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Dynamique du procès pénal au Cameroun

La dynamique du procès pénal se distingue par sa phase préparatoire, où l'infraction est constatée et les preuves rassemblées avant le débat judiciaire, en raison de la présomption d'innocence et de l'indisponibilité de l'action publique. La procédure pénale camerounaise est caractérisée par un modèle d'enquête dirigé par le Procureur, sans contrôle judiciaire, ce qui soulève des questions sur la garantie des libertés individuelles. La police judiciaire, sous la direction du Procureur, joue un rôle clé dans l'enquête, avec des attributions spécifiques pour constater les infractions et rassembler les preuves.

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Dynamique du procès pénal au Cameroun

La dynamique du procès pénal se distingue par sa phase préparatoire, où l'infraction est constatée et les preuves rassemblées avant le débat judiciaire, en raison de la présomption d'innocence et de l'indisponibilité de l'action publique. La procédure pénale camerounaise est caractérisée par un modèle d'enquête dirigé par le Procureur, sans contrôle judiciaire, ce qui soulève des questions sur la garantie des libertés individuelles. La police judiciaire, sous la direction du Procureur, joue un rôle clé dans l'enquête, avec des attributions spécifiques pour constater les infractions et rassembler les preuves.

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SECONDE PARTIE

LA DYNAMIQUE DU PROCES PENAL

L’une des particularités de la procédure pénale est que le procès pénal n’est
pas déterminé par le principe de l’instantanéité de l’instance. A la différence du
procès civil notamment, le procès pénal se déroule le cas échéant. Trois raisons
justifient cette particularité du procès pénal.
Premièrement, la procédure pénale est dirigée par le principe de la
présomption d’innocence. Il en résulte que des vérifications préalables sont
absolument nécessaires pour être certain que des charges suffisantes existent pour
l’organisation du débat judiciaire. Le procès pénal peut produire de la souffrance,
comme il peut stigmatiser.
Deuxièmement, la procédure pénale est caractérisée par l’indisponibilité de
l’action publique. Ce principe, comme on l’a vu, suppose qu’une fois entamée, le
procès échappe aux parties qui ne peuvent donc déterminer son issu.
Troisièmement, le procès pénal est à la charge de l’Etat. Le terme charge ici
signifie à la fois que le procès pénal relève de la responsabilité de l’Etat, mais aussi
qu’il est couteux pour l’Etat. L’ensemble des autorités des fonctions répressives sont
des agents publics et le système pénal tout entier consomme une importante partie
du budget de l’Etat. Dans le même temps, la responsabilité de l’Etat sur le plan
international est souvent mise à mal en raison du fonctionnement de sa justice
pénale.
Sur la base de ces trois raisons, le procès pénal ne s’ouvre pas avec la
constatation de l’infraction. Le débat judiciaire ne s’engage pas dès la première
dénonciation. Il faut préparer le procès, s’assurer qu’il peut se tenir. L’opportunité
des poursuites joue ici un rôle fondamental. Une importante phase précède celle du
débat judiciaire. On dit, selon la conception extensive, que le procès pénal comporte
trois phases : une phase préparatoire (titre 1), une phase décisoire (titre 2) et une
phase post décisoire (titre 3).

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TITRE 1 :
La phase préparatoire du procès pénal
(Etude de la constitution du dossier de procédure pénale)

La phase préparatoire est encore dite phase de l’avant procès pénal. Il faut
constater l’infraction, rassembler les éléments de preuves, rechercher les auteurs et
monter l’accusation. Cette phase préparatoire amène à s’interroger sur la garantie des
libertés individuelles. Sa finalité étant de conduire les investigations nécessaires à la
présentation du dossier au juge de jugement. Dans la science du procès pénal, la
problématique essentielle est ici celle de la judiciarisation de l’avant-procès pénal.
Cette problématique est importante que l’on envisage la constitution du dossier de
procédure (Leçon 7/chapitre 1) ou la mise en état du dossier de procédure (leçon
8/chapitre 2).

71
Leçon 7. La constitution du dossier de procédure pénale : la
phase d’enquête

La constitution du dossier de procédure est la phase dite d’enquête de police. Elle est
encore appelée la phase policière du procès. On parle de constitution de dossier-
procédure parce que, c’est à ce moment que les premières formalités procédurales
sont accomplies. L’infraction est portée à la connaissance des autorités des fonctions
répressives, sa commission est constatée, les preuves sont recherchées et rassemblées
pour la tenue du procès. Deux aspects peuvent être examinés : les autorités d’enquête
dans la procédure pénale camerounaise (section 1) et la conduite de l’enquête pénale
judiciaire (section 1).

Section 1 : Les autorités d’enquête dans la procédure pénale


camerounaise
L’enquête peut être entendue de deux manières en procédure pénale. Dans un
premier temps, l’enquête est une mesure d’investigation ou encore d’instruction au
cours de laquelle les autorités des fonctions répressives agissent pour la
manifestation de la vérité. Dans ce sens, les actes d’enquête peuvent être ordonnés à
tout moment dans la procédure et par n’importe quelle autorité des fonctions
répressives. Dans un autre sens, l’enquête est une phase du procès pénal. De ce point
de vue, l’enquête est la phase d’introduction de la procédure pénale. Il existe
globalement deux modèles d’enquête en tant que phase du procès. Le modèle anglo-
saxon qui place l’enquête sous le contrôle d’un juge dont la compétence est
d’autoriser certains actes d’enquête jugés sensibles. Dans le second modèle, l’enquête
n’est pas placée sous le contrôle d’un juge, plutôt sous le contrôle du Procureur ;
mais le juge est institué pour garantir la régularité des actes d’enquête. C’est par
exemple le modèle français avec l’institution du JEL (Juge des Enquêtes et des
Libertés). Ces deux modèles sont élaborés sous l’angle de la judiciarisation de la
phase d’enquête en tant que phase du procès pénal. En effet, l’enjeu essentiel est la
garantie des libertés individuelles en raison du déséquilibre naturel de la phase
d’enquête.

