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Structures algébriques en algèbre 1

Le chapitre II traite des structures algébriques, en commençant par la définition de la loi de composition interne (L.C.I) sur un ensemble. Il introduit également les concepts de magma, commutativité, associativité, éléments neutres et absorbants, ainsi que les éléments symétrisables. Des exemples illustrent chaque concept, notamment dans les ensembles des nombres naturels, entiers, rationnels et complexes.

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Structures algébriques en algèbre 1

Le chapitre II traite des structures algébriques, en commençant par la définition de la loi de composition interne (L.C.I) sur un ensemble. Il introduit également les concepts de magma, commutativité, associativité, éléments neutres et absorbants, ainsi que les éléments symétrisables. Des exemples illustrent chaque concept, notamment dans les ensembles des nombres naturels, entiers, rationnels et complexes.

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Chapitre II

Structures Algébriques

Cours d’algèbre 1 (MIP) 1 / 82


Contenu du Chapitre II

1 Loi de composition interne

2 Groupes

3 Anneau

4 Corps

Cours d’algèbre 1 (MIP) 2 / 82


1 Loi de composition interne

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 3 / 82


Loi de composition interne

Définition
Soit E un ensemble non vide. On appelle loi de composition interne
(L.C.I) sur E, ou simplement loi sur E toute application de E × E dans E.
?: E×E →E
Notation
(x, y) 7→ ?(x, y) = x ? y
x ? y et appelée le composé de x par y par la loi ?.

Remaque
Pour montrer qu’une loi ? est une loi de composition interne sur un
ensemble E, il faut montrer que :

∀(x, y) ∈ E × E : x ? y ∈ E

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 4 / 82


Loi de composition interne
Exemples
1 Dans N, Z, R ou C, l’addition et la multiplication sont des lois de
composition interne.
2 Dans N, la soustraction n’est pas une loi interne, mais elle l’est dans Z.
3 Etant donné un ensemble E, l’intersection et la réunion sont des lois
de composition interne dans P(E).
4 Si E est un ensemble non vide, la composition des applications de E
dans E est une loi interne dans E E .
5 On peut aussi définir une loi de composition interne par un tableau.
Par exemple, ? : {a, b, c} → {a, b, c} définie par :

? a b c
a c a c
b b a c
c b c a
Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 5 / 82
L.C.I :Magma

Définition
On appelle magma (ensemble structure) tout couple (E, ?) où E est un
ensemble non vide et ? une loi de composition interne sur E.

Exemples
N R N R
( , +), (Z, +), (Q, +), ( , +), (C, +), ( , ×), (Z, ×), (Q, ×), ( , ×),
(C, ×) sont des magmas.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 6 / 82


L.C.I : Commutativité et associativité
Définition
Soit (E, ?) un magma.
1 On dit que ? est une loi commutative ou (E, ?) est commutatif si :
∀x, y ∈ E : x ? y = y ? x.
2 On dit que ? est une loi associative ou (E, ?) est associatif si :
∀x, y, z ∈ E : x ? (y ? z) = (x ? y) ? z.
Remaque
Si ? est associative, les expressions (x ? y) ? z et x ? (y ? z) peuvent se noter tout
simplement x ? y ? z.
L’associativité permet en particulier la définition des puissances :
I Notation multiplicative : Pour tous x ∈ E et n ∈ N∗ , on pose :
xn = |x ? x ?{z· · · ? x} .
n fois
I Notation additive : Pour tous x ∈ E et n ∈ N∗ , on pose :
| ? x ?{z· · · ? x} .
nx = x
n fois
Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 7 / 82
L.C.I : Commutativité et associativité

Exemples
1 Les magmas (N, +), (N, ×), (Z, +), (Z, ×), (Q, +), (Q, ×), (R, +),
(R, ×), (C, +), (C, ×) sont commutatifs et associatifs.
2 Les magmas (P(E), ∪), (P(E), ∩) et (P(E), ∆) sont commutatifs et
associatifs pour E 6= ∅.
Le magma E E , ◦ est associatif (f ◦ g) ◦ h = f ◦ (g ◦ h) et on peut

3

écrire plus simplement f ◦ g ◦ h. Mais non commutatif. si E possède


au moins deux élé[Link] effet, par exemple, x et y sont deux
éléments distincts de E et si f : E → E est l’application constante
égale à x et g : E → E est l’application constante égale à y, alors
f ◦ g est constante égale à x et g ◦ f est constante égale à y, donc
f ◦ g 6= g ◦ f .
4 Le magma (Z, −) n’est ni commutatif ni associatif.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 8 / 82


L.C.I : Commutativité et associativité

Exemples
5 Dans R
on définit la L.C.I T par : xT y = x + 2y. Alors T ni
commutative, ni associative.

Remaque
Soit E = {a, b, c} muni de L.C.I ?.
Si ? est commutative, on peut le voir sur le tableau représentatif :
? a b c
..
a . a?b a?c
.. Il y aura symétrie par rapport à la diagonale.
b b?a . b?c
..
c c?a c?b .

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 9 / 82


L.C.I : Éléments particuliers

Définition (Élément neutre)


Soient (E, ?) un magma et e ∈ E. On dit que e est un élément neutre de
(E, ?) (ou pour ?) si : ∀x ∈ E, e ? x = x ? e = x.

Exemples
1 Les magmas (N, +), (Z, +), (Q, +), (R, +), (C, +) admettent 0 pour
élément neutre et les magmas (N, ×), (Z, ×), (Q, ×), (R, ×), (C, ×)
admettent 1 pour élément neutre. Le magma (N∗ , +), en revanche, ne
possède pas d’élément neutre.
2 Le magma (E E , ◦) admet l’IdE pour élément neutre.
3 Dans P(E), E est élément neutre pour l’intersection et ∅ est élément
neutre pour la réunion.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 10 / 82


Élément neutre et élément symétrisable

Remaque
1 Il est claire que si (E, ?) est un magma commutatif, alors e ∈ E est
élément neutre de E si seulement si ∀x ∈ E, e ? x = x.
2 L’élément neutre est noté généralement 1E ou 1 en notation
multiplicative et 0E ou 0 en notation additive.

Proposition (Unicité de l’élément neutre)


Si ? admet un élément neutre, celui-ci est unique.

Démonstration.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 11 / 82


Élément neutre et élément symétrisable

Remaque
1 Il est claire que si (E, ?) est un magma commutatif, alors e ∈ E est
élément neutre de E si seulement si ∀x ∈ E, e ? x = x.
2 L’élément neutre est noté généralement 1E ou 1 en notation
multiplicative et 0E ou 0 en notation additive.

Proposition (Unicité de l’élément neutre)


Si ? admet un élément neutre, celui-ci est unique.

Démonstration.
Si e, e0 ∈ E sont deux éléments neutres pour ?, alors e = e ? e0 = e0 , i.e.
e = e0 .

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 11 / 82


L.C.I : Éléments particuliers

Définition (Élément absorbant)


Soient (E, ?) un magma et a ∈ E.
a est élément absorbant pour ? si : ∀x ∈ E, a ? x = x ? a = a.

Exemples
Dans C, 0 est absorbant pour la multiplication.
Dans P(E), E est absorbant pour la réunion et ∅ est absorbant pour
l’intersection.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 12 / 82


L.C.I : Éléments particuliers

Définition (Symétrique d’un élément)


Soit (E, ?) un ensemble structuré.
Si (E, ?) possède un élément neutre e alors un élément x de E est dit
symétrisable pour la loi ? s’il existe un élément x0 de E tel que
x ? x0 = e et x0 ? x = e.
0
L’élément x est alors appelé élément symétrique de x pour la loi ?.
On peut noter aussi x0 = sym(x).

Remaque
Il est claire que si (E, ?) est un magma commutatif, alors x ∈ E est
symétrisable dans E s’il existe un élément y ∈ E vérifiant seulement l’un
des égalités x ? y = e ou y ? x = e.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 13 / 82


L.C.I : Éléments particuliers

Remaque
En particulier, si la loi de E est notée :
multiplicativement, les éléments symétrisables seront dits inversibles.
Dans ce cas, le symétrique d’un élément inversible x sera appelé
l’inverse de x et noté x−1 .
additivement, le symétrique de x sera noté −x et appelé l’opposé de x.

