Université Claude Bernard Lyon 1 Semestre d’automne 2024-2025
Cursus prépa - Première année
Mathématiques - CF Algèbre 1
Corrigé
Exercice 1 : Logique.
1. Est-ce que les deux propositions suivantes sont équivalentes ? Justifier la réponse.
(a) P → (Q → R) et (b) (P → Q) → R.
2. Écrire en langage formel l’énoncé suivant :
Pour tout nombre premier il existe un nombre premier strictement plus grand.
Ensuite, écrire la négation de cet énoncé.
Attention : Il faut traduire premier en n’utilisant que l’addition et la multiplication.
P 2 √
3. On cherche à calculer la somme Sn = nk=1 E( k), où E(x) est la partie entière de x.
(a) Montrer que
2
n−1 X−1
X (i+1) √
Sn = n + E( k).
i=1 k=i2
(b) Conclure.
Solution.
1. On écrit la table de vérité.
P Q R Q → R P → (Q → R) P → Q (P → Q) → R
V V V V V V V
V V F F F V F
V F V V V F V
V F F V V F V
F V V V V V V
F V F F V V F
F F V V V V V
F F F V V V F
La 5me et la 7me colonne étant différentes, les deux propositions ne sont pas équivalentes.
2. On note que p est premier ssi p satisfait p > 1 ∧ ∀x∀y [xy = p → (x = 1 ∨ y = 1)]. L’énoncé est donc :
∀p [(p > 1 ∧ ∀x∀y [xy = p → (x = 1 ∨ y = 1)]) → ∃q (q > p ∧ ∀x∀y [xy = q → (x = 1 ∨ y = 1)])].
La négation est :
∃p [(p > 1 ∧ ∀x∀y [xy = p → (x = 1 ∨ y = 1)]) ∧ ∀q (q ≤ p ∨ ∃x∃y [xy = q ∧ x 6= 1 ∧ y 6= 1)])].
√
3. (a) On a E( n2 ) = n, et donc
n2 2 −1
2X 2
−1
3X 2 −1
nX n−1 (i+1)2 −1
X √ √ √ √ √ X X √
Sn = E( k) = E( k)+ E( k)+· · ·+ 2
E( k)+E( n ) = n+ E( k).
k=1 k=12 k=22 k=(n−1)2 i=1 k=i2
√
(b) Pour i2 ≤ k ≤ (i + 1)2 − 1 on a E( k) = i. Ainsi
2
n−1 X−1
X (i+1) n−1
X n−1
X n−1
X
Sn = n + i=n+ [(i + 1)2 − i2 ]i = n + (2i + 1)i = n + (2i2 + i)
i=1 k=i2 i=1 i=1 i=1
(n − 1)n(2n − 1) (n − 1)n n
=n+2 + = [6 + (n − 1)(2(2n − 1) + 3)]
6 2 6
n n 2
= [6 + (n − 1)(4n + 1)] = [4n − 3n + 5].
6 6
1
Exercice 2 : Relations et Applications.
1. Soient E un ensemble et f : E → E une application. On suppose que f ◦ f = f et que f est injective
ou surjective. Montrer que f = idE .
2. Soient E et F deux ensembles, f : E → F une application, A ⊆ E et B ⊆ F . Montrer que
f [A ∩ f −1 [B]] = f [A] ∩ B.
3. Soient E un ensemble et A ⊆ E. On note f l’application X 7→ X ∩ A de P(E) dans P(E).
(a) Montrer que X ∼ X 0 ssi f (X) = f (X 0 ) est une relation d’équivalence.
(b) Montrer que P(A) est un ensemble de représentants des classes d’équivalence de ∼.
Solution.
1. Si f est injective, il y a une fonction réciproque à gauche f 0 , avec f 0 ◦ f = idE . Alors
f = idE ◦ f = (f 0 ◦ f ) ◦ f = f 0 ◦ (f ◦ f ) = f 0 ◦ f = idE .
Si f est surjective, il y a une fonction réciproque à droite f 00 , avec f ◦ f 00 = idE . Alors
f = f ◦ idE = f ◦ (f ◦ f 00 ) = (f ◦ f ) ◦ f 00 = f ◦ f 00 = idE .
