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Méthodes Numériques en Biologie SVT

Le cours de Méthodes Numériques pour la Licence 2 SVT à l'Université Omar Bongo aborde les erreurs numériques, la résolution d'équations non linéaires et l'interpolation polynomiale, en mettant l'accent sur leur application en biologie. Les étudiants apprendront à identifier des problèmes biologiques, à utiliser le logiciel R pour des solutions numériques et à interpréter les résultats en tenant compte des erreurs. Le cours vise à développer des compétences pratiques et théoriques essentielles pour l'analyse de données biologiques.

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Méthodes Numériques en Biologie SVT

Le cours de Méthodes Numériques pour la Licence 2 SVT à l'Université Omar Bongo aborde les erreurs numériques, la résolution d'équations non linéaires et l'interpolation polynomiale, en mettant l'accent sur leur application en biologie. Les étudiants apprendront à identifier des problèmes biologiques, à utiliser le logiciel R pour des solutions numériques et à interpréter les résultats en tenant compte des erreurs. Le cours vise à développer des compétences pratiques et théoriques essentielles pour l'analyse de données biologiques.

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Cours de Méthodes Numériques

Licence 2 SVT – Université Omar Bongo

Dr. MIKIELA NDZOUMBOU Leblond Irmand

24 septembre 2025
2
Table des matières

1 Erreurs numériques et approximation 5


1.1 Pourquoi parler d’erreur ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Types d’erreurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Erreur absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.2 Erreur maximale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.3 Erreur relative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Représentation décimale et chiffres significatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.1 Chiffres significatifs exacts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.2 Arrondissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.3 Erreur d’arrondi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Exemple pratique en biologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5 Synthèse : Savoir et savoir-faire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

2 Résolution d’équations non linéaires 17


2.1 Démarche générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Méthodes classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.1 Méthode de dichotomie (bisection) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.2 Méthode de point fixe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.3 Méthode de Newton-Raphson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.4 Méthode de la sécante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3 Exemples pratiques en SVT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.4 Synthèse : Savoir et savoir-faire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.4.1 Savoir (Connaissances) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.4.2 Savoir-faire (Compétences) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

3 Interpolation polynomiale 23
3.1 Principe de l’interpolation polynomiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2 Construction du polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.3 Visualisation graphique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.4 Exercice pratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

3
4 TABLE DES MATIÈRES

Introduction générale

Motivation
La biologie moderne ne se limite plus à l’observation en laboratoire : elle s’appuie sur
des méthodes numériques pour analyser des données massives, simuler des phénomènes
complexes et prédire l’évolution des systèmes vivants.

Objectifs pédagogiques

À la fin de ce cours, vous serez capables :


— d’identifier un problème biologique pouvant être résolu par une méthode numérique ;
— de mettre en œuvre une solution avec le logiciel R et ses bibliothèques scientifiques ;
— d’interpréter vos résultats avec un esprit critique (prise en compte de l’erreur, limites
des méthodes).
Chapitre 1

Erreurs numériques et approximation

Motivation

En biologie, toutes les mesures expérimentales sont soumises à des imprécisions. Que ce soit la
concentration d’une enzyme, le poids d’un échantillon, ou le taux de croissance d’une population,
aucune valeur n’est parfaitement exacte.
Ainsi, un résultat numérique n’a de sens que s’il est accompagné d’une estimation de
l’erreur commise. Sans cette estimation, il est impossible de juger de la fiabilité des résultats
ou de leur interprétation.
Objectifs pédagogiques

À l’issue de ce chapitre, vous serez capables de :


— Expliquer pourquoi il est nécessaire de parler d’erreur en méthodes numériques.
— Définir et distinguer les différents types d’erreurs : absolue, relative et d’arrondi.
— Comprendre les chiffres significatifs et l’arrondissement d’un nombre.
— Évaluer et visualiser les erreurs à l’aide de R.

1.1 Pourquoi parler d’erreur ?

Les erreurs numériques apparaissent pour trois raisons principales :


— Limites des instruments : aucune mesure expérimentale n’est parfaite.
— Approximation numérique : toute méthode numérique simplifie le problème réel.
— Représentation en machine : les ordinateurs utilisent un nombre limité de chiffres
significatifs.

1.2 Types d’erreurs

1.2.1 Erreur absolue

Soit x la valeur exacte et x∗ la valeur approchée. L’erreur absolue est :

5
6 CHAPITRE 1. ERREURS NUMÉRIQUES ET APPROXIMATION

Erreur absolue

E = |x∗ − x|

Remarque : en pratique, x est souvent inconnu. On définit alors une borne supérieure de
l’erreur ε :
E = |x∗ − x| ≤ ε =⇒ x ∈ [x∗ − ε, x∗ + ε]

1.2.2 Erreur maximale

Erreur maximale
On appelle erreur maximale d’une mesure (ou d’un nombre approché) la plus grande
valeur que peut prendre l’erreur absolue.

|x∗ − x| ≤ Emax .

