, la CEC est
également très faible : elle vaut en moyenne 1,4 cmol+ kg-1 à Bagoua et à Kodey et 1,2 cmol+
kg-1 à Banizoumbou. La CEC varie peu avec la profondeur tandis que la part de l’acidité
d’échange (H+ et Al3+) dans la CEC augmente avec la profondeur, à mesure que le Corg et le
pH diminuent.
Les sols des 3 champs présentent des caractéristiques chimiques peu différentes.
Soulignons cependant que Corg, N total et P disponible dans l’échantillon de surface sont plus
élevés à Bagoua, site qui nous paraît chimiquement légèrement avantagé par rapport aux
autres. La teneur en P disponible relativement élevée dans l’échantillon de surface (0-10 cm)
conforte l’idée que le champ de Bagoua ait bénéficié d'une fertilisation (parcages) antérieure
à l’installation de l’essai, ce qui a été confirmé par le propriétaire du champ.
Les résultats de l’analyse texturale effectuée sur des échantillons prélevés avant
l’installation de l’essai en 2003 sont présentés dans le Tableau 10. Les sols sont très sableux
(> 90 % de sable) et présentent des conductivités hydrauliques à saturation (Ko) élevées. Le
champ de Banizoumbou montre une teneur moyenne plus élevée en argile et en limon.
D’autre part, Kodey présente une teneur en argile légèrement plus élevée que Bagoua.
87
10
2
0 15 30 45 60 75 90 105 120 135 150 165 180 195 210
Profondeur (cm )
Les parcages et le transport de fumier effectués en 2003, ainsi que les parcages des
années antérieures ont été exécutés par les paysans sans qu’aucune mesure de la quantité de
fumier distribuée dans les parcelles n’ait été effectuée. Les résultats sont donc difficilement
comparables avec ceux des années suivantes. Les mesures de matière organique (MO)
résiduelle au sol dans les strates FT03 et PA03 effectuées en 2004 peuvent cependant donner
une indication des sites où la quantité de fumier apporté en 2003 était particulièrement élevée.
La MOF résiduelle mesurée en 2004 à Kodey dans la strate PA03 semble indiquer que la dose
de fumier apportée dans cette strate en 2003 aie été plus élevée que dans les autres villages ou
que le fumier s’y est moins décomposé (Figure 31).
Bien qu’en quantité très faible, on observe que la strate non fumée à Bagoua contient
de la matière organique d’origine fécale (MOF) (Figure 31). Cela est expliqué par
l’historique du champ où l’essai a été installé, la MOF récoltée dans le placeau résultant de
parcages effectués par l’agriculteur avant l’installation de l’essai. Notons que les quantités de
MOF résiduelle mesurées à Bagoua sont nettement inférieures dans la strate PA04 et
nettement supérieures dans la strate FT04 par rapport aux autres villages. Dans ces deux
strates de fertilité organique, la MOF est plus importante à Banizoumbou qu’à Kodey.
La disparition rapide de la MOF après la 1ère année de parcage est bien visible au
champ mais les données des apports des années antérieures ne sont pas disponibles pour la
quantifier.
88
Les grandes variations entre sites peuvent être dues au fait que la prise des échantillons
est intervenue après une durée variable après la fin du parcage (celui-ci a eu lieu en janvier,
février, mars, l’échantillonnage en mai-juin). D’autre part, il existe vraisemblablement des
différences en terme de quantité et de qualité de MO appliquée par les paysans des différents
villages.
Les résidus de matière organique d’origine végétale (MOV) sont particulièrement
importants à Banizoumbou dans les strates FT03 et FT04 (Figure 32).
7000
Banizoumbou
6000
Bagoua
Kodey
5000
MOF (kg/ha)
4000
3000
2000
1000
0
FT03
FT04
PA02
PA03
PA04
NF
Strate
Figure 31. Apports résiduels en matière organique fécale (MOF) (kg ha-1) en 2004
8000
7000 Banizoumbou
Bagoua
6000
Kodey
MOV (kg/ha)
5000
4000
3000
2000
1000
0
FT03
FT04
PA02
PA03
PA04
NF
Strate
Figure 32. Apports résiduels en matière organique végétale (MOV) (kg ha-1) en 2004
Etant donné les mesures d’apports résiduels très différentes entre sites et strates en
2004, les chercheurs ont effectué une application contrôle de 180 kg fumier par parcelle à
Kodey uniquement dans les strates FT05 et PA05. Nous remarquons néanmoins que les
89
différences en MOF entre PA05 et FT05 sont très importantes (Figure 33). Lors de la mesure
au placeau environ 3 mois après application du fumier, uniquement 26 % des 18000 kg fumier
ha-1 initiaux subsistent en PA05 et seulement 3 % en FT05.
Les quantités de MOF mesurées pour estimer les apports de fumier fournis par le
parcage et le fumier transporté de 2005 sont très semblables dans les trois villages. La strate
PA05 enregistre les maxima dans chaque site.
Notons la disparition élevée de MOF en PA04 et FT04 par rapport aux quantités
mesurées en 2004 (Tableau 11), la disparition de fumier dans les strates plus anciennes (PA03
et FT03) étant en général plus faible (excepté à Bagoua dans la strate PA04). Ceci reflète que
les taux de décomposition du fumier diminuent avec le temps : les composants restants sont
plus difficiles à minéraliser (de Rouw et Rajot, 2004).
L’enrichissement en fumier enregistré à Banizoumbou dans la strate FT03 (+34 kg ha-
1
) peut s’expliquer par la variabilité spatiale de la distribution du fumier au champ ou par le
passage d’un troupeau sur le champ après la saison culturale 2004.
Les quantités de MOF mesurées en 2005 sont globalement inférieures ou similaires à
celles mesurées dans les strates de même âge en 2004 (Figure 31 et Figure 33), excepté à
Bagoua pour le parcage et à Kodey pour le fumier transporté où les quantités sont nettement
plus importantes en 2005 qu’en 2004.
Les résidus de matière organique d’origine végétale sont particulièrement importants à
Banizoumbou dans les strates FT04 et FT05 (Figure 34).
Tableau 11. Disparition de matière organique fécale (MOF) entre 2004 et 2005
(en kg ha-1 de MOF mesurée en 2004)
Banizoumbou Bagoua Kodey
-1 -1 -1
Strate kg ha kg ha kg ha
NF 0 -76 0
FT04 -615 -4716 -203
FT03 34 -176 -95
PA04 -5020 -669 -4932
PA03 -525 -552 -1298
7000
6000 Banizoumbou
Bagoua
5000
Kodey
MOF (kg/ha)
4000
3000
2000
1000
0
FT03
FT04
FT05
NF
PA03
PA04
PA05
Strate
Figure 33. Apports résiduels en matière organique fécale (MOF) (kg ha-1) en 2005
90
8000
Banizoumbou
7000
Bagoua
6000 Kodey
MOV (kg/ha) 5000
4000
3000
2000
1000
0 FT03
FT04
FT05
NF
PA03
PA04
PA05
Strate
Figure 34. Apports résiduels en matière organique végétale (MOV) (kg ha-1) en 2005
Les tableaux de corrélations complets sont repris en Annexe 6. Les tableaux simplifiés
sont repris ci-dessous (Tableau 12).
Détaillons les corrélations significatives sur tous les sites. Les corrélations positives
entre rendement en grain et rendement en paille ainsi qu’entre rendement en grain et
poids des grains par épi se marquent tous les ans et dans tous les sites. En 2004, le
rendement en grain est corrélé au taux de survie à la récolte et est inversement corrélé au
nombre de poquets végétatifs par parcelle. Le taux de survie à la récolte est inversement
corrélé au nombre de poquets végétatifs dans tous les sites en 2004 et à Banizoumbou et à
Kodey en 2005.
D’après de Rouw et Rajot (2004), le rendement en grain reflète la combinaison de la
densité de semis des plants et des composants de rendement (taux de survie à la récolte,
nombre d’épis par poquet et poids des grains par épis). Notre analyse des corrélations tous
sites confondus a uniquement permis de mettre en évidence le rôle du poids des grains par épi
tous les ans et celui du taux de survie à la récolte en 2004.
L’analyse des corrélations par site permet d’ajouter que les rendements en grain dépendent
également du nombre d’épis par poquets à Banizoumbou et à Bagoua en 2003, qu’ils
dépendent du nombre d’épis par poquet et du taux de survie à Banizoumbou en 2004 et du
nombre d’épis par poquet à Banizoumbou uniquement en 2005.
91
Tableau 12. Coefficients de corrélation de Spearman supérieurs à |0,5| et à |0,7| (en gris) en 2003, 2004 et 2005
Rendement Rendement Indice de Poids des Epis Talles Survie à Survie au Poquets
2003 paille grain récolte grains épi
-1
poquet
-1*
poquet
-1
la récolte* démariage Végétatifs*
Rendement grain Bz, Bg, Kd, all
Indice de récolte Bg - n.s.
-1
Poids des grains épi / Bz, Bg, Kd, all n.s.
-1*
Epis poquet / Bz, Bg n.s. n.s.
-1
Talles poquet Bz / n.s. n.s. Bz, Bg
Survie à la récolte* n.s. n.s. n.s. n.s. Bg - n.s.
Survie au démariage n.s. n.s. n.s. n.s. Bg - Bg - Bz, Bg
Poquets végétatifs* / n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
Poquets non matures* / n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. Bz, Bg
Rendement Rendement Indice de Poids des Epis Talles Survie à Survie au Poquets Poquets
2004 paille grain récolte grains épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
la récolte démariage végétatifs non matures MOV
Rendement grain Bz, Bg, Kd, all
Indice de récolte n.s. Bz
-1
Poids des grains épi / Bg, Kd, all n.s.
-1
Epis poquet / Bz n.s. n.s.
-1
Talles poquet Bg / n.s. n.s. n.s.
Survie à la récolte Bz Bz, all Bz n.s. n.s. n.s.
Survie au démariage n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. Bz, Kd
Poquets végétatifs / Bz -, Bg -, all - n.s. n.s. n.s. n.s. Bz -, all - n.s.
Poquets non matures / n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
MOV n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
MOF n.s. Bz n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. Bg - n.s. n.s. Bg
Rendement Rendement Indice de Poids des Epis Talles Survie à Survie au Poquets Poquets
2005 paille grain récolte grains épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
la récolte démariage végétatifs non matures MOV
Rendement grain Bz, Bg, Kd, all
Indice de récolte n.s. n.s.
-1
Poids des grains épi / Bz, Bg, all n.s.
-1
Epis poquet / Bz n.s. n.s.
-1
Talles poquet n.s. / n.s. n.s. n.s.
Survie à la récolte n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
Survie au démariage n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
Poquets végétatifs / n.s. n.s. n.s. Bz - n.s. Bz -, Kd - n.s.
Poquets non matures / n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. all
MOV n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
MOF n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
Bz = Banizoumbou ; Bg = Bagoua ; Kd = Kodey ; All = analyse tous sites confondus. Le signe (-) indique l’existence d’une corrélation négative, (n.s.) indique que le coefficient de Spearman est inférieur à |0,5| et (/)
indique que la corrélation n’a pas été calculée. *Ces variables n’ont pas pu faire l’objet de corrélations à Kodey (Kd) ni tous sites confondus (All).
93
Remarques préliminaires importantes
94
6. Analyse des rendements en mil en 2003
Effet du site
L’effet du site est significatif (p < 0,0001) et le taux de survie au démariage est de 90
% à Banizoumbou, 84 % à Kodey et 73 % à Bagoua (s.e.d. = 1,4 %). Le taux plus élevé à
Banizoumbou peut s’expliquer par le fait que la période sèche perturbant la phase végétative
(phase 1) y soit levée avant Kodey et Bagoua (Tableau 5).
Le taux de survie à la récolte est proche de celui mesuré au démariage, il est plus élevé
à Banizoumbou (87 %) qu’à Bagoua (73 %) (non mesuré à Kodey) (p < 0,0001).
Tableau 13. Taux de survie au démariage et à la récolte en fonction des strates de fertilité (2003)
Taux de survie Taux de survie
Strate
au démariage (%) à la récolte (%)*
FT03 81 73
NF 84 78
PA01 77 78
PA02 84 86
PA03 85 85
s.e.d. 1,8 2,6
p-valeur 0,0002 <,0001
*Moyenne calculée à Bagoua et Banizoumbou uniquement
95
Effet de la variété
Les taux de survie au démariage sont influencés (p > 0,0001) par la variété de la façon
suivante : variété ICMV (85 %) > variété Zatib (84 %) > variété locale (77 %) (s.e.d. = 1,4
%). L’interaction site × variété significative pour le taux de survie au démariage (p = 0,0034)
reflète qu’à Bagoua et à Banizoumbou la variété Zatib obtient un taux de survie clairement
inférieur à celui de la variété ICMV.
L’effet de la variété est non significatif sur le taux de survie à la récolte, qui atteint en
moyenne 80 %.
Interactions
Concernant le taux de survie au démariage, l’interaction strate × variété est
significative (p = 0,0071). Dans la strate PA01, nous constatons que, contrairement à l’effet
moyen, la variété Zatib obtient un taux de survie au démariage inférieur à celui de la variété
ICMV et similaire à celui de la variété locale (Figure 35). Aucune interaction significative
n’est relevée pour le taux de survie à la récolte.
Figure 35. Graphe « boxplot$ » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x variété
$
Les graphes « boxplot » indiquent la médiane - , la moyenne ⊕ et la dispersion autour de la médiane (le
rectangle comprend 50 % des observations et les moustaches inférieures et supérieures comprennent les premiers
et les derniers 25 % tandis que les * représentent les valeurs extrêmes).
Effet du site
Les différences sont bien marquées en ce qui concerne le rendement en paille :
Banizoumbou produit 2676 kg ha-1, Bagoua 2042 kg ha-1 et Kodey 956 kg ha-1 (s.e.d. = 104,4
kg ha-1). Les plus faibles rendements à Kodey s’expliquent vraisemblablement par la plus
faible pluviométrie utile sur ce site. Notons que Banizoumbou présente un grand nombre
d’outliers (valeurs extrêmes).
96
Effet de la strate de fertilité
Les pratiques de fertilisation organique permettent d’augmenter les rendements par
rapport aux parcelles non fumées (p < 0,0001). Le rendement moyen en paille atteint ainsi
3187 kg ha-1 pour la strate PA03, entre 1760 et 1820 kg ha-1 pour PA02, PA01 et FT03 et 890
kg ha-1 en moyenne pour les parcelles n’ayant pas été fumées (s.e.d. = 134,8 kg ha-1). Notons
la grande dispersion des valeurs de rendement dans la strate PA03 comparé aux autres strates
(graphe boxplot non présenté). La plus grande hétérogénéité des rendements provient sans
doute du fait que la technique du parcage laisse les animaux distribuer eux-mêmes leur fumier
aléatoirement dans la parcelle délimitée. Remarquons que les rendements obtenus en FT03,
PA01 et PA02 ne diffèrent pas significativement les uns des autres.
6000
5000
Rendement (kg/ha)
NF
4000 PA01
PA02
3000
PA03
2000 FT03
1000
0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site
Figure 36. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2003)
(barres d’erreur = s.e.d. pour la comparaison des différentes strates à l’intérieur d’un site)
L’interaction strate × site est significative (p < 0,0001). Excepté pour le parcage
réalisé en 2003, les rendements de Banizoumbou et Bagoua sont assez proches et plus élevés
que ceux de Kodey, au niveau de chaque strate de fertilité (Figure 36). Ceci reflète les
quantités la pluviométrie utile dans chaque site.
Les rendements en paille des strates non fumées atteignent 1081 kg ha-1 à Bagoua,
1076 kg ha-1 à Banizoumbou et 513 kg ha-1 à Kodey (Figure 36). Bien que la différence entre
Bagoua et Banizoumbou soit sans doute peu significative (non démontré), le fait que ces sites
obtiennent des rendements plus élevés qu’à Kodey reflète que la pluviométrie utile soit la plus
importante à Banizoumbou et que la strate non fumée à Bagoua bénéficie de l’effet de
parcages antérieurs à la mise en place de l’essai.
Le PA03 à Banizoumbou donne des rendements très élevés (5534 kg ha-1) en
comparaison à Bagoua (2979 kg ha-1) et à Kodey (1050 kg ha-1). Ceci est peut-être le reflet
d’une plus grande quantité de MOF apportée en surface par le parcage, bien que la quantité
résiduelle de MOF mesurée en 2004 soit identique pour Banizoumbou et Bagoua et dépassés
par ceux de Kodey (Figure 31).
A Kodey uniquement, le transport de fumier donne de meilleurs rendements en paille
(1427 kg ha-1) que le parcage de l’année (1050 kg ha-1). Ceci pourrait indiquer que les
97
quantités de fumier apportées par le transport de fumier aient été plus importantes que par le
parcage ou que la qualité du fumier transporté aie été particulièrement élevée.
Effet de la variété
Concernant les rendements en paille, la variété locale (2208 kg ha-1) l’emporte
clairement sur les autres variétés (p < 0,0001)(s.e.d = 104,4 kg ha-1). La variété Zatib et la
variété ICMV montrent des rendements non statistiquement différents (1743 et 1723 kg ha-1
respectivement).
Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.
Effet du site
L’effet du site sur le nombre de talles par poquets est significatif (p < 0,0001). Le
nombre moyen de talles par poquet est plus élevé à Bagoua (3,45) et Banizoumbou (3,42)
qu’à Kodey (2,75) (s.e.d. = 0,113). Le nombre d’épis par poquet est légèrement plus élevé à
Banizoumbou qu’à Bagoua mais cette différence n’est pas significative (il n’a pas été calculé
à Kodey).
