Le mot informatique a été créé en 1962 par Philippe Dreyfus.
Il s’agit d’un
néologisme de la langue française, issu de la contraction des deux mots «
automatique » et « information ». Pour parler du traitement automatique de
l’information, les Anglo-Saxons utilisent les termes de « computer science » ou de
« data processing ».
L’informatique, comme discipline scientifique et technique, s’est déployée sur
environ deux siècles : le XIXe et le XXe siècle. Elle est liée à l’apparition des
premiers automates et à la mécanisation : un processus de développement et de
généralisation des machines qui a commencé au XVIIIe siècle en Europe avec
l’industrialisation.
Nous devons la première programmation binaire (carton/trou) à Joseph-Marie
Jacquard en 1801. Il s’agissait d’un procédé industriel visant à accroître la
productivité des métiers à tisser.
En 1834, Charles Babbage, considéré comme l’authentique grand-père des
ordinateurs modernes, invente la machine analytique en s’inspirant des cartons
perforés de Jacquard. La machine analytique n’a jamais vu le jour de son vivant,
car la Couronne britannique, lassée de la longueur des recherches de Babbage, a
décidé de lui retirer son soutien financier. L’un de ses fils en construisit l’unité
centrale (le moulin) et l’imprimante en 1888, et fit une démonstration réussie de
calcul de tables à l’Académie royale d’astronomie en 1908.
Le développement de l’informatique est lié à la recherche fondamentale en
mathématiques, et plus précisément à la logique et aux algorithmes
mathématiques, apparus au début du IXe siècle avec les travaux du
mathématicien arabe Abu Jaffar Al-Khawarizmi.
L’informatique a également bénéficié de l’introduction du calcul binaire en Europe
vers 1697, grâce aux travaux de Gottfried Wilhelm Leibniz, de la formalisation du
principe des machines à calculer par Ada Lovelace en 1840, et de la théorisation
de la logique binaire par George Boole en 1854.
En 1936, Alan Turing infirme la théorie de Kurt Gödel et démontre qu’on ne peut
pas tout calculer de manière automatique. Il imagine, pour sa démonstration, un
outil qui inspire encore le fonctionnement de nos ordinateurs : une machine
universelle qui manipule des informations — des lettres ou des chiffres — suivant
des règles définies dans une table.
On peut la représenter comme un appareil qui comporte un ruban de papier de
longueur infinie, avec une succession de cases, et un registre mémorisant l’état
de la machine.
L’opérateur (une tête de lecture/écriture) peut lire ou écrire le contenu d’une case
et se déplacer vers la case de gauche ou de droite. À partir d’un mot d’entrée
noté sur le ruban, la machine va exécuter une instruction. Pour établir un parallèle
avec nos ordinateurs actuels, la taille de la mémoire est représentée par la
longueur du ruban et le temps de calcul par le nombre d’opérations à accomplir
sur le ruban.