Impact de la Politique Budgétaire au Maroc
Impact de la Politique Budgétaire au Maroc
ISSN : 2550-6293
N° 13 (2025)
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Enseignant chercheur, LSEPP, Faculté d’économie et de gestion, Ibn Tofail Université, Kenitra, Maroc
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Doctorant, LSEPP, Faculté d’économie et de gestion, Ibn Tofail Université, Kenitra, Morocco
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Résumé — À une époque où les pays développés connaissent une croissance économique
négative, le Maroc affiche une croissance économique soutenue. Malgré les évènements
désastreux qui a connu le monde dernièrement, le Maroc a pu rester proche de la moyenne de la
croissance économique mondiale. La politique budgétaire englobe les mesures prises par le
gouvernement pour réguler la fiscalité et les dépenses, ainsi que pour utiliser divers instruments
qui influencent le fonctionnement du système économique dans le but de maximiser le bien-être
économique. En plus de se concentrer sur la redistribution des revenus ou des richesses et
d'améliorer les perspectives d'emploi, la politique budgétaire sert de mécanisme de stabilisation
pour maintenir la stabilité économique, en veillant à ce que le revenu national augmente en
fonction de l'utilisation des ressources et de l'efficacité des efforts communautaires. Les
changements dans le niveau et la structure des impôts et des dépenses publiques peuvent avoir
un impact sur des variables telles que la demande globale, les niveaux d'activité économique, les
méthodes d'allocation des ressources et la répartition des revenus. Cette étude analyse les effets
des dépenses publiques totales.
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Introduction
La croissance économique solide est la priorité majeure pour tous les pays du monde, y compris
le Maroc. Pour y parvenir, il est essentiel que les variables macroéconomiques puissent
efficacement résoudre les défis économiques actuels.
De manière générale, les défis macroéconomiques incluent des aspects cruciaux tels que
l'inflation, le produit intérieur brut (PIB), l'emploi, et la balance des paiements (BOP). L'inflation
affecte le pouvoir d'achat des ménages et peut influencer la stabilité économique, tandis que le
PIB est un indicateur clé de la santé économique d'un pays. L'emploi, quant à lui, est vital pour la
prospérité sociale et économique, et la balance des paiements reflète la position économique d'un
pays par rapport au reste du monde. Le gouvernement joue un rôle central dans la gestion de ces
défis, notamment à travers la politique budgétaire, qui consiste à ajuster les dépenses publiques
et les taux d'imposition pour influencer la demande globale, stimuler la croissance, et maintenir
la stabilité économique. Par ces interventions, il vise à atteindre un équilibre économique durable
et à promouvoir le bien-être des citoyens.
Les récentes évolutions économiques ont ravivé le débat sur l'efficacité des politiques
gouvernementales pour parvenir à une croissance économique équilibrée. Les avis divergent
quant à la manière dont la politique macroéconomique peut maintenir la stabilité économique.
Belliveau (2011), selon la théorie monétariste, la politique monétaire est le levier le plus efficace
pour influencer la production, alors que la politique budgétaire ne l'est pas. En revanche, la
théorie keynésienne affirme que les dépenses publiques sont le principal moteur de la production,
tandis que la politique monétaire entraîne une inefficacité généralisée.
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L’objectif de ce présent travail est de savoir si les finances publiques adoptées par le gouvernement
marocain reflètent les théories économiques fondamentales, qui ont un impact positif sur la
croissance économique. Pour cela, dans un premier temps nous allons étaler les théories
économiques de la politique budgétaire. En suite nous évoquons les travaux empiriques qui
suivent l’acheminement de ces théories. Puis nous projetons un bref aperçu historique de la
situation économique marocaine avant et après la pandémie de la covid-19 pour examiner de
manière approfondie comment la politique budgétaire, en modifiant des mesures de dépense et
de fiscalité, s’inscrit dans une stratégie globale visant à stabiliser l’économie, à soutenir la
croissance et à atteindre des objectifs sociaux et environnementaux définis par le gouvernement
marocain. Et enfin nous terminons par des recommandations adressées au gouvernement
marocain pour améliorer l’ajustement des règles budgétaires qui mènent à une croissance
économique favorable.
1. CADRE THERIQUE
1.1. Théories économiques de la politique budgétaire
Keynes a avancé une proposition notable concernant l’impact de la politique budgétaire sur
l’économie. Il a souligné que les implications de l'augmentation des dépenses publiques vont au-
delà du simple transfert de ressources du secteur privé vers le gouvernement. En outre, Keynes a
également souligné l’effet multiplicateur qui accompagne de telles dépenses.
Selon la perspective keynésienne, la croissance du revenu d'un pays dépend de l'ampleur des
dépenses de consommation, des dépenses publiques, des investissements et des exportations
nettes. Keynes soutient que pour stimuler la croissance économique, il doit y avoir une
augmentation de la demande de consommation, des dépenses publiques, des investissements,
ainsi que des exportations et des importations, ce qui entraînerait une augmentation du revenu
national (Keynes, 1936).
