Depuis les années 1950, Noam Chomsky propose, à travers la grammaire
générative transformationnelle, une conception du langage fondée sur la
créativité. Contrairement à une vision du langage comme simple répétition
d’énoncés, Chomsky affirme que le locuteur peut produire une infinité de
phrases inédites. La problématique est donc la suivante : comment la
grammaire générative transformationnelle permet-elle de rendre compte
de la créativité du langage humain ?
Le premier principe explicatif est la distinction entre compétence et
performance linguistiques. Chomsky définit la compétence comme « la
connaissance tacite que le locuteur-auditeur possède de sa langue »
(Aspects of the Theory of Syntax, 1965), tandis que la performance
correspond à l’usage effectif, souvent imparfait, de cette connaissance.
Par exemple, un locuteur peut hésiter ou se corriger à l’oral, sans que sa
compétence grammaticale soit remise en cause. La créativité relève donc
de la compétence, et non des limites de la performance.
Le second principe est la distinction entre structure profonde et structure
de surface. Chomsky montre que des phrases comme « Jean a mangé une
pomme » et « Une pomme a été mangée par Jean » diffèrent en surface
mais partagent une même structure profonde, c’est-à-dire les mêmes
relations sémantiques fondamentales. Il affirme que la structure profonde
« détermine l’interprétation sémantique de la phrase » (Aspects of the
Theory of Syntax, 1965), ce qui permet d’expliquer la diversité formelle à
partir d’une base commune.
Enfin, les règles transformationnelles rendent compte du caractère
productif du langage. Chomsky souligne qu’« une grammaire générative
doit être capable de générer un ensemble infini de phrases à partir d’un
ensemble fini de règles » (Syntactic Structures, 1957). Par exemple, à
partir de la phrase déclarative « Tu viens », le locuteur peut produire «
Viens-tu ? », « Tu ne viens pas » ou « Est-ce que tu viens ? » grâce aux
transformations interrogative et négative. Ces règles expliquent la
créativité syntaxique du langage humain.
En conclusion, la grammaire générative transformationnelle rend compte
de la créativité du langage humain en montrant qu’elle repose sur une
compétence linguistique abstraite, distincte de la performance, structurée
par des niveaux de représentation et des règles transformationnelles
propres à l’esprit humain.
Depuis les années 1950, la grammaire générative transformationnelle de
Noam Chomsky a profondément renouvelé la linguistique en rompant avec
les approches descriptives et behavioristes. Elle repose sur l’idée que le
langage humain se caractérise par une créativité fondamentale : tout
locuteur est capable de produire et de comprendre une infinité de phrases
jamais entendues auparavant. Dès lors, la question se pose de savoir en
quoi la grammaire générative transformationnelle permet de rendre
compte de la créativité du langage humain.
Chomsky explique cette créativité par la distinction entre compétence et
performance linguistiques. La compétence correspond à « la connaissance
tacite que le locuteur-auditeur possède de sa langue » (Chomsky, Aspects
of the Theory of Syntax, 1965), tandis que la performance désigne l’usage
effectif de cette connaissance, usage souvent limité par des facteurs
psychologiques ou contextuels. Ainsi, même lorsque la performance est
défaillante, la compétence demeure intacte, ce qui explique la capacité du
locuteur à produire des phrases nouvelles et grammaticales.
La créativité linguistique repose également sur la distinction entre
structure profonde et structure de surface. La structure profonde
représente l’organisation abstraite et sémantique de la phrase, alors que
la structure de surface correspond à sa réalisation formelle. Chomsky
montre que des phrases différentes peuvent partager une même structure
profonde, ce qui révèle l’existence d’un système génératif sous-jacent.
Enfin, les règles transformationnelles jouent un rôle central dans ce
processus. Chomsky affirme qu’« une grammaire générative doit être
capable de générer un ensemble infini de phrases à partir d’un ensemble
fini de règles » (Syntactic Structures, 1957). Les transformations
syntaxiques rendent ainsi compte de la flexibilité et de la productivité du
langage.
En conclusion, la grammaire générative transformationnelle permet
d’expliquer la créativité du langage humain en montrant qu’elle repose sur
une compétence linguistique innée, distincte de la performance, et
organisée par des règles abstraites et transformationnelles propres à
l’esprit humain.