Activité de : Langue : L’ordre de la narration
Objectif : Amener l’élève à repérer l’ordre et le rythme de la
narration dans un récit
A. Récit chronologique
On dit que le récit est chronologique lorsqu’un narrateur raconte des évènements dans
l’ordre où ils ont eu lieu.
Un narrateur peut aussi faire des retours en arrière (au plus-que-parfait dans un récit
au passé).
Ex. : Mon ami me montra la voiture qu’il avait repérée quelques jours plus tôt.
Il peut également faire des anticipations pour évoquer des évènements
futurs (au conditionnel dans un récit au passé).
Ex. : Je compris qu’il ne serait pas heureux sans ses amis.
B. Le rythme du récit
o Définition
Rythme de narration
Pour rendre son récit plus dynamique, le narrateur varie le rythme de sa narration, en passant
plus ou moins de temps sur un épisode.
Dénominations Caractéristiques Exemples
La scène Le rythme de la narration correspond à Le serveur s’approcha de nous. « Qu’est-ce
peu près au rythme de l’histoire. La que vous prendrez ? » demanda-t-il. Roger leva
scène semble se dérouler sous les yeux les yeux et répondit : « Un triple expresso. » Le
du lecteur. serveur esquissa un sourire. « Je vous le mets
dans un bol ? »
Le sommaire Le narrateur résume une partie de Il se mit à jouer de plus en plus, contracta des
l’histoire, ce qui accélère le rythme du dettes, qu’il ne payait pas.
récit.
L’ellipse Le narrateur passe sous silence une Je m’absentai de Paris pendant trois mois. À
partie de l’histoire. mon retour, ...
La pause Le récit s’arrête pour intégrer une Il avait le teint gris, les yeux cernés, le
description ou des commentaires. cheveux gras, sa veste froissée sentait la sueur.
Tout cela ne lui ressemblait pas.
Activité orale :
Objectif : Amener l’élève à parler aisément le français
Discussion
Objectif : Amener l’élève à exprimer son point de vue
Préfériez-vous vivre à la ville ou à la campagne ?
Souhaiteriez-vous avoir une famille nombreuse ou un enfant unique ?
Prolongement de la séance d’activité orale
Production écrite :
Sujet : Rédigez un paragraphe à partir du sujet traité dans l’activité orale concernant la
discussion sur la vie paysanne et la vie en ville.
Consigne :
Donner une petite perception sur la vie paysanne / en ville
Les conséquences de ce choix
Conclusion
Rédaction :
Les partisans de l’idée d’habiter à la campagne la consolident par les preuves suivantes
: En premier lieu, ils ont leur enfance à ce lieu, citant l’exemple des agriculteurs qui
passent leur vie à la ferme. En second lieu, on n’a pas le choix car le travail que nous
faisons se trouve à la campagne.
En revanche, les opposants soutiennent leur point de vue en citant les arguments qui
suivent : D’abord, en ville on peut tout trouver, par exemple, les moyens de transports, les
hôpitaux …etc. Ensuite, les chances de trouver un travail pour les jeunes sont très élevées.
En somme, certes la ville a des avantages mais, elle a aussi des cotés négatifs qui peuvent
affecter la santé des jeunes et des enfants. Pour moi, je crois qu’habiter à la campagne est
mieux.
Personnellement, je préfère vivre à la campagne pour les raisons suivantes: d’abord, l’air pur
n’existe pas en ville seulement à la campagne, donc on peut avoir une bonne santé. Ensuite, les
gens au monde rural sont très sympathiques et serviables contre les habitants des villes qui ne
font pas beaucoup de relations avec leur entourage. Enfin, la campagne est calme et tranquille
ainsi on peut dormir sous un arbre en écoutant les chants des oiseaux et le son de la rivière.
En guise de conclusion, on peut déduire de ce qui précède que vivre à la campagne est un vrai
régal, mais n’oublions pas qu’elle a aussi des inconvénients.
