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Étude de la Chromite d'Andriamena

Ce mémoire présente une étude minéralogique et une évaluation chimique de la chromite d'Andriamena, Madagascar, visant à caractériser sa qualité industrielle en déterminant son ratio Cr/Fe. Il est structuré en trois parties : le contexte général, la méthodologie de travail, et les résultats et discussions. L'étude souligne l'importance de la chromite dans diverses industries, notamment la métallurgie et la chimie.
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Étude de la Chromite d'Andriamena

Ce mémoire présente une étude minéralogique et une évaluation chimique de la chromite d'Andriamena, Madagascar, visant à caractériser sa qualité industrielle en déterminant son ratio Cr/Fe. Il est structuré en trois parties : le contexte général, la méthodologie de travail, et les résultats et discussions. L'étude souligne l'importance de la chromite dans diverses industries, notamment la métallurgie et la chimie.
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UNIVERSITE DE VAKINANKARATRA

------------------------
ECOLE SUPERIEUR POLYTECHNIQUE D’ANTSIRABE
------------------------
DOMAINE : SCIENCE DE L’INGENIEUR
------------------------
MENTION : GENIE MINIER
------------------------
PARCOURS : SCIENCES ET TECHNIQUE MINIERE
MEMOIRE EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME DE LICENCE
INTITULEE :

ETUDE MINERALOGIQUE ET
POTENTIEL METALLURGIQUE DE LA
CHROMITE D’ANDRIAMENA :
EVALUATION CHIMIQUE (Cr/Fe)
Présenté par :
ANDRIATIANAMALALA Lova Nantenaina Henriot

Encadreur :

Année universitaire : 2024-2025


UNIVERSITE DE VAKINANKARATRA
------------------------
ECOLE SUPERIEUR POLYTECHNIQUE D’ANTSIRABE
------------------------
DOMAINE : SCIENCE DE L’INGENIEUR
------------------------
MENTION : GENIE MINIER
------------------------
PARCOURS : SCIENCES ET TECHNIQUE MINIERE
MEMOIRE EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME DE LICENCE
INTITULEE :

ETUDE MINERALOGIQUE ET
POTENTIEL METALLURGIQUE DE LA
CHROMITE D’ANDRIAMENA :
EVALUATION CHIMIQUE (Cr/Fe)
Présenté par : ANDRIATIANAMALALA Lova Nantenaina Henriot

Président :
Examinateur :
Encadreur :

Année universitaire : 2024-2025


SOMMAIRE
REMERCIEMENT
LISTE DES ABREVIATIONS
LISTE DES CARTES
LISTE DES FIGURES
LISTE DES SYMBOLES CHIMIQUES
LISTE DES TABLEAUX
LISTE DES UNITES
INTRODUCTION
PARTIE I : CONTEXTE GENERALE
 CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA CHROMITE
 CHAPITRE II : PRESENTATION ET CONTEXTE DE LA ZONE

PARTIE II : METHODOLOGIE
 CHAPITRE III: METHODE DE TRAVAIL
 CHAPITRE IV: MATERIELS ET ECHANTILLONAGE
 CHAPITRE V : METHODES D’ANALYSE CHIMIQUE PAR XRF

PARTIE III : RESULTAT

 CHAPITRE VI : CONTEXTE GITOLOGIQUE DU SECTEUR D’ETUDE


 CHAPITRE VII : CARACTERISATION CHIMIQUE

PARTIE IV : DISCUSSION ET VALORISATION

 CHAPITRE VIII : EVALUATION DE LA QUALITE CHIMIQUE DU MINERAI


 CHAPITRE IX : ROLE ET VALORISATION DES DIFFERENTES FACIES DE
CHROMITE

CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
REFERENCES WEBOGRAPHIQUES
ANNEXES
TABLE DES MATIERES
REMERCIEMENT
La réalisation de ce travail n’a pas pu se faire sans la sincère collaboration de différentes
personnes.
Tout d’abord, je rends grâce à Dieu, mes ancêtres et la terre sacrée qui m’a tant aimé et
qui m’a tout donné selon leur grâce et à qui je dédie le fruit de ce travail.
Je tiens aussi à exprimer la plus vive et sincère gratitude à tous ceux qui, de près ou de
loin ont bien voulu directement ou indirectement, par leurs précieuses collaborations, apporter
leur contribution à l’élaboration de ce présent ouvrage, plus particulièrement à :
 Monsieur ANTSONANTENAINARIVONY Ononamandimby, Président de
l’Université de Vakinankaratra ;
 Monsieur RAVONISON Elie Rijatiana Hervé, Directeur de l’École Supérieure
Polytechnique d’Antsirabe, pour mes trois années d’étude dans son établissement ;
 Monsieur Zarampirenena RATOLOJANAHARY, Responsable principal de la filière «
Génie Minier » à l’ESPA
 Monsieur Rody RANDRIARIMANANA, de m’avoir donné ce sujet de mémoire,
d’avoir bien voulu m’encadrer et qui a consacré une partie de son temps en me donnant
des suggestions pour bien mener ce travail ;

Ce travail représente aussi le fruit d’une longue marche à travers des années d’études
durant lesquelles tous les Enseignants de l’Ecole Supérieure Polytechnique d’Antsirabe
(ESPA), surtout ceux du Département « Génie Minier » n’ont pas épargné leurs connaissances
et leurs savoir-faire pour nous inculquer la meilleure formation.
Enfin, je dédie ce mémoire :
 A toute ma famille, surtout ma mère, mon père, ma sœur et mon frère, pour tous les
efforts et les sacrifices qu’ils ont faits durant mes trois années d’études académique. Vos
soutiens, que ce soit moral, spirituel, affectif et financier m’ont été d’une aide
considérable ;
 A tous mes amis et mes proches.
LISTE DES ABREVIATIONS

APFU : Atoms Per Formula Unit (Atomes par unité de formule)

BUMIGEM : Bureau des Mines et de la Géologie de Madagascar

EPI : Équipements de Protection Individuelle

ESPA : École Supérieure Polytechnique d’Antsirabe

GPS : Global Positioning System (Système de positionnement global)

OMNIS : Office des Mines Nationales et Industries Stratégiques

RN : Route Nationale

SIG : Système d’Information Géographique

XRF : X-Ray Fluorescence (Fluorescence X)


LISTE DES SYMBOLES CHIMIQUES
Al: Aluminium
Ca: Calcium
Cr: Chrome
Fe: Fer
K : Potassium
Mg : Magnésium
P : Phosphore
Si : Silicium
Ti : Titane
Al₂O₃ : Oxyde d’aluminium
CaO : Oxyde de calcium
Cr₂O₃ : Oxyde de chrome
FeO : Oxyde de fer
MgO : Oxyde de magnésium
SiO₂ : Dioxyde de silicium
TiO₂ : Oxyde de titane
LISTE DES UNITÉS
°C : Degré Celsius
Å : Angström
g/mol : Gramme par mole
g/cm³ : Gramme par centimètre cube
km : Kilomètre
m : Mètre
mm : Millimètre
µm : Micromètre
% : Pourcentage
INTRODUCTION
Notre planète renferme une grande diversité de ressources naturelles, et l’exploitation
minière a pour mission de les transformer en richesses utiles à l’humanité, avec des rendements
acceptables, au moindre cout et dans des bonnes conditions de travail.
On entend souvent que Madagascar est un pays riche en ressources minérales. Cela est
vrai malgré que la situation économique actuelle de Madagascar semble montrer le contraire ;
les gisements, gites et surtout indices de minéralisation sont abondants
Parmi les différentes ressources minérales que possède Madagascar, la région
d’Andriamena, situé dans le région Betsiboka, est connue pour ses riches gisements de
chromite, la découverte des gisements de chromite d’Andriamena était d’un intérêt primordial
dans le développement du secteur minier malgache.
L’étude se place au zone d’Andriamena à 160 km au nord d’Antananarivo et
s’intitule : « ETUDE MINERALOGIQUE ET POTENTIEL METALLURGIQUE DE LA
CHROMITE D’ANDRIAMENA : EVALUATION CHIMIQUE (Cr/Fe) »
Ce travail a pour objectif d’étudier la chromite d’Andriamena afin de caractériser
minéralogiquement et chimiquement la chromite d’Andriamena afin d’évaluer sa qualité
industrielle. Il s’agit de déterminer sa composition, son ratio Cr/Fe et ses caractéristiques
minéralogiques pour estimer son potentiel métallurgique et sa valorisation.
Cet ouvrage se divise en trois parties : la première partie traite le cadre général de la
zone d’étude, la deuxième partie se rapporte à la méthode de travail et la troisième et dernière
partie présente les données et l’interprétation des résultats.
PARTIE I : CONTEXTE
GENERALE
CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA CHROMITE

I.1. Chromite
Le nom « chromite » vient du mot grec « chroma », qui signifie couleur, en référence aux
couleurs vives. Le suffixe « -ite » vient aussi du grec ancien où a été utilisé pour nommer des
roches ou des minéraux.
C’est le principal minerai de chrome, un métal utilisé dans la fabrication d’acier
inoxydable, le placage et les alliages. Elle est d’origine uniquement magmatique et lié aux
roches ultrabasiques.
La chromite est une espèce minérale du groupe du spinelle, de formule FeCr2O4, composé
de l’oxyde chromique Cr2O3 et de l’oxyde ferreux FeO avec des traces de magnésium,
manganèse, zinc, et aluminium.
Du point de vue microscopique, la chromite est formée par une association de petits
grains noirs à éclat brillant de spinelle chromifère de taille comprise 0,3 à 0,5 mm.
La chromite est généralement massive ou sous forme de lentilles et de corps tabulaires,
ou elle peut être disséminée sous forme de granules.

Figure 01 : Aspect macroscopique de la chromite

I.2. Historique
En 1761, le géologue et minéralogiste allemand Johann Gottlob Lehmann trouva un
minéral rouge-orangé dans les montagnes de l’Oural (Russie) et il l’a nommé « plomb rouge de
Sibérie ». Bien que ce minerai ait été mal identifié, étant assimilé à un composé de plomb
contenant de sélénium et du fer, était en fait un chromate de plomb (PbCrO4).
En 1770, le zoologiste et botaniste prussien Peter Simon Pallas visita la même localité
que Lehmann et découvrit un minéral de « plomb rouge » qui se révéla avoir des propriétés
utiles comme pigment pour peinture, le jaune brillant obtenu à partir de crocoïte devient une
couleur rouge très à la mode. Après cette découverte, l’usage du plomb rouge de Sibérie se
rapidement développa dans toute la région.
En 1794, le pharmacien et chimiste français Louis Nicolas Vauquelin reçut des
échantillons de ce minerai de crocoïte. Il est parvenu à produire du trioxyde de chrome(CrO3)
en addition de l’acide chlorhydrique à la chromite. En 1797, il démontra qu’il était possible
d’obtenir du chrome métallique en chauffant cet oxyde dans un four à charbon. Dans ce fait, il
est généralement considéré comme le véritable découvreur du chrome. Il réussit également à
détecter la présence de chrome dans des pierres précieuses, telles que le rubis et l’émeraude.
Vauquelin démontra aussi avec son collègue Laugier qu’on trouvait dans toutes les météorites.
Au XIXème siècle, la chromite est exploitée pour produire des pigments dans la peinture et des
sels de tannage. Au XXIème siècle, environ 85% du chrome est utilisé dans les alliages de
métaux tandis-que les 15% restants sont consommés dans la chimie industrielle.

