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Retombées du dragage des barrages en Algérie

Le document traite des conséquences du dragage des barrages en Algérie, notamment l'érosion et l'envasement des retenues d'eau, et souligne l'importance de valoriser les sédiments extraits pour réduire les coûts. Il met en avant l'expérience de l'Algérie dans la lutte contre l'envasement et les techniques de dragage utilisées, tout en abordant les défis environnementaux associés. Enfin, il appelle à une meilleure gestion et réglementation des matériaux de dragage pour minimiser leur impact environnemental.

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Retombées du dragage des barrages en Algérie

Le document traite des conséquences du dragage des barrages en Algérie, notamment l'érosion et l'envasement des retenues d'eau, et souligne l'importance de valoriser les sédiments extraits pour réduire les coûts. Il met en avant l'expérience de l'Algérie dans la lutte contre l'envasement et les techniques de dragage utilisées, tout en abordant les défis environnementaux associés. Enfin, il appelle à une meilleure gestion et réglementation des matériaux de dragage pour minimiser leur impact environnemental.

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Colloque CMEDIMAT 2005, 06 et 07 décembre 2005

RETOMBEES DU DRAGAGE D’UN BARRAGE ET REMEDES


PAR L’EXPLOITATION DES DECHETS SOLIDES

Abdèlaziz SEMCHA*, Belkacem MEKERTA*, Abdélatif BENAISSA** & Jean Pierre


TROALEN***
* Ecole Normale Supérieure d’Enseignement Technique, Département de Génie Civil, BP n°
1523, Oran El M’naouer - Algérie.
** Université des Sciences et de la Technologie d’Oran Mohamed Boudiaf, Faculté
d’Architecture et Génie Civil, Département Génie Civil.
*** Université de Reims Champagne Ardenne, UFR Sciences Exactes et Naturelles, E.A. n°
2617 (GMMS), Moulin de la Housse, BP 1039, 5168, Reims Cedex 2, France.

Résumé.
En Algérie, les apports liquides, liés à la pluviosité et à la nature des cours d’eau,
déterminent l’action positive recherchée: ressources en eau. Parallèlement, ces apports
liquides ont des conséquences négatives: érosion des bassins versants, envasement des
retenues et ouvrages annexes. De plus, des opérations de maintenance de ces infrastructures
ont été réalisées de façon épisodique sans une réelle conscience de leur impact sur
l’environnement
Dans ce contexte général, la retenue du Fergoug en est une illustration réelle traduisant la
situation de nombreux barrages Algériens. Par ailleurs, la possibilité de créations de
nouvelles infrastructures est très réduite ou impossible. Une valorisation des sédiments
extraits doit être envisagée aux fins de réduction des coûts du dragage et des zones de
stockage. Les domaines des matériaux de génie civil offrent des voies de d’exploitation des
vases extraites par dragage.

I ■ INTRODUCTION

Parmi les régions les plus touchées par l’érosion et l’envasement des retenues,
l’Algérie est l’une des plus fortement défavorisées. Certains barrages ont été complètement
abandonnés, d’autres posent actuellement de grandes inquiétudes et finiront par périr si des
mesures urgentes ne sont pas entreprises. B. Remini (2002) donne le volume de plus de 650
millions de m3 de sédiments se trouvant en l’an 2000 cumulés dans 98 barrages en Algérie.
L’expérience singulière de l’Algérie la place au premier rang mondial en matière de lutte
contre l’envasement. Plusieurs procédés de lutte ont été utilisés à savoir : le reboisement des
bassins versants, la surélévation des digues, la construction de barrages de décantation,
l’utilisation de barrages à onde de chasse le dragage...

asemcha@[Link]
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Steppe
Erosion Désertique Prairie Forêt
Spécifique
Annuelle 300- Semi-aride Diagramme schématique montrant
(t/km2)
l’Erosion Spécifique en fonction
200- du climat (Langbein et Schumm [1])

100-

! ! ! ! ! ! ! ! Pluie efficace
200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 (mm)

Figure 1 - Situation climatique de l’Algérie (Semi-aride = Erosion max.)

