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Impact de Pratiques de Gestion de La Fertilité Sur Les Rendements en Mil Dans Le Fakara (Niger)

Ce travail de fin d'études examine l'impact des pratiques de gestion de la fertilité sur les rendements en mil dans la région du Fakara au Niger. Les résultats montrent que l'application d'engrais minéraux et organiques, ainsi que des techniques de parcage, augmentent significativement les rendements, tandis que la variété de mil choisie influence également les résultats. L'étude souligne l'importance d'améliorer l'accessibilité aux intrants pour soutenir une agriculture durable dans cette région.

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Impact de Pratiques de Gestion de La Fertilité Sur Les Rendements en Mil Dans Le Fakara (Niger)

Ce travail de fin d'études examine l'impact des pratiques de gestion de la fertilité sur les rendements en mil dans la région du Fakara au Niger. Les résultats montrent que l'application d'engrais minéraux et organiques, ainsi que des techniques de parcage, augmentent significativement les rendements, tandis que la variété de mil choisie influence également les résultats. L'étude souligne l'importance d'améliorer l'accessibilité aux intrants pour soutenir une agriculture durable dans cette région.

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UNIVERSITE CATHOLIQUE DE LOUVAIN

Faculté d’ingénierie biologique, agronomique et environnementale

Impact de pratiques de gestion de la fertilité sur les


rendements en mil dans le Fakara (Niger)

Travail de fin d’études présenté en


vue de l’obtention du grade de
bio-ingénieur par :
Caroline Dandois Dutordoir

Promoteurs :
Pr. C. Bielders
Dr. B. Gérard

Lecteurs :
Pr. J. Dufey
Pr. J-F. Ledent

Louvain-la-Neuve
Année académique 2005-2006
UNIVERSITE CATHOLIQUE DE LOUVAIN
Faculté d’ingénierie biologique, agronomique et environnementale

Impact de pratiques de gestion de la fertilité sur les


rendements en mil dans le Fakara (Niger)

Travail de fin d’études présenté en


vue de l’obtention du grade de
bio-ingénieur par :
Caroline Dandois Dutordoir

Promoteurs :
Pr. C. Bielders
Dr. B. Gérard

Lecteurs :
Pr. J. Dufey
Pr. J-F. Ledent

Louvain-la-Neuve
Année académique 2005-2006
Remerciements

Je voudrais remercier ici tous ceux qui m’ont aidé durant mes
études et durant la réalisation de ce mémoire.

Un grand merci au Pr. Charles Bielders ainsi qu’au Dr. Bruno


Gérard, pour leurs conseils pertinents et le temps qu’ils m’ont accordé.
Merci également au Dr. Fatondji Dougbedji de l’ICRISAT ainsi qu’à
Angélique Baclin et Alain Guibert de l’Institut de Statistiques de l’UCL
pour leur aide précieuse.

Je remercie les personnes qui m’ont entouré et conseillé pendant


la réalisation de mon stage au Niger en août et septembre 2005 et
particulièrement Pierre Akponikpe et Laouali pour leur accueil. Merci à
Tahiru, aux techniciens de l’ICRISAT et aux habitants des villages de
Dantiandou, Banizoumbou, Bagoua et Kodey pour leur gentillesse à
toute épreuve et les bons moments passés dans les champs de mil de
l’essai. Merci à Nat d’avoir partagé avec moi cette aventure nigérienne.

Enfin, un grand merci à mes parents, qui m’ont soutenu et aidé


durant toutes mes études, et à Fred, dont la patience sans faille et les
encouragements ont permis que ce travail arrive à son terme.
Résumé

Le mil (Pennisetum glaucum (L.) R. Br.) est la plante alimentaire la plus cultivée dans
la zone sahélienne du Niger. La pluviométrie et la faible fertilité des sols sont les principaux
facteurs conditionnant le rendement de la culture du mil. Les sols cultivés sont sableux,
contiennent peu de matière organique et de phosphore disponible et ont une faible capacité
d’échange cationique. La culture permanente pratiquée sans restauration de la fertilité du sol
provoque une diminution rapide de la teneur en éléments nutritifs et en matière organique
ainsi qu’une acidification de la plupart des sols.
Etant donné le manque de disponibilité de fumier, plusieurs études ont mis en
évidence que l’utilisation d’engrais minéraux, couplée à l’application d’engrais organiques est
la solution phare pour satisfaire la demande alimentaire croissante sans aggraver la
dépendance du pays vis-à-vis de l’aide internationale.
En vue de promouvoir l’utilisation par les agriculteurs de pratiques améliorées de
gestion de la fertilité des sols, il est essentiel de pouvoir établir préalablement l’impact en
conditions réelles de ces pratiques sur les rendements. C’est dans cet objectif qu’un essai en
milieu paysan a été mis en place pour une durée de 3 ans dans 3 villages de la région du
Fakara, au sud-ouest du pays. L’essai vise principalement la validation de la technique de
placement d’engrais au poquet et la caractérisation de l’impact de pratiques indigènes de
gestion de la fertilité. Il combine 3 variétés de mil (locale, ICMV IS 89305 et Zatib), 3
niveaux d’application d’engrais (témoin, DAP : phosphate diammonique et DAP + urée) et
plusieurs pratiques de gestion des amendements organiques (transport de fumier et parcage)
ainsi que leurs effets résiduels (un et deux ans après application).
Les rendements des parcelles où un parcage a été effectué dans l’année ont augmenté
de 168 % (en grain) et de 176 % (en paille), tandis que la technique du transport de fumier a
permis de doubler les rendements par rapport aux parcelles non fumées. L’effet du parcage
sur les rendements dépend fortement de la pluviométrie utile et est marqué pendant trois
saisons de culture consécutives, l’effet résiduel du transport de fumier jusqu’à la deuxième
saison de culture. L’application d’engrais a permis d’augmenter les rendements en grain de 15
à 19 % mais nous recommandons l’application de DAP seul par rapport à l’application de
DAP + urée car les rendements ne diffèrent pas significativement entre les deux types de
fertilisation. L’effet de DAP a été d’autant plus marqué que le parcage et le transport de
fumier étaient anciens. Les résultats indiquent que les agriculteurs gagneraient à appliquer
DAP placé au poquet comme apport-relai en nutriments à partir de la 2ème, voire de la 3ème
année après le parcage. Les variétés testées ont révélé différents avantages et inconvénients.
La variété locale, sélectionnée par les agriculteurs depuis de nombreuses années et adaptée à
la région, fournit les meilleurs rendements en paille. La variété améliorée ICMV IS 89305
permet une augmentation du rendement en grain de 12 % et une diminution de 10 % par
rapport au rendement de la variété locale.
Dans la pratique, les quantités de fumier appliquées (estimées à 18 t ha-1) sont hors de
portée pour la plupart des agriculteurs sahéliens, généralement trop pauvres pour posséder
suffisamment de bétail. D’autre part, les engrais importés sont chers et difficiles d’accès dans
les campagnes. L’amélioration de l’accessibilité des intrants paraît essentielle pour parvenir à
un accroissement durable des rendements en mil dans cette région.
Table des matières

INTRODUCTION.................................................................................................................... 9
1ERE PARTIE : CADRE DE L’ETUDE ............................................................................... 11
1. CONTEXTE GLOBAL : LE NIGER ..................................................................................... 11
1.1. Présentation ......................................................................................................... 11
1.2. Climat ................................................................................................................... 11
1.3. Ressources naturelles........................................................................................... 13
1.4. Démographie........................................................................................................ 15
1.5. Economie.............................................................................................................. 16
1.6. Agriculture, élevage et insécurité alimentaire ..................................................... 16
2. CONTEXTE LOCAL : LA REGION DU FAKARA ................................................................. 19
2.1. Présentation de la zone d’étude ........................................................................... 19
2.2. Géologie, topographie et géomorphologie........................................................... 20
2.3. Pédologie et caractéristiques agronomiques des sols.......................................... 22
2.4. Agriculture ........................................................................................................... 26
2EME PARTIE : PRATIQUES DE GESTION DE LA FERTILITE ................................. 33
1. AMENDEMENTS INORGANIQUES .................................................................................... 33
1.1. Phosphore............................................................................................................. 35
1.2. Azote ..................................................................................................................... 38
1.3. Potassium ............................................................................................................. 40
1.4. Autres éléments minéraux .................................................................................... 41
1.5. Effet des engrais sur l’efficience de l’utilisation en eau ...................................... 41
2. AMENDEMENTS ORGANIQUES ........................................................................................ 42
2.1. Matière organique du sol ..................................................................................... 42
2.2. Pratique de la jachère .......................................................................................... 44
2.3. Application de résidus de culture (mulching) ...................................................... 45
2.4. Agro-foresterie et association avec des légumineuses ......................................... 46
2.5. Pratique du parcage (coralling) .......................................................................... 47
2.6. Application de fumier transporté ......................................................................... 51
3. DENSITES DE SEMIS ....................................................................................................... 52
4. VARIETES AMELIOREES ................................................................................................. 53
5. COMBINAISON DE TECHNIQUES ..................................................................................... 53
6. ADOPTION DES TECHNIQUES .......................................................................................... 54
7. LES MECANISMES DE RESISTANCE A LA SECHERESSE DU MIL ......................................... 55
7.1. Caractères morphologiques et physiologiques de résistance et évitement du mil à
la sécheresse..................................................................................................................... 55
7.2. Impact des pratiques culturales ........................................................................... 57
7.3. Effet d’une sécheresse à différents moments du cycle.......................................... 58

1
7.4. Décomposition du rendement en grain ................................................................ 59
3EME PARTIE : MATERIELS ET METHODES ................................................................ 60
1. SITE DE L’EXPERIENCE ET CHOIX DES CHAMPS EXPERIMENTAUX................................... 60
2. DISPOSITIF EXPERIMENTAL............................................................................................ 60
2.1. Les pratiques de gestion de la fertilité organique................................................ 60
2.2. Les niveaux de fertilisation minérale ................................................................... 62
2.3. Les variétés........................................................................................................... 62
2.4. La parcelle élémentaire et la disposition de l’essai sur les champs .................... 63
3. DISPOSITIF DE MESURES ET ANALYSE DE DONNEES ....................................................... 63
3.1. Pluviométrie ......................................................................................................... 63
3.2. Profils de teneur en eau ....................................................................................... 64
3.3. Calcul de l’eau utile pour les plantes et bilan hydrique par parcelle.................. 66
3.4. Evaluation des apports de matière organique ..................................................... 67
3.5. Développement de la culture................................................................................ 67
3.6. Mesures de rendement à la récolte ...................................................................... 69
3.7. Evaluation des contraintes biotiques ................................................................... 70
3.8. Propriétés physiques et chimiques du sol ............................................................ 71
3.9. Analyse statistique................................................................................................ 72
4. PRATIQUES CULTURALES ET CALENDRIER ..................................................................... 75
4.1. Installation de l’essai ........................................................................................... 75
4.2. Semis..................................................................................................................... 75
4.3. Sarclages et démariage ........................................................................................ 76
4.4. Récolte.................................................................................................................. 76
4EME PARTIE : RESULTATS ET DISCUSSION............................................................... 79
1. PLUVIOMETRIE .............................................................................................................. 79
1.1. Pluviométrie en 2003 ........................................................................................... 79
1.2. Pluviométrie en 2004 ........................................................................................... 79
1.3. Pluviométrie en 2005 ........................................................................................... 80
1.4. Pluviométrie utile et durée du cycle cultural ....................................................... 82
2. EVOLUTION DE L’EAU UTILE DISPONIBLE ...................................................................... 82
3. PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES DES SOLS .................................................................. 86
3.1. Analyses chimiques des sols................................................................................. 86
3.2. Analyse texturale des sols .................................................................................... 87
4. EVALUATION DES APPORTS EN MATIERE ORGANIQUE .................................................... 88
4.1. Apports résiduels en matière organique en 2003................................................. 88
4.2. Apports résiduels en matière organique en 2004................................................. 88
4.3. Apports résiduels en matière organique en 2005................................................. 89
5. ANALYSE DES CORRELATIONS ENTRE VARIABLES ......................................................... 91
6. ANALYSE DES RENDEMENTS EN MIL EN 2003 ................................................................ 95
6.1. Taux de survie au démariage et à la récolte ........................................................ 95
6.2. Rendements en paille............................................................................................ 96

2
6.3. Nombre de talles et nombre d’épis par poquet .................................................... 98
6.4. Poids des grains par épi....................................................................................... 99
6.5. Rendements en grain .......................................................................................... 100
6.6. Indice de récolte ................................................................................................. 102
6.7. Nombres de poquets végétatifs et non matures par parcelle ............................. 102
7. ANALYSE DES RENDEMENTS EN MIL EN 2004 .............................................................. 104
7.1. Taux de survie au démariage et à la récolte ...................................................... 104
7.2. Rendements en paille.......................................................................................... 108
7.3. Nombre de talles et nombre d’épis par poquet .................................................. 110
7.4. Poids des grains par épi..................................................................................... 112
7.5. Rendements en grain .......................................................................................... 113
7.6. Indice de récolte ................................................................................................. 116
7.7. Nombres de poquets végétatifs et non matures par parcelle ............................. 116
8. ANALYSE DES RENDEMENTS EN MIL EN 2005 .............................................................. 118
8.1. Taux de survie au démariage et à la récolte ...................................................... 118
8.2. Rendements en paille.......................................................................................... 121
8.3. Nombre de talles et nombre d’épis par poquet .................................................. 124
8.4. Poids des grains par épi..................................................................................... 126
8.5. Rendements en grain .......................................................................................... 127
8.6. Indice de récolte ................................................................................................. 130
8.7. Nombres de poquets non matures et végétatifs .................................................. 130
9. EVOLUTION DE LA PHENOLOGIE EN 2005 .................................................................... 132
10. EVALUATION DES CONTRAINTES BIOTIQUES EN 2003, 2004 ET 2005....................... 134
11. ANALYSE RECAPITULATIVE : EFFETS SIGNIFICATIFS SUR 3 ANS ............................... 136
11.1. Effet de l’année............................................................................................... 136
11.2. Effet du site..................................................................................................... 141
11.3. Analyse des parcelles « témoins ».................................................................. 142
11.4. Effet de la strate de fertilité............................................................................ 145
11.5. Effet de l’engrais chimique ............................................................................ 148
11.6. Interaction strate de fertilité organique × fertilisation inorganique.............. 149
11.7. Effet de la variété ........................................................................................... 150
CONCLUSIONS................................................................................................................... 153
BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................... 156

3
Table des figures

1. Situation géographique (source : FAO, 2001) ................................................................................ 11


2. Principales zones agro-climatiques................................................................................................. 12
3. Température, ETP et pluviométrie moyennes mensuelles enregistrées à Niamey - 13°30’N 2°08’E
(1931-1990) (Sivakumar et al., 1993).......................................................................................... 13
4. Carte des sols du Niger (FAO, 2001).............................................................................................. 14
5. Evolution de la superficie totale cultivée pour les céréales au Niger de 1990 à 2000 .................... 17
6. Evolution des rendements en mil (source : FAO, 2000) et de la pluviométrie annuelle au Niger
de1990 à 2000 (source : Ali et al., 2003)..................................................................................... 18
7. Localisation du canton du Fakara (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004)................................... 19
8. Délimitation de la zone d’étude et pluviométrie annuelle en 2003 (d’après ICRISAT, 2003)....... 20
9. Coupe schématique illustrant les éléments géomorphologiques.................................................... 21
10. Carte des unités topographiques, géomorphologiques et texturales des sols du Fakara et carte
dérivée de l’aptitude potentielle à la mise en culture (gradient de fertilité) (source : Hiernaux et
Ayantunde, 2004) ........................................................................................................................ 25
11. Femmes Peul dans un champ de mil à Kodey ................................................................................ 26
12. S. hermonthica parasite le mil......................................................................................................... 29
13. Représentation schématique du calendrier des pratiques agro-pastorales ...................................... 30
14. Auréole de fertilité autour d’un village (source : Gérard-Delfosse) ............................................... 30
15. Clôtures en paille de mil et greniers à grain à Tigo Tégui.............................................................. 31
16. Flux de N dans les champs cultivés et les pâturages du Sahel (les rectangles sont les inputs, les
ovales sont des outputs) (source : Powell et al., 1996) ................................................................ 43
17. Cycle des nutriments dans le système agro-pastoral sahélien (adapté de Harris, 2002)................. 45
18. Dispositif expérimental superposé à une photo aérienne du site de Kodey, le 17 septembre 2003.
Chacun des 5 blocs (strates) représente une pratique de gestion de fertilité organique différente.
(ICRISAT, 2003) ......................................................................................................................... 61
19. Représentation schématique d’une strate de pratique de gestion de la fertilité .............................. 61
20. Pluviomètre installé à Bagoua ........................................................................................................ 64
21. Sonde à neutrons 503 DR Hydroprobe utilisée en 2005................................................................. 64
22. Schéma d’une sonde à neutrons 503 DR Hydroprobe (Bacchi et al., 2000)................................... 65
23. Lignes du temps schématiques des dates de semis et de récolte du mil ......................................... 76
24. Schéma d’une parcelle (100 m²). Chaque croisement indique l’emplacement............................... 77
25. Pluviométrie cumulée en 2003, 2004 et 2005................................................................................. 81
26. Pluviométrie utile totale par site et année ....................................................................................... 82
27. Durée du cycle cultural par site et année ........................................................................................ 82
28. Eau utile par strate et par site (à gauche) et comparaison entre pluviométrie cumulée
(histogramme) sur la période entre deux mesures de sonde à neutron et eau utile (♦) moyenne
par site (à droite) en 2004 ............................................................................................................ 84
29. Eau utile par strate et par site (à gauche) et comparaison entre pluviométrie cumulée
(histogramme) sur la période entre deux mesures de sonde à neutron et eau utile (♦) moyenne
par site (à droite) en 2005 ............................................................................................................ 85

4
30. Teneur en argile (moyennes et écart-types) en fonction de la profondeur...................................... 88
31. Apports résiduels en matière organique fécale (MOF) (kg ha-1) en 2004....................................... 89
32. Apports résiduels en matière organique végétale (MOV) (kg ha-1) en 2004 ................................. 89
33. Apports résiduels en matière organique fécale (MOF) (kg ha-1) en 2005....................................... 90
34. Apports résiduels en matière organique végétale (MOV) (kg ha-1) en 2005 .................................. 91
35. Graphe « boxplot$ » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x variété .. 96
36. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2003)......................................................... 97
37. Rendements en grain par site et par strate de fertilité (2003) ....................................................... 101
38. Graphe « boxplot » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x variété.. 106
39. Graphe « boxplot » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x fertilisation
x variété ..................................................................................................................................... 107
40. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction strate x fertilisation
................................................................................................................................................... 107
41. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2004)....................................................... 108
42. Graphe « boxplot » du rendement en paille (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation 110
43. Rendements en grain par strate de fertilité et par site (2004) ....................................................... 114
44. Graphe « boxplot » du rendement en grain (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation. 115
45. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction strate x fertilisation
................................................................................................................................................... 120
46. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction fertilisation x variété
................................................................................................................................................... 121
47. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2005)....................................................... 122
48. Graphe « boxplot » du rendement en paille (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation 124
49. Rendements en grain par strate de fertilité et site (2005) ............................................................. 128
50. Graphe « boxplot » du rendement en grain (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation. 130
51. Evolution de la phénologie de la tige principale du mil au cours de la saison ............................. 132
52. Nombre moyen de poquets atteints par le mildiou par parcelle en fonction du niveau de
fertilisation minérale et de la variété du mil .............................................................................. 135
53. Nombre moyen de plants shibra par parcelle en fonction du niveau de fertilisation minérale et de la
variété du mil ............................................................................................................................. 135
54. Occurrence moyenne de S. hermonthica par parcelle en fonction du niveau de fertilisation
minérale et de la variété du mil ................................................................................................. 135
55. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) en fonction du site et de la pluviométrie utile
annuelle...................................................................................................................................... 137
56. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) en fonction du site et de la durée du cycle cultural
................................................................................................................................................... 137
57. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) des parcelles sans engrais et de strate non fumée
(Témoin + NF) en fonction du site et de la pluviométrie utile annuelle.................................... 138
58. Différence entre rendements moyens en paille (a) et en grain (b) de traitements choisis et
rendements des parcelles sans engrais et de strate non fumée (Témoin + NF) en fonction du site
et de la pluviométrie utile annuelle............................................................................................ 139
59. Taux de survie au démariage et à la récolte en fonction de la pluviométrie utile (démariage)
(récolte) et en fonction de la différence de pluviométrie entre le démariage et la récolte
(récolte2).................................................................................................................................... 140

5
60. Rendements moyens en paille et en grain toutes années confondues et par site (barres d’erreur =
s.e.d pour les comparaisons entre années) ................................................................................. 141
61. Nombre de poquets morts, végétatifs, non matures et récoltés dans les parcelles non fumées, non
fertilisées par engrais et de variété locale .................................................................................. 143
62. Rendements moyens dans les parcelles non fumées, non fertilisées par engrais et de variété locale
................................................................................................................................................... 143
63. Poids des grains par épi et nombre d’épis par poquet* dans les parcelles non fumées, non
fertilisées par engrais et de variété locale (*non mesuré à Kodey en 2003).............................. 144
64. Rendements moyens toutes années confondues par strate de fertilité (barres d’erreur = s.e.d. sauf
FT-1 et FT-2)............................................................................................................................. 145
65. Rendements moyens en paille en fonction de la MOF résiduelle mesurée. Chaque point représente
une moyenne par strate. ............................................................................................................. 147
66. Rendements moyens en grain en fonction de la MOF résiduelle mesurée. Chaque point représente
une moyenne par strate. ............................................................................................................. 147
67. Rendements moyens toutes années confondues par niveau de fertilisation (barre d’erreur = s.e.d.)
................................................................................................................................................... 149
68. Graphe « boxplot » du rendement en grain moyen de 2003 à 2005 (kg ha-1) illustrant l’interaction
strate x fertilisation .................................................................................................................... 150
69. Différence de rendement en grain par strate entre parcelles témoins et fertilisées par DAP ........ 150
70. Rendements moyens par variété (barre d’erreur = s.e.d.) ............................................................. 151
71. Différence de rendement en paille avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile ............................................................................................................................................ 152
72. Différence de rendement en grain avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile ............................................................................................................................................ 152
73. Différence de rendement en paille avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile (sans la pluviométrie à Kodey en 2004) ............................................................................ 152

6
Liste des tableaux

1. Propriétés physiques et chimiques des sols du Fakara (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004) ... 23
2. Classification des sols par situation topographique (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004)........ 23
3. Principaux engrais (source : IFA et FAO, 2001) ............................................................................ 35
4. Calendrier des opérations culturales et pluviométrie (DOY = day of the year, jour de l’année).... 78
5. Détermination des périodes sèches après semis en 2003, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une période
sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)....................................................................................................................... 79
6. Détermination des périodes sèches après semis en 2004, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une période
sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)....................................................................................................................... 80
7. Détermination des périodes sèches après semis en 2005, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une période
sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)....................................................................................................................... 80
8. Durée de la période sèche supplémentaire au Tableau 6 et phase de développement
correspondante (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS, phase 3 : >75 JAS)............................ 83
9. Résultats des analyses chimiques des sols (échantillons prélevés le 2 juin 2003).......................... 86
10. Résultats d’analyse texturale (moyennes de 0 à 210 cm de profondeur )....................................... 87
11. Disparition de matière organique fécale (MOF) entre 2004 et 2005 .............................................. 90
12. Coefficients de corrélation de Spearman supérieurs à |0,5| et à |0,7| (en gris) en 2003, 2004 et
2005 ............................................................................................................................................. 93
13. Taux de survie au démariage et à la récolte en fonction des strates de fertilité (2003) .................. 95
14. Nombre d’épis poquet-1 et nombre de talles poquet-1 par niveau de fertilisation (2003) ................ 98
15. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2003) ................................ 100
16. Paramètres de rendement et rendement en grain moyens par niveau de fertilisation (2003)........ 101
17. Nombres de poquets végétatifs et non matures par strate de fertilité (2003)................................ 102
18. Nombres de poquets végétatifs et de poquets non matures .......................................................... 103
19. Comparaison des variables mesurées par rapport à 2003 ............................................................. 104
20. Taux de survie au démariage et à la récolte par niveau de fertilisation (2004) ............................ 105
21. Nombre de talles et d’épis par poquet par strate de fertilité (2004)............................................. 111
22. Nombre de talles et d’épis par poquet par niveau de fertilisation (2004) ..................................... 111
23. Poids des grains par épis par niveau de fertilisation (2004) ......................................................... 112
24. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2004) ................................ 113
25. Comparaison par site des nombres de poquets végétatifs et non matures en 2004 et 2003.......... 116
26. Nombres de poquets végétatifs et non matures par strate de fertilité (2004)................................ 116
27. Nombres de poquets végétatifs et non matures par niveau de fertilisation et par variété (2004) . 117
28. Comparaison des variables mesurées par rapport à 2003 et à 2004.............................................. 118
29. Taux de survie au démariage et à la récolte par site (2005).......................................................... 119
30. Taux de survie au démariage et à la récolte par niveau de fertilisation (2005) ............................ 119
31. Nombre de talles et d’épis par poquet par site (2005) .................................................................. 124
32. Nombre de talles et d’épis par poquet par strate de fertilité (2005)............................................. 125
33. Nombre de talles et d’épis par poquet par niveau de fertilisation (2005) ..................................... 125

7
34. Poids des grains par épis par site (2005)....................................................................................... 126
35. Poids des grains par épis par niveau de fertilisation (2005) ......................................................... 126
36. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2005) ................................ 128
37. Nombres de poquets végétatifs et non matures par site (2005) .................................................... 130
38. Nombres de poquets végétatifs et non matures par strate de fertilité (2005)................................ 131
39. Nombres de poquets végétatifs et non matures par niveau de fertilisation et par variété (2005) . 131
40. Régressions linéaires relatives aux graphes de la Figure 58 ......................................................... 139
41. Moyennes par année (p < 0,0001 pour toutes les variables)......................................................... 141
42. Récapitulatif des moyennes par année et par site ......................................................................... 142
43. Moyennes par strate de fertilité toutes années confondues........................................................... 148
44. Moyennes par niveau de fertilisation toutes années confondues .................................................. 148
45. Moyennes par variété toutes années confondues .......................................................................... 151

8
Introduction

L'accroissement rapide de la population observé ces dernières décennies au Niger a


conduit à l’augmentation des surfaces cultivées, à l’expansion de l’agriculture vers des terres
marginales et au renforcement de la pression sur les terres par les processus de surpâturage et
déforestation. La pauvreté, la dégradation de l’environnement, les aléas climatiques et la
faible productivité agricole sont entrelacés et menacent toujours plus la sécurité alimentaire.
Pour améliorer cette situation, la croissance agricole doit passer par une augmentation de la
productivité des sols plutôt que par l’extension spatiale de la superficie cultivée et la mise en
culture de terres marginales.
Le mil (Pennisetum glaucum (L.) R. Br.) est la plante alimentaire la plus cultivée dans
la zone sahélienne du Niger. La pluviométrie et la faible fertilité des sols sont les principaux
facteurs conditionnant le rendement de la culture du mil. Les sols cultivés sont sableux,
contiennent peu de matière organique et de phosphore disponible et ont une faible capacité
d’échange cationique. La culture permanente pratiquée sans restauration de la fertilité du sol
provoque une diminution rapide de la teneur en éléments nutritifs et en matière organique
ainsi qu’une acidification de la plupart des sols. La fertilité des sols sous culture peut
seulement être maintenue par une gestion intégrée des éléments nutritifs pour les plantes.
Cette gestion implique un recyclage efficient des matériaux organiques comme les résidus de
culture ou le fumier, en combinaison avec des fertilisants minéraux et en utilisant la rotation
ou l’association avec des légumineuses.
Etant donné le manque de disponibilité de fumier, plusieurs études ont mis en
évidence que l’utilisation d’engrais minéraux, couplée à l’application d’engrais organiques est
la solution phare pour soutenir la demande alimentaire croissante sans aggraver la dépendance
du pays vis-à-vis de l’aide alimentaire. Dans la zone soudano-sahélienne, les agriculteurs
appliquent actuellement moins de 5 kg d’engrais minéraux ha-1an-1 (Buerkert et al., 2001). Les
engrais importés sont chers et difficiles d’accès dans les campagnes. L’absence de subsides,
l’augmentation des coûts énergétiques et le risque climatique sont autant de facteurs qui
appellent à des recommandations techniques prudentes et spécifiques en fonction des sites
pour garantir des bénéfices durables à l’utilisation d’intrants.
En vue de promouvoir l’utilisation par les agriculteurs de pratiques améliorées de
gestion de fertilité des sols, il est essentiel de pouvoir établir préalablement l’impact en
conditions réelles de ces pratiques sur les rendements. C’est dans cet objectif qu’un essai en
milieu paysan a été mis en place dans la région du Fakara. L’essai vise principalement la
validation de la technique de placement d’engrais au poquet et la caractérisation de l’impact
de pratiques endogènes de gestion de la fertilité (transport de fumier et parcage).
L’application localisée d’engrais minéral au poquet lors du semis du mil a généré des
résultats prometteurs dans des essais menés depuis 1995 en station expérimentale et en milieu
paysan (Muehlig-Versen et al., 2003 et Muehlig-Versen et al., 1997). Cette technique attira
immédiatement l’attention de plusieurs organisations de développement installées au Niger.
Le Projet Intrant de la FAO (au sein du Ministère Nigérien du Développement Agricole) fut

9
particulièrement intéressé par la diffusion de cette technologie dans le milieu agricole
nigérien. Depuis 1999, le système d’application d’engrais minéral au poquet au taux de 4 kg
P ha-1 a fait l’objet de plus de 5000 essais dans les régions de Niamey, Maradi et Zinder. Ces
essais étant sous la supervision d’agriculteurs locaux, une grande partie de la variabilité de la
réponse au P semblait due aux types de sols et aux différences d’environnement expérimental,
sans toutefois que ces différences aient été quantifiées. C’est pour tester cette nouvelle
technologie dans un environnement plus contrôlé et présentant moins de variabilité qu’un
essai de validation fut installé dans trois sites de la région du Fakara.
Cet essai s’insère dans le cadre d'un projet financé par la DGCD (Direction Générale
de la Coopération au Développement belge) et coordonné par l’ICRISAT (Institut de
Recherche sur les Cultures des Tropiques Semi-Arides) en collaboration avec d’autres
organismes tels que la FAO et l’UCL. Le projet vise le développement de systèmes d'aide à la
décision à l'usage des décideurs, ONG et projets de développement, afin de mieux cibler les
propositions d'intensification et de diversification agricole pour les petits agriculteurs. L’essai
combine 3 variétés de mil, 3 niveaux d’application d’engrais inorganique et plusieurs
pratiques de gestion des amendements organiques (transport de fumier et parcage) ainsi que
leurs effets résiduels (un et deux ans après application).
L’analyse des résultats fournis par l’essai doit permettre d’expliquer les différentes
réponses des rendements en fonction de la variété de mil, des paramètres bio-physiques et des
différentes pratiques de gestion de la fertilité. Cette analyse doit également être la base de la
formulation de recommandations qui viseront à relier les pratiques de gestion de fertilité des
sols avec les risques de sécheresse tout en prenant en compte la question de la disponibilité de
la fumure organique.
Après une présentation du Niger et de la zone du Fakara, une synthèse des
connaissances actuelles des pratiques de gestion de la fertilité en région sahélienne est décrite.
Le dispositif expérimental et les mesures effectuées sont ensuite détaillés. La quatrième partie
présente les résultats. Ceux-ci sont illustrés et discutés par année avant d’être synthétisés dans
une analyse combinée effectuée sur les résultats des 3 années de l’essai. Enfin, une conclusion
reprend les principales remarques, observations et perspectives.

10
1ère partie : Cadre de l’étude

1. Contexte global : Le Niger

1.1. Présentation

La République du Niger est un pays enclavé dans le cœur de l’Afrique de l’Ouest


(Figure 1). Sa superficie totale est de 1 267 000 km2. Le Niger comprend le district de la
capitale (Niamey) et sept départements, eux-mêmes subdivisés en districts et communes. Le
français est la langue officielle, mais le haoussa est la langue commerciale locale. D’autres
langues africaines telles que le fulfulde, le tamachek et le zerma sont aussi largement
employées (FAO, 2005).

Figure 1. Situation géographique (source : FAO, 2001)

1.2. Climat

Le Niger présente un climat de type sahélien semi-aride à aride.

a) Les précipitations

La pluviométrie diminue selon un fort gradient Sud-Nord qui est associé au


mouvement saisonnier de la zone de convergence intertropicale. La pluviométrie moyenne

11
annuelle s’abaisse d’environ 1 mm par km du Sud vers le Nord divisant ainsi le pays en quatre
zones climatiques (FAO, 2005) :
- La zone saharienne (65 % du territoire national) avec des précipitations inférieures à
100 mm par an ;
- La zone sahélo-saharienne (12 % du territoire national) avec des précipitations
annuelles comprises entre 100 et 300 mm ;
- La zone sahélo-soudanienne (13 % du territoire national) avec des précipitations
annuelles variant de 300 et 600 mm ;
- La zone soudanienne (1 % du territoire national) qui reçoit entre 600 et 800 mm par
an.
La Direction de la Météorologie Nationale du Niger (2003) définit les mêmes zones mais
place la limite supérieure de la zone saharienne à l’isohyète 150 mm (Figure 2).
Cette zonation latitudinale des conditions climatiques affecte de manière significative
la vie socio-économique du pays et détermine les différents écosystèmes (voir les types de
sols et de végétation ainsi que la répartition de l’agriculture et de l’élevage ci-dessous).

Figure 2. Principales zones agro-climatiques


(source : Direction de la Météorologie Nationale du Niger, 2003)

La zone sahélienne montre un climat semi-aride déterminé par une longue saison
sèche d’octobre à mai et une courte saison de pluies de mai-juin à septembre (FAO, 2005).
L’évapotranspiration potentielle (ETP) atteint 2 à 3 m par an et le bilan pluviométrique
annuel par rapport à l’ETP est déficitaire sur l’ensemble du pays. La Figure 3 indique le bilan
pluviométrique mensuel et les températures enregistrées à Niamey. Les pluies montrent une
forte variabilité intra- et inter-annuelle qui constituent une des contraintes de la production
agricole locale (Figure 6 p.18). Sivakumar et al. (1993) ont calculé un coefficient de variation
de 22 % pour la pluviométrie annuelle totale à Niamey (moyenne de 545 mm pour la période
1931-1990).

12
300 45
40
250

Températures moyennes
Pluie et ETP moyennes 35
200 30 Pluie
25
150 ETP
20
(mm)

(°C)
100 15 T max
10 T min
50
5
0 0

t
ai

in

e
s

ril

no bre
r

oc re
ille
ie

ar

br
m

ju
av

b
nv

ju
m

m
to
em
ja

ve
pt
se
Figure 3. Température, ETP et pluviométrie moyennes mensuelles enregistrées à Niamey - 13°30’N 2°08’E
(1931-1990) (Sivakumar et al., 1993)

b) Températures et humidité

La température annuelle moyenne est de 29°C pour tout le pays. Les maxima moyens
mensuels sont observés durant les mois de mars, avril et mai (40 à 42°C). Deux périodes de
baisse des températures existent : durant la saison des pluies (32°C en moyenne en août) et en
décembre et janvier avec 34°C en moyenne. Ces deux derniers mois constituent la période des
nuits les plus fraîches avec une moyenne de 14 à 15°C.
L’humidité relative est corrélée avec l’alternance du passage des masses d’air du front
inter-tropical : la moyenne mensuelle est de 17 % en février et de 75 % en septembre (pour la
période 1951-1982).

c) Les vents

L’harmattan, vent chaud et sec du nord-est, souffle régulièrement pendant la saison


sèche. Fortement chargé en poussières issues du Sahara, il peut déposer ces particules sur son
passage.
Durant la saison des pluies, les vents du sud-ouest accompagnent les perturbations
provoquées par la remontée du front intertropical. Ces vents de « mousson ouest-africaine »
sont parfois érosifs et peuvent être accompagnés de tempêtes convectives du sud-est
responsables d’un important transfert de matière.

1.3. Ressources naturelles

a) Hydrographie

Mis à part quelques bassins plus ou moins permanents et quelques cours d’eau
saisonniers, le réseau hydrographique principal du Niger consiste en un fleuve principal, le

13
Niger, une rivière plus petite, le Komadougou Yobé, et le bassin du lac Tchad. Le Niger
traverse le pays dans le sud-ouest sur 550 km. Le Komadougou Yobé marque la frontière
entre le Niger et le Nigéria sur 140 km. A l’extrême est, le lac Tchad se retire de plus en plus
et il n’existe plus à l’intérieur des frontières du Niger depuis 2004 (FAO, 2005).

b) Les types de sols

Les principaux types de sols au Niger sont repris dans la Figure 4.

Figure 4. Carte des sols du Niger (FAO, 2001)

Dans la zone saharienne, les carences en eau et le faible développement de la


végétation inhibent la formation des sols. Les vents forts emportent les particules les plus
fines. L’horizon A est peu ou pas développé et le contenu en matière organique est en général
inférieur à 0,5 % dans les 40 cm supérieurs (FAO, 2001).
La zone sahélienne est une large bande de sols sablonneux traversant le Niger du Mali
jusqu’au Tchad. Les sols légèrement altérés (Cambic Arenosols) à l’est, montrent de fines
couches d’accumulation argileuse au centre et à l’ouest (Luvic Arenosols). Lorsque les
précipitations, et donc l’altération, deviennent plus régulières, les sols commencent à montrer
un horizon supérieur de couleur claire enrichi en matière organique, et un horizon inférieur
tirant sur le rouge en raison de la plus forte concentration en fer. Les Arenosols ont une faible
capacité de rétention de l’eau mais ils sont perméables et faciles à travailler. Leur fertilité
naturelle et leur capacité d’échange cationique sont peu élevées et les carences en éléments
mineurs fréquentes. Ces sols s’érodent facilement sous l’action du vent et de l’eau dès qu’il
n’y a plus de végétation. Ils conviennent aux cultures agricoles peu exigeantes telles que le
mil et le niébé.

14
Sur les terrasses entre le fleuve Niger et le dallol (rivière non permanente) Bosso et le
dallol Maouri, dans la zone sahélo-soudanienne, les Arenosols sont parfois associés aux
Regosols, des sols très peu développés situés sur une roche mère peu compacte.

c) Les types de végétation

Le Niger couvre deux zones géobotaniques : la zone saharo-sindienne dans l’extrême


nord et la zone soudano-zambézienne dans la majorité du pays (FAO, 2001).
La zone saharo-sindienne est caractérisée par une pluviosité faible et irrégulière. La
végétation dominante des plaines consiste en un pâturage discontinu (souvent qualifié de
"steppe"), principalement limité aux dépressions.
La zone soudano-zambézienne contient la ceinture sahélienne dans le nord et la
ceinture soudanienne dans le sud.
¾ La ceinture sahélienne montre une végétation typique de la steppe, où la couche
ligneuse s’amenuise du sud au nord et la strate herbacée est composée principalement
de graminées annuelles. Cette ceinture peut être subdivisée en deux secteurs : le
secteur sahélo-saharien au nord de l’isohyète 350 mm, connu pour être une zone de
transhumance car la culture du mil elle-même y est très difficile et le secteur sahélo-
soudanien au sud, zone essentiellement sédentaire d’élevage extensif et de culture du
mil (bien que le bétail soit encore très nombreux, il part en transhumance vers le nord
durant la saison des pluies afin de ne pas endommager les cultures et de profiter des
pâturages saisonniers). Dans le secteur sahélo-soudanien, les arbres sont plus fréquents
et on trouve aussi des bosquets. La végétation de steppe persiste sur les sols sableux
des vallées sèches. Les plateaux présentent des formations typiques des savanes, les
bosquets occupant la plus grande partie du sud de la ceinture sahélienne et s’étendant
sur les surfaces latéritiques couvertes d’un sol mince. Arbres et arbustes de
Combretaceae, Tiliaceae et Mimosaceae forment ce que l’on appelle la “brousse
tigrée”, où s’alternent des bandes de végétation ligneuse et de sol nu (Hiernaux et
Gérard, 1999).
¾ La ceinture soudanienne est relativement restreinte au Niger, et se cantonne
essentiellement à l’ouest du pays et au sud de Niamey. Elle comprend une végétation
de savane caractérisée par une strate herbacée continue où dominent les graminées
vivaces et par une strate ligneuse renfermant des arbustes et des arbres. Elle est
davantage boisée que le Sahel.

1.4. Démographie

En 2003, le Niger compte 13,1 millions d’habitants dont 87 % vivant en zone rurale et
49 % en-dessous de 15 ans. La densité de population s’élève à 10 habitants/km2 mais la
population est concentrée à 90 % dans la bande d’environ 200 km de large au sud du territoire
le long de la frontière du Nigeria. L’espérance de vie moyenne à la naissance est de 44,3 ans

15
et le taux de mortalité infantile est de 154 morts pour 1 000 naissances. Le taux de croissance
annuel de la population est de 3,3 % (2005). Les femmes nigériennes mettent au monde en
moyenne 7,9 enfants (période 2000-2005).
Concernant la période 2002-2003, le taux brut de scolarisation dans le primaire,
secondaire et supérieur atteint seulement 21 % des enfants en âge d’être scolarisés. Le taux
d’alphabétisation atteint 14 % pour les plus de 15 ans et 20 % pour les 15-24 ans.
63 % de la population vit actuellement en dessous du seuil de pauvreté (période 1990-
2002). L’indice de développement humain de 0,281 atteint par le Niger en 2005 place celui-ci
en dernière position dans le classement des pays. Avec un PIB par habitant de 232 $ US, le
Niger est un des pays les plus pauvres du monde (PNUD, 2005).
Sauf mention contraire, les données citées ci-dessus proviennent de 2003.

1.5. Economie

Un climat particulièrement dur, des caractéristiques géographiques inhospitalières et


une situation d’enclavement total, telles sont les réalités sous-jacentes de l’économie du
Niger. Cependant, la petite agriculture familiale et l’élevage contribuent approximativement à
40 % du PIB (juste après les services, qui représentent 42 %) et les trois-quarts de la main
d’œuvre sont employés dans ce secteur (en 2003). S’appuyant principalement sur l’agriculture
et l’élevage, l’économie du pays est très largement à la merci des variations climatiques. Le
Niger exploite des mines d’étain, d’or et d’uranium. De grands dépôts d’uranium sont situés
dans le nord du Niger et ceux-ci comptent pour environ 75 % dans les recettes des
exportations. On exploite aussi des mines de sel en petites quantités. L’industrie se limite
essentiellement au conditionnement alimentaire et au bâtiment, les entreprises
manufacturières sont presque toutes très petites. Le bois de feu et autres combustibles
traditionnels comptent pour 80 % dans la consommation énergétique du pays (FAO, 2005).

1.6. Agriculture, élevage et insécurité alimentaire

a) Agriculture

Moins 4 % des terres sont cultivables, 9 % sont des pâturages permanents et seulement
2 % sont des forêts et boisements. L’agriculture est limitée au nord par l’isohyète 350 mm,
au-delà duquel la production de mil cesse pratiquement. Les zones sahélo-soudanienne et
soudanienne du Niger sont considérées comme potentiellement sédentaires (contrairement
aux zones du nord où l’on trouve avant tout une activité nomade). Le mil (Pennisetum
glaucum) et le sorgho (Sorghum bicolor) sont les cultures extensives traditionnelles, mais on
y cultive également du niébé (Vigna unguiculata), de l’arachide (Arachis hypogaea) ainsi que
du coton. Les dépressions créées par des cours d’eau anciens ou récents sont utilisées pour les
cultures maraîchères ou les arbres fruitiers. Le riz est cultivé autour du fleuve Niger et de la

16
rivière Komadougou. Le développement des cultures irriguées demeure modeste et est limité
principalement à la production de riz provenant des zones irriguées le long du fleuve Niger.
Celle-ci est insuffisante pour les besoins de la population (estimés à 200 000 t) et le riz
constitue le premier produit d’importation (FAO, 2001).
Le niébé, le coton et l’arachide sont cultivés pour l’exportation mais seul le niébé, peu
consommé localement et exporté de façon informelle vers les marchés sous-régionaux
(Nigeria, Bénin), constitue une production de réelle importance. Le mil est cultivé pour la
consommation locale ainsi que le sorgho, le manioc, les légumineuses, les oignons, le riz, la
canne à sucre et quelques primeurs. La pêche est pratiquée sur le fleuve Niger et les prises
sont consommées ou vendues localement.
L’agriculture bénéficie des engrais organiques qui maintiennent le sol fertile aux
alentours des lieux d’habitation mais l’augmentation de la production en mil provient avant
tout de l’augmentation des superficies cultivées (Figure 5). Chaque année 70 000 à 80 000 ha
de nouvelles terres sont occupés par l’agriculture aux dépens des forêts et de l’élevage (FAO,
2005). Le défrichement et l’exploitation du bois réduit considérablement la végétation
originale : Niamey, la capitale, requiert à elle seule plus de 11 000 t de bois de feu par an
(FAO, 2001). En outre, les jachères diminuent et les rotations sont ramenées à 2-3 ans, ce qui
réduit ultérieurement la fertilité des sols.

8000
Superficie totale cultivée
pour céréales (10³ ha)

7500

7000

6500

6000

5500
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Année

Figure 5. Evolution de la superficie totale cultivée pour les céréales au Niger de 1990 à 2000
(source : FAO, 2000)

b) Elevage

En raison de la croissance de la population et de la sédentarisation de groupes autrefois


nomades, la terre agricole entame les pâturages. Cela conduit à un surpâturage de ces derniers
et se traduit souvent par des querelles foncières. Au nord de l’isohyète 350 mm, l’élevage est
en général la première source de revenus. Mais ce dernier contribue aussi aux moyens de
subsistance des agropasteurs vivant au sud de cet isohyète, et constitue une assurance contre
les aléas climatiques et économiques. Ces dernières années, l’élevage s’est déplacé de plus en
plus vers la zone agropastorale. Dans le sud-ouest du Niger tout particulièrement, les activités
d’embouche et de production laitière s’intensifient de plus en plus.

17
L’élevage contribue à hauteur de 35 % au PIB agricole et à 12 % du PIB (en 1995).
Plus d’un million de personnes travaillent à plein temps dans l’élevage (FAO, 2001). La
production animale nigérienne s’appuie sur la pâture extensive mais le risque climatique,
l’étendue et la qualité des pâturages, de même que les contraintes sanitaires et économiques,
constituent des freins notables à sa performance. La situation de précarité favorise deux types
d’élevage: les camélidés et les petits ruminants.

c) Production céréalière déficitaire

En 2004, la production totale en mil s’élevait à 2 500 000 t, constituant deux tiers de la
production céréalière du pays. Le Niger est le troisième pays producteur de mil après l’Inde et
le Nigéria. Le rendement en grain moyen du mil avoisine 400 kg ha-1.
Le caractère aléatoire des pluies, les attaques de pestes (notamment les acridiens) et la
pauvreté des sols sont autant de facteurs limitant la productivité agricole. Les fortes variations
interannuelles des niveaux de rendements soulignent la dépendance du pays vis-à-vis de la
pluviométrie (Figure 6). De 1983 à 2000, le bilan de la production céréalière disponible par
rapport aux besoins a été déficitaire 14 années sur 17, à l’exception des années 1988, 1998 et
1999. L’équilibre est notamment recherché à travers les importations (représentant 12 à 14 %
des disponibilités alimentaires dont plus de 50 % en provenance des pays voisins) et l’aide
alimentaire (FAO, 2005).

500 800
450 700
400
600 Pluviométrie annuelle
Rendement en mil

350
300 500
(kg/ha)

(mm)

250 400
200 300
150 Rendement 200
100
Pluviométrie 100
50
0 0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Année

Figure 6. Evolution des rendements en mil (source : FAO, 2000) et de la pluviométrie annuelle au Niger
de1990 à 2000 (source : Ali et al., 2003)

18
2. Contexte local : La région du Fakara

2.1. Présentation de la zone d’étude

Le Fakara est une région couvrant approximativement 6000 km² et située à l’ouest du
pays entre la vallée du fleuve Niger et la vallée du Dallol Bosso. Le canton du Fakara fait
partie de l’arrondissement de Kollo situé dans la région de Tillaberi (Figure 7). Son chef-lieu
administratif est le village de Dantiandou.
Le site d’étude couvre 500 km² à l’intérieur du canton (entre les latitudes 13°20’ et
13°35’ N et les longitudes 2°35’ et 2°52’ E) (Figure 8). La zone comprenait une dizaine de
villages et quelques 6000 habitants en 1998.
Depuis les années 50, suite à la paix coloniale, aux progrès techniques concernant la
mise en place de puits, à l’amélioration des structures médicales et à la proximité de la
capitale, la densité de population n’a cessé d’augmenter dans la région.
La majorité de la production agricole est réalisée par des exploitations familiales de
petite taille, pratiquement exclusivement tournées vers l’autosubsistance et dont les
techniques demeurent très traditionnelles. La superficie de terre possédée par une famille
(ménage) est en moyenne de 5 à 13 ha (Hiernaux et Ayantunde, 2004). La terre, et surtout le
bétail, constituent la principale forme de richesse dans la région.
Le climat semi-aride montre une pluviométrie annuelle moyenne de 495 mm de 1968
à 1989 (Hiernaux et Ayantunde, 2004).

Figure 7. Localisation du canton du Fakara (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004)

19
Figure 8. Délimitation de la zone d’étude et pluviométrie annuelle en 2003 (d’après ICRISAT, 2003)

2.2. Géologie, topographie et géomorphologie

Le Fakara est situé dans la partie inférieure d’un grand bassin de dépôts sédimentaires
s’étendant de l’Ouest du Niger au Sud-est du Mali. La zone est dominée par une formation
géologique complexe de grès plus ou moins argileux et de dépôts épais du miocène, connu
sous le nom de « Continent Terminal » sur lequel repose une cuirasse latéritique de 5 à 20 m
d’épaisseur. Depuis le quaternaire, l’érosion éolienne a localement contribué au dépôt de
sables par dessus ces formations (Hiernaux et Ayantunde, 2004).
La zone d’étude est située sur les anciennes terrasses quaternaires de fleuves fossiles.
Cinq types de relief ont été identifiés depuis les plateaux jusqu’aux bas-fonds. Les deux
premiers furent creusés dans les sédiments du Continent Terminal et sont indurés par le fer
dans l’horizon B tandis que les trois derniers sont dépourvus de ferrugination importante
(Taupin et al., 1991, cités par Dufey, 2002) (Figure 9).

20
Figure 9. Coupe schématique illustrant les éléments géomorphologiques

¾ Les plateaux supérieurs s’étendent sur les formations gréseuses et présentent des sols
généralement peu évolués, peu profonds, à faciès ferrugineux et à faible capacité
d’infiltration (Leptosols selon la classification FAO). La « brousse tigrée » se forme
sur ces cuirasses ferrugineuses. La faible pente des plateaux contribue à la dynamique
de la végétation. Quelques ensablements locaux sont réservés à la culture mais les
plateaux constituent principalement un lieu de pâturage, de prélèvement de bois de
chauffe et de cueillette. Les plateaux sont les sources principales du ruissellement de
l’eau sur les pentes adjacentes et les jupes sableuses ravinées.
¾ Les jupes sableuses correspondent aux bordures des plateaux. Elles présentent des
pentes dont l’inclinaison est supérieure à 3 % et ne sont traditionnellement pas
cultivées. Une végétation buissonnière s’y maintient et l’épaisseur de l’horizon
sableux croît le long de la descente de la pente.
¾ Les plateaux intermédiaires constituent des paliers intermédiaires. En-dessous de
chacun d’eux se dessinent des jupes sableuses comme ci-dessus. Le nombre de
plateaux intermédiaires varie entre un et cinq selon les niveaux géologiques.
¾ Les pentes sableuses suivent les jupes sableuses. La topographie du sol y est
caractérisée par une surface légèrement ondulée de petites buttes au sol acide (pH < 5),
présentant un dénivelé de 30 à 40 cm et une largeur de 10 à 30 m. Les pentes sableuses
sont creusées de ravines et de koris (lits de rivières temporaires). Beaucoup de sols y
sont peu profonds et leurs surfaces sont compactes. En certains endroits, des horizons
B indurés et enrichis en argile sont exposés (glacis). Les pentes sableuses constituent
le type de relief le plus représenté et elles abritent la quasi-totalité des terres de culture
avec les bas-fonds. La profondeur de sable augmente dans le bas de la pente dans les
zones de cultures plus importantes.
¾ Les bas-fonds (ou fonds dépressionnaires) constituent le niveau le plus bas de la
toposéquence mais ils occupent une proportion faible de la superficie totale. Il s’agit
de larges vallées sableuses occupées occasionnellement par une mare ou un kori
résultant du ruissellement des eaux de surface. Les bas-fonds récoltent les sédiments
arrachés aux talus, glacis et jupes sableuses. Ils présentent des sols sableux à argilo-
sableux, de couleur claire et à faible pente.

21
2.3. Pédologie et caractéristiques agronomiques des sols

Bien que les sols soient formés sur le même substrat géologique, le Fakara abrite
différents types de sol (Tableau 1). A l’exception du contenu du sol en matière organique, lié
aux pratiques de gestion de la fertilité, les principales propriétés chimiques et physiques des
horizons de surface peuvent être mis en relation avec leur pédogenèse (elles dépendent de
l’âge du dépôt sur lequel les sols sont formés, ainsi que du nombre et de la durée des périodes
sèches et humides qui se sont succédées) et leur position topographique (Tableau 2) (Hiernaux
et Ayantunde, 2004).
Les types de sols définis sur base de leur topographie, géomorphologie et texture en
surface peuvent être groupés par niveau d’aptitude agronomique. Ils sont classés selon un
gradient de fertilité chimique considérant la CEC, le pH et le contenu en matière organique et
selon un gradient d’infiltration prenant en compte la profondeur, la position topographique, la
texture et l’encroûtement de surface (Figure 10) (Hiernaux et Ayantunde, 2004). Ce
classement empirique permet de définir 5 catégories d’aptitude agronomique des sols :
- Les sables limoneux et les limons argileux présents dans les dépressions colluviales et
alluviales (Cambic arenosols, Arenic cambisols et Arenic gleysols) constituent le
groupe de sols le plus « riche ». Ces sols offrent le potentiel le plus élevé pour la mise
en culture mais ils sont susceptibles d’être inondés, à cause de leur position basse dans
la toposéquence. En outre, leur texture relativement fine rend le travail du sol difficile.
- Les sols sableux épais et peu lessivés (Ferralic arenosols et Arenic lixisols) sont
faciles à travailler et offrent un bon potentiel de culture pour le mil et le niébé à
condition que des techniques de restauration de la matière organique soient pratiquées
(jachère, apport de fumier).
- Les sols sableux épais très lessivés (Arenic lixisols) offrent un potentiel de culture plus
faible à cause de leur faible fertilité inhérente et de leur texture très sableuse.
- Les sols sableux et sablo-limoneux minces ainsi que les sables alluviaux très lessivés
(Ferralic arenosols, Skeletic leptosols, Leptic lixisols, Arenic lixisol, Gleyic arenosols)
constituent le groupe de sols le plus marginal en terme d’aptitude à la culture. Ils sont
très sensibles à l’érosion hydrique.
- Les sols indurés et les sols présentant la roche-mère apparente (Skeletic leptosols) ne
sont pas arables.

22
Tableau 1. Propriétés physiques et chimiques des sols du Fakara (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004)

Tableau 2. Classification des sols par situation topographique (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004)

23
Les sols sur lesquels le mil est cultivé sont principalement classés en Arenic lixisol
mais incluent également les sols de type Arenic cambisol, Ferralic arenosol et Gleyic
arenosol.
Les sols cultivés ont une faible teneur en carbone organique et en azote total à cause
de la faible production de biomasse et des taux élevés de minéralisation. Leur particularité est
leur faible fertilité inhérente : faible taux de Corg (< 0,3 %), de P total et P disponible, de N et
de capacité effective d’échange cationique (ECEC). Ils sont également acides et pauvres en
minéraux primaires. L’adsorption de P sur les surfaces des oxydes et hydroxydes de fer et
d’aluminium s’aggrave avec l’acidification et le manque de ligands organiques, ce qui peut
conduire à une réduction de la disponibilité en P pour les plantes.
L’accumulation de matière organique est fortement liée à la pluviométrie totale. La
faible ECEC est liée à la faible quantité de matière organique et d’argile ainsi qu’à la
minéralogie des argiles présentes (kaolinite). En surface, l’ECEC est plus liée au contenu en
matière organique qu’au pourcentage d’argile (Bationo et Mokwunke, 1991 cités par Bationo
et al., 2003). On comprend donc qu’une diminution du contenu en matière organique
provoque une baisse de l’ECEC et donc de la capacité de retenir les nutriments. D’après Van
Keulen (1990) (cité par Bationo et al., 2003), une différence de 0,1 % en Corg provoque une
différence de 4,3 cmol+ kg-1 en ECEC.
Les sols cultivés du Fakara sont très sableux et présentent des conductivités
hydrauliques élevées ainsi qu’un drainage interne rapide. Cela signifie qu’en cas d’année
pluvieuse ou d’événements pluvieux intenses, des pertes d’éléments nutritifs par lessivage ont
lieu. D’autre part, même si leur perméabilité est importante, ces sols peuvent également
souffrir de pertes en eau et en éléments nutritifs à cause du ruissellement et de l’encroûtement
(diminuant l’eau disponible pour les plantes et causant de l’érosion). L’érosion éolienne,
l’encroûtement de la couche superficielle du sol et l’érosion hydrique sont les processus de
dégradation physique du sol les plus importants (Bationo et al., 2000).
La conductivité thermique des sols varie avec leur teneur en eau, leur densité
apparente, leur teneur en matière organique et leur composition minérale. D’après van
Wambeke (1995), les sols secs ne contenant que peu de matière organique sont les plus
sensibles aux extrêmes de températures. Dans les couches superficielles sableuses, la
température peut dépasser les niveaux critiques pour la levée des semis et la croissance des
racines (la température peut atteindre 55°C dans le premier cm de sol).

24
Figure 10. Carte des unités topographiques, géomorphologiques et texturales des sols du Fakara et carte dérivée de l’aptitude potentielle à la mise en culture
(gradient de fertilité) (source : Hiernaux et Ayantunde, 2004)

25
2.4. Agriculture

a) Le système de culture : agriculture sédentaire (Zerma) et élevage (Peul)

Le système de culture est caractérisé par la cohabitation de deux groupes ethniques :


les Zermas (Djerma, Jerma, Zarma, Zarma-Songhay) sont des cultivateurs sédentaires et les
Peuls (Peulh, Fulani, Fulfulde) sont des éleveurs autrefois nomades (Figure 11). Les deux
populations ont co-évolué pour former le système agro-pastoral à dominance sédentaire
actuel.
Les jeunes hommes de la région partent « en exode » dans les pays frontaliers après la
récolte. Les revenus de la récolte permettent de payer leur voyage et d’effectuer un travail
généralement commerçant ou artisan. Ils reviennent au pays aider leur famille lors de la
« période de soudure » qui désigne la fin de la saison sèche et le moment où les greniers des
ménages commencent à manquer de grain. Le mil est à cette période à son cours le plus haut.