Interprétation : l’erreur maximale est une marge de sécurité qui garantit que la vraie valeur
se trouve dans un intervalle autour de x∗ .
Exemple : En mesurant une longueur avec une règle graduée au millimètre, la mesure 12.4 cm
a une erreur maximale de 0.05 cm (moitié de la plus petite graduation). Ainsi, la vraie longueur
est comprise dans :
[12.35 cm, 12.45 cm].

1.2.3 Erreur relative


L’erreur relative mesure l’importance de l’erreur par rapport à la grandeur mesurée :
Erreur relative
|x∗ − x|
r(x) =
|x|

Exemple biologique concret :


— Mesure sur un échantillon massif : poids d’une pierre de 50 kg, erreur absolue 0,1 g :

0.1
Er = ≈ 0.0002% (négligeable)
50 000

— Mesure sur un micro-échantillon : masse d’une goutte de solution 0,2 g, même erreur
absolue 0,1 g :
0.1
Er = = 50% (critique !)
0.2
Interprétation : l’erreur relative permet de juger si une mesure est **fiable ou non** selon
l’échelle de grandeur.

1.3 Représentation décimale et chiffres significatifs


Tout nombre approché x∗ peut s’écrire :
1.3. REPRÉSENTATION DÉCIMALE ET CHIFFRES SIGNIFICATIFS 7

Représentation décimale

x∗ = αm 10m + αm−1 10m−1 + · · · + αm−n+1 10m−n+1 , αm . 6= 0

Les αi sont les chiffres significatifs.

1.3.1 Chiffres significatifs exacts

On dit que les n premiers chiffres d’un nombre approché sont exacts si :
Chiffres significatifs exacts

E ≤ 0.5 × 10m−n+1 ,

où m est le 1er exposant de 10 dans x∗ .

Exercice : chiffres significatifs et décomposition décimale

Soit un biologiste qui mesure la masse d’une micro-goutte d’échantillon et obtient la valeur
approchée suivante :
x∗ = 0.007346 g

avec une erreur maximale estimée de E = 0.00002 g.

1. Déterminez le premier exposant m de x∗ .

2. Décomposez x∗ en sa représentation décimale complète sous forme :

−n
X
x∗ = αi 10i
i=m

et identifiez les chiffres significatifs.

3. Calculez le nombre de chiffres significatifs exacts dans x∗ .

4. Vérifiez si le troisième chiffre après le zéro initial est exact.

Solution

1. Détermination de m : On écrit x∗ sous forme scientifique :

x∗ = 7.346 × 10−3 ⇒ m = −3

2. Décomposition décimale :

x∗ = 0.007346 = 7 · 10−3 + 3 · 10−4 + 4 · 10−5 + 6 · 10−6

Les chiffres significatifs sont donc 7, 3, 4, 6.


8 CHAPITRE 1. ERREURS NUMÉRIQUES ET APPROXIMATION

3. Nombre de chiffres significatifs exacts : La condition est :

E ≤ 0.5 × 10m−n+1 ⇒ 0.00002 ≤ 0.5 × 10−3−n+1 = 0.5 × 10−n−2

On résout pour n :
2 × 10−5 ≤ 5 × 10−3−n ⇒ n≤3

Donc le nombre de chiffres significatifs exacts est 3.


4. Vérification du 3e chiffre après le zéro initial :
Pour x∗ = 0.007346, les chiffres significatifs se lisent à partir du premier chiffre non nul :

0.007346 = 7 · 10−3 + 3 · 10−4 + 4 · 10−5 + 6 · 10−6

- Le premier chiffre significatif est 7,


- le deuxième est 3,
- le troisième est 4.

Comme nous avons déterminé que n = 3 chiffres significatifs sont exacts, cela signifie que
**les trois premiers chiffres significatifs (7, 3 et 4) sont fiables**. Le chiffre suivant, 6,
n’est **pas garanti exact** à cause de l’erreur maximale.
Conclusion : le troisième chiffre significatif (le 4) est exact, mais le quatrième (le 6) peut
être affecté par l’erreur de mesure.