Activité : lecture
Objectif : Identifier l'élément perturbateur
Support : « Par un après-midi........ Elle s'appelait Mme Henri d'Hubières »
Démarche à suivre : lecture méthodique
Rappel :
Quelles sont les deux familles personnages de la nouvelles ?
Comment est la relation qui unit ces deux familles?
A quelle étape du schéma narratif correspond l'incipit de la nouvelle?
Présentation
lecture magistrale suivie d'une lecture vocale
II. Identification du texte
a. Situation du passage
Ce texte vient juste après l'incipit de la nouvelle réaliste "Aux Champs" dans lequel le
narrateur plante le décor et présente les personnages.
.
b. le type du texte
Narratif
c. Situation d'énonciation
Qui parle : un narrateur
A qui ? Au lecteur
De qui ? (personnages) : une jeune femme nommée Mme Hénri d'Hubières et son mari
Où ? Devant les deux chaumières ....
Quand? Un après-midi du mois d’août, la semaine suivante
III. Hypothèses de lecture :
A partir des éléments évoqués par les réponses, essayez de proposer les idées principales de
l’extrait.
Le texte présente la deuxième étape du schéma narratif à savoir l'élément perturbateur
IV. Les axes de lecture :
a. les indices de l'élément perturbateur
Par quelle expression commence le texte? le texte commence par un indicateur temporel -
par un après midi -
Quel est le temps verbal dominant dans ce texte ? le passé simple " s'arrêta, dit,
répondit, courut, prit..."
Que signifie l'emploi du passé simple? mettre fin à l'équilibre de la situation initiale,
déclencher une succession d'événements
Quel est l’événement phare qui a rompu la situation initiale évoqué dans
l'incipit? l'apparition d'une jeune femme nommée Mme Henri d'Hubières et son mari.
Comment expliquez-vous le comportement de la jeune femme vis à vis des enfants
notamment le moutard des Tuvache : un comportement chaleureux plein de charité et
de pitié elle est généreuse il semble que la jeune femme n'a pas d'enfant
A quelle partie du schéma narratif le texte appartient-il ? l'élément perturbateur
b. l'effet du réel
lisez les énoncés entre guillemets. il s'agit du discours direct
que représente le discours direct dans ce passage ? il représente les paroles des deux
personnages c'est le dialogue entre la jeune femme et son mari
Pourquoi à votre avis le narrateur insère le dialogue des personnages dans ce passage ?
pour attribuer au texte l'effet du réel
Synthèse :
L'élément modificateur ou perturbateur est un événement qui surgit dans l’histoire pour mettre
fin à l'équilibre de la situation initiale. il est souvent introduit par un indicateur temporel et
l'emploi du passé simple
le narrateur insère des passage dialogué pour attribuer au texte l'effet du réel
Langue : Les champs lexicaux / Les niveaux de langue
Objectif : Connaitre et repérer les champs lexicaux et les niveaux
de langue
Exemples :
Oh ! regarde, Henri, ce tas d'enfants ! Sont-ils jolis, comme ça, à grouiller dans la
poussière.
La fermière s'était levée, toute furieuse.
Qué qu't'en dis, l'homme ? Il prononça d'un ton sentencieux
- Cent francs par mois, c'est point suffisant pour nous priver du p'tit ; ça travaillera dans
quéqu'z'ans ct'éfant ; i nous faut cent vingt francs.
Conceptualisation :
Un champ lexical est un groupe de mots qui appartiennent à la même catégorie syntaxique
(nom, verbe, adjectif, adverbe, etc.) et qui se rapportent à une même idée.
Exemples :
- champ lexical de "déplacement" : voyage, promenade, flânerie, balade, excursion, errance...
- champ lexical de "se déplacer" : voyager, se balader, errer, vagabonder, arpenter, filer, rouler,
se trimbaler (ou se trimballer), trotter, galoper, courir, voler, traîner, se baguenauder, musarder...
Ces mots, s'ils sont liés par le sens, n'appartiennent pas au même registre de langue.
