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Révolution citoyenne : vers la 6e République

Le document présente un programme électoral intitulé 'Avenir en Commun', qui vise à établir une nouvelle France en proposant 831 mesures pour une rupture avec le néolibéralisme. Il met l'accent sur la souveraineté populaire, l'harmonie entre les êtres humains et la nature, ainsi qu'une approche altermondialiste pour la paix. Ce programme, né de consultations populaires, se veut une réponse concrète aux injustices sociales et environnementales actuelles.

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Révolution citoyenne : vers la 6e République

Le document présente un programme électoral intitulé 'Avenir en Commun', qui vise à établir une nouvelle France en proposant 831 mesures pour une rupture avec le néolibéralisme. Il met l'accent sur la souveraineté populaire, l'harmonie entre les êtres humains et la nature, ainsi qu'une approche altermondialiste pour la paix. Ce programme, né de consultations populaires, se veut une réponse concrète aux injustices sociales et environnementales actuelles.

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SOMMAIRE

INTRODUCTION - VERS UNE NOUVELLE FRANCE .08

FAIRE LA Chapitre 1 : Le pouvoir au peuple .20


RÉVOLUTION
∴ Réunir une Assemblée constituante
CITOYENNE .18 pour passer à la 6e République .20
∴ Abolir la monarchie présidentielle .21
∴ Balayer l’oligarchie, abolir les
privilèges de la caste .22
∴ Une République permettant
l’intervention populaire .23
∴ Une République laïque .24
∴ La Révolution citoyenne dans les
médias .25

Chapitre 2 : Par delà la propriété privée .28

∴ Collectiviser les biens communs


fondamentaux .28
∴ Mettre fin au pillage économique de
la Nation .28

Chapitre 3 : Citoyens dans l’entreprise et


dans la ville .30

∴ Reconnaître la citoyenneté dans


l’entreprise et des droits nouveaux
aux salariés .30
∴ Une République affirmant le rôle
central des communes .31

2
Chapitre 4 : Étendre le domaine de la liberté .32

∴ Une nouvelle étape des libertés et de


l’émancipation individuelle .32
∴ Sortir de l’état d’urgence permanent .33
∴ Refonder une police républicaine .34

L’HARMONIE Chapitre 5 : Élever le niveau d’instruction .38


DES ÊTRES
HUMAINS ∴ Éradiquer l’illettrisme et développer
l’alphabétisation .38
ENTRE EUX .36 ∴ Faire le service public de la petite
enfance .38
∴ Reconstruire une école globale pour
l’égalité et l’émancipation .39
∴ Qualifier tout le monde .43
∴ Être une grande nation scientifique .44
∴ Refonder l’enseignement supérieur .45
∴ Créer une conscription pour le
secours collectif .46

Chapitre 6 : Partage des richesses .48

∴ Mettre au pas la finance .48


∴ Pour des banques au service de
l’intérêt général .48
∴ Définanciariser l’économie réelle .49
∴ Refuser le chantage : annuler la
dette publique .50
∴ Faire la révolution fiscale .51

Chapitre 7 : La force de l’entraide .54

∴ L’égalité des populations par la


démocratie et les services publics .54
∴ En finir avec l’abandon des
Outre-mer .55
∴ Faire la société de l’entraide :
généraliser l’économie sociale,
solidaire et coopérative .56
3
∴ Éradiquer la pauvreté .57
∴ Garantir le droit au logement .58
∴ La justice au nom du peuple .59
∴ Une politique de justice efficace .60
∴ Une police de proximité au service de
la sûreté des citoyens .61
∴ Protéger les enfants .62

Chapitre 8 : Travailler tous, travailler moins,


travailler mieux .64

∴ Établir la garantie d’emploi .64


∴ Réduire le temps de travail et faire
naître une société du temps choisi .64
∴ Un emploi stable pour chacun .65
∴ Augmenter les salaires et réduire les
inégalités salariales dans l’entreprise .66
∴ Rétablir une assurance-chômage
protectrice .68
∴ Une sécurité sociale professionnelle .69
∴ En finir avec la souffrance au travail .70
∴ Garantir une retraite digne .72

Chapitre 9 : Produire nous-mêmes pour


répondre aux besoins .73

∴ Créer un état d’urgence sociale .73


∴ Réindustrialiser et relocaliser pour
assurer notre indépendance .74
∴ Lancer des grands chantiers
écologiques, créateurs d’emplois .75

Chapitre 10 : Faire place à la nouvelle France .77

∴ Réaliser l’égalité entre les femmes et


les hommes .77
∴ Une République universaliste contre
le racisme et les discriminations .78
∴ Construire l’autonomie des jeunes .80

4
∴ Faire face collectivement à la perte
d’autonomie individuelle .81
∴ Lever les obstacles à l’autonomie des
personnes en situation de handicap .82

Chapitre 11 : Humaniser par la culture


et le sport .84

∴ La bifurcation dans les arts et la


culture : pour un service public du
progrès humain .84
∴ Le sport et les corps libérés de
l’argent .86

L’HARMONIE Chapitre 12 : Planification écologique .90


DES ÊTRES ∴ La bifurcation écologique pour une
HUMAINS société de l’harmonie .90
AVEC LA ∴ L’organisation de l’État au service de
NATURE .88 la planification écologique .92
∴ Les Outre-mer, avant-postes de la
planification écologique .93

Chapitre 13 : Les grands chantiers de la


bifurcation écologique .94

∴ Investir pour lancer la bifurcation de


notre économie .94
∴ Développer les transports publics
écologiques, repenser la mobilité
individuelle .94
∴ Organiser le 100 % d’énergies
renouvelables en 2050 et la
rénovation énergétique .96
∴ Consommer autrement, une France
« zéro déchet » .98
∴ Souveraineté alimentaire et
révolution agricole : pour une
agriculture écologique et paysanne .99

5
Chapitre 14 : Protection des biens communs
et des droits de l’espèce .101

∴ Pollutions : désempoisonner
le monde .101
∴ L’eau, enjeu central pour l’Humanité .102
∴ Le droit à l’eau dans les Outre-mer .104
∴ Défendre la forêt, poumon de la
planète .105
∴ Rompre avec la maltraitance animale .106
∴ Sauver l’écosystème
et la biodiversité .107

Chapitre 15 : Une approche de santé globale .108

∴ S’organiser pour faire face aux


pandémies .108
∴ Faire passer la santé d’abord et
reconstruire les établissements
de santé publics, notamment les
hôpitaux .109
∴ Addictions et drogues : il faut
changer de stratégie .111
∴ En finir avec la malbouffe .112

ORDONNER Chapitre 16 : Une diplomatie


altermondialiste pour la paix .116
LE MONDE .114
∴ Assumer l’indépendance de la France
dans le monde .116
∴ Construire une défense souveraine
au service de la paix .117
∴ Renforcer l’ONU pour faire vivre un
monde ordonné .118
∴ Agir pour le respect du droit
international contre les guerres .119
∴ Refuser le libre-échange, instaurer
un protectionnisme écologique et la
coopération économique .120
6
∴ Étendre les protections du droit
international aux biens communs
planétaires .121
∴ Pour une politique migratoire
humaniste et réaliste .122
∴ Les Outre-mer, fer de lance
d’une diplomatie écologique
altermondialiste .123
∴ Construire des coopérations
altermondialistes et
internationalistes .124
∴ Unir le petit bassin méditerranéen
autour d’objectifs communs de
progrès .124
∴ Construire une relation avec l’Afrique
basée sur la souveraineté des
peuples .125
∴ Passer à la francophonie des peuples .126

Chapitre 17 : Europe .127

∴ Utiliser tous les leviers d’action face


aux institutions européennes .128
∴ Désobéir à chaque fois que c’est
nécessaire pour mettre en œuvre
notre programme .129

Chapitre 18 : Nouvelles frontières de


l’humanité .130

∴ Protéger les mers et océans .130


∴ Être à la hauteur de la responsabilité
maritime française .131
∴ Relancer la découverte de l’espace .132
∴ Affirmer le caractère d’intérêt
général de la révolution numérique .133
∴ Garantir la souveraineté numérique
de la France .134

7
INTRODUCTION
VERS UNE NOUVELLE FRANCE
Par Clémence Guetté, Hadrien Clouet et Jean-Luc Mélenchon

Un programme historique
​​L’Avenir en Commun se présente d’abord comme un programme
électoral. Il a été composé, mis à jour, et retravaillé à l’occasion
de différentes élections présidentielles. Son point de départ est
le programme l’Humain d’abord, porté par les insoumis et les
communistes dans l’élection présidentielle de 2012. Puis, sous
sa nouvelle forme, il fut celui des Insoumis dans les campagnes
présidentielles de 2017 et 2022. Sur cette base, furent rédigés ensuite
les programmes de l’Union populaire lors des élections législatives
de 2022 et 2024. Ainsi, s’est progressivement constitué autour de ce
texte un bloc électoral de plusieurs millions de personnes mobilisées
en faveur d’une rupture franche avec le monde néolibéral.

S’il a pu y parvenir, c’est grâce à la méthode avec laquelle ont été


sélectionnées ses 831 mesures pour tous les domaines de la politique
d’une nation comme la France. Le programme vient de la société
elle-même. Associations, syndicats, collectifs, scientifiques. En fait,
tout a été produit déjà à partir des besoins concrets constatés par
l’expérience et rendus populaires par leurs campagnes de mobilisation.
Ces livrets de revendications, ces rapports, ces compte rendus
d’auditions sont la matière première originaire et toujours renouvelée
de l’Avenir en Commun. En 2020 et 2021, quand il a fallu préparer
le scrutin présidentiel de 2022, deux consultations populaires ont
été organisées avec plus de 15 000 contributions individuelles et des
auditions thématiques d’acteurs de la société organisée.

Cette matière a été complétée au fil des années, au fur et à mesure


que se renforçait la présence insoumise dans les institutions. De
l’élection de ses 17 premiers députés insoumis, en 2017, à l’exercice
de la présidence de la Commission des finances, de la Commission
des affaires économiques et de deux vices-présidences de l’Assemblée
nationale, en passant par l’installation d’un groupe au Parlement

8
européen, la France insoumise n’a cessé de gagner en expertise de
gouvernement. Les Insoumis savaient donc comment travailler quand
le mouvement a décidé de répliquer par une motion de destitution
du président Macron après son coup de force contre le résultat des
élections du 7 juillet 2024. En prévision d’une élection présidentielle
anticipée, les deux groupes parlementaires et les groupes thématiques
de son mouvement ont accéléré leurs travaux de mise à jour annuelle
du programme. L’objectif était double. D’une part mettre à jour
les propositions pour ajuster au niveau des destructions de deux
années supplémentaires de gouvernements Macron. D’autre part,
les compléter pour tenir compte des nouvelles attentes dans notre
société. L’Avenir en Commun est ainsi à la fois un programme
de rupture avec un ordre écologique et social et un plan d’action
gouvernemental.

Dans sa nouvelle mouture, 143 mesures ont été ajoutées et 120


mesures précisées. L’architecture générale a été revue pour mettre en
valeur la cohérence de notre proposition au peuple français. D’abord
vient la méthode : faire la révolution citoyenne. C’est-à-dire rendre
aux citoyens le contrôle sur le pouvoir dans la société. Ensuite, son
contenu : l’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature.
Enfin, une proposition à mettre en partage avec les peuples du globe :
ordonner le monde.

Mais l’Avenir en Commun est aussi un programme historique.


Par sa longévité, il est devenu le point de référence de millions de
personnes qui aspirent à une autre organisation du monde. Les
débats et mêmes les polémiques qu’il a provoqué, les explications
qu’il a suscitées, les livrets thématiques, plans d’action, propositions
de loi et amendements qui en sont directement issus l’ont montré :
cet autre monde est possible. En ce sens, il n’est pas le traditionnel
catalogue de promesses politiciennes fabriquées par une agence de
communication. On connaît ! Ce sont des gadgets faits pour durer le
temps d’une campagne et abandonnés sitôt le scrutin passé. L’Avenir
en Commun ne fournit pas non plus clefs en main la description
détaillée et merveilleuse d’une société idéale. Son objectif est plus
précis. Il propose à des millions de gens une transition concrète
et praticable depuis cette société d’injustices vers une autre faite
d’entraide et de partage. Il propose à ce qui est encore seulement
en germe dans la société les outils pour entrer définitivement sur la

9
scène de l’histoire. Il est le programme d’une nouvelle France : celle
du peuple éliminé de tout pouvoir aujourd’hui, et celle qui peut naître
à partir de ses exigences.

Une nouvelle France


Chaque génération est un peuple nouveau. Cet énoncé a l’allure
d’une évidence banale. Mais combien de fois dans l’histoire humaine
un peuple a-t-il été autant transformé que le nôtre aujourd’hui ?
Songez-y ! Cela donne le vertige : le 1er juin 1958, il y a près de 67 ans,
le Général de Gaulle prenait le pouvoir en plein chaos institutionnel
provoqué par la guerre de décolonisation de l’Algérie. C’est l’acte
de naissance des institutions de la cinquième République. Depuis,
trois générations se sont écoulées. Un battement de cil à l’échelle de
l’histoire profonde des humains et même de notre pays. Et pourtant,
la France a tellement changé ! Davantage peut-être en six décennies
qu’en deux siècles auparavant. Elle dessine des contours jusqu’ici
inconnus pour un peuple. Comment penser que des outils formés
pour la France de 1958 soient toujours adaptés pour celle de 2025,
de 2026 ou de 2050 ? La réalité sociale, les besoins, les aspirations,
les problèmes sont si différents !

Commençons par le plus important, et probablement la rupture


dans la condition humaine la plus énorme de l’époque : la condition
humaine féminine. En 1958, les femmes ont besoin de l’autorisation
de leur mari pour ouvrir un compte bancaire ou travailler, elles n’ont
aucun accès légal à la pilule contraceptive ni à l’avortement. Il n’y
a pas de divorce par consentement mutuel ni d’autorité parentale
conjointe. Une mère ne peut pas transmettre sa nationalité à son
enfant. Le viol conjugal n’est reconnu comme un crime qu’en 1990
et la parité pour les mandats électoraux pas avant l’an 2000. En
somme, à l’aube de la cinquième République, les femmes étaient des
citoyennes de seconde zone.

Depuis, c’est comme si avait eu lieu une révolution de libération


nationale sur notre propre sol ! La moitié de la population s’est vu
attribuer des droits élémentaires dont elle était privée : son autonomie,
sa possibilité de construire sa vie de manière indépendante. En
moins de 70 ans, les femmes ont profondément révolutionné leur
condition. À lui seul, ce fait marque un changement d’époque, et

10
même une nouvelle ère. Le sexisme n’a pour autant pas disparu. Il
a muté. Dans le monde du travail, les femmes sont traitées par le
capital comme des salariées subalternes. Les femmes touchent en
moyenne 23 % de moins que les hommes. Elles occupent 80 % des
emplois à temps partiels et représentent les deux tiers des salariés au
salaire minimum. Les femmes s’occupent toujours majoritairement
du travail domestique et, même dans la sphère marchande, le travail
du soin, de la reproduction de la société est moins reconnu.

Mais ce n’est pas le seul des changements. Le peuple français de


2025 a été largement brassé. Rendons nous compte : en 1958, un
Français sur dix avait au moins un grand parent étranger. Désormais,
c’est un sur quatre. Tant de Français, tant de Françaises ont des
liens personnels intimes avec le vaste monde. C’est un atout. Tant
ont amené au pot commun leurs plats, leurs musiques, leurs mots,
leurs poésies. Oui, la France est une nation créole. Sa culture est
une invention permanente aux multiples racines. Mais le fait ne
concerne pas seulement l’immigration de l’extérieur de nos frontières
nationales. En 1958, nous sortions tout juste d’un monde millénaire
où l’on vivait et mourait à l’endroit où l’on était né. Maintenant
plus d’un adulte français sur deux vit dans un département différent
de celui où il est né. La France n’est plus la même et ne le sera
jamais plus ! Son présent et son futur ne seront plus jamais un passé
toujours recommencé.

Une nouvelle condition sociale


Les changements économiques, sociaux, institutionnels,
anthropologiques des 70 dernières années dessinent une nouvelle
condition sociale. Son premier trait c’est l’entrée dans le changement
climatique : il est irréversible. Il amène avec lui son lot de catastrophes
« naturelles » dont les conséquences sont bien sociales. Quand le
cyclone Chido tue tant de monde à Mayotte et dévaste tous les habitats
de fortune, c’est une condition sociale qui s’expose plutôt qu’une
inévitable fatalité. Quand les compagnies d’assurance se retirent de
chez certains, quand l’eau ne coule plus au robinet, quand les pics
de pollution de l’air sont toujours dans les quartiers populaires : c’est
l’expression d’une nouvelle forme de la lutte des classes pour le bien-
être. De même pour la nouvelle condition sanitaire issue de notre
rapport morbide à la nature. La malbouffe, les épidémies de diabète,

11
d’obésité, les pandémies déclenchées par les zoonoses ne frappent
pas riches et pauvres à parts égales.

La jeunesse est aussi devenue à part entière une condition sociale


discriminée par l’âge. Bien sûr, elle conserve en son sein des
inégalités fondamentales entre les jeunes héritiers et les autres. Mais
le néolibéralisme s’est servi de cette classe d’âge comme chair à
précarisation. D’années pour choisir sa vie, expérimenter et s’installer,
la jeunesse a été transformée en années de galère. Un jeune sur deux
qui travaille le fait sous un contrat précaire quand cette situation
concerne en général un actif sur cinq. L’accès aux études supérieures
a été transformé en course d’obstacles. Les jeunes de l’enseignement
professionnel sont traités comme une main-d’œuvre sous payée avec
la généralisation aveugle de l’apprentissage. Les jeunes sont aussi les
premières victimes de l’accumulation engendrée par la spéculation
sur le logement. Un jeune locataire dépense en moyenne la moitié
de son revenu pour payer son loyer. Quant à devenir propriétaire du
logement qu’on habite, c’est tout simplement hors d’accès pour une
grande partie des jeunes. Résultat : accéder à l’autonomie est devenu
une lutte. L’âge moyen du premier emploi stable est passé de 20 ans
dans les années 1960 à 27 ans aujourd’hui. Et la moitié des femmes
et hommes majeurs de moins de 30 ans sont contraints de vivre
encore chez leurs parents. Ainsi, l’expérience concrète des premières
années de l’âge adulte a été totalement transformée. Plutôt qu’une
antichambre de la vie, c’est devenu un paroxysme de la maltraitance
néolibérale.

La classe ouvrière n’a plus le même visage. Le salariat a totalement


changé. Le capitalisme s’est réorganisé pour tenter de faire face à
son ralentissement productif et aux résistances sociales. Les grandes
concentrations industrielles intégrées, bastions du syndicalisme
ont été éclatées, disséminées, délocalisées. La classe des exploités
existe toujours, et elle est toujours majoritaire. Mais les ouvriers,
qui représentaient 39 % de la population au début des années 1960,
ne sont aujourd’hui plus que 21 %. Parmi eux, un sur deux travaille
dans le secteur de la logistique et des transports. L’ouvrier du flux
soumis à des cadences et à un contrôle qui n’ont rien à envier aux
chaînes de montage d’autrefois est une figure centrale du monde
du travail de notre époque. Tout comme l’est celle de l’employé de
la grande distribution, l’auxiliaire de vie, l’aide-soignante, l’agent

12
d’entretien, le livreur et tant d’autres. Il n’y avait aucun travailleur
ubérisé en 1958. Ils sont 300 000 dans la France de 2024. Ils et elles
ont rejoint les soudeurs, couvreurs, maçons, métallos dans les rangs
des premiers de corvée. À l’origine de toute la richesse de notre pays,
ils sont les plus mal payés, précarisés et méprisés, et ce malgré un
niveau de qualification et d’instruction plus élevé. Ils constituent la
nouvelle classe ouvrière.

Cette nouvelle identité française s’exprime enfin dans la nouvelle


condition urbaine du peuple français. 80 % de la population française
vit en ville. C’était 55 % en 1958. Mais surtout, le rapport à la ville
a changé. Elle est devenue une ressource ou une source d’exclusion.
Car accéder aux bonnes villes, aux bons quartiers, c’est aussi accéder
aux bons médecins, aux bonnes écoles, aux bons transports comme à
tous les réseaux indispensables à la vie moderne. En être exclu, c’est
l’inverse. De sorte que la condition populaire urbaine peut se décrire
par ses déserts. Pas de médecin, pas de gare, pas de banque, pas
d’école : on énumère ce qui manque. Cette réalité sociale traverse de
larges parts de la population, des quartiers populaires à la ruralité,
des couronnes périurbaines aux sous-préfectures. Elle signale l’entrée
de notre pays dans une nouvelle condition sociale : l’ère du peuple.

La nouvelle France s’affirme


Voilà la nouvelle France, telle qu’elle est. Elle existe déjà en soi. Elle
ne désigne pas une petite partie avant-gardiste de la population !
Au contraire, l’ensemble du peuple est impliqué. Il est défini par
son conflit d’intérêt avec l’oligarchie. Celle-ci s’est approprié les
réseaux collectifs dont dépendent la vie quotidienne. Ce peuple
prend conscience de lui-même lorsqu’il engage activement la lutte
pour le droit à l’autonomie individuelle et au contrôle de soi. Ces
dernières années, le mouvement réel de la « nouvelle France » a été
puissant sur de multiples fronts. La lutte féministe bien sûr, dont
la nouvelle vague est à la pointe du combat pour la liberté. La lutte
antiraciste a montré le beau visage de l’aspiration à l’égale dignité.
La mobilisation pour la paix et la justice en Palestine a exprimé
le lien invisible et bien réel qui se forme entre les opprimés sans
droits du monde entier. La révolte des Gilets jaunes, partant d’une
condition typiquement urbaine, a fini par proposer un programme
de partage des richesses et du pouvoir global. Notre pays a aussi

13
été traversé de mobilisations locales contre la fermeture de services
publics, des mobilisations pour un plan d’urgence pour les écoles de
Seine-Saint Denis aux manifestations historiques pour la réouverture
des urgences et la défense de l’hôpital public à Carhaix. La lutte de la
nouvelle France, c’est aussi le mouvement historique par son nombre
contre le vol de deux ans de vie par Emmanuel Macron retardant
l’âge de départ à la retraite à 64 ans.

Non, le peuple français n’est pas endormi, apathique, résigné. Il entre


régulièrement en action dans la période récente. Chaque nouvelle
éruption témoigne des tentatives de la nouvelle France de faire jaillir
le nouveau monde dont elle a besoin. Il lui manque pour l’instant
sa cohésion. Pour réussir, elle ne doit pas rester une mosaïque
fragmentée. Elle doit s’unir et proposer des objectifs communs. Seules
ses revendications peuvent la fédérer. Quoi d’autre ? La couleur de la
peau ? Elle se bat précisément contre le processus de racisation des
groupes et des individus. La religion ? Le peuple français compte en
son sein de nombreuses religions différentes, des gens sans religion
et pour cette raison adopte pour règle commune la séparation du
religieux et du politique. Une langue ? Mais la langue française
est en partage avec 28 autres pays et 500 millions de locuteurs.
Des traditions culturelles immuables ? Ce serait épouser l’illusion
d’une culture française figée dans le passé quand la réalité de la
créolisation rebrasse en permanence par de nouveaux apports depuis
deux millénaires. Tout cela divise. Ce qui est devant nous nous unit
puisque nous devons le faire ensemble.

Faire peuple
Nous devons tous surmonter la crise écologique. Il y a un seul
écosystème compatible avec la vie humaine donc il y a un intérêt
général humain. La vie humaine n’est pas séparée du reste de la
nature. Elle est toute entière enchâssée dans les cycles biologiques,
biophysiques et géologiques qui l’ont vu naître. Ces cycles sont
aujourd’hui perturbés par une réalité destructrice : le capitalisme.
Sa logique infernale est celle d’une soumission de tous les rythmes,
humains et non humains, au seul cycle du profit lui-même en
accélération permanente. Il faut remettre en harmonie les cycles de
notre production, de notre consommation et de nos échanges avec
les grands cycles écosystémiques. Découle de ce but la règle verte :

14
ne jamais prendre à la nature davantage qu’elle ne peut reconstituer
sur une période donnée. Mais ce n’est pas tout : il faudra aussi
réparer les dégâts, régénérer là où c’est possible, la nature détruite.
Pour cela, la nouvelle France doit se fixer l’objectif de rompre avec
le capitalisme. Et de substituer à la dictature des actionnaires un
outil d’intérêt plus collectif pour guider l’économie : la planification
écologique.

Changer le rapport à notre inclusion dans le monde naturel, c’est aussi


ouvrir le chapitre d’une nouvelle ère des droits : les droits de l’espèce
humaine. Cette expression désigne les droits associés à notre nouvelle
condition écologique d’êtres humains. C’est le droit à l’eau potable et
à l’air pur. Ou celui à un accès sécurisé et garanti à une alimentation
saine. Mais aussi le droit à la nuit et au silence sans lesquels nos
organismes ne peuvent pas rester en bonne santé. Il s’agit de la
nouvelle frontière des droits sociaux. Ils impliquent la rénovation des
logements passoires, la conversion de notre agriculture, l’éradication
de la pauvreté, la gratuité de la cantine scolaire, la gestion commune
de l’eau et de son assainissement. Les droits de l’espèce appellent un
bouleversement du rapport à la propriété et à l’action publique.

Puisque nous entrons dans une période de grande incertitude, il


nous faut construire la société de l’entraide. Cette aspiration existe
déjà. La nouvelle France mettra en place une révolution fiscale pour
répartir l’effort entre tous selon les revenus. Elle fera enfin payer
aux ultra riches une juste contribution. Elle relèvera l’hôpital, l’école
et débutera une nouvelle ère d’extension des services publics. Ils
doivent vraiment garantir à chaque personne l’égalité d’accès aux
droits et aux réseaux essentiels à la vie moderne. Et cela quel que
soit son statut, ses revenus, son patrimoine, son lieu d’habitation.
Sur ce plan la France est revenue en 1788 : la dette publique due aux
cadeaux faits aux ultra riches est impayable, les privilégiés refusent
de prendre leur juste part à l’effort nécessaire et le monarque agit
pour un retour au pouvoir absolu.

Pour faire tout cela, il faudra profondément changer de logique


économique. Fini la compression des salaires, la précarisation des
statuts, la maltraitance sociale et la panne d’investissements. La
relance de l’activité par la consommation populaire et l’investissement
public entraînera les entreprises par leurs carnets de commandes.