1.3.2 Arrondissement
L’arrondissement consiste à ne garder qu’un certain nombre de chiffres significatifs selon ces
règles :
— Si le premier chiffre rejeté < 5, le dernier chiffre retenu reste inchangé.
— Si le premier chiffre rejeté ≥ 5, on ajoute 1 au dernier chiffre retenu.
Exemples :
5.76 ≈ 5.8, 5.32 ≈ 5.3

1.3.3 Erreur d’arrondi

|∆x| ≤ 0.5 × 10m−n+1 ⇒ x = x∗arrondi ± (2E)

1.4 Exemple pratique en biologie

Exercice 1 : erreurs absolue et relative, chiffres significatifs


Contexte biologique : Un biologiste mesure la concentration en glucose dans un échantillon
sanguin de souris sur 8 jours. Les valeurs exactes (mg/dL) sont :

x = [90, 95, 100, 105, 110, 115, 120, 125]


1.4. EXEMPLE PRATIQUE EN BIOLOGIE 9

Les mesures obtenues par l’instrument sont :

x∗ = [91, 94, 101, 104, 112, 114, 121, 124]

Instructions

1. Calculer l’erreur absolue Ei = |x∗i − xi | pour chaque jour et compléter le tableau suivant :
Jour Valeur exacte xi Valeur approchée x∗i Erreur absolue Ei Erreur relative ri = Ei /xi
1 90 91
2 95 94
3 100 101
4 105 104
5 110 112
6 115 114
7 120 121
8 125 124
2. Tracer deux courbes sur une feuille :
— Courbe de l’erreur absolue Ei en fonction du jour
— Courbe de l’erreur relative ri en fonction du jour

3. Identifier les jours où :


— L’erreur absolue est la plus importante
— L’erreur relative est la plus critique

4. Déterminer pour chaque mesure le nombre de chiffres significatifs exacts si l’erreur absolue
maximale admissible est 1 mg/dL.

5. Analyse et interprétation :
— Les mesures sont-elles fiables pour suivre l’évolution de la concentration en glucose ?
— Les erreurs absolues ou relatives influencent-elles la conclusion biologique ?
— Comment améliorer la précision des mesures ?

Remarques pédagogiques

- Les chiffres significatifs exacts sont déterminés à partir de l’erreur maximale et de la


valeur approchée : un chiffre est exact si l’erreur ne le modifie pas.
- L’erreur absolue permet de savoir l’écart en valeur réelle, tandis que l’erreur relative donne
la proportion de l’erreur par rapport à la grandeur mesurée.
- Les courbes aident à visualiser quand les mesures sont plus ou moins fiables au cours du temps.

Exercice : Analyse des erreurs en fonction du nombre d’essais

Un laboratoire cherche à mesurer la concentration d’une solution chimique dont la valeur de


référence est x = 2.50 mol/L. On effectue plusieurs séries d’essais (notées N ) et on calcule, pour
chaque série, la valeur moyenne approchée x∗ (N ). On trace ensuite les courbes de l’évolution de
10 CHAPITRE 1. ERREURS NUMÉRIQUES ET APPROXIMATION

l’erreur absolue E(N ) = |x∗ (N ) − x| et de l’erreur relative

|x∗ (N ) − x|
r(N ) = .
|x|

0.12
Erreur absolue
0.1 Erreur relative

8 · 10−2
Erreur

6 · 10−2

4 · 10−2

2 · 10−2

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Nombre d’essais N

Questions : 1. Décrire le comportement des deux courbes lorsque le nombre d’essais N aug-
mente.
2. Expliquer pourquoi l’erreur relative est plus adaptée à l’évaluation de la qualité des mesures.
3. À partir des courbes, déterminer à partir de combien d’essais (N ) les mesures deviennent
suffisamment précises pour être considérées fiables (choisir un critère, par exemple r(N ) < 1%).
4. En pratique, quel compromis doit-on faire entre le nombre d’essais et la précision obtenue ?

Objectif pédagogique : montrer que répéter les mesures permet de réduire les erreurs,
mais qu’au-delà d’un certain nombre d’essais, le gain de précision devient marginal par rapport
au coût ou au temps supplémentaire.

Correction de l’exercice

1. Comportement des courbes : On observe que les deux courbes (erreur absolue et
erreur relative) décroissent rapidement lorsque le nombre d’essais augmente.
- Entre N = 1 et N = 4, la diminution est très marquée.
- Au-delà de N = 6, les courbes tendent vers une valeur quasi-stable : on atteint une
précision limite.
2. Seuil de fiabilité : Si l’on adopte le critère r(N ) < 1%, on constate sur la courbe que
ce seuil est atteint à partir de N ≈ 7. Ainsi, il est inutile de multiplier indéfiniment les
essais : au-delà de 7 mesures, le gain en précision devient négligeable.
3. Erreur relative vs. erreur absolue : L’erreur absolue donne la différence brute entre
la valeur mesurée et la valeur exacte. L’erreur relative, elle, rapporte cette différence à
la taille de la grandeur mesurée. En biologie, c’est essentiel : une erreur de 0.1 g est
1.4. EXEMPLE PRATIQUE EN BIOLOGIE 11

négligeable sur 50 kg (0.002%), mais critique sur 0.2 g (50%). L’erreur relative permet
donc de juger la signification réelle d’une erreur.
4. Chiffres significatifs : À partir de N = 5, l’erreur relative est de l’ordre de 1.2%, ce
qui correspond à environ 2 chiffres significatifs corrects. Cela signifie que l’on peut
donner le résultat sous la forme :

x ≈ 2.50 mol/L (avec 2 chiffres significatifs fiables).