Figure 11. Femmes Peul dans un champ de mil à Kodey

b) Les cultures principales

L’agriculture est principalement tournée vers la subsistance. Elle est basée sur le mil et
le sorgho associés à des cultures secondaires telles que les légumineuses (niébé, noix de
Bambara, arachide) et des culture de rente (sésame, oseille). Dans ce contexte, le
développement du marché de Dantiandou a pu favoriser le développement des productions
cultivées par les femmes dans les jardins de case.

c) Le mil

Le mil pénicillaire (Pennisetum glaucum (L.) R. Br., P. typhoides, P. typhideum, P.


americanum) est une culture répandue au Sahel. Le mil est généralement mieux adapté que la
plupart des autres cultures aux régions sèches et aux sols sableux et pauvres. Cette céréale a la
particularité de pouvoir être cultivée dans des conditions extrêmes : températures élevées,
précipitations faibles et irrégulières, période végétative brève, sols acides, très peu fertiles et
ayant une faible capacité de rétention en eau. Le mil a un système racinaire robuste et

26
profond, ainsi qu’un court cycle de croissance, sa croissance est donc rapide lorsque l’eau est
disponible (FAO et ICRISAT, 1997). Sa culture est généralement pratiquée sans irrigation ni
apport d’engrais chimiques.
Le mil représente environ 75 % de la consommation totale de céréales au Niger. Il est
cuisiné en bouillies et en galettes. La teneur en protéines des grains est comparable à celle du
blé, de l’orge et du maïs (FAO et ICRISAT, 1997).

¾ Structure morphologique du mil


(Maiti et Bidinger,1981)

La plante possède un port érigé et sa hauteur varie entre 0,5 et 4 mètres selon les
variétés. L’appareil racinaire est de type fasciculé (une racine séminale et de nombreuses
racines adventives). Le développement racinaire important, pouvant atteindre jusqu’à 180 cm
à la récolte, permet une bonne adaptation aux conditions pédo-climatiques de la zone semi-
aride. La tige est rigide et les entre-nœuds sont pleins. Les entre-nœuds de la base s’allongent
les derniers et sont les plus courts. Les nœuds de la base sont capables de donner des talles
secondaires et tertiaires. Les talles ne sont pas tous fertiles : 1 à 7 talles par plante parviennent
généralement à produire. Les feuilles alternes et à nervures parallèles s’insèrent sur la tige et
les talles au niveau des nœuds. Elles possèdent une gaine enserrant la tige et un limbe
lancéolé. Les nervures sont bien développées et empêchent le limbe de se plier. Le limbe
porte des stomates sur ses deux faces.
L’inflorescence est constituée d’une panicule apicale très dense et de forme
cylindrique. Sa longueur et son diamètre varient en fonction de la variété (15 à 140 cm pour la
longueur et de 0,5 cm à 4 cm pour le diamètre). La panicule (faux épi) est formée d’un rachis
rigide portant les épillets pédonculés et groupés en bouquets. Chaque épillet comprend deux
fleurs : la fleur supérieure est hermaphrodite ou femelle, généralement fertile, tandis que la
fleur inférieure est stérile ou mâle. En général, quelques jours de décalage entre les floraisons
mâles et femelles assurent la fécondation croisée.
Le fruit est un caryopse long d’environ 4 mm et de couleur variable.

¾ Croissance et développement du mil


(Maiti et Bidinger,1981)

Le cycle de croissance du mil peut être divisé en trois phases : la phase végétative, la
phase reproductive et la phase de remplissage des grains.

La phase végétative (de 0 à 50 JAS)


La phase végétative débute lors de l’émergence de la plante et se poursuit jusqu’à l’initiation
de la panicule. La germination du mil est hypogée et si les conditions sont favorables, se
produit environ 24 heures après le semis. La levée a lieu avec l’apparition de la première
feuille, 4 à 5 jours après le semis (JAS). A la fin de la levée, les bourgeons de toutes les
feuilles sont apparus et chez les variétés précoces, 6 à 7 feuilles sont déjà développées. La

27
plantule développe son système racinaire primaire et forme de nombreuses racines adventives.
Le tallage débute 15 jours après la levée et se poursuit durant 10 à 20 jours. Les talles produits
tardivement ne formeront pas d’épis ou leurs épis ne parviendront pas à maturité. La taille de
la plante reste réduite car l’allongement des entre-nœuds ne s’est pas encore produit. Durant la
phase végétative, l’accumulation de biomasse concerne essentiellement les feuilles et les
racines. L’initiation de la panicule est marquée par l’élongation du dôme apical et permet
l’entrée dans la phase suivante.

La phase reproductive (de 50 à 75 JAS)


Les feuilles s’étendent et les premières feuilles, à la base de la plante, se dessèchent. Lors de
la montaison, les entre-nœuds se rallongent en partant de la base. Les talles suivent les mêmes
phases que la tige principale avec un décalage dans le temps. Dans cette phase,
l’accumulation de la biomasse concerne la tige en plus des racines et des feuilles. La panicule
développe des épillets, des fleurs, des stigmates, des anthères et émerge. Deux ou trois jours
plus tard a lieu la floraison. Les fleurs femelles s’épanouissent les premières, commençant par
le sommet de la panicule et en descendant progressivement, suivies par les fleurs mâles. Cinq
à six jours plus tard, la floraison et la fécondation de la panicule sont terminées.

La phase de remplissage des grains (> 75 JAS)


Cette phase commence lors de la fécondation des fleurs de l’inflorescence principale et se
poursuit jusqu’à la maturité de toute la plante (tige principale et talles). L’accumulation de
biomasse se produit surtout dans les caryopses mais continue également dans les autres
parties car les talles accusent un retard de développement. La sénescence des feuilles se
poursuit jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que les 2 ou 3 dernières feuilles encore vertes. Les grains
traversent une phase laiteuse, une phase cireuse et une phase vitreuse avant de parvenir à la
maturité physiologique, environ 20 à 50 jours après la floraison selon les variétés.

¾ Principales contraintes biotiques à la culture de mil

Le mildiou ou lèpre du mil est sans doute la maladie la plus dangereuse du mil dans le
Sahel (Mbaye, 1993). Le mil est la principale plante-hôte du champignon (Sclerospra
graminicola (Sacc.) Schroet) responsable du mildiou. Avant l’épiaison, les plantes malades
présentent d’abord une décoloration jaunâtre de leur feuillage pouvant apparaître très tôt sur
les jeunes plantes. En cas d’infection précoce ou sévère, les plantes se rabougrissent ou
meurent. A l’épiaison, les fleurs attaquées se transforment, en partie ou entièrement, en
feuilles avec production d’épis difformes, appelés parfois « balais de sorcières ». Les épis
atteints deviennent noirs et boursouflés.
Le shibra (Pennisetum stenostachyum) est la forme adventice du mil. Elle provient
d’un croisement entre mil cultivé et mil sauvage. Par un mécanisme de mimétisme, cette
forme adventice parvient à échapper au sarclage. Les plants de shibra sont facilement
identifiables au champ à la récolte, ils donnent des épis de mauvaise qualité (Niangado,
1989).

28
Le Striga hermonthica (L.) est une plante adventice à fleurs mauves, parasite
obligatoire qui vit aux dépends du mil (Figure 12). Cette espèce est présente dans toutes les
zones de production de mil au Niger et cause des dégâts appréciables à la culture (Mbaye,
1993). Les graines de S. hermonthica émettent une radicule très ténue qui doit se fixer
rapidement sur une racine hôte (moins de 96h) sous peine de dégénérer. Après la fixation, la
plantule de S. hermonthica met en place un suçoir conique qui pénètre dans les tissus de la
racine hôte.

Figure 12. S. hermonthica parasite le mil.

Différents insectes deviennent nuisibles pour la culture de mil s’ils sont présents en
grand nombre. Les chenilles mineuses d’épi (particulièrement Heliocheilus albipunctella), les
insectes foreurs de tiges, différents diptères et coléoptères ravageurs et les criquets pèlerins
(Schistocerca gregaria) peuvent provoquer des dégâts considérables (Mbaye, 1993). Les
punaises se développent sur les épis en cas de sécheresse. D’autre part, les plants de mil
situés sur des fourmilières se développent moins bien car leur système racinaire est attaqué.
Les oiseaux granivores peuvent occasionner des pertes en grains sévères, surtout si la
récolte est retardée par rapport à la maturité des grains.

d) L’agriculture traditionnelle

¾ Jachère et travaux préparatoires

De faibles niveaux d’intrants et la faible fertilité des sols limitent les rendements et
expliquent les périodes de jachère (15 à 20 ans) traditionnellement pratiquées pour restaurer la
fertilité. Après la période de jachère, la préparation du champ nécessite de couper ou brûler
les arbustes présents. Suite à la pression sur les terres, les périodes de jachère tendent à
raccourcir ou à disparaître au profit d’une culture permanente.

29
Figure 13. Représentation schématique du calendrier des pratiques agro-pastorales
(source : Bielders et al., 2004)
¾ Semis

Le mil est semé au cours des trois premiers jours suivant la première pluie importante
(> 15-20 mm en deux jours), entre le 15 mai et la fin du mois de juin. Si la première pluie
n’est pas suivie d’une seconde pluie rapidement (10 à 15 jours), la germination peut avorter et
les paysans se voient régulièrement contraints de ressemer. Le mil est semé en poquets, dans
des petits creux formés à l’aide d’une houe traditionnelle et espacés de 1 à 1,5 m. Les paysans
y placent une pincée de semences (de 15 à 40 graines) et le rebouchent immédiatement.
La densité de semis est traditionnellement faible : 5000 poquets ha-1 afin de favoriser
le tallage (de Rouw, 2003). Les densités de semis sont plus élevées à proximité des villages
car le recyclage de matières organiques conduit à une fertilité des sols plus importante (Figure
14).
Pendant la période culturale, les animaux sont éloignés du champ. Ils sont soit mis en
enclos, soit envoyés en transhumance vers le nord (Figure 13).

Figure 14. Auréole de fertilité autour d’un village (source : Gérard-Delfosse)

30
¾ Sarclage et démariage

Le sarclage est le seul travail du sol effectué. Réalisé uniquement par les hommes, il
requiert une main d’œuvre importante : la superficie moyenne sarclée par jour par adulte est
de 0,15 ha. Effectué à l’aide de la hilaire (lame courbe fixée au bout d’un manche en bois), il
permet la coupe des mauvaises herbes et la déstructuration des croûtes superficielles.
Les fermiers considèrent que le sarclage est indispensable pour sécuriser un minimum
la production de mil. Les champs sont en général sarclés deux fois au cours de la saison de
croissance (environ la 2ème et la 6ème semaine après le semis). Lorsque cela n’est pas effectué,
c’est souvent à cause du manque de main d’œuvre causé par des contraintes économiques ou
sociales (Hayashi et al., 2005).
Le démariage consiste à déraciner les plants excédentaires au niveau d’un poquet pour
limiter la compétition. Il est également réalisé à l’aide de la hilaire et dans le courant du mois
du semis. Le démariage à 3 plants par poquet semble le plus courant.

¾ Récolte

Lorsque les plants sont parvenus à maturité, en fin de saison des pluies (Figure 13), les
épis sont récoltés à l’aide d’un couteau et assemblés en bottes de 200 à 300 épis. Les bottes
sont ensuite séchées et transportées, à pied ou en charrette jusqu’aux greniers (Figure 15). Le
mil peut être stocké pendant plusieurs années mais il est généralement consommé dans
l’année ou vendu après la récolte. Le péricarpe dur des grains protège en effet l’endosperme
de l’attaque des insectes et les grains sont récoltés et stockés dans des conditions sèches (FAO
et ICRISAT, 1997).
Les pailles peuvent être récoltées notamment pour leur utilisation dans la construction
de clôtures (Figure 15). Les résidus de culture peuvent également être laissés au champ où ils
constituent une source importante de fourrage et contribuent à enrichir et protéger le sol.

Figure [Link]ôtures en paille de mil et greniers à grain à Tigo Tégui

31
e) Un système en déséquilibre : agriculture minière et insécurité alimentaire

La dépendance de l’agriculture et de l’élevage face aux aléas environnementaux rend


les populations rurales nigériennes particulièrement vulnérables en terme de sécurité
alimentaire. L'accroissement rapide de la population observé ces dernières décennies a
conduit à l’augmentation des surfaces cultivées, à l’expansion de l’agriculture vers des terres
marginales et au renforcement de la pression sur les terres par les processus de surpâturage et
déforestation. Les effets des changements dans l’occupation du territoire sur l’érosion sont
aggravés par le fait que la plupart des sols sahéliens sont de nature sableuse et offrant peu de
résistance à la désagrégation par le vent ou l’eau (Bationo et al., 2000). En général, la faible
couverture du sol par les plantes encourage les effets néfastes de l’érosion éolienne et
hydrique sur la productivité de la couche supérieure du sol.
Les sols sont peu altérés et présentent une faible fertilité inhérente. La culture
permanente pratiquée sans restauration de la fertilité du sol provoque une diminution en
éléments nutritifs et en matière organique ainsi qu’une acidification de la plupart de ces sols.
Les bilans en éléments nutritifs deviennent de plus en plus négatifs et l’agriculture devient
alors de plus en plus minière.
La pauvreté, la dégradation de l’environnement et la faible productivité agricole sont
entrelacés et menacent toujours plus la sécurité alimentaire. Pour améliorer cette situation, la
croissance agricole doit passer par une augmentation de la productivité des sols plutôt que par
l’extension spatiale de la superficie cultivée et la mise en culture de terres toujours plus
marginales.
La fertilité des sols sous culture peut seulement être maintenue par une gestion
intégrée des éléments nutritifs pour les plantes. Cette gestion implique un recyclage efficient
des matériaux organiques comme les résidus de culture ou le fumier, en combinaison avec des
engrais minéraux et en utilisant la rotation ou l’association avec des légumineuses (Bationo et
al., 1998).
Les contraintes à la production des systèmes de cultures à base de mil sont donc
multiples : contraintes abiotiques (édaphiques et climatiques), contraintes biotiques (maladies,
insectes, adventices) et contraintes socio-économiques (démographie, pauvreté, insécurité
alimentaire, …). Nous abordons ici principalement le premier type de contrainte.

32
2ème partie : Pratiques de gestion de la fertilité

L’augmentation de la productivité des sols et des rendements du mil est limitée par les
ressources en eau et en nutriments du sol. Les niveaux faibles de P et N du sol sont les
contraintes principales à la croissance des cultures.
Les bilans en éléments nutritifs du sol peuvent être quantifiés en mesurant les
variations de matière organique et d’éléments minéraux dans le sol en l’absence de
fertilisation ou en soustrayant les outputs en nutriments aux inputs apportés au sol. En Afrique
de l’Ouest, ces bilans sont généralement négatifs à cause de la maigre fertilité naturelle de ces
sols et à cause du faible niveau de fertilisation pour remplacer les nutriments enlevés du
système du sol (Bationo et al., 1998). Les éléments nutritifs sont soustraits par l’exportation
de pailles et de grains de mil mais également par l’érosion éolienne et hydrique ainsi que par
lessivage. Buerkert et Hiernaux (1998) (cités par Gandah et al., 2003) estiment à 15 kg N, 2
kg P et 15 kg K ha-1 la perte en nutriments pour un rendement de 440 kg de grain et 1860 kg
de paille. D’autre part, à faible densité de semis (3000 à 5000 poquets ha-1), d’autres chiffres
sont avancés par Buerkert (unpublished data, cité par Esse et al., 2001) qui évalue les besoins
du mil par hectare à 21-28 kg N, 1,7-2,3 kg P et 35-37 kg K pour un rendement de 300-500
kg grain et 1700-2300 kg paille.
Certaines pratiques de gestion de la fertilité traditionnellement utilisées par les paysans
sahéliens ainsi que des technologies nouvelles ayant fait l’objet de nombreuses études sont
disponibles pour combattre la perte en nutriments du sol. Il faut différencier les pratiques qui
empêchent les nutriments d’être perdus des agro-écosystèmes (telles que le contrôle de
l’érosion, la restitution de résidus de culture, l’agro-foresterie et le recyclage de déchets
ménagers et de fumier) des technologies qui ajoutent des nutriments au système (comme
l’application de fertilisants inorganiques et d’amendements, les inputs organiques de
l’extérieur de la ferme et la fixation d’azote atmosphérique) (Bationo et al., 1998).
Différentes pratiques de gestion de la fertilité dans le cadre de la culture du mil en
milieu sahélien sont discutées ci-dessous. D'autre part, les stress hydriques ont un impact sur
la croissance et le développement du mil. Les rendements en mil sont modulés par la
contrainte hydrique et nous discuterons brièvement dans la partie 7 des mécanismes
intrinsèques de résistance à la sécheresse du mil.

1. Amendements inorganiques

De nombreuses études démontrent que l’utilisation judicieuse d’engrais minéraux


conduit à une augmentation des rendements (Buerkert et al., 2001 ; Bationo et al., 1998 ; …) à
condition qu’aucun autre facteur de croissance (tels que l'eau et le rayonnement) ne devienne
restrictif. L’utilisation d’engrais ne permet pas seulement d’augmenter la biomasse aérienne et
de rendre disponible plus de résidus de culture mais elle est potentiellement susceptible

33
d’augmenter la biomasse racinaire, permettant un accroissement de matière organique dans le
sol (Bationo et al., 2001).
Les fertilisants inorganiques combinent généralement trois éléments :
- l'azote est un élément constituant de nombreuses molécules organiques d'importance,
allant des protéines aux acides nucléiques ;
- le phosphore joue un rôle prédominant dans le transfert énergétique et le métabolisme
protéique ;
- le potassium est important pour la régulation ionique et osmotique. Il agit également
comme cofacteur ou activateur pour de nombreuses enzymes du métabolisme
glucidique et protéique (Van Duivenbooden, 1996).
Les engrais possèdent un intérêt logistique avantageux comparés aux apports organiques : ils
sont des formes concentrées de nutriments et peuvent être transportés facilement. Ils ont aussi
leur désavantage : les engrais chimiques seuls ne peuvent pas soutenir les rendements à long
terme. Dans les sols sableux, l’utilisation d’engrais inorganiques peut causer une
acidification du sol à cause du faible pouvoir tampon du sol. Ce problème diminue si les
quantités sont faibles (45 kg N, 20 kg P et 25 K kg ha-1) et que l’augmentation des rendements
permet une augmentation de la matière organique du sol (Shapiro et Sanders, 1998). Quand
des engrais minéraux sont combinés avec des amendements organiques, le risque
d’acidification du sol est amoindri et on peut obtenir des systèmes de production productifs et
durables (Bationo et al., 2000 ; Harris, 2002).
D’autre part, force est de constater que l’Afrique sub-Saharienne possède le plus faible
taux de consommation en engrais au monde (environ 8 kg nutriments ha-1an-1 d’après Bationo
et al., 1998). L’application d’engrais minéraux concerne moins de 5 kg ha-1an-1 dans la zone
soudano-sahélienne (Buerkert et al., 2001) et seulement 0,8 kg ha-1an-1 au Niger (Sivakumar
et Salaam, 1999). Les engrais importés sont chers et difficiles d’accès dans les campagnes. En
outre, leur achat doit s’effectuer à la période de l’année où la plupart des paysans souffrent de
problèmes de revenus (période de soudure).
Dans ce contexte, la technique d’application localisée d’engrais au poquet (micro-
doses de 3 à 5 kg P ha-1) est particulièrement prometteuse au niveau de l’efficience de
l’utilisation de l’engrais par la plante et au niveau de la diminution des coûts d’investissement
par les agriculteurs. Elle permet un apport direct des nutriments à la zone racinaire, stimulant
la croissance précoce des racines, la croissance et la floraison, et favorisant un prélèvement
plus important des nutriments initialement présents dans le sol (Buerkert, 1995).
Le Tableau 3 dresse une liste des principaux engrais, leurs acronymes et leurs
pourcentages en éléments nutritifs. Tout au long de ce rapport, N, P et K sont exprimés sous
forme élémentaire; les conversions appliquées sont : P = P2O5/2,29 et K = K2O/1,20) (Van
Duivenbooden, 1996).

34
Tableau 3. Principaux engrais (source : IFA et FAO, 2001)

1.1. Phosphore

a) Déficience en P et effet des engrais phosphatés

Dans les sols sableux sahéliens, les quantités de P total et de P disponible (PBray) sont
très faibles, pouvant atteindre moins de 40 mg P total kg-1 et 2 mg PBray kg-1 (Bationo et al.,
2003). Ces faibles valeurs peuvent être expliquées par les facteurs suivants :
- Le matériau parental composé de sables éoliens à faibles réserves minérales ;
- la proportion élevée du P total sous forme indisponible à la culture (PBray/P total = 0,06
d’après Bationo et al. (2003) dans les sols d’Afrique de l’Ouest semi-aride) ;
- le faible taux de matière organique et la récolte d’une partie des résidus de culture du
champ.
La matière organique possède un double effet bénéfique sur la dynamique de P dans
le sol : P peut être relâché lors de sa minéralisation et elle fournit des ligands organiques qui
complexent les surfaces des oxydes et hydroxydes de fer et d’aluminium, diminuant
l’adsorption du P. La croissance du mil sur les sols sableux acides de l’Ouest du Niger n’est
pas restreinte par la toxicité aluminique (Kretzschmar et al., 1991). Mais l’acidification
promeut l’adsorption de P par les oxy-hydroxydes, ce qui peut conduire à une réduction de la
disponibilité en P pour le mil (Bationo et al., 1990, cité par Bielders et al., 2002).
Huit mg PBray kg-1 a été déterminé comme étant le niveau critique nécessaire pour une
croissance optimale du mil. Ce niveau ne peut être atteint que par une application répétée
d’engrais. Etant donné que les grains de mil sont petits (10 mg), ils contiennent une réserve en
P très faible (20 µg grain-1) et les plantules dépendent fortement d’un apport externe en P
après l’émergence (Muehlig-Versen et al., 2003). Si l’eau n’est pas un facteur limitant, la
réponse à la fertilisation phosphatée est substantielle. Bationo et al. (2003) démontrent que P
est l’élément le plus limitant dans la production de mil. Il n’y a pas de réponse aux

35
fertilisants azotés sans correction préalable de la déficience phosphatée (Buerkert et al., 2002).
L’addition de 30 kg P205 ha-1 permet d’augmenter les rendements en grain de 190 kg ha-1 à
714 kg ha-1, l’addition supplémentaire de 120 kg N ha-1 permettant d’atteindre 1173 kg ha-1
(Bationo et al., 2003).
La distribution possible de l’engrais phosphaté se répartit en quatre fractions (Van
Duivenbooden, 1996) :
- fixé sur la fraction minérale du sol (sur les particules argileuses et les oxy-hydroxydes
de fer) ;
- intégré à la matière organique du sol ;
- résiduel (P disponible au cours de l'année suivant l'application) ;
- absorbé par la plante (en moyenne : 10 - 16 %).
L’effet bénéfique des engrais est de façon générale attribué à une croissance initiale
des feuilles plus rapide, ce qui permet une interception des radiations plus efficace, un
développement racinaire rapide et une augmentation de l’eau extraite par transpiration. De
faibles apports en fertilisant phosphaté permettent donc d’augmenter assez rapidement les
quantités de phosphate soluble et d’obtenir une réponse de la plante. Muehlig-Versen et al.
(2003) notent que l’apport de P permet d’augmenter le nombre de panicules par poquet et
favorise le remplissage précoce des grains par rapport à des plants « témoins » non fertilisés.
Subbarao et al. (2000) montrent que l’application l’épandage de P à la volée (13 kg P
-1
ha ) pendant onze années consécutives permet d’augmenter le PBray du sol de 6,6 à 18,22 mg
kg-1, tandis que le PBray du sol diminue de 6,6 à 2,6 mg kg-1 sous culture de mil sans
application d’engrais. Utilisant le même taux d’application, Yamoah et al. (2002) notent
également une augmentation significative du contenu en P du sol au cours d’un essai sur 9
ans, ce qui signifie que la fertilisation phosphatée est susceptible de fournir un effet résiduel
après l’année d’application.

b) L’application localisée de P en micro-doses

Diverses études menées en milieu paysan révèlent le placement de P au poquet comme


une stratégie attrayante pour surmonter la déficience en P.
Davis et al. (1994) (cités par Buerkert, 1995) ont rapporté une augmentation de 30 %
du rendement en grain avec 22,5 kg P ha-1 et de 80 % avec 45 kg P ha-1 placés par poquet en
comparaison avec une application à la volée.
Bationo et Buerkert (2001) notent qu’au taux d’application de 4 kg P ha-1 (sous forme
de NPK 15-15-15), cette technique permet également de doubler l’efficience d’utilisation de P
par le mil et de diminuer de 70 % le coût d’investissement supporté par l’agriculteur
comparée à l’application à la volée de 13 kg P ha-1 (sous forme de SSP).
Muehlig-Versen et al. (1997) notent que l’application localisée de P (5 kg P ha-1),
augmente davantage le poids en matière sèche des plantules au moment du démariage et
permet d’atteindre des rendements valant 60 à 70 % de ceux obtenus avec l’épandage de P à
la volée (13 kg P ha-1). Cette augmentation a lieu même si, à de faibles teneurs en eau du sol,
le placement de SSP (superphosphate simple) à proximité de la semence réduit le taux

36
d’émergence des plantules. Muehlig-Versen et al. (2003) recommandent l’utilisation de NPK
(15-15-15) en grains fins plutôt que le SSP pour limiter ce risque de brûlage chimique des
plantules. En outre, l’application localisée de P permet d’améliorer le prélèvement de K et de
N (qui augmente de 2 à 3 fois) par la plantule, indiquant que N ne limite pas la croissance
initiale du mil (Muehlig-Versen et al., 2003). L’application en micro-doses au poquet a des
avantages supplémentaires par rapport à une application à la volée dans les régions affectées
par l’érosion éolienne (où les risques d’ensevelissement des plantules sont plus élevés) et les
années de démarrage tardif ou de fin précoce de la saison des pluies (où l’implantation rapide
des plantules est souhaitable).
Buerkert (1995) a montré par ailleurs que l’application de 0,5 kg P ha-1 sous forme de
super phosphate simple (SSP) n’augmentait pas les rendements finaux mais permettait de
favoriser le développement initial des plantules.
L’application localisée de 3 à 5 kg P ha-1 sous forme de SSP est recommandée
(Muehlig-Versen et al., 1997). Le problème est que ces quantités sont hors d’atteinte pour la
plupart des fermiers qui font de l’agriculture de subsistance. Toutefois, Buerkert et al. (2001)
montrent que le risque économique (au niveau du retour sur l’investissement) d’appliquer P
en micro-doses est inférieur à celui de ne pas appliquer de P, excepté lorsque les niveaux de
productivité sont très faibles. Plus le sol est productif, plus cette technologie est efficace. Les
auteurs rapportent des augmentations de 50 à 220 % de la matière sèche totale suite à
l’application de 4 kg P ha-1 au poquet, c’est-à-dire de 0,4 g P par poquet à une densité de
semis de 10 000 poquets ha-1.
Buerkert et al. (2001) montrent qu’à un même taux d’application (4 kg P ha-1), les
augmentations de rendements sont similaires avec DAP (phosphate diammonique 18-46-0) et
NPK (15-15-15). A ce taux d’application, NPK contient 9,2 kg N ha-1 dont la moitié sous
forme de NH4 tandis que DAP contient 3,6 kg N ha-1 entièrement sous forme de NH4. Cela
indique que le composé NH4 de NPK peut avoir augmenté les effets de P sur les plantules en
stimulant directement la croissance racinaire. Le DAP requiert une application en quantité
moindre (2 g par poquet) que le NPK (6 g par poquet) pour des performances équivalentes et
les prix à l’unité de P appliqué sont plus avantageux.
Le placement de P au poquet à de faibles taux d’application est potentiellement
utilisable par les agriculteurs sahéliens si l’accès aux engrais est amélioré mais il faut
nuancer : cette pratique ne permettra pas de restaurer les réserves en P du sol (Muehlig-
Versen et al., 2003).

c) L’application de phosphates naturels

Au Niger, on trouve le phosphate à l’état de minerai à Tahoua et au Parc-W. Ce


fertilisant naturel de bonne qualité est disponible localement et pourrait constituer une bonne
alternative aux fertilisants importés. D’après Mahame et al. (1997) et Buerkert et al. (2001), il
ne sera utilisé comme alternative au SSP que si le coût est très inférieur pour l’agriculteur et
son application sera restreinte à des zones de pH bas (pH-KCl < 4,2) et de pluviométrie
annuelle élevée (> 600 mm). Sous ces conditions, Buerkert et al. (1997) ont montré que

37
l’application de phosphates naturels de Tahoua permettait d’augmenter les rendements de 76
% comparée à l’application de SSP. Pour Shapiro et Sanders (1997), les phosphates naturels
ne seront compétitifs par rapport aux engrais importés que lorsque leur prix vaudra environ 25
% de ceux-ci.
Buerkert et al. (2001) rapportent que la combinaison de phosphates naturels et de P en
micro-doses montrent des effets additifs importants et plus ou moins indépendants de N. Le
minerai affecte surtout le statut à long-terme de P dans le sol tandis qu’une petite quantité de
P disponible directement stimule la croissance de la plantule et augmente le prélèvement total
de P grâce à un meilleur développement racinaire (complémentarité des deux formes
d’application de P).
L’enrobage des semences est une autre technique, mais elle requiert des facilités
industrielles que le Niger ne possède pas encore (Buerkert, 1995 ; Muehlig-Versen et al.,
2003).

1.2. Azote

a) Carences en N et devenir des fertilisants azotés

L’azote présent dans le sol provient des dépôts atmosphériques, de la fixation


biologique, de sources organiques et de la fertilisation. Environ 98 % de l’azote du sol est
stabilisé dans la matière organique (Bationo et al., 2003). La quantité de N disponible pour les
plantes est corrélée avec la teneur en matière organique du sol.
Si les pertes par érosion du sol ne sont pas prises en compte, l’engrais azoté appliqué
au sol peut être réparti en cinq fractions (Van Duivenbooden, 1996) :
- intégré à la matière organique du sol ;
- lessivé ;
- perdu par dénitrification ;
- volatilisé ;
- absorbé par les cultures.
Contrairement aux engrais phosphatés, les engrais azotés ne montrent pas d’effet
résiduel important après la première année d’application. Cela s’explique par leur forte
solubilité et les pertes par lessivage associées ainsi que par les pertes par volatilisation. Les
pertes par lessivage sont dépendantes de la pluviosité annuelle (intensité et distribution) et de
la fertilisation phosphatée : si la croissance de la culture est limitée par P, l’eau et l’engrais
azoté sont sous-utilisés et le lessivage sera important. Les pertes par volatilisation sont les
plus importantes, elles dépendent de la forme sous laquelle N est appliqué. Les pertes par
dénitrification sont en général négligeables (Hafner et al., 1993).
Le coefficient d'utilisation apparente de l’engrais azoté (exprimé en kg de N absorbé
par kg de N appliqué) varie considérablement, dépendant entre autres des précipitations, de la
disponibilité en P, du type de culture, de la densité de semis, du type d’engrais et des mode et
période d'application (Van Duivenbooden, 1996 ; Bationo et Vlek, 1997).

38
b) Doses et formes d’application de N

Christianson et Vlek (1991) (cités par Bationo et al., 2003) ont calculé que le taux de
fertilisation azotée optimum au niveau agronomique était de 30 kg N ha-1 pour la culture de
mil. Ce taux est proche de celui cité par Buerkert (28 kg N ha-1) et permet de produire 9 kg de
grain par kg d’azote utilisé (contre 18 kg de grain par kg d’azote d’après Buerkert, travaillant
sans doute avec une densité plus faible). Au delà de ce taux, l’augmentation des rendements
par unité de N appliquée diminue. Dans la zone soudano-sahélienne, l’efficacité de
l’utilisation de l’azote est faible pour la majorité des cultures et on retrouve moins de 50 % de
N appliqué au moment des récoltes (Bationo et Vlek, 1997).
L’application de NPK au poquet à un taux de 4 kg P ha-1 (discutée plus haut) permet
d’apporter 0,9 g N et 0,4 g P par poquet (pour une densité de semis de 10000 poquets ha-1).
Ces quantités couvrent 10 à 20 % des besoins nécessaires en N d’après Buerkert et al. (2001)
et 30 % des besoins en N si ceux-ci sont assimilés au taux optimum cité par Christianson et
Vlek (1991).
L’urée (46 % de N), le CAN (ammonitrate de calcium, 26 % de N) et le DAP sont les
sources les plus communes d’azote dans la région. Bationo et al. (2003) dressent les
conclusions suivantes :
- les quantités de N appliquées retrouvées dans la plante sont faibles (25 à 30 %) ;
- les pertes en N sont plus élevées pour l’urée que pour CAN probablement à cause de
la volatilisation de l’ammonium (la moitié de N dans le CAN est sous forme non
volatile);
- le CAN possède une plus faible teneur en N que l’urée mais permet un prélèvement de
N par le mil plus important.
Dans une autre étude, Bationo et Vlek (1997) rapportent que le CAN et le nitrate de
potassium permettent d’obtenir des taux de récupération plus élevés que l’urée. Ils notent
également que l’application de P et de chaux améliore le taux de prélèvement de N par les
cultures.
La réponse aux engrais azotés est affectée par la pluviométrie de mi-saison.
Chistianson et al. (1990) (cités par Bationo et al., 2003) montrent qu’il existe une période de
45 jours coïncidant avec les stades d’initiation de la panicule (allongement des entre-nœuds)
et d’épiaison pendant laquelle l’utilisation de N est particulièrement dépendante de la
pluviométrie.
Il existe divers coûts et risques associés à la fertilisation azotée tels que la brûlure
(chimique) des plantules en cas de teneur en eau du sol insuffisante, ce qui augmente les
pertes en rendement si la pluviométrie est faible. Toutefois, une carence en N va rapidement
limiter la croissance lorsque la plante augmente son utilisation de P. Les agriculteurs peuvent
limiter le risque associé à la fertilisation azotée en l’appliquant plus tard dans la saison en
fonction de la pluviométrie en début de saison (Shapiro et Sanders, 1998). Une application en
deux fois (split application) permet d’augmenter considérablement l’efficience de l’utilisation
de N (Bationo et Vlek, 1997).

39
La fertilisation azotée est réputée pour stimuler le tallage et contribuer à
l’augmentation de rendement par une augmentation du nombre de panicules. De Rouw (2004)
montre que les rendements en grain augmentent avec la fertilisation (10 kg P sous forme SSP
avant semis et 50 kg N sous forme d’urée appliquée en deux fois au démariage et à la
floraison) principalement à cause de l’augmentation du nombre de panicules car le tallage est
stimulé par N. Ce nombre de panicules est élaboré dans la première moitié du cycle de
croissance (entre 30 et 50 JAS) tandis que le nombre de grains et le poids des grains sont des
composantes du rendement dépendant de la seconde moitié du cycle. Le nombre de grains et
le poids des grains sont également influencés par la fertilisation, signe que celle-ci permet de
fournir des nutriments sur une longue période, jusqu’à la deuxième moitié du cycle.
Toutefois, la contribution des talles au rendement en grain n’augmente pas sous l’effet de la
fertilisation dans les sols les plus pauvres. Dans ceux-ci, l’augmentation de rendement est
obtenue en réduisant le nombre de poquets stériles (de Rouw, 2004).

c) Fixation biologique de N

La fixation biologique de N par les légumineuses est une technique complémentaire à


l’utilisation chère et risquée des engrais azotés (Bationo et al., 1998). Le cas de la culture
associée mil-niébé, souvent mentionné pour ses nombreux effets bénéfiques, est discuté plus
loin.
Le mil peut également former des associations rhizosphériques avec des bactéries
diazotrophes. La capacité de ces bactéries à fixer l’azote atmosphérique dépend du nombre de
bactéries hétérotrophes présentes en compétition pour le carbone organique comme source
d’énergie (Esse et al., 2001).

d) N sous forme organique

Les effets de l’application de fumier et d’urée ainsi que ceux de l’application de


résidus de récolte sont présentés plus loin. Pendant la saison sèche, la minéralisation de la
matière organique permet de constituer des réserves appréciables en nitrate pour la prochaine
culture. Lorsque les pertes en N ne sont pas trop importantes (lixiviation, volatilisation, etc.),
davantage d'azote pourrait être absorbé lors d’apports organiques que lors de l'application
d’engrais azotés (Van Duivenbooden, 1996).

1.3. Potassium

Bien que les teneurs en potassium échangeable soient très faibles dans les sols en
Afrique de l’Ouest, très peu d’études ont montré une réponse positive du mil au K (Traoré et
al., 2002). Un apport de 25 kg K ha-1 est toutefois recommandé pour une densité de semis de
10000 poquets ha-1 (Hafner et al.,1993). Les pailles de mil sont également une source de K.

40
D’après van Duivendooden (1996), la distribution possible du potassium se répartit en
quatre fractions :
- intégré à la matière organique du sol ;
- lessivé ;
- intégré à la fraction minérale du sol (échanges ioniques et adsorption spécifique ;
- absorbé par la plante (24 à 38 % en moyenne).

1.4. Autres éléments minéraux

Quelques études ont mis en évidence l’importance du soufre pour la culture du mil.
Les engrais contenant du S sont cités dans le Tableau 3. Le SSP combine l’apport en P et S
mais les autres principaux engrais utilisés dans le Sahel (TSP, NPK, DAP, CAN, urée) ne
contiennent pas de S.

1.5. Effet des engrais sur l’efficience de l’utilisation en eau

Généralement, l’augmentation des rendements due à l’utilisation d’engrais mène à une


augmentation de l’efficience de l’utilisation en eau. Sous les conditions climatiques locales et
les sols sableux, toute l’eau disponible n’est généralement pas utilisée par la culture. Le
drainage est estimé à 100-200 mm par an et l’évapotranspiration (ET) à 200-400 mm par an
dans la zone sahélienne.
Lorsqu’un évènement pluvieux est inférieur à 5 mm, la plupart de l’eau est perdue par
évaporation. En général, 35 à 45 % de la pluie est évaporée directement du sol dans les
cultures de mil (une plus grande proportion sera évaporée si la pluie est plus faible) (Bationo
et al., 1998).
L’ET est largement conditionnée par les conditions météorologiques et peut être
considérée comme quasi constante et indépendante des niveaux de rendements. L’ET n’étant
pas fort affectée par les pratiques de gestion de la culture, tous les facteurs qui augmentent les
rendements auront pour effet d’augmenter également l’efficience de l’utilisation de l’eau
(EUE), qui est le rapport entre le rendement en grain et l’utilisation en eau totale (exprimé en
kg ha-1 mm-1). L’effet bénéfique des engrais est attribué à une croissance initiale des feuilles
plus rapide, ce qui permet de réduire les pertes par évaporation directe de l’eau du sol et
d’augmenter l’EUE (Bationo et al., 1998 ; Shapiro et Sanders, 1997). L’application d’engrais
permet d’augmenter la quantité d’eau transpirée et d’accroître la productivité.

41
2. Amendements organiques

De nombreuses études indiquent un déclin rapide de la qualité du sol si la culture de


mil a lieu en continu et en l’absence d’amendements organiques. L’acidification peut provenir
du prélèvement excessif d’éléments nutritifs, de la perte du pouvoir tampon résultant de la
diminution du contenu en matière organique du sol, du lessivage des nutriments ainsi que de
la perte de sol et de matière organique causée par l’érosion éolienne.

2.1. Matière organique du sol

a) Humification et minéralisation

Les organismes vivants sont les premières sources de N et C organiques. Ils produisent
des résidus morts, de la litière ou des amendements qui se décomposeront en matière
organique du sol (MO) et autres substances par le processus d'humification. La MO du sol
(aussi appelée humus) est intimement liée à la fraction minérale du sol et elle ne présente plus
la structure originelle des cellules propres aux organismes vivants.
La MO est totalement envahie par des micro-organismes vivants qui participent
activement avec la mésofaune à des processus de transformation. La perte de substances
organiques par transformation chimique ou biologique est appelée décomposition ou
minéralisation.
Le terme « apport » est utilisé pour désigner les quantités de C ou de N qui entrent
effectivement dans un des compartiments de la matière organique. Dans le cas de la MO, les
apports représentent les quantités qui entrent dans le compartiment MO du sol et non la
quantité totale de résidus végétaux qui sont ajoutés au sol (apport de matière organique
fraîche). En effet, une partie de ces résidus peut être oxydée et ne jamais atteindre le stade de
MO (Van Wambeke, 1995).
Les facteurs climatiques et les propriétés du sol influencent les teneurs en MO. Les
taux de minéralisation de la MO varient avec des facteurs biologiques, climatiques et
édaphiques tels que l’origine des apports organiques, la température du sol, l’activité des
micro-organismes, les types de faune du sol, les conditions d’humidité, l’apport en oxygène et
les propriétés de la fraction minérale du sol. Le ratio Corg/N est important pour évaluer la
qualité des apports de matière organique fraîche. La Figure 16 schématise les flux de N dans
le système cultural sahélien.
En zone sahélienne, Corg et N total sont généralement faibles à cause de la faible
production de biomasse et des taux élevés de minéralisation. De plus, il y a souvent un
manque de synchronicité entre le moment où les éléments minéraux sont libérés par la
minéralisation et le moment où la croissance des plantes demande ces nutriments, beaucoup
de nutriments sont alors perdus. La totalité du N minéralisé, par exemple, n’est en réalité pas
disponible entièrement pour les plantes, une partie peut lessiver, volatiliser ou subir la
dénitrification. La synchronicité peut s’atteindre en manipulant la demande de la plante ou en
contrôlant la quantité et la qualité des intrants organiques (Bationo et al., 1998).

42
En début de saison des pluies, on observe un flux de N libéré par la forte
minéralisation. Ce flux peut apporter entre 13 et 183 kg N ha-1 et dépend de l’intensité et de la
fréquence des premières pluies. Les plantules sont généralement peu ou pas développées pour
utiliser l’azote disponible si tôt dans la saison et la majorité de cet apport azoté peut être
perdue par lessivage (Bationo et Vlek, 1997).

Figure 16. Flux de N dans les champs cultivés et les pâturages du Sahel (les rectangles sont les inputs, les
ovales sont des outputs) (source : Powell et al., 1996)

b) Changement dans les teneurs en matière organique du sol

La plupart des diminutions en matière organique du sol se produisent lorsque les


terres sous végétation naturelle sont défrichées pour être cultivées et lorsque le sol est laissé
sans protection contre les hautes températures. La quantité d’éléments nutritifs recyclée en
une année entre les cultures et les sols est une composante critique de la fertilité du système
cultural. Cette quantité dépend de la teneur en MO du sol et du taux de minéralisation. On
comprend donc que la production de biomasse soit généralement le facteur critique permettant
le maintient d’un niveau adéquat de matière organique du sol dans un système cultural (Van
Wambeke, 1995).
Lorsque les sols se détériorent suite à un épuisement en éléments nutritifs, la matière
organique est souvent le constituant critique qu’il est nécessaire de restaurer pour créer des
conditions optimales de croissance des racines. L’augmentation de la teneur en matière
organique du sol peut se faire par l’application de pratiques agricoles dont les conditions
maximalisent les apports et/ou réduisent la constante de décomposition. L’application de
fumier, d’engrais verts (légumineuses) ou de résidus végétaux et la pratique de la jachère
permettent un apport supplémentaire en matière organique dans le compartiment MO du sol.
Les apports en matière organique contribuent d’une manière substantielle à la
productivité du sol : ils constituent une source d’éléments nutritifs pour les plantes, permettent
d’améliorer la disponibilité en P, provoquent une meilleure croissance racinaire, protègent les

43
plantules contre l’ensevelissement lors de tempêtes et réduisent l’encroûtement de la couche
superficielle du sol (Bationo et Buerkert, 2001). De faibles teneurs en MO dans le sol peuvent
conduire à des limitations sévères dans la croissance des plantes et à la détérioration des terres
de culture. Des pratiques d’aménagement peuvent cependant remplacer certaines fonctions de
la matière organique : les engrais peuvent par exemple corriger des déficiences
nutritionnelles.

c) Maintien de la matière organique du sol dans le système cultural du Fakara

D’après l’étude de Hayashi et al. (2005), menée dans 3 villages du Fakara


(Banizoumbou, Kodey et Tigo Tegui), les agriculteurs distinguent la gestion intensive de la
fertilité (parcage, transport de fumier et application de résidus de culture) et la gestion
extensive (jachère). Sur la superficie totale étudiée, la distribution géographique des terres
agricoles basée sur la classification des pratiques de gestion de la fertilité était de 66 % en
pratique de jachère, 18 % utilisant le parcage et 16 % le fumier transporté. Hiernaux et al.
(1997) rapportent quand à eux que 30 à 62 % de la superficie est cultivée et que les
agriculteurs appliquent du fumier (par transport de fumier ou par parcage) environ une fois
tous les 4 ans sur 10 à 12 % de leurs champs.
Les paysans locaux soulignent trois problèmes importants :
1) Le choix d’une pratique de gestion de la fertilité dépend des conditions
environnementales (conditions édapho-climatiques).
2) La matière organique utilisable pour la gestion de la fertilité est peu disponible.
3) Les périodes de jachère sont sans cesse raccourcies et la fertilité du sol ne peut pas être
restaurée suffisamment, le sol se dégrade donc de plus en plus.
Le fumier transporté est généralement utilisé dans des champs situés à moins de 1 km de la
case tandis que la pratique de la jachère s’effectue surtout pour des champs éloignés de plus
de 2 km de l’habitation. Le parcage se pratique à des distances intermédiaires, pas trop près de
la case à cause des conflits entre agriculteurs et éleveurs et pour éviter des dommages créés
par les bêtes aux possessions du fermier ainsi que l’ingestion par celles-ci de tissus ou sacs
plastiques nombreux près des habitations. Les terres mises en jachère n’ont généralement pas
accès aux pratiques de fumure à cause de l’éloignement et de la difficulté de transporter du
fumier ou du manque d’eau pour les bêtes en parcage.

2.2. Pratique de la jachère

Quand la jachère traditionnelle était encore pratiquée, les éléments nutritifs


pouvaient s’accumuler lors de longues périodes et une partie de ces nutriments était
disponible pour les plantes lorsque la végétation était brûlée ou lors de la décomposition de la
matière organique du sol (augmentation annuelle de 10 kg N ha-1 dans le sol et 25 kg N ha-1
dans la végétation sous savane) (Bationo et al., 1998) (Figure 17).

44
Environ 30 % des fermiers de l’Ouest du Niger cultivent leurs champs de façon
permanente et moins de 10 % font des jachères de plus de 5 ans (Wezel et Haigis, 2002, cités
par Schlecht et Buerkert, 2004) alors que 6 à 12 ans de jachère sont nécessaires pour restaurer
la perte en nutriment causée par 3 ans de culture (Van Duivenbooden, 1996).
La durée de la jachère varie entre 2 et 4 ans (en général 3 ans de jachère suivi de 6 ans
de culture) dans la région du Fakara (Hayashi et al., 2005). La persistance de la jachère se
justifie par l’éloignement des champs par rapport au village et le manque de relations avec un
éleveur (qui pourrait faire du parcage).
On observe que la faune du sol est plus diversifiée et plus nombreuse dans les champs
où est pratiquée la jachère que dans les champs fumés cultivés de façon permanente
(Derouard, 1996, cité par de Rouw et Rajot, 2004). Or, ces organismes coprophages jouent un
rôle indispensable dans la libération des nutriments contenus dans le fumier . De Rouw et
Rajot (2004) notent que tant que le système de jachère existe (loin du village et sur sols plus
lourds), le fumier est généralement appliqué sur les sols les plus pauvres (près du village et
sur sols plus sableux) pour permettre une culture permanente, tandis que sans apport de
fumier des périodes de longue jachère sont indispensables pour restaurer le sol. Lorsque le
système de jachère disparaît avec la pression accrue sur les terres arables causée par
l’accroissement de population, les sols déjà cultivés depuis longtemps et très sableux sont
abandonnés (effet du fumier insuffisant) et la culture continue sur les sols meilleurs (plus
lourds) avec application de fumier.

Figure 17. Cycle des nutriments dans le système agro-pastoral sahélien (adapté de Harris, 2002)

2.3. Application de résidus de culture (mulching)

L’application de résidus de récolte (CR : crop residue) durant la saison sèche permet
d’améliorer la capacité d’infiltration de l’eau et la rétention en eau du sol, de diminuer
l’érosion éolienne et hydrique, d’augmenter la CEC du sol, d’augmenter la fourniture lente
d’éléments nutritifs aux plantes et de chélater le P fixé par les oxydes de Fe et Al (Schlecht et
Buerkert, 2004). Le paillage de surface a un effet sur la diminution de la formation des

45
croûtes à la surface du sol, l’augmentation de la croissance et l’amélioration de
l’approvisionnement des plantules en P et K (Muehlig-Versen et al., 1997). De nombreuses
études ont également montré que la combinaison d’application de CR et d’engrais permet
d’obtenir les plus hauts rendements (Bationo et al., 2000).
Les quantités généralement recommandées suite aux essais agronomiques sur le
mulching sont de l’ordre de 2000 kg CR ha-1 (Bationo et al., 2000). Le problème se situe au
niveau de ce que les champs produisent réellement. Baidu-Forson (1995) (cité par Bationo et
al., 2000) reporte que à Dantiandou, sur les 1200 kg ha-1 de paille de mil produits à la fin de la
saison de croissance seulement 250 kg ha-1 étaient encore disponibles en début de saison des
pluies l’année suivante pour la pratique du mulching. Environ 50 % de la disparition peut être
attribuée au pâturage par les animaux et les 50 % restants sont utilisés dans la construction,
comme combustible, vendus ou utilisés pour le mulching. L’augmentation de la biomasse au
niveau des exploitations agricoles est importante pour pouvoir satisfaire la demande en CR.
L’application de CR constitue un moyen efficace pour réhabiliter des terres dégradées
et est fréquemment pratiqué par les fermiers, à des échelles limitées toutefois. Le rôle de
l’activité biologique et surtout celui des termites dans ce processus de régénération stimulé
par la présence de résidus organiques est considérable (même s’il y a aussi un rôle de la
modification des conditions de surface à cause du dépôt de sédiments). L’activité seule des
termites permet de doubler l’infiltration cumulée en comparaison avec des parcelles paillées
traitées à l’insecticide (Mando et al.,1996, cités par Bationo et al., 2000).
Le rapport C/N des pailles de mil est relativement élevé (> 100/1 d’après Kretzschmar
et al., 1991). Ce rapport élevé a pour effet de stimuler l’activité microbienne du sol, y compris
celle des nitrogénases, et d’augmenter la proportion de bactéries diazotrophes dans la
rhizosphère par rapport aux hétérotrophes (Hafner et al., 1993). D’autre part, l’application
directe d’une grande quantité de pailles peut avoir des effets négatifs en immobilisant N
durant la minéralisation par les micro-organismes (dont le rapport C/N est proche de 10) et
causant une « faim en N » chez les plantes. Vu les faibles quantités de CR généralement
appliquées, le problème d’immobilisation de N est cependant peu important au Sahel.

2.4. Agro-foresterie et association avec des légumineuses

La proximité d’arbres peut protéger la culture des vents de sables. Certaines espèces
sont en outre fixatrices d’azote atmosphérique (Acacia albida) et la retombée des feuilles sur
les champs de mil permet un apport fertilisant (Bationo et al., 1998).
La culture associée de légumineuse et de céréale est souvent mentionnée pour ses
nombreux effets bénéfiques par rapport à la monoculture (Bationo et al., 1998). L’azote
produit par la fixation symbiotique chez les légumineuses est un fertilisant « gratuit » pour le
système.
Entre autres, les rotations céréales-légumineuses permettent d’augmenter l’efficience
d’utilisation en N par la plante et de baisser les quantités de N à appliquer sous forme
d’engrais. Dans la zone sahélienne, Bationo et Vlek (1997) rapportent des efficiences

46
d’utilisation d’engrais de 20 % sous culture permanente et de 28 % lorsque le mil est cultivé
en rotation avec le niébé. Une alternative à la rotation annuelle est la culture associée en rangs
avec rotation entre les rangs d’une année à l’autre. Cette technique permet d’accroître les
rendements de mil en exploitant les effets résiduels des engrais appliqués au niébé (Bielders et
al., 2002).
La culture associée mil-légumineuse proprement dite est largement pratiquée.
L’interculture de niébé est semée peu après le mil, lorsque les animaux sont interdits de
divagation dans les champs et lorsque le risque de compétition pour l’eau et les éléments
minéraux diminue (le mil étant à un stade plus avancé et la saison des pluies étant mieux
installée). Bationo et Ntare (2000) notent toutefois que, dans cette interculture traditionnelle,
la densité du niébé est faible et sa contribution à la fixation biologique de N pourrait être
négligeable. D’après eux, il n’y a pas de preuve directe d’un transfert de N de la légumineuse
vers le mil. Dans le cas d’une rotation, par contre, la culture suivante pourrait bénéficier
d’effets résiduels de N fixé par la légumineuse. Les gousses et fanes de niébé étant exportées
du champ, ces effets proviendraient du système racinaire. Certains auteurs attribuent l’effet
bénéfique des rotations à l’habilité des exsudats racinaires de certaines légumineuses à
solubiliser le P (Gardener et al., 1981, cités par Bationo et Ntare, 2000).
L’intensification de la culture de niébé peut être un moyen pour augmenter les revenus
des exploitations agricoles à condition que l’accès à un marché soit garanti. Il faut noter que
l’adoption de technologies d’intensification des cultures peut être améliorée si elle dirigée sur
des cultures de rente (niébé) plutôt que sur des cultures purement vivrières (mil). D’autre part,
l’intensification de la production de niébé ne peut pas se faire aux dépends de la production de
mil dans un contexte de pénurie alimentaire (Bielders et al., 2002).

2.5. Pratique du parcage (coralling)

a) Technique

L’application de fumier fut adoptée pour permettre la culture permanente des champs,
c’est-à-dire sans période de jachère. La technique est pratiquée par les fermiers Zerma assez
aisés que pour posséder du bétail et par quelques familles Peuls installées dans la région avec
leurs troupeaux. Il s’agit de placer pour la nuit le bétail sur les champs qui ne sont pas
cultivés. Après la récolte, le bétail se nourrit des résidus de culture et mauvaises herbes et
reste au champ tant que la nourriture y est suffisante. Lorsque que ce n’est plus le cas, le
berger mène le troupeau vers des pâturages mais retourne au champ la nuit. Les animaux sont
libres de se déplacer sur le champ ou, si on désire concentrer l’application de fumier en un
point de faible fertilité par exemple, les veaux sont placés dans un enclos qu’on déplacera au
fur et à mesure sur le champ. 50 à 80 % de N excrété par les animaux se retrouve dans l’urine,
également très riche en K, tandis que presque la totalité du P excrété sera présent dans le
fumier (Whitehaed, 1970, cité par Ikpe et al., 1999 ; Powell et al., 1996). Les déjections

47
sèchent sur la surface du sol et restent intactes, elles sont incorporées au sable uniquement
lorsque qu’elles sont piétinées par le bétail.
Une variante demandant plus de main-d’œuvre consiste à placer les animaux de
manière systématique dans des enclos distribués sur l’entièreté du champ et déplacés lorsque
la quantité de fumier déposée dans un enclos est jugée satisfaisante. Cette technique permet
aux déjections et à l’urine d’être incorporées au sol à l’endroit du parcage par piétinement et
évite ainsi une perte de nutriments (de Rouw et Rajot, 2004).
Le principal frein à ces techniques est qu’elles signifient un surplus de travail (ou de
coût pour un contrat de parcage auprès d’un éleveur) alors que les agriculteurs sont
généralement trop pauvres pour posséder suffisamment de bétail. Les agriculteurs riches et les
éleveurs sédentaires accumulent de la matière organique dans leurs champs aux dépens des
plus pauvres dont les champs se dégradent peu à peu car ils fournissent du fourrage aux
animaux qui y passent sans que les éléments nutritifs ne leur soient restitués (Neef, 1997).
D’après Schlecht et Buerkert (2004) le fumier n’est pas exploité comme il le pourrait,
ni en termes de la quantité effectivement disponible ni en terme de son effet résiduel. La petite
taille des troupeaux appartenant à un individu, la peur du vol de bétail et le manque de
moyens de transport pour le fumier empêchent une utilisation plus efficiente des pratiques de
coralling et de fumier transporté.

b) Quantité, qualité et effets du fumier

Au Niger, les fermiers appliquent du fumier à un taux allant de 1300 kg MS (matière


sèche) ha-1 tous les 3 ans à 3800 kg MS ha-1 tous les 2 ans (les taux dans les parcages pouvant
atteindre 10000 kg MS ha-1) (Powell et Williams, 1993 ; Dosso et al., 1996, cités par de Rouw
et Rajot, 2004). Dans la zone d’étude (Banizoumbou), l’apport en fumier de zébu dans les
champs où le parcage est pratiqué est estimé à 1100 kg MS ha-1 par année et à 100 kg MS ha-1
sur les champs non fumés recevant du fumier par passage de troupeaux. Les quantités
recommandées pour une production durable de mil varient de 5000 kg MS ha-1 par année
après une période de jachère (Pichot et al., 1981), 9000 kg MS ha-1 tous les 3 ans (Affholder,
1995) et de 2100 à 3200 kg MS ha-1 tous les 2 ans (Williams et al., 1995) (cités par de Rouw
et Rajot, 2004).
Appliqué en quantités suffisantes, le fumier permet d’augmenter les rendements en
grain la plupart des années. L’augmentation du rendement passe toujours par une stimulation
du tallage et une augmentation du nombre de panicules plutôt que par des augmentations des
autres composantes du rendement (de Rouw et Rajot, 2004). Les conditions de croissance
sont stimulées au début du cycle végétatif car le fumier protège mécaniquement le sol, en
piégeant des particules mobiles pendant les tempêtes et réduisant l’encroûtement, et favorise
donc l’infiltration tout en apportant son lot d’éléments minéraux.
De Rouw et Rajot (2004) notent que l’application de fumier à 500-1000 kg MS ha-1
correspondent à 10 kg N, 1,2 kg P et 5 kg K ajoutés au sol. Ces niveaux de N et P et K sont
faibles et la plupart des nutriments sont disponibles pour la culture en début de saison
seulement. Dans leur étude, l’effet positif du fumier se marque par une faible augmentation du

48
rendement et par une augmentation de 50 % des résidus de culture via une stimulation du
tallage et donc de la production de biomasse. Un apport en nutriments supplémentaire en
deuxième partie du cycle végétatif permettrait d’augmenter les rendements en grain. Cela peut
être atteint par des quantités plus grandes de fumier appliquées en début de saison qui auraient
un effet plus prolongé ou par des apports d’engrais organique ou inorganique en milieu de
saison. L’application de fumier permet également de protéger mécaniquement la surface du
sol pendant les premiers mois de la saison culturale, lorsque le sol est peu couvert par la
culture, et de piéger les sables éoliens durant les tempêtes (de Rouw et Rajot, 2004).
Gandah et al. (2003) montrent que des taux d’application de fumier de 1500 à 17000
kg MS ha-1 sur des petites zones de champ permettent d’augmenter les rendements en grain de
500 kg ha-1 sur les champs fumés plus de 6 ans auparavant et de 1100 kg ha-1 sur les zones de
parcage récent. Ils notent les effets positifs du coralling jusqu’à 4 ans après l’application,
contrairement à de Rouw et Rajot (2004) qui rapportent l’absence d’effet résiduel du fumier
(appliqué à 5000 kg MS ha-1) sur les rendements du mil. McIntire et al. (1992) (cités par Esse
et al., 2001) rapportent une augmentation de rendement en grain de 15-86 kg par tonne de MS
de fumier. Agyemang et al. (1993) (cités par Harris, 2002) notent une augmentation de 30 kg
par tonne de MS de fumier.
Michels et Bielders (2006) rapportent des augmentations de rendements en grain de
188 % suite à l’application de fumier de parcage (10000 kg MS fumier + 1250 l urine ha-1)
par rapport aux parcelles paillées (2000 kg CR ha-1). La croissance racinaire a également été
stimulée dans l’entièreté du profil d’enracinement et l’efficience d’utilisation de l’eau (EUE)
a augmenté de 2,3 pour le témoin à 10,0 kg MS totale ha-1 mm-1 suite à l’application de fumier
et d’urine.
Esse et al. (2000) montrent que les macro-organismes jouent un rôle prédominant dans
la phase initiale de décomposition du fumier. Observer la présence et l’activité des insectes
coprophages permet de vérifier que les plantes bénéficient du fumier durant la saison de
croissance (de Rouw et Rajot, 2004). Ils remarquent également que les taux de libération de N
et P suivent les taux de décomposition du fumier tandis que les taux de libération de K
baissent beaucoup plus rapidement. Le ratio K/ECEC est une variable répondant à
l’application de fumier. K est fort présent dans le fumier et appliqué au sol, cet élément très
soluble s’adsorbe sur le complexe d’échange (de Rouw et Rajot, 2004). D’autre part, les taux
de décomposition diminuent avec le temps : les composants restants sont plus difficiles à
minéraliser (la proportion de lignine et polyphénols étant plus importante).
L’azote présent dans l’urine est rapidement disponible pour les plantes tandis que le
fumier requiert une décomposition plus avancée avant que N ne devienne disponible. La
transformation de N présent dans l’urine (hydrolyse de l’urée, apparition d’ammonium et puis
de nitrate) est complète en 4 jours mais environ 30-50 % de N sont perdus par volatilisation
ammoniacale (Stillwell et Woodmansee, 1981, cités par Ikpe et al., 1999). L’application
d’urine a pour effet d’élever le pH du sol, particulièrement les premières semaines après
application, ce qui permet de dissoudre les complexes entre P et les oxydes de Fe et Al et
d’augmenter la disponibilité de P pour les plantes (Powell et al., 1998).

