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Interférences en Optique Ondulatoire

Le document traite des interférences en optique ondulatoire, en se concentrant sur les lames à faces parallèles et les conditions d'observation des franges d'égale inclinaison. Il explique la différence de marche, les coefficients de réflexion et de transmission, ainsi que les caractéristiques des anneaux d'interférence. Enfin, il aborde les lames d'épaisseur variable et les effets des coins d'air ou de verre sur les interférences observées.

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Interférences en Optique Ondulatoire

Le document traite des interférences en optique ondulatoire, en se concentrant sur les lames à faces parallèles et les conditions d'observation des franges d'égale inclinaison. Il explique la différence de marche, les coefficients de réflexion et de transmission, ainsi que les caractéristiques des anneaux d'interférence. Enfin, il aborde les lames d'épaisseur variable et les effets des coins d'air ou de verre sur les interférences observées.

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Optique Ondulatoire : Chapitre III Interférences II

Gérard Rebmann

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Gérard Rebmann. Optique Ondulatoire : Chapitre III Interférences II. Licence / L3. 2007. �sfo-
00287508�

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abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
Université Denis Diderot Paris 7 Optique Ondulatoire
UFR de Physique 2006-07

Chapitre III

Interférences II

G. Rebmann
Optique Ondulatoire Université Paris7 - Denis Diderot
2006-07 UFR de Physique

NOTES

2 G. Rebmann
Université Paris7 - Denis Diderot Optique Ondulatoire
UFR de Physique 2006-07

1 Interférences par division d’amplitude


On a vu jusqu’à maintenant des dispositifs à division du front d’onde, où ce qu’on
a appelé des sources secondaires sont des “morceaux” de surfaces d’onde. En utilisant
des lames partiellement transparentes qui divisent un faisceau en deux : l’un réfléchi et
l’autre transmis, il est aussi possible de faire interférer des ondes qui résultent de cette
séparation.
On a observé, lors du premier cours sur les interférences, les couleurs de lames minces
produites par les interférences entre la lumière réfléchie par la face avant et celle réfléchie
par la face arrière.

1.1 Différence de marche


On considère une lame, localement d’épaisseur e et d’indice n, éclairée par un faisceau
parallèle :

θi H
s
s ✢ ✸ ✸
La différence de marche s’écrit en
I ✻ terme de chemin optique :
θr K
✙ δ = [IJK] − [HK]
n
e
2ne
δ= − 2e tan θr sin θi
❄ cos θr
J Soit : δ = 2ne cos θr

Figure 1 - Différence de marche


Toutefois, il faut prendre garde à tenir compte de la réflexion (r12 6= r21 ) dans le déphasage
total. En effet, les formules de Fresnel donnent des coefficients de réflexion qui dépendent
en général de la polarisation et de l’incidence, et le déphasage total fait intervenir en plus
de la différence de marche, un terme dû à la réflexion, il s’écrit :

ϕ= δ + ϕR
λ
Toutefois, pour une lame faite d’un matériau homogène, ce terme ϕR ne dépend pas du
point d’observation tandis que l’autre terme 2ne cos θr dépend de l’épaisseur optique (ne)
et de l’incidence. On observera des choses différentes selon la grandeur qui varie (épaisseur
ou incidence) et on distinguera donc le cas de la lame à faces parallèles de celui d’une lame
d’épaisseur variable.

1.1.1 Incidence normale


Les formules de Fresnel se simplifient considérablement en incidence normale et ne
dépendent évidemment plus de la polarisation, on a :
n1 − n2
r12 = = −r21
n1 + n2
dans ce cas, puisque eiπ = −1, alors ϕR = π.

Remarque : On trouvera dans certains ouvrages un terme de différence de marche


δR équivalente au déphasage par réflexion, parfois appelée différence de marche due à la
réflexion, c’est totalement équivalent quoique un peu artificiel. Alors, si ϕ = π, δR = λ/2.

