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Techniques d'Irrigation Agricole

Le chapitre 3 du document traite des techniques d'irrigation, en définissant les différents types de systèmes d'irrigation et leurs composants, tels que les sources d'eau, les ouvrages de transport et de distribution. Il présente également les méthodes d'irrigation manuelle, gravitaire et sous pression, ainsi que les avantages et inconvénients de chacune. L'objectif est de fournir aux étudiants les connaissances nécessaires pour décrire et choisir un système d'irrigation approprié.

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Techniques d'Irrigation Agricole

Le chapitre 3 du document traite des techniques d'irrigation, en définissant les différents types de systèmes d'irrigation et leurs composants, tels que les sources d'eau, les ouvrages de transport et de distribution. Il présente également les méthodes d'irrigation manuelle, gravitaire et sous pression, ainsi que les avantages et inconvénients de chacune. L'objectif est de fournir aux étudiants les connaissances nécessaires pour décrire et choisir un système d'irrigation approprié.

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ECOLE SUPERIEURE D'AGRONOMIE (ESA)

DEPARTEMENT DE GENIE RURAL ET MACHINISME AGRICOLE

LICENCE PROFESSIONNELLE EN SCIENCES AGRONOMIQUES

UE GRM1412 : HYDRAULIQUE AGRICOLE


Chapitre 3 : Techniques d’irrigation

AROUNA Alfassassi
ATIGLO-GBENOU Adjiwanou
AZOUMA Yaovi Ouézou

1
Sommaire
CHAPITRE 3 : TECHNIQUES D’IRRIGATION ............................................................................................. 3
Objectifs spécifiques ...................................................................................................................................... 3
Introduction .................................................................................................................................................... 3
3.1. Définitions .......................................................................................................................................... 3
3.2. Structure d’un réseau d’irrigation ....................................................................................................... 4
3.2.1. Sources d’eau.............................................................................................................................. 4
3.2.2. Ouvrages de prise ..................................................................................................................... 5
3.2.3. Ouvrages de transport.............................................................................................................. 5
3.2.4. Ouvrages de régulation ............................................................................................................ 6
3.2.5. Ouvrages de répartition ........................................................................................................... 6
3.2.6. Ouvrages de distribution.......................................................................................................... 7
3.2.7. Ouvrages d’évacuation ............................................................................................................. 7
3.2.8. Ouvrages de protection ............................................................................................................ 8
3.2.9. Réseau de circulation ou le réseau routier ............................................................................. 8
3.2.10. Autres ouvrages ........................................................................................................................ 9
3.3. Techniques d’irrigation....................................................................................................................... 9
3.3.1. Technique manuelle d’irrigation................................................................................................. 9
3.3.2. Irrigation gravitaire ................................................................................................................... 10
3.3.3. Irrigation sous-pression ............................................................................................................ 14

2
CHAPITRE 3 : TECHNIQUES D’IRRIGATION

Objectifs spécifiques

A la fin de ce cours, l’étudiant doit être capable de :


 décrire un système d’irrigation et tous les ouvrages y afférents
 comprendre le fonctionnement de chaque technique d’irrigation ;
 faire le choix d’un système d’irrigation.

Introduction

Le présent chapitre abordera la définition des techniques d’irrigation, la description d’un réseau
d’irrigation et les critères de choix des différentes techniques. Son intérêt est de distinguer les
différentes techniques, les différents ouvrages composants un réseau d’irrigation, les avantages et les
limites de chaque technique.

3.1. Définitions

Les définitions ci-après sont extraites de Glossaire - HYDRA - Chambre Régionale d'Agriculture -
[Link]/[Link] consulté le 2016/06/09.

