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Inventaire des légumineuses à Sétif

Cette thèse présente un inventaire floristique des légumineuses dans la région de Sétif, identifiant 51 espèces et sous-espèces réparties sur deux sites d'étude. L'analyse révèle une dominance des thérophytes et des éléments méditerranéens, ainsi que la présence d'espèces endémiques et rares. Les résultats soulignent l'importance socio-économique des légumineuses, notamment le Ceratonia siliqua L., et la nécessité de stratégies de gestion pour préserver cette biodiversité.

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Inventaire des légumineuses à Sétif

Cette thèse présente un inventaire floristique des légumineuses dans la région de Sétif, identifiant 51 espèces et sous-espèces réparties sur deux sites d'étude. L'analyse révèle une dominance des thérophytes et des éléments méditerranéens, ainsi que la présence d'espèces endémiques et rares. Les résultats soulignent l'importance socio-économique des légumineuses, notamment le Ceratonia siliqua L., et la nécessité de stratégies de gestion pour préserver cette biodiversité.

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‫الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية‬

‫وزارة التعليم العالي و البحث العلمي‬

Université Ferhat Abbas Sétif 1


Faculté des Sciences de la 1 ‫ سطيف‬،‫جامعة فرحات عباس‬
Nature et de la Vie ‫كلية علوم الطبيعة و الحياة‬

DÉPARTEMENT DE BIOLOGIE ET ÉCOLOGIE VÉGÉTALE


N°………………../SNV/2024

Thèse
Présentée par

BOUCHELOUCHE ASMA

Pour l’obtention du diplôme de

DOCTORAT 3éme cycle


Filière : Écologie et Environnement
Spécialité: BIODIVERSITÉ et Écologie VÉGÉTALE

Thème
Inventaire floristique des légumineuses des hautes plaines
Sétifiennes : composition systématique, types biologiques,
et importance socio-économique
Soutenue publiquement le 01/ 02 / 2024

Devant le Jury

PRESIDENT Mr FENNI Mohamed Pr. UFA Sétif 1


DIRECTEUR Mme HANI Meriem MCA UFA Sétif 1
CO-DIRECTEUR Mme LEBAZDA Rafika MCA UFA Sétif 1
EXAMINATEURS Mme CHERMAT Sabah Pr. UFA Sétif 1
Mr BOUNAR Rabeh Pr. UMB M’sila
r
M GHEDBANE Mouloud Pr. UMB M’sila

Laboratoire de Valorisation des Ressources Biologique et Naturelles


Remerciements

Louange à Allah, le miséricordieux, seigneur de l’univers, de m’avoir donné la


volonté, la force, le courage et la patience, pour réaliser ce travail.
Au terme de ce travail, j’adresse mes plus vifs remerciements, à toutes les personnes
qui ont contribué, de prés ou de loin, à sa réalisation.
Je remercie, ma directrice de thèse, Madame Hani Meriem, Maitre de Conférence (A)
à l’université Ferhat Abbas Sétif 1, pour l’aide, la disponibilité et le soutien, je remercie
également la Co-directrice de thèse : Madame Lebazda Rafika Maitre de conférence (A) à
l’université Ferhat Abbas Sétif 1, qu’elle trouve ici l’expression de ma reconnaissance.
Je dois exprimer ma gratitude à :
- Monsieur FENNI Mohamed, Professeur à l’université Ferhat Abbas Sétif 1, pour m’avoir
fait l’honneur de présider le jury de cette thèse.
- Madame CHERMAT Sabah, Professeur à l’université Ferhat Abbas Sétif 1
d’avoir acceptée d’examiner cette étude.
- Monsieur BOUNAR Rabeh, Professeur à l’université Mohamed Boudiaf M’sila , d’avoir
bien voulu, participer au jury de cette thèse.
- Monsieur GHEDBANE Mouloud, Professeur à l’université Mohamed Boudiaf M’sila
d’avoir accepté, de faire partie du jury de cette thèse
Je tiens, à leur exprimer ici, toute ma reconnaissance ; leurs remarques, orientations
et critiques, serons les bien venues.

Je remercie le conservateur des Forêts de la wilaya de Sétif, pour m’avoir accordé la


possibilité d’effectuer les sorties de terrain. Je remercie le personnel accueillant de la
circonscription des forêts d’Ain Oulmene, et particuliérement Monsieur Sahnoun Azzeddine,
chef de la circonscription, et Monsieur Abdenacer Lazazga, ingénieur forestier, de m’avoir
aidé, par la documentation, et dans la réalisation des sorties de terrains, parfois au détriment
de leurs temps, et occupations professionnelles ; ainsi que Saïda, Meriem et Sihem, qu’ils
trouvent ici l’expression de ma reconnaissance.
J’adressse mes remerciements au personnel de la circonscription Bougaa (Bureau Ain
Abessa), et à Monsieur Kherifi Saïd , ingénieur forestier, pour l’aide.
Mes vifs remerciements, vont au personnel de l’Herbier département Botanique,
« ENSA » El harrache, spécialement ‘Soumia’, pour l’aide et la disponibilité.
Je remercie toutes les personnes qui m’ont aidé de près ou de loin, à l’élaboration de
ce travail.
Dédicace

Je dédie ce modeste travail à mes très chers Parents :

À ma mère pour son amour et affection

À mon père pour son support et ses encouragements

Que dieu vous gardent

À mes chers frères et sœurs


‫ملخص‬

‫من أجل المساهمة في حفظ‪ ،‬و تثمين أنواع البقوليات في منطقة سطيف‪ ،‬تم إجراء جرد نباتي محدد للبقوليات‬
‫في محطتين دراسيتين‪ :‬غابة بوطالب وجبل مجرس‪ ،‬حيث تم وضع قائمة نباتية تضم ‪ 51‬نوعًا ونوعا فرعيا من النباتات‬
‫من عائلة البقوليات‪ ،‬موزعة على ‪ 81‬جنسًا ؛ والتي تمثل ما يقرب من ‪ ٪88‬من أنواع البقوليات المتواجدة في الجزائر‪،‬‬
‫وحوالي ‪ ٪72‬من أجناس البقوليات المحلية‪ .‬أظهر تحليل الطيف البيولوجي هيمنة نباتات ‪ ، therophytes‬ممثلة بنسبة‬
‫‪ ٪45.45‬في غابة بوطالب‪ ،‬و ‪ ٪46‬في جبل مجرس‪ .‬أما بالنسبة للكورولوجيا‪ ،‬فهناك سيطرة لعناصر البحر األبيض‬
‫المتوسط‪ ،‬بنسبة ‪ ٪54.54‬على مستوى غابة بوطالب ‪ ،‬و ‪ ٪46‬على مستوى جبل مجرس‪ .‬معايير التوطن واضحة على‬
‫مستوى غابة بوطالب ‪ ،‬حيث لوحظ وجود ‪ 4‬أنواع من البقوليات متوطنة‪ ،‬مع تسجيل ‪ 6‬أنواع نادرة من البقوليات‪ .‬تنتمي‬
‫البقوليات المحصاة إلى الفصيلة الفرعية ‪ Papillionnodea‬موزعة على ‪ 4‬فصائل‪ ،‬وتعتبر فصيلة ‪ Trifoliaea‬األكثر‬
‫ثرا ًءا‪ ،‬أغلب البقوليات المحصاة هي أنواع سنوية (‪ ٪24‬في مجرس و ‪ ٪58.58‬في غابة بوطالب) ‪ .‬أظهر التحليل العددي‬
‫للبقوليات‪ ،‬نمط توزعها وفق متغيرات بيئية‪ ،‬مثل االرتفاع واالنحدار ‪ .‬تحتوي النباتات البقولية المحصاة على أنواع ذات‬
‫إمكانات رعوية ‪ /‬علفية ‪ ،‬والتي تعد أحد األصول لتطوير تربية الماشية في المنطقة‪ ،‬كما تحتوي على نباتات طبية‪ ،‬نباتات‬
‫تستميل النحل‪ ،‬و نباتات ذات أهمية بيئية وإيكولوجية‪،‬و تجدر اإلشارة إلى أن أصناف البقوليات تواجه ضغوطًا مختلفة ‪ ،‬بما‬
‫في ذلك الرعي المفرط‪ .‬بهدف تحديد انواع البقوليات ذات األولوية في عملية التثمين‪ ،‬تناول البحث دراسة عرقية حول‪:‬‬
‫‪( Ceratonia siliqua L.‬شجرة الخروب)‪ .‬هذا النوع المعروف بوجوده في شمال والية سطيف‪ ،‬قد تبين أنه نوع له‬
‫استخدامات متعددة‪ ،‬يساهم في تحسين الصحة والتغذية و دخل المجتمعات المحلية‪ ،‬كما انه يؤدي وظائف إيكولوجية وبيئية‬
‫مختلفة‪ .‬منطقة سطيف هي موطن لتنوع بيولوجي مهم للنباتات من عائلة البقوليات‪ ،‬تحتوي على إمكانات اقتصادية ‪،‬‬
‫اجتماعية وبيئية استثنائية ‪ ،‬ومن هنا تأتي الحاجة إلى وضع استراتيجيات إدارة وتنمية لهذا المورد الطبيعي ‪.‬‬

‫الكلمات المفتاحية ‪ :‬البقوليات‪ ،‬سطيف‪ ،‬جرد النباتات ‪ ،‬األهمية االقتصادية واالجتماعية ‪Ceratonia siliqua L. ،‬‬
RÉSUMÉ

Afin de contribuer, à la conservation et la valorisation des espèces de légumineuses,


dans la région de Sétif, un inventaire floristique spécifique des légumineuses, a été mené au
niveau de deux stations d’études : le massif forestier de Boutaleb et djebel Megress. Un bilan
de 51 espèces et sous espèces de légumineuses est noté, réparties en 18 genres ; ce qui
représente prés de 11% de la richesse spécifique, et prés de 27% de la richesse générique, des
légumineuses de la flore Algérienne. Le spectre biologique, montre une dominance des
thérophytes, représentés par 45.45% à la forêt de Boutaleb, et par 64% au djebel Megress.
Quant à la chorologie, on constate une dominance des éléments méditerranéens, avec 54.54%
au niveau de Boutaleb, et 60 % pour djebel Megress. Les critères d’endémisme, sont bien
marqués au niveau de la forêt de Boutaleb, où on a enregistré 6 espèces de légumineuses
endémiques. Cependant, on a noté la présence de 4 espèces rares de légumineuses.
Les légumineuses inventoriées, appartiennent à la sous famille des Papillionnodea, et se
répartissent entre 6 tribus, dont la tribu Trifoliaea, est la plus riche en espèces. Sur le plan
morphologique, la majorité des légumineuses identifiées, sont des espèces annuelles (76% au
djebel Megress, et 51.51% à la forêt de Boutaleb). L’analyse numérique des légumineuses
inventoriées, nous a indiqué le schéma de leurs distribution, suivant des variables
environnementales, tels que l’altitude, la pente. La flore de légumineuses recensée, recèle des
espèces à potentialité pastoral / fourragère, ce qui constitue un atout pour le développement de
l’élevage dans la région ; elle renferme ainsi : des espèces mellifères, des espèces
médicinales, et des espèces à intérêt environnemental et écologique. Cependant, il faut noter
que les taxons de légumineuses, font face à diverses pressions anthropiques, notamment le
surpâturage. Afin d’identifier les espéces de légumineuses, prioritaires à valoriser, une étude
ethnobotanique, a concerné : Ceratonia siliqua L. (Le caroubier). Cette espèce, dont la
présence est renseignée au Nord de la wilaya de Sétif, s’est révélé une espèce à usages
multiples, qui contribue à améliorer la santé, la nutrition, et le revenu des communautés
locales, et elle remplit ainsi, diverses fonctions écologiques. La région de Sétif, renferme une
diversité spécifique des légumineuses importante, avec un potentiel économique, social, et
écologique exceptionnel, d’où la nécessité de mettre en place des stratégies de gestion, et de
valorisation, de cette ressource naturelle.

Mots Clés : Les légumineuses, Sétif, Inventaire floristique, Importance socio-économique,


Ceratonia siliqua L.
ABSTRACT

With the aim of contributing to the preservation and valorization of legume species in
the Sétif region, a specific floristic inventory of legumes was carried out at two study stations:
the forest massif of Boutaleb and Djebel Megress. A global assessment of 51 species and
subspecies of legumes was drawn up, divided into 18 genera; which represents nearly 11% of
the specific richness, and nearly 27% of the generic richness, of legumes of the Algerian flora.
The biological spectrum shows a dominance of therophytes, represented by 45.45% in the
Boutaleb forest, and by 64% in Djebel Megress. As for the chorology, there is a dominance of
Mediterranean elements, with 54.54% at the level of Boutale Forest, and 60% at the level for
djebel [Link] endemism criteria are well marked at the Boutaleb forest, where 6
endemic Fabaceae species have been recorded. However, the presence of 4 rare species of
Fabaceae has been noted. The legumes inventoried belong to the Papillionnodea subfamily,
and are divided into 6 tribes, of which the Trifoliaea tribe is the richest in species.
Morphologically, the majority of identified legumes are annual species (76% in Jebel
Megress, and 51.51% in the Boutaleb forest). The numerical analysis of the inventoried
legumes showed us the pattern of their distribution, according to environmental variables such
as altitude, slope... The legume flora recorded contains species with pastoral/forage
potential, which constitutes an asset for the development of livestock farming in the region; it
thus contains: melliferous species, medicinal species, and species of environmental and
ecological interest. However, it should be noted that legume taxa face various anthropogenic
pressures, including overgrazing. In order to identify the priority legume species to be valued,
an ethnobotanical study concerned: Ceratonia siliqua L. (The carob tree). This species, whose
presence is known to the north of the wilaya of Sétif, has proven to be a multi-use species,
which contributes to improve the health, nutrition, and income of local communities, and it
thus fulfills various ecological functions. The Setif region, is home to an important specific
diversity of legumes, with an exceptional economic, social and ecological potential ; hence
the need, to put in place management and development strategies, for this natural resource.

Key words : Legume, Setif, floristic inventory, Socio-economic importance, Ceratonia


siliqua L.
Liste des Abréviations

A.C.C Analyse Canonique des Correspondances


APG Angiosperme Phylogeny Group
CFS Conservation des Forêts Sétif
DPAT Direction de planification et d’aménagement du territoire
DSA Direction de Service Agricole
Fig. Figure
GPS Global Positioning System
ha hectare
Km2 Kilomètre carré
LPWG The Legume Phylogeny Working Group
MNT Modèle Numérique de Terrain
ONM Office Nationale d la Météorologie
SAU Surface Agricole Utile
SAT Surface Agricole Totale
UNESCO L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
USGS United States Geological Survey
UTM Universal Transverse Mercator
W.G.S. Système géodésique mondial

Type chorologique

End Endémique d’Algérie


End. Alg. Mar Endémique Algéro-Marocaine
End. N. A Endémique nord-africaine
Euras Eurasiatique
Eur-Med Euro-méditerranéen
Ibéro-maur Ibéro mauritanien
Méd Méditerranéen
Méd-Atl Méditerranéo-Atlantique
Paléo-temp Paléotempéré
Circumbor Circumboréale
Cosm Cosmopolite
W-Méd Ouest méditerranéen
Sub-Cosmo Sub cosmopolite
Sah-Sind Saharo-sindienne
Medi-As Méditerranéenne asiatique

Type biologique

Ph Phanérophyte
Thé Thérophyte
He Hémicryptophyte.
Ch Chaméphyte.
Nph Nanophanérophyte

Appréciation d’abondance

AC Assez commun
C Commun
CC Très commun
AR Assez rare
R Rare
RR Très rare
Liste des Figures

Figure 1 : Classification des Angiospermes (APG IV 2016) .................................................... 7


Figure 2 : Composition de l’ordre des Fabales (Lewis et al., 2005) ......................................... 8
Figure 3 : Dissection d’une fleur de Pisum sativum L. (La sous famille des Faboideae) ...... 10
Figure 4 : Les différentes caractéristiques florales des Fabaceae........................................... 11
Figure 5 : La nouvelle classification des légumineuses (LPWG, 2017) ................................. 12
Figure 6 : Les feuilles chez les légumineuses (Doré, 2000) .................................................... 13
Figure 7 : Les principaux caractères morphologiques des feuilles chez les légumineuses ..... 14
Figure 8 : Description d’une fleur de légumineuse (Faboideae) ............................................ 15
Figure 9 : Diagramme floral de Fabaceae (Allen, 1981) ........................................................ 15
Figure 10 : Type d’inflorescence rencontrée chez les légumineuses (Doré, 2000) ................ 16
Figure 11 : Les fruits chez les Fabaceae (Allen, 1981) .......................................................... 17
Figure 12 : Carte de répartition géographique des Fabaceae (Heywood, 1996) .................... 18
Figure 13 : Photographie de quelques espèces de légumineuses ........................................... 20
Figure 14 : Nodosités sur des racines de légumineuses (Crémer, 2014) ................................. 22
Figure 15 : Principales métabolites secondaires rencontrés chez les Fabaceae ................ 23
Figure 16 : Le caroubier (Ceratonia siliqua L.) ...................................................................... 25
Figure 17 : Situation et limites administartives de la wilaya de Sétif ................................... 27
Figure 18 : Carte d’altitude de la wilaya de Sétif .................................................................. 27
Figure 19 : Carte représentative de la répartition des pentes à la wilaya de Sétif ................... 28
Figure 20 : Situation géographique des stations d’étude ......................................................... 29
Figure 21: Situation géographique du massif forestier de Boutaleb .................................... 30
Figure 22: Carte altimétrique du massif forestier de Boutaleb .............................................. 31
Figure 23: Représentation graphiques des altitudes du massif forestier de Boutaleb ............. 31
Figure 24: Carte des pentes du massif forestier de Boutaleb (Source : Carte MNT) .............. 32
Figure 25: Représentation graphique des classes de pentes au massif de Boutaleb................ 33
Figure 26: Carte d’exposition du massif forestier de Boutaleb (Source : Carte MNT) .......... 33
Figure 27: Représentation graphique des classes des expositions du massif de Boutaleb. ..... 34
Figure 28: Le réseau hydrographique de massif forestier de Boutaleb ................................... 35
Figure 29 : Situation Géographique djebel Megress ............................................................. 36
Figure 30 : Carte d’altitude de djebel Megress .................................................................... 37
Figure 31 : Carte des pentes au niveau de djebel Megress .................................................... 37
Figure 32 : Carte d’exposition de djebel Megress .................................................................. 38
Figure 33 : Réseaux hydrographiques au niveau de djebel Megress ..................................... 39
Figure 34: Carte Pluviométrique de la wilaya de Sétif .......................................................... 40
Figure 35: Histogramme des précipitations moyennes mensuelles de la station Ain S’fiha .. 44
Figure 36: Histogramme des précipitations moyennes mensuelles du massif de Boutaleb .... 44
Figure 37: Histogramme des précipitations moyennes mensuelles de djebel Megress .......... 44
Figure 38 : Diagramme Ombrothermique (P=2T) d’Ain Sfiha ............................................... 49
Figure 39: Diagramme Ombrothermique (P=2T) de massif forestier de Boutaleb (à 1200m)50
Figure 40 : Diagramme Ombrothermique (P=2T) djebel Megress (1736 m) ......................... 50
Figure 41: Climagramme d’Emberger correspond à la station de Ain Sfiha, djebel Megress et
le massif forestier de Boutaleb (1996-2015) ........................................................................... 52
Figure 42: Les sous secteurs phytogéographiques de l’Algérie du Nord ............................... 53
Figure 43 : Carte de végétation du massif forestier de Boutaleb ........................................... 56
Figure 44 : La pinède de Boutaleb .......................................................................................... 57
Figure 45 : La Cédraie de Boutaleb......................................................................................... 57
Figure 46 : Versant Sud de la forêt e Boutaleb ....................................................................... 58
Figure 47 : Versant Nord de Djebel Megress ......................................................................... 59
Figure 48 : Carte représentative des localités de l’entretient .................................................. 70
Figure 49 : Carte de localisation des communes investies pour l’enquête ethnobotanique ... 71
Figure 50: Représentation des genres de légumineuses recensés à la forêt de Boutaleb ....... 77
Figure 51 : Représentation de genres de légumineuses recensées au djebel Megress ............ 79
Figure 52 : Histogramme de comparaison de la richesse spécifique des légumineuses
identifiées au niveau du massif de Boutaleb et djebel Megress ............................................. 82
Figure 53: Classification des types biologique de Raunkiaer (1934) ..................................... 85
Figure 54 : Spectre biologique des légumineuses recensées au massif de Boutaleb .............. 87
Figure 55 : Spectre biologique des légumineuses recensées au djebel Megress .................... 90
Figure 56 : Histogramme de comparaison du spectre biologique des légumineuses identifiées
aux deux stations d’étude (le massif forestier de Boutaleb et au djebel Megress)................. 91
Figure 57: Spectre Chorologique des légumineuses recensées au massif de Boutaleb ......... 94
Figure 58 : Spectre chorologique de légumineuses recensées au niveau de djebel Megress . 97
Figure 59 : Histogramme de comparaison de la chorologie des légumineuses recensée aux
deux stations d’étude (le massif forestier de Boutaleb et Djebel Megress) ............................ 98
Figure 60 : Représentation des types morphologiques des légumineuses identifiées au massif
forestier de Boutaleb ............................................................................................................. 103
Figure 61 : Représentation des types morphologiques des légumineuses recensées au djebel
Megress .................................................................................................................................. 103
Figure 62 : Histogramme de comparaison de type morphologique des légumineuses de deux
stations d’étude (Djebel Megress et le massif forestier de Boutaleb) ................................... 104
Figure 63 : Carte de l’analyse canonique des correspondances 20 relevés x 5 variables
environnementales (Forêt de Boutaleb) ................................................................................. 116
Figure 64 : Carte de l’analyse canonique des correspondances 33 espèces x 5 variables
environnementales (Forêt de Boutaleb) ................................................................................. 119
Figure 65 : Carte de l’analyse canonique des correspondances 41 relevés x 4 variables
environnementales (Djebel Megress) ..................................................................................... 120
Figure 66 : Carte de l’analyse canonique des correspondances 25 espèces de Fabaceae x 5
variables environnementales (Djebel Megress) ..................................................................... 122
Figure 67 : Calycotome spoinosa L....................................................................................... 130
Figure 68: Anthylis vulneraria L. ......................................................................................... 130
Figure 69:Retama raetam (Forssk) Webb. ............................................................................ 131
Figure 70 : Lotus corniculatus L. ......................................................................................... 131
Figure 71: Fréquence de citation des catégories d’usage de Ceratonia siliqua L. ............... 136
Figure 72 : Fruit de caroubier (Les caroubes) ...................................................................... 137
Figure 73 : Principales indication thérapeutique de Ceratonia siliqua L. ............................. 138
Figure 74 : Mode d’usage traditionnel des fruits de C. siliqua L. en phytothérapie ............ 139
Figure 75 : Principaux facteurs de dégradation de Ceratonia siliqua L. .............................. 141
Liste des Tableaux

Tableau 1 : Position systématique des Fabaceae ................................................................... 6


Tableau 2 : Nombre de genres et d’espèces de Fabaceae recensés au niveau mondial ........ 18
Tableau 3 : Liste des Fabaceae présentes en Algérie et en Afrique du Nord ......................... 19
Tableau 4 : Données climatiques de Sétif (Ain Sfiha) pour la période 1996-2015 ................ 41
Tableau 5: Coefficients de correction de précipitation pour djebel Megresse et le massif
forestier de Boutaleb ............................................................................................................... 42
Tableau 6 : Données pluviométriques de la station Ain Sfiha, et valeurs corrigées pour les
deux stations d’étude (Djebel Megress et la forêt de Boutaleb) (1996-2015) ........................ 43
Tableau 7: Régime saisonnier des stations : Ain Sfiha, Megress et Boutaleb ........................ 45
Tableau 8 : Valeurs corrigées des températures max (M) et mini (m) et moyenne, des stations
d’étude ...................................................................................................................................... 47
Tableau 9 : Valeurs de P, m, M et du Q2 pour les stations d’étude ........................................ 51
Tableau 10 : Répartition de la population au voisinage des stations d’études ....................... 60
Tableau 11 : Répartition de la SAT de la wilaya de Sétif ...................................................... 61
Tableau 12 : La SAT, et la surface des terres forestiers au voisinage des stations d’étude . 62
Tableau 13 : Effectif animal de la wilaya de Sétif ................................................................. 62
Tableau 14 : Effectif du cheptel animal des communes au voisinage des stations d’étude .... 63
Tableau 15 : La production animale des communes au voisinage des zones d’étude ............ 64
Tableau 16 : Localisation de sites d’échantillonnage à la forêt de Boutaleb .......................... 66
Tableau 17 : Répartition des fiches de questionnaire en fonction des communes .................. 72
Tableau 18: La richesse spécifique des légumineuses au niveau de la forêt de Boutaleb .. 74
Tableau 19: Richesse générique des légumineuses identifiées à la forêt de Boutaleb.......... 76
Tableau 20 : La Richesse spécifique des légumineuses recensées au djebel Megress ......... 77
Tableau 21 : La richesse générique des légumineuses rencontrées au djebel Megress ......... 78
Tableau 22: Liste totale des légumineuses recensées au massif forestier de Boutaleb et au
djebel Megress.......................................................................................................................... 79
Tableau 23 : Liste numérque de quelques taxons de légumineuses présentes en Algérie avec
leurs statuts ............................................................................................................................... 83
Tableau 24 : Type biologique des légumineuses inventoriées au massif de Boutaleb ........... 86
Tableau 25 : Type biologique des légumineuses recensées au djebel Megress .................. 88
Tableau 26 : La chorologie des légumineuses recensées à la forêt de Boutaleb ..................... 93
Tableau 27 : Récapitulatif des ensembles chorologique des espèces de légumineuse de la
forêt de Boutaleb ..................................................................................................................... 95
Tableau 28 : La chorologie des espèces de légumineuses de djebel Megress ........................ 96
Tableau 29 : Récapitulatif des ensembles chorologique des espèces de légumineuse de
djebel Megress........................................................................................................................ 98
Tableau 30 : Taxons de légumineuses Rares recensés au niveau des stations d’étude ......... 100
Tableau 31 : Types morphologiques des légumineuses recensée au niveau de deux stations
d’étude (djebel Megress et le massif forestier de Boutaleb) ................................................. 100
Tableau 32 : Classification phylogénétique des légumineuses recensées ............................. 105
Tableau 33 : Classification et caractéristiques des légumineuses recensées ........................ 108
Tableau 34 : Caractéristiques écologiques des sites de relevé à Boutaleb (Relevé) ............. 119
Tableau 35 : Caractéristiques écologiques des sites de relevés à djebel Megress (Relevé) 123
Tableau 36: Noms vernaculaires et Noms scientifiques des Fabaceae . ............................. 125
Tableau 37 : Les utilisations des espèces du Fabaceae dont le domaine médicinal selon les
résultats de l’enquête .............................................................................................................. 130
Tableau 38 : Synthèse de l’usage médicinale de quelques espèces de légumineuses ........... 131
Tableau 39 : Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés ....................................... 135
Tableau 40 : Relation entre les fréquences de citation des catégories d’usage de caroubier et
les caractéristiques sociodémographiques .............................................................................. 137
Table des matières
Liste des Abréviations
Liste des Figures
Liste des Tableaux
INTRODUCTION GÉNÉRALE ............................................................................................ 1
CHAPITRE I : Synthèse Bibliographique
Introduction ................................................................................................................................ 5
1. Généralité ............................................................................................................................... 5
2. Position systématique des légumineuses ................................................................................ 5
3. Taxonomie et Phylogénie des légumineuses ......................................................................... 8
3.1. La classification classique des légumineuses ..................................................................... 9
3.1.1. La Sous-famille des Mimosoideae ................................................................................... 9
3.1.2. La Sous-famille des Caesalpinioideae ............................................................................. 9
3.1.3. La Sous famille des Faboideae ..................................................................................... 10
3.2. La nouvelle classification des légumineuses ..................................................................... 11
4. Les caractères botaniques des légumineuses ........................................................................ 12
4.1. L’appareil végétatif ........................................................................................................... 12
4.2. L’appareil reproducteur ..................................................................................................... 14
5. Écologie des légumineuses ................................................................................................... 17
5.1. Les légumineuses dans le monde ...................................................................................... 18
5.2. Les légumineuses en Algérie ............................................................................................. 19
6. Nodulation et Symbiose Ryzobium-légumineuses ............................................................... 21
7. Composés du métabolisme des légumineuses ..................................................................... 22
8. Intérêt économique et écologique des légumineuses............................................................ 23
9. Description de Ceratonia siliqua L. ..................................................................................... 24
Conclusion ................................................................................................................................ 25
CHAPITRE II : Présentation du milieu d’étude
Introduction .............................................................................................................................. 26
1. Description générale et choix des stations d’étude............................................................... 26
2. Localisation et description de la forêt de Boutaleb ............................................................. 30
2.1. Situation géographique ...................................................................................................... 30
2.2. Relief ................................................................................................................................. 30
2.2.1. Altitude ........................................................................................................................... 31
2.2.2. Pente……………………………………………………………………………………32
2.2.3. Exposition ....................................................................................................................... 33
2.3. Hydrographie ..................................................................................................................... 34
2.4. Géologie ............................................................................................................................ 35
2.5. Pédologie ........................................................................................................................... 35
3. Localisation et description de djebel Megress..................................................................... 36
3.1. Situation géographique ...................................................................................................... 36
3.2. Relief ................................................................................................................................. 36
3.2.1. Altimétrie ....................................................................................................................... 36
3.2.2. Pente. .............................................................................................................................. 37
3.2.3. Exposition....................................................................................................................... 38
3.3. Hydrographie ..................................................................................................................... 38
3.4. Géologie ............................................................................................................................ 39
3.5. Pédologie ........................................................................................................................... 39
4. Climat et Bioclimat .............................................................................................................. 40
4.1. Le climat régional.............................................................................................................. 40
4.2. Origine des données .......................................................................................................... 40
4.3. Correction des données pluviométriques .......................................................................... 42
4.4. Détermination du régime pluviométrique ......................................................................... 45
4.5. Correction des données thermiques................................................................................... 45
4.6. Synthèse Bioclimatique ..................................................................................................... 48
4.6.1. Indice de continentalité .................................................................................................. 48
4.6.2. Diagramme Ombrothermique de Gaussen ..................................................................... 49
4.6.3. Quotient Pluviothermique d’Emberger .......................................................................... 51
5. Milieu Biotique..................................................................................................................... 52
5.1. Subdivision phytogéographique ........................................................................................ 52
5.2. Flore et végétation ............................................................................................................. 54
5.3. Flore et végétation du massif forestier de Boutaleb .......................................................... 54
5.4. Flore et Végétation de djebel Megress ............................................................................. 58
6. Le milieu socio-économique ................................................................................................ 59
6.1. La population ..................................................................................................................... 59
6.2. Principales activités ........................................................................................................... 61
6.2.1. L’Agriculture .................................................................................................................. 61
6.2.2. L’élevage et la production animale ................................................................................ 62
6.2.3. Autre activités ................................................................................................................ 64
Conclusion ................................................................................................................................ 64
CHAPITRE III : Matériel et Méthodes
1. Objectif de l’étude ................................................................................................................ 65
2. Inventaire floristique des légumineuses .............................................................................. 65
2.1. Échantillonnage ................................................................................................................. 65
2.2. Réalisation des relevés ...................................................................................................... 66
2.3. Détermination des taxons .................................................................................................. 67
2.4. Réalisation d'un herbier ..................................................................................................... 67
2.5. Caractères analytiques ....................................................................................................... 67
2.6. Analyse numérique de la flore de légumineuses (ACC) .................................................. 68
3. Étude ethnobotanique ........................................................................................................... 69
3.1. Importance socio-économiques des légumineuses recensées ........................................... 69
3.2. Importance socio-économique et valorisation de Ceratonia siliqua L. .......................... 71
3.2.1. Choix du secteur d’enquête ............................................................................................ 71
3.2.2. Échantillonnage et collecte des données ........................................................................ 72
3.2.3. Traitement des données .................................................................................................. 72
CHAPITRE IV : Résultats et Discussion
1. Analyse floristique ............................................................................................................... 74
1.1. Les légumineuses recensées à la forêt de Boutaleb .......................................................... 74
1.2. Les légumineuses recensées au djebel Megress ............................................................. 77
1.3. Liste floristique totale des légumineuses inventoriées ..................................................... 79
1.4. Les types Biologiques ....................................................................................................... 84
1.5. Types biologiques des légumineuses inventoriées .......................................................... 85
1.5.1. Spectre biologique des légumineuses recensées à la forêt de Boutaleb ......................... 85
1.5.2. Spectre Biologique des légumineuses inventoriées au djebel Megress ....................... 88
1.5.3. Analyse comparative du spectre biologique................................................................... 90
1.6. Élément chorologique ....................................................................................................... 92
1.6.1. La chorologie des espèces de légumineuses inventoriées à la forêt de Boutaleb ......... 92
1.6.2. La chorologie des légumineuses recensées au djebel Megress ..................................... 96
1.6.3. Analyse comparative de la chorologie ........................................................................... 98
1.7. Rareté et espèces protégées .............................................................................................. 99
1.8. Types morphologiques .................................................................................................... 100
1.9. Systématique des légumineuses recensées .................................................................... 105
1.10. Étude monographique (Description des espèces) .......................................................... 107
1.11. Analyse canonique des correspondances (ACC) ......................................................... 116
1.11.1. Carte d’Analyse Canonique des Correspondance ( la forêt Boutaleb) ..................... 116
1.11.2. Carte d’Analyse Canonique des Correspondance (djebel Megress) ........................ 120
Conclusion .............................................................................................................................. 123
2. Analyse Ethnobotanique ..................................................................................................... 125
2.1. Intérêt socio-économique des légumineuses recensées .................................................. 125
2.1.1. Dénomination locale des légumineuses (Phytonémie)................................................. 125
2.1.2. Les légumineuses comme ressources Pastorales/ fourragères ................................... 126
2.1.3. Les légumineuses comme ressources mellifère ........................................................... 129
2.1.4. Usage médicinal des légumineuses recensées .............................................................. 129
2.1.5. Importance environnementale des légumineuses ........................................................ 131
2.2. Menace sur la flore de légumineuses .............................................................................. 133
2.3. Importance socio-économique de Ceratonia siliqua L. ................................................. 135
2.3.1. Profil sociodémographique des enquêtés .................................................................... 135
2.3.2. Catégorie d’usage de Ceratonia siliqua L.................................................................... 136
[Link]. La catégorie alimentaire ............................................................................................ 136
[Link]. La catégorie thérapeutique………………………………………………………….137
[Link]. Usage fourrager et mellifére………………………………………………………..139
[Link]. La catégorie commerciale…………………………………………………………..140
[Link]. La catégorie environnementale……………………………………………………..140
[Link] Autre usage………………………………………………………………………….140
2.3.3 Disponibilité et facteurs de menaces sur Ceratonia siliqua L…………………..…….140
Conclusion .............................................................................................................................. 140
CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES ........................................................ 142
Références Bibliographiques ............................................................................................... 147
ANNEXES
Annexe 01 : Modèle Numérique de Terrain MNT Sétif (07/05/2020) (SRTM) ................... 162
Annexe 02 : Carte de localisation de djebel Megress extraite de la carte topographique Feuille
de Kherrata et de Sétif 1/25000 ............................................................................................. 165
Annexe 03 : Guide d’entretien sur l’importance de la flore de légumineuses recensée ....... 166
Annexe 04 : Fiche questionnaire sur l’importance socio-économique de [Link] L ......... 167
Annexe 05 : Type biologique, Chorologie, Habitats et rareté des légumineuses de la forêt de
Boutaleb ................................................................................................................................. 167
Annexe 06: Type biologique, Chorologie, Habitats et rareté des légumineuses de djebel
Megress .................................................................................................................................. 168
Annexe 07 : Relevé floristique au niveau de la forêt de Boutaleb ......................................... 170
Annexe 08 : Relevé floristique au niveau de djebel Megress ................................................ 174
Annexe 09 : Photos de quelques espèces de légumineuses recensées .................................. 174
INTRODUCTION GÈNÈRALE
INTRODUCTION GÉNÉRALE

INTRODUCTION GÉNÉRALE

La biodiversité, fournie des biens et des services essentiels à la vie humaine (Bini et
al., 2005). La flore spontanée, élément vital de la biodiversité, maintient l’équilibre
socioéconomique des populations des pays en développement, notamment en milieu rural
(Guigma et al. 2012).

En effet, les plantes sont des ressources naturelles importantes pour l’homme, en raison
de leurs valeurs nutritionnelles, et médicinales, et leur contribution significative à l'économie
de nombreux pays, ce qui fait de la diversité végétale, une ressource précieuse, qu’il convient
de protéger (Dupriez et Leener, 1993 ; Nzuki, 2016).

Cependant, nous assistons à une diminution du patrimoine végétal, et de ses habitats


(Zedan, 2015), causée principalement par la persistance d'un certain nombre de facteurs,
comme: la pression démographique, la déforestation, les feux de végétation, le surpâturage, et
les changements climatiques (Assogbadjo et al., 2011). En plus de l’érosion génétique, qui
cause la perte à perpétuité, des espèces, des combinaisons de gènes, et allèles (Diversity,
1999).

Tous ces facteurs, mettent en danger, la diversité floristique mondiale, et soulignent la


nécessité de sa préservation, et de sa valorisation (Assogbadjo et al., 2011 ). En effet, la
conservation de la diversité végétale, représente un défi majeur, auquel la communauté
internationale doit faire face, afin de préserver les ressources naturelles, qui constituent une
composante essentielle pour un développement durable (Zedan, 2015).

Le bassin méditerranéen, abrite une flore végétale vasculaire, relativement riche,


comprenant 24.000 ± 600 espèces, ce qui représente environ 10% , de la diversité végétale
totale du monde (Greuter, 1991). La région méditerranéenne, est également le centre de
diversité de nombreuses espèces d'importance socio-économique (Maxted et Bennett, 2001).

L’Algérie, pays du bassin Méditerranéen, abrite une flore riche et diversifiée,


comprenant plus de 4000 espèces et sous-espèces de plantes vasculaires (Dobignard et
Chatelain, 2012). De cette richesse floristique, découle un réservoir phylogénétique précieux,
à valeurs alimentaires, aromatiques, pastorales/ fourragères, et médicinales ; ce qui constitue
un véritable atout, pour la croissance économique locale (Abdelguerfi et Laouar ,1999).

Cependant, de nombreuses menaces, d’origine naturelles et/ou anthropiques


(Sécheresse, incendies, surpâturage, pollution, tourisme, etc.) pèsent sur ce patrimoine
(Laouar, 2010), d'où la nécessité de préserver et de valoriser nos ressources végétales.

1
INTRODUCTION GÉNÉRALE

Les écosystèmes du Sétifois, sont réputés par leurs richesses floristiques, et leurs
diversités écologiques (Madoui et al., 2017) ; dans le but, de contribuer à la conservation, et à
la valorisation, de la flore qui y existe, une attention particulière fut donnée, à la famille des
légumineuses, qui constitue un bon exemple d’étude, en raison de son importance sur
plusieurs plans.

La famille des légumineuses, encore appelée les Fabaceae, est une famille de plante à
distribution cosmopolite. C’est l’une des plus grandes familles des angiospermes, avec prés
de 20.000 espèces, et 770 genres, réparties dans le monde, ce qui la classe en troisième rang,
en termes de nombre d'espèces, après les Asteraceae et les Orchidaceae (LPWG, 2017).

Cette grande richesse spécifique, se répercute dans une diversité morphologique et


chimique, dont découlent de multiples usages (Waterman, 1994). Les Fabaceae, sont la
famille végétale, qui fournit le plus grand nombre d’espèces utiles à l’homme, que ce soit sur
le plan alimentaire, industriel ou médicinal (Bonnier, 1905). C’est la deuxième famille, en
termes d’importance économique, après les Poaceae (LPWG, 2017).

Le déclin actuel, des écosystèmes, des habitats, des espèces, et de la diversité génétique
dans le monde, mais surtout dans la région méditerranéenne, fait croitre l'importance, de la
préservation, et de l’utilisation des espèces de légumineuses en méditerranée, d’autant que la
famille de légumineuses, contribue à la sécurité alimentaire, sur divers plans (alimentation
humains et alimentation du bétail), et joue aussi un rôle dans le fonctionnement des
écosystèmes naturels, dans la région méditerranéenne, et d’autre région du monde (Maxted et
Bennett, 2001).

De nombreuses espèces de la famille de légumineuses, ont fait l’objet de plusieurs


études, et recherches en Algérie, axés essentiellement sur :

- La distribution et l’autoécologie (Abdeguerfi & Laouar, 1999 ; Abdelgherfi et al., 2006 ;


Issolah et al., 2015 ; Zatout, 1995)

- Les analyses phytochimiques (Bouakaz, 2006 ; Lograda, 2010 ; Ati ,2018 ; Mokhtari, 2012)

- La qualité fourragère et la valeur nutritive (Zirmi-zembri et Kadi, 2016 ; Alane, 2007)

- L’analyse de la variabilité morphologique et biochimique (Benadjila, 1989 ; Medoukali,


2016).

2
INTRODUCTION GÉNÉRALE

Toutefois, cette famille n’était pas encore étudiée dans sa globalité, et les connaissances
relatives à la diversité spécifique des Fabaceae, et à l’utilisation durable de cette ressource
végétale, dans les différents aspects de la vie, demeurent encore limitées en Algérie. C’est
pourquoi il est nécessaire, dans la perspective de la conservation et de la valorisation, de cette
ressource naturelle, de mener une telle investigation.

