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Comprendre la rougeole : symptômes et traitements

La rougeole est une maladie virale contagieuse causée par le Paramyxovirus, avec des complications potentiellement graves, surtout dans les pays à ressources limitées. Le diagnostic est principalement clinique, et bien qu'il n'existe pas de traitement curatif spécifique, la vaccination est essentielle pour sa prévention. Une prise en charge précoce peut réduire la mortalité associée à cette maladie.

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Comprendre la rougeole : symptômes et traitements

La rougeole est une maladie virale contagieuse causée par le Paramyxovirus, avec des complications potentiellement graves, surtout dans les pays à ressources limitées. Le diagnostic est principalement clinique, et bien qu'il n'existe pas de traitement curatif spécifique, la vaccination est essentielle pour sa prévention. Une prise en charge précoce peut réduire la mortalité associée à cette maladie.

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ROUGEOLE

Objectifs pédagogiques
1. Définir la rougeole
2. Décrire les signes cliniques de la rougeole
3. Enumérer les complications de la rougeole
4. Décrire le traitement de la rougeole

GENERALITES
1. Définition
La rougeole est une maladie infectieuse, virale, éruptive, contagieuse, endémo-épidémique due au
Paramyxovirus.
2. Intérêts
- Epidémiologique : c’est une maladie cosmopolite. Elle constitue un véritable problème de
santé publique surtout dans les pays à ressources limitées en raison de la fréquence des
flambées épidémiques et sa létalité élevée.
- Diagnostique : il est habituellement facile dans sa forme commune et doit se faire avant
l’apparition des complications.
- Thérapeutique : Il n’existe pas de traitement curatif spécifique mais la rougeole reste
accessible à la prévention par la vaccination sur laquelle l’accent doit être mis.
- Pronostique : il existe des possibilités de complications malgré la bénignité habituelle
pouvant engager le pronostic vital
3. Rappels
3.1. Epidémiologie
3.1.1. Fréquence
La rougeole sévit de façon endémo-épidémique.
Plus de 20 millions de cas chaque année :
- 139 300 décès
- 95 % des décès dans les pays à faible revenu
Au Burkina Faso : 1165 cas au 1er semestre 2012 dont 0,52 % de décès.
3.1.2. Agent pathogène
La rougeole est due à un virus à ARN de la famille des Paramyxoviridae du genre Morbillivirus
3.1.3. Réservoir de virus
L’homme est le seul réservoir de virus. Seul l’individu malade est contagieux à la phase d’invasion et
les 2 premiers jours de l’éruption.
3.1.4. Mode de transmission
La transmission se fait essentiellement par voie aérienne directe à partir des gouttelettes salivaires de
Pflügge provenant des sujets infectés. Le virus morbilleux est très contagieux et favorisé par la
promiscuité. Le virus est présent dans le sang, les sécrétions et les urines, dans les 5 jours précédents
l’éruption (phase de contagiosité maximale). La virémie et la virurie disparaissent 5 jours environ
après le début de l’éruption. Cette transmission évolue selon :
- le mode endémo-épidémique en zone urbaine
- le mode épidémique cyclique chaque 2 à 3 ans en milieux rural
3.1.5. Immunité
Les nourrissons sont protégés jusqu’à l’âge de 6-9 mois par les anticorps transmis de façon passive au
cours de la grossesse par la mère, à condition que celle-ci ait été atteinte par la maladie ou ait été
vaccinée. La rougeole confère une immunité durable et solide. Les facteurs favorisants la gravité de la
rougeole dans les pays en développement sont :
- La promiscuité
- La mauvaise hygiène
- Le jeune âge
- La malnutrition carentielle
1
- L’hypovitaminose A
- Les maladies infectieuses et parasitaires associées
3.2. Pathogénie
Le virus pénètre par le rhinopharynx et rarement par la conjonctive oculaire et se multiplie dans les
cellules de la muqueuse. Le virus atteint le tissu lymphoïde de voisinage et passe dans le sang
entraînant une première virémie brève 2 à 3 jours après le contage. Ensuite, le virus envahit tout
l’organisme avec une deuxième virémie et une localisation prédominante au tractus respiratoire,
cutané et conjonctival, expliquant les signes cliniques. Par ailleurs, la rougeole est anergisante (baisse
de l’immunité humorale et cellulaire) expliquant la fréquence des complications liées au virus lui-
même et aux surinfections bactériennes.
I. SIGNES
1. TDD : Forme commune du NRS
1.1. Clinique
La rougeole est une affection ayant une chronologie qui évolue en 4 phases :
 Phase d’incubation : silencieuse et dure 10 à 12 jours.
 Phase d’invasion : dure 2-4 jours et comporte :
 Signes généraux : fièvre à 39°- 40°c, malaise général
o Anorexie
o malaise généralisé
o modification du caractère
 Signes digestifs : anorexie, Nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales
 Catarrhe oculo-nasal associant :
o conjonctivite, yeux bouffis, œdème palpébral, photophobie, larmoiement, prurit
o Rhinorrhée d’abord séro-muqueuse, puis muco-purulente accompagnée d’éternuements, d’une
toux sèche avec une voix rauque gênant le sommeil
NB : Ces signes donnent à l’enfant un faciès particulier dit « pleurnichard »
 L’examen de la bouche sous un bon éclairage et à l’aide d’un abaisse-langue à ce stade peut
mettre en évidence le signe de KÖPLICK qui est pathognomonique de l’affection (qui signe
l’affection) : il s’agit d’un semis de tâches arrondies d’aspect blanc-bleutés reposant sur une
muqueuse érythémateuse à la face interne des joues en regard des prémolaires.
 Phase d'état ou phase éruptive (4 à 5 jours) :
L’éruption apparaît quatorze jours après le contage. Elle est caractérisée par son aspect, sa
topographie et son évolution :
 Aspect
Il s’agit d’une éruption maculo-papuleuse non prurigineuse sur un fond érythémateux faite
d’éléments arrondis à contours réguliers, séparés les uns des autres par des intervalles de peau
saine.
 Topographie
L’éruption est descendante en tâche d’huile. Elle débute au visage, notamment à la lisière du cuir
chevelu, derrière les oreilles et sur le pourtour de la bouche.
Le 2ème jour (J2) : le cou, le thorax et la racine des membres supérieurs
Le 3ème jour (J3) : elle s’étend au tronc et à la racine des membres inférieurs
Le 4ème jour (J4) : l’éruption se généralise
 Evolution
Après la généralisation, l’éruption prend un aspect noirâtre dont l’alternance avec les intervalles de
peau saine donne un aspect dit de «tigration »
Autres signes
o Toux, diarrhée, anorexie persistante
o La fièvre régresse à la généralisation de l’éruption
 Phase de desquamation

