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Impact des édulcorants sur la santé

Ce document traite de l'impact de la consommation de sucres et d'édulcorants sur la santé, en mettant en lumière les recommandations de l'OMS pour réduire l'apport en sucres libres. Il explore la définition, l'histoire et la classification des édulcorants, ainsi que leurs effets potentiels sur des maladies comme le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. L'objectif final est d'évaluer les habitudes de consommation d'édulcorants et les perceptions de leur impact sur la santé au sein d'une population ciblée.

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Impact des édulcorants sur la santé

Ce document traite de l'impact de la consommation de sucres et d'édulcorants sur la santé, en mettant en lumière les recommandations de l'OMS pour réduire l'apport en sucres libres. Il explore la définition, l'histoire et la classification des édulcorants, ainsi que leurs effets potentiels sur des maladies comme le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. L'objectif final est d'évaluer les habitudes de consommation d'édulcorants et les perceptions de leur impact sur la santé au sein d'une population ciblée.

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Introduction

Cette dernière décennie a été marquée par une prise de conscience importante des effets
secondaires d’une consommation excessive de sucres. Des avis et recommandations pour
limiter la consommation de sucres ajoutés et de sucres libres, provenant de diverses denrées
alimentaires, ont été établis par les autorités de santé nationales et l’Organisation mondiale de
la santé (OMS). En 2015, l’OMS recommandait ainsi de réduire l’apport en sucres libres à
moins de 10 % et, si possible, à 5 % de la ration énergétique totale [1].

Ces mesures reflètent l’émergence de preuves qui établissent un lien entre consommation de
sucres et toute une série de conséquences pour la santé, notamment sur le plan
cardiovasculaire et métabolique (diabète, obésité…) [2].

Face à ces risques, l’industrie agroalimentaire a largement adapté son offre avec la
généralisation de produits contenant des édulcorants avec la promesse de substituer le sucre
pour limiter les apports caloriques tout en maintenant le caractère appétitif des produits.
Cependant, un grand nombre de données observationnelles questionnent l’efficacité et la
sécurité de cette stratégie. En effet, des méta-analyses ont notamment rapporté un lien entre
incidence du diabète de type 2 (DT2) et la consommation d’édulcorants [3].

Au cours de notre travail après avoir défini la notion d’édulcorant, les mécanismes d’action
des différents édulcorants, et fait le point sur les principales données qui apportent un
éclairage sur les possibles inconvénients de cette stratégie l’objectif de ce mémoire est
d’évaluer les habitudes de consommations d’édulcorants au sein d’une population ciblée et
d’analyser les connaissances et perceptions concernant leur impact sur la santé notamment en
lien avec diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires .
Chapitre
1 : les
édulcorant
s

1/Définition
Les édulcorants sont des molécules naturelles ou de synthèse ; destinée à donner un gout sucré
aux aliments ou au médicaments. Aujourd’hui les édulcorants rencontrent de plus en plus de
succès.
Un édulcorant est un produit ou une substance ayant un goût sucré. Le plus souvent, le terme
« édulcorant » fait référence à des ingrédients destinés à changer le goût d’un aliment ou
d’un médicament en lui conférant une saveur sucrée. Certains édulcorants n'apportent pas de
calories, d'autres moins que le sucre de table (saccharose), d'autres ont l’avantage de ne pas
être cariogènes et certains sont plus sucrés que le sucre [4].
Les édulcorants, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sont des substances
utilisées pour donner une saveur sucrée aux aliments, souvent sans apporter de calories. Ils se
divisent principalement en deux catégories : les édulcorants intenses, qui ont un pouvoir
sucrant élevé, et les édulcorants de charge, qui ont un pouvoir sucrant plus proche de celui du
sucre traditionnel [4] [5].