L’Algérie du nord, au climat semi-aride se trouve en tête des contrées touchées par les
problèmes de l’érosion. Les barrages réservoirs sont des aires privilégiées de sédimentation
des particules solides issues de l’érosion. Ils sont comblés dans des courts délais et, par voie
de conséquence, la maintenance de ces importants ouvrages est nécessaire. Parmi les moyens
utilisés dans la récupération de volumes perdus par envasement, les opérations de dragage
effectuées sur le site de Fergoug ont généré des volumes considérables de matériaux à l’état
vaseux.

II ■ LE DRAGAGE DNS LE MONDE

Selon [Link] [2], ce sont les activités de commerce maritime ou de plaisance qui nécessitent
de nombreux travaux de dragage pour l’entretien et l’opérationnalité des chenaux et des ports
existants, ainsi que pour la construction de nouvelles infrastructures maritimes et fluviales
(ports, marinas, quais…).
Cette activité de dragage génère des volumes considérables de matériaux ; à titre d’exemple
nous citons : environs 35 millions de m3 par an en France (1994), 45 millions de m3 par an aux
Pays Bas (1997) et 250 millions de m3 par an pour les Etats Unis (1997). Le problème du
devenir de ces produits, auquel il faut ajouter nécessairement les coûts liés au transport, est
posé de façon inévitable.
Les méthodes actuelles de prise en charges de ces problèmes tendent seulement à gérer le
caractère opérationnel des installations sans se préoccuper du devenir réel des vases et des
boues de dragage. Actuellement deux solutions sont adoptées : le rejet en mer et la mise en
dépôt à terre. Pendant longtemps, ce sont les considérations techniques et économiques qui
l’ont emporté lors des prises de décisions. Aujourd’hui, une meilleure prise de conscience de
la teneur anthropique en substances toxiques contenues dans un grand nombre de ces
matériaux, et leurs relations avec des considérations humaines et environnementales, intéresse
beaucoup de chercheurs.
En Europe, les études sur la problématique des « sédiments toxiques » sont
relativement récentes. Le comportement des matériaux dans le temps, et notamment les
phénomènes de transfert de polluants sont encore mal connus. Les notions de pollution des
eaux et de toxicité des sédiments sont difficiles à définir. Cela implique un vide réglementaire
sur le sujet ainsi que l’absence de normes de référence. La seule « convention de
Londres (1972)» en vigueur qui interdit le rejet des substances dangereuses ou toxiques, ne

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lève pas l’équivoque sur la toxicité des produits de dragage puisque le seuils de pollution par
contamination ne sont pas abordés.
En ce qui concerne le confinement en dépôt terrestre des matériaux de dragage, celui-ci coûte
beaucoup plus cher que le rejet en eaux libres. De plus les aires aménagées pour cet usage
arrivent à saturation, et d’autres aires sont à prévoir. Or les textes réglementaires donnent la
priorité à la valorisation ou au recyclage. Le concept de décharge est complètement revu. En
effet les décharges ne doivent recevoir que les déchets ultimes préalablement traités en vue de
leur stabilisation. Toutefois, sauf situations imprévues exceptionnelles, les vases de dragage
ne rentrent pas dans cette catégorie de déchets.
D’une façon générale, l’évolution de la législation et la prise de conscience collective des
nuisances occasionnées par les solutions traditionnelles ainsi que la limite des mises en
confinement impose aujourd’hui une recherche sur le devenir de ces produits.
Parmi les procédés cités par F. Ray, le mode de gestion que nous retiendrons en fonction de
notre étude est la stabilisation/solidification en vue d’un stockage, avant l’utilisation du
matériau issu du dragage en tant que matière première dans un procédé de valorisation.
Le traitement des vases ou des boues portuaires par des procédés de solidification/stabilisation
conduit à obtenir un matériau à performances contrôlées, et pourra être utilisé dans certains
domaines du génie civil. Dans la mesure où les contaminants sont immobilisés quasi
définitivement, ou libérés très lentement, le matériau ne serait pas nuisible à son
environnement récepteur. Cette solution permettrait d’économiser certaines ressources
naturelles, en se substituant à de matériaux plus nobles.

