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Accès à l'eau et inégalités mondiales

Le rapport examine l'accès à l'eau comme un facteur clé des inégalités mondiales, soulignant que l'eau potable est un droit fondamental, mais son accès est souvent entravé par des raisons politiques et économiques. Il aborde également les conséquences sanitaires du manque d'eau, les défis de la privatisation et les inégalités d'accès à l'eau dans des contextes spécifiques comme Jakarta et Mayotte. Enfin, il met en lumière la nécessité d'une gestion durable et équitable des ressources en eau face à une demande croissante.

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Accès à l'eau et inégalités mondiales

Le rapport examine l'accès à l'eau comme un facteur clé des inégalités mondiales, soulignant que l'eau potable est un droit fondamental, mais son accès est souvent entravé par des raisons politiques et économiques. Il aborde également les conséquences sanitaires du manque d'eau, les défis de la privatisation et les inégalités d'accès à l'eau dans des contextes spécifiques comme Jakarta et Mayotte. Enfin, il met en lumière la nécessité d'une gestion durable et équitable des ressources en eau face à une demande croissante.

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L’eau, étude géographique

Rapport de jury 2021, « Accès à l’eau et inégalités dans le monde »

→ Problématique : en quoi l’accès à l’eau est-il à la fois cause et conséquence des inégalités dans
le monde à toutes les échelles ?

Conseil de méthode : développer des exemples clairs, chiffrés, mis en lien avec la problématique et
illustrés par un croquis ou un schéma
Différents usages de l’eau : à boire, pour irriguer, pour produire de l’énergie ou des aliments, pour
transporter, pour laver, pour les loisirs . Ne pas oublier que l’eau est un capital utilisé pour créer des
richesses
Accès à l’eau potable : un droit fondamental, reconnu par l’AG des NU depuis 2010, 2015 pour
l’assainissement.
Cas où on peut évoquer les littoraux :
Usines de désalinisation
Pression saisonnière sur la ressource en eau sur les littoraux touristiques très fréquentés (le cas
des Pyrénées Orientales peut être intéressant, avec l’eau nécessaire à l’extinction des feux de
forêts)
Seuils à connaître
25 litres d’eau potable par jour et par personne à moins de 200 m du lieu d’habitation (ONU)
seuil de stress entre 1000 et 1700 m3/hab/an,
seuil de pénurie < 1000 m3/hab/an, minimum vital de consommation
Acteurs à envisager : Etats, multinationales (faire une fiche sur Coca-Cola), sociétés locales,
organisations internationales
Eau et développement des maladies : la dysenterie et le choléra dus au manque d’eau et
d’assainissement causent 780 000 décès par an (Les maladies liées au péril fécal constituent l’une
des principales causes de morbidité et de mortalité dans les pays en développement et la question
de l’accès à l’eau et à l’assainissement est donc logiquement très liée, au niveau mondial, aux actions
en faveur de la santé.)
Attention aux fausses évidences : déconnection entre disponibilité en eau, inégale par nature, et
l’accès à l’eau qui est inégal pour des raisons politiques
en Israël, la ressource est naturellement rare mais les Israéliens ont pourtant un bien meilleur
accès à l’eau que les Palestiniens
Abu Dhabi ou Las Vegas, en climat désertique, ont un accès aisé à l’eau potable et ne se privent
pas de mettre en scène cette abondance.
La Terre porte toujours plus d’humains (7,7 milliards), qui consomment toujours plus d’eau la
demande augmente en moyenne de 1 % chaque année depuis la décennie 1980
Privatisation : la privatisation améliore les infrastructures mais recrée des inégalités liées à la
distance parce que l’entreprise refuse souvent de construire le réseau dans la périphérie (pas
rentable) et, en détruisant les systèmes antérieurs, prive la partie la plus pauvre de la population
d’accès à l’eau. Cf retour de l’eau en régie à Paris sous le mandat de Delanoë, indépendance vis-à-vis
des grands groupes (Saur, Véolia), permet de payer l’eau à un prix plus juste, limite les intermédiaire,
le but est le service et plus les bénéfices
Exemplier - Géoconfluences
1 ) L’eau ressource
A) Accès à l’eau et gestion de l’eau
 Etats-Unis : scandale de l'eau contaminée à Flint 

