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Fonctions numériques à plusieurs variables

Le document traite des fonctions numériques de plusieurs variables, en abordant des concepts tels que les définitions, limites, continuité et différentiabilité. Il fournit des exemples et des propositions pour illustrer ces notions, notamment la continuité sur un compact et les propriétés des limites. Les définitions formelles et les propriétés associées sont également discutées pour clarifier la compréhension des fonctions multivariables.

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Table des matières

2 Fonctions numériques de plusieurs variables 3


2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2 Limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.3 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.3.1 Propriété de fonctions continue sur un compact . . . . . . . . 6
2.4 Différentiabililé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.4.1 Définitions et généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.4.2 Dérivées partielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.4.3 Interprétation géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.4.4 Dérivées partielles d’ordre supérieur à 1 . . . . . . . . . . . . 11
2.4.5 Formule des accroissement finis . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.4.6 Formule de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.4.7 Extremums . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

1
2 Table des matières
Chapitre 2

Fonctions numériques de
plusieurs variables

2.1 Définitions

Définition 2.1.1 Tout application f définie de IRn (ou d’un sous ensemble de IRn )
dans IR est dite application numérque à plusieurs variables réelles.

f : IRn −→ IR
x = (x1 , ..., xn ) 7−→ f (x) = f (x1 , x2 , · · · , xn )

Exemple 2.1.2 • (x, y, z) 7−→ f (x, y, z) = (x2 + y 2 ) log | xyz |

• (x, y) 7−→ f (x, y) = yx2 + y 2

• Les normes classiques de IRn sont des fonctions de plusieurs variables.

• L’application pi : x = (x1 , · · · , xn ) 7−→ pi (x) := xi qu’ on appelle la i-ème


projection

Remarque 2.1.3 Une application f de IRn est définie au voisinage d’un point x0
si son domaine de définition contient un voisinage de x0

2.2 Limite

Soit d l’une des distances équivalentes de IRn .

3
4 2. FONCTIONS NUMÉRIQUES DE PLUSIEURS VARIABLES

Définition 2.2.1 Soit f une application de plusieurs variables définie au voisinage


d’un point a ∈ IRn (sauf peut être en a).
On dit que f a pour limite l en a et on note lim f (x) = l, si :
x→a

∀ϵ > 0, ∃η > 0; d(x, a) < η =⇒ |f (x) − l| < ϵ

• Si l = +∞ on a : ∀A > 0, ∃η > 0; d(x, a) < η =⇒ f (x) > A

• Si l = −∞ on a : ∀A > 0, ∃η > 0; d(x, a) < η =⇒ f (x) < −A

Proposition 2.2.2 La limite, lorsqu’elle existe, d’une fonction numérique à plusieurs


variables est unique.


Démonstration Supposons qu’il existe deux limites l et l .
Soit ϵ > 0, on a alors :
′ ′ ′
| l − l |≤| l − f (x) + f (x) − l |≤| f (x) − l | + | f (x) − l |≤ ϵ
′ ′
donc | l − l |≤ ϵ, ∀ϵ > 0 ce qui implique que l = l 2

Remarque 2.2.3 a) Les théorèmes sur la limite de la somme (f + g), du produit


f
(f g) et du quotient ( ) de fonctions d’une seule variable, restent valable dans
g
le cas de des fonctions à plusieurs variables.

b) La limite ne dépend pas du chemin suivie par x pour atteindre x0

c) Si f est définie au voisinage de x0 et si lim f (x) = l existe alors si A ⊂ V


x→x0
et x0 ∈ A, la limite de la réstriction de f à A, note f/A ,quand x tend vers x0 ,
est toujours égale à l.

1 + x2 + y 2
Exemple 2.2.4 a) Soit f (x, y) = sin y
y
Cherchons la limite de f (x, y) quand (x, y) → (0, 0)
sin y
On pose: g(x, y) = 1 = x2 + y 2 et h(x, y) =
y
sin y sin y
Or lim h(x, y) = lim = lim =1
(x,y)→(0,0) (x,y)→(0,0) y y→0 y

Montrons que lim g(x, y) = 1, en utilisant la définition.