Exemples
1 Dans (Z, +), (Q, +), (R, +) et (C, +), tout élément possède un
opposé.
2 Dans (N, ×), seul 1 possède un inverse. Dans (Z, ×), seuls -1 et 1.
Dans (Q, ×), tout le monde sauf 0. Dans (C, ×), tout le monde sauf
0. Dans (C∗ , ×), en revanche, qui est bien un magma, tout élément
possède un inverse.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 14 / 82


L.C.I : Éléments particuliers

Exemples
3 Les éléments symétrisables du magma (E E , ◦) sont exactement les
bijections de E sur E. Le symétrique d’une bijection f pour la loi ◦
n’est autre que sa réciproque f −1 .

Proposition
Soit (E, ?) un magma associatif admettant un élément neutre .
Si x ∈ E est symétrisable, alors le symétrique de x est unique.

Démonstration.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 15 / 82


L.C.I : Éléments particuliers

Exemples
3 Les éléments symétrisables du magma (E E , ◦) sont exactement les
bijections de E sur E. Le symétrique d’une bijection f pour la loi ◦
n’est autre que sa réciproque f −1 .

Proposition
Soit (E, ?) un magma associatif admettant un élément neutre .
Si x ∈ E est symétrisable, alors le symétrique de x est unique.

Démonstration.
Soit x ∈ E. Soient x0 et x00 deux éléments symétriques de x. Alors,
x00 = e ? x00 = (x0 ? x) ? x00 = x0 ? (x ? x00 ) = x0 ? e = x0 .

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 15 / 82


L.C.I : Éléments particuliers
Proposition
Soient (E, ?) un magma associatif et possédant un élément neutre e.
Soient x et y deux éléments de E. Si x et y sont symétrisables, alors x ? y
l’est aussi et (x ? y)0 = y 0 ? x0 .
Autrement dit : sym(x ? y) = sym(y) ? sym(x)

Démonstration.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 16 / 82


L.C.I : Éléments particuliers
Proposition
Soient (E, ?) un magma associatif et possédant un élément neutre e.
Soient x et y deux éléments de E. Si x et y sont symétrisables, alors x ? y
l’est aussi et (x ? y)0 = y 0 ? x0 .
Autrement dit : sym(x ? y) = sym(y) ? sym(x)

Démonstration.
Soient x et y deux éléments symétrisables de E. Soient x0 et y 0 leurs
symétriques respectifs.
Par associativité de la loi ?, on a :

(x ? y) ? (y 0 ? x0 ) = x ? (y ? y 0 ) ? x0 = x ? e ? x0 = x ? x0 = e

et
(y 0 ? x0 ) ? (x ? y) = y 0 ? (x0 ? x) ? y = y 0 ? e ? y = y 0 ? y = e.
Donc, x ? y est symétrisable et son symétrique est y 0 ? x0 .
Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 16 / 82
L.C.I : Éléments particuliers

Exemples
1 Dans C, l’opposé de z1 + z2 est−(z1 + z2 ) = −z1 − z2 .
2 Dans C∗ , l’inverse de z1 × z2 est 1
z1 ×z2 = 1
z2 × 1
z1 .
3 Dans l’ensemble des bijections d’un ensemble E sur lui-même, la
réciproque de g ◦ f est (g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1 (et pas g −1 ◦ f −1 ).

Remaque
Si la loi de E est notée multiplicativement, alors pour deux éléments
inversibles x et y de E, xy est inversible et on a : (xy)−1 = y −1 x−1
Si la loi de E est notée additivement, alors si x et y admettent des
opposés, il en est de même de x + y, et on a :
−(x + y) = (−y) + (−x).
le symétrique de x0 = sym(x)
 est tout simplement égal à x
c’est-à-dire sym sym(x) = x.
Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 17 / 82
L.C.I : Éléments particuliers

Exercice
Dans Z × Z, la L.C.I T définie par :
∀m, n, p, q ∈ Z : (m, n)T (p, q) = (m + p, n − q)

T est-elle associative ?
Est-elle commutative ?
Admet-elle un élément neutre ?
Chercher les éléments symétrisables s’ils existent ?

Cours d’algèbre 1 (MIP) Loi de composition interne 18 / 82


Groupe

Définition
Un magma (G, ?) est un groupe si il vérifie les trois conditions suivantes :
i) La loi ? est associative c’est-à-dire : ∀x, y, z ∈ G,
x ? (y ? z) = (x ? y) ? z.
ii) La loi ? admet un élément neutre c’est-à-dire :
∃e ∈ G/ ∀x ∈ G, x ? e = e ? x = x
iii) Tout élément admet un symétrique c’est-à-dire :
∀x ∈ G, ∃x0 ∈ G/ x ∗ x0 = x0 ∗ x = e.
I En d’autres termes, on appelle groupe tout magma associatif
possédant un élément neutre et dans lequel tout élément est
symétrisable.
I Si, de plus, la loi ? est commutative, on dit que le groupe est
commutatif ou abélien.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 19 / 82


Groupe

On peut tirer plusieurs conséquences de cette définition :


L’élément neutre est unique et chaque élément x ∈ G admet un
unique symétrique noté x0 = sym(x).
Dans un groupe, tout élément étant symétrisable, on peut toujours
simplifier facilement. Par exemple, pour tous éléments x, y, z de G :
(x ? y = x ? z) ⇒ (y = z) et (y ? x = z ? x) ⇒ (y = z)

Exemples
1 (Z, +), (Q, +), (R, +) et (C, +) sont des groupes abeliens pour
l’addition usuelle.
2 (Q∗ , ×), (R∗ , ×) et (C∗ , ×) sont des groupes abeliens pour la
multiplication usuelle.
3 (Z, ×), (IR, ×) et ( Z∗, ×) ne sont pas des groupes.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 20 / 82


Groupe
Remaque
loi + loi ×
•∀x, y ∈ G, x + y ∈ G •∀x, y ∈ G, xy ∈ G
•∀x, y, z ∈ G, •∀x, y, z ∈ G,
(x + y) + z = x + (y + z) (xy)z = x(yz)
•∃0G ∈ G, •∃1G ∈ G,
∀x ∈ G 0G + x = x + 0G = x ∀x ∈ G 1G x = x1G = x
0G est élément neutre 1G est élément neutre
•∀x ∈ G, ∃(−x) ∈ G tq •∀x ∈ G, ∃x−1 ∈ G tq
x + (−x) = (−x) + x = 0G xx−1 = x−1 x = 1G
(−x) est l’opposé de x x−1 est l’inverse de x

Exercice
On définit une loi de composition interne ? surR par :
R
∀(x, y) ∈ 2 : x ? y = x + y − xy.
(R, ?) est-il un groupe commutatif ?
Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 21 / 82
Groupe
Proposition (Minimisation des axiomes d’un groupe)
Soit (G, ?) un magma associatif vérifiant les deux assertions suivantes :
(i) ∃e ∈ G, ∀x ∈ G : x ? e = x (autrement dit, G possède un élément
neutre à droite e).
(ii) ∀x ∈ G, ∃x0 ∈ G : x ? x0 = e (autrement dit, x possède un
symétrique à droite x0 ).
Alors G est un groupe.

Démonstration.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 22 / 82


Groupe
Proposition (Minimisation des axiomes d’un groupe)
Soit (G, ?) un magma associatif vérifiant les deux assertions suivantes :
(i) ∃e ∈ G, ∀x ∈ G : x ? e = x (autrement dit, G possède un élément
neutre à droite e).
(ii) ∀x ∈ G, ∃x0 ∈ G : x ? x0 = e (autrement dit, x possède un
symétrique à droite x0 ).
Alors G est un groupe.