III ■ LE DRAGAGE EN ALGERIE

L’Algérie a le douloureux honneur de figurer parmi les contrées les plus dangereusement
menacées par l’érosion et l’envasement des retenues. Les retenues algériennes étant
essentiellement destinées au stockage et la régulation de la ressource eau, sont d’autant plus
vulnérables qu’elles sont défavorisées sous le rapport du régime des rivières lié à une
pluviosité sous forme d’averses de fortes intensités et de courtes durées.
Malgré l’insuffisance des études sur ce phénomène particulier aux régions du de l’Afrique du
nord, beaucoup d’efforts ont été déployés par les services de l’hydraulique dans la lutte contre
l’envasement. Il faut remarquer que l’Algérie fait figure de pionnier en cette matière et son
expérience singulière dans le monde fait qu’il n’en est pas fait référence à des expériences
d’autres pays. Parmi les multiples procédés de lutte expérimentés sur les barrages algériens, à
savoir : le reboisement des bassins versants, la surélévation des digues, la construction de
barrages de décantation et l’utilisation du barrage à onde de chasse, il a été fait recours à des
opérations de dragages. La première expérience de dragage par drague suceuse, acquise en
1986 et baptisée « Rezoug Youssef », fût celle du barrage de Fergoug durant la période 1986
à1689. Cette drague a été utilisée sur plusieurs autres sites avec les mêmes objectifs : la
récupération d’une partie des volumes de stockage perdus par envasement.
Ces opérations de dragage de volumes considérables de matières solides à l’état vaseux,
n’ayant pas trouvé de réglementation ni de tradition sur le devenir de ces matériaux issus du
dragage, ont eu des retombées spectaculaires sur l’environnement.

IV ■ LES TECHNIQUES DE DEVASEMENT

Les techniques de dévasement des barrages peuvent être résumées globalement par les deux
moyens suivants :

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- l’utilisation des moyens de vidange dont est équipé le barrage : les soutirages. Dans ce cas
l’état avancé de consolidation des sédiments, ou bien celui où elles sont encore en suspension
ne permettent pas l’utilisation efficace de cette technique.
- l’utilisation d’un moyen d’enlèvement des matériaux adapté à leur état de consolidation en
place dans la cuvette de la retenue : les dragages.

IV.1 - Etat des vases avant dragage


Avant dévasement, les sédiments se présentent à l’état consolidé sous forme de couches
juxtaposées, emprisonnant des formations plus grossières. Dans cet état consolidé la vase aura
des caractéristiques, différentes selon ses propriétés et le milieu dans lequel s’effectue le
tassement. Ce sont les paramètres suivants qui influent sur ces propriétés :
- Les dimensions des particules: d’après Mignot [3], dans la formule du tassement en
fonction du temps « Ts = [Link] + b », le coefficient « a » est une fonction décroissante avec le
diamètre « d » des particules pour toutes les phases du tassement.
• Phase de décantation des flocons : a = 0,01 + 0,05d
• Phase d’élimination des eaux interstitielles : a = 0,01 + 0,015d
• Phase d’élimination des eaux fixées aux micelles : a = 0,01 + 0,001d

- Le milieu aqueux : les éléments chimiques dissous dans l’eau, ont une influence variable
sur le tassement des particules en suspension.

- Les condition initiales de sédimentation : pour apprécier l’influence des conditions


initiales, les deux paramètres surveillés sont la vitesse de tassement et le tassement final. Les
paramètres influents sont la hauteur et la concentration en particules à l’état initial. Plus ces
deux paramètres sont élevés plus le tassement final est important, mais plus la vitesse est
faible. Le mouvement ascendant de l’eau drainée permettant la consolidation, est gêné.

