CHAPITRE 9
LES RELEVAGES
Objectifs
¾ Indiquer les principes généraux de relevage et de manutention
¾ Identifier les différents matériels de portage et de levage d’une victime
¾ Réaliser les techniques suivantes :
- préparer un brancard,
- relève d’une victime à 3 équipiers « porteurs »,
- relève d’une victime à l’aide d’un brancard cuillère,
- relève d’une victime à 4 équipiers « porteurs »,
- relève d’une victime en position particulière (PLS, demi-assise, cuisses fléchis, assise),
- relève d’une victime à l’aide d’un portoir de toile,
- arrimage d’une victime sur le brancard.
La victime, soustraite à la cause de sa détresse et installée dans la position que nécessite
son état, doit être placée sur un brancard, directement ou à l'aide d'un dispositif particulier de
relevage afin d’assurer son déplacement vers un poste de secours ou un véhicule de
premier secours.
L’application des techniques de relevage comporte des risques, notamment pour la victime,
qu'un bon entraînement et une connaissance détaillée de la technique doivent minimiser ou
éviter.
Action collective, le relevage est pratiqué de façon coordonnée par une équipe sous la
conduite d'un chef.
1 INDIQUER LES PRINCIPES GENERAUX DE RELEVAGE ET DE
MANUTENTION
La manutention correcte d'une victime, et les manœuvres de relevage et de brancardage,
exigent la stabilité des équipiers et la sécurité de leurs mouvements.
Stabilité des positions et sécurité des mouvements des équipiers
Le sauveteur debout doit avoir les pieds écartés, décalés, non parallèles (fig. 9.1-a).
A genou, il se place en position du « trépied », un genou à terre, l'autre écarté en dehors des
avant-bras (fig. 9.1-b).
Penché en avant, il garde le dos plat et travaille avec les muscles des membres inférieurs
(fig. 9.2-a), s'éloignant le moins possible de la position verticale ; lorsque cela est possible, il
vaut mieux s'accroupir que se pencher.
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PREMIER SECOURS EN EQUIPE DE NIVEAU 2 – GUIDE TECHNIQUE
Ces principes évitent les « faux mouvements » à l’origine de « tour de reins » et de douleurs
dorsales.
Fermeté des prises
La charge est saisie à pleines mains et non du bout des doigts ; elle porte sur les avant-bras
et non sur les mains (fig. 9.2-b).
Bonne répartition des charges
Les équipiers doivent être plusieurs (3 à 6) selon les cas; la charge doit être rapprochée au
maximum des porteurs.
Synchronisation des mouvements
En équipe les mouvements doivent être doux et synchronisés, sous les ordres du chef de
brancard.
DECALES
ECARTES
NON PARALLELE
a b
Figure 9.1. (a) sauveteur debout, position des pieds
(b) « trépied »
a b
Figure 9.2. Portage d’une charge
(a) position des pieds (b) tenu de la charge
184 DDSC – SDSPAS – BVARC 10 février 2006
LES RELEVAGES
2 IDENTIFIER LES DIFFERENTS MATERIELS DE PORTAGE ET DE LEVAGE
D’UNE VICTIME
Le matériel de base du portage est le brancard normalisé.
II existe une série de matériels qui peuvent aider les équipiers à lever une victime; certains
d'entre eux peuvent être utilisés pour un portage sur une courte distance jusqu'au lieu où la
pose sur le brancard est possible.
Les véhicules spécialement affectés, en permanence, au transport des victimes (blessés,
malades) sont équipés en général de brancards munis d'appui-tête (en fait d'appui de la tête
et du tronc) et de repose-pied réglables, adaptés à des chariots porte-brancard dont ils
peuvent être parfois désolidarisés (VSAV, UMH des SMUR, véhicules de premiers secours
des associations de secourisme, véhicules des transporteurs sanitaires privés...).
2.1 Les brancards
Le brancard pliant à compas sans têtière
Le brancard répondant à la norme française NF.S.90 311, servira de base à la formation des
personnels, en particulier pour les exercices de brancardage (fig. 9.3).
C'est un brancard plat dont le fond est en toile ou toile plastifié ; les hampes sont de bois ou
de métal, munies de pieds fixes et réunies par des compas métalliques permettant de plier le
brancard dans le sens de largeur (transport à vide et stockage) ; il n'est pas muni de têtière.
II peut être muni de bretelles pour le brancardage à 3.