Hawkes et al. (2012), définissent la conservation de la diversité végétale, comme le


maintient des interrelations entre les plantes, les autres organismes et leur environnement ; ils
soulignent le lien nécessaire, entre la conservation de la diversité botanique, et l’utilisation
des ressources végétales, d’où la nécessité de documenter l’utilité des espèces spontanées,
réputées actives, pour les populations locales ; ce qui constitue une donnée importante, dans la
perspective d’élaboration de stratégie de conservation, et de gestion durable de ces ressources
végétales (Djaha et al., 2014).

Dans ce contexte, et afin de contribuer à la conservation, et la valorisation des


légumineuses, et d’en identifier les espèces d’intérêt promoteur, une étude ethnobotanique, a
concerné une espèce de cette famille, il s’agit de : Ceratonia siliqua L. dont la présence a été
renseignée, au Nord de la wilaya de Sétif. Cette approche ethnobotanique, vise à faire
ressortir, les potentialités socio-économiques, et écologiques, de cette espèce, et identifier les
facteurs de menace sur sa survie, suivant les perceptions de la population locale.

Ceratonia siliqua L. est une espèce largement répartie au Nord de l’Algérie (Kocherane
et al., 2021), et constitue un exemple intéressant d'espèce à usages multiples (Benmahioul et
al., 2011). L’ethnobotanique est un domaine interdisciplinaire, qui étude les relations entre les
plantes et les humains (Albuquerque et Hanazaki, 2009).

Á la lumière de toutes ces données, l’objectif global de notre recherche, vise à mieux
connaitre, la famille des légumineuses de la région de Sétif, sur plusieurs aspects :
composition systématique, types biologiques, et importance socio-économique. Plus
spécifiquement il s’agit de :
 Dresser une liste floristique des espèces de légumineuses présentes à la région de Sétif
 Déterminer la composition systématique, la chorologie, et les types biologiques des
légumineuses recensées, et identifier leurs importances socio-économiques.
 Déterminer les menaces qui pèsent sur la flore de légumineuses dans la région d’étude.
 Déterminer la contribution de Ceratonia siliqua L. dans les activités socio-économiques
de la population locale.

3
INTRODUCTION GÉNÉRALE

Pour répondre à ces objectifs, nous avons structuré notre manuscrit, en quatre
chapitres :
 Le premier chapitre, est consacré à une synthèse bibliographique sur la famille des
légumineuses, avec une description de Ceratonia siliqua L.
 Le deuxième chapitre, concerne la présentation du milieu d’étude, sur plusieurs plans :
Géographique et biogéographique (en combinant l’approche cartographique), climatique et
bioclimatique, socio-économique.
 Le troisième chapitre, rapporte la démarche méthodologique, des différentes approches
menées dans ce travail.
 Le quatrième chapitre, traite les résultats et discussion, notamment la liste des légumineuses
recensées commentée, la synthèse biologique et morphologique, l’importance socio-
économique des espèces légumineuses recensées, et l’importance socio-économique de
Ceratonia siliqua L. pour la population locale.

Et à la fin de ce travail une conclusion générale avec des perspectives.

4
CHAPITRE I : Synthèse Bibliographique
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Introduction
Une synthèse bibliographique, sur la famille des légumineuses, s’avère indispensable
au préalable du lancement des études de terrain. Nous examinons dans ce chapitre, une
synthèse descriptive de la famille des légumineuses, en abordant plusieurs axes :
la taxonomie, l’écologie, la systématique, et l’importance économique. On aborde également
une description générale de Ceratonia siliqua L.

1. Généralité
La famille des légumineuses, possède deux noms scientifiques à la fois valides, et
utilisables alternativement : Leguminosae et Fabaceae (Greuter et al., 2000) (Le terme
Fabaceae, est privilégié, dans le cadre de la nouvelle classification phylogénétique des
angiospermes ‘APG’ ). La famille des Fabaceae (de faba, la fève), doit son unité à son fruit,
appelé gousse ou légume, ce qui est à l'origine de l'autre dénomination de légumineuses
(Morel, 2011).

Les légumineuses, sont des plantes dicotylédones, regroupant, diverses plantes


herbacées, arbres, arbustes, et lianes. Elles sont souvent distinguées, par leurs fleurs, leur
beauté, et leur utilité pour l'homme, ainsi que par la diversité de leurs produits (Botineau,
2010). La famille des Fabaceae, comprend 765 genres, et plus de 19500 espèces, réparties
dans le monde (LPWG, 2017) ; c’est le troisième super famille en importance, parmi les
angiospermes, après les Orchidaceae et les Asteraceae (Lewis et al., 2005).

2. Position systématique des légumineuses


La systématique, s'intéresse à la classification méthodique, des organismes en différents
groupes taxonomiques, qui sont : le règne, l’embranchement, la classe, l’ordre, la famille, le
genre et l’espèce. La classification des végétaux, a été étudiée à différents niveaux, en se
basant sur des caractères morphologiques, biochimiques, cytologiques et moléculaires (El
Alami, 2018).

La position systématique des Fabaceae, établie selon la classification de Cronquist


1981 et APG III (2009) (Boutaghane, 2013), et selon l’approche APG IV(2016), est
représentée sur le tableau 01.

5
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Tableau 1 : Position systématique des Fabaceae (Boutaghane, 2013 ; APG IV 2016)

La Classification des Fabaceae


Cronquist (1981) APG III (2009) APG VI (2016)
Règne Plantae Règne Plantae Règne Plantae
Sous- Tracheobionta Clade Angiospermes Clade Angiospermes
règne
Magnoliophyta Clade Dicotylédones Angiospermes de
Division (Angiosperme) vraies Clade base
(Eudicotylédone)
Noyau des
Magnoliopsida Dicotylédones
Classe (Dicotylédone) Clade vraies Clade Eudicotylédones
« Eudicotylédone
supérieures »
Sous- Rosidae Clade Rosidées Clade Eudicotylédone de
classe base
Fabidées Noyau des
Ordre Fabales Clade (Eurosidées I ) Clade Dicotylédones
vraies
Famille Fabaceae Ordre Fabales Clade Superrosidées
Clade Rosidées
Clade Fabidées
Famille Fabaceae Ordre Fabales
Famille Fabaceae

Selon la classification actuelle des angiospermes (APG IV), la famille des Fabaceae se
situe dans l'ordre des Fabales (Fig 01).

6
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Figure 1 : Classification des Angiospermes (APG IV 2016)

L’ordre des Fabales, est constitué de quatre familles, de plantes dicotylédones :


Fabaceae, Srianaceae, Quillajaceae et Polygalaceae (Fig 02).

7
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Figure 2 : Composition de l’ordre des Fabales (Lewis et al., 2005)

Les Fabales, représentent environ 9.6%, de la diversité spécifique des endicots


(Eudicotylédones), et la majorité, de cette diversité, est concentré dans la famille des
Fabaceae (Lewis et al., 2005).

3. Taxonomie et Phylogénie des légumineuses

L’origine monophylétique de la famille des légumineuses, a été certifiée par des études
phylogénétiques, basées sur le gène chloroplastique, qui code pour la sous-unité : riboulose-
1,5- bisphosphats (rbcL) (Wojciechowski, 2004).

Dans la taxonomie des légumineuses, le rang ‘sous-famille’, occupe une position


centrale, contrairement, aux autres grandes familles d’angiospermes, où la ‘sous-famille’ est
peu utilisée (Delgado, 2022).

Selon la classification phylogénétique des angiospermes, par l’Angiosperme Phylogeny


Group (APG IV), les Fabaceae sont composées de trois sous-familles :

- Faboideae (Papilionoideae)
- Caesalpinioideae
- Mimosoideae

Cependant, ces dernières années, d'importants efforts ont été déployés, pour améliorer la
taxonomie des légumineuses. Récemment, l’équipe scientifique « Legume Phylogeny
Working Group» (LPWG), a publié en 2017, une nouvelle classification, reconnaissant six
sous-familles des Fabaceae.

8
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Les sous familles des Fabaceae selon LPWG 2017 sont :


Cercidoideae
Detarioideae
Duparquetioideae
Dialioideae
Caesalpinioideae
Faboideae
L'ordre précis, de ramification des différentes sous-familles, n'est toujours pas résolu,
nous présentons ci-dessous, la classification classique (ancienne), et la nouvelle classification
des Fabaceae.

3.1. La classification classique des légumineuses

La famille des légumineuses, est classiquement divisée en trois sous-familles, et 36


tribus (Lewis et al., 2005), il s’agit de :
 La Sous-famille Caesalpinioicleae
 La Sous-famille Papilionoideae ou Faboideae
 La Sous famille Mimosoideae

3.1.1. La Sous-famille des Mimosoideae


La sous famille de Mimosoideae, composée surtout d’arbres et d’arbustes, et se trouve
dans les régions subtropicales, ou tropicales. Les Mimosoideae contiennent 4 tribus, avec 82
genres, et environ 3275 espèces (De Faria et al., 1989 ; Lewis et al., 2005), dont les genres
Acacia , Calliandra , Mimosa et Prosopis, sont les plus représentatifs de cette sous-famille
(Lewis et al., 2005), qui est caractérisée par des fleurs symétriques, régulières, de petites
tailles, regroupées en faisceaux, et localisées en grappes serrées (Fig.4) (Judd et al., 2002).

3.1.2. La Sous-famille des Caesalpinioideae

La sous famille des Caesalpinioideae, est composée des arbres ou des arbustes, et se
trouve principalement, dans les régions tropicales, ou subtropicales, elle comprend 2250
espèces, réparties en 180 genres, distribués au sein de 4 tribus, et les genres Caesalpineae,
Cassiae, Cercidea et Gleditzia, sont représentatifs de cette sous-famille (Lewis et al., 2005 ;
Botineau, 2010). Les Caesalpinoideae, possèdent des fleurs irrégulières, en forme de
papillon, avec 5 pétales, le pétale supérieur étant situé à l’extérieur des autres pétales, et les
étamines sont unis en général (Judd et al., 2002).

9
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

3.1.3. La Sous famille des Faboideae

Avec 504 genres, et 13 800 espèces, regroupées en 28 tribus, les Faboideae, également
connues sous le nom de Papilionoideae, constituent la sous-famille, la plus vaste, et la plus
diversifiée, de la famille des Fabaceae (Lewis et al., 2005).

La sous-famille des Faboideae, englobe presque toutes les légumineuses


économiquement importantes, et abrite plus des deux tiers des espèces de Fabaceae (Sprent,
1995). Elle se compose des herbes, des plantes grimpantes, des arbres et des arbustes,
formant une sous-famille particulièrement homogène, qui se distingue, par ses fleurs (en
papillon) à corolles, ses fruits en forme de gousse, et ses feuilles composées pennées stipulées
(Ferchichi, 2006 ; Dupont et Guignard, 2015).

La fleur des Faboideae, a la forme d'un papillon, avec deux pétales latéraux ou ailes, un
étendard composé d'un pétale supérieur, deux pétales inférieurs formant la carène, et cinq
sépales soudés en tube, et des étamines au nombre de 10, généralement contenues dans les
pétales (Fig. 3) (Maxted et Bennett, 2001).

Figure 3 : Dissection d’une fleur de Pisum sativum L. (La sous famille des Faboideae)
(Crémer ,2014)

10
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Figure 4 : Les différentes caractéristiques florales des Fabaceae.


(A : Mimosoideae, B : Caesalpinoideae , C : Faboïdeae)
(Botineau, 2010)

3.2. La nouvelle classification des légumineuses

Le groupe de travail sur la phylogénie des légumineuses (LPWG, 2017), a révisé la


classification classique de la famille des Fabaceae ; cette dernière a été subdivisée en six
sous-familles, au lieu de trois (Fig. 5). La nouvelle classification de sous-famille, présentée
par LPWG (2017), se présentent comme suit :

- Cercidoideae : avec 12 genres et 335 espèces


- Detarioideae : comporte 84 genres et 760 espèces
- Duparquetioideae : avec 1 genre et 1 espèce
- Dialioideae : comporte 17 genres et 85 espèces
- Caesalpinioideae : avec 148 genres et 4400 espèces
- Papilionoideae : avec 503 genres et 14000 espèces

11
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Figure 5 : La nouvelle classification des légumineuses (LPWG, 2017)

Les Papilionoideae, conservent le rang de sous famille ; les Caesalpinioideae sont


séparés en cinq sous-famille, et les Mimosoideae sont niché dans les Caesalpinioideae.
Par conséquent, tous les Mimosoideae, appartiennent maintenant, à la sous famille des
Caesalpiniodeae (LPWG, 2017) .

4. Les caractères botaniques des légumineuses

4.1. L’appareil végétatif

Les légumineuses, regroupent les plantes dicotylédones, dialypétales, annuelles,


bisannuelles ou pérennes, à port très variable : plantes herbacées, arbustes, arbres, ou plantes
grimpantes à lianes volubiles, ou à vrilles ; dont le fruit est une gousse ou légume (Marouf &
Reynaud, 2007 ; Judde et al., 2002 ).

Les Fabaceae, possèdent un système racinaire pivotant, et présentent presque toujours


des nodosités (Dupont et Guignard., 2015). En effet, l’une des caractéristiques déterminantes
des Fabaceae, est la présence de nodules, fixateurs de l'azote atmosphérique, sur leurs
racines, où 88% de légumineuses, présentent ces nodosités, qui sont le résultat d'une
symbiose entre des bactéries du sol, du genre Rhizobium, et différentes espèces de

12
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

légumineuses (principalement les Papilionoideae, et les Mimosoideae) (De Faria et al., 1989 ;
Macumu et al.,2015).

Cette relation symbiotique, permet la fixation de l'azote atmosphérique, et fournie de ce


fait, une source biologique de base, de composés azotés, tels que les protéines, et leurs dérivés
biochimiques (Vasconcelos et al., 2020).

Les feuilles, sont généralement, alternes, à stipules, composées pennées ou bipennées,


palmés, trifoliolés, ou unifoliolés (Fig. 7), avec des folioles entières, dentelées, à parfois
dentées-serrées, à nervation pennée, et de formes différentes (Allen, 1981). Chez certaines
espèces, les folioles sont parfois transformées en vrilles (Fig. 6).

Figure 6 : Les feuilles chez les légumineuses (Doré, 2000)


(A) Description des composantes d’une feuille de légumineuse
(B) Différentes formes de folioles chez les légumineuses

13
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Figure 7 : Les principaux caractères morphologiques des feuilles chez les légumineuses
(Doré, 2000)
Feuilles
a : Simple unifoliolée b : Composée bifoliolée c : Composée trifoliolée d : Composée
multifoliolée à nombre pair de folioles e : Composée multifoliolée à nombre impair de
folioles
Stipules
1 : Absente 2 : Libre 3 : Soudées aux pétioles dentés 4 : Soudées aux pétioles engainantes
5 : Soudées opposées au pétiole

4.2. L’appareil reproducteur

Les fleurs, peuvent être hermaphrodites, actinomorphes à zygomorphes, à hypanthium


court, généralement cupuliforme (Allen, 1981) ; le calice est formé de 5 sépales soudées, les
pétales, sont généralement libres entre eux, et s’organisent en trois étages à symétrie bilatérale
(Fig. 08) :
- Le pétale dorsal, appelé étendard, qui est soit très développé et recouvre les pétales latéraux
(Faboideae), soit discret et recouvert par les pétales latéraux (Caeboideae) (Fig.09).
- Les deux pétales latéraux (les ailes), entourent et protègent les autres composants floraux,
tandis que les deux pétales inférieurs, se soudent dans leur moitié terminale, enfermant les
organes fertiles (carène) (Jauzein, 1995).

14
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Les étamines, sont typiquement nombreuses, entourées de la carène et des filets soudés,
forment un tube autour de l'ovaire ; de façon distinctive, toutes les légumineuses possèdent un
carpelle unique, un ovaire, surmonté d'un style et d'un stigmate (Merzoug et al., 2008) .

Figure 8 : Description d’une fleur de légumineuse (Faboideae) (Crémer, 2014)

Figure 9 : Diagramme floral de Fabaceae (Allen, 1981)


(A) : Subfamille Caesalpinoedeae (B) Subfamille Faboideae (C) : Subfamille Mimosoideae

15
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Les inflorescences chez les légumineuses sont (Doré, 2000) (Fig.10):

- Inflorescence en épi, dont les fleurs reposent directement sur l’axe floral.
- Inflorescence en grappe, avec des fleurs insérées sur l’axe floral à travers un pédoncule
ou un pédicelle.
- Inflorescence en ombelle, où les fleurs à pédicelles d'égale longueur, partent du
sommet floral, ‘ombelles’ constituées de fleurs insérées, au même point de la tige,
fleurs toutes disposées sur une même surface sphérique, parfois même planes.
- Inflorescence en capitule, avec des fleurs sans pédoncules, qui reposent directement
sur un réceptacle court et dilaté de l’axe floral.

Figure 10 : Type d’inflorescence rencontrée chez les légumineuses (Doré, 2000)


(A) : inflorescence en épi (B) : inflorescence en grappe, (C) : inflorescence en ombelle,
(D) : inflorescence en capitule, (E) : glomérules ou fascicules

16
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Le fruit, est l’élément qui distingue la famille des Fabaceae, aussi appelé gousse ou
légume, fréquemment sec, monocarpellaire, déhiscent, ou indéhiscent, uniloculaire ou
biloculaire ; sa taille varie de quelques centimètres, à une trentaine de centimètres. La gousse
peut être sèche ou pulpeuse, comprimée ou aplatie, spiralée ou articulée, avec une couleur vert
vive (Botineau, 2010) (Fig. 11).

Figure 11 : Les fruits chez les Fabaceae (Allen, 1981)


A : La gousse typique B : gousse spiralée C : gousse à intraflexion D : gousse bisperm
E : gousse paucisémine F : gousse uniséminée J : gousse articulée H : gousse lomentacée
I : gousse articulée G : gousse monosperme

5. Écologie des légumineuses


Les espèces de légumineuses, sont extrêmement diversifiées, avec une distribution très
cosmopolite, en s’adaptant à presque tous les écosystèmes terrestres (Vasconcelos, 2020)
(Fig.12).
Les légumineuses, forment un constituant écologique important, des régions tempérées,
méditerranéennes, tropicales arides, de forêt tropicale humide, et de savane (LPWG, 2017) ;
on les retrouve même dans les habitats les plus extrêmes (Schrire et al., 2005).
Les formes arborescentes, prédominent dans les pays chauds, et les formes herbacées,
dans les régions tempérées (Dupont et Guignard, 2015).

17
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Figure 12 : Carte de répartition géographique des Fabaceae (Heywood, 1996)

5.1. Les légumineuses dans le monde

La terre, compte actuellement prés de 400.000 espèces végétales, dont environ 5%,
appartiennent à la grande famille des Fabaceae (Saikia et al., 2020). En termes de nombre
d’espèces, les Fabaceae se classent au troisième rang, parmi toutes les familles du monde
végétal, derrière les Asteraceae et les Orchideae (Judd et al., 2002).

La richesse générique et spécifique de la famille des Fabaceae, identifiée à l'échelle


mondiale et Africaine, sont résumées dans le tableau 2 :

Tableau 2 : Nombre de genres et d’espèces de Fabaceae recensés au niveau mondial


et au niveau de l’Afrique (Ndayishimiye, 2011 ; Lewis et al., 2005)

Sous-familles Au niveau mondial Au niveau Africain


de Fabaceae
Genre Espèce Genre Espèce
Caesalpinioideae 171 2251 84 501
Faboideae 478 13805 138 2111
Mimosoideae 82 3271 25 236
Total 731 19327 247 2848

D’après le tableau 2, la famille des Fabaceae, totalise 19327 espèces, au niveau


mondial, et prés de 15% de cette richesse spécifique, se trouve au niveau Africain, où 2848
espèces sont enregistrées, réparties sur 247 genres, ce qui traduit la richesse du continent
Africain, par cette ressource végétale.

18
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Toutefois, et selon Lewis et al (2005), plus d'un quart de toutes les espèces de la famille
de Fabaceae, au niveau mondial, appartiennent à seulement cinq genres à savoir:
Astragalus (plus de 2400 espèces), Acacia (plus de 950 espèces), Indigofera (eviron 700
espèces), Crotolaria (environ 700 espèces), et Mimosa (environ 500 espèces).

Cependant, il est important de noter, que la famille des légumineuses, est une
composante majeure de la région méditerranéenne. Cette dernière, présente une forte
concentration de légumineuses, avec 91 genres et 1956 espèces, et 495 sous-espèces (Maxted
et Bennett, 2001). Cela, montre que la région méditerranéenne, est un centre important de
diversité, pour les espèces de légumineuses, elle est le centre d'origine, et de diversité
primaire, de nombreux pâturages tempérés, et de légumineuses fourragères, et constitue donc
une importante ressource génétique de ces espèces (Mathisson, 1983).

5.2. Les légumineuses en Algérie

L'Algérie, est un pays qui présente un potentiel floristique remarquable, en raison de sa


diversité écosystémique, et paysagère. Cette phytodiversité, comptabilise 3139 espèces, dont
360 espèces, appartiennent à la famille des Fabaceae, avec 13% endémiques au sens large,
et 41% sont rares à très rares (Quezel et Santa, 1962).

Plus récemment, Dobignard et Chatelain (2010-2012), ont estimé le potentiel floristique


de l’Algérie, à 4449 taxons, dont 455 espèces, appartiennent à la famille des Fabaceae,
réparties en 67 genres (Tableau3) .

Tableau 3 : Liste des Fabaceae présentes en Algérie et en Afrique du Nord


(Dobignard et Chatelain, 2012)
Fabaceae Algérie Tunisie Maroc Libye Egypte
Total genre 67 48 68 46 44
Total taxon 455 284 558 225 210
Endémique 30 2 97 3 5
Présence incertaine 13 9 19 11 1
Naturalisé 13 7 12 7 6
Adventice 3 2 6 3 3
Cultivé 10 8 19 10 7
Statut problématique 5 2 4 - 1
Eteint 9 1 - 1 -
Hybride - - 1 - -

19
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Selon Dobignard et Chatelain (2012), l’Algérie est classée en deuxième position en


Afrique du Nord, en matière de richesse spécifique de légumineuses, avec 455 espèces
réparties sur 67 genres, avec la présence de : 30 espèces endémiques, 5 espèces avec un statut
problématique, 09 espèces éteintes, 13 espèces naturalisées, et 10 espèces cultivées.

La flore de légumineuses, constitue une contribution considérable, du potentiel


floristique de l’Algérie (plus de 10%), elle renferme 30 espèces endémiques, soit 6.59% de
l’ensemble des Fabaceae de l’Algérie.

Figure 13 : Photographie de quelques espèces de légumineuses


a : Trifolium stellatum L. b : Genista tricuspidata Desf. c : Lotus corniculatus L. d : Vicia
sativa L. e : Hedysarum coronarium L. f : Calicotome spinosa (L.) Link
(Bouchelouche, 2021)

20
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

6. Nodulation et Symbiose Ryzobium-légumineuses


Les micro-organismes du sol, peuvent établir des relations nutritionnelles bénéfiques,
avec les plantes, telles que la relation symbiotique entre les légumineuses et les Rhizobium
(Bactéries du sol), qui permet aux bactéries, de fixer l’azote atmosphérique, et de fournir aux
plantes des composés azotés, comme les protéines et leurs dérivés biochimiques (Marouf et
Reynaud, 2007). Cependant, la plante, fournit les nutriments nécessaires à la croissance des
bactéries. C’est une véritable relation symbiotique, entre les deux parties, avec des
interactions mutuellement bénéfiques (Giraud, 2007 ; Vasconcelos et al., 2020).

Toutefois, il convient de noter, que la relation symbiotique avec les bactéries du sol,
n’est pas uniformément répartie, entre les trois sous-familles de légumineuses, où 97% des
Papilionoideae, et 90% des Mimosoideae, sont capables d’établir cette symbiose, tandis que
seulement 23% des Caesalpinoideae, sont capables de l’établir (Doyle et Luckow, 2003).

Les rhizobiums, genre important de bactéries aérobies, interagissent en symbiose, avec


plusieurs espèces de légumineuses (luzerne, trèfle, Mélilot…etc.) (Marouf et Reynaud, 2007),
ce qui entraine la formation des nodosités, sur les racines de la plante hôte, où les bactéries
rhizobiums, fixent l’azote atmosphérique inerte (N2), pour le transformer, en azote
biologiquement utile (réactif), et le transférer à la plante, dans des combinaisons assimilables
(Giraud, 2007) (Fig. 14).

L'azote, principal nutriment pour la plante, est un élément clé dans la production de
molécules importantes, telles que les protéines, et la chlorophylle, ainsi que dans la synthèse
des enzymes photosynthétiques (Duhoux et Nicole, 2004). Bien qu'il soit abondant sur terre
(Représentant environ 78% de l’atmosphère terrestre), l’azote (N) n'est absorbé par les
plantes, que sous forme de nitrates (NO3), et d'ammonium (NH+), pour fabriquer diverses
macrmolécules indispensables à leur vies, comme les protéines et les acides aminés (Saikia et
al., 2020).

Avec cette caractéristique, les légumineuses, contribuent à la regénération des


écosystèmes pauvre en azotes, et présentent également des avantages économiques et
écologiques, comme alternative à l’emploi d’engrais azotés (Giraud, 2007).

21
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Figure 14 : Nodosités sur des racines de légumineuses (Crémer, 2014)

7. Composés du métabolisme des légumineuses

Les plantes, présentent la caractéristique, de produire une variété de produits naturels,


incluant les métabolites primaires (les glucides, les acides aminés, les lipides….), qui sont
d’une valeur nutritive précieuse pour l’homme, comme pour l’animal (Botineau, 2010) ; mais
également des métabolites secondaires, qui sont la source d’une variété de molécules tels
que : les alcaloïdes, les terpènes, les composés phénoliques...

Ces métabolites secondaires, possèdent un large éventail de propriétés,


pharmacologiques, et toxicologique, utilisables par l'homme dans divers domaines
(Benayache, 2013). Ils sont également considérés, comme stratégies de défense, et de
communication chez les plantes (Wink, 2013).

Les légumineuses, sont une famille de plante, qui produise une variété de métabolites
secondaires, agissant comme composés de défense, contre les herbivores et les microbes, et
comme des composés de signalisation, pour attirer les pollinisateurs, et elles produisent
davantage de métabolites secondaires, contenant de l’azote, que d'autres familles de plantes
(Wink ,2013). Ces métabolites, comprennent : des alcaloïdes, des acides aminés non
protéiques, des glycosides cyanogéniques, des peptides, ainsi que des composés non azotés,
tels que : les composés phénoliques (phénylpropanoïdes, flavonoïdes, tanins et coumarines) et
terpéniques (triterpènes et stéroïdes), et des polycétides (Khouni, 2016). Certains métabolites
secondaires, sont largement distribués (flavonoïdes, triterpènes, pinitol), mais d'autres sont
présents dans un nombre limité de taxons (Wink, 2013).

22
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

La Fig.15 montre quelques exemples, de molécules de principales classes de


métabolites secondaires, rencontrés au sein de la famille des Fabaceae.

Figure 15 : Principales classes de métabolites secondaires rencontrés au sein de la famille


des Fabaceae (Khouni, 2016)

8. Intérêt économique et écologique des légumineuses


Les légumineuses, sont l’une des plus grandes familles de plante, avec une importance
économique, plus large que celle des graminées (Doyle et Luckow, 2003). De nombreux
produits, sont fournies à partir des légumineuses : alimentation humaine et animale, produits
pharmaceutiques, de la biotechnologie (enzymes industrielles, etc.), du textile, de l'artisanat,
du papier, et de la pâte, des produits chimiques, de l'engrais, de l'horticulture, des produits
antiparasitaires (Lewis et al., 2005).

Les légumineuses, présentent des avantages à la fois écologiques et économiques ;


d'un point de vue écologique, les légumineuses jouent un rôle important dans le
fonctionnement et la structure des écosystèmes, cette valeur écologique, découle
principalement de leur capacité à fixer l'azote, réduisant ainsi le recours aux engrais azotés,
dont la production contribue à l'effet de serre (Douce, 2000). Les légumineuses, fixent environ
175 millions de tonnes d'azote atmosphérique annuellement, soit plus que la quantité d'engrais
azotés utilisée en agriculture (40 millions de tonnes) par an (Lévêque et Mounolou, 2001).

23
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Ainsi, la culture de légumineuses, offre une opportunité d'introduire de l'azote


symbiotique, dans les systèmes de production agricole, ce qui peut réduire la consommation
d'énergie fossile, et les émissions de gaz à effet de serre (Schneider & Huyghe, 2015).

9. Description de Ceratonia siliqua L.

Dans le contexte de la valorisation des espèces de la famille de légumineuses, une


attention particulière, est donnée à l’espèce de Ceratonia siliqua L. (Fig 16).
Ceratonia siliqua L. ou le caroubier, est un arbre typique de la région méditerranéenne,
c’est une espèce d’une grande importance, économique, écologique, et sociale (Mahdad,
2013) ; appartenant à la famille des Fabacea, la sous famille de Caesalpinioideae, la tribu
des Caesalpiniées.
Ceratonia siliqua L. est largement repartie en Algérie, sous forme de peuplements
spontanés, dans les régions côtières et semi-arides (Kocherane, 2021). C’est un arbre qui peut
vivre jusqu’à 200 ans, et il peut atteindre 7 à 20 m d’hauteur (Kocherane, 2021).
Les feuilles persistantes, paripennées, alternes, mesurant de 10 à 20 cm de long, avec 8
à 15 folioles opposées, de couleur verte (Aafi, 1996).
Les fleurs de caroubier, sont petites, généralement de couleur jaunes, réunies en petites
grappes, elles sécrètent des substances nectarifères, la floraison se déroule de Décembre à Mai
(Kocherane, 2021).
Les fruits (les gousses) de Ceratonia siliqua L. sont indéhiscents, droits et légèrement
courbés, se développent très longtemps, mesurant de 5 à 15cm de long, sur 2 à 3 cm de large
(Chitt et al., 2007) ; la gousse à maturité, présente un tissu pulpeux, sucré, avec des graines à
l’intérieur (1 à10 graines) ; la pulpe est le principal constituant du fruit, représente 90% de son
poids total. La fructification se situe entre juillet et décembre, de l’année qui suit la floraison
( Kaderi et al., 2015).

Le caroubier est une essence méditerranéenne typique, son aire de répartition comprend
des zones de plateaux et de moyenne montagne, jusqu'à 1700 m d'altitude (Kocherane,2020).
Agissant comme une véritable espèce résistante à la sécheresse, le caroubier, est insensible à
la nature du sol, il tolère les sols pauvres, sableux et calcaires (Rejeb, 1995).

24
CHAPITRE I Synthèse Bibliographique

Figure 16 : Le caroubier (Ceratonia siliqua L.) (Photo :A. Bouchelouche, 2021)


Conclusion
Dans ce chapitre, on a essayé de mettre en exergue, les différentes caractéristiques
biologique, taxonomique, écologique, systématique, et autre, de la famille des légumineuses.
Cette famille majoritairement cosmopolite, possède des caractéristiques particulières, qui lui
confèrent une importance, tant d’un point de vue biologique et écologique, que d’un point de
vue économique et environnemental, ce qui fait que cette famille mérite une attention
particulière.

25
CHAPITRE II : Présentation du milieu d’étude
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Introduction
Notre étude, a été menée dans la wilaya de Sétif, capitale des hauts plateaux. Dans ce
chapitre, une description du milieu d’étude, est entamée, suivant plusieurs axes : le milieu
physique, le milieu biogéographique, et le milieu socio-économique.

Afin de mieux représenter, notre milieu d’étude, et pour apporter davantage de précision
et de clarté, dans la description des différentes stations d’étude choisies, on a eu recours, à la
réalisation des cartes thématiques, à partir du MNT (Modèle Numérique du Terrain) (Annexe
01), qui est une représentation numérique de la topologie du milieu, téléchargeable à partir du
site USGS Earth Explorer: [Link] .

Le MNT est couramment utilisé dans l’extraction de paramètres géomorphologiques,


tels que : l’altitude, la pente, l’exposition, les réseaux hydrographiques (Nouar, 2020).

1. Description générale et choix des stations d’étude


La wilaya de Sétif, est située dans les hauts plateaux de l’Est Algérien, avec une
superficie de 6549 km2, elle est localisée entre une longitude de 5° 24' 34'' Est, et une
latitude de 36° 11' 29'' Nord. La wilaya de Sétif est composée de 60 communes, et 20 Daïras.
Elle est limitée : (Fig 17)
 Au Nord par les wilayas de Bejaïa et Jijel
 Á l’Est par la wilaya de Mila
 Au Sud par les wilayas de Batna et M’sila
 Á l’Ouest par la wilaya de Bordj Bou Arréridj

26
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Figure 17 : Situation et limites administartives de la wilaya de Sétif

La capitale des hauts plateaux, présente un relief, assez accidenté dans sa partie
septentrionale, dominé par des montagnes boisées, et un relief plutôt plat, dans les parties
centrales et sud. L’altitude oscille entre 290 m à 2000 m (Rouabhi, 2014) (Fig 18)

Figure 18 : Carte d’altitude de la wilaya de Sétif


(Réalisée par Bouchelouche, su fond de carte MNT 2021)

27
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Le relief de la wilaya de Sétif, peut être schématiquement décomposé en trois grandes zones
(Fig 19 ) :
- Zone de montagnes (pente > 12%) , bien représentée au Nord et au Sud, par les
montagnes de : Babor et Bibene au Nord (Rouabhi, 2014), et les montagnes du Hodna,
au Sud et Sud-Ouest de la région, avec un point culminant à djebel Boutaleb, de 1890m
(Djemmal, 2018).
- Zone des hautes plaines (3% < pente < 12%), relativement plate, où l’altitude oscille
entre 800 m à 1200 m. Cependant, de petits masses montagneuses y apparaissent dont :
djebel Megress (1757 m), djebel Braou (1263 m), djebel Youcef (1442 m), djebel
Zdimm (1200m) (Rouabhi, 2014).
- Zone de dépression (pente < 3%), située dans le Sud et le Sud Est de la wilaya,
pratiquement plate, se caractérise par la présence des `chotts' ou dépression salées
(Moufok, 1997).

Figure 19 : Carte représentative de la répartition des pentes à la wilaya de Sétif


(Réalisée par Bouchelouche, su fond de carte MNT 2021)
Cependant, la superficie importante de la région d’étude, nous a obligé, à bien fixer le
cadre géographique de notre recherche.

28
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Selon les informations du milieu physique, et suivant la richesse floristiques dans divers
endroit : forêt, montagne.., et dans le but de parcourir la région de Sétif, selon un gradient
Nord -Sud, trois grands ensembles ont pu être dégagés, à savoir :

- Les monts de Babor : Au Nord


- Djebel Megress : Au Nord
- Le massif forestier de Boutaleb : Au Sud

Après une prospection préliminaire, des trois stations citées auparavant, et à cause de la
superficie importante des trois ensembles dégagés, en plus de la limite du temps, et le manque
de moyens, on a dû réviser nos ambitions à la baisse, et on s’est focalisé, sur les deux
ensembles : Djebel Megress situé au Nord chef lieu de la wilaya de Sétif, et le massif forestier
de Boutaleb, situé à 60 km au Sud (Fig 20).

Le choix, de ces deux stations, a été guidé par le potentiel floristique y existant, et par
rapport à l’accessibilité au terrain. En effet, la forêt de Boutaleb, recèle un potentiel floristique
important, et diversifié (Merikhi, 1995 ; Madoui, 1995; Sedjar, 2012), de même pour djebel
Megress, qui abrite une flore diversifiée et riche (Boulaacheb, 2009) .

Cependant, le Nord de la wilaya de Sétif, a été réservé à une autre étude, dans le même
contexte de la recherche.

Figure 20 : Situation géographique des stations d’étude : Djebel Megress et la forêt de


Boutaleb

29
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

2. Localisation et description du massif forestier de Boutaleb


2.1. Situation géographique
Le massif forestier de Boutaleb, est situé sur la partie méridionale de la wilaya de Sétif,
entre les hautes plaines Sétifiennes au Nord, et le bassin de Hodna au Sud, où il forme un
maillon important et individualisé de la partie orientale des monts Hodna (Bertraneu, 1952).

Le massif forestier de Boutaleb, occupe djebel Boutaleb, et s'étend sur environ 35 km


d'Ouest en Est, avec une superficie de 28427 ha (Sedjar, 2012). Elle est bordée par la Wilaya
de M’sila au Sud-Ouest, et la wilaya de Batna au Sud-Est (Fig 21), et fait partie des structures
administratives suivantes :

Wilaya de Sétif
Daïra : Salah bay- Ain Azel
Communes : Rasfa, Ain Azel, Boutaleb, Hamma, et Salh bey, mais également les communes :
Gosbete (wilaya de Batna) et Magra (wilaya de M’sila).

Figure 21: Situation géographique du massif forestier de Boutaleb


(Élaborée par Bouchelouche, sur la base des données de CFS, 2021)
2.2. Relief
Le relief du massif forestier de Boutaleb, est montagneux accidenté, jalonné de sommets
élevés, qui lui confère un caractère montagnard plissé. Le pic de djebel Afghane, au centre du
massif, se particularise par son altitude qui culmine à 1886 m (Sedjar, 2012).

30
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

2.2.1. Altitude
La forêt de Boutaleb, couvre une superficie de 28427 ha, elle présente des altitudes
relativement élevées, avec un point culminant de 1886 m au niveau de djeble Afghan (Sedjar,
2012). La carte des altitudes de la forêt de Boutaleb, est produite à partir du MNT (Fig 22).

Figure 22: Carte altimétrique du massif forestier de Boutaleb (Carte MNT ,2021)

La répartition, de superficie, de chaque classe d’altitude, extraite, à partir de la carte


altémtrique élaborée, est représentée par la Fig .23.

1,94% 7,84%

17,65% < 1000 m


1000 m-1200 m
33,11%
1200m-1400m
39,43% 1400m-1600m
1600m-1862m

Figure 23: Représentation graphiques des classes d’altitudes du massif forestier de Boutaleb

31
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Le calcul de la superficie de chaque classe d’altitude, à partir de la carte d’altitude de


la forêt Boutaleb, fait ressortir la répartition suivante :

- Prés de 8% des terrains forestiers, sont concernés par une altitude inférieure à 1000 m
- 33.11 % des terrains, sont d’une altitude de 1000 m à 1200m.
- 39.43 % sont compris dans la tranche d’altitude de 1200m à 1400m
- 17.65% représente des terrains dont l’altitude varie de 1400 à 1600 m.
- 1.94% présente des altitudes supérieurs à 1600m.
En définitive, les altitudes sont variées, elles s'étagent entre 666 m et 1862m, mais la
tranche la plus représentative, se situe entre 1200m et 1600m, englobant 57 % des terrains du
massif de Boutaleb, ce qui dénote le caractère montagneux de la zone d’étude.

2.2.2. Pente

La pente, est l’inclinaison d’une surface par rapport au plan de l’horizon, elle est
exprimée en degrés ou en pourcentage (Nouar, 2020). Une carte des pentes du massif de
Boutaleb, est produite à partir du MNT (Fig 24 ).

Figure 24: Carte des pentes du massif forestier de Boutaleb (Carte MNT ,2021)

La répartition des différentes classes de pentes, calculée à partir de la carte des pentes
élaborée, du massif forestier de Boutaleb, est représentée par la Fig .25.

32
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

2,35% 6,24% Pente %

< 5%
13,97%
5-15%
15-25%
41,61%
35,81% 25-35%
> 35%

Figure 25: Représentation graphique des classes de pentes à la forêt de Boutaleb

L’altitude relativement élevée de djebel Boutaleb, qui peut atteindre 1860 m, a donné
au massif, un relief extrêmement accidenté dans son ensemble, ce qui explique l’abondance
de moyennes à fortes pentes.
En effet, et d’une manière générale, le massif forestier de Boutaleb, présente une
topographie relativement accidenté (pentes accentué), où 35.81% de la superficie de massif,
est caractérisée par des pentes allant de 15 à 25%. Tandis que, 16.32% des terres présentent
des pentes supérieures à 25%.

2.2.3. Exposition
La répartition du massif forestier de Boutaleb, selon les différentes expositions, est
montrée par la Fig 26.

Figure 26: Carte d’exposition du massif forestier de Boutaleb (Carte MNT ,2021)

33
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Á partir de la carte des expositions du massif forestier de Boutaleb, on a pu extraire le


graphe de représentation de chaque exposition (Fig. 27).

Exposition
18,03%
32,81% Nord
14,43% Sud
Est

34,33% Ouest

Figure 27: Représentation graphique des classes des expositions du massif de Boutaleb.

La répartition du massif forestier de Boutaleb, selon les différentes expositions, nous


montre une représentation de l'exposition Sud, de 34.33% de la superficie totale du massif,
suivie par l’exposition Nord, avec 32.81%, l’exposition Ouest et Est, sont représentées par
18.03% et 14.43% respectivement.

2.3. Hydrographie

La forêt de Boutaleb, avec son relief montagneux, se caractérise par un réseau


hydrographique dense. Cependant, la zone est dépourvue d'une hydrographie superficielle
permanente, à l'exception de l'oued Faragh (Sedjar, 2012).
Le massif forestier de Boutaleb renferme deux sous bassins versants :
- Sous bassin versant des monts du Hodna au sud
- Sous bassin versant des hauts plateaux Sétifiens au Nord (Bassin versant de Bousselam)
La carte du réseau hydrographique du massif forestier de Boutaleb, réalisée sur la base
de la carte numérique du terrain (MNT) est représentée dans la Fig 28 .