- Les matières organiques : leur présence est limitative du tassement, par la formation de
gaz lors de leur décomposition, qui perturbe la concentration des dépôts.

- La présence de sable : elle favorise de façon générale le tassement. Le drainage de l’eau


se fait plus facilement lorsque des grains sont dispersés dans les sédiments. La perméabilité
est augmentée par leur présence.

IV.2 - Le soutirage
Selon B. Remini [4], le moyen le moins coûteux reste l’évacuation des sédiments par les
pertuis de vidange du barrage qu’il préfère appeler « Technique de soutirage ». Cette
technique qui peut contribuer effectivement à augmenter la durée de vie d’un réservoir,
nécessite la bonne connaissance des écoulements divers dans la retenue, en plus de la dotation
d’ouvrages à annexer au barrage dès sa conception initiale.
L’un des rares barrages dans la monde équipé d’un système de batterie de vannes de
dévasement est celui d’Ighil Emda : durant les années 1955-1956, plus de 50% des sédiments
entrants dans la retenue ont été évacués. Au vu des résultats obtenus par ces pertuis de faibles
diamètres, d’autres barrages ont été équipé de ce système.
Cette première technique de dévasement nécessite une bonne gestion du barrage : allant de
l’installation des vannes de vidanges appropriées à la bonne connaissance des moment
d’arrivée les courants de densité chargés, pour permettre la synchronisation de l’ouverture de

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ces vannes avec l’arrivée de ces courants avec une perte minimale des eaux claires. Par contre
l’ouverture des vannes après remise en suspension des sédiments est inefficace. Remini parle
«bon» et de «mauvais» soutirage.

IV.3 - Le dragage
Le premier barrage ayant subi des opérations de dragage en Algérie est celui de Fergoug,
situé dans la région de Perrégaux (ouest algérien) : de 1986 à 1989 plus de 10 millions de m3
de vase ont été dragués.
Ce dragage a été réalisé avec une drague suceuse refouleuse flottante. Après remaniement
local, les sédiments sont aspirés par la drague et refoulés à travers une canalisation constituée
d’une partie flottante et une partie fixe sur plusieurs centaines de mètres. Cette canalisation
sert aussi au transport part refoulement des sédiments jusqu’à la zone de rejet située en aval
du barrage.
Préalablement au choix du type de drague à utiliser, une étude des fonds de la retenue a été
nécessaire. Une étude géotechnique a été réalisée sur des sondages effectués dans la retenue
qui ont permis le prélèvement d’échantillons intacts. Les échantillons prélevés ont fait l’objet
d’identifications et caractérisations au laboratoire. Ces études ont aidé à la prise de décision
sur le choix du type de matériel à utiliser pour le dragage, ainsi que sur les moyens de
transport et de mise en dépôt.
De cette première expérience de dragage en Algérie, sont apparues des désordres sur
l’environnement, et des enseignements sont à tirer pour les prises de décisions futures. En
effet, les moyens de dragage sont très variés, allant du simple pelletage aux systèmes
automatisés qu’il est possible de concevoir. La réalité a montré la nécessité de prise en charge
des opérations de dragage sur toutes ses facettes :
- La caractérisation initiale des matériaux à draguer
- La mise en état des matériaux avant dragage (séparation de phases)
- Le transport et la mise en dépôt des matériaux dragués
- Les questions de dépollution des matériaux à déposer dans les sites naturels
- Les aspects de valorisation des matières pouvant être exploitées
- Les retombées économiques immédiates et à long terme.

Malgré la diversité des problèmes liés à l’envasement des retenues, la récupération des
volumes de stockage des moyens existants est une priorité. Même si la construction de
nouvelles retenues est envisageable, elle est confrontée dans de nombreux cas à l’inexistence
de sites nouveaux. Ainsi que ce soit par soutirage ou par dragage, plus de 650 millions de m3
de sédiments cumulés sont estimés se trouvant en 2000 dans les 98 barrages algériens.