Selon les critiques monétaristes, les politiques de la demande ne sont pas efficaces, car la
production globale ne réagit pas aux variations de prix à long terme, c’est ce que les économistes
monétaristes comme Milton Friedman et Edmund Phelps soutiennent. Ils estiment que la
politique monétaire est plus efficiente que la politique budgétaire tant que la courbe d'offre est
positive à court terme. Par ailleurs, certains théoriciens fiscaux, tels que J. Tobin et P. Samuelson,
avancent que les politiques monétaire et budgétaire peuvent toutes deux stimuler la production
nationale sur une période prolongée, mais que la politique budgétaire est plus efficace que la
politique monétaire (Topcu, 2012).
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D’un autre côté, l’objectif de la théorie Harrod-Domar1 est de fournir une explication des
conditions préalables qu’une économie doit remplir pour parvenir à une croissance cohérente et
durable. En abordant la question de la croissance économique, Harrod-Domar se concentre sur
l’aspect demande et souligne l’importance de l’accumulation de capital dans la trajectoire de
croissance. Pour maintenir l’équilibre des revenus au niveau du plein emploi et assurer la stabilité
dans le temps, il devient impératif de disposer de dépenses d’investissement capables d’absorber
l’augmentation de la production qui en résulte. Par conséquent, la présence d’investissements est
cruciale pour maintenir intact cet équilibre délicat (Evsey D. Domar, 1946).
Selon le modèle de Solow, le stock de capital à l’état stationnaire est fortement influencé par le
taux d’épargne. En termes simples, un taux d’épargne plus élevé se traduit par un stock de capital
plus important et une augmentation de la production dans l’économie, tandis qu’un taux
d’épargne plus faible a l’effet inverse. La politique budgétaire joue donc un rôle important dans le
fondement du modèle Solow. Des déficits budgétaires constants peuvent potentiellement
diminuer l’épargne nationale et limiter les capacités d’investissement. En conséquence, le résultat
à long terme est une réduction du stock de capital et du revenu national. Solow soutient qu’une
impulsion temporaire de la croissance peut être obtenue en augmentant le taux d’épargne, mais
que cette augmentation ne durera que jusqu’à ce que l’économie atteigne un nouvel état stable
plus élevé. Cependant, si l’économie continue à épargner à un rythme élevé, elle maintiendra
simplement une quantité substantielle de capital et un niveau de production élevé sans connaître
une croissance rapide et soutenue (Mankiw, 2006).
Adolf Wagner, est un autre économiste qui a avancé l'idée que les dépenses publiques et la
participation du gouvernement augmentent progressivement. Wagner a mené une étude dans
laquelle il a examiné la corrélation entre les dépenses publiques et le produit national dans divers
pays européens, aux États-Unis et au Japon au cours du XIXe siècle. Les résultats ont révélé une
augmentation constante de l’activité gouvernementale au sein de l’économie. Ce phénomène,
observé par Wagner, est communément appelé la loi de l’activité gouvernementale toujours
croissante (Hagen, 2001).
En outre, L’objectif d’un budget, en tant que stratégie gouvernementale, est de créer une situation
dans laquelle les dépenses publiques peuvent dépasser les revenus de l’État, dans le but de
stimuler l’économie (Aisyah, 2024). Dans les cas où les recettes publiques, notamment fiscales,
sont insuffisantes pour couvrir les dépenses, le gouvernement peut emprunter de l'argent pour
combler ce déficit (Dornbusch et Fisher, 2004). L’analyse de l’utilisation de la dette pour financer
le développement peut être approfondie à travers les théories du « Loan Pull » et du « Loan Push
». Hallberg (1989) est crédité du développement de la théorie du « Loan Pull ». Selon cette théorie,
la dette extérieure du gouvernement dans les pays sous-développés est influencée par le niveau
des besoins de financement du développement, la disponibilité de l'épargne intérieure et la
nécessité de financer le déficit d'exportation et d'importation. Ces facteurs déterminent
1
Le modèle Harrod-Domar, pionnier des théories de la croissance économique, propose une vision formalisée de
l'expansion économique. Précurseur des modèles de croissance exogène, il a jeté les bases des approches modernes
de la croissance, notamment le célèbre modèle de Solow. S'inscrivant dans la tradition keynésienne, il met l'accent
sur le rôle crucial de l'investissement et de l'épargne dans la dynamique de la croissance économique. En établissant
un lien entre le taux d'épargne, l'investissement, et le taux de croissance, le modèle Harrod-Domar a été une étape
essentielle pour comprendre comment les économies peuvent croître de manière soutenue.
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La politique budgétaire est un levier central pour orienter les conditions économiques d'un pays
et atteindre des objectifs de développement, tels que la stabilisation économique, la croissance à
long terme et la réduction des inégalités. Combinant des ajustements des revenus (impôts et
taxes) et des dépenses publiques (investissements et subventions), elle vise à atténuer les cycles
économiques en stimulant la demande lors des récessions et en freinant l'inflation lors des
expansions. Les investissements dans l'infrastructure, l'éducation et l'innovation en font un outil
essentiel pour renforcer le capital humain et physique, tout en favorisant une croissance inclusive
et durable.