2/Histoire
L'histoire des édulcorants est marquée par des découvertes fortuites et des controverses [6].
L'utilisation de substances sucrantes remonte à l’Antiquité, Bien avant la découverte par les
Européens du « miel de roseau » puis le boom de la betterave à sucre, qui consacre la
diffusion à bas prix du sucre dans le monde, la saveur sucrée était très recherchée. Les
cuisines anciennes faisaient un grand usage du miel, des fruits secs (dattes, abricots, raisons,
pruneaux) ou confits, des jus (notamment de groseille ou de raisin). Comme le miel était cher,
on cherchait déjà des édulcorants. Dans la Rome impériale par exemple, on fabriquait le sapa,
sorte de sirop intensément sucré, obtenu à partir de jus de raisin, de la lie de vin ou du
vinaigre qu’on faisait bouillir dans des casseroles de plomb [7].
Voici un aperçu chronologique des principaux édulcorants les plus fréquemment utilisés :
Saccharine fut découverte en 1879 par Remsen et Fahlberg. La saccharine est le plus «
ancien » des LNCS : elle est utilisée depuis plus d’un siècle dans les aliments et boissons [8].

Stévia (Stevia rebaudiana) : Utilisée depuis des siècles en Amérique du Sud, autour de 1900
un botaniste suisse, le docteur Moisés Santiago Bertoni, commence à étudier la plante. En
1931, deux chimistes français ont isolé les premiers glycosides de stéviol, à savoir les extraits
purifiés des composants sucrés de la feuille de stévia et dont l’utilisation est aujourd’hui
autorisée. Elle est devenue populaire récemment pour son pouvoir sucrant sans calories [8]
[10].

Cyclamate fut découvert en 1937 à l’Université de l’Illinois. Ce terme est utilisé pour
désigner le LNCS acide cyclamique et ses sels de sodium et de calcium [8].
Autorisé en 1954, interdit aux États-Unis en 1969, puis ré-autorisé en 1984 après avoir été
déclaré sans danger [9].

Aspartame fut découvert en 1965 par le chimiste James Schlatter [8].


Il a été autorisé puis interdit aux États-Unis en 1974, avant d'être ré-autorisé en 1981 [9].

Sucralose fut découvert en 1976 dans le cadre d’un programme de recherche sur le sucre par
les Chercheurs du Queen Elizabeth College, Université de Londres [8].

Acésulfame K fut découvert en 1967 par le docteur Karl Clauss, un chercheur de Hoechst AG
en Allemagne [8].

3/Classification des édulcorants


La classification des édulcorants peut être effectuée selon plusieurs critères, notamment leur
origine, leur pouvoir sucrant, de leur capacité à fournir des calories ou encore de leurs effets
sur la santé.
Les édulcorants peuvent être classés en trois grandes catégories : les édulcorants naturels, les
édulcorants artificiels et les polyols [11].

3/1. Les edulcorants naturels


Un édulcorant naturel est une substance sucrée extraite de sources naturelles, souvent
végétales, qui peut être utilisée pour sucrer des aliments ou des boissons. Contrairement aux
édulcorants synthétiques, ils proviennent directement de plantes ou d'autres sources naturelles
sans transformation chimique importante [12].

Voici quelques exemples des édulcorants naturels :

Le saccharose
Le saccharose est le sucre naturel le plus connu de notre alimentation, c’est un disaccharide
constitué d’une molécule de glucose et d’une molécule de fructose lesquelles, lors de la
digestion, sont libérées et absorbées séparément. Sa formule chimique est le C12H22O11 , et
sa masse moléculaire est de 342,30 g/mol [23].
Le saccharose est produit naturellement dans les plantes, principalement dans la canne à sucre
et la betterave sucrière, où il agit comme source d'énergie et de carbone. Il est également
présent dans d'autres aliments tels que les fruits, les légumes et le miel [24].
Il est utilisé sous forme de mélasse dans le cadre de biotechnologies, en tant que substrat pour
la synthèse de l’éthanol, l’acide citrique, l’amidons, les acides aminés, enzymes et
antibiotiques.
Le saccharose possède un usage en agriculture, la pulvérisation de très faibles doses de sucres
solubles en arboriculture possède un effet insectifuge en modifiant la perception de la plante
par les insectes ravageurs [26].
En médecine, le saccharose est utilisé comme complexe avec l’hydroxyde ferrique administré
par voie intraveineuse dans les anémies par carence martiale [27].
Figure 1 Structure chimique du saccharose
Le fructose
Le fructose aussi nommé lévulose ou sucre de fruit, c’est un monosaccharide présent
naturellement dans les fruits et le miel, ou obtenu par hydrolyse du saccharose. Sa formule
chimique est le C6H12O6, et sa masse moléculaire est de 180,16 g/mol, tout comme le
glucose [29].
Le fructose est métabolisé différemment du glucose dans le corps. Il est principalement
métabolisé dans le foie et est utilisé pour produire de l'énergie ou stocké sous forme de
glycogène [30].
Cependant, une grande consommation de fructose peut entraîner une augmentation du taux
de triglycérides dans le sang, qui est associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires.
[28]
Le fructose est souvent considéré comme un édulcorant naturel, car il est environ deux fois
plus sucré que le saccharose (sucre de table) et est souvent utilisé comme alternative au sucre
dans les aliments et les boissons. Il est également utilisé dans l'industrie alimentaire comme
agent de conservation pour les fruits en conserve et les confitures. [31]
Le fructose est également utilisé dans l'industrie pharmaceutique pour produire des
médicaments, tels que les sirops contre la toux, ainsi que dans l'industrie cosmétique pour
produire des crèmes et des lotions pour la peau.
Figure 2 Structure chimique du D-fructose

