P2-le financement de la CNPS
Les ressources de la CNPS proviennent essentiellement des cotisations assises sur les
salaires et accroissement par les contributions complémentaires. On peut citer :
- Les cotisations sociales et pénalités assises et accessoirement conformément à la
législation relative à la prévoyance sociale
- Les retenus des placements et du patrimoine immobilier
- Les rémunérations du service rendu et participation versées par les bénéficiaires
d’œuvre sociale et sanitaires
- Les subventions, les dons et legs
- Éventuellement les empruntes
Les dépenses de la CNPS sont les suivantes
- Les frais de fonctionnement
- Les prestations et avantages prévus au profit des travailleurs ou de leurs ayant droit
- Les frais d’actions sanitaires et sociales
- Éventuellement le remboursement des prêts consentis à la CNPS.
Du point de vue financier, l’Etat intervient de façon considérable et automatique d’où
le caractère de service public du système de la sécurité sociale. La CNPS doit gérer au mieux
les fonds alloués d’où la nécessité d’une diligence accrue pour le recouvrement des contrats et
le cas échéant des sanctions. Les employeurs sont responsables du règlement de leur propre
cotisation et de celle de leurs salariés affiliés à la CNPS contre un employeur débiteur
récalcitrant doit être précédé d’une mise en demeure qui ne peut concerner que les cotisations
exigibles.
SECTION II : LE PERSONNEL DE CONTRÔLE DE LA SECURITE SOCIALE
Le contrôle de l’application de la législation sociale est confié à une personne spécialisé
composé des médecins de travail, d’ingénieur, d’agent de contrôle et enquêteurs. Le personnel
de contrôle doit être agrée par le ministre du travail et des affaires sociales, et doit prêter serment
devant la cours d’appel du lieu de son affectation. Le contrôle porte sur les points de la
législation qui détermine leurs sanctions.
I- Le contrôle prévu par les textes
Le contrôle porte sur trois (3) axes suivants :
- Les conditions de travail, les conditions généra les et particulières d’hygiène et de
sécurité dans les entreprises
- L’assujetissement (immatriculation) le décompte et le recrutement des cotisation
- L’attribution et le paiement des prestations sociales.
-
II- Les missions du personnel de contrôle
Les agents de contrôle d’hygiène et de la sécurité sociale de la CNPS ont notamment pour
mission de rechercher les mesures destinées à réduire la conséquence et la gravité des risques
de l’entreprise. Leurs missions constituent à veiller sur les points suivants :
- Établir les statistiques sur les accidents de travail, les maladies professionnelles,
leurs causes et leurs conséquences. (Au Cameroun on compte plus de 2000
accidents de travail par an).
- Procéder à tous les enquêtes sur l’état sanitaire et social des travailleurs, sur les
conduites de travail, sur l’hygiène de la sécurité de l’entreprise.
- Contribuer à la définition des normes de sécurité applicables aux différentes
branches d’activités professionnelles.
- Participer à l’élaboration des d’une politique de sécurité dans le travail et à la
diffusion des mesures prises par les services compétents.
- Procéder à tous les actions propres à la sécurité et développer l’esprit de sécurité
chez les travailleurs et employeurs notamment des branches d’activités pour la
sécurité et les accidents de travail ou les maladies professionnelles plus élevées.
Les programmes de visite dans l’entreprise doivent être évaluées en collaboration
avec l’inspecteur de travail et le médecin inspecteur du ressort à l’issu de leur
visite d’inspection.
Les agents de contrôle doivent établir un rapport et dresser une copie à l’inspecteur de
ressort et au médecin inspecteur afin d’appliquer les sanctions prévues par la règlementation en
vigueur. Quant aux agents de contrôle du recouvrement des cotisations et du paiement des
prestations sociales, ils ont pour missions :
1- En matière de recouvrement des cotisations
De procéder à la vérification de la régulation et de l’exactitude des décomptes des
cotisations patrimoniales et ouvrières dû à la CNPS. A cet effet, ils ont accès à toutes les
documents comptables qui les permettent d’être parfaitement informé de la situation de
l’entreprise et éventuellement d’opérer les redressements c’est-à-dire d’ajuster le montant des
cotisations.
