PROCEDURE PENALE
P.P : 01 « Organisation de la Justice à Madagascar »
Documentation – Références : - Fiche Ecole – Ordonnance 76 – 044 du 13 Février 1976
I – Généralités :
Dans tout Etat moderne, les organes civils ont pour mission d’assurer la mise en œuvre de la justice répressive
A Madagascar ces organes de l’Etat se divisent en trois groupes présentant des caractères et des attributions
distinctives :
Ministère de la justice
Juridictions répressives
La Police judiciaire
II – Ministère de la justice
(Composition)
Le garde des sceaux, ministre de la justice.
01 Cabinet avec 04 conseillers techniques.
02 Inspecteurs et un secrétaire particulier.
01 Secrétaire général
01 Direction d’Administration judiciaire
01 Direction des études
01 Direction de l’administration pénitentiaire.
III – Les juridictions répressives :
L’organisation des juridictions répressives à Madagascar repose sur cinq principes :
1) Principe de l’unité de la magistrature répressive et magistrature civile :
A Madagascar, les mêmes magistrats assurent le service de la justice civile et la justice répressive.
2) Problème de juge unique :
Dans les tribunaux correctionnels, un seul magistrat peut juger les délits et les contraventions.
3) Les principes de séparations des fonctions :
La juridiction est séparée en trois sections distinctes :
a. Parquet (Procureur et substitut)
b. L’Instruction (juge d’Instruction)
c. Le siège.
4) Principe de double degré de juridiction :
En matière correctionnelle et criminelle, un procès peut être examiné successivement par deux juridictions
hiérarchiques.
5) La classification tripartite :
Le Tribunal de simple police : juge les CONTRAVENTIONS
Le Tribunal correctionnel : juge les DELITS.
La Cour criminelle : juge les CRIMES.
IMPLANTATION GEOGRAPHIQUE
1) Cour suprême:
A Antananarivo, elle est chargée de contrôler l’interprétation des Lois.
2) Cour d’Appel :
A Antananarivo – Mahajanga – Fianarantsoa – Toamasina – Toliara.
3) Cour criminelle :
15 dont 02 à Antananarivo – 02 Toamasina – 03 à Mahajanga – 03 à Diègo-Suarez – 03 Tuléar – 03 à
Fianarantsoa.
4) Tribunal correctionnel (Tribunal de l’Instance)
A effectif complet sis dans les provinces et dans chaque ex-préfecture.
5) Section du tribunal correctionnel :
Dans les communes importantes.
6) Tribunal de simple Police :
Dans les ex-préfectures dépourvues de tribunal de Section et arrondissements.
IV – La Police judiciaire :
1) Définition
2) Objet
3) Les personnes chargées de la Police judiciaire
Q : donnez la composition du ministère de la Justice
R : - Le garde de sceaux, ministre de la Justice.
- 01 Cabinet avec 04 conseillers techniques
- 02 Inspecteurs et un secrétaire particulier
- 01 Secrétaire Général
- 01 Direction d’administration Judiciaire
- 01 Direction des études
- 01 Direction de l’administration pénitentiaire.
Q : Donnez la classification tripartite.
R : - Le Tribunal de simple police : Juge les CONTRAVENTIONS
- Le tribunal correctionnel : Juge les DELITS
- La Cour criminelle Juge les : CRIMES
PP : 02
LE MINISTERE PUBLIC
Documentation – Références : Fiche Ecole – Code de procédure Pénal
I – GENERALITES
Définition du Ministère Public :
L’expression Ministère Public désigne le service confié à des Magistrats qui sont spécialement chargés d’exercer
l’action publique devant toutes juridictions répressives.
II - ORGANISATION
(Composition du Ministère Public dans toutes les juridictions répressives)
1) Cours suprême
(Veille au fonctionnement régulier des tribunaux judiciaires administratifs et financiers)
1er Président + 3 vice présidents
Procureur général + 3 Avocats généraux.