5. Compromis pratique : - Augmenter le nombre d’essais améliore la précision.


- Mais chaque essai supplémentaire coûte du temps, des réactifs et de l’énergie.
- En laboratoire, on recherche donc un équilibre : obtenir une précision suffisante pour
répondre à la question biologique posée, sans multiplier inutilement les expériences. Ici,
N = 7 essais semble être un bon compromis.
Conclusion : Cet exercice illustre que dans une expérience de biologie ou de chimie, la
qualité des mesures ne dépend pas seulement du matériel mais aussi du nombre d’essais répétés.
L’erreur relative est l’indicateur clé pour juger de la fiabilité des résultats.

Exercice : Comparaison de la fiabilité des mesures entre étudiants


Contexte biologique : Trois étudiants mesurent la concentration d’une solution chimique
lors de plusieurs essais. Leurs erreurs relatives (%) pour chaque essai sont données par le gra-
phique ci-dessous :

14

12
Erreur relative (%)

10

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Nombre d’essais
Alice Bruno Chantal

Questions
1. Pour chaque étudiant, identifiez l’essai où l’erreur relative est la plus élevée.
2. Quelle est la tendance générale de l’erreur relative lorsque le nombre d’essais augmente
pour Alice, Bruno et Chantal ?
12 CHAPITRE 1. ERREURS NUMÉRIQUES ET APPROXIMATION

3. Classez les étudiants par fiabilité de leurs mesures. Justifiez votre classement.

4. Si le critère de précision acceptable est r < 5%, combien d’essais minimum chaque étudiant
doit-il réaliser pour atteindre ce niveau ?

5. Analysez : quelle stratégie recommanderiez-vous à un laboratoire pour obtenir des mesures


fiables ?

Correction

1. Erreur relative maximale par étudiant :


Étudiant Valeur maximale (%) Essai correspondant
Alice 12 1
Bruno 14 4
Chantal 4.2 3 et 7

2. Tendance générale :
Étudiant Tendance
Alice L’erreur diminue progressivement avec le nombre d’essais → les mesures deviennent plus fiable
Bruno L’erreur est très variable même avec plus d’essais → mesures peu fiables et inconsistantes.
Chantal L’erreur reste faible et stable → mesures fiables dès le départ.

3. Classement par fiabilité :


Rang Étudiant
1 Chantal (erreur faible et stable)
2 Alice (erreur diminue mais initialement élevée)
3 Bruno (erreur élevée et irrégulière)

4. Nombre d’essais minimum pour r < 5% :


Étudiant Nombre minimum d’essais
Alice 5
Bruno Non atteint (même avec 10 essais)
Chantal 1

5. Analyse et recommandations :
— Répéter les mesures aide à réduire l’erreur (Alice).
— Vérifier la précision de l’instrument et la méthode (Bruno).
— Adopter un protocole fiable et précis dès le départ permet des mesures stables (Chantal).

Exercice : Fiabilité des mesures et chiffres significatifs

Contexte : Un laboratoire mesure la concentration d’une enzyme dans plusieurs échantillons.


Trois étudiants (Alice, Bruno et Chantal) effectuent chacun 8 mesures. Les valeurs approchées
obtenues (x∗ , en mg/L) et la valeur réelle de référence (x) sont données ci-dessous.
1.4. EXEMPLE PRATIQUE EN BIOLOGIE 13

Essai Valeur réelle x Alice x∗ Bruno x∗ Chantal x∗


1 0.134 0.140 0.128 0.135
2 0.145 0.150 0.142 0.144
3 0.158 0.155 0.160 0.157
4 0.162 0.165 0.158 0.161
5 0.174 0.170 0.180 0.173
6 0.185 0.182 0.190 0.184
7 0.196 0.200 0.185 0.197
8 0.210 0.205 0.215 0.208

Instructions

1. Calculer pour chaque essai et chaque étudiant :


— l’erreur absolue E = |x∗ − x|,
— l’erreur relative r = E
x (%),
— le nombre de chiffres significatifs exacts si l’erreur maximale admissible est 0.002 mg/L.

2. Tracer un graphique comparatif des erreurs relatives des trois étudiants en fonction du
numéro d’essai.

3. Identifier :
— l’étudiant le plus fiable en termes d’erreur relative,
— les essais où l’erreur relative dépasse 2 %.

4. Sur la base des résultats, recommander quelle mesure retenir pour la publication scienti-
fique et justifier votre choix.