 Irrigation gravitaire : Mode d'irrigation ancestrale (mais encore majoritairement utilisé dans
le monde, environ 80%) qui consiste à transporter l'eau jusqu'au bord et à l'intérieur des
parcelles dans des canaux aménagés ou conduites enterrées suivant la pente naturelle.
 Irrigation sous pression : Mode d'irrigation consistant à alimenter par station de pompage
un réseau (de canalisations) où l'eau se trouve sous pression et permet d'utiliser des appareils
de type enrouleurs, couverture intégrale d'asperseurs, micro-asperseurs.
 Canal principal ou Canal Maître : Branche principale du réseau d’irrigation gravitaire et
où toute la ressource en eau (ou dotation) transite pour alimenter le réseau de canaux
secondaires.
 Canal secondaire : Canal d’irrigation issu du canal principal permettant de desservir
l’ensemble des parcelles d’une zone du périmètre statutaire secondaire et ou seule la quantité
d’eau nécessaire est fournie.
 Assainisseur : Canal en terre collectant des eaux d'écoulement qui n'ont pas été utilisées lors
de l'irrigation ou issues des pluies, sources, et qui doivent être évacuées pour éviter qu'elle ne
stagne dans les parcelles.
 Canal d’amené : (tête morte) partie du canal ne servant qu’au transport de l’eau de la prise
dans le milieu naturel aux premières parcelles arrosables du périmètre.
 Point de rejet : exutoire du réseau de canaux gravitaire d’irrigation ou d’assainissement dans
le milieu naturel à surface libre (cours d’eau).
 Prise d'eau : point de captage de la ressource en eau.
 Aqueduc : ouvrage permettant le passage de l’eau dans des vallons
 Siphon : ouvrage permettant le passage de l’eau sous des chemins ou routes par exemple
 Déversoir : échancrure dans le canal permettant de déverser de l’eau (volume défini par la
taille de l’échancrure) soit dans le milieu naturel soit dans un autre canal (secondaire par ex.)
 Collecteur : récupère les eaux en bout de parcelle pour les amener au milieu naturel
 Partiteur : ouvrage permettant de répartir l’eau entre les différents canaux (maître,
secondaires et filioles).
 Stations de pompage : Appareil servant à prélever de l’eau pour la transporter par le moyen
d’une ou plusieurs pompes et de conduites.
 Superficie équipée : superficie géographique brute sur laquelle est installé un réseau
d'irrigation – drainage ; elle comporte donc les pistes intérieures des périmètres ainsi que les
emprises des divers réseaux.
 Superficie irrigable : superficie équipée, diminuée des emprises des pistes et réseaux. Norme
retenue pour la superficie irrigable : 80 % de la superficie équipée.
 Superficie irriguée : somme de la superficie des parcelles cultivées, et effectivement
irriguées.
 Superficie brute étudiée : superficie totale sur laquelle sera implanté le projet d’irrigation et
qui a fait l’objet d’une étude sommaire pour des fins d’aménagement hydro-agricole.
 Superficie brute dominée : toute superficie qui est dominée par le Canal Principal et qui peut
recevoir l’eau par gravité.
 Superficie agricole utile : superficie pouvant être mise en culture ou superficie équipée
exemptée des ouvrages et équipements de l’irrigation.
 Superficie emblavée : superficie ensemencée en une quelconque culture.
 Aiguadier : personne chargée de la régulation et de la distribution des eaux sur un périmètre
irrigué.
 Réseau d’irrigation : c’est l’ensemble des équipements qui permette le transport et la
distribution de l’eau dans une zone de culture appelée périmètre irrigué (Tran Minh, 1995).

3.2. Structure d’un réseau d’irrigation

Toutes les techniques d’irrigation ont en général une même configuration. En effet, tout système
d’irrigation est composé de : la source d’eau, les ouvrages de prise, les ouvrages de transport, les
ouvrages de régulation, les ouvrages de distribution, les ouvrages de drainage, les ouvrages de
protection et le réseau de circulation ou le réseau routier.

3.2.1. Sources d’eau

Les techniques employées par les Hommes pour mobiliser l’eau pour la production agricole sont
complexes et variées. On distingue trois grands types d’aménagements.
 Sans mise en réserve : la redistribution des écoulements fluviaux se fait à travers les barrages
ou les canaux de dérivation. Cette technique se fait sur de grands fleuves à écoulement annuel
(figure 4).
 Avec utilisation de réserves superficielles : il s’agit des barrages (modestes ou de grandes
dimensions nécessitant de grands investissements), des boulis, des lacs.
 Avec utilisation des réserves souterraines : les puits et les forages.