2) Près la cour d’appel
(Délits et contraventions jugés une 1ère fois)
Procureur Général
06 Avocat Généraux
Des Substituts Généraux
3) Devant les tribunaux correctionnels
(Délits)
1ère Instance
Procureur de la République
Un ou plusieurs Substituts
4) Devant les sections du tribunal
Le Président de Section
5) Devant les tribunaux de simple police
(Uniquement contraventions)
Non représenté
6) Devant les cours criminelles
(Crime et infractions connexes)
Procureur Général
III - CARACTERES
1. Amovible
2. Pouvoir propre
3. Indivisible
4. Indépendant
5. Irresponsable
- Le Ministère Public a le pouvoir de poursuivre par les moyens des quatre procédures suivantes :
Comparution volontaire des parties
Citation directe à prévenu ou civilement responsable
Information sommaire
Instruction préparatoire
- Le ministère Public a le pouvoir de saisir le Juge d’Instruction
- Le Ministère Public est une partie demanderesse.
Q : Quelles sont les phases du Procès pénal ?
R : - Phase Police Judiciaire
- Phase de Poursuite
- Phase d’Instruction
- Phase de Jugement
PP 03
LE MINISTERE PUBLIC
Documentation – Références : Fiche Ecole – Code de Procédure Pénale (Art 1-11)
A – ACTION PUBLIQUE
1) Généralités
2) Définition
L’action Publique est l’action exercée au nom de la société pour faire prononcer la peine encourue par
l’auteur d’une infraction.
3) Mise en mouvement
- Personne qui peut mettre en mouvement l’action publique
- Procédés de mise en mouvement de l’action publique
La citation directe devant les juridictions de jugement
La constitution de la partie civile devant le Juge d’Instruction
4) Exercice de l’action Publique
L’acteur de l’exercice de l’action publique : seul le Ministère Public exerce l’action publique.
5) Extinction de l’action publique
(M.A.P.A.R.T.F)
Mort de l’auteur
Abrogation de loi pénale
Prescription des poursuites
Amnistie
Retrait de plainte. Cas très limité. Exemple : adultère, injure
Transaction
Force de la chose Jugée
6) Prescription de l’action publique
10 ans pour les crimes
03 ans pour les délits
01 an pour les contraventions.
7) Obstacles à l’exerce de l’action publique
La qualité de la personne poursuivie
La nature de l’infraction
Certaines immunités.
B – ACTION CIVILE
1) Définition
L’action civile est une action en réparation du dommage causé par une infraction. Elle tend à obtenir des
restitutions, des dommages – intérêts et le paiement de frais de justice.
2) Ceux qui peuvent l’exercer
La victime de l’infraction
Les créanciers
Les cessionnaires
Les héritiers
3) Extinction de l’action civile
Par voie simple
Par voie pénale
4) Droit d’option de la partie lésée et mise en mouvement de l’action civile
La voie civile
La voie pénale
5) Différence entre action civile et action publique
- ACTION CIVILE
Réparation du dommage causé par une infraction
- ACTION PUBLIQUE
Application de la peine
Q : Donnez les différences entre l’action publique et l’action civile
R : Action civile : réparation du dommage causé par une infraction (elle est exercé par la ou
les personnes lésées)
Action publique : application de la peine à l’encontre de l’auteur d’une infraction (y compris coauteur, complice et
receleur).
Elle est exercée par le Ministère Public au nom de la société.
PP 05
PHASE PRELIMINAIRE AU PROCES PENAL
Documentation – Références : Fiche Ecole – Code de Procédure Pénale (art 133 à 143, 206 – 207 – 210 – 213 – 214 – 216
à 220) – Décret sur la Gendarmerie (art 54 et 56) – Mémento du gendarmerie pages 191 – 192.
I – ENQUETE PRELIMINAIRE
1 1) Généralités
Il s’agissait autrefois d’une phase pré judiciaire appelé ENQUETE OFFICIEUSE que le code de procédure
Malgache a transformé en enquête officielle effectuée d’office ou sur instructions des magistrats, par des OPJ
secondés par les APJ sous la surveillance du Procureur Général.
1 2) Définition
L’enquête préliminaire est une procédure de caractère policier diligentée d’office ou sur instructions du
parquet, par les OPJ et les APJ, quels que soient les faits CRIMES ou DELITS, flagrants ou non.