De dépister ceux des travailleurs qui ne sont pas encore affectés à la CNPS et les inciter
à régulariser leurs situations sous peines de sanction. Pour plus d’efficacité dans le
recouvrement des cotisations. Des employeurs nécessitant la CNPS collaborent avec le service
fiscal.
2- En matière de paiement des cotisations
- L’agent de contrôle doit s’assurer que les prestations sont effectivement
versées les prestataires aux et que ceux-ci remplissent les conditions requises
par l’administration en vigueur en matière de sécurité sociale.
- Il doit rechercher par tous les moyens afin de dépister les fraudes et attirer
l’attention des droits compétents pour prendre des mesures adéquates. Chaque
visite donne lieu à la rédaction d’un rapport de contrôle signé de l’agent de
contrôle et de l’employeur, une copie est remise à ce dernier. Pour plus
d’efficacité, le contrôle devrait être inopiné afin de traquer les employeurs hors
la loi et les voleurs.
CHAPITRE II LES DIFFERENTES BRANCHES DE LA SECURITE SOCIALE
Introduction
La sécurité sociale comporte au Cameroun 03 branches principales : la branches de
prestation familiales, de l’assurance des pensions de vieillesse, d’invalidité et des décès et ceux
des accidents de travail et des maladies professionnelles.
En plus, la CNPS gère les actions productives dans le domaine sanitaire et primaire, les
centres sociaux ménagers et assure la prévention des risques professionnelles.
SECTION I : LA BRANCHE DES PRESTATIONS FAMILIALES
Les prestations familiales désignent toute prestation axée sur une aide à la famille
distribué par les caisses des allocations familiales.
Il s’agit de toute prestation dont l’octroi et subordonné à une donnée familiale (allocation,
assurances, rentrées). Il convient de déterminer les bénéficiaires des prestations, des conditions
d’octroi des prestations et les différentes prestations de service.
I- Les bénéficiaires des prestations sociales
Le régime des prestations familiales est institué au profit des travailleurs versés par l’art 1er
CT et leurs ayant droit c’est-à-dire de leurs enfants. Les bénéficiaires des prestations sont :
- Les allocataires se sont les personnes dont les droits aux prestations de travail
sont dus dans la majorité des cas, c’est le chef de famille qui peut être le père
ou la mère ou l’enfant travailleur régit par le code de travail.
- Les enfants à la charge de l’allocataire, il s’agit des enfants donc l’allocataire
assure de façon permanente la nutrition, l’éducation et le logement (enfant
légitime ou légitimé, enfant de la femme du bénéficiaire né d’un précédent
mariage, enfant adopté, enfant naturel ayant fait l’objet de reconnaissance par
le bénéficiaire).
La prise en charge d’un enfant dans la branche des prestations familiales est assurée
jusqu’à 18 ans pour les enfants placés en apprentissage et 21 ans pour ceux qui poursuivent les
études. Il est interdit de commencer les prestations familiales avec celle d’un autre régime légal
(prestation de famille avec la prestation de handicapés).
II- Les conditions pour bénéficier des prestations familiales
Plusieurs conditions sont exigées pour pouvoir bénéficier des prestations familiales :
- Il faut être un salarié au sens de l’art 1 er CT
- Il faut avoir une rémunération au moins égale au salaire minimum interne
- Il faut fournir un travail effectif dans le mois ou de 120 heures
- Il faut résister au Cameroun sauf pour l’allocataire dont l’activité
professionnelle est suspendue et pour transformer sa résidence hors du
Cameroun dans les conditions et modalités précises par les conventions
internationales.
- Il faut avoir un ou plusieurs enfants en charge
Le droit aux prestations familiales peut être lié au travail du père ou de la mère. La femme
mariée bénéficiaire doit apporter la preuve que son conjoint ne peut en aucun cas en bénéficier.