49
Comparé au P contenu dans la biomasse, le P contenu dans la fumure minéralise plus
rapidement dans le sol (Powell et Valentin, 1997).
Brouwer et Powell (1998) insistent sur le fait que la quantité de fumier et d’urine
nécessaire pour obtenir de bons rendements (> 800 kg ha-1) dépend de la position
topographique de la parcelle et de la qualité du fumier. Ils conseillent de concentrer le fumier
et l’urine d’ovidés en bas des champs, là où l’infiltration et l’acidification des sols sont plus
élevées, à un taux inférieur à 2800 kg ha-1. L’urine d’ovidés a un effet plus alcanisant que
l’urine de bovidés. L’application de fumier de bovidés (2500 kg ha-1) doit être effectuée sur
les parties plus élevées du champ, là où l’infiltration est moindre et le ruissellement important.
La qualité du fumier dépend du contenu nutritif présent dans le foin et du type
d’animal. Esse et al. (2000), entre autres, montrent que le fumier de bovins possède une
concentration initiale en N supérieure à celle du fumier d’ovins et de caprins et qu’il se
dégrade plus vite. D’après Harris (2002), la grande variabilité entre exploitations dans la
composition du fumier et le type de sol rend difficiles les recommandations en termes de
quantités de fumier à appliquer. Idéalement, le parcage devrait avoir lieu un mois après le
début de la saison des pluies : quand la qualité de la pâture augmente à cause de l’humidité de
l’air, la qualité du fumier augmente aussi par rapport au fumier de saison sèche, mais ce n’est
pas possible : le parcage ne peut avoir lieu en même temps que la culture (Harris, 2002).

c) Limites de l’application de fumier

L’application de fumier à 3000-14000 kg MS ha-1 correspond à un apport de 43-199


kg N ha-1 et 4,8-22,4 kg P ha-1 (Brouwer et Powell, 1998, cités par Gandah et al., 2003). Si le
fumier est disponible, une technique de gestion alternative consiste à diminuer les taux
d’application pour augmenter l’aire traitée et donc augmenter les rendements sur une plus
grande superficie tout en réduisant le risque de lessivage d’éléments (si la pluviométrie est
importante) et les dommages causés aux cultures en cas de pluviométrie faible et de surdosage
de la fumure (Gandah et al., 2003 ; Powell et al., 1998). Esse et al. (2001) conseillent
d’adapter les taux d’application de fumier selon la pluviométrie, la présence de termites et le
type de pratique (parcage/fumier transporté). Une pluviométrie élevée et la présence de
termites font disparaître plus vite le fumier en saison des pluies. Des quantités parfois
considérables d’éléments nutritifs ayant disparu se retrouvent piégées dans les termitières et
ne seront disponibles pour les plantes que lorsque celles-ci auront été détruites ou
abandonnées.
La pression sur les pâturages risque d’augmenter avec l’augmentation des terres
cultivées étant donné que10-40 ha de pâturage sont nécessaires pour fertiliser 1 ha en utilisant
9 vaches durant la saison sèche (Powell et al., 1996). L’utilisation d’engrais chimiques en
combinaison avec un apport en éléments nutritifs organiques est donc proposée afin de
réduire le besoin en superficie de pâturage et d’augmenter la capacité de ces sols sableux à
stocker plus d’éléments nutritifs (Powell et al., 1996). Hiernaux et Ayantunde (2004)
rapportent un effet synergique de la combinaison d’apports organiques et minéraux sur
les rendements en mil dans le Fakara. L’application localisée de P (2 g DAP par poquet)

50
combinée à l’application de 6000 kg MS fumier ha-1 a permis d’augmenter les rendements en
grain de 350 kg ha-1 par rapport à la somme des rendements obtenus par application seule de
DAP et par application seule de fumier.
D’autre part, Powell et al. (1996) notent que laisser tous les résidus de récolte sur les
champs permet d’obtenir des meilleurs rendements plutôt que de les laisser consommer par
les animaux qui laisseront leur fumier/urine aux champs. Toutefois, cette stratégie n’est pas
envisageable pour les agriculteurs, étant donné qu’il n’y a pas de fourrage alternatif durant la
saison sèche.
La connaissance de la durée du séjour d’animaux dans un corral spécifique, la
variation du contenu nutritif dans le foin, la variation de qualité de fumier produite, le nombre
et le type d’animaux ainsi que le type de sol doit permettre d’estimer l’apport nécessaire de
fumier en un site particulier. Cet apport doit prendre en compte d’autres contraintes
importantes comme la charge de travail et la disponibilité en terres de pâturage et en fumier
(Gandah et al., 2003). Les variations en termes de disponibilité de pâture vont
particulièrement affecter la quantité et la qualité du fumier produit par un animal. Les
concentrations en MO, N et P dans le fumier seront plus faibles durant la saison sèche (Powell
et al., 1996). Schlecht et al. (1997) rapportent que les quantités de N excrétées sont plus
élevées de jour que de nuit et que les défécations et urinations sont plus fréquentes au lever et
à l’abreuvement. Ceci suggère que des pratiques de gestion du bétail telles que le maintien des
animaux sur le site du parcage une trentaine de minutes après leur lever, et l’épandage de
litière près des points d’eau, permettraient une récupération plus complète du fumier et de
l’azote pour améliorer la fertilité des sols.

2.6. Application de fumier transporté

Une variante à la pratique du coralling demandant encore plus de travail consiste à


récolter le fumier des étables et les déchets ménagers près de l’habitation, de les transporter
jusqu’au champ et de les répandre sur la superficie à cultiver (de Rouw et Rajot, 2004). Les
contraintes majeures sont le transport et la disponibilité du fumier. A mesure que la superficie
cultivée augmente, la superficie de jachère/pâturage nécessaire à nourrir le bétail se limite et
la fourniture en fumier également (Figure 17) (Harris, 2002).
Le fumier est appliqué après la récolte ou en début de saison sèche. Le fumier
transporté contient des déjections et urines, mais aussi des déchets ménagers, des cendres et
des pailles de mil. Les fermiers ne cherchent en général pas à appliquer le fumier de façon
homogène, surtout lorsque le fumier est peu disponible. Ils l’appliquent en des lieux ciblés de
faible fertilité. Les applications varient chaque année (Harris, 2002). La distribution inégale
du fumier entraîne une variabilité dans la croissance du mil sur des petites distances. Schlecht
et Buerkert (2004) rapportent des taux d’application de fumier transporté de 630 kg MS ha-1
sur des lieux précis. Ils notent un effet de fertilité résiduelle pendant au moins deux saisons.
La qualité du fumier, outre son contenu, dépend des conditions de stockage qui
affectent la perte de l’urine ou la décomposition anaérobique du fumier (Harris, 2002). Un

51
désavantage de cette technique est que les taux de N dans le fumier transporté sont plus
faibles que dans le fumier obtenu par parcage, le NH3 présent dans l’urine étant le plus
souvent perdu par volatilisation avant l’épandage (Esse et al., 2001). Powell et William
(1994) (cités par Bationo et al., 1998) ont montré que l’urine pouvait aussi être « piégée » par
les résidus de culture à haut ratio C/N utilisés comme foin dans les étables et les corrals.
Nzuma et Muwira (2000) (cités par Harris, 2002) montrent qu’un lit de paille permet de
réduire les pertes en NH3 de 80 %.
Il faut savoir que les contraintes de charge de travail et de disponibilité du bétail
nomade rendent difficile le remplacement du coralling prolongé en un endroit par des
applications de fumier plus dispersées. Par contre cela peut être effectué plus facilement dans
le cas du fumier transporté. Le transport manuel de fumier 4 semaines après semis une fois
par an à 2000-3000 kg MS ha-1 vaut à priori mieux que des taux beaucoup plus importants
une fois tous les 10 ans si on désire éviter les pertes d’éléments minéraux pour les plantes
(Esse et al., 2001).
D’autre part, comme dans le cas du parcage, l’extension des intervalles entre
application de fumier (de 1-2 à 3 ans) permettrait d’augmenter la superficie des champs
bénéficiant de cette pratique de gestion de fertilité et d’éviter les pertes liées à une surdose
locale de fumier (Schlecht et Buerkert, 2004)
Bien que ces techniques utilisant le fumier ne permettent pas d’ajouter des nutriments
au système agro-pastoral en lui-même, elles sont néanmoins un moyen de transfert et de
recyclage d’éléments minéraux et de Corg à différentes échelles à l’intérieur du système. Il est
important d’optimiser et d’intensifier ces techniques dans un contexte où les agriculteurs
locaux ont peu accès aux autres formes de fertilisation (Esse et al., 2001).

3. Densités de semis

Différentes études recommandent des densités de semis plus élevées pour augmenter
les rendements en cas d’utilisation d’engrais minéraux (Reddy, 1988 ; Klaij et al. 1994 cités
par de Rouw, 2004 ; Shapiro et Sanders, 1997).
Au Sahel, les agriculteurs sèment à de faibles densités (10000 à 30000 plants ha-1) et
pratiquent le démariage pour favoriser le tallage et pour que les talles fertiles contribuent au
rendement en grain (Bidinger et Raju, 2000). Le mil est la seule céréale haute où la sélection
n’élimine pas le tallage. Le risque d’échec de la culture en cas de sécheresse durant l’initiation
de la panicule ou de la floraison est amoindri (de Rouw et Winkel, 1997).
Une expérience à Banizoumbou montre que la densité de semis traditionnelle (5000
poquets ha-1) produit des rendements élevés moins fréquemment que la densité recommandée
(10000 poquets ha-1) en conditions favorables (de Rouw, 2004). Par contre, il y a moins de
risques de perte en rendement lors d’années plus sèches si la densité de semis est plus faible
même si les rendements en grain moyens sont plus faibles. Une densité de semis plus faible
stimule plus le tallage que la fertilisation par N et P. Les risques ont été réduits principalement
par le développement déphasé des tiges principales et des talles secondaires. La contribution

52
des panicules des talles au rendement en grain passe de 60 % à 20 % lorsque la densité est
plus élevée (de Rouw, 2004). Winkel et Do (1992) remarquaient déjà que le nombre et la
survie des talles est inversement proportionnel à la densité de semis.
D’après de Rouw (2004), les agriculteurs sont conscients que l’espacement et la
fertilisation stimulent le tallage et préfèrent les appliquer ensemble. De Rouw (2004) indique
que, dans les conditions de mise en culture de terres marginales comme au Sahel, une densité
de semis élevé n’est pas vraiment nécessaire pour obtenir un rendement élevé. Une telle
densité réduit le tallage et rend la culture plus vulnérable aux sécheresses et aux contraintes
biotiques (de Rouw, 2004).

4. Variétés améliorées

De nombres études recommandent l’utilisation de variétés à cycle court (90-100 jours)


pour remplacer les cultivars locaux, surtout si les pluies sont tardives (Reddy, 1988 ; Klaij et
al. 1994 cités par de Rouw, 2004 ; Buerkert, 1995). Si un mélange de variétés à cycle courts et
longs étaient disponible, les fermiers pourraient adapter le choix de la variété à semer en
fonction de la date de la première pluie (Shapiro et Sanders, 1997).
Les variétés à cycle court sont cependant peu utilisées. D’après de Rouw (2004), cela
est expliqué par le fait que les isohyètes ont glissé ces 50 dernières années, le climat au Sahel
devient plus sec. Ce récent changement de climat favorise les sécheresses de mi-saison. En
effet, la diminution de la pluviométrie annuelle depuis 1970 est causée par une perte de 30 %
des pluies dans la période de pluviométrie maximale, tandis qu’il n’y a pas de réduction de la
longueur totale de la saison de croissance.

5. Combinaison de techniques

Pour redresser les bilans négatifs en nutriments il faut développer des systèmes de
gestion intégrée de ces nutriments, c’est-à-dire manipuler judicieusement les processus
d’entrée et de sortie des nutriments. Tous les exemples montrent que même si l’application
d’engrais inorganiques est un bon moyen d’augmenter les rendements, les engrais minéraux
ne peuvent pas seuls soutenir ces rendements à long terme. D’autre part, les techniques qui
recyclent les nutriments ne permettent pas de compenser seules les pertes liées à l’exportation
de la récolte. Une production durable pourra être obtenue lorsque les engrais minéraux sont
combinés avec d’autres technologies comme l’application de résidus de culture ou de fumier
(Bationo et al., 1998 ; Hayashi et al., 2005).
L’application de résidus de culture, par exemple, est limitée par la disponibilité en
pailles de mil. Or, même l’utilisation de faibles quantités d’engrais permet d’augmenter les
rendements en paille dans les essais en milieu paysan. L’application de petites doses de P au
poquet, couplée avec l’adoption de systèmes culturaux adaptés comme l’association avec le

53
niébé permet d’obtenir de bonnes augmentations en biomasse totale (Bationo et al., 2000).
Remarquons que l’augmentation de production en vue d’accroître le recyclage d’éléments va
conduire à une augmentation des pertes en nutriments (par l’exportation des cultures) si les
techniques utilisées n’apportent pas également des avantages complémentaires (tels qu’un
apport en P au sol, une meilleure protection contre l’érosion, etc).

6. Adoption des techniques

Les recommandations en termes de densité de semis, application de fertilisants


inorganiques et variétés à cycle court ne sont pas suivies par les paysans. Cela est peut-être dû
aux différences entre les priorités des chercheurs, qui veulent augmenter les rendements en
moyenne et celles des paysans, qui cherchent à réduire la fréquence d’échec de la culture (à
obtenir des rendements supérieurs à un rendement minimum). D’après de Rouw (2004), les
pratiques augmentant les rendements et diminuant les risques d’échec de la culture tout en
étant susceptibles d’être adoptées par les paysans locaux sont la faible densité de semis
traditionnelle (couplée à l’application d’engrais ou non), la plantation de variétés à maturité
précoce et tardive pendant la même saison et l’application de fumier. Les pratiques permettant
juste d’augmenter les rendements (sans diminuer le risque d’échec de la culture) sont la
densité élevée de semis (couplée à l’application d’engrais ou non), la mono-culture de variétés
à maturité précoce et l’incorporation de fertilisants inorganiques dans les sols les plus
pauvres.
D’autre part, les principales contraintes à l’adoption des technologies de
production dans la zone sahélienne sont (d’après Traoré et al., 2002) :
- faible implication des producteurs dans le processus de génération et d’évaluation des
technologies de production ;
- faible circulation de l’information entre partenaires ;
- poids des traditions ;
- faible contribution des services d’encadrement ;
- diversité des approches méthodologiques d’intervention des partenaires ;
- coûts des engrais et accessibilité ;
- coût des amendements organiques et accessibilité ;
- faible organisation des producteurs ;
- politique de prix au producteur, manque de marché solvable ;
- faible accès au crédit et à la micro-finance ;
- faible disponibilité de semences améliorées.
Il faut conclure que l’application de pratiques de gestion de la fertilité dépend à la fois
de l’intérêt personnel porté à l’innovation, des revenus des ménages, de la sécurité foncière et
de la dépendance face au climat. La dotation en bétail et terres paraît jouer un rôle crucial
dans les pratiques de fertilité mises en place par les ménages individuels (Schlecht et
Buerkert, 2004).

54
Des stratégies complémentaires doivent être encouragées, spécialement pour les
agriculteurs les plus pauvres et face au déclin de la fertilité et à l’émigration de familles des
régions les plus arides. Les recherches futures doivent se focaliser sur les raisons d’adoption
ou de non adoption des techniques disponibles pour combattre la perte en nutriments.
En plus de la recherche, des interventions au niveau national et supranational sont
nécessaires. Au niveau national, il faut créer un environnement qui contient des actions sur le
thème du crédit, des actions post-récolte pour ajouter de la valeur au produit sortant des
exploitations, du marketing sur les produits, … Au niveau supranational, il faut revoir
l’impact des programmes d’ajustement structurel et les accords généraux sur les tarifs et le
commerce (Bationo et al., 1998).

7. Les mécanismes de résistance à la sécheresse du mil

Etant donné la dépendance de la culture face aux aléas climatiques, les mécanismes
intrinsèques de résistance à la sécheresse du mil sont de première importance. La résistance
est prise ici dans le sens agro-écologique de stabilité du rendement. La gestion de la fertilité
peut être plus efficiente si on prend en compte les impacts des stress hydriques sur la
croissance et le développement du mil.
Des épisodes de sécheresse peuvent avoir lieu à n’importe quel moment de la saison
de croissance et leur variabilité spatiale est également considérable. Il faut cependant noter
que des sécheresses en début, milieu ou fin de saison auront des impacts différents sur les
pertes en production de grain.

7.1. Caractères morphologiques et physiologiques de résistance et


évitement du mil à la sécheresse

a) Efficience hydrique du mil

Le mil a un métabolisme de type C4 qui lui confère une efficience hydrique double de
celle des plantes en C3 (la carboxylation en 2 étapes des espèces en C4, en concentrant le CO2
dans les cellules de la gaine, améliore le rendement de la Rubisco-carboxylase et donc, à
conductance stomatique égale, l’assimilation photosynthétique).
L’efficience hydrique dépend de la capacité d’assimilation photosynthétique de la
feuille et de la conductance foliaire pour la vapeur d’eau. Une efficience élevée, résultant
d’une augmentation de l’activité photosynthétique relativement à la transpiration, peut
accroître la production totale de MS et le rendement potentiel sans modifier la consommation
en eau totale de la culture. Si l’augmentation de l’efficience résulte d’un maintien de
l’assimilation concomitant avec une diminution de la transpiration (en cas de stress hydrique)

55
elle se traduit par une économie des réserves en eau du sol ce qui permet d’éviter la
déshydratation et une meilleure stabilité de la production de grains (Winkel et Do, 1992).

b) Résistance à la sécheresse

Les mécanismes permettant de maintenir l’efficience hydrique malgré un épisode sec


sont dits « de résistance ».La résistance du mil à la sécheresse est faible, il possède peu
d’adaptations à la déshydratation comme l’ajustement osmotique ou la résistance des tissus.
(de Rouw et Winkel, 1998).
Le système racinaire profond du mil constitue une bonne adaptation. La vitesse de
progression du front racinaire est rapide, lui permettant de dépasser rapidement les horizons
superficiels soumis directement à l’évaporation et d’atteindre, à la floraison, une profondeur
d’enracinement importante constituant une réserve hydrique potentielle (1,5 m). La
colonisation du sol par le système racinaire progresse jusqu’en fin de cycle et permet
d’occuper l’ensemble du profil (horizons de surface riches en éléments minéraux et horizons
profonds plus humides). La densité racinaire est toutefois parfois insuffisante pour utiliser
toute l’eau disponible dans la partie inférieure de la zone racinaire. La croissance racinaire
tardive pourrait être stimulée en situation de déficit hydrique (Winkel et Do, 1992).
La germination du mil est très rapide (la petite taille du grain facilitant l’absorption
d’eau) mais les réserves limitées de la plantule la rendent complètement tributaire de la
photosynthèse dès le 6ème jour. La vigueur précoce du mil, c’est-à-dire son développement
rapide, peut avoir des effets opposés selon la distribution des pluies au cours du cycle. D’une
part, une culture couvrant rapidement le sol va limiter les pertes en eau par évaporation au
bénéfice de la transpiration et intercepter rapidement le maximum de lumière. D’autre part,
une surface foliaire très développée va également accélérer la consommation des ressources
en eau du sol et, en cas de sécheresse, la plante risque de connaître un déficit hydrique sévère
avant la maturation complète des grains (sauf si la bonne croissance initiale a permis de
constituer des réserves carbonées mobilisables). La survie et le maintien du rendement
dépendront alors de la croissance des racines pendant la phase d’installation de la culture
(Winkel et Do, 1992).

c) L’évitement de la sécheresse

Les mécanismes d’évitement de la sécheresse mis en place par le mil concernent (de
Rouw et Winkel, 1998) (Winkel et Do, 1992) :
¾ La synchronisation du cycle végétatif à des périodes de hautes probabilités de
conditions de croissance satisfaisantes. Le développement de la tige principale
coïncide avec la période de plus haute probabilité de pluviométrie élevée.
¾ La plasticité du développement ou variation de la durée d’une phase de croissance en
fonction de l’importance des déficits en eau. Le développement hâtif et asynchrone
des panicules et fleurs permet d’étaler la floraison sur une longue période, en
maintenant le rendement potentiel même si la tige principale est endommagée.

56
¾ La plasticité de la croissance. Quand l’eau est disponible et les nutriments non
limitants, les talles peuvent représenter jusqu’à 70 % de l’appareil végétatif de la
plante et constituent une « banque » de matière sèche et d’éléments nutritifs qui peut
servir de tampon face aux fluctuations de l’environnement. La perte en poids des
grains sur les tiges principales causée par un déficit hydrique peut être
partiellement ou entièrement compensée par l’accroissement de la production des
talles (par la multiplication des talles fertiles et l’augmentation du nombre de grains
par épi).
¾ La remobilisation des assimilats vers le grain. Une partie importante de la
croissance des grains serait due à l’activité photosynthétique des feuilles en période
postflorale. En absence de contrainte hydrique, les substances carbonées produites
avant la floraison ne participent pas au remplissage des grains. L’émergence des épis
stimule fortement les transferts carbonés à partir des feuilles. On admet que la
contrainte hydrique réduit les capacités de synthèse des feuilles, ainsi que les transferts
d’assimilats. Si elle a lieu durant la phase de remplissage des grains, elle peut donc
affecter directement la production finale. Le mil présente néanmoins une grande
stabilité de rendement face au déficit en eau. Les hypothèses avancées font état d’une
remobilisation vers les grains des assimilats de la période préflorale et une
redistribution des composants minéraux et glucidiques par régression de talles au
profit des talles fructifères. Cette remobilisation aurait pour effet d’améliorer
l’efficience de l’eau en termes de production de grain. C’est ainsi que des
phénomènes compensatoires pourraient également avoir lieu entre le nombre et
le poids des grains. Ces composantes sont déterminées à des phases différentes du
cycle et donc dans des conditions parfois contrastées mais on note que le poids suffit
rarement à compenser la baisse du nombre de grain.
¾ Le maintien de la surface foliaire verte. Ce maintien favorise la stabilisation de la
production en permettant une reprise rapide et complète de l’activité photosynthétique
dès que le stress est levé. Cette stratégie est adaptée à une contrainte hydrique
intermittente mais contribue à épuiser les réserves en eau du sol en cas de contrainte
prolongée.
¾ La réduction de la surface de feuilles vertes. Une sécheresse postflorale (déficit de 7
jours) peut provoquer une réduction de 50 % de la surface foliaire verte. Une
sénescence foliaire rapide permet dans ce cas la réduction de la transpiration.

7.2. Impact des pratiques culturales

Le développement asynchrone des talles reste le principal facteur de maintien du


rendement en limitant la baisse du nombre total de grains. Notons que la densité de semis, les
nutriments présents (la fertilisation) et la pluviométrie (timing et la durée) vont fixer les
limites du nombre de talles fertiles, de la période de floraison et donc de la réponse
« plastique » du mil. L’application de N, particulièrement en combinaison avec P, stimule le

57
tallage, la floraison hâtive et la fertilité des talles. Le tallage détermine aussi la surface foliaire
et la consommation en eau de la plante (Winkel et Do, 1992 ; Winkel et al., 1997).
La variation spatiale de la croissance ou micro-variabilité est également importante.
Cette variation dépend de l’hétérogénéité physique et chimique du sol ainsi que des pratiques
culturales. Les agriculteurs sont souvent contraints de ressemer les poquets manquants et
peuvent s’ajuster aux conditions environnementales par les pratiques du démariage et du
sarclage (de Rouw, 2003). C’est ainsi que les agriculteurs produisent des poquets d’âges
différents et des plants d’âges différents au sein d’un même poquet (l’émergence au sein d’un
poquet peut être déphasée car les semences sont enterrées à des profondeurs différentes) (de
Rouw et Winkel, 1998). Au niveau de l’agro-système, la diversité génotypique des variétés
locales et l’hétérogénéité environnementale donnent des variabilités de croissance et de
développement des plantes qui permettent une dispersion des risques en cas de sécheresse
(Winkel et al., 1997).
La meilleure stratégie pour réduire le risque de perte de rendement causé par une
sécheresse est d’étaler les stades sensibles dans le développement de la culture sur la plus
longue période possible (de Rouw et Winkel, 1998).

7.3. Effet d’une sécheresse à différents moments du cycle

D’après Winkel et al. (1997), les risques de sécheresse doivent être classés en deux
types. Les sécheresses de début ou de fin de saison culturale sont fréquentes et souvent
longues et sont combattues par des semis successifs ou par le choix de cultivars à cycle court
tolérants aux déficits hydriques post-floraison. Elles sont généralement peu dommageables
quand aux pertes en rendement en grain (de Rouw, 2003). Les sécheresses intermédiaires
(plus courtes, ±10 jours et plus imprévisibles) ont lieu durant les phases d’initiation des
panicules, de la floraison ou de la pollinisation et peuvent endommager des fleurs ou des
panicules entiers.
Dans une étude sur les effets d’une sécheresse de préfloraison, de Rouw et Winkel
(1998) remarquent qu’il existe des sous-populations de plants fleurissant tôt, de floraison
intermédiaire ou de floraison tardive et que les talles fertiles sont concentrés dans le groupe
des plants fleurissant tôt. Ce groupe est capable de sécuriser une partie de la production en
retardant (de 13-18 jours) le développement de talles fertiles après la période de stress. Les
plants de floraison tardive sont souvent « unitiges » ou moins tallés. Le développement de
talles fertiles est diminué par un sol pauvre et une courte durée de la saison des pluies. La
composante de rendement responsable de la réduction de rendement est principalement le
nombre de grains par panicule, tandis que la composante la moins affectée par la sécheresse
est le poids moyen d’un grain et le nombre de poquets à l’hectare. De Rouw et Winkel
(1998) concluent que l’initiation florale et la floraison sont beaucoup plus perturbées par une
sécheresse de préfloraison que le remplissage des grains et la survie des poquets.
Dans une autre étude, les mêmes auteurs observent un délai de floraison du à la
sécheresse préflorale pour les plants n’ayant pas reçu de N. L’application de N permet de

58
générer plus de panicules par poquet mais la floraison ne commence pas plus tôt ni ne
continue pendant plus longtemps, c’est-à-dire que le taux de floraison est stimulé par N. En
général, au plus tôt a lieu la floraison, au plus de panicules peuvent être produits (sauf si la
sécheresse affecte l’initiation des panicules). La proportion de panicules fleurissant tôt reflète
l’abondance des premières pluies.

7.4. Décomposition du rendement en grain

L’analyse des composantes du rendement permet de détecter dans la saison de culture


les périodes favorables ou défavorables aux différents stades de croissance. Ces stades de
développement correspondent à ceux des variétés à cycle court (environ 100 jours), les
variétés à cycle long semées dans la région peuvent avoir des cycles végétatifs jusqu’à 120
jours et dans ce cas c’est la période du tallage qui s’allonge (de Rouw et Rajot, 2004).
Le rendement en grain reflète la combinaison de la densité de semis des plants et des
composants de rendement :

Y = S * Nr * Np * Wg (1)

où Y est le rendement en grain par parcelle (kg ha-1)


S est la densité du semis (poquets ha-1)
Nr est le taux de poquets survivants (à la récolte) (% poquets semés)
Np est le nombre de talles portant des panicules par poquet (panicules poquets-1)
Wg est le poids de grains par panicule (kg panicule-1)

Les conditions de croissance sont d’abord reflétées par le nombre de poquets


survivants (Nr) (fixé entre 0-15 JAS) qui reflète les conditions d’installation et d’émergence
de la plante ou phase végétative (0-50 JAS). Le nombre de panicules (Np) est déterminé par
les conditions de croissance pendant le tallage et l’initiation de la panicule (15-50 JAS). Le
nombre de grains par panicule reflète les conditions ayant lieu lors du développement de la
panicule et de la floraison, c’est-à-dire lors de la phase reproductive (50-75 JAS) tandis que
le poids moyen d’un grain est déterminé par les conditions de croissance pendant la phase
générative de remplissage des grains (de la fécondation à la maturité : 75-100 JAS). Le poids
des grains par panicule (Wg) reflète donc les deux dernières phases (de Rouw et Rajot, 2004).

59
3ème partie : Matériels et méthodes

1. Site de l’expérience et choix des champs expérimentaux

Le site d’étude, situé dans la région du Fakara, englobe 3 villages principaux :


Banizoumbou (13°31’N, 2°39’E), Bagoua et Kodey (Figure 8). Ce site fut choisi à cause de
l’abondance de données bio-physiques et socio-économiques déjà disponibles dans une base
de données spatialement géoréférencée. Un champ a été choisi à proximité de chacun de ces
villages.
Les champs ont été sélectionnés de façon à ce que cinq types de pratiques de gestion
de la fertilité organique (niveaux de fumure organique) soient présents dans le même champ
en début d’essai. D’autre part, les champs sont suffisamment éloignés du centre du village
pour que le risque que les enfants du village interfèrent avec le déroulement de l’expérience
soit minimisé. Enfin, plusieurs chercheurs avaient déjà travaillé avec les agriculteurs
propriétaires des champs dans un essai préliminaire et ceux-ci étaient déjà habitués à suivre
les obligations inhérentes à un travail scientifique.
L’essai fut mis en place durant la saison des pluies 2003 pour une durée de trois ans.

2. Dispositif expérimental

2.1. Les pratiques de gestion de la fertilité organique

Chacun des champs a été divisé en strates correspondant à des pratiques de gestion
de la fertilité organique différentes. Ces pratiques sont le parcage (PA) et le transport de
fumier (FT), ainsi que l’effet résiduel du parcage un an et deux ans après application. Une
strate non traitée par application de fumier (NF) est également ajoutée. Les chiffres qui
suivent indiquent l’année d’application de la technique (2001, 2002, 2003, 2004 ou 2005).
Une strate concernant l’effet résiduel du fumier transporté a été ajoutée chaque année.
En 2003, les champs sont divisés en 5 strates: PA03, PA02, PA01, FT03 et NF. Les
strates PA03 et FT03 représentent le parcage et le fumier transporté de l’année tandis que les
strates PA02 et PA01 représentent les strates où le parcage a été effectué un an et deux
auparavant (Figure 18). En 2004, 6 strates sont délimitées par champ (PA04, PA03, PA02,
FT04, FT03 et NF) et 7 strates en 2005 (PA05, PA04, PA03, FT05, FT04, FT03 et NF).
Chacune des strates a été divisée en parcelles élémentaires selon un design multi-
factoriel comprenant 3 niveaux de fertilisation minérale, 3 variétés de mil et 3 répétitions
(Figure 19). Le schéma du dispositif expérimental est repris en Annexe 2.
Le parcage de l’année est réalisé durant la saison sèche (janvier, février, mars) par les
fermiers. L’application de fumier transporté a lieu en fin de saison sèche (mai), au moment du

60
piquetage des parcelles. Le fumier provient du village, il contient des déchets ménagers, des
résidus végétaux et des bouses de petits ruminants. La composition du fumier et la quantité
appliquée diffèrent selon les champs. Le parcage et l’épandage de fumier transportés ont lieu
chaque année dans les deux blocs délimités à cet effet. En règle générale, toutes les opérations
culturales sont suivies par des techniciens de l’ICRISAT, aidés par des manœuvres locaux
engagés pour les travaux lourds.
Suite à la grande variabilité des quantités appliquées entre sites et années, l’application
de fumier transporté a été contrôlée en 2005 à Kodey à 180 kg par parcelle, c’est-à-dire à
18000 kg ha-1. Le parcage en 2005 à Kodey a également été contrôlé par un technicien de
l’ICRISAT et appliqué en février 2005. Pour obtenir le même taux d’application que celui du
fumier transporté, 8 vaches ont été parquées par parcelle pendant 1 semaine (selon une norme
calculée par International Livestock Research Institute (ILRI), Ayantunde et al., 2001). A
Banizoumbou et à Bagoua, le parcage et l’application de fumier ont été réalisés par les
paysans, les apports étaient donc nettement moins uniformes spatialement.

Figure 18. Dispositif expérimental superposé à une photo aérienne du site de Kodey, le 17 septembre 2003.
Chacun des 5 blocs (strates) représente une pratique de gestion de fertilité organique différente.
(ICRISAT, 2003)

Figure 19. Représentation schématique d’une strate de pratique de gestion de la fertilité

61
Différentes cartes de la zone d’étude existantes ont été combinées à des mesures
effectuées par GPS pour localiser et cartographier précisément les parcelles d’essai en 2003.
Les coordonnées des nouvelles strates ont été reprises en 2005 pour être ajoutées à la base de
données existante.
Un GPS Pathfinder Trimble TDC1 (modèle 3300-CNCHOPE-007) a été utilisé pour
localiser les blocs PA04, PA05, FT04 et FT05. Ce GPS différentiel fournit des mesures dont
l’erreur est inférieure à 1 m lorsque les mesures sont corrigées par rapport à l’antenne satellite
fixe installée au centre ICRISAT de Sadoré.
Néanmoins, nous n’avons pas pu encoder les données : le câble permettant la
transmission des données vers un ordinateur est déficient depuis avril 2005. Nous ne
possédons donc que les cartes de l’essai en 2003.

2.2. Les niveaux de fertilisation minérale

L’essai compare trois niveaux de fertilisation minérale : l’application de DAP


(phosphate diammonique 18-46-0), l’application de DAP couplée à celle d’urée et un niveau
« témoin », sans fertilisation minérale. La raison pour laquelle on a choisi de travailler avec
du DAP au lieu du plus classique NPK 15-15-15 est que le DAP est plus concentré en N et P
et requiert donc une application en quantité moindre (2 g par poquet) que le NPK (6 g par
poquet) pour une même dose de P appliqué.
L’application de DAP est effectuée lors du semis. La technique consiste à placer 2 g
de DAP par poquet. Cette application est effectuée par la technique « des trois doigts » : une
pincée permet d’appliquer approximativement la quantité voulue. L’application de 2 g par
poquet correspond à un taux de 20 kg DAP ha-1, c’est-à-dire à 4 kg P ha-1 et à 3,6 kg N ha-1
entièrement sous forme de NH4 (Buerkert et al., 2001).
L’application d’urée doit s’effectuer après un évènement pluvieux pour garantir
l’utilisation de l’azote par les plants en limitant la volatilisation ammoniacale (très importante
sur les sols secs et chauds) et éviter les brûlures chimiques. Cette application s’effectue au
moment de la montaison des plants de mil, environ au même moment que le second sarclage
(Tableau 4 p.78). Un gramme d’urée chimique est appliqué par poquet, ce qui correspond à
une application de 4,6 kg N [Link] choisi d’appliquer l’urée bien après le DAP pour éviter
tout gaspillage d’éléments nutritifs lorsque les plantules sont jeunes et pour que le mil
bénéficie d’un second apport fertilisant juste avant l’initiation des panicules.

2.3. Les variétés

L’essai compare la variété locale et les variétés améliorées ICMV IS 89305 et Zatib.
La variété locale résulte de la sélection opérée par les paysans de la région. Cette
variété est donc bien adaptée aux conditions régionales et elle présente un cycle de croissance
d’environ 100 jours.

62
La variété ICMV IS 89305 est une variété améliorée obtenue par sélection récurrente
à partir de croisements entre les variétés ¾ HK B-78, Souna-3 et CIVT. Les variétés
améliorées sont plus homogènes génétiquement que les variétés locales. La variété de mil
ICMV IS 89305 fleurit à 70 JAS et montre un cycle de 95 à 100 jours. Elle est résistante au
mildiou et est protégée contre les insectes foreurs de tige. Cette variété possède un rendement
potentiel en grain de 2000 kg ha-1. L’indice de récolte vaut 27 % en conditions optimales et le
poids moyen de 1000 grains est de 10 g (ROCAFREMI, 2002).
La variété Zatib a été obtenue par sélection des cultivars locaux Zanfarwa et Tchin-
Bijini. Il s’agit d’une variété légèrement plus précoce que la précédente : elle fleurit à 60 JAS
et présente un cycle végétatif de 95 jours. Cette variété de mil est reconnaissable à ses plants
touffus et plus petits que les deux autres variétés, ainsi qu’à ses feuilles glabres. Elle est
résistante au mildiou et est protégée contre la chenille de l’épi. Le rendement potentiel en
grain varie entre 1500 et 2000 kg ha-1. L’indice de récolte vaut 27 % en conditions optimales
et le poids moyen de 1000 grains est de 10,5 g (ROCAFREMI, 2002).
Les fiches techniques des variétés améliorées sont présentées en Annexe 1. Chaque
variété sera semée sur les parcelles individuelles correspondantes, conformément au schéma
en Annexe 2.

2.4. La parcelle élémentaire et la disposition de l’essai sur les champs

Chaque parcelle élémentaire mesure 100 m² et est caractérisée par son appartenance à
un site, une strate de fumure organique, un niveau de fertilisation minérale, une variété de mil
et une répétition. La densité de semis est de 10 000 poquets ha-1, c’est-à-dire 121 poquets par
parcelle (poquets séparés de 1 m). Les parcelles sont séparées de 1 m, les strates de 2 m ou
plus. Chaque bloc mesure 32 x 98 m = 3136 m² et donc la superficie occupée par l’essai sur
un site couvre au minimum 3136 m² x 5 = 1,56 ha (en 2003).

3. Dispositif de mesures et analyse de données

3.1. Pluviométrie

Un pluviomètre a été installé sur chacun des 3 sites. Après chaque pluie, un technicien
de l’ICRISAT a relevé le niveau d’eau dans le pluviomètre (Figure 20).

63
Figure 20. Pluviomètre installé à Bagoua

3.2. Profils de teneur en eau

Depuis 2004, des tubes en aluminium (48 mm de diamètre interne) ont été installés au
centre de chaque parcelle. Des mesures d’humidité du sol à différentes profondeurs (tous les
15 cm jusqu’à 210 cm) sont effectuées grâce à des sondes à neutrons Didcot Instruments (type
I H III) en 2004 et 503-DR Hydroprobe en 2005 (Figure 21 etFigure 22).
Les mesures des profils de teneur en eau sont prises environ une fois par semaine, sur
sol réessuyé en cas de pluie. Pour des raisons logistiques (temps, matériel et charge de
travail), ces mesures n’ont pas été effectuées sur les parcelles semées avec la variété ICMV
IS 89305. Ces mesures ont été réalisées en 2004 sur les strates de fertilité NF, FT04, PA04,
PA03 et PA02 tandis qu’en 2005 ce sont les strates NF, FT05, PA05, PA04 et PA03 qui sont
concernées.

Figure 21. Sonde à neutrons 503 DR Hydroprobe utilisée en 2005

64
a) Principe de fonctionnement d’une sonde à neutrons

Les humidimètres neutroniques (ou sondes à neutrons) mesurent l'humidité volumique


du sol (θ) en utilisant la propriété qu'ont les neutrons rapides (énergie = 2 MeV) à être ralentis
préférentiellement par les atomes d'hydrogène, qui dans le sol sont majoritairement inclus
dans les molécules d'eau.
La mesure est réalisée par l’introduction de la sonde dans un tube en alliage
d'aluminium enfoncé verticalement dans le sol où il est laissé en permanence. La sonde est
descendue dans le tube d'accès et la source de neutrons rapides (Radium-Béryllium ou
Américium-Béryllium) accompagnée du détecteur de neutrons lents (de basse énergie < 0,025
eV) est amenée à la profondeur désirée. Les neutrons rapides émis entrent en collision avec
les noyaux d'hydrogène qui ont une masse pratiquement identique à la leur et perdent ainsi
progressivement leur énergie cinétique lors de chocs élastiques. Les neutrons ralentis se
dispersent au hasard et un "nuage" stable de neutrons lents se forme rapidement autour de la
source. Il présente une forme sensiblement sphérique avec un diamètre d'autant plus grand
que le sol est plus sec (diamètre de l'ordre de 30 cm sur sol sec). Le nombre de neutrons lents
par unité de volume est proportionnel à la quantité d’eau dans le sol traversé par le tube. Du
fait que le détecteur de neutrons lents se situe dans le volume de ce nuage, le comptage (cpm
ou cps) est proportionnel à θ pour ce même volume de sol. La mesure consiste donc à compter
pendant un temps déterminé le nombre de neutrons lents qui reviennent vers la sonde (Bacchi
et al., 2000).

Figure 22. Schéma d’une sonde à neutrons 503 DR Hydroprobe (Bacchi et al., 2000)

b) Calibration et vérification des données

La correspondance entre θ et le comptage résulte d’un étalonnage à partir


d’échantillons de sol prélevés dans le volume occupé par le nuage de neutrons et pour
lesquels sont effectuées des mesures de θ par la méthode gravimétrique. Cet étalonnage fut
effectué par des techniciens de l’ICRISAT chaque année. Un comptage standard (SC) fut

65
réalisé chaque jour de prise de mesures (matin et soir) en plaçant la sonde à saturation dans un
fût d’eau. θ est estimé à chaque profondeur par la formule suivante :
comptage
θ = int ercept + pente * (2)
SC

Bacchi et al. (2000) notent qu’en matière de calibration de sonde à neutrons,


l’échantillonnage est le principal problème. En effet, en théorie, le même volume de sol doit
être exposé à la sonde et servir à la mesure gravimétrique. Dans la pratique, ceci est
difficilement réalisable dans la mesure où le volume vu par la sonde n'est pas très bien défini
et qu'il est, en général, largement supérieur à celui des échantillons de sols prélevés. La
certitude que les volumes échantillonnés par les deux approches (neutronique et
gravimétrique) soient identiques ne peut jamais être acquise.
Les profils de teneur en eau ont été visionnés graphiquement au moyen d’une macro
écrite en Visual Basic dans Excel par Bielders (1997) afin de corriger les erreurs d’encodage
(graphes non présentés).

3.3. Calcul de l’eau utile pour les plantes et bilan hydrique par parcelle

L’eau utile pour les plantes (mm) (EU) a été estimée selon l’équation suivante :

EUj (mm) = Σni=1 (θi,j – θci,j) ∆zi pour tout i tel que θi,j ≥ θci,j (3)

où les indices i et j représentent les couches de sol et le temps ;


θi est la teneur en eau mesurée dans la couche i (m³ m-3);
θci est la teneur en eau critique dans la couche i (m³ m-3);
∆zi représente l’épaisseur de chaque couche (mm).

La teneur en eau a été interpolée linéairement entre deux profondeurs. La teneur en


eau critique (θci) est définie comme la teneur en eau à laquelle le mil commence à subir un
stress hydrique. Celle-ci est plus élevée que la teneur au point de flétrissement permanent
(θFPi). Les θFPi ont été fixées à 0,022 entre 0 et 15 cm, à 0,026 entre 15 et 30 cm, à 0,03 entre
30 et 45 cm, à 0,034 entre 45 et 60 cm, à 0,038 entre 60 et 75 cm et à 0,031 à partir de 75 cm
de profondeur, avec une évolution linéaire de θFP dans les couches intermédiaires. Les θci ont
été fixés à θFPi + 0,03 dans les premiers 60 cm de sol et à θFPi + 0,04 ensuite (Rockström et de
Rouw, 1997, cités par Bielders et al., 2004). Nous avons intégré EUj jusqu’à une profondeur
maximale d’enracinement fixée à 1,50 m. EU a été calculé pour cette même profondeur
quelque soit la strate de fertilité dans un site. Il estime donc les variations d’eau utile induites
par le climat plutôt que par le sol et/ou la strate de fertilité.

66
3.4. Evaluation des apports de matière organique

L’évaluation des apports de matière organique au sol est mesurée à partir de 2004 par
la méthode du placeau. Il s’agit d’échantillonner les strates de pratique de fertilité en plaçant
aléatoirement 4 à 5 fois par parcelle élémentaire un placeau de 0,5 m x 0,5 m (cadre en bois).
La matière organique est prélevée, séparée en matière organique végétale et fécale (MOV et
MOF) et le poids humide de chacune des fractions est pesé sur le terrain. Ensuite, un
échantillon de chaque fraction est prélevé et pesé. Après un passage à l’étuve (60°C pendant
48 h au laboratoire de l’ICRISAT à Sadoré), les échantillons serviront à déterminer le poids
sec de matière organique présente dans chaque position du placeau.
Nous effectuons les moyennes de poids sec de MOF et MOV par parcelle (sur les
différents emplacement du placeau) et calculons ensuite la moyenne de MOF et MOV sur une
même strate. Cette façon de procéder permet de tenir compte du fait que le nombre de placeau
par parcelle est variable (4 à 5) et que le nombre de parcelles dans lesquels on effectue
l’analyse est variable en fonction des strates et des sites.
Il est important de remarquer que par « apport de matière organique » on signifie
« résidus résultants d’apports de matière organique fraîche (d’origine végétale ou fécale,
résidus de culture ou fumier) mesurés à la surface du sol ». Il ne s’agit donc pas des apports
bruts en fumier par exemple, car les mesures ont été prises après la date d’application (et il
peut y avoir eu une disparition de matière suite à des processus de minéralisation,
d’humification ou déplacement par les termites).
En 2004, l’évaluation des apports a eu lieu à Banizoumbou le 11 et 12 mai (1,5 mois
avant le semis) ; à Bagoua le 13 mai (une semaine avant semis dans les strates FT04, PA02 et
NF) et le 2 juin (après semis dans les strates FT03, PA03, PA04) ; à Kodey le 29 avril (un
mois avant semis dans la strate PA04) et le 2 et 3 juin à Kodey (au moment du semis dans les
autres strates). En 2005, les mesures à la méthode du placeau ont été effectuées le 13 et 14
mai à Banizoumbou, le 18 mai à Bagoua et le 19 mai à Kodey, c’est-à-dire environ 15 à 20
jours avant le semis dans toutes les strates.

3.5. Développement de la culture

Différentes mesures phénologiques sont effectuées régulièrement par un technicien de


l’ICRISAT. La division du développement du mil en 10 stades phénologiques permet
l’enregistrement et la comparaison de l’évolution des plants de mil. Les descriptions se
réfèrent au développement de la tige principale uniquement. Les stades 0 à 2 font partie de la
phase végétative, les stades 3 à 6 de la phase reproductive et les trois derniers stades
concernent la phase de remplissage des grains (Maiti et Bidinger, 1981).
Etant donné qu’il y a 121 poquets par parcelle et plusieurs tiges principales par poquet,
il fut choisi de noter, pour chaque date d’observation, le stade de la tige principale ayant le
stade phénologique le plus avancé. Par manque de temps, ces mesures n’ont été réalisées dans
tous les sites qu’en 2005.

67
Les dates correspondantes aux stades de développement suivants sont notées (en
DOY, day of the year, jour de l’année) au niveau de chaque parcelle :
- date de l’émergence : stade 0
Ce stade débute par l’émergence du coléoptile à la surface du sol. Le temps requis avant
l’émergence de la plantule dépend de la profondeur du semis, de l’humidité du sol et de la
température. L’émergence se produit 2 à 3 jours après le semis.
- date de l’émergence du 1er talle : stade 3
Ce stade concerne l’initiation de la panicule. Les primordias foliaires cèdent la place aux
primordias de l’appareil reproductif. L’élongation du dôme apical débute. Les premiers entre
nœuds s’allongent et plusieurs talles apparaissent. Ces talles suivent les mêmes stades de
développement que la tige principale avec un décalage dans le temps.
- date d’apparition de la feuille du panicule : stade 4
Le limbe de la dernière feuille est visible. Cette dernière se distingue des autres feuilles car
elle ne possède plus de nouvelles feuilles émergeant en son centre. Les entre-nœuds
continuent à s’allonger. Les méristèmes de la panicule se différencient, le processus
commençant à la base de celle-ci et progressant vers le haut. La panicule est enfermée dans la
gaine formée par les dernières feuilles et elle est poussée vers le haut par l’élongation de la
tige via les entre-nœuds.
- date d’apparition de la 1ère panicule : stade 5
Le développement de la panicule est presque complet. Celle-ci croît en longueur et en largeur
jusqu’à émerger de la gaine de la dernière feuille. Le pédoncule (dernier entre-nœud)
s’allonge en même temps ; c’est l’épiaison.
- date de début de la floraison
- date de 50 % de floraison : stade 6
Les stigmates fleurissent les premiers (protogynie), en commençant quelques centimètres sous
la pointe et en se propageant des deux côtés. Le stade 50 % de floraison est atteint lorsque les
stigmates apparaissent au niveau du milieu de la panicule. En quelques jours, les stigmates ont
tous émergé et les premières anthères apparaissent. Le développement de toutes les anthères
nécessite jusqu’à 5-6 jours. Différentes panicules d’une même plante peuvent fleurir
simultanément ou séquentiellement.
- date de la maturité : stade 9
L’endosperme passe par une phase de maturation laiteuse, une phase de maturation cireuse
avant d’atteindre la maturation physiologique. Celle-ci est marquée par l’apparition d’un point
(une petite ligne) noire dans la région du hile de la graine. Cette étape coïncide avec la fin du
remplissage des grains et marque donc la fin de leur croissance. Les grains ont alors atteint
leur poids sec maximum et l’endosperme est devenu dur.

Lors du démariage, on note également par parcelle le nombre de poquets et le nombre


de plants par poquets. Ce dernier permet de calculer le taux de survie des poquets au
démariage (%). Notons que ce taux est calculé sur l’entièreté de la parcelle tandis que la
plupart des mesures de rendement seront calculées sur la superficie intérieure de la parcelle
(sans tenir compte des rangées situées en bordure).

68
3.6. Mesures de rendement à la récolte

Différentes variables sont mesurées à l’échelle de chaque parcelle au moment de la


récolte. Nous utilisons la terminologie « épi », plutôt que « faux-épi » pour désigner la
panicule.
Le nombre de poquets récoltés sur la superficie intérieure de la parcelle, sans compter
les poquets de bordure, est au maximum égal à 81 (Figure 24). Ce nombre permet de
déterminer le taux de survie des poquets à la récolte (%). Les poquets végétatifs et non
matures ne sont pas comptabilisés dans les poquets récoltés. Il s’agit respectivement des
poquets ne présentant pas d’épis et des poquets à épis ne portant pas de grains.
Le nombre de talles par poquet est calculé en comptant le nombre de talles et le
nombre de poquets sur les diagonales de chaque parcelle. Le nombre d’épis récoltés est le
nombre total d’épis récoltés par parcelle. Divisé par le nombre de poquets récoltés, il donne le
nombre d’épis par poquet, dont la valeur est généralement similaire mais légèrement
inférieure au nombre de talles par poquet.
Le poids frais des feuilles et tiges liées en gerbe est mesuré sur le terrain à l’aide de
balances mécaniques de 50 kg (graduations à 200 g) fixées sur des trépieds. Un sous-
échantillon de la gerbe est également pesé à l’aide d’une balance plus petite (5 ou 10 kg,
graduations à 20 g). Le poids sec de l’échantillon de feuilles et tiges est mesuré après que
celui-ci ait été laissé à sécher plusieurs jours au soleil. Il servira à déterminer le poids sec des
feuilles et des tiges.
Les épis sont liés en bottes et le poids frais des épis est mesuré de la même façon que
pour les gerbes de feuilles et tiges. Un sous-échantillon est également pesé. Le poids sec de
l’échantillon d’épis est mesuré après que celui-ci ait été laissé à sécher au soleil. Il servira à
déterminer le poids sec total des épis de la parcelle. Les graines contenues dans l’échantillon
d’épis sont séparées de la panicule et pesées. Ce poids des graines de l’échantillon d’épis,
divisé par le nombre d’épis, permettra de calculer le poids moyen des grains par épi.
Les mesures de poids sec, sachant que l’aire de récolte d’une parcelle est de 81 m²,
permettent le calcul des différents rendements.
Le rendement en paille Yp est calculé comme le quotient du poids sec (Psp) et du poids frais
(Pfp) de l’échantillon de feuilles et tiges, rapporté au poids frais total (PFtotp) de la gerbe de
feuilles et tiges par parcelle.
Ps p ( g ) 10
Y p (kg / ha) = ⋅ PFtot p ( g ) ⋅ (4)
Pf p ( g ) 81

Le rendement en botte d’épis Yb est évalué comme le quotient du poids sec (Psb) et du poids
frais (Pfb) de l’échantillon d’épis, rapporté au poids frais total des épis par parcelle (PFtotb).
Ps ( g ) 10
Yb (kg / ha ) = b ⋅ PFtot b ( g ) ⋅ (5)
Pf b ( g ) 81

69
Le rendement en grain Yg est calculé comme le quotient du poids des grains (Psg) de
l’échantillon d’épis et du poids frais de l’échantillon d’épis (Pfb), rapporté au poids frais total
des épis par parcelle (PFtotb).
Ps g ( g ) 10
Yg (kg / ha) = ⋅ PFtot b ( g ) ⋅ (6)
Pf b ( g ) 81

Le rendement en biomasse est la somme des rendements en paille et en bottes. L’indice de


récolte est le quotient du rendement en grain sur le rendement en biomasse exprimé en %.
Vu le nombre important de mesures effectuées, des erreurs de mesures de poids (dues
à la précision des balances et à la lecture de la mesure par les techniciens) ainsi que des
erreurs de comptage (dues au travail répétitif dans chaque parcelle) ont pu altérer les valeurs
des variables réponse traitées dans cette analyse.

3.7. Evaluation des contraintes biotiques

A la récolte, on évalue l’état sanitaire de chaque parcelle. Le nombre de poquets


atteints par le mildiou et le nombre de plants de shibra (Pennisetum stenostachyum) sont
comptés par parcelle. La proportion de Striga hermonthica dans chaque parcelle est évaluée
sur base de l’échelle qualitative suivante : 0 = nulle, 1 = faible, 2 = moyenne et 3 = élevée.
Différents insectes deviennent nuisibles pour la culture de mil s’ils sont présents en
grande quantité. Les dégâts causés par les insectes n’ont pas été importants. Ils n’ont donc pas
fait l’objet d’observations et les pertes de récolte n’ont pas été évaluées. Nous signalons
toutefois la présence de fourmis, de termites et de punaises sur les champs de l’essai.
Les fourmis sont présentes dans tous les sites, il existe en moyenne une fourmilière par
strate de fertilité organique. Les poquets situés sur les fourmilières se développent mal car
leur système racinaire est attaqué.
Les termites sont également présentes dans tous les sites. La présence de termites
influence la disparition de la matière organique fraîche apportée au sol. A Bagoua en 2004, les
mesures faibles de MOF et MOV au sol mesurées par la méthode du placeau sont
probablement dues à l’activité des termites. Plus la durée laissée entre la fin du parcage ou
l’application de fumier transporté et les mesures au placeau est longue, plus les termites sont
susceptibles d’avoir prélevé une partie de la matière organique apportée au sol. Dans ce
contexte, une mesure de la disparition de MO en continu a été entreprise en 2005 (pesée
toutes les deux semaines de bouses contenues dans des cages grillagées accessibles aux
termites) mais ces données ne sont pas traitées dans cette étude. En 2005, les termites ont été
particulièrement actives sur le site de Kodey.
Les punaises se développent sur les épis en cas de sécheresse. A Kodey, une
sécheresse de 2-3 semaines en août 2005 les a empêchées de tomber au sol et elles ont attaqué
les grains.

70
Signalons que des manœuvres ont été engagés en fin de cycle de croissance pour
chasser les oiseaux et éviter de trop importantes pertes en grain, surtout chez les variétés à
cycle plus court que la variété locale.