34
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Figure 28: Le réseau hydrographique de massif forestier de Boutaleb (Carte MNT ,2021)

2.4. Géologie
La forêt domaniale de Boutaleb, présente une variété de caractéristiques, dues à sa
situation, entre les hautes plaines Sétifiennes au Nord, et la chaîne de Hodna au Sud. La partie
axiale du massif, est constituée d'une succession de roches sédimentaires, remontées lors du
plissement alpin (calcaires, des grès, des marnes et des dolomies) (Sedjar, 2012).
Au Sud, Sud-Est et au Nord-Ouest, se trouvent des formations continentales de
remblayage, composées de conglomérats, de marnes à gypse, de calcaire. Le massif forestier
de Boutaleb, est donc exclusivement formé de roches sédimentaires, avec une apparition du
trias en plages réduites (Sedjar, 2012).

2.5. Pédologie
En plus, de gérer les réserves d'eau, dont dépendent les plantes, le sol fournit également
les minéraux nécessaires à la croissance des plantes (Montgolfier, 1985). La nature de la
surface du sol, a un impact profond sur la nature, et la densité de la végétation (UNESCO,
1960).
D'après les recherches de Kanev (1972), et la carte pédologique de Boyadgiev (1975),
les sols de la forêt de Boutaleb, peuvent être divisés en deux grandes séries :
- Les lithosols et régosols qui sont des sols minéraux bruts se développant sur matériel
minéral et subissent une érosion intense et continue.
- Les sols calcimagnésiques, sont constitués à la fois de sols bruns calcaires et calciques.

35
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

3. Localisation et description de djebel Megress

3.1. Situation géographique


Djebel Megress, est un massif central, de la partie septentrielle, des Hautes Plaines
Sétifiennes. Il est situé aux coordonnées géographiques : 36°19’54’’ Nord et 5°21’14’’ Est,
et il couvre une superficie d’environ 19000 ha (Boulaacheb, 2013).
Djebel Megress, est composé de pelouse, de prairies, de matorral et de formations
rupicoles ; le point culminant de ce massif est de 1736 m d’altitude (Boulaacheb et al., 2005).
Administrativement, djebel Megress, fait partie de la commune d’Ain Abessa, il
surplombe plusieurs communes : Tizi Nebchar, Amoucha, El Ouricia, il occupe la région de
Megress (Fig 29 ).

Figure 29 : Situation Géographique djebel Megress (Èlaboré sur la base de Feuille de


Kherrata et de Sétif 1/25000)
3.2. Relief
Djebel Megress, constitue le massif le plus méridional de l'Atlas tellien, avec une
structure charriée est complexe ; il se compose d’un plateau bordé de versants en forte pente
(> 15 %) avec un relief de collines (Boulaachab, 2013).
3.2.1. Altimétrie
Djebel Megress, figure parmi les principales montagnes de la partie Nord des hautes
plaines Sétifiennes, avec un point culminant de 1736 m. Il sert d’une Barrière géographique
dont le rôle est de réduire l’effet du Sud, sur les monts avoisinants tels que les monts
Djurdjura et des Babors (Boulaacheb, 2009) (Fig 30).

36
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Figure 30 : Carte d’altitude de djebel Megress (Carte MNT , 2022)


3.2.2. Pente
Djebel Megress, présente des pentes qui peuvent dépasser 15% au niveau des falaises,
(Boulaachab, 2009). La Fig 31 présente une démonstration des pentes rencontrées au niveau
de djebel Megress.

Figure 31 : Carte des pentes au niveau de djebel Megress (Carte MNT , 2022)

37
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

3.2.3. Exposition

La répartition des expositions, au niveau de dejebel Megress, est montrée par la Fig 32.

Figure 32 : Carte d’exposition de djebel Megress (Carte MNT , 2022)

3.3. Hydrographie
Le réseau hydrologique du djebel Megress, présente une zone en eau abondante
traversée par de nombreux oueds, dont les deux plus grands sont : Oued El Bordj au Nord et
Oued El Hader à l'ouest. Le régime hydrique, est très variable, lié aux précipitations tout au
long de l'année, les débits les plus fortes étant enregistrées en hiver. L’eau courante est
recueillie par de nombreuses mares temporaires sous les falaises (Boulaacheb, 2009).

38
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Figure 33 : Réseaux hydrographiques au niveau de djebel Megress (Carte MNT, 2022)

3.4. Géologie

Trois unités géologiques distinctes, caractérisent la progression paléogéographique, et


structurale djebel Megress (Vila et Obert, 1977) :

- L’unité quaternaire, caractérisée par différents types d’éboulis, notamment les éboulis
en masse, à la périphérie du djebel Megress, et des éboulis anciens sur le versant nord.
- La nappe numidienne, composée d’argiles et de bancs de grès.
- La nappe tellienne, réduite de dimension modeste, coincée sous le contact de base du
Numidien au Nord-est du djebel Megress, cette unité est composée de marnes
appartenant à trois séries différentes : l’Oligocène inférieur, le Lutétien supérieur et
Priabonien, le Sénonien supérieur.
3.5. Pédologie

D’après Lahmar et al., (1993), deux types de sols existent au djebel Megress :
- Les Vertisols, rencontrés sur les pentes et sur les zones plates, ce sont des sols lourds,
peu carbonatés, riches en argiles gonflantes, se forment sur le produit de leur érosion,
soit sur les marnes, et les argiles.
- Les sols lessivés, reposants sur un horizon d’accumulation d’argile, peu épais, avec un
horizon lessivé sableux, ils se limitent au grès sur les hauteurs.

39
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

4. Climat et Bioclimat
Les facteurs climatiques, comme, les précipitations et les températures, jouent un rôle
clé, dans la valorisation des milieux naturels, ce qui nécessite une exploration analytique des
différentes composantes du climat (Merdas, 2007). Dans ce qui suit, nous avons entrepris,
une étude bioclimatique des stations d’études, dans l'objectif de mettre en évidence les
différentes synthèses climatiques.
4.1. Le climat régional

Le relief de la wilaya de Sétif, influence fortement son climat. En effet, le climat est
humide au Nord de la wilaya ; semi-aride tempéré dans les hautes plaines ; et semi-aride au
sud (Djelouli et al., 2020) .

Il est caractérisé, par des étés longs, secs et chauds, et des hivers pluvieux, frais, froid,
avec une variabilité pluviométrique annuelle importante (Djenba, 2015). En effet, les
précipitations annuelles, sont les plus élevées dans les monts Babor, dépassant 700 mm, elles
avoisinent les 400 mm, dans les hautes plaines, tandis qu’elles ne dépassent pas 300 mm à la
zone sud, qui est la moins arrosée (Rouabhi, 2014) (Fig. 34).

Figure 34: Carte Pluviométrique de la wilaya de Sétif (Moufok, 1997)

4.2. Origine des données


Les données climatiques utilisées, proviennent de l’Office National Météorologique
(ONM), elles portent sur une période de 20 ans (1996-2015), relevées au poste
météorologique situé à Ain Sfiha (Sétif) à 1033 m d’altitude (Tableau 4).

40
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Tableau 4 : Données climatiques de Sétif (Ain Sfiha) pour la période 1996-2015

Mois P (mm) M(°C) m (°C) Hum (%) Vent (Km/h)

Janvier 41.4 10.1 1.9 6,0 77.9 9.2


Fevrier 39.6 10.6 1.8 6,2 77.1 10.2
Mars 31.2 14.8 4.8 9.8 70.6 10.6
Avril 51.0 18,0 7.4 12.7 69.7 10.4
Mai 44.8 23,5 11.9 17,7 61.7 10.3
Juin 18.5 29,9 16.7 23,3 49.1 11.2
Juillet 14.5 34 20.2 27.1 42.6 11.3
Août 15.5 33.1 20.1 26.6 46.3 11.4
Septembre 44.7 26,6 15.6 21,1 59.9 10.5
Octobre 28.6 21,7 11.7 16,7 67.7 9.5
Novembre 37.8 14,6 6.2 10,4 75.1 9.4
Decembre 40.9 10,4 2.8 6,6 79.8 9.5
Total 408.5 178,7 121,1 108 697.7 123.5
Moyenne 34.04 22,33 10,09 13.50 63.42 10.29
Source : ONM

La localisation de ce poste (Ain Sfiha), qui diffère de nos stations d'étude, nous a obligé
à effectuer des corrections de température, et de pluviométrie, afin de déterminer les
conditions climatiques, aux niveau de stations d'étude (Forêt de Boutaleb et Djebel Megress).
Cette correction, est basée sur la différence entre l’altitude, de la station de référence
(Ain Sfiha 1033 m), et celle de djebel Megress (1736m), et le massif forestier de Boutaleb
(1886m).

Cependant, et vu la superficie importante du massif forestier de Boutaleb, des points de


références y ont été choisis (en se référant à la carte hypsométrique de la forêt de Boutaleb),
afin de déterminer l’aire climatique à différents endroits de ce massif forestier.

De ce fait, les valeurs initiales de la station de référence, seront corrigées ou


extrapolées, à l'aide des coefficients climatiques, proposés par Seltzer (1946). Ce dernier, a
démontré l’existence, d’une corrélation linéaire croissante, entre les précipitations et
l’altitude, et une corrélation décroissante, entre les températures et l’altitude.

41
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

4.3. Correction des données pluviométriques

La pluviosité, est un facteur climatique important, dans le maintient, et la dispersion du


couvert végétal (Miara, 2017). Les fluctuations de précipitations, sont déterminées par une
variété de gradients (y compris l’altitude, la longitude, la Latitude), et la quantité de pluie
diminue du Nord au Sud, et d’Est en Ouest, et devient significativement plus importantes,
dans les régions montagneuses (Chaâbane et al., 1993).

Seltzer (1946) a démontré, que les précipitations augmentent de 40 mm, pour chaque
élévation d’altitude de 100 m . On peut évaluer, ainsi, le régime pluviométrique mensuel du
massif forestier de Boutaleb, à différentes altitudes (1886 m, 1200m et 1400m), et de djebel
Megress (1736 m), à partir des données pluviométriques de la station d'Ain Sfiha (1033 m ).
Cette estimation est basée, sur le calcul de coefficient de correction de précipitation
(Cp), ou facteur d’ajustement, calculé par la formule suivante (Miara, 2017) :

A: L’accroissement pluviométrique en mm

[( ) d : c’est la différence d’altitude entre les deux stations] .

Pa1 : La somme annuelle des précipitations moyennes mensuelles, de la station de référence


(Ain Sfiha)
Les coefficients de correction de précipitation, calculés pour les deux stations d’étude
(djebel Megress et la forêt d Boutaleb) sont représentés par le tableau 5:

Tableau 5: Coefficients de correction de précipitation pour djebel Megresse et le massif


forestier de Boutaleb

Stations Altitude Précipitations Coefficient de


(m) moyennes annuelles correction de
corrigées (mm) précipitation (CP)
Djebel Megress 1736 692.1 1.68

1886 746.9 1.83


Forêt de Boutaleb
1400 550.91 1.35
1200 473.2 1.16

Les résultats des précipitations mensuelles, estimées pour les deux stations (le massif de
Boutaleb et djebel Megress), sont présentés dans le Tableau 6.
42
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Tableau 6 : Données pluviométriques de la station Ain Sfiha, et valeurs corrigées pour les
deux stations d’étude (Djebel Megress et la forêt de Boutaleb) (1996-2015)

Précipitations (mm)

Les mois Ain Sfiha Forêt de Boutaleb * Djebel Megress*


(1033m) (1736m)
1886m 1400m 1200m
Janvier 41.4 75.7 55.8 48.0 69.5
Février 39.6 72.4 53.4 45.9 66.5
Mars 31.2 57.0 42.1 36.1 52.4
Avril 51.0 93.3 68.8 59.1 85.6
Mai 44.8 81.9 60.4 51.9 75.2
Juin 18.5 33.8 24.9 21.4 31.0
Juillet 14.5 26.5 19.5 16.8 24.3
Août 15.5 28.3 20.9 17.9 26.0
Septembre 44.7 81.8 60.3 51.8 75.0
Octobre 28.6 52.3 38.6 33.1 48.0
Novembre 37.8 69.1 51.0 43.8 63.5
Décembre 40.9 74.8 55.2 47.4 68.7
Total 408.5 746.9 550.9 473.2 685.7
* Valeurs calculées

Les précipitations moyennes annuelles, de Megress sont de 685.7 mm pour la période


1996/2015. Tandis que celles de massif de Boutaleb, varient de 473.2 mm à 746.9 mm.

Les Histogrammes, des précipitations moyennes mensuelles, des différentes stations


(Ain Sfiha, Djebel Megress et la forêt de Boutaleb), sont représentées sur les Fig.35 ; Fig.36
et Fig. 37.

43
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Figure 35: Histogramme des précipitations moyennes mensuelles de la station Ain S’fiha

Figure 36: Histogramme des précipitations moyennes mensuelles du massif forestier de


Boutaleb à différentes altitudes

Figure 37: Histogramme des précipitations moyennes mensuelles de djebel Megress

44
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

4.4. Détermination du régime pluviométrique


Le type de régime saisonnier, est donné par l’arrangement des quatre saisons par ordre
de pluviosité croissante. Le tableau 7, présente la répartition saisonnière des pluies des
stations d’étude.

Tableau 7: Régime saisonnier des stations : Ain Sfiha, Megress et le massif forestier de
Boutaleb (1996-2015)
Ain Sfiha Massif forestier Djebel Megress*
Boutaleb*(1886m) (1736m)
Mois
Précipitations Régime Précipitations Régime Précipitations Régime
saisonnières Saisonnier saisonnières Saisonnière saisonnières Saisonnier
(mm) (mm) (mm)
Septembre
Octobre 111.1 Automne 203.2 Automne 186.5 Automne
Novembre

Décembre
Janvier 121.9 Hivers 222.9 Hivers 204.7 Hivers
Février
Mars
Avril 127 Printemps 232.2 Printemps 213.2 Printemps
Mai
Juin
Juillet 48.5 Été 88.6 Été 89.0 Été
Août
Total 408.5 - 746.9 685.7 -

*Valeurs calculées

D’après le tableau 7, deux périodes se distinguent : une période relativement pluvieuse,


d’automne au printemps, et une saison estivale peu pluvieuse.
Les trois stations, présentent un régime saisonnier de type PHAE.

4.5. Correction des données thermiques

La température, est un élément crucial, dans la caractérisation du climat, elle détermine


la répartition des espèces vivantes, dans la biosphère (Ramade, 2003).
Les variables suivantes sont considérées, dans la caractérisation de la température en un
lieu donné :

45
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

- Température moyenne mensuelle « T »


- Température maximale « M »
- Température minimale « m »
Entre deux pôles thermiques extrêmes : la moyenne des minima du mois le plus froid
(m), et la moyenne des maxima du mois le plus chaud (M) , se situe le développement de la
vie végétale (Daget, 1980). Les températures, sont liées à l’altitude, plus l’altitude s’élève,
plus la température diminue. Seltzer (1946) dans son étude sur le climat d’Algérie, propose
les gradients suivants :
- « M » diminue de 0,7°C tous les 100 m d’élévation.
- « m » diminue de 0,4°C pour 100 m de dénivelé.
Le coefficient de correction thermique, est déterminé, par l’application de la règle de
gradient altitudinale décroissant pour les températures.
Par exemple : Pour le point (1886m) de massif forestier de Boutaleb, la différence
d’altitude avec la station de référence (1033m) est de 853 m donc :

Ainsi la ‘M’ diminue par 5.9 °C

La même chose pour la « m » :


Donc la ‘m’ va diminuer de 3.4°C.

Le même calcul, a été fait pour le point de Megress, en prenant en compte, la différence
d’altitude existante, entre les deux stations (Megress et Ain Sfiha).
Les données thermiques, de la station de référence Ain Sfiha, et les données thermiques
après correction pour nos stations d’étude, sont représentées dans le tableau 8.

46
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Tableau 8 : Valeurs corrigées des températures max (M) et mini (m) et moyenne, des stations d’étude

(Djebel Megress et la forêt de Boutaleb) (1996-2015)

Station T(°C) Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Dec
Ain Sfiha M 10.1 10.6 14.8 18.0 23.5 29.9 34 33.1 26.6 21.7 14.6 10.4
m 1.9 1.8 4.8 7.4 11.9 16.7 20.2 20.1 15.6 11.7 6.2 2.8
1033m 6.0 6.2 9.8 12.7 17.7 23.3 27.1 26.6 21.1 16.7 10.4 6.6

Djebel Megress* M 5.2 5.7 9.9 13.1 18.6 25 29.1 28.2 21.7 16.8 9.7 5.5
m -0.9 -1.0 2.0 4.6 9.1 13.9 17.4 17.3 12.8 8.9 3.4 0.0
1736m 2.1 2.3 5.9 8.8 13.8 19.4 23.2 22.7 17.2 12.8 6.5 1.25

M 8.9 9.4 13.6 16.8 22.3 28.7 32.8 31.9 25.4 20.5 13.4 9.2
1200 m m 1.2 1.1 4.1 6.7 11.2 16.0 19.5 19.4 14.9 11.0 5.5 2.1
5.0 5.2 8.8 11.7 16.7 22.3 26.1 25.6 20.1 15.7 9.4 5.6
Forêt
de M 7.5 8.0 12.2 15.4 20.9 27.3 31.4 30.5 24.0 19.1 12.0 7.8
Boutaleb* 1400m m 0.4 0.3 3.3 13.9 10.4 14.9 18.7 18.6 14.1 10.2 4.7 1.3
3.9 4.1 7.7 14.7 15.6 21.1 25.0 24.5 19.0 14.6 8.3 4.5

M 4.2 4.7 8.9 12.1 17.6 24 28.1 27.2 20.7 15.8 8.7 4.5
18860 m m -1.5 -1.6 1.4 4.0 8.5 13.3 16.8 16.7 12.2 8.3 2.8 -0.6
1.3 1.5 5.1 8.0 13.0 18.6 22.4 21.9 16.4 12.0 5.7 1.9

*Valeurs calculées

47
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Le tableau 08, montre que les températures mensuelles de nos stations d’étude,
atteignent leur minima au mois de Janvier / Février, avec une valeur de 1.8 °C à Ain Sfiha, et
de -1.6 °C au massif forestier de Boutaleb, et -1 °C au djebel Megress.

Les maxima, sont observés au mois de juillet, avec une valeur de 34,0 °C à Ain Sfiha ,
28.1°C au massif de Boutaleb, et 29.1 °C au djebel Megress. Les moyennes mensuelles des
températures confirment que, Janvier et Février, sont les mois les plus froids, et la
température moyenne la plus élevée, se situe au mois de Juillet.

4.6. Synthèse Bioclimatique

Á partir de données de température, et de précipitation, de nos stations d’étude, nous


développons ce qui suit :
- Indice de continentalité
- Diagramme Ombrothermique (L’indice Xérothermique de Bagnouls et Gaussen)
- Climagramme pluviothermique et les étages bioclimatiques (le quotient pluviométrique
d’Emberger)

4.6.1. Indice de continentalité


Le calcule de l’indice de continentalité simple, indique la température limite extrême, à
laquelle les plantes doivent pouvoir résister chaque année en moyenne (Djebaili, 1984). Il se
calcule comme suit :

IC = Tmax –Tmin

- IC : Indice de continentalité
- Tmax : Température maximale du mois chaud
- Tmin : Température minimale du mois le plus froid

Selon Debrach (1953), la valeur de l’indice de continentalité, permet de définir quatre


sortes de climats :

-Climat insulaire : M-m<15°C


-Climat littoral : 15°C<M-m<25°C
-Climat semi continental : 25°<M-m<35°
-Climat continental : M-m>35°C

48
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

L’amplitude thermique calculée situe le djebel Megress dans le climat Continental, de

même pour le massif forestier de Boutaleb.

4.6.2. Diagramme Ombrothermique de Gaussen

Pour estimer la durée de la période sèche, un diagramme basé sur une comparaison des
températures moyennes mensuelles en degrés Celsius (°C), avec les précipitations moyennes
mensuelles en millimètres (mm) est élaboré (Bagnouls et Gaussen, 1953 in Nouar, 2020).
Un mois sec est indiqué, lorsque la somme des précipitations (P) exprimée en
millimètres, est inférieure ou égale au double des températures moyennes mensuelles
exprimées en degrés Celsius (P ≤ 2T). Les diagrammes ombrothermiques des différentes
stations, sont représentés sur les Fig. 38, Fig. 39 et Fig. 40.

Figure 38 : Diagramme Ombrothermique (P=2T) d’Ain Sfiha

49
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Figure 39: Diagramme Ombrothermique (P=2T) du massif forestier de Boutaleb (à 1200 m)

Figure 40 : Diagramme Ombrothermique (P=2T) de djebel Megress (1736m)

Le diagramme Ombrothermique, établie pour la station Ain Sfiha (Fig.38), montre que
la période sèche, dure en moyenne quatre à cinq mois, de Mai à Octobre.
Cependant, pour la station djebel Megress, d’après la Fig 40, on note une période
sèche de trois mois en moyenne (Juin, Juillet, Août).
Pour le massif de Boutaleb, le diagramme ombrothermique (Fig 39), suivant le point
d’altitude de 1200 m, montre une saison sèche qui dure quatre à cinq mois, allant de Mai à
Septembre, ce qui indique la sévérité de la saison sèche au niveau de cet endroit.

50
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

L’analyse des différents diagrammes (Fig. 38, Fig. 39, et Fig. 40), nous permet de
visualiser une période pluvieuse, qui s’étend généralement du début d’Octobre à la fin de
Mai. Tandis que les mois de : Juin, Juillet et Août, sont les mois les plus secs, avec des hautes
températures en Juillet et Août.

4.6.3 Quotient Pluviothermique d’Emberger


Le calcule de quotient pluviothermique ‘Q2’ d’EMBERGER, permet de déterminer
l’étage bioclimatique d’une station, (applicable uniquement pour le climat méditerranéen).
Selon Embeger (1955) in Nouar, (2020), ce quotient est formulé de la façon suivante:


P = Moyenne des précipitations annuelles en mm
M = Température maximale du mois le plus chaud en degré Kelvin
m = Température minimale du mois le plus froid en degré Kelvin
T(°K)= T (°C) +273.15°K

L’essai de l’extrapolation, sur quelques points altitudinaux, au niveau du massif de


Boutaleb (1200 m, 1400 m, 1886 m) , et sur djebel Megress, nous a permis de calculer Q2
comme montre le tableau 09.

Tableau 9 : Valeurs de P, m, M et du Q2 pour les stations d’étude

Station Altitude P annuelle M (°C) m (°C) Q2


(m) (mm)
Ain Sfiha 1033 408.5 34 2.8 44.90
Djebel Megress* 1736 685.7 29.1 -1.0 79.32
1886 746.9 28.1 -1.6 87.80
Boutaleb* 1400 550.9 31.4 0.3 61.32
1200 473.2 32.8 1.1 51.48
* Valeurs calculées

En reportant les valeurs du Q2, et de ‘m’ calculées, sur le climagramme d’Emberger, on


peut déduire l’étage bioclimatique de chaque station (Fig .41). La station de référence (Aïn
Sfiha) se situe dans l’étage semi-aride à Hivers frais. Tandis que, la station de djebel
Megress, se trouve dans l’étage Subhumide à hiver froid.
En extrapolant les valeurs de précipitations et de températures, pour différentes altitudes
du massif forestier de Boutaleb, nous avons pu estimer le Q2, et représenter l’aire

51
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

correspondant à notre station d’étude, ainsi le versant avec une altitude de 1400 m, serait
dans une ambiance bioclimatique semi aride à hivers frais, de même que le versant avec une
altitude de 1200m . Tandis que le point culminant de massif Boutaleb, qui se trouve à une
altitude de 1886 m, serait dans une ambiance bioclimatique subhumide à hivers froid.

Figure 41: Climagramme d’Emberger correspond à la station de Ain Sfiha, djebel Megress et
le massif forestier de Boutaleb (1996-2015)

5. Milieu Biotique
5.1. Subdivision phytogéographique
De nombreux auteurs, ont traité la phytogéographie de l'Algérie, suite à de nombreux
inventaires de la flore algérienne. Les limites des divisions phytogéographiques, sont établies
lorsque plusieurs espèces, appartenant approximativement à la même zone de répartition
géographique, partagent des axes de répartition coïncidents (Boughani, 2014).
Une carte des subdivisions phytogéographiques de Quezel et santa (1962), largement
utilisée, découpe l’Algérie en 20 secteurs phytogéographiques, dont 15 pour l’Algérie du
Nord (Fig. 42).

52
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Figure 42: Les sous secteurs phytogéographiques de l’Algérie du Nord


(Quezel & Santa, 1962)
Légende :
K : Secteur Kabyle et Numidien
 K1 : Sous-secteur de la grande Kabylie.
 K2 : Sous-secteur de la petite Kabylie.
 K3 : Sous-secteur de la Numidie.
A : Secteur Algérois (A)
 A1 : Sous secteur littoral Algérois
 A2 : Sous secteur de l`Atlas tellien
C1 : Secteur du Tell constantinois
O : Secteur oranais
 O1 : Sous-secteur des Sahels littoraux
 O2 : Sous secteur de plaines littorales
 O3 : Sous secteur de l`Atlas tellien
H : Secteur des Hauts-Plateaux
 H1 : Sous-secteur des Hauts-Plateaux algérois et oranais
 H2 : Sous-secteur des Hauts-Plateaux constantinois
AS : Secteur de l’Atlas Saharien
 AS1 : Sous-secteur de l’Atlas Saharien oranais
 AS2 : Sous-secteur de l’Atlas Saharien algérois
 AS3 : Sous-secteur de l’Atlas Saharien constantinois (Aurès compris)
SS : Secteur du Sahara Septentrional
 Hd : Sous-secteur du Hodna
 SS1 : Sous-secteur occidental du Sahara Septentrional
 SS2 : Sous-secteur oriental du Sahara Septentriona

53
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

La wilaya de Sétif, fait partie du sous secteur des hauts plateaux constantinois « H2 » et
du secteur du Tell constantinois « C1» (Quezel & Santa, 1962).

Nos stations d’étude, qui correspondent au massif forestier de Boutaleb, et djebel


Megress, se localisent selon la subdivision phytogéographique de Quezel et santa 1962, dans
le secteur du Tell Constantinois, ce secteur est relativement arrosé (450-700mm/an) avec un
bioclimat semi-aride ou subhumide (Boulaacheb, 2009 ; Meddour, 2012).

5.2. Flore et végétation

La formation végétale, est une notion qui s'appuie avant tout, sur les caractéristiques
générales de la végétation, et les aspects physionomiques des organismes vivants (Maire,
1926 in Sedjar, 2012). Cette notion, est basée sur la morphologie, notamment le port, et la
dominance de certaines espèces (Guinochet, 1973). La classification des principaux types de
végétation a été développée comme suit:

- Une forêt est une formation ligneuse arborescente d'une hauteur minimale de 7 m.
Selon la densité, la forêt peut être divisée en : Forêts denses, Forêts clairs, et Forêts trouées
(Gharzouli, 2007).
- Un Matorral, fait référence à des formations ligneuses arbustives de moins de 7 m
d’hauteur, classée en matorrals élevés, moyens et bas, et pouvant avoir une densité
forte, moyenne ou faible (Le Houérou et al., 1975).
- Les formations basses, telles que les les ermes et les steppes, les prairies, les pelouses
sont typiquement constituées de plantes herbacées.

5.3. Flore et végétation du massif forestier de Boutaleb


Plusieurs études de la flore, et de la végétation, ont porté sur le massif de Boutaleb, dont
on peut citer : Le Houerou et al., (1975) ; Merikhi, (1995) ; Madoui, (1995) ; Sedjar, (2012).
En se référant sur les études précédentes, le massif forestier de Boutaleb, héberge
différentes formations végétales, tels que les forêts, qui sont représentées par les forêts de
Cèdre de l’Atlas (Cedrus allantica Manetti), et de Pin d'Alep (Pinus halepensis Mill), (ce sont
les essences forestières dominantes). Ces forêts, peuvent être claires, denses ou trouées.
On trouve également les matorrals, qui sont diversifiés au niveau du massif de Boutaleb,
on y trouve des matorrals à base de chêne vert (Quercus ilex L.), des matorrals à Pinus
halepensis Mill, ainsi que des matorrals moyens troués à dominance de filaire (Phillyrea
angustifolia (L.) Rouy, pistachier (Pistacia terebinthus L.) et lentisque (Pistacia lentiscus L.),
des matorrals clairs avec des formations à dominance de genévrier rouge (Juniperus

54
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

phoenicia L.) et genévrier oxycédre (Juniperus oxycedrus L.), et enfin les matorrals bas,
denses, troués et clairs de romarin (Rosmarinus tournefortii de Noé) globulaire (Globularia
alypum L.) et thym (Thymus ciliatus Desf.) .
Les formations basses au niveau de la forêt de Boutaleb, sont les formations herbacées,
représentées par des pelouses écorchées à dominance de chamaephytes herbacés et xérophytes
épineux ; à partir de 800m d’altitude se trouvent les steppes, sur le versant Sud du massif. On
trouve aussi des ermes qui sont des formations herbacées à dominance de thérophytes, qui
envahissent les clairières des forêts et des matorrals.

Le massif de Boutaleb, est extrêmement riche d’un point de vue floristique. Selon
l’étude menée par Sedjar (2012), la flore du massif de Boutaleb, totalise 367 taxons, répartis
sur 226 genres, et 56 familles de plantes vasculaires. Sur le plan richesse spécifique, les
familles de plantes, qui sont bien représentées, au niveau de la forêt de Boutaleb, sont :
les Asteraceae, qui dominent la flore de Boutaleb, avec une représentation de 16% (59
taxons), les Fabaceae avec 11.2% (41 taxons), les Poaceae avec 9% (33 taxons), les
Brassicaceae 7% (26 espèces) , les Apiaceae avec 6.4% (23 taxons), les Caryophyllaceae
avec 5.7% (21 taxons) ; le reste des familles botaniques, est repérsenté par moins de 5%.

La flore endémique recensée, au niveau de la forêt de Boutaleb, selon la même étude,


est de l’ordre de 32 espèces (soit 8.8% de la flore totale y inventoriée), dont 7 font partie de la
famille des Fabaceae, qui est la mieux représentée en terme d’endémisme. Les espèces
rares et/ ou menacées totalisent 35 taxons.

La Fig 43, représente les différentes formations végétales, présentes au niveau de la


forêt de Boutaleb, selon les données de la conservation des forêts de la wilaya de Sétif
(Circonscription Ain Oulmen 2021).

55
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Figure 43 : Carte de végétation du massif forestier de Boutaleb


(Établie par Bouchelouche, sur la base de données de CFS Sétif, Circonscription Ain Oulmen, 2021)

56
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Figure 44 : La pinède de Boutaleb (Photo :A. Bouchelouche, 2021)

Figure 45 : La Cédraie de Boutaleb (Photo : A. Bouchelouche, 2021)

57
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Figure 46 : Versant Sud de la forêt e Boutaleb (Photo :A. Bouchelouche, 2021)

5.4. Flore et Végétation de djebel Megress

En comparaison, avec d'autres régions écologiques de la planète, les zones de


montagnes sont des milieux d’une grande diversité biologique (Mekouar et Talla, 2012).
Des études floristiques et phytosociologiques, menées au niveau djebel Megress
(Boulaacheb, 2000; Boulaacheb, 2009), ont révélé la diversité du milieu naturel, et la
richesse de sa flore, qui comprend un nombre important d'espèces médicinales et fourragères
(Boulaacheb, 2009).
Djebel Megress, appartenant aux écosystèmes du Nord Algérien, se distingue par un
couvert végétal fortement dégradé, des affleurements rocheux importants, et par l’absence de
formation arborescente naturelle.
Cependant, les formations végétales présentes, sont les matorrals, les pelouses et les
prairies (Boulaacheb, 2013).
Les matorrals bas, se trouvent entre 1 400m et 1500 m d'altitude, dominés par le
Calycotome (Calycotome spinosa) et le Diss (Ampelodesma mauritanica), espèces
révélatrices de la dégradation de la couverture végétale arborescente, et donc des conditions
thermohéliophiles (Meddour, 1993).
Les formations rupicoles, se situent entre 1600m et 1700 m d'altitude, avec des espèces
occupant les fissures, et sont dominées par les hémicryptophytes.
Les plateaux sommitaux, sont recouverts d'une végétation herbacée, tandis que les
prairies inondées en hivers, se situent entre 1450m et 1737m d'altitude. Les pelouses,
fréquemment endommagées par le surpâturage, sont situées entre 1600m et 1737m d'altitude
(Boulaacheb, 2013).
58
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Djebel Megress, présente un potentiel floristique considérable, qui compte 500 espèce
végétale, et 22 sous espèces, réparties en 278 genres et 72 familles (Boulaacheb, 2013). Cette
richesse, avoisine les 16% de la richesse floristique globale, de l’Algérie (Boulaacheb, 2013).

Les familles végétales les mieux représentées, au niveau de djebel Megress sont : les
Asteraceae avec 70 espèces (et 45 genres), les Poaceae avec 46 espèces (29 genres), et les
Fabaceae avec 39 espèces (11 genres) (Boulaacheb, 2009).

Figure 47 : Versant Nord de Djebel Megress (Photo :A. Bouchelouche, 2022)

6. Le milieu socio-économique

Le milieu socio-économique de la wilaya de Sétif, a été traité, visant à rappeler les


caractéristiques fondamentales de la région, avec une attention particulière donnée aux
communes à proximité de nos stations d’études, mettant en relief leurs potentiels
économiques et sociaux, dans le but de mieux analyser et interpréter nos résultats de
recherche.

6.1. La population

La wilaya de Sétif, est classée en deuxième position, après la capitale Alger, en termes
de croissance démographique potentielle (Rouabhi, 2014). En 2020, la population totale de
la wilaya de Sétif, est estimée à 2.021687 (DPAT, 2020).

59
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Cette population, est majoritairement jeune, avec une répartition concentrée dans les
hautes plaines, elle se répartit en 47.56% population urbaine, et 52.43% population rurale
(DPAT, 2020).

Le taux de croissance démographique est estimé à 1,63 % par an, ce qui signifie que
chaque année, une nouvelle population de 21905 habitants, devra être prise en charge dans
tous les domaines socio-économiques (Ounas et al., 2018).

Il est crucial de rappeler, que la croissance démographique a été fréquemment citée


comme l'un des facteurs, qui contribue à la dégradation des milieux naturels, non seulement
en Algérie, mais aussi dans d'autres parties du monde.

La population de différentes communes, dont fait partie le massif forestier de Boutaleb


et djebel Megress, est représentée dans le tableau 10 :

Tableau 10 : Répartition de la population au voisinage des stations d’études (DPAT, 2020)

Commune Population Population Total


Rurale Urbaine
Salh Bey 9 799 25421 35 220
Forêt de Boutaleb

Boutaleb 11 613 / 11 613

El Hamma 17 688 / 17 688


Ain Azel 14 020 51653 65 673

Rasfa 20 293 / 20 293

Ain Abessa 21 993 / 21 993


Djebel Megress

ElOuricia 26 167 / 26 167


Amoucha 31 939 / 31 939
Tizi Nebchar 24 665 / 24 665

D’après le tableau 10, la densité de population est élevée, mais elle varie selon les
localités. Les communes dont fait partie le massif de Boutaleb (Salah bey, Rasfa, El Hamma,
Boutaleb et Ain Azel) ont une population totale de 150487 habitants, essentiellement rurales.

La population des monts Boutaleb, représente près de 30%, de l'ensemble de la


population des communes, auxquelles appartient le massif Boutaleb, et se situe au bord
immédiat, et à l'intérieur du massif ; cette population est répartie en 13 douars et mechtas
(Sedjar, 2012).

60
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

La densité de population, des différentes communes dont fait partie djebel Megress,
totalise 104764 habitants, principalement rurales, cette population varie et leur répartition
diffère d’une commune à l’autre.

6.2. Principales activités


La wilaya de Sétif, avec sa situation stratégique, et sa disposition d’un potentiel
économique ; est considérée, comme un pôle commercial et économique de l’Est Algérien
(Ounas et al., 2018).

6.2.1. L’Agriculture
La wilaya de Sétif, dispose d'un potentiel important en sol, avec une activité agricole
axée principalement, sur la production céréalière et l'élevage (Benniou et al., 2006).
Le tableau 11, montre la répartition de la surface agricole totale (SAT), au niveau de la
wilaya de Sétif.

Tableau 11 : Répartition de la SAT de la wilaya de Sétif (DSA, 2020)

Désignation Hectares SAT%


Suface agricole utile 365136 79.40
(SAU)
Pacage et parcours 53626 11.66
Terres improductives 41084 8.93
Total (SAT) 459846 100

Le tableau 11, montre que la surface agricole totale (SAT) est estimée à 459846 ha,
répartie en : 365136 ha de Surface agricole utile (SAU) (dont 35177 ha sont irrigués),
53626 ha de surface des pacages et parcours, et 41084 ha des terres improductives.
La SAU estimée à 365136 ha, constitue 54,15% de la surface totale de la wilaya de
Sétif, elle est dominée principalement par la céréaliculture, avec une superficie de 194520 ha,
soit 53.27% de la SAU, et la production fourragère, occupe une surface de 22319 ha, soit
6,11% de la SAU. Quant au patrimoine forestier, il est estimé à 102313 ha, soit 15,62% de
la surface totale de la wilaya (DSA, 2020).

La SAT, et la surface de patrimoine forestier pour les communes au voisinage des


stations d’étude sont résumée dans le tableau 12.

61
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Tableau 12 : La SAT, et la surface de patrimoine forestier au voisinage des stations d’étude


(DSA, 2020)

Désignation SAU SAU Pacage et Terres Forestier


(Hectar) irriguée parcours improductives
Boutaleb 5930 350 270 500 7800
Forêt de Boutaleb

Ain Azel 14532 2388 255 570 6541


Rasfa 551 1391 740 60 8552
El Hamma 5000 380 2000 500 1781
Salah Bey 5380 1026 100 70 880

Ain Abessa 9122 319 2749 750 1242


Djebel Megress

Amoucha 5444 164 1252.1 207.5 529


Tizi Nebchar 2529 145.2 1500 214 324

El Ourrasia 7936.3 311 1915.8 70 1197

Le tableau 12, présente la répartition de SAT, et la surface du patrimoine forestier, dans


les différentes localités, à proximité de nos stations d’étude, et montrent l’importante activité
agricole, que connait les stations d’étude, et le patrimoine forestier y présent.

6.2.2. L’élevage et la production animale

L’élevage, joue un rôle clé, dans le développement socio-économique des ménagers


ruraux, en tant que source importante de revenu et d’emplois, cette activité assure la sécurité
économique de multiple façons, notamment par la production alimentaire, telles que la
viande, les produits laitiers, œufs (Katoch, 2022). Le tableau 13, représente l’effectif animal
que dispose la wilaya de Sétif.

Tableau 13 : Effectif animal de la wilaya de Sétif (DSA, 2020)


Espèce Effectif (Tète)
Ovin Total 442078
Brebis 258613
Bovin Total 147369
Vache 69917
Caprins Total 61598
Chèvre 38762
Ruches 77047

62
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

D’après le tableau 13, un cheptel important, composé essentiellement de bovins et


d’ovins, s'est développé au niveau de la wilaya de Sétif, du fait de facteurs naturels et
agricoles. Ce cheptel est de l’ordre de 147369 têtes pour l'élevage bovin, et 442078 têtes pour
l'élevage ovin (DSA, 2020). L'élevage caprin reste très faible et restreint, et l'élevage apicole
est peu présent dans le paysage agricole de Sétif.
L’effectif du cheptel animal, des communes au voisinage de nos stations d’étude (djebel
Megress et le massif forestier de Boutaleb), est représenté sur le tableau 14.

Tableau 14 : Effectif du cheptel animal des communes au voisinage des stations d’étude
(DSA, 2020)

Espèce Bovin Ovin Caprin


(Tête) Ruche
Commune Total Vache Total Brebis Total Chèvre

Saleh Bey 1625 1226 7810 4760 2630 1330 768


Forêt de Boutaleb

Rasfa 1510 1131 7350 4520 2500 1340 1176


Ain Azel 1010 865 14000 9550 2000 1700 357
Elhamma 215 175 4400 3400 1500 1200 1303
Boutaleb 185 140 8000 5450 2600 2400 1532
Ain Abessa 5620 3593 8490 4390 705 440 3260
Djebel Megress

ElOurasiya 3805 2478 7657 3758 620 315 3400


Amoucha 2262 1229 5300 3100 900 400 2680
Tizi 1560 1215 1700 700 1000 203 2530
nebchar

L'élevage ovin, est largement répandu dans la région de Sétif, de même que l'élevage
bovin, qui constitue le premier fournisseur de viande rouge (Tableau 15).

63
CHAPITRE II Présentation du milieu d’étude

Tableau 15 : La production animale des communes au voisinage des zones d’étude


(DSA, 2020)

Espèce Viande Rouge (Qx)


Bovin Ovin Caprin Lait Miel Laine
Commune (L) (kg) (Qx)
Saleh Bey 1850 1652 336 3885 3000 11400
Forêt de Boutaleb

Rasfa 1301 1690 363 25476 3563 5500


Ain Azel 895 1201 641 3377 1100 23100
Elhamma 0 168 95 835 2900 8100
Boutaleb 0 173 92 880 3100 13200
Ain Abessa 1710 815 66 13057 5400 11900
Djebel Megress

Elourasiya 2360 1085 263 8974 5400 10800


Amoucha 4899 913 308 4170 9000 7000
Tizi nebchar 1609 916 90 4010 8500 2000

6.2.3. Autre activités

La wilaya de Sétif, est une zone industrielle importante, avec un potentiel intéressant en
ressources minérales et thermo-minérales. Toutefois, la région compte un grand potentiel
touristique, avec de nombreux sites historiques, et paysages naturels (Djemila, d’Ain
Lahmèche Boutaleb, Ouled Teban, Megress et Babor.. (Ounas et al., ,2018)

Conclusion
La présentation de milieu d’étude, nous a permis d’identifier les atouts et les défis, qui
caractérisent notre région d’étude , elle nous a permis ainsi, de mieux connaitre les
caractéristiques de la wilaya de Sétif, sur plusieurs plans et aspects, et elle a révélé la richesse
de la région en potentiel floristique, et l’importance du potentiel social et économique qu’elle
dispose.