Figure 9.3. Brancard normalisé AFNOR avec compas
Le brancard dit « principal »
Le brancard, qui existait déjà sous diverses formes, a été redéfini par la norme européenne
EN 1865.
II est muni de roues et peut être utilisé séparément, ou combiné à un chariot de transport (cf.
chapitre 9, les brancardages et le transport).
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PREMIER SECOURS EN EQUIPE DE NIVEAU 2 – GUIDE TECHNIQUE
Muni d'un dossier (appelé appui-tête), il permet la position demi-assise, qui peut être
complétée d’un repose-pied (brancard articulé) (fig. 9.4).
La zone du thorax est rigide pour permettre de réaliser une RCP, il est recouvert d’un
matelas de transport et parfois d’appuis latéraux rabattables.
Figure 9.4 : Brancard principal
Les brancards dits « de catastrophe »
II s'agit de brancards plats, rigides, aisément empilables, dont le stockage et le transport à
vide peuvent être faits sous faible volume (fig. 9.5).
Figure 9.5. Brancard de catastrophe
Le brancard pour aéronefs
Certains aéronefs en version sanitaire sont munis de brancards spéciaux, plus étroits
(manque de place ou difficulté d'accès) (fig. 9.6).
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LES RELEVAGES
Figure 9.6. Brancards pour aéronefs
La chaise de transport
Il ne s’agit pas d’un brancard à proprement parler mais elle permet de répondre à une
difficulté réelle de brancardage en étages, dans les immeubles aux escaliers étroits, sans
ascenseur ou avec des ascenseurs minuscules.
On peut l’utiliser pour une victime sans atteintes graves, qui peut tenir la position assise et
qui ne présente aucune détresse.
Il existe deux modèles, pliant (fig. 9.7) et non pliant. Elles sont équipées de poignées sur le
cadre supérieur (dans le dos) et sur la barre inférieure (aux pieds).
Figure 9.7. Chaise de transport
2.2 Les autres dispositifs de portage
Le brancard cuillère
Ce dispositif est constitué de deux parties qu'on glisse latéralement sous le blessé, puis
qu'on réunit pour constituer un brancard rigide (fig. 9.8).
Le matériel, en métal inoxydable ou en PVC, est constitué :
- d'un cadre tubulaire, large de 43 cm au niveau du tronc, dont les montants permettent le
portage ;
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PREMIER SECOURS EN EQUIPE DE NIVEAU 2 – GUIDE TECHNIQUE
- de lames pleines, légèrement incurvées, inclinées vers l'intérieur, permettant la
« cueillette » de la victime.
Le cadre tubulaire est réglable en longueur et permet, par deux systèmes encliquetables et
articulés, l'ouverture en éventail ou la dissociation de la civière en deux parties.
Trois sangles permettent l'arrimage de la victime.
La forme « en auge » et les possibilités d'ouverture permettent de glisser les lames sous la
victime sans la soulever.
Le stockage peut s'effectuer en position repliée.
Ce dispositif est surtout utilisé pour relever une victime et la transférer sur un autre moyen de
transport.
Figure 9.8. Brancard cuillère
Le plan dur
Ce matériel est décrit dans le chapitre 8, les immobilisations, technique 8.4.
Le matelas immobilisateur à dépression
Ce matériel est décrit dans le chapitre 8, les immobilisations, technique 8.5.
L’alèse portoir
Elle est constituée d'un rectangle de forte toile plastifiée radio-transparente, dont la
dimension correspond à la surface utile du brancard (fig. 9.9).
Elle est munie de poignées latérales renforcées de sangles de toile, dans le sens transversal
et parfois longitudinal. Les poignées sont au nombre de 6 ou 8 symétriques ou
dissymétriques.
Placé à l'avance sur le brancard, sous la couverture, elle permet, avec des risques
moindres :
- de faire glisser le blessé d'un brancard sur un autre ;
- de faire passer le blessé du brancard sur un lit, une table d'examen ou de radiologie.
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LES RELEVAGES
Elle est utilisée isolément et de façon transitoire pour soulever la victime et la transporter
jusqu’au brancard si on ne peut amener ce dernier à la victime.
Elle est lavable, stockable sous faible volume, mais ne constitue pas un plan dur, rigide,
même quand les porteurs ont soin de bien tirer sur les poignées pendant le portage et les
manœuvres.