3.8. Propriétés physiques et chimiques du sol

a) Analyses chimiques des sols

Des échantillons de sol ont été prélevés avant le début de l’essai, le 2 juin 2003. Les
échantillons ont été prélevés à 3 profondeurs différentes (0-10 cm, 10-20 cm et 20-40 cm)
dans chaque répétition au sein de chaque strate de fertilité. 9 échantillons de sol sont donc
disponibles par strate de fertilité organique. Ils ont été remis au laboratoire de l’ICRISAT à
Sadoré pour analyse chimique des paramètres suivants : pH KCl (1 M), pH H20 (1:2,5),
phosphore disponible (méthode Bray 1), carbone organique (méthode Walkley et Black),
azote total (méthode Kjeldahl), capacité d’échange cationique (méthode Argent Thiourée), H+
et Al3+ (KCl 1 M). Les protocoles expérimentaux sont repris en Annexe 3.
Chaque année, des échantillons de sols sont pris dans les nouvelles strates. En 2005,
deux prélèvements par parcelle (sur la diagonale) ont été effectués dans les strates FT05 et
PA05, à 0-10 cm, 10-20 cm et 20-40 cm. Ces deux échantillons sont mélangés et un sous-
échantillon est prélevé (échantillons composites). Au total, 3 échantillons sont donc
disponibles pour chaque parcelle. Ces échantillons sont prélevés au semis, pendant la période
de croissance et après la récolte, ils sont stockés à l’ICRISAT en vue d’une analyse texturale
et chimique éventuelle.

b) Analyse texturale des sols

Une analyse texturale a également été effectuée avant le début de l’essai sur des
échantillons récoltés à différentes profondeurs sur chaque strate et site (0-10 cm,10-20 cm,
20-30 cm, 30-60 cm, 60-90 cm, 90-120 cm, 120-150 cm, 150-180 cm, 180-210 cm).
L’analyse a été effectuée par le laboratoire de l’ICRISAT et porte sur les 5 classes texturales
suivantes : sable fin, sable grossier, limon fin, limon grossier et argile. La conductivité
hydraulique à saturation (Ko) a été calculée sur base de l’équation suivante par Manyame en
2003 :

Ko (cm h-1)= 28,42 – [1,534 * (argile + limon fin)] (7)

71
3.9. Analyse statistique

a) Vérification des données

Les variables principales sélectionnées pour l’analyse et mesurées au niveau des


parcelles élémentaires sont :
- rendement en paille (kg ha-1)
- rendement en grain (kgha-1)
- indice de récolte (%)
- poids des grains par épi (g)
- nombre d’épis par poquet
- nombre de talles par poquet = tallage
- taux de survie à la récolte (%)
- taux de survie au démariage (%)
- nombre de poquets végétatifs
- nombre de poquets non matures
Une vérification des données encodées a d’abord été effectuée par des mises en
graphiques des différentes variables par année et par site ainsi que par la réalisation de
graphes de dispersion de type « boxplot » effectués par le logiciel Minitab 14 Release 14.12.0,
et cela, par année, site, niveau de fertilisation, niveau de pratique de fertilité organique et
variété.
Les graphes « boxplot » indiquent la médiane, la moyenne et la dispersion autour de la
médiane (le rectangle comprend 50 % des observations et les moustaches inférieures et
supérieures comprennent les premiers et les derniers 25 %). Cette analyse préliminaire a
permis d’identifier les valeurs éloignées de leur moyenne de plus de 3 fois l’écart-type.
Certaines erreurs d’encodage ont pu être corrigées. Les outliers et les valeurs suspectes ont été
répertoriés dans une table.

b) Analyse exploratoire des données

L’analyse exploratoire a été réalisée en plusieurs étapes, sur base de graphes de


dispersion de type « boxplot » et des tableaux de moyennes également effectués par Minitab
14. Nous avons effectué une analyse globale sur les 3 ans de l’essai, suivie d’une analyse par
année et d’une analyse sur les parcelles témoins (non fumées, non fertilisées et de variété
locale).
Il est clair que toutes les tendances et différences remarquées suite à l’analyse
exploratoire ne sont peut-être pas significatives. Vu le nombre important de données,
l’analyse reste globale. Les tests statistiques vont permettre d’affiner ce début d’analyse et de
mettre en évidence les interactions entre facteurs.

72
c) Analyse de variance

¾ Hypothèses de l’analyse de variance

Nous allons analyser l’effet des différents facteurs sur les variables principales (ou
variables dépendantes) citées ci-dessus. L’analyse de variance peut être effectuée à condition
que trois hypothèses soient satisfaites :
- les observations suivent une distribution normale,
- les variances entre populations sont égales (les populations sont définies par les
combinaisons de niveaux de facteurs),
- les échantillons dans lequel les observations sont effectuées sont indépendants et
identiquement distribués, c’est-à-dire que les observations qui les constituent sont
indépendantes et issues d’une même population.
Nous vérifions graphiquement et grâce aux coefficients de Skewness et de Kurtosis
que les variables ont une distribution proche de la normale, à l’exception du nombre de
poquets végétatifs et du nombre de poquets non matures. La distribution des variables est
présentée à l’Annexe 4. Le coefficient de Skewness mesure le degré d'asymétrie de la
distribution tandis que le coefficient de Kurtosis mesure le degré d'écrasement.
Nous avons effectué des tests d’égalité de la variance de Levene pour les différentes
variables et niveaux de facteurs. Nous constatons que l’hypothèse d’égalité de la variance ne
peut pas être acceptée pour la plupart des variables (résultats non présentés).

¾ Modèle d’analyse de variance

L’analyse exploratoire révélant de fortes différences entre années dues à une


répartition différente de la pluie, l’analyse de variance sera effectuée année par année. Au sein
de chaque année, nous développerons les effets principaux des facteurs et leurs interactions
significatives. Nous réaliserons ensuite l’analyse combinée sur trois ans.
Le dispositif expérimental s’analyse par les facteurs suivants :
a = la fertilisation, facteur fixe à 3 niveaux
b = la variété, facteur fixe à 3 niveaux
C = la répétition, facteur aléatoire à 3 niveaux
d = la pratique de fertilité organique, facteur fixe à 5, 6 ou 7 niveaux
e = le site, facteur fixe à 3 niveaux
Les facteurs étant tous croisés, le dispositif expérimental s’analyse par une ANOVA à
5 facteurs croisés mixte. La structure en blocs aléatoires complets au sein d’une strate (les
blocs étant les répétitions) a été élargie au niveau des strates et des sites, en considérant que
ceux-ci étaient également randomisés. En pratique, nous utilisons un modèle linéaire mixte
plutôt qu’un modèle linéaire standard car l’homogénéité des variances n’est pas garantie et le
dispositif n’est pas équilibré la première année (certaines variables n’ayant pas été mesurées à
Kodey). Un modèle linéaire mixte est une généralisation du modèle linéaire standard, la

73
généralisation étant que les données sont autorisées à présenter une corrélation et une
variabilité non constante.
L’instruction « Modèles mixtes » dans le logiciel SAS System Release 8.02 ajuste un
ensemble de modèles linéaires mixtes aux données et permet d'utiliser ces modèles ajustés
pour créer des inférences statistiques sur les données. Le modèle linéaire mixte permet de
modéliser non seulement les moyennes des données mais aussi leurs variances et covariances.

¾ Transformations de données

En appliquant le modèle d’analyse de variance aux données, nous avons vérifié que les
graphes de résidus étaient correctement distribués. Nous avons constaté que la variable
« rendement en paille » présentait dans certains sites et certaines années un graphe de résidus
à forme évasée (petites valeurs de résidus pour les petites valeurs prédites et grandes valeurs
pour les grandes valeurs prédites). Nous avons transformé cette variable en prenant son
logarithme pour effectuer l’analyse de variance.
D’autre part, les variables « taux de survie au démariage » et « taux de survie à la
récolte » présentaient des graphes de résidus de forme légèrement inverse (petites valeurs de
résidus pour les grandes valeurs prédites et grandes valeurs pour les petites valeurs prédites).
Nous avons effectué une transformation 1/x afin de normaliser ces graphes.
La transformation de ces trois variables ne modifiant pas l’occurrence des effets
statistiquement significatifs, nous avons choisi d’effectuer l’analyse de variance sur les
variables originelles plutôt que sur leurs transformations, pour des raisons de facilité
d’interprétation.

¾ Tests et comparaisons à effectuer chaque année

- Facteur « fertilisation » : Y a-t-il une différence significative entre les parcelles


fertilisées avec du DAP, les parcelles fertilisées avec du DAP + urée et les parcelles
non fertilisées ?
- Facteur « variété » : Y a-t-il une différence significative entre les parcelles semées
avec les variétés locales, ICMV et Zatib ?
- Facteur « pratique de fertilité organique » : Y a-t-il une différence significative
entre les 5, 6 ou 7 techniques de fertilité ?
- Facteur « site » : Y a-t-il une différence significative entre les 3 sites ?
- Interactions entre les facteurs : Y a-t-il des interactions significatives ?

Si certaines différences sont significatives, nous effectuerons des comparaisons de


moyennes deux à deux à posteriori. Le test de Bonferroni est plus puissant que les tests de
Tuckey et de Scheffe, également largement utilisés, c’est-à-dire qu’il possède une faculté de
rejeter l’hypothèse nulle (d’accepter qu’il existe une différence significative) plus élevée.
Dans cette analyse, l’occurrence des comparaisons statistiquement significatives ne différait

74
pas selon les tests et le test de Bonferroni a été sélectionné pour effectuer ces comparaisons
multiples.
Nous choisissons d’effectuer tous les tests au niveau de confiance α = 0,05.

d) Analyse des corrélations entre variables

Une analyse de corrélation entre les variables principales a été menée par site et par
année sur Minitab 14.

4. Pratiques culturales et calendrier

4.1. Installation de l’essai

La préparation des parcelles la première année a nécessité un nettoyage du champ


effectué en avril par les agriculteurs. L’installation du dispositif expérimental fut effectuée par
un technicien de l’ICRISAT au début mai. Vu la disposition des champs et la présence
d’arbres au sein des champs, la forme des strates n’a pas pu être parfaitement rectangulaire
dans tous les cas (Figure 18).

4.2. Semis

Le semis a lieu après la première pluie importante de la saison (si possible supérieure à
20 mm). La densité de semis est de 10000 poquets ha-1. Les poquets manquants sont ressemés
quelques jours après le semis. Les dates et pluies de semis sont reprises dans le Tableau 4.
La Figure 23 résume schématiquement les dates de semis et de récolte du mil. En
2004, le semis effectué le 20 mai à Bagoua a été suivi d’une période de sécheresse et un
resemis total a été nécessaire le 21 juin sauf dans la strate PA03. A Banizoumbou, le semis a
été réalisé le 30 juin après une pluie de 26,5 mm alors qu’une première pluie importante avait
déjà eu lieu le 19 mai (45 mm). Une charge de travail importante et le manque de main
d’œuvre expliquent ce délai de semis d’un mois.
Etant donné que l’essai vise à imiter les conditions paysannes, aucun traitement
phytosanitaire n’a été appliqué.

75
Figure 23. Lignes du temps schématiques des dates de semis et de récolte du mil

4.3. Sarclages et démariage

Les dates auxquelles ont été effectués les sarclages et le démariage sont reprises par
année dans le Tableau 4. Le premier sarclage est effectué environ une quinzaine de jours
après le semis. Le second sarclage a lieu plus tard dans la saison, approximativement 1 à 1,5
mois après le premier en fonction de la charge de travail des agriculteurs.
Le démariage a lieu dans le mois suivant le semis. Il permet d’éclaircir la culture à 3
plants par poquet. Les plants restants sont favorisés car ils bénéficient d’une compétition
moindre pour les ressources.

4.4. Récolte

Les dates de récolte sont indiquées dans la Figure 23. La durée du cycle cultural peut
être calculée par la différence entre la date de récolte et la date du semis.
Les plants faisant partie des bordures autour de chaque parcelle n’ont pas été pris en
compte dans la récolte. Celle-ci commence par l’abattage des plants de bordure afin
d’individualiser chaque parcelle et pour éviter le mélange des récoltes entre parcelles. La
superficie récoltée par parcelle est donc de 9 x 9 = 81 m² (Figure 24). On commence par
couper les épis à l’aide d’un couteau et on les rassemble pour qu’ils soient comptés et pesés.
Les tiges sont ensuite abattues à la machette.

76
Figure 24. Schéma d’une parcelle (100 m²). Chaque croisement indique l’emplacement
d’un poquet, les poquets de bordure sont signalés par un point noir.

77
Tableau 4. Calendrier des opérations culturales et pluviométrie (DOY = day of the year, jour de l’année)
Banizoumbou Bagoua Kodey
Date DOY Pluie (mm) Date DOY Pluie (mm) Date DOY Pluie (mm)
2003 Semis 14-juin 165 30 14-juin 165 30 24-juin 175 17
1er sarclage 27-juin 27-juin 9-juil
Démariage 10-juil * *
Application urée 7-août 7-août 7-août
2ème sarclage 7-août 7-août 7-août
Récolte 8-oct 281 14-oct 287 22-oct 295
Durée du cycle cultural 116 122 120
Total pluviométrie 474 452 371
Total pluviométrie utile 471 447 347
2004 Semis 30-juin 182 26,5 20-mai 141 40 21-mai 142 58
Resemis / 21-juin 173 20 et 24 /
1er sarclage 16-juil 7-juil 13-juin
Démariage 19-juil 17-juil 22-juin
Application urée * 2-août 3-juil
2ème sarclage 14-août 31-juil 17-juil
Récolte 13-oct 287 26-sept 270 14-sept 258
Durée du cycle cultural 105 97 116
Total pluviométrie 472 432 582
Total pluviométrie utile 404 432 535
2005 Semis 5-juin 156 12,5 4-juin 155 17 31-mai 151 27
1er sarclage 19-juin 18-juin 18-juin
Démariage 28-juin 27-juin 27-juin
Application urée 8-juil 21 9-juil 7 6-juil 40 et 9
2ème sarclage 31-juil 30-juil 19-juil
Récolte 5-oct 278 25-sept 268 17-sept 260
Durée du cycle cultural 122 113 109
Total pluviométrie 444 453 430
Total pluviométrie utile 407 381 399
*données non communiquées

78
4ème partie : Résultats et discussion

1. Pluviométrie

1.1. Pluviométrie en 2003

La pluviométrie moyenne dans le site d’étude est de 495 mm (période de 1968 à 1989)
(Hiernaux et Ayantunde, 2004). La pluviométrie totale en 2003 est de 474 mm à
Banizoumbou, 452 mm à Bagoua et 371 mm à Kodey. La distribution de la pluie par site et
les pluies de semis sont reprises en Annexe 5. Le graphe des pluviométries cumulées (Figure
25) indique que les 3 sites subissent une période sèche pendant la deuxième quinzaine de
juillet, particulièrement marquée à Kodey.
Le Tableau 5 reprend la distribution des périodes sèches. Celles-ci sont déterminées
par une période de 10 jours (ou plus) sans pluie ou présentant de faibles pluies (pluies
intermédiaires ≤ 7 mm). Rappelons que 35 à 45 % de la pluie s’évapore et que les pluies
inférieures à 5 mm sont perdues par évaporation endéans 24 h (Bationo et al., 1998). Les
phases de développement pendant lesquelles ont lieu les périodes sèches sont déterminées
selon de Rouw et Rajot (2004) : phase végétative (phase 1), phase reproductive (phase 2) et
phase de remplissage des grains (phase 3).
Notons que la période sèche perturbant la phase végétative est plus longue à Kodey et
que ce site est le seul à endurer une seconde période sèche du 7 au 23 août, en phase
reproductive.

Tableau 5. Détermination des périodes sèches après semis en 2003, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une
période sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)
Site Début Pluies intermédiaires Fin Durée Phase de
Date JAS Date JAS Pluie Date JAS Pluie jours développement
Banizoumbou 10-juil 26 / / / 23-juil 39 30 mm 13 Phase 1
Bagoua 10-juil 26 23-juil 39 6 mm 2-août 49 15 mm 23 Phase 1
Kodey 10-juil 16 2-août 39 7 mm 7-août 44 50 mm 28 Phase 1
Kodey 7-août 44 15-août 52 6 mm 23-août 60 65 mm 16 Phase 2

1.2. Pluviométrie en 2004

La pluviométrie totale en 2004 est de 472 mm à Banizoumbou, 432 mm à Bagoua et


582 mm à Kodey. La distribution de la pluie par site et les pluies de semis sont reprises en
Annexe 5. Le graphe des pluviométries cumulées (Figure 25) indique une très faible
pluviométrie entre le 19 mai (première pluie) et le 20 juin. La période sèche après semis à

79
Bagoua a donné lieu à un resemis (excepté dans la strate PA03). Banizoumbou a été semé
plus tard et n’a pas été atteint par cet épisode sec.
Malgré une pluviométrie totale importante (due à une pluie record de 96 mm le 20
juin), Kodey est le seul site à souffrir de périodes sèches durant les trois phases de
développement (Tableau 6).

Tableau 6. Détermination des périodes sèches après semis en 2004, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une
période sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)
Site Début Pluies intermédiaires Fin Durée Phase de
Date JAS Date JAS Pluie Date JAS Pluie jours développement
Bagoua 19-mai * 2-juin * 1,3 mm
6-juin * 2,2 mm 19-juin * 20 mm 31 Resemis le 20 juin
Kodey 21-mai 0 6-juin 16 6 mm 9-juin 19 14 mm 21 Phase 1
Kodey 9-juin 19 / / / 20-juin 30 96 mm 11 Phase 1
Kodey 21-juil 61 / / / 2-août 73 32 mm 12 Phase 2
Kodey 8-août 79 / / / 22-août 93 32 mm 14 Phase 3
* période avant resemis le 20 juin

1.3. Pluviométrie en 2005

La pluviométrie totale en 2005 est de 444 mm à Banizoumbou, 453 mm à Bagoua et


430 mm à Kodey. La distribution de la pluie par site et les pluies de semis sont reprises en
Annexe 5. La distribution de la pluviométrie dans le temps suit la même tendance dans les
trois sites (Figure 25).
Tous les sites sont atteints à des degrés divers par des périodes sèches (Tableau 7).

Tableau 7. Détermination des périodes sèches après semis en 2005, des pluies ≤ 7 mm au sein d’une
période sèche et des phases de développement correspondantes (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS,
phase 3 : >75 JAS)
Site Début Pluies intermédiaires Fin Durée Phase de
Date JAS Date JAS Pluie Date JAS Pluie jours développement
Banizoumbou 11-juin 6 22-juin 17 4,2 mm 26-juin 21 26,5 mm 15 Phase 1
Banizoumbou 18-juil 43 / / / 31-juil 56 9,1 mm 13 Phase 1 et 2
Banizoumbou 17-août 73 29-août 85 4,4 mm Fin phase 2
30-août 85 2,2 mm 2-sept 89 13 mm 16 et phase 3
Banizoumbou 8-sept 95 20-sept 107 2,3 mm 26-sept 113 18 mm 18 Phase 3
Bagoua 11-juin 7 22-juin 18 5 mm
26-juin 22 2 mm 2-juil 28 7,4 mm 21 Phase 1
Bagoua 18-juil 44 / / / 31-juil 57 45 mm 13 Phase 1 et 2
Bagoua 17-août 74 29-août 86 5 mm
30-août 87 3 mm
2-sept 90 1,1 mm Fin phase 2
6-sept 94 4 mm 8-sept 96 10,5 mm 22 et phase 3
Kodey 11-juin 11 / / / 22-juin 22 10 mm 11 Phase 1
Kodey 17-juil 48 / / / 31-juil 61 28 mm 13 Phase 1 et 2
Kodey 17-août 78 / / / 29-août 90 12 mm 12 Phase 3

80
Pluviométrie cumulée en 2003

600
Banizoumbou
500
Pluviométrie (mm) Bagoua
400 Kodey
300

200

100

in

in

t
pt
il

il

t
ai

ai
ai

ep

oc
-ju

-ju
-ju

-ju
-m

-m
m

se

2-
-s
10

24
1-

12

26

4-
15

29

18
Date

Pluviométrie cumulée en 2004

600
Banizoumbou
500
Pluviométrie (mm)

Bagoua
400 Kodey

300

200

100

0
in

in

t
pt
il

il

t
ai

ai
ai

ep

oc
-ju

-ju
-ju

-ju
-m

-m
m

se

2-
-s
10

24
1-

12

26

4-
15

29

18

Date

Pluviométrie cumulée en 2005

600
Banizoumbou
500
Pluviométrie (mm)

Bagoua
400 Kodey
300

200

100

0
in

in

t
pt
il

il

t
ai

ai
ai

ep

oc
-ju

-ju
-ju

-ju
-m

-m
m

se

2-
-s
10

24
1-

12

26

4-
15

29

18

Date

Figure 25. Pluviométrie cumulée en 2003, 2004 et 2005

81
1.4. Pluviométrie utile et durée du cycle cultural

La quantité de pluie utile à la croissance et au développement du mil est comptabilisée


entre le semis et la récolte (Figure 26). Si l’on considère la pluviométrie totale utile moyennée
sur les trois sites, la meilleure année est 2004 (457 mm) et la plus sèche 2005 (396 mm), mais
il faut noter que la valeur de 2004 est élevée à cause de la pluviométrie importante à Kodey
cette année-là. Remarquons la pluviométrie utile est la plus faible à Kodey en 2003, à
Banizoumbou en 2004 et à Bagoua en 2005.

600
Pluviométrie utile

500
400 2003
(mm)

300 2004
200 2005

100
0
Banizoumbou Bagoua Kodey
Site

Figure 26. Pluviométrie utile totale par site et année

La durée du cycle cultural est définie par le nombre de jours entre le semis et la récolte
(Tableau 4). Les cycles culturaux sont plus longs en 2003 sauf à Banizoumbou où le cycle
cultural est plus long en 2005 (Figure 27).

140
Cycle cultural (jours)

120
100
2003
80
2004
60
2005
40
20
0
Banizoumbou Bagoua Kodey
Site

Figure 27. Durée du cycle cultural par site et année

2. Evolution de l’eau utile disponible

L’évolution de l’eau utile disponible par site et saison culturale est présentée dans les
Figure 28 et Figure 29. Rappelons que l’eau utile disponible (EU) a été calculée en
soustrayant les teneurs en eau critiques aux teneurs en eau mesurées. L’EU est calculée sur la
couche de sol allant de la surface à la profondeur d’enracinement maximale (1,50 m). Avant
que les racines n’atteignent cette profondeur, l’EU pour la plante peut être inférieure à celle
calculée si l’avancement du front d’humectation dépasse la vitesse de croissance des racines

82
(Sivakumar et Salaam, 1999). Le taux de croissance des racines peut être estimé à 0,02 m
jour-1 (Rockström et de Rouw, 1997, cités par Bielders et al., 2004), la profondeur
d’enracinement maximale serait donc atteinte à partir de 75 JAS. D’autre part, notons que les
mesures de profils de teneur en eau ont été effectuées à plus de 15 jours d’intervalle en 2004 à
Bagoua et à Kodey, les périodes de stress hydriques ne pourront pas être cernées avec
précision.
En 2004, les graphes (Figure 28) indiquent que les valeurs d’EU sont globalement très
faibles (entre 0 et 16 mm pour un profil de 1,50 m) et que la réhumectation du sol après une
pluie est extrêmement faible par rapport à 2005 (Figure 29). La courbe de calibration utilisée
pour obtenir les teneurs en eau du sol à partir des comptages effectués par la sonde pourrait
comporter des erreurs. En conséquence, les courbes d’eau utile en 2004 ne seront analysées
que de manière qualitative.
En 2004, nous observons que l’EU moyenne à Banizoumbou chute à 15 et 47 JAS ;
nous ne considérons pas ces deux dates comme des périodes de stress hydrique car la
pluviométrie est régulière. Dans ce champ, la strate PA04 possède la plus faible EUD et les
strates PA02 et NF les valeurs les plus élevées. Ceci s’explique par le fait que l’apport de
fumier récent favorise le développement racinaire (Michels et Bielders, 2006) et permet une
croissance initiale des feuilles plus rapide, ce qui accroît fortement la perte en eau par
transpiration (Bationo et al., 1998 ; Shapiro et Sanders, 1997). A Bagoua, l’EU est nulle à 39
et 77 JAS. L’EU reste très faible entre ces deux dates, signe que Bagoua subit une période
sèche (à 39 JAS, la profondeur d’enracinement est de 0,78 m) que l’analyse de la
pluviométrie n’avait pas permis de déceler (Figure 25). Cette période sèche supplémentaire
est indiquée dans le Tableau 8. A Kodey, les 3ème et 4ème périodes sèches déterminées par
l’analyse de la distribution des pluies (Tableau 6) concordent avec l’évolution de l’EU, les
deux premières périodes sèches ayant lieu avant le début des mesures de teneur en eau. Une
première chute de l’EU a lieu à 57 JAS et une période où l’EU reste constante à moins d’un
mm en moyenne est marquée entre 77 et 95 JAS.
En 2005 à Banizoumbou, les 4 périodes sèches déterminées par l’analyse de la
distribution des pluies (Tableau 7) trouvent leur pendant en baisses de l’EU. A Bagoua, nous
relevons deux périodes critiques en terme d’EU, à 56 JAS (2 mm) et à 83 JAS (8 mm)
correspondant aux deux dernières périodes sèches. La première période sèche déterminée (7 à
28 JAS) correspond cependant à une remontée de l’EU. A Kodey, nous observons 4 baisses
de l’EU, la dernière ayant lieu après la récolte. L’EU moyenne ne descend jamais sous 10
mm.

Tableau 8. Durée de la période sèche supplémentaire au Tableau 6 et phase de développement


correspondante (phase 1: 0-50 JAS, phase 2: 50-75 JAS, phase 3 : >75 JAS)
Année Site Début Fin Durée Phase de
Date JAS Date JAS jours développement
2004 Bagoua 30-juil 39 6-sept 77 38 Phase 1 et 2

83
120 18
20
18 Banizoumbou 2004 16
16 100

Pluviométrie cumulée (mm)


14
14
Eau utile (mm)

Eau utile moyenne (mm)


12 80 12
10
10
8 60
6 8
4
40 6
2
0 4
20
2

Date 0 0
1 16 31 46 61 76 91
NF FT04 PA04 PA02 PA03 Tem ps (JAS)

120 18
20
18 Bagoua 2004 16
16 100
14
14
Eau utile (mm)

Eau utile moyenne (mm)


Pluviométrie cumulée
12 80 12
10
10
8 (mm)
60
6 8
4
2 40 6

0 4
20
2

Date 0 0
1 16 31 46 61 76 91
NF FT04 PA04 PA02 PA03 Tem ps (JAS)

20 120 18

18 Kodey 2004 16
16 100
14 14
Eau utile (mm)

Eau utile moyenne (mm)


Pluviométrie cumulée

12 80 12
10
8 10
(mm)

60
6 8
4
2 40 6

0 4
20
2

Date 0 0
1 16 31 46 61 76 91 106
NF FT04 PA04 PA02 PA03 Tem ps (JAS)

Figure 28. Eau utile par strate et par site (à gauche) et comparaison entre pluviométrie cumulée
(histogramme) sur la période entre deux mesures de sonde à neutron et eau utile (♦) moyenne par site (à
droite) en 2004

84
120 45
55
50 Banizoumbou 2005 40
45 100

Pluviométrie cumulée (mm)


40 35
Eau utile (mm)

Eau utile moyenne (mm)


35
80 30
30
25 25
20 60
15 20
10
40 15
5
0 10
20
5

Date 0 0
1 16 31 46 61 76 91 106 121
NF FT05 PA05 PA03 PA04 Tem ps (JAS)

120 45
55
50 Bagoua 2005 40
45 100

Pluviométrie cumulée (mm)


40 35
Eau utile (mm)

Eau utile moyenne (mm)


35
80 30
30
25 25
20 60
15 20

10 40 15
5
0 10
20
5

0 0
Date
1 16 31 46 61 76 91 106
NF FT05 PA05 PA03 PA04 Tem ps (JAS)

120 45
55
50 Kodey 2005 40
45 100
Pluviométrie cumulée (mm)

40 35
Eau utile (mm)

Eau utile moyenne (mm)

35
80 30
30
25 25
20 60
20
15
10 40 15
5
0 10
20
5

Date 0 0
1 16 31 46 61 76 91 106
NF FT05 PA05 PA03 PA04 Tem ps (JAS)

Figure 29. Eau utile par strate et par site (à gauche) et comparaison entre pluviométrie cumulée
(histogramme) sur la période entre deux mesures de sonde à neutron et eau utile (♦) moyenne par site (à
droite) en 2005

85
3. Propriétés physico-chimiques des sols

3.1. Analyses chimiques des sols

Tableau 9. Résultats des analyses chimiques des sols (échantillons prélevés le 2 juin 2003)
Bagoua Banizoumbou Kodey
Variable Profondeur Moyenne Ecart-type Moyenne Ecart-type Moyenne Ecart-type
pH H2O 0-10cm 5,5 0,1 5,8 0,1 5,5 0,1
(1:2,5) 10-20cm 5 0,1 5,2 0,1 5,1 0,1
20-40cm 4,9 0 4,8 0,1 4,8 0,1
pH KCl 0-10cm 4,9 0,1 5,2 0,1 5,0 0,1
(1:2,5) 10-20cm 4,2 0,0 4,4 0,1 4,5 0,1
20-40cm 4,0 0,0 4,1 0,0 4,2 0,0
+
H 0-10cm 0,06 0,01 0,06 0,01 0,06 0,01
-1
(cmol+ kg ) 10-20cm 0,14 0,01 0,13 0,01 0,13 0,01
20-40cm 0,19 0,01 0,2 0,01 0,17 0,01
3+
Al 0-10cm 0,02 0,01 0 0,00 0,01 0,00
-1
(cmol+ kg ) 10-20cm 0,19 0,02 0,12 0,02 0,16 0,03
20-40cm 0,37 0,02 0,3 0,01 0,26 0,02
Corg 0-10cm 0,21 0,01 0,18 0,01 0,16 0,01
(%) 10-20cm 0,15 0,00 0,14 0,00 0,12 0,00
20-40cm 0,13 0,00 0,12 0,00 0,10 0,00
Total-N 0-10cm 193,91 9,57 185,2 11,00 159,66 8,62
-1
(mg N kg ) 10-20cm 144,27 3,64 155,03 5,59 127,78 4,15
20-40cm 123,86 1,52 132,87 2,58 116,83 3,27
P-Bray 0-10cm 6,36 0,27 4,24 0,21 4,7 0,65
-1
(mg P kg ) 10-20cm 3,45 0,12 2,67 0,14 2,57 0,09
20-40cm 2,44 0,08 1,99 0,11 2,13 0,05
CEC 0-10cm 1,38 0,14 1,23 0,11 1,54 0,09
-1
(cmol+ kg ) 10-20cm 1,38 0,16 1,2 0,09 1,39 0,07
20-40cm 1,48 0,15 1,05 0,08 1,39 0,12
+ 3+
H + Al /CEC 0-10cm 7 . 6 . 7 .
(%) 10-20cm 28 . 23 . 24 .
20-40cm 44 . 49 . 35 .

Les résultats des analyses chimiques initiales des sols sont présentés dans le Tableau 9.
Le pH-H20 est compris entre 4,8 et 5,8, le sol devient plus acide en profondeur. Le sol est
légèrement moins acide à Banizoumbou que dans les deux autres sites. La concentration en
H+ est semblable dans les trois sites : elle varie entre 0,12 et 0,13 cmol+ kg-1 et augmente avec
la profondeur d’échantillonnage. Dans ces sols acides, Al3+ est présent sur le complexe
d’échange. La concentration en Al3+ augmente lorsque que le pH diminue ; elle atteint 0,37
cmol+ kg-1 à Bagoua, 0,30 cmol+ kg-1 à Banizoumbou et 0,26 cmol+ kg-1 à Kodey dans
l’échantillon le plus profond (20-40 cm). Les teneurs en Corg (< 0,2 %) et en azote total
(compris en moyenne entre 135 mg N kg-1 à Kodey et 158 mg N kg-1 à Banizoumbou) sont
très faibles et diminuent avec la profondeur. La teneur en Corg est en moyenne la plus élevée à
Bagoua et la plus faible à Kodey. Le rapport C/N du sol est proche de 10 dans les trois sites.
Les teneurs en P disponible sont comprises entre 6 mg P kg-1 à Bagoua (0-10 cm) et 2 mg P
kg-1 à Banizoumbou (20-40 cm). Ces faibles teneurs en P disponible peuvent limiter les
rendements : 8 mg P kg-1 sont nécessaires pour atteindre 90 % des rendements potentiels en

86
mil (Bationo et Mokwunye, 1991, cités par Muehlig-Versen et al., 2003). Enfin, la CEC est
également très faible : elle vaut en moyenne 1,4 cmol+ kg-1 à Bagoua et à Kodey et 1,2 cmol+
kg-1 à Banizoumbou. La CEC varie peu avec la profondeur tandis que la part de l’acidité
d’échange (H+ et Al3+) dans la CEC augmente avec la profondeur, à mesure que le Corg et le
pH diminuent.
Les sols des 3 champs présentent des caractéristiques chimiques peu différentes.
Soulignons cependant que Corg, N total et P disponible dans l’échantillon de surface sont plus
élevés à Bagoua, site qui nous paraît chimiquement légèrement avantagé par rapport aux
autres. La teneur en P disponible relativement élevée dans l’échantillon de surface (0-10 cm)
conforte l’idée que le champ de Bagoua ait bénéficié d'une fertilisation (parcages) antérieure
à l’installation de l’essai, ce qui a été confirmé par le propriétaire du champ.

3.2. Analyse texturale des sols

Les résultats de l’analyse texturale effectuée sur des échantillons prélevés avant
l’installation de l’essai en 2003 sont présentés dans le Tableau 10. Les sols sont très sableux
(> 90 % de sable) et présentent des conductivités hydrauliques à saturation (Ko) élevées. Le
champ de Banizoumbou montre une teneur moyenne plus élevée en argile et en limon.
D’autre part, Kodey présente une teneur en argile légèrement plus élevée que Bagoua.

Tableau 10. Résultats d’analyse texturale (moyennes de 0 à 210 cm de profondeur)


Bagoua Banizoumbou Kodey
Argile (%) 4,4 7,5 5,6
Limon (%) 2,0 2,7 2,0
Sable (%) 93,6 89,9 92,4
-1
Ko (cm h ) 20,5 15,1 18,7

La texture change graduellement avec la profondeur ; les profils s’enrichissent en


argile (Figure 30). La teneur en limon varie très peu avec la profondeur (graphe non présenté).
L’enrichissement en argile dans le fond du profil est le plus important à Banizoumbou et le
plus faible à Bagoua.
La granulométrie indique que Banizoumbou possède une teneur en argile plus élevée,
donc à priori une meilleure structure et une rétention des cations sur le complexe d’échange
plus importante. Nous avons toutefois constaté que ce site ne possédait pas la CEC la plus
élevée, celle-ci dépendant également de la matière organique. D’autre part, le champ de
Banizoumbou montre une propension plus élevée à former des croûtes en surface du sol et il
présente également la conductivité hydraulique à saturation la plus faible des trois champs.

87
10

Argile (%) B ago ua


6 B anizo umbo u
Ko dey
4

2
0 15 30 45 60 75 90 105 120 135 150 165 180 195 210
Profondeur (cm )

Figure 30. Teneur en argile (moyennes et écart-types) en fonction de la profondeur

4. Evaluation des apports en matière organique

4.1. Apports résiduels en matière organique en 2003

Les parcages et le transport de fumier effectués en 2003, ainsi que les parcages des
années antérieures ont été exécutés par les paysans sans qu’aucune mesure de la quantité de
fumier distribuée dans les parcelles n’ait été effectuée. Les résultats sont donc difficilement
comparables avec ceux des années suivantes. Les mesures de matière organique (MO)
résiduelle au sol dans les strates FT03 et PA03 effectuées en 2004 peuvent cependant donner
une indication des sites où la quantité de fumier apporté en 2003 était particulièrement élevée.
La MOF résiduelle mesurée en 2004 à Kodey dans la strate PA03 semble indiquer que la dose
de fumier apportée dans cette strate en 2003 aie été plus élevée que dans les autres villages ou
que le fumier s’y est moins décomposé (Figure 31).

4.2. Apports résiduels en matière organique en 2004

Bien qu’en quantité très faible, on observe que la strate non fumée à Bagoua contient
de la matière organique d’origine fécale (MOF) (Figure 31). Cela est expliqué par
l’historique du champ où l’essai a été installé, la MOF récoltée dans le placeau résultant de
parcages effectués par l’agriculteur avant l’installation de l’essai. Notons que les quantités de
MOF résiduelle mesurées à Bagoua sont nettement inférieures dans la strate PA04 et
nettement supérieures dans la strate FT04 par rapport aux autres villages. Dans ces deux
strates de fertilité organique, la MOF est plus importante à Banizoumbou qu’à Kodey.
La disparition rapide de la MOF après la 1ère année de parcage est bien visible au
champ mais les données des apports des années antérieures ne sont pas disponibles pour la
quantifier.

88
Les grandes variations entre sites peuvent être dues au fait que la prise des échantillons
est intervenue après une durée variable après la fin du parcage (celui-ci a eu lieu en janvier,
février, mars, l’échantillonnage en mai-juin). D’autre part, il existe vraisemblablement des
différences en terme de quantité et de qualité de MO appliquée par les paysans des différents
villages.
Les résidus de matière organique d’origine végétale (MOV) sont particulièrement
importants à Banizoumbou dans les strates FT03 et FT04 (Figure 32).

7000
Banizoumbou
6000
Bagoua
Kodey
5000
MOF (kg/ha)

4000

3000

2000

1000

0
FT03

FT04

PA02

PA03

PA04
NF

Strate

Figure 31. Apports résiduels en matière organique fécale (MOF) (kg ha-1) en 2004
8000

7000 Banizoumbou
Bagoua
6000
Kodey
MOV (kg/ha)

5000

4000

3000

2000

1000

0
FT03

FT04

PA02

PA03

PA04
NF

Strate

Figure 32. Apports résiduels en matière organique végétale (MOV) (kg ha-1) en 2004

4.3. Apports résiduels en matière organique en 2005

Etant donné les mesures d’apports résiduels très différentes entre sites et strates en
2004, les chercheurs ont effectué une application contrôle de 180 kg fumier par parcelle à
Kodey uniquement dans les strates FT05 et PA05. Nous remarquons néanmoins que les

89
différences en MOF entre PA05 et FT05 sont très importantes (Figure 33). Lors de la mesure
au placeau environ 3 mois après application du fumier, uniquement 26 % des 18000 kg fumier
ha-1 initiaux subsistent en PA05 et seulement 3 % en FT05.
Les quantités de MOF mesurées pour estimer les apports de fumier fournis par le
parcage et le fumier transporté de 2005 sont très semblables dans les trois villages. La strate
PA05 enregistre les maxima dans chaque site.
Notons la disparition élevée de MOF en PA04 et FT04 par rapport aux quantités
mesurées en 2004 (Tableau 11), la disparition de fumier dans les strates plus anciennes (PA03
et FT03) étant en général plus faible (excepté à Bagoua dans la strate PA04). Ceci reflète que
les taux de décomposition du fumier diminuent avec le temps : les composants restants sont
plus difficiles à minéraliser (de Rouw et Rajot, 2004).
L’enrichissement en fumier enregistré à Banizoumbou dans la strate FT03 (+34 kg ha-
1
) peut s’expliquer par la variabilité spatiale de la distribution du fumier au champ ou par le
passage d’un troupeau sur le champ après la saison culturale 2004.
Les quantités de MOF mesurées en 2005 sont globalement inférieures ou similaires à
celles mesurées dans les strates de même âge en 2004 (Figure 31 et Figure 33), excepté à
Bagoua pour le parcage et à Kodey pour le fumier transporté où les quantités sont nettement
plus importantes en 2005 qu’en 2004.
Les résidus de matière organique d’origine végétale sont particulièrement importants à
Banizoumbou dans les strates FT04 et FT05 (Figure 34).

Tableau 11. Disparition de matière organique fécale (MOF) entre 2004 et 2005
(en kg ha-1 de MOF mesurée en 2004)
Banizoumbou Bagoua Kodey
-1 -1 -1
Strate kg ha kg ha kg ha
NF 0 -76 0
FT04 -615 -4716 -203
FT03 34 -176 -95
PA04 -5020 -669 -4932
PA03 -525 -552 -1298

7000

6000 Banizoumbou
Bagoua
5000
Kodey
MOF (kg/ha)

4000

3000

2000

1000

0
FT03

FT04

FT05
NF

PA03

PA04

PA05

Strate

Figure 33. Apports résiduels en matière organique fécale (MOF) (kg ha-1) en 2005

90
8000
Banizoumbou
7000
Bagoua
6000 Kodey
MOV (kg/ha) 5000

4000

3000

2000

1000

0 FT03

FT04

FT05
NF

PA03

PA04

PA05
Strate

Figure 34. Apports résiduels en matière organique végétale (MOV) (kg ha-1) en 2005

5. Analyse des corrélations entre variables

Les tableaux de corrélations complets sont repris en Annexe 6. Les tableaux simplifiés
sont repris ci-dessous (Tableau 12).
Détaillons les corrélations significatives sur tous les sites. Les corrélations positives
entre rendement en grain et rendement en paille ainsi qu’entre rendement en grain et
poids des grains par épi se marquent tous les ans et dans tous les sites. En 2004, le
rendement en grain est corrélé au taux de survie à la récolte et est inversement corrélé au
nombre de poquets végétatifs par parcelle. Le taux de survie à la récolte est inversement
corrélé au nombre de poquets végétatifs dans tous les sites en 2004 et à Banizoumbou et à
Kodey en 2005.
D’après de Rouw et Rajot (2004), le rendement en grain reflète la combinaison de la
densité de semis des plants et des composants de rendement (taux de survie à la récolte,
nombre d’épis par poquet et poids des grains par épis). Notre analyse des corrélations tous
sites confondus a uniquement permis de mettre en évidence le rôle du poids des grains par épi
tous les ans et celui du taux de survie à la récolte en 2004.
L’analyse des corrélations par site permet d’ajouter que les rendements en grain dépendent
également du nombre d’épis par poquets à Banizoumbou et à Bagoua en 2003, qu’ils
dépendent du nombre d’épis par poquet et du taux de survie à Banizoumbou en 2004 et du
nombre d’épis par poquet à Banizoumbou uniquement en 2005.

91
Tableau 12. Coefficients de corrélation de Spearman supérieurs à |0,5| et à |0,7| (en gris) en 2003, 2004 et 2005
Rendement Rendement Indice de Poids des Epis Talles Survie à Survie au Poquets
2003 paille grain récolte grains épi
-1
poquet
-1*
poquet
-1
la récolte* démariage Végétatifs*
Rendement grain Bz, Bg, Kd, all
Indice de récolte Bg - n.s.
-1
Poids des grains épi / Bz, Bg, Kd, all n.s.
-1*
Epis poquet / Bz, Bg n.s. n.s.
-1
Talles poquet Bz / n.s. n.s. Bz, Bg
Survie à la récolte* n.s. n.s. n.s. n.s. Bg - n.s.
Survie au démariage n.s. n.s. n.s. n.s. Bg - Bg - Bz, Bg
Poquets végétatifs* / n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
Poquets non matures* / n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. Bz, Bg
Rendement Rendement Indice de Poids des Epis Talles Survie à Survie au Poquets Poquets
2004 paille grain récolte grains épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
la récolte démariage végétatifs non matures MOV
Rendement grain Bz, Bg, Kd, all
Indice de récolte n.s. Bz
-1
Poids des grains épi / Bg, Kd, all n.s.
-1
Epis poquet / Bz n.s. n.s.
-1
Talles poquet Bg / n.s. n.s. n.s.
Survie à la récolte Bz Bz, all Bz n.s. n.s. n.s.
Survie au démariage n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. Bz, Kd
Poquets végétatifs / Bz -, Bg -, all - n.s. n.s. n.s. n.s. Bz -, all - n.s.
Poquets non matures / n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
MOV n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
MOF n.s. Bz n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. Bg - n.s. n.s. Bg
Rendement Rendement Indice de Poids des Epis Talles Survie à Survie au Poquets Poquets
2005 paille grain récolte grains épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
la récolte démariage végétatifs non matures MOV
Rendement grain Bz, Bg, Kd, all
Indice de récolte n.s. n.s.
-1
Poids des grains épi / Bz, Bg, all n.s.
-1
Epis poquet / Bz n.s. n.s.
-1
Talles poquet n.s. / n.s. n.s. n.s.
Survie à la récolte n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
Survie au démariage n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
Poquets végétatifs / n.s. n.s. n.s. Bz - n.s. Bz -, Kd - n.s.
Poquets non matures / n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. all
MOV n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
MOF n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
Bz = Banizoumbou ; Bg = Bagoua ; Kd = Kodey ; All = analyse tous sites confondus. Le signe (-) indique l’existence d’une corrélation négative, (n.s.) indique que le coefficient de Spearman est inférieur à |0,5| et (/)
indique que la corrélation n’a pas été calculée. *Ces variables n’ont pas pu faire l’objet de corrélations à Kodey (Kd) ni tous sites confondus (All).

93
Remarques préliminaires importantes

Les tableaux de moyennes, d’analyse de la variance et de comparaisons multiples de


moyennes sont présentés en Annexe 7. Les tableaux de comparaisons multiples donnent les
probabilités que deux moyennes diffèrent au niveau de confiance α = 0,05 et nous présentons
également les s.e.d. (standard error of difference) pour les comparaisons de moyennes citées
dans le texte.
Dans l’analyse ci-dessous, les effets moyens des facteurs concernent tous les sites et
les effets d’un facteur sont détaillés par site uniquement lorsque l’interaction avec l’effet du
site est significative. L’interaction site × strate est presque toujours significative (à cause de la
variabilité de la pluviométrie et des doses de fumier entre sites) et nous ne la détaillons que
dans l’analyse des rendements. Nous n’interpréterons pas les interactions triples liées à l’effet
du site. Sous la rubrique « interactions », nous détaillons les interactions liées à l’analyse par
année ne faisant pas intervenir l’effet site.
Nous décrivons premièrement les résultats par année avant d’effectuer une analyse
combinée et récapitulative des effets significatifs les trois années (p. 136).

Les facteurs principaux pouvant expliquer des différences significatives des


paramètres de rendement ou de développement phénologique mesurés dans les différentes
parcelles de l’essai sont listés ici.

¾ facteurs contrôlés par l’essai


- la strate de fertilité organique (p. 88)
- l’application d’engrais minéral (p. 62)
- la variété (p. 62)
Les facteurs contrôlés par l’essai sont repris avec leurs abréviations dans la fiche
récapitulative.
¾ facteurs non contrôlés mais mesurés par site
- les propriétés physiques et chimiques initiales des sols (p. 86)
- la pluviométrie (p. 79)
- le calendrier des opérations culturales (p. 78)
¾ facteurs non contrôlés mais pouvant être notés qualitativement
- les maladies, les adventices et la présence de termites ou de fourmis (p. 134)
¾ facteurs non contrôlés
- les erreurs de mesure et les erreurs d’encodage des données

94
6. Analyse des rendements en mil en 2003

Remarquons que l’effet du site, l’effet de la strate de fertilité et l’interaction site ×


strate sont significatives pour toutes les variables (Tableau 7-1 en Annexe 7).

6.1. Taux de survie au démariage et à la récolte

Effet du site
L’effet du site est significatif (p < 0,0001) et le taux de survie au démariage est de 90
% à Banizoumbou, 84 % à Kodey et 73 % à Bagoua (s.e.d. = 1,4 %). Le taux plus élevé à
Banizoumbou peut s’expliquer par le fait que la période sèche perturbant la phase végétative
(phase 1) y soit levée avant Kodey et Bagoua (Tableau 5).
Le taux de survie à la récolte est proche de celui mesuré au démariage, il est plus élevé
à Banizoumbou (87 %) qu’à Bagoua (73 %) (non mesuré à Kodey) (p < 0,0001).

Effet de la strate de fertilité


Les taux de survie au démariage et à la récolte sont plus importants dans les strates
NF, PA02 et PA03 qu’en FT03, NF et PA01 (Tableau 13).
Les taux de survie au démariage et à la récolte sont les plus élevés dans la strate PA03
à Banizoumbou (98 % et 96 %, respectivement).

Tableau 13. Taux de survie au démariage et à la récolte en fonction des strates de fertilité (2003)
Taux de survie Taux de survie
Strate
au démariage (%) à la récolte (%)*
FT03 81 73
NF 84 78
PA01 77 78
PA02 84 86
PA03 85 85
s.e.d. 1,8 2,6
p-valeur 0,0002 <,0001
*Moyenne calculée à Bagoua et Banizoumbou uniquement

Effet de l’engrais chimique


L’effet de l’engrais sur le taux de survie est significatif uniquement lors du démariage
(p = 0,0016). Ce taux est plus important pour les parcelles non traitées (85 %) que dans les
parcelles traitées à l’engrais (80 % pour DAP et 82 % pour DAP + urée) au sein desquelles la
différence n’est pas significative (s.e.d. = 1,4 %).
L’interaction site × fertilisation significative pour le taux de survie à la récolte (p =
0,0293) pourrait s’expliquer par le fait qu’à Banizoumbou, l’application de DAP + urée
correspond aux taux de survie à la récolte le plus élevé (90 %) tandis qu’à Bagoua les
parcelles témoins obtiennent les taux les plus élevés (77 %).

95
Effet de la variété
Les taux de survie au démariage sont influencés (p > 0,0001) par la variété de la façon
suivante : variété ICMV (85 %) > variété Zatib (84 %) > variété locale (77 %) (s.e.d. = 1,4
%). L’interaction site × variété significative pour le taux de survie au démariage (p = 0,0034)
reflète qu’à Bagoua et à Banizoumbou la variété Zatib obtient un taux de survie clairement
inférieur à celui de la variété ICMV.
L’effet de la variété est non significatif sur le taux de survie à la récolte, qui atteint en
moyenne 80 %.

Interactions
Concernant le taux de survie au démariage, l’interaction strate × variété est
significative (p = 0,0071). Dans la strate PA01, nous constatons que, contrairement à l’effet
moyen, la variété Zatib obtient un taux de survie au démariage inférieur à celui de la variété
ICMV et similaire à celui de la variété locale (Figure 35). Aucune interaction significative
n’est relevée pour le taux de survie à la récolte.

Figure 35. Graphe « boxplot$ » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x variété
$
Les graphes « boxplot » indiquent la médiane - , la moyenne ⊕ et la dispersion autour de la médiane (le
rectangle comprend 50 % des observations et les moustaches inférieures et supérieures comprennent les premiers
et les derniers 25 % tandis que les * représentent les valeurs extrêmes).

6.2. Rendements en paille

Effet du site
Les différences sont bien marquées en ce qui concerne le rendement en paille :
Banizoumbou produit 2676 kg ha-1, Bagoua 2042 kg ha-1 et Kodey 956 kg ha-1 (s.e.d. = 104,4
kg ha-1). Les plus faibles rendements à Kodey s’expliquent vraisemblablement par la plus
faible pluviométrie utile sur ce site. Notons que Banizoumbou présente un grand nombre
d’outliers (valeurs extrêmes).

96
Effet de la strate de fertilité
Les pratiques de fertilisation organique permettent d’augmenter les rendements par
rapport aux parcelles non fumées (p < 0,0001). Le rendement moyen en paille atteint ainsi
3187 kg ha-1 pour la strate PA03, entre 1760 et 1820 kg ha-1 pour PA02, PA01 et FT03 et 890
kg ha-1 en moyenne pour les parcelles n’ayant pas été fumées (s.e.d. = 134,8 kg ha-1). Notons
la grande dispersion des valeurs de rendement dans la strate PA03 comparé aux autres strates
(graphe boxplot non présenté). La plus grande hétérogénéité des rendements provient sans
doute du fait que la technique du parcage laisse les animaux distribuer eux-mêmes leur fumier
aléatoirement dans la parcelle délimitée. Remarquons que les rendements obtenus en FT03,
PA01 et PA02 ne diffèrent pas significativement les uns des autres.

6000

5000
Rendement (kg/ha)

NF
4000 PA01
PA02
3000
PA03
2000 FT03
1000

0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site

Figure 36. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2003)
(barres d’erreur = s.e.d. pour la comparaison des différentes strates à l’intérieur d’un site)

L’interaction strate × site est significative (p < 0,0001). Excepté pour le parcage
réalisé en 2003, les rendements de Banizoumbou et Bagoua sont assez proches et plus élevés
que ceux de Kodey, au niveau de chaque strate de fertilité (Figure 36). Ceci reflète les
quantités la pluviométrie utile dans chaque site.
Les rendements en paille des strates non fumées atteignent 1081 kg ha-1 à Bagoua,
1076 kg ha-1 à Banizoumbou et 513 kg ha-1 à Kodey (Figure 36). Bien que la différence entre
Bagoua et Banizoumbou soit sans doute peu significative (non démontré), le fait que ces sites
obtiennent des rendements plus élevés qu’à Kodey reflète que la pluviométrie utile soit la plus
importante à Banizoumbou et que la strate non fumée à Bagoua bénéficie de l’effet de
parcages antérieurs à la mise en place de l’essai.
Le PA03 à Banizoumbou donne des rendements très élevés (5534 kg ha-1) en
comparaison à Bagoua (2979 kg ha-1) et à Kodey (1050 kg ha-1). Ceci est peut-être le reflet
d’une plus grande quantité de MOF apportée en surface par le parcage, bien que la quantité
résiduelle de MOF mesurée en 2004 soit identique pour Banizoumbou et Bagoua et dépassés
par ceux de Kodey (Figure 31).
A Kodey uniquement, le transport de fumier donne de meilleurs rendements en paille
(1427 kg ha-1) que le parcage de l’année (1050 kg ha-1). Ceci pourrait indiquer que les

97
quantités de fumier apportées par le transport de fumier aient été plus importantes que par le
parcage ou que la qualité du fumier transporté aie été particulièrement élevée.

Effet de l’engrais chimique


L’effet de l’engrais sur le rendement en paille est significatif (p = 0,0346) mais il n’y a
pas de différence entre DAP et DAP + urée. L’apport d’engrais a permis d’accroître le
rendement de 222 à 251 kg ha-1 par rapport au témoin (1734 kg ha-1) (s.e.d = 104,4 kg ha-1).

Effet de la variété
Concernant les rendements en paille, la variété locale (2208 kg ha-1) l’emporte
clairement sur les autres variétés (p < 0,0001)(s.e.d = 104,4 kg ha-1). La variété Zatib et la
variété ICMV montrent des rendements non statistiquement différents (1743 et 1723 kg ha-1
respectivement).

Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.

6.3. Nombre de talles et nombre d’épis par poquet

Effet du site
L’effet du site sur le nombre de talles par poquets est significatif (p < 0,0001). Le
nombre moyen de talles par poquet est plus élevé à Bagoua (3,45) et Banizoumbou (3,42)
qu’à Kodey (2,75) (s.e.d. = 0,113). Le nombre d’épis par poquet est légèrement plus élevé à
Banizoumbou qu’à Bagoua mais cette différence n’est pas significative (il n’a pas été calculé
à Kodey).

Effet de la strate de fertilité


Les nombres moyens d’épis (Tableau 15) et de talles par poquet suivent la même
évolution que les rendements en paille : ils sont maximaux en PA03 et minimaux en NF.
L’effet de la strate est significatif à p < 0,0001 pour ces deux variables.

Effet de l’engrais chimique


Les nombres de talles et d’épis par poquet sont en moyenne plus élevés pour les
parcelles ayant reçu du DAP ou du DAP + urée par rapport aux témoins (Tableau 14).

Tableau 14. Nombre d’épis poquet-1 et nombre de talles poquet-1 par niveau de fertilisation (2003)
Nombre d'épis Nombre de talles
-1 -1
Fertilisation poquet poquet
DAP 2,97 3,34
DAP + urée 2,94 3,25
Témoin 2,65 3,02
s.e.d. 0,112 0,113
p-valeur 0,0072 0,0151

98
Effet de la variété
L’effet de la variété n’est significatif que sur le nombre de talles par poquet (p <
0,0001). La variété locale possède un nombre de talles par poquet plus élevé (3,5) que ceux de
Zatib (3,0) et ICMV (3,2) qui ne diffèrent pas significativement (s.e.d. = 0,113).

Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.

6.4. Poids des grains par épi

Effet du site
Le poids moyen des grains par épi est plus élevé à Bagoua (35,4 g) qu’à Banizoumbou
(30,7 g) et à Kodey (26,4 g) (effet du site significatif à p < 0,0001)(s.e.d. = 0,90 g). Rappelons
que le poids des grains par épi est le produit du nombre de grains par épi, élaboré durant la
phase reproductrice, et du poids moyen d’un grain, qui dépend de la phase de remplissage des
grains (de Rouw et Rajot, 2004). Le poids des grains par épi faible à Kodey reflète le fait que
ce site est le seul à avoir subi une période sèche en phase reproductive (Tableau 5).

Effet de la strate de fertilité


Le poids des grains par épi en fonction des strates est repris dans le Tableau 15. Celui-
ci est le plus élevé dans la strate PA03 et le plus faible dans la strate non fumée. Les
différences de poids des grains par épi ne sont pas significatives entre PA01, PA02 et FT03.

Effet de l’engrais chimique


Le poids des grains par épi est légèrement plus élevé dans les parcelles traitées à
l’engrais (31,2 g et 30,9 g pour DAP et DAP + urée, respectivement) que dans les parcelles
non traitées (30,4 g) mais l’effet de l’engrais chimique n’est pas statistiquement significatif
(Tableau 16).

Effet de la variété
L’effet de la variété est significatif (p < 0,0001) sur le poids des grains par épi. Les
poids des grains par épi les plus élevés sont notés pour la variété locale (33,5 g), suivie de la
variété ICMV (30,4 g) et de la variété Zatib (28,7 g) (s.e.d. = 0,90 g).
Le poids des grains par épi est influencé significativement par la variété à Bagoua et à
Banizoumbou mais pas à Kodey.

Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.

99
6.5. Rendements en grain

Effet du site
L’effet du site est significatif (p < 0,0001). Banizoumbou obtient le meilleur
rendement moyen en grain (813 kg ha-1) tandis que Bagoua produit 693 kg ha-1 et Kodey 396
kg ha-1 (s.e.d. = 28,8 kg ha-1). Ces résultats reflètent l’impact de la pluviométrie utile et de la
période sèche subie par Kodey en phase reproductive (Tableau 5 et Figure 26). A
Banizoumbou, la conjonction du taux de survie et du nombre élevé d’épis poquet-1 permet
d’atteindre un rendement en grain (et en pailles associées) élevé.

Effet de la strate de fertilité


Les rendements en grain suivent presque la même évolution que les rendements en
paille, l’effet du parcage de l’année est en moyenne bien marqué (971 kg ha-1) par rapport aux
parcelles non fumées (331 kg ha-1)(s.e.d. = 37,2 kg ha-1). Les rendements obtenus en FT03,
PA01 et PA02 ne diffèrent pas significativement les uns des autres ; ils valent en moyenne
622 kg ha-1 (Tableau 15).