64
CHAPITRE III : Matériel et Méthodes
CHAPITRE III Matériel et Méthodes

1. Objectif de l’étude
L’objectif principal de notre étude, se rapporte à une contribution à la connaissance des
espèces de la famille de légumineuses, sur deux plans : floristique et ethnobotanique ; en vue
d’une conservation, une valorisation, et d’une gestion durable, de cette ressource naturelle.
De ce fait, notre recherche s’appuie sur deux axes :
- Le premier axe, correspond à une analyse floristique, à travers un inventaire des
légumineuses, au niveau des stations d’étude (djebel Megress, et la forêt de Boutaleb), et
une contribution à la connaissance de ces espèces sur les aspects : chorologie, types
biologiques, morphologie et composition systématique.
- Le deuxième axe de l’étude, vise à faire ressortir l’importance socio-économique des
légumineuses. Il s’articule, autour de deux points : le premier point, en rapport avec la flore
de légumineuse recensée, au niveau du secteur d’étude, il vise à révéler leurs intérêts et
importances. Le deuxième point, cherche à valoriser, une espèce de légumineuse, il s’agit
de Ceratonia siliqua L. et contribuer à sa gestion durable, à travers une enquête
ethnobotanique, menée au Nord de la wilaya de Sétif (où la présence naturelle de l’espèce,
a été renseignée), et qui vise à dégager son importance socio- économique, au profit de la
population locale.

2. Inventaire floristique des légumineuses


2.1. Échantillonnage

Conformément aux principes d'échantillonnage : le hasard, la représentativité et


l'homogénéité (Gounot, 1969), une approche d'échantillonnage, qui combine les méthodes
systématiques et subjectives, a été mise en place, à la forêt de Boutaleb. L’échantillonnage
subjectif, est préconisé dans le cas d’hétérogénéité des formations végétales (Gounot, 1969).

La carte de végétation du massif forestier de Boutaleb (Fig 43 ), a été la base de


référence pour cette étape, ainsi que des prospections de terrain. Ce qui nous a permis
d’identifier, les unités de végétation, et les sites d’étude, et de localiser l’emplacement des
relevés sur le terrain, en fonction de l’homogénéité floristique et écologique.

Les coordonnées géographiques, des principaux sites d’échantillonnage à la forêt de


Boutaleb, sont représenté sur le tableau 16 :

65
CHAPITRE III Matériel et Méthodes

Tableau 16 : Localisation de sites d’échantillonnage au massif de Boutaleb

Localisation géographiques
Lieu dit Longitude Latitude Altitude (m)
Hamma1 5°21’ 45.72’’ E 35°43’48.72’’ N 1200
Djebel Afghan1 5°19’49.97’’E 35°43’.43.32’’N 1765
Djebel Afghan2 5°20’32.67’’ E 35°.43’48.97’’ N 1500
Ain Ské 5°13’21.96’’E 35°44’62.01’’N 1400
Arras 5°15’01.01’’E 35°43’59.92’’N 1100

Cependant, au niveau de djebel Megress, qui représente un écosystème montagneux


dépourvu de strate arborescente, un échantillonnage aléatoire a été privilégié, où la
désignation, et la localisation de parcelles à inventoriées, ayant la même probabilité de faire
partie de l’échantillon, se feraient indépendamment les uns des autres (Glèlè et al.,2016).
Il convient de souligner, que les sites d’échantillonnage, ont été géo référencées, grâce
à un système de positionnement global (GPS), utilisant une projection WGS 1984 UTM zone
31N, et le logiciel de traitement utilisé, était Arc Gis 10.4.1.
Les cartes thématiques élaborées (Hypsométrique, pente et exposition) ont été utilisées
comme support de travail (superposées sur la carte de localisation des relevés).

2.2. Réalisation des relevés


Selon Dajoz (1985), le processus d'un inventaire floristique, consiste à réaliser des
relevés de la flore, à différents niveaux taxonomiques, y compris la classe, la famille et
l'ordre. Cet inventaire peut être exhaustif, ou plus focalisé à quelques espèces choisies (Glèlè
et al., 2016), et c’est le cas de notre travail, où les légumineuses, ont fait l’objet d’un
inventaire spécifique.
Nous avons concentré notre inventaire floristique, sur les espèces de la famille des
légumineuses, et nous avons effectué des relevés floristiques.
Pour la forêt de Boutaleb, nous avons utilisé la méthode de Braun-Blanquet (1951), qui
détermine une surface minimale appelée "aire minimale", pour représenter la quasi-totalité
des espèces végétales d'une communauté végétale (Gounot,1969).
Dans les régions méditerranéennes, l'aire minimale pour les groupements forestiers,
varie de 100 m2 à 400 m2, et pour les matorrals, elle est de 50 m2 à 100m2 ; et pour les prairies
et les pelouses et d’ermes elle est de 20 m2 à 50 m2 (Benabid, 1984 ; Médail, 1996).

66
CHAPITRE III Matériel et Méthodes

Pour djebel Megress, nous avons utilisé la méthode de Braun-Blanquet, combinée avec
la méthode de points quadrat, qui consiste à tracer un carré d'un mètre, dans la parcelle à
inventorier, et à quantifier chaque espèce présente dans le carré, en termes de pourcentage de
recouvrement.
Chaque relevé floristique, réalisé au niveau de deux stations d’études (Forêt de Boutaleb
et djebel Megress), a été accompagné, par des paramètres écologiques, telles que : les
coordonnées géographiques, la topographie (pente, exposition), l’altitude, et le taux de
recouvrement de la végétation sur le terrain.
L'étude, suscite la réalisation de relevés de la végétation pendant la période printanière
(la période optimale), où la majorité des espèces végétales, arrivent à maturité (Wolfgang et
Dieter, 2010). De ce fait, l’échantillonnage a été effectué entre Mars et Juin des années 2021
et 2022.

2.3. Détermination des taxons

L’identification des espèces de légumineuses recensées, a été réalisée en se référant à la


Nouvelle flore de l'Algérie de Quezel et Santa (1962 et 1963).
Cependant, la nomenclature a été mise à jour, à partir de la base de données de l’index
synonymique de la flore d’Afrique du Nord (Dobignard et Chatelain, 2012). (Le symbole =
est employé pour désigner la nomenclature Quezel et Santa, 1962).
La consultation de l’herbier de ‘ ENSA’ d’El harrach, nous a également aidé dans cette
étape, vu la richesse de cet herbier historique.

2.4. Réalisation d’un herbier


Un herbier a été créé, à partir de spécimens de légumineuses collectés, lors des sorties
de terrain, et une collection de photographies a été conçue. L’herbier a été fait en plaçant les
échantillons dans un papier journal, pour les sécher, puis les presser (en les insérant entre les
pages d’un livre), suivi du placement d'une étiquette, indiquant le nom scientifique, la date et
l'endroit de récolte.
2.5. Caractère analytique
Les espèces de légumineuses, présentes dans chacun des relevés, sont affectées de deux
coefficients, le premier exprimant leur abondance-dominance, le second leur sociabilité.
Le coefficient « abondance-dominance », prend en considération la liaison existante
entre le nombre d’individus d’une espèce (abondance), et son recouvrement en surface
(dominance) (Géhu, 2006). L’échelle de Braun- Blanquet (1951) varie entre 5 et r (Lacoste et
Salanon, 2001).

67
CHAPITRE III Matériel et Méthodes

5: 75-100%
4 : 50-75%
3 :25-50%
2 : 5-25%
1 : < 5%
+ : Peu abondant
r : Espèce rare
i : 1 individu
Le coefficient de sociabilité, sert à décrire l’aptitude d’une plante, à se regrouper en
peuplements, plus ou moins étendus et denses (Géhu, 2006). L’échelle de Gillet (2000) est
retenue pour exprimer ce coefficient :
1 : Individus isolé
2 : Individus en groupes restreints, touffes, bouquets
3 : Groupes étendus, nappes, bosquets
4 : Petites colonies, ou tapis important
5 : Peuplement dense

2.6. Analyse numérique de la flore de légumineuses (ACC)


Pour l'analyse numérique de la flore de Fabaceae, une démarche de statistique
descriptive, avec multiples dimensions, a été mise en place. Ce type d'analyse, permet de
comprendre et d’explorer les relations entre plusieurs variables, en utilisant des techniques de
réduction de données, qui transforment un tableau à n lignes (espèces), en un tableau
« relevé/espèce », pour l’étude de gradient (Zedam, 2015).
Les caractères quantitatifs ou qualitatifs, sont fréquemment utilisés, pour analyser les
relations espèces-milieu (Lebreton et al., 1988), d’autant plus, que l’étude des schémas de
distribution, de la diversité des espèces, est capitale, dans le processus de conservation de la
biodiversité (Liu, 2017).
L'analyse Canonique des Correspondances (ACC), est l’une des méthodes d’analyse de
ce type de relation, qui traite un ensemble de données avec n relevés écologiques, et p
mesures de variables environnementales (Ter Braak, 1995).
L’ACC, a été utilisé dans cette étude, pour comparer la distribution des espèces de
Fabaceae (codées en présence – absence), avec des variables environnementales, telles que :
l'exposition, l’altitude, la pente et le recouvrement. Le nuage produit par l’ACC, permet de
visualiser le pourcentage explicatif, d’une variable sur une autre (Ter Braak 1995).

68
CHAPITRE III Matériel et Méthodes

Cette analyse a été effectuée à l’aide du tableur Excel 2016, et en utilisant le logiciel
Past (Paléontological Statistics) version 3.22 (1999-2018).

3. Étude ethnobotanique
Dans ce volet d’étude, nous cherchons à montrer l’importance socio-économique des
légumineuses, de la région de Sétif.
Deux points s’articulent autours de ce volet d’étude :
- Le premier, concerne les espèces de légumineuses recensées, au niveau des stations
d’étude (le massif forestier de Boutaleb et Djebel Megress), et vise à montrer l’importance,
et la connaissance détenue par les populations riveraines, autours de ces espèces.
- Le deuxième point, vise à mettre l’accent, sur l’utilité et l’importance socio-économique,
d’une espèce de légumineuse : Ceratonia siliqua L. pour les populations locales, au Nord de
la wilaya de Sétif.
L'ethnobotanique, est une science multidisciplinaire, qui étudie les relations d'une
société avec son environnement, qu'il s'agisse de relations sociales, culturelles ou
commerciales (Aumeeruddy et al., 2003).
Les communautés locales, détiennent des informations ethnobotaniques, sur les
ressources végétales, dont elles disposent, comprenant : l’utilisation, l'identification, et la
répartition dans l’écosystème (Eyzaguirre, 1995). En faisant référence à ces informations, et
aux appréciations personnelles des enquêtés, la recherche ethnobotanique, permet de
comprendre l'importance accordée, à l'utilisation des espèces végétales, ainsi que les menaces
qui affectent leur survie (Lougbegnon et al., 2011).

3.1. Importance socio-économiques des légumineuses recensées

La liste des espèces de légumineuses recensées, a été utilisée comme base de données,
pour déterminer leurs rôles socio-économiques. Pour cet objectif, la collecte d’informations, à
partir de deux sources : primaire et secondaire, a été menée.
Les données primaires, seront dérivées à partir d’un guide d’entretient, conçu pour
l'étude (Annexe 03), et appliqué à une quarantaine d’informateurs clés, tels que : les riverains,
les agriculteurs, les bergers, le personnels forestiers, les herboristes.

Les données secondaires, seront obtenues à partir de la recherche bibliographique, sur


les travaux de synthèse, portants sur la famille des légumineuses (en Algérie, et dans le
monde) ; ce qui permet d’enrichir et clarifier les informations à rechercher.

69
CHAPITRE III Matériel et Méthodes

Les informateurs clés, possèdent un savoir traditionnel sur les plantes, du fait de leurs
utilisations ancestrales, et de leurs activités, qui les mettent constamment en contact avec la
flore spontanée (Okafor, 1999). Un herbier portable, a été utilisée avec le guide d’entretient,
ce dernier comprend des questions relatives, aux espèces de légumineuses, y compris, leur
nom vernaculaire, et leurs différents usages.

Les informations ont été recueillies, durant les mois, Mars au Juillet, des années 2021-
2022, aux alentours des stations d’études (Forêt de Boutaleb et djebel Megress), ainsi que
quelques communes à proximité (Ain Oulmen, Boutaleb, Ain Abessa), où on a noté la
présence des informateurs clés tels que : les herboristes, les agriculteurs, le personnel forestier
(Fig 48).

Figure 48 : Carte représentative des localités de l’entretient (Djebel Boutaleb, Djebel


Megress, Ain Oulmen, Ain Abessa, Boutaleb)
Les informations recueillis, d’ordre qualitatives, ont été analysées à la lumière des
données de la littérature, et sur la base des réponses des enquêtés.

70
CHAPITRE III Matériel et Méthodes

3.2. Importance socioéconomique et valorisation de Ceratonia siliqua L.

La valorisation des ressources naturelles d’une région, passe essentiellement par la


documentation de leurs utilisations, et la perception locale de celles-ci (Djaha et al., 2014).
En abordant, l’importance socio économique des légumineuses, de la région de Sétif,
une attention particulière fut donnée à l’arbre de caroubier (Ceratonia siliqua L.), qui a fait
l’objet d’une enquête ethnobotanique, visant à documenter ses utilités et son importance
socio-économique, au profit de la population locale de la région de Sétif, et déterminer la
perception locale, sur les facteurs de menace sur sa survie ; ce qui contribue à la valorisation,
et à la gestion durable, de cette ressource végétale .

Le choix de Ceratonia siliqua L. est justifié par son statut polyvalent, c’est un exemple
intéressant d’espèce à usage multiple (Benmahioul et al., 2011), et par la bonne connaissance,
que détienne la population locale sur cette espèce, chose qui a été confirmée suite à une pré-
enquête, établie auprès de la population cible.

3.2.1. Choix du secteur d’enquête

L'étude, a été menée dans la partie Nord de la wilaya de Sétif (la présence de l’espèce
cible a été renseignée), où six communes ont fait l'objet d'enquête ethnobotanique. Il s'agit des
communes suivantes : Tizi N'Bechar, Babor, Oued el Bared, Bouandas, M'zada et Bousselam
(Fig 49).

Figure 49 : Carte de localisation des communes investies pour l’enquête ethnobotanique


(Tizi N'Bechar, Babor, Oued el Bared, Bouandas, M’zada, Bousselam)

71
CHAPITRE III Matériel et Méthodes

3.2.2. Échantillonnage et collecte des données


Les données, ont été collectées à l’aide d’une enquête ethnobotanique, auprès 180
personnes, avec une technique d’échantillonnage, aléatoire et stratifié (stratifié probabiliste),
citée par Kaderi et al (2018), qui consiste à diviser la zone d’étude, en différentes strates,
représentés ici par les 6 communes, et y associer le même nombre d’enquêtés (30)
(Tableau 17).

Tableau 17 : Répartition des fiches de questionnaire en fonction des communes

Noms de commune Nombre de fiche d’enquête


Bouandas 30
Bousselam 30
Babor 30
M’zada 30
Tizi Nebchar 30
Oued elbared 30
Région d’étude 180

L’enquête, a été menée à l’aide d’un questionnaire semi- structuré (Annexe 04), qui a
été développé lors de la pré-enquête, et sur la base d’autre études (Hap, 1990 ; Malon, 2016).
Le questionnaire, est un outil de travail, qui permet la collecte de données, sur
l’importance des plantes, afin de les traiter de manière cohérente (Bellakhder, 2008).
Les données, ont été recueillies entre la période 2020 - 2022, elles concernent :
- Le profil sociodémographique de l’enquêté (âge, sexe, niveau d’éducation)
- Les différentes catégories d’usages de : Ceratonia siliqua L.
- La partie utilisée et le mode d’usage dans chaque catégorie
- Les maladies traitées et la forme d’emploi
- La disponibilité de l’espèce et les facteurs de menaces

L’enquête, a été conduite auprès des herboristes, des agriculteurs, des fonctionnaires,
des femmes au foyer, et diverses personnes de la société civile. La connaissance de Ceratonia
siliqua L. et ses usages, était le critère de choix des enquêtés.

3.2.3. Traitement des données


Les enquêtés, ont été réparties suivant le sexe, la classe d’âge et le niveau d’instruction.
L’indice ethnobotanique utilisé dans cette étude est :

72
CHAPITRE III Matériel et Méthodes

- Fréquence relative de citation (FC)


Exprimée en pourcentage (%), cet indice permet une évaluation du niveau de
connaissance sur l’espèce cible, donnée par la formule de Dossou et al., (2012).

x100


n : le nombre de personne ayant fourni l’information
N : le nombre total des informateurs

Le test d’indépendance de Chi-deux, est calculé pour verifier la relation de dépendance,


entre les fréquences de citation et les caractéristiques sociodémographiques (sexe, et âge,
niveau d’instruction).

Les données recueillies, ont été saisies et traitées à l’aide des logiciels : Excel version
2016, et SPSS Statistical Package for Social Sciences (SPSS Version 19).

73
CHAPITRE IV : Résultats et Discussion
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

1. Analyse floristique
L’inventaire floristique des légumineuses, au niveau des écosystèmes du Sétifois, qui se
caractérisent par une flore, remarquable, riche et variée (Missaoui, 2021), spécialement au
niveau de la forêt de Boutaleb, et djebel Megress, constitue une approche permettant de
fournir des informations précieuses, sur la diversité, la répartition, et les caractéristiques
taxonomiques, des espèces de cette famille botanique, ce qui va contribuer à leur
conservation.

1.1. Les légumineuses recensées à la forêt de Boutaleb

Le massif forestier de Boutaleb, recèle une flore riche et diversifiée, avec un nombre
appréciable en espèces, et une originalité dans la composition floristique (Sedjar, 2012).
La liste des espèces de légumineuses, recensées au niveau de la forêt de Boutaleb, est
représentée sur le tableau 18.

Tableau 18: La richesse spécifique des légumineuses au niveau de la forêt de Boutaleb

Espèce/sous espèce Genre


Anthyllis vulneraria subsp. maura (Beck) Maire Anthyllis
Astragalus armatus Willd.
Astragalus hamosus L.
Astragalus
Astragalus monspessulanus L.
Astragalus echinatus Murray = Astragalus pentaglottis L.
Astragalus sesameus L .
Calicotome spinosa (L.) Link Calicotome
Colutea atlantica Browicz = Colutea arborescens L. Colutea
Coronilla scorpioides (L.) W.D.J. Koch
Coronilla
Coronilla minima L.
Ebenus pinnata L. Ebenus
Genista microcephala Coss & Durieu
Genista
Genista tricuspidata ssp. eu tricuspidata
Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu Hedysarum
Hippocrepis cyclocarpa Murb.=
Hippocrepis multisiliquosa L. Hippocrepis
Hippocrepis atlantica Ball.=Hippocrepis scabra D.C.
Argyrolobium zanonii (Turra) [Link] = Argyrolobium
Lotophyllus argenteus (L.) Link.
Lotus corniculatus L.
Lotus
Lotus creticus L.

74
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Lotus ornithopodioides L.

Medicago ciliaris Krock


Medicago polymorpha L.= Medicago hispida Gaertn
Medicago murex Willd.
Medicago minima (L.) L.= Medicago minima Grufb. Medicago

Medicago orbicularis (L.) Bartal .

Medicago sativa L.
Melilotus indicus (L.) All. Melilotus
Ononis natrix L. Ononis
Retama raetam (Forssk) Webb. = Retama retam Webb
Retama
Retama sphaerocarpa (L.) Boiss.
Scorpiurus vermiculatus L . Scorpiurus
Trifolium campestre Schreb.
Trifolium
Trifolium stellatum L.

D’après le tableau 18, nous constatons la présence de 33 espèces et sous espèces, de

légumineuses, réparties en 17 genres, sur les 20 relevés floristiques réalisés au niveau de la

forêt de Boutaleb.

Cette richesse, est inférieure à celle notée par l’étude floristique de Sedjar (2012), au
niveau de la même station d’étude, où il a été signalé la présence de 42 espèces et sous
espèces de légumineuses, réparties en 19 genres.

Cette différence peut être expliquée, par la dynamique régressive du couvert végétal,
qu’a connu la forêt de Boutaleb cette dernière décennie (Bouchelouche et al., 2022),
engendrant une diminution du couvert végétal, et une déperdition de nombreuses espèces, y
compris celles appartenant à la famille de légumineuses.

Les genres de légumineuses rencontrés au niveau de la forêt de Boutaleb, sont

représentés sur le tableau 19, et la Fig.50.

75
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Tableau 19: Richesse générique des légumineuses identifiées à la forêt de Boutaleb

Genre Nombre d’espèce Représentation %


Medicago 6 18.18%
Astragalus 5 15.15%
Lotus 3 9.09%
Trifolium 2 6.06%
Retama 2 6.06%
Coronilla 2 6.06%

Genista 2 6.06%
Hippocrepis 2 6.06%
Calicotome 1 3.03%
Ebenus 1 3.03%

Hedysarum 1 3.03%
Colutea 1 3.03%

Scorpiurus 1 3.03%
Ononis 1 3.03%
Melilotus 1 3.03%
Argyrolobium 1 3.03%
Anthyllis 1 3.03%
Total 33 100%

D’après le tableau 19, les genres de légumineuses recensés au niveau du massif de


Boutaleb sont de l’ordre de 17, dont les plus dominants sont : Medicago et Astragalus, avec
une représentation de 18.18% et 15.15% respectivement.

En effet, le genre Medicago, est représenté par 6 espèces, suivi par le genre Astragalus,
représenté avec 5 espèces, de l’ensemble des espèces de légumineuses inventoriées. Le genre
Lotus, est représenté par 3 espèces, soit une représentation de 9.09% ; tandis que les genres :
Trifolium, Retama, Coronilla, Hippocrepis et Genista ; sont représentés par deux espèces
chacun, soit un pourcentage de 6.06% chacun.

Les autres genres : Calicotome, Ebenus, Hedysarum, Colutea, Hippocrepis, Scorpiurus,


Ononis, Melilotus, Argyrolobium, Anthyllis ; sont représentés par une espèce chacun, soit un
pourcentage de 3.03% chacun.

76
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

La famille de légumineuses est parmi les premières familles qui constituent la flore du
massif forestier de Boutaleb (Sedjar, 2012).

3,03% Medicago Astragalus


3,03% 3,03% 3,03%
Lotus Trifolium
3,03%
18,18% Retama Coronilla
3,03%
3,03% Genista Hippocrepis
3,03% Scorpiurus Ononis
3,03% 15,15%
Melilotus Argyrolobium
6,06%
Hedysarum Ebenus
9,09%
Colutea Calicotome
6,06%
Anthyllis
6,06% 6,06% 6,06%

Figure 50: Représentation des genres de légumineuses recensés à la forêt de Boutaleb

1.2. Les légumineuses recensées au niveau djebel Megress

Au niveau djebel Megress, la liste des taxons de légumineuses recensées, est résumée
dans le tableau 20.

Tableau 20 : La Richesse spécifique des légumineuses recensées au niveau djebel Megress

Espèce Genre
Tripodion tetraphyllum (L.) Fourr = Anthyllis tetraphylla L.
Anthyllis vulneraria L. Anthyllis
Calicotome spinosa (L.) Link Calicotome
Lotus corniculatus L.
Lotus edulis L. Lotus

Lotus ornithopodioides L.
Medicago polymorpha L.= Medicago hispida Gaertn Medicago
Medicago orbicularis (L.) Bartal.
Trifolium angustifolium L.
Trifolium arvense L.
Trifolium campestre Schreb.
Trifolium cherleri L.
Trifolium fragiferum L.
Trifolium glomeratum L. Trifolium

Trifolium lappaceum L.

77
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Trifolium leucanthum [Link].


Trifolium ochroleucum Huds.
Trifolium pratense L.
Trifolium resupinatum L.
Trifolium repens L.
Trifolium stellatum L.
Trifolium strictum L. = Trifolium laevigatum Poiret
Trifolium striatum L.
Trifolium tomentosum L.
Vicia sativa L. Vicia

D’après le tableau 20, les espèces de légumineuses inventoriées au niveau djebel


Megress, sont d’ordre de 25 espèces, cette richesse avoisine celle recensée par Boulaacheb
(2009) lors de son étude sur la végétation au djebel Megress, où il a été noté la présence de 32
espèces de légumineuses. Sur la même étude, il a été noté la contribution considérable de cette
famille de plante dans le cortège floristique y existant.

La richesse générique des légumineuses recensées au niveau de djebel Megress, est


représentée sur le tableau 21 et la Fig. 51.

Tableau 21 : La richesse générique des légumineuses rencontrées au niveau djebel Megress

Genre Espèce Représentation %


Trifolium 16 64%
Lotus 3 12%
Medicago 2 8%
Anthyllis 2 8%
Calicotome 1 4%
Vicia 1 4%
Total 25 100 %

78
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

4% 4% Trifolium

8% Lotus

8% Medicago

12% Anthyllis
64%
Calicotome

Vicia

Figure 51 : Représentation de différents genres de légumineuses recensées au djebel Megress

La flore de légumineuses, recensée au niveau de djebel Megress, est répartie en six (6)
genres ; dont le genre Trifolium, est le dominant, avec 16 espèces, soit un pourcentage de 64%
de l’ensemble des espèces de légumineuses inventoriées ; suivie par le genre Lotus, avec 3
espèces, soit une représentation de 12% ; puis les genres : Medicago et Anthyllis, avec 2
espèces chacun, soit une représentation de 8% chacun ; et en dernier les genres : Calicotome
et Vicia, avec une représentation de 4% (une espèce chacun) .

La prédominance de genre Trifolium, a été également constatée, lors de l’étude


floristique de Boulaacheb (2009), au niveau de djebel Megress, où le genre Trifolium, était
représenté, par 20 espèces, soit un pourcentage de 62.5%, de l’ensemble des légumineuse y
inventoriées.

1.3. Le bilan global des légumineuses inventoriées


Le catalogue total, des espèces de légumineuses inventoriées, dans les deux stations
d’étude : Forêt de Boutaleb et Djebel Megress, est représenté dans le tableau 22:

Tableau 22: Liste totale des légumineuses recensées au massif foretsier de Boutaleb et au
djebel Megress

Espèce / Sous espèce Genre


Anthyllis tetraphylla L.
Anthyllis vulneraria L. Anthyllis
Anthyllis vulneraria subsp. maura (Beck) Maire
Astragalus armatus Willd
Astragalus echinatus Murray
Astragalus hamosus L. Astragalus
Astragalus monspessulanus L.
Astragalus sesameus L.

79
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Calicotome spinosa (L.) Link Calicotome

Colutea atlantica Browicz Colutea


Coronilla scorpioides (L.) W.D.J. Coronilla
Coronilla minima L.
Ebenus pinnata L. Ebenus
Genista microcephala Coss & Durieu
Genista tricuspidata ssp . eu tricuspidata Genista
Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu. Hedysarum
Hippocrepis cyclocarpa Murb Hippocrepis

Hippocrepis atlantica Ball.


Argyrolobium zanonii (Turra) [Link] Argyrolobium
Lotus corniculatus L.
Lotus creticus L. Lotus
Lotus ornithopodioides L.
Lotus edulis L.
Medicago ciliaris Krock.
Medicago murex Willd.
Medicago minima (L.) L.
Medicago orbicularis (L.) Bartal . Medicago
Medicago polymorpha L.
Medicago sativa L.
Melilotus indicus (L.) All. Melilotus
Ononis natrix L. Ononis
Retama raetam (Forssk) Webb. Retama
Retama sphaerocarpa (L.) Boiss.
Scorpiurus vermiculatus L. Scorpiurus
Trifolium arvense L.
Trifolium fragiferum L.
Trifolium angustifolium L.
Trifolium campestre Schreb.
Trifolium cherleri L. Trifolium
Trifolium glomeratum L.
Trifolium lappaceum L.
Trifolium leucanthum [Link].
Trifolium ochroleucum Huds.

80
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Trifolium pratense L.
Trifolium repens L.
Trifolium resupinatum L.
Trifolium stellatum L. Trifolium
Trifolium striatum L.
Trifolium strictum L.
Trifolium tomentosum L.
Vicia sativa L. Vicia

D’après le tableau 22, nos stations d’étude, abrite une flore de légumineuses riche et
diversifiée, où 51 espèces et sous espèces, ont été inventoriées, réparties en 18 genres.
La richesse globale de légumineuses, au sein de la flore Algérienne, est estimée à 455
taxons, répartis en 67 genres (Dobignard et Châtelaine, 2012). De ce fait, la flore de
légumineuses, recensées lors de notre étude, représente 26.86% de la richesse générique de
cette famille de plante, et 10.98% de la richesse spécifique des légumineuses en Algérie.

Ce qui témoigne, de la richesse des légumineuses, au niveau de notre secteur d’étude, et


incite à poursuivre les recherches et les travaux d'inventaire, de cette famille botanique, ce qui
sera utile, à la gestion et à la préservation, de cette ressource végétale, dans cette région et
d’autres régions du pays.

La comparaison, entre la richesse spécifique des Fabaceae recensées, au niveau de la


forêt de Boutaleb, et djebel Megress, est représentée par la Fig. 52.

81
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Forêt de Boutaleb Djbele Megress


18
16
16

14
Nombre d'espéces

12

10

8
6
6 5

4 33
2 2 2 2 2 2 2
2 1 11 1 1 1 1 1 1 1 1
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0

Genres

Figure 52 : Histogramme de comparaison de la richesse spécifique des légumineuses


identifiées au niveau du massif de Boutaleb et djebel Megress

D’après la Fig.52, les taxons de légumineuses recensées, sont d’une variabilité


spécifique, et générique appréciable. Cette richesse, diffère entre les deux stations d’études,
où le genre Trifolium, est de loin, le genre le mieux représenté au niveau de djebel Megress,
tandis que les genres : Medicago et Astragalus, sont bien représentés à la forêt de Boutaleb.

La flore de légumineuses recensée, s’est révélée riche et diversifiée, ce qui indique la


richesse du patrimoine végétale, des écosystèmes du Sétifois, et peut être expliqué, par la
contribution importante de la famille de légumineuses, à la flore Algérienne (plus de 10%)
(Dobignard et Chatelain, 2012), et par leur capacité, d'adaptation, à des biotopes diversifiés
(Vasconcelos, 2020). Ce qui incite à une gestion durable et une conservation, de cette
ressource végétale.
Le tableau 23, présente le nombre de quelques taxons de légumineuses présentes en
Algérie, avec leur différents statuts (endémique, adventice, cultivé….) selon Dobignard et
châtelain (2012).

82
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Tableau 23 : Liste numérque de quelques taxons de légumineuses présentes en Algérie avec


leurs statuts (Dobingard et chatelain, 2012)

Genre Endémique Présence Naturalisé Adventice Éteint Cultivé Totale


incertaine

Ononis 09 - - - - - 53
Astragalus - 02 - - - - 47
Trifolium - - 02 01 03 - 45
Vicia 02 - 01 01 - - 39
Medicago - 01 01 - 02 01 25
Genista 06 - - - - - 20
Lotus - - - - - - 20
Melilotus - - - 01 - - 12
Hedysarum 02 - - - - - 11
Coronilla 01 - - - - - 10
Anthyllis 02 - - - - - 09
Hippocrepis - - - - - - 09
Argyrolobium - - - - - - 05
Retama - - - - - - 03

Le tableau 23, montre que les genres : Astragalus, Trifoium et Medicago, présentent un
nombre de taxons considérable, avec 47 espèces, 45 espèces, et 25 espèces respectivement.
Ces chiffres, justifient la richesse en nombre d’espèces rencontrées, lors de notre étude
floristique, où on a recensé 16 espèces de Trifolium, 5 espèces d’Astragalus et 7 espèces de
Medicago.

83
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

1.4. Les types Biologiques


Les types biologiques, servent d'indicateurs de stratégies d'adaptation, d'une plante à son
environnement. Ils reflètent fidèlement, les conditions écologiques, d'une zone particulière,
d’où leur rôle, dans la réponse des communautés, à diverses perturbations (Mahamane, 1997 ;
McIntyre et al., 1995).

La classification des types biologiques, développée par Raunkiaer (1934), s’appuie sur
la position des bourgeons hibernants, par rapport à la surface du sol, pendant la saison la plus
défavorable à la croissance.

Parmi les principaux types biologiques définis, on peut citer les catégories suivantes
(Fig.53) :
- Les Phanérophytes (PH) : (Phanéros = visible, phyte = plante)
Présentent des bourgeons pérennants, sur les tiges aériennes, à plus de 25cm du niveau
de sol, exposée aux extrêmes climatiques (Gharzouli, 2007). On peut les subdiviser en :
- Macro-phanérophytes : arbre de plus de 30 m d’hauteur
- Méso-phanérophytes : 10 m < Hauteur < 30 m
- Micro-phanérophytes : 2 m < Hauteur < 10 m
- Nano-phanérophytes : 0.5 m < Hauteur < 2 m

- Les Chamaephytes (CH) : (Chamae = à terre)


Les herbes vivaces et sous arbrisseaux, appartenant à ce groupe, présentent des
bourgeons pérennants, à moins 25 cm, au dessus du sol (Gharzouli, 2007).

- Les Hemi-cryptophytes (HE): (crypto = caché)


Ce sont des plantes herbacées, dont les bourgeons de rénovation, sont au ras du sol, et
l’appareil aérien est herbacé, et disparait au seuil de la mauvaise saison (Gharzouli, 2007).

- Les Géophytes (GE)


Ce sont des plantes vivaces, dont les bourgeons pérennes, sont enfouis dans le sol, dans
un bulbe, ou un rhizome (Rankiar, 1934 in Zeddam, 2015).
- Les Thérophytes (TH) (théros = été)
Ce sont des espèces, qui survivent, sous forme de graines, pendant la saison
défavorable. Elles complètent leur cycle de vie, en une saison (le printemps ou l’été) ou
quelques mois, et se retrouvent généralement, dans les climats méditerranéens steppiques, et
désertiques et dans les zones instables (Lacoste, 1975).

84
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Figure 53: Classification des types biologique de Raunkiaer (1934) (Raunkiaer, 1934 in
Nouar, 2020)

Les types biologiques, font l’objet de description distincte, et peuvent être reliés à
chaque espèce, pour établir le spectre biologique (Mahamane, 1997).

1.5. Types biologiques des légumineuses inventoriées

Les types biologiques de Raunkiaer (1934), ont été utilisés dans notre étude, ainsi que
nos observations réelles sur le terrain. Á partir des types biologiques, exprimés en nombre
d’espèce, on peut faire ressortir, le spectre biologique exprimé en pourcentage (Lahondère &
Bioret, 1997).

1.5.1. Types biologiques des légumineuses recensées à la forêt de Boutaleb


Les types biologiques, des légumineuses inventoriées au niveau du massif forestier de
Boutaleb sont représentés dans le tableau 24.

85
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Tableau 24 : Type biologique des légumineuses inventoriées à la forêt de Boutaleb

Type Biologique Espèce


Astragalus echinatus Murray
Astragalus hamosus L.
Astragalus sesameus L.
Coronilla scorpioides (L.) W.D.J. Koch
Hippocrepis cyclocarpa Murb.
Les Thérophytes Lotus ornithopodioides L.
Medicago ciliaris Krock
(Thé) Medicago murex Willd.
Medicago minima (L.) L.
Medicago orbicularis (L.) Bartal .
Medicago polymorpha L.
Melilotus indicus (L.) All.
Scorpiurus vermiculatus L.
Trifolium campestre Schreb.
Trifolium stellatum L.
Anthyllis vulneraria subsp. Maura (Beck) Maire
Astragalus monspessulanus L.
Les Hemi-cryptophytes Lotus corniculatus L.
Lotus creticus L.
(He) Medicago sativa L.
Hippocrepis atlantica Ball.
Astragalus armatus Willd
Les Chamaephytes Coronilla minima L.
Ebenus pinnata L.
(Ch) Hedysarum perrauderianum Coss. & Durieu
Ononis natrix L.
Argyrolobium zanonii (Turra) [Link]
Calicotome spinosa (L.) Link
Nano- Genista microcephala Coss & Durieu
phanérophytes
Les Genista tricuspidata ssp . eu tricuspidata
Phanérophytes (Nph)
Retama raetam (Forssk) Webb
(Ph)
Retama sphaerocarpa (L.) Boiss.
Phanérophytes Colutea atlantica Browicz

86
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Du tableau 24, on peut ressortir le nombre de taxons de légumineuses, dans chaque type
biologique.

Les thérophytes, sont les mieux représentés, avec 15 taxons : Astragalus echinatus
Murray , Astragalus hamosus L., Astragalus sesameus L. , Coronilla scorpioides (L.) W.D.J.
Koch , Hippocrepis cyclocarpa Murb., Lotus ornithopodioides L., Medicago ciliaris Krock,
Medicago murex Willd, Medicago minima (L.) L., Medicago orbicularis (L.) Bartal,
Medicago polymorpha L., Melilotus indicus (L.) All. , Scorpiurus vermiculatus L., Trifolium
campestre Schreb et Trifolium stellatum L.

Suivis par les phanérophytes, avec 7 espèces, dont six (6) sont des nano-phanérophytes :
Argyrolobium zanonii (Turra) [Link], Calicotome spinosa (L.) Link, Genista microcephala
Coss & Durieu, Genista tricuspidata [Link] tricuspidata, Retama raetam (Forssk) Webb
Retama sphaerocarpa (L.) Boiss, et un taxon phanérophyte : Colutea atlantica Browic.

Les Hemicryptophytes, sont également représentés avec 6 espéces: Anthyllis vulneraria


subsp. maura (Beck) Maire, Astragalus monspessulanus L. , Lotus corniculatus L. , Lotus
creticus L. , Medicago sativa L. , Hippocrepis atlantica Ball .

Le spectre biologique, des légumineuses inventoriées à la forêt de Boutaleb, est


représenté par la Fig. 54.

15,15% Les Thérophytes

45,45% Les Phanérophytes


18,18%

21,21% Les Hemi-cryptophytes

Les Chamaephytes

Figure 54 : Spectre biologique des espèces de légumineuses recensées au niveau de la forêt


de Boutaleb

The > Ph> He>Ch


La synthèse globale, du spectre biologique, de la flore de légumineuses, recensée au
niveau de la forêt de Boutaleb, fait ressortir une dominance des thérophytes, avec un
pourcentage de 45.45%, suivies par les phanérophytes avec un pourcentage de 21.21%,

87
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

et les hemicryptophytes, viennent en troisième position, avec une représentation de 18.18% ,


et en dernier on trouve les Chamaephytes, avec un pourcentage de 15.15%.

Les thérophytes, sont représentées en masse dans cet inventaire, avec plus de 45% de
l’ensemble des espèces de légumineuses inventoriées.

Sedjar (2012) dans son étude sur la végétation à la forêt de Boutaleb, a signalé la
dominance des thérophytes, par rapport aux autres types biologiques, sur l’ensemble de la
flore y recensée.

En effet, la sécheresse et la dégradation du milieu, entraînent une augmentation de la


représentation des thérophytes, dans un milieu donné (Daget 1980 ; Grime 1974).

Ce qui peut indiquer, sur les perturbations du milieu, auxquelles est soumis le massif
forestier du Boutaleb (Surpâturage, Aridité….), chose qui a été constatée, lors des sorties de
terrain, où on a observé, des signes de perturbations, sur plusieurs sites, marqués surtout par
l’empreinte de l’homme, via l’activité pastorale importante, les délit de coupe, les incendies,
ainsi que l’aridité et la sécheresse ; ce qui est un mauvais signe, pour la diversité floristique,
de la forêt de Boutaleb, et en particulier, la flore de légumineuses. D’autant plus, que le
massif forestier de Boutaleb, diversement fragilisé, est caractérisé par une vulnérabilité
naturelle, à l’instar de la forêt méditerranéenne, et particulièrement la forêt algérienne
(Laouar, 2010) .

1.5.2. Types Biologiques des légumineuses inventoriées au djebel Megress


Les types biologiques, des légumineuses, inventoriées au niveau de djebel Megress,
sont représentés dans le tableau 25.

Tableau 25 : Type biologique des légumineuses recensées au niveau de djebel Megress

Type Biologique Espèce

Anthyllis tetraphylla L.
Medicago orbicularis (L.) Bartal.
Medicago polymorpha L.
Les Thérophytes Trifolium arvense L.
Trifolium angustifolium L.
(Thé) Trifolium campestre Schreb.
Trifolium cherleri L.

88
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Trifolium glomeratum L.
Trifolium lappaceum L.
Trifolium leucanthum [Link].
Trifolium resupinatum L.
Les Thérophytes Trifolium stellatum L.
Trifolium striatum L.
(Thé) Trifolium strictum L.
Trifolium tomentosum L.
Vicia sativa L.
Anthyllis vulneraria L.
Lotus corniculatus L.
Lotus edulis L.
Les Hemi-cryptophytes Lotus ornithopodioides L.
Trifolium fragiferum L.
(He) Trifolium ochroleucum Huds
Trifolium pratense L.
Trifolium repens L.
Les Phanérophytes Nano-
(Ph) phanérophytes
Calicotome spinosa (L.) Link
(Nph)

Le tableau 25, montre que les thérophytes, sont les mieux représentées, avec 16
espèces : Anthyllis tetraphylla L., Medicago orbicularis (L.), Medicago polymorpha L.,
Trifolium arvense L., Trifolium angustifolium L., Trifolium campestre Schreb. , Trifolium
cherleri L. , Trifolium glomeratum L., Trifolium lappaceum L.,Trifolium leucanthum [Link].,
Trifolium resupinatum L., Trifolium stellatum L., Trifolium striatum L., Trifolium strictum L.
Trifolium tomentosum L. et Vicia sativa L.