A côté de ces deux grands modèles, la procédure pénale camerounaise ne


semble pas avoir été organisée sous l’angle de la judiciarisation de la phase
d’enquête. Ici, un intérêt particulier n’est pas accordé à la garantie des libertés
individuelles et il n’existe pas de juge ni pour autoriser les actes, ni pour en vérifier
la régularité. C’est en cela que la phase d’enquête au Cameroun est proprement
qualifiée de phase policière du procès au cours de laquelle le Procureur est le
personnage principal et il n’est pas inutile de se poser la question de savoir quelle est
la nature des actes posés au cours de l’enquête. Acte administratif et/ou acte de
police. La question n’a pas qu’un intérêt théorique. Elle vise aussi à déterminer la

72
nature et la forme de contrôle susceptible d’être déployée s’agissant de ces actes en
cas de grief ou de préjudice grave.

La seule possibilité d’intervention judiciaire dans la phase d’enquête est la


saisine du juge de l’habeas-corpus dont la compétence exclusive est le contrôle de la
régularité de la seule mesure de garde-à-vue. Ainsi, la procédure pénale
camerounaise distingue deux types d’autorité d’enquête : l’autorité de direction de
l’enquête (paragraphe 1) et les autorités d’exécution des mesures d’enquête
(paragraphe 2).

Paragraphe 1 : L’autorité de direction de l’enquête : le Procureur


de la République
Le Procureur de la République est « le patron des poursuites ». C’est de ce
point de vue qu’il est l’autorité de direction de la phase d’enquête. Il exerce en
matière d’enquête, un important pouvoir. Il a l’initiative de l’enquête en ce sens qu’il
est l’autorité habilitée à déclencher une enquête, en même temps qu’il est l’autorité à
même d’interrompre une enquête déclenchée par les officiers de police judiciaire
notamment en cas de dépôt d’une plainte par la victime au commissariat ou dans
une brigade de gendarmerie.
Le Procureur dirige l’enquête, peu importe les types de procédure, même si
dans certains cas son pouvoir est faible. L’article 78 (1) dispose in limine : « La police
judiciaire est exercée sous la direction du Procureur de la République … ». L’alinéa 2
précise que, les autorités exerçant les pouvoirs de police judiciaire sont des
auxiliaires du Procureur de la République. L’alinéa 3 conclue en précisant que, la
police judiciaire est placée dans le ressort de chaque Cour d’appel sous le contrôle du
Procureur Général qui apprécie à la fin de chaque année, l’activité de police
judiciaire. Dans le même ordre d’idée, l’article 137 (1) dispose : « Le Procureur de la
République dirige et contrôle les dirigences des officiers et agences de police judiciaire ». Le
législateur ajoute que le Procureur de la République peut à tout moment agir au lieu
et place de tout officier de police judiciaire.
Du point de vue de sa saisine, le Procureur de la République peut être saisi de
trois manières. Soit par une dénonciation écrite ou oral, soit par une plainte, un
procès verbal établi par une autorité compétente. Il peut également se saisir d’office ;
dans ce dernier cas, on dit qu’il s’agit propio mutu c’est-à-dire de sa propre initiative.
Aussi, toute personne ayant connaissance d’une infraction qualifiée de crime ou délit
est tenue d’en aviser directement soit le Procureur, soit l’officier de police judiciaire,
soit une administration. L’article 139 prévoit que, le Procureur de la République est
destinataire de l’original de tout procès-verbal relatif aux infractions commises dans
son ressort territorial et relevant des juridictions du droit commun.
Du point de vue de sa compétence, l’article 140 prévoit que, est compétent, le
Procureur du lieu de commission de l’infraction, le Procureur du lieu du domicile du
suspect, le Procureur du lieu d’arrestation du suspect. En cas de saisine
concurrentielle du Procureur, la priorité revient au Procureur du lieu de commission
de l’infraction. L’article 12 (1) du code de justice militaire dispose quant à lui que
« l’enquête de police (devant le tribunal militaire) est diligentée sous le contrôle et la
direction du commissaire du gouvernement.
73
Tous ces éléments illustrent le pouvoir de direction d’enquête du Procureur de
la République. Celui-ci prend des actes qui seront exécutés par les autorités de police
judiciaire.
Paragraphe 2 : Les autorités d’exécution des mesures d’enquête :
la police judiciaire
La police judiciaire a un sens organique et un sens fonctionnel. Du point de
vue organique, la PJ désigne l’ensemble des fonctionnaires de police et de
gendarmerie et d’autres autorités spéciales qui agissent sous la direction du
Procureur en cas de commission d’une infraction. D’un point de vue fonctionnel, la
PJ désigne l’activité judiciaire de ces autorités et l’accomplissement d’une mesure
d’enquête ou d’instruction.
L’on distingue dans l’étude la PJ, la détermination de la qualité d’autorité de
PJ et les attributions de la PJ.

A- La qualité d’autorité de police judiciaire


De ce point de vue, l’on distingue deux types d’autorité de PJ : les autorités de
PJ à compétence générale (1) et les autorités de PJ à compétence spéciale (2).