G. Rebmann 3
Optique Ondulatoire Université Paris7 - Denis Diderot
2006-07 UFR de Physique

1.1.2 Observation par transmission ou réflexion

Pour le verre (n = 1.5), en incidence proche de la normale,


1.5 − 1 0.5 1
|r12 | = |r21 | = = = = 0.2
1.5 + 1 2.5 5

La rélexion sur un dioptre air-verre renvoie 2


√ R = |r12 | = 0.04 soit 4% de l’intensité inci-
dente. Le terme d’interférences étant en I1 I2 , il faut tenir compte des intensités afin de
prévoir les meilleures conditions d’observation.

✇ ✼ ✼ ✼
1 2 3

1✇ 2 3
✇ ✇

Figure 2 - Comparaison transmission-réflexion

Le tableau ci-dessous donne les coefficients en amplitude et en intensité des faisceaux


réfléchis et transmis ainsi que l’ordre de grandeur du rapport des intensités de deux fais-
ceaux consécutifs pour le verre pour les faisceaux numérotés de la figure.

Rapport 0.92 0.0016


Intensité réfléchie R RT 2 R3 T 2
Amplitude réfléchie r12 t12 r21 t21 3 t
t12 r21 21
Rayon 1 2 3
Amplitude transmise t12 t21 2 t
t12 r21 4 t
t12 r21
21 21
Intensité transmise T2 T R2
2 T R4
2

Rapport 0.0016 0.0016


Tableau 1 - Comparaison des intensités des rayons émergents

On constate que les conditions les plus favorables s’obtiennent avec les deux premiers
rayons réfléchis, les intensités pratiquement égales menant à un contraste maximum, même
s’il y a globalement moins de lumière.
On constate aussi qu’avec ces coefficients on peut négliger les interférences entre des fais-
ceaux ayant subi plus d’une réflexion de différence. On se limitera donc valablement à deux
ondes. On verra plus tard que ce n’est pas le cas si les surfaces ont subi des traitements
particuliers qui augmentent le coefficient de réflexion (interférences à ondes multiples,
Pérot-Fabry).

4 G. Rebmann
Université Paris7 - Denis Diderot Optique Ondulatoire
UFR de Physique 2006-07

1.2 Lames à faces parallèles - Franges d’égale inclinaison


Avec une telle lame on fixe l’épaisseur (et l’indice) et dans ces conditions δ ne dépend
que de θr donc de θi , l’angle d’incidence. L’intensité observée dépendra essentiellement de
l’incidence. On parle alors de franges d’égale inclinaison. Il reste à préciser les conditions
d’observation.

1.2.1 Source ponctuelle

S❘ Les faces se comportent comme des miroirs et


✼ ✼
θ✰
i il suffit de trouver les images (P1 et P2 ) de la
source (ponctuelle) principale S pour décrire
le champ d’interférences à deux ondes (hyper-
boloı̈des de révolution). Noter toutefois qu’un
dioptre plan n’étant pas stigmatique la position
P1
des images dépend de l’incidence, mais compte
tenu de la faiblesse de l’épaisseur ceci n’a que
peu d’influence dans l’observation. On observe
P2
des anneaux d’axe P1 P2 : une intensité donnée
correspond à un θi donné.
Figure 3 - Images de la source

Les franges ne sont pas localisées, l’ordre d’interférences est maximum au centre pour
l’incidence normale.
Si on place une lentille convergente d’axe perpendiculaire aux faces de la lame, afin de
projeter sur un écran situé dans le plan focal on observera des anneaux centrés sur l’axe
de la lentille, puisqu’à une direction correspond un point (foyer secondaire). Des effets de
champ peuvent néanmoins limiter les anneaux.

1.2.2 Source étendue au foyer d’une lentille convergente

Afin d’obtenir plus de luminosité, on peut être tenté de placer une lentille entre la source
et la lame, il faut néanmoins penser à garder toute une gamme d’incidences différentes afin
de pouvoir observer les franges ! Sinon on observera une teinte uniforme appelée “teinte
plate”, correspondant à une seule incidence.