Ce sont, des plantes herbacées, souvent annuelles, constituant des prairies soumises à un
pâturage intense.
Les Hemicryptophytes, sont représentés avec 8 espèces : Anthyllis vulneraria L. - Lotus
corniculatus L. -Lotus edulis L. -Lotus ornithopodioides L. - Trifolium fragiferum L.
-Trifolium ochroleucum Huds. - Trifolium pratense L. et Trifolium repens L.
En dernier, les Phanérophytes, avec une espèce : Calicotome spinosa (L.) Link .

Le spectre biologique, est représenté par la Fig.55.

89
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

4%
Les Thérophytes
32%

64% Les Hemicryptophytes

Les Phanérophytes

Figure 55 : Spectre biologique des espèces de légumineuses recensées au djebel Megress

Th>He>Ph
L’analyse globale du spectre biologique, de la flore de légumineuses de djebel Megress,
montre une dominance des thérophytes, qui sont représentés par 64% de l’ensemble de
légumineuses inventoriées, suivi des Hemicryptophytes, avec une représentation de 32%, puis
par les phanérophytes (Nano-phanérophytes), qui sont représentés avec une espèce, soit un
pourcentage de 4%.
Boulaacheb (2009), lors de son étude floristique au niveau de djebel Megress, a noté la
bonne représentativité des thérophytes, par rapport à l’ensemble des type biologiques
observées, sur la flore globale y recensée.
La dominance de thérophytes, renseigne sur les perturbations du milieu (Daget, 1980),
auxquelles djebel Megress fait face, surtout d’ordre anthropiques, comme le surpâturage, où
on a signalé lors des sortie de terrain, une dégradation du couvert végétal, marquée par le
piétinement et le broutage ; ce qui témoigne de l’énorme charge pastorale, et risque de
dégrader cet espace naturel, déjà fragilisé et vulnérable ; encore plus que des études ont
montré que la pression pastorale, est au moins quatre fois supérieure aux capacités optimales
(Laouar,2010).

1.5.3. Analyse comparative du spectre biologique


La comparaison du spectre biologique, des espèces de légumineuses inventoriées, au
niveau de deux stations d’étude : djebel Megress et la forêt de Boutaleb, est représentée par
la Fig. 56.

90
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Djebel Megress Forêt de Boutaleb


70%
64%
60%

50% 45,45%

40%
32%
30%
21,21%
20% 18,18%
15,15%

10% 4,00%
0%
0%
Thérophyte Hémicryptophyte Phanérophyte Chamaephyte

Figure 56 : Histogramme de comparaison du spectre biologique des légumineuses identifiées


aux deux stations d’étude (le masif forestier de de Boutaleb et au djebel Megress)

La comparaison du spectre biologique, de la flore de légumineuses recensée, au niveau


de djebel Megress, et de la forêt de Boutaleb, montre que les thérophytes, sont mieux
représentées, au niveau de djebel Megress (64%), par rapport au massif de Boutaleb
(45.45%).

Le pourcentage élevé en thérophytes, représente une stratégie d’adaptation aux


conditions défavorables, et renseigne sur les perturbations du milieu (Daget, 1980).

En effet, la forêt de Boutaleb, est soumise à des pressions, et des perturbations d’ordre
naturelles et anthropiques, à savoir les incendies de forêts, le surpâturage et la sécheresse
(Madoui, 1999). Quant au djebel Megress, il n’est pas à l’abri de ces perturbations, où le
couvert végétal y existe, présente une dégradation marquée par une activité anthropique
intensive, notamment l’activité pastorale.
Les Hemicryptophytes, sont ainsi mieux représentés au niveau de djebel Megress (32%)
par rapport au massif de Boutaleb (18.18%). La réussite des Hemicryptophytes, est
étroitement liée, à la forte diversification (altitude, dispersion, etc.) (Verlaque et al., 2001) .

Les Chamaephytes, sont représentés par 15.15% des types biologiques, à la forêt de
Boutaleb. Cependant, ce type biologique est absent pour les légumineuses recensées, au
djebel Megress. Les chamaephytes, ont la capacité d’adaptation, à la sécheresse, et se
développent par le surpâturage (Le-Houérou, 1992).

91
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

En dernière position, viennent les phanérophytes, qui sont de loins mieux représentés au
massif forestier de Boutaleb (21.21%), par rapports au djebel Megress.

1.6. Élément chorologique

La Chorologie, a pour objectif, de définir les aires de répartition des espèces végétales,
sur la surface d’un territoire donné (Boughani et al., 2009), ce qui permet de comprendre
l'origine de la flore, à travers la diversité chorologique.

Les stratégies, de conservation de la biodiversité, s’appuient, sur les recherches


phytogéographiques (Quezel, 1991), qui sont le cadre, d’une bonne compréhension, des
phénomènes de régression (Olivier et al., 1995).

La flore d'Afrique du Nord, comme celle de tout le bassin méditerranéen, a des origines
variées, établies suivant plusieurs facteurs : des éléments d’origines méridionales, des
éléments autochtones (d'origine méditerranéenne et mésogène), et des éléments d'origine
septentrionale (Gharzouli, 2007).

Pour identifier les types phytogéographiques, de la flore de légumineuses inventoriée


dans notre région d’étude, nous avons utilisé, les types chorologiques définis par Quezel et
Santa (1962-1963), avec une mise à jour, à partir des données de l’index de Dobignard et
Châtelain (2012). Des ensembles chorologique ont été utilisés, principalement, suivant le
classement de Gharzouli (2007).

1.6.1. La chorologie des espèces de légumineuses inventoriées à la forêt de Boutaleb

Les types chorologiques, des légumineuses inventoriées au niveau de la forêt de


Boutaleb, sont représentés dans le tableau 26.

92
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Tableau 26 : La chorologie des légumineuses recensées à la forêt de Boutaleb

Élément chorologique Espèce


- Argyrolobium zanonii (Turra) [Link]
- Astragalus echinatus Murray
- Astragalus hamosus L.
- Colutea atlantica Browicz
- Coronilla scorpioides (L.) W.D.J. Koch
- Hippocrepis cyclacarpa Murb
- Lotus creticus L.
- Lotus ornithopodioides L.
Méditerranéen Méd - Medicago ciliaris Krock
- Medicago murex Willd.
- Medicago orbicularis (L.) Bartal .
- Medicago polymorpha L.
- Ononis natrix L.
- Scorpiurus vermiculatus L.
- Trifolium stellatum L.
W-Méd - Astragalus sesameus L.
- Calicotome spinosa (L.) Link
Ibero-Maur - Retama sphaeroca rpa (L.) Boiss
- Astragalus armatus Willd
Endémique End. N.A - Ebenus pinnata L.
- Genista microcephala Coss & Durieu
- Genista tricuspidata ssp . eu tricuspidata.
End - Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu
End .Alg .Mar. - Hippocrepis atlantica Ball.
Eur-As - Lotus corniculatus L.
Nordique
Paléo-Temp - Trifolium campestre Schreb.
Sub-Cosmo - Medicago sativa L.
Méd-As - Melilotus indicus (L.) All.
Large Sah-Sind - Retama raetam (Forssk) Webb
répartition
- Anthyllis vulneraria L.
Eur-Méd - Astragalus monspessulanus L.
- Coronilla minima L.
- Medicago minima (L.) L.

Le tableau 26, résume les différents ensembles chorologiques, des légumineuses


recensées au niveau de la forêt de Boutaleb.

93
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

L’ensemble méditerranéen, est le plus important avec 18 espèces, réparties en :


- 15 espèces Méditerranéennes strictes : Argyrolobium zanonii (Turra) [Link], Astragalus
echinatus Murray., Astragalus hamosus L., Colutea atlantica Browicz, Coronilla scorpioides
(L.) W.D.J. Koch , Hippocrepis cyclacarpa Murb , Lotus creticus L., Lotus ornithopodioides
L., Medicago ciliaris Krock, Medicago murex Willd., Medicago orbicularis (L.) , Medicago
polymorpha L., Ononis natrix L., Scorpiurus vermiculatus L. et Trifolium stellatum L.
- Deux (2) espèces Ouest méditerranéennes : Astragalus sesameus L. et Calicotome spinosa
(L.) Link.
- Une (1) espèce Ibéro Mauritanien : Retama sphaeroca rpa (L.) Boiss.

L’ensemble large répartition, est représenté avec 7 espèces, réparties en :


- Quatre (4) espèces Euro-méditerranéennes : Anthyllis vulneraria L., Astragalus
monspessulanus L., Coronilla minima L. et Medicago minima L .
- Une (1) espèce Sub-Cosmopolite : Medicago sativa L.
- Une (1) espèce Saharo-sindienne : Retama raetam (Forssk) Webb
- Une (1) espèce Méditerranéenne Asiatique : Melilotus indicus (L.) All.

L’ensemble endémique, est représenté avec 6 espèces, dont :


- Quatre (4) espèces, sont Endémique Nord Africain : Astragalus armatus Willd , Ebenus
pinnata L., Genista microcephala Coss & Durieu et Genista tricuspidata ssp. eu tricuspidata.
- Une (1) espèce endémique Algérienne : Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu
- Une (1) espèce endémique Algéro-Marocaine : Hippocrepis atlantica Ball.

L’ensemble nordique, vient en dernier avec 2 espèces : une espèce Eurasiatiques ( Lotus
corniculatus L.) , et une espèce Paléo-Tempérée (Trifolium campestre Schreb).

Le spectre chorologique, est représenté par la Fig.57.


3,03% 3,03% 3,03% 3,03% Méd
3,03% Eur-Méd
End N-A
3,03% W-Méd
3,03% 45,45% End-Alg-Mar
3,03% Eur-As
12,12% Paléo-Temp
6,06% Sub-Cosmo
12,12%
Méd-As
Sah- Sind
Ibéro-Maur
End

Figure 57: Spectre Chorologique des légumineuses recensées au niveau de la forêt de


Boutaleb
94
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

La Fig.57, montre une dominance de l’élément Méditerranéen (Méd), qui est représenté
par 45.45%, suivi par l’élément Endémique Nord Africaines (End N-A), et l’élément Euro-
Méditerranéenne (Eur-Méd), avec un pourcentage de 12.12% chacun. L’élément Ouest
méditerranéen (W-Med), est représenté avec 6.06%.

Les éléments : Eurasiatique (Eur-As), Endémique Algérienne (End), Saharo-Sindiens


(Sah-Sind), Paléotempéré (Paléo-Temp), Méditerranéen Asiatique (Méd-As), Endémique-
Algéro-Marocains (End Alg-Mar), Sub-cosmopolite (Sub-Cosm), Ibéro Mauritanien (Ibéro-
Maur), sont représentés par 3.03% chacun.

Le tableau 27, résume les ensembles chorologiques, de la flore de légumineuses


recensée au niveau de la forêt de Boutaleb.

Tableau 27 : Récapitulatif des ensembles chorologique des espèces de légumineuse de la


forêt de Boutaleb

Ensemble chorologique Nombre Pourcentage %


Méditerranéen
 Méd (Méditerranéennes) 15 45.45%
 Ibéro-Maur (Ibéro-Mauritaniennes) 1 3.03%
 W-Médi ( Ouest méditerranienen) 2 6.06%
Total 18 54.54 %
Endémique
 End .N.A (Endémique Nord Africaines) 4 12.12%
 End (Endémique) 1 3.03%
 End Alg. Mar 1 3.03%
Total 6 18.18%
Nordique
 Euras (Eurasiatique) 1 3.03%
 Paléo- Temp (Paléotempéré) 1 3.03%
Total 2 6.06%
Large répartition
 Sub -Cosmo (Sub cosmopolite) 1 3.03%
 Eur -Médit (Euro-méditerranéenne) 4 12.12%
 Sah -Sin (Saharo-sindienne) 1 3.03%
 Medi-As (Méditerranéenne asiatique) 1 3.03%
Total 7 21.21%

95
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

1.6.2. La chorologie des légumineuses recensées au djebel Megress


L’origine phytogéographique, des légumineuses inventoriées, au niveau de djebel
Megress, est représentée dans le tableau 28.

Tableau 28 : La chorologie des espèces de légumineuses de djebel Megress

Élément chorologique Espèce

- Anthyllis tetraphylla L.
- Anthyllis vulneraria L.
- Lotus edulis L.
- Lotus ornithopodioides L.
- Medicago orbicularis (L.) Bartal .
- Medicago polymorpha L.
Méditerranéenne Méd - Trifolium angustifolium L.
- Trifolium cherleri L.
- Trifolium lappaceum L.
- Trifolium leucanthum [Link].
- Trifolium resupinatum L.
- Trifolium stellatum L.
- Trifolium striatum L.
- Trifolium tomentosum L.
W-Méd - Calicotome spinosa (L.) Link
- Lotus corniculatus L.
Nordique Eur-As - Trifolium ochroleucum Huds.
- Trifolium pratense L.
Paléo- - Trifolium arvense L.
Temp - Trifolium campestre Schreb.
Circumbor - Trifolium repens L.
Eur-Méd. - Vicia sativa L.

Large Euras-Méd - Trifolium fragiferum L.


répartition Méd-Atl - Trifolium glomeratum L.
- Trifolium strictum L.

Le tableau 28, montre que l’ensemble méditerranéen, est le plus important avec 15
espèces, réparties en :
- 14 espèces Méditerranéennes strictes : Anthyllis tetraphylla L., Anthyllis vulneraria L.
Lotus edulis L., Lotus ornithopodioides L., Medicago orbicularis (L.) Bartal
Medicago polymorpha L., Trifolium angustifolium L., Trifolium cherleri L., Trifolium
lappaceum L., Trifolium leucanthum [Link]., Trifolium resupinatum L., Trifolium
stellatum L., Trifolium striatum L. et Trifolium tomentosum L.

96
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

- Une espèce Ouest méditerranéenne (W-Méd) : Calicotome spinosa (L.) Link.

Suivi par l’ensemble large répartition, avec 4 espèces, réparties en :


- Une espèce Euro Méditerranéenne : Vicia sativa L.
- Une espèce Eurasiatique Méditerranéenne : Trifolium fragiferum L.
- Deux espèces Méditerranéenne Atlantique : Trifolium glomeratum L. et Trifolium
strictum L.

L’ensemble Nordique, est représenté par 6 espèces, réparties en :


- Trois espèces Eurasiatique : Lotus corniculatus L., Trifolium ochroleucum Huds. et
Trifolium pratense L.
- Deux espèces Paléotempéré : Trifolium arvense L. et Trifolium campestre Schreb.
- Une espéce Circumbor : Trifolium repens L.

Le spectre chorologique, est représenté par la Fig.58.

12% 4%
Méd.
8% Eur-Méd.
4% Euras-Méd
56%
Méd-Atl
8% Circumbor
4% Paléo-Temp
4% Eur-As
W.Méd

Figure 58 : Spectre chorologique de légumineuses recensées au niveau de djebel Megress

La Fig.58, montre une dominance de l’élément Méditerranéen (Méd), qui est représenté
par 56 %, de l’ensemble de la flore de légumineuses.

L’élément Eurasiatique (Eur-As), vient en deuxième position, avec un pourcentage de


12%, de l’ensemble des légumineuse recensées, suivi par l’élément Paléotempéré (Paléo-
Temp), et Méditerranéenne atlantique (Méd-Atl), avec un pourcentage de 8% chacun ; et en
dernier les éléments : Ouest méditerranéen (W-Med), Circumbor, Eurasiatique Méditerranéen
(Euras-Méd), et Euro-méditerranéenne (Eur-Méd), avec un pourcentage de 4% chacun.
Un récapitulatif de l’analyse chorologique, de la flore de légumineuse inventoriée au
niveau de djebel Megress, est représenté par le tableau 29.

97
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Tableau 29 : Récapitulatif des ensembles chorologique des espèces de légumineuse de


djebel Megress

Ensemble chorologique Nombre Pourcentage %


Méditerranéenne
 Méd (Méditerranéennes) 14 56%
 W-Méd (Ouest - Méditerranéennes) 1 4%

Total 15 60 %
Nordique
 Euras (Eurasiatique) 3 12%
 Paléo- Temp (Paléotempéré) 2 8%
 Circumbor
1 4%
Total 6 24%
Large répartition
 Euras-Méd 1 4%
 Eur -Médit (Euro-méditerranéenne) 1 4%
 Med-Atl (Méditerranéenne atlantique)
2 8%
Total 4 16%

1.6.3. Analyse comparative de la chorologie


L’analyse comparative du spectre chorologique, de la flore de légumineuses recensée au
niveau des stations d’étude (le massif de Boutaleb et djebel Megress), est présentée sur la
Fig.59.

Massif de Boutaleb Djebel Megress


70%
60%
60% 54,54%

50%

40%

30% 24%
21,21% 18,18%
20% 16%
6,06%
10%
0%
0%
Méditerranéenne Large répartition Nordique Endemique

Figure 59 : Histogramme de comparaison de la chorologie des légumineuses recensée aux


deux stations d’étude (le massif forestier de Boutaleb et Djebel Megress)

98
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

D’après la Fig.59, une ressemblance dans les ensembles chorologique est notée, entre
les deux stations d’étude.
L’élément Méditerranéen, est l’ensemble le plus important, il est représenté par plus de
50% de la totalité des légumineuses inventoriées, au sein de chaque station d’étude (54.54%
au massif forestier de Boutaleb et 60% au djebel Megress). En effet, la majorité des
écosystèmes naturels d’Algérie, partagent la dominance de l'élément méditerranéen, tout
comme le reste du bassin méditerranéen (Quezel, 1991).
Les nordiques (septentrionales), sont bien représentées au niveau de djebel Megress
(24%), par rapport au massif de Boutaleb (8.82%).
L’ensemble large répartition, est mieux représenté à la station forêt de Boutaleb
(21.21%), par rapport au djebel Megress (16%). Les espèces appartenant à l’ensemble large
répartition, correspondent à des éléments de transition, entre l’ensemble méditerranéen, et les
ensembles chorologiques voisins.
L’ensemble endémique est important au niveau de la forêt de Boutaleb, où on a
enregistré la présence de 6 espèces de légumineuses endémiques au sens large. Cependant, on
n’a pas noté de taxon de légumineuse endémique, au niveau djebel Megress.
La diversité biogéographique, enregistrée au niveau de notre zone d’étude, revient à
son appartenance à la région méditerranéenne, caractérisée par une hétérogénéité des origines
de sa flore, et une importante variété biogéographique, dû essentiellement aux importants
changements climatiques, qu’a connue la région (Quezel, 1983 ; Zohary, 1971).

1.7. Rareté et espèces protégées


Parmi les taxons de légumineuses recensées, au niveau de deux stations d’études, on a
noté la présence d’une espèce protégée, figurante dans la liste Décret exécutif n°12-03 du
04/01/2012, publié par le gouvernement Algérien, qui fixe la liste des espèces végétales non
cultivées protégées, il s’agit de l’espèce : Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu, qui est
recensée au niveau de la forêt de Boutaleb.
Concernant la rareté des espèces de légumineuses recensées, selon la flore Quezel et
Santa (1962), on a enregistré lors de l’étude, 4 espèces de légumineuses à statut rares
(Tableau 30).

99
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Tableau 30 : Taxons de légumineuses Rares recensés au niveau des stations d’étude

Taxons Rareté
Trifolium leucanthum M.B RR
Trifolium pratense L. AR
Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu R
Trifolium strictum L. AR

Trois niveaux de rareté, sont enregistrés lors de l’inventaire des légumineuses, au massif
forestier de Boutaleb et au niveau de djebel Megress, il s’agit de (par ordre décroissant) :
Très Rare (RR), Rare (R), Assez Rare (AR).
Quatre espèces de légumineuses, à statut rares, sont identifiées, il s’agit de : Trifolium
leucanthum M.B (RR), Trifolium pratense L. (AR), Trifolium strictum L. (AR) (enregistrées
au niveau de djebel Megress) , et Hedysarum perrauderianum Coss. & Durieu (R), identifiée
au niveau de la forêt de Boutaleb.
1.8. Types morphologiques
La morphologie générale de l'espèce, figure parmi les critères de la classification des
espèces en types biologiques ; les espèces peuvent ainsi être regroupées en : espèces pérennes
(ligneuses ou herbacées), et espèces annuelles, ce qui constitue la phytomasse (Nouar, 2020).
Le type morphologique, des légumineuses recensés, lors de notre étude, a été déterminé
sur terrain, et à l’aide de l’ouvrage Quezel & Santa (1962) (Tableau 31).

Tableau 31 : Types morphologiques des légumineuses recensée au niveau de deux stations


d’étude (djebel Megress et le massif forestier de Boutaleb)

Espèces annuelles Espèces vivaces

Le massif forestier de Boutaleb

Astragalus echinatus Murray Anthyllis vulneraria subsp. maura (Beck) Maire

Astragalus hamosus L. Astragalus monspessulanus L.


Astragalus sesameus L. Coronilla minima L.

Coronilla scorpioides (L.) W.D.J. Koch Ebenus pinnata L.


Hippocrepis atlantica Ball.
Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu Lotus corniculatus L.
Hippocrepis cyclocarpa Murb. Lotus creticus L.
Lotus ornithopodioides L. Ononis natrix L.

Medicago ciliaris Krock Argyrolobium zanonii (Turra) [Link]

100
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Medicago murex Wild Astragalus armatus Willd


Medicago minima (L.) L. Calicotome spinosa (L.) Link
Medicago orbicularis (L.) Colutea atlantica Browicz
Medicago polymorpha L. Genista microcephala Coss & Durieu
Medicago sativa L. Genista tricuspidata ssp . eu tricuspidata.
Melilotus indicus (L.) All. Retama raetam (Forssk) Webb.
Scorpiurus vermiculatus L. Retama sphaerocarpa (L.) Boiss.
Trifolium campestre Schreb.

Trifolium stellatum L.
Djebel Megress

Anthyllis vulneraria L. Lotus corniculatus L.


Lotus ornithopodioides L. Lotus edulis L.
Medicago orbicularis (L.) Bartal . Trifolium fragiferum L.
Medicago polymorpha L. Trifolium ochroleucum Huds.
Trifolium arvense L. Trifolium pratense L.
Trifolium angustifolium L. Calicotome spinosa (L.) Link
Trifolium campestre Schreb.
Trifolium cherleri L.
Trifolium glomeratum L.
Trifolium lappaceum L.
Trifolium leucanthum [Link].
Trifolium repens L.
Trifolium resupinatum L.
Trifolium stellattum L.
Trifolium striatum L.
Trifolium strictum L.
Trifolium tomentosum L.
Tripodion tetraphyllum (L.) Fourr
Vicia sativa L.

Il ressort du tableau 31, que les espèces de légumineuses recensées, au niveau de deux
stations d’étude (Forêt de Boutaleb et djebel Megress), sont d’un point de vue morphologique
marquées par l’hétérogénéité, entre les espèces annuelles et les espèces vivaces, (avec une
dominance des annuelles).

101
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Elles se répartissent, en deux types morphologiques. Cependant, la présence de


légumineuses herbacées, est souvent considérée comme un indice de qualité de milieu (Doré,
2000).

Au niveau de la forêt Boutaleb, les légumineuses sont principalement des espèces


annuelles, représentés par 17 espèces : Astragalus echinatus Murray, Astragalus hamosus L.
Astragalus sesameus L., Astragalus sesameus L., Coronilla scorpioides (L.) W.D.J. Koch
Hedysarum perrauderianum Coss. & Durieu, Hippocrepis cyclocarpa Murb., Lotus
ornithopodioides L., Medicago ciliaris Krock, Medicago murex Wildd, Medicago minima
(L.) L, Medicago orbicularis (L.) Bartal, Medicago polymorpha L., Medicago sativa L.,
Melilotus indicus (L.) All., Scorpiurus vermiculatus L., Trifolium campestre Schreb.
et Trifolium stellatum L.
Cependant, les légumineuses vivaces, sont représentées au niveau de la même station,
par 16 espèces : Anthyllis vulneraria subsp. maura (Beck) Maire, Astragalus monspessulanus
L., Coronilla minima L., Ebenus pinnata L., Hippocrepis atlantica Ball. Lotus corniculatus
L., Lotus creticus L. et Ononis natrix L. , Argyrolobium zanonii (Turra) [Link] , Astragalus
armatus Willd, Calicotome spinosa (L.) Link , Colutea atlantica Browicz, Genista
microcephala Coss & Durieu ,Genista tricuspidata ssp. eu tricuspidata, Retama raetam
(Forssk) Webb. et Retama sphaerocarpa (L.) Boiss.

Au niveau de djebel Megress, on a enregistré la présence de 19 espèces de légumineuses


annuelles : Anthyllis vulneraria L., Lotus ornithopodioides L., Medicago orbicularis (L.)
Bartal., Medicago polymorpha L., Trifolium arvense L., Trifolium angustifolium L., Trifolium
campestre Schreb, Trifolium cherleri L., Trifolium glomeratumL. Trifolium lappaceum L.,
Trifolium leucanthum [Link]., Trifolium repens L., Trifolium resupinatum L., Trifolium
stellattum L., Trifolium striatum L., Trifolium strictum L., Trifolium tomentosum L.,
Tripodion tetraphyllum (L.) Fourr et Vicia sativa L.

La même station d’étude, a connu la présence de 6 espèces de légumineuses vivaces :


Lotus corniculatus L., Lotus edulis L., Trifolium fragiferum L., Trifolium ochroleucum Huds.
Trifolium pratense L. et Calicotome spinosa (L.) Link.

102
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

La Fig. 60 présente le pourcentage de chaque type morphologique, déterminé au sein de la


flore de légumineuses du massif forestier de Boutaleb.

48,48% Espèces annuelles


51,51%

Espèces vivaces

Figure 60 : Représentation des types morphologiques des légumineuses identifiées au massif


forestier de Boutaleb
D’après la Fig. 60, les légumineuses annuelles sont représentées par 51.51 % de
l’ensemble des légumineuses recensées. Tandis que le groupe des vivaces, est représenté
avec 48.48% .

Au niveau de djebel Megress, le type morphologique de légumineuses y identifiées, est


représenté par la Fig. 61.

24%
Espèces annuelles

76%
Espèces vivaces

Figure 61 : Représentation des types morphologiques des légumineuses recensées au djebel


Megress

Les espèces annuelles, sont représentées par 76%, de l’ensemble des légumineuses
identifiées au djebel Megress, suivi par les espèces vivaces avec 24%.

103
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Un rapport élevé, est enregistré entre les annuelles et les vivaces, plus ce taux est élevé,
plus la pression exercée sur les ressources est importante (Jauffret, 2001), ce qui témoigne des
perturbations causées par l’activité humaine, notamment l’activité pastorale au niveau de
djebel Megress.

La Fig. 62, montre la comparaison de type morphologique, de légumineuses recensées


au niveau de djebel Megress, et au niveau de la forêt de Boutaleb.

Forêt de Boutaleb Djebel Megress


80% 76%

70%

60%
51,51%
48,48%
50%

40%

30%
24%

20%

10%

0%
Espèces annuelles Espèces vivaces

Figure 62 : Histogramme de comparaison de type morphologique des légumineuses de deux


stations d’étude (Djebel Megress et le massif forestier de Boutaleb)

Les espèces annuelles, sont majoritaires pour les deux stations d’études. Cependant les
légumineuses de djebel Megress, sont mieux représentées avec ce type de morphologie (76%)
par rapport le massif forestier de Boutaleb (51.51%).

L’invasion des espèces annuelles à cycle de vie court, est favorisée par les pressions
anthropiques (Bindelle et al., 2013), et révèle une perturbation, et une régression de milieu,
causées par de multiples facteurs, tels que : l’aridité, les incendies, le surpâturage…
Face à ces conditions défavorables, les espèces annuelles avec un cycle de vie court,
développent des stratégies d’adaptation pour pouvoir y résister.
Les espèces vivaces, sont de loin, mieux représentés au niveau du massif forestier de
Boutaleb (48.48 %), par rapport au djebel Megress (24%), les besoins des ligneux vivaces,
sont plus importants en matiére hydriques et trophiques (Maamar et al., 2018).

104
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

1.9. Systématique des légumineuses recensées

Selon l’APG IV (2016), et selon les travaux de Lewis et al., (2005), toutes les espèces
de légumineuses inventoriées, au niveau de deux stations d’étude (Massif de Boutaleb et
djebel Megress), font partie de la sous famille des Faboideae (Papilionoideae), et se
répartissent entre six (6) tribus, à savoir :
- Fabeae, Galegeae, Genisteae, Hedysareae, Loteae et Trifolieae

La tribu, en biologie, est un rang taxonomique intermédiaire, entre la famille et le genre,


(Greuter et al., 2000). Le tableau 32, résume la classification phylogénétique des
légumineuses recensées.

Tableau 32 : Classification phylogénétique des légumineuses recensées (APG IV 2016,


Lewis et al., 2005)

Ordre : Fabale
Famille : Fabaceae
Sous Famille : Faboideae
Tribu Genre Espèce
Fabeae

Vicia Vicia sativa L.

Astragalus armatus Willd


Astragalus echinatus Murray
Galegeae

Astragalus Astragalus hamosus L.


Astragalus monspessulanus L.
Astragalus sesameus L.
Colutea Colutea atlantica Browicz.
Argyrolobium Argyrolobium zanonii (Turra) [Link]
Calicotome Calicotome spinosa (L.) Link
Genisteae

Genista microcephala Coss & Durieu


Genista
Genista tricuspidata ssp . eu tricuspidata.
Retama Retama raetam (Forssk) Webb.
Retama sphaerocarpa (L.) Boiss.
Ebenus Ebenus pinnata L.
Hedysareae

Hedysarum Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu

105
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Anthyllis tetraphylla L.
Anthyllis
Anthyllis vulneraria L.
Coronilla Coronilla scorpioides (L.) W.D.J. Koch
Coronilla minima L.
Hippocrepis Hippocrepis cyclocarpa Murb.
Loteae

Hippocrepis atlantica Ball


Lotus corniculatus L.
Lotus
Lotus creticus L.
Lotus ornithopodioides L.
Lotus edulis L.
Scorpiurus Scorpiurus vermiculatus L.
Medicago ciliaris Kroch
Medicago polymorpha L.
Medicago murex Willd.
Medicago Medicago minima (L.) L.
Medicago orbicularis (L.) Bartal .
Medicago sativa L.
Melilotus Melilotus indicus (L.) All

Ononis Ononis natrix L.


Trifolium arvense L.

Trifolium fragiferum L.
Trifolium angustifolium L.
Trifolieae

Trifolium campestre Schreb.


Trifolium cherleri L.
Trifolium glomeratum L.
Trifolium Trifolium lappaceum L.
Trifolium leucanthum [Link].
Trifolium ochroleucum Huds.
Trifolium pratense L.
Trifolium repens L.
Trifolium resupinatum L.
Trifolium stellatum L
Trifolium striatum L.
Trifolium strictum L.
Trifolium tomentosum L.

106
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Le tableau 32, présente la classification des légumineuses recensées, en tribus et en


genres. Il ressort de ce tableau, que la tribu des Trifoliea, est la plus importante en terme de
nombre d’espèces, et de genres, elle compte 24 espèces, réparties en quatre genres, à savoir :
Medicago, Melilotus, Trifolium, Ononis ; dont le genre Trifolium est le plus riche en espèces.
La tribu de Trifolieae, dans le monde, est distribuée dans les zones tempérées et
tempérées chaudes, elle forme une tribu, morphologiquement distincte, avec 6 genres et 485
espèces, dont plus de la moitié, appartiennent au genre Trifolium (Lewis et al., 2005).
La tribu Loteae, vient en deuxième position dans le classement de la flore de
légumineuses recensée, avec 10 espèces, regroupées en 5 genres: Anthyllis, Coronilla,
Hippocrepis, Lotus et Scorpiurus.
Suivie par la tribu des Galegeae, représentée avec 6 espèces, réparties entre deux genres
à savoir : Colutea et Astragalus.
La tribu des Genisteae, est représentée par 6 espèces, qui se répartissent au sein de 4
genres: Argyrolobium, Calicotome, Genista et Retama.
La tribu Hedysareae, est représentée avec deux espèces, qui se répartissent entre deux
genres : Ebenus et Hedysarum.
En dernier, on trouve la tribu des Fabeae, représentée avec le genre : Vicia, et l’espèce :
Vicia sativa L.

1.10 Étude monographique (Description des espèces)


L’étude, vise à identifier et caractériser les espèces de Fabaceae recensées, au niveau de
notre zone d’étude. Toutes les espèces de légumineuses recensées font partie de la sous
famille des Papilionoideae, qui est la plus grande sous-famille des Fabaceae, est la principale
source de nourriture et de fourrage, elles réussissent écologiquement, dans tous les biomes
majeurs (Lewis et al., 2005) .
Les caractéristiques botaniques, de chacune des espèces identifiées, sont mentionnées
suivant la taxonomie de l’espèce, la consultation de l’herbier national de l’ENSA, et les
ouvrages : Quezel et Santa (1962) ; Lewis et al (2005)
Une série de photographie a été prise, lors des sorties de terrain de plusieurs espèces de
légumineuses identifiées (Annexe 9).

107
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Tableau 33 : Classification et caractéristiques des légumineuses recensées

Régne : Plantae
Division : Angiospermes
Clade : Dicotyledones vraies
Clade : Superrosidées
Clade : Rosidées
Clade : Fabidées
Ordre: Fabales
Famille : Fabaceae (Leguminosae)
Sous famille : Faboideae
Tribu : Fabeae
- Espèce : Vicia sativa L.
Nom commun : «Nefel », « Djelban »
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle ou bisannuelle à tige
Genre : dressée ou grimpante, à système racinaire pivotant, à feuilles paripennées de
20 à 30 mm de long et à 2 à 6 paires de folioles de forme ovale à rachis. Les
Vicia fleurs sont sessiles ou subsessiles, purpurines avec des ailes, et les gousses
sont à peu près cylindriques, comprimées, aplaties et déhiscentes.
Tribu : Galegeae
Espèce : Astragalus armatus Willd
Nom commun : « Gdaâ », «Goundal », « Chouk ed derban »
Caractéristique botanique : Plante vivace, arbuste de 20–50 cm, tige
ligneuse, plus ou moins diffuse, souvent épineuse, feuilles imparipennées à
3–8 paires de petites folioles, extrêmement caduques ; le rachis des feuilles se
transforme en épines extrêmement fortes ; les fleurs blanches rosées; les
gousses à deux loges déhiscentes ; enfermées dans le calice fortement
accrescent ; réticulé glabre.
Genre :
Espèce : Astragalus hamosus L.
Astragalus
Nom commun : « Bou cennara »
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle avec des feuilles
imparipennées, des fleurs d’un blanc jaunâtre, l’inflorescence plutôt denses
en grappes allongées, les gousses glabres fortement incurvées.
Espèce : Astragalus monspessulanus L.
Nom commun : «Sella » «Djelban el Maza ».
Caractéristique botanique : Plante vivace, à tige herbacée, l’inflorescence
axillaires avec des fleurs purpurines ou violacées, les feuilles imparipennés
stipulées, les gousses arquées linaires.

108
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Espèce : Astragalus sesameus L.


Nom commun : «Gerin el Rhezale ».
Caractéristique botanique : Plante annuelle, les feuilles stipulées
imparipennés, les inflorescences sessiles ou subsessiles à l'aisselle des
feuilles, avec des petites fleurs souvent jaunâtres, et les gousses à deux loges
dressées de 10-15 mm.
Espèce : Astragalus echinatus Murray
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante annuelle, de 10–40 cm de haut, velue
blanchâtres, avec des feuilles de 7–10 paires de folioles obovales ou
oblongues, des stipules libres ; les fleurs purpurines, regroupées par 10-15 en
grappes globuleuses compactes ; les gousses courtes de 12-14 mm de long.
Espèce : Colutea atlantica Browicz.
Nom commun : « Gelouta »
Genre :
Caractéristique botanique : Arbrisseau de 1-3 m, tiges non épinées,
feuilles imparipennées de 3-5 paires de feuilles ovales, grandes fleurs jaunes
Coluteae (2 cm), l’inflorescence en grappe axillaire, et les gousses sont ronflée,
vésiculeuses de 4-5 x 2-3 cm, pendantes, glabres et membraneuses.
Tribu : Genisteae
- Espèce : Genista microcephala Coss et Dur.
- Nom commun : « Guendoul »
- Caractéristique botanique : Petit arbrisseaux épineux avec rameaux grêles
- peu ramifié, les feuilles stipulées avec 1-3 petites folioles, les fleurs jaunes,
Genre : l’inflorescence multiflores, les gousses déhiscentes, ovoïdes.
Espèce : Genista tricuspidata ssp . eu tricuspidata.
Genista Nom commun : « Guendoul », « chebrak »
Caractéristique botanique : Arbrisseau épineux, à feuilles unifoliées et
stipulées, les rameaux à épines simples, tricuspides ou pennées, les fleurs
jaunes en grappes effilées, les gousses ovoïdes plus longues que larges.
- Espèce : Retama sphaerocarpa (L.) Boiss.
- Nom commun : R’tem
Genre : Caractéristique botanique : Arbrisseau vivace de 1 à 2 m d’hauteur, très
rameux, pubescents plus ou moins dressé, les feuilles très petites,
unifoliolées, très caduque, les fleurs jaunes, très petites (5-6mm), en grappes
Retama latérales, les gousses globuleuses.
Espèce : Retama raetam (Forssk) Webb.
Nom commun : R’tem
Caractéristique botanique : Arbuste saharien de 3.5 m d’hauteur en
moyenne, très rameaux, dressé, les feuilles unifoliées très caduques, avec
des folioles soyeuses, les fleurs de 8-10mm, les gousses indéhiscentes.

109
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Espèce : Argyrolobium zanonii (Turra) [Link]


Nom commun : /
Genre :
Caractéristique botanique : Petit arbrisseau non épineux vivace, à feuilles
trifoliolées et stipulées, la tige dressée ou ascendante, les fleurs jaune ou
Argyrolobiu orangé, de 10-20 mm, la gousse linaire velue comprimée de 30-40mm.
m
Espèce : Calicotome spinosa (L.) Link
Nom commun : Guendoul
Caractéristique botanique: Arbuste épineux d’environ 1.5m d’hauteur,
très rameaux se terminant en épine rameaux bien feuillés, les tiges et les
Genre : épines glabres, les feuilles trifoliolées non stipulé, pétiolées, caduques, avec
des folioles obovales, les fleurs jaunes, saulitaires, les gousses glabres
Calicotome
plates, déhiscentes.
Tribu : Hedysareae
- Espèce : Ebenus pinnata L.
- Nom commun : /
- Caractéristique botanique : Plante vivace, à tige ramifiée de 30-60 cm, les
Genre : feuilles imparipennés à 2-5 paire de folioles, l’inflorescence pédonculée en
Ebenus épi ovoïdes, les fleurs roses petites (5-6mm), les gousses ovoïdes
membraneuse.
Espèce : Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu
Nom commun : « Sulla »
Genre : Caractéristique botanique : Plante vivace herbacée, les feuilles
Hedysarum imparipennées à deux stipules latérales, les fleurs en grappe allongée,
longues de 20-25 mm, purpurines plus ou moins violacées, les gousses
réticulées totalement inermes, larges de 4-6 mm.
Tribu : Loteae
Espèce : Anthyllis vulneraria L.
Nom commun : « Arq Safir »
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, bisannuelle ou
vivace, très polymorphe, les feuilles composées pennées, de 3-5 folioles très
Genre : inégales, glabres sur leur face supérieure, les fleurs sont jaunes, blanches ou
rougeâtres, de 12-15mm de large, la gousse ovale glabre.
Espèce : Anthyllis tetraphylla L. ( Tripodion tetraphyllum (L.) Fourr)
Anthyllis
Nom commun : « Oudna »
Caractéristique botanique : Plante annuelle, les feuilles avec 3-5 folioles
vertes et villeuses, la terminale ovoïde et grande, les fleurs sont jaunâtres.

110
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Espèce : Coronilla scorpioides koch.


Nom commun: «RedjeZ el oual» «Gors begra » «Akefa ».
Caractéristique botanique : Herbacée annuelle, les feuilles imparipennées,
stipulées, les fleurs très petites jaunes, la gousse cylindrique, droite ou
Genre : arquée.

Coronilla Espèce : Coronilla minima L.