1- Les autorités de PJ à compétence générale


L’on entend par APJ à compétence générale, les autorités habilitées par le
législateur à agir dans tout type d’infraction. On parle aussi de police judiciaire de
droit commun. Cette catégorie comprend les OPJ (Officiers de Police Judiciaire) et les
APJ (Agents de Police Judiciaire). D’après le législateur, il convient de relever qu’il
n’existe pas à proprement parler, un corps d’OPJ ; même si dans certains cas
quelques spécificités peuvent être relevées. Ainsi, la loi attribue la qualité d’OPJ aux
autorités suivantes :
- les officiers et sous officiers de gendarmerie
- les gendarmes chargés, même par intérim, d’une brigade ou d’un poste de
gendarmerie
- les commissaires de police
- les officiers de police
- les gendarmes et les inspecteurs de police ayant satisfait à un examen
d’OPJ et ayant prêté serment
- les fonctionnaires exerçant, même par intérim, les fonctions de chef d’un
service extérieur de la sûreté nationale.
Ont la qualité d’agents de PJ selon l’article 81 (1) :
- les gendarmes non officiers de police judiciaire
- les inspecteurs de police et
- les gardiens de la paix
Les agents de PJ assistent les OPJ dans l’exercice de leur fonction et rendent
compte à leur supérieur hiérarchique, de toute infraction dont ils ont connaissance.
L’art 81 (2) dispose : « Les agents de PJ n’ont pas qualité pour décider des mesures de
garde à vue ».

74
2- Les autorités de PJ à compétence spéciale
Il existe deux critères de détermination des APJ à compétence spéciale. Le
premier est lié à la spécialisation de la justice pénale et le second à l’extension des
compétences de police judiciaire.

Sur le premier plan, il s’agit des OPJ à compétence générale que le législateur
rattache à un type spécifique de contentieux. Tel est le cas du corps spécial des OPJ
placé auprès du TCS. Tel est également le cas des OPJ dont la compétence est limité
aux infractions à compétence militaire. L’article 85 admet une certaine
complémentarité entre les OPJ à compétence générale et les OPJ à compétence
spéciale. Ce texte prévoit qu’un OPJ non militaire peut enquêter sur une infraction
prévue dans le code de justice militaire tant qu’aucun OPJ militaire n’est disponible.
Dans ce cas, il transmet le dossier au Ministre chargé de la justice militaire.

Selon le second critère lié à l’extension des compétences de la PJ, le législateur


attribue la compétence de PJ à certains fonctionnaires et agents des administrations
et services publics spécifiques. Ces fonctionnaires n’ont pas la qualité d’OPJ et dans
l’exercice de leur compétence d’OPJ, ils ne peuvent prendre que des mesures
coercitives. Dans tous les cas, ils ne peuvent décider d’une garde à vue. L’on peut
citer les fonctionnaires de l’administration foncière des eaux et forêts, les
fonctionnaires de l’administration des douanes, les fonctionnaires de l’administration
du travail. Le caractère spécial de leur compétence est déterminé par la nature de
l’infraction, objet de compétence.

Ces OPJ qui bénéficient d’une extension de compétence, doivent prêter


serment et leur compétence est strictement limitée à la constatation des infractions,
l’établissement des procès-verbaux, les saisis éventuels et le compte rendu obligatoire
au Procureur de la République.

B- Les attributions de la police judiciaire

La PJ exerce 03 principales attributions : les attributions d’ordre procédural,


les attributions d’ordre probatoire et le maintien de l’ordre. Concrètement, la PJ et
chargée de constater les infractions, d’en rassembler les preuves, rechercher les
auteurs et complices et le cas échéant, les déférer au Parquet.
Aussi, elle est chargée de l’exécution des commissions rogatoires, la
notification des actes de justice, l’exécution des mandats et décisions de justice. La PJ
reçoit les plaintes et dénonciations, procède aux enquêtes et transmet le dossier au
Procureur.
Les OPJ exercent leur compétence dans les limites territoriales définies par la
réglementation en vigueur. La PJ est également compétente pour appréhender une
personne pour l’empêcher de s’échapper. Elle procède à l’arrestation qui consiste à
appréhender une personne en vue de la présenter sans délais devant l’autorité
prévue par la loi ou par le titre en vertu duquel l’arrestation est effectuée.

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Section 2 : La conduite de l’enquête judiciaire
En tant que phase policière du procès, l’enquête judiciaire vise, comme on le
sait, la constitution du dossier procédure. Deux éléments doivent être pris en compte.
Premièrement les circonstances de perpétration de l’infraction et deuxièmement, les
pouvoirs coercitifs reconnus aux autorités d’enquête. Le premier élément pose le
problème des formes d’enquête (paragraphe 1) et le second élément soulève la
difficulté liée à la garantie des libertés individuelles dans la phase policière du procès
(paragraphe 2).

Paragraphe 1 : Les formes d’enquête


L’on entend par formes d’enquête, les diverses voies d’administration de
l’enquête judiciaire. Il faut considérer que les formes d’enquête ne sont pas
déterminées à partir de la nature des infractions, mais plutôt à partir des
circonstances de perpétration de l’infraction et du moment de la découverte de
l’infraction. On dit de ce point de vue que les formes d’enquêtes sont déterminées à
partir des éléments externes de l’infraction. Le temps joue ici un rôle important, et
l’on distingue globalement deux grandes catégories d’EJ : l’enquête de flagrance (A)
et l’enquête (B).

A- L’enquête de flagrance

On sait que la flagrance n’est pas un type d’infraction en ce sens que toute
infraction peut être crime ou délit fragrant. De ce point de vue, la flagrance est un
outil de politique criminelle par lequel le législateur, pour les nécessités de la justice,
élabore un régime procédure simplifié et accéléré. La flagrance est donc une PP
souvent comparée à la procédure en référée devant le juge civil du fait de son
caractère rapide. Du point de vue de la justice pénale, l’enquête de flagrance soulève
le problème fondamental de la garantie des droits de la défense et de la présomption
d’innocence. Cela est perceptible en raison de l’analyse des hypothèses de flagrance
(1) et des caractères de l’enquête de flagrance (2).