Correction

1. Calcul des erreurs absolues, relatives et chiffres significatifs exacts

Essai x x∗A EA rA (%) Chiffres exacts A EB Chiffres exacts B


1 0.134 0.140 0.006 4.48 3 0.006 3
2 0.145 0.150 0.005 3.45 3 0.003 3
3 0.158 0.155 0.003 1.90 3 0.002 4
4 0.162 0.165 0.003 1.85 3 0.004 3
5 0.174 0.170 0.004 2.30 3 0.006 3
6 0.185 0.182 0.003 1.62 3 0.005 3
7 0.196 0.200 0.004 2.04 3 0.011 2
8 0.210 0.205 0.005 2.38 3 0.005 3

Remarque : Les chiffres significatifs exacts sont déterminés à partir de l’erreur maximale
0.002 mg/L.
14 CHAPITRE 1. ERREURS NUMÉRIQUES ET APPROXIMATION

Essai x∗C EC Chiffres exacts C


1 0.135 0.001 4
2 0.144 0.001 4
3 0.157 0.001 4
4 0.161 0.001 4
5 0.173 0.001 4
6 0.184 0.001 4
7 0.197 0.001 4
8 0.208 0.002 3

2. Graphique comparatif des erreurs relatives :

6
Erreur relative (%)

0
1 2 3 4 5 6 7 8
Essai
Alice Bruno Chantal

3. Analyse et décisions :
Étudiant Erreur relative moyenne (%) Chiffres significatifs moyens Fiabilité
Alice 2.74 3 Moyenne
Bruno 3.47 3 Faible (erreurs variables)
Chantal 0.70 4 Très fiable

Conclusion : - Les mesures de Chantal sont les plus fiables : erreur relative faible, chiffres
significatifs élevés.
- Alice est correcte mais moins précise.
- Bruno présente des mesures incohérentes et moins fiables.
- Pour publication, retenir les mesures de Chantal et éventuellement celles d’Alice après correction
ou répétition supplémentaire.
1.5. SYNTHÈSE : SAVOIR ET SAVOIR-FAIRE 15

1.5 Synthèse : Savoir et savoir-faire

Synthèse

Savoirs (concepts théoriques)


— Comprendre pourquoi il est essentiel de parler d’erreurs en méthodes numériques
et en mesures biologiques.
— Connaître les différents types d’erreurs :
— Erreur absolue : E = |x∗ − x|
|x∗ − x|
— Erreur relative : r(x) =
|x|
— Erreur d’arrondi
— Savoir lire et interpréter les chiffres significatifs d’un nombre approché.
— Comprendre la décomposition décimale d’un nombre approché.
— Savoir effectuer un arrondi correct selon les chiffres significatifs et l’erreur maximale.
— Interprétation pratique des erreurs dans un contexte biologique.

Savoir-faire (compétences pratiques)


— Identifier la valeur exacte et la valeur approchée dans un problème numérique.
— Calculer l’erreur absolue et l’erreur relative d’une mesure.
— Déterminer le nombre de chiffres significatifs exacts pour une mesure donnée.
— Décomposer un nombre approché en sa représentation décimale et identifier les
chiffres significatifs.
— Arrondir correctement une valeur approchée en fonction des chiffres significatifs et
de l’erreur maximale.
— Utiliser R pour calculer et visualiser les erreurs et intervalles de confiance.
— Appliquer ces notions pour évaluer la fiabilité des mesures expérimentales en labo-
ratoire.
16 CHAPITRE 1. ERREURS NUMÉRIQUES ET APPROXIMATION
Chapitre 2

Résolution d’équations non linéaires

Motivation et objectifs
En biologie et en sciences expérimentales, il arrive souvent de rencontrer des équations non
linéaires :
f (x) = 0

par exemple pour déterminer :


— La concentration C d’un substrat pour laquelle une enzyme atteint la moitié de sa vitesse
maximale : v(C) = Vmax /2.
— Le temps t où une population atteint une certaine proportion de sa capacité maximale :
P (t) = 0.8K.
— La valeur d’un paramètre biologique qui annule un déséquilibre chimique ou physiologique.

Objectifs pédagogiques

À l’issue de ce chapitre, vous serez capables de :


— Visualiser la fonction f (x) pour identifier les intervalles où elle s’annule.
— Appliquer différentes méthodes numériques pour trouver une racine : dichotomie,
point fixe, Newton-Raphson, sécante.
— Vérifier la convergence et contrôler l’erreur à chaque itération.
— Interpréter les résultats dans un contexte biologique.
— Utiliser un logiciel scientifique pour automatiser ces calculs.