Les faits : 2014, scandale sanitaire de l’eau contaminée → 10 morts de la légionellose. Illustre l’enjeu
de santé publique que constitue l’eau. 87 cas de légionellose dans le comté de Genesee, la moitié
des malades était directement exposés à l’eau contaminée de Flint.
Les causes : coupes budgétaires, pour réduire les coûts, la municipalités puisent directement dans la
rivière locale plutôt que d’acheter l’eau à Détroit.
Prise de conscience de l’existence d’une bactérie dangereuse ; on demande alors à la population
de faire bouillir l’eau avant de la consommer.
Eau corrosive qui abime les vieilles canalisations et libère du plomb → alerte lancée auprès de
l’Environmental Protection Agency suite à un cas d’éruptions cutanées et des test réalisés sur un
enfant révélant des taux élevés de plomb.
Problème : délais long de réaction des responsables locaux. Travaux sur le réseau d’eau estimés à
1,5 de dollars.

 ark__67375_WNG-[Link] Karen Bakker, Privatizing Water, Producing Scarcity:


The YorkshireDrought of 1995 Sécheresse de 1995 dans le Yorkshire. Les vrais manques d’eau sont
rares et localisés, et résultent souvent davantage d’une mauvaise gestion que d’une indisponibilité.

INTRO : “The Yorkshire drought of 1995 was the most extreme climate event facedby the English and
Welsh water industry since its privatization in 1989. As emblem of crisis in privatized water
management, and as a potential signal of climate change, the 1995 drought has motivated change in
water regulation and management. In this paper I challenge conventional interpretations of the 1995
water supply crisis as a natural hazard or as a result of managerial ineptitude. Drought is
conceptualized as the production of scarcity, an outcome of three interrelated practices:
meteorological modeling, demand forecasting, and corporate restructuring and the regulatory “game.”
These practices are situated within an analysis of the context of the regulatory implications of the
privatization of the water industry in 1989. I explore the simultaneously natural, social, and discursive
elements of water scarcity and situate them within an analysis of privatization as reregulation, rather
than deregulation. This analysis brings insights developed in debates over “real”regulation and regulation
theory to bear on nature-society analysis, while extending this debate through theorizing regulation as, in
part, a discursive practice. The ensuing rereading of drought challenges conventional interpretations of
environmental crisis, raises questions about the implications of water industry privatization, and
emphasizes the need to account for the role of the state and the intricacies of“real” regulation in analyses
of resource management”

CONCLUSION : “Discourse analysis of the drought exposes more than merely political agendas; it
enables scrutiny of the processes by which nature is fixed in the human imagination, in turn enabling the
establishment of an analytical link between environmental regulation as economic imperative and as
social practice. Focusing on storylines rather than narratives of crisis highlights reregulation as a
transformative process, raising questions of political legitimacy and public perceptions as well as of the
nature of socioeconomic restructuring. Socioeconomic restructuring, in other words, entails the
reregulation of a dynamic resource landscape; this reregulation is, in part, a discursive process, with very
real, material effects. Addressing the ecological dimension of socioeconomic restructuring thus requires a
scale-hopping exploration of the intricacies of “real” regulation and their interplay with macroeconomic
trends. This implies a move away from analytical reliance on the concept of crisis, with its underlying
assumption of a rupture or distinct break in economic practices and social life. This is not to deny that
crises occur, but to warn of overemphasizing their role in accounts of historical-ecological trans-
formation .From this perspective, the Yorkshire drought was neither simply a freak of nature, nor an
isolated case of spectacular mismanagement of a water supply system, but rather what Neil Smith
terms “produced scarcity in nature”(Smith 1984, 60).The restructuring of YWS postprivatization entailed
changing flows of information and reconfiguring of resource and quality management techniques,
altering not only decision-making practices but also the sanctioned actors and information involved
indecision making. Discourses of climatic stability and demand forecasting produced a set of
understandings about the environment and consumption patterns that simultaneously concealed or
even rejected contradictory evidence—the warning signals of the early 1990s. Operating under the
assumption of a stable climate and (supposedly) sufficient resources given present demand, water
resources issues were considered by neither the regulators nor the water utilities to be as critical as the
task of improving water quality and corporate efficiency. The drought was authorless, unintended, yet
nonetheless had a kind of economic intelligibility; it was, in a limited sense, the least-cost option for
YWS given the constraints of the postprivatization regulatory “game.”In approaching a resource as a
partially discursively constructed dialectic between society and nature, analysis shifts focus from the
management of unproblematized “natural” resources to sociopolitical struggle within, and
reregulation of, a dynamic naturalized resource landscape (Robertsand Emel 1992). The danger here is
that, in an emphasis on disrupting conceptual dualisms (e.g., public/private, Fordist/post-Fordist),
macroeconomic processes and patterns are black-boxed or subsumed into oversimplified ideal types.
With this caveat in mind, the potential strength of this analysis lies in the alternative reading it provides to
theories of environmental crisis that fail to take account of socioeconomic restructuring, and to accounts
of social change that fail to address the materiality and agency of nature”

