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Rôle et missions de la BEAC en CEMAC

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) est l'institut d'émission des six pays de la CEMAC, visant à garantir la stabilité monétaire et à maintenir une inflation faible. Elle utilise des instruments indirects pour contrôler la liquidité bancaire et impose des réserves obligatoires pour réguler la demande de monnaie. La BEAC joue également un rôle pédagogique en informant les agents économiques et en coordonnant ses actions avec les politiques budgétaires pour soutenir la croissance régionale.

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Rôle et missions de la BEAC en CEMAC

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) est l'institut d'émission des six pays de la CEMAC, visant à garantir la stabilité monétaire et à maintenir une inflation faible. Elle utilise des instruments indirects pour contrôler la liquidité bancaire et impose des réserves obligatoires pour réguler la demande de monnaie. La BEAC joue également un rôle pédagogique en informant les agents économiques et en coordonnant ses actions avec les politiques budgétaires pour soutenir la croissance régionale.

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Introduction

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) est l’institut d’émission commun des six pays
membres de la CEMAC (Cameroun, Tchad, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale). Créée
en 1972, elle opère dans le cadre de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) et des Statuts
qui en découlent. Son objectif final est la stabilité monétaire : en pratique, maintenir une inflation
faible et un taux de couverture de la monnaie (réserves) au moins de 20 %. L’ancrage du franc CFA
(XAF) à l’euro sous parité fixe (1 € = 655,957 XAF) vise précisément cet objectif de stabilité. Ce
régime a historiquement permis aux pays de la zone Franc – y compris ceux de la CEMAC – de
maintenir une inflation bien inférieure à celle du reste de l’Afrique subsaharienne. Dans ce contexte,
l’action de la BEAC doit être pédagogique et rigoureuse afin de gérer la liquidité bancaire, les réserves
de change et la politique monétaire de manière cohérente pour l’ensemble de la région.
1. Contexte et rôle de la BEAC
1.1 Missions et cadre institutionnel
La BEAC garantit l’intégration monétaire et la stabilité financière de ses 6 États membres. En
pratique, elle formule et met en œuvre la politique monétaire commune selon la Convention de
l’UMAC. Les principes du régime de change sont clairement édictés : parité fixe du franc CFA à
l’euro, convertibilité garantie par la France, libre circulation des capitaux intra-zone et mise en
commun des réserves de change.
Par exemple, l’article 1er de ses statuts précise que « l’objectif final de la politique monétaire de la
BEAC est de garantir la stabilité monétaire ». Pour la BEAC, cette stabilité se traduit par une inflation
faible (cible autour de 3 % ou moins) et un taux de couverture extérieur d’au moins 20 %. Le Comité
de Politique Monétaire (CPM) de la BEAC fixe chaque année les paramètres clés (croissance de la
masse monétaire M2, crédits à l’économie, réserves nettes) pour chaque pays, en cohérence avec les
prévisions de croissance, d’inflation et de finances publiques. Cette programmation monétaire vise à
aligner les conditions monétaires sur les objectifs de stabilité tout en soutenant les politiques
économiques nationales.
1.2 Instruments de politique monétaire
Depuis juillet 1994, la BEAC utilise essentiellement des instruments indirects via son marché
monétaire. Elle contrôle la liquidité bancaire par deux leviers principaux : d’une part la politique de
refinancement (offre de base monétaire), d’autre part les réserves obligatoires (demande de base
monétaire). Concrètement, la BEAC accorde des avances aux banques sous forme d’« appels d’offres
» sur titres. Ces opérations d’avance sur titres peuvent jouer à la fois sur les quantités (fixation d’un
objectif de refinancement trimestriel) et sur les prix (le taux d’intérêt directeur, appelé TIAO – Taux
d’Intérêt des Appels d’Offres). Par ailleurs, la BEAC impose des réserves obligatoires sur les dépôts
bancaires (par exemple 7 % sur dépôts à vue) pour réguler la demande de monnaie central et encadrer
l’excès de liquidité.
En résumé, en modulant ses avances sur le marché monétaire et ses réserves obligatoires, la BEAC
ajuste la liquidité du système bancaire pour atteindre ses objectifs d’inflation et de croissance. Le
cadre statutaire prévoit aussi des mécanismes automatiques en cas de déséquilibre externe persistant.
Les six pays versent leurs devises dans un compte d’opérations commun géré par la BEAC. Si ce
compte d’opérations est déficitaire trois mois de suite (ou si le ratio réserves engagées passe sous
20 %), les quotas de refinancement sont automatiquement réduits de 10 % à 20 % selon la situation.
De plus, l’article 18 des Statuts limite strictement les concours de la BEAC aux États (prêts aux
Trésors) à 20 % des recettes budgétaires nationales annuelles. Cela évite la monétisation excessive des
déficits publics. Enfin, la BEAC et la COBAC (Commission Bancaire de l’Afrique Centrale)
coopèrent pour la supervision bancaire, assurant la solidité du système financier. En décembre 2025,
par exemple, le CPM a adopté un nouveau règlement fixant le seuil minimal de capital imposé aux
banques de la CEMAC, renforçant ainsi la résilience du secteur financier.
Rôle pédagogique : informer les agents économiques et coordonner ses actions avec les politiques
budgétaires, tout en restant vigilante sur le plan prudentiel. En définitive, la BEAC cherche à allier
rigueur monétaire et soutien à la croissance, afin d’assurer la stabilité financière et économique de la
région CEMAC.

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