III- Les différentes prestations services aux bénéficiaires
Les prestations familiales prévues par la législation sont notamment les suivantes :
1- Les allocations prénatales
Ce sont celles attribuées à la femme salariée ou épouse légitime non salarié du travailleur
salarié à l’occasion de chaque grossesse. Le bénéficiaire doit être immatriculé à la CNPS et
justifier une activité complète et au cours du mois de l’examen médical. Il doit déclarer la
grossesse à la CNPS en lui adressant deux (2) certificats médicaux indiquant la date, l’âge de
la grossesse, la signature et le cachet du médecin, l’examen permettant de certifier l’état de la
grossesse doit être établit entre le 3eme mois et le 4eme mois de la grossesse et doit indiquer la
date présumée d’accouchement. Entre le 7ème et le 8ème mois de grossesse, la CNPS doit établir
et fournir au bénéficiaire un carnet de grossesse et de maternité. Le montant des allocations
prénatales est calculé sous la base de 9 fois le taux mensuel de l’allocation, familiale versé pour
un enfant.
Si le médecin atteste que les prestations médicales exigées pour la protection de la mère et
de l’enfant ne sont pas respectées, la CNPS peut après enquête supprimer le versement des
allocations des prestations familiales.
2- Les allocations de maternité
Ce sont celles attribuées aux femmes salariées ou épouses légitime des salaires qui donnent
naissance au contrôle médicale à un enfant née viable, en cas de naissance multipliée, chaque
maternité est considérée comme une maternité distincte. Pour bénéficier des allocations de
maternité, il faut produire à la CNPS un certificat médical constatant l’accouchement sous
contrôle médical et attestant que l’enfant est née viable. Il faut que le certificat médical soit
établit sur un imprimé irretatif contenu dans le carnet de grossesse et de maternité fourni par la
CNPS. Il faut en plus que le certificat médical de l’accouchement soit accompagné de de l’acte
de naissance de l’enfant. Le montant de l’allocation :
- L’allocation intègre la fonction publique
- Lorsque l’enfant en charge décède ou atteint la limite d’âge
- En cas d’émancipation de l’enfant pour le mariage l’indemnité de maternité
est supprimée.
- L’indemnité journalière de congé de maternité est supprimée en cas de reprise
anticipée de travail c’est-à-dire avant la 14éme semaine du congé de
maternité.
La prescription des droits intervient de la manière suivante :
• Pour les allocations familiales les droits se prescrivent dans un délai d’un an à
compter du jour de déchéance réglementaire c’est-à-dire tous les 2 mois qui
survient la date à laquelle ces allocations étaient dues.
• Pour l’indemnité primaire de congé de maternité, le droit se prescrit dans un
délai de 3 ans à compter du jour de l’arrêt effectif du travail.
• Toutes les allocations prénatales et les frais médicaux, le délai de prescription
est d’un an.
SECTION II : LA BRANCHE D’ASSURANCE DES PENSIONS VIEILLESSES,
D’INVALIDITE ET DE DECES
1- Les bénéficiaires des prestations
Les personnes ouvertes contre les risques (vieillesse invalidité décès) sont les travailleurs
relevant du code de travail les membres de leurs familles et les assurés volontaires. En revanche
sont exclus du champ d’application du code de travail les fonctionnaires, magistrats, militaires,
personnels de sureté, personnels de l’administration pénitentiaire, les auxiliaires de
l’administration. Mais le personnel de l’ambassade n’ayant pas le statut de diplomate est soumis
au régime de PVID.
2- Les risques sociaux conventionnels
La branche des PVID couvre les risques suivants :
- La vieillesse qui atteint en principe le salarié à l’âge de 30 ans. A condition
d’être immatriculé et avoir fait au moins 180 mois d’activité.
- La vieillesse anticipée qui concerne le travailleur qui n’a pas encore atteint
l’âge légal de la retraite, mais qui sollicite sa mise à la retraite par anticipation,
soit parce qu’il veut se retirer de la vie soit parce qu’il est atteint d’une usure
prématurée de leurs facultés à exercer leurs activités salariales.
- L’invalidité : c’est la situation d’un travailleur qui par la suite d’une maladie
accident a subi une réduction permanente de ses facultés physiques mentales
dument constaté par un médecin approuvé par la CNPS.
- le décès : l’assuré décédé qui a laissé des ayants droits transmet ses droits à
ceux-ci, ils peuvent avoir droit à la pension et aux remboursements des frais
funéraires.
P2- les différentes prestations
Les prestations différentes selon leurs critères
A- Les pensions des travailleurs retraités
Ils peuvent prétendre aux prestations suivantes :
1- La pension de vieillesse normale
Elle est payée à l’assuré qui a pris sa retraite à l’âge normal de 60 ans. Pour en bénéficier
il faut être âgé de 60 ans révolu d’assurance au cours des dernières années précédant la mise en
retraite. Avoir remis aux moins 180 mois d’assurances et avoir cesser toutes activités.
