0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues15 pages

Outils Juridiques pour Informaticiens en Afrique

Le document présente le cadre juridique relatif aux outils juridiques pour informaticiens, en mettant l'accent sur le droit de l'informatique et la protection des données personnelles. Il décrit les lois et règlements en vigueur au Mali, ainsi que les initiatives de la CEDEAO et de l'Union africaine pour harmoniser les législations sur la cybersécurité et la protection des données. Enfin, il détaille les droits des individus concernant leurs données personnelles et le rôle de l'Autorité de protection des données à caractère personnel.

Transféré par

cissebdjelika
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues15 pages

Outils Juridiques pour Informaticiens en Afrique

Le document présente le cadre juridique relatif aux outils juridiques pour informaticiens, en mettant l'accent sur le droit de l'informatique et la protection des données personnelles. Il décrit les lois et règlements en vigueur au Mali, ainsi que les initiatives de la CEDEAO et de l'Union africaine pour harmoniser les législations sur la cybersécurité et la protection des données. Enfin, il détaille les droits des individus concernant leurs données personnelles et le rôle de l'Autorité de protection des données à caractère personnel.

Transféré par

cissebdjelika
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

INSTITUT AFRICAIN DE TECHNOLOGIE ET DE MANAGEMENT

(ITMA)
………………………………
Année universitaire 2024-2025
…………………………….
Licence 3 IRT
…………………………..
Cours d’Outils juridiques pour informaticiens
…………………………..
Chargé de cours : Dr Tambadian DEMBÉLÉ

Introduction
I – Précisions terminologiques
L’apparition et le développement des nouvelles technologies de l’information et de la
communication (NTIC) ont entraîné le développement d’un nouveau droit appelé droit de
l’informatique.
Droit
Par droit, il faut entendre l’ensemble des règles juridiques qui, à un moment donné et dans un
pays donné, règlent le statut des personnes et des biens ainsi que les rapports des personnes
entre elles. Contrairement aux règles morales et religieuses, le droit émane de l’Etat. Il organise
la vie en société et s’impose aux individus, au besoin, par la contrainte étatique.
Le droit de l’informatique
Le droit de l’informatique désigne l’ensemble des règles juridiques applicables aux activités
mettant en œuvre un moyen informatique (logiciel, application, matériel informatique, système
d’information ou tout autre outil informatique).
Technologies de l’information et de la communication
Les technologies de l’information et de la communication sont des technologies employées
pour recueillir, stocker, utiliser et envoyer des informations ainsi que celles qui impliquent
l’utilisation des ordinateurs ou de tout système de communication y compris de
télécommunication.
II – Aperçu général des outils juridiques pour informaticiens
Les outils juridiques pour informaticiens sont des règles juridiques qui encadrent l’usage des
nouvelles technologies de l’information et de la communication. Ces outils diffèrent
généralement d’un pays à un autre mais un mouvement de protection renforcée et coordonnée
est enclenché dans le cadre de l’Union africaine et de la CEDEAO.
Outils juridiques pour informaticiens dans le cadre de la CEDEAO
Les outils juridiques de la CEDEAO ont été adoptés en application de l’Acte additionnel relatif
à l’harmonisation des politiques et du cadre règlementaire du secteur des technologies de
l’information et de la communication du 19 janvier 2007. Comme son nom l’indique, il vise
l’harmonisation des législations des Etats membres dans ce domaine.
La CEDEAO a adopté deux textes dans ce sens le 16 février 2010. Le premier de ces textes est
l’Acte additionnel relatif à la protection des données à caractère personnel dans l’espace de la
CEDEAO. Ce texte définit le cadre juridique de protection des données à caractère personnel ;
invite les Etats membres à mettre en place une Autorité de protection des données à caractère
personnel et fixe les principes à respecter en matière de traitement des données à caractère
personnel. Le second est l’Acte additionnel portant transactions électroniques dans l’espace
CEDEAO. Il règlemente le commerce électronique ; la publicité par voie électronique et les
modalités de conclusion de contrat par voie électronique.
Les deux Actes additionnels ont été complétés par la Directive du 19 août 2011 portant lutte
contre la cybercriminalité dans l’espace de la CEDEAO. L’article 2 de cette Directive précise
qu’elle a pour objet d’adapter le droit pénal de fond et la procédure pénale des Etats membres
de la CEEAO au phénomène de la cybecriminalité. Pour ce faire, elle établit et définit les
infractions en matière des technologies de l’information et de la communication et invite les
Etats membres à sanctionner celles-ci dans le respect des règles de procédure.
Outil juridique pour informaticiens dans le cadre de l’Union africaine
Les textes de la CEDEAO ont été consolidés par la Convention de l’Union Africaine sur la
Cybersécurité et la protection des données à caractère personne, signée à Malabo le 27 juin
2014. Cette Convention est destinée à permettre aux pays africains d’avoir un cadre juridique
harmonisé et une coopération renforcée en matière de cybersécurité et de protection des
données personnelles mais elle n’est pas encore entrée en vigueur faute de ratification
suffisante.
Outils juridiques pour informaticiens au Mali
Les outils juridiques pour informaticiens résultent au Mali de la transposition des Actes
additionnels de la CEDEAO du 16 février 2010 et de la Directive du 19 août 2011. Ils sont
constitué par :
- La Loi du 21 mai 2013 sur la protection des données à caractère personnel, modifiée par
la loi du 18 décembre 2017 ;
- La loi du 06 mai 2016 relative aux transactions, échanges et services électroniques ;
- La loi du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité.
Ces textes règlementent chacun dans son domaine l’usage des technologies de l’information et
de la communication au Mali. Ce cours ne portera cependant que sur la protection des données
à caractère personnel (Première partie) et la lutte contre la cybercriminalité (Seconde partie).
Première partie :
La protection des données à caractère personnel