15
Notre indépendance doit être un objectif de la politique économique.
Ce que nous pouvons, nous devons le produire nous-même.
L’instauration d’un protectionnisme solidaire protègera l’industrie
d’une concurrence déloyale ou fondée sur le non-respect des droits
humains ou l’extractivisme forcené. La réindustrialisation n’est pas
un objectif général en soi : c’est un moyen pour construire une
économie au service des besoins qu’il faut nommer et dont il faut
planifier la satisfaction.

Pour finir, il faut bien s’y résoudre : pour que cela change, il faut
tout changer. Et d’abord le plus important : le pouvoir. Il faut en
finir avec des institutions qui permettent aux dirigeants de piétiner
la souveraineté populaire, même lorsqu’elle s’exprime dans des
élections. À nouvelle France, nouvelle République. La convocation
d’une assemblée constituante pour passer à la 6e République est une
manière pour elle de se refonder et de faire peuple. Elle se dotera
des institutions adaptées à ses défis et non taillées pour ceux d’il y a
trois générations. Elle se reconnaitra des droits communs au premier
rang desquels celui d’avoir toujours des moyens d’intervenir dans
les institutions : référendum d’initiative citoyenne et référendum
révocatoire. La nouvelle Constitution sera l’occasion de graver dans
le marbre la liberté de chacun pour choisir entièrement sa vie : droit
à l’avortement, liberté de genre et droit à mourir dans la dignité.

La France est faite depuis toujours du bois dont est fait ses habitants.
Nous qui l’incarnons aujourd’hui, nous avons tous la France en nous.
Nous sommes tellement fiers lorsque dans le monde on regarde la
France parce qu’elle a fait quelque chose d’utile. Notre cœur se serre
quand ses dirigeants l’humilient ou lui font endosser des positions
contraires à nos principes universels. Nous voulons continuer avec
enthousiasme l’héritage français si c’est celui de la Grande révolution,
des droits humains, de la lutte contre l’esclavage ou de la résistance
au nazisme. Mais nous voulons aussi assumer l’héritage universel
des luttes contre la domination coloniale. La France est pour nous
trois mots : liberté, égalité, fraternité. Alors si une nouvelle France
doit naître, c’est pour les réaliser pleinement. La France est à nous.
Nous tous.

16
17
FAIRE LA RÉVO
CITOYENNE

« Et vous, législateurs, souvenez-vous


que vous n’êtes point les représentants
d’une caste privilégiée, mais ceux du
peuple français, n’oubliez pas que la
source de l’ordre, c’est la
justice, que le plus sûr garant de la
tranquillité publique, c’est le bonheur
des citoyens. »
Robespierre, Discours à la Convention
sur les subsistances, 2 décembre 1792

« Sans l’autorité d’un seul, il y aurait la


lumière, il y aurait la vérité, il y aurait
la justice. L’autorité d’un seul, c’est
un crime. Ce que nous voulons, c’est
l’autorité de tous. »
Louise Michel, Plaidoirie devant la
cour d’assises de la Seine, 22 juin 1883
18
OLUTION

La Ve République a fait son temps. Une petite caste


de privilégiés, dirigée par le président-monarque,
désorganise l’État et dirige à son profit. Macron piétine
même le résultat des élections, comme l’avait été le
résultat du vote des français lors du référendum sur la
constitution européenne en 2005. Ce système dresse
les Français les uns contre les autres. Il efface le
peuple au profit d’une dérive autoritaire toujours plus
marquée. La France d’aujourd’hui n’a plus le visage de
1958, quand la Constitution actuelle a été adoptée. À
cette nouvelle France doit correspondre une nouvelle
République. Ce sera le moyen pour le peuple de se
refonder en écrivant lui-même les règles du jeu : la
nouvelle Constitution. La Révolution citoyenne vise à
faire progresser partout la démocratie et l’intervention
populaire : dans les institutions mais aussi dans la
ville, et dans l’entreprise. Elle veut établir le primat de
l’intérêt général sur les intérêts particuliers des
ultra-riches et des plus gros propriétaires du pays.
Enfin, la France doit renouer avec l’amour de la liberté.
19
CHAPITRE 1
LE POUVOIR AU PEUPLE
Réunir une Assemblée constituante pour passer à la
6e République
Les institutions de la Ve République sont devenues dangereuses. Elles
organisent un pouvoir solitaire. L’irresponsabilité des dirigeants leur
permet de mettre en péril nos biens communs. Les citoyens sont
écartés de la décision politique. La confiance est rompue entre le
peuple et ses institutions représentatives, en particulier après le coup
de force du bloc libéral qui a usurpé le pouvoir pour poursuivre sa
politique malgré trois défaites électorales successives. Nous avons le
pouvoir de refonder nos institutions communes. Nous proposons que
les Français se dotent d’une nouvelle Constitution rédigée par une
Assemblée constituante.

MESURE CLÉ
Convoquer une Constituante pour passer à la 6e République

• Convoquer un référendum (article 11) pour engager le processus


constituant et décider des modalités de composition de
l’Assemblée constituante : mode de scrutin, parité, tirage au sort
et incompatibilités ; et des modalités de délibération : comités
constituants et participation citoyenne
• Aucun parlementaire des anciennes assemblées ne pourra siéger
dans cette Assemblée constituante ; les délégués à l’Assemblée
constituante ne pourront être candidats aux élections suivant
l’entrée en vigueur de la Constitution
• Le projet de Constitution proposé par l’Assemblée constituante
sera soumis à référendum après deux ans de travaux. En cas de
vote négatif, la Constituante reprendrait ses travaux

À SAVOIR
63 % des Français sont favorables à un processus constituant qui
consisterait à donner le pouvoir aux Français d’écrire une nouvelle
Constitution (Ifop, 2024)

20
Abolir la monarchie présidentielle
Le président de la République concentre beaucoup trop de pouvoirs :
tout le pays est entraîné par sa seule volonté. Bâillonnés 24 fois par
le 49.3 depuis 2022, les députés deviennent plus des témoins que des
acteurs de la décision politique : il faut mettre fin à cette aberration,
qui a atteint son paroxysme autoritaire sous la présidence de Macron.
On ne compte plus les secteurs de la société qu’il a brutalisés. Cela
se retrouve dans un arsenal législatif et répressif inédit sous la Ve
République : 24 lois liberticides se sont accumulées entre 2017 et
2024, au rythme de plus de 3 lois par an.
MESURECLÉ
MESURE CLÉ
Passer à une 6e République qui soit un régime
parlementaire stable
Par la loi
• Élire l’Assemblée nationale au scrutin proportionnel

Dans le cadre de l’Assemblée constituante


• Obliger le gouvernement à rendre réellement des comptes
devant le Parlement
• Abolir les procédures de « votes forcés » du Parlement comme
l’article 49.3 de la Constitution de la Ve République

À SAVOIR
68 % des Français sont favorables à l’instauration de la proportionnelle
pour les prochaines élections législatives (sur la base de listes
départementales) (Harris Interactive, mai 2021)

21
Balayer l’oligarchie, abolir les privilèges de la caste
La collusion entre des intérêts privés, et l’oligarchie qui s’est emparée
de nos institutions est devenue criante sous Emmanuel Macron. Une
caste de privilégiés, vouée aux plus riches, gangrène l’État. Nous
voulons défaire ce système injuste, rappeler le principe fondamental
de l’égalité entre tous, organiser la séparation de l’État et de la
finance.
MESURE CLÉ
Mettre en place un plan de séparation de l’argent et de l’État
• Combattre l’influence des lobbys dans le débat parlementaire,
notamment en imposant la transparence des agendas des
membres des bureaux des Parlements et du gouvernement,
interdire l’entrée du Parlement aux lobbyistes et leurs cadeaux
aux parlementaires, aux membres du gouvernement et à leurs
cabinets
• Rendre inéligible toute personne condamnée pour corruption et
mettre un place un plan national de lutte contre la corruption et
les délits de probité
• Durcir les règles contre les conflits d’intérêts et interdire le
pantouflage : tout haut fonctionnaire souhaitant travailler dans
le privé devra démissionner de la fonction publique et rembourser
le prix de sa formation s’il n’a pas servi au moins dix ans
• Allonger à dix ans les périodes d’interdiction d’exercice d’une
fonction privée après avoir exercé une activité dans la fonction
publique relative au même secteur
• Garantir des recrutements qui reflètent la diversité sociale dans
les concours de la fonction publique
• Supprimer le monopole du déclenchement de poursuites judiciaires
par la seule administration fiscale pour toutes les affaires en cas
de fraude, quelle qu’elle soit : la justice doit pouvoir enquêter
librement, même contre l’avis du ministre
• Mettre fin au monopole de la parole des patrons par le Medef

À SAVOIR
85 % des Français sont pour durcir les règles contre les conflits
d’intérêts (Harris Interactive, juillet 2021)

22
et fonder la représentativité des organisations patronales sur la
base d’élections des chefs d’entreprise, comme c’est le cas pour
les syndicats de salariés
• Organiser l’élection des administrateurs de la Sécurité sociale
par les assurés eux-mêmes et leur donner le pouvoir de lever les
cotisations
• Réformer le financement de la vie politique et abaisser à 200
euros le plafond des dons individuels aux partis politiques
• Interdire la sous-traitance et la surfacturation de la mise en
oeuvre et de l’évaluation des politiques publiques à des cabinets
de conseils privés
• Abolir la réforme Macron du corps préfectoral et diplomatique

Une République permettant l’intervention populaire


Les citoyens ne doivent pas être tenus à l’écart de la vie publique
en démocratie. C’est pourtant le cas aujourd’hui avec une forte
abstention aux élections. L’intervention citoyenne est le cœur de
notre programme et de notre projet politique pour la France.
MESURE CLÉ
Instaurer le Référendum d’initiative citoyenne (RIC),
par lequel les citoyens qui réunissent suffisamment
de signatures peuvent révoquer des élus, proposer
ou abroger une loi et modifier la Constitution

• Donner le droit de vote à 16 ans


• Reconnaître le vote blanc, mettre en place le vote obligatoire et
instaurer un seuil de votes exprimés pour valider une élection
• Instaurer une procédure de parrainages citoyens pour l’élection
présidentielle en alternative aux 500 parrainages d’élus
• Interdire la sous-traitance des opérations de propagande
électorale à des entreprises privées
• Présenter systématiquement au bureau de l’Assemblée nationale
les propositions émises par les citoyens dans le cadre de
conventions citoyennes ou d’assemblées créées à cet effet
• Rendre obligatoire le recours au référendum en cas de modification
de la Constitution ou d’adoption d’un nouveau traité européen
• Affirmer les trois échelons d’organisation décentralisée

23
(communes, départements, régions) pour mettre fin à la
superposition d’échelons technocratiques (métropoles,
intercommunalités géantes…) qui éloigne les citoyens des prises
de décision
• Rendre aux communes leur liberté de coopération
• Organiser une conférence sur l’avenir institutionnel des territoires
insulaires et éloignés
• Donner à la Corse le statut garanti par l’article 74 de la
Constitution
• Rendre effectif le principe du non-cumul des mandats et des
indemnités, y compris dans le temps
• Instaurer un congé parental pour les élus en donnant la possibilité
d’être remplacés pendant cette période
• Organiser la sortie du mandat : garantir un droit à la formation
professionnelle pour les élus
• Faire voter une loi d’amnistie pour les syndicalistes, les Gilets
jaunes, les militants pour la paix, les écologistes, les associatifs
et les militants des différents mouvements sociaux dans les
Outre-mer, condamnés pour leur participation à la vie publique

Une République laïque


La laïcité est le principe qui garantit la liberté de conscience, le libre
exercice des cultes et l’égalité entre tous les citoyens. Elle rend ainsi
possible notre vie commune et est indissociable de la souveraineté
populaire. Nous devons la faire respecter et nous en tenir aux
principes très clairs énoncés par la loi de 1905 de séparation des
Églises et de l’État. La laïcité interdit l’ingérence des religions dans
les affaires publiques. Elle ne peut être confondue avec un athéisme
d’État ni prétendre organiser les religions. Elle ne doit jamais servir à
montrer du doigt les croyants d’une religion, comme, dans la période
récente, cela a été fait contre les musulmans.

À SAVOIR
70 % des Français sont favorables à à l’instauration d’une procédure
de parrainage citoyen pour l’élection présidentielle en alternative aux
« 500 parrainages » d’élus actuellement en vigueur (Harris Interactive,
mai 2021)

69 % des Français se déclarent favorables à l’instauration du


Référendum d’initiative citoyenne (Ifop, février 2019)
24
MESURE CLÉ
Garantir la liberté de conscience et l’application
stricte de la laïcité
• Abroger le concordat d’Alsace-Moselle et les divers statuts
spécifiques en vigueur dans les Outre-mer
• Interdire aux élus locaux, parlementaires, ministres et préfets
d’assister à des cérémonies religieuses au titre de leurs fonctions
ou de recevoir des titres religieux, refuser l’attribution du titre de
chanoine de Latran au président de la République
• Combattre tous les communautarismes et l’usage politique des
religions
• Refuser les financements publics pour la construction d’édifices
religieux, d’activités cultuelles et d’établissements confessionnels
• Garantir l’accès à une école publique laïque dans chaque
commune du pays
• Rétablir et augmenter les moyens et l’autonomie de la mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives
sectaires (Miviludes)

La Révolution citoyenne dans les médias


L’information doit être libre et pluraliste ; c’est une exigence
démocratique que nous garantirons. L’argent et les monopoles ne
peuvent dominer le monde de l’information. La Révolution citoyenne
concerne aussi notre droit à être informés honnêtement : l’alignement
politique et la soumission financière des médias nuisent au pluralisme
et à la liberté d’expression.

MESURE CLÉ
Garantir l’indépendance, le pluralisme et le financement
de l’audiovisuel public en instaurant une contribution
audiovisuelle dédiée, universelle et progressive

À SAVOIR
70 % des Français sont pour la suppression du financement des
cultes par l’argent public en Alsace-Moselle et en Outre-mer (Harris
Interactive, juillet 2021)
25
• Adopter une loi anti-concentration dans les médias et engager
leur démocratisation :
• Élargir les règles anti-concentration sans tenir compte du
support (quotidiens, hebdomadaires, édition)
• Établir des règles anti-concentrations horizontales
(détenir à la fois des entreprises de presse, télévision,
radio, etc.) ainsi qu’entre filières des médias et d’autres
industries culturelles comme l’édition
• Empêcher le même groupe de posséder à la fois les
infrastructures (les réseaux, les box) et la production des
contenus (chaînes, programmes, droits sportifs), ce qui
crée de fait des situations de monopole
• Transformer le « Conseil de déontologie des médias » créé en
2019 en véritable contre-pouvoir citoyen
• Protéger le secteur des intérêts financiers et politiques en dotant
les rédactions d’un statut juridique, en introduisant une charte
déontologique dans la convention collective
• Instaurer une neutralité des plateformes pour empêcher les
espaces numériques qui servent à transmettre des informations
d’être des instruments d’influence au service des convictions
personnelles de leurs dirigeants
• Donner aux abonnés des journaux et aux usagers de l’audiovisuel
public des droits sur la gouvernance de ces médias
• Réserver les aides publiques à la presse aux seuls médias
d’information, mutualiser les outils de distribution (imprimeries,
serveurs, distribution)
• Élire au Parlement les présidents de France Télévisions et de
Radio France
• Favoriser les coopératives de journalistes, travailleurs des médias
et de lecteurs/spectateurs/auditeurs, attribuer des fréquences
aux médias locaux et associatifs
• Renforcer la liberté des journalistes en luttant contre les
« procédures bâillons », empêcher les procédures relatives
à la liberté de la presse d’être jugées devant des tribunaux de
commerce

À SAVOIR
73 % des Français sont favorables à la création d’un organisme citoyen
chargé de contrôler la déontologie des médias (Harris Interactive,
juillet 2021)

26
• Protéger les journalistes couvrant les manifestations contre les
violences, pour leur permettre d’exercer leur droit d’informer
• Appliquer la loi visant à plus de transparence dans les sondages
politiques adoptée à l’unanimité au Sénat en 2011 et interdire les
sondages dans les jours précédant les élections comme c’était le
cas jusqu’en 2002

27
CHAPITRE 2
PAR DELÀ LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE
Collectiviser les biens communs fondamentaux
Une minorité veut vendre au marché jusqu’aux biens les plus essentiels
à la survie humaine. L’intérêt général humain exige de protéger dans
la loi ces biens communs de l’humanité. C’est au peuple de contrôler
démocratiquement leurs usages et leur protection. L’eau et l’air, qui
permettent la vie, doivent être collectivisés.
MESURE CLÉ
Établir par référendum la liste des biens communs
et services essentiels et les collectiviser
• Créer un défenseur des biens communs chargé de produire et
publier un rapport annuel
• Empêcher le droit de propriété privée de prévaloir sur la protection
de l’eau, de l’air, de l’alimentation, du vivant, de la forêt, de la
santé et de l’énergie
• Garantir un accès respectueux à la nature pour toutes et tous en
rétablissant l’accès aux sentiers balisés, y compris s’ils sont sur
une propriété privée, grâce à la mise en place de servitudes de
passage encadrées

Mettre fin au pillage économique de la Nation


Infrastructures, services publics, fleurons industriels ou technologiques,
industries de souveraineté : combien de privatisations à vil prix, de
partenariats abusifs, d’ouvriers au savoir-faire inestimable jetés dans
la précarité ? Ces biens publics nous appartiennent à tous. Pour
l’intérêt général, ils doivent être protégés par la loi.
MESURE CLÉ
Revenir sur les privatisations (aéroports,
autoroutes, Française des Jeux, etc.)
• Rendre effectif le droit de réquisition des usines et entreprises
d’intérêt général par l’État

28
• Décréter un moratoire sur les partenariats publics-privés (PPP),
auditer ceux en cours et abroger les dispositions législatives les
permettant
• Poursuivre les atteintes au patrimoine industriel français faisant
partie des « intérêts fondamentaux de la Nation », comme le
prévoit le Code pénal
• Constituer des pôles publics dans les secteurs stratégiques :
médicaments, transports et mobilité, banque, énergie, armement

29
CHAPITRE 3
CITOYENS DANS L’ENTREPRISE
ET DANS LA VILLE
Reconnaître la citoyenneté dans l’entreprise et des
droits nouveaux aux salariés
La démocratie ne doit pas s’arrêter aux seules institutions. L’esprit
démocratique doit régner également dans l’économie, et nous ferons
tout pour que les citoyens, maîtres dans la cité, soient reconnus
comme des citoyens aussi dans l’entreprise.

MESURE CLÉ
Créer un droit de préemption pour permettre aux salariés de
reprendre leur entreprise sous la forme d’une coopérative

• Accorder aux comités d’entreprise un droit de veto suspensif sur


les plans de licenciements et de nouveaux droits de contrôle sur
les finances de leur entreprise
• Donner plus de pouvoir aux salariés lors des procédures de
redressement et de liquidation d’entreprise et instaurer le droit à
un vote de défiance à l’égard des dirigeants d’entreprise ou des
projets stratégiques
• Augmenter la représentation des salariés dans les instances
de décision des grandes entreprises à au moins un tiers et
inclure d’autres parties prenantes comme les associations
environnementales ou de consommateurs
• Garantir les droits des représentants des personnels et des
délégués syndicaux contre les licenciements abusifs des salariés
protégés

30
Une République affirmant le rôle central des
communes
Les communes sont les structures de base de la transformation :
elles incarnent le premier échelon de la démocratie, là où le pouvoir
s’exerce au plus près des habitants. Restaurer leur souveraineté
municipale, leur droit à la libre association — et mettre fin à leur
rôle de gestionnaire de l’austérité — est une exigence démocratique,
essentielle au processus de Révolution citoyenne que nous menons.

MESURE CLÉ
Redonner aux communes le rôle de cellule de base de
la démocratie locale, permettre leur libre association

• Supprimer les mégarégions et les métropoles technocratiques,


et revenir sur l’obligation d’appartenance des communes à des
intercommunalités en abrogeant la loi portant sur la Nouvelle
Organisation territoriale de la République (NOTRe)
• Rééquilibrer la dotation globale de fonctionnement versée
aux communes pour lutter contre les inégalités territoriales et
l’indexer sur l’inflation
• Refuser les fusions forcées de communes
• Augmenter l’enveloppe budgétaire des communes rurales par
la création d’un fonds de soutien communal notamment pour
recruter et revaloriser les agents
• Revaloriser et rééquilibrer les indemnités des élus en fonction
non pas du nombre d’habitants de la commune mais du temps de
travail nécessaire pour faire fonctionner la commune
• Valoriser les emplois de secrétaires de mairies en favorisant le
recrutement à temps complet et en développant des formations
adaptées
• Instaurer le scrutin de liste dans toutes les communes et imposer
la parité dans le binôme maire - premier adjoint
• Réformer le mode de désignation des conseils communautaires
afin de renforcer la parité au sein de leur exécutif

31
CHAPITRE 4
ÉTENDRE LE DOMAINE
DE LA LIBERTÉ
Une nouvelle étape des libertés et de l’émancipation
individuelle
La liberté de choisir sa vie est un droit fondamental de tous les êtres
humains. Nos lois doivent garantir ce droit. La 6e République, et
sa Constitution, seront l’occasion de consacrer de nouveaux droits
civils et collectifs mais aussi individuels, pour une nouvelle étape de
l’émancipation humaine.

MESURE CLÉ
Constitutionnaliser la non-marchandisation
du corps humain et le droit fondamental de
disposer de soi en toutes circonstances

• Ajouter le droit de mourir dans la dignité (y compris avec


assistance) et l’accès garanti à des soins palliatifs dans la
Constitution
• Créer une nouvelle forme d’adoption sociale, ouvrant un
« partenariat social »
• Soutenir l’inclusion du droit à l’IVG et à la contraception, et leur
accès gratuit pour toutes les femmes, dans la Charte européenne
des droits fondamentaux
• Déjudiciariser le changement de sexe à l’état civil en le rendant
libre et gratuit devant un officier d’état civil ; pour les mineurs,
permettre cette modification avec l’accord d’un des parents,
en considérant qu’il s’agit d’une démarche courante comme le
renouvellement de la carte d’identité
• Établir la filiation par reconnaissance comme principe par

À SAVOIR
89 % des Français sont favorables à la légalisation de l’euthanasie
(acte déclenché par le corps médical) et 92 % à la légalisation du
suicide assisté (acte déclenché par le patient lui-même) (Ifop, 2024)

32
défaut, refuser la gestation pour autrui (GPA), faire prévaloir
l’intérêt supérieur de l’enfant comme principe premier, en toutes
circonstances
• Accroître les moyens dédiés à l’assistance médicale à la procréation
(PMA) pour réduire les délais et ouvrir des centres dédiés en
nombre suffisant, harmoniser les pratiques à l’échelle nationale
pour la rendre réellement accessible aux personnes trans, assurer
l’égalité des populations et améliorer les parcours de dons
• Mettre en oeuvre un plan d’éradication des violences à l’encontre
des personnes LGBTI
• Faire appliquer l’interdiction des thérapies de conversion en
ciblant les acteurs qui en font la promotion

Sortir de l’état d’urgence permanent


Depuis trente ans, une loi contre le terrorisme a été adoptée tous
les deux ans. Ces dernières années, le rythme a été plus proche
d’une loi par an. Toutes ces lois avaient la même stratégie : lutter
contre les attaques terroristes en réduisant les libertés individuelles
et en misant sur la surveillance technologique. C’est un échec. Nous
proposons de miser sur les moyens humains.
MESURE CLÉ
Élaborer une nouvelle stratégie antiterroriste

• Faciliter les poursuites contre les entreprises ou associations


en cas d’activités illicites ou de fraude fiscale permettant le
financement du terrorisme, instaurer comme peine principale
la déchéance des droits civiques des personnes physiques qui y
participent, et réquisitionner les entreprises qui collaborent avec
les agresseurs
• Renforcer les moyens humains du renseignement en revenant
sur la fusion de la direction de la surveillance du territoire (DST)
et des renseignements généraux (RG) et privilégier l’infiltration
humaine plutôt que le mirage du tout-technologique
• Procéder à l’évaluation des résultats des lois déjà adoptées
• Lutter contre l’embrigadement et soutenir les programmes de
prise en charge des personnes suspectées
• Revenir sur toutes les dispositions liberticides qui ont instauré un
état d’urgence permanent

33
• Garantir le contrôle par le juge judiciaire des opérations de lutte
contre le terrorisme
• Renforcer les moyens humains de la plateforme PHAROS en
charge de la prévention et de la surveillance des violences sur
Internet

Refonder une police républicaine


La République a besoin d’une justice, mais également d’une police
qui lui soit loyale, et qui soit attachée aux principes de l’état de droit.
La police doit agir pour la protection des libertés individuelles et
collectives.
MESURE CLÉ
Refonder les activités de police
pour garantir le droit à la sûreté

• Intégrer au service public certaines fonctions de sécurité


aujourd’hui privées, comme le gardiennage des services publics
• Porter à deux ans la formation des élèves gardiens de la paix,
réviser son contenu, et réouvrir des écoles nationales pour les
activités de police
• Abroger les lois sécuritaires inefficaces et renforcer les logiques
de prévention, notamment les moyens humains de la prévention
spécialisée dans les départements
• Interdire les tasers, les grenades de désencerclement, les «
lanceurs de balles de défense 40 » (Flash-Ball) pour favoriser une
stratégie de maintien de l’ordre basée sur la désescalade
• Interdire les techniques d’immobilisation létales : le plaquage
ventral, le pliage ventral et la clé d’étranglement
• Interdire la technique de la « nasse » (ou « encerclement ») en
manifestation, sauf en cas de mise en danger pour les personnes
• Donner plus de moyens au Défenseur des droits
• Rétablir le code de déontologie de la police de 1986

À SAVOIR
70 % des Français se disent favorable à une réforme de l’IGPN pour
la rendre indépendante du ministère de l’Intérieur (Yougov, décembre
2020)

34
• Abroger la loi Cazeneuve sur le refus d’obtempérer, dite « permis
de tuer »
• Créer une commission « Vérité et Justice » sur les violences
policières ayant entraîné la mort ou la mutilation de citoyens
pour en établir toutes les responsabilités
• Supprimer l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) et
l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) et les
remplacer par une autorité indépendante incluant des magistrats,
des universitaires, des citoyens, rattachée au Défenseur des
droits, remplaçant le service actuel, et lui octroyant une capacité
de sanctions disciplinaires propre sur les agents fautifs

35
L’HARMONIE DE
HUMAINS ENTR
« Mais je suis de ceux qui pensent et qui
affirment qu’on peut détruire la misère.
Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas
diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je
dis détruire. La misère est une maladie du
corps social comme la lèpre était une maladie
du corps humain ; la misère peut disparaître
comme la lèpre a disparu. Détruire la misère !
Oui, cela est possible ! Les législateurs et les
gouvernants doivent y songer sans cesse ; car,
en pareille matière, tant que le possible n’est
pas fait, le devoir n’est pas rempli. »
Victor Hugo, Discours à l’Assemblée
nationale, 9 juillet 1849

« Il ne doit plus y avoir de place, pas plus


entre les individus qu’entre les collectivités,
pour des relations de maîtres à serviteurs,
mais il doit s’établir une fraternité agissante
aux termes de laquelle il y aura une France
plus que jamais unie et diverse, multiple et
harmonieuse, dont il est permis d’attendre les
plus hautes révélations. »
Aimé Césaire, Discours à l’Assemblée
nationale, 12 mars 1946
36
DES ÊTRES
RE EUX

La nouvelle France veut être unie. Si elle


veut faire face aux grands défis du présent,
elle doit pouvoir compter sur la force de
l’entraide. Ainsi, il est urgent d’en finir avec la
société des privilèges, les grandes disparités
de richesses et d’éradiquer l’abandon social.
Chacun doit pouvoir vivre selon ses besoins,
et contribuer selon ses moyens. Le racisme et
le sexisme, des poisons qui introduisent des
hiérarchies entre humains, sont ses ennemis
jurés. La nouvelle France veut être libre. Si
elle veut poursuivre ses propres objectifs,
elle doit sortir son économie des griffes de
la finance. Elle doit mettre la production au
service de l’humain et de ses besoins, et en
finir avec le mal-être au travail.
37
CHAPITRE 5
ÉLEVER LE NIVEAU
D’INSTRUCTION
Éradiquer l’illettrisme et développer l’alphabétisation
Les difficultés de lecture touchent plus de 4 millions de personnes
dans l’Hexagone. 40 % de la population est concernée à Mayotte,
20 % en Martinique, Guadeloupe ou Guyane. De plus en plus de
démarches s’effectuant uniquement en ligne, les personnes illettrées
perdent peu à peu l’accès à leurs droits et ne parviennent même plus
à régler leurs factures ou à se déplacer. Nous voulons éradiquer enfin
l’illettrisme.