2.1 Démarche générale


Pour résoudre f (x) = 0 numériquement :
1. Visualiser la courbe de f (x) et identifier approximativement les zones où elle s’annule.
2. Choisir un intervalle ou un point initial adapté à la méthode choisie.
3. Appliquer la méthode itérative choisie.
4. Vérifier la convergence : l’erreur absolue ou relative doit diminuer et rester inférieure
à la tolérance choisie.

17
18 CHAPITRE 2. RÉSOLUTION D’ÉQUATIONS NON LINÉAIRES

5. Interpréter le résultat dans le contexte biologique.

2.2 Méthodes classiques

2.2.1 Méthode de dichotomie (bisection)

Principe : Si f est continue sur [a, b] et f (a)f (b) < 0, alors il existe au moins une racine
α ∈ [a, b].
Démarche :

1. Calculer le milieu c = 2 .
a+b

2. Évaluer f (c).

3. Si f (c) = 0 (ou l’erreur ≤ ε), arrêter.

4. Sinon, remplacer a ou b par c selon le signe de f (a)f (c).

5. Répéter jusqu’à convergence.

Critère de convergence :

|b − a| < ε ou |f (c)| < ε

Remarque : cette méthode est sûre et simple, mais peut être lente. Elle est souvent implé-
mentée dans les logiciels scientifiques.

2.2.2 Méthode de point fixe

Principe : On réécrit f (x) = 0 sous la forme x = g(x) et on itère :

xn+1 = g(xn )

Convergence : si |g 0 (x)| < 1 dans l’intervalle, la méthode converge.

2.2.3 Méthode de Newton-Raphson

Principe : Approximation linéaire de f (x) :

f (xn )
xn+1 = xn −
f 0 (xn )

Avantages : rapide, convergence quadratique si x0 proche de la racine. Inconvénients :


nécessite la dérivée et un point initial proche de la racine.
Critère de convergence :

|xn+1 − xn | < ε ou |f (xn+1 )| < ε


2.3. EXEMPLES PRATIQUES EN SVT 19

2.2.4 Méthode de la sécante


Principe : Variante de Newton-Raphson qui n’utilise pas la dérivée explicite :

xn − xn−1
xn+1 = xn − f (xn )
f (xn ) − f (xn−1 )

Critère de convergence : similaire à Newton-Raphson.


Remarque générale : Toutes ces méthodes sont disponibles dans les logiciels scientifiques
(R, Python, MATLAB, FreeFEM++, etc.).

2.3 Exemples pratiques en SVT

Exercice 1 : concentration enzymatique (dichotomie)


Contexte : Vitesse de réaction v(C) = 2C
1+C mol/L/s, on veut v = 1. Données : f (C) =
2C
1+C − 1, tolérance ε = 0.001.
Tableau des itérations :

Itération a b Cn f (Cn ) Erreur |b − a|/2


1 0 5 2.5 0.667 2.5
2 2.5 5 3.75 0.059 1.25
3 2.5 3.75 3.125 -0.122 0.625
4 3.125 3.75 3.4375 -0.006 0.3125
5 3.4375 3.75 3.5938 0.025 0.1563
6 3.4375 3.5938 3.5156 0.010 0.0781
7 3.4375 3.5156 3.4766 0.002 0.0391
8 3.4375 3.4766 3.4570 -0.002 0.0195
9 3.4570 3.4766 3.4668 0.000 0.0098

Solution optimale : C ≈ 3.4668 mol/L.

Convergence - Dichotomie

100
Erreur

10−1

10−2

1 2 3 4 5 6 7 8 9
Itération
20 CHAPITRE 2. RÉSOLUTION D’ÉQUATIONS NON LINÉAIRES

Exercice 2 : flux ionique (point fixe)


Contexte : Flux F (V ) = V 2 − 2V − 3, trouver V pour F (V ) = 0. Transformer : V =
2 + 3/V , tolérance ε = 0.001.
p

Tableau des itérations :

Itération Vn Vn+1 = g(Vn ) Erreur |Vn+1 − Vn |


0 3 2.0 1.0
1 2.0 2.236 0.236
2 2.236 2.272 0.036
3 2.272 2.277 0.005
4 2.277 2.278 0.001
5 2.278 2.278 0.000

Solution optimale : V ≈ 2.278 V.

Convergence - Point Fixe

100

10−1
Erreur

10−2

10−3
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4
Itération

Exercice 3 : population cible (Newton-Raphson)


Contexte : Modèle logistique P (t) = 100/(1 + 9e−0.3t ), on veut P (t) = 50. Données :
f (t) = 100/(1 + 9e−0.3t ) − 50, tolérance ε = 0.001.
Formule : tn+1 = tn − f (tn )/f 0 (tn ), f 0 (t) = 27e−0.3t /(1 + 9e−0.3t )2 .
Tableau des itérations :

Itération tn f (tn ) f 0 (tn ) Erreur |tn+1 − tn |


0 1.0 -24.5 8.0 3.06
1 4.06 1.12 0.87 1.83
2 5.89 -0.19 0.45 0.42
3 6.31 0.01 0.41 0.02
4 6.33 0.00 0.40 0.001

Solution optimale : t ≈ 6.33 jours.