I.3. Propriétés de la chromite


1.3.1. Propriétés physiques

La chromite, dont la formule chimique est FeCr2O4, est un minerai de couleur noire ou
brun foncé, avec un éclat métallique.
Le tableau ci-dessous récapitule les propriétés physiques de la chromite.
Propriétés physiques Descriptions
Couleur Noir, brun noir
Eclat Métallique
Rayon atomique 1,28 Å
Numéro atomique 24
Poids atomique 52
Densité 4,5 à 4,8 g/cm3
Dureté (Mohs) 5,5 à 6
Température de fusion 1856,9°C
Magnétisme Faible, perceptible si riche en fer
Système cristallin Cubique (isométrique)
Tableau 1- propriétés physique de la chromite
La chromite se présente sous forme massive à granuleuse, parfois en cristaux
octaédriques. Elle est opaque à translucide, sans clivage, avec une fracture irrégulière à sous-
conchoïdale.
I.3.2. Propriétés chimiques
La chromite, en tant que spinelle riche en chrome, présente des propriétés chimiques
particulièrement liées à sa composition et à sa structure cristalline.
La chromite est stable à température ambiante et insoluble dans l’eau mais pour produire
du chrome métallique, elle peut être réduite à haute température.
Le tableau ci-dessous récapitule les propriétés chimiques de la chromite.
Formule brute FeCr2O4
Masse molaire M=224g/mol
Volume molaire V=16,23.10-6 m3/mol
Impuretés courantes Mg,Mn,Zn,Al,Ti
Tableau 2- propriétés chimique de la chromite

I.4. Utilisation de la chromite


La chromite est un minerai polyvalent car les propriétés physiques et chimiques la rendent
importante pour plusieurs industries, notamment la métallurgie, la chimie et réfractaires. Son
exploitation permet de produire des alliages, des produits chimiques et des matériaux résistants
à haute température.
I.4.1. Métallurgique
Les usages métallurgiques représentent de 70 à 75% de la consommation totale du chrome
(65 à 70% des minerais). Le principal secteur est la métallurgie des aciers au chrome, où le
contenu en Cr est fourni sous la forme de ferrochrome et par le recyclage des ferrailles.
Le chrome est indispensable pour améliorer la dureté, la résistance à la corrosion, à
l'oxydation à haute température et à l'abrasion. C'est l'élément essentiel de fabrication des aciers
inoxydables (qui représentent plus de 75% de la consommation de ce secteur). Qu'ils
contiennent du nickel ou non, ces aciers contiennent de 10 à 27% de Cr. Le chrome entre aussi
dans la fabrication d'acier de construction mécanique (13 % de la consommation du secteur),
d'acier à outils ou de fontes en chrome.
I.4.2. Chimique
Ces applications dites chimiques du chrome, incluent la fabrication du Cr métal utilisé
dans les alliages spéciaux et dans presque tous les alliages à base de Nickel ou de Cobalt pour
les industries aéronautiques, le génie chimique ou électrique, le traitement de surface des pièces
métalliques (chromage électrique) la fabrication de pigment produits de tannage etc. Ce secteur
a une part constante du marché, de 15 à 20% de la consommation totale de chromite.
I.4.3. Réfractaire
La chromite conserve ses propriétés physiques à haute température et elle est
chimiquement inerte.
La fabrication des réfractaires pour les industries métallurgiques principalement :
verrerie et cimenterie, ainsi que l'utilisation directe de chromite friable pour les sables de
fonderies, correspondant à 10 à15% de la consommation totale. Ce secteur est en déclin.

I.5. Producteurs de chromite


La production mondiale de chromite est fortement concentrée dans quelques pays. Selon
les données récentes, l’Afrique du Sud est le premier producteur mondial, avec environ 21
millions de tonnes de minerai en 2024, soit près de la moitié de la production mondiale. Le
minerai sud-africain est exploité principalement dans les complexes ultramafiques de la
province du Bushveld et est reconnu pour sa qualité industrielle élevée.
La Turquie se classe au deuxième rang mondial, avec environ 8 millions de tonnes en
2024. La production turque est concentrée dans les régions de Mardin et Guleman et contribue
significativement aux exportations mondiales de minerai de chrome.
Le Kazakhstan produit également une quantité importante de chromite, près de 6,5
millions de tonnes, tandis que l’Inde produit environ 4,1 millions de tonnes, provenant surtout
des complexes ultramafiques de l’État de Odisha. La Finlande représente le principal
producteur européen, avec environ 1,9 million de tonnes, principalement exploitées dans les
intrusions mafico-ultramafiques du nord du pays.
D’autres pays, comme le Zimbabwe, le Brésil ou la Chine, produisent également du
minerai de chromite, mais en quantités nettement plus faibles. Madagascar figure parmi les
producteurs mondiaux, avec des gisements connus dans des régions comme Andriamena, qui
présentent un potentiel intéressant pour l’exploitation industrielle. Bien que la production
nationale soit encore limitée par rapport aux principaux pays producteurs, la chromite malgache
contribue au développement économique local et possède un intérêt stratégique pour l’industrie
nationale.
Ces données montrent que la majorité de la production mondiale de chromite est
concentrée dans un petit nombre de pays, ce qui a un impact direct sur l’approvisionnement
mondial et la stratégie d’exploitation des gisements dans des pays émergents comme
Madagascar.
CHAPITRE II : PRESENTATION ET CONTEXTE GENERALE DE LA ZONE
II.1. Contexte Minier et Géographique
II.1.1. Localisation
La commune rurale d’Andriamena, localise au 17°26’00’’ de latitude Sud et 47°30’00’’
de longitude Est, se situe dans le District de Tsaratanana, Région Betsiboka à 410km par voie
routière et à 160 km à vol oiseau. Elle est une zone entièrement montagneuse, avec des altitudes
variant entre 700 m à 1100m selon les localités.
Pour y arriver à partir d’Antsirabe, il faut un trajet en route de :
o Antsirabe-Antananarivo 161 Km goudronné RN7
o Antananarivo-Moramanga 113 Km goudronné RN2
o Moramanga-Ambatondrazaka 158 Km goudronné RN44
o Ambatondrazaka- Brieville 129 Km partiellement goudronné RN33 et pistes locales
o Brieville-Andriamena 40km route secondaire RN33

Figure 02 : Localisation de la Commune Rurale d’Andriamena


II.1.2. Historique de chromite d’Andriamena
La chromite était connue à Madagascar depuis le début du 20e siècle, notamment par le
petit gisement de Ranomena près de Tamatave. Cependant, c’est dans les années 1950 que des
investigations plus approfondies ont été menées.
En 1954, les géologues Guigues et Koenig ont attiré l’attention sur la région
d’Andriamena, ce qui a conduit à l’envoi d’une mission de prospection alluvionnaire dirigée
par P. Giraud en 1955. Cette mission a permis de découvrir de nombreux indices alluvionnaires
et éluvionnaires, ainsi que quelques lentilles en place, répartis sur une région assez vaste dont
le centre était en gros le village d’Andriamena.
Les premières estimations des réserves de chromite dans la région ont été effectuées en
1965, avec des chiffres indiquant environ six millions de tonnes de minerai. Cette découverte a
suscité l’intérêt de sociétés minières, notamment la société Ugine et le Bureau des Mines et de
la Géologie de Madagascar (BUMIGEM), qui ont commencé à s’intéresser à l’exploitation de
ce gisement.
 Guigues et Koenig ont joué un rôle clé dans l’identification de la région d’Andriamena
comme site potentiel pour la chromite. Leurs travaux ont été documentés dans des
publications scientifiques et des rapports de missions géologiques.
 P. Giraud, lors de sa mission de prospection en 1955, a collecté des échantillons et a
réalisé des analyses qui ont confirmé la présence de chromite dans la région. Ces
résultats ont été publiés dans des rapports techniques et des articles spécialisés.
 Estimation des réserves en 1965 : Des études menées en 1965 ont estimé les réserves de
chromite à environ six millions de tonnes. Ces données ont été publiées dans des
rapports du Bureau des Mines et de la Géologie de Madagascar.

II.1.3. Relief de la commune d’Andriamena :


La région d’Andriamena, se caractérise par un relief varié et accidenté. Le paysage est
dominé par des formations géologiques complexes, incluant des corps ultramafiques et
gabbroïques du Néoprotérozoïque, intrusifs dans des par gneiss et orthogneiss du socle. Ces
caractéristiques créent des pentes abruptes et des variations d’altitude importantes, qui
influencent directement le relief.
La région d’Andriamena est un plateau vallonné recouvert de latérite, fortement marqué
par l’érosion. Celle-ci a formé de nombreux lavaka, c’est-à-dire des ravins profonds aux parois
abruptes, creusés dans les pentes.
Les lavakas résultent de l’érosion des sols meubles et des roches altérées sur les pentes.
Ils creusent des entonnoirs et ravines qui modifient le relief local et influencent la circulation
de l’eau, les sols cultivables et l’accessibilité des zones pour l’habitat ou les activités minières.
Dans la région d’Andriamena, les lavakas représentent donc un élément majeur du relief, en
complément des montagnes et collines.
Figure 03 : Lavaka observé dans la région d’Andriamena
La région présente deux grands fleuves : Mahajamba et Betsiboka. Ces fleuves coulent
du Sud vers le Nord en se dirigeant vers la partie Ouest de la Province de Mahajanga. Ils
drainent la 4 région d’Andriamena avec un réseau hydrographique particulièrement dense,
pourvu de cours d’eau temporaire en saison de pluie.

II.1.4. Climat d’Andriamena :


Le climat d’Andriamena est de type tropical humide selon la classification de Köppen-
Geiger. Les températures varient généralement entre 18 °C et 24 °C au cours de l’année, avec
des températures maximales pouvant atteindre 35 °C lors des pics de chaleur. Les précipitations
annuelles moyennes sont d’environ 1 692 mm, réparties sur environ 126 jours de pluie par an.
La saison des pluies s’étend de novembre à avril, avec un maximum de précipitations
généralement observé en janvier et février. Cette période est caractérisée par des averses
fréquentes et parfois intenses, accompagnées de cyclones tropicaux qui peuvent affecter la
région.