Elle est différente de l’enquête de DELIT FLAGRANT car les pouvoirs des enquêteurs sont moins puissants.
1 3) Acteurs
Les OPJ
Les APJ (sous contrôle des OPJ)
Certains fonctionnaires ou agents
1 4) Comment la police judiciaire est – elle saisie ?
1 4 1 – Plainte : (écrite ou verbale)
1 4 2 – Dénonciation : (écrite ou verbale ou anonyme)
Acte par lequel tout individu signale à la police Judiciaire une infraction.
1 4 3 – Constatations
Le personnel de la Police judiciaire constate directement l’infraction au cours d’un service.
1 5) Déclenchement de l’enquête
L’enquête préliminaire peut être déclenchée soit :
D’office à la suite des constatations, d’une plainte ou d’une dénonciation.
Sur instructions des chefs hiérarchiques
Sur instruction des Magistrats.
1 6) Rôle de l’enquêteur
Dès qu’il a connaissance d’une infraction flagrante ou non, l’action de la Police Judiciaire (OPJ ou APJ) :
Informe sans délai le Procureur de la République
Se transporte sur les lieux
Rend compte à son supérieur hiérarchique
Procède aux constatations
Effectue des perquisitions ou saisies (avec assentiment exprès de la personne)
Procède à l’audition des témoins, plaignants et personnes soupçonnées
Prend des mesures de garde à vue (OPJ)
Etablit un PV d’enquête Judiciaire rapportant
1 – Ce qu’il a fait : transport, réquisitions, constatations, saisies, garde à vue, arrestations
2 – Ce qu’il a vu : traces, indices
3 – Ce qu’il a entendu : auditions victime, témoins, auteurs
Conduit le ou les auteurs devant le Procureur de la République.
II – ENQUETE DE FLAGRANT DELIT
2 1) Généralités
En cas de crimes ou délits flagrants, il y a lieu de rassembler les preuves et au plus vite procéder à
l’arrestation des auteurs. C’est pourquoi le code de Procédure Pénale donne aux OPJ des pouvoirs spéciaux. La
grande différence avec l’enquête de l’OPJ c’est qu’elle fait déjà partie de l’ INFORMATION SOMMAIRE qui est la
2ème phase du procès pénal.
2 2) Définition
L’enquête de flagrant délit est une enquête particulière uniquement possible dans le cas d’infractions
flagrantes prévues par l’article 206 du CPP.
2 3) Acteurs
Les OPJ
Les OPJ secondés par les APJ (greffiers)
2 4) Comment l’OPJ est-il saisi ?
2 4 1) Sur plainte (écrite de la victime)
2 4 2) Sur constatations de l’état de flagrance :
- Crime qui se commet actuellement
- Crime qui vient de se commettre
- Auteur poursuivi par la clameur publique ou trouvé en possession d’objet provenant du crime et
cela dans un temps très voisin de l’action
- Réquisition du chef de maison.
2 5) Déclenchement de l’enquête
L’enquête de flagrant délit peut être déclenchée :
- D’office après avoir recueilli la plainte ou constaté le crime
2 6) Rôle de l’OPJ et limites de ses pouvoirs spéciaux
Rappelons que l’enquête de flagrant délit se déroule dans une atmosphère d’urgence. Il est donc
important que l’OPJ ait des pouvoirs plus importants que dans l’enquête préliminaire.
Informe sans délai le parquet
Se transporte sans délai sur les lieux,
Rend compte et procède aux constatations nécessaires en conservant les indices,
Saisit les armes et tous les instruments du crime ou provenant du crime
Effectue des perquisitions et des saisies pendant les heures légales en présence de la personne
soupçonnée (ou deux témoins) mais SANS SON ASSENTIMENT EXPRESS,
Procède à des auditions de témoins sans serment ou sous serment et assisté d’un greffier (APJ),
Peut délivrer des mandats d’amener,
Procède à des grades à vues,
Interroge sans prestation de serment l’auteur présumé du crime
Etablir un procès verbal de l’ensemble de ses actes. Enfin, les pouvoirs spéciaux de l’OPJ prennent fin de
02 manières :
- L’OPJ fait conduire l’auteur présumé devant le Ministère Public
- Le représentant du Ministère Public arrive sur les lieux.