Tableau 14. Nombre d’épis poquet-1 et nombre de talles poquet-1 par niveau de fertilisation (2003)
Nombre d'épis Nombre de talles
-1 -1
Fertilisation poquet poquet
DAP 2,97 3,34
DAP + urée 2,94 3,25
Témoin 2,65 3,02
s.e.d. 0,112 0,113
p-valeur 0,0072 0,0151
98
Effet de la variété
L’effet de la variété n’est significatif que sur le nombre de talles par poquet (p <
0,0001). La variété locale possède un nombre de talles par poquet plus élevé (3,5) que ceux de
Zatib (3,0) et ICMV (3,2) qui ne diffèrent pas significativement (s.e.d. = 0,113).
Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.
Effet du site
Le poids moyen des grains par épi est plus élevé à Bagoua (35,4 g) qu’à Banizoumbou
(30,7 g) et à Kodey (26,4 g) (effet du site significatif à p < 0,0001)(s.e.d. = 0,90 g). Rappelons
que le poids des grains par épi est le produit du nombre de grains par épi, élaboré durant la
phase reproductrice, et du poids moyen d’un grain, qui dépend de la phase de remplissage des
grains (de Rouw et Rajot, 2004). Le poids des grains par épi faible à Kodey reflète le fait que
ce site est le seul à avoir subi une période sèche en phase reproductive (Tableau 5).
Effet de la variété
L’effet de la variété est significatif (p < 0,0001) sur le poids des grains par épi. Les
poids des grains par épi les plus élevés sont notés pour la variété locale (33,5 g), suivie de la
variété ICMV (30,4 g) et de la variété Zatib (28,7 g) (s.e.d. = 0,90 g).
Le poids des grains par épi est influencé significativement par la variété à Bagoua et à
Banizoumbou mais pas à Kodey.
Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.
99
6.5. Rendements en grain
Effet du site
L’effet du site est significatif (p < 0,0001). Banizoumbou obtient le meilleur
rendement moyen en grain (813 kg ha-1) tandis que Bagoua produit 693 kg ha-1 et Kodey 396
kg ha-1 (s.e.d. = 28,8 kg ha-1). Ces résultats reflètent l’impact de la pluviométrie utile et de la
période sèche subie par Kodey en phase reproductive (Tableau 5 et Figure 26). A
Banizoumbou, la conjonction du taux de survie et du nombre élevé d’épis poquet-1 permet
d’atteindre un rendement en grain (et en pailles associées) élevé.
Tableau 15. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2003)
Taux de survie Nombre Poids des grains Rendement en
-1 -1 -1
Strate à la récolte (%) d'épis poquet épi (g) grain (kg ha ) Classement
FT03 73 3,02 31,7 607 4
NF 78 1,97 25,4 332 5
PA01 78 2,89 31,7 637 2
PA02 86 2,47 31,8 623 3
PA03 85 3,9 33,7 971 1
s.e.d. 2,6 0,144 1,17 37,2
p-valeur 0,0002 <,0001 <,0001 <,0001
Les trois paramètres de rendement (Tableau 15) sont plus élevés dans la strate PA03
et plus faibles dans la strate non fumée, expliquant les rendements en grain obtenus. Dans les
strates PA01, PA02 et FT03, le nombre d’épis par poquet compense le taux de survie à la
récolte pour donner des rendements en grain similaires. L’effet de la strate sur les rendements
en grain (p < 0,0001) se marque plus par le nombre d’épis par poquet que par le taux de survie
à la récolte et le poids des grains par épi.
L’interaction strate × site est significative (p < 0,0001). Les rendements en grain des
non fumés sont les plus faibles et montrent la même tendance que les rendements en paille
(424 kg ha-1 à Bagoua, 389 kg ha-1 à Banizoumbou et181 kg ha-1 à Kodey) (Figure 37).
Notons que les rendements à Banizoumbou et à Bagoua sont très semblables, à l’exception
des strates PA03 et PA02.
100
1600
1400
Rendement (kg/ha)
1200 NF
1000 PA01
PA02
800
PA03
600
FT03
400
200
0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site
Figure 37. Rendements en grain par site et par strate de fertilité (2003)
(barres d’erreur = s.e.d. pour la comparaison des différentes strates à l’intérieur d’un site)
La strate PA03 fournit les meilleurs rendements en grain sauf à Kodey où les strates
FT03, PA03 et PA02 donnent des rendements en grain identiques (477 kg ha-1). Les
rendements en grain en PA03 à Banizoumbou (1495 kg ha-1) dépassent ceux de Bagoua (941
kg ha-1). Tout comme nous l’avons remarqué pour les rendements en paille, le rendement en
grain élevé obtenu à Banizoumbou dans la strate PA03 permet au rendement moyen de ce site
de dépasser celui des autres.
Les strates PA02 et FT03 fournissent toujours des rendements similaires.
La strate PA01 à Bagoua donne un rendement en grain supérieur à celui de la strate
PA02 (p = 0,0026), ce qui provient d’un nombre d’épis par poquet et d’un taux de survie à la
récolte également plus élevés en PA01 qu’en PA02. Ceci pourrait être attribué à une quantité
de fumier supérieure ou de meilleure qualité appliquée en 2001. A Kodey, le rendement en
grain de la strate PA02 est significativement plus élevé que celui de la strate PA01 tandis que
cette différence n’est pas significative à Banizoumbou.
A Bagoua dans la strate FT03, le faible taux de survie à la récolte (58 %) n’est que
partiellement compensé par le nombre d’épis par poquet (3,4), et le rendement en grain
obtenu y est inférieur à celui de PA01. Il faut aussi remarquer que le poids des grains par épi y
est plus faible en FT03 qu’en PA01 (Tableau 7-2 en Annexe 7).
Tableau 16. Paramètres de rendement et rendement en grain moyens par niveau de fertilisation (2003)
Niveau de Taux de survie Nombre Poids des Rendement en
-1 -1 -1
fertilisation à la récolte (%) d'épis poquet grains épi (g) grain (kg ha )
DAP 79 2,97 31,2 654
DAP + urée 80 2,94 31,0 665
Témoin 81 2,65 30,3 583
s.e.d. 2,0 0,112 0,90 28,8
p-valeur n.s. 0,0072 n.s. 0,0098
101
Effet de la variété
L’effet de la variété est significatif sur les rendements en grains (p = 0,0038). La
séquence est la suivante : ICMV (673 kg ha-1) > Local (650 kg ha-1) > Zatib (579 kg ha-1)
(s.e.d. = 28,8 kg ha-1). La comparaison des rendements moyens entre variétés locale et ICMV
n’est pas significative.
Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.
Effet de la variété
L’effet des variétés améliorées sur l’indice de récolte apparaît clairement (p < 0,0001).
Les indices de récolte moyens pour les variétés ICMV (26,9 %) et Zatib (23,5 %) dépassent
celui de la variété locale (21,1 %) (s.e.d. = 0,54 %).
L’interaction site × variété (p = 0,0005) trahit le fait qu’à Banizoumbou l’indice de
récolte de la variété Zatib ne diffère pas de celui de la variété locale.
Les effets autres que concernant la variété n’ont pas été analysés.
Effet du site
Le nombre de poquets végétatifs par parcelle est globalement très faible et ne paraît
pas lié au site (0,6 à Bagoua et 0,7 à Banizoumbou). En moyenne, le nombre de poquets non
matures par parcelle est également très faible. Il est plus faible à Bagoua (0,3) qu’à
Banizoumbou (0,6). L’analyse de variance sur ces variables n’a pas été effectuée pour des
raisons de non normalité.
102
Effet de l’engrais chimique
Le Tableau 18 indique que les nombres de poquets végétatifs et non matures sont plus
importants dans les parcelles non traitées par engrais.
Effet de la variété
Les nombres de poquets non matures et végétatifs sont en moyenne très faibles et
légèrement plus faibles pour la variété ICMV que pour les autres variétés (Tableau 18). Ceci
pourrait éventuellement être expliqué par le fait que la variété ICMV est résistante aux
insectes foreurs de tige, qui, s’ils sont présents, peuvent perturber l’initiation de la panicule (et
générer des poquets végétatifs ou non matures). Notons ici que les nombres de poquets
végétatifs et non matures ne peuvent pas être reliés aux nombres de poquets atteints par le
champignon mildiou car ceux-ci sont comptés dans les poquets récoltés ou dans les poquets
non matures en fonction du nombre d’épis atteints et de la sévérité de l’infection.
103
7. Analyse des rendements en mil en 2004
Comme en 2003, remarquons que l’effet du site (excepté pour le nombre d’épis par
poquet), l’effet de la strate de fertilité et l’interaction site × strate sont significatives pour
toutes les variables (Tableau 7-4 en Annexe 7).
Le Tableau 19 compare les variables mesurées par site par rapport à 2003. Nous
remarquons que la valeur de la plupart de ces variables diminue à Banizoumbou ou augmente
très faiblement en comparaison des autres sites. Rappelons que Banizoumbou a été semé
tardivement et que contrairement à 2003 ce site bénéficie de la pluviométrie utile la plus
faible. Kodey profite de la pluviométrie utile la plus élévée.
Tableau 19. Comparaison des variables mesurées par rapport à 2003
Site 2004 (% 2003) Différence (%)
Rendement Bagoua 73,2 -26,8
en paille Banizoumbou 27,7 -72,3
Kodey 161,0 61,0
Rendement Bagoua 115,8 15,8
en grain Banizoumbou 70,3 -29,7
Kodey 165,3 65,3
Indice de Bagoua 129,2 29,2
récolte Bani 155,6 55,6
Kodey 103,0 3,0
Poids Bagoua 106,6 6,6
-1
grains épi Banizoumbou 95,8 -4,2
Kodey 131,3 31,3
Nombre Bagoua 109,9 9,9
-1
d'épis poquet Banizoumbou 102,4 2,4
Kodey / /
Nombre de Bagoua 110,7 10,7
-1
talles poquet Banizoumbou 102,9 2,9
Kodey 166,1 66,1
Taux de survie Bagoua 96,8 -3,2
à la récolte Banizoumbou 67,8 -32,2
Kodey / /
Taux de survie Bagoua 120,3 20,3
au démariage Banizoumbou 102,5 2,5
Kodey 87,3 -12,7
Effet de l’année significatif à p < 0,0001 pour chaque variable
Effet du site
Le taux de survie moyen au démariage est différent selon les sites (p < 0,001). Il vaut
73,0 % à Kodey, 88,0 % à Bagoua et 92,1 % à Banizoumbou (s.e.d. = 1,2 %). Il reflète les
périodes sèches subies après le semis à Kodey et dans la strate PA03 à Bagoua (seule strate
non ressemée). Le taux de survie au démariage est supérieur à celui de 2003 excepté à Kodey
(Tableau 19).
L’effet du site est significatif sur le taux de survie à la récolte (p < 0,0001). Le taux de
survie moyen vaut 70,5 % à Bagoua, 63,9 % à Kodey et 59,4 % à Banizoumbou (s.e.d. = 1,7
%).
104
Notons que par rapport au taux de survie au démariage, le taux de survie à la récolte
représente une baisse de 9,1 % à Kodey, 17,5 % à Bagoua et 32,3 % à Banizoumbou. La
différence entre taux de survie au démariage et à la récolte est liée à la pluviométrie utile, plus
faible à Banizoumbou. Dans ce site, le taux de survie à la récolte a diminué de plus de 30 %
par rapport à 2003 (Tableau 19).
Tableau 20. Taux de survie au démariage et à la récolte par niveau de fertilisation (2004)
Taux de survie Taux de survie
Fertilisation au démariage (%) à la récolte (%)
DAP 82 67
DAP + urée 83 67
Témoin 88 59
s.e.d. 1,2 1,7
p-valeur < 0,0001 < 0,0001
105
L’effet de l’engrais chimique sur le taux de survie au démariage n’est pas significatif à
Bagoua ni à Banizoumbou et l’effet sur le taux de survie à la récolte n’est pas significatif à
Bagoua.
L’interaction site × fertilisation est significative (p < 0,0001) pour les deux taux de
survie. A Banizoumbou et à Bagoua, le taux de survie au démariage ne diffère pas entre les
parcelles témoins et les parcelles où l’engrais a été appliqué. Contrairement à Kodey, ces sites
ont été semés en retard et n’ont, à aucun moment, souffert de périodes sèches qui auraient pu
brûler les plantules où l’engrais a été appliqué. Le taux de survie à la récolte est partout plus
faible pour les parcelles non fertilisées, excepté à Kodey où les témoins montrent des taux de
survie de 69 % contre 63 % et 60 % pour DAP et DAP + urée, respectivement. Dans ce site,
les taux de survie à la récolte reflètent les taux de survie au démariage.
Effet de la variété
Comme en 2003, les taux de survie au démariage est influencé par la variété (p <
0,0001) de la façon suivante : variété ICMV (88 %) = variété Zatib (86 %) > variété locale
(79 %) (s.e.d. = 1,2 %).
Contrairement à 2003, l’effet de la variété est significatif sur le taux de survie à la
récolte (p < 0,0001). Le taux de survie à la récolte vaut 72, 67 et 54 % pour les variétés
ICMV, Zatib et locale, respectivement (s.e.d. = 1,7 %).
L’interaction significative site × variété (p < 0,0001) pour le taux de survie au
démariage reflète le fait que celui-ci ne soit pas différent selon les variétés à Bagoua.
Interactions
Nous relevons l’existence de l’interaction strate × variété (p = 0,0170) et de
l’interaction triple strate × fertilisation × variété (p = 0,0120) pour le taux de survie au
démariage. La première interaction s’explique par le fait la variété Zatib obtient un meilleur
taux de survie au démariage que la variété ICMV dans les strates FT03 et FT04 (Figure 38).
L’interaction triple est difficile à interpréter, elle est illustrée dans la Figure 39.
Figure 38. Graphe « boxplot » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x variété
106
Figure 39. Graphe « boxplot » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x
fertilisation x variété
Figure 40. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction strate x
fertilisation
107
7.2. Rendements en paille
Effet du site
L’effet du site est significatif (p < 0,0001). Kodey produit 1539, Bagoua 1494 kg ha-1
et Banizoumbou 742 kg ha-1 seulement (s.e.d. = 53,2 kg ha-1). La différence entre Bagoua et
Kodey n’est pas significative. Par rapport à 2003, on note une diminution du rendement en
paille de 27 % à Bagoua et de 73 % à Banizoumbou. Les rendements en paille augmentent de
61 % à Kodey par rapport à l’année précédente (Tableau 19). Ces résultats reflètent l’impact
de la pluviométrie utile particulièrement importante à Kodey et la plus faible à Banizoumbou
en 2004 (Figure 26).
2500
NF
2000
Rendement (kg/ha)
PA02
1500 PA03
PA04
1000
FT03
500 FT04
0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site
Figure 41. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2004)
(barres d’erreur = s.e.d. pour la comparaison des différentes strates à l’intérieur d’un site)
108
L’interaction site × strate est significative (p < 0,0001). L’analyse des rendements en
paille par site (Figure 41) permet de mettre en évidence que les meilleurs rendements en paille
sont obtenus dans les strates FT03 (2079 kg ha-1) et PA04 (1981 kg ha-1) à Kodey. Le
rendement en paille des strates NF sont les plus faibles, ils valent 1001 kg ha-1 à Bagoua, 787
kg ha-1 à Kodey et 262 kg ha-1 à Banizoumbou.
Remarquons que les rendements augmentent selon la séquence NF < PA02 < PA03 <
PA04, excepté à Bagoua où les strates PA03 et PA04 donnent des rendements en paille non
significativement différents.
Au niveau du transport de fumier, les rendements en paille augmentent dans l’ordre
NF < FT03 < FT04, excepté à Kodey où le rendement de la strate FT03 dépasse celui de la
strate FT04. Nous observons que le meilleur rendement en paille de la strate FT04 est obtenu
à Bagoua (1832 kg ha-1) là où la MOF résiduelle mesurée était la plus élevée.
Les rendements des strates fumées dans l’année (FT04 et PA04) ne diffèrent qu’à
Kodey. Remarquons que les rendements de la strate PA04, tout comme la pluviométrie utile,
décroissent dans l’ordre Kodey > Bagoua > Banizoumbou tandis que la MOF résiduelle
décroît dans le sens Banizoumbou > Kodey > Bagoua (Figure 31). L’effet du parcage de
l’année paraît donc conditionné plus par la pluviométrie que par les quantités de fumier
résiduelles mesurées.
L’apport de matière organique végétale au sol (Figure 32) était particulièrement élevé
à Banizoumbou dans la strate FT04, mais on ne remarque pas d’effet sur les rendements en
paille qui y sont les plus faibles pour cette strate. Ceci pourrait éventuellement s’expliquer par
le fait que le rapport C/N du fumier transporté en 2004 (qui comporte une grande part de
déchets végétaux et ménagers) y soit inférieur à celui des autres sites, favorisant ainsi
l’immobilisation de N par les microorganismes. D’autre part, Banizoumbou a bénéficié de la
pluviométrie utile la plus faible.