Figure 04 : Répartition annuelle des précipitations à Andriamena (en mm)


La saison sèche dure du mai à octobre, avec des températures plus fraîches et une
humidité relative plus basse. Les nuits peuvent être fraîches, notamment en juillet, où la
température minimale moyenne est d’environ 15 °C. Cette période est propice aux activités
agricoles et minières, car les conditions climatiques sont plus stables et les sols moins
détrempés.
Malgré l’absence quasi-totale de pluie du mai à Octobre, la plupart des rivières restent
alimentées même en saison sèche par l’eau accumulée en été dans les nappes superficielles
c'est-à-dire : par l’eau accumulée formant les nappes phréatiques, identifiées en général dans la
zone altérée, exploitées par les riverains de la cité par les sources, exutoires des nappes
d’altérites des collines. Elles sont exploitées par gravité afin de satisfaire les besoins en eau de
la cité.

Figure 05 : Variation annuelle de la température à Andriamena (en °C)


II.2. Importance de la Chromite pour l’économie nationale
II.2.1. Importance économique et stratégique de la chromite de Madagascar

La chromite est un minerai stratégique pour Madagascar en raison de son rôle fondamental
dans la production du chrome, utilisé principalement dans l’industrie métallurgique pour la
fabrication de l’acier inoxydable et d’alliages spéciaux. Le pays dispose de gisements
importants de chromite, localisés surtout dans les massifs ultrabasiques du Nord, notamment à
Andriamena et Befandriana Nord. Cette richesse géologique place Madagascar parmi les pays
historiquement producteurs de chromite à l’échelle mondiale.

L’exploitation et l’exportation de la chromite contribuent aux recettes en devises du


pays et participent à l’amélioration de la balance commerciale nationale. Selon les données de
l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (EITI), le secteur extractif
représente une part importante des exportations malgaches, ce qui montre le poids économique
des ressources minières, dont la chromite fait partie. Même si sa contribution directe au produit
intérieur brut reste modérée, la chromite joue un rôle stratégique dans l’économie nationale en
valorisant les ressources naturelles et en soutenant le secteur minier.

II.2.2. Impacts socio-économiques

L’exploitation de la chromite a des impacts socio-économiques importants à


Madagascar, en particulier dans les zones minières. Elle contribue à la création d’emplois
directs dans les activités d’extraction et d’emplois indirects dans les secteurs liés tels que le
transport, le commerce et les services. Ces activités jouent un rôle essentiel dans le
développement économique local, surtout dans les régions enclavées où les opportunités
d’emploi sont limitées. Les revenus générés par le secteur minier participent ainsi à
l’amélioration des conditions de vie des populations locales.

Sur le plan national, la chromite contribue aux recettes de l’État à travers les taxes,
redevances minières et droits d’exportation. Selon les données de l’Initiative pour la
Transparence dans les Industries Extractives (EITI), le secteur extractif occupe une place
importante dans l’économie malgache et constitue une source significative de revenus publics.
Cela montre que la chromite, bien que produite en quantités variables, reste un minerai
stratégique pour le développement économique du pays.

Cependant, Madagascar exporte majoritairement la chromite à l’état brut, ce qui limite


fortement la valeur ajoutée créée au niveau national. Cette situation réduit les bénéfices
économiques potentiels et la création d’emplois qualifiés. La transformation locale de la
chromite, par exemple par la production de concentrés ou de ferrochrome, représenterait une
opportunité majeure pour renforcer l’industrialisation du pays et augmenter les recettes
nationales.

Les perspectives de valorisation de la chromite reposent donc sur une meilleure


gouvernance du secteur minier, des investissements industriels et une exploitation durable des
ressources. Des institutions comme l’OMNIS et la société Kraomita Malagasy illustrent la
volonté de l’État de contrôler et de valoriser ce minerai stratégique, même si des défis
techniques, financiers et environnementaux subsistent. Une politique de valorisation locale
permettrait à Madagascar de mieux tirer profit de ses ressources minières tout en favorisant un
développement économique durable.

II.3. Cadre théorique


II.3.1. Généralités sur les gisements de chromite
La chromite est un minerai d’oxyde appartenant au groupe des spinelles, de formule
chimique générale FeCr2O4. Elle constitue la principale source de chrome, un élément essentiel
dans l’industrie métallurgique, notamment pour la fabrication de l’acier inoxydable, des alliages
résistants à la corrosion et à haute température. Pour cette raison, la chromite est considérée
comme un minerai stratégique dans de nombreux pays producteurs.

Sur le plan géologique, les gisements de chromite sont principalement associés aux roches
ultrabasiques issues du manteau supérieur, telles que les péridotites, dunites et harzburgites.
Ces roches se rencontrent fréquemment dans les complexes ophiolitiques, qui correspondent à
des fragments de lithosphère océanique mis en place sur les continents lors des phénomènes
tectoniques. La formation de la chromite résulte de processus magmatiques, notamment la
cristallisation précoce de la chromite lors du refroidissement d’un magma ultrabasique.

On distingue généralement deux grands types de gisements de chromite. Les gisements


stratiformes, liés aux grands complexes mafiques stratifiés, sont de grande extension mais peu
fréquents. Les gisements podiformes, plus courants dans les complexes ophiolitiques, se
présentent sous forme de lentilles ou de corps irréguliers à forte teneur en chrome. Ce dernier
type est le plus répandu à Madagascar, notamment dans le massif d’Andriamena.
D’un point de vue économique, la valeur d’un gisement de chromite dépend de plusieurs
paramètres, en particulier la teneur en Cr₂O₃, le rapport Cr/Fe, la minéralogie associée et les
conditions d’exploitation. Ces critères déterminent l’utilisation industrielle du minerai ainsi que
son intérêt économique.

Figure 06 : Carte des gisements et zones chromifères de Madagascar

II.3.2. Le concept de qualité industrielle : définition et importance du ratio Cr/Fe


La qualité industrielle d’un minerai de chromite ne dépend pas uniquement de la teneur
totale en oxyde de chrome (Cr₂O₃). Elle est surtout déterminée par le ratio Cr/Fe, c’est-à-dire la
proportion de chrome par rapport au fer dans le minerai. Ce ratio est essentiel pour évaluer si
le minerai peut être utilisé efficacement dans la production de ferrochrome, qui sert ensuite à
fabriquer l’acier inoxydable et d’autres alliages résistants.
Un minerai riche en chrome mais pauvre en fer est plus facile à transformer et plus
rentable, tandis qu’un minerai contenant beaucoup de fer nécessite des traitements
supplémentaires pour éliminer l’excès de fer, ce qui augmente les coûts et diminue l’efficacité
industrielle. Ainsi, plus le ratio Cr/Fe est élevé, meilleure est la qualité industrielle du minerai.

a- Formule du ratio Cr/Fe

Le ratio peut être calculé à partir des analyses chimiques du minerai, en utilisant soit les
éléments purs, soit leurs oxydes.

Formule générale :

% 𝐶𝑟
Ratio Cr/Fe = % 𝐹𝑒

Lorsque l’on utilise les oxydes :

% 𝐶𝑟2𝑂3
Cr/Fe = % 𝐹𝑒𝑂

Avec:

 Cr = teneur en chrome élémentaire (%)


 Cr₂O₃, = teneur en oxyde de chrome (%)
 Fe = teneur en fer élémentaire (%)
 FeO = teneur en oxyde de fer (%)

Le ratio Cr/Fe influence directement le prix du minerai sur le marché international. Un


minerai avec un ratio élevé est plus recherché et peut être exploité même si le gisement est petit,
car il assure une meilleure rentabilité. À Madagascar, certains gisements comme ceux du massif
d’Andriamena présentent des ratios élevés, ce qui explique leur intérêt économique malgré leur
taille modeste. Le ratio Cr/Fe est également utilisé pour planifier l’exploitation, choisir les
zones à exploiter et décider du type de valorisation possible (exportation directe ou
transformation locale).
PARTIE II : MATERIELS
ET METHODES
CHAPITRE III : METHODE DE TRAVAIL
III.1. Organigramme
Dans le cadre de cette étude portant sur la chromite d’Andriamena, nous avons adopté
une approche progressive et structurée, permettant de recueillir des données fiables et
représentatives sur le terrain.
La démarche méthodologique a été organisée suivant trois phases principales :

Figure 06 : Organigramme de la méthodologie de travail

III.2. Organisation des travaux


III.2.1. Planification du terrain
Préparation à la maison : cette étape a concerné la préparation avant la descente sur le
terrain. Elle a consisté à se renseigner sur la région où nous avons effectué les observations, en
consultant les documents géologiques et géographiques relatifs à la zone d’étude. Cela nous a
permis d’avoir une idée de ce qui nous attendait, d’éviter les imprévus et d’assurer le bon
déroulement des travaux. Nous avons également planifié le parcours à suivre et préparé le
matériel nécessaire pour la sortie.
a- Recherche documentaire
La documentation a constitué la première étape de notre étude. Elle a consisté à
rassembler l’ensemble des informations utiles à la compréhension du sujet, notamment par la
consultation de documents géologiques, géographiques et techniques en rapport avec la zone
d’étude.
Ces informations ont été obtenues auprès de différentes sources :
 Sources institutionnelles, telles que les livres, donnée géologique, mémoires et rapports
d’anciens étudiants ;
 Sources humaines, comprenant les enseignants et professeurs, qui ont fourni des
conseils et des documents internes, ainsi que les habitants locaux, qui ont apporté des
informations sur l’accessibilité, les sites et les conditions du terrain ;
 Sources numériques, comme les sites web officiels (Ministère, Université, etc.), les
articles scientifiques et rapports PDF accessibles sur Google, ainsi que les cartes
géologiques numériques et autres bases de données (SIG, etc.).

b- Préparation des équipements

La préparation des équipements a constitué une étape essentielle avant la descente sur le
terrain. Elle a consisté à rassembler et à vérifier l’ensemble des matériels nécessaires aux
travaux. Cette préparation comprenait également l’aménagement du terrain de manière
appropriée. Chaque équipement a été contrôlé afin de s’assurer de son bon fonctionnement et
de sa disponibilité. La nourriture, l’eau pour toute la durée de la mission, ainsi que les outils
scientifiques et une trousse de premiers soins ont été prévus. Cette phase préparatoire a permis
de garantir la sécurité et l’efficacité des travaux de terrain.