Tableau 15. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2003)
Taux de survie Nombre Poids des grains Rendement en
-1 -1 -1
Strate à la récolte (%) d'épis poquet épi (g) grain (kg ha ) Classement
FT03 73 3,02 31,7 607 4
NF 78 1,97 25,4 332 5
PA01 78 2,89 31,7 637 2
PA02 86 2,47 31,8 623 3
PA03 85 3,9 33,7 971 1
s.e.d. 2,6 0,144 1,17 37,2
p-valeur 0,0002 <,0001 <,0001 <,0001

Les trois paramètres de rendement (Tableau 15) sont plus élevés dans la strate PA03
et plus faibles dans la strate non fumée, expliquant les rendements en grain obtenus. Dans les
strates PA01, PA02 et FT03, le nombre d’épis par poquet compense le taux de survie à la
récolte pour donner des rendements en grain similaires. L’effet de la strate sur les rendements
en grain (p < 0,0001) se marque plus par le nombre d’épis par poquet que par le taux de survie
à la récolte et le poids des grains par épi.
L’interaction strate × site est significative (p < 0,0001). Les rendements en grain des
non fumés sont les plus faibles et montrent la même tendance que les rendements en paille
(424 kg ha-1 à Bagoua, 389 kg ha-1 à Banizoumbou et181 kg ha-1 à Kodey) (Figure 37).
Notons que les rendements à Banizoumbou et à Bagoua sont très semblables, à l’exception
des strates PA03 et PA02.

100
1600
1400

Rendement (kg/ha)
1200 NF

1000 PA01
PA02
800
PA03
600
FT03
400
200
0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site

Figure 37. Rendements en grain par site et par strate de fertilité (2003)
(barres d’erreur = s.e.d. pour la comparaison des différentes strates à l’intérieur d’un site)

La strate PA03 fournit les meilleurs rendements en grain sauf à Kodey où les strates
FT03, PA03 et PA02 donnent des rendements en grain identiques (477 kg ha-1). Les
rendements en grain en PA03 à Banizoumbou (1495 kg ha-1) dépassent ceux de Bagoua (941
kg ha-1). Tout comme nous l’avons remarqué pour les rendements en paille, le rendement en
grain élevé obtenu à Banizoumbou dans la strate PA03 permet au rendement moyen de ce site
de dépasser celui des autres.
Les strates PA02 et FT03 fournissent toujours des rendements similaires.
La strate PA01 à Bagoua donne un rendement en grain supérieur à celui de la strate
PA02 (p = 0,0026), ce qui provient d’un nombre d’épis par poquet et d’un taux de survie à la
récolte également plus élevés en PA01 qu’en PA02. Ceci pourrait être attribué à une quantité
de fumier supérieure ou de meilleure qualité appliquée en 2001. A Kodey, le rendement en
grain de la strate PA02 est significativement plus élevé que celui de la strate PA01 tandis que
cette différence n’est pas significative à Banizoumbou.
A Bagoua dans la strate FT03, le faible taux de survie à la récolte (58 %) n’est que
partiellement compensé par le nombre d’épis par poquet (3,4), et le rendement en grain
obtenu y est inférieur à celui de PA01. Il faut aussi remarquer que le poids des grains par épi y
est plus faible en FT03 qu’en PA01 (Tableau 7-2 en Annexe 7).

Effet de l’engrais chimique


Les rendements en grain sont plus faibles dans les parcelles non traitées par engrais
(Tableau 16). Les rendements ne diffèrent pas significativement entre applications de DAP et
de DAP + urée.

Tableau 16. Paramètres de rendement et rendement en grain moyens par niveau de fertilisation (2003)
Niveau de Taux de survie Nombre Poids des Rendement en
-1 -1 -1
fertilisation à la récolte (%) d'épis poquet grains épi (g) grain (kg ha )
DAP 79 2,97 31,2 654
DAP + urée 80 2,94 31,0 665
Témoin 81 2,65 30,3 583
s.e.d. 2,0 0,112 0,90 28,8
p-valeur n.s. 0,0072 n.s. 0,0098

101
Effet de la variété
L’effet de la variété est significatif sur les rendements en grains (p = 0,0038). La
séquence est la suivante : ICMV (673 kg ha-1) > Local (650 kg ha-1) > Zatib (579 kg ha-1)
(s.e.d. = 28,8 kg ha-1). La comparaison des rendements moyens entre variétés locale et ICMV
n’est pas significative.

Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.

6.6. Indice de récolte

Effet de la variété
L’effet des variétés améliorées sur l’indice de récolte apparaît clairement (p < 0,0001).
Les indices de récolte moyens pour les variétés ICMV (26,9 %) et Zatib (23,5 %) dépassent
celui de la variété locale (21,1 %) (s.e.d. = 0,54 %).
L’interaction site × variété (p = 0,0005) trahit le fait qu’à Banizoumbou l’indice de
récolte de la variété Zatib ne diffère pas de celui de la variété locale.
Les effets autres que concernant la variété n’ont pas été analysés.

6.7. Nombres de poquets végétatifs et non matures par parcelle

Effet du site
Le nombre de poquets végétatifs par parcelle est globalement très faible et ne paraît
pas lié au site (0,6 à Bagoua et 0,7 à Banizoumbou). En moyenne, le nombre de poquets non
matures par parcelle est également très faible. Il est plus faible à Bagoua (0,3) qu’à
Banizoumbou (0,6). L’analyse de variance sur ces variables n’a pas été effectuée pour des
raisons de non normalité.

Effet de la strate de fertilité


Le Tableau 17 indique que le nombre de poquets végétatifs et non matures est plus
élevé dans les parcelles non fumées. Ces nombres tendent vers 0 dans les parcelles récemment
fumées.
Tableau 17. Nombres de poquets végétatifs et non matures par strate de fertilité (2003)
Strate Poquets végétatifs * Poquets non matures *
FT03 0,00 0,19
NF 2,87 1,61
PA01 0,02 0,11
PA02 0,30 0,43
PA03 0,00 0,02
*Moyenne calculée à Bagoua et Banizoumbou uniquement

102
Effet de l’engrais chimique
Le Tableau 18 indique que les nombres de poquets végétatifs et non matures sont plus
importants dans les parcelles non traitées par engrais.

Tableau 18. Nombres de poquets végétatifs et de poquets non matures


par niveau de fertilisation et par variété (2003)
Poquets végétatifs Poquets non matures
DAP 0,12 0,13
DAP + urée 0,12 0,23
Témoin 1,67 1,04
ICMV IS 893 0,47 0,28
Locale 0,70 0,58
ZATIB 0,74 0,56

Effet de la variété
Les nombres de poquets non matures et végétatifs sont en moyenne très faibles et
légèrement plus faibles pour la variété ICMV que pour les autres variétés (Tableau 18). Ceci
pourrait éventuellement être expliqué par le fait que la variété ICMV est résistante aux
insectes foreurs de tige, qui, s’ils sont présents, peuvent perturber l’initiation de la panicule (et
générer des poquets végétatifs ou non matures). Notons ici que les nombres de poquets
végétatifs et non matures ne peuvent pas être reliés aux nombres de poquets atteints par le
champignon mildiou car ceux-ci sont comptés dans les poquets récoltés ou dans les poquets
non matures en fonction du nombre d’épis atteints et de la sévérité de l’infection.

103
7. Analyse des rendements en mil en 2004

Comme en 2003, remarquons que l’effet du site (excepté pour le nombre d’épis par
poquet), l’effet de la strate de fertilité et l’interaction site × strate sont significatives pour
toutes les variables (Tableau 7-4 en Annexe 7).
Le Tableau 19 compare les variables mesurées par site par rapport à 2003. Nous
remarquons que la valeur de la plupart de ces variables diminue à Banizoumbou ou augmente
très faiblement en comparaison des autres sites. Rappelons que Banizoumbou a été semé
tardivement et que contrairement à 2003 ce site bénéficie de la pluviométrie utile la plus
faible. Kodey profite de la pluviométrie utile la plus élévée.
Tableau 19. Comparaison des variables mesurées par rapport à 2003
Site 2004 (% 2003) Différence (%)
Rendement Bagoua 73,2 -26,8
en paille Banizoumbou 27,7 -72,3
Kodey 161,0 61,0
Rendement Bagoua 115,8 15,8
en grain Banizoumbou 70,3 -29,7
Kodey 165,3 65,3
Indice de Bagoua 129,2 29,2
récolte Bani 155,6 55,6
Kodey 103,0 3,0
Poids Bagoua 106,6 6,6
-1
grains épi Banizoumbou 95,8 -4,2
Kodey 131,3 31,3
Nombre Bagoua 109,9 9,9
-1
d'épis poquet Banizoumbou 102,4 2,4
Kodey / /
Nombre de Bagoua 110,7 10,7
-1
talles poquet Banizoumbou 102,9 2,9
Kodey 166,1 66,1
Taux de survie Bagoua 96,8 -3,2
à la récolte Banizoumbou 67,8 -32,2
Kodey / /
Taux de survie Bagoua 120,3 20,3
au démariage Banizoumbou 102,5 2,5
Kodey 87,3 -12,7
Effet de l’année significatif à p < 0,0001 pour chaque variable

7.1. Taux de survie au démariage et à la récolte

Effet du site
Le taux de survie moyen au démariage est différent selon les sites (p < 0,001). Il vaut
73,0 % à Kodey, 88,0 % à Bagoua et 92,1 % à Banizoumbou (s.e.d. = 1,2 %). Il reflète les
périodes sèches subies après le semis à Kodey et dans la strate PA03 à Bagoua (seule strate
non ressemée). Le taux de survie au démariage est supérieur à celui de 2003 excepté à Kodey
(Tableau 19).
L’effet du site est significatif sur le taux de survie à la récolte (p < 0,0001). Le taux de
survie moyen vaut 70,5 % à Bagoua, 63,9 % à Kodey et 59,4 % à Banizoumbou (s.e.d. = 1,7
%).

104
Notons que par rapport au taux de survie au démariage, le taux de survie à la récolte
représente une baisse de 9,1 % à Kodey, 17,5 % à Bagoua et 32,3 % à Banizoumbou. La
différence entre taux de survie au démariage et à la récolte est liée à la pluviométrie utile, plus
faible à Banizoumbou. Dans ce site, le taux de survie à la récolte a diminué de plus de 30 %
par rapport à 2003 (Tableau 19).

Effet de la strate de fertilité


L’effet de la strate de fertilité sur les taux de survie est significatif (p < 0,0001). Le
taux de survie au démariage suit la séquence suivante : FT03 > PA04 > NF >PA02 > PA03 >
FT04. Le taux de survie à la récolte suit une autre séquence : PA04 > FT03 > FT04 > PA03
>PA02 > NF. Comme en 2003, celui-ci est le plus élevé pour le parcage de l’année et le plus
faible pour les parcelles non fumées.
L’effet bénéfique de la fumure sur le taux de survie à la récolte est attribué à une
croissance initiale des feuilles plus rapide, ce qui permet une interception des radiations plus
efficace, un développement racinaire rapide et un meilleur accès à l’eau. Michels et Bielders
(2006) ont montré que l’application de fumier et d’urine permettait d’augmenter la densité
racinaire et la profondeur d’enracinement par rapport à des parcelles non fumées.
En général, le taux de survie au démariage est plus faible à Kodey et il diminue avec le
niveau de fumure. L’interaction site × strate significative (p < 0,0001) s’explique entre autres
par le fait que, contrairement à l’effet moyen du site, les taux de survie au démariage observés
à Bagoua sont les plus élevés dans toutes les strates, sauf en FT04 et PA03, où ils sont les plus
faibles (64 et 69 %). Le faible taux de survie au démariage dans la strate PA03 provient
vraisemblablement du fait que cette strate est la seule à ne pas avoir été ressemée à Bagoua et
qu’elle a subi une période sèche de 31 jours après semis.
Au niveau du taux de survie à la récolte, remarquons qu’il est particulièrement faible à
Banizoumbou dans la strate NF (19 %) mais que les taux de survie en FT04 (80,6 %) et PA04
(87,6 %) dépassent malgré tout ceux enregistrés à Kodey et à Bagoua. Comme la différence se
situe au niveau des parcelles fumées dans l’année (PA04 et FT04), l’effet sur les rendements
est important et peut expliquer que les rendements en grain dans ces strates soient plus élevés
à Banizoumbou qu’à Kodey.

Effet de l’engrais chimique


Comme en 2003, le taux de survie au démariage est plus important pour les parcelles
témoin que pour les parcelles fertilisées (Tableau 20). Au contraire, le taux de survie à la
récolte est plus faible pour les parcelles non traitées à l’engrais.

Tableau 20. Taux de survie au démariage et à la récolte par niveau de fertilisation (2004)
Taux de survie Taux de survie
Fertilisation au démariage (%) à la récolte (%)
DAP 82 67
DAP + urée 83 67
Témoin 88 59
s.e.d. 1,2 1,7
p-valeur < 0,0001 < 0,0001

105
L’effet de l’engrais chimique sur le taux de survie au démariage n’est pas significatif à
Bagoua ni à Banizoumbou et l’effet sur le taux de survie à la récolte n’est pas significatif à
Bagoua.
L’interaction site × fertilisation est significative (p < 0,0001) pour les deux taux de
survie. A Banizoumbou et à Bagoua, le taux de survie au démariage ne diffère pas entre les
parcelles témoins et les parcelles où l’engrais a été appliqué. Contrairement à Kodey, ces sites
ont été semés en retard et n’ont, à aucun moment, souffert de périodes sèches qui auraient pu
brûler les plantules où l’engrais a été appliqué. Le taux de survie à la récolte est partout plus
faible pour les parcelles non fertilisées, excepté à Kodey où les témoins montrent des taux de
survie de 69 % contre 63 % et 60 % pour DAP et DAP + urée, respectivement. Dans ce site,
les taux de survie à la récolte reflètent les taux de survie au démariage.

Effet de la variété
Comme en 2003, les taux de survie au démariage est influencé par la variété (p <
0,0001) de la façon suivante : variété ICMV (88 %) = variété Zatib (86 %) > variété locale
(79 %) (s.e.d. = 1,2 %).
Contrairement à 2003, l’effet de la variété est significatif sur le taux de survie à la
récolte (p < 0,0001). Le taux de survie à la récolte vaut 72, 67 et 54 % pour les variétés
ICMV, Zatib et locale, respectivement (s.e.d. = 1,7 %).
L’interaction significative site × variété (p < 0,0001) pour le taux de survie au
démariage reflète le fait que celui-ci ne soit pas différent selon les variétés à Bagoua.

Interactions
Nous relevons l’existence de l’interaction strate × variété (p = 0,0170) et de
l’interaction triple strate × fertilisation × variété (p = 0,0120) pour le taux de survie au
démariage. La première interaction s’explique par le fait la variété Zatib obtient un meilleur
taux de survie au démariage que la variété ICMV dans les strates FT03 et FT04 (Figure 38).
L’interaction triple est difficile à interpréter, elle est illustrée dans la Figure 39.

Figure 38. Graphe « boxplot » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x variété

106
Figure 39. Graphe « boxplot » du taux de survie au démariage (%) illustrant l’interaction strate x
fertilisation x variété

Figure 40. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction strate x
fertilisation

Le taux de survie à la récolte montre l’interaction strate × fertilisation significative (p


= 0,0032). Nous observons que, contrairement aux autres strates, les parcelles non traitées par
engrais dans les strates PA03, PA04 et FT04 ont un taux de survie similaire voire supérieur à
celles traitées par engrais (Figure 40). Dans ces strates de fumure récente, la distribution
spatiale peu homogène du fumier apporté pourrait avoir masqué l’effet de l’application
d’engrais. D’autre part, dans les strates PA02 et NF, l’application de DAP + urée ne permet
pas d’obtenir des taux de survie équivalents à ceux fournis par l’application de DAP seul.
Ceci pourrait refléter le fait que l’ajout d’urée peut occasionner des brûlures chimiques aux
plantules qui sont d’autant plus dommageables dans les parcelles les moins fumées, où les
plantules sont plus fragiles.

107
7.2. Rendements en paille

Effet du site
L’effet du site est significatif (p < 0,0001). Kodey produit 1539, Bagoua 1494 kg ha-1
et Banizoumbou 742 kg ha-1 seulement (s.e.d. = 53,2 kg ha-1). La différence entre Bagoua et
Kodey n’est pas significative. Par rapport à 2003, on note une diminution du rendement en
paille de 27 % à Bagoua et de 73 % à Banizoumbou. Les rendements en paille augmentent de
61 % à Kodey par rapport à l’année précédente (Tableau 19). Ces résultats reflètent l’impact
de la pluviométrie utile particulièrement importante à Kodey et la plus faible à Banizoumbou
en 2004 (Figure 26).

Effet de la strate de fertilité


Les pratiques de fertilisation organique permettent d’augmenter les rendements en
paille par rapport aux parcelles non fumées (p < 0,0001). Le rendement moyen en paille
atteint 1640 kg ha-1 pour PA04, 1476 kg ha-1 pour FT04, 1413 kg ha-1 pour PA03, 1403 kg ha-
1
pour le FT03, 924 kg ha-1 pour PA02 et 694 kg ha-1 pour NF (s.e.d. = 75,2 kg ha-1). Les
comparaisons concernant FT03, FT04 et PA03 sont les seules à ne pas être significatives.
Nous remarquons qu’au niveau du parcage de l’année, le rendement en 2004 vaut la
moitié de celui de 2003. Le parcage de l’année donne les rendements les plus élevés en
moyenne mais contrairement à 2003, les effets résiduels des parcages antérieurs sont en 2004
supplantés par l’effet du fumier transporté de l’année.
La baisse des rendements moyens de 2003 à 2004 peut être due aux quantités de
fumier apportées au champ (non vérifiable en 2003), à la pluviométrie (plus faible à Bagoua
et Banizoumbou qu’en 2003 mais il existe des différences dans les périodes sèches) ou à la
longueur du cycle cultural (plus faible en 2004). Etant donné que cette diminution du
rendement en paille a lieu aussi pour les parcelles non fumées, on ne peut pas exclure les deux
dernières hypothèses.

2500
NF
2000
Rendement (kg/ha)

PA02

1500 PA03
PA04
1000
FT03

500 FT04

0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site

Figure 41. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2004)
(barres d’erreur = s.e.d. pour la comparaison des différentes strates à l’intérieur d’un site)

108
L’interaction site × strate est significative (p < 0,0001). L’analyse des rendements en
paille par site (Figure 41) permet de mettre en évidence que les meilleurs rendements en paille
sont obtenus dans les strates FT03 (2079 kg ha-1) et PA04 (1981 kg ha-1) à Kodey. Le
rendement en paille des strates NF sont les plus faibles, ils valent 1001 kg ha-1 à Bagoua, 787
kg ha-1 à Kodey et 262 kg ha-1 à Banizoumbou.
Remarquons que les rendements augmentent selon la séquence NF < PA02 < PA03 <
PA04, excepté à Bagoua où les strates PA03 et PA04 donnent des rendements en paille non
significativement différents.
Au niveau du transport de fumier, les rendements en paille augmentent dans l’ordre
NF < FT03 < FT04, excepté à Kodey où le rendement de la strate FT03 dépasse celui de la
strate FT04. Nous observons que le meilleur rendement en paille de la strate FT04 est obtenu
à Bagoua (1832 kg ha-1) là où la MOF résiduelle mesurée était la plus élevée.
Les rendements des strates fumées dans l’année (FT04 et PA04) ne diffèrent qu’à
Kodey. Remarquons que les rendements de la strate PA04, tout comme la pluviométrie utile,
décroissent dans l’ordre Kodey > Bagoua > Banizoumbou tandis que la MOF résiduelle
décroît dans le sens Banizoumbou > Kodey > Bagoua (Figure 31). L’effet du parcage de
l’année paraît donc conditionné plus par la pluviométrie que par les quantités de fumier
résiduelles mesurées.
L’apport de matière organique végétale au sol (Figure 32) était particulièrement élevé
à Banizoumbou dans la strate FT04, mais on ne remarque pas d’effet sur les rendements en
paille qui y sont les plus faibles pour cette strate. Ceci pourrait éventuellement s’expliquer par
le fait que le rapport C/N du fumier transporté en 2004 (qui comporte une grande part de
déchets végétaux et ménagers) y soit inférieur à celui des autres sites, favorisant ainsi
l’immobilisation de N par les microorganismes. D’autre part, Banizoumbou a bénéficié de la
pluviométrie utile la plus faible.

Effet de l’engrais chimique


L’effet de l’engrais est significatif (p < 0,0001). Les rendements moyens sont
légèrement plus élevés lors de l’application de DAP + urée (1369 kg ha-1) et de DAP seul
(1323 kg ha-1) que sans application d’engrais (1088 kg ha-1). La différence entre DAP et DAP
+ urée n’est pas significative (s.e.d. = 53,2 kg ha-1).

Effet de la variété
L’effet moyen de la variété est significatif (p = 0,0026) et les rendements en paille sont
les suivants : 1315 kg ha-1 pour la variété ICMV, 1312 kg ha-1 pour la variété locale et 1155
kg ha-1 pour la variété Zatib. La variété locale ne donne pas les meilleurs rendements comme
en 2003, mais la différence de rendement entre variété locale et ICMV n’est pas significative
(s.e.d. = 53,2 kg ha-1).
L’interaction site × variété (p = 0,0031) s’explique par le fait que contrairement aux
autres sites, la variété locale permet d’obtenir le rendement le plus élevé à Bagoua (1721 kg
ha-1).

109
Interactions
L’interaction strate × fertilisation significative (p = 0,0361) indique que l’effet de
l’engrais chimique n’est pas le même selon les strates de fertilité. La Figure 42 indique que
dans les strates FT04, NF et PA02, le rendement des parcelles traitées par application de DAP
+ urée est inférieur à celui des parcelles traitées par DAP. Cette tendance est inversée dans les
strates PA03 et PA04 (et FT03, dans une moindre mesure). Il semble que l’ajout d’urée ne
montre un effet bénéfique sur le rendement en paille que sur les parcelles ayant bénéficié d’un
apport récent en fumure organique. Il n’y a pas de réponse aux fertilisants azotés sans
correction préalable de la déficience phosphatée (Buerkert et al., 2002) et l’apport de fumier
dans ces strates (PA03 et PA04) a peut-être permis de corriger en partie la déficience en P du
sol que le DAP n’aurait pas permis de corriger. Notons également que dans les strates PA04,
PA03 et FT03, les parcelles témoins obtiennent des rendements similaires à ceux des parcelles
traitées par DAP. La distribution spatiale peu homogène du fumier et l’effet important de
celui-ci sur les rendements pourraient avoir masqué l’effet de l’application d’engrais.

Figure 42. Graphe « boxplot » du rendement en paille (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation

7.3. Nombre de talles et nombre d’épis par poquet

Effet du site
L’effet du site sur le nombre d’épis par poquet n’est pas significatif. L’effet du site se
marque sur le nombre de talles par poquet (p > 0,0001) : il est plus élevé à Kodey (4,6) qu’à
Bagoua (3,8) et à Banizoumbou (3,5) (s.e.d. = 0,12). Notons que le nombre de talles par
poquet augmente de 66 % par rapport à 2003 à Kodey. Le tallage supérieur à Kodey peut être
mis en relation avec les meilleurs rendements en paille obtenus dans ce site. Il pourrait avoir
été favorisé par une pluviométrie utile et une durée de cycle cultural supérieures à celles des
autres sites. Les deux périodes sèches à Kodey pendant la phase végétative n’ont visiblement
pas eu d’impact sur le nombre de talles par poquet.

110
Effet de la strate de fertilité
Contrairement à 2003, le nombre moyen de talles par poquet ne suit pas la même
évolution que les rendements en paille : FT04 > PA03 > PA04 > PA02 > FT03 > NF . Le
nombre moyen d’épis par poquet diminue selon la séquence suivante : PA03 > PA04 > FT04
> FT03 > PA02 > NF (Tableau 21).

Tableau 21. Nombre de talles et d’épis par poquet par strate de fertilité (2004)
Nombre de talles Nombre d'épis
-1 -1
Strate poquet poquet
FT03 3,74 3,02
FT04 4,51 3,08
NF 3,29 2,63
PA02 3,89 2,74
PA03 4,40 3,67
PA04 3,97 3,32
s.e.d. 0,173 0,155
p-valeur < 0,0001 < 0,0001

Effet de l’engrais chimique


Les effets de l’engrais chimique sur les nombres de talles et d’épis par poquet sont
significatifs (Tableau 22). Dans les deux cas, il n’y a pas de différence significative entre
DAP et DAP + urée.

Tableau 22. Nombre de talles et d’épis par poquet par niveau de fertilisation (2004)
Nombre de talles Nombre d'épis
-1 -1
Fertilisation poquet poquet
DAP 4,02 3,23
DAP + urée 4,09 3,22
Témoin 3,79 2,79
s.e.d. 0,122 0,109
p-valeur 0,00442 0,0002

Effet de la variété
L’effet de la variété sur le nombre de talles par poquet est significatif (p < 0,0001).
Comme en 2003, celui-ci est plus élevé pour la variété locale (4,3) que pour les variétés
améliorées (3,8 pour ICMV et 3,7 pour Zatib, s.e.d. = 0,122). L’interaction site × variété (p <
0,0001) est expliquée par le fait qu’à Banizoumbou le nombre de talles par poquet ne soit pas
différent selon les variétés.
Le nombre d’épis par poquet est plus élevé pour la variété ICMV mais l’effet de la
variété est non significatif.

Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.

111
7.4. Poids des grains par épi

Effet du site
L’effet du site est significatif (p < 0,0001). Le poids des grains par épi est plus faible à
Banizoumbou (29,5 g) qu’à Kodey (34,7 g) et Bagoua (37,7 g)(s.e.d. = 0,85 g). Ce poids
augmente de 7 % à Bagoua et de 31 % à Kodey par rapport à l’année précédente (Tableau 19).
Le fait que le poids des grains soit plus élevé à Bagoua qu’à Kodey malgré que la
pluviométrie utile y soit inférieure pourrait s’expliquer par un mécanisme compensatoire : la
fertilité suffisante du site de Bagoua (parcages antérieurs à l’essai) permet au poids des grains
par épi de compenser partiellement le nombre de talles par poquet (inférieur par rapport à
Kodey). Kodey a connu en outre des périodes sèches dans les 3 phases de développement, y
compris dans la phase de remplissage des grains (Tableau 6).

Effet de la strate de fertilité


L’effet de la strate de fertilité sur le poids des grains par épi est significatif (Tableau
24). Le poids des grains par épi est plus élevé dans les strates FT04 et PA04 et le plus faible
dans la strate NF.

Effet de l’engrais chimique


Le poids des grains par épi est en moyenne plus élevé dans les parcelles traitées par
application d’engrais (Tableau 23). L’interaction site × fertilisation est significative (p =
0,0046). L’effet de l’engrais chimique sur le poids des grains par épi n’est visible qu’à Kodey.
Ceci pourrait refléter que, ayant été semés en retard, Banizoumbou et Bagoua n’aient pas pu
profiter du flux de N libéré lors des premières pluies (Bationo et Vlek, 1997) et aient utilisé
tous les nutriments apportés par l’engrais à accroître le nombre d’épis par poquet (paramètre
fixé lors de la première moitié du cycle de croissance). D’après l’étude menée par de Rouw
(2004), le poids des grains par épi influencé par la fertilisation à Kodey indiquerait que celle-
ci a permis de fournir des nutriments sur une longue période, jusqu’à la deuxième moitié du
cycle.
Tableau 23. Poids des grains par épis par niveau de fertilisation (2004)
-1
Fertilisation Poids des grains épi (g)
DAP 34,7
DAP + urée 34,6
Témoin 32,7
s.e.d. 0,85
p-valeur 0,0061

Effet de la variété
L’effet de la variété se marque sur le poids des grains par épi (p < 0,0001). Comme en
2003, il est plus élevé pour la variété locale (36,2 g) que pour les variétés améliorées (33,1 et
32,7 g pour ICMV et Zatib, respectivement)(s.e.d. = 0,85 g). L’interaction site × variété (p =
0,0003) s’explique par le fait que l’effet de la sur le poids des grains par épi n’est visible qu’à
Bagoua.

112
Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.

7.5. Rendements en grain

Effet du site
L’effet du site est significatif (p < 0,0001). Les rendements en grains montrent une
tendance différente des rendements en paille : Bagoua (802 kg ha-1) produit plus que Kodey
(654 kg ha-1) et Banizoumbou (571 kg ha-1) (s.e.d. = 24,4 kg ha-1).
Rappelons qu’en 2003 les rendements étaient classés de la façon suivante:
Banizoumbou > Bagoua > Kodey. Par rapport à 2003, les rendements en grain augmentent de
16 % à Bagoua et de 65 % à Kodey tandis qu’ils diminuent de 30 % à Banizoumbou (Tableau
19).
Les poids des grains par épi et les taux de survie à la récolte sont plus élevés à Bagoua
que dans les autres sites et expliquent les bons rendements en grain observés.

Effet de la strate de fertilité


Les rendements en grain suivent la même évolution que les rendements en paille :
l’effet du parcage de l’année est également bien marqué (976 kg ha-1) contre le faible
rendement des parcelles non fumées (341 kg ha-1). Contrairement à 2003, les effets des
parcages des années antérieures sont supplantés par l’effet du fumier transporté de l’année
(Tableau 24). Ces différences entre les rendements de 2003 et 2004 peuvent être expliquées
de la même manière que les différences de rendements en paille (point 7.2).
Les trois paramètres de rendement sont plus élevés dans la strate PA04 et plus faibles
dans la strate non fumée (Tableau 24), expliquant les rendements en grain obtenus. Dans la
strate PA03, le nombre élevé d’épis par poquet permet de compenser le taux de survie à la
récolte et le poids des grains par épi pour donner des rendements en grain similaires à ceux de
la strate FT04.

Tableau 24. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2004)
Taux de survie Nombre d'épis Poids des Rendement
-1 -1 -1
Strate à la récolte (%) poquet grains épi (g) en grain (kg ha ) Classement
FT03 72 3,02 32,2 696 4
FT04 68 3,08 37,1 748 2
NF 47 2,63 26,5 342 6
PA02 59 2,74 34,6 547 5
PA03 60 3,67 35,8 733 3
PA04 80 3,32 37,4 976 1
s.e.d. 2,5 0,155 1,21 34,7
p-valeur <0,0001 <0,0001 <0,0001 <0,0001

L’interaction site × strate est significative (p < 0,0001). La Figure 43 indique


l’évolution des rendements en fonction des strates de fertilité est la similaire dans les trois

113
sites, à l’exception du rendement de la strate FT04 dépassant celui de la strate FT03
uniquement à Banizoumbou.
Les rendements en grain des strates NF sont systématiquement les plus faibles et
valent 506 kg ha-1 à Bagoua, 332 kg ha-1 à Kodey et 152 kg ha-1 à Banizoumbou.
Les rendements en grain à Bagoua sont en moyenne plus élevés (dans toutes les strates
à l’exception de FT04) que ceux de Kodey et Banizoumbou. Le meilleur rendement en grain
sur tous les sites a lieu à Bagoua en PA04 (1158 kg ha-1) alors que, paradoxalement, ce PA04
est celui sur lequel on a mesuré le moins de MOF résiduelle en 2004 (Figure 31), ce qui
signifie que les apports en fumier ont été plus faibles ou que la décomposition a été plus
rapide. Les rendements les plus élevés dans la strate PA03 sont obtenus à Bagoua. Le nombre
d’épis par poquet (4,0) et le poids des grains par épi (44,3 g) y sont les plus élevés et ont
compensé le faible taux de survie à la récolte (56,4 %) expliqué par la sécheresse après semis
dans cette strate.
A l’inverse du rendement en paille, le rendement en grain dans la strate FT04 est plus
élevé à Banizoumbou (764 kg ha-1) qu’à Bagoua (755 kg ha-1) et Kodey (723 kg ha-1) tandis
que la MOF résiduelle décroît dans le sens Bagoua > Kodey > Banizoumbou (Figure 31). Ce
rendement élevé à Banizoumbou est expliqué par un taux de survie à la récolte
particulièrement important (80,6 %) dont nous n’expliquons pas la provenance.
La strate PA04 à Banizoumbou donne un rendement en grain de 957 kg ha-1 alors que
1158 kg ha-1 sont obtenus à Bagoua malgré un apport résiduel en fumier très inférieur. Ceci
est expliqué par le fait que la pluviométrie aie été plus importante à Bagoua et plus d’éléments
nutritifs étaient présents dans le sol (provenant d’une décomposition rapide du fumier du
parcage de l’année ou de parcages antérieurs à l’essai).
La MOV résiduelle était particulièrement élevée à Banizoumbou en FT04 (Figure 32)
mais le rendement en grain dans cette strate y est le plus faible de tous les sites. La même
remarque avait été effectuée dans l’analyse du rendement en paille et il ne semble donc pas
que la couverture du sol par la matière végétale aie un effet bénéfique dans ce site bien qu’une
pluviométrie défavorable soit à prendre également en compte.

1400
1200 NF
Rendement (kg/ha)

1000 PA02
PA03
800
PA04
600
FT03
400
FT04
200
0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site

Figure 43. Rendements en grain par strate de fertilité et par site (2004)
(barres d’erreur = s.e.d. pour la comparaison des différentes strates à l’intérieur d’un site)

114
Effet de l’engrais chimique
L’effet de l’engrais chimique est significatif sur les rendements en grain (p < 0,0001).
Les rendements moyens sont plus élevés lors de l’application de DAP + urée (720 kg ha-1) et
de DAP (718 kg ha-1) que sans application d’engrais (591 kg ha-1) (s.e.d. = 24,4 kg ha-1). La
comparaison entre DAP + urée et DAP n’est pas significative.

Effet de la variété
La variété présente un effet significatif sur les rendements en grain (p < 0,0001). La
variété ICMV génère la meilleure production (748 kg ha-1) tandis que les productions des
variété Zatib (672 kg ha-1) et locale (612 kg ha-1) sont inférieures (s.e.d. = 24,4 kg ha-1).
Notons que cette séquence diffère de celle obtenue en 2003 (ICMV > Local > Zatib).

Interactions
Comme c’était le cas pour le rendement en paille, l’interaction strate × fertilisation est
significative également pour le rendement en grain (p = 0,0394). Comme pour les rendements
en paille, le rendement en grain des parcelles traitées par application de DAP + urée est
légèrement supérieur à celui des parcelles traitées par DAP dans les strates PA03 et PA04
(Figure 44). Nous constatons également à nouveau que dans les strates PA04, PA03 et, dans
une moindre mesure, FT03, les parcelles témoins obtiennent des rendements similaires à ceux
des parcelles traitées par DAP. La distribution spatiale peu homogène du fumier et l’effet
important de celui-ci sur les rendements pourraient avoir masqué l’effet de l’application
d’engrais.

Figure 44. Graphe « boxplot » du rendement en grain (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation

115
7.6. Indice de récolte

Effet de la variété
L’effet des variétés améliorées sur l’indice de récolte est significatif (p < 0,0001). Les
indices de récolte moyens pour les variétés ICMV (31,4 %) et Zatib (31,8 %) dépassent celui
de la variété locale (28,1 %)(s.e.d. = 0,58 %).
L’interaction site × variété (p < 0,0001) trahit le fait qu’à Kodey les indices de récolte
ne diffèrent pas selon les variétés.

7.7. Nombres de poquets végétatifs et non matures par parcelle

Effet du site
Les nombres de poquets végétatifs et non matures sont les plus importants à
Banizoumbou. Ils sont nettement supérieurs à ceux mesurés en 2003 (Tableau 25). Rappelons
que le nombre de poquets végétatifs est inversement corrélé au rendement en grain et au taux
de survie à la récolte dans tous les sites.

Tableau 25. Comparaison par site des nombres de poquets végétatifs et non matures en 2004 et 2003
Site 2003 2004
Poquets Bagoua 0,60 5,59
végétatifs Banizoumbou 0,67 8,20
Kodey * 1,54
Poquets Bagoua 0,34 4,13
non matures Banizoumbou 0,60 6,23
Kodey * 2,06

Effet de la strate de fertilité


Comme en 2003, le nombre de poquets non matures et végétatifs est le plus élevé dans
la strate non fumée (Tableau 26). Le nombre de poquets végétatifs par parcelle est également
plus faible dans les strates PA04, PA03 et FT03.

Tableau 26. Nombres de poquets végétatifs et non matures par strate de fertilité (2004)
Strate Poquets végétatifs Poquets non matures
FT03 5,78 3,42
FT04 2,89 3,17
NF 11,44 7,03
PA02 6,48 4,90
PA03 2,27 3,72
PA04 1,79 2,59

Effet de l’engrais chimique


Comme en 2003, le Tableau 27 indique que les nombres de poquets végétatifs et non
matures sont plus élevés dans les parcelles non fertilisées.

116
Tableau 27. Nombres de poquets végétatifs et non matures par niveau de fertilisation et par variété (2004)
Poquets végétatifs Poquets non matures
DAP 3,09 3,65
DAP + urée 3,29 3,69
Témoin 8,94 5,07
ICMV IS 893 4,39 4,41
Locale 5,75 4,62
ZATIB 5,19 3,38

Effet de la variété
Comme en 2003, les nombres de poquets non matures et végétatifs sont en moyenne
les plus faibles pour la variété ICMV et les plus élevés pour la variété locale (Tableau 27). Le
fait que la variété ICMV soit résistante aux insectes foreurs de tige, qui, s’ils sont présents
peuvent perturber l’initiation de la panicule, pourrait expliquer le faible nombre de poquets
végétatifs et non matures dans cette variété.

117
8. Analyse des rendements en mil en 2005

Remarquons que l’effet du site n’est pas significatif uniquement pour le rendement en
paille et le taux de survie au démariage, tandis que l’effet de la strate de fertilité et
l’interaction site × strate sont significatives pour toutes les variables (Tableau 7-7 en Annexe
7).
Le Tableau 28 compare les variables mesurées par site par rapport à 2003 et 2004.
Tableau 28. Comparaison des variables mesurées par rapport à 2003 et à 2004
Site 2005 (% 2003) Différence (%) 2005 (% 2004) Différence (%)
Rendement Bagoua 44,2 -55,8 60,3 -39,7
paille Banizoumbou 34,3 -65,7 123,6 23,6
Kodey 96,9 -3,1 60,2 -39,8
Rendement Bagoua 63,9 -36,1 55,2 -44,8
grain Banizoumbou 60,5 -39,5 86,1 -13,9
Kodey 74,0 -26,0 44,8 -55,2
Indice de Bagoua 123,4 23,4 95,6 -4,4
récolte Banizoumbou 135,9 35,9 87,3 -12,7
Kodey 86,2 -13,8 83,6 -16,4
Poids Bagoua 63,3 -36,7 59,4 -40,6
-1
grains épis Banizoumbou 74,3 -25,7 77,5 -22,5
Kodey 66,1 -33,9 50,4 -49,6
Nombre Bagoua 108,7 8,7 98,9 -1,1
-1
d'épis poquet Banizoumbou 88,8 -11,2 86,7 -13,3
Kodey / / 81,6 -18,4
Nombre de Bagoua 106,4 6,4 96,1 -3,9
-1
talles poquet Banizoumbou 110,1 10,1 107,0 7,0
Kodey 115,2 15,2 69,4 -30,6
Taux de survie Bagoua 91,2 -8,8 94,2 -5,8
à la récolte Banizoumbou 93,2 -6,8 137,5 37,5
Kodey / / 106,3 6,3
Taux de survie Bagoua 129,2 29,2 107,4 7,4
au démariage Banizoumbou 104,7 4,7 102,1 2,1
Kodey 112,7 12,7 129,1 29,1
Effet de l’année significatif à p < 0,0001 pour chaque variable

8.1. Taux de survie au démariage et à la récolte

Effet du site
Le Tableau 29 nous renseigne que le taux de survie moyen au démariage est de 94 %
dans les trois sites, il y a donc eu peu de stress avant le démariage. Le taux de survie à la
récolte est significativement plus élevé à Banizoumbou que dans les autres sites. La différence
entre les taux de survie au démariage et à la récolte est d’autant plus grande que la
pluviométrie utile est faible (Figure 26).
Les deux taux de survie sont plus élevés qu’en 2004, excepté le taux de survie à la
récolte enregistré à Bagoua (Tableau 28). Par rapport à 2003, le taux de survie au démariage
est plus élevé en 2005 tandis le taux de survie à la récolte est plus faible.

118
Tableau 29. Taux de survie au démariage et à la récolte par site (2005)
Taux de survie Taux de survie à
Site au démariage (%) la récolte (%)
Bagoua 94 66
Banizoumbou 94 82
Kodey 94 68
s.e.d 0,4 1,2
p-valeur n. s. < 0,0001

Effet de la strate de fertilité


L’effet de la strate de fertilité sur les taux de survie au démariage et à la récolte est
significatif (p < 0,0001). Le taux de survie au démariage varie entre 96 % dans la strate FT05
et 92 % dans la strate NF (s.e.d. = 0,4 %). Il décroît selon la séquence suivante : FT05 > PA03
> PA04 > FT03 > PA05 > FT04 > NF.
Le taux de survie à la récolte suit une autre séquence : FT05 (78 %) > PA03 > PA04 >
PA05 > FT03 > FT04 > NF (61 %) (s.e.d. = 1,2 %). Comme en 2004 et 2003, les parcelles de
la strate NF obtiennent les taux de survie à la récolte les plus faibles. En 2005, toutefois, le
taux de survie le plus élevé ne correspond pas au parcage de l’année. L’amélioration de la
survie pourrait être un effet du traitement de fertilité organique mais dépend également des
quantités de fumier appliquées et de la pluviométrie. Il semble qu’en 2005 l’effet du parcage
de l’année soit beaucoup moins clair que les deux autres années. En tous cas, excepté pour la
strate FT05, le taux de survie à la récolte suit la même évolution que les rendements en grain.

Effet de l’engrais chimique


Comme en 2003 et 2004, le taux de survie au démariage est plus important pour les
parcelles témoin que pour les parcelles fertilisées.
A nouveau, le taux de survie à la récolte est quand à lui plus faible pour les parcelles
non traitées par application d’engrais (Tableau 30). Signalons que les comparaisons entre
DAP et DAP + urée ne sont pas significatives. L’interaction site × fertilisation (p < 0,0001)
s’explique par l’effet de la fertilisation sur le taux de survie à la récolte qui ne se marque qu’à
Kodey.
Tableau 30. Taux de survie au démariage et à la récolte par niveau de fertilisation (2005)
Taux de survie Taux de survie
Fertilisation au démariage (%) à la récolte (%)
DAP 93 73
DAP + urée 93 74
Témoin 96 69
s.e.d. 0,4 1,2
p-valeur < 0,0001 0,0004

Effet de la variété
Le taux de survie au démariage est influencé par la variété (p < 0,0001) de la façon
suivante : variété ICMV (95 %) = variété Zatib (95 %) > variété locale (93 %)(s.e.d. = 0,4 %).
L’interaction site × variété (p = 0,0073) s’explique par le fait qu’à Bagoua les différentes
variétés donnent un taux de survie au démariage similaire.

119
L’effet de la variété sur le taux de survie à la récolte (p < 0,0001) se marque de la
façon suivante : variété ICMV (76,5 %) = variété Zatib (75,5 %) > variété locale (64 %)(s.e.d.
= 1,2 %). A Bagoua, la variété Zatib génère un taux de survie à la récolte inférieur à celui de
la variété ICMV (interaction site × variété : p = 0,0026).

Interactions
L’nteraction strate × fertilisation est significative (p < 0,0001) pour le taux de survie à
la récolte. Nous constatons que les différences de taux de survie obtenus dans les parcelles
fertilisées ou non sont plus importantes dans la strate NF que dans les autres (Figure 45).
Dans les strates FT03, FT05, PA03, PA04 et PA05, le taux de survie des parcelles non
fertilisées est similaire voire supérieur à celui des parcelles traitées par application d’engrais.
L’application d’engrais permet d’augmenter significativement le taux de survie à la récolte
uniquement dans les parcelles n’ayant pas reçu de fumure organique. Ceci concorde avec
l’analyse de cette même interaction en 2004 où seules les strates de fumure plus ancienne
présentaient un effet de l’application d’engrais.
L’interaction fertilisation × variété (p = 0,0302) s’explique par le fait que le taux de
survie à la récolte de la variété Zatib dépasse celui de la variété ICMV dans les parcelles
témoins, contrairement aux parcelles traitées par application d’engrais (Figure 46).

Figure 45. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction strate x
fertilisation

120
Figure 46. Graphe « boxplot » du taux de survie à la récolte (%) illustrant l’interaction fertilisation x
variété

8.2. Rendements en paille

Effet du site
Contrairement à 2003 et 2004, l’effet du site sur les rendements en paille est non
significatif. Kodey produit 927 kg paille ha-1, Bagoua 901 kg paille ha-1 et Banizoumbou 917
kg paille ha-1 (s.e.d. = 37,5 kg ha-1). Ces valeurs sont 40 % plus faibles qu’en 2004 sauf à
Banizoumbou où les rendements en paille augmentent de 24 % (Tableau 28). Kodey obtient le
meilleur rendement en paille mais montre pourtant le nombre de talles par poquet le plus
faible et un taux de survie à la récolte plus faible qu’à Banizoumbou.

Effet de la strate de fertilité


L’effet de la strate de fertilité sur les rendements en paille est significatif (p < 0,0001).
La strate PA03 donne les rendements les plus élevés (1175 kg ha-1), suivies par les deux
autres parcages non statistiquement différents l’un de l’autre. Les rendements des parcelles où
on a appliqué du fumier transporté sont plus faibles que ceux des parcages et décroissent dans
le sens : FT05 > FT04 > FT03. Une comparaison visuelle des parcelles des strates NF et PA03
est présentée en Annexe 9 (photos des parcelles d’essai le 13 juillet 2005).
Les rendements en paille sont plus faibles qu’en 2003 dans toutes les strates. Cela peut
être expliqué par des quantités de fumier apportées au champ plus faibles (non vérifiable et
peu probable à Kodey où 18000 kg fumier ha-1 a été appliqué dans les strates PA05 et FT05)
ou par la pluviométrie (plus faible à Bagoua et Banizoumbou qu’en 2003). Etant donné que
cette diminution a lieu aussi dans les strates NF, l’épuisement progressif des nutriments
présents initialement dans le sol peut également être incriminé. D’autre part, une connaissance
de l’historique des champs permettrait de vérifier que les strates NF ne bénéficient pas d’un
effet de fertilité résiduelle dû aux pratiques de fertilité antérieures à la mise en place de
l’essai. Si un tel effet existe, il est normal qu’il soit plus marqué la première année de
l’expérience (à Bagoua notamment).

121
Les rendements sont également inférieurs à ceux de 2004 et le maximum de
rendement n’est pas atteint dans la strate du parcage de l’année en 2005. Il est probable que
les quantités de fumier apportées par le parcage de l’année en 2005 soient en moyenne plus
faibles qu’en 2004. Le fumier apporté par le parcage en 2003 semble montrer un arrière-effet
prononcé sur les rendements en 2005. La minéralisation de la MOF apporterait suffisamment
de nutriments aux plants de mil pour dépasser les rendements obtenus dans les strates de
parcages plus récents. Ne disposant pas des mesures de MOF résiduelle pour estimer la
quantité de fumier appliquée par le parcage en 2003, cette remarque reste une hypothèse.
L’interaction site × strate est significative (p < 0,0001). L’analyse de la Figure 47
permet de remarquer les sites où le rendement en paille ne suit pas la tendance moyenne :
PA03 >PA04 > PA05 > FT05 > FT04 > FT03 > NF.

1600
NF
1400
PA03
Rendement (kg/ha)

1200
PA04
1000
PA05
800
FT03
600
FT04
400
FT05
200
0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site

Figure 47. Rendements en paille par strate de fertilité et par site (2005)
(barres d’erreur = s.e.d. pour la comparaison des différentes strates à l’intérieur d’un site)

A Bagoua, c’est la strate PA05 qui donne le rendement le plus élevé (1172 kg ha-1),
suivie de la strate PA03 (1164 kg ha-1) et PA04 (1083 kg ha-1) (s.e.d. = 86,6 kg ha-1). Les
différences de MOF résiduelle mesurée au sol en 2005 à Bagoua expliquent les rendements
élevés obtenus dans la strate PA05 mais n’expliquent pas que les autres strates parquées
fournissent des rendements similaires (Figure 33). D’autre part, les mesures de MOF
résiduelle au sol effectuées en 2004 dans la strate PA04 sont très inférieures à celles
effectuées en 2005 en PA05 et semblent indiquer que la quantité de fumier appliquée en PA05
a été supérieure à Bagoua (Figure 31 et Figure 33), ce qui contredirait la remarque effectuée
ci-dessus. Nous ne disposons toutefois pas de données permettant de quantifier la matière
organique présente dans le compartiment sol dans les différentes strates.
A Banizoumbou, les rendements les plus élevés correspondent aux strates de fertilité
PA04 (1209 kg ha-1) et PA05 (1171 kg ha-1) (s.e.d. = 93,7 kg ha-1). Les mesures de MOF
résiduelles effectuées dans les strates PA04 (1447 kg MOF ha-1) et PA05 (5176 kg MOF ha-1)
y sont les plus importantes.
Les meilleurs rendements en paille à Kodey sont obtenus en PA03 (1372 kg ha-1) et en
FT05 (1189 kg ha-1) (s.e.d. = 110,0 kg ha-1). Les résidus de MOF mesurés dans les strates
PA05 et PA04 sont moins élevés qu’à Banizoumbou tandis que les résidus de PA03 y sont

122
plus élevés (Figure 33), ceci concorde avec les rendements en pailles obtenus. Notons qu’en
2004, les rendements en paille obtenus dans la strate PA03 étaient plus élevés à Bagoua qu’à
Kodey. De telles données semblent indiquer que Kodey ait reçu plus de fumier lors du
parcage de 2003 que les deux autres sites ou que le fumier déposé en PA03 à Kodey se
décompose plus lentement que sur les autres sites, offrant ainsi un effet prolongé dans le
temps.
Comme en 2004, la strate FT03 à Kodey donne des rendements en paille supérieurs à
ceux des strates FT04 et PA04.
Les trois sites donnent des rendements différents selon les strates et c’est la moyenne
élevée obtenue à Kodey qui force la moyenne entre sites à être la plus élevée dans la strate
PA03.

Effet de l’engrais chimique


L’effet de l’application d’engrais sur les rendements en paille est significatif (p <
0,0001). Les rendements sont plus élevés lors de l’application de DAP + urée (1044 kg ha-1)
que lors de l’application de DAP seul (935 kg ha-1) et sans application d’engrais (766 kg ha-1)
(s.e.d. = 37,5 kg ha-1). Les comparaisons entre moyennes sont toutes significatives.
L’interaction site × fertilisation (p = 0,0001) reflète que l’effet de l’engrais chimique
ne soit pas significatif à Bagoua et que la différence entre DAP et DAP + urée ne soit pas
significative à Banizoumbou.

Effet de la variété
La variété a le même effet (p = 0,017) qu’en 2003 : la variété locale permet d’atteindre
le meilleur rendement en paille (972 kg ha-1). Les rendements obtenus par les variétés ICMV
(906 kg ha-1) et Zatib (867 kg ha-1) ne sont pas significativement différents (s.e.d. = 37,5 kg
ha-1).

Interactions
Comme en 2004, l’interaction strate × fertilisation est significative (p < 0,0001). La
Figure 48 indique que, contrairement aux autres strates, le rendement des parcelles témoin
dans les strates FT05, PA03, PA04 et PA05 obtiennent des rendements similaires à ceux des
parcelles traitées par DAP. A nouveau, l’effet important de l’application de fumier sur les
rendements semble avoir masqué l’effet de l’application d’engrais.

123
Figure 48. Graphe « boxplot » du rendement en paille (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation

8.3. Nombre de talles et nombre d’épis par poquet

Effet du site
Le nombre de talles par poquet est le plus faible à Kodey où il diminue de 31 % par
rapport à 2004 (Tableau 31). Le nombre d’épis par poquet est significativement plus élevé à
Bagoua que dans les autres sites.
Ces nombres sont inférieurs à ceux de 2004 excepté à Banizoumbou où le nombre de
talles par poquet augmente de 7 % (Tableau 28).

Tableau 31. Nombre de talles et d’épis par poquet par site (2005)
Nombre de talles Nombre d'épis
-1 -1
Site poquet poquet
Bagoua 3,67 3,08
Banizoumbou 3,76 2,54
Kodey 3,17 2,61
s.e.d 0,106 0,065
p-valeur < 0,0001 < 0,0001

Effet de la strate de fertilité


Le nombre moyen de talles par poquet est maximal en PA04 (3,87) et minimal en NF
(2,76). Ce nombre montre la même évolution que les rendements en paille (Tableau 32).
Le nombre d’épis par poquet est significativement plus élevé dans les trois strates de
parcages que dans les strates de fumier transporté.

124
Tableau 32. Nombre de talles et d’épis par poquet par strate de fertilité (2005)
Nombre de talles Nombre d'épis
-1 -1
Strate poquet poquet
FT03 3,50 2,48
FT04 3,51 2,61
FT05 3,69 2,80
NF 2,76 2,23
PA03 3,57 3,05
PA04 3,87 3,09
PA05 3,83 2,95
s.e.d. 0,162 0,100
p-valeur < 0,0001 < 0,0001

Effet de l’engrais chimique


Comme les année précédentes, l’effet moyen de l’engrais chimique sur le nombre de
talles par poquet est significatif (Tableau 33). Il est en moyenne plus élevé pour les parcelles
ayant reçu du DAP + urée mais remarquons que la comparaison entre DAP et DAP + urée
n’est pas significative. L’interaction site × fertilisation (p < 0,0001) indique que l’effet de
l’application d’engrais n’est pas visible à Kodey.

Tableau 33. Nombre de talles et d’épis par poquet par niveau de fertilisation (2005)
Nombre de talles Nombre d'épis
-1 -1
Fertilisation poquet poquet
DAP 3,64 2,71
DAP + urée 3,80 2,79
Témoin 3,16 2,73
s.e.d. 0,106 0,065
p-valeur < 0,0001 n. s.

L’effet de l’engrais chimique sur le nombre d’épis par poquet n’est pas significatif.
L’interaction site × fertilisation (p < 0,0001) indique l’effet de la fertilisation sur le nombre
d’épis par poquet se marque à Banizoumbou. Ceci provient vraisemblablement du fait que ce
site bénéficie de la pluviométrie utile la plus élevée en phase végétative (entre 0 et 50 JAS) et
que l’effet de la fertilisation y a été le moins limité par la disponibilité en eau.

Effet de la variété
L’effet moyen de la variété sur le nombre de talles par poquet est significatif (p <
0,0001). Comme les années précédentes, celui-ci est plus élevé pour la variété locale (3,81)
que pour les variétés améliorées (3,47 et 3,32 pour ICMV et Zatib, respectivement)(s.e.d. =
0,106).
Contrairement aux années précédentes, la variété montre un effet sur le nombre d’épis
par poquet (p = 0,0064). Le nombre d’épis par poquet est supérieur pour les variétés locale
(2,83) et ICMV (2,77) que pour la variété Zatib (2,63)(s.e.d. = 0,065).

Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.

125
8.4. Poids des grains par épi

Effet du site
Le poids des grains par épi est clairement plus faible à Kodey que dans les deux autres
sites (Tableau 34). Ceci pourrait refléter la pluviométrie utile pendant les phases
reproductives et de remplissage des grains (> 50 JAS) plus faible à Kodey (194 mm) que dans
les autres sites (203 mm en moyenne).
Tout comme le nombre d’épis par poquet, le poids des grains est plus faible qu’en
2004 (Tableau 28). Ce poids diminue de 26 à 37 % selon les sites en comparaison avec 2003.

Tableau 34. Poids des grains par épis par site (2005)
-1
Site Poids des grains épi (g)
Bagoua 22,4
Banizoumbou 22,9
Kodey 17,5
s.e.d. 0,59
p-valeur < 0,0001

Effet de la strate de fertilité


L’effet de la strate de fertilité sur le poids des grains par épi est significatif (p <
0,0001). Le poids des grains est plus élevé dans les strates PA03 (23,2 g), PA04 (22,5 g),
PA05 (22,3 g) que dans les autres strates (s.e.d. = 0,90 g). La strate NF génère les poids des
grains par épis moyen le plus faible (17,8 g).

Effet de l’engrais chimique


Le poids des grains par épi est en moyenne plus élevé dans les parcelles traitées par
application d’engrais (Tableau 35) que les parcelles non traitées. La comparaison entre DAP
et DAP + urée n’est pas significative.
L’interaction site × fertilisation (p < 0,0001) renseigne qu’à Kodey, l’effet de l’engrais
ne soit pas significatif. A Kodey, l’application d’engrais n’a pas eu d’effet non plus sur le
nombre d’épis par poquets alors que ce site était le seul où l’effet de la fertilisation était
présent sur le taux de survie. Il semble que la fertilisation n’ait pas permis de fournir des
nutriments sur une longue période, jusqu’à la deuxième moitié du cycle. Ceci concorderait
avec les observations notées par de Rouw (2004) qui indique que lorsque la contribution des
talles au rendement en grain n’augmente pas sous l’effet de la fertilisation, l’augmentation de
rendement peut être obtenue en relevant le taux de survie. D’autre part, l’effet de l’engrais à
Kodey a peut-être été conditionné par une pluviométrie utile inférieure à celle des autres sites.

Tableau 35. Poids des grains par épis par niveau de fertilisation (2005)
-1
Fertilisation Poids des grains épi (g)
DAP 21,20
DAP + urée 21,97
Témoin 19,57
s.e.d 0,59
p-valeur 0,0002

126
Effet de la variété
L’effet de la variété sur le poids des grains par épis (p < 0,0001) est identique aux
années antérieures : la variété locale enregistre le poids des grains par épi le plus élevé (23,4
g) comparé à 20,9 g et 18,4 g pour les variétés ICMV et Zatib, respectivement (s.e.d. = 0,59
g).

Interactions
Aucune interaction significative excluant l’effet du site n’est relevée.