Dans ce cas, l’OPJ est immédiatement dessaisi mais peut poursuivre sur ordre du Magistrat.
Q : Qui peut procéder aux enquêtes préliminaires ?
R : Les OPJ, les APJ sous contrôle des OPJ et certaines fonctions de PJ
Q : Comment la PJ est-elle saisie ?
R : Par plainte verbale ou écrit ou anonyme et par constatations directes des infractions au cours d’un service effectué par le
personnel de la PJ.
PP 06
DECLENCHEMENT DE LA POURSUITE
ROLE DU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE
LES OBSTACLES DANS L’EXERCICE DE L’ACTON PUBLIQUE
Documentation – Références :- Fiche Ecole- ode de Procédure pénale art 161-162 et 172 à 205
I – TEXTES DE BASE : - Art 161, 172 à 250 du CPPM.
II- GENERALITES
Lorsque l’enquête préliminaire ou la première partie de l’information sommaire est terminée, le dossier est remis au
Magistrat du Ministère public qui, est le seul juge de l’opportunité des poursuites. Dès qu’une plainte, dénonciation ou
procès-verbal arrive au Parquet, le Procureur de la République l’a fait inscrire immédiatement sur le registre des plaintes,
puis décide de la suite à donner.
Il peut classer sans suite ou poursuivre, c’est-à-dire, engager l’action publique.
Deux facteurs le conduisent à décider de poursuivre ou non.
1) Facteur tenant à la légalité de poursuite :
- Est-ce que les faits constituent vraiment une infraction ?
- Est-ce qu’il y a justificatif ou cause de non imputabilité ?
2) Facteur tenant à l’opportunité de la pour suite :
Le Procureur de la République est entièrement libre de prendre la décision qu’il estime la plus convenable.
2 1- Poursuivre même s’il n’est pas saisi par une plainte.
2 2- Malgré l’existence d’une plainte ou dénonciation, ne pas poursuivre et classer l’affaire.
III – Le Procureur de République :
Le Procureur de la République est un membre du Ministère Public placé auprès du Tribunal de Première Instance
pour :
3 1- Procéder ou faire procéder à tous les actes nécessaires à la recherche et à la poursuite des infractions.
3 2- Vérifier l’activité des Officiers de Police Judiciaire.
3 3 – Faire assurer l’exécution des décisions judiciaires.
IV – Décision que peut prendre le Procureur de la République
4 1- Classer sans suite
S’il juge que la poursuite n’est pas nécessaire.
L’acte ne constitue pas l’infraction
IL y a prescription
Le coupable est décidé
S’il y a amnistie.
4 2 – Ouvrir une instruction préparatoire
Par un réquisitoire introductif d’instance :
- Obligatoire pur les crimes
- Facultative pour les délits graves, auteur en fuite, enquête n’ayant pas fait toute la lumière, inculpé risquant
de disparaître.
4 3 – Utiliser la procédure de citation directe
- Exclue pour les crimes
- Possible dans le cas de délit simple ou de contravention, quand la détention n’est pas utile et quand les inculpés sont
connus et domiciliés.
4 4 – Engager une procédure d’information sommaire
- Crimes et délits flagrants permettant de juger rapidement l’auteur.
- Exclue à l’égard des mineurs et des crimes punis de la peine de mort.
4 5 - Notifier la comparution volontaire aux parties
4 6 - Transmettre le dossier aux Tribunaux militaires
- Infraction militaire.
4 7 - Transmettre le dossier à son collègue du Tribunal de Première Instance
- Lorsque le Procureur de la République est compétent.
4 8 – Renvoyer les pièces à la Gendarmerie ou à la Police :
- Pour complément d’enquête.
V - Obstacles à l’exercice de l’action publique
5 11 – Nécessité d’une plainte préalable
- Adultère, abandon de foyer, d’un mineur suivi de mariage.
5 12 - Cas où l’honneur est mis en cause
- Injures ou diffamations.