Niveaux de langue - Registres de langue
Le niveau de langue d'un locuteur correspond à la connaissance qu'il a du français, Il dépend de
son instruction.
On distingue le niveau intellectuel, le niveau moyen et le niveau populaire.
Les registres de langues dépendent des circonstances où se trouve le locuteur au moment où il
parle. Il peut utiliser divers registres.
Registre familier, très familier, soigné, soutenu ou précieux.
Les registres ou les styles
1-Style soutenu, littéraire, langue soignée, style châtié : style recherché et soigné. Il s'emploie
en littérature. Vocabulaire rare. Tournures et figures de style recherchées.
Emploi du passé simple et du passé antérieur, du subjonctif imparfait et plus-que-parfait.
>>Pour une recherche sur le subjonctif, lire les articles :
Valeurs et emplois du subjonctif
La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés
Employés à l'oral, ces temps (surtout ceux du subjonctif) peuvent donner l'impression d'un style
ampoulé ou emphatique et provoquer des moqueries si le locuteur ne s'y adonne pas par
plaisanterie.
>>Vous pouvez lire les définitions de ampoulé, emphatique ou d'autres mots difficiles dans les
dictionnaires du Trésor et de l'Académie sur le site du CNRS : Lexicographie- CNRTL
2-Style courant : il est employé à l'oral comme à l'écrit. Style correct dans des phrases
échangées entre professionnels ; on l'entend dans les discours politiques ; il est utilisé par les
journalistes, par les professeurs et leurs élèves, etc. On dit aussi langue neutre.
3-Style familier : il se permet certaines incorrections dans les échanges entre familiers, entre
copains, etc.
Il peut s'utiliser pour rabaisser un interlocuteur qui mériterait plus de respect, en le traitant
comme un familier.
4-Style populaire : il appartient à des groupes sociaux particuliers, étudiants, ados, etc. Il est
propre aux couches les plus modestes de la société, au peuple, et inusité par les gens cultivés.
5-Argot : sociolectes, parlers des groupes sociaux qui visent à exclure tout individu n'y
appartenant pas, en utilisant un langage "chiffré", afin de n'être pas compris par les non-initiés
(entre autres verlan et louchébem).
>> Voir l'article : Verlan et Louchébem - Comment ces langues fonctionnent
ARGOT dans Le Dictionnaire de l'Académie 8e édition :
Langage de convention dont se servent entre eux les malfaiteurs. L'argot des rôdeurs de barrière
se renouvelle sans cesse. Le poète Villon nous a transmis des termes d'argot du XVe siècle. Il se
dit, par extension, des Mots et tours particuliers qu'adoptent entre eux ceux qui exercent la
même profession ou vivent dans un même milieu social. L'argot des peintres, des écoliers.
L'argot des coulisses. L'argot de la Bourse.
6-Mots vulgaires (triviaux, grossiers, ou orduriers) ou argotiques, ils appartiennent à la langue
du "bas peuple". Ils sont prononcés en toute connaissance de cause, pour choquer, pour
provoquer celui qui les entend.
La vulgarité ne se trouve pas seulement dans les mots mais aussi dans l'attitude, la gestuelle, le
comportement de ceux qui n'ont aucune élévation morale. Elle se manifeste
(malheureusement ?) chez certains humoristes, chez les malades atteints du "syndrome" de
Gilles de La Tourette, etc.
Le mot vulgaire peut ne pas avoir de sens péjoratif et signifier : qui est de la langue orale (en opposition à la
langue écrite), la langue courante (par opposition à la langue scientifique).
Exemple : Le latin vulgaire, langue parlée au Moyen Âge, s'opposait au latin écrit des clercs.
La vulgarisation est le fait d'adapter des notions scientifiques pour qu'elles soient compréhensibles par tous.
7-Jargon
Ce mot a plusieurs acceptions. Entre autres :
1-Synonyme d'argot. Sens donné au Moyen Âge à une langue comprise par les seuls initiés, voir
ci-dessus §5.