8.5. Rendements en grain

Effet du site
L’effet du site est significatif sur les rendements en grain (p < 0,0001). Banizoumbou
obtient le meilleur rendement (492 kg ha-1), suivi de Bagoua (443 kg ha-1) et de Kodey (293
kg ha-1) (s.e.d. = 12,8 kg ha-1). Ces valeurs sont toujours inférieures à celles des années
précédentes (diminution de 45 % à Bagoua, 14 % à Banizoumbou et 55 % à Kodey comparé à
2004). On observe la même séquence dans les rendements en grains qu’en 2003 mais les
rendements ont respectivement baissé de 36 %, 39 % et 26 % (Tableau 28).
Ces résultats reflètent l’impact de la pluviométrie utile plus importante à
Banizoumbou qu’à Kodey et à Bagoua (tout comme en 2003). La pluviométrie utile en 2005
est plus faible qu’en 2004, sauf à Banizoumbou (Figure 26). Le fait que le rendement en grain
soit moins élevé à Kodey qu’à Bagoua malgré que la pluviométrie y soit plus élevée pourrait
être expliqué par la meilleure « fertilité » inhérente à Bagoua (bien que les quantités de MOF
résiduelles soient plus importantes à Bagoua uniquement dans les strates PA04 et FT05,
Figure 33).
Les trois paramètres de rendement sont bien liés aux niveaux des rendements en grain
obtenus dans chacun des sites. A Bagoua, même si le taux de survie à la récolte est
légèrement plus faible qu’à Kodey, le nombre plus élevé d’épis par poquet et le poids des
grains par épi supérieur donne un rendement en grains plus élevé. Le rendement en grain est
maximal à Banizoumbou à cause du taux de survie et du rendement en grain par épi les plus
élevés et ce même si le nombre d’épis par poquet y est le plus faible comparé aux autres sites.

Effet de la strate de fertilité


L’effet de la strate de fertilité sur les rendements en grain est significatif (p < 0,0001).
Les rendements moyens en grain suivent la même séquence que les rendements en paille, le
maximum étant atteint dans la strate PA03 (Tableau 36).
Les rendements en grain sont inférieurs aux rendements des autres années, et ce dans
toutes les strates de même âge. Des hypothèses explicatives ont été avancées au point 18.2
Rendement en paille.
Les strates PA03 et PA04 donnent les meilleurs rendements grâce à leurs poids des
grains par épi et leurs nombres d’épis par poquet élevés (Tableau 36). Dans la strate FT05,

127
c’est plutôt le taux de survie élevé à la récolte que le faible poids des grains par épi qui permet
d’atteindre le rendement observé. Le nombre d’épis par poquet reflète la même évolution que
le rendement en grain.

Tableau 36. Paramètres de rendement et rendements en grain moyens par strate (2005)
Taux de survie Nombre d'épis Poids des Rendement
-1 -1 -1
Strate à la récolte (%) poquet grains épi (g) en grain (kg ha ) Classement
FT03 71 2,48 20,5 353 6
FT04 71 2,61 21,0 396 5
FT05 78 2,80 19,1 407 4
NF 61 2,23 17,8 224 7
PA03 75 3,05 23,2 531 1
PA04 74 3,09 22,5 504 2
PA05 73 2,95 22,3 451 3
s.e.d. 1,8 0,100 0,90 19,5
p-valeur <0,0001 <0,0001 <0,0001 <0,0001

L’interaction site × strate (p < 0,0001) est illustrée dans la Figure 49. Notons que les
rendements des strates PA03, PA04 et PA05 ne diffèrent qu’à Banizoumbou. Les strates
PA03 (709 kg ha-1) et PA04 (647 kg ha-1) y donnent les meilleurs rendements, suivies de ceux
obtenus dans les strates FT04, FT05 et PA05, non significativement différents (474 kg ha-1 en
moyenne). Rappelons que les mesures de MOF résiduelles sont les plus importantes dans les
strates PA04 et PA05 mais nous supposons que la strate PA03 possède un arrière-effet
bénéfique sur les rendements. Le rendement en grain de la strate PA03 est dû à la fois au
meilleur nombre d’épis par poquet (3,08) et aux deuxièmes meilleurs poids des grains par épi
(26 g) et taux de survie (87 %) du site.

800
NF
700
PA03
Rendement (kg/ha)

600
PA04
500
PA05
400
FT03
300
FT04
200
FT05
100
0
Bagoua Banizoumbou Kodey
Site

Figure 49. Rendements en grain par strate de fertilité et site (2005)


(barres d’erreur = s.e.d. pour la comparaison des différentes strates à l’intérieur d’un site)

A Bagoua, les strates PA03 (558 kg ha-1) et PA05 (550 kg ha-1) donnent les meilleurs
rendements en grain. La strate PA05 montre le nombre d’épis par poquet le plus élevé entre
sites et un poids des grains par épi de 27 g (le meilleur pour ce site). Le meilleur rendement a
lieu en PA03 à cause de la conjonction d’un bon poids des grains par épi (25 g), d’un bon
nombre d’épis par poquet (3,39) et d’un taux de survie plus élevé (69 %) qu’en PA05. L’effet

128
résiduel du fumier transporté en 2004 (FT04) sur les rendements est supérieur à l’effet direct
du fumier appliqué en 2005 (FT05). Ceci pourrait être expliqué par le fait que la MOF
résiduelle mesurée indique que les quantités de fumier transporté appliquées en 2005 étaient
bien inférieures à celles appliquées en 2004 (Figure 31 et Figure 33).
A Kodey, le rendement le plus élevé est obtenu dans la strate FT05 (357 kg ha-1) mais
celui-ci n’est pas significativement différent de celui obtenu dans les strates PA03, PA04 et
PA05 (352 kg ha-1). Le rendement obtenu dans la strate FT05 dépend essentiellement du
poids des grains par épi (18,1 g, le meilleur du site) et d’un nombre suffisant d’épis par
poquet (2,83). Dans la strate PA05, le nombre d’épis par poquet et le rendement en grain par
épi ne sont pas très élevés mais le taux de survie à la récolte important (81 %) permet d’y
obtenir le meilleur rendement en grain à Kodey. Contrairement aux autres sites, le rendement
de la strate FT03 dépasse celui de la strate FT04.
Les rendements en grain des strates NF valent 263 kg ha-1 à Banizoumbou, 242 kg ha-1
à Bagoua et 168 kg ha-1 à Kodey, c’est-à-dire qu’ils suivent la séquence des rendements
moyens par site. Cette séquence s’inverse dans le cas des rendements en paille. Les faibles
rendements en grain des parcelles non fumées à Kodey résultent à la fois du taux de survie et
du nombre d’épis par poquet les plus faibles dans cette strate. Remarquons que le poids des
grains par épi est à Kodey le plus élevé dans la strate NF (19 g).

Effet de l’engrais chimique


L’effet de l’application d’engrais est significatif sur les rendements en grain (p <
0,0001). Les rendements sont plus élevés lors de l’application de DAP + urée (445 kg ha-1)
que lors de l’application de DAP seul (409 kg ha-1) et sans application d’engrais (373 kg ha-1),
toutes les comparaisons étant significatives (s.e.d. = 12,8 kg ha-1).
L’interaction site × fertilisation (p < 0,0001) est expliquée par le fait que l’effet de
l’engrais chimique sur les rendements en grain ne se marque en réalité qu’à Banizoumbou où
les rendements en grain sont les plus élevés avec l’application d’engrais : 562 kg ha-1 (DAP +
urée) et 516 kg ha-1 (DAP). Le rendement obtenu grâce à l’application de DAP + urée
provient du poids des grains par épi (25 g) et du taux de survie (82 %) les plus importants
entre sites. Ceci reflète que la pluviométrie utile a été plus élevée à Banizoumbou que dans les
autres sites et que la réponse à la fertilisation est conditionnée par la limitation en eau
(Bationo et al., 2003 ; Muehlig-Versen et al., 2003).

Effet de la variété
L’effet de la variété (p < 0,001) sur les rendements en grain va dans le même sens que
les années précédentes. La variété ICMV fournit le meilleur rendement (443 kg ha-1), suivie
des variétés locale (410 kg ha-1) et Zatib (374 kg ha-1) (s.e.d. = 12,8 kg ha-1).
L’interaction site × variété (p = 0,0015) est expliquée par le fait qu’à Banizoumbou les
rendements des variétés Zatib et locale ne diffèrent pas, tandis qu’à Kodey les rendements en
grain des variétés locale et ICMV ne sont pas différentes.

129
Interactions
L’interaction strate × fertilisation est significative (p = 0,0171), l’effet de l’engrais
chimique est donc modulé par la strate de fertilité organique. Remarquons que le rendement
en grain obtenu dans les parcelles non traitées par engrais est similaire ou dépasse celui
obtenu par application de DAP dans toutes les strates excepté NF et FT04 (Figure 50). Dans
ces strates de fumure, l’effet de l’apport de fumier masque l’effet de l’engrais DAP.

Figure 50. Graphe « boxplot » du rendement en grain (kg ha-1) illustrant l’interaction strate x fertilisation

8.6. Indice de récolte

Effet de la variété
L’effet des variétés améliorées sur l’indice de récolte apparaît (p < 0,0001). Les
indices de récolte moyens pour les variétés ICMV (28,9 %) et Zatib (26,4 %) dépassent celui
de la variété locale (26,1 %) mais la différence entre variété locale et Zatib n’est pas
significative (s.e.d. = 0,62).

8.7. Nombres de poquets non matures et végétatifs

Effet du site
Les nombres de poquets végétatifs et non matures sont plus importants à Kodey que
dans les autres sites (Tableau 37). Ils reflètent l’importance de la pluviométrie utile dans
chaque site et la meilleure fertilité inhérente au site de Bagoua.

Tableau 37. Nombres de poquets végétatifs et non matures par site (2005)
Poquets Poquets non
Site végétatifs matures
Bagoua 1,60 2,37
Banizoumbou 2,02 0,56
Kodey 8,04 5,81

130
Effet de la strate de fertilité
Le nombre de poquets végétatifs est le plus élevé dans la strate NF et le plus faible en
FT05, il semble diminuer avec les rendements mais il est toutefois élevé en PA03. Le nombre
de poquets non matures suit presque la même évolution que les rendements en grain sauf dans
la strate PA03 où il est le plus élevé (Tableau 38).

Tableau 38. Nombres de poquets végétatifs et non matures par strate de fertilité (2005)
Strate Poquets végétatifs Poquets non matures
FT03 4,51 3,65
FT04 3,17 2,75
FT05 0,56 2,12
NF 9,06 3,84
PA03 7,30 4,47
PA04 0,95 2,28
PA05 1,65 1,26

Effet de l’engrais chimique


Le Tableau 39 indique que, tout comme les années précédentes, le nombre de poquets
végétatifs et non matures est plus élevé dans les parcelles non traitées par application
d’engrais.

Tableau 39. Nombres de poquets végétatifs et non matures par niveau de fertilisation et par variété (2005)
Poquets végétatifs Poquets non matures
DAP 2,18 2,31
DAP + urée 2,27 2,31
Témoin 7,21 4,11
ICMV IS 893 3,78 2,85
Locale 4,21 3,53
ZATIB 3,67 2,35

Effet de la variété
Comme les années antérieures, les nombres de poquets végétatifs et non matures sont
plus élevés pour la variété locale (Tableau 39). Contrairement à 2004, remarquons que la
variété Zatib permet d’atteindre les nombres de poquets non matures et végétatifs les plus
faibles.

131
9. Evolution de la phénologie en 2005

Les observations des stades phénologiques ont été effectuées sur les tiges principales
en moyenne une fois par semaine au niveau de chaque parcelle. En 2005, les dates de
l’émergence du premier talle, de l’apparition de la feuille de la panicule, de la floraison, des
50 % de floraison et de la maturité ont été consignées. Rappelons que l’émergence du premier
talle (stade 3) concerne la fin de la phase végétative et le début de la phase reproductive,
celle-ci cédant la place à la phase de remplissage des grains lorsque la floraison est terminée.
Pour comparer les résultats, les moyennes des dates auxquelles un stade phénologique
est atteint ont été calculées par site, par strate, par niveau de fertilisation et par variété. Les
résultats sont présentés en Annexe 10.

Effet du site
Nous remarquons que Kodey est en avance par rapport aux autres sites. Ce champ
atteint en moyenne la maturité 10 JAS (jours après semis) avant Bagoua et 8 JAS avant
Banizoumbou (Figure 51). Kodey a bénéficié d’une bonne pluie de semis et a été semé et
récolté avant les autres sites. Bagoua a atteint la maturité après Banizoumbou et il a été récolté
en dernier.
L’émergence du premier talle n’a été relevée qu’à Banizoumbou à 27 JAS en
moyenne. Notons que cette observation contredit la durée de la phase végétative fixée par de
Rouw et Rajot (2004) entre 0 et 50 JAS.

Evolution de la phéologie en fonction du site (2005)


120

100
80
Banizoumbou
JAS

60 Bagoua
Kodey
40
20

0
Emergence A pparitio n A pparitio n Flo raiso n Flo raiso n M aturité
du 1er talle de la feuille du panicule 50 %
du panicule

Stade phénologique

Figure 51. Evolution de la phénologie de la tige principale du mil au cours de la saison

Effet de la strate de fertilité


A Bagoua, nous constatons que les strates FT04 et FT05 accusent un léger retard par
rapport aux strates avec parcage. D’autre part, la première strate à atteindre le stade de la
maturité est la strate FT03 (90 JAS), rapidement suivie par la strate NF (95 JAS). A
Banizoumbou, les différences entre strates sont faibles, excepté pour la strate NF qui accuse
un retard d’environ 8 jours sur toutes les autres strates. A Kodey, nous observons que les

132
strates parquées (PA03, PA04 et PA05) possèdent dès le premier stade noté une avance de 7 à
8 jours sur les autres strates.
Nous concluons que la pratique du parcage accélère le développement par rapport à la
pratique du fumier transporté. L’analyse doit rester prudente ; nous remarquons que ces
moyennes de dates à laquelle un stade phénologique est atteint sont essentiellement
indicatives car l’imprécision des dates est d’au moins 8 jours.
Le développement plus rapide du mil provient sans doute de la meilleure qualité et des
quantités plus importantes de fumier appliqué par le parcage par rapport au fumier transporté.
Au niveau de la qualité, le fumier apporté par le parcage possède un double
avantage sur l’alimentation précoce en nutriments des plantules : les taux de N dans le fumier
transporté sont plus faibles que dans le fumier obtenu par parcage, le NH3 présent dans l’urine
étant le plus souvent perdu par volatilisation (Esse et al., 2001) et N présent dans l’urine est
plus rapidement disponible pour les plantes tandis que le fumier requiert une décomposition
plus avancée avant que N ne devienne disponible (Ikpe et al., 1999). D’autre part,
l’application d’urine a pour effet d’élever le pH du sol, particulièrement la première semaine
après application (Powell et al., 1998), ce qui permet d’augmenter la disponibilité de P pour
les plantes.
Plus la quantité de fumier appliquée est élevée, plus celui-ci protège mécaniquement la
surface du sol lorsqu’il est peu couvert par la culture. De Rouw et Rajot (2004) ont montré
que les conditions de croissance étaient stimulées au début du cycle végétatif car le fumier
piégeait les particules mobiles pendant les tempêtes, réduisait l’encroûtement et favorisait
l’infiltration.

Effet de l’engrais chimique


Dans tous les sites, les parcelles non traitées par application d’engrais atteignent les
stades phénologiques plus tard que les parcelles traitées. Nous concluons que l’application
d’engrais permet un développement plus rapide des plants. Ceci est confirmé par les résultats
de nombreux auteurs. Muehlig-Versen et al. (2003), entre autres, notent que l’apport de P au
poquet permet de favoriser le développement initial des plantules par rapport à des plants
« témoins » non fertilisés. Cet effet bénéfique de l’engrais est attribué à une croissance initiale
des feuilles plus rapide, ce qui permet une interception des radiations plus efficace, un
développement racinaire rapide et une augmentation de l’eau extraite par transpiration.
L’application localisée de P permet d’améliorer le prélèvement de K et de N par les plantules.
Nous n’observons graphiquement jamais de différences entre DAP et DAP + urée.

Effet de la variété
L’effet de la variété ne semble pas influencer la vitesse du développement. Les
évolutions sont en tous points similaires jusqu’au stade de 50 % de floraison. Nous
remarquons cependant que la variété locale atteint la maturité 7 à 10 JAS après les variétés
améliorées. Les variétés améliorées ont en effet un cycle de développement légèrement plus
court que la variété locale.

133
10. Evaluation des contraintes biotiques en 2003, 2004 et 2005

Les observations d’ordre phytosanitaire ont été effectuées à la récolte. Pour comparer
les résultats, les moyennes des nombres de poquets atteints par le mildiou et des nombres de
plants shibra par parcelle ont été calculées sur toutes années et sites confondus, par niveau de
fertilisation et par variété. Nous avons rapporté le nombre de poquets atteints par le mildiou
au taux de survie à la récolte afin d’obtenir la proportion de poquets atteints par rapport au
total de poquets récoltés. L’occurrence des plants parasites Striga hermonthica a été évaluée
sur base d’une échelle qualitative (0 = nulle, 1 = faible, 2 = moyenne et 3 = élevée). La
proportion de plants S. hermonthica par parcelle est une variable discrète mais nous l’avons
traitée comme si elle était continue en effectuant des moyennes arithmétiques. Les résultats
sont présentés en Annexe 11.

Effet du site
Nous remarquons que la proportion de poquets atteints par le mildiou est toujours plus
élevée à Bagoua. Le nombre de plants de shibra par parcelle est plus élevé à Banizoumbou en
2003, à Bagoua en 2004 et à Kodey en 2005. L’occurrence moyenne de S. hermonthica est
particulièrement élevée à Kodey en 2004 et en 2005.

Effet de l’engrais chimique


Dans tous les sites, les parcelles non traitées par application d’engrais semblent les
moins atteintes par le mildiou et le shibra (Figure 52 et Figure 53). Les différences sont très
faibles mais pourraient indiquer que l’application d’engrais bénéficie également au
développement des adventices (shibra) et à l’infection par le mildiou.
L’occurrence moyenne de S. hermonthica est plus faible lors de l’application de DAP
+ urée et plus élevée lors de l’application de DAP seul (Figure 54). Ceci peut signifier que la
fertilisation par DAP entraîne une légère diminution de l’incidence du striga sur les
rendements par rapport à la fertilisation par DAP + urée. Toutefois, les différences
d’infestation par le striga sont très faibles et ne mènent pas à des différences de rendement
(Tableau 44).

Effet de la variété
L’effet de la variété est visible sur la proportion de poquets atteints par le mildiou et
les nombres de plants shibra (Figure 52 et Figure 53). Les variétés améliorées ICMV et Zatib
sont en effet résistantes au mildiou. La variété Zatib paraît néanmoins moins performante que
la variété ICMV. Les plants shibra proviennent d’un croisement entre mil cultivé et mil
sauvage et ils contaminent très peu les semences des variétés améliorées.
La proportion de S. hermonthica est par contre plus élevée dans les parcelles contenant
les variétés améliorées (Figure 54). La variété locale semble avoir un léger effet bénéfique sur
la réduction de l’infestation par la plante parasite.

134
Porportion de poquets atteints par le
m ildiou par parcelle
4

Poquets atteints (%)


3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
DA P DA P + Témo in ICM V IS Lo cale ZA TIB
urée 89305

Niveau de fertilisatio n minérale Variété

Figure 52. Nombre moyen de poquets atteints par le mildiou par parcelle en fonction du niveau de
fertilisation minérale et de la variété du mil

Nom bre m oyen de plants shibra par parcelle


Nombre de plants shibra

7
6
5
4
3
2
1
0
DA P DA P + Témo in ICM V IS Lo cale ZA TIB
urée 89305

Niveau de fertilisatio n minérale Variété

Figure 53. Nombre moyen de plants shibra par parcelle en fonction du niveau de fertilisation minérale et
de la variété du mil

Occurrence m oyenne de S. hermonthica par


parcelle
Occurrence de S.

0,58
0,56
hermonthica

0,54
0,52
0,5
0,48
0,46
0,44
0,42
DA P DA P + Témo in ICM V IS Lo cale ZA TIB
urée 89305

Niveau de fertilisatio n Variété


minérale

Figure 54. Occurrence moyenne de S. hermonthica par parcelle en fonction du niveau de fertilisation
minérale et de la variété du mil

135
11. Analyse récapitulative : effets significatifs sur 3 ans

Nous allons citer rapidement les effets significatifs dans l’analyse sur 3 ans en référant
le lecteur aux parties antérieures pour le détail par année. Afin de faciliter la comparaison
entre années, nous utiliserons la nomenclature suivante dans la description de l’effet de la
strate de fertilité organique. PA, PA-1 et PA-2 représentent le parcage de l’année, le parcage
vieux d’un an et vieux de 2 ans ; FT, FT-1 et FT-2 renvoient au fumier transporté de l’année,
au fumier transporté vieux d’un an et vieux de 2 ans et NF à la strate non fumée.
Les tableaux de moyennes, d’ANOVA et de comparaisons multiples entre moyennes
sont présentés en Annexe 8. Les tableaux 8-1 à 8-3 montrent les résultats de l’analyse globale
sur les 3 années de l’essai. Soulignons que les comparaisons de moyennes (et les s.e.d.
associées) n’ont été effectuées que pour les strates présentes les 3 années : NF, FT, PA, PA-1
et PA-2. Les comparaisons de moyennes (et les s.e.d. associées) entres années n’ont pas pu
être calculées par le modèle statistique car le nombre de d’observations est différent selon les
années si on prend en compte toutes les strates de fertilité organique.
Les tableaux 8-4 à 8-6 (Annexe 8) illustrent les résultats obtenus lorsque les strates
FT-1 et FT-2 sont omises pour que les moyennes entre années possèdent le même effectif.
Cette deuxième série de résultats sera utilisée pour comparer les moyennes entres années
(point 11.1).
Les comparaisons de moyennes par site du taux de survie et du nombre d’épis par
poquets n’ont pas été effectuées à Kodey pour cause de données manquantes en 2003.

11.1. Effet de l’année

Remarquons que l’effet de l’année est significatif sur toutes les variables considérées
(p < 0,0001) (Tableau 41). L’effet de l’année peut être expliqué par la pluviométrie et sa
distribution, par les quantités de fumier appliquées ainsi que par des attaques éventuelles
d’insectes et maladies. Remarquons que la pluviométrie et les quantités de fumier diffèrent
également entre chaque site chaque année.
Le rendement en paille moyen diminue avec les années : 1891 kg ha-1 en 2003, 1232
kg ha-1 en 2004 et 957 kg ha-1 en 2005 (s.e.d. = 47,5 kg ha-1). Le rendement en grain moyen
est plus élevé en 2004 (674 kg ha-1) qu’en 2003 (634 kg ha-1) et en 2005 (423 kg ha-1)(s.e.d. =
15,2 kg ha-1).
Les quantités de fumier résiduelles en 2003 ne sont pas connues, mais en supposant
que la fraction de MOF décomposée par an est la même chaque année, on peut estimer que les
apports au sol en 2003 étaient grossièrement équivalents à ceux de 2004 (Figure 31). Les
quantités de matière organique d’origine fécale résiduelles mesurées en 2004 et 2005 diffèrent
selon les strates et les sites et rendent les comparaisons par année ardues (Figure 33).
Considérant la pluviométrie utile totale moyennée sur les trois sites, la meilleure
année est 2004 et la plus sèche 2005, mais remarquons que la valeur de 2004 est élevée à
cause de la pluviométrie importante à Kodey cette année-là. En 2004, le total de pluviométrie

136
utile était en fait plus faible qu’en 2005 à Banizoumbou et à Bagoua (Figure 26). Les
rendements moyens en paille et en grain augmentent selon la pluviométrie utile mais cette
augmentation est plus faible à Kodey (Figure 55). Ceci s’explique par la pluviométrie utile
très élevée obtenue dans ce site en 2004 (534 mm) due à un événement pluvieux de 96 mm le
20 juin et qui ne génère des rendements que de 1540 kg paille ha-1 et 654 kg grain ha-1, dus à
plusieurs périodes de sécheresse en cours de saison.
La durée du cycle cultural ne possède pas d’influence visible sur les rendements
(Figure 56). Ceci reflète le fait que les variétés testées sont faiblement photosensibles, avec
une durée de cycle peu variable.

B ago ua B anizo umbo u Ko dey B ago ua B anizo umbo u Ko dey


(a) (b)
3000 1000
R2 = 0,9986 R2 = 0,9215
2500
800
R2 = 0,7536
Rendement en

Rendement en
paille (kg/ha)

grain (kg/ha)
2000
R = 0,922
2 R2 = 0,903 600
1500 R2 = 0,7231
400
1000

500 200

0 0
300 350 400 450 500 550 300 350 400 450 500 550
Pluviom étrie annuelle utile (m m ) Pluviom étrie annuelle utile (m m )

Figure 55. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) en fonction du site et de la pluviométrie utile
annuelle
Equations de régression : (a) y = 15,6x –5096,7 (Bagoua), y = 28,6x – 10761,0 (Banizoumbou), y = 3,4x – 305,8
(Kodey) ; (b) y = 4,6x – 1275,8 (Bagoua), y = 4,3x – 1206,1 (Banizoumbou), y = 1,6 – 249,8 (Kodey)

B ago ua B anizo umbo u Ko dey B ago ua B anizo umbo u Ko dey


(a) (b)
3000 1000

2500 800
Rendement en
Rendement en

grain (kg/ha)
paille (kg/ha)

2000
600
1500
400
1000
200
500

0 0
90 100 110 120 130 90 100 110 120 130
Durée du cycle cultural (jours) Durée du cycle cultural (jours)

Figure 56. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) en fonction du site et de la durée du cycle
cultural

137
La Figure 57 présente les rendements en paille et en grain en fonction de la
pluviométrie utile annuelle dans chaque site, pour les parcelles « témoin + NF ». Les parcelles
non fertilisées à l’engrais et non fumées donnent les plus faibles rendements et ceux-ci
augmentent avec la pluviométrie utile. Nous rejoignons ici Subbarao et al. (2000) qui ont
montré que les rendements des parcelles sans intrants étaient plus stables face à la
pluviométrie que les parcelles traitées par application d’engrais ou de fumure. Cette stabilité
est connue par les agriculteurs et réduit la fréquence d’échec de la culture en cas de
sécheresse.
L’application de 2 g de DAP par poquet correspond à 4 kg P ha-1 et à 3,6 kg N ha-1.
Nous avons mesuré environ 4500 kg ha-1 de MOF résiduelle dans les strates PA. L’apport de
fumier à un taux de 5000 kg MS ha-1 correspond à un apport en nutriments de 71 kg N et 9 kg
P ha-1 (de Rouw et Rajot, 2004). La différence d’apport en N et P explique que les rendements
des strates PA soient toujours supérieurs aux rendements des strates NF, même avec
application de DAP (Figure 58).
Lorsque la pluviométrie utile augmente, les rendements augmentent plus dans les
parcelles où un parcage a été réalisé dans l’année (« Témoin + PA » et « DAP + PA ») que
dans les parcelles où DAP a été appliqué seul (« DAP + NF ») (Figure 58 et Tableau 40). Les
parcelles « DAP + NF » montrent une différence de rendement très stable avec les parcelles
« Témoin + NF » en fonction de la pluviométrie. La réponse à la fertilisation est conditionnée
par la disponibilité en eau, tout comme l’ont démontré de nombreux auteurs (Bationo et al.,
2003). Cette tendance est particulièrement marquée à Banizoumbou. La pente d’augmentation
de rendement en fonction de la pluviométrie est légèrement plus élevée dans les parcelles
« Témoin + PA » que dans les parcelles « DAP + PA » à Banizoumbou et à Kodey tandis que
l’effet inverse est noté à Bagoua (Tableau 40). A Banizoumbou, le parcage seul permet
clairement d’obtenir des rendements plus élevés que le parcage avec application de DAP aux
pluviométries les plus élevées.

B ago ua B anizo umbo u Ko dey B ago ua B anizo umbo u Ko dey


(a) (b)
1200 500
y = 9,777x - 3403,5
1000 400
R 2 = 0,8204 y = 3,2182x - 1020,1 y = 2,8914x - 1123,1
Rendement en
Rendement en

y = 8,9179x - 3503,2
paille (kg/ha)

grain (kg/ha)

800 R 2 = 0,994 R 2 = 0,9374


R 2 = 0,9871 300
600
200
400 y = 0,9462x - 271,52
y = 1,2812x - 181,38 100 R 2 = 0,9584
200
R 2 = 0,8551
0 0
340 390 440 490 540 590 340 390 440 490 540 590
Pluviom étrie annuelle utile (m m ) Pluviom étrie annuelle utile (m m )

Figure 57. Rendements moyens en paille (a) et en grain (b) des parcelles sans engrais et de strate non
fumée (Témoin + NF) en fonction du site et de la pluviométrie utile annuelle

138
DA P + NF Témo in + P A DA P + P A DA P + NF Témo in + P A DA P + P A
(a) (b)
6000 1600
R 2 = 0,013 R 2 = 0,5086 R 2 = 0,711
1400
5000

Diff. de rendement
Diff. de rendement

1200

en grain (kg/ha)
en paille (kg/ha)

4000
1000
3000 800
R 2 = 0,3395 R 2 = 0,5492
600
2000
400
1000
200
R 2 = 0,0646
0 0
340 390 440 490 540 340 390 440 490 540
Pluviom étrie annuelle à Bagoua (m m ) Pluviom étrie annuelle à Bagoua (m m )

DA P + NF Témo in + P A DA P + P A DA P + NF Témo in + P A DA P + P A
(a) (b)
6000 1600
R 2 = 0,9941 1400
5000 R 2 = 0,7749

Diff. de rendement
Diff. de rendement

1200

en paille (kg/ha)
en paille (kg/ha)

4000
1000
R 2 = 0,9974 R 2 = 0,3302
3000 800
600
2000
400
1000 R 2 = 0,0338
200
R 2 = 0,8911
0 0
340 390 440 490 540 340 390 440 490 540
Pluviom étrie annuelle à Bani (m m ) Pluviom étrie annuelle à Bani (m m )

DA P + NF Témo in + P A DA P + P A DA P + NF Témo in + P A DA P + P A
(a) (b)
6000 1600
R 2 = 0,0167 R 2 = 0,9401 R 2 = 0,6089
1400
5000
Diff. de rendement
Diff. de rendement

1200
en paille (kg/ha)
en paille (kg/ha)

4000
1000
3000 800
R 2 = 0,1495 R 2 = 0,9994
600
2000
400
1000 R 2 = 0,5928
200
0 0
340 390 440 490 540 340 390 440 490 540
Pluviom étrie annuelle à Kodey (m m ) Pluviom étrie annuelle à Kodey (m m )

Figure 58. Différence entre rendements moyens en paille (a) et en grain (b) de traitements choisis et
rendements des parcelles sans engrais et de strate non fumée (Témoin + NF) en fonction du site et de la
pluviométrie utile annuelle

Tableau 40. Régressions linéaires relatives aux graphes de la Figure 58


Rendement en paille Rendement en grain
Site Traitement Intercept Pente Intercept Pente
Bagoua DAP + NF 669,3 -0,9 -255,1 0,8
Témoin + PA -2562,7 9,0 -998,5 3,8
DAP + PA -4886,2 14,8 -1706,6 5,3
Banizoumbou DAP + NF -829,7 2,9 232,1 0,1
Témoin + PA -26554,0 67,4 -5301,5 14,3
DAP + PA -20069,0 52,2 -1567,0 5,5
Kodey DAP + NF 340,6 0,2 193,1 -0,1
Témoin + PA -1559,3 5,3 -364,8 1,8
DAP + PA -720,7 3,7 148,1 0,6

139
Le taux de survie au démariage est plus élevé en moyenne en 2005 tandis que le taux
de survie à la récolte a été en moyenne meilleur en 2003, puis en 2005 qu’en 2004 (Tableau
41). Nous constatons qu’en 2003, une période de sécheresse la deuxième quinzaine de juillet
dans tous les sites a eu un impact négatif sur l’installation des plantules et le taux de survie au
démariage. La Figure 59 indique que globalement, le taux de survie au démariage diminue en
fonction du total de pluviométrie jusqu’à la date du démariage. Les taux de survie au
démariage plus faibles pour des pluviométries élevées indiquent peut-être que les flux de N
libérés lors de la première pluie (Bationo et Vlek, 1997) ont été rapidement lessivés par les
pluies suivantes et que les plantules aient moins profité de cet apport initial en N.
Le taux de survie à la récolte n’est pas influencé par la pluviométrie utile totale mais il
diminue en fonction de la différence de pluviométrie entre le démariage et la récolte. En outre,
nous avons observé que le taux de survie à la récolte n’était pas influencé par la durée totale
de stress hydrique (graphe non présenté). Rappelons que les périodes de stress hydrique ont
été estimées de façon qualitative à partir de la pluviométrie et de l’eau utile disponible.
D’autre part, il est évident que la durée totale de stress hydrique ne reflète pas la durée de
chaque période sèche et la période à laquelle elle intervient.

démariage récolte récolte2


100

90
Taux de survie (%)

80
y = -0,1375x + 101,7
R 2 = 0,5046
70

y = -0,1905x + 133,26
60
R 2 = 0,2285

50
0 100 200 300 400 500 600
Pluviom étrie utile (m m )

Figure 59. Taux de survie au démariage et à la récolte en fonction de la pluviométrie utile (démariage)
(récolte) et en fonction de la différence de pluviométrie entre le démariage et la récolte (récolte2)

D’après de Rouw et Rajot (2004), le nombre d’épis est déterminé par les conditions
de croissance pendant le tallage et l’initiation de la panicule, pendant la phase végétative
(avant 50 JAS). Nous n’observons cependant pas de relation entre le nombre d’épis par
poquet et le total de pluviométrie pendant la phase végétative (graphe non présenté).
D’après les mêmes auteurs, le poids des grains est le produit du nombre de grains,
élaboré pendant la phase reproductive (entre 50 et 75 JAS) et le poids d’un grain, dépendant
des conditions pendant la phase de remplissage des grains (après 75 JAS). Nous n’observons
aucun lien entre le poids des grains par poquet et la pluviométrie totale pendant les phases
reproductive et de remplissage des grains (graphe non présenté).
Le Tableau 41 indique que, malgré la sécheresse après semis, l’année 2004 montre le
nombre d’épis par poquet et le poids des grains par épi les plus élevés. Ceux-ci ont compensé
le faible taux de survie à la récolte et permis d’obtenir les rendements en grain les plus élevés.

140
Selon de Rouw et Rajot (2004), cela signifie que les conditions de croissance ont été plus
favorables en fin de période végétative (fixation du nombre d’épis par poquet) et dans les
phases reproductrice et de remplissage des grains (fixation de poids des grains par épi) qu’en
début de cycle de croissance. Ceci est confirmé par le fait que Kodey ait subi une période
sèche après semis et que les deux autres sites aient été (re)semés tardivement.

Tableau 41. Moyennes par année (p < 0,0001 pour toutes les variables)
Rendement Rendement Taux de Taux de Poids des Nombre Nombre Poquets Poquets
en paille en grain survie au survie à la grains de talles d'épis végétatifs non
-1 -1 -1 -1 -1
Année (kg ha ) (kg ha ) démariage (%) récolte* (%) épi (g) poquet poquet * * matures*
2003 1891 634 82 80 30,9 3,20 2,85 0,64 0,47
2004 1232 674 83 63 34,4 4,01 3,10 4,98 4,28
2005 957 423 95 72 21,0 3,54 2,82 3,90 2,80
*La moyenne de 2003 a été réalisée sur les sites de Bagoua et Banizoumbou uniquement

11.2. Effet du site

Les rendements moyens en paille et en grain diminuent dans le sens Bagoua >
Banizoumbou > Kodey. La Figure 60 renseigne que cette moyenne n’est pas représentative
des rendements obtenus chaque année qui dépendent entre autres de la pluviométrie et des
apports en fumier effectués sur chaque site.
3000
2003
2500 2004
Rendement (kg/ha)

2000 2005
Moyenne
1500

1000

500

0
Bagoua Bani Kodey Bagoua Bani Kodey

Rendement en paille Rendement en grain

Figure 60. Rendements moyens en paille et en grain toutes années confondues et par site (barres d’erreur
= s.e.d pour les comparaisons entre années)

Remarquons que l’effet du site est significatif sur toutes les variables mesurées
excepté le nombre talles par poquet (Tableau 8-1, Annexe 8). En moyenne sur tous les ans, les
taux de survie au démariage et à la récolte sont plus élevés à Banizoumbou qu’à Bagoua et
à Kodey. Le poids des grains moyen par épi vaut 31 g à Bagoua, 27 g à Banizoumbou et 25
g à Kodey. Le nombre d’épis par poquet est lui aussi en moyenne plus élevé à Bagoua
(3,03) qu’à Banizoumbou (2,76) et à Kodey (2,88). Rappelons que le site de Bagoua bénéficie
d’une meilleure fertilité inhérente due à des parcages effectués avant installation de l’essai.
Corg, N total et P disponible dans l’échantillon de surface prélevé avant le début de l’essai y
sont les plus élevés (Tableau 9).

141
Tableau 42. Récapitulatif des moyennes par année et par site
Taux de survie Taux de Poids des Nombre Nombre Poquets
-1
Année Site au démariage survie à la grains épi de talles d'épis Poquets non
-1 -1
(%) récolte (%) (g) poquet poquet végétatifs matures
2003 Bagoua 73 73 35,4 3,45 2,84 0,60 0,34
Banizoumbou 90 88 30,8 3,42 2,86 0,67 0,60
Kodey 84 * 26,4 2,75 * * *
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 n.s. / /
s.e.d. 1,4 1,7 0,90 0,113 0,091 / /
2004 Bagoua 88 71 37,7 3,81 3,12 5,59 4,13
Banizoumbou 92 59 29,5 3,52 2,93 8,20 6,23
Kodey 73 64 34,7 4,57 3,19 1,54 2,06
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 n.s. / /
s.e.d. 1,2 1,7 0,85 0,122 0,109 / /
2005 Bagoua 94 66 22,4 3,67 3,08 1,60 2,37
Banizoumbou 94 82 22,9 3,76 2,54 2,02 0,56
Kodey 94 68 17,5 3,17 2,61 8,04 5,81
p-valeur n.s. <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 / /
s.e.d. 0,4 1,2 0,59 0,106 0,065 / /

Notons que la différence de rendements en grain entre 2003 et 2005 semble être
causée principalement par la diminution importante du poids des grains par épi plutôt que par
les autres facteurs (Tableau 42). La différence entre les rendements obtenus en 2005 et 2004 à
Bagoua provient d’une diminution du poids des grains par épi et d’une baisse du taux de
survie, tandis qu’à Kodey et à Banizoumbou les principales variables responsables de la
baisse du rendement sont le poids des grains par épi et le nombre d’épis par poquet.

11.3. Analyse des parcelles « témoins »

Afin de mieux comprendre l’effet du site et l’effet de l’année sur les variables
mesurées, nous nous sommes intéressé aux moyennes des parcelles de la strate NF (non
fumées), non traitées par application d’engrais et avec la variété locale. Les moyennes
représentées sont donc des moyennes sur 3 répétitions.
Sur les 121 poquets semés par parcelle, au moins 30 % meurent et moins de 50 %
portent des épis fertiles et peuvent être récoltés (Figure 61). Le nombre de poquets survivants
particulièrement faible à Banizoumbou en 2004 pourrait être expliqué par le retard de semis.
La majorité du flux d’azote libéré par la forte minéralisation en début de saison des pluies
(Bationo et Vlek, 1997) a sans doute été perdue par lessivage avant le semis. Ceci peut avoir
eu pour conséquence un développement moins vigoureux des plantules et une plus grande
sensibilité à la sécheresse.

142
140
120

Nombre de poquets par


100 morts
80 végétatifs

parcelle
60 non matures
40 récoltés
20
0
Bani Bagoua Kodey Bani Bagoua Kodey Bani Bagoua Kodey
2003 2004 2005
Année et site

Figure 61. Nombre de poquets morts, végétatifs, non matures et récoltés dans les parcelles non fumées,
non fertilisées par engrais et de variété locale

1200
Rendement en paille
1000
Rendement (kg/ha)

Rendement en grain
800

600

400

200

0
B ani B ago ua Ko dey B ani B ago ua Ko dey B ani B ago ua Ko dey

2003 2004 2005


Année et site

Figure 62. Rendements moyens dans les parcelles non fumées, non fertilisées par engrais et de variété
locale

D’autre part, les rendements des parcelles diminuent au fil des ans (Figure 62). Sans
apport de fertilisants organiques ou inorganiques, les bilans en éléments nutritifs dans les sols
sahéliens deviennent de plus en plus négatifs (Bationo et al., 1998 ; Gandah et al., 2003).
Plusieurs études remarquent également une baisse rapide des rendements sur les parcelles
sans intrants. Buerkert et Lamers (1999) rapportent une baisse significative des rendements
après trois ans d’essai même avec application d’engrais inorganique. Cette baisse pourrait être
due en partie à l’acidification du sol qui induirait une fixation accrue du P (Michels et
Bielders, 2006).
En 2003, contrairement à la pluviométrie, les rendements sur les parcelles témoins
sont plus élevés à Bagoua qu’à Banizoumbou. Ceci est expliqué par l’effet de fertilité
résiduelle provenant de parcages antérieurs à l’installation de l’essai à Bagoua. Les taux de
survie à la récolte et le nombre d’épis par poquet sont plus importants à Banizoumbou qu’à
Bagoua tandis que le poids des grains par épi est supérieur à Bagoua (Figure 63). Les
rendements en grain les plus élevés observés à Bagoua sont expliqués essentiellement par le
poids des grains par épi plus élevé.

143
45 3,5
Poids des grains par épi (g) 40 3,0
35

Nombre d'épis par poquet


2,5
30
25 2,0
20 1,5
15
1,0
10
5 0,5
0 0,0

2003 2004 2005 2003 2004 2005


Année et site Année et site

Figure 63. Poids des grains par épi et nombre d’épis par poquet* dans les parcelles non fumées, non
fertilisées par engrais et de variété locale (*non mesuré à Kodey en 2003)

En 2004, la pluviométrie est la plus faible à Banizoumbou et le semis a été tardif, ce


qui explique les rendements extrêmement faibles observés sur les parcelles témoins (Figure
62). Les meilleurs rendements sont notés à Bagoua, malgré que Kodey bénéficie d’une
pluviométrie utile plus importante. Le taux de survie à la récolte décroît selon la séquence :
Kodey > Bagoua > Banizoumbou. Notons que le nombre d’épis par poquet est également
meilleur à Kodey qu’à Bagoua. Quand au nombre de plants végétatifs et non matures, il est
beaucoup plus élevé à Bagoua qu’à Kodey (Figure 61). Les meilleurs rendements atteints à
Bagoua proviennent à nouveau du poids des grains par épi dans ce site. Les rendements à
Bagoua s’expliquent plus par la fertilité résiduelle du site que par la pluviométrie. La
pluviométrie en 2003 et 2004 est peu différente dans ce site mais les rendements en paille et
en grain diminuent de 42 % et 52 % par rapport à 2003. Cette baisse de rendement pourrait
provenir de l’épuisement progressif du sol en éléments nutritifs. L’acidification promeut
l’adsorption de P par les oxy-hydroxydes, ce qui peut conduire à une réduction
supplémentaire de la disponibilité en P pour le mil (Bationo et al., 1990, cité par Bielders et
al., 2002).
En 2005, les rendements en paille sont les plus élevés à Kodey et les plus faibles à
Banizoumbou. Les rendements en grain suivent la séquence : Bagoua > Banizoumbou >
Kodey (Figure 62). Le taux de survie à la récolte augmente avec la pluviométrie plus
importante à Banizoumbou et la plus faible à Kodey. Le poids des grains par épi est le plus
élevé à Kodey mais le faible taux de survie et nombre d’épis par poquet donnent un
rendement en grain inférieur aux autres. Malgré que le taux de survie soit plus élevé à
Banizoumbou, le rendement en grain est supérieur à Bagoua grâce à son nombre d’épis par
poquet plus élevé.
Le site de Bagoua bénéficie donc d’un avantage lié à des pratiques de gestion de la
fertilité antérieures à l’installation de l’essai et à la fertilité inhérente du sol légèrement
meilleure que dans les autres sites (au niveau de Corg, N total et P disponible dans
l’échantillon de surface).

144
11.4. Effet de la strate de fertilité

L’effet de la strate est significatif sur toutes les variables mesurées (p < 0,0001). Les
rendements décroissent selon la séquence : PA > PA-1 ≅ FT ≅ PA-2 > FT-1 >FT-2 ≅ NF
(Figure 64). Les rendements des parcelles parquées dans l’année augmentent de 179 % en
paille et de 168 % en grain par rapport aux rendements de la strate non fumée. La technique
du transport de fumier permet de doubler les rendements comparée aux parcelles non fumées
(augmentations de 101 % en paille et 97 % en grain dans la strate FT). Le parcage conserve
des effets bénéfiques sur les rendements deux ans après application.
De Rouw et Rajot (2004) notent que l’application de fumier à 5000 kg MS ha-1
correspondent approximativement à un apport de 71 kg N, 9 kg P et 40 kg K ha-1. Le N et P
apportés par l’application de fumier permettent d’augmenter les rendements en grain en
stimulant le tallage et augmentant le nombre de panicules (de Rouw, 2004) ainsi qu’en
favorisant le remplissage précoce des grains (Muehlig-Versen et al., 2003). L’apport de
fumier récent favorise également le développement racinaire (Michels et Bielders, 2006) et
permet une croissance initiale des feuilles plus rapide, ce qui permet d’augmenter l’efficience
de l’utilisation d’eau et la productivité (Bationo et al., 1998 ; Shapiro et Sanders, 1997).

2500
Rendement en paille
2000
Rendement (kg/ha)

Rendement en grain

1500

1000

500

0
FT FT-1 FT-2 NF PA PA-1 PA-2
Strate de fertilité

Figure 64. Rendements moyens toutes années confondues par strate de fertilité (barres d’erreur = s.e.d.
sauf FT-1 et FT-2)

Nous remarquons que la différence entre les rendements obtenus dans les strates PA et
PA-1 est en moyenne plus élevée que celle existant entre les strates PA-1 et PA-2. Cela peut
être expliqué par la disparition rapide de l’urine et la vitesse de décomposition exponentielle
de la partie facilement minéralisable de la MO apportée au sol. Powell et al. (1996) notent que
approximativement 50 % de N excrété par les animaux est présent dans l’urine mais les pertes
en N peuvent être substantielles et rapides (lessivage, dénitrification et surtout volatilisation
de NH3) si N n’est pas utilisé par les plantes. L’urine constitue une source de N et K et elle
permet d’augmenter la disponibilité de P du sol (Powell et Valentin, 1997). Powell et Valentin
(1997) rapportent que le P contenu dans le fumier minéralise plus rapidement dans le sol que
le P de la biomasse végétale. Les taux de décomposition de la MO diminuent avec le
temps car les composants restants sont plus chargés en lignine et en polyphénols et sont plus

145
difficiles à minéraliser (Esse et al., 2000). Les résidus de matière organique au sol se
décomposent plus lentement après la première année et les apports en minéraux disponibles
pour les plantes diminuent, ce qui explique la baisse de rendement progressive observée.
La strate PA permet en moyenne d’obtenir des rendements supérieurs à la strate FT.
Ceci pourrait s’expliquer d’une part par les quantités de fumier appliquées, qui sont mal
connues. D’autre part, le fumier de parcage est de meilleure qualité que le fumier transporté.
Il contient de l’urine et des déjections tandis que le fumier transporté est « coupé » par des
déchets ménagers, des cendres et des résidus végétaux. Le taux de N dans le fumier transporté
est souvent plus faible que dans le fumier de parcage, le NH3 présent dans l’urine étant le plus
souvent perdu par volatilisation avant même l’épandage du fumier transporté (Esse et al.,
2001).
Contrairement aux strates de parquées, la différence entre les rendements obtenus dans
les strates FT-1 et FT-2 est en moyenne supérieure à celle existant entre les strates FT et FT-1.
Rappelons cependant qu’une strate de fumier transporté est ajoutée par an à l’essai et que FT-
1 est la moyenne entre 2004 et 2005 tandis que FT-2 ne concerne que 2005. Les comparaisons
concernant les strates FT-1 et FT-2 sont donc biaisées car les échantillons ne possèdent pas le
même nombre d’effectifs.
Les Figure 65 et Figure 66 illustrent la distribution des rendements en fonction des
quantités de MOF mesurées au sol. Notons que les strates parquées dans l’année forment un
cluster isolé caractérisé par les plus hautes valeurs de MOF. Nous ne constatons cependant
pas de corrélation graphique claire. L’analyse des corrélations entre variables n’avait relevé
qu’une corrélation dont le coefficient était supérieur à 0,5 entre quantité de MOF et
rendement en grain : à Banizoumbou en 2004. Les mesures de MOF résiduelles ne sont que
des estimateurs imparfaits de la quantité réelle de fumier apportée dans chaque strate et de la
quantité réelle de matière organique et d’éléments assimilables par le mil présents dans le sol,
particulièrement dans les strates PA-1 et PA-2.
Il est donc difficile de comparer les doses de fumier appliquées dans cet essai aux
doses recommandées par la littérature. L’apport de 18 000 kg de fumier dans les strates FT et
PA en 2005 à Kodey donne des indications importantes. Lors de la mesure au placeau environ
3 mois après application du fumier, seulement 4700 kg MOF ha-1 des 18000 kg fumier ha-1
initiaux subsistent en PA05 et seulement 500 kg MOF ha-1en FT05. Le parcage de l’année
apporte au moins 4500 kg MOF ha-1 (Figure 65 et Figure 66), mais probablement beaucoup
plus si l’on se base sur les vitesses de disparition du fumier appliqué en 2005 à Kodey
(disparition de 74 % du fumier appliqué par parcage et de 97 % du fumier transporté entre le
moment de l’apport et la date de mesure des doses résiduelles). Les doses de fumier
appliquées seraient alors très élevées (environ 18000 kg fumier ha-1) par rapport aux quantités
recommandées par différents auteurs. Les quantités recommandées citées par de Rouw et
Rajot (2004) pour une production durable de mil varient de 5000 kg MS ha-1 par année après
une période de jachère, 9000 kg MS ha-1 tous les 3 ans et 2100 à 3200 kg MS ha-1 tous les 2
ans tandis que Brouwer et Powell (1998) recommandent une application de 2500 kg MS ha-1
par an.

146
Les mesures de MOF sous-estiment donc fortement les quantités de fumier appliquées
dans l’année. Il est probable qu’une partie des nutriments présents dans le fumier soit perdue
par lessivage, surtout les années de bonne pluviométrie. Plusieurs auteurs conseillent, si le
fumier est disponible, de diminuer les taux d’application pour augmenter l’aire traitée et donc
augmenter les rendements sur une plus grande superficie tout en réduisant le risque de
lessivage (Gandah et al., 2003 ; Esse et al., 2001).

2500
Rendement en paille (kg/ha)

2000

1500

1000

500

0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
MOF résiduelle (kg/ha)
B ago ua (2004) B anizo umbo u (2004) Ko dey (2004)
B ago ua (2005) B anizo umbo u (2005) Ko dey (2005)

Figure 65. Rendements moyens en paille en fonction de la MOF résiduelle mesurée. Chaque point
représente une moyenne par strate.
1400
Rendement en grain (kg/ha)

1200

1000

800

600

400

200

0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
MOF résiduelle (kg/ha)
B ago ua (2004) B anizo umbo u (2004) Ko dey (2004)
B ago ua (2005) B anizo umbo u (2005) Ko dey (2005)

Figure 66. Rendements moyens en grain en fonction de la MOF résiduelle mesurée. Chaque point
représente une moyenne par strate.

Le Tableau 43 indique que le nombre d’épis par poquet et le poids des grains par épi
suivent la même évolution que les rendements, ainsi que, dans une moindre mesure le taux de
survie à la récolte. Notons que la pratique du parcage permet d’améliorer les taux de survie à
la récolte. Ceci est dû essentiellement à un taux de survie plus élevé entre le démariage et la
récolte, plutôt qu’à une meilleure levée des plantules. L’application de fumier permet
d’augmenter le nombre d’épis par poquet et le poids des grains par épis, favorisant par là un
meilleur rendement en grain. Ceci concorde en partie avec les observations de de Rouw et

147
Rajot (2004) qui notent que l’effet positif du fumier se marque par une stimulation du tallage
et une augmentation du nombre de panicules plutôt que par des augmentations des autres
composantes du rendement. Rappelons que dans cet essai, l’effet de la strate de fertilité sur le
nombre d’épis par poquet n’a été significatif qu’en 2005.
Le nombre de poquets non matures ou végétatifs diminue pour les parcelles les plus
récemment fumées. Cette observation est confirmée par les études montrant que l’application
de N et de P stimule le tallage, la floraison hâtive et la fertilité des talles (Winkel et Do, 1992 ;
Winkel et al., 1997).

Tableau 43. Moyennes par strate de fertilité toutes années confondues


Taux de Nombre Poids des
-1
Taux de survie au survie à la Nombre de talles d'épis grains épi Poquets Poquets non
-1 -1
Strate démariage (%) récolte (%) poquet poquet (g) végétatifs matures
FT 84 73 3,85 2,96 29,3 1,29 2,03
FT-1* 93 71 3,62 2,81 26,6 4,48 3,09
FT-2* 94 72 3,5 2,48 20,5 4,51 3,65
NF 87 60 2,82 2,31 23,2 8,41 4,48
PA 90 79 3,87 3,33 31,1 1,29 1,45
PA-1 86 72 3,78 3,15 30,0 1,28 2,36
PA-2 86 70 3,6 2,9 29,8 5,17 3,54
s.e.d. 0,9 1,6 0,098 0,084 0,66 / /
* Etant donné qu’une strate de fumier transporté est ajoutée par an, FT-1 est la moyenne entre 2004 et 2005, FT-
2 ne concerne que 2005 et les s.e.d. ne s’appliquent pas sur ces deux strates.

11.5. Effet de l’engrais chimique

L’application de 2 g de DAP par poquet correspond à un taux de 20 kg DAP ha-1,


c’est-à-dire à 4 kg P ha-1 et à 3,6 kg N ha-1. L’application d’un gramme d’urée chimique
supplémentaire par poquet correspond à une application supplémentaire de 4,6 kg N ha-1.
L’effet de l’application d’engrais est significatif sur toutes les variables mesurées.
L’application de DAP + urée permet d’augmenter les rendements de 24 % en paille et de 19
% en grain tandis que l’application de DAP permet des augmentations de 18 % en paille et de
15 % en grain par rapport aux parcelles témoins (Figure 67). La différence de rendement entre
l’application de DAP + urée et DAP n’est cependant pas significative, nous conseillons donc
l’application de DAP seul plutôt que de DAP + urée.
Dans l’analyse combinée sur 3 ans, les comparaisons entre DAP + urée et DAP ne sont
jamais significatives pour toutes les variables mesurées. L’application d’engrais montre un
effet bénéfique sur toutes les variables par rapport aux parcelles témoins (Tableau 44).

Tableau 44. Moyennes par niveau de fertilisation toutes années confondues


Taux de Taux de Nombre
survie au survie à la Nombre de d'épis Poids des Poquets Poquets non
-1 -1 -1
Fertilisation démariage (%) récolte (%) talles poquet poquet grains épi végétatifs matures
DAP 86 72 3,68 2,95 28,5 2,10 2,36
DAP + urée 87 73 3,74 2,98 28,7 2,20 2,39
Témoin 90 68 3,33 2,73 26,9 6,72 3,84
s.e.d. 0,7 1,2 0,077 0,065 0,52 / /

148
2000

Rendement (kg/ha)
1500

1000

500

0
DAP DAP + urée Témoin
Rendement en paille
Niveau de fertilisation
Rendement en grain

Figure 67. Rendements moyens toutes années confondues par niveau de fertilisation (barre d’erreur =
s.e.d.)

11.6. Interaction strate de fertilité organique × fertilisation inorganique

L’interaction strate × fertilisation est significative pour les rendements en grain (p =


0,019) (Figure 68) dans l’analyse combinée sur 3 ans. Rappelons ici que dans l’analyse par
année, cette interaction n’était pas significative pour les rendements en paille et en grain de
2003, mais bien pour 2004 et 2005.
Dans la strate PA, nous constatons que les parcelles témoins obtiennent des
rendements légèrement supérieurs à ceux des parcelles traitées par DAP (Figure 69). Dans les
autre strates, les parcelles témoins obtiennent des rendements légèrement inférieurs, voire très
inférieurs (NF et PA-2) à ceux des parcelles traitées par DAP. L’effet de DAP sur les
rendements est d’autant plus marqué que le parcage et le transport de fumier sont anciens. Cet
effet est en partie masqué par l’effet important du fumier dans les strates de fumure récente.
Les strates FT-1 et FT-2 ne concernant pas les 3 années de l’essai, nous ne discuterons
cependant pas ici des effets résiduels du fumier transporté.
En se basant sur une augmentation de rendement dont le seuil serait fixé à 100 kg ha-1,
les résultats indiquent que les agriculteurs ne gagneraient à appliquer DAP placé au poquet
comme apport-relai en nutriments supplémentaire qu’à partir de la 1ème année après le parcage
ou sur des champs non fumés uniquement (Figure 69). D’autre part, les effets du parcage sur
le rendement en grain sont encore importants un et deux ans après application, les strates PA-
1 et PA-2 produisent 208 et 192 % du rendement de la strate non fumée (298 kg ha-1) (Figure
64). Nous conseillons donc de réserver l’application d’engrais aux parcelles fumées depuis
plus de 2 ans, voire 3 ans.
L’interaction strate × fertilisation est également significative pour le taux de survie à la
récolte (p < 0,0001). L’application d’engrais permet d’augmenter significativement le taux de
survie à la récolte uniquement dans les parcelles n’ayant pas reçu de fumier (NF) ou dans les
strates de fumure ancienne (FT-1, FT-2 et PA-2)(graphe non présenté).

149
Figure 68. Graphe « boxplot » du rendement en grain moyen de 2003 à 2005 (kg ha-1) illustrant
l’interaction strate x fertilisation

160
140
grain (DAP-Témoin) (kg/ha)
Différence de rendement en

120
100
80
60
40
20
0
-20 FT FT-1 FT-2 NF PA PA-1 PA-2
-40
Strate

Figure 69. Différence de rendement en grain par strate entre parcelles témoins et fertilisées par DAP

11.7. Effet de la variété

L’effet de la variété est significatif pour toutes les variables mesurées. La variété
locale permet d’obtenir les plus grands rendements en paille. Les rendements obtenus par les
variétés Zatib et ICMV ne diffèrent pas significativement, ils valent 84 % et 89 % des
rendements en paille de la variété locale. La variété ICMV permet une augmentation du
rendement en grain de 12 % par rapport au rendement de la variété locale. Malgré sa
résistance au mildiou, la variété Zatib offre un rendement en grain valant 97 % du rendement
de la variété locale, mais la différence n’est pas significative.
Les variétés améliorées ont un effet significatif sur les indices de récolte, ils valent en
moyenne 29,2 , 27,4 et 25,4 % pour les variétés ICMV, Zatib et locale, respectivement (s.e.d.
= 0,41 %). Les taux de survie au démariage et à la récolte suivent la même évolution que les
indices de récolte, mais les comparaisons entre variétés ICMV et Zatib ne sont pas
significatives (Tableau 45). Le nombre moyen de talles par poquet est plus élevé pour la
variété locale que pour les variétés améliorées tandis que le nombre d’épis par poquet est plus

150
élevé pour les variétés ICMV et locale (non statistiquement différentes) que pour la variété
Zatib. Le poids des grains par épi est par contre plus élevé chez la variété locale que chez les
variétés améliorées.
La variété ICMV, possédant à la fois le meilleur taux de survie à la récolte et le
meilleur nombre d’épis par poquets, atteint les meilleurs rendements en grain. La variété
locale donne le second rendement en grain principalement grâce au poids élevé des grains par
épi. Enfin, le nombre de poquets végétatifs et non matures est plus important pour la variété
locale, les variétés améliorées possédant des avantages en terme de résistance face aux
insectes et aux maladies.

