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Introduction
La procédure collective internationale désigne l’ensemble des règles juridiques applicables
lorsqu’une entreprise en difficulté financière possède des biens, des établissements ou des
créanciers dans plusieurs États. Elle permet de gérer collectivement les dettes du débiteur tout
en protégeant les intérêts des créanciers et en assurant, le cas échéant, la sauvegarde de
l’entreprise.
Cette procédure soulève des questions complexes de compétences juridictionnelles, de
conflit de lois et de reconnaissance des décisions étrangère, car elle implique l’intervention de
plusieurs systèmes juridiques. Elle recherche à concilier la souveraineté des États et la nécessité
d’un traitement cohérent de l’insolvabilité pour éviter la dispersion des actifs et l’inégalité entre
créanciers . Les systèmes adoptés peuvent être universel , territorial ou mixte , chacun présentant
des avantages et des limites .
Dans l’espace OHADA, si l’acte uniforme sur les procédures collectives encadre le
traitement interne des entreprises en difficulté, il ne prévoit pas de régime complet pour
l’insolvabilité internationale. La coopération judiciaire et la reconnaissance des décisions
étrangères restent donc essentielles.
Étudier la procédure collective internationale permet ainsi de comprendre les défis liés à
l’insolvabilité transfrontalière et la nécessité d’une harmonisation du droit pour sécuriser les
relations économiques internationales.
1: L’OUVERTURE DES PROCÉDURES COLLECTIVES
INTERNATIONALES DANS L’ESPACE OHADA
Le système juridique OHADA présente , en matière de procédure collective internationale,un
caractère hybride , en ce sens qu’il fait appel de façon distributive à la thèse de l’unité de la
faillite et à celle de la pluralité des faillites. La première thèse limite , aux seules juridictions de
l’état partie sur le territoire duquel le débiteur a son principal établissement , le droit d’ouvrir la
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procédure . La seconde offre la possibilité de l’ouverture à tous les états parties dans lesquels le
débiteur possède un établissement secondaire , une surcusale ou même certains éléments de
son patrimoine . Aux termes de l’article 246 de l’AUPC : << lorsqu’elles sont devenues
irrévocables, les décisions d’ouverture et de clôture des procédures collectives ainsi que celles
qui règlent les contestations nées de ces procédures et celles sur lesquelles les procédures
collectives exercent une influence juridique, prononcés dans le territoire d’un état partie ont
autorité de la chose jugée sur le territoire des autres >>. Cette disposition consacre donc la
théorie de l’unité et de l’universalité de la faillite dans l’espace OHADA . Mais l’ouverture d’une
procédure collective sur la base de cette théorie implique des conséquences au plan de la
compétence mais aussi au plan des effets extra territoriaux
2. LES CONSÉQUENCES AU PLAN DE LA
COMPÉTENCE
La théorie de l'unité et de l'universalité de la faillite est consacrée par l'AUPC,
chaque fois que la procédure collective internationale est ouverte dans l'Etat-
partie où le débiteur en difficulté a son principal établissement ou son siège
social s'il s'agit d'une personne morale
Cet appel du législateur OHADA se traduit par l'affirmation du principe qui
veut qu'une juridiction d'un Etat-partie soit compétente pour ouvrir la
procédure collective internationale, conformément à sa loi, lorsque le centre
des affaires du débiteur est situé sur son territoire. Cette affirmation est à la
fois attributive de compétence juridictionnelle (§1) et de compétence
législative (§2).
2.1 La question de la compétence juridictionnelle
Avant d'étudier les critères de détermination de la compétence internationale
(B), il convient de préciser les formes de compétence internationale en
matière d`insolvabilité internationale (A).
A. Les formes de compétence internationale
L'AUPC contient des règles de compétence internationale directe qui
s'imposent à tous les Etats membres au Traité OHADA. Cela signifie qu'une
juridiction étatique de l'espace OHADA saisie de l'ouverture d'une procédure
collective internationale, doit apprécier sa compétence internationale, au
regard de la réglementation OHADA en vigueur en la matière.