2-Code linguistique incompréhensible à ceux qui ne font pas partie du groupe (socioculturel ou
professionnel) qui le pratique.
Exemples : jargon médical, sportif, philosophique, judiciaire, jargon des grandes écoles, des
métiers, des sectes, jargon des sciences, de la linguistique, etc.
3-Par extension une langue ou des propos que l'on ne comprend pas. Mais qu'est-ce que c'est
que ce jargon ?
8-Mot archaïque, archaïsme, mot désuet ou tombé en désuétude, inusité de nos jours, vieilli
(datant d'une autre époque).
>> Archaïsme ! Fleur fanée, oubliée sur la page d'un vieux livre. Reviens à la vie, l'espace d'un instant !
9-Régionalisme : expression linguistique propre et limitée à une région. Le parler régional.
Exercice :
1) Après avoir relevé les mots par lesquels les enfants sont désignés, classez ces termes
selon le champ lexical qui convient :
Marmaille - Une fille - Trois filles - Un garçon - Aînés - Cadets - Les huit noms - Bibelot - Tas
- Tout cela – Petits - Bêtes - Oies - Marmot - Mioche - Trois garçons - Lignée - Produits -
moutard - Fils - Fieu - Gars - Héritier.
Champ lexical de la filiation Champ lexical de l’objet Champ lexical de l’animal
Il y a des mots qui ne conviennent pas à des enfants mais permettent à Maupassant de mettre en
évidence ce qui se passe dans la nouvelle. Les enfants sont une marchandise ou des animaux
que l’on achète (et non plus les descendants d’une lignée).
2) Classez les différents mots en fonction de leur niveau de langage :
Registre soutenu Registre courant Registre familier
3) Transposez en langage courant les mots et expressions familières relevés dans « Aux
champs » :
Le jargon paysan Le langage Le jargon paysan Le langage
(langage familier) courant (langage familier) courant
Qué qu’t’en dis «-J’dis qu’ c’est point
méprisable. »
c’te (…) s’ra
«-J’ t’ai pas vendu, mé, j’ t’ai
ct’éfant
pas vendu, mon p’tiot. J’ vends
v’là pas m’s éfants, mé. J’sieus pas
riche, mais vends pas m’s éfants.
d’s éfants
»
je m’suis dit : v’là c’que j’serais
m’s éfants
Ben
té, m’n éfant
que j’vous J’t’ai pas
d’vouloir Qué que
d’vant l’notaire « C’est i permis (…)»
J’voulions « C’est-i té, m’n éfant ? »
r’procher d’t’avoir
j’vous le r’proche «C’est-ipas malheureux (…) »
l’malheur des éfants quéqu’z’ans
l’pardonnerai Qu’vous
c’que j’suis
Le registre soutenu : vocabulaire riche – structures syntaxiques très recherchées.
Le registre courant : vocabulaire usuel – phrases correctes mais sans effet particulier.
Le registre familier : vocabulaire relâché – constructions incorrectes – argot.
4) Réécrivez entièrement le passage suivant en transposant les paroles des dialogues dans
un niveau de langue courant ou soutenu. Attention à l’orthographe de chaque mot.
« Le soir, au souper, il dit aux vieux :
- Faut-i qu’vous ayez été assez sots pour laisser prendre le p’tit aux Vallin !
Sa mère répondit obstinément :
- J’voulions point vendre not’éfant !
Le père ne disait rien. Le fils reprit :
- C’est-i pas malheureux d’être sacrifié comme ça !
Alors le père Tuvache articula d’un ton coléreux :
- Vas-tu pas nous r’procher d’t’avoir gardé ? »
Activité orale :
Objectif : Amener l’élève à parler aisément le français
Sujet :
Madame Tuvache reproche à Madame Vallin d’avoir vendu son enfant ….
Consigne :
Imaginez un discours de reproche
Rédaction 1 :
C'est inadmissible ce que vous avez fait ! Je ne peux penser que l'on puisse vendre son enfant, la
propre chair de votre chair que vous avez portez neuf mois dans votre ventre, que vous avez pu
sentir bouger, que vous avez également mis au monde.