Nom commun : /
Caractéristique botanique : Sous arbrisseaux rameux, les folioles petites
ovales, les fleurs de 5-7 mm, les gousses cylindriques quadrangulaire.
Espèce : Hippocrepis cyclocarpa Murb
Nom commun : « Menadjel »
Caractéristique botanique :
Genre :
Herbacée annuelle, plante très polymorphe, avec feuilles imparipennées à
Hippocrepis folioles entières et stipules foliacées ou membraneuses, les fleurs de 5-7
mm, les gousses larges glabres généralement.
Espèce : Hippocrepis atlantica Ball.
Nom commun : « Menadjel »
Caractéristique botanique :
Plante vivace à souche ligneuse, rampante plus ou moins ramifiée, la gousse
presque droite, les fleurs jaunâtres longues de 8-12 mm.
Espèce: Lotus corniculatus L.
Nom commun : «Bou Geru» «Bou Kheris » «Medjem ».
Caractéristique botanique :
Plante herbacée vivace, tige glabre, peu rameuse, les feuilles trifoliolées et
stipulées, les fleurs jaunes de 10-15 mm de long, la gousse droite longue.
Espèce : Lotus creticus L.
Nom commun : « Goueraine »
Genre :
Caractéristique botanique : Plante herbacée vivace, espèce très
polymorphe, à tiges couchées ou ascendantes, les feuilles subsessilles
Lotus trifoliolées et stipulées, les fleurs d’un jaune vif, la gousse épaisse mesure de
2-4cm.
Espèce : Lotus ornithopodioides L.
Nom commun : «Redjel el Ghorabs»
Caractéristique botanique : Herbacée annuelle, mesure de 10-40 cm, les
feuilles trifoliolées et stipulées, les fleurs sessiles sur un long pédoncule, les
gousses arquées seulement dans leur tiers apical.
Espèce : Lotus edulis L.
Nom commun : « Guern el ferd »
Caractéristique botanique : Plante annuelle, les feuilles trifoliolées et
stipulées, les fleurs jaunes grandes, les gousses épaisses volumineuses

111
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

renflées arquées, profondément canalicules sur la face ventrale rostrées.

espèce : Scorpiurus vermiculatus L.


Nom commun : « Tagourit »
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, les feuilles simples et
Genre : entières, les fleurs isolées au sommet d'un long pédoncule, de 12-13 mm, les
gousses larges enroulées 1 à 2 fois en spirale, dotée de huit côtes
Scorpirus longitudinales couvertes d'épines ou de tubercules, la gousse se divise à
maturité en 3-6 articles cylindriques.

Tribu : Trifolieae
- Espèce : Medicago ciliaris Kroch.
- Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante annuelle, les feuilles trifoliées et
pétiolées, stipulées, avec des folioles dentées sur le sommet ; Les fleurs sont
petites et de couleur jaune vif. les gousses sont contournées en hélice plus ou
moins épineuses de plus 10 mm.
Espèce : Medicago murex Wildd.
Nom commun : /
-
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, glabre, les feuilles
trifoliées et pétiolées, avec des folioles dentées au sommet, la gousse est
épineuse.
Genre :
Espèce : Medicago minima Grufb.
Medicago Nom commun : « Hassak »
- Caractéristique botanique : Plante annuelle, les feuilles trifoliées et
- pétiolées avec folioles dentées au sommet veloutées, les fleurs très petites
- (3-4 mm), sur un pédoncule aristé assez court, les gousses de 3-4 mm,
pubescentes, filiformes, dressées.
Espèce: Medicago orbicularis (L.) All
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, à tige couchée
ascendante ou décombonte glabre, les feuilles trifoliées et pétiolées, à
folioles larges, dentées au sommet, les fleurs jaunes très petites, réunies 1-3
sur un pédoncule aristé, les gousses aplaties à 3-5 tours de spire à bord plan
plus ou moins ondulées.

112
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Espèce: Medicago sativa L.


Nom commun : « Sefsa » , « Safsafa » , « Nefel »
Caractéristique botanique : Plante vivace pubescente, à tiges raides
dressées parfois couchées, très ramifiée, les feuilles trifoliées pennées,
stipulées et pétiolées avec des folioles dentées au sommet, ovales ou
linéaire, les fleurs violettes en grappes denses, et multiflores, les gousses
spiralées, de 3-4 tours, non épineuses.
Espèce : Medicago polymorpha L.
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante annuelle, les feuilles trifoliées et
pétiolées, stipulées avec des folioles dentées au sommet, la gousse
contournée en hélice épineuse fortement réticulée-striée, large de 5-9 mm, à
strie non étroitement emboitées les unes contre les autres.
- Espèce : Ononis natrix L.
Genre Nom commun : « Bugrane »
Caractéristique botanique : Plante poussante en touffes, puissantes très
variable, à tiges dressées, les feuilles trifoliolées d’un vert foncé, à folioles
Ononis oblongues assez larges, dentées, stipulées, les fleurs jaunes, les gousses
sessiles ou subsessile, ovoides, oblongue ou linéaire ordinairement gonflée.

Espèce : Melilotus indicus (L.) All


Nom commun : « Gourt » « Acheb el Maleuk »
Genre :
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, plante grêle de 10-40
cm, dressée ou ascendante à grappes lâches, les feuilles trifoliolées dentées
Melilotus pétiolulée, stipulées, avec des folioles médianes, les fleurs très petites (2-3
mm), les gousses petites globuleuses ridée-réticulée.
-
Espèce : Trifolium stellatum L.
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, revêtue en entier
d'une pubescence brunâtre, les feuilles trifoliées, toutes alternes, stipulées
avec petites folioles, les fleurs roses ou blanches.
Espèce : Trifolium cherleri L.
Nom commun : /
Genre : Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, mesurant de 5-15 cm
la tige décombante, rameuse, les feuilles trifoliées, stipulées, les fleurs
Trifolium blanches.
Espèce : Trifolium resupinatum L.
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, tiges ascendantes ou
diffuses, les feuilles trifoliées stipulées, pédoncules fructifères bien plus longs
que la feuille correspondante, le fruit oblong conique, les fleurs subsessiles
très petites roses.

113
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Espèce : Trifolium campestre Screber (= T. agrarium L.)


Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle de 5-30 cm, dressée
ou ascendante, les feuilles trifoliées, stipulées, pétiolées à foliole médiane
nettement pétiolulée, les fleurs d'un jaune d'or plus ou moins tachées de brun
disposées par 15-40 en capitule dense, à pédoncule raide.
Espèce : Trifolium pratense L.
Nom commun : « Nefel » « Fesa »
Caractéristique botanique : Plante herbacée vivace, glabre ou velue, la tige
dressée ou ascendante, les feuilles trifoliées, avec deux stipules, dentées,
folioles glabres sur leur face supérieure, ovale ou elliptiques, les fleurs roses
vif ou rarement blanches de 10-15 mm.
Espèce : Trifolium arvens L.
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, grêle dressée, très
rameuses, et très florifère, les feuilles trifoliées, deux stipules, les fleurs d’un
blanc rosé.
Espèce : Trifolium fragiferum L.
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Herbacée vivace, plante glabrescente, les
feuilles trifoliées, stipulées, et à folioles ovales, la tige longuement rampante,
les fleurs roses, du capitule très serrées, sessiles, longues de 5-6 mm, à
Genre : bractées bien visibles.
Espèce : Trifolium glomeratum L.
Trifolium Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, plus ou moins dressée
de 10-30 cm, à tige grêle avec entre-nœuds allongés glabres, les feuilles
trifoliées pourvues de deux stipules, les fleurs roses.
Espèce : Trifolium lappaceum L.
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante herbacée, à tige dressée longuement
rampante, les feuilles trifoliées à deux stipules, hérissées de longs poils
raides, les folioles ovoïdes 2-3 fois plus longues que larges, les fleurs rosées
de 8-10 mm.
Espèce : Trifolium tomentosum L.
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, les feuilles trifoliées
à deux stipules, les tiges couchées étalées, pédoncules fructifères plus courts
que la feuille correspondante, les fleurs d’un blanc rosées.

114
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Espèce : Trifolium anguistfolium L.


Nom commun : « Oundja »
Caractéristique botanique : Herbacée annuelle, plante raide, dressée,
presque glabre à tiges dressées, les feuilles trifoliées, stipulées à folioles
longues et aigues étroitement linéaires, les fleurs roses.
Espèce : Trifolium repens L.
Nom commun : « Nfela»
Caractéristique botanique : Plante herbacée vivace de 10-40 cm, à tiges
couchées, les feuilles alternes toutes longuement pétiolées dressées, à 3
folioles, à deux stipules, les fleurs blanchâtres de 8-10 mm plus ou moins
tachées de brun.
Espèce : Trifolium striatum L.
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante velue, herbacée annuelle à tige
dressées ou ascendantes, les feuilles trifoliées, pourvues de deux stipules
folioles obovées, les fleurs rosées.
Espèce : Trifolium strictum L.
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, peu élevée, à tige
dressée, les feuilles trifoliolées, généralement dentées, avec deux stipules et
des folioles ovoïdes 2-3 fois plus longue que large, finement dentées,
glanduleuses ovales, les fleurs rosées .
Espèce : Trifolium lencanthum M.B
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante herbacée annuelle, velue, les feuilles
trifoliées, très brièvement hispides, à folioles lancéolées, 4-6 fois plus
longues que larges, pourvues de deux stipules, les fleurs blanches ou
exceptionnellement rosées.
Espèce : Trifolium ochroleucum Huds.
Nom commun : /
Caractéristique botanique : Plante herbacée vivace de 10-50 cm
pubescente soyeuse, la tige dressée, les feuilles trifoliées toutes pétiolées,
pourvues de deux stipules, les folioles velues sur les 2 faces, les fleurs d'un
blanc jaunâtres rarement rosées pâles de 16-20 mm en capitule nettement
ovoïde.

115
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

1.11. Analyse canonique des correspondances (ACC)


La connaissance, et la compréhension, de la répartition naturelle des espèces végétales,
joue un rôle crucial, dans la définition de leurs exigences climatiques, et de leurs adaptations
écologiques, ce qui revêt une importance capitale, dans le processus de conservation de la
diversité végétale (Abdelgherfi- Laouar et al., 2003).
Dans ce qui suit, nous essayons d’établir un lien, entre la répartition des espèces de
légumineuses, et les facteurs environnementaux.
La carte de l’analyse canonique des correspondances (ACC), permet de visualiser, la
répartition des sites à Fabaceae, en fonctions des variables du milieu.

1.11.1 Carte d’Analyse Canonique des Correspondance de la forêt Boutaleb

La Fig. 63, représente la carte de l’analyse canonique des correspondances, établie pour
la forêt de Boutaleb.

Figure 63 : Carte de l’analyse canonique des correspondances 20 relevés x 5 variables


environnementales (Forêt de Boutaleb)
L’analyse effectuée, montre que les axes 1 et 2, totalisent 69.09% d’inertie, dont
39.33% pour l’axe 1, et 29.76% pour l’axe 2 (Fig.63).
La carte résultante de l’analyse, montre clairement le lien, entre la répartition des sites
des Fabaceae, avec les variables de milieu, et la physionomie de la végétation.
Le long de l’axe 1, les stations s’organisent selon un gradient dynamique, en allant des
végétations herbacées (Coté négatif) vers les végétations arborescentes /ou arbustives (coté
positif). Les variables : exposition, pente et recouvrement ligneux, sont positivement

116
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

corrélées à l’axe1, et s’oppose à la variable recouvrement herbacé, négativement corrélé au


même axe.

Les relevés : R2, R5, R6, R8, R9, R10, R14, R16, R17, R18 et R19 ; positivement
corrélés à l’axe1, présentent une pente modérée à forte (jusqu’à plus 35%).

Il s’agit des formations arborescentes, constituées essentiellement de Cedrus atlantica


Manetti et Pinus halepensis Mill (Forêt plus au moins denses), et des formations arbustives,
constituées de matorrals à base de Quercus ilex L., mélangé avec Juniperus oxycedrus L. et
de Pinus halepensis Mill.

Les espèces de légumineuses, qui contribuent fortement à cet axe, correspondent à :


Colutea arborescens L., Coronilla minima L. , Astragalus monspessulanus L., Hedysarum
perrauderianum Coss.& Durieu, Hippocrepis scabra D.C., Lotus ornithopodioides L.
Medicago ciliaris Kroch., Scorpiurus vermiculatus L., Trifolium stellatum L., Genista
microcephala Coss & Durieu, Coronilla scorpoidea Koch., Calicotome spinosa (L.) Link.,
Astragalus hamosus L., Anthyllis vulneraria L. subsp. maura Becker, Ononis natrix L.,
Medicago minima L., et Ebenus pinata L.

Les relevés : R1, R3, R7, R12, R13 et R15 ; liées au facteur dominant la partie négative
de l’axe1 : la végétation herbacée (recouvrement herbacée), correspondant principalement à
des matorrals clairs : matorral bas clair de Juniperus oxycedrus L., et Juniperus phoenicia L.,
et des matorrals de Quercus ilex L.; en plus de pelouse et d’ermes, qui s’installe entre les
parties trouée de matorral. Ces sites, présentent une exposition principalement Nord, et une
pente ne dépasse pas 20%.
Les espèces à forte contribution pour la partie négative de cet axe sont :

Astragalus sesameus L., Hippocrepis multisiliquosa L., Medicago Murex Willd, Lotus
cretecus L., Lotus corniculatus L., Melilotus indicus (L.) All, Medicago orbicularis L.,
Medicago hispida Gaertn, Medicago sativa L., Astragalus armatus Willd., Argyrolobium
zanonii (Turra) [Link], Astragalus echinatus Murr, Retama raetam (Forssk) Webb.

L’axe 2, est positivement corrélé aux variables : Pente et Altitude.


Les relevées : R3, R8, R9, R10, R11, R12, R13 et R14 positivement corrélés à l’axe 2,
présentent une exposition principalement Nord, et une altitude plutôt élevées qui dépassent
généralement 1500 m ,et des pentes relativement fortes (de 10% à >35%). Il s’agit
principalement, des formations plus ou moins dense de Cedrus atlantica [Link] de Pinus
halepensis Mill.

117
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Les espèces de Fabaceae qui contribuent positivement à cet axe sont :


Astragalus armatus Willd, Trifolium campestre Schreb., Medicago minima (L.) L.,
Astragalus monspessulanus L., Astragalus hamosus L., Anthyllis vulneraria L. subsp. maura
Becker, Argyrolobium zanonii (Turra) [Link], Lotus ornithopodioides L., Scorpiurus
vermiculatus L., Hippocrepis scabra D.C., Astragalus sesamus L., Medicago hispida Gaertn.

Les sites : R1, R2, R4, R5, R6, R7, R15, R16, R17, R18 et R19, négativement corrélés
à l’axe 2, présentent une altitude qui ne dépasse pas 1509 m, et des pentes modérés de 10 % à
20% . Il s’agit principalement, des matorrals, plus au moins dense de chêne vert (Quercus
ilex L.) et de Pin d’alep (Pinus halepensis Mill ), mélangé par endroits de Juniperus
oxycedrus L.
Les espèces de légumineuses, qui contribuent à la partie négative de cet axe sont :
Genista microcephala Coss & Durieu, Retama sphaerocarpa (L.) Boiss, Retama raetam
(Forssk) Webb , Medicago sativa L., Ebenus pinnata L., Hippocrepis multisilicosa L.,
Coronilla minima L., Hedysarum perrauderianum Coss., Lotus corniculatus L., Medicago
murex Willd, Medicago orbicularis L, Melilotus indicus (L.) All., Calicotome spinosa (L.)
Link, Colutea arborescnet L., Lotus cretecus L., Ononis natrix L., Coronilla scorpioides (L.)
W.D.J. Koch., Astragalus echinatus Murr.

L’axe 2, sépare les espèces de Fabaceae, rencontrées à des altitudes élevées, et des
pentes fortes (Coté positif), aux espèces rencontrées aux plus faibles altitudes et pentes (Coté
négatif). La variable altitude, est liée aux variables : température et pluviométrie.
Abdelkefi et al., 1992, ont montré l’impact de l’altitude, parmi d’autre paramètres sur
la répartition du genre Medicago. Selon Abdelgherfi et Laouar (1999), Medicago minima L.
et Medicago orbicularis L., préfèrent les altitudes élevées, où elles sont plus fréquentes.
Cependant, Mediacgo ciliaris L. se développe à différentes altitudes, ce qui va avec notre
résultat.

Cette analyse, sur la répartition des légumineuses, recensées à la forêt de Boutaleb,


suivant les variables du milieu, nous a permis de comprendre les mécanismes écologiques qui
régissent la distribution de ces espèces, et les facteurs impliquées dans cette distribution, tels
que l’altitude, la pente , la physionomie de la végétation, ce qui fournit une base de données
précieuses, et incite à d’autre travaux détaillées sur cet axe .

118
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Figure 64 : Carte de l’analyse canonique des correspondances 33 espèces x 5 variables


environnementales (Forêt de Boutaleb)
Les caractéristiques écologiques des sites de relevés effectuées au massif forestier de
Boutaleb sont représentées sur le tableau 34.

Tableau 34 : Caractéristiques écologiques des sites de relevé à Boutaleb (Relevé)

Relevé Altitude Exposition Recouvrement Recouvrement Pente(%)


ligneux % herbacé %
R1 1100 S 20 50 15
R2 1431 N 50 20 15
R3 1454 N 20 50 15
R4 1509 SE 20 40 10
R5 1497 NE 60 20 20
R6 1466 NO 60 20 > 35
R7 1364 N 10 40 20
R8 1745 NO 50 20 25
R9 1768 N 40 10 > 35
R10 1792 N 50 20 >35
R11 1577 N 60 20 25
R12 1672 N 20 50 10
R13 1663 N 60 20 10
R14 1571 NE 50 10 15
R15 1281 NE 20 40 25
R16 1293 S 50 20 5
R17 1092 S 40 20 10
R18 1067 SO 20 40 10
R19 1345 E 50 10 10
R20 1279 N 60 40 10

119
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

1.11.2 Carte d’Analyse Canonique des Correspondance de djebel Megress


La carte de l’analyse canonique des correspondances, aide à mieux comprendre l’impact
des facteurs de milieu (Altitude, pente, exposition, recouvrement), sur la distribution des
espèces de Fabaceae (codées en présence – absence) au niveau de la station djebel Megrsss
(Fig 65).

Figure 65 : Carte de l’analyse canonique des correspondances 41 relevés x 4 variables


environnementales (Djebel Megress)
Un taux d’inertie de 77.91%, est formé par le premier et le second axe, dont
respectivement 44.52% et 33.39 %, sont portées par les axes 1 et 2 (Fig. 65).
Vers le côté positif de l’axe 1, positivement corrélé à l’altitude, se place les relevés : R1,
R2, R4, R10, R13, R19, R20, R21, R22, R23, R24, R25, R26 et R27, R30, R38, R39, R40 ;
qui sont réalisés, au niveau des pelouses, et des prairies, situées principalement aux sommets
de la station d’étude, avec un couvert végétal, plus ou moins dégradé, et des altitudes qui
dépassent généralement 1600 m, et un taux de recouvrement global, ne dépasse pas 60% en
général, avec une pente faible (5 à 10%).
Les espèces situées dans le côté positif de cet axe sont :
Anthyllis tetraphylla L., Anthyllis vulneraria L., Lotus edulis L., Medicago orbicularis L.,
Trifolium arvens L., Trifolium lencanthum M.B L., Triflolium angustifolium L., Trifolium
strictum L., Trifolium ochroleucom L., Trifolium cherleri L., Trifolium campestre Schreber
L., Trifolium lappaceum L.

120
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Vers le côté négatif de l’axe 1, se rencontrent les relevés réalisés dans des pelouses et
des prairies, il s’agit de : R6, R9, R11, R12, R14, R15, R16, R17, R18, R28, R29 , R31, R32,
R33 ,R34, R36, R37, R41 ; dont l’exposition est principalement Sud, sur des pentes allant de
5% à 15%, avec des altitudes qui ne dépassent pas généralement les 1620 m , et un
recouvrement qui dépasse 60%.

Ce côté, est défini par les espèces suivantes : Calicotome spinosa (L.) Link, Lotus
ornithpoidie L., Lotus corniculatus L., Medicago polymorpha L., Trifolium glomeratum L.
Trifolium stellatum L., Trifolium repens L., Vicia sativa L., Trifolium resupinatum L.,
Trifolium tomentosum L., Trifolum fragiferum L., Trifloium pratens L.

L’axe 1, correspond à un gradient d’altitude, les altitudes sont plus élevés du coté
positif, par rapport du coté négatif. Ce facteur, est associé à d’autres facteurs climatiques
comme la pluviosité et la température.
Des travaux d’autoécologie, ont mis en exergue, l’effet de l’altitude, et de la
pluviométrie, sur la distribution des espèces de légumineuses.

En effet, Trifolium cherleri L., Trifolium arvens L., Trifolium campestre Schreber L., et
Trifolium lappaceum L., sont bien adaptées, dans les zones bien arrosées, et bien humides
(Abdelgherfi et al., 2006), et Medicago orbicularis L. et Trifolium angustifolium L. sont
plus fréquents aux fortes altitudes (Abdelgherfi & Laouar, 1999 ), ce qui s’accorde avec les
résultats de notre étude.
Cependant, Trifolium campestre Schreber L., Trifolium lappaceum L., Trifolium
pratense L. et Trifolium cherleri L., sont signalées à des altitudes variables (Zatout et al.,
1989).

Du côté positif de l’axe 2, lié au facteur pente, et exposition, se situent les relevés: R4,
R5, R7,R9, R12, R15, R16, R20, R26, R29, R34, R38, R39, R40, R41, qui occupent les
terrains à pente modéré à forte ( jusqu’à plus 25%), avec un recouvrement global dépassant
les 50% , l’exposition est principalement Sud, Sud Est .
Vers ce côté, les espèces à forte contribution sont : Anthyllis vulneraraia L., Trifolium
stellatum L., Lotus corniculatus L., Medicago orbicularis L., Medicago polymorpha L.,
Trifolium striatum L., Vicia sativa L., Trifoilium angustifolium L. et Trifolium lencothome L.

121
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Du côté négatif du même axe, se concentre les relevés : R3, R6, R8, R10, R13, R14,
R17, R18, R19, R23, R25, R27, R31, R35, R36, R37, il s’agit des relevés rélaisés à une
exposition principalement Nord, Nord Est, et Est, avec des pentes faibles ( ne dépassent pas
10%) leur recouvrement dépassent généralement 50%.

Les espèces à forte contribution pour ce côté sont : Trifolium fragiferum L., Anthyllis
tetraphyal L., Calicotome spinosa (L.) Link., Lotus edulis L., Lotus ornithopoides L.,
Trifolium arvens L., Trifolium lappaceum L., Trifolium tomentosum L., Trifolium
glomeratum L. et Trifolium resupinatum L., Trifolium strictum L., Trifolium campestre
Schreber L.

L’axe 2 est lié à la variable pente, il sépare les espèces de Fabaceae, rencontrées à des
fortes pentes (Coté positif), aux espèces rencontrés aux plus faibles pentes (Coté négatif).
En effet, les sols de forte pente, semblent être les lieux, où Trifolium stellatum L. est
fréquent (Zatout et al., 1989), contrairement à : Trifolium angustifolium L., Trifolium
pratense L. et Trifolium striatum L. qui se développent sur des sols de pente variable
(Alvarez et Morey , 1974) .
Cette analyse, permet de comprendre l’écologie des légumineuses, et de définir les
facteurs impliqués dans leur distribution, notamment, l’altitude, la pente, l’exposition, ce qui
constitue un outil d’aide dans les processus de conservation de cette ressource végétale.

Figure 66 : Carte de l’analyse canonique des correspondances 25 espèces de Fabaceae x 5


variables environnementales (Djebel Megress)

122
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Les caractéristiques écologiques des sites de relevés au niveau de djebel Megress sont
représentées sur le tableau 35.

Tableau 35 : Caractéristiques écologiques des sites de relevés à djebel Megress (Relevé)

Relevé Altitude (m) Exposition Pente % Taux de recouvrement (%)


1 1680 S 5 60
2 1690 SW 5 60
3 1615 N 5 60
4 1590 SE 5 50
5 1582 SE >25 50
6 1451 S 10 60
7 1602 SE >25 70
8 1611 NW 10 90
9 1588 N 15 95
10 1671 E 5 80
11 1506 SW 10 60
12 1450 S 10 70
13 1700 N 5 50
14 1603 S 5 60
15 1588 S 15 60
16 1577 S 20 70
17 1618 NE 10 80
18 1611 NE 10 90
19 1738 S 10 60
20 1739 S 15 50
21 1725 S 5 50
22 1733 O 5 50
23 1728 NE 5 60
24 1731 S 5 60
25 1741 S 5 60
26 1711 N 15 60
27 1704 NE 5 60
28 1561 N 15 70
29 1062 N 5 50
30 1640 N 10 60
31 1556 S 5 60
32 1600 S 5 60
33 1579 S 5 60
34 1648 S 15 60
35 1687 E 10 70
36 1626 E 10 85
37 1634 E 5 85
38 1732 N 20 60
39 1611 SE 10 50
40 1705 NE 5 50
41 1402 N 10 50

123
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Conclusion
Á la lumière de l’analyse floristique, on a pu dresser une liste floristique des espèces de
légumineuses, présentes au niveau de notre secteur d’étude : djebel Megress et la forêt de
Boutaleb.

Notre zone d’étude, présente une forte diversité spécifique des légumineuses, où nous
avons comptabilisé 51 espèces et sous espèces, au niveau de deux stations d’étude (Forêt de
Boutaleb et Djebel Megress). L’analyse canonique des correspondances, a apporté une
approche autoécologique à l’étude, ce qui a permis de comprendre l’écologie, et la
distribution, de certaines espèces de Fabaceae recensées lors de l’étude.

124
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

2. Analyse Ethnobotanique
L’intérêt socio-économique des légumineuses, a été étudié à travers deux axes : le
premier, concerne les espèces de légumineuses, recensées au niveau de notre secteur d’étude.
Le deuxième axe, est une approche ethnobotanique, qui vise à valoriser une espèce
appartenant à cette famille botanique, il s’agit de : Ceratonia siliqua L.

2.1. Intérêt socio-économique des légumineuses recensées


Sur la base, de la liste floristique de légumineuses recensées, au niveau du massif de
Boutaleb, et au djebel Megress ; une approche méthodologique, basée sur des entretiens avec
les informateurs clés, et sur une recherche bibliographique, a été entamée.

2.1.1. Dénomination locale des légumineuses (phytonémie)

Les résultats de l’entretient, ont indiqué que les espèces de légumineuses, sont bien
connues par les répondants, qui leurs affectent une dénomination traditionnelle (nom
vernaculaire). En effet, nous nous sommes intéressées aux divers noms vernaculaires
attribuées aux espèces de légumineuses recensées.

La dénomination des plantes, a toujours été pratiquée avec une grande précision, par les
populations indigènes du Nord de l’Afrique (Trabut, 1935). Le « phytonyme » ou nom de
plante, est un domaine d'une grande richesse, et d'informations socioculturelles, et les noms
vernaculaires, sont des concepts informatifs, liés à une vision particulière des
autochtones (Khoufache, 2019).
Les noms vernaculaires, des légumineuses identifiés par les informateurs, et la
nomenclature proposée par la flore Quezel et Santa (1962), pour certaines espèces de
légumineuses utilisées en Algérie, sont résumés dans le tableau 36.

Tableau 36: Noms vernaculaires et Noms scientifiques des Fabaceae (Quezel et Santa
1962/1963) (les noms vernaculaire enregistrés lors de l’enquête sont indiqués en gras).

Espèce/ genre de légumineuses Nom vernaculaire


Anthyllis tetraphyla L. Oudna
Anthyllis vulneraria L. Arq safir ; H’chichet ed dabb
Astragalus armatus Willd Goundal , Chouk - ed derban, Kdad
Astragalus hamosus L. Bou cennara
Astragalus monspessulanus L. Sella, djelban el maaza

Astragalus sesameus L. Rejlin el rhezale

125
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Calicotome spinosa (L.) Link Gendoul


Colutea arborescens L. Gelouta
Coronilla scorpioides (L.) Redjel el oual, Gors begra , Akefa
Genista tricuspidata Desf Guendoul , Chebrak
Hippocrepis multisiliquosa L. Manadjel
Lotus corniculatus L. Bou Geru , Bou Kheris , Medjem
Lotus creticus L. Goueraïne
Lotus ornithopodioides L. Redjel el ghorab
Medicago minima Grufb Hassk
Medicago sativa L. Safsafa, nefel, sefsa
Melilotus indicus (L.) All. Gourt, acheb el malouk
Retama raetam (Forssk) Webb. R'tem

Retama sphaerocarpa (L.) Boiss. R’tem


Trifolium L. Nefel, Fesa
Vicia sativa L. Djilbans , djilbana
Lotus edulis L. Guern elferd
Ononis L. Bugrane
Hedysarum L. Sulla

Pour des résultats davantage intéressants, dans le cadre de l’ethnobotanique, une étude
sur les noms vernaculaires, attribués par les populations indigènes, aux différentes plantes,
mérite d’être approfondie.

2.1.2. Les légumineuses comme ressources Pastorales/ fourragères

Notre région d’étude, avec les deux stations investies (le massif forestier de Boutaleb et
djebel Megress), recèlent de belles associations Pastorales/fourragères naturelles, regroupant
plusieurs genres de légumineuses : Lotus, Trifolium, Medicago, Hedysarum, Vicia, Anthyllis,
Scorpirus, Melilotus, Ononis, Hippocrepis.…
En effet, la partie Nord Est de l’Algérie, est réputée par sa richesse en ressources
fourragères, cette potentialité fourragère naturelle, n’a qu’à être valorisée, d’autant plus, que
l’Algérie, est un pays à vocation pastorale, et fourragère par excellence (Abdelgherfi &
Laouar, 1999; Issolah, 2008).

126
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Bien qu’en moyenne, les légumineuses représentent 10 à 35%, de l’ensemble des


espèces fourragères, présentes dans les pâturages montagnards (Doré, 2000), la flore de
légumineuses recensée, au niveau de notre secteur d’étude, est exploitée comme ressource
fourragère/pastorale spontanée, par excellence.

Lors de l’entretient, les informateurs clés, et du fait de leurs connaissances sur la flore
spontanée, ont pu sélectionner et reconnaitre, plusieurs espèces de légumineuses, pastorales
pour l’élevage de bétails, tels que : Lotus corniculatus L., Medicago sativa L., Vicia sativa L.,
Scorpiurus vermiculatus L., Melilotus indicus L., Ononis natrix L., Anthyllis vulneraria L.,
Medicago polymorpha L., Medicago orbicularis (L.) Bartal, Medicago ciliaris Kroch.,
Medicago minima (L.) L., Astragalus armatus Willd., Trifolium repens L., Calicotome
spinosa (L.) Link….

Le genre Trifolium, domine la flore de légumineuses identifiée au djebel Megress. En


effet, les espèces appartenant à ce genre, sont une source précieuse de fourrage, dans toutes
les régions du monde, et en particulier les pays du bassin méditerranéen (Russi et al., 1992).
En plus du genre Trifolium, les genres, Lotus et Medicago, sont considérés, comme des
ressources fourragères, de grande qualité, et comme une composante importante des pâturages
(Bennani et al., 2010 ).

Une variété d’espèces appétentes, à savoir : Trifolium repens L., Medicago polymorpha
L., Vicia sativa L., Lotus corniculatus L., Medicago sativa L. (Boulaacheb, 2009), est
identifiée au niveau de notre secteur d’étude.

Medicago sativa L., l’une des espèces, recensées à la forêt de Boutaleb, est une
légumineuse dont la culture est largement répandue (Bora & Sharma, 2011), elle figure parmi
les plus importantes espèces commerciales des Fabaceae (Garza, 2015). C’est une espèce
fourragère importante, en raison de sa teneur élevée en protéine, son apport alimentaire, et sa
digestibilité de la matière sèche, elle joue un rôle, également dans la fertilisation du sol, et son
enrichissement en azote (katoch, 2022) .

Les légumineuses, par leur composition principale en espèces d’intérêt pastoral et/ou
fourrager, sont une composante de la sécurité nutritionnelle du bétail (Katoch, 2022). Elles se
distinguent par leurs richesses en matière azotées totales, en protéines, et en certains
minéraux, notamment le calcium (Baumont et al., 2016). Les légumineuses, sont considérées
comme une importante source, alimentaire, protéiques, et nutritionnelles globales, pour la
consommation animale (katoch, 2022).

127
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Ce qui contribue à une alimentation variée, adaptée, et appropriée au bétail, et de ce fait


un développement de l’élevage. Cette activité, contribue à améliorer le statut socio-
économique, des ménages ruraux, et constitue une source de revenu, et d’emplois pour les
populations locales, notamment en milieu rurale (katoch ,2022).
C’est une activité, qui permet de transformer les ressources pastorales, en sources
nutritionnelles importantes : lait et viande (Sahraoui et al., 2016).

Toutefois, l’activité de l’élevage, est dépendante de la disponibilité de la végétation


naturelle, à la fois en termes de qualités, et de quantités (Amegnaglo et al., 2018), d’où la
nécessité de valoriser les espèces de légumineuses fourragères, pour assurer la sécurité
alimentaire des humains, et de leurs animaux domestiques, dans la région méditerranéenne, et
d'autres régions du monde (Maxted et Bennett, 2001).

L’activité de l’élevage, au niveau de la wilaya de Sétif, revêt une importance


particulière, elle procure aux agriculteurs, une source de revenu supplémentaire (Kerbache et
al., 2019).
Djebel Megress, est marqué par une activité d’élevage, très répandue, caractérisée par
un pâturage très intensif (Boulaacheb, 2009). Le cheptel existant au niveau des communes,
autours de djebel Megress, présente un effectif ovin de 23147 têtes, et un effectif Bovin, de
13247 têtes (DSA, 2020). Ce cheptel, est alimenté largement, par les ressources naturelles,
dont renferme djebel Megress, y compris les légumineuses.

Idem pour la forêt de Boutaleb, où l’élevage, est parmi les activités agricoles, les plus
pratiquées, où 41560 têtes d’effectif ovin de cheptel, et 4545 têtes d’effectif bovin, sont
enregistrées, au niveau des communes, bordant le massif forestier de Boutaleb (DSA, 2020).
Ces chiffres, traduisent l’importance de l’activité de l’élevage dans la région, assurée
essentiellement, par les ressources pastorales, que recèlent le massif de Boutaleb (Sahraoui et
al., 2016), dont les légumineuses font partie intégrante, et constituent une ressource
fourragère importante, pour l’alimentation de bétail, au niveau de cette station.

De ce fait, les légumineuses inventoriées lors de notre étude, constituent une ressource
génétique pastorale / fourragère, d’une grande importance pour la région d’étude.

Cependant, il est à noter, que lors de l’entretient, quelques informateurs ont signalé le
genre Retama, comme toxique pour le bétail, à forte consommation.

Dans ce contexte, et selon l’étude de Boussahel (2011), Retama sphaerocarpa (L.)


Boisse, est classée comme plante à faible toxicité, qui peut causer des altérations, dans le

128
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

développement normal des animaux. De plus, des rapports existent, indiquant la toxicité
potentielle du Retama raetam (Forssk) Webb, que ce soit pour l’homme ou pour le bétail
(Algandaby, 2015). Dans le même context, Kazi Tani (2014), a noté ainsi, la toxicité de
Coronilla scorpioides (L.) W.D.J. Koch, espèce recensée lors de notre étude.

2.1.3. Les légumineuses comme ressources mellifères


Les espèces mellifères, attirent et fournissent de la nourriture (nectar, résines, pollen),
aux abeilles, et autres insectes pollinisateurs, ce qui contribue à la reproduction de ces plantes
(Gharzouli, 2007). De nombreuses légumineuses fourragères, possèdent à la fois des
propriétés fourragères, mellifères, et même ornementales (Issolah, 2008).

D’après les résultats de l’entretient, plusieurs espèces de légumineuses mellifères, ont


été identifiées tels que : Astragalus monspessulanus L., Retama raetam (Forssk) Webb.,
Medicago sativa L., Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu, Colutea atlantica Browicz,
Lotus corniculatus L., Melilotus indicus L., Vicia sativa L., Trifolium repens L…
Plusieurs études scientifiques, intéressées au recensement et à l’identification des
plantes mellifères, ont signalées la famille des légumineuses, comme une importante source
de nourritures pour les abeilles (Boutabia et al., 2016 ; Hamel & Boulemtafes 2017) ; ce qui
contribue au développement de l’apiculture, considérée comme une activité idéale, en milieu
rurales (Dushimimana, 2007).

2.1.4. Usage médicinal des légumineuses recensées

Quatre (4) espèces de légumineuses, ont été reconnues, par les informateurs clés, lors de
l’entretient, par leur vertus médicinales. Il s’agit de : Calicotome spinosa (L.) Link , Anthyllis
vulneraria L., Retama raetam (Forssk) Webb, et Lotus corniculatus L. (Fig 67, Fig 68 Fig 69,
Fig 70). Le tableau 37, révèle les espèces avec leurs utilisations selon la réponse des
informateurs.

129
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Tableau 37 : Les utilisations des espèces du Fabaceae dont le domaine médicinal selon les
résultats de l’enquête

Nom scientifique Organe utilisé Usages et propriété

Par infusion, employé comme


Anthyllis vulneraria L. Plante entière astringent et vulnéraire
Feuilles et Par infusion, elle est utilisée pour les
Lotus corniculatus L. Fleurs insomnies, anxiété,
et comme sédatif.
La poudre des feuilles avec l’huile
Retama raetam (Forssk) Partie aérienne d’olives, est utilisée comme
Webb cataplasme, pour traiter les plaies, les
piqûres de scorpion, les blessures
(Usage Externe)
Calicotome spinosa (L.) Feuilles et fleurs Usage externe, par cataplasme pour
Link L’eczéma, et contre les plaies

Figure 67 : Calycotome spoinosa L. Figure 68: Anthylis vulneraria L.


(Photo :A. Bouchelouche, 2021) (Photo :A. Bouchelouche, 2021)

130
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Figure 69:Retama raetam (Forssk) Webb. Figure 70 : Lotus corniculatus L.


(Photo :A. Bouchelouche, 2021) (Photo :A. Bouchelouche, 2021)

Cependant, plusieurs études, ont rapporté l’usage des espèces de légumineuses, dans la
pharmacopée traditionnelle Algérienne.

Afin de sélectionner les espèces de Fabaceae, recensées lors de notre étude, qui sont
impliquées dan la catégorie médicinale, et déterminer leurs usages traditionnels, nous avons
utilisé comme référence, des travaux scientifiques ethnobotaniques, sur les plantes
médicinales en Algérie.

Le tableau 38 résume l’usage traditionnel de quelques espèces de légumineuses.

Tableau 38 : Synthèse de l’usage médicinale de quelques espèces de légumineuses

Espèce Usage medicinal Référence


Anthyllis vulneraria subsp. Astringent, vulnérable, et Nouar, 2021
maura (Beck) Maire diurétique.
Coronilla scorpioides (L.) Purgatives, utilisé pour les Nouar, 2021
W.D.J. Koch piqûres de scorpion.
Colutea arborescens L. Effet laxatif et purgatif Baba-Aissa, 1991
(Feuilles et gousses)
Lotus corniculatus L. Astringent, sédatif Baba-Aissa, 1991
et vulnéraire
Antianémiques, dépuratives,
diurétiques, fébrifuges, Baba-Aissa, 1991
Medicago sativa L. hémostatiques et toniques
Pour le diabète Adouane, 2016
(Infusion des feuilles)

131
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Rhumatisme, piqûres de
Retama retam Webb. scorpion, blessures (la partie Rebbas et al.,2014
aérienne)

Dépuratif, Fébrifuge,
Antispasmodique, employé
Trifolium pratense L. pour les problémes d’eczéma, et Baba-Aissa, 1991
de psoriasis, et d’acnés.
Antidiarhéque Hamel et al., 2018 .
Contre le diabète (décoction des
racines), l’Œdème, l’enflure. Rebbas et al., 2014
pour soigner les plaies.
Calicotome spinosa (L.) Link Pour les hémorroïdes,
douleurs à l'estomac Chermat & Gharzouli,2015

Utilisé pour les diabétiques Adouane, 2015


Astragalus armatus Willd.
(la partie aérienne)

D’après le tableau 38, plusieurs espèces de légumineuses, sont utilisées dans la


médecine traditionnelle, et constituent de ce fait, des ressources précieuses, pour la population
rurale.
L’usage des légumineuses en médecine traditionnelle, pour le traitement de diverses
affections, revient à leurs richesses en fibres, en vitamines et en constituants minéraux
(Garza, 2015).
Cependant, il faut noter, que des études phytochimiques, et pharmacologiques
approfondies, sont nécessaires, pour évaluer l’efficacité, et la sécurité d’utilisation de ces
espèces de légumineuses, et d’autres espèces médicinales, dont l’utilisation est basée sur
l’expérience empirique, et sur la médecine traditionnelle ; d’autant plus, qu’en Algérie, on
estime à 144, le nombre d’espèces médicinales (Baba Aissa,1999), qui restent encore
méconnues, ce qui incite davantage de recherche pour valoriser cette ressource naturelle, et
procéder à sa gestion durable.

2.1.5. Importance environnementale des légumineuses


Les espèces de légumineuses recensées, sont énormément appréciées dans la catégorie
environnementale, comme espèce ornementales, et espèces qui contribuent à la lutte contre
l’érosion de terres.

132
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

En effet, plusieurs genres de légumineuses, sont bien perçus par les informateurs,
comme plantes ornementales (Anthyllis, Calicotome, Hedysarum, lotus, Trifolium,
Colutea…), comme plante de lutte contre l’érosion de sol (Calicotome, Colutea, Genista,
Retama…)
Les légumineuses, sont considérées, comme composante pionnière, dont dépend la
végétation des forêts, et des prairies, de la majeure partie du monde (Douce, 2000). Cette
composante majeure de légumineuses, constitue un outil très efficace, pour la conservation
des sols contre l’érosion (Bermúdez, 1996 ; Roose, 1994) ; en plus de son rôle, autant
qu’approvisionneur d’azote ; ce qui traduit l’utilisation des légumineuses, comme
fertilisateurs du sol, en augmentant le taux de matière organique (Roose, 1994).

Certaines espèces arbustives de la famille de légumineuses, sont également employées,


en reboisements, pour améliorer la qualité du sol, en raison de leurs tolérances pour les sols
peu fertiles (Sanchez, 2005).