1- Les hypothèses de flagrance

L’on entend par « hypothèse de flagrance », les cas retenus par le législateur
pour justifier une enquête de flagrance. De ce point de vue, l’on distingue deux cas :
la flagrance par nature (a) et la flagrance par détermination de la loi (b). Ces deux cas
sont prévus par l’article 103 du CPP.

a- La flagrance par nature

On entend par là l’infraction naturellement flagrante. A ce propos, le


législateur pose deux critères. Le critère basé sur le temps contemporain et le critère
basé sur le temps voisin.

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S’agissant du premier critère, l’article 103 (1) dispose : « Est qualifié crime ou
délit flagrant, le crime ou le délit qui se commet actuellement (…) ». Il s’agit de la première
hypothèse qui traduit l’idée selon laquelle, l’individu est surpris en train de
commettre l’acte. Lorsque le même article 103 (1) envisage in fine l’hypothèse de
l’infraction qui vient de se commettre, il s’agit là à proprement parler du temps
voisin. L’alinéa 2 de ce texte doit être entendu comme contenant les critères de
définition de l’infraction qui vient de se commettre. Il ne pose pas de nouvelles
hypothèses de flagrance. Ainsi, il faut considérer qu’en procédure pénale,
l’infraction qui vient de se commettre est la situation dans laquelle après la
commission de l’infraction, la personne est poursuivie par la clameur publique ou
encore la situation dans laquelle après la commission de l’infraction, l’individu est
trouvé en possession d’un objet ou présente une trace ou indice laissant penser qu’il
a participé à la commission du crime ou du délit. De ce point de vue, l’alinéa 1er
identifie les cas de flagrance par nature et l’alinéa 2, complémentaire, fournit les
critères procéduraux de détermination de l’infraction qui vient de se commettre.

En considérant ces deux hypothèses de flagrance par nature, il apparait que


l’objectif ultime de la flagrance est la préservation des éléments de preuve et qui sont
encore totalement disposés tant dans la situation de l’infraction en train de se
commettre, que dans la situation de l’infraction qui vient de se commettre, justifie le
régime dérogatoire de la flagrance. Et c’est pour bénéficier de cette dérogation que le
procureur a tendance à élargir les critères de la flagrance pour assimiler toute
situation pénale à un cas de flagrance. Cette pratique doit être critiquée, tout comme
l’option du législateur de créer artificiellement des cas de flagrance.

b- La flagrance par détermination de la loi

C’est celle qui émane de la seule volonté du législateur ; alors que la flagrance
par nature dépend des circonstances de fait de la situation pénale. Il n’est pas
possible d’expliquer les cas de flagrance par détermination de la loi, le législateur
ayant simplement procédé à une énumération artificielle. A ce propos, l’article 103 (3)
dispose : « Il y a également flagrance lorsqu’une personne requiert le Procureur de la
République ou l’OPJ de constater un crime ou un délit commis dans une maison qu’elle
occupe ou dont elle assure la surveillance ». Cette hypothèse est la version déguisée /
dénaturée de l’hypothèse française de la mort suspecte. Ici, le législateur ne fait
référence à aucun type d’infraction, encore moins à une situation de temps, ce qui
empêche de justifier la flagrance par détermination de la loi sur la finalité probatoire,
tel que cela est envisagé pour la flagrance par nature.

Il ne devrait donc exister qu’une seule hypothèse de flagrance, celle envisagée


par l’article 103 (1) ; en raison précisément des implications procédurales de la
flagrance.

2- Les implications de l’enquête de flagrance

L’enquête de flagrance a pour effet de déroger au régime général de l’enquête


judiciaire en raison d’une part de son objectif ultime, et d’autre part des nécessités de
la justice. On estime que pour ces deux considérations, les autorités des FR doivent
77
disposer de grand pouvoir (a) et l’enquête de flagrance doit être accélérée, mettant
par là même en cause la notion de délais raisonnable (b).

a- Les « grands pouvoirs » des autorités des fonctions répressives

En cas d’ouverture de l’enquête de flagrance, le législateur prévoit que l’OPJ


avisé informe immédiatement le Procureur de la République. Celui-ci, diligente
l’enquête. Il est donc l’autorité qui exerce les grands pouvoirs de l’enquête de
flagrance. Deux éléments peuvent être mis en exergue : et, quoiqu’il en soit, il exerce
des fonctions concurrentes à celles du juge. Il n’a pas besoin d’une autorisation
judiciaire en cas de flagrance alors qu’une telle autorisation est nécessaire en cas
d’enquête ordinaire.

Le premier élément est l’extension des prérogatives d’enquête du Procureur


de la République qui agit en dépassement du régime probatoire en cas de secret
professionnel. Alors qu’en situation normale, le cabinet d’un avocat est protégé par la
R. de l’inviolabilité des locaux, l’article 106 (1) du CPP permet la perquisition dans le
cabinet d’un avocat. Le texte prévoit qu’en cas de flagrance, les perquisitions dans un
cabinet d’avocat pour saisir les documents ou objets en rapport avec une procédure
judiciaire ou lorsque lui-même est mis en cause, ou que les documents ou objets
concernés sont étrangers à l’exercice de sa profession.

Considérant l’ampleur de cette permission législative, au regard de la


nécessité de protéger la relation entre le client et son avocat, le législateur a
néanmoins encadré cette perquisition. Il précise que celle-ci est effectuée par le
magistrat compétent (le Procureur) en présence de l’Avocat, du bâtonnier ou de son
représentant. Elle doit être effectuée dans les conditions qui préservent le secret
professionnel et la dignité de l’avocat. Ces formalités sont prescrites à peine de
nullité (on veut garantir les droits de la défense). Dans les mêmes conditions, l’article
107 prévoit les perquisitions dans un cabinet de médecin, une étude de notaire,
d’huissier de justice ou au bureau de toute autre personne tenue au secret
professionnel. Cette extension du pouvoir d’enquête des autorités des fonctions
répressives amène à poser le problème de la garantie du secret professionnel en cas
d’enquête de flagrance.