(x,y)→(0,0)

Soit ϵ > 0, cherchons s’il existe un η > 0 tq kxk < η ⇒ |g(x, y) − 1| < ϵ?
2.3. CONTINUITÉ 5

Comme |g(x, y) − 1| = x2 + y 2 alors il suffit de prendre η = ϵ pour que la
propriété kxk < η ⇒ |g(x, y) − 1| < ϵ soit vraie, donc

lim f (x, y) = lim g(x, y). lim h(x, y) = lim g(x, y) = 1


(x,y)→(0,0) (x,y)→(0,0) (x,y)→(0,0) (x,y)→(0,0)

 xy

 si (x, y) 6= (0, 0)
 x2 + y2
b) Soit f (x, y) =



0 si (x, y) = (0, 0)

Montrons que f n’a pas de limite en (0, 0).

Pour y = λ1 x avec x = 6 0 on a :
1 1
f (x, y) = f (x, λ1 x) = donc lim f (x, x) =
1 + λ1 x−→0 1 + λ1
Pour y = λ2 x avec x = 6 0 on a :
1 2
f (x, y) = f (x, λ2 x) = donc lim f (x, x) =
1 + λ2 x−→0 1 + λ2
Donc f n’est pas continue en (0, 0) car la limite n’est pas unique, il suffit de
prendre λ1 6= λ2 .

2.3 Continuité

Soit A une partie de IRn et un point x0 de A.

Définition 2.3.1 Soit f : A ⊂ IRn → IR


f est continue en x0 si ∀ϵ > 0, ∃η > 0; d(x, x0 ) < η =⇒ |f (x) − f (x0 )| < ϵ.
f est dite continue sur A si f est continue en tout point x0 ∈ A.

Remarque 2.3.2 a) si x0 ∈ Å, la définition est équivalente à : lim f (x) =


x→a
f (x0 ).

b) f est dite continue en x0 c’est aussi équivalente à pour toute suite réelle (xn )
telle que xn −→ x0 , on ait lim f (xn ) = f (x0 ).
n→+∞

Exemple 2.3.3 1. La fonctionf (x, y) = 1 + x2 + y 2 est continue sur IR2 .

2. La fonction f (x, y) = xy continue sur IR2


6 2. FONCTIONS NUMÉRIQUES DE PLUSIEURS VARIABLES

3. La fonction 
 xy

 si (x, y) 6= (0, 0),
x2 + y2
f (x, y) =



0 si (x, y) = (0, 0).
n’est pas continue au point (0, 0).

Définition 2.3.4 Soit f : Ω ⊆ IRn −→ IR et a = (a1 , · · · , an ) ∈ Ω.


Pour chaque i ∈ {1, · · · , n}, la fonction φai : IR −→ IR définie par :

φai (t) = f (a1 , a2 , · · · , ai−1 , t, ai+1 , · · · , an )

s’appelle fonction partielle de f relative au point a.

Exemple 2.3.5 Soit f : IR2 −→ IR définie par f (x, y) = 1 + x2 + y 2 et a = (0, 0).


Les fonctions partielles de f en (0, 0) sont données par φa1 (t) = f (t, 0) = 1 + t2 et
φa2 (t) = f (0, t) = 1 + t2 .

Proposition 2.3.6 Soit f : Ω ⊆ IRn −→ IR et a ∈ Ω.


Si f est continue en a alors φai sont continue ai pour chaque i ∈ {1, · · · , n}.

Preuve lim f (x) = lim φai (xi ) = φai (ai ) donc φai est continue en ai . 2
x→a xi →ai

Remarque 2.3.7 La réciproque est généralement fausse.


En effet, soit la fonction à deux variables
 xy

 si (x, y) 6= (0, 0)
 x2 + y2
f (x, y) =



0 si (x, y) = (0, 0)

On sait que la fonction f n’est pas continue en (0, 0). Mais les fonctions partielles
(0,0) (0,0)
φ1 et φ2 de f en (0, 0) sont continues en 0 car se sont des fonctions nulles.