III.2.2. Descente sur le terrain

Les travaux de terrain ont duré au total sept jours, répartis en deux jours de voyage pour
se rendre à Andriamena, trois jours consacrés aux travaux de terrain, et deux jours pour le
retour à Antsirabe. Au cours de cette descente, les affleurements des formations géologiques
présentes dans la commune d’Andriamena ont été étudiés et un maximum d’informations
nécessaires à la suite de l’étude a été recueilli.

a- Visite de courtoisie

Avant le début des travaux proprement dits, la première journée a été consacrée à une
visite de courtoisie dès l’arrivée sur le site. Cette étape a consisté à rencontrer les autorités
locales, notamment le Président du Fokontany d’Andriamena.
Cette démarche a permis d’établir un bon contact avec la communauté locale, de manifester le
respect envers les habitants et de préparer les conditions favorables à la réalisation des
activités suivantes. La collaboration des autorités locales a facilité l’obtention des
informations nécessaires à l’étude et la coordination des travaux pour les jours suivants.

b- Prise de notes et documentation

La prise de notes et la documentation des observations réalisées sur le terrain ont


ensuite été effectuées. Toutes les informations importantes ont été consignées dans des carnets
de terrain. Des photographies ont également été prises afin de compléter les notes écrites et de
servir de support visuel lors de l’analyse ultérieure. Cette étape a été essentielle pour assurer
une trace complète et précise des observations réalisées sur le terrain et pour garantir la
fiabilité des données collectées.

c- Prélèvement d’échantillons

Enfin, l’échantillonnage a été réalisé. Des roches, des sols et des minerais ont été
prélevés dans les zones identifiées comme significatives. Chaque échantillon a été
soigneusement étiqueté en précisant le lieu et la date de prélèvement. Les échantillons ont
ensuite été conservés dans des sacs appropriés en vue des analyses en laboratoire. Cette étape
a été indispensable pour obtenir des données concrètes sur la composition du site et pour
compléter les informations issues des observations de terrain.

Figure 07 : Observation et prélèvement des roches sur le site d’Andriamena


CHAPITRE IV : MATERIELS ET ECHANTILLONAGE
IV.1. Matériels de terrain utilisé
IV.1.1. Matériels de terrain

Pour la descente sur terrain, nous avons utilisé des équipement et outils permettant
d’observer, mesurer et collecter les échantillons en toute sécurité.

Pour réaliser l’étude sur le terrain, les matériels suivants ont été utilisés

 Carte topographique : un outil essentiel en géologie, la carte montre la configuration


topographique et des éléments tels que routes, voies ferrées, villages, villes, etc…
 Appareil photo : documentation des affleurements, des structures géologiques et des
échantillons, afin de conserver des preuves visuelles précises
 Carnet de terrain (waterproof) : il a été utilisé pour noter toutes les observations faites
sur le terrain, comme la localisation exacte des affleurements, le pendage et la direction
des couches, et toute autre information importante.
 GPS : il a permis de déterminer les positions exactes des sites et des échantillons.

Figure 08 : Carnet de terrain et GPS utilisés lors de la descente sur le terrain

 Crayon, stylo et marqueur : ils ont utilisé à noter les observations sur terrain et à
identifier clairement les échantillons.

 Sacs d’échantillonnage (comme sachet) : ils ont servi à ranger et stocker les échantillons
de roche collecté sur le terrain.
Figure 09 : Sacs d’échantillonnage utilisés pour la collecte des échantillons

 Marteau géologique (une face plate pour casser les roches, une face ciseau pour tailler) :
il a été essentiels pour casser les roches et prélever des échantillons.

Figure 10 : Marteau géologique utilisé pour le prélèvement des échantillons

IV.1.2. Matériel de sécurité et protection

 Chaussures de terrain : elles ont été indispensables pour marcher sur les roches pourtant
les chaussures ordinaires peuvent être utilisées mais moins sécuritaires.
 Chapeau ou casquette : ils ont servi à protéger la tête et le visage du soleil.
 Vêtements adaptés (pantalons longs, imperméable si nécessaire, etc…) : ils ont porté
pour assurer confort.
 Trousse de premiers secours : elle a contenu les médicaments pour traiter blessures,
fièvre, maux de tête, etc.
 Sacs de terrain : ils ont utilisé pour transporter les objets essentiels comme nourriture,
médicaments, etc.
 Sac à dos : il a permis de transporter la boussole, le carnet et d’autres petits outils.

IV.2. Description des échantillons de chromite collectés


IV.2.1. Caractéristiques des échantillons
Les échantillons de chromite ont été collectés lors de la campagne de terrain réalisée dans
la zone d’étude, au niveau des affleurements minéralisés. L’échantillonnage a été effectué
manuellement à l’aide d’outils simples de terrain comme : marteau de géologue, sacs
d’échantillons et étiquettes, en veillant à prélever des fragments frais et représentatifs de la
minéralisation observée.

Les échantillons se présentaient sous forme de blocs et de fragments de taille variable. À


l’œil nu, la chromite était de couleur noire à noir brunâtre, avec un éclat métallique à
submétallique. La texture observée était principalement massive à semi-massive, avec
localement une chromite disséminée dans une matrice silicatée. Les échantillons étaient
généralement compacts et présentaient une densité élevée, caractéristique des minerais riches
en chrome. La granulométrie des grains de chromite variait de fine à moyenne, avec certains
grains visibles à l’œil nu. Les surfaces de cassure étaient irrégulières et les échantillons
montraient un faible degré d’altération superficielle.

Au total, six (6) échantillons représentatifs ont été retenus pour les analyses géochimiques
et minéralogiques. Ce nombre a été choisi afin d’assurer une représentation adéquate des
différents aspects de la minéralisation observée sur le terrain, tout en restant compatible avec
les contraintes analytiques.

Figure 11 : Échantillons de chromite collectés sur site à Andriamena


IV.2.2. Localisation des échantillons

La localisation des points d’échantillonnage a été déterminée à l’aide d’un GPS portable,
permettant l’enregistrement des coordonnées géographiques de chaque échantillon.

Le tableau ci-dessous récapitule les coordonnées des six points de prélèvement.

Echantillons Latitude (°S) Longitude (°S) Altitude

Chrome E01 17° 27’ 52,7’’ 47° 32’ 26,9’’ 943m

Chrome E02 17° 28’ 09,3’’ 47° 31’ 55,5’’ 791m

Chrome E03 17° 27’ 47,6’’ 47° 32’ 24,8’’ 935m

Chrome E04 17° 27’ 31,2’’ 47° 32’ 28,6’’ 995m

Chrome E05 17° 27’ 19,7’’ 47° 32’ 32,6’’ 1002m

Chrome E06 17° 27’ 14,2’’ 47° 32’ 28,9’’ 1046m

Tableau 03 : Coordonnées géographiques des points d’échantillonnage

SIGGGGGGGGGGGG
IV.3. Matériel de laboratoire pour la préparation
IV.3.1. Matériels du laboratoire
La préparation des échantillons a été réalisée au laboratoire de l’Office des Mines
Nationales et Industries Stratégiques (OMNIS) à Antananarivo, en suivant les protocoles
standards de concassage et de broyage afin d’obtenir des poudres fines adaptées à l’analyse
XRF.

Le matériel suivant a été utilisé pour la préparation des échantillons de chromite destinés
aux analyses XRF

1. Étuvé de séchage : a servi à sécher les échantillons avant leur préparation, afin
d’éliminer toute humidité qui pourrait perturber le concassage ou le broyage et affecter
les résultats analytiques.

Figure 12 : Étuve de séchage des échantillons

2. Concasseur à mâchoires USSR : a été utilisé pour concasser les échantillons de chromite
bruts afin de réduire leur taille à des fragments compris entre 2 et 2,5 mm, facilitant
ainsi les étapes suivantes de broyage.
Figure 13 : Concasseur à mâchoires USSR

3. Broyeur à anneaux TEMABV : a été utilisé pour pulvériser les fragments concassés et
obtenir une poudre fine de granulométrie inférieure à 80 µm, nécessaire pour assurer
l’homogénéité des échantillons et la précision des mesures XRF.

Figure 14 : Broyeur à anneaux TEMABV


4. Balance électronique : a été utilisée pour peser avec précision les échantillons avant et
après le broyage, garantissant que les quantités analysées étaient conformes aux
exigences du protocole.

Figure 15 : Balance électronique utilisée au laboratoire

5. Compresseur / air comprimé : a été utilisé pour nettoyer les équipements et sécher
rapidement les surfaces après lavage, assurant ainsi la propreté et évitant toute
contamination croisée entre les échantillons.
6. Extracteurs de poussière : ont été utilisés pour aspirer la poussière générée lors du
concassage et du broyage, protégeant à la fois le personnel et la qualité des échantillons.

Figure 16 : Extracteur de poussière du laboratoire

7. Barquettes d’échantillons : ont été utilisées pour récupérer, stocker et transporter les
fragments et poudres à chaque étape de préparation, tout en maintenant l’étiquetage pour
identifier correctement chaque échantillon.
8. Pinceaux de nettoyage : ont servi à récupérer les poudres collées sur les surfaces des
équipements et à nettoyer les composants du broyeur et du concasseur, afin de limiter
les pertes et la contamination des échantillons.

9. Sable grossier : a été utilisé pour nettoyer le concasseur entre deux échantillons, en
éliminant les résidus et en évitant la contamination croisée.

IV.3.2. Équipements de Protection Individuelle (EPI)

Pour toute l’opération de laboratoire, les Équipements de Protection Individuelle (EPI)


ci-dessus ont été utilisés afin d’assurer la sécurité du personnel et de prévenir tout risque lié à
la manipulation des échantillons.

Equipements Utilisations
Ont été utilisés pour éviter le contact direct avec les échantillons et limiter
Gants de protection
les risques de contamination et de blessures.
Lunettes de sécurité Ont été portées pour protéger les yeux contre les projections de particules
lors du concassage et du broyage.
A été utilisé pour prévenir l’inhalation des poussières fines générées
Masque anti-poussière
pendant la préparation des échantillons.
Blouse de laboratoire A été portée pour protéger les vêtements et la peau contre les salissures
et les projections.

Tableau 4 : Équipements de Protection Individuelle (EPI)

Figure 17 : Travailleur d’OMNIS avec Équipements de Protection Individuelle (EPI)


CHAPITRE 5 : METHODES D’ANALYSE CHIMIQUE PAR XRF

V.1. Principe sommaire de la Fluorescence X

Nous avons utilisé la fluorescence X (XRF) pour analyser la composition chimique des
échantillons de chromite. Cette méthode a consisté à exposer les échantillons aux rayons X, ce
qui a provoqué l’éjection d’électrons des couches internes des atomes et la production de rayons
X secondaires appelés fluorescence X. Chaque élément chimique a émis des rayons X avec une
énergie spécifique, ce qui nous a permis de les identifier.

Nous avons ensuite mesuré l’énergie et l’intensité des rayons X émis pour déterminer
les éléments présents et leur concentration. Cette technique a été rapide, non destructive et a
permis d’analyser plusieurs éléments simultanément. Elle nous a également permis de calculer
le ratio Cr/Fe, important pour évaluer la qualité industrielle de la chromite.

Figure 18 : Principe du système optique

V.2. Protocole de préparation des poudres fines

Avant toute analyse chimique par XRF, les échantillons ont été préparés au laboratoire
de l’Office des Mines Nationales et Industries Stratégiques (OMNIS) afin d’obtenir des
dimensions et une homogénéité adaptée. Cette préparation est essentielle pour garantir la
fiabilité et la précision des mesures. Elle a été réalisée en deux étapes principales : le concassage
et le broyage.

