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Catastrophe d'AZF : Explosion à Toulouse

La catastrophe de l'usine AZF à Toulouse, survenue le 21 septembre 2001, a été causée par l'explosion de nitrate d'ammonium, entraînant 31 morts et des milliers de blessés, ainsi que des destructions matérielles évaluées à deux milliards d'euros. L'accident a mis en lumière des failles réglementaires et organisationnelles, conduisant à la création de la loi Bachelot pour garantir une indemnisation collective en cas de catastrophes technologiques. En réponse, la France a renforcé la sécurité industrielle avec des lois et des plans de prévention des risques, transformant le site en un pôle de recherche sur le cancer.

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Catastrophe d'AZF : Explosion à Toulouse

La catastrophe de l'usine AZF à Toulouse, survenue le 21 septembre 2001, a été causée par l'explosion de nitrate d'ammonium, entraînant 31 morts et des milliers de blessés, ainsi que des destructions matérielles évaluées à deux milliards d'euros. L'accident a mis en lumière des failles réglementaires et organisationnelles, conduisant à la création de la loi Bachelot pour garantir une indemnisation collective en cas de catastrophes technologiques. En réponse, la France a renforcé la sécurité industrielle avec des lois et des plans de prévention des risques, transformant le site en un pôle de recherche sur le cancer.

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APPORT DE PROJET : LA CATASTROPHE D’AZF (TOULOUSE)

I-Historique :

1-1 Contexte

L’usine chimique AZF (Azote Fertilisants), aujourd’hui rasée, appartenait jusqu’en 2005 à la
société Grande Paroisse. Cette société, alors filiale d’Atofina, regroupait depuis la fusion de Total
et d’Elf Aquitaine une partie des activités chimiques du groupe Total. Cette usine était située à
cinq kilomètres du centre de Toulouse, au sud, entre le périphérique, l'autoroute menant vers
Tarbes, et la Garonne.

Initialement construite à l’écart de la ville en 1921, elle a été progressivement englobée par
l’agglomération. Elle employait un peu moins de cinq cents personnes sur un terrain de soixante-
dix hectares. Elle produisait en grande partie des ammonitrates agricoles et en plus petite
quantité des nitrates d’ammonium industriels mais aussi de la mélamine, des résines et des
produits chlorés tels que l’ATCC et le DCCNa. La fabrication de l’ensemble des produits était
issue de la production d’ammoniaque, la synthèse d’ammoniaque réalisée à partir du gaz
naturel provenant de Lacq.

1-2 Déroulement

Le 21 septembre 2001 à 10 h 17, un stock d’environ 300 à 400 tonnes de nitrate d'ammonium,
déclassé et destiné à la production d’engrais, explose dans le bâtiment 221, creusant un cratère de
forme ovale de 70 m de long et 40 m de largeur, et de 5 à 6 m de profondeur. La détonation est
entendue à plus de 80 km de Toulouse. Un séisme de magnitude 3,4 est enregistré.

Selon des témoignages l'explosion est précédée de phénomènes de diverses natures (électriques,
lumineux, sonores, etc.), et accompagnée de deux bangs qui sont enregistrés par des témoins.
L'intervalle entre les deux détonations varie selon les enregistrements (jusqu'à quelques
secondes), et la première est légèrement moins forte. Certains évoquent l'hypothèse d'une
explosion unique, et interprètent le premier bruit d'explosion comme l'audition de l'onde
sismique, plus rapide que l'onde aérienne, voire d'un phénomène d'écho. D'autres en déduisent
l'existence d'une première explosion distincte, de plus faible intensité, une dizaine de secondes
avant l'explosion catastrophique proprement dite.
Voici une illustration de l'ampleur du cratère créé par l'explosion :

II. Aspect Réglementaire

Sur le plan légal, l'établissement était classé Seveso "seuil haut", impliquant des obligations de
sécurité majeures. Ce pendant, l’analyse réglementaire d'avant 2001 présentait des failles :

 Les études de dangers de l'époque ne considéraient pas le nitrate d'ammonium comme un


explosif en soi, mais comme un comburant.
 L'urbanisation excessive autour du site n'était pas assez restreinte, plaçant des
infrastructures sensibles (écoles, hôpitaux) dans des zones de vulnérabilité directe.