Ainsi avec une source dans le plan focal


✸ d’une lentille convergente, il faudra étendre la
source. On n’a pas de problème de cohérence
✣ ✣ ✣✣ spatiale dans ce cas de division de l’am-
✰ ✗ ✗✗ ✗ plitude (réfléchie-transmise) : chaque point
donne une incidence dont dépend l’intensité
pour la direction correspondante. Pour ne
pas rendre la figure confuse, on a représenté
ci-contre qu’une partie des rayons qui tra-
versent la lame.
Figure 4 - Source étendue

1.2.3 Caractéristiques des anneaux



Le déphasage entre les rayons réfléchis étant : ϕ = λ 2ne cos θr + ϕR , on observe un
θr2
anneau brillant si ϕ = 2pπ, p ∈ N or pour de faibles incidences cos θr ≃ 1 − 2 et comme

G. Rebmann 5
Optique Ondulatoire Université Paris7 - Denis Diderot
2006-07 UFR de Physique

au centre l’ordre d’interférence po (non nécessairement entier) vaut :

2ne ϕR
po = +
λ 2π

on trouve finalement les anneaux brillants pour


r
λ
θp = (po − p) ; p ∈ N ; p ≤ po
ne

Les anneaux sont donc de plus en plus serrés lorsqu’on augmente l’incidence (p décroı̂t).
O.G. : e = 0.1mm, n = 1.5, λ = 0.5µm alors po = 600.5 et le rayon angulaire du premier
anneau vaut θi1 ≃ nθr1 = 3.4˚

1.3 Lames d’épaisseur lentement variable - franges d’égale épaisseur


On observe en incidence quasi normale, par réflexion, alors le déphasage produit par la
lame en (x, y), entre les lumières réfléchies par la face avant et par la face arrière, s’écrit :


ϕ≃ 2ne(x, y) + π
λ

Les interférences observées reflèteront les variations d’épaisseur de la lame, elles représentent
des lignes de niveaux de l’épaisseur optique tous les λ/2.

1.3.1 Cas particulier d’un coin (d’air ou de verre) - lame dièdre

Source ponctuelle
On considère les images de la source par chaque dioptre “efficace” c’est à dire qu’on
néglige les réflexions qui ne sont pas utiles dans la construction des interférences ; on
obtient des P1 et P2 qui peuvent éventuellement dépendre de la position d’observation
mais qui contribuent à des interférences non localisés (hyperboloı̈des).

Source étendue au foyer d’une lentille


✍ La lentille (non représentée) donne d’un point
k~1 de la source, un faisceau paralèlle de vec-
✼ teur d’onde ~k qui, réfléchi par des dioptres

2α k~2 formant un angle α, donne deux faisceaux
✇ réfléchis de vecteurs d’ondes k1 et k2 , fai-
sant un angle de 2α entre eux. On connaı̂t le
▼ α résultat du croisement de deux ondes planes
avec un terme en cos δk ~ = k~1 − k~2
~ · ~r, où δk

θ
δk = 2k sin
2

Figure 5 - Coin d’air ici (k~1 , k~2 ) = 2α, donc δk = 2k sin α.

Si la source est élargie, alors d’autres incidences apparaissent soit ~k ′ l’une d’entre elles
qui donnera également par réflexion des faisceaux avec un nouveau δk ~ ′ = k~1 ′ − k~2 ′

6 G. Rebmann
Université Paris7 - Denis Diderot Optique Ondulatoire
UFR de Physique 2006-07


⑥δk ~ δk
Si ε = (~k, ~k ′ ) alors (δk, ~ ′ ) = ε et chaque
~k point source “construit” un ensemble de
~k ′ ❘ plans (p, p′ ) perpendiculaires à “son” δk. ~
❫ ♦ δk
L’ensemble sera vite troublé sauf sur la
surface (Om) lieu géométrique des points
O de concours des couples de rayons, qui dans
le cas d’un coin est un plan passant par le
sommet du dioptre et dont les intersections
p
p’ avec les plans perpendiculaires aux δk sont
m parallèles à l’arète dièdre (perpendiculaire
au plan de la figure).
Figure 6 - Coin d’air
Les franges observée sont donc parallèles à cette arète. L’interfrange est donnée comme
précédemment par :
λ
i=
2 sin α
Cette méthode permet de mesurer des angles particulièrement faibles, de l’ordre de quelques
millièmes de degré. Une simulation détaillée montre que les interférences se troublent
néanmoins lorsqu’on s’éloigne suffisamment du sommet du dièdre.