Personne ne peut rester insensible devant un acte aussi ignoble. Vous auriez du le chérir, en prendre
soin, l'élever comme toute mère digne doit le faire.
Vous auriez dû vous investir complètement afin que cet enfant, votre enfant obtienne tout l'amour
que vous auriez dû lui apporter.
Il aurait dû être votre principal souci afin que vous lui apportiez tout l'épanouissement qu'il mérite
afin d'obtenir un avenir prometteur.
Je ne puis admettre un tel comportement, avoir vendu son propre enfant est la pire des choses
qu'une mère puisse faire à son enfant.
Ce n'est pas un objet que l'on abandonne pour quelques billets ! Vous rendez-vous compte de ce
que cet enfant subira lorsqu'il apprendra votre geste ?
Aucun enfant ne mérite ce triste sort !
Rédaction 2:
Comment as-tu eu le cœur de vendre ton enfant, de le priver de ses racines, de ses frères, de
l’amour de la chaleur de la famille ? Vous êtes indigne d’être une mère, une vraie mère.
Vous avez préféré l’argent à votre enfant, vous l’avez vendu comme une marchandise, un
objet insignifiant.. Lui avez-vous demandé son avis ?, la cupidité vous a aveuglée.
Comment pouvez-vous avoir la conscience tranquille en mettant votre enfant dans les mains
d’inconnus ?comment pouvez- vous supporter ne jamais le revoir ? Et quand il grandira, que dirait
–il, que ressentirait –il, n’aurait-il pas honte de ses parents qui l’avaient donné en échange d’une
somme d’argent? je vous plains ,moi, je préfère rester dans la pauvreté , le sourire de mes enfants
illuminera ma vie et me fera oublier ma faim plutôt que de vendre un de mes enfants et le sacrifier
pour manger tous les jours ,sans mes enfants ,tous mes enfants autour de moi-même ce pain sera
sans gout .et même en le mangeant j’aurai toujours faim parce que le prix que j’ai payé pour l’avoir
est grand ,tellement grand.
Production écrite :
Objectif : Amener l’élève à imaginer une scène
Sujet : Vous rédigerez une scène dans laquelle vous raconterez l’arrivée de Jean Vallin chez
les d’Hubières
Consigne Imaginez la scène en reprenant les éléments de l’histoire / du discours et en ajoutant des
péripéties de façon à aboutir à une situation finakle plausible et cohérente par rapport au texte
proposé.
Rédaction :
Et la jeune femme radieuse, emporta le marmot hurlant, comme on emporte un bibelot désiré
d'un magasin. Elle monta dans la voiture et partit pour chez elle.
Lorsque Mme. d'Hubières entra dans sa demeure, l'enfant se calma, il admirait les murs blancs
et propres, décorés de tableaux de peintures-mortes. Le vacarme de la ville fut remplacé, une
fois la porte fermée, par un doux clapotis provenant d'une petite fontaine au centre de la pièce.
Quand la femme déposa le gamin sur le sol ferme et froid, il s'assit et regard, émerveillé, ce qui
l'entourait. Il ne bougeait pas, son regard se baladant ici et là, attiré par ce qui était brillant. Il
n'avait jamais vu autant de richesse, le seul éclat qu'il voyait, avant, était celui de la pelle
rouillée de son père ou des fenêtres sales. Le marmot regardait autour de lui, prêt à prendre
Charlot, son ami de toujours, son frère jumeau de cœur, et l'emmener voir la fontaine, mais il ne
le trouva nulle part. Ce fut à cet instant qu'il réalisa qu'il avait été arraché à sa mère, son père,
ses frères et ses amis.
-Mama, dit-il la voix tremblante, les larmes aux yeux.
Alors que M. d'Hubières le prit dans ses bras, Marguerite la servante et la confidente de la
maîtresse de maison entra dans la pièce.