Cependant, les espèces : Mediacgo sativa L. et Vicia sativa L., recensées lors de notre
investigation sur terrain, sont mentionnées comme espèces cultivées, utilisées comme engrais
vert, et comme fourrage pour les animaux d’élevage ; les espèces sauvage apparentées aux
espèces cultivées, sont des ressources génétiques, d’une grande importance pour la recherche
scientifique, en apportant de nouveau gènes, afin d’améliorer les variétés cultivées en terme
de productivité, qualité du fourrage, et résistance aux maladies (Hunter, 2012).

2.2 Menace sur les légumineuses


Les écosystèmes du Sétifois, affrontent, une variété de pressions, naturelles et/ou
anthropiques, engendrant la dégradation de la couverture végétale (Missaoui, 2020), et la
perte de la flore spontanée, y compris la flore de légumineuses.
Les légumineuses en région méditerranéenne, font face à de nombreuses menaces,
principalement d'origine humaine, notamment le surpâturage (dû à l'augmentation du cheptel),
la destruction et la fragmentation des habitats naturels, la surexploitation, ainsi que les
changements et les bouleversements socioéconomique humains (Maxted et Bennett., 2001).

Les légumineuses, sont également menacées par la sécheresse croissante, et par les
changements climatiques, qui peuvent affecter leur croissance, et leur reproduction ; d’autant
plus, que la température, et les précipitations, sont des facteurs climatiques, d’une grande
importance pour la végétation d’un site (Breckle and Rafiqpoor, 2022).

133
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Les informateurs clés (agriculteurs, éleveurs, forestiers, populations riveraines …),


peuvent renseigner, sur les risques de dégradation du couvert végétal en général, et de la flore
de légumineuses en particulier, et peuvent contribuer activement, pour contrer certains des
pilotes de recul.
D’après les résultats de l’entretien mené, les pressions d’ordres anthropiques, à savoirs :
le surpâturage, les incendies de végétation, le changement du mode d’utilisation des terres ;
sont les principales menaces sur la flore spontanée en générale et sur les légumineuses en
particulier.

Á l’instar des montagnes en Algérie, djebel Megress présente une densité de population
appréciable, ce qui implique la soumission de ce milieu naturel, à une forte pression,
entrainant une fragmentation de l’habitat, une exploitation abusive, une pollution, et un
surpâturage (Laouar, 2010). En effet, djebel Megress, offre d’excellent parcours de pâturage
pour les troupeaux, toute l'année. Cependant le surpâturage, entraîne la détérioration du
couvert végétal, et la perte des ressources naturelles (Mueller-Harvey, 2001), notamment la
flore de légumineuses.
De plus, le site est un atout touristique, facilement accessible, ce qui accentue la
pression humaine sur ce milieu naturel riche et diversifié.

La flore de légumineuses, au niveau de la forêt de Boutaleb, à l’instar du reste de la


communauté florale, subit des pressions multiformes, où il a été noté une régression de la
végétation, de plus de 21%, au cours la décennie 2010-2021 (Bouchelouche et al., 2022), ce
qui affecte inévitablement, la flore spontanée de la forêt de Boutaleb, et entraine la
déperdition de nombreux taxons, y compris ceux appartenant à la famille des légumineuses.
Cette régression, est dûe, à plusieurs facteurs, anthropiques et/ou naturels (Madoui,
1999), comme : le surpâturage, qui menace particulièrement les légumineuses, réputées par
leur valeurs pastoral et fourragère. Les incendies des forêts, sont également une menace
majeure pour les espèces sauvages, y compris les espèces de légumineuses, où une superficie
de plus de 1600 ha, au niveau de la forêt de Boutaleb, a été ravagée, suite aux incendies de
végétation, entre 1990 et 2018 (CFS, 2021).
L’aridité, et la sécheresse, sont des facteurs impliqués, dans la dégradation de la flore
spontanée en générale, au niveau de la forêt de Boutaleb (Madoui, 1995).

134
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

2.3 Valorisation et importance socio-économique de Ceratonia siliqua L.

Afin de valoriser l’espèce Ceratonia siliqua L., appartenant à la famille de


légumineuses, une enquête ethnobotanique, a été entamée, au nord de la wilaya de Sétif, afin
de révéler ses utilités socio-économiques, pour la population locale.

2.3.1. Profil sociodémographique des enquêtés


Le profil des personnes enquêtées, est récapitulé dans le tableau 39.

Tableau 39 : Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés

Variable Catégorie Total Proportion (%)


20-30 ans 42 23.3%
Classe d’âge 30-60 ans 112 62.2%
> 60 ans 26 14.4%
Homme 95 52.7%
Sexe Femme 85 47.2%
Universitaire 33 18.3%
Niveau d’étude Secondaire 45 25.0%
Moyen 60 33.3%
Primaire 37 20.5%
Analphabète 5 2.7%

Il ressort du tableau 39, que les hommes, prédominent les enquêtés, avec une
représentation de 52.7 %. Suivant l’âge, la classe d’âge de 30 ans à 60 ans, est majoritaire
avec un pourcentage de 62.2%. Concernant le niveau d’étude des interviewés, les résultats
obtenus montrent que 33.3% des enquêtés, ont le niveau moyen, 25.0% ont le niveau
secondaire, 20.5% détiennent un niveau primaire, et 18.3% sont universitaire, et en dernier
2.7 % sont analphabètes.

Les enquêtés, représentent différentes catégories de la société civile : des agriculteurs,


des herboristes, des fonctionnaires, des femmes au foyer, des paysans.....

Il ressort de l’enquête, que Ceratonia siliqua L., ou le caroubier, est connue par les
répondants, qui l’affectent comme nom vernaculaire : « Elkheroub ».

135
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

2.3.2. Catégorie d’usage de Ceratonia siliqua L.


Les fréquences de citation, des différentes catégories d’usage de caroubier, par les
répondants, sont représentées par la Fig. 71.

100% 92,70%
85,50%
90%
Fréquence de citation (%)

80%
70%
60%
50%
36,70%
40%
30% 26,60% 24,40% 22,20%
20% 15,50%
10%
0%

Catégorie d'usage

Figure 71: Fréquence de citation des catégories d’usage de Ceratonia siliqua L.

D’après la Fig.71, l’usage alimentaire, est le plus important, parmi les différents usages
mentionnés de Ceratonia siliqua L., avec une représentation de 92.7%, suivi de l’usage
médicinal (85.5%). Tandis que, les catégories d’usage fourragère et mellifère, représentent
24.4% et 36.7% respectivement. La catégorie commerciale, est représentée par 26.60%, et la
catégorie environnementale, est mentionnée par 22.2%, et en dernier « Autre usage » avec
15.5%.
L'espèce Ceratonia siliqua L., a été utilisée à diverses fins, depuis très longtemps et
plusieurs usages affirmés, remontent à la période précoloniale (Kaderi et al., 2015).

Le test d'indépendance de chi-deux, ne montre aucune différence significative, entre les


fréquences d’usage de caroubier, au sein des différents catégories sociodémographiques
(p>0.05) (Tableau 40).

136
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

Tableau 40 : Relation entre les fréquences de citation des catégories d’usage de caroubier et
les caractéristiques sociodémographiques
Caractéristique sociodémographiques Chi-2 P-value
Sexe 10.63 0,100
Âge 19.70 0,349
Niveau d’instruction 9.16 0.688

[Link] La catégorie alimentaire


Plus de 92 % des répondants, ont affirmé l’usage alimentaire des fruits de Ceratonia
siliqua L. (Les caroubes), qui sont consommées sous plusieurs formes:
Cru directement, réduit en poudre (la forme la plus courante), boisson, et même sous
forme de mélasse ou confiture.
La poudre de caroubes, ou la farine de caroube, est très bien appréciée, par les
répondants, elle sert à la préparation de recette traditionnelle, et comme substituant du cacao
en termes de couleur et de goût.
Les caroubes, sont caractérisées par leur teneur élevée en sucre, qui peut atteindre 72%
(Ayaz et al., 2007), et leur richesse en matière minérale, notamment en calcium et en
potassium (Calcium = 300 mg/100g ; Potassium = 970mg/100g) (NAS, 1979). Le fruit de
Ceratonia siliqua L., présente également, des teneurs élevées en fibre et en tanins (Ayaz et
al., 2007). Ce qui constitue une richesse nutritive pour les consommateurs.

Figure 72 : Fruit de caroubier (Les caroubes) (Mahdad, 2013)

137
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

[Link] La catégorie thérapeutique

Le fruit de Ceratonia siliqua L. (les caroubes), est la seule partie de l’espèce, employée
en médecine traditionnelle, où plus de 85%, ont affirmé cet usage.

Les caroubes, sont employées, dans le traitement de plusieurs symptômes et maladies,


dont les principaux sont représentés sur la Fig. 73.

Problémes intestinaux antidiarréque 57,20%

troubles gastrique et digestifs 51,10%


Maladie et Symptômes

Anémie 31,60%

Diabéte 26,10%

Antitussif et problémes respiratoires 15,50%

Anti reflux et vomissement 14,40%

Hypercholesterolémie 12,20%

0% 20% 40% 60% 80%


Fréquence de citation %

Figure 73 : Principales indication thérapeutique de Ceratonia siliqua L.

Les caroubes, sont largement utilisées, depuis l’antiquité pour ses vertus thérapeutiques
(Kaderi, 2015). Les vieillards, l’utilisent à nos jours, pour soulager les maux intestinaux.

Plus de 50% des enquêtés, ont citée l’usage des caroubes, dans le traitement des
problèmes intestinaux anti diarrhéique, et les troubles gastriques et digestifs.
Cependant, l’anémie est mentionnée par 31.60% des enquêtés, comme maladie qui se
soigne par le caroubier. 26.10 % des enquêtés, ont cité le traitement de diabète, et 15.50 % des
répondants, ont cité l’usage des caroubes, dans le traitement des problèmes respiratoires, alors
que 14.4%, estiment que les caroubes constituent,, un remède anti reflux et vomissement, et
12.2% des enquêtés, l’utilise dans les problèmes d’hypercholestérolémie.

De nombreuses recettes médicinales, avec plusieurs modes d’usage, ont été renseignées
lors de l’enquête.

La Fig 74 résume les différents modes d’usage de fruits de Ceratonia siliqua L. en


pharmacopée.

138
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

11,11%
12,77%
Poudre

52,77% Cru
20,00% Décoction
Macération
Mélasse
42,22%

Figure 74 : Mode d’usage traditionnel des fruits de Ceratonia siliqua L. (Les Caroubes) en
phytothérapie

L’emploi des caroubes, sous forme de poudre ou farine est la plus courante en médecine
traditionnelle selon 52.77% des enquêtés ; les caroubes sont également utilisées, cru par
consommation directe (42.22%) ; tandis que la macération et l’infusion sont citées par 12.77%
et 20% des enquêtés respectivement ; et en dernier 11.11% des répondants ont cité l’usage des
caroubes sous forme de mélasse ou confiture, dans la pharmacopée traditionnelle.

L’emploie des caroubes dans la pharmacopée, est justifié par leurs richesse en fibres,
tanins, calcium, et antioxydants (Puhan et al., 1996 ; Berrougui, 2007). La teneur élevée en
fibres, leur apportent une propriété dans la régulation du taux de glucose dans le sang, et la
réduction du taux de cholestérol sanguin (Loeb et al., 1989).

Des recherches phytochimiques approfondies, méritent d’être entamer afin de valoriser


cette espèce.

[Link] L’usage fourrager et mellifère


Plus de 24% des enquêtés, ont noté l’usage de caroubier comme fourrage, où les fruits
sont les plus utilisées, et présentent un bon fourrage pour l’engraissement du bétail.
D’après Thomas et al., 1983, les caroubes, sont utilisées de tous le temps, comme
nourriture pour le bétail.
Ceratonia siliqua L. est ainsi très appréciée en apiculture, comme excellent arbre
mellifère, où plus de 36% des enquêtés, ont affirmé cet usage, et ils ont confirmé que le miel
de caroubes, est de bonne qualité.
En effet, Hariri (2009) a noté l’usage de la fleur de caroubier, par les apiculteurs, dans la
production de miel.

139
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

[Link]. La catégorie commerciale


L’arbre de caroubier, est considéré, par plus de 26% des enquêtés, comme espèce
commerciale, où la commercialisation de ses fruits (les caroubes), constitue une activité
génératrice de revenu complémentaire, pour les exploitants.
Le prix d’un quintal de caroubes, varie de 15.000 DA à 20.000 DA, et peut atteindre
25.000 DA, et d’après les répondants il y a une forte demande des caroubes, cela reviens à
leur utilisation actuelle, dans les industries des médicaments, et agro-alimentaire, et autre
domaine (Chitt et al., 2007), ce qui prouve l’utilité de l’espèce comme source de revenu
supplémentaire de plusieurs familles.
Selon les interrogés, l’arbre de caroubier, est un patrimoine naturel, et ils affirment
l’existence des arbres de caroubier, qui ont plus de 70 ans (la période coloniale), tout ce
qu’ils font c’est le greffage.

[Link]. La catégorie environnementale


Le caroubier, est apprécié par 22.2% des enquêtés, dans la catégorie environnementale,
comme arbre d’ombrage, ornemental, utile contre l’érosion de terre…
En effet, Zouhair et al., (1996) signalent l’utilité de Ceratonia siliqua L., dans la
protection des sols contre l’érosion.
Le caroubier est également utilisé dans le reboisement des zones dégradées, grâce à sa
faible exigence, et sa grande tolérance pour les sols pauvres (Battle, 1997).
[Link]. Autre utilisation
Dans la catégorie « autre», le caroubier, est utilisé dans l’ethno-vétérinaire, et dans le
cosmétique, et le bois de Ceratonia siliqua L. est utilisé selon les répondants comme bois de
feu, et de charbon.

Cependant, il est à noter que Ceratonia siliqua L., est une espèce forestière, qui se
trouve à l’état spontané, et même cultivé ; c’est une excellente essence forestière sylvo-agro-
pastorale (Benmahioule et al., 2011) .

2.3.3 Disponibilité et facteur de menace sur Ceratonia siliqua L.

Selon les résultats de l’enquête, l’arbre de caroubier, est moyennement disponible, et


l’espèce ne semble pas être trop menacée dans la région d’étude.

Cependant, les facteurs qui peuvent affecter la survie de Ceratonia siliqua L., selon les
répondants sont représentés sur la Fig.75 :

140
CHAPITRE IV Résultats et Discussion

90%
79,10%
80%
67,70%
70%
60%
50%
40%
26,80%
30%
20% 11,10%
10%
0%

Figure 75 : Principaux facteurs de dégradation de Ceratonia siliqua L.

D’après la Fig.75, les feux de végétation, sont le premier facteur de menace sur
l’espèce, suivie par la surexploitation, qui comprend : la récolte des fruits avant leurs
maturités, et les coupes pour divers usages.
Les changements climatiques, avec les variations des précipitations et des températures,
peuvent affecter négativement l’espèce, selon les répondants.
La catégorie ‘Autre’, comprend : les maladies fongiques, les ravageurs et les insectes,
qui peuvent entrainer un affaiblissement de l’espèce, et la destruction de l’habitat naturel.
Ces différentes pressions exercées sur l’espèce, ont un impact négatif important, sur sa
survie, ce qui incite a adopter des pratiques, qui contribuent à atténuer certains de ces risques
et favoriser l’utilisation rationnelle de l’espèce, à travers une gestion durable.

Conclusion
Les légumineuses recensées, au niveau de notre secteur d’étude, possèdent une grande
importance, pour les populations locales, cette importance se voient tant sur le plan social
qu’économique.

D’un autre coté, l’étude ethnobotanique sur Ceratonia siliqua L., entamée au Nord de
la wilaya de Sétif, a prouvé le statut polyvalent de l’espèce, qui est à usages multiples, et la
bonne connaissance endogène détenue, sur cette espèce, prouve son utilité, et sa contribution
dans les activités socio-économiques de la population locale.

141
CONCLUSION GÈNÈRALE ET PERSPECTIVES
CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES

CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES

L’objectif de ce travail, était de promouvoir, la conservation et la valorisation, des


légumineuses, de la région de Sétif, à travers une contribution, à la connaissance des taxons,
constituant cette famille botanique, et en se concentrant, sur leurs potentiels socio-
économiques.

Notre travail de recherche, s’est basé sur deux volets :

- Le premier volet, correspond à une étude floristique, menée au niveau de deux stations
d’étude : Djebel Megress, et le massif forestier de Boutaleb ; et qui vise à inventorier les
espèces de légumineuses y présentent, avec une analyse de type biologique, la chorologie, la
morphologie, et la systématique.
- Le deuxième volet, concerne l’importance socio-économique des légumineuses, il s’est
articulé, autours de deux points :
 Le premier, est en rapport avec les espèces de légumineuses recensées, au niveau
des stations d’études, il avait pour but de dégager leurs importances, à travers, un
entretient, qui a ciblé les informateurs clés (les paysans, le personnel forestiers, les
agriculteurs, les éleveurs…..), associé à une recherche bibliographique.
 Le deuxième point, est une étude ethnobotanique, menée au nord de la wilaya de
Sétif, qui vise à valoriser une espèce, appartenant à la famille de légumineuses :
Ceratonia siliqua L. et faire ressortir ses utilités, et importances, au profit de la
population locale, ce qui contribue à sa valorisation et sa gestion durable.

Une check-list commentée, des légumineuses recensées, est disponible. La flore de


légumineuses recensée, s’est révélée riche et diversifiée, où nous avons enregistré 51 espèces
et sous espèces, réparties en 18 genres, soit prés de 11 % de la richesse spécifique globale, de
la famille de Fabaceae, de la flore Algérienne ; et prés de 27% de la richesse générique
globale, de cette famille botanique de la flore Algérienne.

L’inventaire floristique, réalisé au niveau de djebel Megress, a mis en évidence une


flore de légumineuse riche, représentée par 25 espèces, réparties en 6 genres : Trifolium,
Medicago, Lotus, Vicia, Anthyllis, Calicotome ; avec une prédominance du genre Trifolium
(64%). Ces résultats, se concordent, avec les résultats de Boulaacheb (2000) et Boulaacheb
(2009), qui ont révélé une flore de légumineuses riche, au niveau de djebel Megress, dominée
par le genre Trifolium, avec une contribution importante au cortège floristique y existant.

142
CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES

La forêt de Boutaleb, abrite une flore de légumineuses diversifiée, où on a recensé 33


espèces et sous espèces, répartis en 17 genres : Astragalus , Anthyllis , Calycotome , Genista
,Medicago, Trifolium, Hedysarum ,Hippocrepis ,Lotus ,Retama ,Ononis ,Melilotus ,
Scorpiurus, Argyrolobium, Ebenus, Coronilla , Colutea.
Cette richesse spécifique de la famille des Fabaceae, rejoint le travail floristique de
Sedjar (2012), où il a été souligné la présence de 42 espèces de légumineuses, avec une
contribution significative par rapport à l’ensemble de la flore y recensée.

L’analyse du spectre biologique, des légumineuses inventoriées, a montré une


dominance des thérophytes (45.45% au massif forestier de Boutaleb et 64% au Megress), ce
qui traduit une adaptation aux conditions défavorables du milieu (Daget ,1980), et témoigne
des perturbations de milieu, auxquelles nos stations d’études, sont sujettes (Surpâturage,
sécheresse....).
Quant à la chorologie des légumineuses inventoriées, on a signalé la dominance de
l’ensemble méditerranéen (54.45% à la forêt de Boutaleb, et 60 % au djebel Megress), qui est
l’élément dominant à la majorité des écosystèmes naturels en Algérie, et en bassin
méditerranéen en générale (Quezel, 1991).

Les critères d’endémisme, sont bien marqués au niveau de la forêt de Boutaleb, avec
une représentation de 18.18%, de l’ensemble des espèces de légumineuses y recensées. Quant
aux espèces rares, on a noté la présence de 4 espèces rares, sensu Quezel et santa (1962).

Le type morphologique des légumineuses inventoriées, a montré une dominance des


espèces annuelles (51.51% à la forêt de Boutaleb, et 76% au Megress), dont l’invasion, est
favorisée par les pressions anthropiques (Bindelle et al., 2013). Ce qui témoigne, des
perturbations, causées par de multiples facteurs, tels que : le surpâturage, l’activité humaine,
notamment l’activité pastorale, l’aridité, les incendies….

La totalité des espèces de légumineuses inventoriées, appartient à la sous famille des


Papillionnodea, elle se répartie sur 6 tribus, dont la tribu la plus riche en espèces, est la tribu
de Trifoliaea .

L’analyse factorielle de correspondance (A.C.C.), a permis de comprendre l’écologie, et


la distribution, des espèces de Fabaceae recensées lors de l’étude, suivant les variables
environnementales, et la physionomie de la végétation. La compréhension, de la répartition
naturelle, des légumineuses, permet de définir leurs adaptations écologiques, ce qui joue un
rôle capital dans le processus de leurs conservation.

143
CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES

Cependant, et à l’issue de cette étude floristique, il est nécessaire de noter, que des
signes de perturbations, ont été observés, dans plusieurs sites d’études, que ce soit au niveau
de djebel Megress, ou la forêt de Boutaleb, marqués essentiellement, par l’empreinte humaine
(surpâturage, les incendies, extractions de bois …), ce qui constitue une menace sur la flore de
légumineuses y présente.

L’entretient avec les informateurs clés, associé avec la recherche bibliographique, et


l’étude du milieu socio-économique, ont révélé l’importance des légumineuses recensée,
notamment comme ressource pastorale/fourragère, où elles se distinguent par leurs richesse en
protéines, en énergies et en matières azotées totales (Baumont et al., 2016) ; ce qui
contribue, à améliorer l’activité de l’élevage, encore plus, que le secteur d’étude, est marqué
par une activité d'élevage bien développée.

Au-delà, de son importance comme ressource pastorale ; les légumineuses recensées,


recèle des espèces mellifères, des espèces à vertus médicinales, et des espéces
ornementales/environnementales, ce qui traduit l’importance de cette famille botanique.

On a signalé également, la présence des espèces spontanées, apparentées aux espèces


cultivées (Vicia sativa L. et Medicago sativa L.), qui constituent une richesse génétique
fourragère, dont l’importance, réside dans les recherches scientifiques, relatives aux
programme de sélection fourragère (Hunter, 2012).

L’autre axe de l’étude ethnobotanique, a pour objectif la valorisation, d’une espèce de


légumineuses : Ceratonia siliqua L., à travers la documentation de ses utilités pour les
populations locales au Nord de la wilaya de Sétif, et la révélation des facteurs, qui menacent
sa survie.
L’enquête ethnobotanique menée, a révélé le potentiel d’utilisation de caroubier, et sa
contribution aux différentes activités socio-économique, de la population locale (alimentaire,
médicinale, commercial…).
En effet, Ceratonia siliqua L., possède une importance liée à la catégorie alimentaire
(92.7%), et la catégorie médicinale (85.5%), mais l’espèce est également appréciée par la
population d’étude, comme excellent arbre mellifère, et comme un bon fourrage.
Sur le plan économique, la commercialisation des fruits de Ceratonia siliqua L.,
constitue une activité génératrice de revenu complémentaire, pour les exploitants.
Suivant les résultats de l’enquête, et sur le plan environnemental, Ceratonia siliqua L.,
est bien perçue, comme arbre d’ombrage, d’ornement, et de lutte contre l’érosion du sol.

144
CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES

Cette documentation, sur l’importance et l’utilité de Ceratonia siliqua L., constitue une
étape essentielle, dans le processus de sa gestion durable, sa valorisation et sa conservation.

En somme, cette étude, montre la diversité biologique des espèces de la famille de


légumineuses, à la région de Sétif, et elle a fait ressortir, le potentiel économique, social et
écologique, exceptionnel de cette famille de plante.

Ces résultats, constituent une base de données, susceptible d’ouvrir des perspectives
intéressantes parmi lesquelles :

- Djebel Megress, et la forêt de Boutaleb, abritent une flore de légumineuses, riche et


diversifiée, malgré la forte pression, à laquelle ces territoires sont soumis, ce qui incite à
prendre des mesures de conservation, et de gestion adaptées, pour minimiser ces pressions, et
procéder à une restauration de l'environnement naturel, de ces stations, endommagées par
plusieurs facteurs, notamment par le surpâturage et les incendies.

- Mettre en œuvre, une stratégie pour prévenir le surpâturage, par la mise en place d’une
gestion pastorale contrôlée, limitant le libre pâturage, à travers la restriction du nombre
d'animaux par zone de pâturage, et de ce fait, réduire la pression exercée sur les plantes,
notamment la flore de légumineuses, et conserver la qualité de l'habitat.

- Le développement de protocoles de gestion, de conservation, et d’utilisation rationnelle


des légumineuses, et l'achèvement de l'inventaire floristique, de cette famille botanique, dans
cette zone d’étude, et d’autres secteurs du pays.

- Des efforts, de conservation et de valorisation, du patrimoine fourrager, devraient davantage


porter sur les légumineuses, étant donné, la richesse de cette famille, en une variété d’espèces
pastorales/fourragéres, à intérêts promoteurs.

- Mener des études scientifiques, et des recherches phytochimiques, pour mieux comprendre
les vertus thérapeutiques, des espèces de légumineuses citées dans l'étude, et pour montrer la
valeur nutritive, et les caractéristiques biochimiques, de différents genres de légumineuses,
réputés par leur intérêts fourragers comme : Vicia, Lotus, Medicago, Trifolium, Hedysarrum..

- Il est important de rappeler, que la préservation des légumineuses, ne peut se faire


séparément du reste de la communauté florale.

145
CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES

- Impliquer les populations locales, dans les décisions concernant la conservation des
ressources naturelles, en tenant compte, de leurs différents besoins, et leurs perceptions sur les
menaces de survie de la végétation dans son ensemble.

- Sensibiliser les communautés locales, les éleveurs, les agriculteurs, les paysans, sur
l’importance des légumineuses, pour la biodiversité, et pour le maintient des sevices
écosystémiques, et encourager un développement rural approprié, en évitant la surexploitation
des ressources naturelles.

- Mettre en place, des procédures de conservation, et d'exploitation durable de Ceratonia


siliqua L., compte tenu de son importance avérée, dans les différents aspects de la vie, et sa
contribution à l’économe rurale.

- Documenter les perceptions locales, sur l’importance économique, sociale et écologique, des
espèces de légumineuses réputées actives, afin de mettre en place des politiques de gestion, de
conservation et d'utilisation durable de cette ressource végétale.

- Promouvoir l’utilisation des légumineuses dans les différents aspects socio-économiques.

Bien que, cette étude sur les légumineuses, dans la wilaya de Sétif, nous ait permis de
mieux connaître la diversité spécifique, de cette famille de plante, et ses intérêts socio-
économiques, il reste encore beaucoup de travail à faire, afin de dresser une liste exhaustive
de toutes les légumineuses présentes dans les écosystèmes du Sétifois, ainsi que celles
utilisées dans les différentes catégories.
Par conséquent, il est nécessaire de poursuivre les recherches, afin d’enrichir les
résultats de cette étude.

146
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162
ANNEXES
Annexe 01

Annexe 01 : Modèle Numérique de Terrain MNT Sétif (07/05/2020) (SRTM)

163
Annexe 02

Annexe 02 : Carte de localisation de djebel Megress extraite de la carte topographique


Feuille de Kherrata et de Sétif 1/25000 (Boulaacheb, 2009)

164
Annexe 03

Annexe 03 : Guide d’entretien sur l’importance de la flore de légumineuses recensée

Identification
 Date :
 Commune :
 Lieu dit :
 Couche Sociale :
Matériel Végétal
 Nom scientifique :
 Nom vernaculaire :
 Quelle est l’importance et l’usage que vous connaissez de la plante ?
 Cette espèce est elle cultivée ?
Aspect Médicinal
 Quels sont les parties utilisées dans cette catégorie ?
 Quels sont les symptômes et les maladies traitées sur la base de cette plante ?
Aspect Fourrager/Mellifère
 Le fourrage de cette plante est - t'il de bonne qualité ?
 Cette plante est elle une bonne espèce mellifère ?
Menace et facteur de risques
 Á votre avis, quels sont les facteurs de menaces qui pèsent sur la végétation en général et
ces espèces en particulier ?

165
Annexe 04

Annexe 04 : Fiche questionnaire sur l’importance socio-économique de


Ceratonia siliqua L.
Identification
 Date :
 Commune :
 Numéro de fiche :
Profil de l’informateur
 Âge : □ 20-30 □ 31-60 □ >60 ans
 Sexe : □Masculin □ Féminin
 Niveau d’étude : □Primaire □Moyen □ Secondaire □Universitaire
 Catégorie socioprofessionnelle : □ Herboriste □ Agriculeur □ Fonctionnaire □ Autre…….

Matériel végétal : Ceratonia siliqua L.


 Nom vernaculaire: ……………………………………….
 Quelle utilisation connaissez-vous de l’espèce ?
□ Fourragère □ Alimentaire □ Mellifère □ Thérapeutique □ Commerciale □ Ornementale/
environnemental □ Autre……………………………………

Aspect Alimentaire
 Quelle partie de l’espèce est consommée ?
 Le mode de préparation ?
Aspect Thérapeutique
 Quelles sont les maladies que vous soignez avec le caroubier?
 Quelles sont les parties utilisez ?
 Mode de préparation :
Aspect Fourrager et Mellifère
 Le fourrage de cette plante est - t'il de bonne qualité ?
 Si la réponse est oui pourquoi ?
 Cette espèce est- elles cultivée? □ Oui □ Non
 Comment évaluer l’intérêt apicole de l’espèce : □ Excellent □ Bon □ Médiocre
Aspect Commercial
 Quels sont les produits ou sous produits de cette espèce qui sont vendus sur le marché ?
 Quel est le prix de vente ?
Disponibilité et facteurs de menaces de Ceratonia siliqua L.
 À votre avis, quel est l’état de disponibilté de l’arbre de caroubier dans votre région ?
 Est ce qu’il est somis à des pressions ? □ Oui □ Non
 Si la réponse est Oui, quelles sont ces facteurs de pression qui pésent sur l’espèce ?

166
Annexe 05

Annexe 05 : Type biologique, Chorologie, Habitats et rareté des légumineuses du massif


forestier de Boutaleb (Quezel & Santa, 1962)

Espèce Écologie Fréquence Type Type


(Habitat) biologique chorologique
Argyrolobium zanonii (Turra) Pâturages C Thé Méd
P.W Ball
Anthyllis vulneraria subsp. Broussailles- CC He Eur-Méd
maura (Beck) Maire pâturages
Astragalus armatus Willd Pâturages des AC Ch End.N.A
montagnes

Astragalus hamosus L. Pâturages, forêts AC Thé Méd


claires
Astragalus monspessulanus L. Forêts claires,
pâturages AC He Eur-Méd
Astragalus echinatus Murray Broussailles, C Thé Méd
terrains argileux
Astragalus sesameus L. Pâturages, forêts C Thé W-Méd
claires
Colutea atlantica Browicz Forêts claires AC Ph Méd

Coronilla minima L. Forêts, AC Ch Med-Eur


broussailles
Coronilla scorpioides (L.) Pâturages, C Thé Med
W.D.J. Koch culture
Calycotome spinosa (L.) Forêts
Link broussailles CC Nph W. Méd

Ebenus pinnata L. Broussaille, C Ch End.N.A.


pâturages
Genista microcephala Coss & Broussailles, / Nph End. N.A.
Durieu. steppes.

Genista tricuspidata ssp . eu Broussaille CC Nph End. N.A.


tricuspidata
Hedysarum perrauderianum Forêts claires R / End
Coss. sur marnes
Hippocrepis cyclocarpa Murb. Broussailles, C Thé Méd
pâturages
Hippocrepis atlantica Ball. Broussailles, C He [Link]
(= H. scabra D.C.) pâturages
Lotus ornithopodioides L. Pâturages, forêts C Thé Méd
claires
Lotus creticus L. Montagnes de AC He Méd
l’intérieur
Lotus corniculatus L. Prairies AC He Eur-Asie
Humides

167
Annexe 05

Medicago polymorpha L. Broussailles C Thé Méd


pâturages
Medicago orbicularis (L.) Forêts C Thé Méd
Bartal . pâturages
Medicago ciliaris Kroch. Pâturages, C Thé Méd
prairies.
Medicago sativa L. Champs CC He Sub-cosm
Broussailles
Medicago minima (L.) L. Broussailles, C Thé Eur-Méd.
pâturages
Medicago murex Willd. Broussailles, AC Thé Méd
pâturages
Melilotus indicus (L.) All. Cultures AC Thé Méd.-As
Ononis natrix L. / C Ch Méd.

Retama raetam Webb / C Nph Sah-Sind.

Retama sphaerocarpa (L.) Pâturages C Nph Ibéro-Maur


Boiss. rocailleux
Scorpiurus vermiculatus L. Champs C Thé Méd
Pâturage
Trifolium campestre Pâturages C Thé Paléo-temp
Schreber
Trifolium stellatum L. Forêts-prairies C He Euras
humides

168
Annexe 06

Annexe 06: Type biologique, Chorologie, Habitats et rareté des légumineuses de djebel
Megress (Quezel & Santa,1962)

Espèce Ecologie Fréquence Type Type


biologique chorologique
Anthyllis tetraphylla L. Pâturages C Thé Méd
Anthyllis vulneraria L. Broussailles-pâturages CCC He Eur-Méd

Calycotome spinosa (L.) Forêts-broussailles CC Nph W. Méd


Link
Lotus corniculatus L. Prairies humides AC He Eur-Asie
Lotus edulis L. Pâturages-forêts C He Méd
claires
Lotus ornithopodioides L. Pâturages-forêts C Thé Méd
claires
Medicago polymorpha L. Broussailles-pâturages C Thé Méd
Medicago orbicularis (L.) Forêts-pâturages C Thé Méd
Trifolium angustifolium L. Forêts claires C Thé Méd

Trifolium campestre Pâturages CC Thé Paléo-temp


Schreber
Trifolium cherleri L. Forêts-broussailles C Thé Méd
pâturages
Trifolium fragiferum L. Prairies humides AC He Euras-Méd
Trifolium glomeratum L. Pâturages AC Thé Méd-Atl

Trifolium lappaceum L. Forêts claires- C Thé Méd


pâturages
Trifolium leucanthum M.B. Pâturages humides des RR Thé Méd
montagnes
Trifolium ochroleucum Forêts des montagnes C He Euras
Huds. au dessus de 1000 m
Trifolium pratense L. Forêts-prairies AR He Euras
humides
Trifolium resupinatum L. Pâturages C Thé Méd
Trifolium repens L. Prairies humides C He Circumbor
Vicia sativa L. Broussailles-pâturages C Thé Eur-Méd
prairies
Trifolium arvens Forêt clairs pâturages CC Thé Paléo-temp

Trifolium stellattum L. Broussailles-pâturages CC Thé Méd


Trifolium striatum L. Broussailles-pâturages C Thé Méd
Trifolium strictum L. Pâturages humide AR Thé Med-Atl
Trifolium tomentosum L. Pâturages humide C Thé Méd

169
Annexe 07

Annexe 07 : Relevé floristique au niveau du massif forestier de Boutaleb

Table I : Caractéristiques stationnelles des relevés au massif forestier de Boutaleb


Relevé Altitude Exposition Pente(%) Formation végétale

R1 1100 S 15 Matorral bas clair de


Juniperus oxycedrus L.
et Juniperus phoenicia L.
R2 1431 N 15 Forêt dégradée de Pinus
halepensis Mill
R3 1454 N 15 Ermes
Matorral clair dégradée de
R4 1509 SE 10 Pinus halepensis Mill
et Juniperus oxycedrus L
R5 1497 NE 20 Matorral de
Pinus halepensis Mill
Quercus ilex L.
R6 1466 NO > 35 Matorral de
Quercus ilex L. et
Juniperus oxycedrus L.
R7 1366 N 20 Matorral clair de Quercus ilex L.
R8 1745 NO 25 Forêt clair de
Cedus atlantica Manetti
R9 1768 N >35 Forêt troué de
Cedrus atlantica Manetti
R10 1792 N >35 Forêt clair de
Cedrus atlantica Manetti
R11 1577 N 25 Matorral arboré de Pinus
halepensis Mill
R12 1672 N 10 Pelouse
R13 1663 N 10 Forêt clair de
Cedrus atlantica Manetti
R14 1571 NE 15 Forêt clair de
Pinus halepensis Mill
R15 1281 NE 20 Matorral clair de
Quercus ilex L.
R16 1293 S 5 Forêt clair de
Pinus halepensis Mill
R17 1092 S 10 Matorral à Quercus ilex L.
Juniperus oxycedrus L.
R18 1067 SO 10 Matorral de
Quercus ilex L.
R19 1345 E 10 Matorral de
Quercus ilex L.
Juniperus oxycedrus L.
R20 1279 N 10 Matorral de
Quercus ilex L.
Juniperus Oxycedrus L.

170
Annexe 07

N° de Relevé R1 R2 R3 R4 R5 R6 R7 R8 R9 R10 R11 R12 R13 R14 R15 R16 R17 R18 R19 R20
Genre et Espèce
Anthyllis vulneraria L. subsp. maura Becker +.2 +.1 +.1 +.1
Argyrolobium zanonii (Turra) [Link] +.1 +.1
Astragalus armatus Willd +.1 +.1 +.1 +.1 1.1 1.1 +.1 +.1
Astragalus hamosus L. +.1 +.1 +.1 +.1
Astragalus monspessulanus L. +.1 +.2
Astragalus sesameus L. +.1 +.1
Astragalus echinatus Murr. +.1
Calicotome spinosa (L.) Link 1.1 1.1 1.1 +.1 +.1
Colutea atlantica Browicz +.1
Coronilla minima L. +.1 +.1 +.1
Coronilla scorpioides (L.) W.D.J. Koch +.1
Ebenus pinnata L. +.1 +.1
Genista microcephala Coss & Duri 1.1 +.1 +.1 1.2 +.1 +.1 +.1
Genista tricuspidata ssp . eu tricuspidata. 1.1 +.1 2.2 +.1 +.1 1.2 +.1
Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu +.2
Hippocrepis atlantica Ball. +.1 +.1
Hippocrepis cyclocarpa Murb +.1
Lotus corniculatus L. +.1 +.2 +.2 +.1
Lotus creticus L. +.1 +.2
Lotus ornithopodioides L. +.1 +.2 +.1
Medicago ciliaris Kroch. +.2
Medicago minima L. +.2 +.1 1.2 +.1 +.1 +.2
Medicago murex Willd. +.1
Medicago orbicularis (L.) Bartal . +.2
Medicago polymorpha L +.1 +.1
Medicago sativa L. +.1
Melilotus indicus (L.) All. +.1 +.1
Ononis natrix L +.2 +.2
Retama raetam (Forssk) Webb. 1.1 +.1 1.1 +.1
Retama sphaerocarpa (L.) Boiss. +.1 +.1
Scorpiurus vermiculatus L. +.1 +.2
Trifolium campestre Screber +.2 +.1
Trifolium stellatum L . +.2

171
Annexe 08

Annexe 08 : Relevé floristique au niveau de djebel Megress


Table II : Caractéristiques écologiques des sites Megress (Relevé)
Relevé Exposition Pente % Altitude (m)
01 S 5 1681
02 SW 5 1693
03 N 5 1616
04 SE 5 1590
05 SE >25 1581
06 S 10 1450
07 SE >25 1603
08 NW 10 1600
09 N 15 1588
10 E 5 1672
11 SW 10 1506
12 S 10 1450
13 N 5 1701
14 S 5 1611
15 S 15 1585
16 S 20 1577
17 NE 10 1628
18 NE 10 1611
19 S 10 1738
20 S 15 1739
21 S 5 1725
22 O 5 1749
23 NE 5 1733
24 S 5 1728
25 S 5 1731
26 N 15 1711
27 NE 5 1704
28 N 15 1561
29 N 5 1062
30 N 10 1640
31 S 5 1556
32 S 5 1600
33 S 5 1579
34 S 15 1658
35 E 10 1684
36 E 10 1626
37 E 5 1634
38 N 20 1732
39 SE 10 1611
40 NE 5 1705
41 N 10 1402

172
Annexe 08

R1 R2 R3 R4 R5 R6 R7 R8 R9 R10 R11 R12 R13 R14 R15 R16 R17 R18 R19 R20 R21 R22 R23 R24 R25 R26 R27 R28 R29 R30 R31 R32 R33 R34 R35 R36 R37 R38 R39 R40 R41
Anthyllis tetraphylla L. +.1 +.1 +.1
Anthyllis vulneraria L. 1.2 +.1 1.1 +.1 +.2 +.2 +.1 +.1 +.1 +.1 +.1 1.2
Calicotome spinosa ( L.) Link +.1 1.1 +.1 +.1 +.1 +.1 +.1 1.1 +.1
Lotus corniculatus L. +.2 +.1 +.1 1.1 +.1 +.1 +.1 +.1
Lotus edulis L. +.1
Lotus ornithpoidie L. +.1
Medicago polymorpha L. +.1 +.1 +.2 +.1 +.1
Medicago orbicularis L. +.1
Trifolium arvens L. +.2 +.1
Trifolium fragiferum L. +.1 +.1 +.1
Trifolium angustifolium L 1.2 +.2 +.2 +.1 1.2 +.2 1.2 +.2 +.2
Trifolium campestre Schreber L.
+.3 1.2 1.2 +.2 +.2 1.3 +.2 1.2 +.2 +.1 +.2 +.2 1.2 +.2 +.1 1.2
Trifolium cherleri L. +.1 +.2 +.2 +.1 +.2 +.1
Trifolium glomeratum L. +.1 +.1 +.1
Trifolium lappaceum L. +.1 +.1
Trifolium lencanthum M.B +.1 +.1
Trifolium ochroleucum L. +.2 +.1 +.1
Trifolium pratense L. +.1 +.1 +.1
Trifolium repens L. +.2 +.2 +.1 +.1
Trifolium resupinatum L. +.2 +.1 +.1 +.1 +.1
Trifolium stellattum L. 1.2 1.2 +.2 1.2 +.1 1.2 +.1
Trifolium striatum L. +.1 +.1
Trifolium strictum L. 1.2 +.1 +.1 +.1 +.1
Trifolium tomentosum L. +.1 1.1 +.1 +.1
Vicia sativa L. +.1

173
Annexe 09

Annexe 09 : Photos de quelques espèces de légumineuses recensées


(Bouchelouche, 2021-2022)

Vicia sativa L. Astragalus armatus Willd.

