SVT Enseignement Scientifique Thème 1 : Science, climat et société
Terminale Enseignement Scientifique Chapitre 2 : La complexité du système climatique
Chapitre 2 La complexité du système climatique Durée : 6 semaines
Introduction
Le système climatique est l’ensemble des interactions entre l’atmosphère, l’océan, la cryosphère, la
lithosphère et la biosphère, qui détermine le climat de la Terre sous l’effet du rayonnement solaire. Il est
nécessaire de comprendre l’évolution du climat dans le temps pour en mesurer la complexité et
comprendre le réchauffement climatique global actuel.
Quelles sont les indicateurs du climat ?
Comment connaître les variations climatiques passées ?
Comment expliquer le réchauffement climatique actuel ?
I- Le climat et ses indicateurs
1. Météorologie et climatologie
La météorologie étudie les phénomènes atmosphériques et mesure de nombreuses grandeurs comme la
température, la pression, le degré hygrométrique, la pluviométrie, la nébulosité, la vitesse et la direction
des vents. Elle a un objectif à court terme (jours et semaines), local (dans une région donnée) et
prévisionnel.
La climatologie étudie les composantes et les variations des climats sur la surface de la terre. Elle
s’intéresse aux mêmes phénomènes atmosphériques mais à moyen et long terme (siècles, millions
d’années) et de façon plus globale. Elle prend en compte la fréquence des épisodes de canicule, de
sécheresse, de grand froid, l’étendue des banquises et des glaciers continentaux. C’est une science basée
sur des phénomènes plus durables qu’un épisode météorologique.
2. Les mesures du climat : les indicateurs
Le principal indicateur du climat global est la température et ses variations moyennes globales. Elle est
calculée à partir de mesures en différents points du globe et de données satellites.
Il existe d’autres indicateurs comme le niveau de la mer (volume des océans), l’étendue des glaces et des
glaciers, composition atmosphérique, impact sur la biodiversité (suivi de populations animales).
L’ensemble de ces indicateurs permet d’établir des bilans précis du climat et de son évolution.
II- La variabilité naturelle du climat
Le climat terrestre présente une variabilité naturelle observable sur plusieurs échelles de temps.
1. Reconstitution des variations climatiques du passé, variabilité à long terme
A l’échelle des milliers et millions d’années, les variations climatiques peuvent être reconstituées grâce à
des archives climatiques.
Les variations climatiques sur des milliers d’années ont pu être déduites de l’étude des carottes de glace
prélevées aux deux pôles. L’analyse isotopique de l’eau renseigne sur la température locale de l’époque
et les bulles d’air contenues dans la glace sur la composition en gaz atmosphériques. Les études ont révélé
que depuis 800 000 ans, la Terre a périodiquement subi des changements climatiques majeurs. Des
périodes froides (glaciaires) ont alterné avec des périodes chaudes (interglaciaires) sur des cycles de
100 000 ans. Une corrélation a pu être établie entre la température et le taux de CO2 atmosphérique : les
périodes de réchauffement s’accompagnent d’une augmentation de la teneur en CO2 et inversement pour
les périodes de refroidissement.
L’étude des paléoenvironnements (étude des milieux anciens) permet de reconstituer les conditions
climatiques passées : traces de fougères tropicales dans des roches sédimentaires en France datées de
300 Ma, traces de récif coralliens datées de 115 Ma dans les Alpes, traces de glaciers datées de 600 Ma
en Namibie.
2. Les variations climatiques à court terme
La palynologie (étude des pollens fossile) renseigne également sur les climats passés. Les espèces
végétales peuplent les différents milieux en fonction de leurs exigences écologiques. Selon le principe de
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l’actualisme, on peut penser qu’un pollen fossile ressemblant à un pollen actuel est issu d’une espèce
vivant dans des conditions climatiques équivalentes à celle de l’espèce actuelle. Des sédiments
contiennent des pollens dont l’étude a fourni des informations sur les climats vieux de quelques milliers
d’années.
A des échelles plus courtes encore (dans l’actuel), on observe des variations climatiques. La fonte des
glaces polaires ou les relevés de la date des vendanges en France depuis plus d’un siècle indiquent une
période de réchauffement climatique au cours des 50 dernières années.