2.3.1 Propriété de fonctions continue sur un compact

Soient f : IRn −→ IR une application continue et K un sous ensemble compact de


IRn , alors f (K) est compact de IR. (i.e f (K) c’est un fermé borné de IR)
2.4. DIFFÉRENTIABILILÉ 7

Proposition 2.3.8 Toute application f : IRn −→ IR continue sur un compact


K est bornée et atteint ses bornes. f atteint ses bornes ⇔ ∃c1 ∈ K; ∃c2 ∈
K; tels que inf f (x) = α = f (c1 ) et
x∈K
sup f (x) = β = f (c2 ).
x∈K

Preuve f (K) c’est un fermé borné de IR. En particulier inf et sup appartiennent
x∈K x∈K
à f (K). 2

2.4 Différentiabililé
2.4.1 Définitions et généralités

Soient x ∈ IRn et V (x) un voisinage de x. Soit r > 0 un réel tel que B(x, r) ⊂ V (x).

Définition 2.4.1 Une application f : IRn −→ IR est dite différentiable au voisinage


de x s’il existe une application linéaire dfx : IRn −→ IR et une application εx :
IRn −→ IR telles que pour tout x + h ∈ B(x, r) où h ∈ IRn , on ait

f (x + h) − f (x) = dfx (h) + εx (h)khk avec lim εx (h) = 0.


h−→0

dfx est appellé application différentielle de f au point x.

Remarque 2.4.2 f est différentiable sur l’ouvert Ω si elle est différentiable en tout
point de Ω.

Proposition 2.4.3 Si f est différentiable au point x ∈ IRn alors la différentielle


dfx est unique.

Preuve Supposons qu’il existe une autre application linéaire gx et une applica-
tion αx tellles que

f (x + h) − f (x) = gx (h) + αx (h)khk avec lim αx (h) = 0


h−→0

donc
gx (h) − dfx (h)
gx (h) + αx (h)khk = dfx (h) + εx (h)khk ⇒ = αx (h) − εx (h)
khk

gx (h) − dfx (h)


⇒ lim =0
h→0 khk
8 2. FONCTIONS NUMÉRIQUES DE PLUSIEURS VARIABLES

D’où
gx (h) − dfx (h)
∀ϵ > 0, ∃η > 0; khk < η ⇒ <ϵ
khk

⇒ |gx (h) − dfx (h)| < ϵ khk


η
∀k ∈ IRn , ∃λ > 0; kλkk < η. (Il suffit deprendre λ = )
2 kkk
Comme gx (h) et dfx (h) sont linéaire et |gx (λk) − dfx (λk)| < ϵ kλkk, on alors

|gx (k) − dfx (k)| < ϵ kkk

et ceci pour tout k ∈ IRn et tout ϵ > 0, d’ou le résultat. 2


Expression équivalente de dfx x

Soit (e1 , e2 , · · · , en ) la base canonique de IRn . On pose

X
n
dfx (ei ) = Ai (x) ∈ IR et h = hi ei = (h1 , · · · , hn )
i=1

On a
X
n X
n
dfx (h) = hi dfx (ei ) = Ai (x)hi
i=1 i=1

donc la définition est équivalente à :


X
n
f (x + h) − f (x) = hi Ai (x) + εx (h)khk avec lim εx (h) = 0.
h−→0
i=1

On peut donc annoncer le résultat suivant

Proposition 2.4.4 f est différentiable en un point x si et seulement si, il existe


n-nombres Ai (x) et n-apllications εix tels que

X
n X
n
f (x + h) − f (x) = hi Ai (x) + εix (h)hi avec lim εix (h) = 0.
h−→0
i=1 i=1

Exemple 2.4.5 Si f : IRn −→ IR est une application linéaire alors dfx = f


En particulier la i-ème projection pi , c’est une application linéaire donc dpi,x = pi :=
dxi (notation).
X
n X
n
Si f est différentiable en x alors dfx (h) = Ai (x)hi = Ai (x)dxi (h).
i=1 i=1
2.4. DIFFÉRENTIABILILÉ 9

Proposition 2.4.6 Si f est différentiable en un point x alors f est continue en ce


point.