La Loi n° 2013-015 du 21 mai 2013 dispose en son article 2 : « L'informatique doit être au
service de chaque personne. Elle doit respecter l'identité humaine, les droits de l'homme, la vie
privée, les libertés publiques et individuelles.
Toute personne a droit à la protection des données personnelles la concernant… »
L’article 3 de la même loi définit les données à caractère personnel comme des informations
existant sous diverses formes et permettant d'identifier directement ou indirectement une
personne, par référence à un numéro d'immatriculation ou à un ou plusieurs éléments propres à
son identité physique, physiologique, biométrique, génétique, psychique, culturelle, sociale ou
économique. Elles peuvent être des identifiants universels permettant de raccorder entre eux,
plusieurs fichiers constituant des bases de données, ou de procéder à leur interconnexion.
La Loi n° 2013-015 du 21 mai 2013 Portant protection des données à caractère personnel en
république du Mali définit le régime juridique applicable à ces données (Chapitre I) et met en
place une institution spécifiquement chargée de leurs protections (Chapitre II).

Chapitre I : Le régime juridique de la protection des données à caractère personnel

La loi précise son champ d’application, les principes qui doivent être respectés afin de garantir
la protection des données à caractère personnel et les droits des personnes en matière de
traitement des données les concernant.

Section I : Le champ d’application de la loi


La loi s'applique à tout traitement de données à caractère personnel opéré en tout ou en partie
sur le territoire national (article 4).
Sont exclus du champ d’application :
1°/ les traitements de données mis en œuvre par une personne physique dans le cadre exclusif
de ses activités personnelles ou domestiques, à condition toutefois que les données ne soient
pas destinées à une communication systématique à des tiers ou à la diffusion ;
2°/ les copies temporaires faites dans le cadre des activités techniques de transmission et de
fourniture d'accès à un réseau numérique, en vue du stockage automatique, intermédiaire et
transitoire des données et à la seule fin de permettre à d'autres destinataires du service le
meilleur accès possible aux informations transmises.