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Les règles de l'OHADA constituent des règles matérielles en ce qu'elles
donnent clairement la réponse à la question posée pour la détermination de la
compétence internationale des juridictions. Les règles de compétence directe,
sur lesquelles les juridictions s'appuient pour se déclarer compétentes ou
incompétentes, sont à distinguer des règles de compétence internationale
indirecte qui permettent à ces dernières de contrôler la compétence
internationale des juridictions étrangères. Les règles de compétence
internationale directe prévalent en principe sur tout autre critère de
compétence. Exceptionnellement d'autres critères peuvent être retenus pour
la détermination de la compétence internationale des juridictions. Ces règles
de compétence sont dites règle de compétence subsidiaire.
B. La détermination de la compétence internationale
La détermination de la compétence internationale est faite par extension de
l'article 4 de l'AUPC qui stipule : « La juridiction territorialement compétente
pour connaître des procédures collectives est celle dans le ressort de laquelle
le débiteur a son principal établissement ou s'il s'agit d'une personne morale
son siège ou, à défaut de siège sur le territoire national, son principal
établissement. Si le siège social est à l'étranger, la procédure se déroule
devant la juridiction dans laquelle se trouve le principal centre d'exploitation
situé sur le territoire national ». Cette disposition fixe la compétence
territoriale, aussi bien interne qu'internationale pour connaître des procédures
collectives. Parmi les critères énumérés à l'article 4 un seul permet de
conférer compétence internationale directe à une juridiction : c'est le critère du
principal établissement ou, du siège social pour la personne morale. La
compétence d'attribution interne, quant à elle, est définie par l'article 3 du
même AUPC disposant que le règlement préventif, le redressement judiciaire
et la liquidation des biens relèvent de la juridiction compétente en matière
commerciale)
La procédure collective ouverte en vertu des règles de compétence
internationale directe est, la seule qui puisse être considérée comme
«universelle»14(*). C'est pour cette raison qu'une partie de la doctrine préfère
utiliser la notion de «compétence universelle» plutôt que celle de compétence
directe.
Par hypothèse, il est admis qu'une procédure collective internationale soit
ouverte au Burkina et qu'elle puisse permettre, si toutefois le Burkina
constitue le centre des affaires du débiteur, d'appréhender tout son patrimoine
quelle que soit sa localisation. Cela même si le débiteur n'est pas de
nationalité burkinabé. Le critère du centre des affaires du débiteur est donc le
seul qui puisse permettre aux juridictions burkinabé de se déclarer de
manière valable, internationalement compétentes. Toutefois, un problème
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peut se poser. Selon quelle loi faut-il déterminer ce critère ? Cette question
nous conduit à examiner le problème de la loi applicable.
2.2. La question de la compétence législative
Si dans leur mise en oeuvre les procédures collectives internationales sont
susceptibles de créer des conflits de juridictions il faut aussi noter la
concurrence de lois qui peut s'y grever. Avant de donner ne serait-ce que
brièvement un aperçu sur la question des éventuels conflits de lois pouvant
survenir à cette occasion (B), il est intéressant de savoir s'il n'existe pas de
règle de conflit de lois à laquelle les juridictions doivent se référer (A).
A. La règle de conflit de lois
En principe, le problème de la loi applicable ne se pose pas parce qu'on
estime que la juridiction compétente va appliquer sa loi nationale : la
célèbre «lex fori» qu'il s'agisse de procédure principale (du lieu du principal
établissement ou lieu du siège) ou secondaire (du lieu d'un simple
établissement. Cette loi concerne notamment les conditions d'ouverture, de
saisine de la juridiction, d'organisation comme de déroulement de la
procédure et en principe s'étend aux conséquences sur la situation des
créanciers et le sort du débiteur. Mais, l'action en justice a une nature mixte :
substantielle et processuelle. Elle comporte, en effet, un aspect substantiel
puisqu'elle assure la protection d'un droit ou d'un intérêt juridique. Elle
comporte également un aspect processuel car le mode de la protection d'un
droit s'actualise dans une procédure. Cette double nature de l'action explique,
qu'on doit distinguer ce qui relève de la substance du droit et ce qui relève de
la procédure. Les conditions procédurales échappent aux conflits de lois et
sont soumises, de façon nécessaire, à la lex fori ; les conditions se rattachant
à l'aspect substantiel sont soumises aux conflits de lois et il faut rechercher la
loi applicable.