Preuve Soit f : IRn −→ IR une application différentiable donc

f (x + h) − f (x) = dfx (h) + khk εx (h) avec lim εx (h) = 0.


h−→0

Comme dfx est une application linéaire IRn → IR, elle est continue,
X
n
en effet, soit h = hi e i
i=1

X
n X
n
|dfx (h)| = hi dfx (ei ) ≤ sup |hi | · |dfx (ei )| ≤ khk · C te
i=1 1≤i≤n i=1

lim |f (x + h) − f (x)| = lim |dfx (h) + khk εx (h)| = 0 , d’où le résultat. 2


h→0 h→0

Exercice
Démontrer que si ζ est une application linaire: ζ : E → F, où Eet F deux espaces
vectorielles de dimension finie avec alors ζ est continue.

2.4.2 Dérivées partielles

Soit f une application différentiable en x


donc ∃dfx ∈ L (IRn , IR) et ∃εx (h) ∈ F (IRn , IR) telle que : lim εx (h) = 0
h−→0

f (x + h) − f (x) = dfx (h) + khkεx (h)


X
n
= Ai (x)hi + εx (h)khk
i=1

Si on pose h = (0, · · · , l, · · · , 0) où l est à la ième composante

f (x1 , · · · , xi−1 , xi + l, xi+1 · · · , xn ) − f (x1 · · · , xn ) = Ai (x)l + εx (l) |l|

Donc l’application partielle de f


φi : IR −→ IR
y −→ φi (y) := f (x1 , · · · , xi−1 , y, xi+1 · · · , xn )
∂f
est dérivables ( de dérivée Ai (x)) et on pose Ai (x) = Di f (x) = (x).
∂xi
On a alors
X
n
∂f
dfx = dxi
i=1
∂xi
10 2. FONCTIONS NUMÉRIQUES DE PLUSIEURS VARIABLES

Remarque 2.4.7 La réciproque n’est pas vraie généralement i.e f peut admettre
des dérivées partielles sans qu’elle soit différentiable. C’est le cas de
 xy

 x2 + y 2 si (x, y) 6= (0, 0)

f (x, y) =



0 si (x, y) = (0, 0)
f n’est pas différentable (non continue (0, 0)), par contre
∂f f (h, 0) − f (0, 0)
(0, 0) = lim = 0.
∂x h−→0 h
∂f f (0, k) − f (0, 0)
(0, 0) = lim = 0.
∂y k−→0 k
Théorème 2.4.8 Soit f une application f : IRn −→ IR définie sur un voisinage de
x ∈ IRn . Si f admet des dérivées partielles continues en x alors f est différentiable
au point x.
On dit que f est continument différentiable ou f est de classe C 1 .

Preuve Repose sur le théorème des accroissement finis (TAF).


X
n
f (x+h)−f (x) = f (x1 , · · · , xi−1 , xi +hi , xi+1 +hi+1 , · · · , xn +hn )−f (x1 , · · · , xi−1 , xi , xi+1 +
i=1
hi+1 , · · · , xn + hn )
TAF =⇒ ∃θi ∈]0, 1[ tel que
X
n
∂f
f (x + h) − f (x) = (x1 , · · · , xi−1 , xi + θi hi , xi+1 + hi+1 , · · · , xn + hn )hi
i=1
∂xi

La continuité des dérivées partielles


∂f ∂f
=⇒ (x1 , · · · , xi−1 , xi + θi hi , xi+1 + hi+1 , · · · , xn + hn ) −→ (x1 , · · · , xn )
∂xi ∂xi
∂f ∂f
=⇒ (x1 , · · · , xi + θi hi , xi+1 + hi+1 , · · · , xn + hn ) = (x1 , · · · , xn ) + ϵix (h)
∂xi ∂xi
avec lim ϵix (h), donc
h→0

X
n
∂f X
n
f (x + h) − f (x) = (x)hi + ϵix (h)hi avec lim ϵix (h)
i=1
∂xi i=1
h→0

d’ou le résultat. (Proposition 2.4.4) 2

Exemple 2.4.9 Etudier la différentiabilité de f (x, y) = 3x3 y 2 au point (2, 1).