2000
Rendement (kg/ha)

1500

1000

500

0
ICMV IS 8930 Locale ZATIB
Rendement en paille
Variété
Rendement en grain

Figure 70. Rendements moyens par variété (barre d’erreur = s.e.d.)

Tableau 45. Moyennes par variété toutes années confondues


Taux de Taux de Nombre
survie au survie à la Nombre de d'épis Poids des Poquets Poquets non
-1 -1 -1
Variété démariage (%) récolte (%) talles poquet poquet grains épi végétatifs matures
ICMV IS 89305 90 76 3,52 2,94 27,6 3,33 2,90
Locale 84 63 3,88 2,94 30,5 4,06 3,33
ZATIB 89 74 3,36 2,78 26,0 3,63 2,37
s.e.d. 0,7 1,2 0,077 0,065 0,52 / /

Les Figure 71 et Figure 72 renseignent que, à même pluviométrie utile, la variété


ICMV offre des rendements en paille et en grain toujours plus élevés que la variété ICMV
(excepté pour la pluviométrie de 471 mm à Banizoumbou en 2003). Remarquons que si l’on
écarte la pluviométrie élevée obtenue à Kodey en 2004 (534 mm), l’écart de rendement en
paille entre la variété locale et les autres variétés augmente avec la pluviométrie (Figure 73).
La pente est plus négative pour la variété Zatib, indiquant que celle-ci obtient des rendements
de plus en plus inférieurs à ceux de la variété locale lorsque la pluviométrie utile annuelle
augmente. Nous n’observons aucun lien entre la pluviométrie et les rendement en grain des
différentes variétés (Figure 72).

151
200
ICMV IS 89305
100
Zatib

Différence de rendement en
0
300 350 400 450 500 550
-100

paille (kg/ha)
-200

-300

-400

-500

-600

-700
Pluviom étrie annuelle utile (m m )

Figure 71. Différence de rendement en paille avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile
300
ICMV IS 89305
250
Zatib
200
Différence de rendement en

150
grain (kg/ha)

100
50
0
-50300 350 400 450 500 550

-100
-150
-200
Pluviom étrie annuelle utile (m m )

Figure 72. Différence de rendement en grain avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile
200
ICMV IS 89305
100
Zatib
paille avec la variété locale
Différence de rendement en

0
300 350 400 450 500 550
-100

-200
(kg/ha)

y = -2,9773x + 1003,5
-300
R2 = 0,2255
-400
y = -4,3186x + 1504,7
-500
R2 = 0,473
-600

-700
Pluviom étrie annuelle utile (m m )

Figure 73. Différence de rendement en paille avec la variété locale en fonction de la pluviométrie annuelle
utile (sans la pluviométrie à Kodey en 2004)

152
Conclusions

L’analyse des résultats de l’essai par année et toutes années confondues permet de
surligner les pratiques permettant d’obtenir les meilleurs rendements en grain et paille de mil.

Dans cet essai, les pratiques de gestion de la fertilité organique (parcage et transport
de fumier) réalisées avant la saison de culture permettent d’obtenir les meilleurs rendements.
Les rendements des parcelles où un parcage a été effectué dans l’année augmentent de
168 % (en grain) et de 176 % (en paille) par rapport aux parcelles non fumées. La technique
du transport de fumier permet de doubler les rendements en paille et en grain comparé aux
parcelles non fumées. Ceci résulte dans les deux cas d’une augmentation du nombre d’épis
par poquet et du poids des grains par épi. La pratique du parcage permet en outre d’améliorer
les taux de survie à la récolte par rapport aux parcelles non fumées et aux parcelles traitées par
fumier transporté.
Nous attribuons les différences de rendements entre le parcage et le fumier transporté
à la qualité du fumier plutôt qu’à leurs doses d’application. Le fumier de parcage est plus
riche en P et N que le fumier transporté qui est « coupé » par des déchets ménagers, des
cendres, des résidus végétaux et dont le NH3 présent dans l’urine est le plus souvent perdu par
volatilisation avant l’épandage.
Nous avons relevé un effet résiduel significatif du parcage sur les rendements en paille
et en grain pendant trois saisons de culture consécutives. L’effet résiduel de la pratique de
transport de fumier est également présent, au moins jusqu’à la deuxième saison de culture.
L’effet résiduel du parcage vieux d’un an et de 2 ans n’est pas significativement différent de
l’effet du transport de fumier effectué dans l’année.
D'autre part, les taux d’application du fumier ont été estimés à 18 t ha-1 en 2004 et
2005. Il est donc probable qu’une partie des nutriments présents dans le fumier ait été perdue
par lessivage. Nous conseillons, si le fumier est disponible, de diminuer les taux d’application
pour augmenter l’aire traitée et d’augmenter les rendements sur une plus grande superficie
tout en réduisant le risque de lessivage.

Bien que ces techniques utilisant le fumier ne permettent pas d’ajouter des nutriments
au système agro-pastoral en lui-même, elles sont néanmoins un moyen de transfert et de
recyclage d’éléments minéraux et de matière organique à différentes échelles à l’intérieur du
système. Il est primordial d’optimiser et d’intensifier ces techniques dans un contexte où les
agriculteurs locaux ont peu accès aux autres formes de fertilisation.
Malgré le rôle important du fumier pour soutenir la productivité des cultures, deux
questions importantes se posent :
- Les quantités de fumier disponibles sont-elles suffisantes pour permettre une
production alimentaire adéquate et améliorer la qualité du sol à long terme ?
- Quelle est la capacité des terres de pâtures à supporter le bétail et la récolte de
nutriments en vue de fumer les cultures ?

153
Les agriculteurs possédant beaucoup de bétail ont la capacité potentielle de maintenir
la fertilité du sol par l’application de fumier, soit par leurs propres animaux, soit via leurs
ressources financières pour engager des bergers transhumants dans des contrats de parcage.
La plupart des agriculteurs sahéliens sont généralement trop pauvres pour posséder
suffisamment de bétail et sont donc moins capables de lutter contre l’épuisement du sol en
nutriments. Tant que les pâturages naturels restent la principale source d’alimentation pour le
bétail, les éleveurs et agriculteurs riches (en bétail) profiteront le plus de la récolte de
nutriments effectuée dans les pâturages et transportée aux cultures par le fumier.

Les résultats de cet essai ont permis de mettre en évidence le fait que l’application
d’engrais permettait d’augmenter les rendements en grain de 15 à 19 % grâce à
l’augmentation du taux de survie à la récolte et du nombre d’épis par poquet. La fertilisation
favorise également un développement plus rapide des plants. Contrairement au parcage,
l’effet du DAP est très peu dépendant de la pluviométrie. Aux doses utilisées dans cet essai,
nous recommandons l’application du DAP seul par rapport à l’application de DAP + urée car
les rendements ne diffèrent pas significativement entre les deux types de fertilisation.
L’application du DAP seul permet d’économiser le coût de l’urée et le travail nécessaire à son
application après le démariage.
Nous avons relevé que l’effet du DAP est d’autant plus marqué que le parcage et le
transport de fumier sont anciens. D’autre part, les effets du parcage sur le rendement en grain
sont encore importants un et deux ans après application. Les résultats indiquent que les
agriculteurs gagneraient à appliquer DAP placé au poquet comme apport-relai en nutriments à
partir de la 2ème, voire de la 3ème année après le parcage. L’utilisation de fertilisants minéraux
en combinaison avec un apport en matière organique a été recommandée par de nombreux
auteurs afin de réduire le besoin en superficie de pâturage et d’augmenter la capacité des sols
à stocker plus d’éléments nutritifs en diminuant les risques d’acidification.

Les variétés testées ont révélé différents avantages et inconvénients. La variété locale,
sélectionnée par les agriculteurs depuis de nombreuses années et adaptée à la région du
Fakara, fournit les meilleurs rendements en paille. La variété améliorée ICMV IS 89305
permet une augmentation du rendement en grain de 12 % par rapport au rendement de la
variété locale. La variété ICMV peut être recommandée aux agriculteurs qui désirent une
augmentation du rendement en grain aux dépends de la production en paille (le rendement en
paille baisse de 10 % par rapport à la variété locale). La variété Zatib produit des rendements
en grain non significativement différents de ceux de la variété locale mais la production de
paille est moindre.
Les variétés améliorées ont amélioré les taux de survie au démariage et à la récolte et
ont présenté des contaminations par le mildiou et des infestations par l’adventice shibra
légèrement plus faibles que la variété locale. Les semences de variétés améliorées sont
toutefois coûteuses et actuellement très peu accessibles pour l’agriculteur sahélien, qui
préfèrera en général semer une partie de sa récolte en grain de l’année précédente.

154
Les rendements en mil varient fortement d’un site à l’autre et en fonction de la
pluviométrie. La pluviométrie annuelle étant très variable même sur de courtes distances, la
pratique actuelle qui consiste à disperser les parcelles agricoles dans l’espace semble
entièrement justifiée afin de limiter les risques d’échec de la culture.

Le Niger souffre de sous-alimentation chronique, de pauvreté et de surexploitation des


ressources en sol ainsi que d’un manque de stimulants pour intensifier l’agriculture.
L’accroissement durable de la production agricole peut résulter de l’amélioration de la fertilité
des sols par des apports de matière organique et d’engrais. L’application de d’engrais
minéraux concerne actuellement moins de 5 kg ha-1an-1 (Buerkert et al., 2001). Les engrais
importés sont chers et difficiles d’accès dans les campagnes. Leur utilisation est pourtant
essentielle pour remplacer les nutriments prélevés par les cultures et limiter l’épuisement du
sol en éléments nutritifs. Dans cette optique, l’amélioration de l’accessibilité des intrants ainsi
que la formation, l’organisation et la collaboration entre agriculteurs, chercheurs et
responsables politiques nous paraissent essentielles.

155
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161
162
Annexes

Annexe 1- Fiches techniques des variétés améliorées…………………………………….p. 1-2

Annexe 2 - Schéma du dispositif expérimental…………………………………………...p. 2-3

Annexe 3 - Méthodes d’analyse chimique et physique des sols………………………......p. 1-2

Annexe 4 - Distributions des variables d’analyse…………………………………………p. 4-5

Annexe 5 - Pluviométrie…………………………………………………………………..p. 5-9

Annexe 6 - Tableaux de corrélations entre variables…………………………………….p. 6-12

Annexe 7 - Tableaux de moyennes, analyse de variance et comparaisons multiples par année


…………………………………………………………………………………………...p. 7-18

Annexe 8 - Tableaux de moyennes, analyse de variance et comparaisons multiples sur 3 ans


…………………………………………………………………………………………...p. 8-31

Annexe 9 - Comparaison visuelle de parcelles en 2003…………………………………p. 9-40

Annexe 10 - Evolution de la phénologie du mil en 2005……………………………....p. 10-42

Annexe 11 - Caractéristiques phytosanitaires moyennes des parcelles en 2003, 2004 et 2005


…………………………………………………………………………………………p. 11-44
Annexes 1-2

1. Fiches techniques des variétés améliorées

1-2
Annexes 2-3

2. Schéma du dispositif expérimental

2-3
Annexes 3-4

3. Méthodes d’analyse chimique et physique des sols


Laboratoire de Chime des Sols de l’ICRISAT, Centre Sahélien, Sadoré (Niger)
ANALYSE/METHODE EXTRACTION DETERMINATION QUANTITATIVE

pH-H2O (1:2.5) Eau distillée Potentiométrie: Lecture directe au pH-mètre

Conductivité Eclectrique Eau distillée Lecture directe au Conductimètre


(CE2.5) (Rapport, 1:2.5)

pH-KCl (1:2.5) KCl 1M Potentiométrie: Lecture directe au pH-mètre

Acidité d’Echange KCl 1M Titration avec NaOH pour H++Al3+ et


(H+ & Al3+) Titration avec HCl pour Al3+

Bases Echangeables AgTU 0.01M Spectroscopie d’Absorption Atomique


(Na+, K+ Ca2+, Mg2+) pour Ca-Mg et Spectroscopie d’Emission
de flamme pour Na et K

Capacité d'Echg. Cationique) AgTU 0.01M Lecture Ag par Spectro d’Abs. Atomique
(méthode Argent Thiourée)

Phosphore Assimilable HCl 0.025N & Colorimétrie: Methode du complexe Molybdo-


(méthode Bray 1) NH4F 0.03N Phosphate réduit à l’acide ascorbique

Phosphore Total Digestion H2SO4+ Colorimétrie: Methode du complexe


(Sols & Plantes) Acide Salycilique+ Molybdo-Phosphate réduit à l’acide
H2O2 et Selenium ascorbique

Azote Total Même extrait que Par colorimétrie à l'Auto-Analyseur


(Sols & Plantes) le Phosphore total en utilisant la réaction de Bertholet

K, Ca et Mg Totaux Même extrait que Spectroscopie d’Absorption Atomique


(Plantes) le Phosphore total pour Ca-Mg et Spectroscopie d’Emission
de flamme pour K

Carbone Organique Oxydation de la Titration de la quantité restante de


(Méthode Walkley & Black) Mat. Org. avec un K2Cr2O7 avec du Sulfate Ferreux
mélange de H2SO4
et K2Cr2O7

Granulométrie Oxydation de la Mat. Tamisage pour les particules>50µm


(Tamisage & Pipettage) Org. avec H2O2 Pipettage pour les particules <50µm
Dispersion avec une
solution de (NaPO3)6

NB: Le manuel de reférence pour ces méthodes d'analyse (exception faite pour N, P, K, Ca et Mg totaux) est le
suivant: Technical Paper No. 9, PROCEDURES FOR SOIL ANALYSES
FOURTH EDITION, Edited by L. P. van Reeuwijk, 1993
INTERNATIONAL SOIL REFERENCE AND INFORMATION CENTRE (ISRIC)
Pour N, P, K, Ca et Mg totaux, se reférer à:
Soil Analysis Procedures, Other Procedures(Soil and Plant Analysis, Part 5B), Syllabus'1995
Edited by V. J. G. Houba, J. J. van der lee and I. Novozamsky
Departement of Soil Science and Plant Nutrition / Wageningen Agricultural University

3-4
Annexes 4-5

4. Distributions des variables d’analyse (données de 2003 à 2005)


Summary for Rdt paille
A nderson-D arling N ormality Test
A -S quared 63,28
P -V alue < 0,005
M ean 1301,6
S tDev 1012,1
V ariance 1024414,2
S kew ness 3,0192
Kurtosis 15,2333
N 1456
M inimum 12,3
1st Q uartile 682,8
M edian 1063,8
3rd Q uartile 1634,1
0 1500 3000 4500 6000 7500 9000 M aximum 9575,8
95% C onfidence Interv al for M ean
1249,6 1353,6
95% C onfidence Interv al for M edian
1014,9 1111,2
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
976,7 1050,3
Mean

Median

1000 1100 1200 1300 1400

Figure 4-1. Distribution de la variable « rendement en paille (kg ha-1) »

Summary for Rdt graine


A nderson-D arling N ormality Test
A -S quared 16,78
P -V alue < 0,005
M ean 560,51
S tDev 328,15
V ariance 107679,60
S kew ness 1,30253
Kurtosis 3,46514
N 1452
M inimum 0,00
1st Q uartile 322,85
M edian 511,51
3rd Q uartile 750,73
0 400 800 1200 1600 2000 2400 M aximum 2573,34
95% C onfidence Interv al for M ean
543,62 577,40
95% C onfidence Interv al for M edian
490,91 528,96
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
316,63 340,54
Mean

Median

500 520 540 560 580

Figure 4-2. Distribution de la variable « rendement en grain (kg ha-1) »

Summary for Harv index


A nderson-D arling N ormality Test
A -S quared 2,81
P -V alue < 0,005
M ean 27,311
S tDev 7,350
V ariance 54,027
S kew ness 0,354967
Kurtosis 0,479982
N 1452
M inimum 0,000
1st Q uartile 22,112
M edian 26,971
3rd Q uartile 31,769
0 8 16 24 32 40 48 56 M aximum 58,682
95% C onfidence Interv al for M ean
26,933 27,690
95% C onfidence Interv al for M edian
26,434 27,384
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
7,092 7,628
Mean

Median

26,50 26,75 27,00 27,25 27,50 27,75

Figure 4-3. Distribution de la variable « indice de récolte (%) »

4-5
Annexes 4-6

Summary for Pds grains/epi


A nderson-D arling N ormality Test
A -S quared 3,88
P -V alue < 0,005
M ean 28,022
S tDev 10,438
V ariance 108,947
S kew ness 0,462098
Kurtosis 0,115074
N 1452
M inimum 0,000
1st Q uartile 20,264
M edian 27,215
3rd Q uartile 34,402
0 10 20 30 40 50 60 M aximum 66,116
95% C onfidence Interv al for M ean
27,484 28,559
95% C onfidence Interv al for M edian
26,632 28,085
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
10,071 10,832
Mean

Median

26,5 27,0 27,5 28,0 28,5

Figure 4-4. Distribution de la variable « poids des grains par épi (g) »

Summary for _ epis/pkt


A nderson-D arling N ormality Test
A -S quared 24,73
P -V alue < 0,005

M ean 2,8890
S tD ev 0,9609
V ariance 0,9233
S kew ness 2,1644
Kurtosis 13,3790
N 1317

M inimum 0,0000
1st Q uartile 2,3307
M edian 2,7632
3rd Q uartile 3,2828
0 2 4 6 8 10 12 M aximum 12,2143
95% C onfidence Interv al for M ean
2,8371 2,9409
95% C onfidence Interv al for M edian
2,7044 2,8000
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
0,9255 0,9990
Mean

Median

2,70 2,75 2,80 2,85 2,90 2,95

Figure 4-5. Distribution de la variable « nombre d’épis par poquet »

Summary for _ talle/pkt


A nderson-D arling N ormality Test
A -S quared 19,07
P -V alue < 0,005

M ean 3,5859
S tD ev 1,2714
V ariance 1,6163
S kew ness 1,9154
Kurtosis 12,4183
N 1456

M inimum 0,2308
1st Q uartile 2,7714
M edian 3,4000
3rd Q uartile 4,2500
0,0 2,5 5,0 7,5 10,0 12,5 15,0 17,5 M aximum 17,5000
95% C onfidence Interv al for M ean
3,5205 3,6512
95% C onfidence Interv al for M edian
3,3333 3,4667
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
1,2268 1,3193
Mean

Median

3,35 3,40 3,45 3,50 3,55 3,60 3,65

Figure 4-6. Distribution de la variable « nombre de talles par poquet »

4-6
Annexes 4-7

Summary for taux survie


A nderson-D arling N ormality Test
A -S quared 17,22
P -V alue < 0,005
M ean 70,913
S tDev 21,087
V ariance 444,662
S kew ness -0,875182
Kurtosis 0,671223
N 1323
M inimum 0,000
1st Q uartile 60,494
M edian 74,074
3rd Q uartile 86,420
0 20 40 60 80 100 120 M aximum 120,988
95% C onfidence Interv al for M ean
69,776 72,051
95% C onfidence Interv al for M edian
72,840 75,309
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
20,313 21,923
Mean

Median

70 71 72 73 74 75 76

Figure 4-7. Distribution de la variable « taux de survie à la récolte (%) »

Summary for survie demariage


A nderson-D arling N ormality Test
A -S quared 104,44
P -V alue < 0,005
M ean 87,616
S tD ev 14,427
V ariance 208,135
S kew ness -2,00006
Kurtosis 4,26539
N 1458
M inimum 20,661
1st Q uartile 83,471
M edian 92,562
3rd Q uartile 96,694
25,0 37,5 50,0 62,5 75,0 87,5 100,0 112,5 M aximum 113,223
95% C onfidence Interv al for M ean
86,875 88,357
95% C onfidence Interv al for M edian
92,562 93,388
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
13,922 14,971
Mean

Median

86 88 90 92 94

Figure 4-8. Distribution de la variable « taux de survie au démariage (%) »

Summary for poquets veget


A nderson-D arling N ormality Test
A -S quared 217,33
P -V alue < 0,005
M ean 3,6720
S tD ev 7,4412
V ariance 55,3719
S kew ness 2,94616
Kurtosis 9,63715
N 1323
M inimum 0,0000
1st Q uartile 0,0000
M edian 0,0000
3rd Q uartile 3,0000
0 8 16 24 32 40 48 M aximum 53,0000
95% C onfidence Interv al for M ean
3,2706 4,0733
95% C onfidence Interv al for M edian
0,0000 0,0000
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
7,1681 7,7361
Mean

Median

0 1 2 3 4

Figure 4-9. Distribution de la variable « nombre de poquets végétatifs par parcelle »

4-7
Annexes 4-8

Summary for poquets non mat


A nderson-D arling N ormality Test
A -S quared 118,11
P -V alue < 0,005
M ean 2,8639
S tD ev 4,1741
V ariance 17,4232
S kew ness 2,33936
Kurtosis 7,15399
N 1323
M inimum 0,0000
1st Q uartile 0,0000
M edian 1,0000
3rd Q uartile 4,0000
0 5 10 15 20 25 30 M aximum 34,0000
95% C onfidence Interv al for M ean
2,6388 3,0891
95% C onfidence Interv al for M edian
1,0000 1,0000
95% C onfidence Interv al for S tD ev
9 5 % C onfidence Inter vals
4,0209 4,3395
Mean

Median

1,0 1,5 2,0 2,5 3,0

Figure 4-10. Distribution de la variable « nombre de poquets non matures par parcelle »

4-8
Annexes 5-9

5. Pluviométrie

Pluviométrie à Banizoumbou en 2003

80
70
Pluviométrie (mm)

60
50
40
30
20
10
0
17 n

24 n
in

t
il

15 l
10 n

9- t
16 pt
22 l

29 l
il
i

ep
p
ju

ju
-ju

-ju

-ju
i

i
i
-ju

-ju

-ju
ju

se

se
1-

8-

-s
3-

2-
Date

Pluviométrie à Bagoua en 2003

80
70
Pluviométrie (mm)

60
50
40
30
20
10
0
17 n

24 n
in

t
il

15 l
10 n

9- t
16 pt
22 l

29 l
il
i

ep
p
ju

ju
-ju

-ju

-ju
i

i
i
-ju

-ju

-ju
ju

se

se
1-

8-

-s
3-

2-

Date

Pluviométrie à Kodey en 2003

80
70
Pluviométrie (mm)

60
50
40
30
20
10
0
17 n

24 n
in

t
il

15 l
10 n

9- t
16 pt
22 l

29 l
il
i

ep
p
ju

ju
-ju

-ju

-ju
i

i
i
-ju

-ju

-ju
ju

se

se
1-

8-

-s
3-

2-

Date

Figure 5-1. Pluviométrie en 2003 à Banizoumbou, Bagoua et Kodey


Les pluies en noir indiquent le semis et la dernière pluie enregistrée avant la récolte.

5-9
Pluviométrie (mm)
Pluviométrie (mm)
Pluviométrie (mm)
19 19 19
-m -m -m

0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100

0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
2 6 ai 26 ai 26 ai
-m -m -m
a a a
2- i 2- i 2- i
ju ju ju
in in in
9- 9- 9-
ju ju ju
16 in 1 6 in 1 6 in
-ju -ju -ju
2 3 in 23 in 23 in
-ju -ju -ju
3 0 in 30 in 30 in
-ju -ju -ju
in in in
7- 7- 7-
ju ju ju
14 il 1 4 il 14 il
-ju -ju -ju
2 1 il 21 il 21 il
-ju -ju -ju
2 8 il 28 il 28 il
Date

Date
Date
-ju -ju -ju
il il il

Pluviométrie à Kodey en 2004


Pluviométrie à Bagoua en 2004
Pluviométrie à Banizoumbou en 2004

1- 1- 1-
se se se
p p t p
8- t 8- t 8-
se se se
15 pt 15 pt 15 pt
-s -s -s

Figure 5-2. Pluviométrie en 2004 à Banizoumbou, Bagoua et Kodey


ep ep ep
t t t
Annexes

Les pluies en noir indiquent le semis, le resemis et la dernière pluie enregistrée avant la récolte.

5-10
5-10
Pluviométrie (mm)
Pluviométrie (mm) Pluviométrie (mm)

0
10
20
30
40
50
60
9- 9-
9-mai m m

0
10
20
30
40
50
60
0
10
20
30
40
50
60

ai ai
16-mai 23 23
-m -m
23-mai ai ai
30-mai
6- 6-
6-juin ju ju
in in
13-juin 20 20
- ju -ju
20-juin in in
27-juin
4- 4-
4-juil ju ju
il il
11-juil 18 18
- ju -ju
18-juil il il
25-juil

Date
1-août

Date
Date

8-août
15-août
Pluviométrie à Bagoua en 2005

22-août

Pluviométrie à Kodey en 2005


29-août
Pluviométrie à Banizoumbou en 2005

12 12
5-sept -s -s
ep ep
12-sept t t
26 26
19-sept -s
ep
-s
ep
t t
26-sept

Figure 5-3. Pluviométrie en 2005 à Banizoumbou, Bagoua et Kodey


10 10
3-oct
Annexes

-o -o
ct ct
10-oct

Les pluies en noir indiquent le semis et la dernière pluie enregistrée avant la récolte.

5-11
5-11
Annexes 6-12

6. Tableaux de corrélations entre variables


Tableau 6-1. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs à Banizoumbou en 2003
Poids
Indice des Nombre Nombre Survie Survie au Nombre de
Banizoumbou Rendement Rendemen de grains d'épis talles à la démariag poquets
2003 en paille t en grain récolte épi-1 poquet
1
poquet
1
récolte e végétatifs
Rendement en grain 0,931
0
Indice de récolte -0,474 -0,19
0 0,028
1
Poids des grains épi 0,577 0,691 -0,01
0 0 0,908
1
Nombre d'épis poquet 0,869 0,873 -0,267 0,365
0 0 0,002 0
1
Nombre talles poquet 0,836 0,79 -0,432 0,574 0,749
0 0 0 0 0
Survie à la récolte 0,336 0,362 -0,072 0,064 0,251 0,141
0 0 0,404 0,46 0,003 0,102
Survie au démariage 0,194 0,257 0,176 -0,123 0,247 -0,004 0,645
0,024 0,003 0,042 0,156 0,004 0,963 0
Nombre de poquets
-0,265 -0,31 0,102 -0,261 -0,329 -0,254 -0,412 -0,103
végétatifs
0,002 0 0,239 0,002 0 0,003 0 0,233
Nombre de poquets
-0,293 -0,351 0,032 -0,328 -0,328 -0,304 -0,361 -0,117 0,64
non matures
0,001 0 0,71 0 0 0 0 0,177 0

Tableau 6-2. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs à Bagoua en 2003


Poids Nombre
Indice des Nombre Nombre Survie de
Bagoua Rendement Rendement de grains d'épis talles à la Survie au poquets
2003 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
1
poquet
1
récolte démariage végétatifs
Rendement grain 0,839
0
Indice de récolte -0,588 -0,114
0 0,188
1
Poids des grains épi 0,422 0,517 -0,025
0 0 0,778
1
Nombre d'épis poquet 0,577 0,557 -0,274 0,235
0 0 0,001 0,006
1
Nombre talles poquet 0,378 0,303 -0,261 0,44 0,583
0 0 0,002 0 0
Survie à la récolte 0,01 0,147 0,187 -0,278 -0,565 -0,462
0,908 0,088 0,03 0,001 0 0
Survie au démariage -0,074 0,019 0,138 -0,333 -0,572 -0,574 0,849
0,393 0,829 0,11 0 0 0 0
Nombre de poquets
-0,246 -0,267 0,103 -0,201 -0,259 -0,204 0,089 0,117
végétatifs
0,004 0,002 0,235 0,02 0,002 0,018 0,303 0,175
Nombre de poquets
-0,293 -0,338 0,101 -0,22 -0,309 -0,212 0,056 0,115 0,771
non matures
0,001 0 0,245 0,01 0 0,014 0,516 0,186 0

Tableau 6-3. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs à Kodey en 2003


Kodey Rendement Rendement Nombre talles
2003 en paille en grain Indice de récolte Poids des grains épi
-1
poquet
-1

Rendement en grain 0,767


0
Indice de récolte -0,159 0,419
0,065 0
-1
Poids des grains épi 0,456 0,586 0,321
0 0 0
-1
Nombre talles poquet 0,52 0,543 0,105 0,267
0 0 0,227 0,002
Survie au démariage 0,011 0,03 0,026 -0,206 -0,226
0,897 0,73 0,766 0,017 0,009

6-12
Annexes 6-13

Tableau 6-4. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs tous sites confondus en 2003
Tous sites Rendement Rendement Indice de Poids des grains Nombre talles
2003 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1

Rendement en grain 0,913


0
Indice de récolte -0,394 -0,087
0 0,08
-1
Poids des grains épi 0,497 0,609 0,052
0 0 0,3
-1
Nombre talles poquet 0,64 0,611 -0,213 0,493
0 0 0 0
Survie au démariage 0,092 0,113 0,039 -0,307 -0,307
0,064 0,023 0,437 0 0

Tableau 6-5. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs à Banizoumbou en 2004


Nombre
Poids Nombre de
Indice des Nombre Nombre Survie de poquets
Banizoumbou Rendement Rendement de grains d'épis talles à la Survie au poquets non
2004 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1 -1
poquet récolte démariage végétatifs matures MOV
Rendement grain 0,881
0
Indice de récolte 0,244 0,57
0,002 0
Poids des grains
-1 0,33 0,422 0,474
épi
0 0 0
Nombre d'épis
-1 0,58 0,604 0,222 -0,006
poquet
0 0 0,005 0,945
Nombre talles
-1 0,474 0,433 0,078 0,139 0,282
poquet
0 0 0,333 0,085 0
Survie à la récolte 0,769 0,816 0,541 0,208 0,321 0,287
0 0 0 0,009 0 0
Survie au démariage 0,328 0,342 0,241 -0,083 0,151 0,104 0,506
0 0 0,002 0,305 0,06 0,191 0
Nombre de poquets
-0,631 -0,691 -0,494 -0,238 -0,315 -0,272 -0,717 -0,098
végétatifs
0 0 0 0,003 0 0 0 0,217
Nombre de poquets
-0,417 -0,492 -0,109 -0,016 -0,14 -0,149 -0,387 0,069 0,423
non matures
0 0 0,177 0,841 0,081 0,059 0 0,383 0
MOV 0,201 0,183 0,088 0,105 -0,03 0,05 0,295 0,175 -0,131 -0,127
0,011 0,022 0,272 0,191 0,712 0,531 0 0,026 0,097 0,107
-
MOF 0,474 0,518 0,218 0,225 0,212 0,13 0,46 0,275 -0,331 -0,35
0,201
0 0 0,006 0,005 0,008 0,102 0 0 0 0 0,01

6-13
Annexes 6-14

Tableau 6-6. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs à Bagoua en 2004


Nombre
Poids Nombre de
Indice des Nombre Nombre Survie de poquets
Bagoua Rendement Rendement de grains d'épis talles à la Survie au poquets non
2004 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
récolte démariage végétatifs matures MOV
Rendement grain 0,666
0
Indice de récolte -0,402 0,354
0 0
Poids des grains
-1 0,446 0,579 0,175
épi
0 0 0,026
Nombre d'épis
-1 0,378 0,385 -0,015 0,194
poquet
0 0 0,85 0,013
Nombre talles
-1 0,575 0,286 -0,37 0,395 0,425
poquet
0 0 0 0 0
Survie à la récolte 0,121 0,465 0,394 -0,105 -0,359 -0,301
0,125 0 0 0,184 0 0
Survie au démariage -0,192 0,046 0,265 -0,347 -0,312 -0,515 0,446
0,014 0,562 0,001 0 0 0 0
Nombre de poquets
-0,494 -0,572 -0,11 -0,358 -0,249 -0,266 -0,438 0,309
végétatifs
0 0 0,162 0 0,001 0,001 0 0
Nombre de poquets
-0,282 -0,322 -0,063 -0,239 -0,184 -0,239 -0,15 0,265 0,308
non matures
0 0 0,422 0,002 0,019 0,002 0,056 0,001 0
MOV 0,04 0,006 -0,032 -0,112 -0,208 -0,095 0,155 -0,004 0,023 0,039
0,613 0,936 0,682 0,155 0,008 0,228 0,049 0,959 0,773 0,627
MOF 0,338 0,113 -0,262 0,206 0,088 0,376 -0,107 -0,56 -0,273 -0,199 0,686
0 0,153 0,001 0,009 0,268 0 0,176 0 0 0,011 0

Tableau 6-7. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs à Kodey en 2004


Nombre
Poids Nombre de
Indice des Nombre Nombre Survie de poquets
Kodey Rendement Rendement de grains d'épis talles à la Survie au poquets non
2004 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
récolte démariage végétatifs matures MOV
Rendement grain 0,779
0
Indice de récolte -0,441 0,146
0 0,063
Poids des grains
-1 0,327 0,583 0,396
épi
0 0 0
Nombre d'épis
-1 0,187 0,281 0,116 0,082
poquet
0,017 0 0,141 0,297
Nombre talles
-1 0,224 0,272 0,097 0,54 0,155
poquet
0,004 0 0,219 0 0,049
Survie à la récolte 0,337 0,257 -0,246 -0,304 -0,48 -0,271
0 0,001 0,002 0 0 0
Survie au démariage 0,273 0,183 -0,24 -0,392 -0,177 -0,39 0,661
0 0,02 0,002 0 0,024 0 0
Nombre de poquets
-0,389 -0,399 0,008 -0,256 -0,194 -0,276 -0,169 0,073
végétatifs
0 0 0,922 0,001 0,013 0 0,032 0,354
Nombre de poquets
-0,309 -0,326 0,023 -0,09 -0,2 -0,053 -0,128 -0,061 0,422
non matures
0 0 0,769 0,252 0,011 0,502 0,104 0,437 0
MOV 0,375 0,405 -0,046 0,224 0,039 0,063 0,135 0,122 -0,142 -0,104
0 0 0,56 0,004 0,62 0,429 0,086 0,121 0,072 0,186
MOF 0,274 0,306 -0,05 0,168 0,031 0,026 0,077 0,081 -0,097 -0,079 0,945
0 0 0,527 0,032 0,692 0,747 0,331 0,305 0,217 0,316 0

6-14
Annexes 6-15

Tableau 6-8. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs tous sites confondus en 2004
Nombre
Poids Nombre de
Indice des Nombre Nombre Survie de poquets
Tous sites Rendement Rendement de grains d'épis talles à la Survie au poquets non
2004 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
récolte démariage végétatifs matures MOV
Rendement grain 0,705
0
Indice de récolte -0,35 0,312
0 0
Poids des grains
-1 0,451 0,547 0,195
épi
0 0 0
Nombre d'épis
-1 0,335 0,403 0,052 0,114
poquet
0 0 0,259 0,012
Nombre talles
-1 0,444 0,294 -0,189 0,402 0,283
poquet
0 0 0 0 0
Survie à la récolte 0,388 0,6 0,272 0 -0,139 -0,062
0 0 0 0,994 0,002 0,177
Survie au démariage -0,104 0,107 0,256 -0,322 -0,203 -0,454 0,399
0,022 0,019 0 0 0 0 0
Nombre de poquets
-0,503 -0,547 -0,085 -0,279 -0,249 -0,314 -0,509 0,266
végétatifs
0 0 0,062 0 0 0 0 0
Nombre de poquets
-0,395 -0,393 0,099 -0,171 -0,177 -0,241 -0,272 0,254 0,445
non matures
0 0 0,029 0 0 0 0 0 0
MOV -0,103 0,035 0,192 -0,074 -0,053 -0,059 0,139 0,16 0,019 0,035
0,024 0,45 0 0,106 0,243 0,193 0,002 0 0,673 0,443
MOF 0,284 0,322 0,022 0,172 0,102 0,144 0,213 -0,091 -0,24 -0,225 -0,01
0 0 0,637 0 0,026 0,001 0 0,045 0 0 0,828

Tableau 6-9. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs à Banizoumbou en 2005


Nombre
Poids Nombre de
Indice des Nombre Nombre Survie de poquets
Banizoumbou Rendement Rendement de grains d'épis talles à la Survie au poquets non
2005 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
récolte démariage végétatifs matures MOV
Rendement grain 0,663
0
Indice de récolte -0,341 0,4
0 0
Poids des grains
-1 0,524 0,78 0,348
épi
0 0 0
Nombre d'épis
-1 0,635 0,78 0,183 0,493
poquet
0 0 0,012 0
Nombre talles
-1 0,47 0,41 -0,102 0,418 0,452
poquet
0 0 0,165 0 0
Survie à la récolte 0,229 0,41 0,271 -0,031 0,246 0,014
0,002 0 0 0,675 0,001 0,849
Survie au démariage -0,028 0,17 0,182 -0,131 0,078 -0,176 0,42
0,702 0,02 0,012 0,072 0,283 0,016 0
Nombre de poquets
-0,406 -0,5 -0,213 -0,395 -0,53 -0,354 -0,508 0,08
végétatifs
0 0 0,003 0 0 0 0 0,274
Nombre de poquets
-0,252 -0,3 -0,021 -0,198 -0,149 -0,097 -0,216 0,072 0,192
non matures
0 0 0,773 0,006 0,041 0,183 0,003 0,327 0,008
MOV 0,095 0,1 -0,018 0,009 0,116 0,23 0,283 0,12 -0,204 -0,174
0,193 0,17 0,807 0,903 0,111 0,001 0 0,1 0,005 0,017
-
MOF 0,321 0 -0,287 0,066 0,038 -0,052 -0,053 -0,044 -0,063 0,098
0,279

6-15
Annexes 6-16

0 0,96 0 0,365 0,604 0,478 0,467 0,551 0,389 0,18 0

Tableau 6-10. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs à Bagoua en 2005


Nombre
Poids Nombre de
Indice des Nombre Nombre Survie de poquets
Bagoua Rendement Rendement de grains d'épis talles à la Survie au poquets non
2005 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
récolte démariage végétatifs matures MOV
Rendement grain 0,688
0
Indice de récolte -0,464 0,23
0 0
Poids des grains
-1 0,39 0,73 0,348
épi
0 0 0
Nombre d'épis
-1 0,33 0,39 -0,013 0,157
poquet
0 0 0,855 0,031
Nombre talles
-1 0,299 0,35 -0,009 0,329 0,287
poquet
0 0 0,899 0 0
Survie à la récolte 0,225 0,23 -0,046 -0,233 -0,391 -0,059
0,002 0 0,532 0,001 0 0,419
Survie au démariage -0,009 0 0,027 -0,233 0,043 -0,048 0,337
0,904 0,97 0,712 0,001 0,553 0,513 0
Nombre de poquets
-0,363 -0,4 0,1 -0,202 -0,078 -0,208 -0,352 -0,05
végétatifs
0 0 0,169 0,005 0,284 0,004 0 0,494
Nombre de poquets
-0,348 -0,3 0,147 -0,238 -0,171 -0,216 -0,014 0,168 0,354
non matures
0 0 0,043 0,001 0,018 0,003 0,847 0,021 0
MOV 0,083 0,14 0,045 -0,023 0,063 0,19 0,284 0,375 -0,343 -0,008
0,255 0,05 0,536 0,757 0,392 0,009 0 0 0 0,91
MOF 0,307 0,3 -0,039 0,267 0,339 0,287 -0,175 -0,194 -0,142 -0,286 0,093
0 0 0,593 0 0 0 0,016 0,007 0,052 0 0,202

Tableau 6-11. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs à Kodey en 2005


Nombre
Poids Nombre de
Indice des Nombre Nombre Survie de poquets
Kodey Rendement Rendement de grains d’épis talles à la Survie au poquets non
2005 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
récolte démariage végétatifs matures MOV
Rendement grain 0,552
0
Indice de récolte -0,54 0,17
0 0,02
Poids des grains
-1 0,092 0,36 0,255
épi
0,209 0 0
Nombre d’épis
-1 0,146 0,28 0,052 -0,265
poquet
0,045 0 0,481 0
Nombre talles
-1 0,232 0,36 -0,066 0,317 0,021
poquet
0,001 0 0,364 0 0,776
Survie à la récolte 0,411 0,48 -0,225 -0,192 -0,186 0,193
0 0 0,002 0,008 0,01 0,008
Survie au démariage 0,149 0,13 -0,026 -0,111 0,037 -0,094 0,196
0,041 0,08 0,725 0,128 0,616 0,2 0,007
Nombre de poquets
-0,14 -0,3 0,046 0,192 -0,009 -0,203 -0,592 0,038
végétatifs
0,055 0 0,527 0,008 0,898 0,005 0 0,607

6-16
Annexes 6-17

Nombre de poquets
-0,061 -0,1 0,016 -0,014 0,026 -0,189 -0,311 0,074 0,488
non matures
0,401 0,05 0,831 0,843 0,722 0,009 0 0,311 0
MOV 0,249 0,2 -0,092 -0,02 0,19 0,067 -0,014 0,04 -0,241 -0,093
0,001 0,01 0,207 0,78 0,009 0,359 0,854 0,583 0,001 0,203
-
MOF -0,08 0,25 0,22 -0,018 0,097 0,137 0,339 0,165 -0,275 -0,359
0,345
0,274 0 0,002 0,804 0,184 0,061 0 0,023 0 0 0

Tableau 6-12. Coefficients corrélation de Spearman et p-valeurs tous sites confondus en 2005
Nombre
Poids Nombre de
Indice des Nombre Nombre Survie de poquets
Tous sites Rendement Rendement de grains d'épis talles à la Survie au poquets non
2005 en paille en grain récolte épi
-1
poquet
-1
poquet
-1
récolte démariage végétatifs matures MOV
Rendement grain 0,543
0
Indice de récolte -0,412 0,42
0 0
Poids des grains
-1 0,292 0,69 0,416
épi
0 0 0
Nombre d'épis
-1 0,316 0,44 0,102 0,13
poquet
0 0 0,015 0,002
Nombre talles
-1 0,307 0,41 0,055 0,394 0,246
poquet
0 0 0,192 0 0
Survie à la récolte 0,28 0,39 0,067 -0,072 -0,224 0,09
0 0 0,111 0,087 0 0,031
Survie au démariage 0,042 0,1 0,06 -0,139 0,059 -0,103 0,263
0,313 0,02 0,156 0,001 0,159 0,014 0
Nombre de poquets
-0,202 -0,4 -0,182 -0,148 -0,17 -0,269 -0,471 0,033
végétatifs
0 0 0 0 0 0 0 0,439
Nombre de poquets
-0,11 -0,4 -0,225 -0,25 -0,051 -0,25 -0,313 0,071 0,519
non matures
0,009 0 0 0 0,229 0 0 0,093 0
MOV 0,113 0,16 0,023 0,021 0,018 0,178 0,274 0,135 -0,174 -0,131
0,007 0 0,579 0,62 0,676 0 0 0,001 0 0,002
-
MOF 0,168 0,15 -0,018 0,101 0,151 0,133 0,058 -0,014 -0,164 -0,204
0,165
0 0 0,663 0,016 0 0,001 0,17 0,734 0 0 0

6-17
Annexes 7-18

7. Tableaux de moyennes, analyse de variance et comparaisons


multiples par année

Tableau 7-1. ANOVA (2003)................................................................................................7-19


Tableau 7-2. Moyennes et p-valeurs 2003 ............................................................................7-20
Tableau 7-3. Comparaisons multiples (Bonferroni) (2003) ..................................................7-22
Tableau 7-4. ANOVA (2004)................................................................................................7-23
Tableau 7-5. Moyennes et p-valeurs (2004)..........................................................................7-24
Tableau 7-6. Comparaisons multiples (Bonferroni) (2004) ..................................................7-26
Tableau 7-7. ANOVA (2005)................................................................................................7-27
Tableau 7-8. Moyennes et p-valeurs (2005)..........................................................................7-28
Tableau 7-9. Comparaisons multiples (Bonferroni) (2005) ..................................................7-30

7-18
Annexes 7-19

Tableau 7-1. ANOVA (2003)


Type 3 Tests of Fixed Effects Rdmt paille Rdt grain HI Pds grains epis/pkt talles/pkt taux survie survie dém
Effect Num DF Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F
SITE 2 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 0.7714 <.0001 <.0001 <.0001
STRAT 4 <.0001 <.0001 0.2109 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 0.0002
SITE *STRAT 8 <.0001 <.0001 <.0001 0.0139 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001
FERT 2 0.0346 0.0098 0.6398 0.5982 0.0072 0.0151 0.8337 0.0016
SITE *FERT 4 0.8076 0.1556 0.0352 0.5754 0.5764 0.2692 0.0293 0.6128
STRAT *FERT 8 0.4271 0.0595 0.4133 0.1101 0.1914 0.2583 0.0225 0.7846
SITE *STRAT *FERT 16 0.9055 0.1876 0.6294 0.4409 0.2571 0.4584 0.9108 0.1339
VAR 2 <.0001 0.0038 <.0001 <.0001 0.0628 <.0001 0.0611 <.0001
SITE *VAR 4 0.4917 0.1837 0.0005 0.4604 0.7006 0.8450 0.6611 0.0034
STRAT *VAR 8 0.6124 0.4788 0.8801 0.6401 0.9189 0.7560 0.0644 0.0071
SITE *STRAT *VAR 16 0.8857 0.7353 0.4128 0.6578 0.4207 0.2712 0.6063 0.0187
FERT *VAR 4 0.1297 0.0698 0.2731 0.2010 0.3205 0.7728 0.8797 0.3836
SITE *FERT *VAR 8 0.0554 0.1401 0.6110 0.8200 0.5285 0.9018 0.9506 0.7768
STRAT *FERT *VAR 16 0.0565 0.1331 0.5763 0.9711 0.6109 0.8635 0.9425 0.8756
SITE*STRA*FERT*VAR 32 0.4849 0.8946 0.2063 0.5774 0.3609 0.7483 0.7023 0.8180
Rdmt paille = rendement en paille, Rdmt grain = rendement en grain, HI = indice de récolte, Pds grains = poids des grains par épi, epis/pkt = nombre d’épis par poquet,
talles/pkt = nombre de talles par poquet, taux survie = taux de survie à la récolte, survie dém = taux de survie au démariage

Annexes 7-19
Annexes 7-20

Tableau 7-2. Moyennes et p-valeurs 2003


Variable SITE Mean FERTILISATION Mean Bagoua Bani Kodey VARIETE Mean Bagoua Bani Kodey
Rendement Bagoua 2041,8 DAP 1956 2115 2686 1065,7 ICMV IS 893 1723 1921 2470 779,1
en paille Bani 2676 DAP + Urée 1985 2052 2845 1057,7 Local 2208 2423 3051 1150,3
-1
(kg ha ) Kodey 956,3 Témoin 1734 1959 2497 745,4 ZATIB 1743 1781 2507 939,5
p-valeur <,0001 p-valeur 0,0346 n.s. n.s. 0,0004 p-valeur <,0001 <,0001 n.s. 0,0003
Rendement Bagoua 692,8 DAP 654,2 704,9 808,9 448,8 ICMV IS 893 672,6 752,4 844 421,2
en grain Bani 812,9 DAP + Urée 664,6 687,8 859 446,9 Local 650,2 713,8 864,9 371,9
-1
(kg ha ) Kodey 395,8 Témoin 582,8 685,8 770,7 291,8 ZATIB 578,8 612,2 729,7 394,4
p-valeur <,0001 p-valeur 0,0098 n.s. n.s. <,0001 p-valeur 0.0038 0,0007 n.s. n.s.
Indice de récolte Bagoua 23,667 DAP 24,056 23,32 21,95 26,9 ICMV IS 893 26,887 26,026 24,269 30,37
(%) Bani 22,072 DAP + Urée 23,906 23,381 22,01 26,33 Local 21,149 21,344 20,74 21,363
Kodey 25,783 Témoin 23,56 24,3 22,255 24,12 ZATIB 23,486 23,631 21,207 25,62
p-valeur <,0001 p-valeur n.s. n.s. n.s. n.s. p-valeur <,0001 0,0021 <,0001 <,0001
Poids des Bagoua 35,386 DAP 31,245 35,42 30,66 27,658 ICMV IS 893 30,411 35,97 29,91 25,35
-1
grains épi Bani 30,777 DAP + Urée 30,994 34,89 31,65 26,44 Local 33,465 37,86 34,04 28,5
(g) Kodey 26,425 Témoin 30,348 35,85 30,03 25,17 ZATIB 28,711 32,33 28,38 25,42
p-valeur <,0001 p-valeur n.s. n.s. n.s. n.s. p-valeur <,0001 0,003 0,0018 0,0778
Nombre d’épis Bagoua 2,8367 DAP 2,967 3,008 2,926 * ICMV IS 893 2,976 2,917 3,035 *
-1
poquet Bani 2,863 DAP + Urée 2,936 2,93 2,941 * Local 2,859 2,894 2,825 *
Kodey * Témoin 2,647 2,572 2,722 * ZATIB 2,714 2,699 2,73 *
p-valeur n.s. p-valeur 0,0072 0,0125 n.s. p-valeur n.s. n.s. n.s.
Nombre de talles Bagoua 3,446 DAP 3,344 3,769 3,375 2,888 ICMV IS 893 3,1678 3,35 3,426 2,728
-1
poquet Bani 3,418 DAP + Urée 3,2493 3,399 3,536 2,8127 Local 3,479 3,797 3,702 2,937
Kodey 2,7493 Témoin 3,0203 3,171 3,344 2,547 ZATIB 2,9671 3,191 3,128 2,582
p-valeur <,0001 p-valeur 0,0151 0,0373 n.s. 0,0347 p-valeur <,0001 0,0287 0,0311 0,0357
Taux de survie Bagoua 72,83 DAP 79,47 71,08 87,85 * ICMV IS 893 82,39 75,64 89,14 *
à la récolte Bani 87,54 DAP + Urée 80,4 70,86 89,93 * Local 77,43 68,97 85,9 *
(%) Kodey * Témoin 80,69 76,54 84,83 * ZATIB 80,73 73,88 87,57 *
p-valeur <,0001 p-valeur n.s. n.s. n.s. p-valeur n.s. n.s. n.s.
Taux de survie Bagoua 73,13 DAP 80,04 70,14 88,54 81,45 ICMV IS 893 85,46 75,34 92,76 88,28
au démariage Bani 89,905 DAP + Urée 81,7 72,01 90,27 82,81 Local 77,26 70,62 86,89 74,29
(%) Kodey 83,6 Témoin 84,9 77,25 90,91 86,54 ZATIB 83,91 73,44 90,06 88,23
p-valeur <,0001 p-valeur 0.0016 n.s. n.s. 0,0299 p-valeur <,0001 n.s. 0,0045 <,0001
Nombre de poquets Bagoua 0,6 DAP 0,1222 0,156 0,0889 * ICMV IS 893 0,467 0,1333 0,8 *
végétatifs Bani 0,674 DAP + Urée 0,1222 0,244 0 * Local 0,7 0,889 0,511 *
Kodey * Témoin 1,667 1,4 1,933 * ZATIB 0,744 0,778 0,711 *
Nombre de poquets Bagoua 0,3407 DAP 0,1333 0,1333 0,1333 * ICMV IS 893 0,278 0,222 0,333 *
non matures Bani 0,6 DAP + Urée 0,2333 0,267 0,2 * Local 0,578 0,378 0,778 *
Kodey * Témoin 1,044 0,622 1,467 * ZATIB 0,556 0,422 0,689 *

Annexes 7-20
Annexes 7-21

Moyennes et p-valeurs 2003 (suite du Tableau 7-2)


Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey
Rendement FT03 1762,7 2070 1791 1427 Nombre de talles FT03 3,366 4,315 2,973 2,8089
-1
en paille NF 890,1 1081 1076,3 513,1 poquet NF 2,4337 2,554 2,565 2,181
-1
(kg ha ) PA01 1800 2139 2493 767,1 PA01 3,338 3,62 3,449 2,945
PA02 1817 1940 2487 1024 PA02 3,076 3,048 3,396 2,784
PA03 3187 2979 5534 1049,9 PA03 3,81 3,693 4,709 3,027
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
Rendement FT03 606,8 658,4 684,5 477,5 Taux de survie FT03 72,91 58,39 87,43 *
en grain NF 331,5 423,8 389,3 181,5 à la récolte NF 78,01 75,72 80,29 *
-1
(kg ha ) PA01 637 793,1 746,8 371,3 (%) PA01 78,49 73,62 83,36 *
PA02 622,8 647,8 748,5 471,9 PA02 86,37 82,21 90,53 *
PA03 971,1 941 1495 476,9 PA03 85,14 74,21 96,07 *
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 p-valeur <,0001 <,0001 <,0001
Indice de récolte FT03 23,449 22,389 25,089 22,87 Taux de survie FT03 81,37 60,12 93,85 90,14
(%) NF 23,731 25,486 23,498 22,21 au démariage NF 83,74 80,78 86,81 83,62
PA01 24,816 24,75 20,821 28,88 (%) PA01 77,34 70,03 80,53 81,45
PA02 23,913 23,459 20,937 27,34 PA02 83,86 81,27 90,3 80,01
PA03 23,295 22,252 20,015 27,62 PA03 84,76 73,46 98,041 82,77
p-valeur n.s. 0,0021 <,0001 <,0001 p-valeur 0,0002 <,0001 <,0001 0,0015
Poids des FT03 31,739 36,83 29,73 28,66 Nombre de poquets FT03 0 0 0 *
-1
grains épi NF 25,441 30,34 23,85 22,13 végétatifs NF 2,87 2,41 3,333 *
(g) PA01 31,681 37,42 32,52 25,1 PA01 0,0185 0 0,037 *
PA02 31,757 33,12 32,75 29,4 PA02 0,296 0,593 0 *
PA03 33,69 39,22 35,03 26,84 PA03 0 0 0 *
p-valeur <,0001 0,0002 <,0001 0,0038
Nombre d’épis FT03 3,024 3,373 2,675 * Nombre de poquets FT03 0,1852 0,037 0,333 *
-1
poquet NF 1,9685 1,9299 2,007 * non matures NF 1,611 1,111 2,111 *
PA01 2,8933 3,016 2,771 * PA01 0,1111 0,037 0,1852 *
PA02 2,4689 2,456 2,4818 * PA02 0,426 0,519 0,333 *
PA03 3,895 3,409 4,381 * PA03 0,0185 0 0,037 *
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001

Annexes 7-21
Annexes 7-22

Tableau 7-3. Comparaisons multiples (Bonferroni) (2003)


Differences of Least Squares Means Rdmt paille Rdt grain HI Pds grains epis/pkt talles/pkt taux survie survie dém
Effect Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F
FERT DAP DAP + Urée 0,7812 0,7197 0,782 0,7806 0,7784 0,4023 0,6495 0,233
FERT DAP Témoin 0,0343 0,0137 0,3595 0,321 0,0045 0,0044 0,5521 0,0005
FERT DAP + Urée Témoin 0,0168 0,0048 0,5222 0,4751 0,0103 0,0436 0,8884 0,0212
STRAT FT03 NF <,0001 <,0001 0,6864 <,0001 <,0001 <,0001 0,0554 0,186
STRAT FT03 PA01 0,7845 0,4168 0,051 0,9605 0,366 0,8504 0,0362 0,0247
STRAT FT03 PA02 0,6861 0,6681 0,507 0,9874 0,0002 0,048 <,0001 0,1643
STRAT FT03 PA03 <,0001 <,0001 0,8252 0,0944 <,0001 0,0025 <,0001 0,0587
STRAT NF PA01 <,0001 <,0001 0,121 <,0001 <,0001 <,0001 0,8562 0,0004
STRAT NF PA02 <,0001 <,0001 0,795 <,0001 0,0006 <,0001 0,0018 0,9454
STRAT NF PA03 <,0001 <,0001 0,5323 <,0001 <,0001 <,0001 0,0076 0,5682
STRAT PA01 PA02 0,896 0,7013 0,1963 0,9479 0,0035 0,0734 0,0032 0,0003
STRAT PA01 PA03 <,0001 <,0001 0,03 0,0851 <,0001 0,0013 0,0127 <,0001
STRAT PA02 PA03 <,0001 <,0001 0,3767 0,0975 <,0001 <,0001 0,6413 0,6155
VAR ICMV IS 89305 Local <,0001 0,4384 <,0001 0,0008 0,2963 0,0063 0,0165 <,0001
VAR ICMV IS 89305 ZATIB 0,8525 0,0013 <,0001 0,0605 0,0197 0,0766 0,419 0,2637
VAR Local ZATIB <,0001 0,0138 <,0001 <,0001 0,1941 <,0001 0,1097 <,0001
SITE Bagoua Banizoumbou <,0001 <,0001 0,0034 <,0001 0,773 0,8061 <,0001 <,0001
SITE Bagoua Kodey <,0001 <,0001 0,0001 <,0001 * <,0001 * <,0001
SITE Banizoumbou Kodey <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 * <,0001 * <,0001
Rdmt paille = rendement en paille, Rdmt grain = rendement en grain, HI = indice de récolte, Pds grains = poids des grains par épi, epis/pkt = nombre d’épis par poquet,
talles/pkt = nombre de talles par poquet, taux survie = taux de survie à la récolte, survie dém = taux de survie au démariage

Annexes 7-22
Annexes 7-23

Tableau 7-4. ANOVA (2004)


Type 3 Tests of Fixed Effects Rdmt paille Rdt grain HI Pds grains epis/pkt talles/pkt taux survie survie dém
Effect Num DF Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F
SITE 2 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 0.0804 <.0001 <.0001 <.0001
STRAT 5 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001
SITE *STRAT 10 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 0.0318 <.0001 <.0001 <.0001
FERT 2 <.0001 <.0001 0.0076 0.0061 0.0002 0.0442 <.0001 <.0001
SITE *FERT 4 0.8920 0.0111 <.0001 0.0046 0.3813 0.2483 <.0001 <.0001
STRAT *FERT 10 0.0361 0.0394 0.1187 0.1617 0.3089 0.2365 0.0032 0.2688
SITE *STRAT *FERT 20 0.6107 0.5557 0.0204 0.1852 0.7134 0.2746 0.0562 0.2887
VAR 2 0.0026 <.0001 <.0001 <.0001 0.3784 <.0001 <.0001 <.0001
SITE *VAR 4 0.0031 0.1875 <.0001 0.0003 0.0034 <.0001 0.4480 <.0001
STRAT *VAR 10 0.2387 0.5972 0.4965 0.6074 0.0883 0.1971 0.5735 0.0170
SITE *STRAT *VAR 20 0.5450 0.6968 0.4294 0.6679 0.6197 0.6419 0.3264 0.0085
FERT *VAR 4 0.9449 0.7442 0.5561 0.7971 0.7512 0.7524 0.8509 0.3742
SITE *FERT *VAR 8 0.5574 0.7174 0.3007 0.1989 0.7218 0.9097 0.9515 0.3762
STRAT *FERT *VAR 20 0.8347 0.6861 0.4679 0.2473 0.1283 0.5541 0.7869 0.0120
SITE*STRA*FERT*VAR 40 0.3906 0.8822 0.7000 0.0922 0.2476 0.9900 0.9001 0.0536
Rdmt paille = rendement en paille, Rdmt grain = rendement en grain, HI = indice de récolte, Pds grains = poids des grains par épi, epis/pkt = nombre d’épis par poquet,
talles/pkt = nombre de talles par poquet, taux survie = taux de survie à la récolte, survie dém = taux de survie au démariage