Différents secteurs de l’économie sont impactés par les dépenses publiques. La présence de
dépenses publiques a une influence directe ou indirecte sur la production de biens et de services.
Lorsque le gouvernement alloue des fonds pour fournir des biens et des services, cela affecte
directement la production de biens essentiels. De plus, les dépenses publiques consacrées à
l’éducation ont un impact indirect sur l’économie en générant un plus grand bassin de personnes
qualifiées, ce qui entraîne à son tour une augmentation de la production.
À court terme, l’objectif principal de la politique budgétaire est d’avoir un impact sur la demande
globale au sein d’une économie. Toutefois, il est important de noter que cette politique peut
également avoir des effets à long terme sur l'offre, comme le renforcement de la capacité de
l'économie (Surjaningsih et al., 2012).
L'économie marocaine a été fortement influencée par le secteur public tout au long de son
histoire. Pour atteindre des objectifs de développement cruciaux, tels qu'une croissance
économique soutenue, la réduction du chômage et le contrôle de l'inflation, le gouvernement met
en œuvre des politiques budgétaires. Ces politiques reposent principalement sur deux
instruments : la fiscalité et les dépenses publiques. Ces dernières, composantes essentielles de la
politique budgétaire, visent à stimuler l'activité économique et à favoriser une croissance durable.
Le gouvernement remplit ce rôle en augmentant la part du produit intérieur brut (PIB) consacrée
aux dépenses publiques. L'implication économique du gouvernement se manifeste également à
travers la proportion croissante des dépenses publiques par rapport aux dépenses totales, une
tendance généralement orientée à la hausse.
L'étude de Khellaf (2015) approfondit cette dynamique en mettant en lumière l'impact spécifique
de la politique budgétaire sur le développement humain et la réduction de la pauvreté dans le
contexte marocain. À l'aide de modèles d'équilibre général calculable et de microsimulations, les
résultats montrent que les dépenses en infrastructures ont un effet significatif sur la croissance
économique, tandis que celles en éducation renforcent les capacités humaines à long terme.
Cependant, le financement de ces dépenses par des impôts directs peut accroître les inégalités,
posant un dilemme entre équité et croissance. En outre, l'efficacité de la politique budgétaire
repose sur sa coordination prudente avec la politique monétaire et sur sa réactivité face aux chocs
économiques. Cette complémentarité entre le capital humain et physique souligne la nécessité
d'une gestion équilibrée pour maximiser les retombées économiques tout en limitant les
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disparités sociales. Ainsi, la politique budgétaire demeure un outil stratégique pour promouvoir
le développement et garantir la stabilité macroéconomique, notamment dans les économies
émergentes comme celle du Maroc.
De nombreuses autres études indiquent que des modifications de la politique budgétaire peuvent
influencer la croissance économique au Maroc. Selon une recherche de El alaoui et Hafnaoui
(2018) montrent que les dépenses publiques récurrentes ont un impact positif sur la croissance
du PIB. L'impact des dépenses d'investissement n'est visible qu'à long terme ; bien que négatif. Il
est inattendu de constater que les dépenses d’investissement ont un impact négatif sur le PIB.
Cela peut provenir du fait qu’au Maroc, une part importante des fonds destinés à l’investissement
n’est pas dirigée vers des secteurs qui améliorent la production, tels que les infrastructures,
l’éducation et la recherche et développement. D’une part, les dépenses d’investissement public
sont fréquemment financées par l’emprunt, ce qui entraîne des coûts d’intérêt plus élevés sans
entraîner de dépenses productives, mettant ainsi en évidence les caractéristiques improductives
des dépenses publiques.
En outre, une autre recherche de Obad et Jamal (2016) confirme un impact négatif des dépenses
publiques sur la croissance économique à long terme, principalement en raison du caractère
improductif des dépenses et de la lourde charge de la dette publique. À court terme, les dépenses
publiques réduisent la croissance, mais celles de l'année précédente ont un effet positif. Ces effets
sont dus à la mauvaise gouvernance, au gaspillage, et à la priorité donnée aux dépenses de
fonctionnement au détriment de l'investissement. Une politique budgétaire plus rationnelle et
efficiente est donc nécessaire pour stimuler la croissance économique.
Une étude concernant la politique fiscale marocaine mené par Kchirid, et al., (2019) montre qu’il
existe un impact négatif entre les recettes fiscales rapportées au PIB décalé d’un retard et la
croissance économique. Des résultats qui concordent avec ceux rapportés par Eaton (1981),
Skinner (1987) et Barro (1990). L'étude sur la fiscalité et la croissance économique au Maroc vise à
explorer comment les recettes fiscales (RF), c'est-à-dire les revenus que l'État tire de la collecte
d'impôts, influencent la croissance économique du pays. Cette analyse permet de comprendre si
et comment les politiques fiscales peuvent stimuler ou freiner l'économie marocaine.