2.4. DIFFÉRENTIABILILÉ 11

2.4.3 Interprétation géométrique

Soit f : IR2 −→ IR une application différentiable. Le graphe f est définie par :

Gf = {(x, y, f (x, y))/(x, y) ∈ Df }

Proposition 2.4.10 Si f : IR2 −→ IR une application différentiable en (a, b) alors


le graphe Gf admet un plan tangent au point (a, b, f (a, b)) et l’équation de la tangente
en ce point est :
∂f ∂f
(a − x) (a, b) + (b − y) (a, b) + z − f (a, b) = 0.
∂x ∂y

2.4.4 Dérivées partielles d’ordre supérieur à 1

Soient Ω ⊆ IRn un ouvert f : Ω −→ IRp une application différentiable sur Ω, donc


∂f
les dérivées partielles (x) existent pour tout i ∈ {1, · · · , n}
∂xi
On pose l’application:

∂f
: Ω ⊆ IRn −→ IR
∂xi
∂f
x 7−→ (x).
∂xi
∂f
Si est une application différentiable alors ses dérivées partielles existent et on
∂xi

∂ ∂f ∂2f
( ) :=
∂xj ∂xi ∂xi ∂xj

∂2f
c’est la dérivée partielle seconde par rapport à xi puis par rapport à xj .
∂xi ∂xj
Par récurrence, on défini les dérivées partielles d’ordre p et on les note
∂pf (p)
(x) ou fxi1 ···xip
∂xi1 · · · ∂xip

Théorème 2.4.11 Schwarz


∂2f ∂2f
Si les dérivées partielles secondes et existent et sont continues sur
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
un ouvert Ω ⊆ IR alors pour tout point a ∈ Ω:
n

∂2f ∂2f
(a) = (a).
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
12 2. FONCTIONS NUMÉRIQUES DE PLUSIEURS VARIABLES

Preuve Il suffit de faire la démonstration dans IR2 . (xi = x et xj = y fixes)


On pose pour tout réels h et k,

w = f (x + h, y + k) − f (x + h, y) − f (x, y + k) + f (x, y)

Soit φ(x) = f (x, y + k) − f (x, y)


et ψ(y) = f (x + h, y) − f (x, y)
donc w = φ(x + h) − φ(x) = ψ(y + k) − ψ(y).  
∂f
On applique deux fois le théorème des accroissements finis à φ et à , on a
∂x %y

alors ∃θ1 ∈]0, 1[ et ∃θ1 ∈]0, 1[/

φ(x + h) − φ(x) = hφ (x + θ1 h) 
∂f ∂f
= h (x + θ1 h, y + k) − (x + θ1 h, y)
∂x  ∂x 
∂f ∂f ′
= hk (x + θ1 h, y + θ1 k)
∂y ∂x
 
∂f ′
puis deux fois encore à ψ et à , on a alors ∃θ2 ∈]0, 1[ et ∃θ2 ∈]0, 1[/
∂y %x

ψ(y + k) − ψ(y)(x) = hψ (y + θ2 h) 
∂f ∂f
= k (x + h, y + θ2 k) − (x, y + θ2 k)
∂y  ∂y 
∂f ∂f ′
= kh (x + θ2 h, y + θ2 k)
∂x ∂y
D’oú
∂2f ′ ∂2f ′
(x + θ1 h, yθ1 + k) = (x + θ2 h, yθ2 + k)
∂x∂y ∂y∂x
′ ′
avec θ1 , θ1 , θ2 , θ2 ∈]0, 1[

Puisque les dérivées partielles secondes sont continues, on fait tendre h et k vers
0 et on obtient le résultat. 2

Exemple 2.4.12 Soit la fonction




 x2 − y 2

 xy 2 si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = x + y2



 0 si (x, y) = (0, 0)
2.4. DIFFÉRENTIABILILÉ 13

∂2f ∂2f
(0, 0) = −1 et (0, 0) = 1. On vérifie facilement que les dérivées
∂x∂y ∂y∂x
partiels secondes ne sont pas continues.

2.4.5 Formule des accroissement finis

Définition 2.4.13 • Soient a et b deux éléments de IRn . On appelle segment


[a, b] de IRn , l’ensemble des points x = (1 − λ)a + λb où λ ∈ [0, 1].