4
a b

Figure 1: aménagement des terres agricoles de la Basse Vallée du fleuve Mono au


Togo : a- chenal d'amenée dérivé du Mono ; b- station de pompage

3.2.2. Ouvrages de prise


Les ouvrages de prise sont des ouvrages de prélèvement d’eau de la source vers les parcelles. Ils
peuvent être, soit une prise en rivière, soit une prise en eau morte (lac, retenue d’eau, boulis), soit un
captage d’eau souterraine (figure 5).

a b

Figure 2: prise d'eau du périmètre hydro-agricole de la Basse


Vallée du fleuve Mono au Togo : a- vue de face ; b- vue de dessus

3.2.3. Ouvrages de transport

Il s’agit des canaux pour l’irrigation de surface (figure 6) et des canalisations pour l’irrigation sous-
pression. Leur rôle est l’acheminent de l’eau d’irrigation depuis la prise d’eau jusqu’aux parcelles.
Les ouvrages de transport sont de divers ordre et se composent de :

pour irrigation gravitaire pour irrigation sous-pression


- tête morte ou canal d’amenée - conduite d’amenée
- un ou plusieurs porte-rampes (conduites
- un ou plusieurs canaux primaires
principales)
- les canaux secondaires - les rampes (conduites secondaires)

5
Par ailleurs, on peut avoir des aqueducs afin de faire passer l’eau à travers les vallons ou associer les
canaux et les conduites (cas du semi-californien).

a b

Figure 3: Ouvrage de transport en irrigation de surface ; a- canal, b- aqueduc

3.2.4. Ouvrages de régulation

Les ouvrages de régulation (Figure 4) jouent le rôle de mesure de débit, de réglage du plan et de
prélèvement de débit. Il s’agit des déversoirs (latéral, transversal), seuils (Giraudet, oblique,
rectangulaire, triangulaire, longitudinale, RBC, etc.), des vannes, des vannettes, des partiteurs. Ces
ouvrages de régulation peuvent être automatisés (vannes automatiques, vannes AVIS sur un canal,
vannes AVIO sur un pertuis en charge, etc.).

a b

Figure 4: ouvrage de régulation ; a- vanne AVIS sur banc hydraulique à 2iE, b- déversoir
latéral à Bagré (Burkina-Faso).

3.2.5. Ouvrages de répartition

Ces ouvrages hydrauliques (Figure 5 : ouvrages de répartition) installés dans un canal dans le
but de dériver une partie du débit du canal adducteur. Ils permettent de prélever un débit déterminé
indépendant de celui du débit d’alimentation ou de répartir le débit d’alimentation entre différentes
branches dans des rapports données. Il s’agit des pertuis de fond, des modules à masque, les partiteurs
(fixe à déversoir ou mobile et à seuil).

6
a b c

Figure 5 : ouvrages de répartition ; a- module à masque, b & c- partiteurs

3.2.6. Ouvrages de distribution

Ce sont des ouvrages par lesquels l’eau arrive aux cultures. Ils sont appelés des arroseurs
(siphon/gaine souple, etc.) pour l’irrigation gravitaire, les goutteurs pour la micro-irrigation et les
asperseurs pour l’irrigation par aspersion (figure 9).

a b c

Figure 6: ouvrages de distribution ; a- asperseur, b- goutteur, c- arroseur

3.2.7. Ouvrages d’évacuation

Les ouvrages d’évacuation sont composés de drains, d’assainisseurs et les colatures (figure 10). Ils
ont un rôle d’évacuer les eaux excédentaires de l’irrigation et les eaux pluviales hors du périmètre
afin d’éviter la stagnation des sols et l’inondation des parcelles. Les colatures et les assainisseurs sont
généralement en terre alors que les drains peuvent être en tuyauterie. Comme les canaux, on a
également les drains primaires, les drains secondaires et les drains tertiaires.

7
Figure 7: une colature

3.2.8. Ouvrages de protection

Les ouvrages de protection protègent le périmètre contre les inondations. Il s’agit de : digues (Figure
8), diguettes, colature, déversoir latéral, siphon de sécurité (appareil préfabriqué en acier placé sur les
berges des canaux pour évacuer des quantités d’eau très importantes pour un encombrement réduit).