Annexes 7-23
Annexes 7-24

Tableau 7-5. Moyennes et p-valeurs (2004)


Variable SITE Mean FERTILISATION Mean Bagoua Bani Kodey VARIETE Mean Bagoua Bani Kodey
Rendement Bagoua 1494,3 DAP 1323,3 1536,9 828,7 1604,2 ICMV IS 893 1315,2 1499,1 815,5 1621,8
en paille Bani 742,2 DAP + Urée 1368,9 1644,3 834,6 1628 Local 1311,8 1720,6 700,7 1514
-1
(kg ha ) Kodey 1539,5 Témoin 1088,1 1301,6 556,4 1387 ZATIB 1155 1263 711,2 1482,6
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 0,0026 <,0001 0,0479 p-valeur 0.0026 <,0001 n.s. n.s.
Rendement Bagoua 802,4 DAP 717,6 862,7 628,9 661,2 ICMV IS 893 747,6 874,3 673,3 692,5
en grain Bani 571,5 DAP + Urée 720,1 807,8 642,5 710,1 Local 612,5 748,5 455,1 628,1
-1
(kg ha ) Kodey 654,2 Témoin 591 736,5 426,9 591,4 ZATIB 671,9 784,3 586 642,2
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 0,0178 <,0001 0,008 p-valeur <,0001 0,0148 0,0003 n.s.
Indice de récolte Bagoua 30,571 DAP 31,212 31,733 35,859 26,043 ICMV IS 893 31,445 31,935 36,251 26,326
(%) Bani 34,341 DAP + Urée 30,388 28,9 34,94 27,321 Local 28,073 26,695 31,17 26,467
Kodey 26,564 Témoin 29,705 31,08 31,96 26,33 ZATIB 31,814 33,083 35,6 26,9
p-valeur <,0001 p-valeur 0.0076 0,0025 0,0002 n.s. p-valeur <,0001 <,0001 0,0006 n.s.
Poids des Bagoua 37,716 DAP 34,71 39,476 29,58 35,07 ICMV IS 893 33,103 38,63 28,8 31,71
-1
grains épi Bani 29,491 DAP + Urée 34,616 36,65 29,366 37,83 Local 36,246 37,6 31,19 39,77
(g) Kodey 34,691 Témoin 32,69 37,03 29,53 31,16 ZATIB 32,717 36,91 28,48 32,59
p-valeur <,0001 p-valeur 0.0061 n.s. n.s. <,0001 p-valeur <,0001 n.s. n.s. <,0001
Nombre d’épis Bagoua 3,1171 DAP 3,2293 3,345 3,043 3,3 ICMV IS 893 3,1309 2,956 3,223 3,219
-1
poquet Bani 2,931 DAP + Urée 3,2192 3,124 3,043 3,487 Local 3,1175 3,281 2,655 3,408
Kodey 3,1947 Témoin 2,7918 2,882 2,686 2,798 ZATIB 3,0001 3,114 2,926 2,9573
p-valeur n. s. p-valeur 0.0002 0,0258 n.s. 0,016 p-valeur n.s. n.s. 0,0005 n.s.
Nombre de talles Bagoua 3,8132 DAP 4,02 3,836 3,386 4,838 ICMV IS 893 3,8617 3,7 3,695 4,19
-1
poquet Bani 3,5183 DAP + Urée 4,087 3,963 3,679 4,619 Local 4,304 4,281 3,352 5,262
Kodey 4,566 Témoin 3,794 3,641 3,489 4,241 ZATIB 3,7377 3,458 3,504 4,246
p-valeur <,0001 p-valeur 0.0442 n.s. n.s. n.s. p-valeur <,0001 <,0001 n.s. <,0001
Taux de survie Bagoua 70,51 DAP 67,05 69,75 68,52 62,87 ICMV IS 893 71,99 78,19 66,07 71,7
à la récolte Bani 59,36 DAP + Urée 67,3 74,44 67,58 59,88 Local 54,28 62,09 49,47 51,26
(%) Kodey 63,78 Témoin 59,3 67,33 41,98 68,59 ZATIB 67,38 71,24 62,53 68,38
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 n.s. <,0001 0,0143 p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
Taux de survie Bagoua 87,98 DAP 81,67 86,27 91,35 67,39 ICMV IS 893 87,95 88,17 95,715 79,95
au démariage Bani 92,144 DAP + Urée 83,37 88,51 91,858 69,74 Local 78,64 88,23 88,18 59,5
(%) Kodey 72,98 Témoin 88,06 89,15 93,22 81,82 ZATIB 86,52 87,53 92,53 79,49
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 n.s. n.s. <,0001 p-valeur <,0001 n.s. <,0001 <,0001
Nombre de poquets Bagoua 5,586 DAP 3,093 4,074 4,481 0,722 ICMV IS 893 4,389 4,59 6,98 1,593
végétatifs Bani 8,204 DAP + Urée 3,29 2,63 6,39 0,852 Local 5,747 6,41 9,06 1,778
Kodey 1,537 Témoin 8,944 10,06 13,74 3,037 ZATIB 5,191 5,76 8,57 1,241
Nombre de poquets Bagoua 4,13 DAP 3,654 4,278 5,278 1,407 ICMV IS 893 4,407 3,889 7,241 2,093
non matures Bani 6,228 DAP + Urée 3,685 3,981 5,093 1,981 Local 4,623 5,019 6,481 2,37
Kodey 2,056 Témoin 5,074 4,13 8,315 2,778 ZATIB 3,383 3,481 4,963 1,704

Annexes 7-24
Annexes 7-25

Moyennes et p-valeurs 2004 (suite du Tableau 7-5)


Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey
Rendement FT03 1403,1 1459 671 2079 Nombre de talles FT03 3,737 3,362 3,507 4,342
-1
en paille FT04 1476,4 1832 983 1614 poquet FT04 4,511 4,775 3,652 5,107
-1
(kg ha ) NF 694 1001,1 261,9 787,1 NF 3,286 3,339 2,951 3,542
PA02 924 1050,5 440,5 1281 PA02 3,892 2,829 3,502 5,346
PA03 1413,1 1849 894,4 1495,9 PA03 4,398 5,079 3,67 4,445
PA04 1640,2 1773,2 1166,7 1981 PA04 3,965 3,495 3,785 4,615
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 p-valeur <,0001 <,0001 n.s. <,0001
Rendement FT03 696,4 859,8 448,8 780,6 Taux de survie FT03 72,26 76,54 62,51 77,73
en grain FT04 747,6 755,2 763,9 723,5 à la récolte FT04 68,45 62,78 80,66 61,91
-1
(kg ha ) NF 341,5 505,8 151,8 331,7 (%) NF 47,29 62,09 18,79 61
PA02 547,4 655,7 371,1 608,7 PA02 58,7 79,79 45,22 51,07
PA03 732,5 880,1 651 666,5 PA03 60,33 56,38 61,36 63,24
PA04 976,3 1157,6 957,1 814,4 PA04 80,26 85,46 87,61 67,72
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
Indice de récolte FT03 30,246 32,86 33,25 24,62 Taux de survie FT03 93,41 99,021 94,67 86,53
(%) FT04 30,204 26,334 36,16 28,123 au démariage FT04 75,8 63,94 95,194 68,26
NF 26,736 28,763 25,63 25,607 (%) NF 84,57 98,684 83,26 71,78
PA02 32,869 32,852 37,04 28,876 PA02 83,72 98,837 90,11 62,2
PA03 29,796 28,422 34,757 26,208 PA03 78,1 69,18 92,99 72,15
PA04 32,614 34,19 37,699 25,952 PA04 90,6 98,194 96,633 76,98
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 0,0117 p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
Poids des FT03 32,229 37,19 27,05 32,45 Nombre de poquets FT03 5,778 7,04 10,3 0
-1
grains épi FT04 37,116 39,66 31,92 39,76 végétatifs FT04 2,889 1,963 4,81 1,889
(g) NF 26,49 31,93 24,01 23,08 NF 11,44 15,33 15,78 3,222
PA02 34,65 32,41 30,59 40,79 PA02 6,481 6,52 11,44 1,481
PA03 35,78 44,26 29,26 33,8 PA03 2,272 0,593 4,556 1,667
PA04 37,412 40,84 33,141 38,25 PA04 1,79 2,074 2,333 0,963
p-valeur <,0001 <,0001 0,0002 <,0001
Nombre d’épis FT03 3,0204 3,077 2,66 3,324 Nombre de poquets FT03 3,42 2,407 7,63 0,222
-1
poquet FT04 3,0817 3,105 2,949 3,191 non matures FT04 3,173 2,296 4,185 3,037
NF 2,63 2,543 2,368 2,93 NF 7,025 11,67 6,333 3,074
PA02 2,7424 2,4939 2,555 3,171 PA02 4,901 2,852 9,56 2,296
PA03 3,668 4,042 3,658 3,303 PA03 3,716 1,519 7,63 2
PA04 3,3223 3,44 3,277 3,249 PA04 2,593 4,037 2,037 1,704
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 n.s.

Annexes 7-25
Annexes 7-26

Tableau 7-6. Comparaisons multiples (Bonferroni) (2004)


Differences of Least Squares Means Rdmt paille Rdt grain HI Pds grains epis/pkt talles/pkt taux survie survie dém
Effect Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F
FERT DAP DAP + Urée 0,3917 0,9179 0,1588 0,9115 0,9458 0,5845 0,8857 0,1423
FERT DAP Témoin <,0001 <,0001 0,0038 0,0064 <,0001 0,0531 <,0001 <,0001
FERT DAP + Urée Témoin <,0001 <,0001 0,1304 0,0089 <,0001 0,0133 <,0001 <,0001
STRAT FT03 FT04 0,3311 0,1394 0,9598 <,0001 0,692 <,0001 0,1242 <,0001
STRAT FT03 NF <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0171 0,0081 <,0001 <,0001
STRAT FT03 PA02 <,0001 <,0001 0,0017 0,0534 0,0652 0,3681 <,0001 <,0001
STRAT FT03 PA03 0,8948 0,2964 0,5856 0,0035 <,0001 0,0001 <,0001 <,0001
STRAT FT03 PA04 0,0018 <,0001 0,0043 <,0001 0,0514 0,1875 0,0013 0,0868
STRAT FT04 NF <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0057 <,0001 <,0001 <,0001
STRAT FT04 PA02 <,0001 <,0001 0,0014 0,0366 0,0254 0,0004 <,0001 <,0001
STRAT FT04 PA03 0,401 0,6636 0,6207 0,2671 0,0002 0,5123 0,0011 0,159
STRAT FT04 PA04 0,03 <,0001 0,0037 0,8065 0,1201 0,0017 <,0001 <,0001
STRAT NF PA02 0,0011 <,0001 <,0001 <,0001 0,5622 0,0004 <,0001 0,6003
STRAT NF PA03 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
STRAT NF PA04 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0003
STRAT PA02 PA03 <,0001 <,0001 0,0002 0,3228 <,0001 0,0036 0,51 0,0007
STRAT PA02 PA04 <,0001 <,0001 0,7659 0,0197 0,0002 0,6752 <,0001 <,0001
STRAT PA03 PA04 0,0027 <,0001 0,0007 0,1758 0,0258 0,0125 <,0001 <,0001
VAR ICMV IS 89305 Local 0,9138 <,0001 <,0001 0,0003 0,8556 0,0004 <,0001 <,0001
VAR ICMV IS 89305 ZATIB 0,0032 0,0031 0,4943 0,6682 0,2088 0,2895 0,0088 0,2172
VAR Local ZATIB 0,0022 0,0139 <,0001 <,0001 0,2803 <,0001 <,0001 <,0001
SITE Bagoua Banizoumbou <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0792 0,0137 <,0001 0,0003
SITE Bagoua Kodey 0,3951 <,0001 <,0001 0,0004 0,4777 <,0001 0,0001 <,0001
SITE Banizoumbou Kodey <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0143 <,0001 0,0119 <,0001
Rdmt paille = rendement en paille, Rdmt grain = rendement en grain, HI = indice de récolte, Pds grains = poids des grains par épi, epis/pkt = nombre d’épis par poquet,
talles/pkt = nombre de talles par poquet, taux survie = taux de survie à la récolte, survie dém = taux de survie au démariage

Annexes 7-26
Annexes 7-27

Tableau 7-7. ANOVA (2005)


Type 3 Tests of Fixed Effects Rdmt paille Rdt grain HI Pds grains epis/pkt talles/pkt taux survie survie dém
Effect Num DF Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F
SITE 2 0.7913 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 0.5857
STRAT 6 <.0001 <.0001 0.5243 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001
SITE *STRAT 12 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 <.0001 0.0002 <.0001 <.0001
FERT 2 <.0001 <.0001 0.0001 0.0002 0.4065 <.0001 0.0004 <.0001
SITE *FERT 4 0.0001 <.0001 0.0263 <.0001 <.0001 0.0122 <.0001 0.0083
STRAT *FERT 12 0.0433 0.0171 0.4010 0.5136 0.8103 0.5869 <.0001 0.4961
SITE *STRAT *FERT 24 0.2188 0.2210 0.3152 0.4028 0.0060 0.5794 0.0006 0.1470
VAR 2 0.0170 <.0001 <.0001 <.0001 0.0064 <.0001 <.0001 <.0001
SITE *VAR 4 0.7606 0.0150 0.0840 0.6023 0.1391 0.4431 0.0026 0.0073
STRAT *VAR 12 0.7217 0.3107 0.0638 0.0725 0.2322 0.6210 0.0533 0.6522
SITE *STRAT *VAR 24 0.0518 0.0074 0.7490 0.0721 0.3939 0.9111 0.3893 0.0017
FERT *VAR 4 0.5943 0.3766 0.8256 0.0519 0.1253 0.8821 0.0302 0.5427
SITE *FERT *VAR 8 0.8861 0.7145 0.9364 0.8187 0.1600 0.4411 0.4249 0.0213
STRAT *FERT *VAR 24 0.9809 0.4680 0.6902 0.8003 0.5926 0.8630 0.9197 0.4414
SITE*STRA*FERT*VAR 48 0.5399 0.4766 0.5156 0.3488 0.1797 0.8464 0.7692 0.5038
Rdmt paille = rendement en paille, Rdmt grain = rendement en grain, HI = indice de récolte, Pds grains = poids des grains par épi, epis/pkt = nombre d’épis par poquet,
talles/pkt = nombre de talles par poquet, taux survie = taux de survie à la récolte, survie dém = taux de survie au démariage

Annexes 7-27
Annexes 7-28

Tableau 7-8. Moyennes et p-valeurs (2005)


Variable SITE Mean FERTILISATION Mean Bagoua Bani Kodey VARIETE Mean Bagoua Bani Kodey
Rendement Bagoua 901,5 DAP 935 889,7 1005,3 910 ICMV IS 8930 906,1 917 896 905,2
en paille Bani 917,1 DAP + Urée 1044,1 935 1076,6 1120,8 Local 972,1 972,6 956,8 986,8
-1
(kg ha ) Kodey 926,9 Témoin 766,3 879,9 669,3 749,7 ZATIB 867,3 815 898,3 888,5
p-valeur n.s. p-valeur <,0001 n.s. <,0001 <,0001 p-valeur 0.0170 0,0212 n.s. n.s.
Rendement Bagoua 442,7 DAP 409,2 423,6 515,7 288,2 ICMV IS 8930 443,5 481,2 538,1 311,1
en grain Bani 492,1 DAP + Urée 445,4 468,3 562,5 305,5 Local 410,1 443,4 462,2 324,6
-1
(kg ha ) Kodey 292,91 Témoin 373,1 436,1 398,2 285 ZATIB 374,2 403,4 476,1 243,1
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 n.s. <,0001 n.s. p-valeur <,0001 0,0012 0,0114 <,0001
Indice de récolte Bagoua 29,216 DAP 26,38 28,459 29,389 21,293 ICMV IS 8930 28,934 30,614 32,247 23,94
(%) Bani 29,985 DAP + Urée 26,336 29,307 29,676 20,027 Local 26,097 27,7 28,186 22,405
Kodey 22,213 Témoin 28,697 29,882 30,889 25,32 ZATIB 26,383 29,334 29,521 20,294
p-valeur <,0001 p-valeur 0,0001 n.s. n.s. <,0001 p-valeur <,0001 0,0309 0,0003 0,0088
Poids des Bagoua 22,4 DAP 21,2 22,968 24,148 16,483 ICMV IS 8930 20,97 22,598 22,564 17,746
-1
grains épi Bani 22,868 DAP + Urée 21,971 23,838 25,011 17,063 Local 23,377 24,454 25,252 20,427
(g) Kodey 17,473 Témoin 19,57 20,394 19,444 18,872 ZATIB 18,394 20,149 20,787 14,245
p-valeur <,0001 p-valeur 0.0002 0,0007 <,0001 n.s. p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
Nombre d’épis Bagoua 3,0822 DAP 2,7113 3,017 2,5979 2,5187 ICMV IS 8930 2,7703 3,0417 2,5921 2,677
-1
poquet Bani 2,5421 DAP + Urée 2,7914 3,0643 2,7671 2,5429 Local 2,8282 3,297 2,5386 2,6494
Kodey 2,6064 Témoin 2,7279 3,165 2,2612 2,758 ZATIB 2,6321 2,9082 2,4955 2,4927
p-valeur <,0001 p-valeur n.s. n.s. <,0001 n.s. p-valeur 0.0064 0,0092 n.s. n.s.
Nombre de talles Bagoua 3,6657 DAP 3,6364 3,781 3,918 3,21 ICMV IS 8930 3,4692 3,526 3,609 3,273
-1
poquet Bani 3,7633 DAP + Urée 3,798 3,872 4,262 3,262 Local 3,805 4,001 4,085 3,329
Kodey 3,168 Témoin 3,1622 3,3446 3,11 3,032 ZATIB 3,3227 3,4703 3,595 2,9024
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 0,0441 <,0001 n.s. p-valeur <,0001 0,0355 0,0019 0,0435
Taux de survie Bagoua 66,42 DAP 72,68 64,57 81,13 72,33 ICMV IS 8930 76,5 72,41 87,22 69,86
à la récolte Bani 81,625 DAP + Urée 73,77 65,43 82,05 73,84 Local 63,88 56,75 71,47 63,41
(%) Kodey 67,82 Témoin 69,42 69,27 81,7 57,28 ZATIB 75,49 70,12 86,18 70,17
p-valeur <,0001 p-valeur 0.0004 n.s. n.s. <,0001 p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 0,0014
Taux de survie Bagoua 94,451 DAP 93,419 93,821 92,588 93,848 ICMV IS 8930 94,897 94,635 95,225 94,831
au démariage Bani 94,092 DAP + Urée 93,209 93,598 92,667 93,362 Local 93,179 94,228 92,024 93,283
(%) Kodey 94,241 Témoin 96,156 95,933 97,022 95,514 ZATIB 94,709 94,49 95,028 94,608
p-valeur n.s. p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 0,004 p-valeur <,0001 n.s. <,0001 0,0434
Nombre de poquets Bagoua 1,603 DAP 2,18 0,81 0,587 5,143 ICMV IS 8930 3,778 1,603 1,952 7,78
végétatifs Bani 2,016 DAP + Urée 2,265 1,27 0,492 5,03 Local 4,206 1,667 2,016 8,94
Kodey 8,037 Témoin 7,212 2,73 4,97 13,94 ZATIB 3,672 1,54 2,079 7,4
Nombre de poquets Bagoua 2,37 DAP 2,312 2,079 0,444 4,413 ICMV IS 8930 2,852 2,333 0,508 5,714
non matures Bani 0,5556 DAP + Urée 2,312 1,746 0,254 4,937 Local 3,529 2,413 0,952 7,222
Kodey 5,81 Témoin 4,111 3,286 0,968 8,079 ZATIB 2,354 2,365 0,2063 4,492

Annexes 7-28
Annexes 7-29

Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey
Rendement FT03 792,4 667,7 689,8 1019,6 Nombre de talles FT03 3,495 3,321 3,695 3,469
-1
en paille FT04 830 913,4 922,7 654 poquet FT04 3,511 3,464 4,263 2,808
-1
(kg ha ) FT05 977,6 765,2 978,9 1188,7 FT05 3,6856 3,909 3,952 3,196
NF 518 545,3 459,8 549,1 NF 2,757 2,783 3,109 2,38
PA03 1175 1164,5 988,4 1372 PA03 3,5749 3,862 3,894 2,969
PA04 1069,5 1083,2 1209 916,4 PA04 3,871 3,81 3,838 3,965
PA05 1043,5 1171,6 1171 788 PA05 3,831 4,512 3,592 3,39
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 p-valeur <,0001 0,0001 0,0003 <,0001
Rendement FT03 352,7 360 402,2 295,9 Taux de survie FT03 71,51 65,75 80,52 68,27
en grain FT04 395,8 476,6 489,3 221,7 à la récolte FT04 70,64 72,38 82,26 57,29
-1
(kg ha ) FT05 406,8 379,2 484,1 357,2 (%) FT05 78,3 74,85 89,07 70,96
NF 224,1 241,6 263,1 167,6 NF 61,35 55,69 70,87 57,48
PA03 530,9 557,6 709,4 325,6 PA03 75,34 69 86,97 70,05
PA04 503,7 533,4 647,3 330,3 PA04 73,78 69,36 82,53 69,46
PA05 450,7 550,4 449,5 352,2 PA05 72,76 57,93 79,15 81,21
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
Indice de récolte FT03 27,633 31,52 31,14 20,24 Taux de survie FT03 94,092 93,909 94,674 93,69
(%) FT04 28,12 30,16 29,36 24,84 au démariage FT04 92,705 95,103 92,26 90,76
FT05 26,316 28,864 28,89 21,2 (%) FT05 96,306 97,429 95,99 95,5
NF 26,545 27,55 29,65 22,43 NF 92,307 92,929 90,57 93,419
PA03 27,313 28,68 34,821 18,436 PA03 95,919 94,98 97,092 95,684
PA04 27,225 28,986 30,59 22,1 PA04 94,705 94,215 94,827 95,072
PA05 26,812 28,747 25,45 26,24 PA05 93,797 92,593 93,235 95,562
p-valeur n.s. n.s. <,0001 0,0004 p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
Poids des FT03 20,495 22,39 20,98 18,12 Nombre de poquets FT03 4,506 3,148 1,519 8,85
-1
grains épi FT04 20,999 24,28 22,6 16,122 végétatifs FT04 3,173 1,037 1,296 7,19
(g) FT05 19,131 17,239 22,036 18,12 FT05 0,556 0,259 0,481 0,926
NF 17,806 16,948 17,47 19 NF 9,06 4,93 7,67 14,59
PA03 23,168 25,36 26,554 17,594 PA03 7,3 0,2222 0,37 21,3
PA04 22,48 23,56 27,84 16,041 PA04 0,951 0,741 1,259 0,852
PA05 22,316 27,034 22,59 17,32 PA05 1,654 0,889 1,519 2,556
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 n. s.
Nombre d’épis FT03 2,4796 2,559 2,4059 2,4734 Nombre de poquets FT03 3,654 3,963 0,778 6,222
-1
poquet FT04 2,6061 2,797 2,578 2,4433 non matures FT04 2,753 2,296 0,37 5,593
FT05 2,8021 3,062 2,5096 2,8352 FT05 2,123 2,778 0,1111 3,481
NF 2,227 2,686 1,87 2,127 NF 3,84 3,148 0,815 7,556
PA03 3,0484 3,389 3,0764 2,68 PA03 4,469 2,074 0,333 11
PA04 3,087 3,409 2,844 3,0078 PA04 2,284 1,37 0,593 4,889
PA05 2,9541 3,673 2,5109 2,678 PA05 1,259 0,963 0,889 1,926
p-valeur <,0001 <,0001 <,0001 <,0001

Annexes 7-29
Annexes 7-30

Tableau 7-9. Comparaisons multiples (Bonferroni) (2005)


Differences of Least Squares Means Rdmt paille Rdt grain HI Pds grains epis/pkt talles/pkt taux survie survie dém
Effect Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F
FERT DAP DAP + Urée 0,0038 0,0048 0,944 0,1905 0,2208 0,1281 0,3477 0,5648
FERT DAP Témoin <,0001 0,0049 0,0002 0,0057 0,804 <,0001 0,0053 <,0001
FERT DAP + Urée Témoin <,0001 <,0001 0,0002 <,0001 0,3287 <,0001 0,0002 <,0001
STRAT FT03 FT04 0,5112 0,0278 0,6095 0,5753 0,2052 0,9196 0,6264 0,013
STRAT FT03 FT05 0,0013 0,0058 0,1672 0,1294 0,0013 0,2409 0,0002 <,0001
STRAT FT03 NF <,0001 <,0001 0,2535 0,0029 0,0118 <,0001 <,0001 0,0014
STRAT FT03 PA03 <,0001 <,0001 0,7319 0,0031 <,0001 0,6234 0,0334 0,0012
STRAT FT03 PA04 <,0001 <,0001 0,6679 0,0276 <,0001 0,021 0,2035 0,2718
STRAT FT03 PA05 <,0001 <,0001 0,3889 0,0432 <,0001 0,0388 0,4837 0,5952
STRAT FT04 FT05 0,0102 0,5746 0,0588 0,0381 0,0501 0,2837 <,0001 <,0001
STRAT FT04 NF <,0001 <,0001 0,0987 0,0004 0,0002 <,0001 <,0001 0,4749
STRAT FT04 PA03 <,0001 <,0001 0,3936 0,0164 <,0001 0,6965 0,0091 <,0001
STRAT FT04 PA04 <,0001 <,0001 0,3475 0,0999 <,0001 0,0273 0,0789 0,0004
STRAT FT04 PA05 0,0002 0,0052 0,1703 0,1432 0,0005 0,0493 0,2354 0,0504
STRAT FT05 NF <,0001 <,0001 0,8105 0,1408 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
STRAT FT05 PA03 0,0006 <,0001 0,2987 <,0001 0,0143 0,4951 0,0956 0,4731
STRAT FT05 PA04 0,1089 <,0001 0,3406 0,0002 0,0045 0,2545 0,0117 0,0042
STRAT FT05 PA05 0,2503 0,0252 0,6027 0,0004 0,1285 0,3699 0,002 <,0001
STRAT NF PA03 <,0001 <,0001 0,4238 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
STRAT NF PA04 <,0001 <,0001 0,4756 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
STRAT NF PA05 <,0001 <,0001 0,7788 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0077
STRAT PA03 PA04 0,0681 0,1704 0,9311 0,4483 0,6922 0,0688 0,3903 0,0312
STRAT PA03 PA05 0,0228 <,0001 0,6037 0,347 0,3496 0,1147 0,1526 0,0002
STRAT PA04 PA05 0,6491 0,0069 0,6652 0,8554 0,1834 0,8079 0,5672 0,1034
VAR ICMV IS 89305 Local 0,0788 0,0094 <,0001 <,0001 0,3758 0,0017 <,0001 <,0001
VAR ICMV IS 89305 ZATIB 0,2962 <,0001 <,0001 <,0001 0,0344 0,1689 0,3851 0,5963
VAR Local ZATIB 0,0052 0,005 0,6495 <,0001 0,0028 <,0001 <,0001 <,0001
SITE Bagoua Banizoumbou 0,6787 0,0001 0,218 0,4269 <,0001 0,3596 <,0001 0,3255
SITE Bagoua Kodey 0,506 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,237 0,5554
SITE Banizoumbou Kodey 0,8018 <,0001 <,0001 <,0001 0,3282 <,0001 <,0001 0,6936
Rdmt paille = rendement en paille, Rdmt grain = rendement en grain, HI = indice de récolte, Pds grains = poids des grains par épi, epis/pkt = nombre d’épis par poquet,
talles/pkt = nombre de talles par poquet, taux survie = taux de survie à la récolte, survie dém = taux de survie au démariage

Annexes 7-30
Annexes 8-31

8. Tableaux de moyennes, analyse de variance et


comparaisons multiples sur 3 ans et sur 2004 et 2005

Tableau 8-1. ANOVA (2003-2004-2005)................................................................ 8-32


Tableau 8-2. Moyennes et p-valeurs (2003-2004-2005).......................................... 8-33
Tableau 8-3. Comparaison multiples (Bonferroni)(2003-2004-2005)..................... 8-35
Tableau 8-4. ANOVA (2003-2004-2005)*.............................................................. 8-36
Tableau 8-5. Moyennes et p-valeurs (2003-2004-2005)*........................................ 8-37
Tableau 8-6. Comparaison multiples (Bonferroni)(2003-2004-2005)*................... 8-39

*Les strates FT-1 et FT-2 ont été omises pour que les moyennes entre années possèdent le même
effectif

8-31
Annexes 8-32

Tableau 8-1. ANOVA (2003-2004-2005)


Type 3 Tests of Fixed Effects Rdmt paille Rdt grain HI Pds grains epis/pkt talles/pkt taux survie survie dém
Effect Num DF Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F
AN 2 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
SITE 2 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0046 0,6117 <,0001 <,0001
STRAT 2 6 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
FERT 2 <,0001 <,0001 0,5251 0,0004 <,0001 <,0001 0,0154 <,0001
VAR 2 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0094 <,0001 <,0001 <,0001
STRAT *FERT 12 0,2841 0,019 0,3063 0,1943 0,0641 0,1319 <,0001 0,7371
STRAT 2*VAR 12 0,4078 0,9825 0,327 0,4502 0,405 0,4247 0,2622 0,0132
FERT *VAR 4 0,4462 0,1805 0,904 0,5407 0,1915 0,7738 0,3706 0,4461
REP 2 , , , , , , , ,
AN *SITE 4 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
SITE *STRAT 12 <,0001 <,0001 <,0001 0,0038 0,0417 <,0001 <,0001 <,0001
AN *STRAT 2 9 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
AN *FERT 4 0,7854 0,009 0,0006 0,4889 0,0026 0,0761 0,0329 0,2443
AN *VAR 4 <,0001 0,0009 <,0001 0,3716 0,8662 0,9061 0,0003 <,0001
SITE *FERT 4 0,323 0,0007 0,2176 0,367 0,2671 0,2293 <,0001 0,0642
SITE *VAR 4 0,0702 0,2808 0,0273 0,0271 0,0048 0,1498 0,7258 <,0001
Bag = Bagoua, Bani = Banizoumbou, Kod = Kodey, STRAT = strate de fertilité, FERT = fertilisation, VAR = variété
Rdmt paille = rendement en paille, Rdmt grain = rendement en grain, HI = indice de récolte, Pds grains = poids des grains par épi, epis/pkt = nombre d’épis par poquet,
talles/pkt = nombre de talles par poquet, taux survie = taux de survie à la récolte, survie dém = taux de survie au démariage

Annexes 8-32
Annexes 8-33

Tableau 8-2. Moyennes et p-valeurs (2003-2004-2005)


Variable AN Mean SITE Mean FERTILISATION Mean VARIETE Mean
Rendement 2003 1891 Bagoua 1415,8 DAP 1348 ICMV IS 893 1269,3
en paille 2004 1261 Banizoumbou 1349,9 DAP + Urée 1413,7 Local 1428,7
-1
(kg ha ) 2005 915,2 Kodey 1139,3 Témoin 1142,5 ZATIB 1206,5
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Rendement 2003 633,8 Bagoua 632,1 DAP 580 ICMV IS 893 607,9
en grain 2004 677,3 Banizoumbou 608,1 DAP + Urée 597,9 Local 544
-1
(kg ha ) 2005 409,2 Kodey 441,9 Témoin 502,9 ZATIB 529,7
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Indice de récolte 2003 23,84 Bagoua 28,126 DAP 27,345 ICMV IS 893 29,193
(%) 2004 30,44 Banizoumbou 29,175 DAP + Urée 27,012 Local 25,37
2005 27,14 Kodey 24,655 Témoin 27,58 ZATIB 27,37
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur n.s. p-valeur <,0001
Poids des 2003 30,86 Bagoua 31,113 DAP 28,494 ICMV IS 893 27,614
-1
grains épi 2004 34,02 Banizoumbou 27,245 DAP + Urée 28,692 Local 30,445
(g) 2005 20,91 Kodey 25,699 Témoin 26,865 ZATIB 26,006
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur 0,0004 p-valeur <,0001
Nombre d’épis 2003 2,85 Bagoua 3,0256 DAP 2,9538 ICMV IS 893 2,9435
-1
poquet 2004 3,083 Banizoumbou 2,7587 DAP + Urée 2,9774 Local 2,9405
2005 2,744 Kodey 2,8779 Témoin 2,7343 ZATIB 2,783
p-valeur <,0001 p-valeur 0,0046 p-valeur <,0001 p-valeur 0,0094
Nombre de talles 2003 3,205 Bagoua 3,6539 DAP 3,683 ICMV IS 893 3,5163
-1
poquet 2004 3,968 Banizoumbou 3,5861 DAP + Urée 3,742 Local 3,88
2005 3,532 Kodey 3,5177 Témoin 3,3315 ZATIB 3,3615
p-valeur <,0001 p-valeur n.s. p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Taux de survie 2003 80,18 Bagoua 69,565 DAP 71,994 ICMV IS 893 76,042
à la récolte 2004 64,55 Banizoumbou 75,84 DAP + Urée 72,747 Local 63,12
(%) 2005 71,96 Kodey 65,953 Témoin 68 ZATIB 73,581
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur 0,0154 p-valeur <,0001
Taux de survie 2003 82,21 Bagoua 86,37 DAP 85,787 ICMV IS 893 89,959
au démariage 2004 84,37 Banizoumbou 92,28 DAP + Urée 86,731 Local 83,912
(%) 2005 94,26 Kodey 84,199 Témoin 90,331 ZATIB 88,979
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Nombre de poquets 2003 0,637 Bagoua 2,652 DAP 2,095 ICMV IS 893 3,327
végétatifs 2004 5,109 Banizoumbou 3,706 DAP + Urée 2,204 Local 4,057
2005 3,885 Kodey 5,037 Témoin 6,717 ZATIB 3,633
Nombre de poquets 2003 0,47 Bagoua 2,393 DAP 2,361 ICMV IS 893 2,898
non matures 2004 4,138 Banizoumbou 2,459 DAP + Urée 2,392 Local 3,329
2005 2,912 Kodey 4,077 Témoin 3,839 ZATIB 2,365

Annexes 8-33
Annexes 8-34

Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey Variable STRATE Mean Bagoua Bani Kodey
Rendement FT 1405,5 1555,9 1251 1409,8 Nombre de talles FT 3,8541 4,333 3,5259 3,704
-1
en paille FT-1 1116,6 1186,4 796,8 1366 poquet FT-1 3,6241 3,413 3,885 3,575
-1
(kg ha ) FT-2 792,4 667,7 689,8 1019,6 FT-2 3,495 3,321 3,695 3,469
NF 700,8 875,8 607,9 616,4 NF 2,8217 2,892 2,8732 2,701
PA 1957 1974 2624 1272,9 PA 3,8686 3,9 4,029 3,677
PA-1 1433,3 1624,1 1530 1145,5 PA-1 3,7816 3,979 3,635 3,731
PA-2 1299,5 1451,3 1307 1140,1 PA-2 3,6018 3,437 3,615 3,753
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Rendement FT 587 597,6 644,2 519,4 Taux de survie FT 73,26 65,34 85,72 66,44
en grain FT-1 546,1 668,2 469 501,1 à la récolte FT-1 71,45 74,46 72,38 67,51
-1
(kg ha ) FT-2 352,7 360 402,2 295,9 (%) FT-2 71,51 65,75 80,52 68,27
NF 298,1 390,4 275,7 226,9 NF 60,24 64,5 56,65 59,24
PA 799,4 883 967,3 547,9 PA 78,67 72,53 87,61 74,46
PA-1 619,6 687,1 682,3 489,6 PA-1 71,89 69,32 78,14 66,35
PA-2 571,9 668,8 612 435,2 PA-2 69,88 74,14 71,85 60,56
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Indice de récolte FT 26,657 25,862 30,044 24,064 Taux de survie FT 84,49 73,83 95,011 84,63
(%) FT-1 29,183 31,514 31,305 24,73 au démariage FT-1 93,057 97,062 93,465 88,64
FT-2 27,633 31,52 31,14 20,24 (%) FT-2 94,092 93,909 94,674 93,69
NF 25,648 27,266 26,304 23,416 NF 86,872 90,8 86,88 82,94
PA 27,574 28,397 27,72 26,604 PA 89,719 88,08 95,97 85,1
PA-1 26,978 26,956 28,76 25,217 PA-1 85,556 81,55 92,705 82,41
PA-2 28,314 28,761 30,816 25,396 PA-2 85,66 87,95 89,25 79,78
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Poids des FT 29,329 31,24 27,895 28,85 Nombre de poquets FT 1,292 0,741 1,765 1,407
-1
grains épi FT-1 26,614 30,73 24,825 24,28 végétatifs FT-1 4,475 4,037 5,8 3,593
(g) FT-2 20,495 22,39 20,98 18,12 FT-2 4,506 3,148 1,519 8,85
NF 23,179 26,41 21,631 21,4 NF 8,407 7,56 8,93 8,91
PA 31,14 35,7 30,253 27,47 PA 1,292 0,988 1,284 1,759
PA-1 30,004 33,65 29,95 26,41 PA-1 1,282 0,642 1,938 1,259
PA-2 29,813 31,731 29,88 27,83 PA-2 5,171 2,247 3,951 11,39
p-valeur <,0001
Nombre d’épis FT 2,9623 3,1797 2,7111 3,013 Nombre de poquets FT 2,032 1,704 1,543 3,259
-1
poquet FT-1 2,8133 2,9371 2,6191 2,884 non matures FT-1 3,086 2,352 4 2,907
FT-2 2,4796 2,559 2,4059 2,4734 FT-2 3,654 3,963 0,778 6,222
NF 2,3062 2,3864 2,0627 2,528 NF 4,477 5,309 3,086 5,315
PA 3,3274 3,5077 3,39 2,9634 PA 1,449 1,667 0,988 1,815
PA-1 3,1504 3,303 2,995 3,155 PA-1 2,356 1,136 2,852 3,444
PA-2 2,8956 2,9661 2,8038 2,926 PA-2 3,542 1,654 3,358 6,648
p-valeur <,0001

Annexes 8-34
Annexes 8-35

Tableau 8-3. Comparaison multiples (Bonferroni)(2003-2004-2005)


Differences of Least Squares Means Rdmt paille Rdt grain HI Pds grains epis/pkt talles/pkt taux survie survie dém
Effect Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F
FERT DAP DAP + Urée 0,3378 0,4645 0,6452 0,6933 0,8415 0,9966 0,8659 0,2039
FERT DAP Témoin <,0001 <,0001 0,5031 0,0013 0,0003 <,0001 0,0098 <,0001
FERT DAP + Urée Témoin <,0001 <,0001 0,259 0,0003 0,0001 <,0001 0,0158 <,0001
STRAT 2 FT NF <,0001 <,0001 0,0685 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0086
STRAT 2 FT PA <,0001 <,0001 0,0799 0,006 <,0001 0,8818 <,0001 <,0001
STRAT 2 FT PA-1 0,6351 0,087 0,5397 0,3051 0,498 0,4566 0,4043 0,2394
STRAT 2 FT PA-2 0,0691 0,3756 0,0014 0,4646 0,3198 0,0095 0,1412 0,2001
STRAT 2 NF PA <,0001 <,0001 0,0004 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0017
STRAT 2 NF PA-1 <,0001 <,0001 0,0151 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,1458
STRAT 2 NF PA-2 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,1771
STRAT 2 PA PA-1 <,0001 <,0001 0,2549 0,0846 0,0001 0,3718 0,0003 <,0001
STRAT 2 PA PA-2 <,0001 <,0001 0,1455 0,0439 <,0001 0,0061 <,0001 <,0001
STRAT 2 PA-1 PA-2 0,022 0,0095 0,0096 0,7693 0,0946 0,0643 0,0212 0,9165
VAR ICMV IS 89305 Local <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,9307 <,0001 <,0001 <,0001
VAR ICMV IS 89305 ZATIB 0,1227 <,0001 <,0001 0,0007 0,0072 0,0493 0,0619 0,2206
VAR Local ZATIB <,0001 0,171 <,0001 <,0001 0,0093 <,0001 <,0001 <,0001
SITE Bagoua Banizoumbou 0,3975 0,0195 0,1323 <,0001 0,0011 0,9164 <,0001 <,0001
SITE Bagoua Kodey <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 , 0,3647 , 0,022
SITE Banizoumbou Kodey <,0001 <,0001 <,0001 0,0286 , 0,4233 , <,0001
Rdmt paille = rendement en paille, Rdmt grain = rendement en grain, HI = indice de récolte, Pds grains = poids des grains par épi, epis/pkt = nombre d’épis par poquet,
talles/pkt = nombre de talles par poquet, taux survie = taux de survie à la récolte, survie dém = taux de survie au démariage

Annexes 8-35
Annexes 8-36

Tableau 8-4. ANOVA (2003-2004-2005)*


Type 3 Tests of Fixed Effects Rdmt paille Rdt grain HI Pds grains epis/pkt talles/pkt taux survie survie dém
Effect Num DF Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F
AN_DESC 2 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
SITE_DESC 2 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0221 <,0001 <,0001
STRAT_DESC2 4 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
FERT_DESC 2 <,0001 <,0001 0,6261 0,0007 <,0001 <,0001 0,0045 <,0001
VAR_DESC 2 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0026 <,0001 <,0001 <,0001
STRAT_DESC*FERT_DESC 8 0,1724 0,0075 0,1818 0,0696 0,0633 0,0787 <,0001 0,5038
STRAT_DESC2*VAR_DESC 8 0,4043 0,9063 0,3979 0,7375 0,3617 0,2644 0,153 0,0063
FERT_DESC*VAR_DESC 4 0,2859 0,1204 0,7416 0,6754 0,109 0,7156 0,3171 0,4201
REP 2 , , , , , , , ,
AN_DESC*SITE_DESC 4 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
SITE_DESC*STRAT_DESC 8 <,0001 <,0001 0,0001 0,006 0,0794 0,0003 <,0001 <,0001
AN_DESC*STRAT_DESC2 8 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
AN_DESC*FERT_DESC 4 0,7115 0,0076 0,0237 0,3664 0,0008 0,1613 0,0332 0,2671
AN_DESC*VAR_DESC 4 <,0001 0,0003 <,0001 0,3611 0,6714 0,9655 0,0014 <,0001
SITE_DESC*FERT_DESC 4 0,6645 0,0228 0,5283 0,5723 0,3955 0,2482 <,0001 0,131
SITE_DESC*VAR_DESC 4 0,0608 0,4975 0,0264 0,0226 0,0805 0,0888 0,933 <,0001
* Les strates FT-1 et FT-2 ont été omises pour que les moyennes entre années possèdent le même effectif
Bag = Bagoua, Bani = Banizoumbou, Kod = Kodey, STRAT = strate de fertilité, FERT = fertilisation, VAR = variété
Rdmt paille = rendement en paille, Rdmt grain = rendement en grain, HI = indice de récolte, Pds grains = poids des grains par épi, epis/pkt = nombre d’épis par poquet,
talles/pkt = nombre de talles par poquet, taux survie = taux de survie à la récolte, survie dém = taux de survie au démariage

Annexes 8-36
Annexes 8-37

Tableau 8-5. Moyennes et p-valeurs (2003-2004-2005)*


Variable AN Mean SITE Mean FERTILISATION Mean VARIETE Mean
Rendement 2003 1891,4 Bagoua 1496,3 DAP 1406,6 ICMV IS 893 1324,2
en paille 2004 1232,2 Banizoumbou 1468,2 DAP + Urée 1477,6 Local 1485,1
-1
(kg ha ) 2005 956,7 Kodey 1116,9 Témoin 1195,9 ZATIB 1271,3
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Rendement 2003 633,8 Bagoua 645,4 DAP 594,7 ICMV IS 893 624,5
en grain 2004 673,5 Banizoumbou 640,9 DAP + Urée 617,5 Local 558,7
-1
(kg ha ) 2005 423,22 Kodey 443,8 Témoin 516 ZATIB 545,9
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Indice de récolte 2003 23,841 Bagoua 27,448 DAP 27,149 ICMV IS 893 28,94
(%) 2004 30,484 Banizoumbou 28,754 DAP + Urée 26,83 Local 25,181
2005 26,842 Kodey 24,939 Témoin 27,139 ZATIB 26,995
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur n.s. p-valeur <,0001
Poids des 2003 30,862 Bagoua 31,745 DAP 29,177 ICMV IS 893 28,13
-1
grains épi 2004 34,386 Banizoumbou 27,996 DAP + Urée 29,332 Local 31,078
(g) 2005 20,98 Kodey 26,393 Témoin 27,619 ZATIB 26,936
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur 0,0007 p-valeur <,0001
Nombre d’épis 2003 2,8499 Bagoua 3,0685 DAP 3,0074 ICMV IS 893 3,011
-1
poquet 2004 3,0955 Banizoumbou 2,8015 DAP + Urée 3,0373 Local 2,9676
2005 2,8238 Kodey 2,9172 Témoin 2,7469 ZATIB 2,8154
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Nombre de talles 2003 3,2046 Bagoua 3,7082 DAP 3,6643 ICMV IS 893 3,5153
-1
poquet 2004 4,014 Banizoumbou 3,5387 DAP + Urée 3,7554 Local 3,8895
2005 3,544 Kodey 3,5133 Témoin 3,3396 ZATIB 3,3559
p-valeur <,0001 p-valeur 0,0221 p-valeur <,0001 p-valeur n.s.
Taux de survie 2003 80,18 Bagoua 69,166 DAP 71,53 ICMV IS 893 75,68
à la récolte 2004 63,01 Banizoumbou 75,99 DAP + Urée 72,8 Local 63,63
(%) 2005 72,306 Kodey 65,41 Témoin 68,04 ZATIB 73,05
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur 0,0045 p-valeur <,0001
Taux de survie 2003 82,212 Bagoua 84,442 DAP 84,522 ICMV IS 893 89,083
au démariage 2004 82,559 Banizoumbou 91,962 DAP + Urée 85,677 Local 82,479
(%) 2005 94,607 Kodey 82,973 Témoin 89,179 ZATIB 87,816
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Nombre de poquets 2003 0,637 Bagoua 2,435 DAP 1,886 ICMV IS 893 3,136
végétatifs 2004 4,975 Banizoumbou 3,573 DAP + Urée 1,975 Local 3,969
2005 3,904 Kodey 4,944 Témoin 6,606 ZATIB 3,361
Nombre de poquets 2003 0,4704 Bagoua 2,294 DAP 2,333 ICMV IS 893 2,9
non matures 2004 4,281 Banizoumbou 2,365 DAP + Urée 2,272 Local 3,183
2005 2,795 Kodey 4,096 Témoin 3,708 ZATIB 2,231

Annexes 8-37
Annexes 8-38

Moyennes et p-valeurs (2003-2004-2005)* (suite du Tableau 8-5)


Variable STRATE Mean Variable STRATE Mean
Rendement FT 1405,5 Nombre de talles FT 3,8541
-1
en paille NF 700,8 poquet NF 2,8217
-1
(kg ha ) PA 1957 PA 3,8686
PA-1 1433,3 PA-1 3,7816
PA-2 1299,5 PA-2 3,6018
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Rendement FT 587 Taux de survie FT 73,26
en grain NF 298,1 à la récolte NF 60,24
-1
(kg ha ) PA 799,4 (%) PA 78,67
PA-1 619,6 PA-1 71,89
PA-2 571,9 PA-2 69,88
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Indice de récolte FT 26,657 Taux de survie FT 84,49
(%) NF 25,648 au démariage NF 86,872
PA 27,574 (%) PA 89,719
PA-1 26,978 PA-1 85,556
PA-2 28,314 PA-2 85,66
p-valeur <,0001 p-valeur <,0001
Poids des FT 29,329 Nombre de poquets FT 1,292
-1
grains épi NF 23,179 végétatifs NF 8,407
(g) PA 31,14 PA 1,292
PA-1 30,004 PA-1 1,282
PA-2 29,813 PA-2 5,171
p-valeur <,0001
Nombre d’épis FT 2,9623 Nombre de poquets FT 2,032
-1
poquet NF 2,3062 non matures NF 4,477
PA 3,3274 PA 1,449
PA-1 3,1504 PA-1 2,356
PA-2 2,8956 PA-2 3,542
p-valeur <,0001
*Les strates FT-1 et FT-2 ont été omises pour que les moyennes entre années possèdent le même effectif

Annexes 8-38
Annexes 8-39

Tableau 8-6. Comparaison multiples (Bonferroni)(2003-2004-2005)*


Differences of Least Squares Means Rdmt paille Rdt grain HI Pds grains epis/pkt talles/pkt taux survie survie dém
Effect Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F Pr > F
FERT_DESC DAP DAP + Urée 0,1352 0,132 0,4181 0,7686 0,5822 0,2387 0,3964 0,1216
FERT_DESC DAP Témoin <,0001 <,0001 0,955 0,0016 0,0001 <,0001 0,0197 <,0001
FERT_DESC DAP + Urée Témoin <,0001 <,0001 0,3885 0,0006 <,0001 <,0001 0,0015 <,0001
STRAT_DESC2 FT NF <,0001 <,0001 0,0634 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0135
STRAT_DESC2 FT PA <,0001 <,0001 0,0711 0,0079 <,0001 0,8847 <,0001 <,0001
STRAT_DESC2 FT PA-1 0,6511 0,0954 0,5273 0,3212 0,5172 0,4679 0,4044 0,269
STRAT_DESC2 FT PA-2 0,0835 0,3897 0,001 0,4806 0,3423 0,0116 0,1408 0,2285
STRAT_DESC2 NF PA <,0001 <,0001 0,0003 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,0032
STRAT_DESC2 NF PA-1 <,0001 <,0001 0,013 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,1718
STRAT_DESC2 NF PA-2 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 0,2049
STRAT_DESC2 PA PA-1 <,0001 <,0001 0,2406 0,0953 0,0002 0,3838 0,0003 <,0001
STRAT_DESC2 PA PA-2 <,0001 <,0001 0,1345 0,051 <,0001 0,0076 <,0001 <,0001
STRAT_DESC2 PA-1 PA-2 0,0291 0,0116 0,0077 0,7751 0,1104 0,0716 0,0212 0,9212
VAR_DESC ICMV IS 89305 Local 0,0005 <,0001 <,0001 <,0001 0,497 <,0001 <,0001 <,0001
VAR_DESC ICMV IS 89305 ZATIB 0,2643 <,0001 <,0001 0,0248 0,0011 0,0374 0,0454 0,0884
VAR_DESC Local ZATIB <,0001 0,3846 <,0001 <,0001 0,0094 <,0001 <,0001 <,0001
AN_DESC 2003 2004 <,0001 0,052 <,0001 <,0001 , <,0001 , 0,6418
AN_DESC 2003 2005 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 , <,0001 , <,0001
AN_DESC 2004 2005 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 <,0001
SITE_DESC Bagoua Banizoumbou 0,4327 0,3551 0,0009 <,0001 <,0001 0,0252 <,0001 <,0001
SITE_DESC Bagoua Kodey <,0001 <,0001 <,0001 <,0001 , 0,0118 , 0,0484
SITE_DESC Banizoumbou Kodey <,0001 <,0001 <,0001 0,0053 , 0,7823 , <,0001
* Les strates FT-1 et FT-2 ont été omises pour que les moyennes entre années possèdent le même effectif
Rdmt paille = rendement en paille, Rdmt grain = rendement en grain, HI = indice de récolte, Pds grains = poids des grains par épi, epis/pkt = nombre d’épis par poquet,
talles/pkt = nombre de talles par poquet, taux survie = taux de survie à la récolte, survie dém = taux de survie au démariage

Annexes 8-39
Annexes 9-40

9. Comparaison visuelle de parcelles en 2005

Figure 9-1. Photos des parcelles d’essai le 13 juillet 2005 (source : B. Gérard)
Les légendes indiquent le nom du champ, la strate de fumure organique (PA03 ou NF), la variété
(Ecotype = locale ou Zatib) et le niveau de fertilisation minérale (DAP ou témoin)

9-40
Annexes 9-41

Figure 9-2. Photos des parcelles d’essai en 2003 (suite)


Les légendes indiquent le nom du champ, la strate de fumure organique (PA03 ou NF), la variété
(Ecotype = locale ou Zatib) et le niveau de fertilisation minérale (DAP ou témoin)

9-41
Annexes 10-42

10. Evolution de la phénologie du mil en 2005

Evolution de la phénologie du mil en fonction de la strate de fertilité


organique - Bagoua (2005)
120
100 NF
80 P A 03
P A 04
JAS

60
P A 05
40 FT03
FT04
20
FT05
0
A pparitio n A pparitio n Flo raiso n Flo raiso n M aturité
de la du 50 %
feuille du panicule
panicule

Stade phénologique

Evolution de la phénologie du mil en fonction de la strate de fertilité


organique - Banizoumbou (2005)
120
100
NF
80 P A 03
JAS

P A 04
60
P A 05
40 FT03
FT04
20 FT05
0
Emergence A pparitio n de A pparitio n du Flo raiso n Flo raiso n 50 M aturité
du 1er talle la feuille du panicule %
panicule

Stade phénologique

Evolution de la phénologie du mil en fonction de la strate de fertilité


organique - Kodey (2005)
120
Jours après semis (JAS)

100
NF
80 P A 03
P A 04
60
P A 05
40 FT03
FT04
20 FT05
0
A pparitio n de la A pparitio n du Flo raiso n Flo raiso n 50 % M aturité
feuille du panicule
panicule

Stade phénologique

Figure 10-1. Evolution de la phénologie de la tige principale du mil au cours de la saison 2005 en
fonction des strates de fertilité à Bagoua, Banizoumbou et Kodey

10-42
Annexes 10-43

Evolution de la phéologie en fonction du niveau de fertilisation et de


la variété - Bagoua (2005)
120

100

80 DA P
DA P + urée
JAS

60 Témo in
ICM V
40
Zatib
20 Lo cale

0
A pparitio n de la A pparitio n du Flo raiso n Flo raiso n 50 % M aturité
feuille du panicule
panicule

Stade phénologique

Evolution de la phéologie en fonction du niveau de fertilisation et de


la variété - Banizoumbou (2005)
120

100

80 DA P
DA P + urée
JAS

60 Témo in
ICM V
40
Zatib
20 Lo cale

0
Emergence Apparition Apparition Floraison Floraison Maturité
du 1er talle de la feuille du panicule 50 %
du panicule
Stade phénologique

Evolution de la phéologie en fonction du niveau de fertilisation et de


la variété - Kodey (2005)
120

100

80 DA P
DA P + urée
JAS

60 Témo in
ICM V
40
Zatib
20 Lo cale

0
A pparitio n de la A pparitio n du Flo raiso n Flo raiso n 50 % M aturité
feuille du panicule
panicule

Stade phénologique

Figure 10-2. Evolution de la phénologie de la tige principale du mil au cours de la saison 2005 en
fonction du niveau de fertilisation et de la variété à Bagoua, Banizoumbou et Kodey

10-43
Annexes 11-44

11. Caractéristiques phytosanitaires moyennes des


parcelles en 2003, 2004 et 2005
Proportion de poquets atteints par le mildiou par parcelle

5
Poquets atteints par le mildiou

4,5
Bagoua (2003)
4
Banizoumbou (2003)
3,5 Kodey (2003)
3 Bagoua (2004)
(%)

2,5 Banizoumbou (2004)


2 Kodey (2004)
1,5 Bagoua (2005)
1 Banizoumbou (2005)
0,5 Kodey (2005)
0
DAP DAP + urée Témoin
Niveau de fertilisation minérale

Nombre de plants shibra par parcelle


5
4,5
Nombre de plants shibra

4
B ago ua (2003)
3,5 B anizo umbo u (2003)
3 Ko dey (2003)
B ago ua (2004)
2,5
B anizo umbo u (2004)
2 Ko dey (2004)
1,5 B ago ua (2005)
B anizo umbo u (2005)
1
Ko dey (2005)
0,5
0
DAP DAP + urée Témoin

Niveau de fertilisation minérale

Occurrence de S. hermonthica par parcelle


2
Occurrence de S. hermonthica

1,8
1,6
B ago ua (2003)
1,4 B anizo umbo u (2003)
1,2 Ko dey (2003)
B ago ua (2004)
1
B anizo umbo u (2004)
0,8 Ko dey (2004)
0,6 B ago ua (2005)
B anizo umbo u (2005)
0,4 Ko dey (2005)
0,2
0
DAP DAP + urée Témoin

Niveau de fertilisation minérale

Figure 11-1. Proportion de poquets atteints par le mildiou, nombre de plants shibra et occurrence
de S. hermonthica par parcelle en fonction du niveau de fertilisation minérale

11-44
Annexes 11-45

Proportion de poquets atteints par le mildiou par parcelle

Poquets atteints par le mildiou 6 B ago ua (2003)


B anizo umbo u (2003)
5
Ko dey (2003)
4 B ago ua (2004)
(%)

B anizo umbo u (2004)


3 Ko dey (2004)
B ago ua (2005)
2
B anizo umbo u (2005)
1 Ko dey (2005)

0
ICMV IS 89305 Locale ZATIB

Variété

Nombre de plants shibra par parcelle

12
Nombre de plants shibra

10 B ago ua (2003)
B anizo umbo u (2003)
8 Ko dey (2003)
B ago ua (2004)
6 B anizo umbo u (2004)
Ko dey (2004)
4 B ago ua (2005)
B anizo umbo u (2005)
2 Ko dey (2005)

0
ICMV IS 89305 Locale ZATIB

Variété

Occurrence de S. hermonthica par parcelle

2,5
Occurrence de S. hermonthica

B ago ua (2003)
2
B anizo umbo u (2003)
Ko dey (2003)
1,5 B ago ua (2004)
B anizo umbo u (2004)
1 Ko dey (2004)
B ago ua (2005)
B anizo umbo u (2005)
0,5 Ko dey (2005)

0
ICMV IS 89305 Locale ZATIB

Variété

Figure 11-2. Proportion de poquets atteints par le mildiou, nombre de plants shibra et occurrence
de S. hermonthica par parcelle en fonction de la variété du mil

11-45
Annexes 11-46

11-46

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