2. Soit y ∈ f [A ∩ f −1 [B]]. Donc il y a a ∈ A ∩ f −1 [B] avec f (a) = y. Puisque a ∈ f −1 [B] on a
y = f (a) ∈ B. Donc y ∈ f [A] ∩ B.
Réciproquement, soit y ∈ f [A] ∩ B. Donc il y a a ∈ A avec f (a) = y ∈ B, et donc a ∈ f −1 [B]. Ainsi
a ∈ A ∩ f −1 [B], et y = f (a) ∈ f [A ∩ f −1 [B]].
Donc f [A ∩ f −1 [B]] = f [A] ∩ B.
3. (a) On a f (X) = f (X), d’où X ∼ X et ∼ est réflexive. Si X ∼ X 0 , alors f (X) = f (X 0 ), d’où
f (X 0 ) = f (X) et X 0 ∼ X : La relation ∼ est symétrique. Enfin, si X ∼ X 0 et X 0 ∼ X 00 , on a
f (X) = f (X 0 ) et f (X 0 ) = f (X 00 ), d’où f (X) = f (X 00 ). Ainsi X ∼ X 00 et ∼ est transitive. Il sagot
bien d’une relation d’équivalence.
(b) On a X ∩ A = (X ∩ A) ∩ A, d’où X ∼ X ∩ A ∈ P(A). De plus, si Y, Y 0 ∈ P(A) avec Y ∼ Y 0 , alors
Y = f (Y ) = f (Y 0 ) = Y 0 . Ainsi tout X ∈ P(E) est ∼-équivalent à un unique Y ∈ P(A), à savoir
Y = f (X) = X ∩ A. Donc P(A) est un système de représentants des classes modulo ∼.
Exercice 3 : Les complexes.
z−a
1. Soit a ∈ C \ U. On note f la fonction z 7→ āz−1 . Montrer que f est définie sur U, à valeurs dans U,
et que f : U → U est bijective. (Rappel : U = {z ∈ C : |z| = 1}.)
2. Résoudre algébriquement dans C l’équation 2z 2 + (8 − 5i)z + (4 − 13i) = 0.
Solution.
1. Si z ∈ U on a |āz| = |ā| |z| = |ā| 6= 1 puisque a ∈
/ U. Donc āz 6= 1, et f (z) est bien défini. De plus,
z z̄ = 1 = |z| et donc
z−a |z − a| |z − a| |z − a| |z − a|
= = = = =1
āz − 1 |āz − 1| |z̄| |ā − z̄| |a − z| |a − z|
et f (z) ∈ U.
z−a y−a
Si y = f (z) = āz−1 , on a y(āz − 1) = z − a, soit z(āy − 1) = y − a et z = āy−1 = f (y). Donc f est sa
propre fonction réciproque, et donc bijective.
2. On calcule le déterminant
∆ = (8 − 5i)2 − 4 · 2 · (4 − 13i) = 64 − 25 − 80i − 32 + 104i = 7 + 24i.
On pose δ = a + ib avec ∆ = δ 2 = a2 − b2 + 2abi. En prenant la partie réelle et la partie imaginaire,
on obtient
p √
a2 − b2 = 7, 2ab = 24, et a2 + b2 = |δ|2 = |∆| = 72 + 242 = 625 = 25.
Ainsi 2a2 = 32 et a = ±4, ce qui donne b = ±3 et δ = ±(4 + 3i). Donc
−(8 − 5i) ± (4 + 3i) i
z∈ = {−1 + 2i, −3 + }.
4 2
2
Exercice 4 : Arithmétique.
1. Montrer que pour tous n ∈ N∗ et a, b ∈ Z, si a ≡ b mod n alors an ≡ bn mod n2 .
Indication : an − bn = (a − b) (an−1 + · · · + bn−1 ).
2. Donner toutes les solutions dans Z du système de congruences
x≡1 mod 597 et x ≡ 2 mod 322.
3. Montrer que si x3 + y 3 + z 3 est divisible par 7, xyz l’est aussi.
Solution.
1. Puisque a ≡ b mod n on a
an−1 + an−2 b + · · · + abn−2 + bn−1 ≡ an−1 + · · · + an−1 = n · an−1 ≡ 0 mod n.