Figure 9.9. Alèse portoir
Le brancard Piguilem
Ce brancard est formé par un cadre tubulaire métallique, monté sur patins (fig. 9.10).
Sur le devant, est fixée une plaque en matière plastique assurant la protection de la toile et
de la victime et facilitant le glissement. Léger, il est adapté au treuillage ou au mouflage
(glissage) sur neige par exemple.
A été également mis au point un brancard claie de portage « Pigui 3 », dérivé du premier,
mais formé de deux éléments tubulaires facilitant le portage.
Figure 9.10. Brancard hélitreuillable PIGUILEM
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PREMIER SECOURS EN EQUIPE DE NIVEAU 2 – GUIDE TECHNIQUE
La barquette
La barquette est un dispositif rigide de transport de victime, munis de bords sur ses quatre
côtés et de sangles d'immobilisation.
Elle présente quatre anneaux de fixation pour les élingues de treuillage ou d'hélitreuillage
(fig. 9.11).
Certains modèles sont constitués de deux parties détachables, pour faciliter leur portage à
vide.
Figure 9.11. Barquette
Les civières pour hélicoptères.
Pour le transport en hélicoptère moyen ou léger, il est nécessaire de transférer la victime sur
la civière de l'appareil (d'où l'intérêt du portoir) ; seuls les hélicoptères lourds acceptent les
brancards normalisés.
La gouttière Bellisle (ou portoir corset)
La gouttière Bellisle est couramment utilisée sur les bâtiments de la Marine nationale. Il s’agit
d’un dispositif d’immobilisation et de transport de victime qui facilite l’évacuation en passant
par des passages étroits (ascenseur, escaliers…).
Elle est composée d’une enveloppe souple en toile lavable rigidifiée dans le sens de la
longueur par des lamelles placées entre deux épaisseurs de toile (fig. 9.12). Elle dispose
d’un dispositif de contention de la victime dans toutes les positions, et possède un système
de portage par poignées et hampes amovibles et un système permettant le hissage en
position verticale ou horizontale (sangles longitudinales).
Une fois la victime déposée sur la gouttière, cette dernière s’enroule autour de la victime
assurant ainsi sa protection contre les chocs tout en la gardant sur un plan dur.
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LES RELEVAGES
Figure 9.12. Gouttière Bellisle
3 REALISER LES TECHNIQUES DE SECOURS SUIVANTE
9.1- Préparer un brancard,
9.2- Relève d’une victime à 3 équipiers « porteurs ».
9.3- Relève d’une victime à 4 équipiers « porteurs ».
9.4- Relève d’une victime à l’aide d’un brancard cuillère.
9.5- Relève d’une victime à l’aide d’un portoir de toile.
9.6- Relève d’une victime en position particulière (PLS, demi-assise, cuisses fléchis, assise).
9.7- Arrimage d’une victime sur le brancard.
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PREMIER SECOURS EN EQUIPE DE NIVEAU 2 – GUIDE TECHNIQUE
Règles générales
Choix de la technique de relevage
Le choix du matériel et de la méthode relève du chef d'équipe. Dans certaines
circonstances, il peut demander un avis médical.
Ce choix repose sur les éléments d'appréciation suivants :
- l’accessibilité de la victime (par la tête, par les pieds, par un côté, par deux côtés)
et la possibilité de disposer le brancard près du blessé ;
- l’état de la victime et la nature des lésions suspectées,
- le poids de la victime et le nombre d'équipiers ;
- le matériel disponible (portoirs, dispositifs de levage...).
- la position d’attente de la victime (celle-ci n'influe pas sur le principe de la
technique choisie, mais sur la position des mains et des avant-bras des
secouristes) ;
Transfert du blessé sur le brancard
Le chef de brancard donne les ordres; il se place en règle générale à la tête de la
victime.
Le relevage d’une victime inconsciente ou suspecte d’un traumatisme du rachis doit
toujours se faire avec un maintien de la tête.
Une fois installée sur le brancard, la victime doit se trouver au milieu et sa tête
reposer sur le brancard
Si la victime est consciente, il faut la rassurer et lui expliquer que l’on va la placer sur
un brancard.
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LES RELEVAGES
Technique 9.1
Préparer un dispositif de portage
Indications
Chaque fois qu’une victime doit être installée sur un brancard.