Le glucose
A son tour le glucose aussi appelé dextrose ou sucre de raisin, est un monosaccharide obtenu
par hydrolyse totale de l’amidon, vu sa grande similitude avec le saccharose, il peut le
remplacer dans beaucoup d’aliments où une douceur plus faible que celle du saccharose est
souhaitée.
Le glucose existe sous deux formes isomériques, le D-glucose et le L-glucose, qui diffèrent
par la position d'un groupe OH sur l'atome de carbone numéro 5. La forme D-glucose est la
plus courante dans la nature et est utilisée par les organismes vivants pour la production
d'énergie. [32]

Le glucose est présent naturellement dans de nombreux aliments, notamment les fruits, les
légumes, les céréales et le miel. Il est également utilisé dans l'industrie alimentaire pour la
fabrication de produits sucrés tels que les bonbons, les boissons sucrées et les desserts.
En médecine, le glucose est utilisé pour le traitement de l'hypoglycémie, une condition
caractérisée par une baisse dangereuse du taux de sucre dans le sang. [33]

Figure 3 Structure chimique du glucose


3/2. Les édulcorants artificiels
Un édulcorant artificiel est une substance chimique synthétisée qui donne un goût sucré aux
aliments et boissons sans les calories associées au sucre traditionnel, utilisée pour réduire
l'apport énergétique tout en conservant la saveur sucrée [74].

L’aspartame
L’aspartame a un pouvoir sucrant 150 fois plus élevé que celui du sucre. Il ne laisse aucun
arrière-goût, mais perd son pouvoir sucrant à la cuisson. Son utilisation est déconseillée aux
jeunes enfants et certaines personnes peuvent mal le supporter. Il n’est pas toléré par les
personnes souffrant de phénylcétonurie - une maladie génétique. Sa dose journalière
acceptable est limitée à 40 mg par kilo de poids [13].
Dans l’industrie alimentaire, l'aspartame est l'édulcorant intense le plus fréquemment employé
au monde [34], il remplace le sucre dans plus de six mille produits : sodas, boissons, bonbons,
desserts, produits pharmaceutiques (33), il est utilisé sous forme de sucrettes ou de poudre
blanche (en sachet ou en boîte) pouvant se substituer au sucre, dans le café ou le thé, les
pâtisseries ou autres confiseries, souvent en combinaison avec d'autres édulcorants intenses en
raison d'une amélioration synergique du goût et de la qualité du goût souvent observée dans
ces mélanges. [36]

Figure 4 Structure chimique d’aspartame

Le sucralose
Le sucralose est un édulcorant artificiel intense, synthétisé à partir du saccharose (sucre blanc)
par substitution de trois groupes hydroxyle par des atomes de chlore. Il est connu pour son
pouvoir sucrant élevé, allant de 600 à 650 fois celui du sucre, tout en
étant pratiquement sans calories.
Voici une vue d'ensemble de ses propriétés et utilisations :
Le sucralose est un trichlorosaccharose avec la formule chimique
C12H19Cl3O8 [21]. Il est stable à haute température, ce qui le rend idéal
pour la cuisson et la pâtisserie [19] [22] et il est bien soluble dans l'eau, le
méthanol et l'éthanol [21]. Le goût du sucralose est Similaire au sucre sans
arrière-goût amer [21].
Le sucralose est utilisé dans l’Industrie alimentaire (les boissons gazeuses,
les produits de boulangerie, les produits laitiers, et les sauces) pour réduire
les calories [19]. Ainssi dans les produits de soins personnels il est présent
dans certains dentifrices et bains de bouche pour améliorer le goût sans
ajouter de sucre [19].
il est Employé dans des formulations des médicaments pour améliorer le goût
sans augmenter les calories [19].