En outre, une étude indique que le taux de pression fiscale idéal pour une croissance économique
est de 24,44 %. Au cours des dix dernières années, le taux de pression fiscale au Maroc a oscillé
entre 19% et 28%, avec une moyenne annuelle de 23% (Afifi et Ramdaoui 2019). Bien qu’il existe
une légère différence entre le taux de pression fiscale idéal et le taux de pression fiscale réel, le
système fiscal marocain se caractérise par sa complexité et une variété de taux qui s’appliquent sur
une assiette fiscale limitée. Concrètement, 80 % de l’impôt sur les sociétés proviennent de
seulement 2 % des entreprises, tandis que 70 % de l’impôt sur le revenu provient des revenus
salariaux. De plus, l’absence de contrôle fiscal efficace favorise les conditions propices à la fraude,
à l’évasion et à l’évasion fiscale. Même si le niveau de pression fiscale constitue une mesure
importante des conditions de politique fiscale, il reste quelque peu limité, car il ne donne pas
d’indications sur l’efficacité redistributive du système fiscal.
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2. METHODOLOGIE
Nous allons adopter comme méthode une recherche qui repose sur l'utilisation des ressources
disponibles dans les bibliothèques pour obtenir des informations pertinentes. En effet, le choix
de cette méthode de recherche est pertinent pour comprendre en profondeur un contexte où le
Maroc a su maintenir une croissance modérée malgré des pressions externes (telles que la
pandémie, les tensions géopolitiques ou l'augmentation des prix des matières premières). Notre
démarche s'appuie sur une revue systématique de la littérature pour identifier les principaux
leviers de l'efficacité budgétaire, ainsi que sur l'analyse des politiques publiques marocaines
récentes et des rapports officiels (par exemple, ceux du MEF et de Bank Al-Maghrib). Aussi nous
mettons la lumière sur l’évolution historique de la politique budgétaire au Maroc et son
adaptation aux mutations de l'économie mondiale, par le passage d’une politique budgétaire plus
réactive en période de crise à une stratégie de développement à long terme.
La recherche bibliothèque se considère comme une méthode pertinente pour ce type d’études.
Car elle permet de recouper les analyses théoriques et empiriques issues de sources diverses
(articles académiques, rapports gouvernementaux, études de cas internationales) afin de dégager
les tendances et impacts de la politique budgétaire sur la croissance économique. Comme le
souligne Umberto Eco (2018), Dans son ouvrage Comment faire une thèse, explique que la
recherche bibliographique est une méthode essentielle pour collecter et analyser des informations
déjà existantes sur un sujet donné. Selon lui, cette démarche repose sur l'exploration systématique
de documents disponibles dans les bibliothèques ou autres centres de documentation, tels que
des livres, des articles de revues académiques, des thèses, et des archives.
Il est à indiquer, que la méthodologie adoptée dans cet article vise non seulement à apporter un
éclairage théorique sur l'interaction entre politique budgétaire et croissance économique, mais
également vise à démontrer que les analyses empiriques sur la politiques budgétaires s’alignent
avec les orientations stratégiques instaurées par le gouvernement marocain, ainsi d’offrir des
pistes concrètes pour une meilleure gestion des dépenses publiques et une optimisation de
l'impact des politiques fiscales.
3. DISCUSSIONS ET RESULTATS
La politique budgétaire représente un levier essentiel pour la gestion économique d'un pays,
permettant de stabiliser les fluctuations économiques et de stimuler la croissance tout en
maintenant des objectifs sociaux et économiques (Samuelson et Nordhaus 2005). À travers des
outils tels que la fiscalité, les dépenses publiques et la mobilisation des ressources, elle vise à
améliorer le bien-être public en soutenant l'activité économique et en favorisant la stabilité
macroéconomique (Dornbusch et Fischer 2004). En modulant les recettes et les dépenses, la
politique budgétaire peut atténuer les récessions, maîtriser l'inflation et promouvoir un niveau
d'emploi élevé (Blanchard et Perotti 2002). Conçue comme un mécanisme adaptable, elle doit
s'intégrer dans des cadres économiques variés pour répondre aux spécificités des contextes
nationaux et internationaux (Auerbach, 2002). Cette adaptabilité permet d'assurer un équilibre
entre les objectifs de croissance à court terme et les impératifs de durabilité à long terme, tout en
tenant compte des particularités des systèmes économiques. En outre, l'efficacité de la politique
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budgétaire repose sur sa capacité à maintenir un cadre fiscal et social équilibré, contribuant ainsi
à une prospérité durable (Alesina et Perotti 1997).
En adoptant une telle ou telle politique fiscale, le gouvernement vise à orienter l'économie dans
la direction souhaitée. Par ce moyen, il cherche à influencer le cours de l'économie en impactant
des éléments clés tels que le niveau de revenu national, les opportunités d'emploi, le volume des
investissements nationaux, et la répartition des revenus au sein du pays.
La politique budgétaire a été développée par l'économiste britannique John Maynard Keynes dans
son ouvrage de 1936, "La Théorie générale de l'emploi". Keynes a élaboré sa théorie en réponse à
la Grande Dépression des années 1930 aux États-Unis, critiquant la théorie économique classique
de l'époque. Selon la théorie classique, les dépenses publiques pourraient réduire les dépenses
privées car cette approche suppose des conditions de plein emploi. En revanche, la théorie
keynésienne affirme que l'intervention gouvernementale est essentielle pour atteindre une
économie saine. Cette approche a jeté les bases de la politique budgétaire.