MESURE CLÉ
Éradiquer l’illettrisme pour les jeunes sortis du système
scolaire et les adultes à l’horizon 2027
• Développer les structures d’alphabétisation et les cours de langue
française pour les personnes non francophones
• Financer des programmes associatifs d’accompagnement
• Repérer les personnes en situation d’illettrisme par des actions
nationales et annuelles, et leur proposer une remise à niveau
gratuite

Faire le service public de la petite enfance


Tant que la charge totale du travail des femmes, activité domestique
comprise, demeurera supérieure à celle des hommes, elles n’auront
pas leur juste part de liberté, de loisirs et de repos. C’est aux femmes
qu’incombe encore trop, et parfois exclusivement, la prise en charge
des enfants. En 2023, la maltraitance au sein de crèches privées a été
révélée par plusieurs enquêtes : la course aux profits fait des ravages
sur les enfants et les personnels. L’établissement d’un vaste système
de garde d’enfants, public, où le bien-être des enfants n’est pas
sacrifié sur l’autel de la rentabilité, est donc impératif, pour la liberté
des parents, les mères en particulier, pour garantir le meilleur accueil
des tout-petits et pour assurer de bonnes conditions de travail aux
personnels.
38
MESURE CLÉ
Créer un service public de la petite enfance et
ouvrir 500 000 places en crèche et modes de
garde adaptés sur cinq ans

• Planifier la création de crèches (publiques et d’entreprises


publiques) et de jardins d’enfants à effectifs réduits et garantissant
un accès à un espace extérieur contenant une vraie végétation
• Geler les ouvertures de places du secteur privé lucratif et réorienter
les financements vers l’ouverture de places dans le public
• Viser un droit opposable à l’accueil des jeunes enfants pour les
familles
• Augmenter les moyens humains et matériels pour améliorer les
conditions de travail et d’accueil dans les structures existantes
• Améliorer la formation des professionnelles et mieux reconnaitre
leurs métiers
• Garantir la gratuité des crèches publiques

Reconstruire une école globale pour l’égalité et


l’émancipation
Une des grandes conquêtes sociales du siècle passé consiste à avoir
arraché les enfants aux violences de l’usine pour les accueillir à
l’école publique. Mais l’école publique, laïque et gratuite, qui est
une des clés du progrès social et humain, sort terriblement affaiblie
d’une quinzaine d’années marquées par des politiques destructrices.
Les ministres de l’Éducation s’enchaînent sous Macron — pas moins
de 4 en 2024 — mais partagent leurs attaques contre le service
public de l’éducation et ses fondements en le livrant au marché. Il
faut reconstruire l’école de l’égalité et de l’émancipation, une école
qui participe à la prise en charge des grands défis de demain : la
bifurcation écologique et la 6e République.

MESURE CLÉ
Assurer la gratuité réelle de l’éducation publique, y compris
les cantines, le transport et les activités périscolaires,
fournir gratuitement aux élèves les manuels scolaires, ainsi
que des fournitures sans marque, pour assurer une réelle
égalité des conditions entre élèves sur tout le territoire et
lutter contre l’intrusion marchande à l’école

39
• Assurer l’égalité devant l’école :
• Mettre en place une véritable politique d’éducation
prioritaire en refondant la carte du réseau d’éducation
prioritaire (REP) en fonction des besoins
• Réduire partout les effectifs par classe pour faire mieux
que la moyenne en Europe, qui est actuellement à 19 élèves
par classe, en priorisant les maternelles et les classes des
actuelles REP
• Renforcer les dispositifs de rattrapage scolaire
• Instaurer une nouvelle carte scolaire mettant fin à la
ségrégation scolaire
• Étendre la scolarité obligatoire à 18 ans, en proposant, si
nécessaire, une garantie d’autonomie à partir de 16 ans
• Garantir la variété des langues vivantes enseignées et leur
apprentissage dès le CP
• Augmenter le nombre de classes pour les élèves primo-
arrivants
• Suspendre l’expérimentation de l’uniforme
• Abroger le « Choc des savoirs » qui renforce la ségrégation
scolaire et sociale
• Garantir le droit de chaque élève à progresser au sein
d’une même classe de niveau hétérogène tout au long de
sa scolarité dans l’enseignement secondaire en mettant fin
aux groupes de niveaux au collège
• Refuser de conditionner l’entrée du lycée à l’obtention du
Diplôme national du Brevet (DNB) et supprimer les classes
préparatoires à la seconde
• Mettre en œuvre un plan de construction d’établissements
publics dans les déserts d’écoles publiques afin de garantir
la liberté d’enseignement

• Revaloriser les personnels de l’Éducation nationale et renforcer


les moyens :
• Rattraper le gel du point d’indice depuis 2010 et revaloriser
les grilles salariales en engageant une négociation avec les
organisations syndicales et mettre fin au Pacte enseignant
• Adopter un plan pluriannuel de recrutement pour l’ensemble
des concours, avec un dispositif de prérecrutement au
métier d’enseignant favorisant l’accès des jeunes de tous
les milieux sociaux

40
• Créer des écoles professionnelles de l’enseignement,
renforcer la formation initiale et continue des personnels,
en intégrant notamment une solide formation à la
sociologie de l’éducation, à la pédagogie, à la psychologie
de l’enfant et de l’adolescent, et à la lutte contre les
discriminations ; soutenir la recherche en éducation et
développer des partenariats entre l’Éducation nationale et
des mouvements pédagogiques agréés
• Renforcer partout les effectifs de la vie scolaire (assistants
d’éducation, assistants pédagogiques)
• Reconnaître le travail et l’engagement des personnels en
mettant fin aux dispositifs d’évaluation et de contrôle
permanent ainsi qu’en réaffirmant la liberté pédagogique,
notamment dans le primaire
• Créer un véritable service public d’accompagnement
du handicap, avec un nouveau corps de personnels
fonctionnaires et mettre fin à la mutualisation des
accompagnants d’élèves en situation de handicap
• Mettre en place une aide administrative et éducative
aux directeurs d’école et améliorer le mode de décharge
d’enseignement pour tous les directeurs d’écoles
maternelle et élémentaire
• Associer aux décisions des établissements les personnels,
les parents et les élèves
• Renforcer la médecine scolaire en garantissant le nombre
de personnels par établissement
• Labelliser les intervenants extérieurs au sein des
établissements scolaires afin de s’assurer de la qualité des
interventions et supprimer l’ensemble des partenariats
entre l’Éducation nationale et le Medef et les fondations
« philanthropiques » des entreprises du CAC 40

• Restaurer le cadre national du service public d’éducation :


• Rétablir le diplôme national du baccalauréat, abroger les
contre réformes du lycée, de la voie professionnelle et du
collège
• Abolir les privilèges de l’enseignement privé et abroger la
loi Carle
• Appliquer un malus au financement public des
établissements privés sous contrat contribuant à la

41
ségrégation socio-scolaire, introduire un mécanisme de
pénalité financière des établissements privés sous contrat
pratiquant l’éviction des élèves les plus en difficultés,
interdire les subventions facultatives des collectivités
territoriales aux établissements privés sous contrat

• Faire de l’école le levier de la bifurcation écologique et


démocratique :
• Intégrer l’enjeu écologique dans les programmes de
la maternelle au lycée et introduire de nouveaux
enseignements pratiques
• Porter l’alimentation dans les cantines scolaires à 100 %
biologique et locale, réduire la part des protéines carnées
au profit des protéines végétales et imposer une option
végétarienne quotidienne
• Construire de nouveaux établissements à taille humaine
et rénover le bâti existant afin de prendre en compte les
enjeux sanitaires et environnementaux (désamiantage
notamment)
• Étendre le droit de réunion et d’association pour les
lycéennes et lycéens
• Renforcer l’éducation à l’égalité, contre le sexisme et les
discriminations, dans les programmes scolaires
• Fournir les moyens réels pour assurer à tous les élèves en
collège et lycée les trois séances annuelles d’éducation à
la vie affective et sexuelle prévues par la loi ; ces séances
incluront les problématiques liées au consentement, à
l’orientation sexuelle, à l’identité de genre et à la lutte
contre les LGBTIphobies
• Formuler un projet « d’école globale » : rendre cohérent
scolaire et périscolaire
• Supprimer la participation sur le temps scolaire des élèves
de seconde et de première CAP à un séjour de cohésion du
Service National Universel (SNU)

À SAVOIR
67 % des Français sont favorables à la gratuité intégrale de l’école,
cantine et matériel scolaire compris (Harris Interactive, juillet 2021)

42
Qualifier tout le monde
L’élévation continue du niveau de qualification des travailleurs est
essentielle. La bifurcation écologique nécessite des qualifications
de pointe à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Il est donc
impératif de penser ensemble les offres de formation initiale et la
formation tout au long de la carrière en cohérence avec les objectifs
écologiques du pays. Nous voulons reconstruire les filières publiques
d’enseignement professionnel, aujourd’hui dévastées. Elles sont une
voie d’excellence dans laquelle étudie la moitié de la jeunesse du pays.
Les savoir-faire qui y sont appris et transmis sont indispensables
face aux défis écologiques qui nous attendent.

MESURE CLÉ
Augmenter le nombre de classes et de
lycées professionnels et agricoles publics

• Créer des centres polytechniques professionnels


• Rétablir l’encadrement de la création de centres de formation des
apprentis (CFA) sous l’autorité des régions
• Interdire les diplômes privés professionnels
• Rétablir le baccalauréat professionnel en quatre ans, abroger les
contre-réformes du lycée professionnel en renforçant notamment
les enseignements généraux et en supprimant les nouvelles
périodes de stage
• Protéger les cursus courts dans l’enseignement supérieur et
encourager la poursuite d’études après un bac professionnel ou
technologique (BTS, DUT, licences professionnelles…)
• Structurer les filières professionnelles qui répondent aux besoins
en main-d’œuvre de la bifurcation écologique
• Redonner et développer les moyens humains et financiers de
formation aux lycées agricoles publics
• Permettre l’accès et la gratuité des places d’internat aux étudiants
et apprentis mineurs sous condition de ressources et pour les plus
éloignés des lieux d’apprentissage
• Réinstaurer un service public national de l’orientation
• Réserver la taxe d’apprentissage aux établissements publics

43
Être une grande nation scientifique
Le développement et le rayonnement scientifiques sont un pilier
de notre indépendance et de notre épanouissement à l’ère des
incertitudes écologiques. La France doit demeurer une nation du
savoir scientifique. L’internationalisme humaniste auquel nous
aspirons s’écrit aussi dans des coopérations scientifiques.
MESURE CLÉ
Financer des plans généraux de thèmes
de recherche sur des secteurs d’avenir

• Rehausser le niveau d’investissement public dans la recherche


• Bâtir un statut protecteur pour les jeunes chercheurs
• Développer des universités plus ouvertes sur la société avec des
services dédiés chargés d’organiser le lien entre les chercheurs
et la population, dans un esprit de diffusion des savoirs et de
réflexion citoyenne sur leur usage
• Abroger l’augmentation des frais d’inscription décidée par Macron
pour les étudiants étrangers
• Créer un service public de la publication scientifique pour
permettre aux citoyens et universités d’accéder gratuitement
aux articles des chercheurs sans enrichir les revues et bases de
données privées
• Renforcer les grands instituts publics de recherche (CNRS,
Inserm, Inrae, etc.), garants des recherches d’intérêt général et
supprimer l’Agence nationale de la recherche
• Supprimer le Crédit impôt recherche au profit du financement
des universités et instituts de recherche et mettre en place des
plans nationaux de recherche
• Garantir un financement public des instituts de recherche
impliqués dans la bifurcation écologique, afin de libérer cette
recherche du poids des lobbies
• Participer à l’émergence de revues scientifiques francophones en
accès libre
• Supprimer le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et
de l’enseignement supérieur, refonder une vraie démocratie
universitaire et confier l’évaluation par les pairs aux instances
nationales et locales élues
• Promouvoir une charte éthique internationale de l’usage des
technosciences
44
Refonder l’enseignement supérieur
Précarité des étudiants, doctorants et jeunes diplômés, manque de
places, sélection à l’entrée, concurrence entre établissements et
entre chercheurs pour des financements insuffisants et aléatoires :
c’est dans l’enseignement supérieur que les conséquences de la
marchandisation et du démantèlement du service public sont les plus
avancées. Tout est à reconstruire dans une logique de coopération.
MESURE CLÉ
Garantir à tous les bacheliers l’accès sans
sélection à la formation de leur choix en
démantelant le système Parcoursup et restaurer
le droit à la poursuite d’études en Master
• Instaurer la gratuité de l’enseignement supérieur, de la licence au
doctorat, quelle que soit la nationalité des étudiants
• Supprimer la contribution à la vie étudiante et de campus (CVEC)
• Mettre fin à la précarité des contractuels et jeunes chercheurs par
la titularisation des personnels effectuant des missions pérennes
et en abrogeant la loi de programmation de la recherche pour les
années 2021 à 2030
• Redonner à l’enseignement supérieur et à la recherche les moyens
nécessaires en les fondant sur des financements pérennes et en
augmentant le budget des universités et des centres de recherche :
planifier les créations d’emplois et la construction de nouveaux
établissements à partir d’une cartographie des besoins
• Interdire le caractère lucratif des écoles privées de l’enseignement
supérieur (actionnariat, cotation en bourse)
• Lancer un grand plan pour l’immobilier universitaire, incluant la
construction et la rénovation de laboratoires, d’amphithéâtres et
lieux de vie sociale, citoyenne et étudiante
• Construire 15 000 logements supplémentaires par an, rénover
et remettre aux normes de sécurité et environnementales les
logements existants
• Abroger les lois relatives aux libertés et responsabilités des

À SAVOIR
76 % des Français sont pour rétablir le libre choix de sa filière
d’inscription à l’université en supprimant Parcoursup (Harris
Interactive, juillet 2021)

45
universités (LRU) et Fioraso et réaffirmer le caractère national
du service public de l’enseignement supérieur (cadre national des
diplômes, statut des établissements et des personnels, etc.)
• Augmenter drastiquement le nombre de psychologues au sein
des universités et renforcer les services de santé pour assurer
un accès gratuit aux soins (dentaires, gynécologiques, etc.) à
l’ensemble des étudiants
• Renforcer le contrôle pédagogique de toutes les formations privées
par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche

Créer une conscription pour le secours collectif


Le Service national universel (SNU) mis en place par Emmanuel
Macron, est aussi coûteux qu’inutile. Il a été le théâtre de
harcèlements, d’agressions sexuelles, de racisme et de punitions
collectives intolérables. Nous proposons un service citoyen obligatoire
avant l’âge de 25 ans, rémunéré au SMIC revalorisé pendant neuf
mois et ouvrant de nouveaux droits : formation, bilan de santé,
permis de conduire. Ces jeunes pourront s’ils le souhaitent intégrer
la garde nationale placée sous commandement civil. Elle regroupera
également la réserve de sécurité nationale, la réserve de sécurité
civile et la réserve citoyenne.

MESURE CLÉ
Instaurer une conscription citoyenne
et créer une garde civile nationale

• Mettre en place une conscription citoyenne de neuf mois, pour les


femmes et les hommes de moins de 25 ans, rémunérée au SMIC
- revalorisé - ; elle comprend une formation militaire initiale (avec
droit d’objection de conscience) et des tâches d’utilité publique
(secours aux personnes, sécurité civile, protection et réparation
de l’environnement, appui à des associations labellisées d’intérêt
général, appui à la population en cas de crise sanitaire)

À SAVOIR
74 % des Français sont favorables à un service citoyen mixte, d’une
durée de 9 mois, payé au SMIC (Harris Interactive, juillet 2021)

46
• Intégrer dans cette conscription un bilan de santé et une évaluation
des capacités d’écriture, lecture et calcul, avec mise à niveau si
nécessaire. Elle comprendra aussi une formation gratuite à la
conduite et le passage de l’examen du permis de conduire
• Abroger le SNU et faire la lumière sur les dérives sexistes, racistes
et violentes qui s’y sont produites
• Créer une garde nationale sous commandement civil, composée
de la réserve de sécurité nationale, de la réserve de sécurité
civile, de la réserve citoyenne et des jeunes en service citoyen
obligatoire ayant souhaité intégrer l’une de ces réserves

47
CHAPITRE 6
PARTAGE DES RICHESSES
Mettre au pas la finance
La finance a mis à terre l’économie réelle en 2008. Sauvées par les
États, et donc les contribuables, les banques n’ont pas changé leurs
mauvaises habitudes. Pire, la crise du Covid-19 a servi de prétexte
pour assouplir le peu de régulations européennes qui existait.

MESURE CLÉ
Instaurer une taxe réelle sur les transactions financières

• Séparer les banques d’affaires et de détail


• Contrôler les mouvements de capitaux
• Identifier et interdire les produits dérivés de la finance toxiques et
inutiles, limiter les effets de levier et les rendements actionnariaux
exorbitants, taxer les rachats d’action
• Limiter les LBO (rachat d’une entreprise par une société qui
recourt à l’emprunt) aux seules procédures de reprise des
entreprises par les salariés

Pour des banques au service de l’intérêt général


Le crédit est essentiel à l’économie : il est à la base de l’activité
future. Les banques doivent donc avoir une mission d’intérêt général.
Il est crucial d’orienter l’argent en direction des projets socialement
et écologiquement utiles. La monnaie doit aussi être un bien commun
créé et géré démocratiquement.

MESURE CLÉ
Créer un pôle public bancaire

• Socialiser certaines banques de détail (une fois les activités


d’affaires des banques séparées des activités de détail) et les
intégrer au pôle public bancaire, en vue de financer les très
petites entreprises (TPE) sur des critères sociaux et écologiques
et d’alimenter le budget public
48
• Réaliser un audit du coût économique, social et écologique des
banques et de la finance sur la société
• Créer des banques de désinvestissement afin de regrouper les
actifs écologiquement nocifs et absorber les pertes économiques
liées à l’arrêt des activités polluantes
• Dépolluer les flux financiers, en pénalisant la détention et l’usage
d’actifs financiers nocifs climatiquement et écologiquement et en
renchérissant le crédit pour les entreprises dont la comptabilité
carbone n’est pas en conformité avec l’Accord de Paris
• Créer une caisse de péréquation interentreprises financée grâce
à un barème progressif pour mutualiser la contribution sociale
entre petites et grandes entreprises

Définanciariser l’économie réelle


Les actionnaires exigent des taux de rendement intenables, obtenus
au détriment des droits sociaux et des conditions, notamment
environnementales, de production. Ils imposent la tyrannie du
temps court sur le temps long de l’activité humaine et de l’impératif
écologique. Il faut protéger l’économie réelle des agissements de ces
spéculateurs en reprenant le pouvoir sur la finance.
MESURE CLÉ
Établir de nouveaux indicateurs de progrès humain
pour mettre l’économie au service des objectifs et
des critères de bien-vivre (santé, éducation, etc.)

• Moduler l’impôt sur les sociétés selon l’usage des bénéfices pour
encourager l’investissement en France et pénaliser le versement
de dividendes
• Interdire aux entreprises de distribuer un montant de dividendes
supérieur à leurs bénéfices
• Mettre fin à la cotation continue des entreprises en Bourse
et moduler les droits de vote des actionnaires selon la durée
d’engagement dans l’entreprise
• Interdire les licenciements boursiers et économiques par les
entreprises qui versent des dividendes ou bénéficient des aides
de l’État

49
Refuser le chantage : annuler la dette publique
La dette publique est instrumentalisée pour justifier l’austérité et les
privatisations. Mais l’État détient plus de patrimoine que de dette :
chaque enfant naît avec plus de 10 000 euros d’actif public ! L’argent
pour vivre mieux existe et l’action de la Banque centrale européenne
(BCE) pourrait nous libérer de ce chantage des libéraux. Il faut aussi
traiter la question des dettes privées qui est le véritable danger à
court terme.

MESURE CLÉ
Exiger de l’Union européenne que la Banque centrale
européenne (BCE) transforme la part de dette des
États qu’elle possède en dettes perpétuelles à taux nul

• Faire racheter par la BCE la dette publique qui circule sur les
marchés financiers sans passer par les banques privées et mettre
en place une autorisation de découvert des États auprès de
la BCE, afin de sortir le financement de l’État de la main des
marchés financiers
• Réinstaurer un circuit du Trésor pour sortir la dette publique de la
main des marchés financiers en rendant obligatoire la détention
d’une part minimum de leurs fonds propres en bons du trésor
français par les établissements bancaires exerçant en France
• Réaliser un audit citoyen de la dette publique pour déterminer la
part illégitime et préparer un réaménagement négocié de la dette
publique
• Mettre fin à l’émission de titres de dette souveraine indexées sur
l’inflation (OATi) qui ne servent qu’à enrichir les créanciers de
l’État et pèsent sur nos comptes publics
• Retirer la dette Covid des comptes de la Sécurité sociale, réformer
la Caisse d’amortissement de la dette sociale, qui prive la Sécurité
sociale de 18 milliards d’euros par an
• Mettre en place une caisse de défaisance pour reprendre les
dettes privées asphyxiantes des TPE/PME contractées pendant
la pandémie et les dettes agricoles des convertis au 100 % bio

50
Faire la révolution fiscale
Le président des riches n’a fait qu’aggraver les injustices de notre
système fiscal et créer de nouveaux privilèges fiscaux pour les riches.
C’est en France que le nombre de millionnaires progresse le plus en
Europe. Les riches y sont de plus en plus riches : alors que les quatre
premiers milliardaires français et leurs familles ont vu leur fortune
augmenter de 87 % depuis 2020, la richesse cumulée de 90 % des
Français a baissé. Il y a cinq ans déjà, le mouvement des Gilets jaunes
sonnait l’alerte. Notre fiscalité doit être entièrement refondée sur des
bases claires et justes, en appliquant le principe de progressivité :
plus on gagne d’argent, plus on contribue au bien public !

MESURE CLÉ
Rendre l’impôt sur le revenu plus progressif avec
un barème à 14 tranches contre 5 aujourd’hui

• Refonder l’impôt sur les sociétés pour établir l’égalité devant


l’impôt entre PME et grands groupes, instaurer un barème
progressif en fonction des bénéfices réalisés et selon leur usage et
favoriser l’investissement plutôt que la distribution de dividendes
• Rétablir et renforcer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF),
incluant un volet climatique visant à taxer les gros pollueurs
• Introduire une garantie d’impôt de 2 % sur le patrimoine des
milliardaires, dite taxe Zucman
• Supprimer la flat tax et imposer les revenus du capital comme
ceux du travail
• Rendre la CSG progressive avec 14 tranches
• Augmenter les droits de succession sur les plus hauts patrimoines
en comptabilisant l’ensemble des dons et héritages reçus tout au

À SAVOIR
68 % des Français sont pour que l’impôt sur le revenu augmente pour
les personnes qui gagnent plus de 4000 euros net par mois et baisse
pour les autres (Harris Interactive, juillet 2021)

86 % des Français sont pour faire payer plus d’impôts à Google,


Amazon, Facebook et Apple qu’ils n’en payent aujourd’hui (Harris
Interactive, juillet 2021)
51
long de la vie et créer un héritage maximal de 12 millions d’euros
(soit 100 fois le patrimoine net médian)
• Réduire la TVA sur les produits de première nécessité et réinstaurer
une « TVA grand luxe » pour la financer
• Évaluer chacune des niches fiscales et supprimer les niches
injustes, inefficaces socialement ou nuisibles écologiquement ;
pour les niches restantes, transformer les « réductions d’impôts »
en « crédits d’impôts » afin que chacun puisse bénéficier de ces
incitations financières à égalité, quels que soient ses revenus
• Instaurer un impôt universel sur les entreprises (basant leur
taxation sur l’activité effectivement réalisée en France) et sur les
revenus des particuliers pour lutter contre l’évasion fiscale
• Rétablir l’exit tax supprimée par Emmanuel Macron
• Établir une taxe permanente sur les superprofits étendue à
l’ensemble des secteurs d’activité, pas uniquement au secteur
énergétique
• Refonder la taxe foncière pour la rendre progressive et que chacun
paie à hauteur de son patrimoine total réel
• Mettre fin au quotient conjugal, système patriarcal favorisant les
inégalités salariales entre les femmes et les hommes, remplacer
l’injuste quotient familial fiscal actuel par un crédit d’impôt par
enfant que pourraient toucher toutes les familles
• Faire de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales une priorité :
tous les moyens humains et financiers nécessaires doivent être
débloqués et la France prendra des décisions unilatérales en cas
de blocage des négociations européennes ou internationales
• Mettre fin à la convention judiciaire d’intérêt public qui permet
aux entreprises de négocier leur sanction financière en cas de
fraude fiscale
• Augmenter les poursuites judiciaires et durcir les sanctions à

À SAVOIR
79 % des Français se déclarent favorables à une taxe exceptionnelle sur
les « surprofits », c’est-à-dire les profits exceptionnels par rapport aux
années précédentes que les grandes entreprises ont réalisés pendant la
crise sanitaire (Harris Interactive, mai 2021)

78 % des Français sont pour le rétablissement de l’ISF (Ifop pour


l’Humanité, mai 2021)

52
l’encontre des criminels en col blanc, reconnus coupables de
fraude fiscale
• Mettre fin aux pratiques frauduleuses d’arbitrage de dividendes
• Rendre obligatoire pour les entreprises la publication des aides
publiques qu’elles perçoivent
• Créer une mission spéciale dressant le bilan des faveurs fiscales,
des privatisations et des abandons de fleurons comme Alstom,
Alcatel, EADS depuis trois décennies, permettre la mise en
examen et la détention préventive des suspects

53
CHAPITRE 7
LA FORCE DE L’ENTRAIDE
L’égalité des populations par la démocratie et les
services publics
Des territoires ruraux et des petites villes abandonnés, des métropoles
éclatées entre ghettos de riches et quartiers pauvres : les Gilets
jaunes ont jailli de cette démesure inégalitaire. Remettons de l’ordre
et de la justice dans l’organisation du pays. Les services publics en
seront les piliers.