Effet de la variété
L’effet moyen de la variété est significatif (p = 0,0026) et les rendements en paille sont
les suivants : 1315 kg ha-1 pour la variété ICMV, 1312 kg ha-1 pour la variété locale et 1155
kg ha-1 pour la variété Zatib. La variété locale ne donne pas les meilleurs rendements comme
en 2003, mais la différence de rendement entre variété locale et ICMV n’est pas significative
(s.e.d. = 53,2 kg ha-1).
L’interaction site × variété (p = 0,0031) s’explique par le fait que contrairement aux
autres sites, la variété locale permet d’obtenir le rendement le plus élevé à Bagoua (1721 kg
ha-1).
109
Interactions
L’interaction strate × fertilisation significative (p = 0,0361) indique que l’effet de
l’engrais chimique n’est pas le même selon les strates de fertilité. La Figure 42 indique que
dans les strates FT04, NF et PA02, le rendement des parcelles traitées par application de DAP
+ urée est inférieur à celui des parcelles traitées par DAP. Cette tendance est inversée dans les
strates PA03 et PA04 (et FT03, dans une moindre mesure). Il semble que l’ajout d’urée ne
montre un effet bénéfique sur le rendement en paille que sur les parcelles ayant bénéficié d’un
apport récent en fumure organique. Il n’y a pas de réponse aux fertilisants azotés sans
correction préalable de la déficience phosphatée (Buerkert et al., 2002) et l’apport de fumier
dans ces strates (PA03 et PA04) a peut-être permis de corriger en partie la déficience en P du
sol que le DAP n’aurait pas permis de corriger. Notons également que dans les strates PA04,
PA03 et FT03, les parcelles témoins obtiennent des rendements similaires à ceux des parcelles
traitées par DAP. La distribution spatiale peu homogène du fumier et l’effet important de
celui-ci sur les rendements pourraient avoir masqué l’effet de l’application d’engrais.
Figure 42. Graphe « boxplot » du rendement en paille (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation
Effet du site
L’effet du site sur le nombre d’épis par poquet n’est pas significatif. L’effet du site se
marque sur le nombre de talles par poquet (p > 0,0001) : il est plus élevé à Kodey (4,6) qu’à
Bagoua (3,8) et à Banizoumbou (3,5) (s.e.d. = 0,12). Notons que le nombre de talles par
poquet augmente de 66 % par rapport à 2003 à Kodey. Le tallage supérieur à Kodey peut être
mis en relation avec les meilleurs rendements en paille obtenus dans ce site. Il pourrait avoir
été favorisé par une pluviométrie utile et une durée de cycle cultural supérieures à celles des
autres sites. Les deux périodes sèches à Kodey pendant la phase végétative n’ont visiblement
pas eu d’impact sur le nombre de talles par poquet.
110
Effet de la strate de fertilité
Contrairement à 2003, le nombre moyen de talles par poquet ne suit pas la même
évolution que les rendements en paille : FT04 > PA03 > PA04 > PA02 > FT03 > NF . Le
nombre moyen d’épis par poquet diminue selon la séquence suivante : PA03 > PA04 > FT04
> FT03 > PA02 > NF (Tableau 21).
Tableau 21. Nombre de talles et d’épis par poquet par strate de fertilité (2004)
Nombre de talles Nombre d'épis
-1 -1
Strate poquet poquet
FT03 3,74 3,02
FT04 4,51 3,08
NF 3,29 2,63
PA02 3,89 2,74
PA03 4,40 3,67
PA04 3,97 3,32
s.e.d. 0,173 0,155
p-valeur < 0,0001 < 0,0001
Tableau 22. Nombre de talles et d’épis par poquet par niveau de fertilisation (2004)
Nombre de talles Nombre d'épis
-1 -1
Fertilisation poquet poquet
DAP 4,02 3,23
DAP + urée 4,09 3,22
Témoin 3,79 2,79
s.e.d. 0,122 0,109
p-valeur 0,00442 0,0002
Effet de la variété
L’effet de la variété sur le nombre de talles par poquet est significatif (p < 0,0001).
Comme en 2003, celui-ci est plus élevé pour la variété locale (4,3) que pour les variétés
améliorées (3,8 pour ICMV et 3,7 pour Zatib, s.e.d. = 0,122). L’interaction site × variété (p <
0,0001) est expliquée par le fait qu’à Banizoumbou le nombre de talles par poquet ne soit pas
différent selon les variétés.
Le nombre d’épis par poquet est plus élevé pour la variété ICMV mais l’effet de la
variété est non significatif.
Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.
111
7.4. Poids des grains par épi
Effet du site
L’effet du site est significatif (p < 0,0001). Le poids des grains par épi est plus faible à
Banizoumbou (29,5 g) qu’à Kodey (34,7 g) et Bagoua (37,7 g)(s.e.d. = 0,85 g). Ce poids
augmente de 7 % à Bagoua et de 31 % à Kodey par rapport à l’année précédente (Tableau 19).
Le fait que le poids des grains soit plus élevé à Bagoua qu’à Kodey malgré que la
pluviométrie utile y soit inférieure pourrait s’expliquer par un mécanisme compensatoire : la
fertilité suffisante du site de Bagoua (parcages antérieurs à l’essai) permet au poids des grains
par épi de compenser partiellement le nombre de talles par poquet (inférieur par rapport à
Kodey). Kodey a connu en outre des périodes sèches dans les 3 phases de développement, y
compris dans la phase de remplissage des grains (Tableau 6).
Effet de la variété
L’effet de la variété se marque sur le poids des grains par épi (p < 0,0001). Comme en
2003, il est plus élevé pour la variété locale (36,2 g) que pour les variétés améliorées (33,1 et
32,7 g pour ICMV et Zatib, respectivement)(s.e.d. = 0,85 g). L’interaction site × variété (p =
0,0003) s’explique par le fait que l’effet de la sur le poids des grains par épi n’est visible qu’à
Bagoua.
112
Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.
Effet du site
L’effet du site est significatif (p < 0,0001). Les rendements en grains montrent une
tendance différente des rendements en paille : Bagoua (802 kg ha-1) produit plus que Kodey
(654 kg ha-1) et Banizoumbou (571 kg ha-1) (s.e.d. = 24,4 kg ha-1).
Rappelons qu’en 2003 les rendements étaient classés de la façon suivante:
Banizoumbou > Bagoua > Kodey. Par rapport à 2003, les rendements en grain augmentent de
16 % à Bagoua et de 65 % à Kodey tandis qu’ils diminuent de 30 % à Banizoumbou (Tableau
19).
Les poids des grains par épi et les taux de survie à la récolte sont plus élevés à Bagoua
que dans les autres sites et expliquent les bons rendements en grain observés.
Tableau 24. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2004)
Taux de survie Nombre d'épis Poids des Rendement
-1 -1 -1
Strate à la récolte (%) poquet grains épi (g) en grain (kg ha ) Classement
FT03 72 3,02 32,2 696 4
FT04 68 3,08 37,1 748 2
NF 47 2,63 26,5 342 6
PA02 59 2,74 34,6 547 5
PA03 60 3,67 35,8 733 3
PA04 80 3,32 37,4 976 1
s.e.d. 2,5 0,155 1,21 34,7
p-valeur <0,0001 <0,0001 <0,0001 <0,0001
113
sites, à l’exception du rendement de la strate FT04 dépassant celui de la strate FT03
uniquement à Banizoumbou.
Les rendements en grain des strates NF sont systématiquement les plus faibles et
valent 506 kg ha-1 à Bagoua, 332 kg ha-1 à Kodey et 152 kg ha-1 à Banizoumbou.
Les rendements en grain à Bagoua sont en moyenne plus élevés (dans toutes les strates
à l’exception de FT04) que ceux de Kodey et Banizoumbou. Le meilleur rendement en grain
sur tous les sites a lieu à Bagoua en PA04 (1158 kg ha-1) alors que, paradoxalement, ce PA04
est celui sur lequel on a mesuré le moins de MOF résiduelle en 2004 (Figure 31), ce qui
signifie que les apports en fumier ont été plus faibles ou que la décomposition a été plus
rapide. Les rendements les plus élevés dans la strate PA03 sont obtenus à Bagoua. Le nombre
d’épis par poquet (4,0) et le poids des grains par épi (44,3 g) y sont les plus élevés et ont
compensé le faible taux de survie à la récolte (56,4 %) expliqué par la sécheresse après semis
dans cette strate.
A l’inverse du rendement en paille, le rendement en grain dans la strate FT04 est plus
élevé à Banizoumbou (764 kg ha-1) qu’à Bagoua (755 kg ha-1) et Kodey (723 kg ha-1) tandis
que la MOF résiduelle décroît dans le sens Bagoua > Kodey > Banizoumbou (Figure 31). Ce
rendement élevé à Banizoumbou est expliqué par un taux de survie à la récolte
particulièrement important (80,6 %) dont nous n’expliquons pas la provenance.
La strate PA04 à Banizoumbou donne un rendement en grain de 957 kg ha-1 alors que
1158 kg ha-1 sont obtenus à Bagoua malgré un apport résiduel en fumier très inférieur. Ceci
est expliqué par le fait que la pluviométrie aie été plus importante à Bagoua et plus d’éléments
nutritifs étaient présents dans le sol (provenant d’une décomposition rapide du fumier du
parcage de l’année ou de parcages antérieurs à l’essai).
La MOV résiduelle était particulièrement élevée à Banizoumbou en FT04 (Figure 32)
mais le rendement en grain dans cette strate y est le plus faible de tous les sites. La même
remarque avait été effectuée dans l’analyse du rendement en paille et il ne semble donc pas
que la couverture du sol par la matière végétale aie un effet bénéfique dans ce site bien qu’une
pluviométrie défavorable soit à prendre également en compte.
1400
1200 NF
Rendement (kg/ha)
1000 PA02
PA03
800
PA04
600
FT03
400
FT04
200
0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site
Figure 43. Rendements en grain par strate de fertilité et par site (2004)
(barres d’erreur = s.e.d. pour la comparaison des différentes strates à l’intérieur d’un site)
114
Effet de l’engrais chimique
L’effet de l’engrais chimique est significatif sur les rendements en grain (p < 0,0001).
Les rendements moyens sont plus élevés lors de l’application de DAP + urée (720 kg ha-1) et
de DAP (718 kg ha-1) que sans application d’engrais (591 kg ha-1) (s.e.d. = 24,4 kg ha-1). La
comparaison entre DAP + urée et DAP n’est pas significative.
Effet de la variété
La variété présente un effet significatif sur les rendements en grain (p < 0,0001). La
variété ICMV génère la meilleure production (748 kg ha-1) tandis que les productions des
variété Zatib (672 kg ha-1) et locale (612 kg ha-1) sont inférieures (s.e.d. = 24,4 kg ha-1).
Notons que cette séquence diffère de celle obtenue en 2003 (ICMV > Local > Zatib).
Interactions
Comme c’était le cas pour le rendement en paille, l’interaction strate × fertilisation est
significative également pour le rendement en grain (p = 0,0394). Comme pour les rendements
en paille, le rendement en grain des parcelles traitées par application de DAP + urée est
légèrement supérieur à celui des parcelles traitées par DAP dans les strates PA03 et PA04
(Figure 44). Nous constatons également à nouveau que dans les strates PA04, PA03 et, dans
une moindre mesure, FT03, les parcelles témoins obtiennent des rendements similaires à ceux
des parcelles traitées par DAP. La distribution spatiale peu homogène du fumier et l’effet
important de celui-ci sur les rendements pourraient avoir masqué l’effet de l’application
d’engrais.
Figure 44. Graphe « boxplot » du rendement en grain (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation
115
7.6. Indice de récolte
Effet de la variété
L’effet des variétés améliorées sur l’indice de récolte est significatif (p < 0,0001). Les
indices de récolte moyens pour les variétés ICMV (31,4 %) et Zatib (31,8 %) dépassent celui
de la variété locale (28,1 %)(s.e.d. = 0,58 %).
L’interaction site × variété (p < 0,0001) trahit le fait qu’à Kodey les indices de récolte
ne diffèrent pas selon les variétés.
Effet du site
Les nombres de poquets végétatifs et non matures sont les plus importants à
Banizoumbou. Ils sont nettement supérieurs à ceux mesurés en 2003 (Tableau 25). Rappelons
que le nombre de poquets végétatifs est inversement corrélé au rendement en grain et au taux
de survie à la récolte dans tous les sites.
Tableau 25. Comparaison par site des nombres de poquets végétatifs et non matures en 2004 et 2003
Site 2003 2004
Poquets Bagoua 0,60 5,59
végétatifs Banizoumbou 0,67 8,20
Kodey * 1,54
Poquets Bagoua 0,34 4,13
non matures Banizoumbou 0,60 6,23
Kodey * 2,06
Tableau 26. Nombres de poquets végétatifs et non matures par strate de fertilité (2004)
Strate Poquets végétatifs Poquets non matures
FT03 5,78 3,42
FT04 2,89 3,17
NF 11,44 7,03
PA02 6,48 4,90
PA03 2,27 3,72
PA04 1,79 2,59
116
Tableau 27. Nombres de poquets végétatifs et non matures par niveau de fertilisation et par variété (2004)
Poquets végétatifs Poquets non matures
DAP 3,09 3,65
DAP + urée 3,29 3,69
Témoin 8,94 5,07
ICMV IS 893 4,39 4,41
Locale 5,75 4,62
ZATIB 5,19 3,38
Effet de la variété
Comme en 2003, les nombres de poquets non matures et végétatifs sont en moyenne
les plus faibles pour la variété ICMV et les plus élevés pour la variété locale (Tableau 27). Le
fait que la variété ICMV soit résistante aux insectes foreurs de tige, qui, s’ils sont présents
peuvent perturber l’initiation de la panicule, pourrait expliquer le faible nombre de poquets
végétatifs et non matures dans cette variété.
117
8. Analyse des rendements en mil en 2005
Remarquons que l’effet du site n’est pas significatif uniquement pour le rendement en
paille et le taux de survie au démariage, tandis que l’effet de la strate de fertilité et
l’interaction site × strate sont significatives pour toutes les variables (Tableau 7-7 en Annexe
7).
Le Tableau 28 compare les variables mesurées par site par rapport à 2003 et 2004.
Tableau 28. Comparaison des variables mesurées par rapport à 2003 et à 2004
Site 2005 (% 2003) Différence (%) 2005 (% 2004) Différence (%)
Rendement Bagoua 44,2 -55,8 60,3 -39,7
paille Banizoumbou 34,3 -65,7 123,6 23,6
Kodey 96,9 -3,1 60,2 -39,8
Rendement Bagoua 63,9 -36,1 55,2 -44,8
grain Banizoumbou 60,5 -39,5 86,1 -13,9
Kodey 74,0 -26,0 44,8 -55,2
Indice de Bagoua 123,4 23,4 95,6 -4,4
récolte Banizoumbou 135,9 35,9 87,3 -12,7
Kodey 86,2 -13,8 83,6 -16,4
Poids Bagoua 63,3 -36,7 59,4 -40,6
-1
grains épis Banizoumbou 74,3 -25,7 77,5 -22,5
Kodey 66,1 -33,9 50,4 -49,6
Nombre Bagoua 108,7 8,7 98,9 -1,1
-1
d'épis poquet Banizoumbou 88,8 -11,2 86,7 -13,3
Kodey / / 81,6 -18,4
Nombre de Bagoua 106,4 6,4 96,1 -3,9
-1
talles poquet Banizoumbou 110,1 10,1 107,0 7,0
Kodey 115,2 15,2 69,4 -30,6
Taux de survie Bagoua 91,2 -8,8 94,2 -5,8
à la récolte Banizoumbou 93,2 -6,8 137,5 37,5
Kodey / / 106,3 6,3
Taux de survie Bagoua 129,2 29,2 107,4 7,4
au démariage Banizoumbou 104,7 4,7 102,1 2,1
Kodey 112,7 12,7 129,1 29,1
Effet de l’année significatif à p < 0,0001 pour chaque variable
Effet du site
Le Tableau 29 nous renseigne que le taux de survie moyen au démariage est de 94 %
dans les trois sites, il y a donc eu peu de stress avant le démariage. Le taux de survie à la
récolte est significativement plus élevé à Banizoumbou que dans les autres sites. La différence
entre les taux de survie au démariage et à la récolte est d’autant plus grande que la
pluviométrie utile est faible (Figure 26).
Les deux taux de survie sont plus élevés qu’en 2004, excepté le taux de survie à la
récolte enregistré à Bagoua (Tableau 28). Par rapport à 2003, le taux de survie au démariage
est plus élevé en 2005 tandis le taux de survie à la récolte est plus faible.
118
Tableau 29. Taux de survie au démariage et à la récolte par site (2005)
Taux de survie Taux de survie à
Site au démariage (%) la récolte (%)
Bagoua 94 66
Banizoumbou 94 82
Kodey 94 68
s.e.d 0,4 1,2
p-valeur n. s. < 0,0001
Effet de la variété
Le taux de survie au démariage est influencé par la variété (p < 0,0001) de la façon
suivante : variété ICMV (95 %) = variété Zatib (95 %) > variété locale (93 %)(s.e.d. = 0,4 %).
L’interaction site × variété (p = 0,0073) s’explique par le fait qu’à Bagoua les différentes
variétés donnent un taux de survie au démariage similaire.
119
L’effet de la variété sur le taux de survie à la récolte (p < 0,0001) se marque de la
façon suivante : variété ICMV (76,5 %) = variété Zatib (75,5 %) > variété locale (64 %)(s.e.d.
= 1,2 %). A Bagoua, la variété Zatib génère un taux de survie à la récolte inférieur à celui de
la variété ICMV (interaction site × variété : p = 0,0026).