5 13 - Cas où les intérêts patrimoniaux sont mis en cause
-Délits de chasse sur le terrain d’autrui, contrefaçon de brevet.
5 2 - Requête de l’administration
5 2 1 - Atteints aux intérêts fiscaux et monétaires de l’Etat
- Infractions aux crédits, au change
- Aux contributions directes.
5 2 2 - Atteints à l’intérêt économique
- Infractions à la profession de banquier.
5 3 - Nécessité d’une autorisation au préalable
5 3 1 - Députés
- Nécessité d’un ordre de poursuite du garde des sceaux.
5 3 2 - Membre du Gouvernement et du Président de la République
- Bénéficiant de l’immunité parlementaire nécessite de l’autorisation du conseil des Ministres et résolutions de
l’assemblée nationale.
5 4 – Nécessité d’un avis préalable :
5 4 1- En matière économique
- Avis du ministère chargé de l’économie.
5 4 2 – En matière maritime
- Pour les infractions commises à bord des navires, avis de l’autorité administrative maritime.
Q : Pour la poursuite de l’auteur d’une infraction, quelles sont les décisions que peut prendre le Procureur de la
République ?
R : - Classer sans suite
Ouvrir une instruction préparatoire
Utiliser la procédure de citation directe
Engager une procédure d’information sommaire
Notifier la comparution volontaire aux parties
Transmettre le dossier aux Tribunaux miltaires
Transmettre le dossier à son collègue du tribunal de première Instance
Renvoyer les pièces à la gendarmerie ou à la Police.
P P 07
« PHASE D’INSTRUCTION «
Documentation – Références : - Fiche Ecole - Code de procédure Pénale
(voir textes de base)
I – Textes de base : - Art. 32/2, 53, 62, à 64, 147, 179, 183, 185, 188, 245, 286, 287, 288, 290, 291, et 353 du CPPM.
II – Généralités
- C’est la phase qui suit la phase de poursuite. C’est au cours de la phase d’instruction que la juridiction d’instruction (J.I
et la chambre d’accusation) recueille les preuves, les rassemble, les apprécie et décide si l’inculpé doit comparaître ou non,
devant la juridiction de jugement.
La procédure effectuée au cours de cette phase s’appelle : « INSTRUCTION PREPARATOIRE OU INFORMATION »
III- Domaine de l’instruction préparatoire
a) –Elle est obligatoire pour
- Crimes flagrants punis de peine de mort, peine de travaux forcés à perpétuité ou déportation.
- Crimes non flagrants.
- Crimes et délits dont les auteurs sont inconnus ou en fuite à l’étranger.
- Infractions prévues par les articles 419 à 421 du Code Pénal (concernant les commerces)
b) - Elle est facultative pour les auteurs de délits.
c) - Elle n’a jamais lieu en matière de contravention.
IV - Caractéristiques généraux
4 1- Elle est soumise au principe de la séparation des fonctions
Le Ministère public (Procureur) exerce l’action publique puis délivre une réquisition au juge d’instruction qui procède à
l’instruction préparatoire à la fin de laquelle il communique la procédure de nouveau au Procureur
4 2 – Elle est en parie sécrète car :
‘Avocat peut communiquer avec l’inculpé et la partie civile peut prendre la connaissance du dossier
- Elle est écrite
- Elle est non contradictoire, c'est-à-dire qu’il n’y a pas de débat chez le juge les avocats qui, aux interrogatoires
ne peuvent poser des questions qu’avec l’autorisation des juges.
V - La saisie du juge d’Instruction
En raison du principe de la séparation des fonctions (poursuite et instruction), le juge d’instruction ne saisit jamais lui-
même.
Il ne peut informer qu’après avoir été saisi soit par :
5 1- Le Ministère public
Par un réquisitoire introductif d’instance.
5 2 – Le flagrant (constitution de partie civile)
A partir du moment où le Procureur de la République transmet le dossier par un réquisitoire introductif d’instance au
juge d’instruction ce dernier devient seul saisi et procède à l’instruction.