-Un enfant ! Oh madame, ce que vous devez être heureuse ! s'écria-t-elle, quel âge a-t-il ? Deux
ans? Trois ans?
Mme. D’Hubières, heureuse, prit les mains de son amie et lui raconta son aventure, mais elle fut
interrompu par les sanglots de celui qu'elle avait adopté. Elle envoya Marguerite chercher des
jouets et des vieux vêtements pour qu'il puisse se déguiser. Lorsque la servante revint, elle
trouva sa maîtresse de maison enlaçant l'enfant et en le berçant tout en étant elle-même dans les
bras de son époux. Ils étaient agenouillés pour être à la hauteur de Jean. Quand ce dernier vit les
bras chargés de la jeune femme qui lui avait crié dans les oreilles, il reprit son calme même si
des sanglots lui échappèrent, et observa le titube-ment de l'étrangère. Elle déposa devant lui les
jouets et déguisements. Jean joua avec et en oublia sa tristesse. Il avait décidé qu'il ne partirait
pas.
Niveau : tronc commun
Activité de lecture : lecture méthodique.
Support : « et pendant des années et des années » jusqu’à la fin.
1- Identification du texte :
-genre : extrait d’une nouvelle.
- type : narratif.
-situation : les Hubière adopte Jean le fils des Vallin. Après des années, Jean retourne
glorieux pour voir ses parents biologiques. Ce retour entraîne la rancune et le sentiment
d’infériorité chez charlot Tuvache.
2- hypothèses de lecture :
-le rebondissement : le retour de Jean Vallin.
-la chute : départ de charlot Tuvache.
3- les axes de lecture :
1er axe : le retour de Jean Vallin.
-que s’est-il passé après l’adoption de jean Vallin par les Hubière ? Comment étaient les
relations entre les deux familles : les Tuvache et les Vallin ?
-est ce que le mode de vie des Vallin a changé ? Quelle en est la raison ?
-le retour du Jean Vallin est-il – un événement attendu ? Justifiez du texte.
- quelle est la réaction du Charlot ?
-le narrateur résume les événements qui se sont passés après le départ de Jean Vallin = il
s’agit d’un sommaire (le rythme de la narration est accéléré)
-ce sommaire présente la détérioration des relations entre les Tuvache et les Vallin : la
mère Tuvache est fier de ne pas « vendre » son enfant et n’hésite pas à attaquer les Vallin
en les traitant de cupides et en qualifiant leur décision (donner leur enfant en adoption) de
honteuse et immorale.
- le narrateur met en comparaison les deux modes de vie des voisins. La vie des Vallin a
changé pour le mieux grâce à la pension. « Les Vallin vivotaient à leur aise, grâce à la
pension. La fureur inapaisable des Tuvache, restés misérables, venait de là »= l’origine de
l’hostilité est l’envie/ les Vallin ne ressentent aucun remord et profitent de la situation.
-le retour de Jean Vallin est un événement inattendu : il s’agit d’un rebondissement
introduit par un indicateur temporel (un matin).aussi la réaction des parents et leur émoi
confirment que ce retour est inattendu : » ils se dressèrent, effarés. La paysanne laissa
tomber d »moi son savon ».
- le retour a déclenché un série d’événements « on le conduisit chez le maire » « les
parents voulurent tout de suite sortir le fieu dans le pays pour le montrer » = un
renversement de situations : jean n’est plus une honte pour ses parents mais une fierté.
Une façon de prouver qu’ils ont pris la bonne décision.
2ème axe : la chute
Quelle est la réaction de charlot après avoir vu Jean fils des Vallin ?
Par quoi se termine la nouvelle ?
Comment trouvez-vous cette fin ?
-charlot envie Jean et se compare à lui par conséquent il blâme ses parents de l’avoir
gardé = l’ingratitude
-la nouvelle s’achève par le départ de Charlot. Il s’agit d’une chute, une fin dramatique.
La tension entre les parents et l’enfant s’est dénouée par son départ brusque.