Politiques de l’eau et lutte contre la pauvreté à Jakarta, un rendez-vous manqué ,


Judicaëlle Dietrich

1- Contexte d’une ville sous pression

A - Une capitale humide

6e pays avec les + grandes réserves d’eau dispo


Brésil, Russie USA, Chine, Inde, Colombie,Pérou et Indonésie se partagent 60% des réserves
mondiales d’eau douce
Abondance de la ressource en eau sutout lors de la mousson, la ville s’enfonce et subit des
inondations
climat tropical humide
OR : le risque d’inondation est plus lié à l’artificialisation des sols, le pb ne vient pas de l’aléa mais
de la vulnérabilité
pourtant la question de l’accès à l’eau potable se pose en qualité et en quantité pour une population
très marquée par les inégalités de richesses
Expression de JP Bravard : “production de rareté de la ressource”, facteur de conflit relatif à
l’allocation des ressources entre usagers

B- Une ville imperméable

Très forte artificialisation des sols du fair de l’urbanisation rapide → 97% de la surface de a capitale
est imperméabilisée, donc les nappes n’arrivent pas ç se recharger
Imperméabilisation des surfaces en amont
Barrage de Jatiluhur et tensions entre les usages de l’eau : situé au début de la chaîne des volcans,
donc bien alimenté en eau, moyen d ‘approvisionnement des plus fiables pour Jakarta. Sa fonction
première est de produire de l’électricité pour Jakarta et Bandung, autre fonction → agriculture
irriguée, il alimente le West Tarum Canal qui permet l’irrigation des rizières par des vannes
manuelles gérées par les paysans eux-mêmes. Donc les prélèvements agricoles se font au détriment
de la capacité du canal à approvisionner la ville en eau potable

C - Une ville qui coule

urbanisme vertical de l’empilement pesant, enfoncement jsq 5 m en 50 ans


autre raison de l’enfoncement → captage des eaux souterraine pour l’usage domestique et industriel
40% de la zone urbaine est sous le niveau marin lors de grandes marées

2- Politiques (publiques ? ) de l’eau et inégalités

A- Une ville riche

4% sous le seuil de pauvreté (!) le seuil de pauvreté en Indonésie est bcp plus bas que le seuil
mondial
Coefficient de Gini : très fortes inégalités, sous forme de privation d’accès aux services urbains, et
donc de l’accès à l’eau dans les quartiers les plus pauvres de l’hypercentre et dans la périphérie
éloignée
problème d’assainissement → recours massif à l’eau en bouteille, pratiques traduisent la médiocrité
de l’eau du réseau incapable de fournir de l’eau potable en quantité suffisante

B- L’eau : bien public ou marchandise privatisée ?

infrastructures héritées de la colonisation alimentent en priorité les quartiers aisés, inégalités


socio-éco. Faible taux de raccordement
Manque d’investissement : gvt dépense - de 0,5% du PIB en infrastructures urbaines ( moyenne de
4% pour les pays dvlp)
Sous investissement délibéré des années 60/70 pour ne pas encourager les migrations vers
Jakarta
assainissement considéré comme relevant des ménages
politiques confiant la gestion de l’eau ) des entreprises étrangères, contrats en 1988 avec la Thames
Water International et la Lyonaise des Eaux (Suez) + contrats avec des multinationales de
l’agroalimentaire ( Aqua filiale de Danone pour l’eau en bouteille)
2015 : recours judiciaire contre les entreprises car la privatisation n’a pas amélioré la service. 2
visions opposées
eau comme un bien public voire don de Dieu
eau comme un bien économique