VI - Décision du juge de l’Instruction
6 1- Lorsqu’il est saisi, le juge d’instruction est tenu d’ouvrir une information mais il peut également s’y refuser. Il prendra
alors 04 types d’ordonnances suivant le cas :
- Ordonnance de compétence
- Ordonnance de refus d’informer pour irrecevabilité de l’action publique.
- Ordonnance de refus d’informer pour irrecevabilité de la constitution de partie civile
- Ordonnance de dessaisissement.
6 2 – A la fin d’instruction, le juge rend une ordonnance de clôture qui peut être :
- Ordonnance de non lieu si les charges sont insuffisantes.
- Ordonnance de renvoi
o Devant les juridictions compétentes (Tribunal de Police, correctionnelle ou cour criminelle)
o Devant la chambre d’accusation (uniquement si le crime encourt la peine de mort, les travaux forcés à
perpétuité ou la déportation)
Q : Comment s’appelle la procédure effectuée au cours de la phase d’accusation ?
R : Instruction préparatoire ou information
Q : Quelles peuvent être les décisions du juge d’instruction à la fin de l’instruction ?
R : Ordonnance de non lieu si les charges sont insuffisantes, ordonnance de renvoi : devant les juridictions compétentes,
devant la chambre d’accusation
P. P 08
LA PHASE DE JUGEMENT
Documentation- Références : - Fiche Ecole – Code de Procédure Pénale
Art. 356 à 502 du CPPM
II – Généralités
Cette phase suit normalement la phase d’instruction. Cependant il est possible que la phase de jugement soit abordée
directement sans qu’il y ait eu instruction.
Exemple Cas de délits simple ou contraventions.
Dans cette phase. Le juge examine l’affaire dans les débats publics en audience avant de rendre sa décision.
III – Saisine de la juridiction jugement
3 1 – Saisine en cas de crimes
Saisine par information sommaire
Saisine par instruction préparatoire du premier degré
Saisine par instruction préparatoire du second degré
3 2 – Saisine en cas de délits ou contraventions
Saisine par citation directe
Saisine par comparution volontaire
Saisine par arrêt ou ordonnance de renvoi
Saisine par application de la procédure d’information sommaire.
Saisine d’office
IV – L’audience et les débats
A) – La procédure à l’audience
Les trois caractéristiques principales :
Les débats sont :
Publics
Oraux
Contradictoires.
Procédure de type accusatoires : chaque partie a le droit de discuter les éléments apportés à l’audience.
La contradiction ne peut être pleinement assurée qu’autant que le prévenu comparait régulièrement
4 1 – Le prévenu est détenu
4 2 – Si le prévenu non détenu est régulièrement cité
Il doit être déféré à cette citation et présenté à l’audience
Jugement contradictoire
Jugement réputé contradictoire
Jugement par défaut
Jugement itératif défaut
B) – Déroulement des débats
Règles communes à tous les débats
Ordre de débats
V – Jugement ou décision
La décision rendue par la juridiction de jugement porte le nom de : JUGEMENT OU ARRET.
5 1 – Délibération
Obligatoire
Sécrète
5 2 – Forme de la décision
La rédaction de la décision incombe au Président et est rédigée en « minutes » signées par le Président et
le greffier.
Elle est ensuite prononcée
Obligatoirement
Oralement
Et publiquement
Les décisions peuvent donner lieu à :
Une relaxe ou acquittement
Une condamnation
Une absolution
Procédé à suivre dans la phase de jugement
Débats
Délibération
Décisions
Q : Quelles sont les caractéristiques des débats ?
R : Les débats sont :
o Publics
o Oraux
o Contradictoires
P P 09
LES VOIES DE RECOURS
Documentation – Références : -Fiche Ecole – Code de Procédure Pénale.
I – Définition
Les voies de recours sont des procédures permettant un nouvel examen des affaires déjà jugées, afin d’obtenir la
modification totale ou partielle, voire l’annulation des décisions prononcées par le Tribunal.
II – Les voies de recours ordinaires
But : - Juger à nouveau une affaire déjà jugée.
