MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Union - Discipline - Travail
UFR DES SCIENCES DE LA TERRE ET
UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY
DES RESSOURCES MINIERES (STRM)
DEPARTEMENT DES SCIENCES ET TECHNIQUES
DE L’EAU ET DU GENIE DE L’ENVIRONNEMENT
UE: MOBILISATION DES RESSOURCES EN EAU
SOUTERRAINE
ECUE : ESSAI DE POMPAGE ET EXPLOITATION DES EAUX
SOUTERRAINES
Proposé par:
Prof. Emmanuel
KOUADIO
+225 05 61 18 39
SOMMAIRE
INTRODUCTION
CHAP 1 – UTILISATION DES EAUX SOUTERRAINES
CHAP 2 – SYSTEMES D’EXPLOITATION DES EAUX
SOUTERRAINES ET DIMENSIONNEMENT DE RESEAUX
CHAP 3 – ESSAI DE POMPAGE
2
INTRODUCTION
L’eau souterraine constitue la plus grande réserve en eau
douce liquide de la planète. Son volume annuellement
renouvelable par l’infiltration des précipitations est estimé à
plus de 10.000 km3 (Jean Margat, 2008). Cette ressource est
affectée à diverses utilisations pour satisfaire les besoins
socio-économiques.
L’exploitation est orientée selon le type de système de
mobilisation et les objectifs à atteindre. Ces systèmes
d’exploitation vont du plus simple au plus complexe et du plus
économique au plus onéreux selon les réalités du terrain.
Les besoins en eau varient d’un système à l’autre et nécessite
un dimensionnement pour s’assurer d’un service adapté aux
besoins. Pour ce faire les essais de pompage sont
nécessaires pour maîtriser la productivité des nappes
souterraines.
3
CHAP 1 – UTILISATION DES EAUX SOUTERRAINES
L’irrigation et l’alimentation en eau potable des collectivités sont les utilisations très
prédominantes. Globalement, selon les études de Jean Margat on a:
- les 2/3 des quantités d’eau souterraine prélevées dans le monde servent à
l’irrigation;
- 1/4 contribue aux alimentations en eau potable (habitats, hopitaux, industries, etc;)
- 1/10 est utilisé par les industries non desservies et les mines.
- en Europe plus de 50 % des eaux souterraines prélevées servent aux alimentations
en eau potable, mais seulement 20 à 25 % en Amérique du Nord et en Afrique et,
moins de 20 % en Asie ;
- en Afrique plus de 75 % des eaux souterraines prélevées servent à l’irrigation et
presque autant en Asie et en Amérique du Nord (70 %).
4
CHAP 2 – SYSTEMES D’EXPLOITATION DES EAUX
SOUTERRAINES
En Côte d’Ivoire il existe trois systèmes d’exploitation des eaux
souterraines pour la consommation humaine et les autres utilisations
- Le système d’hydraulique villageoise (HV);
- Le système d’hydraulique villageoise améliorée (HVA);
- Le système d’hydraulique urbaine (HU).
2.1 – Le système d’hydraulique villageoise (HV)
Il s’agit des moyens d’exhaure mis en place sur les forages
villageois. Ces moyens sont des pompes à motricité humaine. On
en distingue plusieurs types : pompe VERGNET, ABI, ASM,
etc. (Voir support de cours).
5
Le forage réalisé est en même temps le point de puisage de l’eau.
Si ce forage est implanté loin des ménages, les femmes
parcourent des distances plus ou moins longues pour amener
l’eau à la maison. Dans ce cas, on parle de corvée de l’eau.
Pour minimiser la corvée de l’eau, il est recommandé à
l’hydrogéologue d’implanter le forage dans le village ou à
proximité de celui-ci.
La gestion est assurée par un comité de gestion villageois constitué
et formé par l’administration technique du projet.
6
L’eau est vendue à des prix étudiés conjointement par
l’Administration et le comité de gestion. Les prix sont fixés sur la
base des récipients calibrés ciblés.
L’entretien technique est assuré par un artisan réparateur (AR)
formé par l’Administration.
2.2 Le système d’hydraulique villageoise Améliorée (HVA)
Le système HVA est un système intermédiaire entre le système
villageois et le système urbain. Il est composé d’un forage équipé
de pompe immergée (pompe électrique), d’un château d’eau en
polyester (parfois en béton armé), des bornes fontaines et des
canalisations. La distribution de l’eau est axée sur les bornes-
fontaines.
7
L’amélioration de ce système par rapport aux pompes à motricité
humaine réside dans :
- La source d’énergie (énergie électrique) ;
- Le rapprochement maximum des points de puisage (borne-
fontaine) aux habitations ;
- Automatisme du fonctionnement ;
- Comptage de l’eau pompée ou distribuée ;
- Traitement minimum de l’eau (chloration) ;
- Les branchements individuels.