C- Servie de l’eau et gestion de la pauvreté

Compagnies privées rétribuées par la municipalité au mètre cube produit à un tarif fixe
Etat du réseau ne permet pas de desservir toute la population
tarification subventionnée de la mairie allège le coût pour les ménages modestes, mais les
consommateurs paient un prix inférieur au coût de revient et la municipalité doit assumer la
différence → entrepreneurialisation, l’objectif n’est pas l’amélioration des conditions de vie mais le
renforcement du rôle de la ville comme moyen d’accumuler du capital, renoncement des pouvoir
spublics à une politique de justice sociale

3 - Une modernisation conservatrice


Origine de la notion : Brésil, abolition de l’esclavage et dvpt du salariat par les grandes propriétés de la
filière alimentaire, maintien des populations les plus pauvres dans la précarité dans l’emploi et le
logement au service de la croissance économique dans un contexte néolibéral

A- Lutter contre la pauvreté sans lutter contre les inégalités

Changement d’échelle : le quartier, l’occurence le kampung ( signifie village dans les langues
malaises, sert à désigner plus spécifiquement un quartier urbain ayant conservé les caractéristiques
du peuplement rural)
Fosse sceptique avec filtre, collecte des eaux usées par tricyles motorisés. Attribuées gratuitement
aux “cadres” de la société, chefs de quartiers. Puis il s’agit de diffuser le matériel dans le quartier, or
Suez demande une participation trop élevée aux habitants les plus pauvres. Ne permet pas de
réduire les inégalités
Passage à des politiques soumises à la capacité de financement, à la possession nécessaire d’un
capital par la personne aidée, exclut les plus démuni du plan d’action contre la pauvreté
Traduit l’intégration de normes néolibérales

B- Pratiques et usages de l’eau : stigmatisation au nom de l’urbanité et de la modernité

opération de modernisation de la ville, suppression des bidonvilles


Pb : comportement es populations en situation de pauvreté explicitement visé comme “non urbain”,
insiste sur la ratique au lieu de la pénurie d’équipements
gvt volonté de faire de Jakarta une ville moderne où il faut éduquer les populations pauvres à la
modernité, via les usages quotidiens de l’eau → stigmate évident

 Crise de l’eau à Mayotte : une question démographique plus que climatique  Clara
Loïzzo

Sécheresses successives, situation hydrique tendue malgré une ressource en eau présente, notamment
par de fortes précipitations

Climat tropical humide, apport en eau > 1500 mm/an, mais fortes irrégularités
Spatiales : le nord ouest est + arrosé
Temporelle : hiver austral très sec + variabilité interannuelle
Sécheresses répétées, en particulier celle sévère de 2023 → crise hydrique, diminution drastique des
ressources en eau douce. Usine de dessalement de Petite-Terre dépend des ressources pluviales qui
remplissent les retenues d’eau collinaires de Combani et Dzoumogné (Nord)
Décision préfectorale de restriction d’eau : coupures régulières pour répartir l’eau restante entre les
différentes localités, donc accès intermittent à l’eau (1 jour sur 2 ou 3). Distribution d’eau en bouteille
limité à 1L/j/pers qui a un coût environnemental, suppose initiatives de recyclage. Autre mesure :
acheminement d’eau depuis la Réunion, l’Ile Maurice ou l’Hexagone.
En plus du problème quantitatif, problème qualitatif : épidémie de choléra depuis mars 2024, liée à
un assainissement insuffisant.
Quartier comme Koungou où l’urbanisation est spontanée → accès aux services problématique : 30
% des habitants n’ont pas d’accès à l’eau à domicile (INSEE, 2017), implique une corvée de l’eau
(induit des inégalités de genre ? )
Crise de l’eau révèle des causes plus profondes :
diminution des précipitations
// augmentation de la population (X 4 entre 1985 et 2017). + installations vétustes qui induisent
du gaspillage (40 % de la ressource produite) et sous-dimensionnées
problèmes de gestion avec le délégataire du service public (filiale de Vinci)
déforestation qui impact de la ressource en eau et limite la recharge des nappes phréatiques →
l’eau ruisselle et ne s’infiltre plus dans les sols