[a, b] := {x ∈ IRn /x = (1 − λ)a + λb = a + λ(b − a) où λ ∈ [0, 1]} .

• Une partie Ω de IRn est dite convexe si pour tout points a et b de Ω, [a, b] ⊂ Ω.

Théorème 2.4.14 Soient Ω ∈ IRn une partie ouverte convexe et x et x + h deux


élément de Ω. Si f : Ω ⊆ IRn −→ IR est une application différentiable sur Ω alors
f (x + h) − f (x) = dfx+θh (h) où θ ∈]0, 1[.

Preuve On pose :
F : [0, 1] −→ IR g : [0, 1] −→ IRn
et
t 7−→ f (x + th) t 7−→ x + th.
On remarque que F (t) = f ◦ g(t) et F est différetiable puisque f et g le sont. En
appliquant le théorème des accroissement finis pour F sur [0, 1], on a :

F (1) − F (0) = F ′ (θ) où θ ∈ ]0, 1[

On pose g(t) = (x1 + th1 , · · · , xn + thn ) = (g1 (t), · · · , gn (t))


∂gi dgi
Comme F (1) = f (x + h), F (0) = f (x) et (t) = (t) = hi , on a alors
∂t dt
d
f (x + h) − f (x) = F ′ (θ) = (f ◦ g)(θ)
dt
X
n
∂f
= (x + θh)hi
i=1
∂xi

= dfx+θh (h)
d Xn
∂f
On admettra pour le moment que (f ◦ g)(θ) = (x + θh)hi . (voir le cas
dt i=1
∂xi
particulier du théoème 3.4.3.) 2
Comme application directe de ce résultat, on la proposition suivante :
14 2. FONCTIONS NUMÉRIQUES DE PLUSIEURS VARIABLES

Proposition 2.4.15 Soient D ⊂ IRn un ouvert connexe1 de IRn et


f : D −→ IR une application différentiable sur D. Si f est constante sur D alors
pour tout x ∈ D, dfx = 0 et inversement

Preuve Devoir ?

1) Montrer que si f est constante sur D alors pour tout x ∈ D, dfx = 0

2) Soit a ∈ D, on pose E := {x ∈ D/f (x) = f (a)}

i) Montrer que E est un fermé non vide


ii) Montrer que E est un ouvert
iii) Déduire que E = D

2.4.6 Formule de Taylor

On suppose que f admet des dérivées partielles continues d’ordre p.


On pose F = f ◦ g où
g f
[0, 1] −→ IRn −→ IR
t −
7 → x + th 7−→ f (x + th) := F (t)
On a
′ X
n
∂f
F (t) = (x + th)hi
i=1
∂xi
et
′′ d ′
F (t) = (F (t))
dt n
d X ∂f
= ( (x + th)hi )
dt i=1 ∂xi
Xn
d ∂f
= ( ( (x + th))hi
i=1
dt ∂xi
′ ∂f
on pose pour plus de simplification : fi =
∂xi
donc ′
d ∂f d ′ Xn
∂fi
( (x + th)) = (fi ◦ g)(t) = (x + th)hj
dt ∂xi dt j=1
∂x j
T
S⊂ IR est B=∅
1 n
D connexe s’il n’existe pas deux ouverts A et B non vide de IRn tels que A
n
et A B = IR
2.4. DIFFÉRENTIABILILÉ 15

′′ X
n X
n
∂2f
=⇒ F (t) = hi hj (x + th)
i=1 i=j
∂xi ∂xj
" n #[2]
X ∂f
= hi (x + th) (Notation)
i=1
∂xi
Par convention , on pose
X
n
∂f X n
∂f Xn X n
∂f ∂f
( hi )( hj )= hi h j
i=1
∂xi i=j ∂xj i=1 i=j
∂xi ∂xj

∂f ∂f ∂2f
et on remplace par .
∂xi ∂xj ∂xi ∂xj
Donc par récurence jusqu’à l’ordre p, on a
" n #[p]
X ∂f
(p)
F (t) = hi (x + th)
i=1
∂xi

La formule de Taylor appliquée à F est : ∃θ ∈]0, 1[ telle que :


′ 1 ′′ 1 1 (p)
F (1) − F (0) = F (0) + F (0) + · · · + F (p−1) (0) + F (θ)
2! (p − 1)! (p)!
d’où
" #[2]
X
n
∂f 1 X n
∂f
f (x + h) − f (x) = hi (x) + hi (x) + ···+
i=1
∂xi 2! i=1 ∂xi

" #[p−1] " #[p]


1 Xn
∂f 1 X n
∂f
··· + hi (x) + hi (x + θh) .
(p − 1)! i=1 ∂xi (p)! i=1 ∂xi

2.4.7 Extremums

Soit f : IRn −→ IR et Ω ⊆ IRn .

