Méthodes Numériques en Biologie SVT
Méthodes Numériques en Biologie SVT
15 octobre 2025
2
Table des matières
3 Interpolation polynomiale 23
3.1 Principe général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2 Exemple concret : température le long d’une rivière . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2.1 Interpolation linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.2.2 Interpolation quadratique ou cubique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.3 Méthode de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.4 Remarques importantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.5 À retenir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3
4 TABLE DES MATIÈRES
Introduction générale
Motivation
La biologie moderne ne se limite plus à l’observation en laboratoire : elle s’appuie sur
des méthodes numériques pour analyser des données massives, simuler des phénomènes
complexes et prédire l’évolution des systèmes vivants.
Objectifs pédagogiques
Motivation
En biologie, toutes les mesures expérimentales sont soumises à des imprécisions. Que ce soit la
concentration d’une enzyme, le poids d’un échantillon, ou le taux de croissance d’une population,
aucune valeur n’est parfaitement exacte.
Ainsi, un résultat numérique n’a de sens que s’il est accompagné d’une estimation de
l’erreur commise. Sans cette estimation, il est impossible de juger de la fiabilité des résultats
ou de leur interprétation.
Objectifs pédagogiques
5
6 CHAPITRE 1. ERREURS NUMÉRIQUES ET APPROXIMATION
Erreur absolue
E = |x∗ − x|
Remarque : en pratique, x est souvent inconnu. On définit alors une borne supérieure de
l’erreur ε :
E = |x∗ − x| ≤ ε =⇒ x ∈ [x∗ − ε, x∗ + ε]
Erreur maximale
On appelle erreur maximale d’une mesure (ou d’un nombre approché) la plus grande
valeur que peut prendre l’erreur absolue.
|x∗ − x| ≤ Emax .
Interprétation : l’erreur maximale est une marge de sécurité qui garantit que la vraie valeur
se trouve dans un intervalle autour de x∗ .
Exemple : En mesurant une longueur avec une règle graduée au millimètre, la mesure 12.4 cm
a une erreur maximale de 0.05 cm (moitié de la plus petite graduation). Ainsi, la vraie longueur
est comprise dans :
[12.35 cm, 12.45 cm].
0.1
Er = ≈ 0.0002% (négligeable)
50 000
— Mesure sur un micro-échantillon : masse d’une goutte de solution 0,2 g, même erreur
absolue 0,1 g :
0.1
Er = = 50% (critique !)
0.2
Interprétation : l’erreur relative permet de juger si une mesure est **fiable ou non** selon
l’échelle de grandeur.
Représentation décimale
On dit que les n premiers chiffres d’un nombre approché sont exacts si :
Chiffres significatifs exacts
E ≤ 0.5 × 10m−n+1 ,
Soit un biologiste qui mesure la masse d’une micro-goutte d’échantillon et obtient la valeur
approchée suivante :
x∗ = 0.007346 g
−n
X
x∗ = αi 10i
i=m
Solution
x∗ = 7.346 × 10−3 ⇒ m = −3
2. Décomposition décimale :
On résout pour n :
2 × 10−5 ≤ 5 × 10−3−n ⇒ n≤3
Comme nous avons déterminé que n = 3 chiffres significatifs sont exacts, cela signifie que
**les trois premiers chiffres significatifs (7, 3 et 4) sont fiables**. Le chiffre suivant, 6,
n’est **pas garanti exact** à cause de l’erreur maximale.
Conclusion : le troisième chiffre significatif (le 4) est exact, mais le quatrième (le 6) peut
être affecté par l’erreur de mesure.
1.3.2 Arrondissement
L’arrondissement consiste à ne garder qu’un certain nombre de chiffres significatifs selon ces
règles :
— Si le premier chiffre rejeté < 5, le dernier chiffre retenu reste inchangé.
— Si le premier chiffre rejeté ≥ 5, on ajoute 1 au dernier chiffre retenu.