Figure 5 Structure chimique du sucralose


La saccharine
Ce sucre artificiel est un dérivé du goudron de la houille. Son pouvoir
sucrant est de 300 à 400 fois supérieur à celui du sucre. La saccharine est
employée comme additif alimentaire, principalement dans les boissons
gazeuses. Son arrière-goût amer a limité son utilisation. Par précaution, la
dose journalière acceptable est limitée à 2,5 mg par kilo de poids. [13]
Physiquement, la saccharine est un solide cristallin blanc, inodore et ayant
un goût amer. Elle est soluble dans l'eau chaude, mais peu soluble dans
l'eau froide, et fond à une température d'environ 229°C.
Chimiquement, la saccharine est un composé organique de formule
chimique C7H5NO3S, stable en solution aqueuse à pH neutre, mais se
décomposant sous forme d'acide sulfanilique et d'ammoniac à pH élevé
(pH>7) ou en présence d'acides forts ou de sels métalliques. La
saccharine est chimiquement inerte et ne subit pas de réaction de
dégradation sous l'effet de la chaleur. [37]
Figure 6 Structure chimique de la saccharine

Les glycosides de steviol


Les glycosides de steviol sont des composés chimiques extraits des
feuilles de la plante Stevia rebaudiana, originaire d'Amérique du Sud. Ces
composés, notamment le stévioside et le rébaudioside A, sont jusqu'à 300
fois plus sucrés que le sucre traditionnel sans apporter de calories.[14][15]
Ils sont utilisés comme édulcorants intenses dans divers produits
alimentaires, tels que les boissons, les confiseries, et les desserts.[15] [16]
Voici une vue d'ensemble de ses propriétés et utilisations :
Les glycosides de stévia ont un pouvoir sucrant très élevé, ce qui les rend
idéaux pour les produits à faible teneur calorique. [14] [17] Ils ne sont pas
digérés par l'organisme et ne contiennent donc pas de calories, ce qui les
rend populaires dans l'industrie alimentaire pour les régimes sans sucre.
[17] [18]
Les glycosides de steviol sont utilisés dans les aliments à faible valeur
énergétique, les produits non cariogènes, et ceux sans sucres ajoutés. [15]

Figure 7 Structure chimique du steviol

Autres edulcorants de synthèse

D’autres édulcorants synthétiques peuvent être cité, notamment


l'acésulfame K (E 950), il fait partie des édulcorants hypo-caloriques, il est
inclus en tant qu’édulcorant artificiel dans la composition des boissons et
autres sucreries par les noms acésulfame K, Acésulfame de potassium ou
Ace-K. Il est environ 200 fois plus sucré que le sucre de table [38] et est
souvent associé à d'autres édulcorants, le cyclamate (E 952), la
néohespéridine dihydrochalcone (E 959), et le néotame (E 961) et la
thaumatine (E957).
Le néotame (E 961), (N-(N-(3,3-diméthylbutyl) -L-a-aspartyl-L-
phénylalanine 1-méthyl ester), est obtenu en faisant réagir de l'aspartame
avec du 3,3-diméthylbutyraldéhyde. L'advantame, le N-[N-[3-(3-hydroxy-4-
méthoxyphényl) propyl-a-aspartyl] -L-phénylalanine 1-méthyl ester
monohydrate, est synthétisé à partir de l’aspartame et du 3-(3-hydroxy-4-
méthoxyphényl) -propionaldéhyde. [39]
Une variété d'autres composés sucrants ont été découverts dans les
plantes [40], les extraits aqueux séchés de Siraitia grosvenori
(anciennement Momordica grosvenori) appelés Luo Han Guo, une plante
originaire du sud de la chine ; la glycyrrhizine, des sels de glycosides de
triterpènes présents dans les racines de réglisse, n'est pas classé en tant
qu'édulcorant, mais en tant qu'arôme. Les extraits des racines sont
jusqu'à 100 fois plus sucrés que le saccharose. [41]