B. la question de la loi applicable en matière d'insolvabilité
internationale
Des conflits de lois peuvent survenir au stade de l'ouverture de la procédure
surtout si celle-ci doit étendre ses effets au-delà du territoire national.
L'existence d'une « loi de la faillite»*ne saurait signifier que cette loi est
susceptible de s'appliquer sans exception, à toutes les opérations de la faillite
et à tous ses effets. Il peut arriver que des conflits surgissent entre, la lex fori,
la loi régissant le statut juridique du débiteur, la loi de la situation des biens, et
la loi du contrat dont la faillite entraîne l'annulation. Pour les modes de saisine
des juridictions, la logique voudrait que soit appliquée la loi nationale de
chaque juridiction sans aucune contestation possible. En effet, la territorialité
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de la loi applicable se double ici d'un second argument, du fait que les modes
de saisine constituent une question de procédure qui, en tant que telle, doit
nécessairement être soumise à la loi du for. On concevrait mal qu'une
juridiction se réfère à une loi étrangère pour déterminer les modes de sa
saisine. L'AUPC en donne une solution en prévoyant trois modes de saisine.
Quant au conflit entre la lex fori et la loi régissant le statut juridique du
débiteur, il ne surgit évidemment que lorsque ces deux lois ne coïncident pas.
C'est le cas notamment lorsqu'il s'agit d'une faillite locale prononcée par la
juridiction du pays de l'établissement secondaire ou de la succursale . Le
conflit entre la lex fori et la lex rei sitae (loi du lieu de situation des biens), se
pose au contraire au cas de faillite prononcée par le tribunal du domicile du
débiteur ou du siège social de la personne morale, car la faillite locale
n'englobant que les éléments du patrimoine situés dans le pays sur le
territoire duquel la faillite est prononcée, la lex rei sitae coïncide alors avec la
loi du for. Quant au conflit entre la lex fori et la loi du contrat, il naît du fait que
la faillite entraîne l'annulation ou l'inopposabilité de certains actes accomplis
pendant la période suspecte.
L'AUPC limite la possibilité de survenance de ces conflits de lois puisqu'il
constitue, un véritable ensemble de règles matérielles de droit international
privé s'imposant à tous les Etats-parties
3. LES CONSÉQUENCES AU PLAN DE L’EXTRA- TERRITORIALITÉ
Les procédures collectives internationales sont par essence des procédures
collectives qui s'exécutent dans plusieurs pays soit, parce que les biens du
débiteur y sont dispersés, soit parce que ses créanciers y sont domiciliés.
Lorsqu'une telle procédure est ouverte par la juridiction d'un seul Etat dans
l'optique de produire des effets dans d'autres Etats, il va indéniablement se
poser la question de la reconnaissance et de l'exécution de ses jugements à
l'étranger. Nous ne dévions toutefois pas, faire un amalgame entre la
reconnaissance et l'exécution des jugements d'une part, et les effets de la
reconnaissance et de l'exécution des jugements d'autre part .
3.1 La reconnaissance et l'exequatur des jugements rendus à l'étranger
La seule procédure ouverte valablement dans l'espace OHADA produit des
effets certains : il a été relevé que les décisions devenues irrévocables ont
autorité de la chose jugée sur le territoire des autres Etats-parties (Article
247). Cela nous conduit à examiner successivement la portée de la
reconnaissance de plein droit (A) et la force exécutoire des jugements
étrangers (B).
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A. La reconnaissance de plein droit
Cette reconnaissance est sans doute le problème le plus fondamental.
Lorsqu'une personne cesse d'honorer ses obligations dans un pays où était
établi le centre principal de ses activités, il est inadmissible qu'il lui suffise de
quitter ce pays et d'aller recommencer une autre, voire parfois la même
activité dans un autre pays, même si ce pays est le voisin immédiat de celui
où elle se trouve en état d'insolvabilité, en vue d'échapper à l'emprise des
procédures collectives suivies à sa charge. Certes, les créanciers, s'ils
peuvent établir le lieu où leur débiteur s'est réfugié, peuvent, à titre individuel,
le poursuivre sur les biens qu'il y possède. Mais, ces procédures ont pour trait
distinctif de privilégier les créanciers qui disposent des moyens financiers
suffisants, parfois importants. Ces moyens leur permettront d'exercer des
poursuites à l'étranger, et de rompre ainsi l'égalité entre les créanciers, égalité
qui doit être un des principes fondamentaux des procédures collectives.