Interactions
L’nteraction strate × fertilisation est significative (p < 0,0001) pour le taux de survie à
la récolte. Nous constatons que les différences de taux de survie obtenus dans les parcelles
fertilisées ou non sont plus importantes dans la strate NF que dans les autres (Figure 45).
Dans les strates FT03, FT05, PA03, PA04 et PA05, le taux de survie des parcelles non
fertilisées est similaire voire supérieur à celui des parcelles traitées par application d’engrais.
L’application d’engrais permet d’augmenter significativement le taux de survie à la récolte
uniquement dans les parcelles n’ayant pas reçu de fumure organique. Ceci concorde avec
l’analyse de cette même interaction en 2004 où seules les strates de fumure plus ancienne
présentaient un effet de l’application d’engrais.
L’interaction fertilisation × variété (p = 0,0302) s’explique par le fait que le taux de
survie à la récolte de la variété Zatib dépasse celui de la variété ICMV dans les parcelles
témoins, contrairement aux parcelles traitées par application d’engrais (Figure 46).
Figure 45. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction strate x
fertilisation
120
Figure 46. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction fertilisation x
variété
Effet du site
Contrairement à 2003 et 2004, l’effet du site sur les rendements en paille est non
significatif. Kodey produit 927 kg paille ha-1, Bagoua 901 kg paille ha-1 et Banizoumbou 917
kg paille ha-1 (s.e.d. = 37,5 kg ha-1). Ces valeurs sont 40 % plus faibles qu’en 2004 sauf à
Banizoumbou où les rendements en paille augmentent de 24 % (Tableau 28). Kodey obtient le
meilleur rendement en paille mais montre pourtant le nombre de talles par poquet le plus
faible et un taux de survie à la récolte plus faible qu’à Banizoumbou.
121
Les rendements sont également inférieurs à ceux de 2004 et le maximum de
rendement n’est pas atteint dans la strate du parcage de l’année en 2005. Il est probable que
les quantités de fumier apportées par le parcage de l’année en 2005 soient en moyenne plus
faibles qu’en 2004. Le fumier apporté par le parcage en 2003 semble montrer un arrière-effet
prononcé sur les rendements en 2005. La minéralisation de la MOF apporterait suffisamment
de nutriments aux plants de mil pour dépasser les rendements obtenus dans les strates de
parcages plus récents. Ne disposant pas des mesures de MOF résiduelle pour estimer la
quantité de fumier appliquée par le parcage en 2003, cette remarque reste une hypothèse.
L’interaction site × strate est significative (p < 0,0001). L’analyse de la Figure 47
permet de remarquer les sites où le rendement en paille ne suit pas la tendance moyenne :
PA03 >PA04 > PA05 > FT05 > FT04 > FT03 > NF.
1600
NF
1400
PA03
Rendement (kg/ha)
1200
PA04
1000
PA05
800
FT03
600
FT04
400
FT05
200
0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site
Figure 47. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2005)
(barres d’erreur = s.e.d. pour la comparaison des différentes strates à l’intérieur d’un site)
A Bagoua, c’est la strate PA05 qui donne le rendement le plus élevé (1172 kg ha-1),
suivie de la strate PA03 (1164 kg ha-1) et PA04 (1083 kg ha-1) (s.e.d. = 86,6 kg ha-1). Les
différences de MOF résiduelle mesurée au sol en 2005 à Bagoua expliquent les rendements
élevés obtenus dans la strate PA05 mais n’expliquent pas que les autres strates parquées
fournissent des rendements similaires (Figure 33). D’autre part, les mesures de MOF
résiduelle au sol effectuées en 2004 dans la strate PA04 sont très inférieures à celles
effectuées en 2005 en PA05 et semblent indiquer que la quantité de fumier appliquée en PA05
a été supérieure à Bagoua (Figure 31 et Figure 33), ce qui contredirait la remarque effectuée
ci-dessus. Nous ne disposons toutefois pas de données permettant de quantifier la matière
organique présente dans le compartiment sol dans les différentes strates.
A Banizoumbou, les rendements les plus élevés correspondent aux strates de fertilité
PA04 (1209 kg ha-1) et PA05 (1171 kg ha-1) (s.e.d. = 93,7 kg ha-1). Les mesures de MOF
résiduelles effectuées dans les strates PA04 (1447 kg MOF ha-1) et PA05 (5176 kg MOF ha-1)
y sont les plus importantes.
Les meilleurs rendements en paille à Kodey sont obtenus en PA03 (1372 kg ha-1) et en
FT05 (1189 kg ha-1) (s.e.d. = 110,0 kg ha-1). Les résidus de MOF mesurés dans les strates
PA05 et PA04 sont moins élevés qu’à Banizoumbou tandis que les résidus de PA03 y sont
122
plus élevés (Figure 33), ceci concorde avec les rendements en pailles obtenus. Notons qu’en
2004, les rendements en paille obtenus dans la strate PA03 étaient plus élevés à Bagoua qu’à
Kodey. De telles données semblent indiquer que Kodey ait reçu plus de fumier lors du
parcage de 2003 que les deux autres sites ou que le fumier déposé en PA03 à Kodey se
décompose plus lentement que sur les autres sites, offrant ainsi un effet prolongé dans le
temps.
Comme en 2004, la strate FT03 à Kodey donne des rendements en paille supérieurs à
ceux des strates FT04 et PA04.
Les trois sites donnent des rendements différents selon les strates et c’est la moyenne
élevée obtenue à Kodey qui force la moyenne entre sites à être la plus élevée dans la strate
PA03.
Effet de la variété
La variété a le même effet (p = 0,017) qu’en 2003 : la variété locale permet d’atteindre
le meilleur rendement en paille (972 kg ha-1). Les rendements obtenus par les variétés ICMV
(906 kg ha-1) et Zatib (867 kg ha-1) ne sont pas significativement différents (s.e.d. = 37,5 kg
ha-1).
Interactions
Comme en 2004, l’interaction strate × fertilisation est significative (p < 0,0001). La
Figure 48 indique que, contrairement aux autres strates, le rendement des parcelles témoin
dans les strates FT05, PA03, PA04 et PA05 obtiennent des rendements similaires à ceux des
parcelles traitées par DAP. A nouveau, l’effet important de l’application de fumier sur les
rendements semble avoir masqué l’effet de l’application d’engrais.
123
Figure 48. Graphe « boxplot » du rendement en paille (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation
Effet du site
Le nombre de talles par poquet est le plus faible à Kodey où il diminue de 31 % par
rapport à 2004 (Tableau 31). Le nombre d’épis par poquet est significativement plus élevé à
Bagoua que dans les autres sites.
Ces nombres sont inférieurs à ceux de 2004 excepté à Banizoumbou où le nombre de
talles par poquet augmente de 7 % (Tableau 28).
Tableau 31. Nombre de talles et d’épis par poquet par site (2005)
Nombre de talles Nombre d'épis
-1 -1
Site poquet poquet
Bagoua 3,67 3,08
Banizoumbou 3,76 2,54
Kodey 3,17 2,61
s.e.d 0,106 0,065
p-valeur < 0,0001 < 0,0001
124
Tableau 32. Nombre de talles et d’épis par poquet par strate de fertilité (2005)
Nombre de talles Nombre d'épis
-1 -1
Strate poquet poquet
FT03 3,50 2,48
FT04 3,51 2,61
FT05 3,69 2,80
NF 2,76 2,23
PA03 3,57 3,05
PA04 3,87 3,09
PA05 3,83 2,95
s.e.d. 0,162 0,100
p-valeur < 0,0001 < 0,0001
Tableau 33. Nombre de talles et d’épis par poquet par niveau de fertilisation (2005)
Nombre de talles Nombre d'épis
-1 -1
Fertilisation poquet poquet
DAP 3,64 2,71
DAP + urée 3,80 2,79
Témoin 3,16 2,73
s.e.d. 0,106 0,065
p-valeur < 0,0001 n. s.
L’effet de l’engrais chimique sur le nombre d’épis par poquet n’est pas significatif.
L’interaction site × fertilisation (p < 0,0001) indique l’effet de la fertilisation sur le nombre
d’épis par poquet se marque à Banizoumbou. Ceci provient vraisemblablement du fait que ce
site bénéficie de la pluviométrie utile la plus élevée en phase végétative (entre 0 et 50 JAS) et
que l’effet de la fertilisation y a été le moins limité par la disponibilité en eau.
Effet de la variété
L’effet moyen de la variété sur le nombre de talles par poquet est significatif (p <
0,0001). Comme les années précédentes, celui-ci est plus élevé pour la variété locale (3,81)
que pour les variétés améliorées (3,47 et 3,32 pour ICMV et Zatib, respectivement)(s.e.d. =
0,106).
Contrairement aux années précédentes, la variété montre un effet sur le nombre d’épis
par poquet (p = 0,0064). Le nombre d’épis par poquet est supérieur pour les variétés locale
(2,83) et ICMV (2,77) que pour la variété Zatib (2,63)(s.e.d. = 0,065).
Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.
125
8.4. Poids des grains par épi
Effet du site
Le poids des grains par épi est clairement plus faible à Kodey que dans les deux autres
sites (Tableau 34). Ceci pourrait refléter la pluviométrie utile pendant les phases
reproductives et de remplissage des grains (> 50 JAS) plus faible à Kodey (194 mm) que dans
les autres sites (203 mm en moyenne).
Tout comme le nombre d’épis par poquet, le poids des grains est plus faible qu’en
2004 (Tableau 28). Ce poids diminue de 26 à 37 % selon les sites en comparaison avec 2003.
Tableau 34. Poids des grains par épis par site (2005)
-1
Site Poids des grains épi (g)
Bagoua 22,4
Banizoumbou 22,9
Kodey 17,5
s.e.d. 0,59
p-valeur < 0,0001
Tableau 35. Poids des grains par épis par niveau de fertilisation (2005)
-1
Fertilisation Poids des grains épi (g)
DAP 21,20
DAP + urée 21,97
Témoin 19,57
s.e.d 0,59
p-valeur 0,0002
126
Effet de la variété
L’effet de la variété sur le poids des grains par épis (p < 0,0001) est identique aux
années antérieures : la variété locale enregistre le poids des grains par épi le plus élevé (23,4
g) comparé à 20,9 g et 18,4 g pour les variétés ICMV et Zatib, respectivement (s.e.d. = 0,59
g).
Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.
Effet du site
L’effet du site est significatif sur les rendements en grain (p < 0,0001). Banizoumbou
obtient le meilleur rendement (492 kg ha-1), suivi de Bagoua (443 kg ha-1) et de Kodey (293
kg ha-1) (s.e.d. = 12,8 kg ha-1). Ces valeurs sont toujours inférieures à celles des années
précédentes (diminution de 45 % à Bagoua, 14 % à Banizoumbou et 55 % à Kodey comparé à
2004). On observe la même séquence dans les rendements en grains qu’en 2003 mais les
rendements ont respectivement baissé de 36 %, 39 % et 26 % (Tableau 28).
Ces résultats reflètent l’impact de la pluviométrie utile plus importante à
Banizoumbou qu’à Kodey et à Bagoua (tout comme en 2003). La pluviométrie utile en 2005
est plus faible qu’en 2004, sauf à Banizoumbou (Figure 26). Le fait que le rendement en grain
soit moins élevé à Kodey qu’à Bagoua malgré que la pluviométrie y soit plus élevée pourrait
être expliqué par la meilleure « fertilité » inhérente à Bagoua (bien que les quantités de MOF
résiduelles soient plus importantes à Bagoua uniquement dans les strates PA04 et FT05,
Figure 33).
Les trois paramètres de rendement sont bien liés aux niveaux des rendements en grain
obtenus dans chacun des sites. A Bagoua, même si le taux de survie à la récolte est
légèrement plus faible qu’à Kodey, le nombre plus élevé d’épis par poquet et le poids des
grains par épi supérieur donne un rendement en grains plus élevé. Le rendement en grain est
maximal à Banizoumbou à cause du taux de survie et du rendement en grain par épi les plus
élevés et ce même si le nombre d’épis par poquet y est le plus faible comparé aux autres sites.
127
c’est plutôt le taux de survie élevé à la récolte que le faible poids des grains par épi qui permet
d’atteindre le rendement observé. Le nombre d’épis par poquet reflète la même évolution que
le rendement en grain.
Tableau 36. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2005)
Taux de survie Nombre d'épis Poids des Rendement
-1 -1 -1
Strate à la récolte (%) poquet grains épi (g) en grain (kg ha ) Classement
FT03 71 2,48 20,5 353 6
FT04 71 2,61 21,0 396 5
FT05 78 2,80 19,1 407 4
NF 61 2,23 17,8 224 7
PA03 75 3,05 23,2 531 1
PA04 74 3,09 22,5 504 2
PA05 73 2,95 22,3 451 3
s.e.d. 1,8 0,100 0,90 19,5
p-valeur <0,0001 <0,0001 <0,0001 <0,0001
L’interaction site × strate (p < 0,0001) est illustrée dans la Figure 49. Notons que les
rendements des strates PA03, PA04 et PA05 ne diffèrent qu’à Banizoumbou. Les strates
PA03 (709 kg ha-1) et PA04 (647 kg ha-1) y donnent les meilleurs rendements, suivies de ceux
obtenus dans les strates FT04, FT05 et PA05, non significativement différents (474 kg ha-1 en
moyenne). Rappelons que les mesures de MOF résiduelles sont les plus importantes dans les
strates PA04 et PA05 mais nous supposons que la strate PA03 possède un arrière-effet
bénéfique sur les rendements. Le rendement en grain de la strate PA03 est dû à la fois au
meilleur nombre d’épis par poquet (3,08) et aux deuxièmes meilleurs poids des grains par épi
(26 g) et taux de survie (87 %) du site.
800
NF
700
PA03
Rendement (kg/ha)
600
PA04
500
PA05
400
FT03
300
FT04
200
FT05
100
0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site
A Bagoua, les strates PA03 (558 kg ha-1) et PA05 (550 kg ha-1) donnent les meilleurs
rendements en grain. La strate PA05 montre le nombre d’épis par poquet le plus élevé entre
sites et un poids des grains par épi de 27 g (le meilleur pour ce site). Le meilleur rendement a
lieu en PA03 à cause de la conjonction d’un bon poids des grains par épi (25 g), d’un bon
nombre d’épis par poquet (3,39) et d’un taux de survie plus élevé (69 %) qu’en PA05. L’effet
128
résiduel du fumier transporté en 2004 (FT04) sur les rendements est supérieur à l’effet direct
du fumier appliqué en 2005 (FT05). Ceci pourrait être expliqué par le fait que la MOF
résiduelle mesurée indique que les quantités de fumier transporté appliquées en 2005 étaient
bien inférieures à celles appliquées en 2004 (Figure 31 et Figure 33).
A Kodey, le rendement le plus élevé est obtenu dans la strate FT05 (357 kg ha-1) mais
celui-ci n’est pas significativement différent de celui obtenu dans les strates PA03, PA04 et
PA05 (352 kg ha-1). Le rendement obtenu dans la strate FT05 dépend essentiellement du
poids des grains par épi (18,1 g, le meilleur du site) et d’un nombre suffisant d’épis par
poquet (2,83). Dans la strate PA05, le nombre d’épis par poquet et le rendement en grain par
épi ne sont pas très élevés mais le taux de survie à la récolte important (81 %) permet d’y
obtenir le meilleur rendement en grain à Kodey. Contrairement aux autres sites, le rendement
de la strate FT03 dépasse celui de la strate FT04.
Les rendements en grain des strates NF valent 263 kg ha-1 à Banizoumbou, 242 kg ha-1
à Bagoua et 168 kg ha-1 à Kodey, c’est-à-dire qu’ils suivent la séquence des rendements
moyens par site. Cette séquence s’inverse dans le cas des rendements en paille. Les faibles
rendements en grain des parcelles non fumées à Kodey résultent à la fois du taux de survie et
du nombre d’épis par poquet les plus faibles dans cette strate. Remarquons que le poids des
grains par épi est à Kodey le plus élevé dans la strate NF (19 g).
Effet de la variété
L’effet de la variété (p < 0,001) sur les rendements en grain va dans le même sens que
les années précédentes. La variété ICMV fournit le meilleur rendement (443 kg ha-1), suivie
des variétés locale (410 kg ha-1) et Zatib (374 kg ha-1) (s.e.d. = 12,8 kg ha-1).
L’interaction site × variété (p = 0,0015) est expliquée par le fait qu’à Banizoumbou les
rendements des variétés Zatib et locale ne diffèrent pas, tandis qu’à Kodey les rendements en
grain des variétés locale et ICMV ne sont pas différentes.
129
Interactions
L’interaction strate × fertilisation est significative (p = 0,0171), l’effet de l’engrais
chimique est donc modulé par la strate de fertilité organique. Remarquons que le rendement
en grain obtenu dans les parcelles non traitées par engrais est similaire ou dépasse celui
obtenu par application de DAP dans toutes les strates excepté NF et FT04 (Figure 50). Dans
ces strates de fumure, l’effet de l’apport de fumier masque l’effet de l’engrais DAP.
Figure 50. Graphe « boxplot » du rendement en grain (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation
Effet de la variété
L’effet des variétés améliorées sur l’indice de récolte apparaît (p < 0,0001). Les
indices de récolte moyens pour les variétés ICMV (28,9 %) et Zatib (26,4 %) dépassent celui
de la variété locale (26,1 %) mais la différence entre variété locale et Zatib n’est pas
significative (s.e.d. = 0,62).
