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L’actrice Jessie Buckley, le goût des émotions fortes
L’Irlandaise, qui interprète Agnes, l’épouse de Shakespeare, dans « Hamnet », de Chloé Zhao, se dit
façonnée par tous les personnages qu’elle a incarnés.
Par Boris Bastide
Publié hier à 08h00, modifié hier à 11h46
Temps de Lecture 3 min.
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Jessie Buckley (Agnes Shakespeare) dans « Hamnet », de Chloé Zhao. UNIVERSAL PICTURES
Il est très rare d’entendre une actrice consoler une journaliste en pleurs à l’évocation d’un film au
sortir d’une interview. Mais Hamnet, le nouveau long-métrage de Chloé Zhao, n’est pas n’importe
quel film. Et Jessie Buckley, pas n’importe quelle actrice. Son interprétation débordante
d’expressivité d’Agnes, épouse de William Shakespeare, libre et savante, aimante, un peu sorcière,
connectée à la vie comme à la mort, a touché par son intensité et sa vulnérabilité une corde sensible
chez de nombreux spectateurs. Nommée pour la seconde fois aux Oscars, elle a remporté ces
dernières semaines une trentaine de distinctions, dont le Golden Globe de la meilleure actrice dans
un rôle dramatique. De quoi réjouir son interprète, rencontrée en décembre 2025 dans un palace
parisien. « Je suis très honorée de ce qui m’arrive, confie la comédienne irlandaise de 36 ans. Et
d’avoir la chance de partager tout cela avec tant d’artistes qui m’inspirent. Mais pour moi, le plus
beau cadeau, c’est la manière dont les gens s’ouvrent à leurs émotions devant le film. C’est tout ce
que j’espérais. »
En près d’une dizaine d’années de carrière, Jessie Buckley a déjà offert aux spectateurs son lot
d’émotions fortes. Dans Jersey Affair (2018), de Michael Pearce, elle tombait amoureuse d’un
homme soupçonné de meurtre. Dans Wild Rose (2019), de Tom Harper, elle était une apprentie
chanteuse country qui, à peine sortie de prison, tentait de faire carrière, malgré deux jeunes enfants
à charge. Dans Je veux juste en finir (2020), de Charlie Kaufman, elle jouait une jeune femme qui
bascule dans l’étrange en rendant visite à ses beaux-parents. Et dans Men (2022), d’Alex Garland,
elle se confrontait à un deuil en faisant la rencontre de plusieurs hommes inquiétants. « J’aime aller
vers l’inconnu, explique celle qui se dit encore façonnée par tous les rôles qu’elle a interprétés. Je
choisis des projets qui me font un peu peur, sinon je n’ai pas de voyage à faire. Dans un monde
capitaliste où le cinéma est conditionné par l’absence de risques, je veux toujours être guidée par ce
qu’il est important d’exprimer en tant qu’artiste.
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