1.3.2 Cas d’une lame quelconque

On peut considérer que l’on a des coins d’air partout, dont le sens dépend de la région
de la lame. Il n’est possible d’observer que le lieu de concours des couples de rayons
interférents : il y a localisation des interférences à proximité de la lame.
On observe alors les franges d’égale épaisseur qui décrivent les lignes de niveau tous les
λ/2.

1.4 Interféromètres et autres applications


1.4.1 Interféromètre de Mach-Zehnder

M1 ST
En faisceau collimaté, réglé en lame
✲ ✲
mince à teinte sensible, il permet
✻ de détecter les filets d’air autour
d’une maquette. Ses grands bras
permettent en effet d’y placer une
S veine de soufflerie et d’observer les
✲ ✲ filets d’air en écoulement puisque les
variations de pression en changent
ST M2 l’indice de l’air. (ST=lame semi-
transparente)
Figure 7 - Interféromètre de Mach-Zehnder

1.4.2 Interféromètre de Michelson

La géométrie du Michelson permet de le considérer équivalent au système simple d’une


lame d’air dont les “faces” sont constituées, l’une par le miroir fixe et l’autre par l’image
par la séparatrice du miroir mobile.

G. Rebmann 7
Optique Ondulatoire Université Paris7 - Denis Diderot
2006-07 UFR de Physique

M2′
M1 M1



S ✲ ✲

Sp
Sp Cp M2

Figure 8 - Interféromètre de Michelson Figure 9 - Lame équivalente au Michelson


On peut ainsi changer l’épaisseur de la lame ou bien orienter l’une des faces (-miroir)
de façon à former un coin d’air. On verra plus loin que, configuré en lame à faces pa-
rallèles dont on fait varier l’épaisseur en déplaçant le miroir mobile, le Michelson peut
servir de spectromètre à transformation de Fourier .
La lame compensatrice permet de compenser la différence de marche du faisceau dans la
séparatrice après réflexion sur la face semi-transparente. Son rôle est essentiel en lumière
polychromatique en raison de la dispersion n(λ).

1.4.3 Interféromètre de Sagnac


L’idée est de faire interférer deux ondes qui se propagent en sens inverse dans un
système en rotation. Lorsqu’on recombine les deux ondes pour obtenir des interférences,
le système a tourné et les ondes n’ont pas parcouru le même chemin optique. Plusieurs
géométries sont envisageables (triangle, rectangle, cercle).
S
✛ ❄
M1 ✲
✲ ✛
O

✻ ❄✻ ❄

S ■
✲ ✛
R Ω

ST ❂
O M2

Figure 10 a - Interféromètre de Sagnac Figure 10 b - Interféromètre à fibre


Considérons un interféromètre à fibre en rotation à la vitesse angulaire Ω et étudions
ce qui se passe pour un tour de fibre : si on prend comme instant initial celui où le signal
entre dans la fibre (un signal dans chaque sens) en C, les signaux voyagent dans la fibre,
le signal qui va dans le sens inverse du mouvement de rotation sort lorsque la séparatrice
est en C1 tandis que celui qui va dans le sens de rotation sort lorsque la séparatrice est en
C2 .
Le temps t1 correspond à la fois au temps de rotation : t1 = CC d1 /ΩR et au temps de
parcours dans la fibre : t1 = (2πR − CC d1 )/v. De même t2 = CC d2 /ΩR = (2πR + CC d2 )/v
où v représente la vitesse de l’onde dans la fibre.
On en déduit la valeur de l’écart temporel :

4πΩR2
δt = t2 − t1 =
v 2 − Ω2 R 2
Si, dans une approximation non relativiste, on admet que les temps sont les mêmes dans

8 G. Rebmann
Université Paris7 - Denis Diderot Optique Ondulatoire
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le repère du laboratoire et dans le repère de l’interféromètre en rotation et si on néglige la


vitesse due à la rotation devant la vitesse de l’onde :
4ΩA
ϕ≃
v2
où A représente l’aire de la spire.