Démonstration.
Soit x ∈ G, de symétrique à droite x0 . On va montrer que x0 est aussi un
symétrique à gauche pour x.
On a x0 ? x ∈ G, donc il possède un symétrique à droite z. D’où
(x0 ? x) ? z = e ⇒ x ? (x0 ? x) ? z = x ⇒ (x ? x0 ) ? x ? z = x ⇒ e ? x ? z = x
par associativité de la loi. On multiplie ensuite à gauche par x0 , on obtient :
x0 ? e ? x ? z = x0 ? x ⇒ (x0 ? x) ? z = x0 ? x ⇒ e = x0 ? x.
Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 22 / 82
Groupe

Démonstration.
suite On en déduit ensuite que e est aussi neutre à gauche.
En effet, soit x ∈ G est dans G, on a e ? x = (x ? x0 ? x) = x ? e = x, car
la loi est associative e est un élément neutre à droite.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 23 / 82


Groupe
Exercice
1 Soit E un ensemble et soit S(E) = Bj(E) l’ensemble des applications
bijections de E sur E. Prouver que (S(E), ◦) est un groupe non
commutatif.
2 Soit E un ensemble non vide. montrer que (P(E), ∆) est groupe
commutatif.
3 Sur l’ensemble Z/nZ, on peut définir l’opérateur d’addition entre les
classes par :
p̄+̇q̄ = p + q.
Prouver que (Z/nZ, +̇) est un groupe commutatif.
4 On définit sur E = A( , ) = R l’opérateur d’addition entre deux
RR R
applications par :
∀(f, g) ∈
Ä
R ä2 , f +̇g : →
R R R
x 7→ (f +̇g)(x) = f (x) + g(x)
Montrer que (E, +̇) est un groupe commutatif.
Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 24 / 82
Groupe

Proposition (Groupe produit)


Soient (G, ?) et (G0 , ⊥) deux groupes. on munit Le produit cartésien
G × G0 de la loi de composition interne T définie par
(x, x0 )T (y, y 0 ) = (x ? y, x0 ⊥ y 0 ). Alors (G × G0 , T ) est un groupe, appelé
groupe produit.

Exemple
Z Z
A partir des groupes ( , +) et ( , +) on peut construire leur groupe
Z Z Z Z
produit ( 2 , +) où 2 = × et (m, n) + (p, q) = (m + p, n + q).
Le produit cartésien R∗ × R muni de la loi de composition interne ?,
définie par (r, θ) ? (r0 , θ0 ) = (rr0 , θ + θ0 ), est tel que (R∗ × R, ?) est un
groupe abélien.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 25 / 82


Groupe : Sous-groupe
Définition
Soit (G, ?) un groupe et H une partie non vide de G. On dit H est un
sous-groupe de (G, ?) lorsque :
1 eG ∈ H.
2 H est stable par ? c-à-d ∀(x, y) ∈ H 2 : x ? y ∈ H.
3 H est stable par passage au symétrique : ∀x ∈ H, x0 = sym(x) ∈ H.
Ca veut dire tout simplement que (H, ?) est un groupe.

Exemples
1 Z Q Q R R
( , +) est un sous-groupe de ( ; +), ( ; +) est un sous-groupe de ( , +), ( ; +)
est un sous-groupe de ( , +). C
2 (Q , ×) est un sous-groupe de (R , ×), (R , ×) est un sous-groupe de
∗ ∗ ∗

R , ×), (R , ×) est un sous-groupe de (C , ×).


+
∗ ∗ ∗
(
3 (R , ×) et (Z , ×) ne sont pas des sous-groupes de (R , ×)


∗ ∗

4 ({1}, ×) et ({1, −1}, ×) sont des sous-groupes de (R , ×)


Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 26 / 82


Groupe : Sous-groupe

Remaque
Si G est un groupe, G et {e} sont des sous-groupes de G On les appelle
les sous-groupes "triviaux".

Exercice
1 Montrer que D = {z ∈ C tel que |z| = 1} est un sous-groupe de
(C∗ , ×).

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 27 / 82


Groupe :Sous-groupe
Proposition
Soient (G, ?) un groupe et H un sous-groupe de G.
1 eG ∈ H.
2 H est stable par passage au symétrique : ∀x ∈ H, x0 ∈ H.

Démonstration.
1 Notons eH l’élément neutre de H. On a eH ? eG = eH car eG est le
neutre de (G, ?). De plus, comme eH est élément neutre de H, on a
eH ? eH = eH et donc : eH ? eH = eH ? eG . Or on peut simplifier par
eH car G est un groupe, donc : eH = eG et enfin : eG ∈ H.
2 Soit x ∈ H. Notons x0H le symétrique de x dans H pour le distinguer
du symétrique x0 de x dans G. Alors : x0H = x0 , car x0H ? x = e et
x0 ? x = e, donc x0H ? x = x0 ? x. Or on peut simplifier par x car G est
un groupe, ainsi x0H = x0 , d’où : x0 ∈ H.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 28 / 82


Groupe : sous-groupe
Proposition
Soient (G, ?) un groupe et H une partie de G. Alors H est un sous-groupe
de (G, ?) si et seulement si :
i H 6= ∅,
ii ∀(x, y) ∈ H 2 , x ? y 0 ∈ H.

Démonstration.
⇒ Si H est un sous-groupe de G, alors H est stable par ? et nous avons vu que :
eG ∈ H et que H est stable par passage au symétrique. Bref, pour tout x, y ∈ H,
on a : x ? y 0 ∈ H.
⇐ Supposons que H vérifie i et ii
I Comme H 6= ∅. Alors il existe x ∈ H et on a x ∈ H, ainsi x ? x0 ∈ H,
c-à-d x ? x0 = eG ∈ H.
I On a ∀x ∈ H, eG ∈ H, donc d’après ii) on obtient eG ? x0 = x0 ∈ H,
c-à-d H est stable par passage au symétrique.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 29 / 82


Groupe : sous-groupe
Démonstration.
I On a ∀x, y ∈ H on a y 0 ∈ H, donc d’après ii) on obtient
x ? sym(sym(y)) = x ? y ∈ H, c-à-d H est stable par ?
Par conséquent H est un sous-groupe de (G, ?)

Si G un groupe noté multiplicativement, on a :


Soit H ⊂ G. Les propriétés suivantes sont équivalentes :
1 H est un sous-groupe de (G, .).
2 1G ∈ H, ∀x, y ∈ H x.y ∈ H et ∀x ∈ H, x−1 ∈ H.
3 H 6= ∅, ∀x, y ∈ H x.y −1 ∈ H.

Si la loi de G est une loi notée additivement, on a :


Soit H ⊂ G. Les propriétés suivantes sont équivalentes :
1 H est un sous-groupe de (G, +).
2 0G ∈ H, ∀x, y ∈ H, x + y ∈ H et ∀x ∈ H, −x ∈ H.
3 H 6= ∅, ∀x, y ∈ H x − y ∈ H.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 30 / 82


Groupe :sous-groupe

Exemples
Pour tout entier naturel n non nul, l’ensemble Un = {z ∈ C : z n = 1}
(appelé ensemble des racines n-ièmes de l’unité) est un sous-groupe de
C
( ∗ , ×).

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 31 / 82


Groupe :sous-groupe

Exemples
Pour tout entier naturel n non nul, l’ensemble Un = {z ∈ C : z n = 1}
(appelé ensemble des racines n-ièmes de l’unité) est un sous-groupe de
C C
( ∗ , ×).En effet, Un ⊂ ∗ , 1 ∈ Un et, pour tous z1 , z2 ∈ Un , on a

z1n 1
(z1 z2−1 )n = = =1
z2n 1

donc z1 z2−1 ∈ Un .

Remaque
Pour montrer qu’un certain ensemble H muni d’une certaine loi est un
groupe, il suffit souvent de montrer que H est un sous-groupe d’un
autre groupe connu.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 31 / 82


Groupe :sous-groupe

Proposition
Les sous-groupes de (Z, +) sont de la forme nZ, avec n ∈ N.