V.2.1. Concassage des échantillons

Pour réduire la taille des minerais et faciliter le broyage, les échantillons ont d’abord été
concassés à l’aide d’un concasseur à mâchoire USSR (ouverture 2 à 5 mm), afin d’obtenir des
fragments compris entre 2 et 5mm. Le concassage permet de réduire la taille des roches,
d’uniformiser les fragments et de préparer les échantillons pour un broyage efficace et
homogène. Avant le concassage, nous avons vérifié que les échantillons étaient bien secs pour
éviter tout blocage ou adhérence, qu’ils étaient correctement étiquetés et calibrés, que la salle
et les équipements étaient propres, et que le personnel portait les EPI appropriés.
 Nous avons démarré les extracteurs de poussière et le compresseur autonome pour
assurer un environnement sûr et propre.
 Nous avons vérifié l’ouverture du concasseur (2 ou 2,5 mm) selon la taille souhaitée des
fragments.
 Nous avons nettoyé la mâchoire et le bac de récupération avec des brosses métalliques
et non métalliques et de l’air comprimé afin d’éviter toute contamination entre les
échantillons.
 Nous avons mis le concasseur en fonctionnement et alimenté les échantillons par petits
lots pour assurer un concassage uniforme.
 Nous avons écouté le craquement de la mâchoire pour vérifier que tous les fragments
étaient correctement réduits et avons mobilisé manuellement les blocs restant si
nécessaire, afin d’obtenir une granulométrie homogène.
 Nous avons récupéré les fragments dans des barquettes et avons étiqueté chaque lot pour
un suivi précis des échantillons.
 Nous avons nettoyé tous les équipements et la salle à la fin des opérations afin de
maintenir la propreté et la sécurité.

Figure 19 : Concassage des échantillons de chromite

V.2.2. Broyage des échantillons concassés

Les fragments concassés ont ensuite été broyés en poudre fine (<80 µm) à l’aide d’un
broyeur à anneaux TEMABV. Le broyage permet d’obtenir une poudre homogène, essentielle
pour minimiser les erreurs lors de l’analyse XRF et garantir que chaque échantillon soit
représentatif. Avant le broyage, nous avons vérifié que les échantillons étaient secs et
étiquetés, que la salle et les équipements étaient propres, et que le personnel portait les EPI
appropriés.

 Nous avons lavé et séché le bol, les anneaux et le couvercle avec de l’eau et de l’air
comprimé pour éviter toute contamination.
 Nous avons disposé les anneaux dans le bol après séchage complet afin de garantir un
broyage efficace et uniforme.
 Nous avons versé les échantillons concassés et quartés (environ 250 g) dans le bol
pour obtenir un volume adapté au broyage.
 Nous avons réglé le minuteur pour 3 minutes selon la dureté des échantillons afin de
garantir un broyage optimal.
 Nous avons démarré les extracteurs de poussière pour protéger le personnel et éviter la
perte de matière.
 Nous avons installé le bol dans le broyeur en respectant les consignes de sécurité et
avons fermé le couvercle pour protéger le manipulateur.
 Nous avons démarré le broyeur pour pulvériser les échantillons, transformant les
fragments en poudre fine et homogène.
 Après broyage, nous avons ouvert le couvercle, retiré le bol et l’avons placé sur la
table de travail.
 Nous avons récupéré les anneaux et avons brossé légèrement les parois pour que toute
la poudre se déverse dans le bol, afin de ne pas perdre de matière.
 Nous avons mis la poudre fine dans une barquette pour stockage et étiquetage,
garantissant que chaque échantillon reste identifié et prêt pour l’analyse.

Figure 20 : Broyage des échantillons de chromite

V.3. Détails de la mesure

Une fois les échantillons réduits en poudre fine homogène, chaque poudre a été placée
dans une coupelle d’échantillonnage spécialement conçue pour l’analyse XRF portative. Cette
coupelle est un petit récipient blanc qui permet de contenir la poudre sans qu’elle se disperse.
Pour sécuriser la poudre et permettre le passage des rayons X, la coupelle a été recouverte d’un
film mince transparent en polypropylène. Ce film empêche la perte de matière, évite la
contamination et assure que la lumière X puisse traverser l’échantillon sans interférence.

La coupelle préparée a été ensuite positionnée devant la fenêtre de mesure de l’appareil


XRF portatif. L’appareil a émis des rayons X primaires sur l’échantillon. Ces rayons ont interagi
avec les atomes présents dans la poudre, provoquant l’éjection d’électrons internes et l’émission
de rayons X secondaires caractéristiques (fluorescence X). Chaque élément chimique de la
chromite (Cr, Fe, Al, Mg, Ti, Ca, etc.) a émis des rayons X à une énergie spécifique, ce qui a
permis de les identifier et de mesurer leur concentration.

Pour chaque échantillon, la mesure a été effectuée plusieurs fois afin d’assurer la
fiabilité et la reproductibilité des résultats. Les données collectées par l’appareil ont été traitées
pour obtenir les concentrations exactes des principaux éléments et pour calculer le ratio Cr/Fe,
un indicateur essentiel de la qualité industrielle du minerai.

Tout au long de l’opération, les mesures ont été réalisées en respectant strictement les
consignes de sécurité, avec le port des équipements de protection individuelle (EPI) pour éviter
toute contamination. Cette approche a permis d’obtenir des résultats précis et représentatifs de
la composition chimique des échantillons de chromite.

Figure 21 : Appareil XRF utilisé pour l’analyse chimique


PARTIE III : RESULTATS
CHAPITRE VI : CONTEXTE GITOLOGIQUE DU SECTEUR D’ETUDE

VI.1. Observations lithologiques et structurales de la zone d’échantillonnage.

La zone d’échantillonnage d’Andriamena est caractérisée par une géologie complexe,


dominée par des roches ultramafiques issues d’intrusions mafiques précambriennes. Ces
formations constituent l’encaissant principal des filons et lentilles minéralisés et reflètent
l’histoire tectonique et magmatique de la région. Les observations sur le terrain ont permis de
décrire plusieurs types lithologiques et leurs caractéristiques :

 Péridotites : roches ultramafiques massives à semi-massives, vert foncé à noire,


composées principalement d’olivine (>70 %) et de pyroxènes (20–25 %) avec quelques
traces de spinelle. Elles présentent une texture grenue à grossière et sont faiblement
foliées. Ces roches constituent l’encaissant majeur des filons de chromite et affleurent
principalement dans les secteurs centraux et nord de la zone.
 Dunites : roches ultramafiques presque purement olivine (>90 %), vert intense à noir,
massives et homogènes avec peu de fractures. Elles se trouvent surtout dans les secteurs
nord et nord-ouest, souvent en contact avec les péridotites.
 Chromitites : roches riches en chromite, noires métalliques à gris foncé, formant des
lentilles ou filons étroits au sein des péridotites et dunites. La granulométrie varie de
fine à moyenne et certaines surfaces montrent des altérations. Ces filons représentent
les principaux objectifs de l’échantillonnage.
 Pyroxénites : roches ultramafiques riches en pyroxènes, brun foncé à noir, souvent
intercalées avec les péridotites et dunites. Elles présentent une texture grenue à finement
stratifiée et contribuent à la variabilité lithologique du secteur.
 Méta gabbros / Gabbros : roches mafiques gris à vert foncé, composées de plagioclase
(40–50 %) et pyroxènes (30–40 %). Elles apparaissent localement dans les secteurs
périphériques et peuvent contenir de petites lentilles de chromite.
 Altérites et zones d’altération superficielles : les ultramafiques sont parfois transformées
en serpentinites ou sols ferrugineux. Ces altérations sont souvent visibles en surface et
servent d’indicateur indirect de minéralisation.

Sur le plan structural, la zone est affectée par des failles et fractures principalement
orientées N-S et NE-SO. Ces structures contrôlent souvent la localisation et l’orientation des
lentilles minéralisées. Certaines zones présentent également des pliures et déformations locales,
influençant la distribution du minerai et la variabilité lithologique.

Le tableau ci-dessous présente les caractéristiques principales des échantillons collectés


sur le terrain.

Echantillons Dominante Minéraux visible Structure observée


lithologique
Chrome E01 Péridotite Olivine, pyroxène, Massif, fractures rares
spinelle
Chrome E02 Dunite Olivine, spinelle Massif homogène

Chrome E03 Chromitite + Chromite, olivine, Lentilles minéralisées


péridotite pyroxène
Chrome E04 Pyroxénite Pyroxène, olivine
Intercalé dans
péridotite
Chrome E05 Méta gabbro Plagioclase, pyroxène Massif, fracturé
8em
Chrome E06 Olivine, pyroxène,
Péridotite + Massif à semi-massif,
10em spinelle
Dunite fractures N-S

Tableau 05 : Observations géologiques générales des échantillons de chromite dans la zone


d’Andriamena

VI.2. Description des faciès de chromite


Les observations réalisées sur les affleurements et les échantillons prélevés dans le
secteur d’Andriamena ont permis d’identifier différents faciès de chromite, présentant des
variations de texture, de structure et de distribution du minerai.

VI.2.1. Chromitites massives

Le faciès massif est constitué de chromitites dans lesquelles les grains de chromite sont
fortement concentrés et forment des corps compacts de type lentilles ou filons, encaissés dans
les péridotites et les dunites. Les grains de chromite sont généralement jointifs, avec une texture
dense et relativement homogène. La minéralisation apparaît peu fragmentée et montre une
faible proportion de gangue visible à l’échelle macroscopique.

Observations par échantillon : Les échantillons Chrome E01 et Chrome E06 présentent
ce faciès. Les grains de chromite sont bien individualisés, la texture est homogène et l’altération
est peu marquée.

VI.2.2. Chromitites disséminées

Les chromitites disséminées se caractérisent par des grains de chromite dispersés au


sein de la roche hôte, principalement les péridotites. La chromite n’y forme pas de corps
continus, mais apparaît sous forme de grains isolés ou de petits amas répartis de manière
irrégulière. La texture est plus hétérogène que dans le faciès massif, avec une proportion plus
importante de roche encaissante visible.

Observations par échantillon : Les échantillons Chrome E02, Chrome E03 et Chrome
E04 présentent ce faciès. La chromite est observée sous forme de filonnets étroits ou de lentilles
discontinues, avec une granulométrie fine à moyenne et une distribution variable au sein de la
roche.

VI.2.3. Chromitites altérées

Les chromitites altérées correspondent à des zones où la chromite montre des signes
d’altération, associés à la présence de minéraux secondaires. La texture apparaît localement
modifiée, avec une perte de cohésion de la roche et une hétérogénéité plus marquée. Des phases
secondaires telles que la silice ou les carbonates peuvent être observées en association avec la
chromite.
Observations par échantillon : L’échantillon Chrome E05 présente ce faciès. La roche
est localement friable, la couleur est grise foncé à noirâtre, et la chromite montre des signes
d’oxydation partielle.