2- La pension de vieillesse anticipé volontaire
Elle est attribuée à l’assuré dont âgé d’au moins 50 ans et moins de 60 ans qui décide de
prendre une retraite anticipée pour des convenances personnelles. Pour en bénéficier, l’assuré
doit réunir 20 ans d’immatriculation à la CNPS, faire une demande écrite adressé à la CNPS,
obtenir l’accord de la CNPS. Réunir 60 mois d’assurance au cours des 10 dernières années
précédant l’admission à la retraite. Avoir cessé toute activité.
3- La pension de retraite pour usure prématurée
Elle est attribuée à tout travailleur salariés qui n’est pas invalide mais qui est atteint d’une
mesure de ses facultés dument constatées par le médecin et l’empêchant d’exercer une activité
salariée. Pour y prétendre il faut être âgé de 50 ans minimum avoir 20 ans d’immatriculation
produire un certificat attestant l’état de santé du salarié. Réunir 60 mois d’assurances au cours
des 10 dernières années précédant la date d’admission à la retraite. Avoir cesser toute activité.
B- La pension d’invalidité
Les travailleurs invalides bénéficient d’une pension d’invalidité à titre temporaire. C’est la
CNPS qui fixe les échéances de la pension de vieillesse de même montant, quand le bénéficiaire
atteint l’âge de 50 ans.
C- L’allocation de vieillesse
Elle est attribuée aux travailleurs qui ayant atteint l’âge légale de la retraite, ne remplis
pas les autres conditions requises. On distingue l’allocation de vieillesse normale et l’allocation
pour usure. Pour bénéficier d’une allocation de vieillesse il faut réunir au moins 12 mois
d’assurance et pour l’allocation de vieillesse, il faut prouver à la CNPS qu’on ne peut plus
exercer une activité salariée pour des raisons de santé.
D- Les prestations fournis aux survivants
Les survivants ont droit à deux (2) catégories de prestations : La prestation de survivant (si
l’assuré remplissait toutes les conditions pour avoir droit à une pension retraite) et l’allocation
de survivant. Les frais funéraires peuvent être versés aux tiers au cas où l’assuré n’avait laissé
aucun survivant pouvant bénéficier d’une pension, d’une allocation de survivant.
E- Les frais de transport
Ils sont remboursés aux bénéficiaires de la pension d’invalidité qui doit se déplacer sur le
territoire national pour répondre aux convocations du conseil médical. La CNPS rembourse
même les frais de transport de l’accompagnateur à condition de fournir les preuves des frais
engagés.
P3- les modalités de calcul des prestations
Ces modalités reposent sur le salaire ayant servi de base à la détermination des droits et
le reversement de la cotisation. Le salaire cotisable est l’ensemble des sommes versées aux
travailleurs en contre partit de sa prestation de travail. (Salaire de base et avantages incompris
au salaire) par contre sont exclus les avantages ayant un caractère professionnel tel les diverses
primes et indemnités et le mois d’assurance est le mois au cours duquel le salarié a perçu une
somme au moins égale au smic ou a travaillé pendant au moins 15 jours.
P4- le calcul du montant des prestations
Si le nombre de mois d’assurance est égal au moins à 180 l’assuré ou ses ayants droits
peuvent bénéficier d’une pension normale, le taux minimal est de 30% de la rémunération. Il
est augmenté de 1% par période supplémentaire de 12 mois par exemple pour 192 mois
d’assurance le taux de pension est de 31% pour 200 mois le taux est de 31,66% pour 240 mois
d’assurance le taux est de 31% la pension de vieillesse de majorité peut être majoré de 40% si
les bénéfices ont fréquemment besoin d’un tiers pour accomplir les actes quotidiens. Pour
prétendre à une telle majoration il faut faire une demande motivée permettant à la CNPS
d’apprécier la situation du bénéficiaire afin d’ordonner une enquête. À l’issu de l’enquête le
rapport peut donner un avis favorable ou défavorable selon l’avis médical.
