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Poésie de la bohème et de la guerre

Le document présente trois poèmes évoquant des thèmes variés tels que la rêverie, la guerre et la vie quotidienne. Dans 'Ma bohème', le poète exprime sa quête d'idéal et ses rêves d'amour, tandis que 'Le mal' dépeint la tragédie de la guerre et la souffrance humaine. Enfin, 'Au Cabaret-Vert' décrit une scène de détente et de plaisir simple dans un café, contrastant avec les autres poèmes.

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Poésie de la bohème et de la guerre

Le document présente trois poèmes évoquant des thèmes variés tels que la rêverie, la guerre et la vie quotidienne. Dans 'Ma bohème', le poète exprime sa quête d'idéal et ses rêves d'amour, tandis que 'Le mal' dépeint la tragédie de la guerre et la souffrance humaine. Enfin, 'Au Cabaret-Vert' décrit une scène de détente et de plaisir simple dans un café, contrastant avec les autres poèmes.

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“Ma bohème (fantaisie)”

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;


Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.


- Petit Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,


Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,


Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

“Le mal”

Tandis que les crachats rouges de la mitraille


Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;
Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu’une folie épouvantable broie


Et fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;
– Pauvres morts ! dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !…

– Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées


Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ;
Qui dans le bercement des hosannah s’endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées


Dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !
“Au Cabaret-Vert, cinq heures du soir”

Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines


Aux cailloux des chemins. J’entrais à Charleroi.
– Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

Bienheureux, j’allongeai les jambes sous la table


Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. – Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,

– Celle-là, ce n’est pas un baiser qui l’épeure ! –


Rieuse, m’apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié,

Du jambon rose et blanc parfumé d’une gousse


D’ail, – et m’emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.

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