Astragalus hamosus L. Lotus creticus L.

Medicago sativa L. Trifolium striatum L.

174
Annexe 09

Astragalus monspessulanus L. Colutea atlantica Browicz.

Genista tricuspidata ssp . eu tricuspidata. Retama sphaerocarpa (L.) Boiss

Genista microcephala Coss et Dur Retama raetam (Forssk) Webb.

175
Annexe 09

Argyrolobium zanonii (Turra) Calicotome spinosa (L.) Link

Hedysarum perrauderianum Coss.& Durieu Anthyllis vulneraria subsp. maura (Beck)


Maire

Anthyllis vulneraria L. Trifolium angustifolium L.

176
Annexe 09

Trifolium tomentosum L. Lotus corniculatus L.

Trifolium campestre Schreb. Trifolium stellatum L.

Trifolium cherleri L. Trifolium resupinatum L.

177
Annexe 09

Trifolium arvense L. Trifolium fragiferum L.

Trifolium glomeratum L. Trifolium ochroleucum Huds.

Hippocrepis cyclocarpa Murb. Trifolium lappaceum L.

178
Annexe 09

Ononis natrix L. Lotus ornithopodioides L.

Scorpiurus vermiculatus L. Lotus creticus L.

Trifolium repens L. Medicago minima (L.) L.

179
‫ملخص‬
‫ غابة بوطالب وجبل‬:‫ تم إجراء جرد نباتي محدد في محطتين دراسيتين‬،‫ و تثمين أنواع البقوليات في منطقة سطيف‬،‫من أجل المساهمة في حفظ‬
٪88 ‫ جنسًا ؛ والتي تمثل ما يقرب من‬81 ‫ موزعة على‬،‫ نوعًا ونوعا فرعيا من النباتات من عائلة البقوليات‬51 ‫ تم وضع قائمة نباتية تضم‬.‫مجرس‬
،therophytes ‫ أظهر تحليل الطيف البيولوجي هيمنة نباتات‬.‫ من أجناس البقوليات المحلية‬٪72 ‫ وحوالي‬،‫من أنواع البقوليات المتواجدة في الجزائر‬
‫ بنسبة‬،‫ فهناك سيطرة لعناصر البحر األبيض المتوسط‬،‫ أما بالنسبة للكورولوجيا‬.‫ في جبل مجرس‬٪46 ‫ و‬،‫ في غابة بوطالب‬٪45.45 ‫ممثلة بنسبة‬
4 ‫ حيث لوحظ وجود‬، ‫ معايير التوطن واضحة على مستوى غابة بوطالب‬.‫ على مستوى جبل مجرس‬٪46 ‫ و‬، ‫ على مستوى غابة بوطالب‬٪54.54
‫ موزعة‬Papillionnodea ‫ تنتمي البقوليات المحصاة إلى الفصيلة الفرعية‬.‫ أنواع نادرة من البقوليات‬6 ‫ مع تسجيل‬،‫أنواع من البقوليات متوطنة‬
،‫ أظهر التحليل العددي للبقوليات‬. ‫ كما أن أغلبية البقوليات المحصاة هي أعشاب سنوية‬،‫ األكثر ثرا ًءا‬Trifoliaea ‫ وتعتبر فصيلة‬،‫ فصائل‬4 ‫على‬
‫ والتي تعد‬،‫ علفية‬/ ‫ على أنواع ذات إمكانات رعوية‬،‫ تحتوي النباتات البقولية المحصاة‬.)..‫ االنحدار‬،‫ ( االرتفاع‬،‫نمط توزعها وفق متغيرات بيئية‬
‫ تجدر اإلشارة إلى‬.‫ و نباتات ذات أهمية بيئية‬،‫ نباتات تستميل النحل‬،‫ نباتات طبية‬:‫ كما تحتوي على‬،‫أحد األصول لتطوير تربية الماشية في المنطقة‬
:‫ تناول البحث دراسة عرقية حول‬،‫ بهدف تحديد البقوليات ذات األولوية في التثمين‬.‫ بما في ذلك الرعي المفرط‬،‫أن البقوليات تواجه ضغوطًا مختلفة‬
‫ يساهم في تحسين الصحة والتغذية و دخل المجتمعات‬،‫و قد تبين أنه نوع له استخدامات متعددة‬،)‫ (شجرة الخروب‬Ceratonia siliqua L.
‫ تحتوي على‬،‫ منطقة سطيف هي موطن لتنوع بيولوجي مهم للنباتات من عائلة البقوليات‬.‫ كما انه يؤدي وظائف إيكولوجية وبيئية مختلفة‬،‫المحلية‬
.‫ ومن هنا تأتي الحاجة إلى وضع استراتيجيات إدارة وتنمية لهذا المورد الطبيعي‬، ‫ اجتماعية وبيئية استثنائية‬، ‫إمكانات اقتصادية‬
Ceratonia siliqua L. ، ‫ األهمية االقتصادية واالجتماعية‬، ‫ جرد النباتات‬،‫ سطيف‬،‫ البقوليات‬:‫الكلمات المفتاحية‬
Résumé :
Afin de contribuer, à la conservation et la valorisation des espèces de légumineuses, dans la région de Sétif, un
inventaire floristique spécifique a été mené, au niveau de deux stations d’études : le massif de Boutaleb et djebel
Megress. Un bilan de 51 espèces et sous espèces, de légumineuses, est noté, réparties en 18 genres, ce qui
représente prés de 11% de la richesse spécifique, et prés de 27% de la richesse générique, des légumineuses de la
flore Algérienne. Le spectre biologique, montre une dominance des thérophytes, représentés par 45.45% à la
forêt de Boutaleb, et par 64% au djebel Megress. Quant à la chorologie, on constate une dominance des éléments
méditerranéens, avec 54.54% au niveau de Boutaleb, et 60 % pour djebel Megress. Les critères d’endémisme,
sont bien marqués au niveau du massif de Boutaleb, où on a enregistré 6 espèces de légumineuses endémiques.
Cependant, on a noté 4 espèces rares de légumineuses. Les légumineuses inventoriées, appartiennent à la sous
famille des Papillionnodea, et se répartissent entre 6 tribus, dont la tribu Trifoliaea, est la plus riche en espèces.
Sur le plan morphologique, la majorité des légumineuses identifiées, sont des espèces annuelles. L’analyse
numérique, nous a indiqué le schéma de distribution des légumineuses, suivant des variables environnementales
(altitude, pente..). Les légumineuses recensées, recèlent : des espèces à potentialité pastoral / fourragère,
constituant un atout pour le développement de l’élevage dans la région ; des espèces mellifères ; médicinales, et
des espèces à intérêt environnemental. Cependant, les légumineuses, font face à diverses pressions anthropiques,
notamment le surpâturage. Afin d’identifier les légumineuses prioritaires à valoriser, une étude ethnobotanique, a
concerné Ceratonia siliqua L. (Le caroubier). Cette espèce, s’est révélée à usages multiples, contribuant à
améliorer la santé, la nutrition, et le revenu des communautés locales, et elle remplit ainsi, diverses fonctions
écologiques. La région de Sétif, renferme une diversité spécifique des légumineuses importante, avec un
potentiel économique, social, et écologique exceptionnel, ce qui nécessite la mise en place des stratégies de
gestion, et de valorisation, de cette ressource naturelle.
Mots Clés : Les légumineuses, Sétif, Inventaire floristique, Importance socio-économique, Ceratonia siliqua L.
Abstract
With the aim of contributing to the preservation and valorization of legume species in the Sétif region, a specific
floristic inventory was conducted, at the level of two study stations: the Boutaleb forest and djebel Megress. A
global assessment of 51 species and subspecies of legumes, is noted, divided into 18 genera, which represents
about 11% of the specific richness, and about 27% of the generic richness, of the legumes of the Algerian flora.
The biological spectrum shows a dominance of therophytes, represented by 45.45% in the Boutaleb forest, and
by 64% in the djebel Megress. As for chorology, there is a dominance of Mediterranean elements, with 54.54%
at the level of Boutaleb, and 60% for djebel Megress. The criteria of endemism are well marked at the level of
the forest of Boutaleb, where 6 species of endemic legumes have been recorded. However, 4 rare species of
legumes have been recorded. The legumes inventoried belong to the Papillionnodea subfamily, and are divided
into 6 tribes, of which the Trifoliaea tribe is the richest in species. Morphologically, the majority of identified
legumes are annual species. The numerical analysis, showed us the distribution pattern of legumes, according to
environmental variables (altitude, slope..). The listed legumes contain: species with pastoral/ forage potential,
which are an asset for the development of livestock in the region; melliferous species; medicinal species, and
species of environmental interest. However, legume taxa face a variety of anthropogenic pressures, including
overgrazing. In order to identify the priority legumes to be valued, an ethnobotanical study concerned, Ceratonia
siliqua L. (The carob tree). This species, has proven to have multiple uses, contributing to improve the health,
nutrition, and income of local communities, and thus performs various ecological functions. The region of Sétif,
contains a specific diversity of legumes, with exceptional economic, social, and ecological potential, which
requires the implementation of strategies for the management, and valuation, of this natural resource.
Key words : Legume, Setif, floristic inventory, Socio-economic importance, Ceratonia siliqua L.
Acta Ecologica Sinica 43 (2023) 712–720

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Acta Ecologica Sinica


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Ethnobotanical knowledge and socio-economic importance of Ceratonia


siliqua L (Fabaceae) in the North of Setif (North-East of Algeria)
Bouchelouche Asma *, Hani Meriem, Lebazda Rafika
University Ferhat Abbas Setif 1, Faculty of Natural and Life Sciences, Laboratory of Valorization of Natural Biological Resources, Setif, Algeria

A R T I C L E I N F O A B S T R A C T

Keywords: The knowledge of the usefulness of plant species by the local population, is an important factor for their con­
Ethnobotanical uses servation. Ceratonia siliqua L; The carob tree, or El Kharoub in Arabic, is a Mediterranean tree with many virtues.
Ceratonia siliqua L In Order to list the ethnobotanical knowledge, and the socio-economic importance, of Ceratonia siliqua L.
North East Algeria
(Fabaceae family); in the province of Setif (North-East of Algeria), individual ethnobotanical surveys, were
Socio-economic importance
Setif
organized, among the local population, using 180 questionnaire forms; the surveys collected sociodemographic
data (age, gender, education level) and traditional knowledge on Certaonia siliqua L. (part used, mode of use,
category of use, traditional recipe…)
The results, collected throughout the structured interview, were analyzed using quantitative indices, in terms
of: Use values (UV); Relative Citation Frequencies (RCF): Diversity indice (ID) and Equitability indice (IE) of the
respondent; and the Consensus Value of Use Type (Cs). In total, more than five categories of use of Ceratonia
siliqua L. were identified by the different groups of respondents; of which the most cited are the food category
(92.5%) and the medicinal category (85.5%); where nearly 15 diseases and symptoms are cured mainly by the
fruit of Ceratonia siliqua. L.
In terms of economic importance, the sale of the fruits of Ceratonia siliqua L. (carob) is a potential source of
income for the local population; it can provide up to 100,000 D.A per year.
The highest Use Value, are obtained among adults (UV = 5.82), men (UV = 5.74) and among the educated of
average level (UV = 5.15). For the whole, the total diversity value, as well as the equitability value, are
respectively 4.82 and 0.89, these values indicate a diversity and a homogeneity, of the knowledge of the pop­
ulations, on the uses of the species. The results obtained, constitute a very valuable source of information, for the
development of conservation strategies, and sustainable use of the target species, in the study area, and its
products; and a database for future research in the field and for Ceratonia siliqua L.

1. Introduction anthropic) [4] moreover, the survival of many plant with endogenous
knowledge, of their use is threatened, and the risk of disappearance of
In the world, about a billion people derive their income from the use these endogenous knowledge, is very great, if they are not documented;
of wild natural resources [1]; Man in the search for wellness, has used hence the importance of highlighting our plant resources, through the
plants for food, health and to obtain income [2] Over the years, different realization of ethnobotanical research works, in order to document, and
peoples have developed interdependent relationships, with the sur­ thus to perpetuate the traditional knowledge, of plants reputed to be
rounding plant and animal species, which involve traditional knowledge active [5], among these plants, is. Ceratonia siliqua L (Carob tree) object
accumulated, and transmitted from generation to generation, forming of the present study, Mediterranean tree, of indisputable ecological,
the basis of valuation and exploitation of these resources by these industrial and ornamental importance. [6]
Communities. [3] The objective of this publication is to document the traditional
Algeria is one of the richest countries, in biodiversity, this biodi­ knowledge of Ceratonia siliqua L, and to evaluate the variation in the
versity is important for the Algerian economy; however, despite this level of traditional knowledge of the species according to the sex, the
importance, several threats weigh on this heritage, (natural and age, and the level of study; and to highlight, its socio-economic

* Corresponding author.
E-mail address: [Link]@[Link] (B. Asma).

[Link]
Received 18 June 2022; Received in revised form 3 October 2022; Accepted 5 December 2022
Available online 13 December 2022
1872-2032/© 2022 Ecological Society of China. Published by Elsevier B.V. All rights reserved.
B. Asma et al. Acta Ecologica Sinica 43 (2023) 712–720

Fig. 1. Location of the study area.

importance, for the population in the North of Setif province; specif­ endogenous knowledge of the populations of Setif, on the various uses of
ically, the study aims at listing the ethnobotanical knowledge of Cera­ Ceratonia siliqua L.; in the perspective of an implementation of a global
tonia siliqua L, and analyze the ethnobotanical information using strategy of conservation, and management; compatible with the local
quantitative indices of use values (UV); Relative citation frequencies development of this resource.
(RCF): Diversity (DI) and Equitability Indices (IE) of the respondent; and
the Consensus value of Types of Use (Cs). 2. Materials and methods
However, specific studies on the ethnobotanical importance of this
species, have been little discussed; consequently its contribution to the 2.1. Study area
standard of living of the populations, and the economy remains little or
not known, that is why it is necessary in the optics of a sustainable The present study, was conducted in the province of Setif, located in
management, to carry out such an investigation, in order to enhance the the North East of Algeria (300 km from the capital Algiers). The province

Fig. 2. A Ceratonia siliqua L. plant on the right with its fruits (carobs) on the left.

713
B. Asma et al. Acta Ecologica Sinica 43 (2023) 712–720

Table 1 the same number of respondents (Table 1), who were surveyed indi­
Distribution of survey forms according to Station. vidually, by means of a structured questionnaire, based on their socio­
Station names Number of survey forms demographic profile, and ethnobotanical data, such as the categories of
use of the species, and the economic impact of its exploitation, the
Bouandas 30
Tizi N'Bechar 30 diseases treated, etc.
Bousselam 30 The software: Microsoft Excel 2016, IBM SPSS statistics 22, and R
Oued el Bared 30 were used for data processing and analysis.
Babor 30
M'zada 30
Study Area (North of Setif) 180
2.4. Data processing and analysis

of Setif is located in the high plains of Eastern Algeria, it occupies a Three different parameters were calculated:
central position and constitutes a crossroads surrounded by 6 provinces.
It covers an estimated area of 6549.64 km2, and it is composed of 60 2.4.1. Relative citation frequencies (RCF)
municipalities, divided into 20 Daïras. Its altitude is between 900 and Expressed as a percentage (%), given by the formula used by Dossou
2000 m [7]. It is characterized by a Mediterranean climate ranging from et al. (2012) [18].
humid to semi-arid [8]. S
The present study was conducted especially in the northern part of RCF = X 100.
N
the province of Setif, (the choice of the north is explained by the natural
presence of the species in question). Where:
The northern part of the province of Setif; presents a relatively S: the number of people, who provided a response for a given use.
rugged relief, dominated by forested mountains; the Babors chain is part N: the total number of people interviewed.
of it, with peaks reaching 2000 m (Djebel Babor). [9] The Chi-square test of independence, was carried out, to see if there
The study was carried up at the level of 6 communes namely: Tizi is a relationship of dependence or not, between the frequency of citation,
N'Bechar, Babor, Oued el Bared, Bouandas, M'zada, Bousselam. (Fig. 1). of the different categories, and the socio-demographic characteristics
(gender, age and education level).
2.2. Description of the species
2.4.2. Ethnobotanical use value
Ceratonia siliqua L. (Fig. 2) belongs to the legume family (Fabaceae), The calculation of the ethnobotanical use value, of the species for a
it is a typically Mediterranean species, widely distributed in Algeria, as given category, was done using the formula of Lykke and al. (2004) [19]:
spontaneous stands in coastal and semi-arid regions. [10] ∑n si
It is a tree, whose height can reach 7 to 20 m, the carob tree can live UV (i) = i n
until 200 years. [11] Its evergreen leaves are quite large (10 to 20 cm
With:
long), and consist of 4 to 10 opposite leaflets, oval or elliptical (3 to 7 cm
UV (i): the use value of the species (i) for a given category
long), the carob tree loses its leaves every two years, in the month of
Si: the use score given by the respondents
July.
n: the number of respondents for a category of use
This tree, develops a tap root system, which can reach 18 m depth
[12]. The carob tree is a dioecious species, and rarely monoecious [13],
2.4.3. Diversity index (DI) and equitability index (EI) of the repondent
the flowers are very small (6 to 16 mm length), they secrete nectarif­
Shannon's Ecological Index of Diversity(1949) [20], was used to
erous substances, [14] The flowering appears in winter, the fructifica­
estimate the diversity of uses of Ceratonia siliqua L. This index is calcu­
tion, is between July and December, of the year following the flowering
lated by the following formula:
[12]., the fruit develops very long, in fact To reach maturity, the carob
generally requires between 9 and 10 months [11] The pulp and seeds are ∑(ni) (ni)
the two main components of the carob pod, and represent respectively ID = − ln ; ID ε [0, n]
N N
90% and 10% of its total weight. [15] The carob tree is a species, which
behaves as a species, very resistant to drought (200 mm of rain) but not According to this formula:
to cold. [16] ni: the number of uses cited by the respondent
N : the sum of ni
2.3. Sampling and data collection Diversity is low when ID < 3, high when ID > 4
A low value of the index, means that a small group of respondents,
A pre-survey was carried out with 30 people, at the end of this pre- has most of the knowledge about the species. If all the respondents have
survey about 87% of the people surveyed, have ethnobotanical knowl­ the same knowledge about the species, the value of the index is
edge about the target species, so the size « n » of the survey sample, is maximum, and equal to:
calculated according to the formula of Dagnelie (1988): [17]. IDmax = In (n)
2
U × P(1 − P)
n=
1− α/2
where
d2 n: the total number of respondents.
Where: The indice of Equitability of the respondent (IE), measures the degree
U 1-α/2 = 1.96 (value of the normal distribution for (α = 0.05), of homogeneity of respondents' knowledge [21], it is given by the
d: the allowed margin of error (5%). formula:
p: the proportion of people with ethnobotanical knowledge about
IE = ID/IDmax
Ceratonia siliqua L (here 0.87 according to the results of the pre-survey).
Thus, the sample size yielded 173.72, which we rounded up to 180, IE is between 0 and 1, if IE < 0.5: the diversity of the respondents'
at a rate of 30 respondents per commune, the sampling was random knowledge is not homogeneous, but if IE > 0.5, this diversity is
(stratified probabilistic); It consists of dividing the study area into homogeneous.
different strata, represented here by the 6 communes, and associating These indices, were calculated according to socio-demographic

714
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Table 2 Table 3
Socio-demographic characteristics of respondents. Dependence between the frequency of citation of use categories and socio­
Socio-professional category Number of respondents Proportion (%)
demographic characteristics (gender, age, level of education).
Socio-demographic characteristics Chi-2 P-value
Age class
20–30 years old 42 23.33% Gender 10.63 0,1003
30–60 years old 112 62.22% Age 19.70 0,349
> 60 years old 26 14.44% Level of education 9.16 0.688

Gender
Man 95 52.77% study with (52.77%), while the age group 30–59 years, is the most
Woman 85 47.22% important, in this study (62.22%). The predominance of this age group,
in our study, can be explained by the transmission of indigenous
Level of study knowledge, from one generation to another, allowing the conservation
University 33 18.33% of valuable ethnobotanical information in the future.
Secondary 45 25.02% As for the level of education, 33.33% of the informants who partic­
Medium 60 33.33%
ipated in this study, had a medium level of education, followed by
Primary 37 20.55%
Illiterate 5 2.77% secondary level (25.02%) and primary level (20.55%) of education,
while university level, were represented with 18.33%, and lastly illit­
erate with 2.77%.
The interviewees, represent the different categories of the civil so­
100% 92.70%
ciety (herbalists, farmers, students, civil servants, housewives…)
90% 85.50%
It appears, that the species, is very well known, by the majority of the
80% respondents from the different sociodemographic groups.
Frequency of citaon (%)

70% 61.10%
60%
3.2. Categories of use of Ceratonia siliqua L
50%
40% Six (6) categories of use of Ceratonia siliqua L, were identified, among
26.60%
30% 22.20% the interviewees (Fig. 3), of which, three categories (human food, me­
20% 15.50% dicinal, animal feed) were cited by more than 50% of the respondents
10% (the fruit of this tree, is the part mainly taken to different uses by the
0% local populations)
Human food use, is the most important (92.7%), followed by me­
dicinal use (85.5%) and animal feed (61.1%), commercial use is repre­
sented by nearly 27%, and environmental use by (22.2%). The present
study, allowed to show that Ceratonia siliqua L., is a species with multiple
Fig. 3. Proportions of responses related to the different categories of use of use in the North of Setif, indeed the use of carob tree for these multiple
Ceratonia siliqua L. interests; was affirmed for a long time in many countries, and in Algeria
[11–15]; since the precolonial period the carob tree is used in Algeria for
characteristics (age, gender and level of education). its multiple interests. [15]
The Chi-square test, of independence, shows that the frequency of
2.4.4. Consensus value of the types of use (Cs) citation, of the different categories of use of Ceratonia siliqua L, does not
It measures the degree of agreement, between the respondents induce a significant variation, from one sociodemographic stratum to
regarding the uses made of the species [22]: It is expressed by: another (p > 0.05) (Table 3). This indicates, that the target groups
surveyed, accord the same importance, to the species, with regard to its
Cs =
2ni
− 1 different forms of use.
n
Where 3.2.1. Food category
ni: the number of people using Ceratonia siliqua L. in a given use Ceratonia siliqua L. intervenes in the human food, indeed, the fruit of
category the species (the carob) is the only part consumed according to the results
n: the total number of interviewees. of survey, the carobs are consumed raw, directly, or reduced to powder
It is between [− 1 and 1]. (once dry, the carobs are crushed rid of their seeds), The carob powder
If: ni = 0; Cs = − 1 (Fig. 4 C) is used in the preparation of a traditional recipe, known as
If: ni = n; Cs = 1 “Tamine” or “Rouinet Elkheroub” which is very appreciated by the
This reflects the degree of consensus, among respondents on a population of the study area, it is also used as an ingredient, in the
particular use. preparation of bread (Fig. 4 A), in cakes, with milk (substitute for cocoa
in terms of color and taste), in sauces to make them smooth and thick;
3. Results and discussion The couscous of carob, an ancestral meal very little known by the re­
spondents, which confirms that it is in the process of disappearing. The
The present study, reported on the species Ceratonia siliqua L. A total carobs are also consumed in the form of juice, or molasses which is also
of 180 individuals were surveyed, know the target species, and use it. used in the pharmacopoeia.
The importance of this species; in human food; is justified by the high
nutritional values of its fruits, in fact, the pulp of carob, has a high sugar
3.1. Socio-demographic profile of the respondents content (48–56%) and can even reach 72% [23], several Algerian va­
rieties, revealed a total sugar richness of 37.5 to 45.3% [24], it also has a
The profile of the repondents, is summarized in Table 2. very high fiber content (27–50%) and a significant amount of tannins
It emerges from Table 2, that men predominate the survey in this (18–20%) [25].

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Fig. 4. (A) Bread prepared with carob flour (B) Juice based on carob (C): Carob powder.

Table 4
Use of Ceratonia siliqua L. in the pharmacopoeia.
Disease and Symptom Frequency of Citation Organ Used Association Mode from Preparation Route of Administration

Diarrhea 57.2% Fruit Olive oil Reduced to powder Oral


Milk
Water
Honey
/ Raw Oral
Water Decoction Oral
Intestinal and gastric problems 51.1% Fruit / Decoction Oral
/ Raw Oral
Olive oil and Honey Reduced to powder Oral
Anemia 31.6% Fruit Water or Milk Reduced to powder Oral
Water Decoction Oral
/ Raw Oral
/ Molasses Oral
Diabetes 26.1% Fruit Infusion Oral
Water Reduced to powder Oral
Persistent cough 15.5% Fruit Olive oil Reduced to powder Oral
Honey
Water Decoction Oral
Maceration Oral
/ Molasses Oral
Colds and flu 3.8% Fruit / Molasses Oral
High cholesterol 12.2% Fruit / Molasses Oral
Water Decoction Oral
High blood pressure 8.8% Fruit Maceration Oral
Raw Oral
Warts 4.4% The sap of the fresh fruit Green fruit (friction) Cutaneous (local)
Hemprrhoid 2.7% Fruit Pine oil Reduced to powder Cutaneous (local)
Honey Decoction Orale
/ Molasses Orale
leaves Olive oil Reduced to powder Local
Oral hygiene 5.5% Fruit / Raw Oral
/ Molasses Oral
Skin ulcers 2.7% The bark of the tree / Reduced to powder Cutaneous (local)
Overweight Problem 10.5% Fruit / Molasses Oral
/ Raw Oral
Promotes lactation (Breast milk) 2.7% Fruit Water or Milk Reduced to powder Oral
/ Molasses Oral
Osteoporosis 8.8% Fruit Honey Maceration Oral
Milk Reduced to powder Oral
Sore throat 2.7% Fruit Molasses Oral
Anti reflux and vomiting 14.4% Fruit / Raw Oral
Migraine and Headache 3.3% Fruit / Raw Oral

In dietary value, carobs are similar to most cereal seeds [26,27], The food recipes, this use was reported by Sbay 2006 [16], where he indi­
mineral composition (in mg/100g of dry weight) is as follows: Potas­ cated the use of the flour obtained by drying, roasting and grinding the
sium = 970; Calcium = 300; Phosphorus= 71; Magnesium = 60; Iron = pods after having removed their seeds, especially in food processing.
1.88, Manganese= 1.29; Copper = 0.85; Zinc = 0.75 [23]. Note the [16], in the preparation of sweet juices, chocolate, cookies and as a
richness of the pulp in potassium and calcium, which is very interesting substitute for cocoa [28], the Kabyles make from the fruit, a dish called
for human and animal nutrition (More than double the Calcium of whole «Tomina » [29]. The number and diversity of uses also indicate the role
milk, which is 119 mg/100 g). of this species, in the lives of the populations surveyed. In addition, the
The carob powder, (obtained by grinding carobs) is used according to mineralogical analysis made by Puhan and Wielinga (1996), [30], on the
the results of the survey as an ingredient in the preparation of several pulp, revealed the presence of potassium, calcium, sodium, magnesium,

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Diarrhea 57.20%
Intesinal and gastric problems 51.10%
Anemia 31.60%
Diabetes 26.10%
persistent cough and breathing problems 15.50%
An reflux and voming 14.40%
Diseases and symptoms traited Hypercholesterolemia 12.20%
Overweight problem 10.50%
High blood pressure 8.80%
Osteoporosis 8.80%
Oral hygiene 5.50%
Cold and flu 3.80%
warts 3.30%
Migraine and Headache 3.30%
Sore throat 2.70%
Skin Ulcers 2.70%
Hemorrhoid 2.70%
Promotes lactaon… 2.70%

0% 20% 40% 60% 80%

Fig. 5. Main therapeutic indications of Ceratonia. siliqua L.

iron, zinc, manganese, among others, which are very important minerals nutritional deficiencies.
for a good functioning of the organism, which constitute a nutritional Indeed, many clinical studies, have highlighted the effectiveness of
richness for consumers. carob powder, in the treatment of acute infantile diarrhea. [34] In
The dietary value, of the species has already been distributed by addition, the consumption of carob fiber reduces the total cholesterol
Puhan and Wielinga (1996), [30], which revealed the presence on the level, and are used in the regulation of glucose levels in the blood [28],
pulp of the fruit of: Potassium, calcium, sodium, magnesium, iron, zinc, According to [35], the pulp is recommended against pulmonary tuber­
manganese, which are very important minerals for a good functioning of culosis and bronchial diseases.
the body, in addition to the high content of sugar (48–56%) [23], fiber Scientific studies, have shown that this officinal plant, can treat
(27–50%) and a significant amount of tannins (18–20%) [30] which problems associated with overweight and obesity by inhibiting certain
constitute a nutritional richness for consumers and justifies the relative digestive enzymes thanks to a high content of tannins, and by creating a
importance of the consumption of the fruit by local populations. feeling of satiety [36].
In a process of valorization of the carob tree, toxicological, phyto­
3.2.2. Medicinal category chemical, pharmacological and clinical studies, deserve to be deepened,
More than fifteen diseases and symptoms, are treated on the basis of in order to investigate, the effectiveness of the species, in the treatment
the organs of Ceratonia siliqua L. (Table 4). The fruit of Ceratonia siliqua L of the diseases and symptoms identified in this study.
(carob) is the organ essentially used in the pharmacopoeia (91.4%). The
most cited diseases are diarrhea (57.2%), gastric and intestinal problems 3.2.3. Animal feed category
(51.1%), anemia (31.6%). (Table 4) This domain is related to the consumption of food, for domestic and
In the medicinal category, the species involved in the treatment, of wild animals, vertebrates or invertebrates, 61.1% of the respondents,
more than 15 diseases and symptoms, including: diarrhea, gastric and revealed the use of Ceratonia siliqua L for livestock feeding, and as a
intestinal problems, cough and respiratory problems, anemia and dia­ honey tree.
betes, and hypercholesterolemia; are the first seven diseases treated by 2% of the respondents revealed the use of the leaves of Ceratonia
the carob tree. (Fig. 5) siliqua L as fodder, while 72.4% mentioned the use of the fruit of Cera­
Indeed, the carob is widely used since the antiquity for its thera­ tonia siliqua L. as fodder
peutic virtues, in particular to remedy the digestive disorders, the old 78% of the respondents agree; on the good quality of carob as fodder,
women, who know it very well, use it to our days to relieve the intestinal they revealed the use of Ceratonia siliqua L. (mainly the fruits) for live­
evils. It eliminates diarrhea and stops gastric reflux. stock feed, and as food for cattle, goats and sheep, in fact, the pods are
The fruit, is the part essentially used in the therapeutic field, the crushed and mixed with wheat bran, to constitute an excellent fodder for
administration of the medicinal recipes, includes several modes of cattle fattening, the leaves of this tree are a good food for goats.
preparation to know: the reduction of carob in powder, the chewing of This result, was affirmed by [37] who mentioned the use of the sweet
the fruits of carob directly (raw), the decoction, the maceration; They pulp of carob for a long time, as livestock feed, next to other foods such
are administered mainly by oral way, but also by local application. as barley flour. (goats in particular, consume the young leaves), more­
Works carried out in Algeria: Maamar et al. (2020), Aribi (2012), over Ceratonia siliqua L. is a pastoral species; the fodder value of its
Azouaou et al. (2019) Lazli et al. (2019), [26,31–33] relate that diarrhea leaves and fruits is respectively 0.29 and 1.15 fodder units per kilogram
and intestinal problems, would rather be the diseases most treated by of dry matter, [38]
Ceratonia siliqua L. moreover, according to [23] The carob tree is a More than 85% of the interviewees, affirm that Ceratonia siliqua L. is
remedy advised in case of digestive disorders, gastric reflux, irritation of an excellent melliferous species; the carob tree also intervenes in the
the colon, vomiting, gastric acidity, hemorrhoids, anemia and protection of the bees, against the winds and the strong heat in summer.

717
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Table 5
Product and by-product of Ceratonia siliqua L sold.
Product sold Selling price Unit

The carobs (Fruit) 180 DA à 250DA 1 Kg


The Honey of carob 3500 DA à 7000 DA 1 kg
Carob seeds 3000 à 10.000 da 1 kg
Carob flour 380 DA à 400 Da 1 kg
Carob molasses 1500 à 2000da 1 kg

During flowering, bees take advantage of it, to produce the honey of the
carob tree, in fact and according to Hariri 2009; “The flower is used by
beekeepers for the production of carob honey, while the leaves are
useful for animal feed.” [6], the carob flower is an excellent species to
feed bees. The carob tree is a melliferous plant, its honey is of good
quality [39].
Fig. 6. Ethnobotanical use values of Ceratonia siliqua L according to socio-
demographic characteristics of respondents.
3.2.4. Commercial category
Nearly 27% of the interviewees, mentioned the commercial char­
acter of the carob tree; in fact the population of the study region, benefit
Table 6
from the commercialization of carobs (fruit of the carob tree), each tree Diversity and equitability of uses of Ceratonia siliqua L.
according to the interviewees, produce from 50 kg to 5 quintals of
Socio-demographic characteristics Ethnobotanical index
carobs, depending on the season, and the selling price of a quintal varies
from 15,000 DA to 25,000 DA, so a tree can generate an income that can ID: Diversity index IE: Equitability index
reach 100,000 D.A per year, which can constitute an important source of Gender
income. 76.6% of the respondents affirm that the existing carob trees in Man 4.32 0.94
their region grow naturally in the mountains (wild) (it is a legacy of Woman 3.04 0.95

nature according to the respondents), or trees that are more than 70


years old (the colonial period), all they do is grafting. In addition to the Age
Young people 3.19 0.94
fruits of Ceratonia siliquas L., the survey revealed the commercialization
Adults 4.63 0.94
of many of its by-products, contributing to the generation of income for Old 4.18 0.93
the local population. (Table 5)
Other products from Ceratonia siliqua L. are marketed: carob honey,
Level of education
carob flour (rouinet elkheroub) and carob molasses. (but at lower fre­ Primary 3.31 0.94
quencies, than the fruit) Middle 4.34 0.91
Economically, the marketing of the fruits of Ceratonia siliqua L. is a Secondary 4.29 0.89
University 3.62 0.95
source of additional income, for several families, and contributes greatly
to the improvement of their financial situation, according to information
obtained, a quintal of carob, costs between 15,000–25,000DA, and the Total
Study area 4.82 0.89
tree can produce up to 5 quintals of carob.
Indeed, carob is currently used in the pharmaceutical and food in­
dustries, as a thickener, condiment, gelatin substitute, food stabilizer Leco, 1900 “The wood of the carob tree is of a very good quality, heavy
and as a raw material for the production of bioethanol [40–43]. and of a reddish color The wood of the carob tree called carouge [45] “it
is used for the manufacture of utensils and the production of fuels [44].
3.2.5. Environmental category Previously, the wood of Ceratonia siliqua L was used in the construction
The carob tree is widely appreciated; as ornamental and shade tree, of kitchen utensils, according to the respondents; at this time the use of
as a barriers and vegetation cover against erosion, and prevents land­ wood is reduced to heating, firewood and charcoal, very little used in
slides, stabilizing slopes, says 22.2% of respondents. carpentry.
Indeed, the carob tree, is often used in soil conservation, to fight
against soil erosion, and in the fight against desertification. It is used as a 3.3. Ethnobotanical use values of Ceratonia siliqua L. in the different
windbreak and as an ornamental tree, because of its spherical crown, intergenerational categories of use
and its evergreen foliage, dense and brilliant. [11] the carob tree is
appreciated; as ornamental and shade tree. Due to their low re­ The ethnobotanical use values of Ceratonia siliqua L. according to the
quirements and high tolerance to poor soils, carob trees are increasingly socio-demographic characteristics of the respondents is shown at Fig. 6:
recommended for reforestation of coastal areas degraded by erosion or “Young”: age _ [< 30 years [, “adults”: age _ [30–59 years [and “old”:
desertification. [44] age > 60 years.
According to age, the ethnobotanical use value varies from 4.13 to
3.2.6. Other use of Ceratonia siliqua L 5.82, with the highest value obtained for adults (UV = 5.82) followed by
In the other category, the fruits (carobs) are used in ethno- the old people (UV = 4.52). In terms of gender, the highest value is
veterinarians, as an anti-diarrheal for cattle. As an evergreen tree, Cer­ obtained for men (UV = 5.74) against (UV = 3.88) for women. The
tonia siliqua L. is considered, a source of positive energy and used in middle level of education, are the groups that give a lot of importance to
meditation, and considered beneficial for psychic diseases. the use of the species (UV = 5.15) (Fig. 06).
The cosmetic use, is also noted in this category, by the application of Knowledge of Ceratonia siliqua L in the study area, varies with gender
the carob powder mixed with water, in hair mask fortifying the hair. and age.
The use of the wood of the target species for heating, as firewood, or
charcoal, was also noted in the survey. This was affirmed by Riviére and

718
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Table 7
Degree of consensus of respondents regarding types of use of Ceratonia siliqua L.
Socio-demographic group Categories of use

Humain Food Medicinal Animal feed Fuel Environment Commercial

Age
Young people 0.61 0.38 0.43 − 0.55 − 0.86 − 0.16
Adults 0.67 0.78 0.65 − 0.50 − 0.72 0.01
Old 0.58 0.63 0.58 − 0.35 − 0.33 − 0.21

Gender
Men 0.71 0.58 0.31 − 0.36 − 0.58 0.06
Women 0.66 0.35 − 0.23 − 0.55 − 0.82 -0.57

Level of education
Primary 0.41 0.42 0 − 1 − 0.33 − 0.26
Medium 0.43 0.53 − 0.07 − 0.23 − 0.33 − 0.14
Secondary 0.53 0.33 0.08 − 0.53 − 0.69 0.07
University 0.32 0.29 0.01 − 0.83 − 0.73 − 0.38

3.4. Diversity and equitability of uses of Ceratonia siliqua L a strong drought, indeed the carob tree has a complex ecology: para­
doxically, this tree, able to live and produce on poor and rocky soils,
The values of the diversity and equitability indices of the re­ could be threatened by the increase of the summer drought.
spondents' knowledge are presented in Table 6:
The overall value of diversity of uses of Ceratonia siliqua L. as well as 4. Conclusion
that of equitability of knowledge, are 4.82 bits and 0.89 respectively.
These values are high, indicating a high diversity of knowledge of local In sum, Ceratonia siliqua L is a multipurpose species, it occupies a
populations. prominent place in the livelihood of the populations of north of Setif,
This knowledge is also distributed within the different sociocultural this study has shown, that the fruits of Ceratonia siliqua L. contribute to
strata. The degree of homogeneity of knowledge of Ceratonia siliqua L improve health, nutrition, food security and income of local commu­
has its high values among men (ID = 4.32 bits; IE = 0.94); This shows nities, the species could be further exploited in the region.
that men use the species in several categories of uses (food, medicinal, The various uses of Ceratonia siliqua L. indicate an endogenous
wood, fodder..), while women use it only in a few categories, in this case knowledge of the species, this knowledge is not influenced by gender,
the food one. Among adults (ID = 4.63 bits; IE = 0.94) and among age or education level.
middle educated people (ID = 4.34 bits; IE = 0.91). Based on the results obtained, it is necessary to extend the present
The diversity values, show that in general the species is used in study to other localities of occurrence of the species, in order to have
several use categories, within each sociodemographic group; with an sufficient information for a better valorization and conservation of
uniformity of distribution of knowledge, of the use of Ceratonia siliqua L Ceratonia siliqua L.
within the respondents. Complementary studies on the phytochemical, pharmacological,
The equitability index, indicates an equal distribution of knowledge, ecological and economic aspects, deserve to be deepened in order to
about the uses of the species. The values of the diversity and equitability research the effectiveness of the targeted species in the treatment of the
index, show that men hold more knowledge than women. diseases and symptoms listed in this study, and for the maintenance of
the biological diversity.
3.5. Consensus Use Value for Ceratonia siliqua L
Declaration of Competing Interest
The Consensus Use Values of Ceratonia siliqua L are represented in
Table 7: The authors declare no conflict of interest
There is a broad consensus on the food and medicinal uses of the
species. However, the consensus value remains low, among young References
people (0.38) and women (0.35), for the medicinal category, showing
[1] D. Pimentel, M. Mcnair, L. Buck, M. Pimentel, J. Kamil, The value of forests to
that they agree weakly on the value of the species in traditional medi­
world food security, Hum. Ecol. 25 (1) (1997) 91–120, [Link]
cine. Contrary to the consensus obtained, for the food and medicinal 1021987920278.
value of the species, and even as animal feed, the consensus among the [2] A. Uwamariya, Rapport de Mission de Suivi et Évaluation Scientifique/Projet"
respondents remains weak for the use of the species in the fuel and Savoirs Locaux et Gestion de la Biodiversité: Habitudes Alimentaires et Utilisation
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3.6. Threats to Ceratonia siliqua L
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