IV.4 - Stockage des sédiments

Dans un esprit de développement durable, la gestion de l’environnement doit prendre en


compte tous les aspects liés à la mise en dépôt et le stockage des sédiments issus des
opérations de dragage.
Grâce aux médias, le grand public est maintenant bien informé des dommages que court
l’environnement du fait des « pollution » dont les origines et les formes sont multiples. Mais
le grand public est beaucoup moins sensible au rôle protecteur que le sol peut exercer à
l’égard des pollutions si certaines conditions sont respectées.

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L’ efficacité du sol est moins évidente lorsque la pollution est provoquée par les composants
même du sol, ou de sa constitution physique qui altère directement les équilibres des bassins
versants vis à vis des ruissellements et des infiltrations alimentant les nappes souterraines.
Cependant, une attention particulière est attirée sur les désordres pouvant apparaître suite aux
dépôts et stockages des matières de granulométrie fine. En effet, dans le cas du dragage du
Fergoug, le dépôt des sédiments en aval de la digue a été à l’origine de la grande catastrophe
écologique pour toute la plaine située en aval du barrage.

V■ CONSEQUENCES DU DRAGAGE (CAS DE FERGOUG)

V.1 - Entraînement des sédiments en aval

De 1986 à 1989 un volume de 10 millions de m3 de vase a été dragué par drague suceuse. Ce
volume a été pompé puis transporté à l’aide de conduite forcée jusqu’à une aire de stockage –
rejet située en aval de la retenue. La plaine de l’Habra en aval du barrage, a été transformée
par l’entraînement et l’accumulation de ces vases.
Depuis sa construction, le barrage de Perrégaux a transformé la région de la grande plaine de
l’Habra. De vastes régions défrichées ont été transformées en terres agricoles très fertiles
améliorées par la maîtrise de l’irrigation. Mais d’autres part, les différentes ruptures de la
digue ont entraîné l’accumulation des boues et leurs dépôts successifs ont été la cause de la
formation de zones marécageuses.
Depuis la reconstruction du barrage et sa nouvelle mise en eau en 1970, le barrage résiste
mieux aux apports liquides des crues. Malheureusement les particules solides se retrouvent
piégées dans la cuvette et accélèrent ainsi l’envasement.
Suites aux dragages, les matériaux déposés sans protection adaptée sont resoumis à l’érosion
depuis les aires de stockage et leur entraînement vers la plaine de l’Habra continue de façon
encore plus spectaculaire. Les photographies prises à l’embouchure de la Macta montrent
l’ampleur du phénomène d’érosion – entraînement des vases.

Photo N°1: Rejet de la vase draguée Photo N°2: Entraînement de la vase déposée
en aval

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V.2 - Les conséquences environnementales

La situation écologique est qualifiée de catastrophique :


- Dépôts et consolidation des vases dans le lit du cours d’eau.
- Le relèvement des lits a provoqué l’inondation des berges aux moindres pluies.
- La consolidation des particules solides a abouti à l’obturation des zones d’infiltration qui
alimentent les nappes souterraines d’où l’assèchement des sous sols.
- Transformation des terres agricoles en marécages.
- Disparition des vergers (principalement les agrumes et les oliveraies) sur toute la région de
Perrégaux

Photo N°3: L’Oued et la plaine de la Macta Photo N°4: Etendue des zones touchées
par le dépôt des sédiments
Les différentes illustrations donnent un aperçu réel de la situation aval du barrage de Fergoug.
Il apparaît clairement que la plaine de l’Habra ainsi que la Macta jusqu’à son embouchure,
sont particulièrement touchées par l’entraînement des particules fines issues de la retenue de
Fergoug.
Les constats des retombées de l’entraînement des vases et de leur dépôt montrent l’ampleur
des problèmes posés. Les solutions à rechercher sont complexes mais urgentes vu que
l’érosion continue de crue en crue à accentuer les désordres.

