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Procédure collective internationale expliquée

La procédure collective internationale est un cadre juridique qui organise le traitement des entreprises en difficulté ayant des éléments d'extranéité, comme des biens ou des créanciers dans plusieurs États. Elle repose sur des principes tels que la territorialité, l'universalité et l'universalité tempérée, et nécessite une coopération entre juridictions pour être efficace. Bien qu'elle offre une meilleure protection des créanciers et une gestion cohérente des actifs, elle fait face à des limites dues à la diversité des législations nationales et à la souveraineté des États.

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Procédure collective internationale expliquée

La procédure collective internationale est un cadre juridique qui organise le traitement des entreprises en difficulté ayant des éléments d'extranéité, comme des biens ou des créanciers dans plusieurs États. Elle repose sur des principes tels que la territorialité, l'universalité et l'universalité tempérée, et nécessite une coopération entre juridictions pour être efficace. Bien qu'elle offre une meilleure protection des créanciers et une gestion cohérente des actifs, elle fait face à des limites dues à la diversité des législations nationales et à la souveraineté des États.

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La procédure collective internationale

Introduction

La mondialisation des échanges économiques a profondément transformé l’activité des


entreprises, dont les opérations dépassent souvent les frontières d’un seul État. Il n’est donc
pas rare qu’une entreprise en difficulté possède des biens, des créanciers ou des
établissements dans plusieurs pays.
Dans une telle situation, l’ouverture d’une procédure collective dans un seul État pose la
question de son efficacité à l’étranger. C’est pour répondre à cette problématique qu’est née la
procédure collective internationale, qui vise à organiser le traitement des difficultés d’une
entreprise présentant des éléments d’extranéité.

Section I : Notion et fondement de la procédure collective internationale

1. Notion de procédure collective internationale

La procédure collective internationale est l’ensemble des règles juridiques applicables lorsque
la situation de l’entreprise en difficulté présente un élément d’extranéité, notamment :
la présence de biens dans plusieurs États,
l’existence de créanciers étrangers,
ou l’exercice d’activités dans plusieurs pays.
Elle vise à déterminer :
la juridiction compétente,
la loi applicable,
les effets de la procédure collective au-delà des frontières nationales.

2. Fondement juridique

La procédure collective internationale repose sur plusieurs sources :


le droit interne des États,
les conventions internationales,
et les textes d’harmonisation régionale.
Dans l’espace OHADA, l’Acte uniforme portant organisation des procédures collectives
d’apurement du passif constitue une référence majeure, même si son application est limitée au
territoire des États membres.
À l’échelle internationale, certaines législations s’inspirent également de la Loi type de la
CNUDCI sur l’insolvabilité internationale, qui sert de modèle de coopération entre États.

Section II : Les principes directeurs de la procédure collective internationale

1. Le principe de territorialité
Selon le principe de territorialité, chaque État n’applique la procédure collective qu’aux biens
situés sur son territoire.
Il en résulte une multiplicité de procédures, ouvertes dans chaque pays où l’entreprise possède
des actifs.
Avantage :
protection de la souveraineté des États.
Inconvénient :
dispersion des actifs,
inégalité entre les créanciers.

2. Le principe d’universalité

Le principe d’universalité prévoit qu’une seule procédure collective, ouverte dans l’État du siège
principal de l’entreprise, produise des effets sur l’ensemble de son patrimoine, y compris à
l’étranger.
Avantage :
unité de la procédure,
égalité de traitement des créanciers.
Limite :
difficulté de reconnaissance par les États étrangers.

3. Le principe de l’universalité tempérée

Ce principe constitue une solution intermédiaire.


Il admet :
l’existence d’une procédure principale,
et l’ouverture éventuelle de procédures secondaires dans d’autres États, sous réserve de
coopération.
C’est le principe le plus largement admis dans le droit contemporain de l’insolvabilité
internationale.

Section III : La compétence juridictionnelle et la loi applicable

1. La compétence juridictionnelle

La compétence est généralement attribuée :


au tribunal du centre des intérêts principaux (CIP) de l’entreprise,
ou au lieu du siège social.
Ce critère permet d’identifier la juridiction la plus étroitement liée à l’activité de l’entreprise.

2. La loi applicable

La loi applicable est en principe celle de l’État ayant ouvert la procédure principale.
Elle régit :
l’ouverture de la procédure,
son déroulement,
et ses effets principaux.
Toutefois, certaines matières peuvent rester soumises à la loi du lieu de situation des biens,
notamment les sûretés réelles.
Section IV : La reconnaissance et les effets internationaux de la procédure collective

1. La reconnaissance de la procédure étrangère

La reconnaissance permet à une procédure collective ouverte dans un État de produire des
effets dans un autre État.
Elle peut être :
automatique, lorsqu’un accord existe,
ou judiciaire, par une décision du juge étranger.
La reconnaissance est essentielle pour :
protéger les actifs,
suspendre les poursuites individuelles,
assurer l’efficacité de la procédure.

2. La coopération entre juridictions et organes de procédure

La procédure collective internationale suppose une coopération :


entre tribunaux de différents États,
entre administrateurs et syndics.
Cette coopération vise à :
échanger des informations,
coordonner les décisions,
préserver l’intérêt collectif des créanciers.
Section V : Intérêt et limites de la procédure collective internationale

1. Intérêt
La procédure collective internationale permet :
une meilleure protection des créanciers,
une gestion cohérente des actifs internationaux,
et une sécurité juridique accrue dans les échanges économiques.

2. Limites

Malgré ses avantages, elle se heurte à :


la diversité des législations nationales,
la résistance liée à la souveraineté des États,
l’absence d’un régime universel contraignant.
Conclusion

La procédure collective internationale constitue une réponse juridique indispensable à


l’internationalisation des entreprises. Elle repose sur un équilibre délicat entre la souveraineté
des États et la nécessité d’une gestion unifiée des difficultés économiques.
Bien que des progrès importants aient été réalisés, notamment par l’harmonisation régionale et
les modèles internationaux, son efficacité demeure conditionnée à la coopération entre les
systèmes juridiques.

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