Deuxièmement, l’extension des pouvoirs coercitifs du Procureur de la


République. Dans l’hypothèse de l’enquête ordinaire, le Procureur de la République
exerce des pouvoirs coercitifs importants. Mais en matière de privation de liberté, il
lui est seulement reconnu la possibilité de décider d’une mesure de garde à vue.
Toute autre forme de privation de liberté avant jugement est nécessairement une
mesure judiciaire. Cependant, en cas de flagrance, il lui est reconnu la possibilité de
décider d’une mesure de détention provisoire. A ce propos, l’article 15 du CPP
prévoit que le mandat de détention provisoire est l’ordre donné par le Procureur de
la République en cas de crime ou délit flagrant, le juge d’instruction ou le juge de
jugement, au régisseur d’une prison de recevoir et de détenir l’inculpé ou l’accusé (le
mis en cause). Ce pouvoir de privation durable de la liberté, reconnu au Procureur de
la République mérite d’être critiqué à tout point de vue. Et lorsqu’on examine les

78
grands pouvoirs de la flagrance, il apparait clairement que l’organisation de
l’enquête de flagrance soulève fondamentalement le problème de la garantie de la
présomption d’innocence et des droits de la défense dans la phase policière du
procès.

b- La célérité de la procédure

La seconde implication de l’enquête de flagrance est la célérité de la


procédure. Le législateur autorise le Procureur et la police judiciaire à agir sans
délais ; il permet même que tout compte rendu téléphonique ou verbal soit transcrit
dans les 48 heures. L’OPJ informé d’un crime ou d’un délit flagrant, se transporte
sans délais sur les lieux, et procède à toute diligente utile. L’article 111 prévoit que,
l’arrivée du Procureur sur les lieux de l’infraction, dessaisi de plein droit l’OPJ.
L’article 114 illustre cette célérité de la Procédure d’enquête. L’alinéa 1er prévoit que,
le suspect arrêté en cas de flagrance est déféré par l’OPJ devant le Procureur de la
République qui procède à son identification, l’interroge sommairement et, s’il engage
les poursuites, le place en détention provisoire ou le laisse en liberté. L’alinéa 2
précise, toujours dans la célérité, que le Procureur de la République dresse procès-
verbal de la diligence en cas de poursuites et traduit le suspect devant le tribunal à la
plus prochaine audience.

Cette célérité de la procédure d’enquête amène à s’interroger sur le délai


raisonnable dans la phase policière du procès.

B- L’enquête préliminaire

L’on entend par enquête préliminaire, l’enquête ordinaire conduite par les OPJ
ou les APJ sur leur initiative lorsque l’infraction a été portée à leur connaissance par
une plainte de la victime ou lorsque, ils agissent sous instruction du Procureur de la
République parce que l’infraction a été portée à la connaissance du Procureur par
plainte de la victime, dénonciation d’1/3 ou procès-verbal d’une administration.
L’enquête préliminaire peut encore être ouverte lorsque le Procureur agit propio muto.
L’enquête préliminaire est donc l’enquête menée dans toutes les hypothèses autres
que la flagrance.

Le problème fondamental de l’enquête préliminaire est la connaissance du


moment d’ouverture de l’enquête. Ce moment est important en PP parce qu’il
permet de fixer le point de départ de la procédure et par voie de conséquence, le
point de départ des garanties procédurales. Cette préoccupation est importante en ce
que l’article 116 (3) dispose « l’OPJ est tenu, dès l’ouverture de l’enquête préliminaire à
peine de nullité d’informer le suspect de son droit de se faire assister d’un conseil, de son droit
de garder le silence ».

Dans la pratique, l’on s’interroge sur le respect de cette disposition c’est-à-dire


ce qu’il faut réellement entendre par « dès l’ouverture de l’enquête ». S’agit-il du
premier acte de proc. Des autorités des FR ou du moment où l’enquête ouverte est
portée à la connaissance du suspect, ou alors le moment de son interpellation.

79
En tout état de cause, toute enquête préliminaire s’achève par l’établissement
d’un procès-verbal d’enquête préliminaire. Et avant l’entrée en vigueur du CPP, le
procès-verbal d’enquête préliminaire était considéré comme un élément de preuve.
Mais depuis l’entrée en vigueur du code, l’article 91 prévoit que, sauf disposition
contraire de la loi, le procès-verbal d’enquête préliminaire a simple valeur de
renseignement, et son auteur peut être convoqué à l’audience comme témoin.
Considérant qu’il est l’acte de clôture de l’enquête et qu’il consigne tous les actes et
toutes les formalités accomplies au cours de l’enquête, il convient de s’interroger sur
les conséquences de sa nullité. Pour certaines juridictions, la nullité du PV d’enquête
annule l’enquête. Pour d’autres, la nullité du PV d’enquête entraine le retrait du PV
sans conséquence sur l’enquête elle-même.