Démonstration.
1 Montrer que nZ est un sous-groupe de (Z, +).
2 Vérifier que le groupe {0} est de la forme voulue.
3 Soit H un sous-groupe de (Z, +) non réduit à {0}. Montrer que
H + = {h ∈ H | h > 0} possède un plus petit élément. On note n = min H + .
4 Établir que nZ ⊂ H.
5 Montrer que H ⊂ nZ.
6 Conclure que pour tout sous-groupe H de Z, il existe un unique n ∈ N tel que
H = nZ.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 32 / 82


Groupe :sous-groupe
Démonstration.
1 Montrer que nZ est un sous-groupe de (Z, +).
Il est claire que nZ ⊂ Z.
On a 0 = n · 0 ∈ nZ.
Soient x, y ∈ nZ, on peut écrire x = nk et y = n` avec k, ` ∈ Z. Alors
x − y = n(k − `)
avec k − ` ∈ Z, donc x − y ∈ nZ.
Ainsi, nZ est un sous-groupe de Z.
2 Vérifier que le groupe {0} est de la forme voulue.
Pour n = 0 ∈ N, on a {0} = nZ.
3 Soit H un sous-groupe de (Z, +) non réduit à {0}. Montrons que
H + = {h ∈ H | h > 0} possède un plus petit élément. On note n = min H + .
Puisque H est non vide et non réduit à {0}, il existe h ∈ H tel que h 6= 0.
I Si h > 0, alors h ∈ H + .
I Si h < 0, alors −h ∈ H (car H est un sous-groupe) et −h > 0, donc
−h ∈ H + .
Dans les deux cas, H + 6= ∅.
H + est une partie non vide de N, donc H + possède un plus petit élément n.
Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 33 / 82
Groupe :sous-groupe
Démonstration.
4 Établirons que nZ ⊂ H. Puisque 0 ∈ H et n ∈ H, par récurrence, la stabilité de H
donne :
∀h ∈ N, n · h = n + · · · + n ∈ H.
Par passage à l’opposé, la stabilité de H par symétrie donne :
∀k ∈ Z, n · n ∈ H. Ainsi, nZ ⊂ H.
5 Montrons que H ⊂ nZ.
Soit x ∈ H. La division euclidienne de x par n 6= 0 donne x = nq + r avec q ∈ Z
et 0 ≤ r < n.
On a r = x − nq avec x ∈ H et nq ∈ nZ ⊂ H, donc r ∈ H.
Si r > 0, alors r ∈ H + , or r < n = min H + , ce qui est impossible.
Il reste r = 0, ce qui donne x = nq ∈ nZ.
Ainsi, H ⊂ nZ et finalement H = nZ.
6 on conclut que pour tout sous-groupe H de Z, il existe un unique n ∈ N tel que
H = nZ.
Il reste à montrer l’unicité.
Soit n, m ∈ N tels que nZ = mZ. On a n ∈ nZ = mZ, donc m | n. De même,
n | m, or n, m ≥ 0, donc n = m.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 34 / 82


Groupe :sous-groupe

Proposition
Si H et K sont des sous-groupes de (G, ?), H ∩ K est un sous-groupe de
(G, ?). Ainsi, une intersection de sous-groupes est un sous-groupe.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 35 / 82


Groupe :sous-groupe

Proposition
Si H et K sont des sous-groupes de (G, ?), H ∩ K est un sous-groupe de
(G, ?). Ainsi, une intersection de sous-groupes est un sous-groupe.

Démonstration.
Soient H et K deux sous-groupes. On a bien sûr H ∩ K ⊂ G. De plus, d’après ce qui
précède, H et K contiennent l’élément neutre eG de G et donc eG ∈ H ∩ K. Soient x
et y deux éléments de H ∩ K. Alors :

x ? y0 ∈ H
ß ß
x, y ∈ H
, donc et donc x ? y 0 ∈ H ∩ K . Ceci montre
x, y ∈ K x ? y0 ∈ K

que H ∩ K est un sous-groupe de (G, ?).

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 35 / 82


Groupe :sous-groupe

Exercice
Soient (G, ?) un groupe et H1 , H2 deux sous-groupes de G. On suppose
que H1 ∪ H2 est un sous-groupe de G. Montrer que H1 ⊂ H2 ou H2 ⊂ H1 .

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 36 / 82


Groupe :sous-groupe

Exercice
Soient (G, ?) un groupe et H1 , H2 deux sous-groupes de G. On suppose
que H1 ∪ H2 est un sous-groupe de G. Montrer que H1 ⊂ H2 ou H2 ⊂ H1 .

Solution : Raisonnons par l’absurde et supposons que H1 * H2 et


H2 * H1 . Alors, il existe x1 ∈ H1 , x1 ∈/ H2 et il existe x2 ∈ H2 , x2 ∈
/ H1 .
Comme H1 ∪ H2 est un sous-groupe, x1 ? x2 ∈ H1 ∪ H2 . Si x1 ? x2 ∈ H1 ,
alors x2 = x01 ? (x1 ? x2 ) ∈ H1 , ce qui est absurde. De la même façon on
trouve x1 ∈ H2 si x1 ? x2 ∈ H1 ce qui est contradictoire. D’où le résultat.
Remaque
En général si (G, ?) un groupe et H1 , H2 deux sous-groupes de G. alors
Z Z
H1 ∪ H2 n’est pas un sous-groupe de G. En effet, on a 2 et 3 sont deux
Z Z Z
sous-groupes de ( , +), mais 2 ∪ 3 n’est pas un sous-groupe de ( , +) Z
Z Z Z Z
( x = 2 ∈ 2 et y = 3 ∈ 3 , alors x + y = 5 6∈ 2 ∪ 3 ).

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 36 / 82


Groupe : Théorème de Lagrange

Définition (Ordre d’un groupe)


Si G est un groupe fini, Card(G) s’appelle l’ordre de G.

Proposition ( Théorème de Lagrange)


Soient G un groupe fini et H un sous-groupe de G. Alors, l’ordre de H
divise l’ordre de G.

Démonstration.
Voir le TD

Remaque
D’après ce théorème un groupe (G, ?) de cardinal 7 n’a que deux
sous-groupes {eG } et G lui même.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 37 / 82


Groupe : Morphismes de groupes
Définition (Morphisme de groupes)
Soient (G, ?) et (G0 , T ) deux groupes. Une application f : G → G0 est
homomorphisme ( ou simplement morphisme) de groupes si :
∀(x, y) ∈ G2 , f (x ? y) = f (x)>f (y).
Si G0 = G, on dit que f est un endomorphisme du groupe G.
Un homomorphisme bijectif est appelé un isomorphisme.
Un endomorphisme bijectif est appelé un automorphisme.

Exemples
1 La fonction x 7→ x2 est un morphisme de groupes de (R∗+ , ×) dans lui

même, et c’est un automorphisme de réciproque x 7→ x.
2 L’exponentielle est un morphisme de groupes de (R, +) dans (R∗+ , ×).
3 Logarithme est un morphisme de groupes de (R∗+ , ×) dans (R, +).
4 L’application idG identité d’un groupe G est un automorphisme de G.
Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 38 / 82
Groupe : Morphismes de groupes

Exemples
4 Soient (G, ?) et (G0 , T ) deux groupes. L’application
θ : G → G0 , x 7→ eG0 est un morphisme de G dans G0 .
5 Soit (R∗ , ×) le groupe multiplicatif et f est l’application
f : R∗ → R∗ , x 7→ |x|
x
.
f est un morphisme de groupes de (R∗ , ×) dans lui même.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 39 / 82


Groupe : Morphismes de groupes

Proposition
Soit f : (G, ?) → (G0 , T ) un morphisme de groupes alors :
1 f (eG ) = eG0 ,
pour tout x ∈ G, f x−1 = (f (x))−1 .

2

Ici, pour x ∈ G, x−1 est le symétrique de x dans le groupe G. De même,


dans le groupe G0 , nous noterons le symétrique de f (x) par(f (x))−1 .