Effet du site
Les nombres de poquets végétatifs et non matures sont plus importants à Kodey que
dans les autres sites (Tableau 37). Ils reflètent l’importance de la pluviométrie utile dans
chaque site et la meilleure fertilité inhérente au site de Bagoua.
Tableau 37. Nombres de poquets végétatifs et non matures par site (2005)
Poquets Poquets non
Site végétatifs matures
Bagoua 1,60 2,37
Banizoumbou 2,02 0,56
Kodey 8,04 5,81
130
Effet de la strate de fertilité
Le nombre de poquets végétatifs est le plus élevé dans la strate NF et le plus faible en
FT05, il semble diminuer avec les rendements mais il est toutefois élevé en PA03. Le nombre
de poquets non matures suit presque la même évolution que les rendements en grain sauf dans
la strate PA03 où il est le plus élevé (Tableau 38).
Tableau 38. Nombres de poquets végétatifs et non matures par strate de fertilité (2005)
Strate Poquets végétatifs Poquets non matures
FT03 4,51 3,65
FT04 3,17 2,75
FT05 0,56 2,12
NF 9,06 3,84
PA03 7,30 4,47
PA04 0,95 2,28
PA05 1,65 1,26
Tableau 39. Nombres de poquets végétatifs et non matures par niveau de fertilisation et par variété (2005)
Poquets végétatifs Poquets non matures
DAP 2,18 2,31
DAP + urée 2,27 2,31
Témoin 7,21 4,11
ICMV IS 893 3,78 2,85
Locale 4,21 3,53
ZATIB 3,67 2,35
Effet de la variété
Comme les années antérieures, les nombres de poquets végétatifs et non matures sont
plus élevés pour la variété locale (Tableau 39). Contrairement à 2004, remarquons que la
variété Zatib permet d’atteindre les nombres de poquets non matures et végétatifs les plus
faibles.
131
9. Evolution de la phénologie en 2005
Les observations des stades phénologiques ont été effectuées sur les tiges principales
en moyenne une fois par semaine au niveau de chaque parcelle. En 2005, les dates de
l’émergence du premier talle, de l’apparition de la feuille de la panicule, de la floraison, des
50 % de floraison et de la maturité ont été consignées. Rappelons que l’émergence du premier
talle (stade 3) concerne la fin de la phase végétative et le début de la phase reproductive,
celle-ci cédant la place à la phase de remplissage des grains lorsque la floraison est terminée.
Pour comparer les résultats, les moyennes des dates auxquelles un stade phénologique
est atteint ont été calculées par site, par strate, par niveau de fertilisation et par variété. Les
résultats sont présentés en Annexe 10.
Effet du site
Nous remarquons que Kodey est en avance par rapport aux autres sites. Ce champ
atteint en moyenne la maturité 10 JAS (jours après semis) avant Bagoua et 8 JAS avant
Banizoumbou (Figure 51). Kodey a bénéficié d’une bonne pluie de semis et a été semé et
récolté avant les autres sites. Bagoua a atteint la maturité après Banizoumbou et il a été récolté
en dernier.
L’émergence du premier talle n’a été relevée qu’à Banizoumbou à 27 JAS en
moyenne. Notons que cette observation contredit la durée de la phase végétative fixée par de
Rouw et Rajot (2004) entre 0 et 50 JAS.
100
80
Banizoumbou
JAS
60 Bagoua
Kodey
40
20
0
Emergence A pparitio n A pparitio n Flo raiso n Flo raiso n M aturité
du 1er talle de la feuille du panicule 50 %
du panicule
Stade phénologique
132
strates parquées (PA03, PA04 et PA05) possèdent dès le premier stade noté une avance de 7 à
8 jours sur les autres strates.
Nous concluons que la pratique du parcage accélère le développement par rapport à la
pratique du fumier transporté. L’analyse doit rester prudente ; nous remarquons que ces
moyennes de dates à laquelle un stade phénologique est atteint sont essentiellement
indicatives car l’imprécision des dates est d’au moins 8 jours.
Le développement plus rapide du mil provient sans doute de la meilleure qualité et des
quantités plus importantes de fumier appliqué par le parcage par rapport au fumier transporté.
Au niveau de la qualité, le fumier apporté par le parcage possède un double
avantage sur l’alimentation précoce en nutriments des plantules : les taux de N dans le fumier
transporté sont plus faibles que dans le fumier obtenu par parcage, le NH3 présent dans l’urine
étant le plus souvent perdu par volatilisation (Esse et al., 2001) et N présent dans l’urine est
plus rapidement disponible pour les plantes tandis que le fumier requiert une décomposition
plus avancée avant que N ne devienne disponible (Ikpe et al., 1999). D’autre part,
l’application d’urine a pour effet d’élever le pH du sol, particulièrement la première semaine
après application (Powell et al., 1998), ce qui permet d’augmenter la disponibilité de P pour
les plantes.
Plus la quantité de fumier appliquée est élevée, plus celui-ci protège mécaniquement la
surface du sol lorsqu’il est peu couvert par la culture. De Rouw et Rajot (2004) ont montré
que les conditions de croissance étaient stimulées au début du cycle végétatif car le fumier
piégeait les particules mobiles pendant les tempêtes, réduisait l’encroûtement et favorisait
l’infiltration.
Effet de la variété
L’effet de la variété ne semble pas influencer la vitesse du développement. Les
évolutions sont en tous points similaires jusqu’au stade de 50 % de floraison. Nous
remarquons cependant que la variété locale atteint la maturité 7 à 10 JAS après les variétés
améliorées. Les variétés améliorées ont en effet un cycle de développement légèrement plus
court que la variété locale.
133
10. Evaluation des contraintes biotiques en 2003, 2004 et 2005
Les observations d’ordre phytosanitaire ont été effectuées à la récolte. Pour comparer
les résultats, les moyennes des nombres de poquets atteints par le mildiou et des nombres de
plants shibra par parcelle ont été calculées sur toutes années et sites confondus, par niveau de
fertilisation et par variété. Nous avons rapporté le nombre de poquets atteints par le mildiou
au taux de survie à la récolte afin d’obtenir la proportion de poquets atteints par rapport au
total de poquets récoltés. L’occurrence des plants parasites Striga hermonthica a été évaluée
sur base d’une échelle qualitative (0 = nulle, 1 = faible, 2 = moyenne et 3 = élevée). La
proportion de plants S. hermonthica par parcelle est une variable discrète mais nous l’avons
traitée comme si elle était continue en effectuant des moyennes arithmétiques. Les résultats
sont présentés en Annexe 11.
Effet du site
Nous remarquons que la proportion de poquets atteints par le mildiou est toujours plus
élevée à Bagoua. Le nombre de plants de shibra par parcelle est plus élevé à Banizoumbou en
2003, à Bagoua en 2004 et à Kodey en 2005. L’occurrence moyenne de S. hermonthica est
particulièrement élevée à Kodey en 2004 et en 2005.
Effet de la variété
L’effet de la variété est visible sur la proportion de poquets atteints par le mildiou et
les nombres de plants shibra (Figure 52 et Figure 53). Les variétés améliorées ICMV et Zatib
sont en effet résistantes au mildiou. La variété Zatib paraît néanmoins moins performante que
la variété ICMV. Les plants shibra proviennent d’un croisement entre mil cultivé et mil
sauvage et ils contaminent très peu les semences des variétés améliorées.
La proportion de S. hermonthica est par contre plus élevée dans les parcelles contenant
les variétés améliorées (Figure 54). La variété locale semble avoir un léger effet bénéfique sur
la réduction de l’infestation par la plante parasite.
134
Porportion de poquets atteints par le
m ildiou par parcelle
4
Figure 52. Nombre moyen de poquets atteints par le mildiou par parcelle en fonction du niveau de
fertilisation minérale et de la variété du mil
7
6
5
4
3
2
1
0
DA P DA P + Témo in ICM V IS Lo cale ZA TIB
urée 89305
Figure 53. Nombre moyen de plants shibra par parcelle en fonction du niveau de fertilisation minérale et
de la variété du mil
0,58
0,56
hermonthica
0,54
0,52
0,5
0,48
0,46
0,44
0,42
DA P DA P + Témo in ICM V IS Lo cale ZA TIB
urée 89305
Figure 54. Occurrence moyenne de S. hermonthica par parcelle en fonction du niveau de fertilisation
minérale et de la variété du mil
135
11. Analyse récapitulative : effets significatifs sur 3 ans
Nous allons citer rapidement les effets significatifs dans l’analyse sur 3 ans en référant
le lecteur aux parties antérieures pour le détail par année. Afin de faciliter la comparaison
entre années, nous utiliserons la nomenclature suivante dans la description de l’effet de la
strate de fertilité organique. PA, PA-1 et PA-2 représentent le parcage de l’année, le parcage
vieux d’un an et vieux de 2 ans ; FT, FT-1 et FT-2 renvoient au fumier transporté de l’année,
au fumier transporté vieux d’un an et vieux de 2 ans et NF à la strate non fumée.
Les tableaux de moyennes, d’ANOVA et de comparaisons multiples entre moyennes
sont présentés en Annexe 8. Les tableaux 8-1 à 8-3 montrent les résultats de l’analyse globale
sur les 3 années de l’essai. Soulignons que les comparaisons de moyennes (et les s.e.d.
associées) n’ont été effectuées que pour les strates présentes les 3 années : NF, FT, PA, PA-1
et PA-2. Les comparaisons de moyennes (et les s.e.d. associées) entres années n’ont pas pu
être calculées par le modèle statistique car le nombre de d’observations est différent selon les
années si on prend en compte toutes les strates de fertilité organique.
Les tableaux 8-4 à 8-6 (Annexe 8) illustrent les résultats obtenus lorsque les strates
FT-1 et FT-2 sont omises pour que les moyennes entre années possèdent le même effectif.
Cette deuxième série de résultats sera utilisée pour comparer les moyennes entres années
(point 11.1).
Les comparaisons de moyennes par site du taux de survie et du nombre d’épis par
poquets n’ont pas été effectuées à Kodey pour cause de données manquantes en 2003.
Remarquons que l’effet de l’année est significatif sur toutes les variables considérées
(p < 0,0001) (Tableau 41). L’effet de l’année peut être expliqué par la pluviométrie et sa
distribution, par les quantités de fumier appliquées ainsi que par des attaques éventuelles
d’insectes et maladies. Remarquons que la pluviométrie et les quantités de fumier diffèrent
également entre chaque site chaque année.
Le rendement en paille moyen diminue avec les années : 1891 kg ha-1 en 2003, 1232
kg ha-1 en 2004 et 957 kg ha-1 en 2005 (s.e.d. = 47,5 kg ha-1). Le rendement en grain moyen
est plus élevé en 2004 (674 kg ha-1) qu’en 2003 (634 kg ha-1) et en 2005 (423 kg ha-1)(s.e.d. =
15,2 kg ha-1).
Les quantités de fumier résiduelles en 2003 ne sont pas connues, mais en supposant
que la fraction de MOF décomposée par an est la même chaque année, on peut estimer que les
apports au sol en 2003 étaient grossièrement équivalents à ceux de 2004 (Figure 31). Les
quantités de matière organique d’origine fécale résiduelles mesurées en 2004 et 2005 diffèrent
selon les strates et les sites et rendent les comparaisons par année ardues (Figure 33).
Considérant la pluviométrie utile totale moyennée sur les trois sites, la meilleure
année est 2004 et la plus sèche 2005, mais remarquons que la valeur de 2004 est élevée à
cause de la pluviométrie importante à Kodey cette année-là. En 2004, le total de pluviométrie
136
utile était en fait plus faible qu’en 2005 à Banizoumbou et à Bagoua (Figure 26). Les
rendements moyens en paille et en grain augmentent selon la pluviométrie utile mais cette
augmentation est plus faible à Kodey (Figure 55). Ceci s’explique par la pluviométrie utile
très élevée obtenue dans ce site en 2004 (534 mm) due à un événement pluvieux de 96 mm le
20 juin et qui ne génère des rendements que de 1540 kg paille ha-1 et 654 kg grain ha-1, dus à
plusieurs périodes de sécheresse en cours de saison.
La durée du cycle cultural ne possède pas d’influence visible sur les rendements
(Figure 56). Ceci reflète le fait que les variétés testées sont faiblement photosensibles, avec
une durée de cycle peu variable.
Rendement en
paille (kg/ha)
grain (kg/ha)
2000
R = 0,922
2 R2 = 0,903 600
1500 R2 = 0,7231
400
1000
500 200
0 0
300 350 400 450 500 550 300 350 400 450 500 550
Pluviom étrie annuelle utile (m m ) Pluviom étrie annuelle utile (m m )
Figure 55. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) en fonction du site et de la pluviométrie utile
annuelle
Equations de régression : (a) y = 15,6x –5096,7 (Bagoua), y = 28,6x – 10761,0 (Banizoumbou), y = 3,4x – 305,8
(Kodey) ; (b) y = 4,6x – 1275,8 (Bagoua), y = 4,3x – 1206,1 (Banizoumbou), y = 1,6 – 249,8 (Kodey)
2500 800
Rendement en
Rendement en
grain (kg/ha)
paille (kg/ha)
2000
600
1500
400
1000
200
500
0 0
90 100 110 120 130 90 100 110 120 130
Durée du cycle cultural (jours) Durée du cycle cultural (jours)
Figure 56. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) en fonction du site et de la durée du cycle
cultural
137
La Figure 57 présente les rendements en paille et en grain en fonction de la
pluviométrie utile annuelle dans chaque site, pour les parcelles « témoin + NF ». Les parcelles
non fertilisées à l’engrais et non fumées donnent les plus faibles rendements et ceux-ci
augmentent avec la pluviométrie utile. Nous rejoignons ici Subbarao et al. (2000) qui ont
montré que les rendements des parcelles sans intrants étaient plus stables face à la
pluviométrie que les parcelles traitées par application d’engrais ou de fumure. Cette stabilité
est connue par les agriculteurs et réduit la fréquence d’échec de la culture en cas de
sécheresse.
L’application de 2 g de DAP par poquet correspond à 4 kg P ha-1 et à 3,6 kg N ha-1.
Nous avons mesuré environ 4500 kg ha-1 de MOF résiduelle dans les strates PA. L’apport de
fumier à un taux de 5000 kg MS ha-1 correspond à un apport en nutriments de 71 kg N et 9 kg
P ha-1 (de Rouw et Rajot, 2004). La différence d’apport en N et P explique que les rendements
des strates PA soient toujours supérieurs aux rendements des strates NF, même avec
application de DAP (Figure 58).
Lorsque la pluviométrie utile augmente, les rendements augmentent plus dans les
parcelles où un parcage a été réalisé dans l’année (« Témoin + PA » et « DAP + PA ») que
dans les parcelles où DAP a été appliqué seul (« DAP + NF ») (Figure 58 et Tableau 40). Les
parcelles « DAP + NF » montrent une différence de rendement très stable avec les parcelles
« Témoin + NF » en fonction de la pluviométrie. La réponse à la fertilisation est conditionnée
par la disponibilité en eau, tout comme l’ont démontré de nombreux auteurs (Bationo et al.,
2003). Cette tendance est particulièrement marquée à Banizoumbou. La pente d’augmentation
de rendement en fonction de la pluviométrie est légèrement plus élevée dans les parcelles
« Témoin + PA » que dans les parcelles « DAP + PA » à Banizoumbou et à Kodey tandis que
l’effet inverse est noté à Bagoua (Tableau 40). A Banizoumbou, le parcage seul permet
clairement d’obtenir des rendements plus élevés que le parcage avec application de DAP aux
pluviométries les plus élevées.
y = 8,9179x - 3503,2
paille (kg/ha)
grain (kg/ha)
Figure 57. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) des parcelles sans engrais et de strate non
fumée (Témoin + NF) en fonction du site et de la pluviométrie utile annuelle
138
DA P + NF Témo in + P A DA P + P A DA P + NF Témo in + P A DA P + P A
(a) (b)
6000 1600
R 2 = 0,013 R 2 = 0,5086 R 2 = 0,711
1400
5000
Diff. de rendement
Diff. de rendement
1200
en grain (kg/ha)
en paille (kg/ha)
4000
1000
3000 800
R 2 = 0,3395 R 2 = 0,5492
600
2000
400
1000
200
R 2 = 0,0646
0 0
340 390 440 490 540 340 390 440 490 540
Pluviom étrie annuelle à Bagoua (m m ) Pluviom étrie annuelle à Bagoua (m m )
DA P + NF Témo in + P A DA P + P A DA P + NF Témo in + P A DA P + P A
(a) (b)
6000 1600
R 2 = 0,9941 1400
5000 R 2 = 0,7749
Diff. de rendement
Diff. de rendement
1200
en paille (kg/ha)
en paille (kg/ha)
4000
1000
R 2 = 0,9974 R 2 = 0,3302
3000 800
600
2000
400
1000 R 2 = 0,0338
200
R 2 = 0,8911
0 0
340 390 440 490 540 340 390 440 490 540
Pluviom étrie annuelle à Bani (m m ) Pluviom étrie annuelle à Bani (m m )
DA P + NF Témo in + P A DA P + P A DA P + NF Témo in + P A DA P + P A
(a) (b)
6000 1600
R 2 = 0,0167 R 2 = 0,9401 R 2 = 0,6089
1400
5000
Diff. de rendement
Diff. de rendement
1200
en paille (kg/ha)
en paille (kg/ha)
4000
1000
3000 800
R 2 = 0,1495 R 2 = 0,9994
600
2000
400
1000 R 2 = 0,5928
200
0 0
340 390 440 490 540 340 390 440 490 540
Pluviom étrie annuelle à Kodey (m m ) Pluviom étrie annuelle à Kodey (m m )
Figure 58. Différence entre rendements moyens en paille (a) et en grain (b) de traitements choisis et
rendements des parcelles sans engrais et de strate non fumée (Témoin + NF) en fonction du site et de la
pluviométrie utile annuelle
139
Le taux de survie au démariage est plus élevé en moyenne en 2005 tandis que le taux
de survie à la récolte a été en moyenne meilleur en 2003, puis en 2005 qu’en 2004 (Tableau
41). Nous constatons qu’en 2003, une période de sécheresse la deuxième quinzaine de juillet
dans tous les sites a eu un impact négatif sur l’installation des plantules et le taux de survie au
démariage. La Figure 59 indique que globalement, le taux de survie au démariage diminue en
fonction du total de pluviométrie jusqu’à la date du démariage. Les taux de survie au
démariage plus faibles pour des pluviométries élevées indiquent peut-être que les flux de N
libérés lors de la première pluie (Bationo et Vlek, 1997) ont été rapidement lessivés par les
pluies suivantes et que les plantules aient moins profité de cet apport initial en N.