Pour pallier cette situation qui, il faut bien le dire, est aujourd'hui sinon
générale, au moins très courante, il faut obtenir des Etats qu'ils acceptent, de
reconnaître sur leur territoire les effets des décisions en matière d'insolvabilité
ou de faillite qui sont rendues dans un autre Etat. Tel est l'objet principal de
l'AUPC. Aux termes de son article 247, toute décision ouvrant une procédure
d'insolvabilité prise par une juridiction d'un Etat contractant, compétente en
vertu de son article 4, est reconnue dans tous les autres Etats contractants,
dès qu'elle produit ses effets dans l'Etat d'ouverture. La procédure
d'insolvabilité internationale24(*), ouverte par une juridiction d'un Etat membre
bénéficie donc d'une reconnaissance de plein droit, sans exequatur, sur le
territoire des autres Etats membres, dès qu'elle produit ses effets dans l'Etat
d'ouverture25(*).
Le fait que l'autorité de chose jugée du jugement étranger soit reconnue de
plein droit ne signifie nullement une reconnaissance sans conditions. En effet,
on a observé que les conditions de fond d'une telle reconnaissance doivent
satisfaire à celles posées pour que le jugement ait force exécutoire ( cas du
Burkina article 995 du code des personnes et de la famille ). Le contrôle se
fait soit, de manière incidente : il s'agira pour l'autorité saisie, de contrôler
simplement la régularité du jugement étranger sans apposer la formule
exécutoire soit, de manière principale (action en opposabilité ou en
inopposabilité). Cette action aura un caractère déclaratoire. Toutefois, il n'y
aura pas de reconnaissance de plein droit, si une procédure contre le même
débiteur est ouverte dans l'Etat où la reconnaissance est demandée 26(*).
Aussi, Cette reconnaissance connaît une limite, à savoir les cas dans
lesquels elle serait manifestement contraire à l'ordre public de l'Etat dans
lequel le syndic veut exercer ses pouvoirs27(*).
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B. La force exécutoire des jugements étrangers
Les effets des jugements à l'étranger se manifestent aussi, par la faculté
reconnue aux intéressés de solliciter et d'obtenir l'exequatur des décisions
des jugements rendus à l'étranger. L'exequatur sera plus aisé à obtenir si les
décisions ont été rendues par la juridiction universellement compétente. Il
peut être demandé par toute personne ayant intérêt à ce que le jugement soit
déclaré exécutoire, en particulier le syndic étranger, les créanciers,
éventuellement le débiteur lui-même, et aussi le ministère public dans la
mesure où le débiteur pourra être frappé d'incapacité ou de déchéance sur la
base du jugement étranger. Le législateur burkinabé a posé les conditions de
la reconnaissance et de l'exequatur dans les articles 996 et suivants du code
des personnes et de la famille. Ces conditions sont très largement inspirées
de celles posées par l'arrêt Munzer28(*), avec toutefois un assouplissement au
niveau de la condition de vérification de la compétence législative.29(*)
A titre d'illustration une société immatriculée au registre du commerce de
Ouagadougou et y ayant son siège a bénéficié d'un jugement de liquidation
judiciaire au Togo. Sur le plan international un tel jugement n'est pas valable,
en particulier au Burkina où il ne pourra obtenir l'exequatur. Aussi, une
procédure internationalement valable ne pouvait être ouverte qu'au Burkina.
Donc de ce fait, par jugement n° 11 du 11 mars 1976, le tribunal de première
instance de Ouagadougou a prononcé la faillite de cette société30(*).
Lorsque la reconnaissance et l'exequatur sont acquis dans les autres Etats, la
décision y produira ses effets avec plus ou moins d'intensité.