3/3. Les polyols :


Les polyols, également connus sous le nom d'alcools polyhydriques, sont une classe de
composés chimiques largement utilisés dans diverses applications. Ce sont des alcools
contenant plusieurs groupes hydroxyles (-OH) dans leur structure moléculaire. Les polyols
sont souvent utilisés dans l'industrie alimentaire, pharmaceutique, cosmétique et chimique
en raison de leurs propriétés uniques. [42]
Les polyols peuvent être dérivés de sources naturelles, telles que les fruits, les légumes et les
céréales, ou synthétisés chimiquement à partir de matières premières pétrochimiques.
Certains exemples courants de polyols naturels incluent le xylitol, le sorbitol, l'érythritol et le
mannitol. Les polyols synthétiques comprennent le maltitol, le lactitol, l'isomalt et le
polyéthylène glycol (PEG). [43]
L'une des principales utilisations des polyols est en tant qu'édulcorants. Ils
ont un pouvoir sucrant similaire au sucre, mais ils ont un effet réduit sur la
glycémie, de plus, les polyols ne contribuent pas à la formation de caries
dentaires, ce qui en fait des alternatives attrayantes aux sucres
traditionnels. [44]
Les polyols les plus couramment utilisés sont le xylitol, le sorbitol,
l’erythritol et le mannitol.
Le sorbitol :
Le sorbitol, ou le E420, également appelé hexitol, avec la formule
chimique C6H14O6A, c’est un polyol qui a un pouvoir sucrant de 0,5 à 0,6
fois celui du sucre ou du saccharose, il est naturellement présent dans les
fruits et son nom provient des baies de sorbier. [45]
Le sorbitol est métabolisé lentement dans l’organisme et pas de la même
façon que le glucose, il apporte moins de calories (2,4 cal/g), il est
caractérisé par sa capacité à retenir l’eau, il peut ainsi rendre une texture
très moelleuse à de nombreux produits alimentaires. [46]
Le processus de sa production commence par la transformation de la
matière première en glucose, qui est ensuite transformé en sorbitol par
une réaction de réduction. [47]
Il existe deux principaux procédés de production du sorbitol : le procédé
de réduction de glucose et le procédé de conversion de saccharose, le
sorbitol produit est ensuite purifié par des étapes de traitement chimique
telles que la cristallisation, l'évaporation et la filtration pour éliminer les
impuretés et obtenir un produit final pur. [47]
C’est un édulcorant qui est également stabilisant, il permet d’allonger la
durée de conservation des produits alimentaires en particulier pour la
pâtisserie. On l’utilise aussi dans les confiseries, les chewing-gums, les
confitures et les différents desserts. [48]

Figure 8 Structure chimique du sorbitol

Le xylitol :
Le xylitol ou E967 est un polyol de cinq carbones, également appelé
pentitol, avec la formule chimique C5H12O5 (figure 8). Il est classé comme
un alcool de sucre, car il a une structure semblable à celle des sucres,
mais il n'a pas les mêmes propriétés métaboliques que les sucres, c’est un
diol, ce qui signifie qu'il contient deux groupes hydroxyle (-OH) sur des
atomes de carbone adjacents. Les groupes hydroxyle sont responsables
de la propriété sucrée du xylitol, mais ils le rendent également moins
digestible que le sucre. [49]
Il est produit à partir de matières premières telles que le maïs, le bouleau
et d'autres sources végétales par un processus de conversion chimique. Le
processus de conversion commence par la transformation du matériau
brut en xylose, qui est ensuite transformé en xylitol par une réaction de
réduction. [50]
Le xylitol est souvent utilisé comme alternative au sucre dans les produits
alimentaires en raison de ses propriétés de faible teneur en calories, de
faible indice glycémique et de ses avantages pour la santé dentaire. Il est
également utilisé dans certains produits de soins personnels tels que les
dentifrices et les rince-bouches. [49]
Figure 9 Structure chimique du xylitol