VII■ LES REMEDES PAR LA VALORISATION

VII.1 - Identification des vases et possibilités offertes

En prévision des opérations de dragage, du choix des moyens et méthodes appropriées, la


connaissance de l’état physique des matériaux en place est nécessaire.
L’étude géotechnique des sédiments déposés et réalisée sur des sondages effectués dans la
retenue de Fergoug a apporté des données précises sur leur état physique. Ces sondages ont
montré la grande variabilité de l’épaisseur de l’envasement. D’autres échantillons ont été
prélevés à la Macta, embouchure de l’oued El Hammam en aval du barrage de Fergoug et subi
les mêmes essais de caractérisation.
Les propriétés physiques chimiques et minéralogiques mises en évidence pour les vases
étudiées ont révélé d’une part que la vase prélevée à la Macta possède des caractéristiques

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identiques à celle prélevée à Fergoug. D’autre part, les deux vases ont des compositions
minéralogiques contenant les minéraux essentiels contenus dans les liants hydrauliques avec
des proportions variables. Le quartz représente l’élément principal des fractions de silt et
d’argile. La possibilité de transformer les structures minérales des vases dans le but d’en
fabriquer des liants hydrauliques d’usage courant semble réalisable à condition que la teneur
en argile et calcaire soit suffisante. Par comparaison avec d’autres procédés, la vase doit être
activée thermiquement, afin de transformer les structures minérales qui sont à l’état naturel
stables, en structures amorphes en raison de la fission du C02 et du H20.

VII.2 - Composition minéralogique de la vase de Fergoug

Des analyses pétrographiques sur des échantillons de vase sélectionnés ont donné les résultats
suivants:

Fraction 0.063 mm Fraction 0.002 mm


Constituants principaux Quartz Quartz, Calcite, Dolomite,
> 25 % Kaolinite
Constituants secondaires Calcite, Kaolinite Kaolinite, Illite, Chlorite,
10-25 % Dolomite, Calcite
Constituants accessoires Illite, Chlorite, Dolomite, Composés à base de Micas et
< 10 % Kaolinite minéraux argileux (feldspath),
Chlorite

Analyse chimique : l’analyse globale a donné la composition moyenne suivante pour les
échantillons analysés :

Na2O MgO Al2O3 SiO2 P2O5 K2O CaO MnO Fe2O3


0.9 % 5.80 % 13-15% 53 % 0.21 % 2.5 % 17 % 0.10 % 6%

VII.3 - Conception de Matériaux de Construction à partir de vase (matière première


locale)

VII.3.1 - Possibilités de valorisation offertes

Dans le domaine agricole: En raison des caractéristiques physiques et minéralogiques une


exploitation agricole exigerait des moyens mécaniques et un système de drainage
appropriés. Mais ces considérations permettent une conclusion aisée que le matériau peut
être envisagé dans le cadre d’un aménagement des pâturages de la région. Cette
végétalisation représente en même temps une protection contre l’érosion.
Dans le domaine artisanal: Des utilisations artisanales pour les populations de la région sont
possibles telles que la poterie, le béton de terre stabilisée ainsi qu’en tant que fertilisant
de lopins à cultiver.
Dans l’industrie du ciment: Le ciment pour un pays en voie de développement constitue un
grand point de dépense en devises. La pénurie des matières premières a poussé à la
réutilisation de la vase graveleuse de certain gisement qui était considéré comme déchet
solide. La comparaison de la composition minéralogique de la vase du Fergoug à cette vase
graveleuse a montré une grande similitude. L’utilisation de la vase du Fergoug moyennant
une transformation thermique est garantie.
Dans l’industrie de la céramique: Comme matériau de base dans la fabrication de la
céramique grossière (brique, tuile…), la vase argileuse de Fergoug, en raison de sa

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composition minéralogique, s’adapte parfaitement à l’aide de moyens relativement peu


coûteux (séchage, chauffage).
Nous nous sommes intéressés particulièrement aux applications de la vase comme matière
première dans la fabrication des matériaux de construction du génie civil.