1) – L’opposition
L’opposition est une voie de RETRACTATION parce que son exercice a pour effet de porter de nouveau l’affaire
devant la même juridiction (même tribunal)
Condition de l’opposition
L’opposition ne peut être formée que contre les décisions rendues par défaut et par la partie qui a fait défaut dans
un délai déterminé.
Délais d’opposition
10 jours si l’intéressé réside à Madagascar
01 moi s’il réside à l’étranger
A compter du jour de la signification du jugement par défaut à l’intéressé.
Décisions susceptibles d’opposition
Jugement rendu par défaut par :
le tribunal de simple police
le tribunal correctionnel
la chambre correctionnelle et de simple police de la cours d’appel
la juridiction pour mineurs
le tribunal militaire
Personnes qui peuvent formuler une opposition
le prévenu
l’accusé
la partie civile
la personne civilement responsable
l’assureur de responsabilité
Effet de l’opposition
1 – Effet suspensif :
Cela signifie que la décision rendue par défaut est NON AVENUE donc annulée par l’opposition.
2 – L’appel :
L’appel est une voie de REFORMATION qui permet un nouvel examen de l’affaire sur le fond et devant une juridiction
supérieure à celle qui a jugé en premier instance.
Conditions de l’appel
Il est possible contre les décisions rendues en matière correctionnelle.
Il est possible contre les jugements rendus par le tribunal de simple police dont les dommages intérêts excèdent
50.000Fmg
N’est pas possible en matière criminelle.
Personnes qui peuvent faire appel
le prévenu
la partie civile
la personne civilement responsable
les magistrats du ministère public (Procureur de la République et le Procureur Général)
Délais de l’appel
Normalement : le délai est de 10 jours à partir de la prononciation du jugement ou à partir du jour où les parties ont eu
connaissance de la décision
Exceptionnellement : il varie de 03 jours à 02 mois selon la nature du jugement
o Appel du Procureur général près de la cour d’appel : 02 mois
o Appel du Procureur de la République : 01 mois
o Appel du jugement rendu en audience foraine : 20 jours
Effet de l’appel
Effet suspensif :
Cela signifie que l’exécution de la peine prononcé est suspendue jusqu’au nouveau jugement.
Effet dévolutif :
Cela signifie que l’appel entraîne la saisie de la juridiction supérieure (cour d’appel) qui réexamine l’affaire.
Q : Quel est le but des voies de recours ordinaires ? Citez les ?
R : - Juger à nouveau une affaire déjà jugée
- Opposition, appel
III – Les voies de recours extraordinaires
But : Juger la décision de la premier Instance en vue de son annulation.
Le pouvoir en cassation (erreur de droit)
Le pouvoir en révision (erreur de fait)
1) – Le Pouvoir en cassation
Recours exercé dans le cas d’une violation de la Loi d’un jugement et qui permet de porter l’affaire devant la cour
suprême qui jugera sur l’erreur de droit.
Cas d’ouverture du pouvoir en cassation
La constitution irrégulière de la juridiction
L’incompétence et l’excès de pouvoir
L’inobservation des formes
La violation des règles de fond
NOTA : Le pouvoir en cassation permet de porter l’affaire devant la cour suprême. Celle-ci n’apprécie pas les faits ni la
décision de culpabilité et la peine. Elle ne juge pas le procès en lui-même.
« ELLE JUGE UNIQUEMENT AU POINT DE VUE DU DROIT »
Décisions susceptibles de pouvoir en cassation
Arrêt définitif de la chambre d’accusation
Décisions définitives rendues en dernier ressort en matière criminelle, correctionnelle et de simple police.
Personnes qui peuvent former un pouvoir en cassation
Le prévenu ou l’accusé
L’inculpé
La partie civile
Le ministère public (Procureur de la République)
Tiers civilement responsable
Délais de pouvoir en cassation 02 ans
En matière de vol de bœufs : le procureur Général près la cour d’appel dispose d’un délai de 15 jours.
Dans les autres cas, le délai pour ce pouvoir en cassation est de 03 jours, y compris les jours fériés.
Effet du pouvoir en cassation :
Effet suspensif
Effet dévolutif
Saisir la CHAMBRE DE CASSATION DE LA COUR SUPRÊME.