80
Leçon 8. La mise en état du dossier de procédure : la phase
de l’information judiciaire

L’information judiciaire est l’apanage du juge d’instruction c’est la phase de la


procédure pénale au cours de laquelle l’on vérifie la pertinence de la constitution du
dossier de procédure. Dans la procédure pénale française, l’information judiciaire est
aussi dénommée par l’expression mise en état du dossier de procédure et le juge
d’instruction est appelé le juge de la mise en état du dossier de procédure. Deux
questions ont été toujours posées dans la théorie du procès pénal au sujet de
l’aménagement de cette phase. La 1ère se rapporte à l’existence de la phase de mise en
état du dossier de procédure. Certains systèmes ont en effet considéré que la phase
préparatoire du procès pénal devait se limiter à la seule constitution du dossier de
procédure qui, une fois établi, le débat judiciaire devrait avoir lieu. Dans ces
systèmes, il n’existe pas de phase de mise en état du dossier de procédure.
D’importants pouvoirs et d’importantes responsabilités sont reconnus au ministère
public et la police judiciaire. L’on peut citer ici le système de justice pénale américain
ou encore britannique.
En revanche, d’autres systèmes de procédure pénale ont estimé que la phase
de mise en état est importante et utile à la justice pénale. Tel est le cas du modèle de
PP du Cameroun ou encore de la France. Une fois admis, ces systèmes ont Soulevé la
seconde interrogation qui est celle de savoir qu’elle devrait être la qualité de
l’autorité chargée de la mise en état du dossier de procédure ? Considérant que la
justice pénale comprend deux grandes composantes, le parquet qui comprend le
ministère public et le siège qui comprend les juges. La question était de savoir s’il
devait revenir au parquet, et dont le procureur de la République, de vérifier de la
mise en état du dossier de procédure ou bien s’il fallait confier cette compétence aux
sièges ? Face à cette alternative, le législateur camerounais a fait le choix de confier la
phase de mise en état du dossier de procédure au siège c’est-à-dire à la compétence
d’un juge. L’argument majeur de ce choix était le besoin de soumission, tout ou
moins d’une partie de la phase préparatoire du procès, à la compétence et au contrôle
d’un juge.
Dans le code de procédure pénale, l’information judiciaire a remplacé
l’appellation instruction préparatoire. Cette phase est supposée garantir au mieux les
droits de la personne poursuivie dans la phase dite avant-procès.
L’information judiciaire n’est pas définie par le CPP, les dispositions y
relatives notamment celle du chapitre premier intitulé les dispositions générales du
titre V consacré à l’information judiciaire (article 142-156) se bornent à déterminer le
caractère de l’information judiciaire, à préciser l’autorité de l’information judiciaire et
de façon plus générale à fixer son cadre.
Face à cette carence législative, il convient pour connaitre le sens de
l’information judiciaire se référer aux travaux des autres. Sous ce rapport, l’on peut
relever que l’information judiciaire a d’abord souvent été désignée par « instruction
préparatoire » c’est-à-dire la phase du procès au cours de laquelle les conclusions

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émises lors de l’enquête sont vérifiées dans leur pertinence, dans leur substance et
dans leur affirmation.
Cette vérification n’a pas pour objectif d’émettre un avis sur la prétendue
culpabilité du ou des mises en causes. C’est en cela que l’on distingue l’instruction
préparatoire de l’instruction définitive entendue comme le jugement proprement dit
de l’individu qui débouche obligatoirement sur un avis sur la culpabilité.
Trois points peuvent être abordés :
- L’origine historique de l’information judiciaire ;
- La saisine du juge d’instruction ;
- L’examen des pouvoirs du juge d’instruction

Section 1 : L’origine historique de l’information judiciaire

Historiquement l’information judiciaire est liée au modèle de procéder dit


inquisitoire. En se généralisant dans les juridictions ecclésiastiques au 13e s, la
procédure inquisitoire imposée par l’Etat a dominé la procédure accusatoire en usage
devant les juridictions féodales.

Cette procédure qui se caractérise par l’inquisitio (l’enquête marque l’origine


historique de l’information judiciaire). Elle est donc d’abord apparue comme une
procédure d’enquête supplémentaire (après l’enquête conduite par la police) confiée
à un magistrat professionnel que l’on pourrait nommer le magistrat enquêteur.

Le premier acte de cette origine historique fut la déclaration de François Ier du


14 janvier 1522 qui créa le pénitencier criminel dont la charge était d’instruire ou
d’enquêter, secrètement non contradictoirement l’affaire objet de la cause. En raison
de sa qualité de magistrat professionnel, le lieutenant criminel fut plus tard appelé le
magistrat instructeur. L’idée de base était donc le principe de la séparation des
autorités de fonctions répressives.

Selon la théorie du PP, il existe deux fonctions répressives : la fonction des


poursuites et la fonction d’instruction ; cette théorie a permis la distinction de deux
types d’autorité des fonctions répressives : l’autorité de la fonction des poursuites
(Procureur de la République), et l’autorité de la fonction d’instruction (juge).
L’application de cette théorie a donné lieu à des solutions législatives variées. Ainsi,
dans la solution retenue par le législateur camerounais, la poursuite n’est pas à
proprement parler une fonction répressive. Le législateur l’a réduit plutôt à
l’enquête. Et la fonction de l’instruction comprend une double finalité. De la sorte le
CPP distingue trois fonctions répressives :

- La fonction d’enquête dominée par le Procureur.


- La fonction d’instruction dominée par le juge d’instruction.
- La fonction de jugement confiée au tribunal.

Cette conception de la théorie du procès pénal est aussi historiquement à


l’origine de l’information judiciaire. En effet, l’idée retenue et la solution posée est
que l’information judiciaire doit être confiée à un magistrat du siège qui présente
82
toutes les garanties de neutralité par rapport au Procureur de la République. C’est
cette solution qui semble le mieux justifier la terminologie « information judiciaire »
dont la traduction malheureuse en anglais correspond aux termes « preliminary
inquiry » qui donne normalement à penser à l’expression francophone « enquête
préliminaire » mais dont la traduction en anglais est « police investigation ».