8
9
2.3 Le système d’hydraulique urbaine (HU)
Le système d’hydraulique urbaine se caractérise par :
•une source d’énergie électrique ;
•un forage ou une retenue d’eau de surface ou un cours d’eau ;
•un château d’eau en béton armé ;
•un réseau de canalisation maillé en général et ramifié par endroit ;
•Une station de traitement de l’eau ;
•Des stations de pompage ;
•Le branchement systématique de toutes les habitations;
•L’automatisme du fonctionnement,
•Comptage de l’eau pompée ou distribuée ;
•Etc.
10
Schématisation d’un système d’alimentation en eau potable 11
Avant d’alimenter en eau potable une agglomération, il est
nécessaire de répondre à une série de questions :
- les besoins en eau ?
- la source d’eau ?
- la qualité de cette eau ?
- le traitement nécessaire ?
- le mode de transport (adduction ou aqueduc) ?
- le réseau de distribution ?
- etc.
12
CHAPITRE III- DIMENSIONNEMENT DES OUVRAGES
3-1 Evaluation des besoins
3-1-1 Besoins domestiques
La consommation domestique moyenne est généralement rapportée au
nombre d’habitants. Elle est alors exprimée en litres par jour et par
habitant (l/jour/hab).
Cette consommation varie en fonction de plusieurs facteurs: le niveau de vie,
les habitudes, la disponibilité de l’eau, le climat, le prix de l’eau, la forme de
la fourniture d’eau (branchement individuel ou borne fontaine), etc., d’une
part.
D’autre part, elle évolue d’une année à l’autre, en liaison avec l’évolution du
niveau de vie.
La population utilisée pour le calcul est celle du dernier recensement officiel
et avec le taux d’accroissement indiqué dans la zone donnée.
L’actualisation est faite à partir de la formule suivante:
Hn: population de l’année n
Hn = Ho (1+Ʈ)n Ho: population de l’année de recensement;
n: nombre d’année écoulé;
Ʈ : taux d’accroissement de la population 13
Le besoin domestique total (à chaque horizon) est noté:
QBj = consommation par habitant x nombre d’habitant
3-1-2 Besoins publics
Les besoins publics englobent la consommation des administrations, des
établissements d’enseignement publics, des municipalités, des hôpitaux, etc,
3-1-3 Besoins industriels
On ne tient compte que des industries qui consomment de l’eau potable et
branchées sur le réseau de la ville. On ne compte pas les industries isolées
de la ville et qui ont une alimentation indépendante en eau.
3-1-4 Autres Besoins
Dans cette catégorie on peut classer :
- Les besoins touristiques (des hôtels);
- Les besoins d’irrigation de quelques cultures de fleures et pépinières.
14
3-1-5 Horizons d’étude et besoins domestiques
Trois horizons d’études ou années sont considérés pour les prévisions :
- année 0 : 21 l / j / habitant
- année n+5 : 25 l / j / habitant
- année n+12 : 30 l / j / habitant
Taux de desserte = 100 % de la population concernée
3-1-6 Production journalière moyenne (Qj)
Pour un réseau neuf, les statistiques ont montré un taux de perte de 15%.
Qj (m3/j) = QBj/0,85
3-1-7 Production de pointe journalière (Qjmax)
La consommation d’eau est variable en fonction du mois, du jour de la
semaine et de l’heure de la journée.
On définit un coefficient de pointe saisonnière k1 tel que:
K1 = consommation journalière maximale/consommation journalière moyenne
15
Qj max (m3/j) = Qj x K1
En Côte d’Ivoire, Cps est pris à 1,1 au Sud du 8è parallèle et à 1,2 au Nord de
cette parallèle.
3-1-8 Débit de pointe horaire (Qh max)
Les ouvrages de distribution d’eau (réseau, réservoirs) doivent être
dimensionnés pour fournir la demande horaire maximale (l’heure de pointe
ou la pointe horaire). On définit un coefficient de pointe horaire K2 tel que:
K2 = consommation horaire maximale/consommation horaire moyenne
Qh max (l/s) = (Qj max(m3/j) x 1000 x K2)/24(h) /3.600(s)
3-1-9 Les pertes d’eau
Dans un réseau d’alimentation en eau potable, les pertes d’eau sont situées
à différents niveaux: la prise d’eau, la station de traitement, les stations de
pompage, les réservoirs, les réseaux d’adduction et de distribution, les
vannes, les joints, les compteurs, etc.
Ces pertes dépendent de l'âge du réseau, l’état du réseau, la compétence et
l’efficacité du service de maintenance. 16
En général le coefficient de perte de charge K3 varie selon la situation
du réseau
3-2 Dimensionnement des ouvrages
3-2-1 Volume du château d’eau
V = 0,20 x Qjmax (à l’horizon + 12)
V : Volume théorique du château d’eau en m3
Qjmax : Production journalière de pointe saisonnière
3-2-2 Canalisations
17