Figure 8: digue de protection

3.2.9. Réseau de circulation ou le réseau routier

Le réseau de circulation concerne les pistes qui ont pour rôle de désenclaver le périmètre irrigué afin
de permettre la circulation des personnes (producteurs, acheteurs, etc.) et l’évacuation des produits.
Sur ce réseau routier, on peut avoir des ouvrages de franchissement que sont les dalots, les ponceaux,
etc.

3.2.10. Autres ouvrages


8
Sur certains périmètres où la mobilisation de l’eau d’irrigation nécessite un pompage, on dispose
d’une station de pompage qui peut être un bâtiment dans lequel se trouvent les pompes et parfois les
ouvrages de fertigation par venturi.

[Link] d’irrigation

Plusieurs méthodes sont utilisées pour apporter artificiellement de l’eau aux cultures. Outre les
techniques manuelles appelées techniques traditionnelles d’irrigation, on dispose trois techniques
(Figure 9).

Figure 9: techniques d'irrigation

3.3.1. Technique manuelle d’irrigation


L’irrigation peut être réalisée manuellement en utilisant des matériels simples (Figure 10) souvent
fabriqués localement à partir de fer galvanisé, de plastic, ou parfois avec des matériaux locaux
disponibles. Il s’agit des arrosoirs, des passoirs, des tuyaux munis ou non des arroseurs, des assiettes,
des bassines, des bidons perforés, des calebasses, etc. Cette technique d’irrigation simple et accessible
est largement pratiquée par les petits exploitants agricoles pour la production de légumes. Même si
cette technologie nécessite peu d’investissement, elle demande plus de travail et ne permet que
l’irrigation d’une petite surface.

9
a b

Figure 10: matériel de technique manuelle d'irrigation ; a- arrosoirs b- tuyaux et les


pommes d’arrosoir

3.3.2. Irrigation gravitaire


Mode d’irrigation le plus ancien, l’irrigation gravitaire ou irrigation de surface est la méthode
d’irrigation la plus répandue dans le monde. Les pertes par infiltration et la difficulté de contrôler
les débits conduisent souvent à l’accuser de gaspiller l’eau. L’irrigation gravitaire peut être efficiente
si elle est bien maîtrisée et modernisée.

On distingue trois méthodes d’irrigation à la parcelle appelées techniques d’arrosage. Il s’agit de :


l’irrigation par ruissellement, l’irrigation par submersion et l’irrigation mixte (ruissellement puis
submersion).

A. Irrigation par ruissellement

L’irrigation par ruissellement consiste à faire couler une mince lame d'eau sur le sol en pente pendant
le temps nécessaire pour qu'il s'humecte à la profondeur voulue par le principe du ruissellement-
infiltration (Figure 11).

Figure 11 : Irrigation par ruissellement-infiltration

Adaptée aux terrains perméables et présentant une pente naturelle, l’irrigation par ruissellement est
répartie en deux.
10
a) Différents types de l’irrigation par ruissellement
1er cas : l’eau distribuée par les rigoles déborde de celles-ci, ruisselle sur le sol et s’infiltre
verticalement. C’est un ruissellement en nappe ou déversement qui s’applique à plusieurs techniques
telles que :
 Arrosage à la planche ou par calant : L'eau est déversée en tête d'une planche rectangulaire
limitée latéralement par des petites diguettes de faible hauteur (20 cm) destinées à conduire
l'eau et en bas par une colature de reprise.
 Arrosage par rigole de niveau : L'alimentation des planches est faite par des rigoles se
rapprochant des courbes de niveau et qui fonctionnent par débordement.
 Arrosage par rigoles en pente (ou rases) : L'arrosage par rase diffère de l’arrosage par
rigole de niveau par la disposition oblique des rigoles de déversement par rapport aux rigoles
de répartition
 Arrosage par plans inclinés : L'arrosage par plans inclinés ressemble globalement à
l'arrosage par rases et l'arrosage par rigoles de niveau. La distribution de l'eau se fait au tour
d'eau sur les canaux de distribution avec une bonne maitrise de l’eau.
 Arrosage par ados (ordinaires ou en étages) : Variante très élaborée des plans inclinés,
l'ados comporte 2 plans inclinés de part et d'autre de la rigole de déversement, sans pente et
perpendiculaire au canal de distribution.