2) – Le pouvoir en révision
But : Voie de recours extrêmes de l’autorité souveraine pour obtenir la réparation d’une erreur de FAIT.
Décisions susceptibles de révision
Les décisions de condamnation rendues en matière criminelle ou correctionnelle.
La révision ne peut avoir lieu que dans les quatre cas suivants :
En matière d’homicide
Deux condamnations, inconciliables
Condamnation pour faux témoignage
Fait nouveau de nature à établir l’innocence d’un condamné.
Q : Quelles sont les décisions susceptibles de pouvoir en cassation ?
R : - Arrêt définitif de la chambre d’accusation.
- Décisions définitives rendue en dernier ressort en matière criminelle, correctionnelle et de simple police.
P. P 10
LES JURIDICTIONS REPRESSIVES SPECIALISEES
Documentation – Références :- Fiche Ecole – Code de Procédure Pénale.
I – Généralité :
Ce sont les juridictions dites d’exception. A la différence des juridictions répressives de droit commun, ces
juridictions ne sont compétentes que pour juger les infractions dont la connaissance leur est attribuée par une disposition
formelle de la Loi, soit en raison de la qualité personnelle de leur auteur, soit en raison de la nature de ces infractions.
II – Haute Cour de Justice :
2 1 – Définition
Juridiction à caractère politique qui juge le Président de la République, le Premier Ministre et les membres du
gouvernement, pour tout crime et délit commis dans l’exercice de leur fonction.
2 2 – Composition
Premier Président de la Cour suprême
02 premier Président de la cour d’Appel
06 membres de l’assemblée nationale
III – Juridiction pour mineurs
3 1 – Définition
Juridiction spécialement créée pour juger les mineurs de moins de 18 ans et dont l’existence s’explique par
le caractère particulier de la délinquance juvénile.
Elles sont au nombre de trois :
3 2 – Juges des enfants
Choisi parmi les juges du Tribunal de premier Instance.
Rôle
En cas de délit, procède aux actes d’instruction.
Transmet le dossier au Tribunal pour enfants.
PEUT JUGER lui-même l’affaire, et prononcer alors :
- Une administration
- Une mesure d’éducation ou de surveillance.
3 3 – Tribunal pour enfant
Définition
Chambre spéciale créée par décret au niveau des tribunaux d’instance.
Composition et rôle :
Juges des enfants – 02 assesseurs
Connaît tous les délits par les mineurs de moins de 18 ans.
3 4 – Cour criminelle des mineurs
IV – Cours Criminelle spéciale
4 1 – Définition
Cours créée par l’ordonnance n° 60-106 du 27 Septembre 1960, relative à la répression des vols de bœufs
4 2 – Compétence territoriale
Elle est établie au siège des tribunaux de première instance ou des sections et a le même ressort que le
tribunal ou la section.
4 3 - Attributions
.Elle juge les crimes de vol bœufs (auteurs, co-auteurs, receleurs et complices).
Incompétence pour juger les mineurs voleurs de bœufs.
V – Tribunal criminel spécial
5 1 – Définition
Juridiction itinérante qui a une compétence nationale, il connaît les infractions commises et découvertes au
cours des opérations militaires contre le banditisme.
Vols de bœufs
Défrichements et feux de végétations
Infractions en matière d’alcool et chanvre indien
Infractions contre les personnes et les biens.
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I - TRIBUNAUX MILITAIRES
1 - Définition
Juridiction chargée de juger les infractions spéciales d’ordre militaire.
2 – Composition
Président = Magistrat civil
04 assesseurs = Juges militaires
3 – Compétence
Crimes et délits d’ordre militaire
Infractions de toute nature dans le service ainsi que dans les casernes.
Crimes et délits contre la sûreté extérieure de l’Etat.
Les infractions commises à bord des navires ou aéronefs militaires.
II - TRIBUNAL MILITAIRE SPECIAL
2 1- Définition
Juridiction instaurée lorsque la Loi Martiale est proclamée.
2 2 – Compétence
Le Tribunal militaire spécial connaît les infractions.
Contre la sûreté de l’Etat
Contre la constitution
Contre l’ordre et la paix publique.