Exemples :
5.76 ≈ 5.8, 5.32 ≈ 5.3
Instructions
1. Calculer l’erreur absolue Ei = |x∗i − xi | pour chaque jour et compléter le tableau suivant :
Jour Valeur exacte xi Valeur approchée x∗i Erreur absolue Ei Erreur relative ri = Ei /xi
1 90 91
2 95 94
3 100 101
4 105 104
5 110 112
6 115 114
7 120 121
8 125 124
2. Tracer deux courbes sur une feuille :
— Courbe de l’erreur absolue Ei en fonction du jour
— Courbe de l’erreur relative ri en fonction du jour
4. Déterminer pour chaque mesure le nombre de chiffres significatifs exacts si l’erreur absolue
maximale admissible est 1 mg/dL.
5. Analyse et interprétation :
— Les mesures sont-elles fiables pour suivre l’évolution de la concentration en glucose ?
— Les erreurs absolues ou relatives influencent-elles la conclusion biologique ?
— Comment améliorer la précision des mesures ?
Remarques pédagogiques
|x∗ (N ) − x|
r(N ) = .
|x|
0.12
Erreur absolue
0.1 Erreur relative
8 · 10−2
Erreur
6 · 10−2
4 · 10−2
2 · 10−2
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Nombre d’essais N
Questions : 1. Décrire le comportement des deux courbes lorsque le nombre d’essais N aug-
mente.
2. Expliquer pourquoi l’erreur relative est plus adaptée à l’évaluation de la qualité des mesures.
3. À partir des courbes, déterminer à partir de combien d’essais (N ) les mesures deviennent
suffisamment précises pour être considérées fiables (choisir un critère, par exemple r(N ) < 1%).
4. En pratique, quel compromis doit-on faire entre le nombre d’essais et la précision obtenue ?
Objectif pédagogique : montrer que répéter les mesures permet de réduire les erreurs,
mais qu’au-delà d’un certain nombre d’essais, le gain de précision devient marginal par rapport
au coût ou au temps supplémentaire.
Correction de l’exercice
1. Comportement des courbes : On observe que les deux courbes (erreur absolue et
erreur relative) décroissent rapidement lorsque le nombre d’essais augmente.
- Entre N = 1 et N = 4, la diminution est très marquée.
- Au-delà de N = 6, les courbes tendent vers une valeur quasi-stable : on atteint une
précision limite.
2. Seuil de fiabilité : Si l’on adopte le critère r(N ) < 1%, on constate sur la courbe que
ce seuil est atteint à partir de N ≈ 7. Ainsi, il est inutile de multiplier indéfiniment les
essais : au-delà de 7 mesures, le gain en précision devient négligeable.
3. Erreur relative vs. erreur absolue : L’erreur absolue donne la différence brute entre
la valeur mesurée et la valeur exacte. L’erreur relative, elle, rapporte cette différence à
la taille de la grandeur mesurée. En biologie, c’est essentiel : une erreur de 0.1 g est
1.4. EXEMPLE PRATIQUE EN BIOLOGIE 11
négligeable sur 50 kg (0.002%), mais critique sur 0.2 g (50%). L’erreur relative permet
donc de juger la signification réelle d’une erreur.
4. Chiffres significatifs : À partir de N = 5, l’erreur relative est de l’ordre de 1.2%, ce
qui correspond à environ 2 chiffres significatifs corrects. Cela signifie que l’on peut
donner le résultat sous la forme :
14
12
Erreur relative (%)
10
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Nombre d’essais
Alice Bruno Chantal
Questions
1. Pour chaque étudiant, identifiez l’essai où l’erreur relative est la plus élevée.
2. Quelle est la tendance générale de l’erreur relative lorsque le nombre d’essais augmente
pour Alice, Bruno et Chantal ?
12 CHAPITRE 1. ERREURS NUMÉRIQUES ET APPROXIMATION
3. Classez les étudiants par fiabilité de leurs mesures. Justifiez votre classement.
4. Si le critère de précision acceptable est r < 5%, combien d’essais minimum chaque étudiant
doit-il réaliser pour atteindre ce niveau ?
Correction
2. Tendance générale :
Étudiant Tendance
Alice L’erreur diminue progressivement avec le nombre d’essais → les mesures deviennent plus fiable
Bruno L’erreur est très variable même avec plus d’essais → mesures peu fiables et inconsistantes.
Chantal L’erreur reste faible et stable → mesures fiables dès le départ.