P5- le cas des agents de travail de l’Etat relevant du code de travail
La gestion du régime d’assurance pension de vieillesse de validité de décès des agents
de l’Etat a été transféré à l’Etat par un décret 92/20/PN du 28 mars 1992. Les travailleurs dont
la situation est antérieure au 19 décembre 1990 sont pris en charge par la CNPS tandis que ceux
dont la situation est postérieure à cette date. Lorsque la carrière d’un travailleur comporte des
périodes au cours desquelles les cotisations ont été versés aussi bien à la CNPS qu’à l’une des
institutions liquides des prestations dû aux travailleurs sur la base la totalité de période de
cotisation.
P6- la suspension, la suppression et les prestations de droit
Les prestations sont suspendues lorsque le titulaire d’une pension transfère sa résidence
dans un pays qui n’a pas signé d’accord avec le Cameroun. Il en est de même en cas de non
production le 31 décembre de chaque année.
La suspension intervient également lorsque l’invalidité n’observe pas les règles
prescrites pour la vérification de la persistance de son invalidité. Il en est de même si le
travailleur reprend une activité salariée.
La suspension des droits intervient dans les cas suivants :
- En cas de remariage du conjoint suivant
- En cas de décès de tout ayant droit survivant, lorsqu’il est prouvé que l’ayant droit a
provoqué intentionnellement la mort de son conjoint
- Lorsque l’enfant en charge atteint l’âge de 21 ans
- Lorsque l’enfant mineur se mari ou exerce une activité
- Lorsque l’enfant en apprentissage atteint l’âge de 18 ans
- Si la visite médicale du médecin atteste que le taux d’invalidité est inférieur à 66%.
La prescription des droits : il en existe deux (2) types de prescriptions la prescription
quinquennale et la prescription annuelle.
En cas de dépôt du dossier dans un délais supérieur à 5 ans après la date d’ouverture des droits
l’assuré ou ses ayants droit perdent le droit s’il s’agit d’une pension et tous les droits s’il s’agit
d’une allocation. La prescription annuelle s’applique au paiement des droits qui ne peuvent être
versés que pour une période n’excédant pas 12 mois à compter de la, date de réception du
dossier à la CNPS.
SECTION III : LA BRANCHES DES ACCIDENTS BDE TRAVAIL ET DE
MALADIES PROFESSIONNELLES
La branche des accidents de travail et des accidents professionnelles a été instituée par
la loi n° 77/11 du 13 juillet 1972 portant réparation des accidents de travail et des maladies
professionnelles. Suivit du décret n°78/546 du 22 décembre fixant les modalités de déclaration
et de procédure d’enquête en matière d’accident de travail.
P1- définition de la notion d’accident de travail et maladie professionnelle
Est considéré comme accident de travail quel qu’en soit la cause de l’accident survenu
par le fait ou à l’occasion du travail à toutes personnes salariées travaillant à quelques lieux
leurs que ce soit pour un ou plusieurs employeurs ou entreprises. D’après la jurisprudence est
considéré comme accident de travail. Tout accident survenu alors que le concerné exerçait
effectivement son activité professionnelle. Cette qualification devant être refusée à l’accident
survenu à un moment où la victime est sortie du cadre professionnel et avait retrouvé son
indépendance. D’après l’article 1 alinéa 2 du code de travail est considéré comme accident de
travail survenu par le fait ou à l’occasion du travail ; pendant le trajet d’aller-retour entre la
résidence principale et le lieu de service ou pendant la cantine, le restaurant ou le lieu où le
travailleur prend habituellement son repas. Où pendant le voyage où les frais sont mis à la
charge de l’employeur.
La maladie professionnelle peut être définie comme une altération organique ou
fonctionnelle suscité par l’accomplissement de certains travaux par le travailleur dans l’exercice
de ses fonctions. La liste des maladies est établie par décret après avis de la commission
d’hygiène et de sécurité du travail. le lien de causalité entre la maladie et l’activité
professionnelle peut être constatée au moyens de présomptions consignées dans le tableau des
maladies professionnelles. En dehors des cas prévus dans le tableau, la loi considère comme les
cas de maladie professionnelles les cas pour lesquels la commission nationale aura statué en ce
sens. Les maladies ainsi reconnues comme étant d’origine professionnelle font l’objet d’un
tableau additif. Les personnes couvertes sont : les travailleurs salariés, les marins, les gérants
des sociétés à responsabilité limité, les apprentis, les élèves d’établissement d’enseignement
technique, les ayant droits des victimes d’accidents ou de maladie professionnelle, les assurés
volontaires.