1.4.4 Applications
Les interférences peuvent notamment être utilisées :
-pour mettre en évidence de faibles variations d’indice par exemple celles de l’air comprimé
dans un écoulement d’air autour d’une maquette d’avion (Mach Zehnder en soufflerie)
ou celles produites par le passage d’ondes gravitationnelles
-pour “rectifier” un miroir en révélant ses défauts afin de les éliminer au polissage
-pour observer au microscope à contraste de phase des cellules ou autres “objets de phase”
vivants et tranparents sans avoir à les colorer donc à les tuer
-pour mesurer des épaisseurs dans la gamme du µm (ou de ses fractions)

1.5 Interférences en lumière blanche


En se souvenant que

ϕ= 2ne cos θr + ϕR
λ
il apparait clairement que le déphasage dépend de la longueur d’onde. Lorsque plusieurs λ
sont présentes, chacune d’entre elles donne son système de franges et on observe le mélange
des couleurs (addition des lumières colorées) qui en résulte. Le spectre visible s’étend de
390 nm (violet) à 780 nm (rouge). On retrouve toujours les mêmes teintes en fonction de
la différence de marche : c’est l’échelle des teintes de Newton .

1.5.1 Couleurs d’une lame mince - Teintes de Newton


On trouve en fait deux échelles complémentaires selon qu’on observe par réflexion ou
par transmission.
noir orange bleu vert rouge
Réflexion
V
B
R
Transmission ✲
δ
blanc violet jaune pourpre vert − bleu
Figure 11 - Comparaison transmission-réflexion
Lorsqu’une couleur est éteinte on observe la complémentaire. Pour les plus faibles épaisseurs
les couleurs apparaissent très mélangées puis, δ augmentant, de plus en plus franches pour
devenir une alternance de rouge et de vert et se brouiller en blanc d’ordre supérieur,
lumière que l’œil perçoit comme blanc ou éventuellement un peu “gris” bien qu’il manque
certaines longueurs d’onde.

1.5.2 Détermination d’épaisseur


Les teintes en question permettent de connaı̂tre les épaisseurs optique correspondantes.
Par exemple, pour le premier jaune orangé qui correspond à une extinction du bleu-violet,
on trouve en incidence normale :

2ne = 2π
λ

G. Rebmann 9
Optique Ondulatoire Université Paris7 - Denis Diderot
2006-07 UFR de Physique

λ
pour λ = 0.4µm et n = 1.5 donne e = 2n = 0.4/3 = 0.13µm.
Cette échelle permet donc de “mesurer” des épaisseurs situées entre 0.1 et 3 à 5 µm. Si on
se souvient que le diamètre d’un cheveu est situé entre 30 et 100 µm on comprend mieux
ce que signifie “lame mince”.

2 Sources polychromatiques et cohérence temporelle


2.1 Représentation spectrale d’une source - Largeur de raie
On représente une source par son spectre de fréquences :

2.1.1 Source monochromatique


J

Pour une source monochromatique idéale,

J(ω) = Io δ(ω − ωo )

✲ où δ représente la distribution de Dirac.


ωo ω
On appelle J(ω) densité spectrale en intensité.

Figure 12 - Spectre d’une source idéale


On pourrait tout aussi bien définir une densité en k, alors :

J(k) = Io δ(k − ko )

et par transformation de Fourier (inverse cette fois, pour une cohérence de signe) :
Z ∞
1 Io
F −1 [J] = √ Io δ(k − ko ) eikz dk = √ eiko z
2π −∞ 2π

dont la partie réelle Io cos ko z est exactement l’interférogramme obtenu par exemple avec
un Michelson si on retire la “ligne de base” (Io constant). On définit alors l’interférogramme
comme
G = I − Io
Cet interférogramme, G = Io cos ko δ est donc proportionnel à la transformée de Fourier
(en k, δ) du spectre (en k) de la source. Nous allons voir que ce résultat obtenu pour une
source monochromatique est général.

2.1.2 Cas du doublet


Le spectre comprend un doublet c’est à dire deux fréquences voisines, c’est notamment
le cas des lampes à vapeur de sodium et à vapeur de mercure.