Section II : Les principes garantissant la protection des données personnelles


Les principes sont prévus par l’article 7 de la loi selon lequel « Les données à caractère
personnel doivent :
- être collectées et traitées, de manière loyale, licite et non frauduleuse pour des finalités
déterminées, explicites et légitimes ;
- ne pas être utilisées pour d'autres finalités ;
- être adéquates, proportionnées et pertinentes au regard des finalités pour lesquelles
elles sont collectées ou utilisées ;
- être exactes, complètes et si nécessaire mises à jour ;
- être conservées sous une forme permettant l'identification des personnes concernées
pendant une durée qui n'excède pas celle nécessaire aux finalités pour lesquelles elles
sont collectées ou utilisées.
Ces dispositions ne s'opposent pas à la conservation et à l'utilisation des données traitées à des
fins de gestion des archives ou à des fins historiques, statistiques ou scientifiques selon les
modalités définies par la loi. »
• Obligation de sécurité en matière de traitement des données personnelles (art.8)
Le responsable du traitement prend toutes les précautions utiles pour préserver la sécurité des
données. Il doit empêcher notamment qu'elles soient déformées, endommagées ou que des tiers
non autorisés y accèdent.
L'autorité judiciaire et la police judiciaire ont cependant un droit accès en cas de besoin.
• Traitement des données sensibles (art.9)
Tout traitement portant sur les données sensibles est interdit en raison des risques de
discrimination et d'atteinte aux droits et libertés des personnes. Une dérogation expresse peut
cependant être apportée par l’Autorité de protection des données à caractère personnel.
Une donnée sensible est toute donnée à caractère personnel relative aux opinions ou activités
religieuse, philosophique, politique, syndicale, à la vie sexuelle ou raciale, à la santé, aux
mesures d'ordre social, aux poursuites, aux sanctions pénales ou administratives.
• Le traitement d’infraction ou de condamnation (art.10)
Les traitements de données à caractère personnel relatives aux infractions et condamnations
peuvent exclusivement être mis en œuvre par les autorités judiciaires et les auxiliaires de justice
pour le strict besoin de la gestion des contentieux relatifs aux infractions dont elles ont été
victimes.
• Le transfert de données personnelles à l’étranger (art.11)
Le responsable d'un traitement peut transférer des données personnelles vers un Etat étranger
sur autorisation de l’Autorité de protection des données à caractère personnel.

Section III : Les droits des personnes en matière de traitement des données les concernant
Le traitement est toute opération ou ensemble d'opérations effectuées à l'aide de procédés
automatisés ou non et appliquées à des données, telles que la collecte, l'exploitation,
l'enregistrement, l'organisation, la conservation, l'adaptation, la modification, l'extraction, la
sauvegarde, la copie, la consultation, l'utilisation, la communication par transmission, la
diffusion ou toute autre forme de mise à disposition, le rapprochement ou l'interconnexion,
ainsi que le verrouillage, le cryptage, l'effacement ou la destruction des données à caractère
personnel.
Chaque personne a un droit d’accès et de rectification en matière de traitement des données la
concernant. Elle a également le droit de s’informer et de s’opposer à figurer dans un traitement.

I – Le droit d’accès et de rectification


Le droit d’accès et de rectification s’exerce directement ou indirectement.
1 - Le droit d’accès et de rectification direct
Ce droit s’exerce conformément aux dispositions de l’article 12 et 13 de la loi sur la protection
des données à caractère personnel. L’article 12 donne droit à toute personne d'obtenir du
responsable d'un traitement :
- la communication, sous une forme compréhensible, de l'ensemble des données qui la
concernent ainsi que de toute information disponible quant à leur origine ;
- les informations et les raisonnements utilisés dans les traitements informatisés dont les
résultats lui sont opposés.
Le demandeur exerce gratuitement son droit d'accès sur place ou à distance. Il est fait droit à sa
demande sans délai.
Une copie des données le concernant, conforme au contenu du traitement, est délivrée à
l'intéressé à sa demande.
Quant à l’article 13, elle prévoit que toute personne justifiant de son identité peut exiger du
responsable d'un traitement que soient, selon les cas, rectifiées, complétées, mises à jour,
verrouillées ou supprimées les données à caractère personnel la concernant, qui sont inexactes,
incomplètes, équivoques, périmées, ou dont la collecte, l'utilisation, la communication ou la
conservation est interdite.
Lorsque l'intéressé en fait la demande par écrit, quel que soit le support, le responsable du
traitement doit justifier, sans frais pour le demandeur, qu'il a procédé aux opérations exigées en
vertu de l'alinéa précédent dans un délai de trente (30) jours, après l'enregistrement de la
demande.