L’année 2020 a été témoigne d’un grand bouleversement mondial causé par la COVID-19 que nul
pays n’a été épargner. En effet, le Maroc a également subi les conséquences néfastes de cette
pandémie. Au milieu de ces évènements sombres, le marché boursier marocain a fait preuve d’une
stabilité financière2 grâce aux mesures d’urgence mises en œuvre par les autorités concernées
initiées par Sa Majesté le Roi qui ont été au rendez-vous pour maintenir la stabilité financière du
marché boursier marocain face à cette crise sanitaire. Différentes initiatives de protection sociale,
notamment celles destinées aux familles pauvres et vulnérables, ont toujours occupé une place
importante dans le budget national. Avec l'annonce par l'OMS de la fin du statut de COVID-19, le
développement rapide des dynamiques internationales postpandémie a introduit une grande
complexité pour les années à venir. L'économie mondiale doit faire face à quatre grands défis
actuels et futurs. Premièrement, les tensions géopolitiques ; deuxièmement, le développement
rapide de la technologie virtuelle ; troisièmement, le changement climatique et ses réponses
politiques.
2
Voir, Amhiray, A., et al « L'impact du covid-19 sur la stabilité financière du marché des capitaux marocain ».
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Alors que l’Etat marocaine se lance dans la création de la dernière note financière et du budget
sous la direction de sa Majesté le Roi Mohammed 6, le document PLF3 (2024) joue un rôle crucial.
Malgré des perturbations importantes dans l'économie mondiale, le gouvernement, en
collaboration avec la Chambre des représentants et des conseillés ainsi que l'ensemble de la
société, a réussi à maintenir une croissance économique robuste, permettant une reprise rapide
pendant la pandémie et la mise en œuvre résolue d'initiatives globales de réforme structurelle. Au
cours de la dernière décennie, le Royaume chérifien a pu faire face à d’énormes défis externes.
Dans cette optique et pour une meilleure compréhension, il semble important de citer l’historique
de 2013 à 2022, où le taux moyen de croissance économique mondiale n’a été que de 3,1 %, en baisse
par rapport à la croissance de 4,2 % de la décennie précédente. Plusieurs facteurs ont contribué à
cette décélération, notamment l'escalade du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine,
les conséquences de la crise financière mondiale marquée par l'épisode de « taper tantrum »4 de
resserrement des politiques monétaires, l'impact perturbateur de la pandémie de la Covid-19, le
conflit en cours en Ukraine entraîne une flambée des prix des matières premières et une inflation
mondiale galopante, ainsi que la prévalence croissante des perturbations induites par le
changement climatique.
Malgré les bouleversements importants provoqués par la crise économique mondiale, nous
exprimons notre gratitude envers l’économie marocaine qui a réussi à rester résiliente. La
collaboration et l'assistance fructueuses de diverses parties prenantes, notamment le parlement,
les organismes gouvernementaux et tous les secteurs de la société, dans l'exécution de
nombreuses initiatives de développement, ont produit des résultats concrets pour l'économie. En
effet le Maroc a suivi une optique Keynésienne cité au-dessus si nous nous référons au graphe 1
au-delà du déficit budgétaire on peut conclure que le Maroc a augmenté ses dépenses publiques
au période de récession afin de maintenir la résilience de son économie.
Graphique 4.5 : Solde budgétaire à fin février
3
Le Projet de Loi de Finances (PLF) est un document officiel présenté par le gouvernement au Parlement
chaque année, conformément à la Constitution marocaine. Il définit les orientations budgétaires de l’État pour
l’année à venir, ainsi que les recettes et les dépenses prévues. C’est un outil central pour la mise en œuvre des
politiques publiques.
4
En mai 2013, les marchés financiers ont connu une période marquée par l’agitation, connue sous le nom de «
Taper Tantrum ». Pendant cette période, il y a eu une instabilité notable en raison de l'annonce par la Réserve
fédérale (la Fed) de son intention de réduire son programme d'achat d'obligations, également connu sous le
nom de « Quantitative Easing ».
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Dans la décennie précédant la pandémie de Covid-19, le Maroc et l’un des rares pays de l’Afrique
du nord avec l’Egypte qui ont pu rester proche de la moyenne de la croissance économique
mondiale.
Avant la pandémie mondiale, la croissance économique moyenne de notre pays durant la période
2010 et 2019 atteignait le chiffre de 3,485 %, à peu près équivalente à la moyenne mondiale 3,7%.
Cette croissance a également dépassé les autres économies des pays nord-africaine en voie de
développement, qui ont connu un taux de croissance moyen de 3,04 %. Malgré le ralentissement
économique mondial, l'engagement inébranlable de notre gouvernement envers les
investissements et les initiatives a réussi à stimuler l'activité économique nationale.
Le 31 décembre 2019, une forme non identifiée de pneumonie est apparue à Wuhan, en Chine. Il
a ensuite été découvert qu'elle était causée par un nouveau coronavirus, connu sous le nom de
COVID-19, officiellement identifié le 7 janvier 2020. Ce virus, désormais appelé SRAS-CoV-2, a
rapidement acquis la capacité de se propager d'une personne à l'autre, entraînant une épidémie
importante en Chine ainsi que de nombreux cas signalés dans divers pays à travers le monde.