Justification
Afin d’assurer un transport correct et confortable de la victime, le dispositif de portage, en
règle générale le brancard doit être préparé à l’avance par l’équipe.
Chaque fois que possible la victime sera enveloppée dans un drap puis une couverture
avant d’être arrimée sur le brancard.
Matériels
Un matériel de portage ou de levage
Les différents matériels de portage et de levage sont décrits ci dessus. (page XX à XX).
Un drap
Le drap peut être en toile ou en matériau non-tissé. Il est préférable d’utiliser des draps à
usage unique (fig. 9.13).
Les draps stériles sont utilisés pour envelopper une victime qui présente des brûlures
étendues.
Figure 9.13. Draps à usage unique
10 février 2006 DDSC – SDSPAS – BVARC 193
PREMIER SECOURS EN EQUIPE DE NIVEAU 2 – GUIDE TECHNIQUE
Une couverture
Elle est destinée à protéger la victime du froid. Il est préférable d’utiliser des couvertures
bactériostatiques, lavables (fig. 9.14).
Figure 9.14. Victime recouverte avec une couverture bactériostatique
Une couverture de survie
La couverture de survie est une couverture isolante. Elle a la forme d’un film plastique
métallisé (une face argenté, une face dorée) de dimension 1,80 X 2,20 m. Elle est
conditionnée dans un sachet plastique (fig. 9.15). Elle peut être stérile.
La couverture de survie est utilisée pour protéger du froid (face argenté contre le corps de la
victime), de la chaleur (face dorée contre le corps de la victime) mais aussi de la pluie ou du
vent.
Figure 9.15. Couverture de survie
194 DDSC – SDSPAS – BVARC 10 février 2006
LES RELEVAGES
Sangles de fixation
Les brancards modernes sont actuellement équipés ou peuvent s’équiper de sangles de
fixation de la victime sur le brancard.
A défaut, utiliser une sangle de 2 mètres environ pour solidariser la victime au brancard
avant de déplacer celui-ci (fig. 9.16).
Figure 9.16. Sangles de fixation
Technique
Montage et démontage d’un brancard
Le matériel décrit ici est le brancard pliant à compas sans têtière.
Le montage
- Tenir le brancard vertical et déboucler les courroies de fixation
- écarter les 2 hampes et dérouler la toile (fig. 9.17 a),
- Ouvrir successivement chaque compas avec le pied (fig. 9.17 b et c),
- retourner le brancard à l'endroit, le poser à terre,
- vérifier la solidité des hampes et de la toile et enrouler les courroies de fixation sur elles-
mêmes.
Le démontage
Après avoir nettoyé et vérifié le brancard ;
- placer le brancard verticalement,
- repousser successivement les branches de chaque compas avec le pied,
- retourner le brancard et rapprocher les hampes,
- rouler la toile et la fixer avec les courroies.
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PREMIER SECOURS EN EQUIPE DE NIVEAU 2 – GUIDE TECHNIQUE
a c
Figure 9.17. Ouverture du brancard normalisé
Installation de la couverture
La couverture est disposée si possible en diagonale, les bords enroulés de l'extérieur vers
l’intérieur (fig. 9.18).
a b
Figure 9.18. Installation d’une couverture sur un brancard
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LES RELEVAGES
Installation d’un drap ou d’une couverture de survie
- Ouvrir le drap (ou la couverture de survie) et le déployer dans le sens de la longueur,
- Déplier le drap dans le sens de la largeur,
- Le déposer sur le brancard, préalablement préparé (couverture, couverture de survie). Le
grand côté du drap le long de la hampe opposée du brancard (fig. 9.19).
- Rouler la partie libre sur la hampe la plus proche. Elle sera déployée une fois que la
victime sera installée sur le brancard.
Figure 9.19. Installation d’un drap sur un brancard
Installation d’une couverture ou d’un drap sur une chaise de transport
Une couverture (ou un drap) peut être disposée sur une chaise de transport pour envelopper
une victime (fig. 9.20). La couverture est placée sur la chaise en prenant soin de ne pas la
laisser traîner au sol pour ne pas gêner le déplacement.
En aucun cas la couverture ou le drap ne devront rendre inaccessibles les sangles qui
permettent de maintenir la victime une fois celle-ci installée sur la chaise.
Risque
Pour éviter toutes blessures éventuelles aux mains, l’ouverture et la fermeture des compas
d’un brancard pliant s’effectuent en règle générale avec le pied.
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