Section 2 : La saisine du juge d’instruction

Avant l’examen de la saisine proprement dite (B), il convient au préalable de


déterminer les caractéristiques de l’information judiciaire dans la procédure pénale
camerounaise (A).

A- Quelques éléments caractéristiques de l’information


judiciaire
Comme toutes les institutions de la procédure pénale, il convient de relever
qu’il n’existe pas de modèle standard d’information judiciaire. Chaque législateur
choisit la manière de régir l’information judiciaire dans sa PP.

Dans le CPP camerounais, trois grandes caractéristiques dominent


l’information judiciaire : son opportunité, son caractère secret et la neutralité du juge
d’instruction.

* L’opportunité de l’information judiciaire

Parler de l’opportunité de l’information judiciaire dans la PP camerounaise,


revient à s’interroger sur son domaine d’application. A ce propos, l’article 142 alinéa
1 du CPP dispose : « l’information judiciaire est obligatoire en matière de crime sauf
disposition contraire de la loi ». L’alinéa (2) du même texte ajoute « elle est facultative
en matière de délit et de contravention ».

Ces deux dispositions révèlent que l’information judiciaire au Cameroun n’est


pas appliquée selon la nature du crime comme dans d’autres systèmes mais plutôt en
fonction de sa gravité légale de l’infraction. Comme-ci un délit ne pourrait pas
présenter plus de complexité qu’un crime.

Afin de combler cette importante carence, l’article 700 alinéa (1) dispose :
« l’information judiciaire est obligatoire en matière de crime et de délit commis par
les mineurs de 18 ans.

* Le caractère secret de l’information judiciaire

En tant que enquête supplémentaire, l’information judiciaire a beaucoup


emprunté au régime de l’enquête de police : Ainsi l’on applique ici comme la base du
secret.

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L’article 156 alinéa 1 du CPP dispose « l’information judiciaire est secret ».
L’alinéa (2) ajoute : « Toute personne qui concours à cette information est tenue au
secret professionnel sous peine des sanctions prévues à l’article 310 du CP (…) ».

Le secret de l’information judiciaire ne doit pas être assimilé au huis clos qui
désigne en quelque sorte le secret de la procédure du jugement. Dans la pratique,
l’on considère que le secret de l’information judiciaire a entre autre pour
conséquence est l’interdiction du débat contradictoire devant le juge d’instruction.

* La neutralité du juge d’instruction

Parce qu’il est rattaché au siège, le juge d’instruction doit être neutre. Il doit
présenter toutes les garanties procédurales exigées pour une justice pénale
(impartialité, indépendance).

L’article 142 l’affirme en disposant : « (l’information judiciaire) est conduite


par le juge d’instruction, magistrat du siège ». (al 3). La conséquence de cette
disposition est que le juge d’instruction doit présenter toutes les garanties de
neutralité. Cela est explicite exprimé par le législateur dans l’article 151 al (2) qui
dispose : « les investigations du juge d’instruction doivent tendre à la recherche de
tous les éléments favorables ou défavorables à l’inculpé ». Comme un juge, pourrait-
on dire, le juge d’instruction doit instruire à charge et à décharge. Et là se pose l’une
des grandes questions de l’institution de l’information judiciaire : un magistrat du
siège donc un juge peut-il conduire une enquête ?

B- La saisine du juge d’instruction

Elle marque l’ouverture de l’information judiciaire. Deux actes peuvent y


parvenir : la plainte avec constitution de partie civile (PcPc) qui peut être considéré
comme la saisine du juge d’instruction par la victime et le réquisitoire introductif
d’instance. Seul cet acte sera étudié car c’est lui seul qui ouvre l’information
judiciaire. Même en cas de PCPC déposé devant le juge d’instruction, celui-ci renvoi
systématiquement le dossier au Procureur de la République pour son réquisitoire.

L’article 143 alinéa (1) prévoit que « sauf PCPC, le juge d’instruction ne peut
ouvrir une information judiciaire que s’il est saisi par un acte du Procureur de la
République » et l’alinéa (2) dispose clairement : « l’acte par lequel le Procureur de la
République saisi le juge d’instruction s’appelle réquisitoire introductif d’instance ».
Cet acte présente des conditions légales (1) et produit des effets (2).

1- Les conditions du réquisitoire introductif d’instance

Pour être valable et donc ouvrir une information judiciaire, le RII doit remplir
les exigences de forme et celle de fond.

S’agissant des exigences de forme, le RII doit être comme l’article 144 alinéa (1)
un acte écrit. Il peut être pris contre une personne dénommée ou non dénommée.

S’agissant des conditions de fond, il s’agit de faire référence aux mentions du


réquisitoire en rapport avec les faits de la cause et l’examen préalable de l’affaire.
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L’article 144 al (2) dispose : « (le RII) contient la qualification pénale des faits
reprochés et la mention que l’action publique n’est pas éteinte par l’un des
évènements visés à l’article 62 ». Quoiqu’il en soit, le réquisitoire introductif
d’instance doit être daté et signé par le Procureur de la République.

2- Les effets du RIII

L’article 147 du CPP précise que « dès réception du réquisitoire, le juge


d’instruction est tenu de rendre une ordonnance afin d’informer ».On peut dès lors
affirmer que l’effet du réquisitoire introductif d’instance est l’obligation d’ouvrir une
information judiciaire.

En d’autres termes, une fois saisi le juge d’instruction n’a pas la liberté d’agir
ou non. Ce qui amène à s’interroger sur le sens de l’article 142 al (2).