Figure 22 : Mine de chromite d’Andriamena


CHAPITRE VII : CARACTERISATION CHIMIQUE

VII.1. Présentation des données XRF


VII.1.1. Synthèse des résultats XRF des échantillons de chromite d’Andriamena
Echantillons Si(%) Al(%) Fe(%) Mg(%) Ti(%) Ca(%) Cr(%) K(%) P(%)

Chrome E01 4,87 9,39 13,50 0,75 0,54 2,31 33,91 0,00 0,03

Chrome E02 4,86 9,53 11,68 0,81 0,45 2,10 32,17 0,00 0,03

Chrome E03 7,83 5,95 13,94 0,98 0,63 1,29 31,45 0,00 0,05

Chrome E04 4,05 11,60 12,75 0,81 0,51 2,01 33,66 0,00 0,02

Chrome E05 4,54 5,59 7,99 0,82 0,41 1,68 27,06 0,00 0,03

Chrome E06 4,54 5,22 10,85 0,51 0,52 4,65 30,93 1,36 0,09

Tableau 06 : Valeurs minimale, maximale et moyenne des teneurs élémentaires (%) des
échantillons de chromite d’Andriamena obtenues par XRF

Résultats XRF des échantillons de chromite d’Andriamena


40

35

30

25

20

15

10

0
Chrome E01 Chrome E02 Chrome E03 Chrome E04 Chrome E05 Chrome E06

Si(%) Al(%) Fe(%) Mg(%) Ti(%) Ca(%) Cr(%) K(%) P(%)


VII.2. Calculs Minéralogiques et industriels
VII.2.1. Calcul du Ratio Cr/Fe et calcul de la moyenne
a) Le ratio Cr/Fe

Le ratio Cr/Fe est un indicateur de la qualité minéralogique et industrielle de la chromite.


Il permet de connaître le rapport entre le chrome et le fer, deux éléments essentiels pour
l’industrie métallurgique.

Il est calculé pour chaque échantillon en utilisant la formule suivante :

𝑇𝑒𝑛𝑒𝑢𝑟 𝑒𝑛 𝐶𝑟(%)
Cr/Fe=𝑇𝑒𝑛𝑒𝑢𝑟 𝑒𝑛 𝐹𝑒(%)

En appliquant cette formule aux résultats XRF :

Echantillons Fe(%) Cr(%) Ratio


Cr/Fe
Chrome E01 13,50 33,91 2,51

Chrome E02 11,68 32,17 2,75

Chrome E03 13,94 31,45 2,26

Chrome E04 12,75 33,66 2,64

Chrome E05 7,99 27,06 3,39

Chrome E06 10,85 30,93 2,85

Moyenne - - 2,73

Tableau 06 : Résultats du ratio Cr/Fe des échantillons de chromite et moyenne

b) Moyenne

On calcule la moyenne du ratio Cr/Fe afin d’obtenir une valeur représentative de


l’ensemble du gisement, permettant d’évaluer la qualité globale du minerai et de simplifier
l’interprétation des données.

Voici la formule pour calculer la moyenne du ratio Cr/Fe :

2,51+2,75+2,26+2,64+3,39+2,85
Cr/Fe moyen= =2,73
6
VII.2.2. Calcul de la formule structurale (APFU : Atoms Per Formula Unit)
APFU ou Atomes par unité de formule, c’est une méthode utilisé pour exprimer la formule
structurale des minéraux

La formule structurale permet de représenter la chromite en termes d’occupations


atomiques dans la structure spinelle et d’évaluer la composition minéralogique précise du
minerai. La formule générale est :

(A2+) (B3+)2O4

 A : site tétraédrique occupé par Fe²⁺ et Mg²⁺


 B : site octaédrique occupé par Cr³⁺, Al³⁺ et parfois Fe³⁺

Chaque cation est normalisé selon le nombre d’atomes d’oxygène pour respecter la
structure spinelle. Cette formule permet de décrire la composition minéralogique exacte de la
chromite.

La formule structurale des échantillons a été calculée à partir des analyses chimiques
globales obtenues par fluorescence X (XRF). La méthode XRF ne permettant pas de distinguer
Fe²⁺ et Fe³⁺, le fer total est considéré comme Fe²⁺, conformément à la pratique courante pour
les calculs structuraux basés sur des données XRF globales.

a) Conversion des éléments en oxydes équivalents

Pour calculer la formule structurale des échantillons de chromite, les éléments


analysés par XRF sont d’abord convertis en oxydes correspondants (Cr₂O₃, FeO, Al₂O₃, MgO,
etc.).

𝑀(Cr2O3)
Cr₂O₃= Cr * = Cr* 1,1461
2𝑀(𝐶𝑟)

𝑀(FeO)
FeO=Fe * =Fe* 1,286
𝑀(𝐹𝑒)

𝑀(Al2O3)
Al2O3=Al* =Al* 1,1889
2𝑀(Al)

𝑀(MgO)
MgO=Mg* 2𝑀(𝑀𝑔) =Mg* 1,658

Le tableau ci-dessous présente pour chaque élément son oxyde correspondant ainsi que
la masse molaire utilisée dans les calculs.

Elément Oxyde Masse molaire


équivalent (g/mol)
Cr Cr₂O₃ 151,99
Fe FeO 71,85
Al Al2O3 101,96
Mg MgO 40,30
Tableau X : Conversions des éléments en oxydes équivalents

Remarques :

 On se concentre sur Cr, Fe, Al, Mg pour la chromite. Les autres (Si, Ti, Ca, K, P) sont
des impuretés et ne sont pas intégrés dans la formule spinelle.
 On peut aussi utiliser Fe₂O₃ si on sait que Fe³⁺ domine, mais FeO est la pratique
classique pour chromites XRF globales.

b) Conversion des pourcentages en moles d’oxydes pour chaque échantillon

Pour chaque oxyde, le nombre de moles se calcule avec la formule :


𝑇𝑒𝑛𝑒𝑢𝑟 𝑒𝑛 %
noxyde=
𝑀𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑚𝑜𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒 (𝑔/𝑚𝑜𝑙)
En appliquant cette formule, les teneurs obtenues par l’analyse XRF, comme présent
dans la Tableau 06 :
Cr₂O₃ (moles) FeO (moles) Al₂O₃(moles) MgO(moles)
Échantillon E01 0,223 0,188 0,092 0,0186
Échantillon E02 0,212 0,163 0,094 0,0201
Échantillon E03 0,207 0,194 0,0584 0,0243
Échantillon E04 0,2215 0,1775 0,1138 0,0201
Échantillon E05 0,178 0,111 0,0548 0,0203
Échantillon E06 0,2037 0,151 0,0512 0,0127
Tableau 07 : Conversion des pourcentages en moles d’oxyde pour les enchantillons

c) Nombre de cations par oxyde

Le nombre de cations est obtenu en tenant compte de la stœchiométrie de chaque oxyde :

 Cr₂O₃ 0.446→ 2 Cr
 FeO → 1 Fe
 Al₂O₃ → 2 Al
 MgO → 1 Mg

Voici la formule pour calculer le nombre de cations par oxyde :

ncation= noxyde * nombre de cations par mol d’oxyde


En appliquant cette formule,
Echantillons Cr (mol) Fe (mol) Al (mol) Mg (mol)
Chrome E01 0,446 0,188 0,184 0,0186
Chrome E02 0,424 0,163 0,188 0,0201
Chrome E03 0,414 0,194 0,1168 0,0243
Chrome E04 0,443 0,1775 0,2276 0,0201
Chrome E05 0,356 0,111 0,1096 0,0203
Chrome E06 0,4074 0,151 0,1024 0,0127
Tableau 08 : le nombre de cations par oxyde
d) Oxygènes totaux

La formule générale pour calculer le nombre total d’oxygènes apportés par les oxydes est :
OTotal=n Cr₂O₃ *3 + n FeO *1 + n Al₂O₃ *3 + n MgO *1

𝑇𝑒𝑛𝑒𝑢𝑟 𝑒𝑛 %
Avec noxyde=
𝑀𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑚𝑜𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒 (𝑔/𝑚𝑜𝑙)

Donc,

1) Échantillon E01

OTotal= 0,223*3+0,188*1+0,092*3+0,0186*1= 1,1516

2) Échantillon E02

OTotal= 0,207*3+0,163*1+0,094*3+0,0201*1= 1,1011

3) Échantillon E03

OTotal= 0,212*3+0,194*1+0,0584*3+0,0243*1= 1,0143

4) Échantillon E04

OTotal= 0,2215*3+0,1775*1+0,1138*3+0,0201*1= 1,2035

5) Échantillon E05

OTotal= 0,178*3+0,111*1+0,0548*3+0,0203*1= 0,8297

6) Échantillon E06

OTotal= 0,2037*3+0,151*1+0,1536*3+0,0127*1= 0,9284


e) Normalisation sur 4 oxygènes (APFU)

La normalisation sur 4 oxygènes permet de convertir le nombre de cations calculé pour


chaque oxyde en formule unitaire de la chromite (APFU). Cette étape est essentielle pour
obtenir la composition minéralogique exacte.
Formule générale pour normaliser :

4
Facteur de normalisation =
∑(nombre d’oxygènes par oxyde)

Où le facteur 4 correspond au nombre total d’oxygènes dans la formule unitaire du


spinelle (chromite)

On calcule le nombre d’oxygènes par oxyde:

 Cr₂O₃ = 3
 FeO = 1
 Al₂O₃ = 3
 MgO = 1

Normalisation des cations


Cation normalisé=Cation calculé × Facteur

Calcul de normalisation :

Echantillons O Facteur de Cr Fe Al Mg
total normalisation (APFU) (APFU) (APFU) (APFU)

Chrome 1,1516 3,474


1,55 0,65 0,64 0,06
E01
Chrome 1,152 3,472
1,47 0,57 0,65 0,07
E02
Chrome 1,142 3,503
1,45 0,68 0,41 0,09
E03
Chrome 1,151 3,474
1,54 0,62 0,79 0,07
E04
Chrome 0,996 4,016
1,43 0,45 0,44 0,08
E05
Chrome 1,002 3,992
1,49 0,60 0,41 0,05
E06

Tableau 09 : Cations normalisés sur 4 oxygènes (APFU) des échantillons de chromite


f) Formules structurales des échantillons

Les valeurs présentées dans le Tableau 09 correspondent aux cations normalisés


exprimés en APFU. Les formules structurales finales ont été établies en redistribuant les cations
entre les sites tétraédrique (Fe, Mg) et octaédrique (Cr, Al), afin de respecter la structure idéale
du spinelle de la chromite (A = 1 et B = 2)

Les formules structurales finales des échantillons de chromite, exprimées en APFU sur
une base de 4 oxygènes, sont présentées dans le tableau ci-dessous.