MESURE CLÉ
Défendre et reconstruire le maillage de transports en
commun et de services publics, notamment dans les
départements ruraux, les quartiers populaires et les
Outre-mer afin de garantir une distance maximale (de
quinze à trente minutes, en voiture ou en transport
collectif) entre tout lieu d’habitation et les services
publics essentiels (école, gare, hôpital, bureau de poste)

• Réaffirmer le rôle du département comme échelle pertinente pour


organiser un maillage équilibré du territoire en services publics
essentiels à la population
• Favoriser l’installation d’entreprises, d’artisans, de commerçants
par la mise en place d’aides spécifiques
• Soutenir le tissu associatif local en maintenant les subventions,
en généralisant les conventions pluriannuelles et en sortant de la
logique des appels à projets
• Organiser des états généraux des quartiers populaires et des états
généraux des espaces ruraux pour construire une véritable égalité
territoriale notamment dans les services publics
• Réouvrir des accueils physiques dans les services publics

À SAVOIR
93 % des Français sont pour un grand plan d’investissement dans les
services publics, en particulier de santé (Ifop pour L’Humanité, mai
2021)

54
• Renforcer les dotations de l’État pour les territoires et régions en
retard de développement économique et social
• Augmenter la part de la Taxe sur les Conventions d’Assurance
(TSCA) reversée aux départements et instaurer une péréquation
pour renforcer les ressources dédiées à la sécurité civile, en
prenant en compte les risques spécifiques et les besoins réels de
chaque territoire

En finir avec l’abandon des Outre-mer


Les Outre-mer sont maintenus dans un système de dépendance
économique et de mal développement, générateur de pauvreté et
d’inégalités. Les habitants subissent le recul des services publics,
les retards accumulés en matière d’investissements publics, le poids
des situations d’oligarchie ou de monopoles dans l’économie, et les
effets durables des pollutions comme celles dues au chlordécone.
Nous refusons une telle rupture d’égalité. Au contraire, la République
doit vivre partout et pour tous !

MESURE CLÉ
Engager un plan pluriannuel d’investissement et de
développement des services publics (transports,
éducation, santé, logement, culture), dont la possibilité
a été dessinée dans les propositions des mouvements
sociaux notamment en Guyane et à Mayotte

• Mettre en place un encadrement des prix et des marges sur les


produits de première nécessité pour lutter contre la vie chère, les
monopoles et les oligopoles privés
• Assurer la continuité territoriale (desserte de service public à
tarifs réglementés) et le désenclavement intraterritorial et
extraterritorial, mettre en oeuvre un plan de rattrapage spécifique
sur les infrastructures routières et ferroviaires, en particulier à La
Réunion et en Guyane
• Garantir l’accueil scolaire et la santé publique gratuite pour tous
• Soutenir l’enseignement des langues et des cultures d’Outre-mer,
et intégrer dans les programmes scolaires nationaux, en France
hexagonale et Outre-mer, l’enseignement de l’histoire des Outre-
mer
• Instaurer un principe de faveur de manière à garantir 50 % de
recrutements locaux dans tous les corps de la fonction publique
55
Faire la société de l’entraide : généraliser l’économie
sociale, solidaire et coopérative
Face à la prédation de la finance et à la dictature des actionnaires,
une autre économie est possible. Elle existe déjà, avec des centaines
de milliers d’entreprises et des millions d’emplois. Nous proposons
des mesures pour qu’elle devienne l’alternative à l’économie libérale.
Il s’agit de remplacer l’autoritarisme individuel par la délibération
collective, le travail imposé par le travail émancipateur, la production
aveugle par la production utile. Puisque le capitalisme ne supporte
pas la démocratie, remplaçons-le.

MESURE CLÉ
Généraliser l’économie sociale et solidaire (ESS)

• Garantir l’accès de l’ESS au financement et aux marchés publics


• Renforcer le financement des chambres régionales de l’économie
sociale et solidaire et faire du soutien aux coopératives et aux
associations de l’ESS une mission centrale de la Banque publique
d’investissement
• Favoriser le développement des sociétés coopératives d’intérêt
collectif (SCIC) et les sociétés coopératives et participatives
(SCOP) de façon à développer des services communs dont la
responsabilité est partagée entre citoyens et usagers, salariés,
partenaires publics et privés
• Rendre obligatoire l’étude d’une reprise d’une entreprise par les
salariés sous forme de SCOP ou SCIC, avec un accompagnement
gratuit pour évaluer cette option
• Redonner du pouvoir et des moyens aux associations citoyennes et
aux acteurs de l’éducation populaire, généraliser les conventions
pluriannuelles afin de leur donner de la visibilité sur leurs finances
et sortir de la logique d’appel à projet
• Développer les coopératives d’activités et d’emploi (CAE) afin de
lutter contre le statut d’autoentrepreneur et de développer des
formes de travail en commun

56
Éradiquer la pauvreté
10 millions de pauvres, 330 000 personnes sans domicile, des files
d’attente alimentaires à perte de vue et une explosion du nombre
d’allocataires du RSA contraints de travailler gratuitement 15h par
semaine. Emmanuel Macron accroît la pauvreté : en 2021, plus d’un
demi-million de personnes ont basculé sous le seuil de pauvreté, et
les pauvres sont de plus en plus pauvres. Cela ne peut plus durer.
Notre société sera celle du plein emploi, où chacun perçoit un salaire
pour son travail. Mais dès les premiers jours, un plan d’urgence sera
mis en œuvre pour éradiquer la grande pauvreté.

MESURE CLÉ
Créer une garantie d’autonomie qui permettra que
nul ne soit privé de sa dignité pour vivre : le revenu
mensuel de chaque personne atteindra le seuil de
pauvreté (1 216 euros pour une personne seule)

• Atteindre l’objectif de zéro sans-abri : augmentation significative


des places d’accueil (estimées aujourd’hui à 203 000) et
simplification des dispositifs
• Encadrer le prix des produits alimentaires de première nécessité
et interdire la réduflation (réduction des quantités pour le même
prix)
• Instaurer une première tranche gratuite de consommation
d’électricité, de chaleur, d’eau, de gaz
• Restructurer les emprunts des ménages surendettés et garantir à
tous l’accès effectif aux services bancaires de base
• Plafonner les frais bancaires
• Garantir l’individualisation des droits et proposer l’automatisation
des prestations sociales
• Lutter contre le non-recours aux droits sociaux et civiques par
la simplification des démarches et la réouverture des accueils
physiques dans les services publics
• Interdire les pratiques de notation des allocataires de prestations
sociales
• Assurer la gratuité des protections périodiques pour toutes et
tous, quel que soit l’âge

À SAVOIR
86 % des Français favorables au plafonnement des frais bancaires
(Harris Interactive, juin 2020)
57
Garantir le droit au logement
Comment notre pays se trouve-t-il avec près d’un million de
personnes privées de logement personnel, 4,1 millions mal logées,
12,1 millions menacées d’un problème lié à leur logement ?
Le libre-marché ne permet pas de répondre à la demande du peuple :
la demande de logement social est quatre à cinq fois supérieure à
l’offre disponible et les ménages sont confrontés à une diminution de
l’offre locative privée. Le droit au logement est bafoué. À nous d’agir
concrètement pour le rendre effectif, notamment en construisant
des logements accessibles.

MESURE CLÉ
Interdire les expulsions locatives sans relogement public

• Abroger la loi Kasbarian de criminalisation des locataires


• Mettre en place une garantie universelle des loyers créant un
filet de sécurité contre les impayés de loyers pour les locataires,
comme pour les propriétaires
• Construire 200 000 logements publics par an pendant cinq ans
aux normes écologiques les plus ambitieuses (RE2020, bâtiments
à énergie positive)
• Encadrer les loyers partout sur le territoire et à la baisse dans les
grandes villes
• Rehausser le quota de logements sociaux dans les villes (loi SRU)
à 30 %, dont 5 % consacrés aux résidences universitaires et
foyers jeunes travailleurs, et aggraver les sanctions contre les
communes hors la loi
• Imposer les hautes transactions immobilières par une taxe
progressive pour financer la lutte contre le logement indigne
• Rendre la rénovation des logements « passoires thermiques »
obligatoire avant toute mise en location

À SAVOIR
75 % des Français sont favorables à la fixation d’un loyer maximum
par m2 (Harris Interactive, juillet 2021)

87 % des Français sont favorables à un plan national d’isolation


des bâtiments pour lutter contre la précarité énergétique (Harris
Interactive, juillet 2021)

58
• Lutter contre l’habitat indigne et insalubre : rendre obligatoire un
« permis de louer » dans toute la France (autorisation préalable
délivrée par les pouvoirs publics) et lancer un grand plan de
rénovation des logements
• Rétablir les aides publiques pour les HLM et éviter les hausses de
loyers à la relocation en logement social
• Réquisitionner les logements vides et les remettre sur le marché
dans des conditions qui respectent les critères du logement décent
• Lutter contre la spéculation sur le logement en limitant les
locations de courte durée (de type AirBnB) à 60 jours par an et
supprimer la niche fiscale sur les meublés de tourisme
• Limiter la concentration immobilière en instaurant un plafond
de cinq logements transmissibles par héritage ; au-delà, les biens
sont réquisitionnés par l’État et redistribués entre le parc social
et des dispositifs d’accès à la propriété par des organismes de
foncier solidaire
• Lancer un plan d’urgence de prévention et d’éradication des
punaises de lits, avec la création de services publics locaux dédiés
• Réviser les Plans de prévention des risques d’inondations à la
hauteur des nouvelles menaces et créer un Fonds d’aide à la
relocalisation des constructions menacées par les inondations et
la montée des mers

La justice au nom du peuple


En République, la justice est rendue au nom du peuple. Mais la
justice n’a plus les moyens de ses missions : elle a été laissée à
l’abandon par les gouvernements successifs. Les pressions sur elle se
sont multipliées. Les liaisons dangereuses aussi. Il faut des moyens
humains et financiers pour qu’elle soit bien assurée, et dans des
délais raisonnables.

MESURE CLÉ
Assurer un meilleur accès de toutes et tous à la justice,
en augmentant notamment l’aide juridictionnelle et en
veillant au retour des tribunaux de proximité
• Planifier des moyens pour la justice et recruter davantage de
fonctionnaires : magistrats, greffiers, agents de la protection
judiciaire de la jeunesse

59
• Rétablir pleinement les jurés populaires, désormais quasiment
disparus, supprimer les cours criminelles sans jurés et expérimenter
les jurés dans les tribunaux correctionnels
• Renforcer les droits de la défense, inscrire le droit à une défense
dans la Constitution, renforcer la place de l’avocat et limiter le
recours à la visioconférence qui déshumanise la justice
• Garantir la gratuité des procédures les plus courantes (le divorce,
par exemple)
• Garantir des sessions de formation (histoire, géographie et enjeux
locaux) pour les magistrats non originaires dans les Outre-mer

Une politique de justice efficace


La justice inspire de plus en plus la défiance de nos concitoyens.
Elle est perçue comme trop lente, trop déconnectée de la réalité et
du vécu des accusés ou des victimes au pénal, ou des parties au
civil. Son indépendance est mise en cause dans les affaires politico-
financières. Une réelle réforme de la justice ne pourra se faire que
dans un grand rendez-vous entre le peuple et ses institutions avec
la convocation d’une Assemblée constituante. En attendant, nous
proposons d’ores et déjà de nombreuses réformes.

MESURE CLÉ
Confier au Parlement l’orientation de la politique pénale
du pays par un débat annuel sur un texte avec un vote

• Renforcer l’indépendance de la justice vis-à-vis de l’exécutif :


interdire les instructions individuelles et les remontées
d’information individuelles sauf lorsqu’elles appellent à une
intervention directe de l’exécutif en matière d’ordre public (le
terrorisme, par exemple)
• Sécuriser le secret de l’instruction et de l’enquête, en renforçant
les mécanismes de poursuite des auteurs et de leurs complices
• Respecter la dignité et les droits des personnes privées de liberté :
en finir avec la surpopulation carcérale par la mise en place d’un
mécanisme contraignant de régulation carcérale et assurer aux
personnes détenues les moyens de se réinsérer dans notre société
• Lutter contre la délinquance financière : doubler les effectifs des
services qui luttent contre les infractions financières, supprimer
réellement le verrou de Bercy, donner plus de moyens humains

60
aux brigades en charge de la délinquance financière, augmenter
le nombre de juges d’instruction et supprimer la convention
judiciaire d’intérêt public
• Lutter contre l’impunité des agresseurs sexuels, la
correctionnalisation des viols et intégrer la notion de consentement
dans la définition pénale des infractions d’agression sexuelle et
de viol
• Donner les moyens d’une justice pénale environnementale
efficace, punir les pollutions industrielles et appliquer strictement
le principe pollueur-payeur
• Rattacher la police judiciaire à l’autorité judiciaire pour assurer
un contrôle direct et exclusif, et lui donner les moyens de son
action

Une police de proximité au service de la sûreté des


citoyens
La sûreté figure parmi les quatre « droits naturels et imprescriptibles
de l’homme » énoncés dans l’article 2 de la Déclaration des droits de
l’homme et du citoyen. Ce principe fondamental servira de boussole
à l’action de la police, réformée pour faire de la police de proximité
son pilier central.

MESURE CLÉ
Rétablir la police de proximité et démanteler les BAC
(brigades anticriminalité) et les BRAV-M (Brigades
de répression des actions violentes motorisées)

• Construire de nouveaux centres d’activités de police de proximité


• Intégrer les effectifs de police municipale à la nouvelle police
de proximité après une formation de quelques mois, la répartir
en fonction de la taille de la population et des besoins objectifs,
et la placer sous l’autorité fonctionnelle du maire et l’autorité
hiérarchique du préfet

À SAVOIR
60 % des Français sont favorables au remplacement des brigades
anticriminalité (BAC) par une police de proximité (Harris Interactive,
juillet 2021)

61
• Titulariser et former les policiers adjoints qui le souhaitent
• En finir avec la politique du chiffre et les primes aux résultats
• Interdire dans la loi tout usage des technologies de reconnaissance
faciale dans les espaces et établissements publics sur le territoire
français, ainsi que leur expérimentation
• Augmenter les effectifs en charge de la délinquance financière, du
trafic d’êtres humains et du démantèlement des réseaux mafieux
et doubler les effectifs de la police technique et scientifique
• Développer les moyens humains pour le recueil de plainte et
l’accompagnement des plaignants

Protéger les enfants


La France ne respecte toujours pas l’ensemble des droits fondamentaux
des enfants. Pire encore, la mortalité infantile repart à la hausse
partout dans le pays. Un pays qui laisse mourir et abandonne ses
enfants de la sorte est un pays qui condamne son futur. Il y a urgence
à agir et à mettre fin aux violences éducatives ordinaires physiques,
verbales et psychologiques, toujours trop répandues.

MESURE CLÉ
Faire respecter la Convention internationale des
droits de l’enfant concernant la protection de
l’enfance, les enfants étrangers, l’interdiction des
violences dites éducatives, le soutien à la parentalité

• Garantir le respect des principes de l’ordonnance de février 1945


sur l’enfance en conflit avec la loi, abroger le code de justice
pénale des mineurs de Dupond-Moretti pour instaurer un code
de l’enfance combinant civil et pénal en concertation avec les
professionnels
• Recentraliser la protection de l’enfance en augmentant
significativement ses moyens financiers et humains, pour
une égalité entre tous les enfants de la République et un
accompagnement éducatif de qualité
• Débloquer des moyens pour construire des foyers supplémentaires
qui permettent de séparer les enfants par tranches d’âge, préserver
les fratries, préserver les jeunes victimes d’agressions sexuelles
(centres de résilience), assurer des accueils d’urgence ponctuels,
prendre en compte une dimension de soin psychiatrique

62
• Rendre obligatoire l’assistance d’un avocat pour chaque enfant
placé
• Interdire les placements de tous les mineurs dans des hôtels dans
le cadre de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) et rendre obligatoire
leur prise en charge jusqu’à 25 ans par un contrat jeune majeur
• Engager un plan de rattrapage spécifique pour la protection
de l’enfance dans les Outre-mer : doter chaque collectivité de
structures de protection de l’enfance et de protection maternelle
et infantile adaptées, recruter du personnel et le former aux
problématiques locales
• Lutter véritablement contre les violences sexuelles faites aux
enfants en augmentant les effectifs de police spécialisés en lutte
contre la cyberpédopornographie, en formant les professionnels
en contact avec les enfants et en finançant la prise en charge de
soins adaptés, protéger les enfants qui parlent
• Renforcer les moyens de l’autorité judiciaire consacrés au
traitement des signalements des contenus illégaux sur des
plateformes privées et au contrôle de leurs retraits effectifs
• Interdire la violence physique et psychologique de toutes sortes
(éducative, punitive, ou autre) à l’égard des enfants
• Garantir le droit à la santé des enfants, notamment la santé
mentale
• Respecter les droits fondamentaux des enfants étrangers :
abroger les tests osseux, interdire l’enfermement des enfants
dans les Centres de rétention administrative (CRA), et appliquer
la présomption de minorité

63
CHAPITRE 8
TRAVAILLER TOUS, TRAVAILLER
MOINS, TRAVAILLER MIEUX
Établir la garantie d’emploi
Le chômage est un fléau pour les individus, pour les familles et pour
la société tout entière. La collectivité doit intervenir et proposer
à tous de prendre la part du travail qui est nécessaire. Pour cela,
tout chômeur de longue durée se verra proposer un emploi utile à la
transition écologique ou à l’action sociale (les secteurs d’urgence),
en lien avec ses qualifications et sur la base du volontariat.

MESURE CLÉ
Créer une garantie d’emploi : tout chômeur de longue
durée pourra se voir proposer d’être embauché au
moins au SMIC revalorisé dans un secteur d’urgence

Réduire le temps de travail et faire naître une société


du temps choisi
Le temps de travail des salariés français n’a pas diminué depuis
2002. La dernière fois qu’ils ont obtenu une semaine de congés payés
supplémentaire remonte à quarante ans, avec l’arrivée au pouvoir de
François Mitterrand. La réduction du temps de travail est un progrès
social et humain, pour reposer le corps et l’esprit. C’est aussi une
nécessité quand les emplois manquent : pour une offre d’emploi
vacante, il y a 13 chômeurs dans notre pays !
La réduction du temps de travail est à la fois un objectif historique
et la politique la plus juste, la plus efficace et la moins coûteuse
contre l’usure des salariés et le sous-emploi. C’est aussi un enjeu de
planification écologique : il est urgent de réduire le nombre de trajets
vers son lieu de travail et d’augmenter le temps individuel dédié à
d’autres activités.

À SAVOIR
87 % des Français se déclarent favorables à ce que l’État garantisse un
emploi à tout chômeur de longue durée qui souhaite travailler (Harris
Interactive, mai 2021)

64
MESURE CLÉ
Rétablir immédiatement la durée légale
hebdomadaire à 35 heures (en majorant les heures
supplémentaires, cotisations incluses, à 25 % pour les
4 premières et 50 % au-delà), passer aux 32 heures
dans les métiers pénibles ou de nuit, et favoriser leur
généralisation par la négociation collective

• Rétablir la retraite à 60 ans après quarante années de cotisation


• Généraliser une sixième semaine de congés payés pour tous les
salariés
• Convoquer une conférence nationale sur le partage du temps de
travail et l’impact du progrès technologique
• Remettre en cause les autorisations de travail le dimanche
• En finir avec la flexibilisation, l’annualisation contrainte,
l’intensification et les horaires fractionnés

Un emploi stable pour chacun


Près de 4 millions de personnes travaillent en emploi précaire. 87 %
des embauches ont lieu en contrats courts. La précarité représente
un tunnel sans fin. Si un précaire sur deux obtenait un CDI au bout
d’un an en 1982, aujourd’hui c’est seulement un sur cinq ! Et ce,
sans compter les temps partiels contraints, quasi-exclusivement
occupés par des femmes. Dans la France de Macron, 1,5 million
de personnes cumulent même deux emplois pour s’en sortir. Cette
vision « jetable » des salariés dévalorise le travail, nie les métiers et
les savoir-faire. Elle empêche de lancer de vrais projets, de se former
ou de s’intéresser à ses clients et ses usagers.

MESURE CLÉ
Instaurer un quota maximal de contrats précaires dans
les entreprises : 10 % pour les petites et moyennes
entreprises (PME), 5 % pour les grandes entreprises

• Abroger les ordonnances Pénicaud et la loi El Khomri et rétablir


le « principe de faveur » : un accord d’entreprise doit être plus

À SAVOIR
70 % des Français se déclarent favorables à l’instauration de la semaine
de 4 jours, 32h payées 35h (Ifop, 2024)

65
favorable qu’un accord de branche, lui-même plus favorable que
la loi
• Transposer dans le droit français la directive européenne sur la
présomption de salariat empêchant les plateformes numériques
(Uber, Deliveroo, etc.) d’avoir recours aux faux indépendants
• Titulariser les précaires des trois fonctions publiques
• Encadrer la sous-traitance en garantissant par la loi la
responsabilité des donneurs d’ordre vis-à-vis de leurs sous-
traitants et en la limitant à un seul niveau

Augmenter les salaires et réduire les inégalités


salariales dans l’entreprise
Un salarié au SMIC gagne à peine plus que le seuil de pauvreté.
60 % de ces salariés sont des femmes souvent employées à temps
partiel. À l’autre bout de la hiérarchie, les revenus de certains PDG
sont indécents. À poste et qualification équivalents, les femmes sont
toujours moins payées que les hommes. Et la maternité reste le plus
souvent un « risque » pour leur carrière. Dans ces conditions, plus de
700 000 femmes sont empêchées d’accéder à l’emploi, alors qu’elles
le souhaiteraient. C’est une injustice pour elles et une atteinte au
principe d’égalité.

MESURE CLÉ
Porter immédiatement le SMIC mensuel à
1600 euros net et indexer les salaires sur l’inflation
dans le privé et dans la fonction publique

• Revaloriser la rémunération des apprentis et des alternants


• Organiser une conférence sociale générale sur les salaires, ainsi
que dans chaque branche, notamment pour :
• Revaloriser en matière de salaires, de conditions de
travail et de parcours professionnels les métiers occupés
majoritairement par des femmes dans les secteurs du
soin, du lien et du contact

À SAVOIR
76 % des Français sont pour l’augmentation du SMIC à 1400 euros net
par mois (Harris Interactive, juillet 2021)

66
• Fixer un salaire maximal autorisé pour limiter l’écart de
1 à 20 entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut
dans une entreprise
• Créer dans l’entreprise une commission de contrôle salarié
sur l’égalité entre les femmes et les hommes et punir
sévèrement le non-respect de l’égalité de rémunération
entre les femmes et les hommes par des sanctions
financières et pénales
• Plafonner les versements de dividendes aux actionnaires
en limitant la part des bénéfices qui leur est distribuée à
la part versée aux employés
• Revaloriser le traitement des fonctionnaires
• Interdire les parachutes dorés et les retraites chapeaux
• Supprimer les stock-options et le versement d’actions gratuites
• Augmenter la représentation des salariés dans les conseils
d’administration

67
Rétablir une assurance-chômage protectrice
Le gouvernement Macron prépare de longue main le démantèlement
de l’assurance-chômage. Allongement de la durée minimale de
cotisation, réforme du mode de calcul : au total, ce sont plus d’1 million
de perdants. Le gouvernement n’a qu’une seule obsession : servir les
riches et humilier les pauvres. Pourtant le chômage tue : 14 000
personnes en meurent par an, à cause du stress, de la dépression, du
manque de sommeil. L’assurance-chômage doit les protéger et nous
devons créer des emplois en nombre.
MESURE CLÉ
Revenir sur les réformes Macron en abrogeant
l’éligibilité et les méthodes de calcul du montant et de
la durée de l’allocation pour indemniser les chômeurs
en fonction de leurs derniers salaires grâce à une
assurance calculée à partir du premier jour de travail

• Abroger la loi France Travail et l’obligation de réaliser 15h


d’activités hebdomadaires contre le revenu de remplacement
(allocation-chômage, RSA, ASS, etc.)
• Élargir la médecine du travail aux chômeurs, avec visite obligatoire
au-delà de six mois
• Indemniser les chômeurs dès le premier jour de la fin de contrat
• Supprimer l’obligation d’accepter une soi-disant « offre
raisonnable d’emploi »
• Cesser la radiation des chômeurs à la première absence à un
rendez-vous et en finir avec la logique de radiation au moindre
prétexte pour faire baisser artificiellement les chiffres du chômage
• Rétablir un régime d’assurance-chômage spécifique pour les
intermittents de l’emploi et les intérimaires permettant de leur
assurer une meilleure couverture chômage entre deux périodes
d’emploi
• Abroger la présomption de démission en cas d’abandon de poste
et le principe de fin des allocations chômage pour les intérimaires
et les CDD qui refusent un CDI
• Empêcher l’État de prélever dans les caisses de l’Unédic

68
Une sécurité sociale professionnelle
Le monde du travail est si instable et précaire qu’il est difficile de
progresser dans son métier. Comment se former aux nouveaux outils
ou aux dernières inventions, lorsqu’on change d’entreprise ou de
secteur régulièrement ? Pour remédier à ce problème, nous proposons
d’établir une sécurité sociale professionnelle. À côté de la maladie,
des accidents ou du chômage, elle couvrira un nouveau risque :
celui de la carrière. La sécurité sociale professionnelle maintiendra
les droits des travailleurs tout au long de la vie, y compris hors
du contrat de travail, en les liant à la personne – comme la carte
Vitale garantit la continuité du droit à la santé. Cette sécurité
sociale professionnelle rendra le travail indépendant du capital. Les
travailleurs pourront choisir librement leur domaine de formation et
élever leurs qualifications. Nous inventerons les nouvelles manières
de travailler au XXIe siècle.
MESURE CLÉ
Assurer la continuité des droits personnels (à la
formation, aux congés, à l’ancienneté…), hors du
contrat de travail, et les transférer d’un contrat à l’autre
• Garantir le maintien du revenu en cas de reconversion ou de
formation
• Donner à chaque salarié le droit à 36 heures de formation par an,
librement utilisables dans le domaine de son choix
• Intégrer les périodes de stages et d’apprentissage dans la sécurité
sociale professionnelle (ancienneté, congés, formation)

69
En finir avec la souffrance au travail
Qui n’a pas entendu parler du burn-out ou de surmenage dû au
travail ? Ces maux sont devenus fréquents, plus reconnus aussi.
Dans certaines professions ou entreprises, le mal est si grave que des
employés en viennent à se suicider.
Souffrir au travail n’est pas naturel et encore moins nécessaire. Le
progrès social et humain, c’est même tout l’inverse.
Contrairement aux idées reçues, la mort au travail est toujours
d’actualité et n’appartient pas au passé : l’année 2022 a été la plus
meurtrière depuis 20 ans. Chaque année, on déplore 1000 morts au
travail : accidentés sur des sites dangereux ou par négligence des
donneurs d’ordres, atteints de maladies professionnelles incurables,
résolus au suicide face à des situations insupportables. Chaque
année, des millions de personnes sont marquées par leurs conditions
de travail : cela va des douleurs physiques dues à des charges ou
postures à des souffrances morales. Pour nous, le travail doit être une
activité sans danger évitable : utile, émancipatrice et respectueuse
de la personne.