5. Analyse et recommandations :
— Répéter les mesures aide à réduire l’erreur (Alice).
— Vérifier la précision de l’instrument et la méthode (Bruno).
— Adopter un protocole fiable et précis dès le départ permet des mesures stables (Chantal).
Instructions
2. Tracer un graphique comparatif des erreurs relatives des trois étudiants en fonction du
numéro d’essai.
3. Identifier :
— l’étudiant le plus fiable en termes d’erreur relative,
— les essais où l’erreur relative dépasse 2 %.
4. Sur la base des résultats, recommander quelle mesure retenir pour la publication scienti-
fique et justifier votre choix.
Correction
Remarque : Les chiffres significatifs exacts sont déterminés à partir de l’erreur maximale
0.002 mg/L.
14 CHAPITRE 1. ERREURS NUMÉRIQUES ET APPROXIMATION
6
Erreur relative (%)
0
1 2 3 4 5 6 7 8
Essai
Alice Bruno Chantal
3. Analyse et décisions :
Étudiant Erreur relative moyenne (%) Chiffres significatifs moyens Fiabilité
Alice 2.74 3 Moyenne
Bruno 3.47 3 Faible (erreurs variables)
Chantal 0.70 4 Très fiable
Conclusion : - Les mesures de Chantal sont les plus fiables : erreur relative faible, chiffres
significatifs élevés.
- Alice est correcte mais moins précise.
- Bruno présente des mesures incohérentes et moins fiables.
- Pour publication, retenir les mesures de Chantal et éventuellement celles d’Alice après correction
ou répétition supplémentaire.
1.5. SYNTHÈSE : SAVOIR ET SAVOIR-FAIRE 15
Synthèse
Motivation et objectifs
En biologie et en sciences expérimentales, il arrive souvent de rencontrer des équations non
linéaires :
f (x) = 0
Objectifs pédagogiques
17
18 CHAPITRE 2. RÉSOLUTION D’ÉQUATIONS NON LINÉAIRES
Principe : Si f est continue sur [a, b] et f (a)f (b) < 0, alors il existe au moins une racine
α ∈ [a, b].
Démarche :
1. Calculer le milieu c = 2 .
a+b
2. Évaluer f (c).
Critère de convergence :
Remarque : cette méthode est sûre et simple, mais peut être lente. Elle est souvent implé-
mentée dans les logiciels scientifiques.
xn+1 = g(xn )
f (xn )
xn+1 = xn −
f 0 (xn )
xn − xn−1
xn+1 = xn − f (xn )
f (xn ) − f (xn−1 )
Remarque générale : Toutes ces méthodes sont disponibles dans les logiciels scientifiques
(R, Python, MATLAB, FreeFEM++, etc.).
2C
Table 2.1 – Itérations de la méthode de dichotomie pour f (C) = −1
1+C
Itération a b Cn f (Cn ) Erreur |b − a|/2
1 0,000 5,000 2,500 0,429 2,500
2 0,000 2,500 1,250 0,111 1,250
3 0,000 1,250 0,625 -0,231 0,625
4 0,625 1,250 0,938 -0,032 0,313
5 0,938 1,250 1,094 0,045 0,156
6 0,938 1,094 1,016 0,008 0,078
7 0,938 1,016 0,977 -0,012 0,039
8 0,977 1,016 0,996 -0,002 0,020
9 0,996 1,016 1,006 0,003 0,010
10 0,996 1,006 1,001 0,000 0,005
11 0,996 1,001 0,999 -0,001 0,002
12 0,999 1,001 1,000 -0,0001 0,001
13 0,999 1,001 1,000 0,000 0,001
20 CHAPITRE 2. RÉSOLUTION D’ÉQUATIONS NON LINÉAIRES
100
Erreur |b − a|/2
10−1
10−2
10−3
0 2 4 6 8 10 12 14
Itération
Erreur |b − a|/2 Tolérance 10−3
Tableau de convergence
Itération Vn Vn+1 Erreur |Vn+1 − Vn |
0 3,000 1,732 1,268
1 1,732 1,932 0,200
2 1,932 1,885 0,047
3 1,885 1,895 0,010
4 1,895 1,893 0,002
5 1,893 1,893 0,001
6 1,893 1,893 0,000
7 1,893 1,893 0,000
8 1,893 1,893 0,000
9 1,893 1,893 0,000
10 1,893 1,893 0,000
11 1,893 1,893 0,000
12 1,893 1,893 0,000
13 1,893 1,893 0,000
14 1,893 1,893 0,000
Convergence de la méthode
2.4. SYNTHÈSE : SAVOIR ET SAVOIR-FAIRE 21
Erreur
100
Tolérance 10−3
Erreur |Vn+1 − Vn |
10−1
10−2
10−3
10−4
0 1 2 3 4 5 6
Itération
Contexte : Modèle logistique P (t) = 100/(1 + 9e−0.3t ), on veut P (t) = 50. Données :
f (t) = 100/(1 + 9e−0.3t ) − 50, tolérance ε = 0.001.