L’erythritol :
L'érythritol ou E968, est un polyol, ou un alcool de sucre, qui est
chimiquement désigné sous le nom de 1,2,3,4-butanetetrol. Sa formule
brute est C4H10O4 (figure 10). Il est composé de quatre atomes de
carbone, dix atomes d'hydrogène et quatre atomes d'oxygène.
Il a une structure moléculaire similaire à celle du xylitol et du sorbitol, qui
sont également des polyols.
Pour sa production, il est synthétisé par fermentation, au cours de laquelle
des sucres naturels, tels que le glucose et le fructose, sont transformés en
érythritol par des micro-organismes. Il est ensuite purifié et cristallisé pour
produire un édulcorant en poudre blanc, sans calories et avec un faible
indice glycémique. [51]
En tant qu'édulcorant, l'érythritol est environ 70% aussi sucré que le sucre
[36], mais il ne contient pas de calories, ne provoque pas de pic de sucre
dans le sang et a un impact minimal sur les niveaux d'insuline dans le
corps. Il ne favorise pas la carie dentaire, il est considéré comme non
cariogène, il ne subit pas de la part des bactéries buccales une
fermentation suffisante pour abaisser le pH de la plaque dentaire à des
niveaux propres à contribuer à une érosion de l'émail dentaire. [52]
Il est utilisé par les industries agro-alimentaire comme exhausteur de
goût, support, humectant, stabilisant, épaississant, agent de charge et
séquestrant. [53]

Figure 10 Structure chimique de l'erythritol


Le mannitol :
Le mannitol ou E421, est un alcool de sucre naturellement présent dans
certains aliments, comme les champignons, les algues et les fruits, mais il
peut également être produit synthétiquement à partir de glucose.
Chimiquement, le mannitol est désigné sous le nom de 1,2,3,4,5,6-
hexanehexol et a pour formule brute C6H14O6. [54]
C’est est un polyol qui a une structure moléculaire similaire à celle du
sorbitol et du xylitol. Il a un goût sucré et est environ 50 à 70% aussi sucré
que le sucre de table (saccharose), mais il ne contient que 1,5 calories par
gramme, ce qui en fait un édulcorant à faible teneur en calories.
Le mannitol est utilisé dans de nombreux produits alimentaires et
pharmaceutiques en raison de ses propriétés physiques et chimiques. Il
est utilisé comme agent de charge, édulcorant, stabilisant, émulsifiant et
agent de texture dans les produits alimentaires tels que les chewing-
gums, les bonbons, les desserts glacés, les produits de boulangerie et les
produits laitiers, on le trouve naturellement dans certains légumes, tels
que les champignons, le chou-fleur et les pois chiche. [55]
En médecine, il est utilisé comme diurétique pour réduire l'oedème
cérébral et pour traiter d'autres troubles rénaux. [56] Les solutés font
partie de la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale
de la santé. [57] Il est également utilisé comme excipient pour les
médicaments et les vaccins, car il peut améliorer la stabilité et la
biodisponibilité des composés actifs.

Figure 11 Structure chimique du mannitol

4/Mécanisme d’action des édulcorants


Les édulcorants agissent principalement en simulant la sensation de goût
sucré par interaction avec les récepteurs gustatifs situés sur la langue. Ces
composés, souvent beaucoup plus sucrés que le saccharose, se lient aux
récepteurs du goût sucré, ce qui envoie un signal au cerveau interprété
comme une sensation de douceur. [58] [59]

Plus précisément, les mécanismes d'action des édulcorants incluent :

4/1. Liaison aux récepteurs du goût sucré (T1R2/T1R3)


Les édulcorants activent les récepteurs du goût sucré T1R2/T1R3 présents
sur la langue. Ces récepteurs font partie de la famille des récepteurs
couplés aux protéines G. Quand ils sont activés, ils envoient un signal au
cerveau, perçu comme un goût sucré. [60]

4/2. Pouvoir sucrant et sélectivité


Les édulcorants ont un pouvoir sucrant très supérieur à celui du sucre :
 Sucralose ≈ 600 fois plus sucrant que le saccharose,
 Stévia ≈ 200 à 300 fois,
 Aspartame ≈ 200 fois.
Ils sont utilisés en très faibles quantités pour reproduire la saveur
sucrée. [61]

4/3. Métabolisme et absorption


 Certains édulcorants (ex. : sucralose, acésulfame-K) ne sont pas
métabolisés et sont éliminés dans les urines.
 D’autres (ex. : aspartame) sont métabolisés en acides aminés, sans
effet notable sur la glycémie en conditions normales. [62]