VII.3.2 - Pouzzolane artificielle

L’incinération de la vase à une température comprise entre 600 °C et 800°C transforme les
minéraux essentiels en structures amorphes recherchées (courbe ATD). La température de
cuisson a été fixée à 750 °C. La vase ainsi calcinée acquiert des propriétés pouzzolaniques.
La substitution d’une certaine quantité de vase calcinée au ciment Portland (CEM I) dont
l’hydratation libère de la chaux est une voie de valorisation.
D’après A. Semcha [5], l’étude de la pouzzolanicité de ce produit, a été menée par la
confection de quatre mélanges de ciment et de vase calcinée, dont un témoin de ciment seul:
1- 70% Ciment + 30% Vase calcinée , 2- 50% Ciment + 50% Vase calcinée
3- 30% Ciment + 70% Vase calcinée, 4- 100% Ciment + 00% Vase calcinée

Rc = f(age)
0% ajout 30% ajout
Rc (MPa)

45 50% ajout 70% ajout


40
35
30
25
20
15
10
Ages (days)
5
0
0 20 40 60 80 100 120 140

Figure 2 - Résistances mécaniques des ciments pouzzolaniques


à base de vase calcinée

VII.3.3 - Brique autoclavée

Les travaux de L. Benamara [6] mettent en évidence un procédé de conception d’un


composite à partir des vases a été inspiré de celui à base de quartz (brique silico-calcaire).
L’activateur chimique utilisé peut être aussi bien le ciment que la chaux (nous avons
utilisé le ciment Portland CEM I).
Après broyage de la vase, dosage des mélanges, malaxage, moulage et pressage, les
éprouvettes sont traitées en autoclave pendant 6, 15 et 24 heures. Après séjour en bain
hydrothermal sous une température de 135 °C et une pression de 3,3 bars, les éprouvettes
sont testées à la compression et les résidus analysés

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6 heures 15 heures 24 heures

45
Résistance en Compression [MPa]

40
35
30
25
20
15
10
5
0
0 1 2 3 4 5

20% 30% 40% 50% % de ciment

Figure 3 - Résistances mécaniques des briques autoclavées

VIII ■ CONCLUSION

L’envasement des barrages est sans doute la conséquence la plus dramatique du phénomène
de l’érosion. De façon générale, l’évolution de la législation et la prise de conscience
collective des nuisances occasionnées par les solutions traditionnelles ainsi que la limite des
mises en confinement impose aujourd’hui une recherche sur le devenir de ces produits.
Les volumes considérables de matières solides récupérés des dragages doivent nécessairement
être valorisés pour solutionner les problèmes liés à leur stockage et leur entraînement de
nouveau.
Les possibilités offertes pour la valorisation des matières issues du dragage sont nombreuses.
Des applications concrètes dans le domaine des matériaux de construction ont été mises en
évidence. Les résistances mécaniques obtenues dans les deux études présentées montrent ces
possibilités de valorisation dans le génie civil.
Toutefois, la résistance mécanique n’étant pas le seul critère recherché, des études de
durabilité de ces matériaux nouveaux sont envisagées.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] Langbein et Schumm : Langbein et Schumm, 1958: In « J.C. Olivry, Cours d’initiation à
l’étude et à la mesure de l’érosion et des transports solides, INPL, Nancy, 1991 ».
[2] Francis Ray : «Etude physico-chimique et environnementale du composite vase-chaux et
additifs», thèse de doctorat de l’université de Caen, génie civil, 1992.
[3] Mignot : - Migniot C., « Tassement et rhéologie des vases », La Houille Blanche N° 1-
1989 et 2-1989.
[4] B. Remini : «Quantification du transport solide dans le bassin versant de l’oued Isser.
Application à l’envasement du barrage de Béni Amrane». 2ème CMEE Alger Oct. 2002.
[5] A. Semcha : « Conception d’un liant pouzzolanique à partir des vases calcinées », thèse de
Magister soutenue à l’Université des Sciences et de la Technologie d’Oran, Algérie, 1994.
[6] Benamara L. : « Conception d’éléments de toiture pour pays en voie de développement »,
thèse de doctorat de l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, France, 1990.

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