2ème cas : l'eau ne ruisselle pas à la surface du sol mais coule dans des fossés, rigoles ou raies et
pénètre par infiltration latérale et verticale jusqu'aux racines des plantes. C’est l’irrigation à la raie
qui est une technique adaptée aux cultures semées en billon. Elle consiste à amener l'eau à la plante
par une série plus ou moins dense de petits fossés à ciel ouvert espacés de 0,75 à 1 m et à pente
régulièrement faible. Les raies peuvent avoir une forme triangulaire, trapézoïdale ou parabolique avec
une largeur en gueule de 25 à 40 cm et une profondeur de 15 à 20 cm.

On distingue plusieurs variantes de technique d'arrosage à la raie :

 sillons ou micro-sillons ou corrugations.


 arrosage à la raie en courbes de niveau
 rigoles d'infiltration en arboriculture

b) Mécanisation de l’arrosage à la raie


L’irrigation à la raie se prête mieux à la mécanisation et on distingue :

 l’irrigation par siphon


 l’irrigation par rampes à vannettes
 l’irrigation par gaine souple

c) Automatisation par le système Transirrigation

11
Le système “transirrigation” est constitué d’un tuyau rigide posé avec une pente régulière en tête de
parcelle et percé d’orifices calibrés qui alimentent les raies (Figure 12).
Le déplacement automatique d’un piston à l’intérieur du tube entraine le déplacement de la main
d’eau sur l’ensemble de la parcelle. Le principal inconvénient est qu’elle est très onéreuse et nécessite
une étude de dimensionnement approfondie.

Figure 12 : Transirrigation

d) Avantages et inconvénients de l'irrigation gravitaire à la raie ou par sillons


(i) Avantages
permet l'irrigation de terrains situés dans une large gamme de pente (0 à 10 %) ;
convient aux cultures en ligne ;
est bien adaptée aux cultures mécanisées ;
convient aux cultures sensibles au contact de l'eau d'irrigation ;
permet une économie d'énergie, est bien adaptée aux sols à perméabilité (sol sableux).
(ii) Inconvénients
 Important besoin en main d'œuvre expérimentée ;
 Efficience liée à l'habileté et à l'attention de l'irriguant ;
 Réduction de la possibilité de mécanisation

B. Irrigation par submersion

L'eau submerge le terrain et s’infiltre. On distingue plusieurs techniques d'arrosage par submersion
à savoir :

12
 planches de submersion à nivellement horizontal ou bassins à fond plat
 planches de submersion en pente à diguettes en courbes de niveau
 terrasses ou banquettes
 pillons ou raies à pente nulle
 cuvettes en arboriculture
 bassins à billons
 micro-bassins

a) Avantages et inconvénients de l'irrigation gravitaire par bassin ou par submersion


Avantages :
 conduite relativement facile ;
 connaissance et expérience réduite ;
 possibilité d'efficience élevée ;
 adaptation possible à différentes conditions de sols, de topographie et de débit ;
 convenance particulière à la riziculture ;
 économie d'énergie.

Inconvénients
 Nécessité de construire des diguettes, ce qui entraîne un surcroît de travail et une
réduction des surfaces ;
 Ne convient pas aux sols à perméabilité élevée ;
 Nécessité de nivellement ;
 Condition de pente ;
 Besoin en main d'œuvre ;
 Condition de drainage pas toujours facile ;
 Réduction de la possibilité de mécanisation.