2 – Le droit d’accès et de rectification indirects


Le droit d’accès et de rectification s’exerce indirectement lorsque le traitement intéresse la
sûreté de l'État, la défense ou la sécurité publique.
Dans ce cas, la demande est adressée (à l'Autorité en charge de la protection des données à
caractère personnel qui désigne un de ses membres pour mener les investigations utiles, en vue
de faire procéder aux modifications nécessaires article 14).

II – Le droit de s’informer
Le droit de s’informer est règlementé par les articles 15 à 18.
1 – Le principe
Le principe est posé par l’article 15. Que les données à caractère personnel soient collectées
directement auprès de la personne concernée ou pas, le responsable du traitement doit fournir à
celle-ci, lors de la collecte et quels que soient les moyens et supports employés, les informations
suivantes :
1°/ l'identité du responsable du traitement et, le cas échéant, de son représentant ;
2°/ la ou les finalités déterminées du traitement auquel les données sont destinées ;
3°/ les catégories de données concernées ;
4°/ le ou les destinataires ou les catégories de destinataires auxquels les données sont
susceptibles d'être communiquées ;
5°/ le fait de savoir si la réponse aux questions est obligatoire ou facultative ainsi que
les conséquences éventuelles d'un défaut de réponse ;
6°/ le fait de pouvoir demander à ne plus figurer sur le fichier ;
7°/ l'existence d'un droit d'accès aux données la concernant et de rectification de ces
données ;
8°/ la durée de conservation des données ;
9°/ le cas échéant, des transferts de données à caractère personnel envisagés à
destination de l'étranger.
2 – L’exception
Le principe posé par l’article 15 est assorti des exceptions prévues par l’article 17. Cet article
prévoit que les dispositions de l’article 15 ne s’appliquent pas :
1°/ aux données recueillies et utilisées lors d'un traitement effectué par l'Etat ou pour
son compte et intéressant la sûreté de l'Etat, la défense nationale, la sécurité publique ou ayant
pour objet l'exécution de condamnations pénales ou de mesures de sûreté, dans la mesure où
une telle limitation est nécessaire au respect des fins poursuivies par le traitement ;
2°/ lorsque le traitement est nécessaire à la prévention, la recherche, la constatation et la
poursuite de toute infraction ;
3°/ lorsque le traitement est nécessaire à la prise en compte d'un intérêt économique ou
financier important de l'Etat, y compris dans les domaines monétaire, budgétaire, douanier et
fiscal, de façon générale toute mission d'intérêt public.

III – Le droit de s’opposer à figurer dans un traitement


L’article 19 de la même loi dispose que toute personne physique ou morale a le droit de
s'opposer, pour des motifs légitimes, à ce que des données à caractère personnel la concernant
fassent l'objet d'un traitement. Elle a le droit, d'une part, d'être informée avant que ces données
ne soient, pour la première fois, communiquées à des tiers ou utilisées pour le compte de tiers
il des fins de prospection et, d'autre part, d'être expressément informée sans frais, de son droit
de s'opposer à ladite communication ou utilisation.

Chapitre II : L’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP)


L’Autorité de protection des données à caractère personnel est une autorité administrative
indépendante créée par la loi du 21 mai 2013. Elle comprend 15 membres nommés pour un
mandat de 7 non renouvelable.
La loi du 21 mai 2013 définit ses missions, les modalités de la prise de ses décisions et les
sanctions qu’elle peut infliger.