Le taux de survie à la récolte n’est pas influencé par la pluviométrie utile totale mais il
diminue en fonction de la différence de pluviométrie entre le démariage et la récolte. En outre,
nous avons observé que le taux de survie à la récolte n’était pas influencé par la durée totale
de stress hydrique (graphe non présenté). Rappelons que les périodes de stress hydrique ont
été estimées de façon qualitative à partir de la pluviométrie et de l’eau utile disponible.
D’autre part, il est évident que la durée totale de stress hydrique ne reflète pas la durée de
chaque période sèche et la période à laquelle elle intervient.
90
Taux de survie (%)
80
y = -0,1375x + 101,7
R 2 = 0,5046
70
y = -0,1905x + 133,26
60
R 2 = 0,2285
50
0 100 200 300 400 500 600
Pluviom étrie utile (m m )
Figure 59. Taux de survie au démariage et à la récolte en fonction de la pluviométrie utile (démariage)
(récolte) et en fonction de la différence de pluviométrie entre le démariage et la récolte (récolte2)
D’après de Rouw et Rajot (2004), le nombre d’épis est déterminé par les conditions
de croissance pendant le tallage et l’initiation de la panicule, pendant la phase végétative
(avant 50 JAS). Nous n’observons cependant pas de relation entre le nombre d’épis par
poquet et le total de pluviométrie pendant la phase végétative (graphe non présenté).
D’après les mêmes auteurs, le poids des grains est le produit du nombre de grains,
élaboré pendant la phase reproductive (entre 50 et 75 JAS) et le poids d’un grain, dépendant
des conditions pendant la phase de remplissage des grains (après 75 JAS). Nous n’observons
aucun lien entre le poids des grains par poquet et la pluviométrie totale pendant les phases
reproductive et de remplissage des grains (graphe non présenté).
Le Tableau 41 indique que, malgré la sécheresse après semis, l’année 2004 montre le
nombre d’épis par poquet et le poids des grains par épi les plus élevés. Ceux-ci ont compensé
le faible taux de survie à la récolte et permis d’obtenir les rendements en grain les plus élevés.
140
Selon de Rouw et Rajot (2004), cela signifie que les conditions de croissance ont été plus
favorables en fin de période végétative (fixation du nombre d’épis par poquet) et dans les
phases reproductrice et de remplissage des grains (fixation de poids des grains par épi) qu’en
début de cycle de croissance. Ceci est confirmé par le fait que Kodey ait subi une période
sèche après semis et que les deux autres sites aient été (re)semés tardivement.
Tableau 41. Moyennes par année (p < 0,0001 pour toutes les variables)
Rendement Rendement Taux de Taux de Poids des Nombre Nombre Poquets Poquets
en paille en grain survie au survie à la grains de talles d'épis végétatifs non
-1 -1 -1 -1 -1
Année (kg ha ) (kg ha ) démariage (%) récolte* (%) épi (g) poquet poquet * * matures*
2003 1891 634 82 80 30,9 3,20 2,85 0,64 0,47
2004 1232 674 83 63 34,4 4,01 3,10 4,98 4,28
2005 957 423 95 72 21,0 3,54 2,82 3,90 2,80
*La moyenne de 2003 a été réalisée sur les sites de Bagoua et Banizoumbou uniquement
Les rendements moyens en paille et en grain diminuent dans le sens Bagoua >
Banizoumbou > Kodey. La Figure 60 renseigne que cette moyenne n’est pas représentative
des rendements obtenus chaque année qui dépendent entre autres de la pluviométrie et des
apports en fumier effectués sur chaque site.
3000
2003
2500 2004
Rendement (kg/ha)
2000 2005
Moyenne
1500
1000
500
0
Bagoua Bani Kodey Bagoua Bani Kodey
Figure 60. Rendements moyens en paille et en grain toutes années confondues et par site (barres d’erreur
= s.e.d pour les comparaisons entre années)
Remarquons que l’effet du site est significatif sur toutes les variables mesurées
excepté le nombre talles par poquet (Tableau 8-1, Annexe 8). En moyenne sur tous les ans, les
taux de survie au démariage et à la récolte sont plus élevés à Banizoumbou qu’à Bagoua et
à Kodey. Le poids des grains moyen par épi vaut 31 g à Bagoua, 27 g à Banizoumbou et 25
g à Kodey. Le nombre d’épis par poquet est lui aussi en moyenne plus élevé à Bagoua
(3,03) qu’à Banizoumbou (2,76) et à Kodey (2,88). Rappelons que le site de Bagoua bénéficie
d’une meilleure fertilité inhérente due à des parcages effectués avant installation de l’essai.
Corg, N total et P disponible dans l’échantillon de surface prélevé avant le début de l’essai y
sont les plus élevés (Tableau 9).
141
Tableau 42. Récapitulatif des moyennes par année et par site
Taux de survie Taux de Poids des Nombre Nombre Poquets
-1
Année Site au démariage survie à la grains épi de talles d'épis Poquets non
-1 -1
(%) récolte (%) (g) poquet poquet végétatifs matures
2003 Bagoua 73 73 35,4 3,45 2,84 0,60 0,34
Banizoumbou 90 88 30,8 3,42 2,86 0,67 0,60
Kodey 84 * 26,4 2,75 * * *
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 n.s. / /
s.e.d. 1,4 1,7 0,90 0,113 0,091 / /
2004 Bagoua 88 71 37,7 3,81 3,12 5,59 4,13
Banizoumbou 92 59 29,5 3,52 2,93 8,20 6,23
Kodey 73 64 34,7 4,57 3,19 1,54 2,06
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 n.s. / /
s.e.d. 1,2 1,7 0,85 0,122 0,109 / /
2005 Bagoua 94 66 22,4 3,67 3,08 1,60 2,37
Banizoumbou 94 82 22,9 3,76 2,54 2,02 0,56
Kodey 94 68 17,5 3,17 2,61 8,04 5,81
p-valeur n.s. <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 / /
s.e.d. 0,4 1,2 0,59 0,106 0,065 / /
Notons que la différence de rendements en grain entre 2003 et 2005 semble être
causée principalement par la diminution importante du poids des grains par épi plutôt que par
les autres facteurs (Tableau 42). La différence entre les rendements obtenus en 2005 et 2004 à
Bagoua provient d’une diminution du poids des grains par épi et d’une baisse du taux de
survie, tandis qu’à Kodey et à Banizoumbou les principales variables responsables de la
baisse du rendement sont le poids des grains par épi et le nombre d’épis par poquet.
Afin de mieux comprendre l’effet du site et l’effet de l’année sur les variables
mesurées, nous nous sommes intéressé aux moyennes des parcelles de la strate NF (non
fumées), non traitées par application d’engrais et avec la variété locale. Les moyennes
représentées sont donc des moyennes sur 3 répétitions.
Sur les 121 poquets semés par parcelle, au moins 30 % meurent et moins de 50 %
portent des épis fertiles et peuvent être récoltés (Figure 61). Le nombre de poquets survivants
particulièrement faible à Banizoumbou en 2004 pourrait être expliqué par le retard de semis.
La majorité du flux d’azote libéré par la forte minéralisation en début de saison des pluies
(Bationo et Vlek, 1997) a sans doute été perdue par lessivage avant le semis. Ceci peut avoir
eu pour conséquence un développement moins vigoureux des plantules et une plus grande
sensibilité à la sécheresse.
142
140
120
parcelle
60 non matures
40 récoltés
20
0
Bani Bagoua Kodey Bani Bagoua Kodey Bani Bagoua Kodey
2003 2004 2005
Année et site
Figure 61. Nombre de poquets morts, végétatifs, non matures et récoltés dans les parcelles non fumées,
non fertilisées par engrais et de variété locale
1200
Rendement en paille
1000
Rendement (kg/ha)
Rendement en grain
800
600
400
200
0
B ani B ago ua Ko dey B ani B ago ua Ko dey B ani B ago ua Ko dey
Figure 62. Rendements moyens dans les parcelles non fumées, non fertilisées par engrais et de variété
locale
D’autre part, les rendements des parcelles diminuent au fil des ans (Figure 62). Sans
apport de fertilisants organiques ou inorganiques, les bilans en éléments nutritifs dans les sols
sahéliens deviennent de plus en plus négatifs (Bationo et al., 1998 ; Gandah et al., 2003).
Plusieurs études remarquent également une baisse rapide des rendements sur les parcelles
sans intrants. Buerkert et Lamers (1999) rapportent une baisse significative des rendements
après trois ans d’essai même avec application d’engrais inorganique. Cette baisse pourrait être
due en partie à l’acidification du sol qui induirait une fixation accrue du P (Michels et
Bielders, 2006).
En 2003, contrairement à la pluviométrie, les rendements sur les parcelles témoins
sont plus élevés à Bagoua qu’à Banizoumbou. Ceci est expliqué par l’effet de fertilité
résiduelle provenant de parcages antérieurs à l’installation de l’essai à Bagoua. Les taux de
survie à la récolte et le nombre d’épis par poquet sont plus importants à Banizoumbou qu’à
Bagoua tandis que le poids des grains par épi est supérieur à Bagoua (Figure 63). Les
rendements en grain les plus élevés observés à Bagoua sont expliqués essentiellement par le
poids des grains par épi plus élevé.
143
45 3,5
Poids des grains par épi (g) 40 3,0
35
Figure 63. Poids des grains par épi et nombre d’épis par poquet* dans les parcelles non fumées, non
fertilisées par engrais et de variété locale (*non mesuré à Kodey en 2003)
144
11.4. Effet de la strate de fertilité
L’effet de la strate est significatif sur toutes les variables mesurées (p < 0,0001). Les
rendements décroissent selon la séquence : PA > PA-1 ≅ FT ≅ PA-2 > FT-1 >FT-2 ≅ NF
(Figure 64). Les rendements des parcelles parquées dans l’année augmentent de 179 % en
paille et de 168 % en grain par rapport aux rendements de la strate non fumée. La technique
du transport de fumier permet de doubler les rendements comparée aux parcelles non fumées
(augmentations de 101 % en paille et 97 % en grain dans la strate FT). Le parcage conserve
des effets bénéfiques sur les rendements deux ans après application.
De Rouw et Rajot (2004) notent que l’application de fumier à 5000 kg MS ha-1
correspondent approximativement à un apport de 71 kg N, 9 kg P et 40 kg K ha-1. Le N et P
apportés par l’application de fumier permettent d’augmenter les rendements en grain en
stimulant le tallage et augmentant le nombre de panicules (de Rouw, 2004) ainsi qu’en
favorisant le remplissage précoce des grains (Muehlig-Versen et al., 2003). L’apport de
fumier récent favorise également le développement racinaire (Michels et Bielders, 2006) et
permet une croissance initiale des feuilles plus rapide, ce qui permet d’augmenter l’efficience
de l’utilisation d’eau et la productivité (Bationo et al., 1998 ; Shapiro et Sanders, 1997).
2500
Rendement en paille
2000
Rendement (kg/ha)
Rendement en grain
1500
1000
500
0
FT FT-1 FT-2 NF PA PA-1 PA-2
Strate de fertilité
Figure 64. Rendements moyens toutes années confondues par strate de fertilité (barres d’erreur = s.e.d.
sauf FT-1 et FT-2)
Nous remarquons que la différence entre les rendements obtenus dans les strates PA et
PA-1 est en moyenne plus élevée que celle existant entre les strates PA-1 et PA-2. Cela peut
être expliqué par la disparition rapide de l’urine et la vitesse de décomposition exponentielle
de la partie facilement minéralisable de la MO apportée au sol. Powell et al. (1996) notent que
approximativement 50 % de N excrété par les animaux est présent dans l’urine mais les pertes
en N peuvent être substantielles et rapides (lessivage, dénitrification et surtout volatilisation
de NH3) si N n’est pas utilisé par les plantes. L’urine constitue une source de N et K et elle
permet d’augmenter la disponibilité de P du sol (Powell et Valentin, 1997). Powell et Valentin
(1997) rapportent que le P contenu dans le fumier minéralise plus rapidement dans le sol que
le P de la biomasse végétale. Les taux de décomposition de la MO diminuent avec le
temps car les composants restants sont plus chargés en lignine et en polyphénols et sont plus
145
difficiles à minéraliser (Esse et al., 2000). Les résidus de matière organique au sol se
décomposent plus lentement après la première année et les apports en minéraux disponibles
pour les plantes diminuent, ce qui explique la baisse de rendement progressive observée.
La strate PA permet en moyenne d’obtenir des rendements supérieurs à la strate FT.
Ceci pourrait s’expliquer d’une part par les quantités de fumier appliquées, qui sont mal
connues. D’autre part, le fumier de parcage est de meilleure qualité que le fumier transporté.
Il contient de l’urine et des déjections tandis que le fumier transporté est « coupé » par des
déchets ménagers, des cendres et des résidus végétaux. Le taux de N dans le fumier transporté
est souvent plus faible que dans le fumier de parcage, le NH3 présent dans l’urine étant le plus
souvent perdu par volatilisation avant même l’épandage du fumier transporté (Esse et al.,
2001).
Contrairement aux strates de parquées, la différence entre les rendements obtenus dans
les strates FT-1 et FT-2 est en moyenne supérieure à celle existant entre les strates FT et FT-1.
Rappelons cependant qu’une strate de fumier transporté est ajoutée par an à l’essai et que FT-
1 est la moyenne entre 2004 et 2005 tandis que FT-2 ne concerne que 2005. Les comparaisons
concernant les strates FT-1 et FT-2 sont donc biaisées car les échantillons ne possèdent pas le
même nombre d’effectifs.
Les Figure 65 et Figure 66 illustrent la distribution des rendements en fonction des
quantités de MOF mesurées au sol. Notons que les strates parquées dans l’année forment un
cluster isolé caractérisé par les plus hautes valeurs de MOF. Nous ne constatons cependant
pas de corrélation graphique claire. L’analyse des corrélations entre variables n’avait relevé
qu’une corrélation dont le coefficient était supérieur à 0,5 entre quantité de MOF et
rendement en grain : à Banizoumbou en 2004. Les mesures de MOF résiduelles ne sont que
des estimateurs imparfaits de la quantité réelle de fumier apportée dans chaque strate et de la
quantité réelle de matière organique et d’éléments assimilables par le mil présents dans le sol,
particulièrement dans les strates PA-1 et PA-2.
Il est donc difficile de comparer les doses de fumier appliquées dans cet essai aux
doses recommandées par la littérature. L’apport de 18 000 kg de fumier dans les strates FT et
PA en 2005 à Kodey donne des indications importantes. Lors de la mesure au placeau environ
3 mois après application du fumier, seulement 4700 kg MOF ha-1 des 18000 kg fumier ha-1
initiaux subsistent en PA05 et seulement 500 kg MOF ha-1en FT05. Le parcage de l’année
apporte au moins 4500 kg MOF ha-1 (Figure 65 et Figure 66), mais probablement beaucoup
plus si l’on se base sur les vitesses de disparition du fumier appliqué en 2005 à Kodey
(disparition de 74 % du fumier appliqué par parcage et de 97 % du fumier transporté entre le
moment de l’apport et la date de mesure des doses résiduelles). Les doses de fumier
appliquées seraient alors très élevées (environ 18000 kg fumier ha-1) par rapport aux quantités
recommandées par différents auteurs. Les quantités recommandées citées par de Rouw et
Rajot (2004) pour une production durable de mil varient de 5000 kg MS ha-1 par année après
une période de jachère, 9000 kg MS ha-1 tous les 3 ans et 2100 à 3200 kg MS ha-1 tous les 2
ans tandis que Brouwer et Powell (1998) recommandent une application de 2500 kg MS ha-1
par an.
146
Les mesures de MOF sous-estiment donc fortement les quantités de fumier appliquées
dans l’année. Il est probable qu’une partie des nutriments présents dans le fumier soit perdue
par lessivage, surtout les années de bonne pluviométrie. Plusieurs auteurs conseillent, si le
fumier est disponible, de diminuer les taux d’application pour augmenter l’aire traitée et donc
augmenter les rendements sur une plus grande superficie tout en réduisant le risque de
lessivage (Gandah et al., 2003 ; Esse et al., 2001).