C. Irrigation mixte (ruissellement puis submersion)


Il s'agit d'un ruissellement suivi d'une submersion. Quelques techniques possibles employées en
irrigation mixte sont :

 épandage de crue
 raies courtes
D. Avantages et inconvénients de l’irrigation gravitaire
Les avantages et les inconvénients des techniques d'irrigation de surface peuvent être présentés
comme suit :

Avantages

 faible coût relatif d'investissement


 insensibilité au vent
 techniques éprouvées
 peu (sinon pas du tout) de besoin énergétique

13
Inconvénients
 besoin important en main d'œuvre ;
 rendements hydrauliques limités - pertes en eau importantes ;
 planage nécessaire des parcelles.

3.3.3. Irrigation sous-pression


On distingue deux méthodes d’irrigation sous-pression, notamment : irrigation par aspersion et
micro-irrigation ou irrigation goutte à goutte.

a) Irrigation par aspersion

L’irrigation par aspersion est une technique d’irrigation utilisant les arroseurs appelés asperseurs et
au cours de laquelle l'eau est apportée aux plantes sous forme de pluie à travers des conduites sous
pression. On peut classer les équipements d’irrigation par aspersion en deux types : les couvertures
d’asperseurs et les machines à irriguer.

Dans une installation d’irrigation par couverture d’asperseurs, les appareils distributeurs d’eau sont
en position fixe durant leur fonctionnement, par contre, les machines à irriguer (enrouleurs, pivots,
rampes frontales) ont la faculté de déplacer le ou les distributeurs d’eau durant l’arrosage.

 Couvertures d’asperseurs
Ce système est un réseau fixe qui consiste à disposer sur la parcelle à irriguer un réseau de rampes
équipées d’asperseurs. Une couverture d’asperseurs est composée de :

 la conduite principale ;
 l’antenne ou porte-rampes aussi dénommée secondaire ;
 la rampe qui porte les organes d’aspersion, aussi dénommée tertiaire ;
 les asperseurs.

Pour obtenir une répartition homogène de l’eau d’irrigation sur la parcelle, on doit disposer les
asperseurs de manière à avoir un recoupement des jets. Ainsi, les asperseurs sont habituellement
disposés en carré, en rectangle ou en triangle (Figure 13).

Figure 13 : disposition (carré, rectangle et triangle) des asperseurs

14
Avantages
 Peu de préparation de terrain ;
 Bonne efficience et bonne uniformité s'accommode aux terrains en pente ;
 applicable à un très large éventail de perméabilité ;
 distribution à la demande et au tour d’eau; peut-être automatisée ;
 permet l'incorporation de produits de traitement (engrais, pesticide, etc.) à l'eau pendant
l'irrigation.

Inconvénients
 coûts d'investissement (acquisition des matériels) et de fonctionnement (dépenses
d'énergie) peuvent être très élevée;
 technique est difficile à mettre en œuvre en condition ventée;
 peut entraîner des risques de brûlures ou de maladies cryptogamique;
 peut entraîner des risques de lessivage des produits anti-parasitaires.

 Machines à irriguer
 Enrouleur
C’est un matériel d’irrigation doté d’une grande souplesse d’utilisation, de faible contrainte de main-
d’œuvre et des investissements modérés. L’enrouleur est constitué d’un canon d’arrosage monté sur
un traîneau ou sur un chariot tracté par un tuyau d’alimentation en polyéthylène, qui s’enroule sur
une bobine (tambour) disposée sur un châssis et mue par un moteur hydraulique (Figure 14).

Figure 14: un enrouleur

 Pivot (rampe pivotante)


Le pivot également appelé rampe pivotante, est un appareil d’irrigation mobile, arrosant en rotation
une surface circulaire ou semi-circulaire. Il est en général à poste fixe, mais il peut être conçu pour
être déplacé d’un poste à l’autre. La longueur idéale d’un pivot se situe aux alentours de 450 m, soit
une parcelle d’environ 65 ha. L’intérêt essentiel de ce type de matériel est sa simplicité de mise en

15
œuvre, ses possibilités de fonctionnement automatique et ses performance en terme d’uniformité
d’apport d’eau y compris en conditions ventées (Figure 15).