MESURE CLÉ
Porter un objectif de zéro mort au travail

• Reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle


• Doubler les effectifs de l’inspection du travail et l’autoriser à
interrompre un chantier pour raison climatique
• Établir des seuils thermiques minimaux et maximaux dans
les locaux intérieurs de travail, imposer des temps de pause
obligatoire par température extrême
• Renforcer la médecine du travail, en l’intégrant au service public
de santé, en restaurant la visite médicale obligatoire à l’embauche
et les visites périodiques dans la carrière, y compris durant les
périodes de chômage
• Restaurer les Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de
travail (CHSCT), augmenter leurs moyens et rendre leurs avis
contraignants, et élargir ses missions aux enjeux de préservation
de l’environnement
• Inscrire tous les produits cancérogènes pointés par le Centre
international de recherche sur le cancer dans les facteurs de
maladies professionnelles, dont les pesticides

70
• Faire du nombre d’accidents du travail un critère de sélection
dans l’accès aux marchés publics
• Comptabiliser les agents de la fonction publique d’État ou salariés
affiliés à un régime spécial dans les statistiques officielles des
accidents du travail
• Intégrer les travailleurs indépendants dans le champ des accidents
du travail
• Lutter contre l’impunité des donneurs d’ordre en instaurant
une pénalité financière en fonction du niveau d’accidents et de
maladies professionnelles
• Rendre effectif le droit à la déconnexion et encadrer le télétravail

À SAVOIR
63 % des Français sont pour l’abrogation des lois travail initiées par
François Hollande et Emmanuel Macron (Harris Interactive, juillet
2021)

81 % des Français s’expriment en faveur de la reconnaissance du burn-


out comme une maladie professionnelle (Harris Interactive, janvier
2018)

71
Garantir une retraite digne
De janvier à juin 2023, notre pays a connu une des mobilisations
les plus massives de son histoire contre la réforme des retraites
d’Emmanuel Macron et d’Elisabeth Borne. Le Gouvernement a choisi
de contourner le Parlement. Imposée par l’article 49.3 contre le refus
de 70 % des Français et plus de 90 % des actifs, cette réforme n’a
jamais été votée à l’Assemblée nationale. Malgré les mensonges du
Gouvernement sur les économies réalisées ou la fausse promesse
d’une retraite minimale à 1 200 €, nos concitoyens ont compris
qu’ils allaient devoir travailler toujours plus et subir une baisse des
pensions. Pour vivre plus longtemps, dans des conditions dignes et
en bonne santé, il faut pouvoir s’arrêter de travailler suffisamment
tôt.
MESURE CLÉ
Abroger la réforme d’Emmanuel Macron passant l’âge de
départ à la retraite à 64 ans et restaurer le droit à la retraite
à 60 ans à taux plein pour 40 annuités de cotisations

• Porter a minima au niveau du SMIC revalorisé toutes les pensions


pour une carrière complète (salarié, indépendant, agriculteur), et
le minimum vieillesse au niveau du seuil de pauvreté
• Prendre en compte le revenu de solidarité active (RSA) pour
valider des trimestres en vue de la retraite
• Augmenter de 0,25 point par an durant le quinquennat le taux
de cotisation vieillesse et soumettre à cotisation les dividendes,
les revenus d’intéressement, de participation, d’épargne salariale,
ainsi que les revenus financiers des entreprises
• Indexer le montant des retraites sur les salaires
• Interdire au Fonds de réserve pour les retraites d’investir dans des
secteurs polluants
• Supprimer la décote qui représente une double peine pour les
retraités, a fortiori les femmes et les plus précaires

À SAVOIR
83 % des Français sont pour que chaque retraité touche au minimum
une pension égale au SMIC (Harris Interactive, juillet 2021)

71 % des Français sont favorables au retour de la retraite à 60 ans


(Ifop 2022)
72
CHAPITRE 9
PRODUIRE NOUS-MÊMES POUR
RÉPONDRE AUX BESOINS
Créer un état d’urgence sociale
Ces dernières années, les états d’urgence se multiplient : sécuritaire,
sanitaire. Ils vont tous dans le même sens : restreindre les libertés
individuelles et collectives. Pendant ce temps, l’inflation prospère
sur la mise en concurrence de services publics et de biens communs
comme l’énergie. Les grandes entreprises comme la sphère financière
profitent des crises pour s’enrichir par la spéculation sur le dos des
Françaises et des Français. La situation est particulièrement critique
dans les territoires dits d’Outre-mer, que le gouvernement a totalement
abandonnés ces dernières années. Au-delà des mesures structurelles,
il faut un état d’urgence sociale pour améliorer immédiatement les
conditions d’existence de toutes et tous.

MESURE CLÉ
Bloquer les prix des produits de première nécessité
(alimentation, énergie, carburant) et interdire la « réduflation »

• Renforcer le bouclier qualité-prix pour les outre-mer


• Augmenter immédiatement le SMIC à 1600 € net mensuel et les
minima sociaux
• Revaloriser la valeur du point d’indice des fonctionnaires de 10 %
et inscrire son dégel dans la loi, compenser intégralement cette
augmentation pour les collectivités territoriales
• Revaloriser les APL de 10 %

À SAVOIR
87 % des Français sont pour le blocage des prix de l’énergie (Harris
Interactive, octobre 2024)

73
Réindustrialiser et relocaliser pour assurer notre
indépendance
L’année 2024 marque la fin de la réindustrialisation en trompe-l’œil.
Il y a davantage de fermetures d’usines que d’ouvertures, et ce sont
plus de 30 000 emplois sacrifiés rien que dans l’industrie. Voilà le
sinistre bilan de la politique ultra-libérale de Macron. Tandis que
les actionnaires se gorgent de dividendes et bénéficient des aides de
l’État, des dizaines de milliers de familles françaises voient leur vie
bouleversée par les plans sociaux et les délocalisations. La France ne
doit pas dépendre d’autres États pour ses productions essentielles :
lorsqu’une crise éclate, il est déjà trop tard pour relocaliser.

MESURE CLÉ
Relocaliser les productions essentielles à la vie de notre pays

• Adopter des mesures antidumping d’urgence sur les industries


stratégiques : sidérurgie, automobile, pharmaceutique, etc.
• Utiliser systématiquement le régime de contrôle public des
investissements étrangers dans les secteurs où c’est possible
(défense, santé, produits agricoles, recyclage de matières
critiques, réseaux de transport) et élargir le décret qui le permet
à tous les secteurs cruciaux de la bifurcation écologique
• Engager un plan de reconstruction industrielle pour mettre fin
à la dépendance de la France dans les domaines stratégiques
(semi-conducteurs, médicaments, etc.) et pour soutenir la
bifurcation écologique (recyclage des batteries, aciers nécessaires
aux énergies renouvelables, aluminium, etc.)
• Réviser le Code des marchés publics pour favoriser les entreprises
sociales et solidaires, écologiques et locales
• Faire l’inventaire et l’évaluation des accords déjà appliqués et
imposer le respect des normes sociales et écologiques pour la
commercialisation des produits importés en France
• Instaurer des droits de douane sur des critères écologiques

À SAVOIR
90 % des Français sont pour conditionner les aides publiques aux
entreprises à des contreparties sociales et environnementales (Ifop
pour l’Humanité, septembre 2020)

74
(émissions carbone, pollutions, empreinte hydrique, par exemple)
• Mettre fin aux niches fiscales sur le kérosène pour limiter le
dumping du e-commerce depuis l’étranger
• Instaurer une taxe kilométrique aux frontières de la France pour
dissuader les délocalisations et l’importation de produits trop
éloignés
• Exiger un dépôt de garantie préalable auprès de la Banque de
France en contrepartie d’un investissement étranger dans le pays
• Supprimer les avantages fiscaux sur l’épargne française investie
à l’étranger, notamment pour l’assurance-vie
• Établir des critères de localisation de l’activité pour la commande
publique nationale et locale et pour l’accord des aides aux
entreprises
• Conditionner toute aide d’État aux grandes entreprises à des
objectifs sociaux, écologiques et fiscaux contraignants et exiger le
remboursement des aides en cas de non respect des contreparties
• Rendre effectives les peines de réquisition d’intérêt général pour
toute délocalisation ou fermeture d’activité
• Renégocier le cadre de l’Organisation mondiale du commerce
(OMC)

Lancer des grands chantiers écologiques, créateurs


d’emplois
Le changement climatique est commencé. Les mandats Sarkozy,
Hollande et Macron nous ont fait prendre du retard dans les batailles
pour y faire face et s’y adapter. Il y a urgence à planifier la bifurcation
écologique de notre économie en lançant de grands chantiers pour
relever ce défi. Ce plan peut créer plusieurs centaines de milliers
d’emplois et réduire massivement le chômage.
MESURE CLÉ
Engager un plan global de rénovation de nos
infrastructures pour les adapter au changement climatique

• Lancer un plan de dépollution de la Méditerranée et de nos


façades maritimes et fonds marins dans l’océan Atlantique, la
mer du Nord, l’océan Indien, et l’océan Pacifique
• Rénover l’intégralité des réseaux d’eau et d’assainissement pour
limiter les fuites

75
• Lancer des grands travaux de rénovation des voies ferrées et de
réouverture des lignes et gares fermées dans les trente dernières
années
• Investir dans l’efficacité et la sobriété énergétiques, ainsi que
dans les projets énergétiques innovants comme les énergies
marines renouvelables
• Accélérer la modernisation du réseau de lignes à haute tension et
leur enfouissement
• Réaliser un diagnostic national des ouvrages d’art (ponts, viaducs,
digues, barrages) et les consolider
• Reconstituer de manière durable nos capacités productives de bois
et les fixer au plus près des massifs forestiers : sciage, menuiserie
(meubles, charpentes, constructions écologiques), production de
panneaux, cartons et pâtes à papier
• Développer une filière d’écoconstruction en matériaux biosourcés
(dont bois, terre, paille)

76
CHAPITRE 10
FAIRE PLACE À LA NOUVELLE
FRANCE
Réaliser l’égalité entre les femmes et les hommes
La plus ancienne et cruelle inégalité remonte à l’aube de l’humanité,
lorsque notre espèce a développé des croyances concernant le rôle
des femmes et des hommes. Le plus souvent, ce partage s’est fait
au détriment des femmes. Partout, des autorités autoproclamées
ont voulu les obliger à s’y conformer par la violence, dans l’espace
public comme au domicile. Ce système patriarcal est un obstacle au
développement de l’humanité, qui brime les rêves, les aspirations et
les activités de la moitié de la population, et ses bienfaits pour tous.
MESURE CLÉ
Adopter une loi de lutte contre le sexisme et les violences
faites aux femmes, et allouer les 2,6 milliards de budget
demandé par les associations, notamment en matière de
formation et de places d’hébergement, et garantir une
budgétisation sensible au genre et transparente

• Imposer la parité entre les femmes et les hommes dans les


institutions politiques, administratives, économiques, syndicales
et associatives
• Augmenter les sanctions financières et pénales à l’encontre des
entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale femmes/
hommes (amendes et refus d’attribution de marchés publics)
• Créer dans l’entreprise une commission de contrôle salarié sur
l’égalité entre les femmes et les hommes
• Revaloriser les rémunérations des métiers occupés majoritairement
par des femmes, prendre en compte leur pénibilité en réinstaurant

À SAVOIR
77 % des Français sont favorables à un plan d’un milliard d’euros afin
d’en finir avec les violences sexuelles et sexistes (Harris Interactive,
juillet 2021)

77
les facteurs de risques supprimés par Macron en 2017 en créant
de nouveaux critères liés aux contraintes émotionnelles fortes
• Renforcer le planning familial, augmenter et pérenniser les
financements des associations féministes et LGBTI
• Lutter contre le temps partiel contraint qui à 80 % touche des
femmes
• Garantir le droit de partir et lutter contre la précarité des mères
isolées : déconjugaliser et revaloriser l’allocation de soutien
familial, défiscaliser les pensions alimentaires, réduire les délais
de la justice familiale
• Créer un congé d’accueil de l’enfant identique et obligatoire pour
les deux parents
• Rembourser le traitement hormonal de la ménopause
• Mettre en oeuvre un plan de lutte contre le harcèlement sexiste
et les agressions sexuelles dans les transports collectifs
• Garantir l’égal accès et l’effectivité du droit à l’IVG et le choix
de la méthode d’IVG et supprimer la double clause de conscience
des médecins
• Lutter contre les mouvements anti-choix qui entravent les droits
et la santé sexuelle et reproductive et le droit à l’avortement
• Abolir la prostitution et garantir la dignité de la personne
• Améliorer l’accès à la santé des femmes et leur prise en
charge, reconnaître et sanctionner les violences obstétricales et
gynécologiques

Une République universaliste contre le racisme et les


discriminations
L’universalité des droits n’est pas négociable en République : tous
ceux qui adhèrent au programme « liberté, égalité, fraternité » sont
français, citoyens, et donc égaux. C’est ce qui permet à la France
d’être un pays créolisé, où chaque être humain s’enrichit dans sa
relation aux autres. De ce principe en droit, il faut faire une réalité
de fait. L’égalité en droit et en fait doit progresser dans tous les
domaines.

MESURE CLÉ
Mettre en œuvre un plan d’action global contre les
discriminations (emploi, logement, éducation, santé, etc.)

78
• Généraliser les campagnes de testing et expérimenter les dossiers
anonymes dans l’accès à l’emploi, au logement, aux études
supérieures, etc.
• Mettre en place des règles contre les biais discriminatoires des
intelligences artificielles et technologies médicales, notamment
sur la qualité des ensembles de données d’entraînement et les
procédures d’essai pour la détection et la correction des préjugés
• Garantir le droit du sol intégral à tous les enfants nés en France,
le rétablir sur l’ensemble du territoire national et faciliter l’accès
à la nationalité française
• Créer un Commissariat à l’égalité doté d’un Observatoire des
discriminations et de pôles spécialisés au sein des services publics
et des cours d’appel
• Mettre en place le récépissé de contrôle d’identité par les forces
de l’ordre pour lutter contre le contrôle au faciès, accompagné de
dispositifs de formation, de contrôle et de sanctions
• Instaurer le 4 février comme jour férié national en mémoire des
victimes de l’esclavage et de leurs luttes s’ajoutant au jour de
commémoration spécifique à chaque territoire d’Outre-mer
• Ouvrir les archives sur les guerres de décolonisation et être
ouvert à la discussion quant aux demandes de restitution et de
circulation des biens culturels issus de la colonisation
• Reconnaître le massacre des Algériens du 17 octobre 1961
comme un crime d’État au cours d’une journée nationale de
commémoration
• Abroger la loi dite contre le « séparatisme » et le contrat
d’engagement républicain
• Instituer le droit de vote des étrangers aux élections locales
• Mettre en place un plan interministériel pour analyser, prévenir
et lutter contre l’islamophobie et l’antisémitisme en France, et
contre ses effets sur la vie des populations qui le subissent
• Assurer la sécurité des lieux cultuels et culturels de notre pays
en renforçant si nécessaire toutes les mesures de protection
policières dont ils bénéficient du fait des attaques et menaces
contre des mosquées et des synagogues

À SAVOIR
61 % des Français sont en faveur de l’instauration d’un récépissé fourni
par les forces de l’ordre aux citoyens à l’issue d’un contrôle d’identité
(Harris Interactive, janvier 2018)

79
Construire l’autonomie des jeunes
Les jeunes sont les plus touchés par la précarité. Les immenses files
d’attente pour obtenir de l’aide alimentaire n’ont pas eu raison d’un
gouvernement qui leur a refusé le revenu de solidarité active (RSA)
alors qu’ils avaient faim. La solidarité familiale a remplacé des aides
publiques largement insuffisantes et les inégalités en fonction du
milieu d’origine ont été exacerbées que ce soit dans l’accès à l’emploi
ou la poursuite d’études. Il est temps de rattraper notre retard et de
garantir aux jeunes les conditions de leur autonomie.

MESURE CLÉ
Financer l’autonomie des jeunes détachés
du foyer fiscal parental grâce à la garantie
d’autonomie, qui les portera au-dessus du seuil
de pauvreté (1 216 euros pour une personne seule)

• Instaurer le repas à un euro dans tous les sites de restauration des


centres régionaux des œuvres universitaires (CROUS)
• Instaurer un « emploi spécifique jeune » d’une durée de cinq
ans, dans le secteur non marchand et public, pour éliminer le
chômage des jeunes (trois fois supérieur à celui de leurs aînés à
diplôme égal)
• Mettre fin à la précarité des étudiants, notamment en augmentant
les indemnités de stage et en négociant avec les branches
patronales les postes ouverts à stages, pour en finir avec la
pratique des CDD déguisés
• Offrir un bilan de santé et une évaluation des capacités
d’écriture, lecture et calcul, avec mise à niveau si nécessaire ainsi
qu’une formation gratuite à la conduite et le passage du permis
de conduire à chaque jeune dans le cadre du service citoyen
obligatoire

80
Faire face collectivement à la perte d’autonomie
individuelle
Chacun a droit à des conditions de vieillesse dignes : c’est un enjeu de
civilisation humaine. Il faut sortir d’un modèle actuel de maltraitance
institutionnelle — pour ne pas dire gouvernementale — de nos
aînés et des travailleurs qui s’en occupent, en grande majorité des
femmes. Des milliers d’emplois, 210 000 au minimum rien que pour
les EHPAD, doivent être créés. Les salaires, le statut et les conditions
de travail doivent être revalorisés. Les conditions de travail doivent
répondre aux protocoles de soins et aux protocoles sanitaires : dans
la sixième puissance économique mondiale le terme « maltraitance
institutionnelle » ne devrait pas exister !
MESURE CLÉ
Construire un service public de la dépendance,
pour aider les seniors à rester à domicile

• Développer un réseau public de maisons de retraite aux tarifs


harmonisés et accessibles
• Créer 10 000 places par an en EHPAD publics pendant cinq ans,
refonder le modèle de financement, l’augmentation des moyens
matériels et humains
• Former, qualifier et recruter en nombre suffisant le personnel
nécessaire : au moins 210 000 personnes pour pouvoir respecter
un ratio minimal d’encadrement « au chevet » des résidents
• Revaloriser les métiers et revenus de l’ensemble des professionnels
du grand âge à domicile comme en institution en refondant les
grilles de rémunération et de qualifications
• Collectiviser les EHPAD privés à but lucratif et les confier à des
associations, coopératives, etc.

À SAVOIR
86 % des Français sont pour la création d’un service public dédié au
maintien à domicile des seniors (Harris Interactive, juillet 2021)

81
Lever les obstacles à l’autonomie des personnes en
situation de handicap
Que ce soit à l’école, pour accéder aux services publics ou dans
toutes les situations de la vie quotidienne, les personnes en situation
de handicap doivent toujours faire face à de nombreux obstacles plus
de quinze ans après la loi pour l’égalité des droits et des chances,
la participation et la citoyenneté des personnes handicapées du 11
février 2005. En 2023, la France a été condamnée pour violation de
la charte sociale européenne au regard des droits des personnes en
situation de handicap. Il faut en finir avec les beaux discours sans
lendemain ; passons aux actes.

MESURE CLÉ
Assurer l’autonomie financière des personnes en situation
de handicap, en revalorisant l’AAH au niveau du SMIC

• Revenir sur la loi ELAN d’Emmanuel Macron pour imposer 100 %


de logements accessibles dans les constructions neuves (comme
le prévoit la loi de 2005) et faire participer l’État aux financements
des travaux d’adaptation des logements anciens
• Pérenniser le financement de l’insertion professionnelle des
personnes en situation de handicap
• Accorder le statut de salarié aux travailleuses et travailleurs en
établissement et service d’aide par le travail (ESAT)
• Faire de l’école pour tous une réalité :
• Créer un corps de fonctionnaires pour les personnels
d’accompagnement des élèves en situation de handicap
(AESH), recruter pour renforcer les capacités d’accueil et
d’accompagnement et mettre fin à la mutualisation
• Développer en nombre suffisant les supports pédagogiques
adaptés aux particularités de ces enfants (enseignement
bilingue langue des signes française (LSF), apprentissage
du braille, communication alternative et augmentée, etc.)
• Mettre en place des actions de sensibilisation pour lutter
contre les discriminations, dans l’Éducation nationale dès
la maternelle jusqu’au lycée, ainsi que dans l’enseignement
supérieur et la formation professionnelle
• Décloisonner le secteur de l’Éducation nationale et le
secteur médico-social

82
• Objectif zéro obstacle : tolérance zéro contre les entraves, c’est-
à-dire les obstacles au déplacement ou à la vie quotidienne,
permettre aux préfets de se substituer aux maires pour imposer
les travaux et fermer les bâtiments privés ne respectant pas la
loi, et imposer un plan de mise en accessibilité des transports
• Assurer la prise en charge par la Sécurité sociale de l’ensemble
des dispositifs médicaux nécessaires à la vie quotidienne

83
CHAPITRE 11
HUMANISER PAR LA CULTURE
ET LE SPORT
La bifurcation dans les arts et la culture : pour un
service public du progrès humain
Relégués à un statut « non essentiel » pendant la crise sanitaire
et désormais en première ligne face à l’austérité imposée aux
collectivités, la culture, les arts et les travailleurs de l’art sont
méprisés par le gouvernement. Unique mesure du quinquennat, le
« Pass Culture » symbolise la vision purement marchande d’Emmanuel
Macron. L’accès à la culture pour toutes et tous, ce n’est pas un bon
d’achat ! Nous défendons au contraire une politique publique des
arts et de la culture forte, où chacune et chacun d’entre nous est en
capacité de s’exprimer, de s’impliquer, et de développer un rapport
sensible et critique au monde, sur l’ensemble du territoire national.
Il y a nécessité de faire confiance aux travailleurs de l’art. Vecteurs
d’altérité et d’émancipation, les arts et la culture sont le cœur du
progrès humain.
MESURE CLÉ
Porter le budget consacré à l’art, à la culture et
à la création à 1 % du PIB par an pour mener une
politique culturelle ambitieuse, émancipatrice
et à l’image de la France d’aujourd’hui
• Reprendre les grands travaux culturels pour abroger les inégalités
territoriales en matière de structures de création, d’enseignement,
de diffusion et de mémoire artistique et culturelle
• Accompagner les collectivités territoriales pour la création d’une
dynamique culturelle locale
• Étendre la gratuité dans tous les musées, garantir une tarification
abordable dans les institutions publiques et encadrer les tarifs
abusifs des lieux privés
• Créer une médiathèque publique en ligne gratuite regroupant
les oeuvres tombées dans le domaine public et une proposition
d’œuvres récentes programmées temporairement sur la base de
Gallica
84
• Faire de l’éducation artistique et culturelle une priorité en
réorientant les moyens du Pass Culture vers des projets collectifs
et d’éducation populaire, tout en renforçant l’enseignement
artistique public pour garantir la démocratisation culturelle,
notamment dans les domaines qui en manquent comme le jeu
vidéo
• Mettre en place une politique de création et de programmation
artistique fondée sur la diversité, en sortant de la logique d’appel
à projet et en garantissant son indépendance
• Lutter activement contre les discriminations de genre et d’origine
ainsi que contre toutes formes de violences sexuelles, racistes et
pédagogiques qui persistent dans les arts et la culture
• Instituer un « domaine public commun » pour financer la création
nouvelle, constitué d’une redevance sur les droits patrimoniaux
des créateurs à partir de leur décès
• Abolir tous les privilèges fiscaux liés au mécénat culturel
• Créer un fonds pour la création en faveur des communes qui
transforment les panneaux publicitaires en espaces d’affichage
pour les artistes et l’expression libre
• Améliorer le régime des intermittents du spectacle sur la base du
socle commun de revendications du mouvement des occupations
de théâtres de 2021 et l’étendre aux autres professions culturelles
et événementielles discontinues, comme les « extras » de
l’hôtellerie-restauration et les guides-conférenciers
• Intégrer les travailleurs bénéficiant du statut d’artistes-auteurs
au régime général de l’assurance-chômage, en instaurant un
revenu de remplacement entre deux contrats, géré par leurs
représentants
• Harmoniser les statuts des personnels enseignants artistiques
et réorganiser la filière de la recherche artistique au travers de
l’enseignement supérieur
• Lancer un plan de formation et de recrutement d’emplois culturels
de proximité, notamment à destination des jeunes
• Encadrer et limiter la place des intelligences artificielles (IA)
génératives culturelles en distinguant ses usages commerciaux et
non-commerciaux, et améliorer la répartition de la valeur qu’elles
produisent

À SAVOIR
76 % des Français sont d’accord pour que les droits d’auteur financent
les artistes de demain (Harris Interactive, juillet 2021)
85
Le sport et les corps libérés de l’argent
Alors que quelques sports professionnels sont devenus des business
florissants, des clubs de sport amateurs sont obligés de mettre la
clé sous la porte. Les adhérents peinent en effet à renouveler leur
cotisation alors que le sport est une question de santé publique face
à l’explosion de l’obésité. L’inactivité physique tue dix fois plus que
les accidents de la route chaque année. Mettons fin au sport business
et développons le service public du sport : il est urgent de mettre des
moyens au service de l’intérêt général pour un sport émancipateur et
libéré de l’argent.