2500
Rendement en paille (kg/ha)
2000
1500
1000
500
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
MOF résiduelle (kg/ha)
B ago ua (2004) B anizo umbo u (2004) Ko dey (2004)
B ago ua (2005) B anizo umbo u (2005) Ko dey (2005)
Figure 65. Rendements moyens en paille en fonction de la MOF résiduelle mesurée. Chaque point
représente une moyenne par strate.
1400
Rendement en grain (kg/ha)
1200
1000
800
600
400
200
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
MOF résiduelle (kg/ha)
B ago ua (2004) B anizo umbo u (2004) Ko dey (2004)
B ago ua (2005) B anizo umbo u (2005) Ko dey (2005)
Figure 66. Rendements moyens en grain en fonction de la MOF résiduelle mesurée. Chaque point
représente une moyenne par strate.
Le Tableau 43 indique que le nombre d’épis par poquet et le poids des grains par épi
suivent la même évolution que les rendements, ainsi que, dans une moindre mesure le taux de
survie à la récolte. Notons que la pratique du parcage permet d’améliorer les taux de survie à
la récolte. Ceci est dû essentiellement à un taux de survie plus élevé entre le démariage et la
récolte, plutôt qu’à une meilleure levée des plantules. L’application de fumier permet
d’augmenter le nombre d’épis par poquet et le poids des grains par épis, favorisant par là un
meilleur rendement en grain. Ceci concorde en partie avec les observations de de Rouw et
147
Rajot (2004) qui notent que l’effet positif du fumier se marque par une stimulation du tallage
et une augmentation du nombre de panicules plutôt que par des augmentations des autres
composantes du rendement. Rappelons que dans cet essai, l’effet de la strate de fertilité sur le
nombre d’épis par poquet n’a été significatif qu’en 2005.
Le nombre de poquets non matures ou végétatifs diminue pour les parcelles les plus
récemment fumées. Cette observation est confirmée par les études montrant que l’application
de N et de P stimule le tallage, la floraison hâtive et la fertilité des talles (Winkel et Do, 1992 ;
Winkel et al., 1997).
148
2000
Rendement (kg/ha)
1500
1000
500
0
DAP DAP + urée Témoin
Rendement en paille
Niveau de fertilisation
Rendement en grain
Figure 67. Rendements moyens toutes années confondues par niveau de fertilisation (barre d’erreur =
s.e.d.)
149
Figure 68. Graphe « boxplot » du rendement en grain moyen de 2003 à 2005 (kg ha-1) illustrant
l’interaction strate x fertilisation
160
140
grain (DAP-Témoin) (kg/ha)
Différence de rendement en
120
100
80
60
40
20
0
-20 FT FT-1 FT-2 NF PA PA-1 PA-2
-40
Strate
Figure 69. Différence de rendement en grain par strate entre parcelles témoins et fertilisées par DAP
L’effet de la variété est significatif pour toutes les variables mesurées. La variété
locale permet d’obtenir les plus grands rendements en paille. Les rendements obtenus par les
variétés Zatib et ICMV ne diffèrent pas significativement, ils valent 84 % et 89 % des
rendements en paille de la variété locale. La variété ICMV permet une augmentation du
rendement en grain de 12 % par rapport au rendement de la variété locale. Malgré sa
résistance au mildiou, la variété Zatib offre un rendement en grain valant 97 % du rendement
de la variété locale, mais la différence n’est pas significative.
Les variétés améliorées ont un effet significatif sur les indices de récolte, ils valent en
moyenne 29,2 , 27,4 et 25,4 % pour les variétés ICMV, Zatib et locale, respectivement (s.e.d.
= 0,41 %). Les taux de survie au démariage et à la récolte suivent la même évolution que les
indices de récolte, mais les comparaisons entre variétés ICMV et Zatib ne sont pas
significatives (Tableau 45). Le nombre moyen de talles par poquet est plus élevé pour la
variété locale que pour les variétés améliorées tandis que le nombre d’épis par poquet est plus
150
élevé pour les variétés ICMV et locale (non statistiquement différentes) que pour la variété
Zatib. Le poids des grains par épi est par contre plus élevé chez la variété locale que chez les
variétés améliorées.
La variété ICMV, possédant à la fois le meilleur taux de survie à la récolte et le
meilleur nombre d’épis par poquets, atteint les meilleurs rendements en grain. La variété
locale donne le second rendement en grain principalement grâce au poids élevé des grains par
épi. Enfin, le nombre de poquets végétatifs et non matures est plus important pour la variété
locale, les variétés améliorées possédant des avantages en terme de résistance face aux
insectes et aux maladies.
2000
Rendement (kg/ha)
1500
1000
500
0
ICMV IS 8930 Locale ZATIB
Rendement en paille
Variété
Rendement en grain
151
200
ICMV IS 89305
100
Zatib
Différence de rendement en
0
300 350 400 450 500 550
-100
paille (kg/ha)
-200
-300
-400
-500
-600
-700
Pluviom étrie annuelle utile (m m )
Figure 71. Différence de rendement en paille avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile
300
ICMV IS 89305
250
Zatib
200
Différence de rendement en
150
grain (kg/ha)
100
50
0
-50300 350 400 450 500 550
-100
-150
-200
Pluviom étrie annuelle utile (m m )
Figure 72. Différence de rendement en grain avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile
200
ICMV IS 89305
100
Zatib
paille avec la variété locale
Différence de rendement en
0
300 350 400 450 500 550
-100
-200
(kg/ha)
y = -2,9773x + 1003,5
-300
R2 = 0,2255
-400
y = -4,3186x + 1504,7
-500
R2 = 0,473
-600
-700
Pluviom étrie annuelle utile (m m )
Figure 73. Différence de rendement en paille avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile (sans la pluviométrie à Kodey en 2004)
152
Conclusions
L’analyse des résultats de l’essai par année et toutes années confondues permet de
surligner les pratiques permettant d’obtenir les meilleurs rendements en grain et paille de mil.
Dans cet essai, les pratiques de gestion de la fertilité organique (parcage et transport
de fumier) réalisées avant la saison de culture permettent d’obtenir les meilleurs rendements.
Les rendements des parcelles où un parcage a été effectué dans l’année augmentent de
168 % (en grain) et de 176 % (en paille) par rapport aux parcelles non fumées. La technique
du transport de fumier permet de doubler les rendements en paille et en grain comparé aux
parcelles non fumées. Ceci résulte dans les deux cas d’une augmentation du nombre d’épis
par poquet et du poids des grains par épi. La pratique du parcage permet en outre d’améliorer
les taux de survie à la récolte par rapport aux parcelles non fumées et aux parcelles traitées par
fumier transporté.
Nous attribuons les différences de rendements entre le parcage et le fumier transporté
à la qualité du fumier plutôt qu’à leurs doses d’application. Le fumier de parcage est plus
riche en P et N que le fumier transporté qui est « coupé » par des déchets ménagers, des
cendres, des résidus végétaux et dont le NH3 présent dans l’urine est le plus souvent perdu par
volatilisation avant l’épandage.
Nous avons relevé un effet résiduel significatif du parcage sur les rendements en paille
et en grain pendant trois saisons de culture consécutives. L’effet résiduel de la pratique de
transport de fumier est également présent, au moins jusqu’à la deuxième saison de culture.
L’effet résiduel du parcage vieux d’un an et de 2 ans n’est pas significativement différent de
l’effet du transport de fumier effectué dans l’année.
D'autre part, les taux d’application du fumier ont été estimés à 18 t ha-1 en 2004 et
2005. Il est donc probable qu’une partie des nutriments présents dans le fumier ait été perdue
par lessivage. Nous conseillons, si le fumier est disponible, de diminuer les taux d’application
pour augmenter l’aire traitée et d’augmenter les rendements sur une plus grande superficie
tout en réduisant le risque de lessivage.
Bien que ces techniques utilisant le fumier ne permettent pas d’ajouter des nutriments
au système agro-pastoral en lui-même, elles sont néanmoins un moyen de transfert et de
recyclage d’éléments minéraux et de matière organique à différentes échelles à l’intérieur du
système. Il est primordial d’optimiser et d’intensifier ces techniques dans un contexte où les
agriculteurs locaux ont peu accès aux autres formes de fertilisation.
Malgré le rôle important du fumier pour soutenir la productivité des cultures, deux
questions importantes se posent :
- Les quantités de fumier disponibles sont-elles suffisantes pour permettre une
production alimentaire adéquate et améliorer la qualité du sol à long terme ?
- Quelle est la capacité des terres de pâtures à supporter le bétail et la récolte de
nutriments en vue de fumer les cultures ?
153
Les agriculteurs possédant beaucoup de bétail ont la capacité potentielle de maintenir
la fertilité du sol par l’application de fumier, soit par leurs propres animaux, soit via leurs
ressources financières pour engager des bergers transhumants dans des contrats de parcage.
La plupart des agriculteurs sahéliens sont généralement trop pauvres pour posséder
suffisamment de bétail et sont donc moins capables de lutter contre l’épuisement du sol en
nutriments. Tant que les pâturages naturels restent la principale source d’alimentation pour le
bétail, les éleveurs et agriculteurs riches (en bétail) profiteront le plus de la récolte de
nutriments effectuée dans les pâturages et transportée aux cultures par le fumier.
Les résultats de cet essai ont permis de mettre en évidence le fait que l’application
d’engrais permettait d’augmenter les rendements en grain de 15 à 19 % grâce à
l’augmentation du taux de survie à la récolte et du nombre d’épis par poquet. La fertilisation
favorise également un développement plus rapide des plants. Contrairement au parcage,
l’effet du DAP est très peu dépendant de la pluviométrie. Aux doses utilisées dans cet essai,
nous recommandons l’application du DAP seul par rapport à l’application de DAP + urée car
les rendements ne diffèrent pas significativement entre les deux types de fertilisation.
L’application du DAP seul permet d’économiser le coût de l’urée et le travail nécessaire à son
application après le démariage.
Nous avons relevé que l’effet du DAP est d’autant plus marqué que le parcage et le
transport de fumier sont anciens. D’autre part, les effets du parcage sur le rendement en grain
sont encore importants un et deux ans après application. Les résultats indiquent que les
agriculteurs gagneraient à appliquer DAP placé au poquet comme apport-relai en nutriments à
partir de la 2ème, voire de la 3ème année après le parcage. L’utilisation de fertilisants minéraux
en combinaison avec un apport en matière organique a été recommandée par de nombreux
auteurs afin de réduire le besoin en superficie de pâturage et d’augmenter la capacité des sols
à stocker plus d’éléments nutritifs en diminuant les risques d’acidification.
Les variétés testées ont révélé différents avantages et inconvénients. La variété locale,
sélectionnée par les agriculteurs depuis de nombreuses années et adaptée à la région du
Fakara, fournit les meilleurs rendements en paille. La variété améliorée ICMV IS 89305
permet une augmentation du rendement en grain de 12 % par rapport au rendement de la
variété locale. La variété ICMV peut être recommandée aux agriculteurs qui désirent une
augmentation du rendement en grain aux dépends de la production en paille (le rendement en
paille baisse de 10 % par rapport à la variété locale). La variété Zatib produit des rendements
en grain non significativement différents de ceux de la variété locale mais la production de
paille est moindre.
Les variétés améliorées ont amélioré les taux de survie au démariage et à la récolte et
ont présenté des contaminations par le mildiou et des infestations par l’adventice shibra
légèrement plus faibles que la variété locale. Les semences de variétés améliorées sont
toutefois coûteuses et actuellement très peu accessibles pour l’agriculteur sahélien, qui
préfèrera en général semer une partie de sa récolte en grain de l’année précédente.
154
Les rendements en mil varient fortement d’un site à l’autre et en fonction de la
pluviométrie. La pluviométrie annuelle étant très variable même sur de courtes distances, la
pratique actuelle qui consiste à disperser les parcelles agricoles dans l’espace semble
entièrement justifiée afin de limiter les risques d’échec de la culture.
155
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161
162
Annexes
1-2
Annexes 2-3
2-3
Annexes 3-4
Capacité d'Echg. Cationique) AgTU 0.01M Lecture Ag par Spectro d’Abs. Atomique
(méthode Argent Thiourée)
NB: Le manuel de reférence pour ces méthodes d'analyse (exception faite pour N, P, K, Ca et Mg totaux) est le
suivant: Technical Paper No. 9, PROCEDURES FOR SOIL ANALYSES
FOURTH EDITION, Edited by L. P. van Reeuwijk, 1993
INTERNATIONAL SOIL REFERENCE AND INFORMATION CENTRE (ISRIC)
Pour N, P, K, Ca et Mg totaux, se reférer à:
Soil Analysis Procedures, Other Procedures(Soil and Plant Analysis, Part 5B), Syllabus'1995
Edited by V. J. G. Houba, J. J. van der lee and I. Novozamsky
Departement of Soil Science and Plant Nutrition / Wageningen Agricultural University
3-4
Annexes 4-5
Median
Median
Median
4-5
Annexes 4-6
Median
Figure 4-4. Distribution de la variable « poids des grains par épi (g) »
M ean 2,8890
S tD ev 0,9609
V ariance 0,9233
S kew ness 2,1644
Kurtosis 13,3790
N 1317
M inimum 0,0000
1st Q uartile 2,3307
M edian 2,7632
3rd Q uartile 3,2828
0 2 4 6 8 10 12 M aximum 12,2143
95% C onfidence Interv al for M ean
2,8371 2,9409
95% C onfidence Interv al for M edian
2,7044 2,8000
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
0,9255 0,9990
Mean
Median
M ean 3,5859
S tD ev 1,2714
V ariance 1,6163
S kew ness 1,9154
Kurtosis 12,4183
N 1456
M inimum 0,2308
1st Q uartile 2,7714
M edian 3,4000
3rd Q uartile 4,2500
0,0 2,5 5,0 7,5 10,0 12,5 15,0 17,5 M aximum 17,5000
95% C onfidence Interv al for M ean
3,5205 3,6512
95% C onfidence Interv al for M edian
3,3333 3,4667
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
1,2268 1,3193
Mean
Median
4-6
Annexes 4-7
Median
70 71 72 73 74 75 76
Median
86 88 90 92 94
Median
0 1 2 3 4
4-7
Annexes 4-8
Median
Figure 4-10. Distribution de la variable « nombre de poquets non matures par parcelle »
4-8
Annexes 5-9
5. Pluviométrie
80
70
Pluviométrie (mm)
60
50
40
30
20
10
0
17 n
24 n
in
t
il
15 l
10 n
9- t
16 pt
22 l
29 l
il
i
ep
p
ju
ju
-ju
-ju
-ju
i
i
i
-ju
-ju
-ju
ju
se
se
1-
8-
-s
3-
2-
Date
80
70
Pluviométrie (mm)
60
50
40
30
20
10
0
17 n
24 n
in
t
il
15 l
10 n
9- t
16 pt
22 l
29 l
il
i
ep
p
ju
ju
-ju
-ju
-ju
i
i
i
-ju
-ju
-ju
ju
se
se
1-
8-
-s
3-
2-
Date
80
70
Pluviométrie (mm)
60
50
40
30
20
10
0
17 n
24 n
in
t
il
15 l
10 n
9- t
16 pt
22 l
29 l
il
i
ep
p
ju
ju
-ju
-ju
-ju
i
i
i
-ju
-ju
-ju
ju
se
se
1-
8-
-s
3-
2-
Date
5-9
Pluviométrie (mm)
Pluviométrie (mm)
Pluviométrie (mm)
19 19 19
-m -m -m
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
2 6 ai 26 ai 26 ai
-m -m -m
a a a
2- i 2- i 2- i
ju ju ju
in in in
9- 9- 9-
ju ju ju
16 in 1 6 in 1 6 in
-ju -ju -ju
2 3 in 23 in 23 in
-ju -ju -ju
3 0 in 30 in 30 in
-ju -ju -ju
in in in
7- 7- 7-
ju ju ju
14 il 1 4 il 14 il
-ju -ju -ju
2 1 il 21 il 21 il
-ju -ju -ju
2 8 il 28 il 28 il
Date
Date
Date
-ju -ju -ju
il il il
1- 1- 1-
se se se
p p t p
8- t 8- t 8-
se se se
15 pt 15 pt 15 pt
-s -s -s
Les pluies en noir indiquent le semis, le resemis et la dernière pluie enregistrée avant la récolte.
5-10
5-10
Pluviométrie (mm)
Pluviométrie (mm) Pluviométrie (mm)
0
10
20
30
40
50
60
9- 9-
9-mai m m
0
10
20
30
40
50
60
0
10
20
30
40
50
60
ai ai
16-mai 23 23
-m -m
23-mai ai ai
30-mai
6- 6-
6-juin ju ju
in in
13-juin 20 20
- ju -ju
20-juin in in
27-juin
4- 4-
4-juil ju ju
il il
11-juil 18 18
- ju -ju
18-juil il il
25-juil
Date
1-août
Date
Date
8-août
15-août
Pluviométrie à Bagoua en 2005
22-août
12 12
5-sept -s -s
ep ep
12-sept t t
26 26
19-sept -s
ep
-s
ep
t t
26-sept
-o -o
ct ct
10-oct
Les pluies en noir indiquent le semis et la dernière pluie enregistrée avant la récolte.