Photos 1 : Le pivot

Figure 15 : une rampe pivotante

Le pivot est constitué par une canalisation de grande longueur, tournant autour d’un axe ou pivot par
lequel se fait l’arrivée d’eau et d’électricité. La canalisation est portée, de proche en proche, par des
tours équipées de roues, animées par des moteurs électriques. Les tours séparent l’appareil en travée
rigidifiées par un système de triangulation et tirants la canalisation tenant lieu de poutre. L’eau est
distribuée par des asperseurs, ou des buses disposées le long de la canalisation, un canon d’extrémité,
placé au bout de porte-à-faux complète souvent l’équipement.

 Pivots-rampes : Il s’agit des appareils capables de se déplacer en eau tant en rotation


qu’en translation.
 Pivots déplaçables
Il s’agit des appareils capables d’être déplacés ou de se déplacer « à sec » d’une position d’arrosage
à l’autre ou d’une parcelle à l’autre. Lorsqu’ils arrosent, ils fonctionnent comme un pivot. Ces
appareils permettent une conduite de l’arrosage comme avec un enrouleur.

 Avantages et Inconvénients de l’irrigation par aspersion


Avantages
 Utilisables sans nivelage du sol, sur sols ondulant ou en pente, sur sols de pratiquement toute
nature ;
 Grande flexibilité du design car large variété d’équipements disponibles ;
 Possible d’appliquer des petites doses, contrairement à l’irrigation de surface ;
 Consomme moins d’eau que l’irrigation de surface ;
 N’exige aucune compétence particulière de la part des irrigants ;
 Convient bien à l’irrigation de complément, aux nouvelles cultures, à la protection contre le
gel ;
 Elimine le besoin de faire des canaux, des diguettes, de seuils … ;
 La possibilité de déplacer les rampes permet de réduire les coûts ;

16
 Moins sensibles au bouchage mais peut nécessiter la filtration quand on opère avec des débits
faibles comme dans la micro-aspersion ;
 Peut être utilisé, si bon design d’un réseau de drainage, pour lessiver le sel du profil du sol ;
 Bonne efficience et bonne uniformité s'accommode aux terrains en pente ;
 Applicable à un très large éventail de perméabilité ;
 Distribution à la demande et au tour d’eau ; peut-être automatisée ;
 Permet l'incorporation de produits de traitement (engrais, pesticide...) à l'eau pendant
l'irrigation.

Inconvénients :
 Consomme plus d’eau que l’irrigation localisée, la productivité de l’eau (kg de produit /m3
d’eau consommée) est plus faible ;
 Peut consommer une quantité importante d’énergie ;
 En site trop venteux, l’évaporation peut être très importante, entrainant ainsi des pertes d’eau ;
 En aspersion sur frondaison, des maladies des cultures peuvent être favorisées.
 peut entraîner des risques de brûlures ou de maladies cryptogamique;
 peut entraîner des risques de lessivage des produits anti-parasitaires.
 coûts d'investissement (acquisition des matériels) et de fonctionnement (dépenses d'énergie)
peuvent être très élevés.

b) Irrigation localisée ou le goutte à goutte

Comme son nom l’indique, l’irrigation localisée ou micro-irrigation selon l’appellation


internationale, consiste à humidifier seulement une partie localisée du sol. C'est une technique qui
consiste essentiellement à mettre l'eau (et éventuellement les engrais) au pied de la plante, directement
à la disposition de la région explorée par le système racinaire à l'aide d'un arroseur, conçu et calculé
pour donner des débits très faibles. L’eau dont a besoins la plante est apportée en petite quantités, une
ou plusieurs fois par jour, de façon ponctuelle (goutte à goutte) ou sous forme de tache (diffuseurs).

Avantages
 l'économie d'eau; l'utilisation de faibles débits sous de faibles charges;
 les faibles coûts de fonctionnement;
Sur le plan agronomique, il faut souligner :
 la diminution du ruissellement et de l'érosion;
 l'absence d'eau sur les feuilles;
 la réduction des plantes adventices;
 l'usage possible d'eau salée; la facilité des récoltes.

Inconvénients :
 coût d'équipement assez élevé;
 durée limitée de certains matériels;
 risque de bouchage des orifices les plus fins;
 d'où la nécessité d'une filtration poussée de l'eau;
 système vulnérable aux animaux;
 système mal adapté aux terrains pentus (montagne).

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