Consciente de la gravité de la situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré, le
30 janvier 2020, que cette flambée constituait une urgence de santé publique de portée
internationale. Cette déclaration a été faite conformément aux réglementations énoncées dans le
Règlement sanitaire international (RSI, 2005) (Ministère de la Santé du Royaume du Maroc).
Le PIB marocain a affiché une baisse notable, atteignant -0,8 % au cours du premier trimestre
2020, bien que le Maroc n’ait encore enregistré aucun cas de contamination. Toutefois, les effets
de la pandémie à l’échelle internationale commençaient déjà à impacter l’économie nationale.
Cependant, le trimestre suivant a enregistré une baisse encore plus significative de -14,9 %. À
l’inverse, au troisième trimestre 2020, une baisse moins prononcée de -7,5 % a été observée, suivie
d’une réduction encore plus modérée de -5,4 % au quatrième trimestre. Ces chiffres indiquent
que le Maroc a été confronté à une récession technique au troisième trimestre, son PIB ayant
enregistré des valeurs négatives pendant quatre trimestres consécutifs.
Une récession peut avoir un impact simultané sur diverses activités économiques, notamment les
bénéfices des grandes et petites entreprises, les taux d’emploi et les opportunités d’investissement
5
Calculs de l’auteur, on se référant à la base de données de la banque mondiale concernant les pays nord-africain pour la
période 2010-2019 qui exprime largement la situation économique avant la crise de la covide-19.
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(Blandina et al., 2020). Une étude faite au niveau de l’Indonésie par Yamali et Putri (2020)
renforcent cette affirmation, en soulignant diverses indications tangibles, telles que d'importantes
suppressions d'emplois, une réduction des importations, l'inflation, ainsi que les revers financiers
rencontrés par les secteurs du transport aérien et de l'hôtellerie. En outre, la mise en œuvre des
mesures de confinement liées à la Covid-19, comme les restrictions sociales à grande échelle, a
contribué à une diminution du pouvoir d’achat des consommateurs.
Il est à noter, que bien avant l’apparition de la pandémie covid-19 et le conflit géopolitiques (guerre
de l’Ukraine-Russie) le Maroc avait déjà lancé un programme de grande envergure qui vise une
réalisation économique plus efficace. Se basant sur une stratégie politique à court terme qui donne
la priorité à la résolution d’une série d’obstacles et au renforcement des fondamentaux. Ses
principaux objectifs comprennent l’accélération de l’éradication de l’extrême pauvreté,
l’accélération du ralentissement de la croissance, la gestion de l’inflation et la stimulation des
investissements (El Mokri, 2016).
L'objectif principal est d'accélérer l'éradication de l'extrême pauvreté au Maroc d'ici 2030. Pour y
parvenir, le gouvernement a présenté les instructions Royales6, qui vise à garantir que chaque
famille soit sortie de l'extrême pauvreté d'ici 2030. La pauvreté est définie comme le fait de vivre
avec moins de 2,15 USD en parité de pouvoir d’achat (PPA) par jour, ce qui équivaut à environ 21,12
DHM par personne et par mois (Banque mondiale, 2024). Au cours des dix-huit dernières années,
l’extrême pauvreté a considérablement diminué. De 2001 à 2019 la vulnérabilité mesurée par
l’approche absolue à déminué de 38,1% selon l’Enquête Nationale sur la Consommation et les
Dépenses des Ménages à 8,5% d’après l’Enquête Panel des Ménages (ONDH)7.
Pour assurer la stabilité économique et préserver le pouvoir d'achat des citoyens, le troisième
objectif du gouvernement est de gérer efficacement l'inflation. Les tensions géopolitiques
persistantes entre la Russie et l’Ukraine ont provoqué une perturbation du commerce
international, entraînant une reprise économique mondiale incomplète et une hausse des prix
des matières premières. En conséquence, les pressions inflationnistes sont devenues plus
persistantes, conduisant à la mise en œuvre de politiques monétaires plus agressives. Cependant,
malgré le climat économique mondial difficile, le Maroc a affiché des performances économiques
6
Discourt Royal d’ouverture du parlement le vendredi 13 octobre 2023.
7
Observatoire National du Développement Humain.
8
Voir la Stratégie Nationale Multisectorielle de Nutrition 2024-2030.
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remarquables. En fait, il s’agit de l’un des pays en voie de développement les plus résilients en 2023
avec une production réelle en hausse de 3,4 %, De plus, malgré les fortes pressions inflationnistes
mondiales, ainsi que le tremblement de terre d’Al-haouz l’économie marocaine n’en a pas
pleinement ressenti l’impact selon le dernier rapport économique de la banque mondiale (2024).
Le budget de l’État joue un rôle crucial dans la gestion de l’inflation en mettant en œuvre des
politiques liées aux subventions énergétiques, aux compensations et à l’ajustement des prix des
carburants. Ces mesures sont généralement mises en place pour atténuer l’impact des fluctuations
des prix mondiaux du pétrole. En 2014 et 2022, la hausse des prix mondiaux du pétrole a exercé
une pression considérable sur l’inflation des prix administrés.