Cette obligation qui s’impose au juge d’instruction est-elle absolue ou


relative ? Le juge peut-il apprécier la demande d’ouverture ou non ? L’article 148
contient des dispositions quelque peu ambiguës. Il dispose : « par dérogation aux
dispositions de l’article 147, l’obligation d’informer cesse lorsque le juge d’instruction
saisi, constate que pour les causes affectant l’action publique, les faits ne peuvent
donner lieu à poursuite ou que les faits objet de la poursuite ne constituent pas une
infraction ou que le suspect bénéficie d’une immunité ».

Et l’article 149 précise que dans ce cas, « le juge d’instruction rend une
ordonnance de refus d’informer ».

En conclusion, il apparait que RII a pour effet immédiat la saisine du juge


d’instruction et il n’a pas pour effet systématique l’ouverture de l’information
judiciaire.

Lorsque le juge d’instruction décide d’ouvrir l’information judiciaire, il prend


un acte appelé ordonnance afin d’informer. S’il refuse d’ouvrir une information
judiciaire, il prend un acte appelé ordonnance de refus d’informer.

En tout état de cause, le juge d’instruction est tenu par les contours du RII
c’est-à-dire que sa compétence est fixée par les faits contenus dans le réquisitoire (les
faits fixés par le Procureur) ; on dit qu’il est saisi in rem et non in persona (le juge
d’instruction est saisi sur les faits).

Le législateur précise que à tout moment de l’information judiciaire, le


Procureur de la République peut par acte appelé réquisitoire supplétif demandé au
juge d’instruction de faire tous actes qui lui paraissent nécessaires à la manifestation
de la vérité. Si le juge d’instruction estime ne pas devoir suivre les réquisitions du
Procureur, il rend une ordonnance motivée appelé ordonnance de refus de plus
ample informé et si le juge d’instruction découvre des faits nouveaux constitutifs
d’une autre infraction, il communique le dossier au Procureur de la République en
vue d’un réquisitoire supplétif.

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De façon générale, il existe conformément aux textes et au regard de la
pratique des difficultés d’articulation des pouvoirs entre le juge d’instruction et le
Procureur de la République.

Section 3 : Les pouvoirs du juge d’instruction

Le juge d’instruction exerce deux grands pouvoirs : les pouvoirs d’instruction


et les pouvoirs de juridiction.

Dans les pouvoirs d’instruction, le juge d’instruction pose les actes d’enquête
au même titre que les OPJ. L’article 150 prévoit clairement que le juge d’instruction
qui décide d’informer procède à tous les actes d’informations qu’il juge utile à la
manifestation de la vérité, il peut procéder ou faire procéder soit par un OPJ soit par
toutes personnes habilitées à une enquête sur la personnalité. La situation matérielle
familiale ou sociale de l’individu.

L’étude des pouvoirs du juge d’instruction invite à présenter les principaux


actes du juge d’instruction (A) et les principales décisions du juge d’instruction (B).

A- Les principaux actes du juge d’instruction

Les principaux actes du juge d’instruction sont : l’inculpation (1) et la


détention provisoire (2).

1- L’inculpation

L’inculpation est l’acte suprême du juge d’instruction. C’est l’acte par lequel
l’information judiciaire se manifeste. L’article 167 al (2) le définit comme : « un acte de
la compétence exclusive du juge d’instruction (…) ». Il s’agit en réalité de la première
comparution du suspect devant le juge d’instruction qui lui rappelle les faits qui lui
sont reprochés et les dispositions de la loi pénale applicable. C’est celle information
faite au suspect qui constitue l’inculpation ; qui change le statut de l’individu de
suspect à inculper.

L’inculpé est donc la personne mise en cause par une inculpation, et les droits
doivent lui être rappelés au même titre que les droits du suspect.

2- L’acte de privation de liberté : la détention provisoire

Comme l’OPJ, le juge d’instruction a le pouvoir de prendre un mandat de


comparution (article 13)à un mandat d’amener (article 14), un mandat d’arrêt (article
18) et un mandat de détention provisoire (article 15). Ce dernier est une mesure
privative de liberté la plus délicate dans la phase préparatoire du procès.

Au terme de l’article 12018 al (1) : « La détention provisoire est une mesure


exceptionnelle qui ne peut être ordonnée qu’en cas de délit ou de crime ; elle a pour
but de préserver l’ordre public, la sécurité des personnes et des biens ou d’assurer la
conservation des preuves ainsi que la représentation en justice de l’inculpé ».

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L’article 221 précise que la durée de la détention provisoire est fixée par le juge
d’instruction dans le mandat, elle ne peut excéder 6 mois. Toutefois, elle peut être
prorogée par ordonnance au plus pour 12 mois en cas de crime et 6 mois en cas de
délit.

B- Les décisions du juge d’instruction

Ces décisions se rapportent à l’exercice de son pouvoir juridictionnel. En effet,


et c’est ce qui fait de cette autorité une institution importante de la procédure pénale,
le juge d’instruction décide de la suite à donner à une affaire pénale. On pourrait
d’ailleurs dire qu’il est « un pré-juge » à l’image du juge préliminaire de la Cour
Pénale Internationale.

Le juge d’instruction peut d’abord prendre une décision négative ; on dit qu’il
rend une ordonnance de non lieu lorsqu’il estime que les charges ne sont pas
suffisantes pour un procès ou que le dossier n’est pas suffisamment mis en état. Dans
un autre sens, le juge d’instruction peut prendre une décision positive ; on dit qu’il
rend une ordonnance de renvoi tel est le cas lorsque le juge d’instruction estime qu’il
y a matière à procès que les charges portées contre l’inculpé sont suffisantes ; et
l’ordonnance de renvoi saisi le tribunal. En sa qualité de juge, les décisions du juge
d’instruction sont susceptibles de recours devant de contrôle de l’instruction si elle
n’est pas contestée, l’ordonnance de renvoi est l’acte d’ouverture de la phase
décisoire du procès.

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