4/4. Impact sur le microbiote intestinal


Certaines études ont observé que la saccharine ou le sucralose pourraient
perturber l’équilibre du microbiote intestinal, ce qui pourrait jouer un rôle
dans le développement d’une résistance à l’insuline ou d’une intolérance
au glucose. [63]
5/Réglementation des édulcorants en Algérie

5/1. Cadre réglementaire général


En Algérie, les édulcorants sont classés comme additifs alimentaires et
sont réglementés par :
 Le décret exécutif n° 09-193 du 14 juin 2009, fixant les conditions
générales d'utilisation des additifs alimentaires dans les denrées
destinées à la consommation humaine.
 Il s'appuie sur les normes internationales du Codex Alimentarius
(FAO/OMS), que l’Algérie adopte dans ses politiques sanitaires. [64]

5/2. Liste des édulcorants autorisés


La liste des édulcorants autorisés figure dans l’arrêté interministériel du
21 novembre 2010, qui classe les additifs selon leur fonction (colorants,
conservateurs, édulcorants, etc.). [65]
Exemples d’édulcorants autorisés :
Nom Code E Statut en Algérie
Aspartame E951 Autorisé
Acésulfame-K E950 Autorisé
Sucralose E955 Autorisé
Saccharine E954 Autorisé avec limite
Cyclamate de sodium E952 Autorisé dans des limites
précises
Glycoside de stéviol E960 Autorisé

5/3. Limites et doses journalières admissibles (DJA)


Les quantités maximales d’édulcorants dans les produits alimentaires sont
définies selon :
 Les recommandations de la FAO/OMS via le Codex Alimentarius,
 Les données toxicologiques,
 Les spécificités du produit (boisson, yaourt, confiserie, etc.).
Par exemple :
 Aspartame : DJA = 40 mg/kg/jour
 Acésulfame-K : DJA = 15 mg/kg/jour [66] [67]

4/4. Étiquetage obligatoire


Conformément à la loi sur l’étiquetage des denrées alimentaires en
Algérie, tout produit contenant un édulcorant doit porter les mentions
suivantes :
 “Contient un édulcorant”, ou “Contient de l’aspartame (source de
phénylalanine)”, selon le cas.
 Les édulcorants doivent être mentionnés dans la liste des
ingrédients avec leur nom et code E. [68]

5/5. Contrôle et surveillance


Les organismes algériens qui assurent le contrôle qualité et la sécurité
sanitaire des édulcorants sont :
 CACQE : Centre Algérien du Contrôle de la Qualité et de l’Emballage
 INSP : Institut National de Santé Publique.
 Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques
(LNCPP) pour les produits diététiques. [69] [70]
Ils effectuent :
 Des analyses de conformité des denrées sur le marché.
 Des vérifications des mentions d’étiquetage.
 Et des contrôles en frontière lors de l'importation. [69] [70]

6/Risques associés aux édulcorants

Les édulcorants, souvent utilisés pour remplacer le sucre, présentent


plusieurs risques potentiels pour la santé selon les études récentes et
les autorités sanitaires.
 Risque accru de cancer : Certaines études épidémiologiques ont
montré que les personnes consommant beaucoup d'édulcorants,
notamment l'aspartame et l'acésulfame K, ont un risque plus élevé
de développer certains cancers, comme le cancer du sein et des
cancers liés à l'obésité. [71]
 Troubles métaboliques : La consommation d'édulcorants
artificiels est associée à un risque accru de diabète de type 2, de
maladies cardiovasculaires et de mortalité chez les adultes.[72]

 Absence d'effet bénéfique sur le poids : L'Organisation


mondiale de la santé (OMS) souligne que l'utilisation d'édulcorants
sans sucre ne confère pas d'avantage à long terme pour la réduction
de la graisse corporelle chez les adultes ou les enfants. Ils ne
favorisent pas le contrôle du poids à long terme et peuvent même
avoir des effets indésirables potentiels.[73]

 Aucune valeur nutritionnelle : Les édulcorants ne sont pas des


éléments nutritionnels essentiels et n’apportent aucune valeur
nutritionnelle. L'OMS recommande de réduire la consommation
globale de saveurs sucrées dans l'alimentation pour améliorer la
santé. [73]

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