Améliorer le calibre du capital humain grâce à la mise en œuvre de politiques offrant des
incitations fiscales, telles que des exonérations, des déductions et des allègements d'impôt sur le
revenu, ainsi que d'autres impôts applicables, à condition que les critères spécifiés soient remplis
par l'entité commerciale ou le contribuable. Ainsi que la poursuite de la mise en œuvre progressive
de la loi cadre n° 69-19. En collaboration avec des partenaires privés et publics, le gouvernement
a élaboré une feuille de route globale visant à améliorer l'environnement des affaires d'ici 2026,
avec un accent particulier sur l'avancement des projets stratégiques du Royaume11.
Au cours des années à venir, la politique se concentrera sur l'amélioration de la qualité des
ressources humaines, l'accélération de la croissance des infrastructures, la promotion d'activités
économiques de grande valeur en réduisant la dépendance à l'égard des ressources naturelles, la
refonte des institutions et la rationalisation des réglementations, et la promotion de la transition
vers une économie verte.
9
Voir Bank Al-Maghrib et la situation de l’investissement (15 février 2022).
10
Voir budget de citoyen de la loi de finance 2024.
11
Voir ministère de l’économie et des finances « rapport économique et financier »
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La réforme du système éducatif vise plusieurs axes pour améliorer l'apprentissage et le cadre
éducatif. Pour les élèves, la généralisation du préscolaire prévoit la construction et la
réhabilitation de milliers de salles, ainsi que la mise en place des "Écoles pionnières" pour réduire
la déperdition scolaire. Un suivi plus transparent des élèves sera instauré via un "livret de
compétences". L'enseignement de l'Amazighe sera élargi et l'anglais introduit dans les premières
années du collège. Pour les enseignants, une indemnité mensuelle sera maintenue pour ceux en
formation pédagogique. En termes d'infrastructure, de nouveaux établissements seront
construits et les projets de réhabilitation des écoles poursuivis. Concernant l'enseignement
supérieur, des filières seront diversifiées et des centres d'excellence créés, avec une extension des
capacités d'accueil universitaires. La formation professionnelle verra l'ouverture des Cités des
Métiers dans plusieurs régions et le lancement de la plateforme "My Way" pour accompagner les
jeunes dans leur parcours professionnel.
Le Maroc s’est mis comme deuxième objectif l’accélération du développement des infrastructures,
afin d’augmenter la capacité productive et sa compétitivité. En effet, depuis plusieurs années, le
Maroc a lancé d’importants projets d’infrastructures qui ont influencé la structure économique
tant au niveau national que régional. Ces initiatives soutiennent donc diverses stratégies
décentralisées et sectorielles. Dans ce contexte, le Maroc a été classé 53ème dans le dernier rapport
du Forum économique mondial (WEF) sur la compétitivité mondiale, publié en octobre 2019, qui
évalue la qualité des infrastructures dans 140 pays à travers le monde. En effet, des investissements
qui dépassent les 40 milliards de dollars dans les différents réseaux tel que le réseau autoroutier
12
Prière de voir El Alaoui et al., (2024) qui expliquent l’importance de la productivité des facteurs (tel que les
ressources humaines, qui sont un point pertinent pour les économies émergentes).
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qui s’est développé pour atteindre les 1.800 km, cela permettra de connecter toutes les villes de
plus de 400 000 habitants. D’ici 2030, elle devrait s’étendre sur 3 000 km. Ainsi que, le réseau de
ports qui comprend 39 installations, dont 13 sont spécifiquement axées sur le commerce extérieur.
Dans ce contexte, le port Tanger Med s'impose comme une plateforme cruciale de par ses capacités
remarquables : il peut traiter 9 millions de conteneurs, accueillir 7 millions de passagers, gérer
700 000 camions TIR (« Transit International Routier ») et faciliter l'exportation de 1 millions de
véhicules. En outre, les aéroports, le pays compte 18 aéroports, dont 16 désignés comme
internationaux, tous desservis par diverses compagnies aériennes internationales les reliant aux
principaux pôles économiques et centres d'affaires mondiaux. Et enfin, les lignes ferroviaires, Le
réseau comprend 2 110 kilomètres de voies et compte 120 gares qui font l'objet de rénovations
régulières. Le Maroc est devenu le premier pays africain à introduire un train roulant à 320 km/h
sur sa ligne à grande vitesse, reliant les principales villes économiques de Tanger et Casablanca.
Selon le plan directeur, d'ici 2035, le projet devrait s'étendre pour inclure Agadir, Oujda,
Marrakech et Fès13.
La politique fiscale conçue pour accélérer le développement des infrastructures en 2024 met
l’accent sur plusieurs domaines clés. Les priorités de cette politique comprennent : i. Le
développement continu des infrastructures pour soutenir la transformation commerciale et
économique, englobant les TIC14, l’énergie, la connectivité et les systèmes alimentaires. ii.