Formule : tn+1 = tn − f (tn )/f 0 (tn ), f 0 (t) = 27e−0.3t /(1 + 9e−0.3t )2 .
Tableau des itérations :
— Comprendre ce qu’est une équation non linéaire et identifier f (x) = 0 dans un contexte
biologique.
— Connaître les principales méthodes numériques :
— Dichotomie
— Point fixe
— Newton-Raphson
— Connaître les critères de convergence propres à chaque méthode.
— Savoir interpréter les résultats numériques dans un contexte scientifique (ex : concentra-
tion, flux ionique, population).
— Savoir visualiser la fonction f et identifier approximativement les intervalles de racine.
22 CHAPITRE 2. RÉSOLUTION D’ÉQUATIONS NON LINÉAIRES
Bonnes pratiques
— Toujours visualiser la fonction avant de choisir une méthode.
— Vérifier que l’erreur diminue à chaque itération.
— Comparer plusieurs méthodes si possible pour s’assurer de la cohérence des résultats.
— Interpréter les solutions numériques dans le contexte biologique pour en tirer des conclu-
sions pertinentes.
La maîtrise de ces méthodes numériques permet non seulement de résoudre des équations
complexes, mais aussi de mieux comprendre et prédire des processus biologiques, renforçant
ainsi le lien entre théorie mathématique et applications pratiques en SVT.
Chapitre 3
Interpolation polynomiale
Motivation
Dans les sciences de l’environnement, on dispose souvent de mesures ponctuelles : tempé-
rature en différents points d’un fleuve, concentration d’un polluant, ou croissance d’une
population d’algues selon le temps. Mais que faire si on veut connaître la valeur entre
deux mesures ? L’interpolation polynomiale permet d’estimer ces valeurs intermédiaires en
construisant une fonction qui passe exactement par les points mesurés.
Objectifs pédagogiques
— Comprendre le principe de l’interpolation polynomiale.
— Construire un polynôme interpolateur à partir d’un jeu de données.
— Visualiser et interpréter les résultats à l’aide du logiciel R.
xi (km) 0 2 4 6
Ti (°C) 20 21.5 23 24
23
24 CHAPITRE 3. INTERPOLATION POLYNOMIALE
On cherche un polynôme P (x) tel que P (0) = 20, P (2) = 21.5, P (4) = 23, P (6) = 24.
y1 − y0
P1 (x) = y0 + (x − x0 )
x1 − x0
23 − 21.5
P1 (x) = 21.5 + (x − 2) = 21.5 + 0.75(x − 2)
4−2
P2 (x) = a0 + a1 x + a2 x2 , P3 (x) = a0 + a1 x + a2 x2 + a3 x3 .
où
n
Y x − xj
Li (x) = .
xi − xj
j=0
j6=i
Exemple biologique
Pour les trois points (0, 20), (2, 21.5), (4, 23) :
Profondeur z (m) 0 10 20 30
Température T (°C) 28.0 27.0 25.5 23.0
Âge a (ans) 0 2 4 6
Hauteur H (m) 0.4 1.5 3.4 5.9
3.5 À retenir
Synthèse
— L’interpolation cherche à construire une fonction qui passe par des points donnés.
— Le polynôme de Lagrange est une méthode simple pour cela.
— Ces techniques servent à estimer, visualiser ou compléter des données environne-
mentales.