Echantillons Formule structurale APFU

Chrome (Fe0,65 Mg0,35)(Cr1,55 Al0,45)O4


E01
Chrome (Fe0,57 Mg0,43)(Cr1,52 Al0,48)O4
E02
Chrome (Fe0,68 Mg0,32)(Cr1,47 Al0,53)O4
E03
Chrome (Fe0,62 Mg0,38)(Cr1,58 Al0,42)O4
E04
Chrome (Fe0,45 Mg0,55)(Cr1,42 Al0,58)O4
E05
Chrome (Fe0,60 Mg0,40)(Cr1,49 Al0,51)O4
E06
Tableau 10 : Formule structurale des chromites calculées en APFU
PARTIE IV : DISCUSSION
ET VALORISATION
CHAPITRE VIII : EVALUATION DE LA QUALITE CHIMIQUE DU MINERAI

VIII.1. Classification industrielle


VIII.1.1. Comparaison du ratio Cr/Fe obtenu avec les standards internationaux
La comparaison avec les standards internationaux est basée sur les rapports Cr/Fe,
Mg/(Mg+Fe²⁺) et les teneurs en Al₂O₃, couramment utilisés pour la classification des chromites.

Le ratio Cr/Fe est le principal indicateur pour la qualité industrielle de la chromite. Il


exprime le rapport entre le chrome et le fer dans le minerai. Le chrome est l’élément le plus
recherché pour la fabrication de ferrochrome et d’acier inoxydable, alors que le fer est considéré
comme un élément impur. Ainsi, un ratio élevé indique une meilleure qualité industrielle et un
minerai plus intéressant pour l’exploitation métallurgique.

Les résultats obtenus pour Andriamena montrent que le ratio Cr/Fe varie de 2,26 à 3,39,
avec une moyenne de 2,73.

Selon les standards internationaux :

a. Chromite de haute teneur (Cr/Fe > 2,0)

La chromite dite de haute teneur se caractérise par un ratio Cr/Fe supérieur à 2,0. Ce
type de minerai contient une proportion élevée de chrome par rapport au fer, ce qui le rend
particulièrement adapté à la production de ferrochrome de qualité supérieure. Le ferrochrome
obtenu à partir de ce type de chromite est utilisé principalement dans la fabrication des aciers
inoxydables et des aciers spéciaux, où une forte teneur en chrome est nécessaire pour améliorer
la résistance à la corrosion, la dureté et la durabilité des alliages.

D’un point de vue industriel, les chromites de haute teneur sont les plus recherchées car
elles nécessitent moins de traitement et moins d’enrichissement, ce qui réduit les coûts de
production. Dans le cas du gisement d’Andriamena, la majorité des échantillons présentent des
ratios Cr/Fe supérieurs à 2, ce qui indique que le minerai appartient globalement à cette
catégorie.

Cela confirme que la chromite d’Andriamena possède une forte vocation métallurgique
et peut être considérée comme un minerai de bonne à très bonne qualité industrielle.

b. Chromite de moyenne teneur (Cr/Fe entre 1,0 et 2,0)

La chromite de teneur moyenne présente un ratio Cr/Fe compris entre 1,0 et 2,0. Ce type
de minerai contient une quantité de chrome modérée, suffisante pour la production de
ferrochrome standard ou pour certains alliages métalliques spécifiques. Cependant, par rapport
aux chromites de haute teneur, ces minerais sont généralement moins riches en chrome et
peuvent nécessiter des opérations de concentration ou de mélange avec des minerais plus riches
afin d’atteindre les compositions requises par l’industrie.

Sur le plan économique, les chromites de moyenne teneur restent exploitables, mais
leur valeur est inférieure à celle des chromites de haute teneur. Elles sont souvent utilisées
lorsque les ressources de haute qualité sont limitées ou pour des applications où une très forte
teneur en chrome n’est pas indispensable.

Dans le cas d’Andriamena, aucun échantillon ne présente un ratio Cr/Fe inférieur à 2,


ce qui montre que le gisement ne correspond pas à cette catégorie et confirme sa bonne qualité
globale.

c. Chromite de basse teneur (Cr/Fe < 1,0)

La chromite de basse teneur se caractérise par un ratio Cr/Fe inférieur à 1,0, ce qui
signifie que le fer est plus abondant que le chrome. Ce type de minerai est généralement peu
adapté à la métallurgie du ferrochrome, car il donne un rendement faible en chrome et nécessite
des traitements coûteux pour être valorisé.

Ces chromites sont principalement utilisées dans l’industrie réfractaire, notamment pour
la fabrication de briques réfractaires, de revêtements de fours et de matériaux résistants à de
très hautes températures. Dans ce cas, ce n’est pas la teneur en chrome qui est prioritaire, mais
plutôt la stabilité thermique et chimique du matériau.

Le gisement d’Andriamena ne présente pas de chromite de cette catégorie, ce qui


renforce son intérêt économique pour la métallurgie.

VIII.2. Interprétation pour la chromite d’Andriamena

En comparant les résultats analytiques du gisement d’Andriamena avec cette


classification internationale, il apparaît clairement que tous les échantillons étudiés
appartiennent à la catégorie des chromites de haute teneur, avec des ratios Cr/Fe supérieurs à
2,0.

Cette caractéristique indique que la chromite d’Andriamena est riche en chrome par
rapport au fer, un critère essentiel pour les applications métallurgiques. Un tel ratio permet une
production efficace de ferrochrome, avec un bon rendement en chrome et des coûts de
traitement relativement réduits. Ce type de minerai est particulièrement recherché pour la
fabrication de ferrochrome de qualité supérieure, utilisé dans la production des aciers
inoxydables et des alliages spéciaux nécessitant une forte teneur en chrome afin d’améliorer la
résistance à la corrosion et les propriétés mécaniques.

Par ailleurs, la présence dominante de chromitites massives, associée aux valeurs élevées
du ratio Cr/Fe, renforce le potentiel économique du gisement. Ces faciès concentrés sont plus
faciles à exploiter et offrent un meilleur rendement industriel que les chromites disséminées ou
altérées. Même si certaines zones montrent une altération locale, la qualité chimique globale du
minerai reste favorable à une exploitation industrielle.

En conclusion, la chromite d’Andriamena présente une vocation principalement


métallurgique, orientée vers la production de ferrochrome plutôt que vers des usages
réfractaires. Ce gisement constitue ainsi une ressource stratégique importante, avec un potentiel
d’exploitation économique intéressant pour l’industrie sidérurgique et métallurgique.
VIII.3. Interprétation des teneurs en Al2O3 et MgO pour déduire les conditions
pétrogénétiques.
Les teneurs en aluminium (Al₂O₃) et en magnésium (MgO) fournissent des
informations essentielles sur l’origine du minerai de chromite et sur les conditions de
cristallisation au cours de son évolution magmatique. Ces deux éléments interviennent
directement dans la structure cristalline de la chromite et permettent de reconstituer les
processus pétrogénétiques ayant conduit à la formation du gisement d’Andriamena.

VIII.3.1. Pétrogénétique de l’aluminium (Al₂O₃)

Les teneurs en Al₂O₃ mesurées dans les échantillons varient entre 5,22 et 11,60 %, ce
qui indique une variation chimique modérée au sein du gisement. L’aluminium est présent sous
forme de cation Al³⁺, capable de se substituer partiellement au chrome Cr³⁺ dans le site
octaédrique de la structure spinelle de la chromite.

Des teneurs modérées à relativement élevées en Al₂O₃ suggèrent que le magma parental
possédait un niveau significatif d’aluminium au moment de la cristallisation de la chromite.
Cette situation est caractéristique d’un magma ultramafique ayant subi une différenciation
magmatique progressive, au cours de laquelle l’aluminium s’enrichit localement dans le magma
résiduel. Les échantillons les plus riches en Al₂O₃ traduisent ainsi des zones où la chromite s’est
formée à un stade plus évolué du magma.

VIII.3.2. Pétrogénétique du magnésium (MgO)

Les teneurs en MgO sont faibles, comprises entre 0,51 et 0,98 %, ce qui indique une
faible incorporation du magnésium dans la structure de la chromite. Le Mg²⁺ occupe le site
tétraédrique du spinelle en substitution partielle du Fe²⁺. La dominance du fer ferreux dans ce
site est une caractéristique classique des chromites associées aux roches ultramafiques riches
en olivine et en pyroxènes.

Cette faible teneur en MgO s’explique par la cristallisation précoce de l’olivine et des
pyroxènes, qui consomment la majeure partie du magnésium disponible dans le magma. La
chromite se forme donc à partir d’un magma déjà appauvri en Mg, ce qui indique une
cristallisation à un stade relativement avancé de l’évolution magmatique.

VIII.3.3. Conditions de cristallisation de la chromite

L’association de teneurs modérées en Al₂O₃ et de faibles teneurs en MgO suggère que la


chromite d’Andriamena a cristallisé dans un magma ultramafique relativement homogène, mais
en cours de différenciation. Les variations observées d’un échantillon à l’autre reflètent des
conditions locales de cristallisation différentes, liées à l’évolution chimique du magma et à la
dynamique interne des intrusions ultramafiques.

VIII.3.4. Interprétation pétrogénétique globale

L’étude des teneurs en Al₂O₃ et MgO permet de comprendre les conditions


pétrogénétiques du gisement de chromite d’Andriamena. Les teneurs en aluminium, comprises
entre 5,22 et 11,60 %, montrent que l’Al³⁺ a partiellement remplacé le Cr³⁺ dans le site
octaédrique du spinelle, ce qui indique que le magma parental était modérément à relativement
enrichi en aluminium. Cette variation reflète un fractionnement magmatique progressif, où
certaines zones du magma résiduel se sont enrichies en aluminium, conduisant à la formation
de chromitites massives et disséminées. Les teneurs faibles en MgO, entre 0,51 et 0,98 %,
montrent que le Fe²⁺ domine le site tétraédrique, le magnésium ayant été majoritairement
incorporé dans les olivines et pyroxènes précocement cristallisés. Dans l’ensemble, ces
observations indiquent que la chromite s’est formée dans un magma ultramafique différencié,
à un stade relativement avancé de cristallisation, sous des conditions stables et homogènes,
produisant un minerai de haute qualité adapté à la production de ferrochrome.
CHAPITRE IX : ROLE ET VALORISATION DES DIFFERENTES FACIES DE
CHROMITE
IX.1. Importance des différents faciès de chromite
IX.1.1. Caractérisation des facies

Les faciès de chromite massives, disséminées et altérées présentent des caractéristiques


texturales, minéralogiques et chimiques distinctes, qui influencent directement leur valeur
industrielle ainsi que la compréhension géologique du dépôt.