2.4. SYNTHÈSE : SAVOIR ET SAVOIR-FAIRE 21

Convergence - Newton-Raphson

100

10−1
Erreur

10−2

10−3
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4
Itération

2.4 Synthèse : Savoir et savoir-faire

2.4.1 Savoir (Connaissances)


— Comprendre ce qu’est une équation non linéaire et identifier f (x) = 0 dans un contexte
biologique.
— Connaître les principales méthodes numériques :
— Dichotomie
— Point fixe
— Newton-Raphson
— Connaître les critères de convergence propres à chaque méthode.
— Savoir interpréter les résultats numériques dans un contexte scientifique (ex : concentra-
tion, flux ionique, population).
— Savoir visualiser la fonction f et identifier approximativement les intervalles de racine.

2.4.2 Savoir-faire (Compétences)


— Savoir appliquer la méthode de dichotomie : choisir l’intervalle initial, calculer le point
milieu, réduire l’intervalle jusqu’au critère de tolérance.
— Savoir transformer une équation en forme x = g(x) pour la méthode du point fixe et
vérifier la condition |g 0 (x)| < 1.
— Savoir appliquer la méthode de Newton-Raphson : calculer f 0 (x), itérer selon xn+1 =
xn − f (xn )/f 0 (xn ).
— Construire des tableaux d’itérations : suivre la valeur approchée et l’erreur à chaque étape.
— Tracer et interpréter la convergence des erreurs pour vérifier la fiabilité des résultats.
— Utiliser les logiciels de calcul scientifique pour automatiser ces méthodes et visualiser les
résultats.
— Analyser les solutions obtenues et les traduire dans un contexte SVT.
22 CHAPITRE 2. RÉSOLUTION D’ÉQUATIONS NON LINÉAIRES

Bonnes pratiques
— Toujours visualiser la fonction avant de choisir une méthode.
— Vérifier que l’erreur diminue à chaque itération.
— Comparer plusieurs méthodes si possible pour s’assurer de la cohérence des résultats.
— Interpréter les solutions numériques dans le contexte biologique pour en tirer des conclu-
sions pertinentes.

Conclusion
La résolution d’équations non linéaires est une compétence essentielle en sciences expérimen-
tales, notamment en biologie et en SVT. Les méthodes numériques permettent de trouver des
solutions approchées lorsqu’une résolution analytique est impossible, ce qui est fréquent pour
modéliser des phénomènes biologiques complexes tels que :
— l’évolution d’une population,
— la cinétique enzymatique,
— les équilibres chimiques dans les solutions biologiques.
Grâce aux méthodes de dichotomie, de point fixe et de Newton-Raphson, il est possible
de :
— déterminer les racines de fonctions difficiles à résoudre analytiquement,
— suivre l’évolution des solutions à chaque itération et vérifier la convergence,
— quantifier l’erreur et assurer la fiabilité des résultats,
— interpréter les solutions numériques dans un contexte biologique précis.
Points clés à retenir :
— Toujours visualiser la fonction avant de commencer toute méthode.
— Vérifier le critère de convergence pour garantir que la solution approchée est fiable.
— Suivre l’erreur à chaque itération pour évaluer la qualité des approximations.
— Relier les résultats numériques aux phénomènes biologiques observés pour tirer des conclu-
sions pertinentes.
En résumé, la maîtrise de ces méthodes numériques permet non seulement de résoudre des
équations complexes, mais aussi de mieux comprendre et prédire des processus biologiques, ren-
forçant ainsi le lien entre théorie mathématique et applications pratiques en SVT.
Chapitre 3

Interpolation polynomiale

Motivation

En sciences de la vie et de la Terre, certaines grandeurs ne varient pas linéairement. Par


exemple :
— La croissance bactérienne suit souvent une courbe exponentielle.
— La variation de température ou de pH dans un milieu aquatique peut être non linéaire.
— La concentration d’une enzyme peut avoir un profil complexe selon le temps.
Pour estimer des valeurs intermédiaires de manière plus précise qu’avec une interpolation
linéaire, on utilise l’interpolation polynomiale. Elle consiste à construire un polynôme de degré
n qui passe exactement par n + 1 points mesurés.
Objectifs pédagogiques

À l’issue de ce chapitre, vous serez capables de :


— Comprendre le principe de l’interpolation polynomiale.
— Construire le polynôme interpolateur de Lagrange.
— Calculer une valeur interpolée à partir de plusieurs mesures.
— Évaluer la précision de l’interpolation.
— Illustrer et interpréter les résultats dans un contexte biologique.