-Ce passage constitue, d’abord, un rebondissement ce qui donne un nouveau souffle à la
narration et déclenche de nouvelles péripéties.
-La fin de cette nouvelle est une chute : l’enfant adopté (abandonné par ses parents)
revient les voir en exprimant une certaine gratitude alors que charlot l’enfant qu’on a
préféré garder et chérir à quitter ses parents en exprimant son ingratitude et sa fureur.
Activité de Langue : La focalisation
Objectif : Connaitre et repérer les trois types de la focalisation
Exemples :
« Les deux chaumières étaient côte à côte, au pied d’une colline, proche d’une petite ville de
bains (...) Tout cela vivait péniblement de soupe, de pomme de terre et de grand air (...)Les
enfants étaient assis, par rang d’âge, devant la table en bois, vernie par cinquante ans d’usage . »
- Sur quoi nous informent les éléments soulignés ?
- Qui emploient ces éléments ?
- Comment peut-on qualifier ce narrateur ?
A retenir :
La focalisation : C’est le point de vue qu’un narrateur adopte ou choisit pour raconter une
action, décrire un personnage ou un lieu. La focalisation varie selon le statut que prend le
narrateur dans un récit. Les types de focalisation : ** Focalisation zéro : quand le narrateur en
sait plus que ses personnages .Il connaît les personnages, leurs pensées, leurs émotions … -
L’intérêt de cette focalisation zéro ou point de vue omniscient est de donner au récit une
certaine objectivité. ** Focalisation interne : Quand les événements sont racontés à travers le
regard et les émotions d’un personnage précis .Le narrateur raconte par l’intermédiaire de ce
que voit ce personnage. (Les verbes de perception.) - L’intérêt de la focalisation interne est
d’amplifier l’effet du réel. ** Focalisation externe : Quand les événements rapportés par un
personnage nommé narrateur témoin, qui semble découvrir les événements au fur et à mesure
où ils se produisent. - L’intérêt de cette focalisation externe est d’éveiller la curiosité du lecteur.
Activité orale :
Objectif : Amener l’élève à parler aisément le français
Sujet : la famille d’hubières adopte jean Vallin En contrepartie , les Vallin reçoivent
« cent vingt francs par mois »
Consigne : Etes-vous pour ou contre ce comportement ?
Exprimez votre point de vue concernant l’adoption en vous appuyant sur des arguments
précis
Qu‘est-ce que l’adoption?
Y a-t-il beaucoup d’enfants sans famille dans le monde ?
Adopter, est-ce une action humanitaire ?
Adopter, n’est-ce pas arracher un enfant à son pays ?
L’enfant adopté est-il un enfant comme les autres ?
Les enfants adoptés sont-ils nos « vrais enfants » ?
Existe-t-il des « adoptions réussies » ?
Les enfants adoptés veulent-ils retrouver leurs « vrais parents » ?
Vais-je aimer l’enfant que je vais adopter ?
Activité de Production écrite :
Objectif : Amener l’élève à imaginer une fin
Sujet : Alors Charlot tapa du pied, et se tournant vers ses parents cria, « manats , va , et il
disparut dans la nuit … »
Consigne : Imaginez la suite de cette nouvelle réaliste en respectant la structure narrative
Rédaction 1 :
Alors charlot tapa du pied et se tournant vers ses parents cria :
_ Manants va !
Et il disparut dans la nuit. Le jeune homme avait l’esprit tellement troublé qu’il ne savait quoi
faire. Il concentrait ses pensées et sa colère contre ses parents qui ne lui avaient pas donné la
chance de devenir aussi riche que son rival Jean et se trouva dans une grande ville où il
commença à chercher du travail pour survivre à sa catastrophe. Deux semaines se passèrent sans
rien, mais Charlot ne regrettait pas d’avoir abandonné sa famille et son village et dormait à la
belle étoile, adossé à la portière d’une boutique lorsqu’un commerçant le découvrit et
l’embaucha après avoir compati à ses peines.