5-11
5-11
Annexes 6-12
6-12
Annexes 6-13
Tableau 6-4. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs tous sites confondus en 2003
Tous sites Rendement Rendement Indice de Poids des grains Nombre talles
2003 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1
6-13
Annexes 6-14
6-14
Annexes 6-15
Tableau 6-8. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs tous sites confondus en 2004
Nombre
Poids Nombre de
Indice des Nombre Nombre Survie de poquets
Tous sites Rendement Rendement de grains d'épis talles à la Survie au poquets non
2004 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
récolte démariage végétatifs matures MOV
Rendement grain 0,705
0
Indice de récolte -0,35 0,312
0 0
Poids des grains
-1 0,451 0,547 0,195
épi
0 0 0
Nombre d'épis
-1 0,335 0,403 0,052 0,114
poquet
0 0 0,259 0,012
Nombre talles
-1 0,444 0,294 -0,189 0,402 0,283
poquet
0 0 0 0 0
Survie à la récolte 0,388 0,6 0,272 0 -0,139 -0,062
0 0 0 0,994 0,002 0,177
Survie au démariage -0,104 0,107 0,256 -0,322 -0,203 -0,454 0,399
0,022 0,019 0 0 0 0 0
Nombre de poquets
-0,503 -0,547 -0,085 -0,279 -0,249 -0,314 -0,509 0,266
végétatifs
0 0 0,062 0 0 0 0 0
Nombre de poquets
-0,395 -0,393 0,099 -0,171 -0,177 -0,241 -0,272 0,254 0,445
non matures
0 0 0,029 0 0 0 0 0 0
MOV -0,103 0,035 0,192 -0,074 -0,053 -0,059 0,139 0,16 0,019 0,035
0,024 0,45 0 0,106 0,243 0,193 0,002 0 0,673 0,443
MOF 0,284 0,322 0,022 0,172 0,102 0,144 0,213 -0,091 -0,24 -0,225 -0,01
0 0 0,637 0 0,026 0,001 0 0,045 0 0 0,828
6-15
Annexes 6-16
6-16
Annexes 6-17
Nombre de poquets
-0,061 -0,1 0,016 -0,014 0,026 -0,189 -0,311 0,074 0,488
non matures
0,401 0,05 0,831 0,843 0,722 0,009 0 0,311 0
MOV 0,249 0,2 -0,092 -0,02 0,19 0,067 -0,014 0,04 -0,241 -0,093
0,001 0,01 0,207 0,78 0,009 0,359 0,854 0,583 0,001 0,203
-
MOF -0,08 0,25 0,22 -0,018 0,097 0,137 0,339 0,165 -0,275 -0,359
0,345
0,274 0 0,002 0,804 0,184 0,061 0 0,023 0 0 0
Tableau 6-12. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs tous sites confondus en 2005
Nombre
Poids Nombre de
Indice des Nombre Nombre Survie de poquets
Tous sites Rendement Rendement de grains d'épis talles à la Survie au poquets non
2005 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
récolte démariage végétatifs matures MOV
Rendement grain 0,543
0
Indice de récolte -0,412 0,42
0 0
Poids des grains
-1 0,292 0,69 0,416
épi
0 0 0
Nombre d'épis
-1 0,316 0,44 0,102 0,13
poquet
0 0 0,015 0,002
Nombre talles
-1 0,307 0,41 0,055 0,394 0,246
poquet
0 0 0,192 0 0
Survie à la récolte 0,28 0,39 0,067 -0,072 -0,224 0,09
0 0 0,111 0,087 0 0,031
Survie au démariage 0,042 0,1 0,06 -0,139 0,059 -0,103 0,263
0,313 0,02 0,156 0,001 0,159 0,014 0
Nombre de poquets
-0,202 -0,4 -0,182 -0,148 -0,17 -0,269 -0,471 0,033
végétatifs
0 0 0 0 0 0 0 0,439
Nombre de poquets
-0,11 -0,4 -0,225 -0,25 -0,051 -0,25 -0,313 0,071 0,519
non matures
0,009 0 0 0 0,229 0 0 0,093 0
MOV 0,113 0,16 0,023 0,021 0,018 0,178 0,274 0,135 -0,174 -0,131
0,007 0 0,579 0,62 0,676 0 0 0,001 0 0,002
-
MOF 0,168 0,15 -0,018 0,101 0,151 0,133 0,058 -0,014 -0,164 -0,204
0,165
0 0 0,663 0,016 0 0,001 0,17 0,734 0 0 0
6-17
Annexes 7-18
7-18
Annexes 7-19
Annexes 7-19
Annexes 7-20
Annexes 7-20
Annexes 7-21
Annexes 7-21
Annexes 7-22
Annexes 7-22
Annexes 7-23
Annexes 7-23
Annexes 7-24
Annexes 7-24
Annexes 7-25
Annexes 7-25
Annexes 7-26
Annexes 7-26
Annexes 7-27
Annexes 7-27
Annexes 7-28
Annexes 7-28
Annexes 7-29
Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey
Rendement FT03 792,4 667,7 689,8 1019,6 Nombre de talles FT03 3,495 3,321 3,695 3,469
-1
en paille FT04 830 913,4 922,7 654 poquet FT04 3,511 3,464 4,263 2,808
-1
(kg ha ) FT05 977,6 765,2 978,9 1188,7 FT05 3,6856 3,909 3,952 3,196
NF 518 545,3 459,8 549,1 NF 2,757 2,783 3,109 2,38
PA03 1175 1164,5 988,4 1372 PA03 3,5749 3,862 3,894 2,969
PA04 1069,5 1083,2 1209 916,4 PA04 3,871 3,81 3,838 3,965
PA05 1043,5 1171,6 1171 788 PA05 3,831 4,512 3,592 3,39
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 p-valeur <,0001 0,0001 0,0003 <,0001
Rendement FT03 352,7 360 402,2 295,9 Taux de survie FT03 71,51 65,75 80,52 68,27
en grain FT04 395,8 476,6 489,3 221,7 à la récolte FT04 70,64 72,38 82,26 57,29
-1
(kg ha ) FT05 406,8 379,2 484,1 357,2 (%) FT05 78,3 74,85 89,07 70,96
NF 224,1 241,6 263,1 167,6 NF 61,35 55,69 70,87 57,48
PA03 530,9 557,6 709,4 325,6 PA03 75,34 69 86,97 70,05
PA04 503,7 533,4 647,3 330,3 PA04 73,78 69,36 82,53 69,46
PA05 450,7 550,4 449,5 352,2 PA05 72,76 57,93 79,15 81,21
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
Indice de récolte FT03 27,633 31,52 31,14 20,24 Taux de survie FT03 94,092 93,909 94,674 93,69
(%) FT04 28,12 30,16 29,36 24,84 au démariage FT04 92,705 95,103 92,26 90,76
FT05 26,316 28,864 28,89 21,2 (%) FT05 96,306 97,429 95,99 95,5
NF 26,545 27,55 29,65 22,43 NF 92,307 92,929 90,57 93,419
PA03 27,313 28,68 34,821 18,436 PA03 95,919 94,98 97,092 95,684
PA04 27,225 28,986 30,59 22,1 PA04 94,705 94,215 94,827 95,072
PA05 26,812 28,747 25,45 26,24 PA05 93,797 92,593 93,235 95,562
p-valeur n.s. n.s. <,0001 0,0004 p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
Poids des FT03 20,495 22,39 20,98 18,12 Nombre de poquets FT03 4,506 3,148 1,519 8,85
-1
grains épi FT04 20,999 24,28 22,6 16,122 végétatifs FT04 3,173 1,037 1,296 7,19
(g) FT05 19,131 17,239 22,036 18,12 FT05 0,556 0,259 0,481 0,926
NF 17,806 16,948 17,47 19 NF 9,06 4,93 7,67 14,59
PA03 23,168 25,36 26,554 17,594 PA03 7,3 0,2222 0,37 21,3
PA04 22,48 23,56 27,84 16,041 PA04 0,951 0,741 1,259 0,852
PA05 22,316 27,034 22,59 17,32 PA05 1,654 0,889 1,519 2,556
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 n. s.
Nombre d’épis FT03 2,4796 2,559 2,4059 2,4734 Nombre de poquets FT03 3,654 3,963 0,778 6,222
-1
poquet FT04 2,6061 2,797 2,578 2,4433 non matures FT04 2,753 2,296 0,37 5,593
FT05 2,8021 3,062 2,5096 2,8352 FT05 2,123 2,778 0,1111 3,481
NF 2,227 2,686 1,87 2,127 NF 3,84 3,148 0,815 7,556
PA03 3,0484 3,389 3,0764 2,68 PA03 4,469 2,074 0,333 11
PA04 3,087 3,409 2,844 3,0078 PA04 2,284 1,37 0,593 4,889
PA05 2,9541 3,673 2,5109 2,678 PA05 1,259 0,963 0,889 1,926
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
Annexes 7-29
Annexes 7-30
Annexes 7-30
Annexes 8-31
*Les strates FT-1 et FT-2 ont été omises pour que les moyennes entre années possèdent le même
effectif
8-31
Annexes 8-32
Annexes 8-32
Annexes 8-33
Annexes 8-33
Annexes 8-34
Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey
Rendement FT 1405,5 1555,9 1251 1409,8 Nombre de talles FT 3,8541 4,333 3,5259 3,704
-1
en paille FT-1 1116,6 1186,4 796,8 1366 poquet FT-1 3,6241 3,413 3,885 3,575
-1
(kg ha ) FT-2 792,4 667,7 689,8 1019,6 FT-2 3,495 3,321 3,695 3,469
NF 700,8 875,8 607,9 616,4 NF 2,8217 2,892 2,8732 2,701
PA 1957 1974 2624 1272,9 PA 3,8686 3,9 4,029 3,677
PA-1 1433,3 1624,1 1530 1145,5 PA-1 3,7816 3,979 3,635 3,731
PA-2 1299,5 1451,3 1307 1140,1 PA-2 3,6018 3,437 3,615 3,753
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Rendement FT 587 597,6 644,2 519,4 Taux de survie FT 73,26 65,34 85,72 66,44
en grain FT-1 546,1 668,2 469 501,1 à la récolte FT-1 71,45 74,46 72,38 67,51
-1
(kg ha ) FT-2 352,7 360 402,2 295,9 (%) FT-2 71,51 65,75 80,52 68,27
NF 298,1 390,4 275,7 226,9 NF 60,24 64,5 56,65 59,24
PA 799,4 883 967,3 547,9 PA 78,67 72,53 87,61 74,46
PA-1 619,6 687,1 682,3 489,6 PA-1 71,89 69,32 78,14 66,35
PA-2 571,9 668,8 612 435,2 PA-2 69,88 74,14 71,85 60,56
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Indice de récolte FT 26,657 25,862 30,044 24,064 Taux de survie FT 84,49 73,83 95,011 84,63
(%) FT-1 29,183 31,514 31,305 24,73 au démariage FT-1 93,057 97,062 93,465 88,64
FT-2 27,633 31,52 31,14 20,24 (%) FT-2 94,092 93,909 94,674 93,69
NF 25,648 27,266 26,304 23,416 NF 86,872 90,8 86,88 82,94
PA 27,574 28,397 27,72 26,604 PA 89,719 88,08 95,97 85,1
PA-1 26,978 26,956 28,76 25,217 PA-1 85,556 81,55 92,705 82,41
PA-2 28,314 28,761 30,816 25,396 PA-2 85,66 87,95 89,25 79,78
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Poids des FT 29,329 31,24 27,895 28,85 Nombre de poquets FT 1,292 0,741 1,765 1,407
-1
grains épi FT-1 26,614 30,73 24,825 24,28 végétatifs FT-1 4,475 4,037 5,8 3,593
(g) FT-2 20,495 22,39 20,98 18,12 FT-2 4,506 3,148 1,519 8,85
NF 23,179 26,41 21,631 21,4 NF 8,407 7,56 8,93 8,91
PA 31,14 35,7 30,253 27,47 PA 1,292 0,988 1,284 1,759
PA-1 30,004 33,65 29,95 26,41 PA-1 1,282 0,642 1,938 1,259
PA-2 29,813 31,731 29,88 27,83 PA-2 5,171 2,247 3,951 11,39
p-valeur <,0001
Nombre d’épis FT 2,9623 3,1797 2,7111 3,013 Nombre de poquets FT 2,032 1,704 1,543 3,259
-1
poquet FT-1 2,8133 2,9371 2,6191 2,884 non matures FT-1 3,086 2,352 4 2,907
FT-2 2,4796 2,559 2,4059 2,4734 FT-2 3,654 3,963 0,778 6,222
NF 2,3062 2,3864 2,0627 2,528 NF 4,477 5,309 3,086 5,315
PA 3,3274 3,5077 3,39 2,9634 PA 1,449 1,667 0,988 1,815
PA-1 3,1504 3,303 2,995 3,155 PA-1 2,356 1,136 2,852 3,444
PA-2 2,8956 2,9661 2,8038 2,926 PA-2 3,542 1,654 3,358 6,648
p-valeur <,0001
Annexes 8-34
Annexes 8-35
Annexes 8-35
Annexes 8-36
Annexes 8-36
Annexes 8-37
Annexes 8-37
Annexes 8-38
Annexes 8-38
Annexes 8-39
Annexes 8-39
Annexes 9-40
Figure 9-1. Photos des parcelles d’essai le 13 juillet 2005 (source : B. Gérard)
Les légendes indiquent le nom du champ, la strate de fumure organique (PA03 ou NF), la variété
(Ecotype = locale ou Zatib) et le niveau de fertilisation minérale (DAP ou témoin)
9-40
Annexes 9-41
9-41
Annexes 10-42
60
P A 05
40 FT03
FT04
20
FT05
0
A pparitio n A pparitio n Flo raiso n Flo raiso n M aturité
de la du 50 %
feuille du panicule
panicule
Stade phénologique
P A 04
60
P A 05
40 FT03
FT04
20 FT05
0
Emergence A pparitio n de A pparitio n du Flo raiso n Flo raiso n 50 M aturité
du 1er talle la feuille du panicule %
panicule
Stade phénologique
100
NF
80 P A 03
P A 04
60
P A 05
40 FT03
FT04
20 FT05
0
A pparitio n de la A pparitio n du Flo raiso n Flo raiso n 50 % M aturité
feuille du panicule
panicule
Stade phénologique
Figure 10-1. Evolution de la phénologie de la tige principale du mil au cours de la saison 2005 en
fonction des strates de fertilité à Bagoua, Banizoumbou et Kodey
10-42
Annexes 10-43
100
80 DA P
DA P + urée
JAS
60 Témo in
ICM V
40
Zatib
20 Lo cale
0
A pparitio n de la A pparitio n du Flo raiso n Flo raiso n 50 % M aturité
feuille du panicule
panicule
Stade phénologique
100
80 DA P
DA P + urée
JAS
60 Témo in
ICM V
40
Zatib
20 Lo cale
0
Emergence Apparition Apparition Floraison Floraison Maturité
du 1er talle de la feuille du panicule 50 %
du panicule
Stade phénologique
100
80 DA P
DA P + urée
JAS
60 Témo in
ICM V
40
Zatib
20 Lo cale
0
A pparitio n de la A pparitio n du Flo raiso n Flo raiso n 50 % M aturité
feuille du panicule
panicule
Stade phénologique
Figure 10-2. Evolution de la phénologie de la tige principale du mil au cours de la saison 2005 en
fonction du niveau de fertilisation et de la variété à Bagoua, Banizoumbou et Kodey
10-43
Annexes 11-44
5
Poquets atteints par le mildiou
4,5
Bagoua (2003)
4
Banizoumbou (2003)
3,5 Kodey (2003)
3 Bagoua (2004)
(%)
4
B ago ua (2003)
3,5 B anizo umbo u (2003)
3 Ko dey (2003)
B ago ua (2004)
2,5
B anizo umbo u (2004)
2 Ko dey (2004)
1,5 B ago ua (2005)
B anizo umbo u (2005)
1
Ko dey (2005)
0,5
0
DAP DAP + urée Témoin
1,8
1,6
B ago ua (2003)
1,4 B anizo umbo u (2003)
1,2 Ko dey (2003)
B ago ua (2004)
1
B anizo umbo u (2004)
0,8 Ko dey (2004)
0,6 B ago ua (2005)
B anizo umbo u (2005)
0,4 Ko dey (2005)
0,2
0
DAP DAP + urée Témoin
Figure 11-1. Proportion de poquets atteints par le mildiou, nombre de plants shibra et occurrence
de S. hermonthica par parcelle en fonction du niveau de fertilisation minérale
11-44
Annexes 11-45
0
ICMV IS 89305 Locale ZATIB
Variété
12
Nombre de plants shibra
10 B ago ua (2003)
B anizo umbo u (2003)
8 Ko dey (2003)
B ago ua (2004)
6 B anizo umbo u (2004)
Ko dey (2004)
4 B ago ua (2005)
B anizo umbo u (2005)
2 Ko dey (2005)
0
ICMV IS 89305 Locale ZATIB
Variété
2,5
Occurrence de S. hermonthica
B ago ua (2003)
2
B anizo umbo u (2003)
Ko dey (2003)
1,5 B ago ua (2004)
B anizo umbo u (2004)
1 Ko dey (2004)
B ago ua (2005)
B anizo umbo u (2005)
0,5 Ko dey (2005)
0
ICMV IS 89305 Locale ZATIB
Variété
Figure 11-2. Proportion de poquets atteints par le mildiou, nombre de plants shibra et occurrence
de S. hermonthica par parcelle en fonction de la variété du mil
11-45
Annexes 11-46
11-46