III. Analyse de l'Accident


L'explosion d'AZF est définie comme une détonation chimique. Le nitrate d'ammonium (NH4
NO3), stable dans des conditions normales, subit une décomposition exothermique brutale
lorsqu'il est soumis à un initiateur.

 La réaction : 2NH4NO3⟶2N2+4H2O+O2 Cette réaction libère instantanément une


chaleur intense et un volume de gaz colossal, générant une onde de surpression qui s'est
propagée à travers toute l'agglomération toulousaine.

IV. Recherche des Causes et Dysfonctionnements


L'enquête judiciaire, conclue après plusieurs procès, a retenu la thèse accidentelle.

 Le dysfonctionnement majeur : Une erreur de manutention a conduit au déversement de


produits chlorés (DCCNa) sur le stock de nitrate d'ammonium.
 La réaction en chaîne : Le mélange de ces substances incompatibles, favorisé par
l'humidité ambiante, a formé du trichlorure d'azote, un composé extrêmement instable qui
a servi de détonateur au stock principal.
 Lacunes organisationnelles : L'analyse a révélé des défaillances dans la gestion des
déchets, une signalisation insuffisante et un manque de formation du personnel externe
(sous-traitants).

. Évaluation des Conséquences


Le bilan de la catastrophe est tragique et multidimensionnel :

 Bilan Humain

Le bilan officiel fait état de trente et un morts, dont vingt et une personnes sur le site (parmi
lesquelles 5 personnes travaillant pour des entreprises sous-traitantes et 5 autres exerçant des
activités diverses comme livreur ou dépanneur d’ascenseur), une personne sur le site d'une
usine voisine, et neuf personnes extérieures, tuées le jour de l'explosion ou décédées dans les
jours suivants. Environ deux mille cinq cents personnes sont blessées dont une trentaine dans
un état grave. La majorité des victimes subit les effets directs du souffle de l’explosion, ou ses
effets indirects, en étant touchés par des objets portés par ce souffle (des éclats de verre,
notamment). Selon l’Institut de veille sanitaire, de nombreuses personnes souffrent de
désordres psychiques (dépressions, angoisses, insomnies), mais aussi de problèmes auditifs.
Dix-huit mois après l’explosion, quelque quatorze mille personnes sont toujours sous traitement
pour dormir, calmer leurs angoisses ou soigner une dépression. Le bilan aurait pu être plus lourd
si des canalisations de phosgène situées à proximité n'avaient pas résisté à l'explosion .
 Bilan matériels

L’explosion cause des destructions importantes dans la partie sud-ouest de la ville. Le site de
l'usine AZF elle-même est dévasté. La tour AZF résiste au souffle. Le poste de garde est encore
debout mais il est détruit le lendemain pour des raisons de sécurité. À proximité, les zones
commerciales de Darty et Brossette sont totalement détruites. Cent cinquante bus de la
SEMVAT, la société de transport public toulousain de l’époque, sont également détruits dans
l’entrepôt de Langlade situé en face de l’usine.

De très nombreux logements, plusieurs entreprises et quelques équipements (piscines,


gymnases, salles de concert, lycée Déodat-de-Séverac) sont touchés. Les dégâts (murs
lézardés, portes et fenêtres enfoncées, toitures et panneaux soufflés ou envolés, vitres
brisées, etc.) sont visibles jusqu’au centre-ville. Parmi les équipements publics touchés, on peut
citer le Grand palais des sports (il sera entièrement démoli et reconstruit à la suite de ces
dommages), le Bikini (salle de spectacle), l’École nationale supérieure des ingénieurs en arts
chimiques et technologiques, le lycée Gallieni et le centre hospitalier Gérard-Marchant.