a. Chromitites massives

Les chromitites massives contiennent les teneurs en chrome les plus élevées, avec des
grains très concentrés formant des lentilles ou filons compacts. Cette compacité réduit les pertes
de matière lors de l’exploitation et permet d’obtenir un ferrochrome de haute qualité, avec un
rapport Cr/Fe supérieur à 2,0, conforme aux standards internationaux. La texture homogène et
peu altérée observée dans les échantillons E01 et E06 garantit également un traitement
métallurgique plus efficace, sans nécessiter de prétraitement complexe. Sur le plan géologique,
la présence de chromitites massives reflète une précipitation magmatique préférentielle dans
des zones à flux de magma concentré. Cela permet de comprendre la dynamique du magma
ultramafique et les conditions physico-chimiques favorisant la formation de dépôts riches en
chromite.

b. Chromitites disséminées

Les chromitites disséminées contiennent une concentration en chrome plus faible, avec
des grains dispersés dans la roche hôte. Bien qu’elles soient moins valorisables que les
massives, elles peuvent être exploitées après tri, concentration ou enrichissement, contribuant
ainsi à la flexibilité de l’exploitation et à l’optimisation des ressources. Les échantillons E02,
E03 et E04 illustrent cette variabilité, montrant des filons étroits et une granulométrie fine à
moyenne. Géologiquement, ces faciès reflètent une distribution moins concentrée du minerai,
pouvant résulter soit d’un dépôt initial diffus du magma, soit d’une redistribution postérieure
par des processus tectoniques ou magmatiques. Leur étude fournit des informations essentielles
sur la variabilité spatiale du gisement et l’évolution des conditions de formation.

c. Chromitites altérées

Les chromitites altérées ont subi des transformations comme la serpentinisation ou le


remplacement partiel par la silice et le carbonate, ce qui réduit le Cr/Fe et la qualité du minerai
pour la métallurgie. Bien que moins favorables pour le ferrochrome de haute qualité, ces faciès
peuvent être valorisés dans l’industrie réfractaire ou après traitements spécifiques.
L’échantillon E05, partiellement oxydé et friable, illustre ces effets. L’altération traduit l’action
de processus hydrothermaux ou supergènes, qui modifient la chimie et la texture du minerai.
L’étude de ces faciès permet de comprendre l’histoire géologique du dépôt, les conditions de
stabilité des minéraux et l’impact des transformations naturelles sur la qualité du minerai.

Chaque faciès de chromite joue un rôle spécifique dans l’exploitation et la


compréhension du gisement : les massives déterminent le potentiel métallurgique principal,
offrant des minerais riches et homogènes pour le ferrochrome de haute qualité ; les disséminées
apportent flexibilité et possibilité d’enrichissement, contribuant à une valorisation
complémentaire du gisement ; les altérées renseignent sur les processus naturels ayant affecté
la chromite, permettant de comprendre l’évolution géologique et de planifier l’exploitation en
tenant compte des zones moins valorisables. L’analyse combinée des trois faciès est essentielle
pour optimiser la valorisation industrielle, évaluer la qualité chimique et interpréter la genèse
géologique du dépôt de chromite à Andriamena.

IX.2. Implications métallogéniques et géologiques


Les différents faciès de chromite observés dans la région d’Andriamena apportaient des
informations essentielles sur les conditions de formation du gisement et sur son évolution
géologique. Leur répartition permettait de discuter les mécanismes de concentration du chrome
au sein des roches ultramafiques et d’interpréter l’origine métallogénique du minerai.
IX.2.1. Implications métallogéniques
La chromite massive et semi-massive était généralement associée à une cristallisation
précoce du chrome à partir d’un magma ultrabasique riche en éléments chromifères. Ce faciès
traduisait une forte concentration du chrome lors des premières phases de différenciation
magmatique, ce qui expliquait les teneurs élevées en Cr et les rapports Cr/Fe favorables
observés dans les analyses. Ces caractéristiques confirmaient le bon potentiel métallurgique de
ce faciès.
La chromite disséminée, en revanche, se formait lors de phases de cristallisation plus
progressives, lorsque le magma était partiellement appauvri en chrome. Elle se présentait sous
forme de grains dispersés dans les péridotites et harzburgites, indiquant une distribution plus
diffuse du chrome. Bien que moins riche, ce faciès restait un indicateur important de la
minéralisation et suggérait la présence de niveaux plus concentrés à proximité.
IX.2.2. Implications géologiques
La distribution des faciès de chromite était étroitement contrôlée par la structure des
roches encaissantes et par les déformations tectoniques ayant affecté la région. Les fractures et
zones de cisaillement favorisaient la localisation de la chromite sous forme de lentilles ou de
niveaux enrichis. Ces structures influençaient la géométrie, la continuité et l’épaisseur des corps
minéralisés observés sur le terrain.
Ainsi, l’analyse des faciès de chromite permettait de mieux comprendre l’organisation
interne du gisement et d’orienter l’interprétation géologique et métallogénique. Dans le cadre
de la discussion, ces résultats montraient que la chromite d’Andriamena s’inscrivait dans un
contexte magmatique favorable, avec des conditions propices à la formation de gisements à bon
potentiel industriel.
CONCLUSION

Cette étude sur la chromite d’Andriamena a permis de mieux comprendre le minerai, son
contexte géologique, sa répartition et son intérêt économique pour la région et le pays. Les
observations sur le terrain ont montré que la chromite se présente sous des faciès massifs à
semi-massifs, noirs avec un éclat métallique, et qu’elle est disséminée dans des roches
ultramafiques comme les péridotites et harzburgites. Le relief accidenté, les lavakas et le réseau
hydrographique influencent l’accès aux gisements, la sécurité des travailleurs et l’organisation
des opérations minières.

Les analyses chimiques par XRF ont confirmé que la chromite possède une teneur
élevée en chrome et un ratio Cr/Fe satisfaisant, ce qui en fait un minerai de qualité industrielle,
utilisable pour la production de ferrochrome et d’aciers inoxydables. Les résultats montrent
également une faible variabilité chimique entre les échantillons, ce qui est favorable à une
exploitation continue et planifiée. La méthodologie rigoureuse, incluant le prélèvement
représentatif de six échantillons et la préparation minutieuse en laboratoire, a assuré la fiabilité
et la précision des données.

L’étude met en évidence le potentiel stratégique de la chromite d’Andriamena pour


Madagascar. Son exploitation responsable peut contribuer à l’économie locale, par la création
d’emplois et le développement d’infrastructures, et à l’économie nationale, grâce aux recettes
d’exportation et à la valorisation industrielle. La mise en place de mesures adaptées, telles que
la planification de l’exploitation et le suivi environnemental, est essentielle pour limiter les
impacts négatifs sur l’environnement et les communautés locales.

Bref, la chromite d’Andriamena est un minerai de bonne qualité, exploitable dans des
conditions adaptées. Cette étude fournit des informations précieuses pour la planification d’une
exploitation responsable et efficace, et peut servir de référence pour la valorisation des autres
gisements de chromite à Madagascar.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Retrieved December 20, 2025

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REFERENCES WEBOGRAPHIQUES
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REMERCIEMENTS
LISTE DES ABREVIATIONS
LISTE DES CARTES
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
LISTE DES UNITES
INTRODUCTION
PARTIE Ⅰ : CONTEXTE GENERALE
CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA CHROMITE
I.1. Chromite
I.2. Historique
I.3. Propriétés de la chromite
I.3.1. Propriétés physiques
I.3.2. Propriétés chimiques
I.4. Utilisation de la chromite
I.4.1. Métallurgique
I.4.2. Chimique
I.4.3. Réfractaire
I.5. Producteurs de chromite
CHAPITRE II : PRESENTATION ET CONTEXTE DE LA ZONE
II.1. Contexte Minier et Géographique
II.1.1. Localisation
II.1.2. Historique de chromite d’Andriamena
II.1.3. Relief de la commune d’Andriamena
II.1.4. Climat d’Andriamena :
II.2. Importance de la Chromite pour l’économie nationale
II.2.1. Importance économique et stratégique de la chromite de Madagascar

II.2.2. Impacts socio-économiques

II.3. Cadre théorique


II.3.1. Généralités sur les gisements de chromite
II.3.2. Le concept de qualité industrielle : définition et importance du ratio Cr/Fe

PARTIE II : MATERIELS ET METHODES

CHAPITRE III: METHODE DE TRAVAIL


III.1. Organigramme
III.2. Organisation des travaux
III.2.1. Planification du terrain
III.2.2. La descente sur terrain

CHAPITRE IV: MATERIELS ET ECHANTILLONAGE


IV.1. Matériels de terrain utilisé
IV.1.1. Matériels de terrain
IV.1.2. Matériel de sécurité et protection
IV.2. Description des échantillons de chromite collectés
IV.2.1. Caractéristiques des échantillons
IV.2.2. Localisation des échantillons
IV.3. Matériel de laboratoire pour la préparation
IV.3.1. Matériels du laboratoire
IV.3.2. Équipements de Protection Individuelle (EPI)

CHAPITRE V : METHODES D’ANALYSE CHIMIQUE PAR XRF

V.1. Principe sommaire de la Fluorescence X

V.2. Protocole de préparation des poudres fines

V.2.1. Concassage des échantillons

V.2.2. Broyage des échantillons concassés

V.3. Détails de la mesure


PARTIE III : RESULTATS

CHAPITRE VI : CONTEXTE GITOLOGIQUE DU SECTEUR D’ETUDE

VI.1. Observations lithologiques et structurales de la zone d’échantillonnage.

VI.2. Description des faciès de chromite


VI.2.1. Chromite massive ou massive chromitite :
VI.2.2 Chromitites disséminées
VI.2.3. Chromitites altérées

CHAPITRE VII : CARACTERISATION CHIMIQUE

VII.1. Présentation des données XRF


VII.1.1. Synthèse des résultats XRF des échantillons de chromite d’Andriamena
VII.2. Calculs Minéralogiques et industriels
VII.2.1. Calcul du Ratio Cr/Fe et calcul de la moyenne
VII.2.2. Calcul de la formule structurale (APFU : Atoms Per Formula Unit)

PARTIE IV : DISCUSSION ET VALORISATION

CHAPITRE VIII : EVALUATION DE LA QUALITE CHIMIQUE DU MINERAI

VIII.1. Classification industrielle


VIII.1.1. Comparaison du ratio Cr/Fe obtenu avec les standards internationaux
VIII.1.2. Evaluation de la chromite d’Andriamena
VIII.2. Interprétation des teneurs en Al2O3 et MgO pour déduire les conditions
pétrogénétiques.

VIII.2.1. Pétrogénétique de l’aluminium (Al₂O₃)

VIII.2.2. Pétrogénétique du magnésium (MgO)

VIII.2.3. Conditions de cristallisation de la chromite

VIII.2.4. Interprétation pétrogénétique globale

CHAPITRE IX : ROLE ET VALORISATION DES DIFFERENTES FACIES DE


CHROMITE
IX.1. Importance des différents faciès de chromite
IX.1.1. Caractérisation des facies
IX.2. Implications métallogéniques et géologiques
IX.2.1. Implications métallogéniques
IX.2.2. Implications géologiques

CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
REFERENCES WEBOGRAPHIQUES
ANNEXES
TABLE DES MATIERES

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