MESURE CLÉ
Créer une association sportive dans tous les
établissements scolaires du premier degré pour
rendre gratuite et accessible la pratique d’une
activité physique encadrée par des professionnels

• Augmenter la taxation sur les retransmissions sportives à la


télévision et créer une taxe sur les transferts pour financer le
sport amateur
• Interdire la publicité pour les paris sportifs et retirer son agrément
à tout opérateur qui ne respecterait pas cette interdiction
• Démocratiser la gestion des fédérations sportives et assurer la
souveraineté des licenciés sur leur fédération
• Renforcer l’éducation physique obligatoire avec 4h d’enseignement
par semaine et soutenir les études de sciences et techniques des
activités physiques et sportive (STAPS) dans la construction
d’une politique sportive ambitieuse
• Rembourser le sport santé, ou « sport sur ordonnance », grâce à
la Sécurité sociale
• Consacrer l’apprentissage de la natation dans le cadre scolaire en
le rendant obligatoire
• Promouvoir le sport féminin, instaurer la parité dans la
retransmission télévisuelle des grands événements sportifs et les
rendre accessibles sur des chaînes publiques
• Renforcer l’accessibilité aux équipements sportifs des personnes
en situation de handicap
• Reconnaître la spécificité des sourds et malentendants dans les
compétitions sportives olympiques

86
• Redéployer et renforcer les conseillers techniques et sportifs
(CTS) sur tout le territoire
• Mettre en place un plan national d’urgence pour la construction
et la rénovation des équipements sportifs, notamment les
équipements publics de proximité favorables aux pratiques libres
(piscines, salles d’escalade, salles de remise en forme, pistes de
skate, etc.)
• Favoriser la gratuité des activités sportives pour les populations
les plus pauvres
• Cesser la criminalisation des supporters, en particulier les
atteintes à la liberté d’expression et d’aller et venir
• Faire des grands plans de lutte contre le racisme et les violences
sexistes et sexuelles dans le sport et les compétitions sportives
• Organiser la mise en place réelle, à la fois contrôlée et évaluée,
d’un plan d’action, de formation et de sensibilisation sur les
LGBT-phobies dans le sport, notamment pour garantir l’inclusion
des personnes trans dans les pratiques sportives

87
L’HARMONIE D
HUMAINS AVEC

« ​​Le comportement borné des hommes


en face de la nature conditionne leur
comportement borné entre eux »
Karl Marx, L’idéologie allemande, 1845

« Comment pouvons-nous parler de progrès


alors que nous détruisons encore autour
de nous les plus belles et les plus nobles
manifestations de la vie. [...] Car il s’agit bien
de ça, il faut lutter contre cette dégradation
de la dernière beauté de la terre et de l’idée
que l’homme se fait des lieux où il vit. Est-ce
que nous ne sommes vraiment plus capables
de respecter la nature, la beauté vivante, sans
aucun rendement, sans utilité, sans autre
objet que de se laisser entrevoir de temps en
temps ? »
Romain Gary, Les Racines du ciel, 1956
88
DES ÊTRES
C LA NATURE
Le capitalisme financiarisé épuise les humains
et les écosystèmes. Construire une société de
l’harmonie avec la nature suppose donc de rompre
avec ce système. Les destructions et dévastations
dues à des phénomènes climatiques extrêmes,
aux pandémies et aux autres conséquences du
changement climatique s’intensifient et sont
de plus en plus violentes. Si ces catastrophes
détruisent, c’est l’impréparation, la pauvreté et
le chacun pour soi qui tuent. Quand l’ère est à
l’incertitude provoquée par le bouleversement
des cycles de la nature, il est temps de passer au
« tous ensemble ». Nos sociétés font face à une
réalité : le changement climatique est irréversible
et va s’aggraver tant qu’aucune de ses causes
n’est traitée. Il s’agit donc désormais à la fois
de le freiner pour garantir la survie des sociétés
humaines et de nous adapter à cette nouvelle
donne climatique. Notre outil sera la planification
puisque le marché et la concurrence ont montré
leur incapacité à relever ces défis.
89
CHAPITRE 12
PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE
La bifurcation écologique pour une société de
l’harmonie
L’urgence écologique et climatique suppose de rompre avec le
système de l’argent-roi. L’exigence d’une société d’harmonie des êtres
humains entre eux et avec la nature doit être inscrite au sommet de
la hiérarchie des normes par la « règle verte » et conditionner l’action
de l’État. L’enjeu est la reconquête collective du temps long. C’est le
but de la planification écologique comme méthode pour gouverner
par les besoins.

MESURE CLÉ
Inscrire dans la Constitution le principe de la « règle verte »,
selon laquelle on ne prélève pas davantage à la nature que
ce qu’elle est en état de reconstituer

• Adopter des lois cadres instaurant une planification écologique et


démocratique coordonnant les niveaux national et local
• Donner les moyens humains et financiers à l’État et ses opérateurs
publics (comme le Cerema, l’Office national des forêts, l’Office
français de la biodiversité ou Météo France) pour mener à bien
leur rôle de planification
• Créer un Conseil à la planification écologique
• Relever les ambitions climatiques de la France avec pour objectif
une baisse de 65 % des émissions en 2030 (au lieu de 50 %
actuellement) et rendre public un bilan annuel
• Obliger les entreprises à mettre en œuvre une comptabilité
carbone pour les émissions directes et indirectes certifiée par
un organisme public agréé en commençant par les secteurs les
plus émetteurs de gaz à effet de serre (GES) - énergie, transport,
bâtiment, industrie lourde - puis selon la taille des entreprises,
accompagnée d’une trajectoire de baisse de leurs émissions
• Instaurer un crime climatique de dissimulation et de tromperie
sur les émissions carbone des entreprises
• Inscrire dans les comptes publics un diagnostic régulier de
l’état des écosystèmes, avec des indicateurs biophysiques et

90
économiques permettant d’évaluer les coûts nécessaires pour
restaurer leurs capacités
• Créer une Agence pour les relocalisations dépendant du Conseil
à la planification écologique, chargée de recenser les secteurs
industriels indispensables à la souveraineté nationale et à la
bifurcation écologique, et d’établir un plan de relocalisation pour
chaque filière ou production stratégique identifiée
• Développer un outil national inspiré de Copernicus pour suivre en
temps réel les données clés sur l’économie et l’environnement,
en compilant des images satellites, des mesures terrestres et
maritimes, des informations sur les actifs industriels énergétiques
et leurs impacts, etc.
• Mettre en place une logistique verte : rompre avec les flux
tendus, développer les modes de transport propres et structurer
une logistique territoriale, notamment en renforçant le rôle du
train, du fluvial et en mutualisant les flux du dernier kilomètre
• Instaurer un moratoire sur les grands projets inutiles et écocidaires,
les réévaluer au regard de la règle verte et de leur impact sur la
biosphère

À SAVOIR
83 % des Français sont d’accord pour interdire de prélever chaque année
plus de matières premières que la Terre est capable de reconstituer en
un an (Harris Interactive, juillet 2021)
91
L’organisation de l’État au service de la planification
écologique
Nous devons réorganiser l’État républicain d’après des objectifs
écologiques et démocratiques. La planification écologique devra
s’appuyer sur la commune, échelon vital de la démocratie. L’objectif
de maîtrise du cycle de l’eau doit guider la nouvelle organisation :
les bassins versants et les agences de l’eau en seront le socle, pour
atteindre un grand objectif « zéro pollution et zéro épuisement de la
ressource en eau ».

MESURE CLÉ
Redécouper les Régions à partir des bassins versants
et leur confier l’eau comme première responsabilité

• Impliquer pleinement les communes dans les décisions et la mise


en oeuvre des investissements de la planification écologique
• Supprimer les régions transfrontalières (ou eurorégions)
• Interdire le « droit à la différenciation » - qui permettrait que
des règles différentes s’appliquent selon les territoires - afin de
garantir l’égalité entre les citoyens
• Réserver le statut de collectivité unique aux territoires insulaires
et des Outre-mer
• Recomposer les assemblées régionales à partir des élections des
conseillers départementaux
• Mettre en place des défenseurs de la nature chargés de l’eau,
l’air, la forêt, la végétalisation et la perméabilité des sols au
niveau communal
• Mettre en place des assemblées citoyennes régionales pour
débattre des projets d’aménagement et d’investissement en lien
avec la planification écologique
• Stopper l’étalement urbain : rapprocher les bassins de vie et les
bassins d’emploi
• Renforcer les moyens humains et financiers de l’ingénierie des
territoires pour appuyer les collectivités dans une planification
écologique régénérative (restauration du cycle de l’eau, énergies
renouvelables)

92
Les Outre-mer, avant-postes de la planification
écologique
Les Outre-mer pourraient être les pilotes de la planification
écologique et du progrès humain. Il existe déjà des « plans pays »
bâtis par les Ultramarins eux-mêmes. Ils doivent servir de grands
objectifs écologiques fixés à partir des besoins essentiels : autonomie
énergétique, relocalisation de la production alimentaire, déploiement
d’une économie de la mer.

MESURE CLÉ
Faire des Outre-mer des territoires pilotes de la planification
écologique et des circuits courts : autonomie énergétique et
100 % renouvelable, autosuffisance alimentaire, politique
maritime, protection de la biodiversité

• Instaurer un bouclier douanier via une taxe kilométrique en


faveur des productions locales à faible empreinte écologique
• Appliquer une préférence commerciale pour les produits
ultramarins vers l’Hexagone et l’Europe et nouer des partenariats
commerciaux équilibrés avec les voisins régionaux
• Tendre vers l’autosuffisance alimentaire grâce à l’agriculture
paysanne écologique et des filières agroalimentaires locales
• Protéger la biodiversité exceptionnelle des Outre-mer
• Promouvoir des plans d’autonomie énergétique
• Renforcer la résilience des territoires ultramarins face aux risques
naturels majeurs en améliorant les dispositifs de prévention, de
gestion de crise et de réparation, avec des solutions innovantes
et des moyens adaptés aux besoins des populations
• Développer l’offre locale de formation aux métiers de la bifurcation
écologique (électricité et déploiement d’énergies renouvelables,
utilisation de matériaux biosourcées locaux, foresterie et pêche
durables)

93
CHAPITRE 13
LES GRANDS CHANTIERS DE
LA BIFURCATION ÉCOLOGIQUE
Investir pour lancer la bifurcation de notre économie
C’est à partir de l’urgence écologique et climatique que doit se
penser la politique de la Nation. La bifurcation écologique nécessite
des investissements massifs pour changer les modes de production,
d’échange et de consommation. Il faut créer des millions d’emplois de
qualité pour mettre en œuvre ces changements. L’État républicain en
dialogue avec les communes doit planifier la mobilisation générale.

MESURE CLÉ
Lancer un plan massif de 200 milliards d’euros
d’investissements écologiquement et socialement utiles

• Annuler les cadeaux fiscaux accordés sans contrepartie aux plus


grandes entreprises ces dix dernières années
• Utiliser cet argent pour investir et rétablir des pôles publics dans
l’énergie, les transports et la santé afin de réindustrialiser le pays
par des plans de filières au service de la bifurcation écologique
• Instaurer la possibilité de souscrire à un contrat de bifurcation
écologique garantissant les droits sociaux, la formation, et la
rémunération, pour assurer un cadre protecteur pour les salariés
en cas de reconversion d’une entreprise
• Créer un droit de reprise d’activité préférentiel pour les salariés
dans un but écologique en cas de cession ou de fermeture
d’entreprise

Développer les transports publics écologiques,


repenser la mobilité individuelle
Le transport par rail a été sacrifié au nom de la concurrence. Des
centaines de kilomètres de lignes ferroviaires sont menacées, tandis
que les méga-camions envahissent nos routes. La libéralisation
empêche toute politique de bifurcation écologique. Il est urgent de
relocaliser les productions et de réduire les distances entre bassins de
vie et bassins d’emploi.
94
MESURE CLÉ
Créer un pôle public des transports et de la mobilité

• Renationaliser la SNCF et refuser la mise en concurrence des


lignes de transport
• Refuser la suppression des lignes ferroviaires du quotidien et en
réouvrir, augmenter le nombre de trains et garantir des tarifs
accessibles, maintenir des guichets physiques dans les gares
• Créer une commission d’enquête sur le chantier ferroviaire du
Lyon-Turin, projet écocidaire au coût démesuré
• Revenir sur la liquidation de Fret SNCF poussée par la Commission
européenne et mise en place par le gouvernement ; défendre
l’opérateur public et développer massivement le fret ferroviaire en
rendant obligatoire le raccordement des plateformes logistiques
• Développer les transports publics à la demande hors des zones
denses de transport public
• Supprimer les lignes aériennes quand l’alternative en train est
inférieure à quatre heures
• Repenser la mobilité individuelle en développant les usages
partagés de la voiture et les mobilités douces (comme le vélo)
• Limiter la taille, le poids et les dimensions des SUV autorisés
à la vente et développer la construction française de véhicules
électriques légers
• Décréter un moratoire sur les zones à faibles émissions (ZFE)
dans leur conception actuelle, dont les critères induisent des
inégalités sociales et une trop grande tolérance à l’égard de
certains véhicules, notamment les SUV, qualifiés à tort de non-
polluants
• Garantir l’accès aux réseaux dans les territoires peu dotés en
transports collectifs par le soutien aux garages solidaires et une
aide suffisante à la réparation dans le cadre du contrôle technique
• Adopter un plan de développement du ferroutage et de report
modal (cabotage maritime, fluvial et dirigeable)
• Renationaliser les autoroutes, en revenant sur les hausses de prix
passées, ainsi que les aéroports stratégiques

À SAVOIR
76 % des Français sont pour le retour d’un contrôle public sur le rail et
les trains (Harris Interactive, juillet 2021)

95
• Engager un plan spécifique de développement des transports
collectifs en Outre-mer, quasi inexistants aujourd’hui, sur le
modèle du projet de tram-train à La Réunion

Organiser le 100 % d’énergies renouvelables en


2050 et la rénovation énergétique
Les énergies fossiles sont polluantes et responsables du changement
climatique. Le nucléaire n’est pas non plus une solution d’avenir.
Une bifurcation de notre modèle énergétique s’impose. Pour réduire
les émissions de gaz à effet de serre (GES), nous devons atteindre le
100 % d’énergies renouvelables. L’impératif de sobriété implique un
plan d’envergure pour rénover l’ensemble du parc immobilier.

MESURE CLÉ
Planifier le passage à 100 % d’énergies renouvelables avec
un double mot d’ordre : sobriété et efficacité énergétique

• Sortir des énergies carbonées : arrêter les subventions aux


énergies fossiles, y compris à l’étranger
• Planifier le déploiement de technologies capables de réguler et
gérer les pics et les creux de production et de consommation
d’énergie : stations de transfert d’énergie par pompage (STEP),
développement du « véhicule au réseau » pour les voitures
électriques, etc.
• Sortir du nucléaire : abandonner les projets d’EPR (European
Pressurized Reactor – Réacteur pressurisé européen), planifier
le démantèlement, la réhabilitation et la reconversion des sites
nucléaires et de l’ensemble de leur bassin de vie
• Mettre en place une convention collective unique pour les
travailleurs du nucléaire et arrêter l’utilisation massive de la
sous-traitance, tout en garantissant leur reconversion au fur et à
mesure des fermetures de centrales
• Remettre en place des tarifs réglementés de l’énergie calculés à
partir des coûts de production, pour les particuliers comme pour
les entreprises, les collectivités locales et les bailleurs sociaux et
y inclure des objectifs sociaux, comme la gratuité des premières
quantités indispensables à une vie digne
• Annuler la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz :
stopper la privatisation des barrages hydroélectriques, créer un

96
pôle public de l’énergie en lien avec des coopératives locales en
renationalisant EDF et Engie
• Annuler les hausses du tarif du gaz depuis 2017
• Favoriser partout sur le territoire le recours aux diverses sources
d’énergie les plus adaptées aux conditions météorologiques et
géographiques (pour lutter contre la méthanisation à outrance
notamment)
• Refaire l’isolation d’au moins 700 000 logements par an
• Mettre fin aux situations de précarité énergétique : privilégier
les rénovations complètes, interdire réellement la location des
passoires thermiques, renforcer les programmes de détection
des passoires énergétiques, cibler les aides à la rénovation en
fonction des revenus des ménages
• Remplacer progressivement tous les logements chauffés au fioul
par des chauffages qui produisent moins d’émissions de gaz à
effet de serre comme des pompes à chaleur
• Conditionner l’obtention de labels écologiques à des résultats
énergétiques concrets et vérifiés pour les bâtiments neufs comme
pour les rénovations thermiques
• Se donner les moyens : former les professionnels, mettre en place
un « guichet unique » public pour les propriétaires devant faire
cette rénovation
• Réduire l’impact écologique des travaux : développer l’éco
construction avec des matériaux bioclimatiques (bois/terre/
paille)
• Optimiser les usages de l’énergie dans le secteur tertiaire :
extinctions nocturnes des bâtiments, équipement LED obligatoires,
extinction du chauffage et des répartiteurs informatiques lorsque
les bureaux sont inoccupés, etc.
• Abroger la loi qui a fusionné l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)
et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et
garantir leurs moyens

À SAVOIR
74 % des Français sont favorables à un objectif de 100 % d’énergies
renouvelables (Harris Interactive, juillet 2021)

314 530 personnes ont participé à la votation organisée sur la sortie du


nucléaire en 2018 (93,13 % des votants y étaient favorables)

97
Consommer autrement, une France « zéro déchet »
La planète croule sous les déchets. À l’heure actuelle, nous ne
pénalisons pas le mésusage des ressources mais en privons ceux qui
ne peuvent payer. Nous devons sortir du cercle vicieux « produire
plus pour consommer plus ». En application de la « règle verte »,
changeons de logique. Préférons la société du réparable et du durable
à celle de l’obsolescence programmée et du tout-jetable.

MESURE CLÉ
Abolir l’obsolescence programmée et allonger les durées
de garantie légale des produits

• Contre la surproduction de déchets : interdire immédiatement


et réellement les plastiques à usage unique, remettre en place la
consigne pour les bouteilles et bocaux en verre, rendre obligatoires
le recyclage, le compostage ou l’incinération (dans cet ordre de
priorité), généraliser, financer et accélérer la mise en place de
filières de réemploi et de substitution aux matériaux d’origine
fossile
• Créer un service public de la réparation et du réemploi, avec la
mise en place de formations pour certains métiers (notamment
électricité, électronique, bâtiment, textile)
• Rendre obligatoire l’écoconception des produits afin de limiter
l’utilisation de ressources non renouvelables et ouvrir des
formations obligatoires dédiées au low-tech et à l’écoconception
dans toutes les écoles publiques d’ingénieurs et de design
• Généraliser au plus vite l’indice de durabilité des produits
(possibilité d’être réparé, durée de vie, etc.), rendre obligatoire la
disponibilité et l’encadrement du prix des pièces de rechange et
empêcher la mise sur le marché de celles qui auraient un score
de durabilité insuffisant

À SAVOIR
78 % des Français se déclarent favorables à l’interdiction des publicités
encourageant les pratiques alimentaires dangereuses pour la santé et
celles relatives à des secteurs polluants (Harris Interactive, mai 2021)

70 % des Français se montrent favorables à l’interdiction des publicités


numériques et lumineuses (Harris Interactive, mai 2021)

98
• Faire reculer la publicité dans l’espace public, interdire le dépôt
de prospectus publicitaires commerciaux dans les boîtes aux
lettres, les panneaux publicitaires numériques et le démarchage
téléphonique commercial
• Interdire la publicité des produits et services les plus émetteurs
de gaz à effet de serre sur tous les supports publicitaires
• Diminuer les possibilités de diffusion de publicité à la télévision
• Créer un réseau national de déchèteries/recyclage
• Interdire toute allégation pouvant donner l’impression d’une
absence d’impact sur le climat de certains produits comme les
mentions « neutres en carbone » sur les étiquettes des produits
ou dans la publicité

Souveraineté alimentaire et révolution agricole :


pour une agriculture écologique et paysanne
L’agro-business détruit tout : les écosystèmes, notre santé et celle
des paysans. Les maux sont connus : pesticides, gigantisme agricole,
soumission aux marchés financiers. Ce système met à mal notre
capacité à nourrir l’humanité. L’agriculture écologique et paysanne
doit nourrir la population et ceux qui en vivent.

MESURE CLÉ
Instaurer une agriculture relocalisée, diversifiée
et écologique et créer 300 000 emplois agricoles

• Garantir des prix rémunérateurs aux producteurs par des prix


planchers pour les agriculteurs, interdire les ventes à perte et
mettre en place une caisse de défaisance pour reprendre les
dettes agricoles des convertis au 100 % bio
• Garantir aux agricultrices et agriculteurs le droit à une retraite
digne en engageant une réforme du système des retraites agricoles

À SAVOIR
86 % des Français sont favorables à un plan de création de 300 000
emplois dans l’agriculture (Harris Interactive, juillet 2021)

89 % des Français sont favorables à une loi pour l’interdiction du


glyphosate (Ifop, février 2019)

99
• Refondre la PAC (politique agricole commune) et orienter les aides
publiques agricoles pour favoriser la production écologiquement
soutenable, l’intensité en main d’oeuvre des exploitations et le
développement des protéines végétales
• Faire une réforme agraire pour encourager l’installation de
nouveaux agriculteurs et permettre le développement d’un tissu
de nombreuses exploitations à taille humaine
• Mettre en place un plan de protection généralisée du foncier
agricole, forestier et naturel en vue de mettre en œuvre le « zéro
artificialisation nette » des sols dès 2027 en hexagone
• Planifier la réduction progressive des doses d’engrais et
de pesticides, interdire immédiatement les plus dangereux
(glyphosate, néonicotinoïdes) et l’importation de productions qui
en contiennent
• Instaurer un protectionnisme écologique en fonction des
conditions de production et de rémunération du travail agricole :
appliquer la clause de sauvegarde pour interdire l’importation
de produits mettant en cause une norme sanitaire nationale et
garantir un prix minimum d’entrée face à la concurrence déloyale
• Limiter le prix final des produits alimentaires en fixant des
coefficients multiplicateurs et en encadrant les marges des
industries agro-alimentaires et de la grande distribution
• Développer les circuits courts pour réduire la circulation des
marchandises et l’utilisation d’emballages
• Protéger nos produits du terroir de la concurrence internationale
en garantissant les moyens de l’Institut national de l’origine et de
la qualité (INAO), qui permet de maintenir l’Appellation d’origine
protégée (AOP), l’Appellation d’origine contrôlée (AOC) et
l’Indication géographique protégée (IGP)

100
CHAPITRE 14
PROTECTION DES BIENS
COMMUNS ET DES DROITS
DE L’ESPÈCE
Pollutions : désempoisonner le monde
L’empoisonnement du monde est global. L’air, l’eau et les sols
sont affectés par toutes sortes de pollutions plastiques, chimiques,
industrielles. Les plus riches polluent le plus. Mais ce sont les plus
pauvres qui en subissent davantage les conséquences. Un plan de
dépollution national et international s’impose.

MESURE CLÉ
Aider les victimes des pollutions et les lanceurs d’alerte sur
la base d’un fonds abondé par les consommations polluantes

• Redonner à l’État et aux collectivités locales les moyens humains


et financiers pour appliquer le triptyque « surveiller, contrôler,
sanctionner » et réguler face au libre marché
• Revenir sur les affaiblissements des normes environnementales
et des mécanismes de participation publique décidés lors du
précédent quinquennat (décrets permettant aux préfets de
déroger aux normes environnementales, par exemple)
• Établir un plan d’urgence pour la dépollution rapide des régions
durablement polluées en France, dont en priorité la Guadeloupe
et la Martinique victimes du chlordécone et créer un fonds
d’indemnisation spécifique des victimes, offrant une réparation
intégrale pour toutes les victimes de maladies liées au chlordécone,
qu’elles soient professionnelles ou environnementales
• Prendre en charge et indemniser les victimes, y compris indirectes,
des essais nucléaires français et reconnaître leurs dommages
environnementaux, en particulier en Polynésie
• Gérer les risques industriels avec la création d’une autorité
de sûreté indépendante des risques industriels, augmenter le
nombre d’inspecteurs des Installations classées pour la protection
de l’environnement (ICPE) et augmenter le seuil de l’amende

101
maximale pour les ICPE à 500 000 euros (contre 15 000 euros
actuellement)
• Arrêter les activités dangereuses pour la santé et l’environnement,
interdire les produits chimiques les plus nocifs – comme les
engrais à base de nitrate d’ammonium – et les polluants éternels,
planifier la reconversion des travailleurs vers des secteurs
d’activité utiles (énergie, assainissement et gestion des déchets)

L’eau, enjeu central pour l’Humanité


L’eau est le grand défi commun de l’humanité. C’est une urgence
écologique et un cercle vicieux : le cycle de l’eau est perturbé par le
réchauffement climatique, et cette perturbation aggrave en retour le
dérèglement climatique. L’eau douce disponible devient de plus en
plus rare. C’est aussi une urgence sociale. Des centaines de milliers de
Français, les Ultramarins en première ligne, subissent des coupures
d’eau et leur eau est polluée. Les inondations deviennent une menace
récurrente. Face à cette situation dramatique, le gouvernement n’a
toujours pas pris de mesures à la hauteur des enjeux avec un Plan Eau
publié en mars 2023 dont les ambitions vont à l’encontre des intérêts
des populations. Garantir le droit d’accès à l’eau et à l’assainissement
par une gestion publique est une priorité.