Démonstration.
1 On a f (eG ) = f (eG ? eG ) = f (eG ) T f (eG ). En composant (à droite
par exemple) par (f (eG ))−1 , on obtient : eG0 = f (eG ).
Soit x ∈ G. On a x ? x−1 = −1 = f (e ). Cela

2 eG et donc f x ? x G
entraine que f (x)>f x−1 =eG0 et en composant à gauche par


(f (x))−1 , on obtient : f x−1 = (f (x))−1 .

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 40 / 82


Groupe : Morphismes de groupes

Proposition
1 Soient deux morphismes de groupes f : (G, ?) → (G0 , T ) et
g : (G0 , T ) → (G00 , ⊥). Alors g ◦ f : G → G00 est un morphisme de
groupes.
2 Si f : (G, ?) → (G0 , T ) est un morphisme bijectif (isomorphisme) alors
f −1 : (G0 , T ) → (G, ?) est aussi un isomorphisme de groupes.

Démonstration.
1 Évident.
2 Soit y, y 0 ∈ G0 . Comme f est bijective, donc f −1 existe et bijective,
alors ∃!x, x0 ∈ G tel que f (x) = y et f (x0 ) = y 0 . Alors, f −1 (y>y 0 ) =
f −1 (f (x)>f (x0 )) = f −1 (f (x ? x0 )) = x ? x0 = f −1 (y) ? f −1 (y 0 ).
D’où, f −1 est un isomorphisme de G0 vers G.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 41 / 82


Groupe : Morphismes de groupes

Définition (Image et Noyau)


Soient (G, ?) un groupe d’élément neutre eG , (G0 , T ) un groupe d’élément
neutre eG0 et f un morphisme de groupes de G vers G0 .
1 L’ensemble f (G) = {y ∈ G0 /∃x ∈ G; y = f (x)} est appelée l’image
de f et noté Im(f ).
2 L’ensemble f −1 ({eG0 }) = {x ∈ G/f (x) = eG0 } est appelée le noyau
de f et noté Ker(f ).

Exemples
1 Soient (G, ?) un groupe et idG : G → G, x 7→ x un morphisme. Alors
Im(idG ) = G et Ker(idG ) = {eG } .
2 On a exp : (R, +) → (R∗+ , ×), x 7→ exp(x) est un morphisme. Alors
R
Im(exp) = ∗+ et Ker(exp) = {0} .

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 42 / 82


Groupe : Morphismes de groupes
Proposition
Soit (G, ?) un groupe d’élément neutre eG et soit H un sous-groupe de G.
Soit (G0 , T ) un groupe d’élément neutre eG0 et soit H 0 un sous-groupe de
G0 . Soit f un morphisme de groupes de G vers G0 . Alors :
1 f (H) est un sous-groupe de G0
2 f −1 (H 0 ) est un sous-groupe de G.
3 En particulier, Im f est un sous-groupe de G0 et Ker f est un
sous-groupe de G.

Démonstration.
1 f (H) sous-groupe de G0 En effet :
eG ∈ H et comme f (eG ) = eG0 ∈ f (H), donc f (H) 6= ∅.
Soient b1 et b2 deux éléments de f (H).
∃a1 ∈ H/ b1 = f (a1 ) et ∃a2 ∈ H/ b2 = f (a2 )
b1 T (b2 )−1 = f (a1 )T (f (a2 ))−1 = f (a1 )T f (a−1 −1
2 ) = f (a1 ? a2 )
−1
Or a1 ? a2 ∈ H car H est un sous-groupe de G, Donc b1 T (b2 )−1 ∈ f (H).
Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 43 / 82
Groupe : Morphismes de groupes

Démonstration.
2 f −1 (H 0 ) sous-groupe de G En effet :
eG0 ∈ H 0 et f (eG ) = eG0 donc eG ∈ f −1 (H 0 ). Donc f −1 (H 0 ) 6= ∅.
Soient a1 et a2 deux éléments de f −1 (H 0 ).
∃b1 ∈ H 0 /b1 = f (a1 ) et ∃b2 ∈ H 0 /b2 = f (a2 )
f (a1 ? a−1 −1
2 ) = f (a1 )T f (a2 ) = f (a1 )T (f (a2 ))
−1 = b T (b )−1
1 2
Or b1 T (b2 ) ∈ H car H est un sous-groupe de G0 , Donc
−1 0 0

a1 ? a−1
2 ∈f
−1 (H 0 ).

Proposition
Soit f : (G, ?) → (G0 , T ) un morphisme de groupes.
1 f est injectif si et seulement si Ker(f ) = {eG }.
2 f est surjectif si et seulement si Im(f ) = G0 .

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 44 / 82


Groupe : Morphismes de groupes

Démonstration.
1 Supposons f injective. Soit x ∈ Ker f , alors f (x) = eG0 donc
f (x) = f (eG ) et comme f est injective alors x = eG . Donc
Ker f = {eG }.
Réciproquement supposons Ker f = {eG }. Soient x, y ∈ G tels  que
f (x) = f (y) donc f (x)T (f (y))−1 = e 0 , d’où f (x)T f y −1 = e 0 et
G G
donc f x ? y −1 = eG0 . Ceci implique que x ? y −1 ∈ Ker f . Comme


Ker f = {eG } alors x ? y −1 = eG et donc x = y. par conséquent f est


injective.
2 La proposition est claire et valable pour toute application f de G dans
G0 qu’il s’agisse d’un morphisme ou non.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 45 / 82


Groupe : Morphismes de groupes

Exercice
Soit G un groupe multiplicatif et f : G → G une application définie par
x 7→ x−1 .
Montrer que f est un morphisme de groupes si et seulement si G est
abélien.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 46 / 82


Groupe : Morphismes de groupes

Exercice
Soit G un groupe multiplicatif et f : G → G une application définie par
x 7→ x−1 .
Montrer que f est un morphisme de groupes si et seulement si G est
abélien.
Solution :
Supposons que f est un morphisme de groupes. Pour tous a, b ∈ G,
on a
ab = f (a−1 )f (b−1 ) = f (b−1 a−1 ) = (a−1 b−1 )−1 = ab
Ainsi G est abélien.
Réciproquement, supposons que G est abélien. Soit a, b ∈ G. On a
f (ab) = (ab)−1 = b−1 a−1 = a−1 b−1 = f (a)f (b).
Donc f est un morphisme de groupes.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 46 / 82


Groupe : Morphismes de groupes

Exercice
Soient n ∈ N∗ et f : R∗ → R∗ définie par f (x) = xn .
1 Montrer que f est un morphisme du groupe (R∗ , ×) vers lui-même.
2 Déterminer l’image et le noyau de f .

Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 47 / 82


Groupe : Morphismes de groupes
Solution :
1 Pour x ∈ R∗ , on a bien f (x) ∈ R∗ .

Pour x, y ∈ R∗ ,

f (xy) = (xy)n = xn y n = f (x)f (y),

donc f est un morphisme de (R∗ , ×) vers lui-même.


2 Par définition,

ker(f ) = f −1 ({1}) et Im(f ) = {xn | x ∈ R∗ }.

Si n est pair, alors

ker(f ) = {1, −1} et Im(f ) = R∗+ .

Si n est impair, alors

ker(f ) = {1} et Im(f ) = R∗ .


Cours d’algèbre 1 (MIP) Groupes 48 / 82
Anneau

Définition (Distributivité)
Soit A un ensemble muni de deux lois de composition interne > et ?
On dit que La loi ? est distributive à gauche par rapport à la loi > si :
∀x, y, z ∈ A, x ? (y>z) = (x ? y)>(x ? z)
On dit que La loi ? est distributive à droite par rapport à la loi > si :
∀x, y, z ∈ A, (y>z) ? x = (y ? x)>(z ? x).
La loi ? est dite distributive par rapport à > si elle est distributive à la
fois à gauche et à droite par rapport à > .