P2 : Les déclarations des procédures d’enquêtes en matière d’accident du travail et de
maladie professionnelle.
Les modalités de déclaration et la procédure d’enquête sont fixées par le décret du 22
octobre 1978. L’accident du travail et la maladie pro doivent être déclarés dans un délai de 03
jours par l’employeur. Cette déclaration est suivie d’une enquête et en cas de lésion constatation
médicale, en cas d’urgence la C.N.P.S peut verser à titre provisionnelle les prestations
d’assurance sociale.
1- Déclaration et constatations médicales
La victime d’un accident du travail doit immédiatement informer l’employeur ou son
préposé sauf cas de force majeure. Dès cette formalité, l’employeur doit faire assurer les soins
de première urgence. Aviser le médecin chargé des services médicaux de l’entreprise et diriger
la victime dans une formation hospitalière déclarer l’accident ou la maladie professionnelle en
triple exemplaire dans sur un imprimé de la C.N.P.S. si la victime est dans l’incapacité de
reprendre le service les jours suivants. Le médecin traitant doit établir un certificat médical
indiquant l’état général de la victime, la durée probable de l’incapacité de travail et l’état des
soins prodigués à la victime. En cas de guérison ou de consolidation un certificat médical final
est établi dans les mêmes conditions et adressé à l’employeur qui transmet à la C.N.P.S et
l’inspecteur du travail du ressort. Ce certificat doit préciser les conséquences de l’accident ; la
date de reprise du travail, la guérison, la consolidation, le décès et éventuellement les
circonstances qui permettent de déterminer l’origine des lésions constatées. La rechute est régie
par l’article 35 de la loi de 1997 qui considère comme rechute toute modification de l’état de la
victime après la constatation de la guérison. La C.N.P.S ne prend en charge la rechute que si
elle intervient dans le délai de 2 ans après la guérison (confère un arrêt de la Cour Suprême n°
79/5 du 15 mai 1997 affaire C.N.P.S contre Ekolle François.
2- L’enquête en cas d’accident
La C.N.P.S peut prescrire une enquête en cas d’accident de travail. L’inspecteur de travail
ou un agent relevant de son autorité ; un inspecteur du travail ou le contrôleur d’hygiène et de
la sécurité peuvent procéder aux enquêtes. Dans les localités où ceux-ci n’existantes pas,
l’enquête peut être menée par les officiers de police judiciaire selon les règles en usage dans
leur profession. L’enquête est contradictoire, l’enquêteur doit collecter tous les renseignements
permettant d’établir les causes, les lieux, les fautes ; l’identité ; les numéros d’immatriculation
à la C.N.P.S et le lieu de situation de la victime ; le caractère professionnel des lésions. En cas
d’accident mortel les prestations reviennent aux ayant droits selon la catégorie professionnelle
de la victime. L’enquêteur consigne les résultats de ses investigations, des procès-verbaux
établis en double exemplaire adressé à la C.N.P.S. la C.N.P.S assure la rémunération de l’expert
en lui fournissant des honoraires et les frais de déplacement.
Paragraphe III : Les prestations octroyés par la CNPS
En cas d’accident de travail ou de maladie professionnelle, la victime peut souffrir d’une
incapacité permanente ou temporaire ou décéder. Dès que les formalités légales sont accomplies
et qu’il établit le caractère professionnel du risque encouru, la victime bénéficie de la C.N.P.S
les différents types de prestation en fonction de son degré d’incapacité à prendre son activité
professionnelle normale. Les prestations et les indemnités sont :
- Les prestations en nature : la prise en charge et remboursement des différents frais
(frais de traitement et de rééducation, frais de transports, frais funéraires.)