Section I : Les missions de l’APDP


L'Autorité de protection des données à caractère personnel a pour mission d'assurer la protection
des données à caractère personnel et de participer à la réglementation du secteur.
Il lui appartient entre autres de :
- donner l'autorisation préalable sous forme d'agrément à toute interconnexion de données ;
- autoriser le transfert de données ;
- informer et conseiller les personnes concernées et les responsables du traitement de leurs droits
et obligations ;
- recevoir les réclamations relatives à la mise en œuvre des traitements des données à caractère
personnel ;
- procéder aux contrôles nécessaires du traitement régulier des données à caractère personnel ;
- infliger des sanctions administratives à l'égard de tout responsable de traitement en cas de
manquement à ses obligations ;
- saisir sans délai le Procureur de la République compétent des infractions dont elle a
connaissance sur la manipulation frauduleuse de données à caractère personnel.

Section II : Les modalités de prise de décision


L'Autorité de protection des données à caractère personnel prend ses décisions à la majorité des
2/3 de ses membres.
Ses décisions sont des actes administratifs susceptibles de recours administratif et
juridictionnel. Le recours administratif gracieux est exercé devant le Président de l’Autorité. Le
recours juridictionnel est exercé devant la section administrative de la Cour suprême.

Section III : Les sanctions que l’APDP peut infliger


I – La dénonciation et la plainte devant le procureur
Le Président de l'Autorité de protection des données à caractère personnel dénonce devant le
Procureur de la république tout usager en infraction vis à vis de la loi dans le domaine des
données à caractère personnel, ou porte plainte contre l'intéressé devant les juridictions
compétentes, pour l'application des sanctions pénales prévues par la législation en vigueur.
Ce pouvoir dont dispose le Président de l’APDP ne fait pas obstacle aux pouvoirs des autres
autorités de poursuite en matière d’infraction.
II – Les sanctions administratives
L’APDP peut infliger les sanctions administratives suivantes :
- l'avertissement à l'encontre de tout responsable de traitement de donnée de bonne foi qui n'a
pas observé les formalités administratives de collecte, de traitement et de gestion des données
prévues par la présente loi ou par les actes règlementaires de l'Autorité de protection des
données à caractère personnel ;
- la mise en demeure du responsable de traitement de donnée fautif, à l'effet de l'amener à se
conformer aux textes ;
- l'injonction de cesser les activités de traitement des données à caractère personnel à l'encontre
de tout responsable de traitement de donnée, en cas de faute ;
- le retrait d'agrément à tout responsable de traitement de données en cas de nécessité constatée
par l'Autorité de protection.
III – Sanctions pécuniaires
La loi a prévu plusieurs hypothèses dans lesquelles l’APDP peut infliger une sanction
pécuniaire.
L’APDP peut infliger une amende de cinq millions (5.000.000) à vingt millions (20.000.000)
de franc en cas de :
- communication à des tiers non autorisés ou d'accès sans autorisation ou de façon illicite
aux données personnelles mettant en cause les droits fondamentaux et les libertés
individuelles ou la vie privée ;
- de recueil, à l'occasion de l'enregistrement, du classement, de la transmission ou d'une
autre forme de traitement, des informations nominatives dont la divulgation a pour effet
de porter atteinte à l'honneur et à la considération de l'intéressé ou à l'intimité de sa vie
privée, de porter sans autorisation de l'intéressé lesdites informations à la connaissance
d'un tiers qui n'a pas de qualité pour les recevoir ;
- d'entrave à l'action de l'Autorité de protection des données à caractère personnel :
- soit en s'opposant aux vérifications sur place ;
- soit en refusant de communiquer à ses membres ou à ses agents les renseignements et
documents utiles à la mission qui leur est confiée, en dissimulant ou en faisant
disparaitre lesdits documents.
L’APDP peut également infliger une amende de deux millions cinq cent mille (2.500.000) à dix
millions (10.000.000) de francs lorsqu’une personne procède à un traitement automatisé
d'informations nominatives sans prendre toutes les précautions pour préserver la sécurité
desdites informations notamment en évitant qu’elles ne soient déformées ou endommagées.
Elle peut appliquer la même sanction à une personne qui met ou conserve en mémoire
informatisé, sans l'accord préalable de l'intéressé, des données nominatives qui, directement ou
indirectement, font apparaître les origines raciales, ethniques, les opinions politique,
philosophique, religieuse ou l'appartenance syndicale.
Seconde partie :
La lutte contre la cybercriminalité
La lutte contre la cybercriminalité s’effectue au Mali sur la base de la loi du 05 décembre 2019
portant répression de la cybercriminalité. Cette loi définit la cybercriminalité comme
l’ensemble des infractions pénales commises à l’aide de réseaux de communications
électroniques et des systèmes d’information ou contre lesdits réseaux et systèmes. Elle
s’applique à :
- toute infraction commise au moyen des technologies de l’information et de la communication
en tout ou partie sur le territoire de la République du Mali ;
- toute infraction commise dans le cyberespace et dont les effets se produisent sur le territoire
national.