III- Le réchauffement climatique global actuel
En 150 ans, la température moyenne de la surface de la Terre a augmenté d’environ 1°C. Cette élévation
n’a jamais été connue avant l’ère industrielle, il est maintenant prouvé que les activités humaines en sont
responsables.
1. Un bilan radiatif déséquilibré
Le bilan radiatif de la Terre quantifie l'énergie reçue et perdue par le système climatique terrestre, donc
au niveau de l'atmosphère, du sol et des océans. Lorsque le bilan est nul, la température moyenne de
notre planète reste stable. Or le réchauffement climatique récent traduit un bilan radiatif déséquilibré et
positif : l’énergie radiative reçue est supérieure à l’énergie radiative émise (perdue). La différence entre
les deux est positive, on parle de forçage radiatif positif à l’origine du réchauffement climatique actuel.
2. La cause : l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre
Depuis le début de l’ère industrielle, la teneur en GES a considérablement augmenté dans l’atmosphère,
une grande partie est d’origine anthropique. Les principaux gaz sont H2O, CO2, CH4 et N2O. Ils piègent une
plus grande fraction du rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre vers l’atmosphère et
renvoient le rayonnement vers la surface de la Terre.
3. Les conséquences
Le forçage radiatif est devenu positif. Il en résulte une augmentation de la quantité d’énergie reçue par le
sol, l’air et les océans, ce qui se traduit par une augmentation de la température moyenne du globe de
1°C actuellement par rapport à l’ère préindustrielle.
IV- Effets de rétroactions sur le climat
1. Des facteurs amplificateurs
L’élévation initiale de la température est à l’origine de différents mécanismes amplificateurs qui
entraînent des rétroactions positives sur ce réchauffement.
Parmi ces mécanismes, on peut citer :
• L’augmentation de la vapeur d’eau atmosphérique par évaporation : plus il fait chaud ➔ plus l’eau
s’évapore ➔ plus il y a de vapeur d’eau ➔ plus l’effet de serre augmente ➔ plus il fait chaud.
• Une baisse de l’albédo terrestre : plus il fait chaud ➔ plus la glace fond ➔ plus l’albédo diminue
➔ moins d’énergie est réfléchie ➔ plus elle est absorbée ➔ plus il fait chaud.
• Le dégel du pergélisol qui libère du CO2 et du CH4 : plus il fait chaud ➔ plus le pergélisol fond ➔
plus les gaz sont libérés ➔ plus l’effet de serre augmente ➔ plus il fait chaud.
Les effets de réchauffement accentuent l’augmentation de température : le système subit des boucles
de rétroaction positive qui accentuent l’augmentation des températures.
2. Un facteur stabilisateur
L’élévation de température est également à l’origine d’un autre mécanisme qui entraîne une rétroaction
positive sur le réchauffement : un accroissement de la végétalisation constitue un puits de CO2 et a donc
un effet de rétroaction négative (stabilisatrice) : plus il fait chaud ➔ plus la végétation se développe ➔
plus il y a de photosynthèse ➔moins il y a de CO2 dans l’atmosphère ➔ moins de GES ➔ moins d’effet
de serre ➔ moins il fait chaud.
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3. Le rôle particulier des océans
Les océans accumulent dans leurs couches superficielles 95% du surplus d’énergie lié au forçage radiatif.
Ceci a pour conséquence une dilatation thermique de l’eau élevant le niveau de la mer (phénomène qui
s’additionne à la fonte des glaces continentales.
Cependant, sur une courte échelle de temps (quelques décennies), les océans exercent un rôle
amortisseur sur l’augmentation de la température moyenne globale car ils se réchauffent moins vite que
l’atmosphère.
Par contre, la mémoire thermique de l’océan est beaucoup plus importante que celle de l’atmosphère et
la chaleur océanique accumulée finira par retourner dans l’atmosphère.
Conclusion
Le système climatique et son évolution dans le temps résultent de plusieurs facteurs naturels et
d’interactions entre océans, atmosphère, biosphère, lithosphère et cryosphère. Il présente une variabilité
spontanée et réagit aux perturbations de son bilan d’énergie par des mécanismes appelés rétroactions.
Les facteurs anthropiques ont des conséquences irréversibles.
Carte mentale pour retenir
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