Exemples
1 N Z Q R, C la multiplication × est distributive par rapport à
Dans , , ,
l’addition +.
2 Soit E un ensemble. Dans P(E) chacune des lois ∪ et ∩ est
distributive par rapport à l’autre.
Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 49 / 82
Anneau

Exemples
3 ∩ est distributive par rapport à − dans P(E).
4 ∩ est distributive par rapport à ∆ dans P(E).
5 Dans l’ensemble des propositions mathématiques P chacune des lois ∧
et ∨ est distributive par rapport à l’autre.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 50 / 82


Anneau

Définition (Anneau)
Soit A un ensemble non vide muni de deux lois de composition interne >
et ?. On dit que (A, >, ?) est un anneau si :
i (A, >) est un groupe commutatif.
ii La loi ? est associative et admet a un élément neutre.
iii La loi ? est distributive par rapport à la loi >.
Si en plus ? est commutative sur A alors on dit que l’anneau (A, >, ?) est
commutatif.

Exemples
1 Z Q R
( , +, ×), ( , +, ×), ( , +, ×) et (C, +, ×) sont des anneaux
commutatifs.
2 Soit E un ensemble non vide. (P(E), ∆, ∩) est anneau commutatif.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 51 / 82


Anneau

Exemples
3 On définit sur A( , ) = R (l’ensemble des applications de
RR R R dans
R ˙ " par :
) les deux lois de composition internes "+̇" et " ×
Soit f, g ∈ R R
, f +g : → R R
x 7→ f (x) + g(x)
et f ×g : R→R
x 7→ f (x) × g(x)
Alors ( RR , +̇, ×
˙ ) est un anneau commutatif.
4 ˙
On définit sur Z/nZ, les deux lois de composition internes "+̇" et " ×
" par :
Z
∀p, q ∈ , p̄+̇q̄ = p + q et p̄×q̄ ˙ =p×q
˙ est un anneau commutatif.
Alors (Z/nZ, +̇, ×)

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 52 / 82


Anneau
Proposition
Soit (A, +, ×) un anneau.
1 ∀x ∈ A 0 × x = x × 0 = 0(0 est un élément absorbant).
2 ∀x, y ∈ A (−x) × y = x × (−y) = −x × y(règle des signes).
3 ∀x, y ∈ A (−x) × (−y) = x × y.
4 ∀x, y, z ∈ A x × (y − z) = x × y − x × z et
(y − z) × x = y × x − z × x

Démonstration.
1 ∀x ∈ A : 0 × x = (0 + 0) × x = 0 × x + 0 × x,
donc 0 × x = 0.
2 ∀x, y ∈ A : x × y + (−x) × y = (x + (−x)) × y = 0 × y = 0,
donc le symétrique de x × y qui est −x × y est égal à (−x) × y.
De la même façon on montre : x × (−y) = −x × y

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 53 / 82


Anneau

Démonstration.
3 ∀x, y ∈ A : (−x) × (−y) = −(x × (−y)) = −(−xy) = xy
4 ∀x, y, z ∈ A : x × (y − z) = x × (y + (−z))
= x × y + x × (−z)
= x × y + (−x × z)
= x × y − x × z.
De la même façon on montre : (y − z) × x = y × x − z × x

Remaque
∀x ∈ A : x × (−1) = (−1) × x = −x

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 54 / 82


Anneau

Remaque (Notations usuelles)


Soient (A, +, ×) un anneau et a ∈ A.
1 n × a = na = a {z· · · + a}, pour n ∈
| +a+ N
n fois
2 m × a = ma = (−a) + (−a) + · · · + (−a), pour m ∈
| {z }
Z∗−.
−m fois
3 an | ×a×
=a {z· · · × a}, pour n ∈ N
n fois
4 am = |a−1 × a−1{z
× · · · × a−1}, pour m ∈ Z∗−.
−m fois

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 55 / 82


Anneau

Proposition (Identités remarquables)


Soit (A, +, ×) un anneau,n ∈ N, (a, b) ∈ A2 tel que ab = [Link] a :
Xn
(a + b)n = Cnk ak bn−k (formule du binôme de Newton)
k=0
n!
avec Cnk =
k!(n − k)!
n−1
X
n n
a − b = (a − b)( ak bn−k−1 ).
k=0

Démonstration.
La preuve se fait par récurrence.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 56 / 82


Anneau : Anneau intègre

Définition (Anneau intègre)


Soit A un anneau. On dit que A est intègre si A est non nul(A 6= {0A })
et si :
∀a, b ∈ A, (ab = 0A ⇒ a = 0A ou b = 0A ),
ou encore, par contraposée, si
∀a, b ∈ A, (a 6= 0A et b 6= 0A ⇒ ab 6= 0A ).

Exemples
1 Les anneaux (Z, +, ×), (Q, +, ×), (R, +, ×) et (C, +, ×) sont
intègres.
2 L’anneau R , +, × est commutatif mais n’est pas intègre.
R
3 L’anneau (Z/6Z, +, ×) est commutatif mais n’est pas intègre.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 57 / 82


Anneau : Anneau intègre

Remaque
Un anneau (A, +, ×) n’ est pas intègre si :
∃a, b ∈ A∗ = A r {0A }, a × b = 0A

Exercice
Soit A est un anneau de Boole c-à-d pour tout x de A on a x2 = x.
1 Si x ∈ A, montrer que x = −x.
2 Montrer que A est commutatif.
3 On Suppose que A est intègre. Montrer que A contient exactement
deux éléments.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 58 / 82


Anneau : Anneau intègre

Solution :
1 Soit x ∈ A. Alors (2x)2 = 2x donc 4x2 = 2x, ce qui entraîne 4x = 2x
et donc 2x = 0. Ce qui s’écrit encore x = −x.
2 Montrons que A est commutatif. Soit x, y ∈ A, alors x + y ∈ A.
Ainsi, par définition de A, on obtient (x + y)2 = x + y et donc

x2 + xy + yx + y 2 = x + y = x2 + y 2 .

D’où, xy + yx = 0 et donc xy = −yx = yx. Ce qui montre que A est


commutatif.
3 Soit x, y ∈ A avec x 6= 0 et y 6= 0, alors
xy(x + y) = xyx + xy 2 = x2 y + xy 2 = 2xy = 0.
Puisque que A est intègre, x 6= 0 et y 6= 0 . Alors (x + y) = 0 c-à-d
x = −y = y. Ainsi A ne possède qu’un seul élément non nul, et il
contient exactement deux éléments.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 59 / 82


Anneau : Groupe des inversibles d’un anneau
Définition (Inversible de A)
Soit A un anneau. Un élément a ∈ A est dit inversible dans A (on dit
parfois une unité de A) s’il existe a0 ∈ A (nécessairement unique) tel que :
a0 a = aa0 = 1A .
a0 s’appelle l’inverse de A et se note a−1 .
L’ensemble des éléments inversible de l’anneau est noté U(A).

Exemples
Dans (Z, +, ×) on a U(Z) = {−1, 1}.
Dans (R, +, ×) on a U(R) = R∗ .

Remaque
Par définition, tout anneau est en particulier un groupe pour son addition,
donc quand on parle des éléments inversibles d’un anneau, c’est toujours
aux éléments inversibles pour la multiplication qu’on fait référence.
Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 60 / 82
Anneau : Anneau produit

Proposition
Étant donné deux anneaux (A, +A , ×A ) et (B, +B , ×B ). Sur leur produit
cartésien on définit les deux lois de composition interne + et × par :

(a, b) + a0 , b0 := a +A a0 , b +B b0
 
d’élément neutre (0A , 0B ) ,
0 0 0 0
 
(a, b) × a , b := a ×A a , b ×B b d’élément neutre (1A , 1B ) .

Alors (A × B, +, ×) est un anneau dit anneau produit des anneaux


(A, +A , ×A ) et (B, +B , ×B ).
De plus si A et B sont commutatifs, A × B l’est également.

Remaque
Soient les deux anneaux (A, +A , ×A ) et (B, +B , ×B ). Alors l’anneau
produit (A × B, +, ×) n’est jamais intègre même si les anneaux
(A, +A , ×A ) et (B, +B , ×B ) sont intègres .

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 61 / 82


Anneau : Sous-anneau

Définition (Sous-anneau)
Soient (A, +, ×) un anneau et B une partie de A. On dit que B est un
sous-anneau de A si

(B, +) est un sous-groupe de(A, +).