Les peines applicables en matière de justice au Mali se divisent en peines criminelles, peines
appliquées aux délits et peines de simple police.
Les peines de simple police entraîne les sanctions suivantes :
- l’emprisonnement de un à dix jours inclusivement ;
- l’amende de 300 à 18.000 FCFA inclusivement ;
La confiscation pourra être appliquée comme peine complémentaire.
Les peines applicables aux délits sont :
- l’emprisonnement de onze jours à cinq ans ;
- la peine de travail d’intérêt général ;
- l’amende.
Les peines criminelles sont :
- la mort ;
- la réclusion à perpétuité ;
- la réclusion de cinq à vingt ans.
La lutte contre la cybercriminalité sera étudiée à travers les infractions applicables aux TIC et
à la procédure de sanction.
Chapitre I : Les crimes et délits liés aux technologies de l’information et de la
communication

Section I : Les atteintes à la confidentialité des systèmes d’information

Sont considérés comme atteintes à la confidentialité des systèmes d’information l’accès


frauduleux à un système informatique et le maintien frauduleux dans un système informatique.
La première est punie est punie d’un emprisonnement de deux mois à un an et d’une amende
de 200.000 à 5.000.000 de francs. La seconde est punie d’un emprisonnement de deux mois à
deux ans et l’amende et de 1.000.000 à 10.000.000 de francs CFA d’amende.

Section II : Les atteintes à l’intégrité des données d’un système d’information

Les atteintes à l’intégrité des données d’un système d’information sont :

- L’interception ou la tentative d’interception frauduleuse de données informatisées


(punie puni d’un emprisonnement de trois mois à trois ans et d’une amende de 200.000
à 50.000.000 de francs CFA ou de l’une de ces deux peines) ;
- La falsification ou la tentative de falsification de données informatisées (punie d’un
emprisonnement d’un an à cinq ans et d’une amende de 5.000.000 à 60.000.000 de
francs CFA ou de l’une de ces deux peines ;
- L’usage ou la tentative d’usage de données falsifiées (puni d’un emprisonnement d’un
an à cinq ans et d’une amende de 5.000.000 à 50.000.000 de francs CFA ou de l’une de
ces deux peines).

Section III : La pornographie infantile

Rentrent dans la catégorie des infractions pour pornographie infantile :

- La production d’image ou de représentation à caractère pornographique infantile ;


- L’importation ou exportation d’image de représentation à caractère pornographique
infantile (se procurer ou procurer à autrui) ;
- La possession d’image ou de représentation à caractère pornographique infantile.

Ces infractions sont punies de la réclusion de cinq à dix ans de prison et d’une amende de
5.000.000 à 15.000.000 de francs CFA.
Est notamment puni de ces peines quiconque produit, enregistre, offre, met à disposition,
diffuse, transmet une image ou une représentation présentant un caractère de pornographie
infantile par le biais d’un système d’information.