MESURE CLÉ
Consacrer une « règle bleue » qui applique le
principe de la « règle verte » (ne pas prendre à la
nature davantage qu’elle ne peut reconstituer) à l’eau
pour son usage et pour la protection de sa qualité

• Inscrire l’eau comme bien commun et la protection de l’ensemble


de son cycle, y compris les nappes phréatiques, les rivières et les
fleuves, dans la Constitution
• Inscrire l’accès à l’eau, son assainissement et le droit à l’hygiène
comme droit humain fondamental
• Réprimer plus durement les coupures d’eau illégales
• Créer un haut-commissariat à l’eau pour organiser une gestion

À SAVOIR
80 % des Français sont favorables à la gratuité des compteurs d’eau et
des premiers m3 nécessaires à la vie (Harris Interactive, juillet 2021)

102
100 % publique de l’eau, articulée autour de régies publiques
locales ouvertes aux citoyens
• Renforcer la participation des citoyens et des associations dans
les syndicats d’assainissement existants et oeuvrer à la création
de régies publiques et citoyennes locales de l’assainissement, en
lien avec les régies publiques de l’eau en attendant leur création
• Lancer un vaste plan d’investissement dans le renouvellement
des canalisations, accélérer les travaux déjà engagés en Outre-
mer
• Rendre effectif le droit à l’eau et à l’assainissement par la
gratuité des mètres cubes indispensables à la vie digne et par la
suppression de l’abonnement
• Instaurer une tarification progressive et différenciée selon les
usages
• Mailler le territoire de fontaines à eau, de douches et de sanitaires
publics et gratuits
• Veiller à l’actualisation régulière et ambitieuse des Plans de
prévention des risques naturels d’inondation (PPRi) et des plans
de gestion des risques d’inondation (PGRI)
• Renforcer les effectifs de la police de l’eau et des inspecteurs
de l’environnement présents sur tous les territoires pour
contrôler plus strictement le captage par les industries d’eau en
bouteille et par le secteur agricole, surveiller le débit des forages
déclarés, fermer les forages illégaux, et empêcher toute pollution
industrielle ou agricole
• Mettre fin au déclassement des cours d’eau et rétablir les cours
d’eau déclassés
• Atteindre le très bon état écologique et chimique de tous les
cours d’eau (fleuves, rivières, ruisseaux) et réserves souterraines
• Systématiser le recours au fret fluvial dès que possible en
respectant la biodiversité
• Instaurer un moratoire sur le déploiement des méga-bassines
• Décider démocratiquement d’un nouveau partage sobre de l’eau
entre ses usages agricoles, énergétiques, industriels, de transport
et de potabilisation en sanctuarisant les débits biologiques et les
zones humides
• Redonner des moyens humains et financiers aux agences de l’eau
tout en revoyant leur fonctionnement ainsi que celui de leur
comité de bassin pour que soit garantie la place des citoyens et
des associations

103
Le droit à l’eau dans les Outre-mer
Sécheresses, ouragans, montée des eaux : les Outre-mer sont en
première ligne des bouleversements en cours et à venir. L’accès à
l’eau est plus que jamais vital. Pourtant, la moitié se perd en fuites
dans le réseau et les coupures d’eau sont légion. Un grand plan
d’investissement et d’adaptation des infrastructures s’impose.
MESURE CLÉ
Garantir l’accès à l’eau courante potable à tous
les habitants des Outre-mer, quoi qu’il en coûte
• Rétablir une distribution d’eau de bonne qualité et en volume
suffisant dans les territoires d’Outre-mer où le service public de
l’eau est défaillant
• Financer par l’État des travaux urgents de remplacement des
canalisations, notamment en Guadeloupe, sur l’adduction d’eau
potable et l’assainissement
• Adopter la régie comme mode de gestion de l’eau et de
l’assainissement et prévoir des sanctions conséquentes lorsque
les délégataires, concessionnaires et fermiers ne remplissent
pas leurs obligations contractuelles, notamment en matière
d’entretien des réseaux
• Déclencher, en cas de pénurie, un plan visant à la distribution
de bouteilles d’eau (plan ORSEC-eau) et plafonner leur prix
dans tous les endroits où le service public de l’eau potable et de
l’assainissement est défaillant
• Annuler la dette citoyenne résultant du problème de facturation
des anciens opérateurs et/ou résultant d’impayés pour service
non rendu et cesser le recouvrement forcé de celle-ci
• Garantir que ni la dette existante, ni les investissements à venir
des opérateurs de l’eau, ne seront répercutés sur la facture des
usagers de l’eau
• Mettre en œuvre un plan d’urgence pour résoudre la crise de l’eau
à Mayotte
• En Guadeloupe et en Martinique, reconnaître le statut de
crise sanitaire et écologique concernant l’eau potable et son
assainissement, la contamination au chlordécone, et les effets
cocktails avec d’autres substances dont les conséquences sont
inconnues

104
Défendre la forêt, poumon de la planète
En 2022, les records de surfaces de forêts brûlées ont été battus
presque partout sur le globe. Les forêts constituent pourtant
une ressource précieuse occupant trois fonctions, d’ordre
environnemental, social et économique. Pour qu’elles le restent,
il faut s’opposer à l’industrialisation et à la marchandisation de la
forêt. Nous devons aussi redonner une place centrale aux services de
l’État et protéger ceux qui s’en occupent au quotidien tels les agents
de l’Office national des forêts (ONF). Le développement d’une filière
bois française soutenable et créatrice d’emplois est possible.

MESURE CLÉ
Interdire les coupes rases sauf en
cas d’impasse sanitaire avérée
• Augmenter les moyens humains et financiers de l’Office national
des forêts et stopper sa privatisation pour lui permettre d’assurer
ses missions y compris d’accueil du public
• Inciter à la création de coopératives de petits producteurs et au
groupement de la gestion de parcelles forestières privées
• Améliorer les conditions de travail des forestiers : interdire le
travail détaché, augmenter les salaires des forestiers, préserver le
droit à la retraite anticipée
• Augmenter la part des forêts publiques notamment par la création
d’un droit de préemption publique avec des budgets suffisants et
la réquisition des parcelles abandonnées
• Adapter la politique forestière nationale au changement
climatique en imposant, comme conditions aux aides publiques,
l’augmentation ou a minima le maintien du stockage de carbone,
ainsi que la préservation des écosystèmes
• Interdire le dessouchage, dans un but de préservation des sols
forestiers, de leur puits carbone et de la biodiversité
• Rendre transparentes les autorisations de coupes afin de faciliter
le recours de tiers en cas d’incompatibilité avec les objectifs
climatiques et de biodiversité auxquels la France s’est engagée
• Favoriser la diversification en essences et en âges pour des forêts
résilientes au changement climatique
• Reconstruire tout le secteur de la transformation du bois avec
l’objectif de diversifier les essences et de développer les circuits

105
courts, en mettant en place une formation professionnelle
publique
• Rétablir des scieries et encadrer les exportations de bois
• Encadrer l’usage du bois dans la production d’énergie et favoriser
son usage durable dans la construction
• Laisser au niveau national 25 % de la surface de la forêt française
en libre évolution
• Rompre avec les accords commerciaux participant de
l’augmentation de la déforestation importée
• Assurer une traçabilité complète des importations afin de
bannir de la commande publique celles liées à la déforestation
et contraindre les entreprises à exclure ces produits de leurs
approvisionnements
• Accroître la coopération internationale afin de lutter contre
les pratiques illégales qui détruisent les forêts (trafic de bois,
orpaillage et mines)
• Renforcer les moyens humains et matériels de lutte contre les
feux de forêt

Rompre avec la maltraitance animale


La cruauté infligée aux animaux par notre modèle agricole productiviste
et le retour des grandes pandémies comme le Covid-19 sont liés. La
lutte contre la maltraitance animale est un aspect central de la quête
d’harmonie avec la nature. Rompre avec le système économique qui
abaisse les êtres sensibles au rang de marchandises est un progrès
pour l’humanité.

MESURE CLÉ
Interdire les fermes-usines
• Limiter les temps de transport des animaux vivants
• Interdire les pratiques cruelles : poules et lapins en batterie,
broyage des poussins, ablation de la queue, etc.
• Interdire l’élevage d’animaux, même domestiques, pour la

À SAVOIR
59 % des Français soutiennent l’interdiction des « fermes-usines » en
France, c’est-à-dire des fermes organisées sur un modèle de production
industrielle, accueillant une concentration élevée d’animaux (Harris
Interactive, mai 2021)

106
fourrure, et interdire tout commerce de fourrure
• Déterminer de nouvelles normes pour améliorer les conditions
d’élevage : accès à l’air libre, pâturage, densité, surface minimale
• Orienter la recherche vers des méthodes substitutives et éthiques
qui permettraient de ne plus expérimenter sur les animaux
• Interdire les pratiques de chasse et de « loisirs » cruelles pour les
animaux (déterrage, chasses à courre, corrida, exploitation des
animaux sauvages dans les cirques et les delphinariums, etc.)
• Instaurer un moratoire sur les élevages de saumon et interdire
les élevages de céphalopodes avant qu’ils ne se développent en
France

Sauver l’écosystème et la biodiversité


L’activité humaine est à l’origine de la sixième extinction de masse. La
biodiversité recule à cause du changement climatique, des pollutions,
de la déforestation. Sa préservation se joue au niveau international
par la création de normes communes et contraignantes. Elle se joue
aussi à l’échelle nationale : la France doit montrer l’exemple.

MESURE CLÉ
Interdire les dépôts de brevets sur des organismes
vivants pour empêcher l’appropriation d’espèces
animales et végétales par des entreprises privées

• À l’échelle globale : refuser les organismes génétiquement modifiés


(OGM), mettre fin aux accords commerciaux internationaux dont
les conséquences affectent le climat et la biodiversité
• Soutenir les accords internationaux organisant la gestion des
biens communs planétaires (traité sur la haute-mer, moratoire
sur l’exploitation minière des grands fonds marins, traité sur
l’interdiction des plastiques)
• En France, protéger concrètement les habitats et les espèces :
bannir les pesticides en commençant par les interdire autour
des zones habitées, lutter contre l’artificialisation des sols en
empêchant notamment la multiplication des entrepôts géants,
gérer durablement l’eau (dépollution et régies publiques)

107
CHAPITRE 15
UNE APPROCHE DE
SANTÉ GLOBALE
S’organiser pour faire face aux pandémies
Tant que les causes des pandémies n’auront pas été réglées, nous
devons nous tenir prêts à des répliques de même nature que le
Covid-19. Il nous faudra le faire de la manière la plus efficace et
humaine, c’est-à-dire en choisissant le « tous ensemble » plutôt
que le « chacun pour soi » et en sauvegardant nos libertés. L’État
planificateur sera l’instrument principal de notre adaptation à l’ère
des pandémies.

MESURE CLÉ
Adopter un plan d’adaptation aux pandémies
et zoonoses non liberticide, basé sur la société
du roulement et la planification sanitaire

• Abroger les lois sur l’état d’urgence sanitaire et le passe sanitaire


• Reconnaître les épidémies et pandémies au titre des catastrophes
naturelles
• Interdire le dépôt de brevets sur les médicaments et les équipements
nécessaires à une réponse sanitaire urgente et rendre obligatoire
le partage de connaissances en vue d’une production massive et
équitablement répartie des biens médicaux de première nécessité

À SAVOIR
90 % des Français sont pour la création d’un pôle public du médicament,
qui serait un établissement public scientifique et technique, ayant
vocation à s’assurer de l’approvisionnement de la France en matière de
dispositifs médicaux (Harris Interactive, juin 2020)

83 % des Français sont favorables à ce que les pandémies soient


reconnues comme des catastrophes naturelles (Harris Interactive, juin
2020)

108
• Réquisitionner les entreprises indispensables à la production de
matériel sanitaire (masques, tests, purificateurs)
• Faire un pôle public du médicament qui devra :
• Assurer une relocalisation de la production de médicaments
• Garantir l’approvisionnement d’une réserve stratégique
• Nationaliser certaines filiales critiques (notamment le
doliprane)
• Assurer le contrôle des prix sur l’ensemble des produits de
santé et communiquer sur leurs coûts réels
• Permettre la transparence sur le financement de la
recherche et du développement
• Mettre en place une conditionnalité des aides perçues par
les entreprises privées pour la recherche de vaccins et
médicaments
• Produire et diffuser massivement les vaccins et traitements
passés sous licence d’office

Faire passer la santé d’abord et reconstruire les


établissements de santé publics, notamment les
hôpitaux
Tant que les causes des pandémies n’auront pas été réglées, nous
devons nous tenir prêts à des répliques de même nature que le
Covid-19. Il nous faudra le faire de la manière la plus efficace et
humaine, c’est-à-dire en choisissant le « tous ensemble » plutôt
que le « chacun pour soi » et en sauvegardant nos libertés. L’État
planificateur sera l’instrument principal de notre adaptation à l’ère
des pandémies.

MESURE CLÉ
Reconstruire le service public hospitalier et
instaurer le « 100 % Sécu » en remboursant
à 100 % les soins de santé prescrits et en
intégrant les mutuelles dans la Sécurité sociale
• Réouvrir progressivement des services d’urgences, de maternités
et des EHPAD publics assurant un service de santé public de
proximité à moins de trente minutes de chaque Français
• Sortir de la politique du chiffre à l’hôpital : remplacer l’objectif
national des dépenses d’assurance-maladie (ONDAM) par un

109
objectif national des besoins d’assurance-maladie (ONBAM),
financer les hôpitaux par une dotation globale, un prix de journée
et une tarification à l’acte pour les seules activités techniques
programmées
• Publier immédiatement le nombre de décès faute de prise en
charge, revenir sur les suppressions de lits et les fermetures
temporaires d’accueil dans les services hospitaliers
• Abroger la hausse des franchises médicales de 2024
• Engager un plan pluriannuel de recrutement des professionnels du
soin et du médico-social (médecins, infirmiers, aides-soignants
et personnels administratifs), revaloriser les métiers, les salaires
et la tarification de certains actes libéraux des infirmiers
• Actionner tous les leviers pour combattre les déserts médicaux :
• Recrutement de médecins publics
• Créer un réseau public de centres de santé pluridisciplinaires
ou communautaires et de coopératives médicales en lien
avec des infirmiers référents et déployer de manière
effective le statut d’infirmier de famille
• Financer l’augmentation du nombre de places en faculté
de médecine en partant des besoins et la création d’écoles
normales de santé dans les territoires
• Rétablir l’obligation de participation de l’ensemble
des médecins à la permanence des soins dans chaque
département
• Réguler l’installation des médecins et généraliser les
guichets uniques pour toutes les démarches d’installation
des soignants
• Éradiquer d’urgence la précarité administrative, sociale et
statutaire dans laquelle sont maintenus les praticiens diplômés
hors Union européenne et leur permettre d’exercer de manière
pérenne en France
• Faire du plan national santé environnement (PNSE) un moyen
d’éradiquer les maladies chroniques liées à la malbouffe
et à l’exposition aux pollutions, notamment dans un cadre
professionnel (pesticides, radioactivité, amiante, produits
chimiques)
• Mettre fin à l’épidémie de VIH en France par un grand plan
À SAVOIR
86 % des Français sont favorables à la réouverture des lits hospitaliers
fermés depuis 2010 (Harris Interactive, juillet 2021)
110
national de dépistage et de traitement
• Faire un véritable plan pour la santé mentale :
• Réouvrir, dans un premier temps, des lits de psychiatrie
publics
• Renforcer les réseaux de CMP (centres médico-
psychologiques)
• Permettre le suivi psychologique ambulatoire par le
conventionnement de professionnels
• Augmenter le nombre de places en faculté de médecine
dans la filière psy
• Faire de la prévention en renforçant la médecine du travail
ainsi que la médecine scolaire et universitaire
• Protéger la recherche de la finance et supprimer l’influence des
entreprises privées dans les activités médicales et hospitalières

Addictions et drogues : il faut changer de stratégie


La politique française en matière de drogues mais aussi d’autres
consommations addictives et néfastes (alcool, tabac, médicaments)
se résume trop souvent à la répression ou à l’hypocrisie. Pourtant
les addictions concernent plusieurs millions de personnes. L’Office
français des dépendances et toxicomanies estime ainsi que 8 % des
adultes présenteraient un risque chronique d’addiction à l’alcool et
un quart (27 %) une addiction au tabac. L’usage problématique ou la
dépendance au cannabis concernerait 7 % des adolescents de 17 ans
et 3 % des 18-64 ans. C’est une affaire de santé publique ! L’heure
est venue de changer de stratégie pour lutter plus efficacement et
plus humainement contre les addictions.

MESURE CLÉ
Légaliser et encadrer par un monopole d’État la consommation,
la production et la vente de cannabis à des fins récréatives
dans des conditions permettant de lutter contre l’addiction

• Affecter les recettes des taxes sur le cannabis à des programmes


de lutte contre les addictions, notamment en milieu scolaire, et
à une politique de prévention, de réduction des risques et d’aide
à la désintoxication
À SAVOIR
57 % des Français sont pour la légalisation, encadrée par l’État, de la
consommation de cannabis (Harris Interactive, juillet 2021)
111
• S’attaquer aux causes des addictions, pour engager une politique
de réduction des risques plutôt que de continuer une politique de
répression des consommateurs
• Confier le pilotage de la politique de lutte contre les drogues au
ministère de la Santé et non plus de l’Intérieur
• Accroître les forces de police et des douanes à des fins
d’investigation et de remontées des filières
• Renforcer et développer les coopérations judiciaires (magistrats
de liaison, attachés douaniers et attachés de sécurité intérieure)
en particulier avec les pays de production et d’exportation de
drogues
• Lutter contre les organisateurs du trafic de cigarettes et viser une
jeunesse « zéro tabac »

En finir avec la malbouffe


Nous sommes confrontés à une épidémie de maladies chroniques
(diabète, obésité) et de cancers. L’agroindustrie et ses produits
vendus à grand renfort d’additifs et de publicité en sont une cause
majeure. Les plus pauvres en sont les premières victimes. En finir
avec la malbouffe est un enjeu de santé publique. Nous avons les
moyens de produire autrement pour nous nourrir tous et mieux.

MESURE CLÉ
Créer un ministère de la Production alimentaire
• Interdire d’urgence les additifs les plus controversés, limiter
la liste des additifs autorisés à ceux admis dans l’agriculture
biologique
• Fixer des taux maximaux de sel, de sucre et d’acide gras saturés
dans les aliments transformés et garantir l’application de la loi y
compris dans les Outre-mer
• Rendre le nutri-score (étiquetage nutritionnel) obligatoire pour
en finir avec la désinformation de la grande distribution
• Interdire la publicité alimentaire sur tous les supports
(radiophonique, audiovisuel et électronique) à destination des
enfants et adolescents
À SAVOIR
91 % des Français sont favorables à une loi pour limiter la malbouffe
(Ifop, février 2019)

112
• Créer une heure hebdomadaire d’éducation à la nutrition de la
maternelle au collège
• Expérimenter une garantie universelle d’accès à des aliments
choisis comme premier jalon d’une « sécurité sociale de
l’alimentation » et soutenir les différentes expérimentations
locales et communales de Sécurité sociale de l’alimentation
• Garantir en permanence l’accès à cinq fruits et légumes de saison
à prix bloqués
• Porter l’alimentation dans la restauration collective à 100 %
biologique et locale, réduire la part des protéines carnées au profit
des protéines végétales et y imposer une option végétarienne
quotidienne

113
ORDONNER LE

« Chaque période du développement humain


suscite son genre particulier de conflits humains,
son type propre de problèmes, que la force seule
serait apparemment capable de résoudre. Et,
chose paradoxale, en chaque occurrence la force
s’est révélée incapable de résoudre réellement le
problème. »
Isaac Asimov, Les Robots, 1950

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la


nuée porte l’orage. »
Jean Jaurès, Discours devant la Chambre des
députés, 7 mars 1895
114
E MONDE

Les guerres aux quatre coins du monde nous


rappellent chaque jour l’urgence de la paix. Ces
dernières années ont vu le retour de l’utilisation
massive des crimes de guerre pour imposer sa
volonté par la force. Nous ne pouvons l’accepter.
La réponse doit être un renforcement du
système de justice internationale. Nous sommes
aussi les témoins d’une nouvelle compétition
impériale, ô combien dangereuse pour le monde
et son peuple humain. Il nous faut bâtir une
France indépendante, guidée par les principes
du droit international, et non alignée sur
tous les empires. Nous avons à construire de
nouveaux horizons de progrès écologique pour
protéger les biens communs de l’humanité et
nous porter aux nouvelles frontières que sont
l’espace, les mers et le numérique.
115
CHAPITRE 16
UNE DIPLOMATIE
ALTERMONDIALISTE
POUR LA PAIX
Assumer l’indépendance de la France dans le monde
Les quinquennats Sarkozy, Hollande et Macron ont enfermé
la France dans l’OTAN. En charriant la doctrine de « choc des
civilisations », en soutenant le piétinement du droit international au
Proche Orient tout en prétendant le défendre ailleurs, cette vision
étroitement « occidentale » du monde ne fait qu’aggraver les tensions
internationales. Avec sa vision ultranationaliste et suprémaciste,
Trump incarne un nouvel âge de l’impérialisme. En allant jusqu’à
remettre en cause l’intégrité territoriale y compris de pays « alliés »
des USA, il menace quiconque ne se met pas au service des Etats-Unis
dans leur compétition sans limites avec la Chine. Pour promouvoir la
paix et la coopération, qui vont de pair avec les intérêts de la France,
sortir des ornières de l’atlantisme et retrouver une voix indépendante
est une nécessité.

MESURE CLÉ
Se retirer immédiatement du commandement intégré
de l’OTAN puis, par étapes, de l’organisation elle-même

• Sortir la France de l’isolement occidental et recommencer à


parler au monde entier en refusant la doctrine du « choc des
civilisations », en portant une action internationale non alignée,
au service de la paix, en promouvant une conception universelle
et non dévoyée des droits humains
• Refuser toute inscription de notre pays dans une alliance militaire
permanente dans la région Asie-pacifique et ailleurs
• Engager la formation d’une nouvelle entente altermondialiste
• Rétablir le réseau diplomatique français et stopper son alignement
sur l’atlantisme de l’Union européenne

116
Construire une défense souveraine au service de la
paix
Les alliances militaires permanentes, comme l’OTAN construite par
et pour les États-Unis, sont contraires aux intérêts et aux principes
de notre pays. Elles réduisent la portée de sa diplomatie et aliènent
son message. La France doit adopter une nouvelle programmation
pour retrouver sa souveraineté sur son industrie et sa politique de
défense, et permettre d’organiser une réponse adaptée à la situation
de guerre larvée, tout en tirant toutes les conséquences de la crise
climatique et environnementale.

MESURE CLÉ
Rédiger un livre blanc et adopter une loi de
programmation militaire visant à restaurer notre
indépendance, notre souveraineté industrielle et mettre
en oeuvre notre adaptation au changement climatique
• Créer un pôle public de l’armement, stopper les privatisations
des industries d’armement et des missions de défense nationale,
puis les réintroduire dans le secteur public
• Faire de la France une puissance incontournable dans les
technologies de rupture : miniaturisation, dronisation, intelligence
artificielle, etc.
• Prioriser l’acquisition de matériel militaire français dans l’armée
• Ouvrir la possibilité d’un service militaire comme composante
optionnelle du service citoyen obligatoire
• Mobiliser l’espace numérique et la réalité spatiale pour installer
des systèmes défensifs et non létaux contre les agressions et pour
la paix
• Donner à nos services de renseignement la capacité d’anticiper
les risques, y compris sanitaires, liés aux bouleversements
climatiques
• Adapter le matériel militaire et l’équipement de nos soldats à la
nouvelle donne climatique

À SAVOIR
96 % des Français sont favorables à ce que les procédures
administratives pour les blessés psychiques de guerre soient simplifiées
(Harris Interactive, mai 2021)

117
• Lancer un plan d’adaptation des infrastructures militaires
vulnérables
• Donner les moyens au service de santé des armées, renforcer le
dispositif ATHOS et simplifier l’indemnisation et la reconnaissance
de la blessure psychique au sein de l’armée française
• Relancer les processus multilatéraux de désarmement nucléaire
et conventionnel dans le cadre de la Conférence du désarmement
de l’ONU et participer comme observateur au traité d’interdiction
des armes nucléaires (TIAN)
• Créer un Commissariat à la dissuasion de demain, chargé de
réunir des chercheurs en pointe sur le sujet et de penser les
différentes options alternatives au nucléaire
• Définir, avec la communauté internationale, une doctrine de
sécurisation des sites nucléaires en zones de guerre et soutenir la
protection immédiate des réacteurs en Ukraine par la présence
de l’ONU, avec l’appui de l’Agence internationale de l’énergie
atomique

Renforcer l’ONU pour faire vivre un monde ordonné


En dépit de ses insuffisances, l’Organisation des Nations unies reste le
seul organe légitime, car universel, pour assurer la sécurité collective.
Elle est pourtant sapée de l’intérieur, par des manques financiers qui la
rendent dépendante du bon vouloir de sociétés privées « partenaires »,
et de l’extérieur, par les puissances impérialistes qui s’affranchissent
du droit international et développent au profit de leurs seuls intérêts
une conception particulière du « multilatéralisme ». La France doit
œuvrer sans aucune arrière pensée au retour en force de cette
institution face aux déséquilibres et menaces pour la stabilité et la
paix.

MESURE CLÉ
Réaffirmer que l’ONU est le seul organe
légitime pour la sécurité collective

• Refuser toute intervention militaire sans mandat clair de l’ONU,


rétablir l’autorité du comité d’état-major des Nations unies

À SAVOIR
83 % des Français sont favorables à ce que l’ONU joue un rôle plus
important pour assurer la paix sur Terre (Harris Interactive, juillet 2021)

118
• Créer une Organisation mondiale de l’environnement et défendre
l’​​Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la
culture (UNESCO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS)
libérée des intérêts de l’industrie pharmaceutique
• Agir pour une réforme du Conseil de sécurité et de l’Assemblée
générale de l’ONU, afin que l’organisation fondée en 1945 soit
représentative du monde actuel
• Réformer l’Organisation de l’ONU pour l’agriculture et
l’alimentation (FAO) pour favoriser la souveraineté alimentaire,
la régulation des marchés et la conversion écologique de
l’agriculture
• Soutenir l’action de l’ONU, et notamment de l’UNRWA, en
Palestine
• Construire avec les États et les sociétés concernées, sous l’égide
de l’ONU, des solutions politiques partout où la paix n’est pas
garantie (Proche-Orient, Moyen-Orient, Afrique sahélienne,
Afrique centrale, Cachemire, Caucase, golfe Arabo-Persique,
Corne de l’Afrique, etc.)
• Porter l’idée de la création d’une force d’intervention et de
sécurité écologique sous l’égide de l’ONU et d’un traité de non-
prolifération des énergies carbonées
Agir pour le respect du droit international contre les
guerres
Face à l’augmentation des conflits armés dans le monde, la France
doit choisir le camp de la paix, et non celui des tensions et des
escalades militaires. Les déclarations bellicistes d’Emmanuel Macron
aggravent les problèmes plutôt que de les résoudre. Aucune paix
durable n’est possible sans justice : les crimes de guerre doivent être
jugés, et le droit international respecté. Dans un monde désordonné,
ce dernier reste le seul moyen de rétablir notre humanité commune.