On estime les dégâts matériels globalement à deux milliards d’euros, dont 33 millions d’euros
pour des bâtiments publics.

Une des conséquences de la destruction du Grand palais des sports est l'arrêt du tournoi de
tennis de Toulouse qui se joue là depuis 1982 ; depuis, il est organisé à Metz (tournoi de
tennis de Moselle) et s'y joue encore aujourd'hui.

Voici l’état du Hangard de la Tour AZF


 Conséquences Législatif:

L'ampleur du bilan humain et matériel et l'émotion soulevée par l'explosion ont entraîné la
création d'une loi, dite loi Bachelot, du 30 juillet 2003 (no 2003-699) qui a constitué la garantie
des catastrophes technologiques : un accident dans une installation dangereuse et plus de cinq
cents logements rendus inhabitables instaurent la publication au Journal officiel d'un arrêté
constatant l'état de « catastrophe technologique » et donnent droit à une indemnisation collective
sans que chaque victime ait à faire les démarches individuellement.

 Conséquences Matérielles

Contrairement au souhait des salariés de l’usine, qui demandent le


redémarrage des installations épargnées après renforcement des mesures
de sécurité, le site de l’usine et ses alentours, dévastés, sont rasés, puis
dépollués. Plusieurs projets sont présentés, dont une zone verte et un
centre international de recherche sur le cancer, l'Oncopole de Toulouse,
proposé par le maire Philippe Douste-Blazy juste avant sa nomination
comme ministre de la Santé. En dépit des actions de recours effectuées par
certaines associations déclarant représenter les riverains, le projet a été
accepté. L’oncopole a été inauguré en 2014.

La tour la plus haute de l’usine, qui a survécu à l’explosion, est finalement


démolie (bien qu’elle fût un point de repère apprécié des pilotes d’avions en
approche vers l’aéroport de Toulouse-Blagnac)[
 Conséquence Local

Autre réminiscence du traumatisme subi par la population, la combinaison de lettres AZF n’est
pas utilisée, à la demande du député de la zone concernée, sur les plaques d’immatriculation
des véhicules du département : on est passé directement de la combinaison 999 AZE 31 à la
combinaison 11 AZG 31.

 Conséquence National

La catastrophe de l'usine, au même titre que les tempêtes Lothar et Martin de fin décembre
1999, a entraîné l'instauration du Plan particulier de mise en sûreté dans les écoles, collèges et
lycées français à partir de 2002. Ce PPMS vise à préparer les équipes enseignantes, les personnels
et les élèves des établissements scolaires de France afin qu'ils puissent faire face à des situations
de crise, telles qu'un événement climatique (feu de forêt, tempête, inondation...), un accident
industriel ou nucléaire, une rupture d'un barrage, un attentat ou une intrusion

Un traumatisme durable pour les habitants, marqué par une méfiance accrue envers les industries
chimiques en milieu urbain.

VI. Moyens de Prévention à Mettre en Place


L'après-AZF a conduit à une refonte totale de la sécurité industrielle en France :

1. Loi du 30 juillet 2003 (Loi Bachelot) : Introduction des PPRT (Plans de Prévention des
Risques Technologiques) visant à maîtriser l'urbanisation autour des sites à hauts risques.
2. Renforcement des contrôles : Audit systématique des modes de stockage et séparation
physique stricte des produits chimiques incompatibles.
3. Culture de sécurité : Mise en place des Commissions de Suivi de Site (CSS) pour
intégrer les riverains et les salariés dans la gestion des risques.

Conclusion
La catastrophe d'AZF demeure une référence mondiale en matière de gestion des risques
industriels. Elle a forcé le passage d'une culture de "probabilité" à une culture de "prévention"
plus rigoureuse. Le site, autrefois dévasté, accueille désormais l'Oncopole, transformant un lieu
de tragédie en un pôle d'excellence pour la vie et la santé.

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