J À partir de k1 et k2 on définit un k moyen



k1 + k2
k=
2
et un écart : ∆k = k2 − k1 . Chaque composante
✲ émet la même intensité : Io /2. L’interférogramme
k1 k2 k s’écrit :
Figure 13 - Spectre d’un doublet Io
G = (I − Io ) = (cos k1 δ + cos k2 δ)
2

10 G. Rebmann
Université Paris7 - Denis Diderot Optique Ondulatoire
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L’interférogramme peut encore s’écrire :


∆k
(I − Io ) = Io cos kδ cos δ
2
✻I ✛ 2π
∆k


π δ
∆k

Figure 14 - Interférogramme d’un doublet


Expression qui oscille à la période 2π
k

, avec une période de l’enveloppe de ∆k .
Le graphe représente les variations de l’intensité observable au centre des miroirs, si on
observe à l’œil, on verra des anneaux au maximum de l’enveloppe et rien (Io ) lorsque
l’enveloppe est nulle. Dans ce dernier cas on dit qu’il y a “brouillage” des anneaux.
On en déduit l’écart en λ :
1 1 2π
∆k = k2 − k1 = 2π( − )= (λ1 − λ2 )
λ2 λ1 λ1 λ2
entre deux brouillages
2
2π λ
δb = =
∆k ∆λ
et si dans le même intervalle il y a N franges, N λ = δb d’où ∆λ = λ/N .
Cette méthode offre une grande précision car λ est connue par une autre voie et N est
assez grand (typiquement entre 100 et 1000).
En TP vous utiliserez cette méthode pour mesurer l’écart en longueur d’onde du doublet
du sodium, mais vous mesurerez directement δb par le tambour du Michelson.

2.1.3 Spectre d’une onde quasi-monochromatique


On a décrit une onde réelle dans le modèle des trains d’ondes comme “monochroma-
tique” pendant une durée limitée τ - temps de cohérence - et qui occupe une longueur (de
cohérence) lc = cτ . Quel est le spectre d’une telle onde de longueur l ?
✻E Cl (z)
E/l ✠


−l/2 l/2 z

Figure 15 - Train d’onde “rectangulaire”


On peut décrire l’amplitude de cette onde comme le produit d’un cos ko z par une fonction
rectangle Cl (z), en normalisant sur la longueur l :

E(z) = lEo Cl (z) cos ko z

En appliquant la propriété de la transformation de Fourier :

F[f g] ∝ F[f ] ∗ F[g]

G. Rebmann 11
Optique Ondulatoire Université Paris7 - Denis Diderot
2006-07 UFR de Physique

la transformée de Fourier d’un produit de fonction est proportionnel au produit de convo-


lution des transformées des fonctions, la densité spectrale en amplitude s’écrit :
lEo
E(k) = √ F[Cl (z)] ∗ F[cos ko z]

or
1 kl
F[Cl (z)] = √ sinc ( )
2π 2
Or la TF de cos ko z est en 12 (δ(k − ko ) + δ(k + ko )) deux δ qui correspondent aux deux
sens de propagation ±ko .
E(k) ✻ Par convolution on obtient finalement un “recen-
trage” du sinc sur les ko :

Eo (k − ko )l (k + ko )l
F[E(z)] = √ [ sinc + sinc ]
2 2π 2 2

Chaque pic centré sur ko possède une largeur au


ko ✲ pied de ∆k = 4π
✛ ✲ l , ainsi on trouve : l∆k = 4π au
∆k k pied. On retiendra pour la mi-hauteur une valeur
moitié :
Figure 16 - Spectre d’un train d’onde l∆k = 2π
soit encore cτ (2π∆ν/c) = 2π qui mène à τ ∆ν = 1 compatible avec la relation de Heisen-
berg de la mécanique quantique entre énergie du photon et durée de vie
τ ∆Eph ≥ h

Les ordres de grandeur


• une raie spectrale (raie verte du mercure) ∆λ = 0.1Ȧ alors
2 )2

lc = ∆k = ∆λλ2
≃ (5.10 6
0.01 = 25.10 nm = 25mm

• un laser ordinaire ∆ν ≃ M Hz = 106 Hz alors


τ = 10−6 s et lc = 3.108 × 10−6 = 300m

Conclusion : avec un laser il est difficile d’éviter les interférences !