Défis : gestion plus durable, modernisation des infrastructures d’adduction et d’assainissement (projet de
nouvelle usine de dessalement mais fonds accordés par l’État insuffisants)

B) Manque d’eau
 Le bassin de la Muga, illustration très locale de la pénurie d'eau en Catalogne , Martin Charlet

Sécheresse de grande ampleur, baisse du débit des petits fleuves côtiers, manque de précipitation,
nécessité de stocker l’eau dans des réservoirs.
Février 2024 : images de la réapparition du village de Sant Romà de Sau, englouti en 1963 par la
construction du barrage sur la vallée du Ter à cause de l’abaissement du niveau d’eau depuis 1 an

1- Une période de sécheresse d’une ampleur exceptionnelle

Depuis le printemps 2023 : csq du changement climatique, assèchement des ressources en eau à
cause de l’utilisation anthropique, du manque de précipitations, et de la hausse des températures.
inquiétude pour l’approvisionnement en eau de Barcelone malgré la plus grande usine de
dessalement d’Europe
Activités province de Gérone (nord est) :
agriculture : vergers, maraîchage (huertas)
tourisme balnéaire
Alt Empordà alimentée par 2 petits fleuves côtiers : la Fluvià et la Muga qui se jettent dans le Golfe
de Rossas
Région sèche, construction du barrage-réservoir de Darnius Boadella en 1969 pour réponde aux
besoins en eau de l’agriculture et du tourisme
Pb : bassin de la Muga n’a reçu que 60% des apports habituels en eau ces deux dernières années, les
réservoirs sont à leur niveau le plus bas (11%, à titre de comparaison les réservoirs catalans étaient
remplis à 81% de leur capacité en 2005) ce qui menace à terme la station balnéaire.
La Muga devrait se jeter dans la mer mais en janvier 2024 l’embouchure avait disparu, en mars les
20 derniers km étaient à sec

2- Des mesures d’urgence pour s’adapter au stress hydrique

Mars 2024 : phase 2 du plan sécheresse → baisse de 80% dans l’agriculture (sauf pour des cultures
spécifiques), limitation à 180L/hab/jour ( (!) en phase 1 la limitation de 200L/hab/jour n’était pas
respectée à Rossas).
Objectif : limiter la pénurie totale en limitant la consommation et reconstituer le stock d’eau
disponible.
Solution technique : limiter les flux du barrage mais les écolos alertent sur la question de la mort du
fleuve en passant d’un débit de 1200L/s à 40L/s. Lâchers réguliers de 300L/s pour éviter la
disparition du fleuve.
Menace sur les écosystèmes et les activités : restriction de l’usage de l’eau pour le tourimse (douches
de plages, pédiluves, à terme piscines ? )
Amenuisement des réserves pas nouveau en Catalogne, Sant Romà de Sau déjà réapparu en
2007/2008. Pb structurel : es cours d’eau sont montagnards, courts et méditerranéens donc soumis
à d’importantes variations de débit. Nouveauté : enjeu de la hausse des températures et de la baisse
des précipitation, généralisation de l’ensemble du stress hydrique à l’Espagne et au bassin
méditerranéen.

C) Usages de l’eau et conflits


La « guerre de l'eau » à Cochabamba 

2000 : révolte populaire suite à la privatisation du service des eaux, symbole de lutte contre la
marchandisation de la ressource. Victoire → départ de la multinationale , mais comment trouver une
alternative viable ?