B est stable par produit : ∀x, y ∈ B, xy ∈ B

1A ∈ B

Exemples
1 Z Q
( , +, ×) est sous-anneau de ( , +, ×) qui est sous-anneau de
R C
( , +, ×) qui est sous-anneau de ( , +, ×).
2 (2Z, +, ×) n’est pas un sous anneau de (Z, +, ×).

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 62 / 82


Anneau : Sous-anneau
Proposition (Caractérisation des sous-anneaux)
Soient A un anneau et B une partie de A. Alors B est un sous-anneau de
A si et seulement si 
(i) B est stable par différence.

(E) (ii) B est stable par produit.

(iii) 1A ∈ B

Démonstration.
Supposons d’abord que B est un sous-anneau de A. Alors, par définition
d’un sous-anneau les conditions (i), (ii), et (iii) sont vérifiées.
Réciproquement, supposons que B satisfait les conditions (i), (ii), et (iii).
Montrons que B est un sous-anneau de A.
D’après (iii) on a 1A ∈ B, donc A 6= ∅ et puisque on a (i), alors (B, +)
est un sous groupe de (A, +) et avec(ii), et (iii), B est un sous-anneau de
(A, + ×).
Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 63 / 82
Anneau : Sous-anneau

Exemple
Z[i] = {a + ib | a, b ∈ Z}
est un sous-anneau de (C, +, ×).En effet,

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 64 / 82


Anneau : Sous-anneau

Exemple
Z[i] = {a + ib | a, b ∈ Z}
est un sous-anneau de (C, +, ×).En effet,
On a 1 = 1 + 0 × i donc 1 ∈ Z[i].
Soient z1 et z2 dans Z[i]. Il existe a1 , b1 , a2 et b2 dans Z tels que
z1 = a1 + ib1 et z2 = a2 + ib2 . On a alors :
z1 − z2 = (a1 − a2 ) + i(b1 − b2 ) et comme a1 − a2 , b1 − b2 , a1 a2 − b1 b2
et a1 b2 + a2 b1 appartiennent à Z, alors z1 − z2 ∈ Z[i].
De même on a : z1 × z2 = (a1 + ib1 ) × (a2 + ib2 ) et z1 z2 =
(a1 a2 − b1 b2 ) + i(a1 b2 + a2 b1 ), donc z1 z2 ∈ Z[i].
Par suite Z[i] est sous-anneau (C, +, ×).

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 64 / 82


Anneau : Morphismes d’anneaux

Définition (Morphisme d’anneaux)


Soient (A, +, ×) et (B, ?, T ) deux anneaux et f : A → B une application.
On dit que f est un morphisme d’anneaux si :
(i) f : (A, +) → (B, ?) est un morphisme de groupes.
(ii) ∀a, b ∈ A : f (a × b) = f (a)T f (b).
(iii) f (1A ) = 1B .
Si de plus f est bijective, on dit alors que f est un isomorphisme d’anneaux.

Cas particuliers :
Un morphisme de A vers A est appelé un endomorphisme de l’anneau
A.
Un isomorphisme de A dans A est appelé un automorphisme de
l’anneau A.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 65 / 82


Anneau : Morphismes d’anneaux

Exemples
1 C C C, z 7→ z est un
Soit l’anneau ( , +, ×). Alors, l’application f : →
C
endomorphisme de l’anneau ( , +, ×). En effet,

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 66 / 82


Anneau : Morphismes d’anneaux

Exemples
1 C C C, z 7→ z est un
Soit l’anneau ( , +, ×). Alors, l’application f : →
C
endomorphisme de l’anneau ( , +, ×). En effet,
C
(i) ∀z, w ∈ : f (z + w) = z + w = z + w = f (z) + f (w).
C
(ii) ∀z, w ∈ : f (z × w) = z × w = z + ×w = f (z) × f (w).
(iii) f (1) = 1 = 1.
2 Soit (A, +, ×) un anneaux et l’application idA : A → A, x 7→ x. Alors
idA un automorphisme de l’anneau (A, +, ×).

Proposition
Soit f : A → B un morphisme d’anneaux. Alors :
1 L’image directe d’un sous-anneau de A est un sous-anneau de B.
2 Im(f ) = f (A) est un sous-anneau de B.
3 L’image réciproque d’un sous-anneau de B est un sous-anneau de A.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 66 / 82


Anneau : Morphismes d’anneaux

Démonstration.
Sous-groupe déjà fait.
Stabilité par multiplication évidente.

Remaque
Soit f : (A, +, ×) → (B, +, ×) un morphisme d’anneaux. Alors :
Ker(f ) = {x ∈ A/f (x) = 0B } n’est pas un sous-anneau de A, car

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 67 / 82


Anneau : Morphismes d’anneaux

Démonstration.
Sous-groupe déjà fait.
Stabilité par multiplication évidente.

Remaque
Soit f : (A, +, ×) → (B, +, ×) un morphisme d’anneaux. Alors :
Ker(f ) = {x ∈ A/f (x) = 0B } n’est pas un sous-anneau de A, car
1A 6∈ Ker(f ).

Proposition
Soient f : A → B, g : B → C deux morphismes d’anneaux. Alors :
1 g ◦ f : A → C est un morphisme d’anneaux.
2 Si f est un isomorphisme d’anneaux, alors l’application réciproque
f −1 : B → A est un isomorphisme d’anneaux.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 67 / 82


Anneau : Idéal

Définition
Soit (A, +, ×) un anneau et soit I une partie de A. On dit que I est un
idéal de A si :
(i) (I, +) est un sous-groupe de A.
(ii) I est absorbant c-à-d ∀x ∈ I, ∀a ∈ A, a × x ∈ I.

Exemples
1 A et {0A } sont des idéaux de A
2 I = 2Z est un idéal de (Z, +, ×)
3 De façon plus général I = pZ est un idéal de (Z, +, ×) pour tout
p ∈ IN.

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Anneau : Idéal
Proposition
Soit I et J deux idéaux d’un anneau (A, +, ×). Alors :
1 l’intersection I ∩ J est un idéal de A,
2 la somme I + J = {x + y | x ∈ I, y ∈ J} est un idéal de A.
3 ∀x ∈ A, I 0 (x) = {ax | a ∈ A} est un idéal de A.
Démonstration.
1 L’intersection I ∩ J est un idéal de A :
I Sous-groupe additif :
Soit x, y ∈ I ∩ J. Alors, x ∈ I et x ∈ J, et de même y ∈ I et y ∈ J.
Comme I et J sont des idéaux, ils sont des sous-groupes additifs de A,
donc x − y ∈ I et x − y ∈ J. Par conséquent, x − y ∈ I ∩ J et comme
I ∩ J 6= ∅(0A ∈ I ∩ J). Ce qui montre que I ∩ J est un sous-groupe
additif de A.
I I ∩ J est absorbant :
Soit a ∈ A et x ∈ I ∩ J. Alors, x ∈ I et x ∈ J. Comme I et J sont des
idéaux, a × x ∈ I et a × x ∈ J. Par conséquent, a × x ∈ I ∩ J, ce qui
montre que I ∩ J est absorbant.
Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 69 / 82
Anneau : Idéal

Démonstration.
1 La somme I + J est un idéal de A :
I Sous-groupe additif :
Soit x1 + y1 , x2 + y2 ∈ I + J avec x1 , x2 ∈ I et y1 , y2 ∈ J. Alors,
(x1 + y1 ) − (x2 + y2 ) = (x1 − x2 ) + (y1 − y2 ).
Comme I et J sont des idéaux, x1 − x2 ∈ I et y1 − y2 ∈ J, donc
(x1 − x2 ) + (y1 − y2 ) ∈ I + J de plus I + J 6= ∅(0A ∈ I + J). Ainsi,
I + J est un sous-groupe additif de A.
I I + J est absorbant :
Soit a ∈ A et x + y ∈ I + J avec x ∈ I et y ∈ J. Alors,
a × (x + y) = a × x + a × y.
Comme I et J sont des idéaux, a × x ∈ I et a × y ∈ J. Par conséquent,
a × (x + y) ∈ I + J, ce qui montre que I + J est absorbant.
Ainsi, I + J est un idéal de A.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 70 / 82