Définition 2.4.16 On dit que f admet un maximum relatif (respectivement mini-


mum relatif) en a ∈ Ω si ∃α > 0 tel que ∀x 6= a,
k x − a k< α =⇒ f (x) − f (a) < 0, (respectivement f (x) − f (a) > 0).

Proposition 2.4.17 Supposons que f admet des dérivées partielles au point a


∂f
Si a est un extremum pour f alors (a) = 0, ∀i ∈ {1, · · · , n}
∂xi
16 2. FONCTIONS NUMÉRIQUES DE PLUSIEURS VARIABLES

Preuve Soit i ∈ {1, · · · , n} et supposons qu’on a un maximum de f atteint au point


a.
Donc ∃δ > 0; ∀x ∈ IRn , on a

kx − ak < δ ⇒ f (x) − f (a) < 0

Si on prend en particuler x = (a1 , · · · , ai−1 , t, ai+1 , · · · , an ), alors kt − ai k < δ et


f (x) − f (a) = φi (t) − φi (ai ) avec φi désigne la ième application partielle.

Et par suite, φi admet un maximum en a ⇒ φi (ai ) = 0.
D’ou le résulatat. 2

Définition 2.4.18 On appelle point critique de f , tout point b ∈ IRn tel que
∂f
(b) = 0, ∀i ∈ {1, · · · , n}.
∂xi
Cas d’application de IR2 −→ IR Soit f une application f : IRn −→ IR de
classe C 3 et (x0 , y0 ) un point critique de f . On pose h = x − x0 et k = y − y0 et on
applique la formule de Taylor à l’ordre 3 :
1 ∂f ∂f
f (x, y) − f (x0 , y0 ) = 0 + [h (x0 , y0 ) + k (x0 , y0 )][2]
2! ∂x ∂y

1 ∂f ∂f
+ [h (x0 + θh, y0 + θk) + k (x0 + θh, y0 + θk)][3]
3! ∂x ∂y

∂f ∂f ∂2f ∂2f ∂2f


[h (x0 , y0 ) + k (x0 , y0 )][2] = [h2 2 (x0 , y0 ) + 2hk (x0 , y0 ) + k 2 2 (x0 , y0 )
∂x ∂y ∂x ∂x∂y ∂y

h2 ∂ 2 f h ∂2f ∂2f
= k2 [ (x ,
0 0y ) + 2 (x ,
0 0y ) + (x0 , y0 )]
k 2 ∂x2 k ∂x∂y ∂y 2

= k 2 [r0 u2 + 2s0 u + t0 ]

h ∂2f ∂2f ∂2f


où u = , r0 = (x 0 , y 0 ), s 0 = (x 0 , y 0 ) et t 0 = (x0 , y0 )
k ∂x2 ∂x∂y ∂y 2
Donc f (x, y) − f (x0 , y0 ) est de signe de l’équation du second degré en u

r0 u2 + 2s0 u + t0

1. Si ∆ = s20 − r0 t0 > 0 f n’admet pas d’extremum en (x0 , y0 ) mais change de
signe, on parle alors d’un point selle ou col.
2.4. DIFFÉRENTIABILILÉ 17

2. Si ∆ = s20 − r0 t0 = 0 , on peut rien dire.(Par exemple augmenter le DL )

3. Si ∆ = s20 − r0 t0 < 0 alors f (x, y) − f (x0 , y0 ) est de le signe de r0
si r0 < 0 alors (x0 , y0 ) est un minimum
sir0 > 0 alors (x0 , y0 ) est un maximum.

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