Section IV : Les actes racistes, xénophobes, de menaces et d’injures par le biais d’un
système d’information

Sont punies par la loi :

- La disposition d’écrits ou d’images de nature raciste ou xénophobe par le biais d’un


système d’information notamment en créant, en téléchargeant, en diffusant ou en
mettant à la disposition d’autrui (cinq à dix ans de prison et d’une amende de 1.000.000
à 10.000.000 de francs CFA) ;
- La menace par le biais d’un système d’information (cinq à dix ans de prison et d’une
amende de 1.000.000 à 10.000.000 de francs CFA) ;
- Les injures commises par le biais d’un système d’information (six mois à deux ans et
d’une amende de 1.000.000 à 10.000.000 de francs CFA ou de l’une de ces deux peines).

Section V : Les infractions commises au moyen des technologies de l’information et de la


communication

I – L’usurpation d’identité

Est puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 500. 000 à 10.000.000
de francs CFA ou l’une de ces deux peines, quiconque usurpe l’identité numérique d’un tiers
ou une ou plusieurs données permettant de l’identifier, en vue de troubler sa tranquillité ou celle
d’autrui ou de porter atteinte à son honneur, à sa considération ou à ses intérêts.

II – Les atteintes à la défense et à la sécurité

Est coupable de trahison et puni de la réclusion criminelle à perpétuité, quiconque :

1) livre à une puissance étrangère ou à ses agents, sous quelque forme ou par quelque
moyen que ce soit un renseignement, objet, document, procédé, donnée numérisée ou
fichier informatisé qui doit être tenu secret dans l’intérêt de la défense et de la sécurité
nationales ;
2) s’assure, par quelque moyen que ce soit, la possession d’un tel renseignement, objet,
document, procédé, donnée numérisée ou fichier informatisé en vue de le livrer à une
puissance étrangère ou à ses agents ;
3) détruit ou laisse détruire un renseignement, objet, document, procédé, donnée numérisée
ou fichier informatisé en vue de favoriser une puissance étrangère.

Section VI : Les peines complémentaires applicables en matière de cybercriminalité

L’article 69 de la loi sur la cybercriminalité dispose qu’en cas de condamnation pour une
infraction commise par le biais des technologies de l’information et de la communication, la
juridiction peut prononcer à titre de peines complémentaires :
- l’interdiction d’émettre des messages de communication numérique ;
- l’interdiction à titre provisoire ou définitif de l’accès au site ayant servi à commettre
l’infraction ;
- ou l’injonction d’en couper l’accès par tous moyens techniques disponibles ou même en
interdire l’hébergement.

Chapitre II : La procédure en matière de crimes et délits liés aux technologies de


l’information et de la communication

Section I : La perquisition et la saisie informatique


Lorsque des données stockées dans un système d’information ou dans un support permettant de
conserver des données informatisées sur le territoire national sont utiles à la manifestation de
la vérité, le procureur de la République ou le juge d’instruction peut opérer ou autoriser une
perquisition.
Lors que la saisie est inappropriée, ces données, de même que celles qui sont nécessaires pour
les comprendre, sont copiées sur des supports de stockage informatique pouvant être saisis et
placés sous scellés.
Lors que la copie ou le stockage ne peut être effectué, le procureur de la République ou le juge
d’instruction utilise les moyens techniques appropriés pour empêcher l’accès à ces données
dans le système d’information.

Section II : La conservation des données informatisées stockées


Si les nécessités de l’enquête l’exigent, le procureur de la République ou le juge d’instruction
peut faire injonction à toute personne de conserver et de protéger l’intégrité des données en sa
possession ou sous son contrôle, pendant une durée de deux ans maximum, pour la bonne
marche des investigations judiciaires.
Le gardien des données ou toute autre personne chargée de conserver celles-ci est tenu de garder
le secret sur la mise en œuvre desdites procédures.

Section III : L’interception des données informatisées relatives au contenu


Lorsque les nécessités de l’enquête l’exigent, le procureur de la République ou le juge
d’instruction peut utiliser les moyens techniques appropriés, pour collecter ou enregistrer en
temps réel, les données relatives au contenu de communications spécifiques, transmises au
moyen d’un système d’information ou obliger un fournisseur de services à collecter ou à
enregistrer lesdites données ou à prêter aux autorités compétentes son concours et son assistance
pour collecter ou enregistrer ces données.

Vous aimerez peut-être aussi