Anneau : Idéal
Démonstration.
1 I(x) est un idéal de A :
I Sous-groupe additif :
Soit u, v ∈ I(x). Par définition de I(x), il existe a, b ∈ A tels que
u = ax et v = bx. Alors, nous avons :
u − v = ax − bx = (a − b)x.
Comme a − b ∈ A, il en résulte que u − v ∈ I(x). De plus,
0 = 0 · x ∈ I(x), ce qui montre que I(x) contient l’élément neutre de
l’addition. Ainsi, I(x) est un sous-groupe additif de A.
I I(x) est absorbant :
Soit r ∈ A et u ∈ I(x). Par définition de I(x),
il existe a ∈ A tel que u = ax. Alors,
r · u = r · (ax) = (ra)x.
Puisque ra ∈ A, il s’ensuit que r · u ∈ I(x). Cela montre que I(x) est
absorbant.
Ainsi, I(x) est un idéal de A.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Anneau 71 / 82


Corps
Définition (Corps)
On appelle corps tout anneau commutatif non nul dans lequel tout élément
non nul est inversible.
• Autrement dit, un corps est un anneau K tel que U(K) = K \ {0K }.

Exemples
Les anneaux Q, R et C sont des corps, mais pas Z car :
U(Z) = {−1, 1} =6 Z∗ .

Proposition
Tout corps est un anneau intègre.

Démonstration.
Si ab = 0A avec a 6= 0A , alors b = 0A . En effet, comme a 6= 0A , a admet un inverse
pour × noté a−1 . Ainsi :
ab = 0A ⇒ a−1 ab = a−1 × 0A ⇒ 1A × b = 0A ⇒ b = 0A , d’où le résultat.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Corps 72 / 82


Corps :Sous-corps
Remaque
• Le produit cartésien de deux corps n’est pas un corps (n’est pas intègre).
• Tout corps (K, +, ×) n’a que des idéaux triviaux K et {0K }.

Définition (Sous-corps)
Soit (K, +, ×) un corps et L une partie de K. On dit que L est un
sous-corps de K si :
L est un sous-anneau de K,
pour tout a ∈ L∗ , a−1 ∈ L avec L∗ = L r {0K }.
Autrement dit :
1K ∈ L,
∀a, b ∈ L, a − b ∈ L,
∀a, b ∈ L, a × b ∈ L,
∀a ∈ L∗ , a−1 ∈ L.
Cours d’algèbre 1 (MIP) Corps 73 / 82
Corps :Sous-corps

Exemples
Q R C
( , +, ×) est un sous-corps de ( , +, ×) qui est un sous-corps ( , +, ×).

Définition
Soit f est application d’un corps (K, +, ×) dans un corps (K 0 , +, ×).
On dit que f un morphisme de corps si f est un morphisme de l’anneaux
(K, +, ×) dans l’anneaux (K 0 , +, ×).

Exemples
C
Soit le corps ( , +, ×), l’application f : C → C, z 7→ z est un
automorphisme de corps ( , +, ×). C

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Corps

Exercice
On considère l’ensemble
√ √
Q[ 5] = {a + b 5 | (a, b) ∈ Q2 }.

Montrer que (Q[ 5], +, ×) est un corps.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Corps 75 / 82


Corps

Solution On va montrer qu’il√s’agit d’un sous-corps √de (R, +, ×).


Remarquons√ d’abord que Q[ 5] ⊂ R√et que 1 ∈ Q[ 5]. √ soient
x, y ∈ Q[ 5]. On les écrit x = a + b 5 et y = a0 + b0 5. Alors :
√
x − y = a − a0 + b − b0

5
√
xy = aa0 + 5bb0 + ab0 + a0 b 5


ce qui prouve que x − y et xy ∈ Q[ 5]. D’autre part, si x 6= 0, alors

1 1 a−b 5 a b √ √
= √ = 2 2
= 2 2
− 2 2
5 ∈ Q[ 5]
x a+b 5 a − 5b a − 5b a − 5b

et donc x1 ∈ Q[ 5]. Remarquons qu’il était possible de multiplier par la

quantité conjuguée qui est non nulle car 5 ∈ / Q. D’où le résultat.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Corps 76 / 82


Exercice

Exercice
Soit f : C → C un endomorphisme de l’anneau (C, +, ×), tel que
∀x ∈ R, f (x) = x

Montrer que f est l’identité idC ou la conjugué complexe.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Corps 77 / 82


Exercice

Exercice
Soient (K, +, ·) et (L, +, ·) deux corps et soit f : K → L un morphisme
d’anneaux.
1. Montrer que si x ∈ K \ {0K }, alors f (x) est inversible et déterminer
son inverse.
2. En déduire qu’un morphisme de corps est injectif.

Solution :
1. Soit x ∈ K \ {0K }. Alors on a x · x−1 = 1K . On applique f à cette
identité, et en utilisant que f est un morphisme d’anneaux, on trouve
f (x) · f (x−1 ) = 1L . Ainsi, f (x) est inversible, d’inverse f (x−1 ).
2. Il suffit de démontrer que le noyau de f est réduit à 0K . Mais si
x∈ / K \ {0K } d’après la question précédente, f (x) est inversible, donc
f (x) 6= 0, d’où le résultat.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Corps 78 / 82


Exercice

Exercice (Endomorphisme du corps R )


On veut montrer que le seul endomorphisme du corps R est l’identité. Soit
f : R → R un morphisme de corps (ou d’anneaux).
1 Montrer que pour tout x ∈ Q, on a f (x) = x.
2 Montrer que pour tout x ∈ R+ , on a f (x) ∈ R+ .
3 Montrer que f est croissante.
4 Conclure.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Corps 79 / 82


Exercice

Solution :
1 Puisque f est un morphisme d’anneaux, alors f (1) = 1 et
∀n ∈ Z, f (n) = f (n.1) = nf (1) = n. Soit x = pq ∈ Q, où p ∈ Z et
q ∈ N∗ . D’après ce qui précède, on a : p = f (p) = f (qx) = qf (x).
Donc f (x) = pq = x.
√  √
2 Soit x ∈ R+ . On a f (x) = f ( x)2 = (f ( x))2 ∈ R+ .
3 soit x, y ∈ R tel que x ≤ y. Comme y − x ≥ 0, alors d’après la
question (2) on a : f (y − x) = f (y) − f (x) ≥ 0. Donc f (x) ≤ f (y).
Ce qui montre que f est croissante.
4 Soit x ∈ R. II existe deux suites (rn )n∈N , (sn )n∈N ∈ QN convergentes
vers x telles que : ∀n ∈ N, rn ≤ x ≤ sn . En utilisant le fait que f est
croissante, alors : ∀n ∈ N, f (rn ) = rn ≤ f (x) ≤ f (sn ) = sn . Les
suites extrémités convergent vers x et donc f (x) = x. Ainsi le seul
endomorphisme d’anneaux de R dans R est l’identité.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Corps 80 / 82


Exercice

Exercice
Montrer que tout anneau intègre commutatif et fini est un corps.

Solution :
Soit a ∈ A non nul. L’application µa : A → A définie par x 7→ ax est
injective. En effet, puisque A est un anneau intègre et a est non nul, pour
tous x, y ∈ A, on a

µa (x) = µa (y) ⇒ ax = ay ⇒ ax − ay = 0 ⇒ a(x − y) = 0 ⇒ x = y.

Et comme A est un ensemble fini, toute injection de A dans A est une


bijection. Ainsi µa est bijective. Soit b ∈ A l’antécédent de 1 par µa . Alors :
ab = µa (b) = 1. Et puisque A est un anneau commutatif, on a aussi
ba = 1 et donc b est l’inverse de a. Ainsi A est un corps.

Cours d’algèbre 1 (MIP) Corps 81 / 82

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