Le jeune recru travaillait jour et nuit sans se fatiguer, sans se plaindre. Il vécut ainsi sept années
de solitude et de dur labeur, mais aussi sept années d’amitié, de confiance et d’amour échangé
avec la fille unique de monsieur Danielli, une jeune orpheline à la beauté sublime et aux mœurs
aimables du nom de Félicité.
Cette année-là, l’hiver fut extrêmement rude et le bon monsieur Danielli se trouva mal ; son
médecin lui prescrit une grave pneumonie .Le pauvre bienfaiteur tout rempli de regrets avait
exprimé le vif souhait de voir les deux jeunes amoureux mariés :
_ Mon garçon, promet-moi seulement de protéger et de chérir ma Félicité, avait soufflé le
vieillard derrière son voile blême de mourant.
Quand charlot eut des enfants – deux magnifiques jumeaux dont la fille avait la beauté de sa
mère et le garçon, le courage et la sagesse de son père – l’envie de revoir ses parents devint
urgente. Il comprenait maintenant comment c’était dur de se séparer de « la lumière de ses yeux
» comme lui, il aimait appeler ses deux perles précieuses.
Par une belle matinée du mois de juillet charlot vit arriver un charmant jeune couple bras dessus
bras dessous, qui cherchait un bijou spéciale. Le mari voulait faire cadeau à sa femme d’une
rivière en diamant pour leur dixième anniversaire de mariage. Sur le reçu, le bijoutier signa «
Jean Vallin » et ce fut une belle surprise pour les deux anciens voisins qui s’enlacèrent
longuement comme deux frères.
_ Justement je vous ai longuement cherché mon ami ! Je vous fais toutes mes condoléances !
Le choc et la tristesse remplirent le cœur de Charlot qui voulait tellement revoir ses parents et se
faire pardonner de leur vivant. Jean lui apprit que ses trois sœurs allaient devoir vivre seules
dans la même misère s’il n’en avait épousé l’aînée et amené les deux autres vivre chez lui.
Charlot fut soulagé d’apprendre que Jena était le meilleur beau-frère qu’il pût avoir. Maintenant
il pouvait bien s’occuper de ses sœurs et les marier convenablement.
Rédaction 2 :
Charlot Tuvache quitte donc la triste chaumière, laissant derrière lui les lamentations dont ses
parents l'agonissent. En passant devant la maison des Vallin, il entend le bruit des réjouissances
qui en rajoutent à sa frustration. Les larmes aux yeux, il emprunte le petit chemin boueux qui
remonte à la station et commence à traverser les bois. Il se rend compte qu'il n'a pas de
balluchon ni un sou en poche. De désespoir et de fatigue, après une heure de marche, il
s'effondre au pied d'un arbre et se met à pleurer.
Lorsqu'il est aveuglé par les feux d'une belle voiture. La voiture s'arrête et les occupants
descendent : madame d'Hubières et son fils Jean viennent auprès de lui pour lui demander si
tout va bien. Ils se rendent compte de la tristesse du garçon et demandent ce qu'ils pourraient
faire pour lui. Ils ne l'ont pas reconnu mais lui, Charlot, sait qui ils sont. Il leur demande de
pouvoir les accompagner jusqu'à la station.
Dans la voiture, madame d'Hubières lui demande sa destination précise à cette heure tardive.
Comme il n'en a pas, il ne ment pas et décide de raconter toute l'histoire.
Jean est touché par ce coup du sort qui l'a favorisé tandis que le petit Tuvache était resté dans le
crottin. Madame d'Hubières est émue par l'histoire et décide d'inviter Charlot à passer la nuit.
Le lendemain, tous se concertent mais Charlot ne tient pas à retourner chez ses parents.
Madame d'Hubières se dit qu'on ne peut réécrire l'histoire mais que l'on peut y remédier. Elle
propose à Charlot d'aller tenir une de ses métairies en Bretagne; il y aurait gîte, couvert et
salaire.
Depuis ce jour, Charlot Tuvache a une marraine qui veille sur lui...