Situation initiale :

Augmentation de la superficie et de la population du fait de migrations depuis les zones rurales.


service municipal de gestion de l’eau (SEMAPA), confronté aux limites d’une gestion publique qui
manque de moyens, très fortes inégalités spatiales → desserte des populations les + aisées.
Inégalités d’accès = argument avancé par la Banque Mondiale pour promouvoir une gestion privée
projet de construction du barrage de Misicuni présenté par les autorités locales comme la solution
miracle aux pb d’approvisionnement en eau mais coûte trop cher à construire
dans ce contexte : décision des autorités de privatiser le service d’eau potable à Cochabamba,
concession pour 40 ans à Augas Turani une filiale de la multinationale US Bechtel, seule à répondre à
l’appel d’offre, position de force, permet de négocier des avantages (retour sur investissement de
15% minimum, propriété exclusive des ressources en eau de la zone métropolitaine y compris dans
les quartiers sud où les infrastructures ont été construites pas les habitants eux-mêmes).
1999 : adoption de la loi sur la fin des subventions publiques pour l’assainissement de l’eau

Les évènements de l’année 2000

Mesures du concessionnaires qui suscite la colère : propriété exclusive de toutes les ressources en
eau y compris dans les zones rurales par AT + hausse de 35% du prix de l’eau allant dans certains cas
jusqu’à 200%
2000 : Coordination de la défense de l’eau et de la vie, multiplication des manifestations des secteurs
agricoles, industriels et des travailleurs urbains → population d’origine Quechua, confiscation des
ressources de la “terre mère”
affrontements avec la police, prise de position de la communauté internationale en particulier
Amérique du nd contre la privatisation.
10 avril : après une grande violence le gvt cède, promet d’abroger la loi et de libérer les émeutiers
détenus. gestion rendue à la compagnie publique avec un meilleur contrôle de sa gestion

Evolution de la situation

organisation de débats publics pour promouvoir une gestion démocratique de l’eau, négociation
entre la municipalité et les syndicats. Gvt bloque la mise en place d’un projet de gestion participative
pour autonomiser financièrement la SEMAPA
Compris : directoire de la SEMAPA composé de 9 membres dont 4 élus de la population, 1
syndicalise, des membres du gvt de la municipalité. Dificulté pour la Coordinadora de mettre en
place des comités d’assainissement à l’échelle des quartiers → poids des relations clientélistes
Pb de corruption, prêt de la Banque Inter Américaine de Développement assorti de conditions
restrictives
Pb de financement pour remplacer un réseau vétuste, fonctionne à perte, politique tarifaire qui
s’aligne sur le prix du foncier (équitable pour les populations défavorisées)
Niveau national : impulsion qui a permis une nouvelle loi sur l’eau : reconnaissance légale des
pratiques traditionnelles, priorité aux objectifs sociaux p/r aux objectifs financiers (!) mise en oeuvre
effective lente

Frontière désertique, front pionnier et territorialisation. Approche à partir du cas égyptien 

Mise en valeur des marges désertiques égyptiennes à l’aide de la notion de frontier (Thoreau) en tant
qu’espace dans lequel se projette l’Etat.

“Pour une nation, posséder une front de colonisation, c’est une fortune exceptionnelle qui implique le
goût et la recherche du nouveau, la volonté de ne pas s’en tenir à l’héritage du passé, la manifestation
d’une puissante vitalité” Albert Demangeon

2015 : grande conférence économique à l’initiative de Sissi pour mettre en valeur 1M de feddans (420.000
ha) dans le désert, continuité avec la politique de bonification agricole de Nasser. Symbole pharaonique
de la vie, croix de Ankh constituée de blés ondulant au vent → mise en valeur des terres arides = sécurité
alimentaire = survie (‘aish = pain = vie). Implique renversement des mythes associés au désert :

terres fertiles du Delta gouvernées par Osiris. Kemet = terres noires de la vallée riches en alluvions.
terres stériles = domaine de Seth, dieu belliqueux. Desheret = terres rouges dangereuses et
inhospitalières.
Terres en marge, utiles dans les projets de développement agricoles. Appropriées et
nationalisées par une loi de 1980. Front agro-désertique qui reconfigure l’organisation du
territoire. Réservoir de développement et de modernisation agricole, solution face aux
contraintes du pays
1) Frontière et front pionnier agro-désertique

A) Du mythe turnérien de la frontier au renouveau contemporain du cadre épistémologique

frontière permet de distinguer un cadre extérieur. Identifier les trajectoires spatiales du “front” :
représentations qui le guident, acteurs, intérêts et tensions qui l’animent.