3.1 Principe de l’interpolation polynomiale

Soient n + 1 points distincts (x0 , y0 ), (x1 , y1 ), . . . , (xn , yn ). On cherche un polynôme Pn (x) de


degré ≤ n tel que :

Pn (xi ) = yi pour i = 0, 1, . . . , n.

Polynôme de Lagrange

Le polynôme interpolateur de Lagrange s’écrit :

23
24 CHAPITRE 3. INTERPOLATION POLYNOMIALE

Polynôme de Lagrange
n
X
Pn (x) = yi · Li (x)
i=0
avec
n
Y x − xj
Li (x) = .
xi − xj
j=0
j6=i

Chaque Li (x) est construit de telle sorte que :



1 si j = i
Li (xj ) =
0 si j 6= i

Remarque : le polynôme Pn passe exactement par tous les points mesurés.

Illustration en SVT

— Exemple : croissance d’une population bactérienne Les mesures expérimentales


(population y en milliers de cellules) à différents instants x (heures) :
Temps x (h) Population y (k)
0 1
1 2
2 5
3 10
On souhaite estimer la population à x = 1.5 h. Le polynôme de Lagrange permet de le
faire de manière précise.

3.2 Construction du polynôme

Étapes

1. Identifier les points (xi , yi ) connus.


2. Construire les polynômes de base Li (x).
3. Former le polynôme interpolateur Pn (x) =
P
yi Li (x).
4. Évaluer Pn (x∗ ) pour les valeurs intermédiaires souhaitées.

Exemple détaillé

Pour x0 = 0, x1 = 1, x2 = 2 et y0 = 1, y1 = 2, y2 = 5 :

(x − 1)(x − 2) (x − 1)(x − 2)
L0 (x) = =
(0 − 1)(0 − 2) 2

(x − 0)(x − 2)
L1 (x) = = −(x)(x − 2)
(1 − 0)(1 − 2)
3.3. VISUALISATION GRAPHIQUE 25

(x − 0)(x − 1) (x)(x − 1)
L2 (x) = =
(2 − 0)(2 − 1) 2
Le polynôme interpolateur :

P2 (x) = 1 · L0 (x) + 2 · L1 (x) + 5 · L2 (x)

(x − 1)(x − 2) 5
P2 (x) = − 2x(x − 2) + x(x − 1)
2 2
Interpolation à x∗ = 1.5 :

P2 (1.5) ≈ 3.875 (population estimée)

3.3 Visualisation graphique

10 Mesures
Polynôme interpolateur P2(x)
Point interpolé x*=1.5
Population (k cellules)

0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
Temps (h)

3.4 Exercice pratique


Contexte : Un biologiste mesure la concentration d’une hormone à différents instants :
Temps x (h) Concentration y (ng/mL)
0 0.5
1 1.0
3 2.0
4 2.5

1. Construisez le polynôme interpolateur de Lagrange P3 (x).


2. Estimez la concentration à x∗ = 2 h.
3. Tracez la courbe du polynôme et indiquez les points mesurés et le point interpolé.
4. Discutez de l’erreur potentielle si la variation réelle est légèrement non polynomiale.
26 CHAPITRE 3. INTERPOLATION POLYNOMIALE

Solution (Tableau simplifié)

Point Polynôme de base Li (x) Contribution yi Li (x)


(x−1)(x−3)(x−4)
x0 = 0 (0−1)(0−3)(0−4) 0.5 ∗ L0 (x)
(x−0)(x−3)(x−4)
x1 = 1 (1−0)(1−3)(1−4) 1.0 ∗ L1 (x)
(x−0)(x−1)(x−4)
x2 = 3 (3−0)(3−1)(3−4) 2.0 ∗ L2 (x)
(x−0)(x−1)(x−3)
x3 = 4 (4−0)(4−1)(4−3) 2.5 ∗ L3 (x)
Évaluation à x∗ = 2 h : P3 (2) ≈ 1.44 ng/mL.

Savoir et savoir-faire

Savoir
— Comprendre le principe et la formule du polynôme de Lagrange.
— Connaître les avantages et limites de l’interpolation polynomiale.
— Comprendre le lien entre le degré du polynôme et la précision.

Savoir-faire
— Construire les polynômes de base Li (x).
— Former le polynôme interpolateur Pn (x).
— Calculer une valeur interpolée x∗ .
— Tracer graphiquement le polynôme et analyser la précision.

Conclusion
L’interpolation polynomiale est un outil puissant pour estimer des valeurs intermédiaires avec
plusieurs mesures, surtout lorsque la variation n’est pas linéaire. En SVT, elle permet de mieux
suivre les phénomènes biologiques ou environnementaux. Toutefois, il faut rester vigilant aux
oscillations pour des polynômes de haut degré et toujours évaluer l’erreur potentielle.

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