Améliorer les infrastructures de base, notamment les services d’eau potable et d’assainissement.
iii. La construction d’infrastructures vertes comme moyen de lutter contre le changement
climatique. iv. Renforcer les infrastructures qui contribuent au développement des ressources
naturelles. Néanmoins, plusieurs défis persistent dans le développement des infrastructures, tels
que le manque de coordination entre le gouvernement et les autorités locales en ce qui concerne
les politiques ou réglementations, les coûts de financement élevés et les ressources nationales
limitées.
Le Maroc, situé au sud de la Méditerranée et couvrant 710 000 km², est un pays de transition
écologique, confronté à une forte pression démographique. Cette croissance a exacerbé la pression
sur les ressources naturelles, telles que l'eau, les sols, et la végétation, aggravée par des sécheresses
cycliques. La dégradation des sols, la désertification, et l'érosion côtière menacent sérieusement
l'environnement. La situation pourrait empirer d'ici 2030 avec l'urbanisation croissante, la
pollution, et le développement industriel. Pour y remédier, un développement intégré prenant en
compte l'environnement est crucial. Des scénarios prospectifs envisagent différents avenirs en
13
Selon le comité national de l’environnement des affaires (CNEA).
14
TIC fait référence aux Technologies de l'Information et de la Communication. Ce terme regroupe l'ensemble
des technologies utilisées pour gérer et transmettre des informations, notamment l'internet, les
télécommunications, l'informatique, ainsi que les outils et les services numériques. Dans le contexte de la
politique budgétaire, le développement des TIC signifie donc la mise en place d'infrastructures technologiques
pour améliorer la communication et les transactions électroniques, contribuant ainsi à la transformation
économique et à la facilitation des affaires.
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fonction des mesures prises, notamment des politiques juridiques, fiscales, et des investissements
en faveur des énergies renouvelables et d'une gestion durable des ressources15.
Le Département de l'Environnement du Maroc a lancé une étude nationale pour élaborer un plan
d'actions visant à valoriser les déchets miniers pour lutter contre la dégradation des ressources
naturelles et la pollution liées aux activités minières. Cette étude évalue les risques
environnementaux des sites miniers marocains et propose des méthodes pour transformer ces
risques en opportunités économiques, créant ainsi richesse et emploi tout en préservant la santé
des populations proches. Le plan d'actions en cours met en avant le potentiel économique des
déchets miniers des sites prioritaires, comme Sidi Boubker et Zaida, et propose des solutions de
valorisation respectueuses de l'environnement. Un Système d'Information Géographique (SIG)
est également en développement pour suivre l'état des mines abandonnées et promouvoir le
patrimoine minier national16.
Avec les réformes bureaucratiques en cours, le gouvernement devrait devenir plus agile et plus
réactif aux changements technologiques face à une concurrence mondiale croissante.
Le cinquième objectif vise à favoriser la croissance d’une économie verte. L’objectif est de mettre
en œuvre des réformes structurelles et des politiques fiscales qui favorisent le développement
économique tout en réduisant ses effets sur la durabilité environnementale. Cette nouvelle
approche de la croissance économique vise non seulement à réaliser des progrès robustes et
socialement inclusifs, mais également à réduire l’impact environnemental d’un tel
développement. L’un des défis les plus importants à relever est l’émission de gaz à effet de serre
(GES), qui peuvent contribuer à la hausse des températures et aux catastrophes naturelles. Divers
accords, coopérations et engagements internationaux ont abordé la réduction des émissions de
GES. Par conséquent, la majorité des initiatives d’économie verte sont conçues pour protéger
l’environnement, garantissant ainsi un développement durable pour les générations à venir.
D’ailleurs, les études empiriques que nous avons examinées précédemment ne divergent pas avec
ces objectifs et fournissent un cadre favorable à leur réalisation. En outre, ses études démontrent
que l’assiette fiscale au Maroc est limitée, car des taux d’imposition relativement élevés coexistent
avec un nombre important de contribuables soit exonérés d’impôt, soit pratiquant l’évasion
15
D’après le Haut-Commissariat au Plan (HCP).
16
Ministère de la transition énergétique et du développement durable.
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fiscale. Il est donc essentiel que l’État adopte une politique fiscale visant à élargir l’assiette fiscale
et à améliorer la compétitivité des PME, ou bien à réduire les taux d’imposition pour promouvoir
une plus grande équité. Il est également évident que la réforme fiscale ne peut pas se concentrer
uniquement sur les dépenses fiscales sans affecter le niveau global des recettes fiscales.
Conclusion
L’importance des secteurs vitaux : des secteurs tels que l’industrie manufacturière et les
infrastructures sont essentiels pour propulser la croissance économique. Il est donc essentiel de
donner la priorité à ces domaines lors de l’élaboration des politiques. Défis et perspectives : Bien
qu’il existe des obstacles à surmonter en ce qui concerne les fluctuations économiques mondiales,
il existe également des opportunités pour améliorer la compétitivité et assurer la durabilité
économique via des réformes politiques. Les efforts futurs, ainsi que la collaboration entre les
secteurs, devraient renforcer les effets bénéfiques de la politique budgétaire sur la croissance
économique.
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