border : délimitation des Etats au sens westphalien


frontier : limite civilisationnelle sans cesse repoussée
front pionnier → résultante spatiale d’un déplacement

B) Frontière et trajectoires de mise en ressource des marges désertiques

Espaces de frontières = reconfiguration des relations entre ressource et ordre social, émergence d’une
frontière quand une nouvelle ressource est identifiée, représentée, convoitée. Comprendre le processus
de mise en ressource des espaces désertiques. Contraintes : éloignement des centres, aridité, activités
pastorales peu adaptées au contrôle politique. Selon Demangeon, dans le contexte colonial fr des années
1930, les régions arides constituent le “principal domaine du front pionnier”. Quelles sont les
caractéristiques de la mise en ressource de ces “terres de réserve” ?

Cas israélien : conquête du désert Néguev et mise en valeur agricole indissociables de la fondation
d’Israël. Construction de frontières agro-hydriques fondées sur l’exploitation croissante des eaux
souterraines // modèle californien. Influence du modèle israélien au lendemain des accords de Camp
David. Aussi influence de la péninsule arabique avec son agriculture capitaliste avec des paysage de
grande parcelles irriguées par pivot, verdissement du désert (modèle cependant remis en cause
aujourd’hui). Désert égyptien = réceptacle d’investissement croissants de firmes saoudiennes et émiraties
renforçant la diffusion de leur modèle.
2 ) Front pionnier égyptien : mise en valeur des ressources foncières et hydriques et paradigme de
la modernisation.

Paradigme moderniste de maîtrise de l’eau et d’affranchissement des contraintes.

A) Frontière désertique : espace de projection étatique et de développement national

Front pionnier = affirmation d’un puissance étatique et d’un volonté de contrôle politique de territoires
marginaux. Construction de grandes infrastructures d’irrigation, de villages ex nihilo et d’équipement
d’irrigation au sein des parcelles. Coût élevé → investisseurs privés. Mais le rôle d’impulsion de l’Etat reste
déterminant. Ex : projet New Delta en 2021 pour accéler la création d’une nouvelle région agricole entre
Le Caire et Dabba en mobilisant les eaux souterraine dans un processus d’autonomisation vis-à-vis du
fleuve.

B) Frontières de la terre et de l’eau, projet de modernisation agricole et innovation

Innovations rendent possible la mise en ressource des espaces désertiques : techniques de pompage,
d’irrigation (rampes d’aspersion, tuyaux de goutte à goutte). 90's = essor de l’irrigation de précision et de
la fertigation (technique agricole consistant à appliquer des éléments fertilisants solubles dans l'eau par
l'intermédiaire d'un système d'irrigation), recours à des semences résistantes au stress hydrique et à la
salinité élevée.

Innovation technique accompagnée de transformations socio-éco et d’un nouveau rapport à


l’environnement désertique : montée en puissance des grandes exploitations, recherche constante de
nouvelles ressources foncières et hydriques. Inscritption du front-pionnier dans un paradigme
moderniste où le progrès scientifique est un instrument de maîtrise de la nature. Pose un problème de
durabilité, “environementalisme contemporain” de façade, protéger la ressource en eau, oui, mais pour
assurer le rendement le plus élevé en consommant le moins d’eau possible. Agriculture irriguée
présentée comme la solution la plus efficiente pour assurer la sécurité hydrique. Prendre aussi en
compte l’enjeu alimentaire invoqué par l’Etat et les promoteurs pour justifier les projets agro-désertiques.

3) Nouvelles représentations des espaces désertiques et processus de territorialisation à la


frontière

A) Dichotomie vallée / marges désertiques : vers un retournement spatial contemporain ?

Déterminisme géographique instrumentalisé pour légitimer les grands projets d’aménagement. Pour
échapper à cette limitation naturelle, les gvt ont depuis Nasser privilégié la stratégie de la conquête de
nouvelles terres. Sadate : “s’extirper de cette étroite vallée pour atteindre de nouveaux horizons (...),
parvenir à la prospérité nationale”. Le processus de mise en valeur du désert revêt une dimension de
mythe fondateur : conquête d’une nature vierge, mythe de l’agriculture moderne et de la construction
d’une nouvelle société fondée sur elle.