2.2 Spectroscopie par transformation de Fourier


2.2.1 Spectre d’une source quelconque
L’interférogramme obtenu dans le cas du doublet :
Io Io
G = (I − Io ) = cos k1 δ + cos k2 δ
2 2
peut se généraliser au cas où le spectre est continu, de densité J(k) : R
on change I2o en J(k) et la sommation sur les différents termes Σk en une intégrale k .
Alors Z
G = J(k) cos kδdk
k
R
L’interférogramme défini comme G = I − Io (où Io = k J(k)dk) est la transformée de
Fourier en cosinus de la densité spectrale en intensité. On retrouvera donc le spectre par
transformation de Fourier inverse qui peut être réalisée par le calcul.
L’ensemble “interféromètre + calculateur” constitue donc un spectromètre à TF.
Toutefois l’interféromètre ne doit pas altérer le spectre de la source à étudier et le rôle
de la compensatrice est alors essentiel (compensation de la dispersion de l’indice de la
séparatrice).

12 G. Rebmann
Université Paris7 - Denis Diderot Optique Ondulatoire
UFR de Physique 2006-07

2.2.2 Trains d’onde limités et interférogramme - retour sur la 3ème CIf

✛ δ ✲✛ lef f ✲
On a vu que la limitation des trains
d’ondes (lc ) influençait l’amplitude
du terme d’interférences propor-
✛ lc ✲ tionnellement au recouvrement lef f
de ces trains.

lef f = lc − |δ| si |δ| < lc


lef f = 0 sinon
Figure 17 - Recouvrement des trains d’onde
Lorsque δ varie, l’amplitude de l’interférogramme varie suivant une fonction triangle :
lc − |δ| |δ|
Tlc (δ) = =1−
lc lc
On observera finalement G = Io Tlc cos ko δ c’est à dire que le cos sera multiplié par une
enveloppe en triangle isocèle de base 2lc . Comme une fonction triangle peut être considérée
comme le produit de convolution de deux fonctions carrées Tlc = Clc ∗ Clc , d’après les
propriétés de la TF :
klc
F[Tlc ] = (F[Clc ])2 = sinc 2 ( )
2
finalement
klc
F[G] = sinc 2 ( ) ∗ δ(k − ko ) ∝ J(k)
2
qui est bien le carré de la densité spectrale d’amplitude E(k) obtenue pour un train d’onde
limité : le spectre en intensité, TF de l’interférogramme est bien relié au carré du spectre
en amplitude.
F[G] ∝ |E(k)|2 = J(k)
Ces résultats conduisent à préciser le terme d’interférences qui intervient dans l’interférogramme.
On a vu que ce terme d’interférences G = 2 ℜe[E1 E2∗ ] devait être intégré sur le temps de
réponse T du détecteur :
G = 2 ℜe < E1 E2∗ >T
et si on se souvient que E2 est identique à E1 mais décalé par rapport à lui d’un temps
δt = δ/c, on obtient :
G = 2 ℜe < E1 (t)E1∗ (t − δt) >T
on peut alors introduire la fonction γ d’autocorrelation temporelle de l’onde ou fonction
de cohérence :
< E(t)E ∗ (t − δt) >T
γ=
< E(t)E ∗ (t) >T
et exprimer l’interférogramme en supposant les deux voies identiques ( I1 = I2 = Io /2) :
G = I − Io = Io ℜe(γ)
• L’interférogramme G est proportionnel à la partie réelle de la fonction d’autocorrélation
de l’onde ou fonction de cohérence. Il permet d’accéder directement à la longueur de
cohérence (δ > lc ⇒ G = 0 )
• Le spectre - densité spectrale en intensité - est proportionnel à la transformée de Fourier
de l’interférogramme G :
J(k) ∝ F[G]
• La largeur spectrale d’une source est inversement proportionnelle à sa longueur de
cohérence temporelle.

G. Rebmann 13

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