- Les indemnités et rentes versées aux victimes et aux ayant droit (indemnité
journalière, rente d’incapacité permanente, allocation d’incapacité partielle, rente
de survivant…)
Paragraphe IV : contrôle et expertise médicale
La victime d’un accident de travail ou d’une maladie de travail fait souvent l’objet de
contrôle et d’expertise médicale portant sur la détermination de l’origine de l’accident, sur le
tôt d’incapacité ou sur l’Etat de santé de la victime. Le contrôle et expertise sont effectués par
les médecins de la C.N.P.S
Paragraphe V : suspension, suppression et prescription des droits
Les droits peuvent être suspendus en cas de non production des pièces périodique de
maintien des droits entre le 1er octobre et le 31 décembre. En cas de transfert par le bénéficiaire
de sa résidence à l’étranger, ou en cas de refus de se soumettre à un contrôle médical prescrit
par le médecin de la C.N.P.S, la suppression des droits intervient en cas de décès des
bénéficiaires ; du remariage du conjoint survivant ; du décès de tous les ayant droits ou
d’atteinte de la limite d’âge ou d’émancipation des enfants.
La prescription intervient si la victime n’a pas déclaré son accident dans un délais de 3
ans à compter de l’accident, de la clôture d’enquête ou du décès. En plus des prestations fourni
par la C.N.P.S, certaines conventions collectives prévoient qu’en cas d’indisponibilité d’origine
professionnelle, l’employeur verse à l’employé une indemnité cumulable avec celle versée par
la C.N.P.S ou un complément pour permettre au travailleur d’avoir le montant de son salaire
pendant la période d’indisponibilité, la possibilité d’exercice d’une action en responsabilité
civile ou pénale, à l’encontre de l’employeur ou d’un tiers est reconnu à la victime pour
manquement à l’obligation de sécurité. La C.N.P.S qui s’est occupé des frais médicaux et autres
indemnités peut exercer un recours contre l’agent fautif lorsque l’employeur ou le tiers a été
condamné, il est astreint au versement des dommages et intérêts à la victime et a ses ayants
droits.
Titre II : Le recouvrement du contentieux de la sécurité sociale
Le recouvrement est l’ensemble des procédures par lesquels, la CNPS appuyée par
l’administration fiscale assure le prélèvement des sommes qui lui sont dues par les employeurs
au titre de différentes branches de prestations sociale. Les procédures de recouvrement peuvent
être tantôt amiable, lorsque les paiements sont spontanés, tantôt forcé lorsque le défaut de
paiement des employeurs contraint la CNPS à prendre des mesures particulières, des poursuites,
à fin d’obliger les employeurs à s’exécuter en s’acquittant des sommes qui leur sont réclamée.
Ce volet de recouvrement forcé peut faire recours à la force publique.
Le contentieux de la sécurité sociale désigne l’ensemble des voies de droit au moyen desquels
sont réglé les litiges nés de l’application, de la législation sociale par les partenaires sociaux.
Chapitre I : la procédure de recouvrement des cotisations sociales
Les cotisations sociales constituent la base de financement des missions de la CNPS
d’où l’importance d’utiliser tous les moyens de recouvrement de celle-ci auprès des employeurs
et des assurés volontaires.
Section 1 : les règles de procédures de recouvrement
La procédure de recouvrement relève de la loi N°2011/01 du 18 décembre 2011. Les
règles de procédure sont relatives à l’identification des employeurs et autres débiteurs des
cotisations, à l’obligation de déclarer les salaires cotisables et à l’obligation de payer les
cotisations sociales.
Paragraphe 1 : l’identification des débiteurs des cotisations sociales
Pour être débiteurs des cotisations sociales, il faut avoir la qualité d’employeur ou d’assuré
volontaire. Ont la qualité d’employeur, toute les personnes physiques ou privées qui emplois
sous leur direction ou sous leur autorité un ou plusieurs travailleurs relevant du code du travail
moyennant rémunération.
La CNPS distingue deux (02) catégorie d’employeur à savoir : les employeurs de main
d’œuvre professionnelle (entreprise individuelle ou sociétaire) et les employeurs de main
d’œuvre domestique. Tout employeur doit déclarer les salaires à la CNPS
Paragraphe II : l’obligation de déclarer les salaires
D’après les dispositions de l’arrêté N°035/L.T.P. S/MINFI du 12 juillet 2002, chaque
employeur doit déclarer mensuellement au centre des impôts de rattachement les salaires versés
à ses salariés et les périodes d’emplois. Ces déclaration, établies, sur un imprimé normalisé