B ) (Re) territorialisation et modalités d’ancrage spatial


Rasmussen et Lund : les dynamiques de frontière et de territorialisation sont co-constitutives.

frontières : tendent à déconstruire les ordres sociaux pré-existants en assimilant ces territoires au
sauvage et à l’inutilité
territorialisation : crée un nouveau système de contrôle, réorganisent l’espace considéré.

Espaces du front pionnier égyptiens organisés autour de 2 modèles spatiaux distincts :

entre-deux : espace d’interface entre vallée et désert . Territoires de l’entre-deix caractérisés par un
gradient (variation continue et régulière de la distribution d'un phénomène) selon : la distance aux
terres anciennes, la présences de canaux d’irrigation depuis le Nil, la densité de population, les
équipements. Modèle caractérisé par une tension entre continuité et discontinuité.
archipel : terres nouvelles intégrées aux espaces voisin e, conserva, certaines singularités. Depuis
les années 2000, concurrence l’entre-deux. Dominé par les grandes exploitations orientées vers
l’exportation ou la transformation agroalimentaire.

Est de canal de Beheira: anciennes terres du Delta, cultures annuelles (riz, blé), morcellement à
cause des héritages successifs
Ouest : terres bonifiées à partir des années 1950 traversée par le canal d’irrigation Nasseri qui dévie
les eaux du Nil, dizaines d’ha de vergers

Assimilables à un « laboratoire territorial » (Acloque Desmulier, 2014), les terres agro-désertiques


égyptiennes ont été façonnées par une diversité d'objectifs : approvisionnement alimentaire d'une
population en forte croissance ; extension de l'espace utile ; développement de l'agrobusiness et
satisfaction d'une étroite élite économique ; développement de nouvelles productions ; contrôle et
peuplement des périphéries. Malgré les échecs qui ont jalonné ce processus depuis les années 1950 et
en dépit de contraintes socio-environnementales majeures, cette constellation d'objectifs a fait émerger
des innovations socio- productives et des dynamiques de territorialisation singulières dans le désert
égyptien. Celles-ci sont révélatrices d'un modèle agro-désertique en extension : fortement capitalisé et
intensif, il se diffuse à l'échelle mondiale et traduit un même processus d'homogénéisation des marges
arides de nombreux pays.
D) Barrages
L'eau en Australie : de l'exploitation des ressources à la gestion des milieux ? L'exemple du bassin ve…

(voir fiche Lucie)

E) Fleuve frontière
Image à la une : États-Unis – Mexique, une frontière sanctuarisée, traversée, surveillée , Franck
Ollivion et Florence Nussbaum

Parc National du Big Bend, Texas → séparé du Mexique par un segment peu profond du Rio Grande.

Une frontière sanctuarisée : Seul Parc National établi le long de la frontière américano-mexicaine.
Big Bend → méandre du Rio Grande. Patrimonialisation : espèces endémiques, diversité des
formations géologiques.
Une frontière traversée : 443.000 visiteur du PN en 2017, sites de campement le long du Rio
Grande, descende du fleuve en canoë jsq Boquillas Canyon. Franchissement N/S et S/N. Populations
mexicains vivant à proximité la franchissent quotidiennement alors qu’il n’y a qu’un seul point de
passage reconnu à Boquillas.
Une frontière surveillée : les ctrl s’effectuent plus au nord à des postes à 56 et 106 km avant l’entrée
du parc par la US Customs and Border Protection + ctrl mobiles. Difficulté à ctrl les flux illégaux.

→ frontière # ligne de démarcation hermétique, dépassée voire contestée par les pratiques spatiales des
acteurs en présence.
2 ) L’eau composante des milieux
A) Paysages de l’eau
Les paysages des eaux douces 

B) Risques liés à l’eau


De l’équipement à la gestion du littoral, ou comment vivre avec les aléas météo-marins aux Pays-Bas ? 
C) Pollution de l’eau
Image à la une : eau pure, eau polluée, le Gange à Varanasi (Inde) 

D) Renaturation, restauration
Carte à la une : reconstituer le Rhin disparu 

E) Zones humides
Génies de l’eau et protection des zones humides en pays dogon (Mali) 

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