3.2. Les effets de l'efficacité des jugements étrangers
L'autorité de la chose jugée est reconnue sur le territoire des Etats-parties aux
décisions suivantes : les décisions d'ouverture ; les décisions de clôture ;
celles qui règlent les contestations nées de la procédure et celles sur
lesquelles la procédure exerce une influence juridique. En conséquence le «
syndic » pourra exercer « universellement » tous les pouvoirs que lui
reconnaît la loi de l'Etat d'ouverture, et se prévaloir du dessaisissement du
débiteur ou de l'arrêt des poursuites individuelles, et/ou de son
ensaisinement, sur le territoire des autres Etats membres liés par le Traité. En
effet, un commerçant ne peut avoir qu'un seul patrimoine, et la faillite,
procédé de liquidation de ce patrimoine, doit porter sur l'ensemble des droits,
biens, et obligations, qui le composent31(*). Ce rôle du syndic lui est toutefois
attribué par la juridiction compétente à qui l'article 3 confère une fonction de
haute administration de la procédure (A) et de centralisation des contestations
(B).
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A. L'administration de la procédure par la juridiction compétente
Dans le cadre de sa fonction de haute administration de la procédure, la
juridiction compétente désigne et révoque les autres organes, à savoir le
syndic32(*) et le juge commissaire. Il peut révoquer les contrôleurs, que le juge
commissaire a nommé. La juridiction compétente autorise les opérations les
plus importantes ou les plus dangereuses telles, l'apposition des scellés, la
continuation des activités si besoin est, homologue le concordat, convertit le
redressement judiciaire en liquidation des biens et prononce la clôture des
opérations. L'article 248 alinéa 2 de l'AUPC, autorise la juridiction compétente
à procéder à la publication d'office de ses décisions relatives à une procédure
collective, et le cas échéant la décision de nomination du syndic, dans tout
Etat-partie où cette publicité est utile à la sécurité juridique des créanciers.
B. La centralisation des contestations par la juridiction compétente
La juridiction compétente a ensuite, une fonction de centralisation des
contestations. Elle est compétente « pour connaître de toutes les
contestations nées de la procédure collective, de celles sur lesquelles la
procédure exerce une influence juridique, ainsi que celles concernant la faillite
personnelle et les autres sanctions, à l'exception de celles qui sont
exclusivement attribuées aux juridictions administratives, pénales et
sociales » (article 3).
En raison des divergences considérables entre les droits matériels, il n'est pas pratique,
de mettre en place une procédure d'insolvabilité unique ayant une portée universelle
pour tous les Etats-parties à l'OHADA. L'application sans exception du droit de l'Etat
d'ouverture peut brimer les droits de certains créanciers. En effet, les créanciers
contractent avec le commerçant ou la société, en tenant compte, moins du gage général
que leur confère l'ensemble d'un patrimoine disséminé dans plusieurs pays que, du gage
spécial constitué par la fraction de ce patrimoine situé dans le pays de l'établissement
secondaire ou de la succursale, car ils savent que c'est lui qu'ils pourront plus facilement
atteindre33(*). Au surplus les créanciers éloignés du lieu du principal établissement du
débiteur manquent d'éléments d'information et sont, de ce fait, dans l'impossibilité
d'exercer un contrôle sur le syndic, qui risque d'avantager les créanciers locaux au
détriment des autres. Ces insuffisances ont conduit le législateur à admettre l'ouverture
de procédures multiples.
En conclusion, la procédure collective internationale joue un rôle essentiel dans le traitement des
difficultés des entreprises exerçant leurs activités dans plusieurs États. Elle permet d’organiser la
gestion de l’insolvabilité tout en prenant en compte la pluralité des créanciers et des ordres
juridiques concernés. Cependant, son application reste complexe en raison des divergences entre
les législations nationales et de l’attachement des États à leur souveraineté.
Les efforts d’harmonisation, notamment à travers les textes internationaux et régionaux, ont
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permis d’améliorer la coopération entre les juridictions et la reconnaissance des décisions
étrangères. Malgré cela, l’absence d’un cadre universel véritablement contraignant limite encore
l’efficacité de ces procédures.
Ainsi, la procédure collective internationale demeure un outil en constante évolution, dont le
succès dépend d’une meilleure coordination entre les États et d’une harmonisation accrue des
règles applicables, afin d’assurer une gestion plus efficace et équitable des situations
d’insolvabilité transfrontalières