MESURE CLÉ
Appuyer le droit et la justice internationale, pour
que les mesures conservatoires décrétées par la
Cour internationale de justice soient appliquées,
et que les criminels de guerre soient jugés

• En Ukraine, agir pour créer un cadre diplomatique permettant


d’obtenir un cessez-le-feu, le retrait des troupes russes, et
l’ouverture de négociations pour une paix durable
119
• Rétablir, une fois la paix revenue en Ukraine, un cadre paneuropéen
stable et pérenne donnant des garanties de sécurité crédibles à
l’ensemble des pays d’Europe centrale et orientale et facilitant les
coopérations au bénéfice des populations
• Exiger un cessez-le-feu durable en Palestine et au Liban, la fin
immédiate du blocus de la bande de Gaza et de l’annexion de la
Cisjordanie et du plateau du Golan
• Mettre en place des sanctions contre le gouvernement Netanyahou,
interrompre les accords de coopération économique avec Israël et
décréter un embargo sur les armes
• Reconnaître l’État de Palestine

Refuser le libre-échange, instaurer un


protectionnisme écologique et la coopération
économique
La mondialisation néolibérale est d’abord la globalisation de
la finance, la concentration des pollutions, la propagation des
épidémies et le déménagement permanent du monde pour le
seul profit des multinationales au détriment des peuples et de
l’environnement. La compétition de tous contre tous qu’elle instaure
signifie désindustrialisation, chômage de masse, émigration forcée,
destruction des productions vivrières, etc. Le protectionnisme
écologique est la seule réponse rendant possibles un codéveloppement
au service des peuples et la préservation d’un écosystème compatible
avec une vie humaine digne.

MESURE CLÉ
Porter au sein du Fonds monétaire international (FMI), de la
Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce
(OMC) des propositions de rupture avec le néolibéralisme
international, et réinvestir la Conférence des Nations unies
sur le commerce et le développement (CNUCED)

• Intégrer le respect des règles fondamentales de l’Organisation


internationale du travail dans les accords commerciaux
• Agir pour l’adoption à l’ONU d’un règlement contraignant
les multinationales à respecter des normes sociales et
environnementales

120
• Œuvrer à un règlement collectif des dettes publiques,
indépendamment des mécanismes du marché, dans le cadre de
la résolution votée par l’Assemblée générale de l’ONU en 2015

Étendre les protections du droit international aux


biens communs planétaires
La crise écologique ne connaît pas les frontières administratives. Ce
qu’un pays rejette dans l’air sera aussi respiré par ses voisins. Ce qu’il
déverse dans l’eau échouera sur la côte à l’autre bout du monde. Les
responsabilités sont forcément collectives. Les entreprises criminelles
et les pollueurs de masse doivent répondre de leurs actes. Il est donc
temps d’élargir le droit international à l’impératif climatique et
écologique.

MESURE CLÉ
Reconnaître un crime d’écocide
• Soutenir la création d’un tribunal international de justice
climatique et environnementale
• Créer un tribunal international de justice économique pour juger
les crimes financiers transnationaux
• Élargir le dispositif de la licence d’office et lever les brevets sur les
vaccins et autres moyens médicaux de lutte contre les pandémies
• Soutenir activement les négociations en cours d’un traité
contraignant les multinationales à respecter les droits humains
et l’environnement
• Soutenir activement les négociations en cours d’un traité
international de lutte contre les plastiques
• Faire de la question de l’eau, de sa protection et de son accès
pour tous un enjeu prioritaire de la politique internationale et de
coopération de la France
• Jouer un rôle actif dans les négociations pour un traité international
de protection des grands fonds marins et dans la mise en oeuvre
du traité pour la protection de la haute mer
• Défendre la gestion des pôles arctique et antarctique comme des
biens communs de l’humanité, protégés des activités militaires
et économiques qui pourraient détruire leurs écosystèmes par le
pillage de leurs ressources
• Constituer un détachement de Casques bleus de l’ONU pour faire
face aux catastrophes naturelles
121
Pour une politique migratoire humaniste et réaliste
L’émigration forcée est toujours une double souffrance : ne pas
être chez soi où l’on vit, et ne plus être chez soi d’où l’on vient.
Les migrations sont un sujet trop sérieux pour les réduire à des
surenchères. La première tâche est de permettre à chacun de vivre
chez soi, auprès de ses proches et de ses amis. Pour cela, il faut arrêter
les guerres, les accords commerciaux qui détruisent les économies et
affronter le changement climatique.

MESURE CLÉ
Renforcer l’Organisation internationale pour les
migrations (OIM) et le Haut Commissariat des
Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et organiser
une conférence annuelle sur les migrations
• S’opposer aux accords commerciaux inégaux afin d’éviter aux
migrants de devoir fuir leur pays
• Agir contre les conséquences des bouleversements climatiques
par des transferts de technologies et de l’aide financière et
matérielle
• Sortir de l’impasse de la politique de Schengen et Frontex
• Assumer notre devoir d’humanité envers les réfugiés
• Faciliter l’accès aux visas, régulariser les travailleurs, étudiants,
parents d’enfants scolarisés et instituer la carte de séjour de dix
ans comme titre de séjour de référence
• Créer un statut de « détresse environnementale » apportant une
protection temporaire pouvant devenir durable en fonction de la
gravité de la catastrophe ayant entraîné la migration
• Suspendre le règlement Dublin, renégocier les accords du Touquet
• Prendre en charge les personnes migrantes grâce à des structures
d’accueil et d’hébergement en nombre suffisant sur tout le
territoire, en finir avec le délit de solidarité, créer un guichet
unique d’accueil
• Refuser toute mise sous tutelle de l’OFPRA par le ministère de
l’Intérieur
À SAVOIR
83 % des Français sont favorables à un plan de co-développement initié
par la France pour prévenir les migrations forcées (Harris Interactive,
juillet 2021)

122
• Garantir pleinement le droit d’asile et la prise en compte des
identités de genre et orientations sexuelles dans les procédures,
notamment en prenant le temps d’étudier chaque dossier
• Abroger les dernières lois asile et immigration
• Garantir l’accès à l’aide médicale d’État (AME)

Les Outre-mer, fer de lance d’une diplomatie


écologique altermondialiste
Grâce aux Outre-mer, la France est présente à tous les points clés de
l’écosystème. Elle possède le deuxième domaine maritime au monde.
La Guyane française abrite près de 80 % de la biodiversité nationale
et partage avec le Brésil la plus longue frontière terrestre de notre
pays. Le devoir de la France est fixé par ses responsabilités. Elle doit
être le fer de lance d’une diplomatie universaliste. Les Outre-mer en
seront les points d’appui.

MESURE CLÉ
Construire des politiques internationales à partir
des Outre-mer : préservation de l’Amazonie, aide
aux peuples autochtones menacés par la montée
des eaux et la sécheresse

• Faire des Outre-mer des pôles régionaux de codéveloppement :


transfert de technologies auprès des pays voisins, aide logistique
et scientifique, établissement de formations de haut niveau
bénéficiant à la fois aux étudiants ultramarins et à ceux des pays
voisins, coopération militaire de maintien de la paix
• Rejoindre les coopérations régionales : la Communauté d’États
latino-américains et caraïbes (CELAC) pour les Antilles et la
Guyane française, l’Union africaine pour Mayotte, rejoindre la
Communauté de développement de l’Afrique australe (CDAA)
et participer activement à l’Association des États riverains de
l’océan Indien (IORA) pour La Réunion
• Construire l’avenir de la Nouvelle-Calédonie dans le respect des
référendums, en lien avec les territoires voisins

123
Construire des coopérations altermondialistes et
internationalistes
Un autre monde est possible, plus juste, plus ordonné, plus écologique.
Pour cela, de nouvelles coopérations doivent être engagées et
d’autres renforcées. La France doit œuvrer, sans exclusive, à tous
les projets sortant d’une conception néolibérale et occidentaliste de
la mondialisation, promouvant des biens publics mondiaux exempts
des mécanismes du marché et luttant contre les inégalités et la crise
écologique.

MESURE CLÉ
Consacrer 0,7 % du revenu national brut à une aide publique
au développement débarrassée du carcan néolibéral

• Agir pour la paix et respecter l’indépendance des États et la


souveraineté des peuples
• Relancer le codéveloppement et la coopération notamment dans
la lutte contre le changement climatique
• Soutenir le projet de monnaie commune mondiale face au dollar
• Appuyer la restructuration des dettes souveraines
• Réformer « l’aide au développement » apportée par l’Agence
française de développement (AFD) pour qu’elle ne serve pas les
intérêts des régimes oligarchiques et d’entreprises intéressées aux
« partenariats publics privés ». Décider de son allocation avec les
sociétés civiles sur place, dans un objectif de renforcement des
droits humains et des souverainetés populaires, et non de mise
en dépendance néocoloniale

Unir le petit bassin méditerranéen autour d’objectifs


communs de progrès
Ne nous résignons pas à voir la mer Méditerranée devenir un
cimetière pour migrants. La France doit assumer en Méditerranée la
responsabilité particulière créée par son histoire, sa géographie, sa
langue, la richesse et la diversité de son peuple.
MESURE CLÉ
Créer un réseau d’universités méditerranéennes et organiser
un réseau méditerranéen de l’enseignement professionnel

124
• Créer une force méditerranéenne d’intervention et de sécurité
civile pour lutter contre les incendies et pour le secours en mer
en cas de catastrophes naturelles
• Mettre en place une structure commune de lutte contre les
pollutions et de gestion de la dépollution de l’écosystème de la
mer Méditerranée
• Organiser les moyens d’intervention sous-marins
• Étendre à la Méditerranée les normes écologiques applicables
dans la mer Baltique, notamment en matière de limitation des
émissions liées au trafic maritime
• Créer une chaîne de télévision méditerranéenne émettant en
plusieurs langues et diffusant sur les deux rives de la Méditerranée,
et sur Internet (sur le modèle de la chaîne franco-allemande Arte)

Construire une relation avec l’Afrique basée sur la


souveraineté des peuples
Des dynamiques de révolutions citoyennes se sont déclenchées
à travers toute l’Afrique ces dernières années. Le gouvernement
français est resté sourd à ces aspirations populaires. Sa politique
est pourrie par une vision affairiste répondant aux seuls intérêts
bornés des oligarchies. Il est dans l’intérêt des peuples que la France
adopte une politique africaine guidée par l’intérêt général humain. La
coopération entre les peuples est la méthode qui permettra d’avancer
en ce sens.

MESURE CLÉ
Bâtir une politique prenant en compte la
réaffirmation de la souveraineté des peuples africains
et les transformations profondes de ce continent
• Renforcer l’aide au développement au Sahel et la conditionner au
respect des droits humains, démocratiques, sociaux et écologiques
• Réviser les accords de défense passés avec les pays africains,
pour qu’ils soient conclus dans l’intérêt des peuples et empêchent
toute ingérence dans les affaires intérieures des pays africains
• Permettre aux pays africains des zones CFA (dont la partie ouest
est devenue zone ECO) d’avoir une monnaie dont ils soient les
seuls maîtres, et dont ils puissent définir les contours

125
• Annuler les dettes « odieuses » de certains pays africains, c’est-
à-dire les dettes contractées par des dictatures dans le seul but
d’enrichir le clan au pouvoir, ou d’engager des actions qui vont à
l’encontre de l’intérêt général
• Créer une commission d’enquête indépendante afin de faire la
lumière sur le fiasco politique et militaire ayant gravement altéré
les relations entre la France et la majorité des pays du Sahel

Passer à la francophonie des peuples


La langue française est la troisième langue la plus parlée au monde.
Mais, sur le terrain, le nombre de locuteurs réels diminue. Cette
langue en partage est pourtant un lien à faire vivre et à développer
dans sa dimension politique. La francophonie est malgré cela trop
souvent ignorée, ou confisquée par un cadre officiel inaccessible à la
majorité des populations francophones.

MESURE CLÉ
Défendre l’usage du français dans
les institutions internationales

• Faire vivre une francophonie des peuples


• Créer un Erasmus francophone
• Élaborer des contenus éducatifs et des diplômes communs entre
pays francophones
• Renforcer les médias audiovisuels francophones
• Renforcer l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF)
• Participer à la création d’une revue scientifique francophone de
premier plan au niveau mondial
• Créer une université francophone de l’espace proposant un
cursus universitaire commun d’accès à tous les métiers relatifs
au secteur aérospatial
• Recréer des espaces d’expressions culturelles francophones (les
scènes nationales par exemple)
• Renforcer le réseau des Instituts et Alliances français

126
CHAPITRE 17
EUROPE
En 2027, l’Union européenne sera à la croisée des tournants.
C’est l’année durant laquelle le nouveau budget pluriannuel
de l’Union européenne et la nouvelle Politique agricole
commune devront être adoptés et le marché carbone étendu
aux particuliers pour le logement et le transport. 2027 sera
l’année pour remettre en cause des politiques qui nuisent aux
peuples européens et à la planète.
En effet, certaines règles européennes sont aujourd’hui incompatibles
avec la mise en œuvre de notre programme :
• Les traités de libre-échange s’opposent au protectionnisme
écologique
• La concurrence libre et non-faussée empêche la constitution de
pôles publics et la sortie des biens communs du marché
• Le carcan budgétaire nous enferme dans l’austérité et réduit
notre capacité à investir dans la bifurcation écologique et sociale
• La libre-circulation des capitaux nous empêche de reprendre le
pouvoir sur le secteur financier
• La politique agricole commune promeut un modèle contraire à
une agriculture paysanne, biologique et respectueuse du bien-
être animal
• L’absence d’harmonisation sociale et la directive sur le travail
détaché mettent en concurrence les travailleurs
• L’impunité des paradis fiscaux européens menace nos recettes
fiscales et le consentement à l’impôt
• L’Europe de la défense nous enferme dans les velléités belliqueuses
de l’OTAN
• Le statut de la Banque centrale européenne (BCE) nous oblige
à mettre l’État dans la main des marchés financiers pour nous
financer

Nous avons une stratégie complète pour lever ces blocages avec
une méthode de gouvernement fondée sur le respect de la volonté
populaire et l’esprit de coopération internationale.

D’une part, nous proposons aux États et aux peuples européens la


rupture concertée avec les traités actuels (plan A). Cela passera par
127
la négociation de nouveaux textes compatibles avec les urgences
climatiques et sociales et soumis à un référendum du peuple français
pour approbation. Nous proposerons notamment :
• la récupération par les États de leur souveraineté
budgétaire ;
• la modification du statut de la BCE ;
• la mise en place de règles d’harmonisation sociale et
écologique à l’intérieur de l’Union ;
• la mise en place d’un protectionnisme écologique ;
• le droit pour les États de venir en aide à des entreprises
ou à créer des monopoles publics dans des secteurs
stratégiques ;
• le droit à l’eau comme droit fondamental pour tous les
Européens.
D’autre part, nous appliquerons dans tous les cas immédiatement
notre programme au niveau national en assumant la confrontation
avec les institutions européennes (plan B). Nous utiliserons pour cela
tous les leviers pour faire valoir notre position au Conseil européen et
désobéirons aux règles bloquantes à chaque fois que c’est nécessaire.
Ces deux stratégies s’alimentent mutuellement : c’est en agissant en
éclaireur que nous pourrons entraîner les autres peuples européens !

Utiliser tous les leviers d’action face aux institutions


européennes
La France est loin d’être démunie. Nous n’hésiterons pas à mobiliser
si nécessaire tous nos leviers d’action :
• Utiliser le droit de veto de la France, par exemple pour refuser
tous les nouveaux accords de libre-échange (avec le Mercosur,
y compris révisé, le Chili, le Mexique, l’Inde, l’Indonésie, le
Kenya, l’Australie, les Philippines, la Thaïlande, etc.) et tout
nouvel élargissement sans harmonisation sociale, fiscale et
environnementale préalable
• Conditionner la contribution française au budget de l’Union
européenne
• Construire de nouvelles coopérations approfondies avec les
États qui le souhaitent en matière sociale, écologique, culturelle,
éducative, scientifique, etc.
• Déclencher la mobilisation citoyenne avec nos alliés politiques
et la société civile en Europe pour augmenter l’autorité de nos
points de vue
128
Désobéir à chaque fois que c’est nécessaire pour
mettre en œuvre notre programme
Dans le même temps, nous désobéirons aux règles européennes
incompatibles avec l’application de l’Avenir en commun. Et nous
avons des outils pour le faire :
• Abroger les accords de libre-échange en vigueur (comme avec la
Nouvelle-Zélande, le Canada, le Japon)
• Cesser d’appliquer unilatéralement les normes incompatibles avec
nos engagements écologiques et sociaux telles que la directive
sur le détachement des travailleurs, les règles budgétaires, les
règles de la concurrence, la libre circulation des capitaux
• Suspendre la participation (opt-out) de la France à certains
programmes comme l’Europe de la défense et s’opposer à la
reconduction d’un Commissaire européen à la Défense dont le
poste participe à l’édification d’une Europe de la guerre
• Utiliser les contradictions entre les règles européennes et nos
engagements internationaux sur le climat ou le travail pour faire
primer les normes les plus exigeantes
• Réaffirmer la supériorité des principes fondamentaux inscrits
dans la Constitution de la 6e République sur le droit européen
et instaurer un principe de non-régression écologique et sociale :
aucune norme européenne ne peut s’appliquer si elle est moins
ambitieuse qu’une norme nationale sur le plan social ou écologique

Notre logique est simple. Tant qu’un accord de changement des


traités n’est pas acquis, nous discutons avec nos partenaires et
désobéissons aux règles bloquantes en parallèle. En cas d’accord, il
sera soumis encore à référendum.

Depuis soixante ans, l’Union européenne n’est pas une construction


figée : c’est un espace politique fondé sur des rapports de force et des
coopérations à géométrie variable. Nous utiliserons cette fois tout le
poids de la France pour réaliser notre programme.

À SAVOIR
68 % des Français sont favorables à l’interdiction du travail détaché
qui permet à des salariés d’un pays de l’Union européenne de venir
travailler en France sans payer les mêmes cotisations sociales que les
salariés et dirigeants français (Ifop, février 2019)

129
CHAPITRE 18
NOUVELLES FRONTIÈRES
DE L’HUMANITÉ
Protéger les mers et océans
Les océans sont aujourd’hui en danger. La biodiversité marine se
dégrade, du fait de la surpêche et de la pollution plastique. Il est
urgent de protéger les mers et océans du pillage de leurs ressources
et des tensions militaires. Il est nécessaire de sanctuariser les
écosystèmes marins.
MESURE CLÉ
Œuvrer à la création d’un droit international de la
biodiversité marine, notamment dans les grands fonds

• Faire de la France le leader mondial de la recherche et de


l’éducation dans le secteur maritime
• Créer un lycée de la mer dans chaque département maritime (y
compris dans les Outre-mer)
• Développer la formation professionnelle dans le domaine des
nouvelles techniques de pêche, d’aquaculture et d’algoculture
durables au service de la bifurcation écologique
• Proposer la construction de la première station sous-marine
permanente sur le modèle de la station spatiale internationale
• Gérer durablement la ressource via la pêche artisanale, lutter
contre les pratiques de pêche illégales et refuser la marchandisation
de la politique commune des pêches au niveau européen
• Éradiquer les pratiques de pêche dangereuses, empêcher la
réautorisation de la pêche électrique
• Créer des aires marines protégées en haute-mer et augmenter
leur niveau de protection
• Défendre un moratoire sur les forages en Méditerranée et sur
l’extraction minière en eaux profondes comme demandé par
l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)
• Encadrer le prélèvement de sable marin pour le secteur de la
construction et lutter contre l’extraction illicite à l’échelle
nationale et internationale
130
• Lutter contre l’acidification des océans et la multiplication des
« zones mortes » dépourvues d’oxygène
• Obtenir la reconnaissance internationale de l’espace maritime
français
• Augmenter les moyens de surveillance, de protection et de
sécurisation effective de notre domaine maritime et de ses axes
stratégiques

Être à la hauteur de la responsabilité maritime


française
La France est une puissance maritime qui s’ignore. La mer est
pourtant une source formidable d’activité dans la bifurcation
écologique. 400 000 emplois existent déjà dans ce domaine. On
pourrait atteindre un million très rapidement. Mais les technologies
marines sont délaissées des pouvoirs publics.

MESURE CLÉ
Développer les énergies marines renouvelables (EMR),
comme l’hydrolien, dans le cadre du plan de transition
énergétique et d’une maîtrise publique des installations
et réseaux tout en veillant à concilier les usages en mer

• Mettre en oeuvre un plan d’urgence pour l’éolien maritime d’un


point de vue énergétique et industriel, garantir le développement
de la filière au besoin par la nationalisation des activités de
General electric (ex Alstom) et Siemens-Gamesa (ex Areva)
• Mettre en place un plan de décarbonation de la marine
marchande, renforcer le développement de la propulsion vélique
et des propulsions moins polluantes
• Défendre l’emploi maritime et industriel français contre la
concurrence déloyale et le dumping (construction et entretien
des parcs éolien maritime, marine marchande, etc.)
• Relancer les ports français et moderniser les infrastructures
portuaires dans une logique multimodale mer-rail-fluvial, de
décarbonation et de soutien aux énergies renouvelables
• Engager la construction de navires de souveraineté scientifique,
militaire et d’approvisionnement stratégique et renforcer la
formation de marins français

131
• Demeurer une puissance polaire : augmenter les moyens de
l’Institut polaire Paul-Émile Victor, faire aboutir la reconstruction
des stations de recherche en Antarctique, se doter d’un brise-
glace en soutien à la recherche océanographique

Relancer la découverte de l’espace


L’indépendance de la France et notre contribution à la connaissance
sont liées à l’espace. Ce domaine ne doit pas être abandonné aux
marchands, ni être militarisé par les grandes puissances : c’est
l’intérêt général qui est en jeu. La France doit garantir sa souveraineté
et contribuer à de nouvelles coopérations internationales.
MESURE CLÉ
Lutter contre la course à l’armement spatial tout
en garantissant la souveraineté de la France face
aux nouvelles menaces

• Proposer un programme international de dépollution de l’orbite


géostationnaire et de nouvelles règles internationales d’occupation
des orbites basses
• Revenir sur la privatisation d’Arianespace et protéger la filière de
lancement de satellites, renforcer les moyens du Centre national
d’études spatiales
• Doter la France des moyens de neutralisation des actions hostiles
menées contre elle depuis l’espace
• Fédérer les différentes missions vers Mars et assurer la
participation française à ces missions
• Renforcer la contribution française à la présence humaine
permanente dans l’espace
• Proposer un nouveau traité international pour la non-appropriation
des ressources spatiales et la démilitarisation de l’espace
• Interdire les voyages commerciaux et privés dans l’espace, luxe
ultra polluant réservé à une minorité
• Garantir l’utilisation de Galileo par le grand public en rendant
obligatoire la double compatibilité Galileo GPS

132
Affirmer le caractère d’intérêt général de la
révolution numérique
La révolution numérique est une chance immense pour l’humanité.
Elle peut permettre un développement humain, scientifique
et démocratique inédit à condition de ne pas laisser faire les
multinationales qui veulent se l’accaparer pour leurs seuls profits. Faire
du numérique un bien commun mondial est un enjeu démocratique,
économique et social de premier plan : la technologie doit servir le
progrès humain, et non créer de nouvelles inégalités ou restreindre
les libertés.
MESURE CLÉ
Garantir le droit à un accès minimal gratuit à Internet

• Garantir la couverture numérique de tout le pays en fibre au plus


vite
• Aller plus loin que le règlement européen de protection des
données pour agir contre les discriminations entraînées par le
traitement algorithmique des données personnelles, en dotant la
Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) de
moyens de contrôle efficaces.
• Constitutionnaliser le droit au chiffrement des données et des
communications
• Systématiser la publication en données ouvertes des informations
publiques détenues par les collectivités
• Garantir le maintien de guichets et de formulaires papier malgré
la dématérialisation des services publics et la transformation
numérique des administrations, déployer un service public de
proximité pour accompagner les 20 % de Français en difficulté
avec le numérique (illectronisme)

133
Garantir la souveraineté numérique de la France
La mise en réseau mondiale permet de nouvelles coopérations à
travers la circulation des idées, des paroles et des écrits. Elle doit se
faire dans un cadre international garantissant la maîtrise publique
et démocratique d’Internet : la France ne doit pas dépendre d’autres
pays et des multinationales comme les Google, Amazon, Facebook,
Apple et Microsoft (GAFAM). Elle doit pouvoir prendre ses propres
décisions.

MESURE CLÉ
Garantir la neutralité du Net, c’est à dire l’accès
égal de chacun et l’égalité de traitement

• Passer sous contrôle public les infrastructures du numérique et


des télécommunications et les relocaliser
• Construire un cloud véritablement public, composé de data
centers publics interconnectés
• Créer une agence publique des logiciels libres chargée de
planifier leur développement stratégique domaine par domaine
en identifiant les manques et en finançant les projets-clés
• Généraliser l’usage des logiciels libres dans les administrations
publiques et l’Éducation nationale
• Permettre à tous les citoyens et à toutes les entreprises l’accès
à des services et logiciels en ligne hébergés sur des serveurs
français de droit français et développer progressivement une
offre publique pour les services numériques essentiels : moteur
de recherche, paiements en ligne, etc.
• Refuser la censure privée sur les réseaux sociaux opérée par les
GAFAM
• Garantir l’hébergement des données des services publics français
et des entreprises essentielles sur des serveurs de droit français
situés en France
• Défendre une gouvernance mondiale d’Internet en établissant
une agence consacrée à l’ONU
• Favoriser la coopération entre les États pour développer des
solutions numériques émancipées des GAFAM
• Renforcer l’excellence française dans le virtuel, soutenir les
créations françaises dans un but émancipateur

134
• Créer un centre national du jeu vidéo et développer une filière
publique de formation dans ce domaine
• Créer la mission nationale de maîtrise de l’intelligence artificielle
composée de chercheurs de disciplines scientifiques diverses,
d’ingénieurs et de parlementaires ayant pour mission de
déterminer des chantiers pour développer des applications de
l’intelligence artificielle utiles aux besoins sociaux et écologiques
• Interdire certains usages de l’intelligence artificielle et du « big
data » qui vont à l’encontre des droits sociaux : identifications
biométriques, surveillance pour l’évaluation des droits sociaux,
gestion des flux migratoires, notation des individus pour
l’attribution de crédits, etc.
• Créer une fonderie française pour microprocesseurs
• Réduire l’impact écologique du numérique (réglementations sur
l’obsolescence programmée, politiques incitatives sur le low-
code, indice carbone sur le Web, etc.)
• Baisser la production de chaleur et la consommation électrique
des data centers et soumettre ceux-ci à une autorisation de
construction

Retrouvez toutes les sources


de l’Avenir en commun

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