Ainsi n | a − b et n | an−1 + an−2 b + · · · + abn−2 + bn−1 , d’où
n2 | (a − b)(an−1 + an−2 b + · · · + abn−2 + bn−1 ) = an − bn ,
et an ≡ bn mod n2 .
2. On effectue l’algorithme d’Euclide.
597 = 322 · 1 + 275
322 = 275 · 1 + 47
275 = 47 · 5 + 40
47 = 40 · 1 + 7
40 = 7 · 5 + 5
7=5·1+2
5 = 2 · 2 + 1.
Ainsi 597 ∧ 322 = 1 et 1 | 2 − 1. Il y a donc des solutions. On remonte.
1 = 5 − 2 · 2 = 5 − (7 − 5) · 2 = 5 · 3 − 7 · 2 = (40 − 7 · 5) · 3 − 7 · 2 = 40 · 3 − 7 · 17
= 40 · 3 − (47 − 40) · 17 = 40 · 20 − 47 · 17 = (275 − 47 · 5) · 20 − 47 · 17 = 275 · 20 − 47 · 117
= 275 · 20 − (322 − 275) · 117 = 275 · 137 − 322 · 117 = (597 − 322) · 137 − 322 · 117
= 597 · 137 − 322 · 254.
Si x0 est une solution, il y a des entiers relatifs y0 , z0 tel que 1 + 597y0 = x = 2 + 322z0 . Ceci donne
l’équation diophantienne
597y0 − 322z0 = 2 − 1 = 1
ce qui donne une solution particulière (y0 , z0 ) = (137, 254), et x0 = 1 + 597y0 = 81790. Si (x, y) est
une autre solution, 597(y − y0 ) = 322(z − z0 ). Puisque 597 ∧ 322 = 1, on a 322 | y − y0 et y = y0 + 322k
pour k ∈ Z, ce qui donne x = 1 + 597 (137 + 322k) = 81790 + 597 · 322k, pour k ∈ Z. Puisque
81790 + 597 · 322k ≡ 81790 modulo 597 et modulo 322, ce sont toutes les solutions.
3. On calcule les cubes modulo 7 :
03 = 0, (±1)3 = ±1, (±2)3 = ±8 ≡ ±1 mod 7, (±3)3 = ±27 ≡ ∓1 mod 7.
Si aucun de x, y, z est divisible par 7, alors x3 +y 3 +z 3 ≡ ±1±1±1 ∈ {±1, ±3} mod 7, et x3 +y 3 +z 3
ne serait pas divisible par 7. Donc au moins un de x, y, z est divisible par 7, et xyz l’est aussi.
Exercice 5 : Polynômes.
2 00
Pd (X k+ 1)P = P , pour P ∈ C[X].
1. Résoudre l’équation polynômiale
Indication : Poser P (X) = k=0 ak X , et obtenir des conditions sur les ak .
2. Soient P ∈ R[X] de degré d > 0 et a ∈ R. On suppose P (a) > 0 et P (k) (a) ≥ 0 pour tout k ∈ J1, dK.
Montrer que P n’a pas de racine dans [a, ∞[.
3
Solution.
Pd Pd
1. On pose P (X) = k=0 ak X
k, où d = deg(P ). Alors P 00 (X) = k=2 ak k(k − 1)X k−2 , et on a
d
X d
X
k 2 00 2
ak X = P (X) = (X + 1)P (X) = (X + 1) ak k(k − 1)X k−2
k=0 k=2
d
X d−2
X
= ak k(k − 1)X k + ak+2 (k + 2)(k + 1)X k .
k=2 k=0
En comparant les coefficients de X k , on obtient ak = ak k(k − 1) + ak+2 (k + 2)(k + 1) pour tout k
(où ak = 0 pour k > d). Notamment on a ad = ad d(d − 1). Si d = 0 ou d = 1 on a ad = 0 ; si d > 1
on a d(d − 1) est un entier > 1, ce qui implique ad = 0. Dans tous les cas P = 0, ce qui est la seule
solution.
2. D’après la formule de Taylor on a pour x ≥ a que
d d
X P (k) (a) X P (k) (a)
P (x) = (x − a)k = P (a) + (x − a)k ≥ P (a) > 0.
k! k!
k=0 k=1