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La desquamation est fine dite « furfuracée », parfois en lambeau suivant la même topographie que
l’éruption.

1.2. Paraclinique
Le diagnostic de la rougeole est avant tout clinique. Les examens de laboratoire ne sont nécessaires
que dans les formes atypiques. Il s’agit d’examens virologiques et surtout immunologique :
- les cultures du virus à partir de prélèvements nasopharyngés et sanguins, précocement avant le
4ème jour de l’éruption
- la sérologie : 2 prélèvements l’un précoce au début de l’éruption et l’autre 15 jours après
(élévation des taux d’Ac)
- autres examens en fonction du tableau clinique : NFS, Rx pulmonaire
1.3. Evolution
- Avec un traitement précoce et bien conduit, l’évolution est souvent bénigne :
o la fièvre s’estompe et la tigration disparaît en 4-5 jours pour laisser place à la
desquamation
o la diarrhée et l'anorexie durent quelques jours de plus.
o dans tous les cas, l'enfant en sort fatigué et amaigri pendant plusieurs semaines.
- Sans traitement, l’évolution se fait souvent vers des complications dues au virus lui-même ou
à des surinfections bactériennes.
2. Autres formes cliniques
2.1. Formes symptomatiques
 Formes frustes : symptômes discrets et durée brève. Il s’agit de cas des sujets vaccinés
 Formes malignes : formes graves avec des complications polyviscérales parfois mortelles en
quelques jours.
2.2. Formes selon l’âge
 Forme du nouveau-né :
- Si transmission par voie transplacentaire, l’éruption apparaît avant le 10ème jour (rougeole
congénitale)
- S’il survient après, il s’agit d’une infection acquise dans les premiers jours de vie d’un
nouveau-né non protégé par les Ac maternels. (rougeole à transmission précoce).
- Elles sont rares et les complications broncho-pulmonaires sont fréquentes.
 Forme du nourrisson avant 6 mois : rare et bénigne (présence d’anticorps maternels
protecteurs)
2.3. Formes selon le terrain
 Forme du sujet vacciné : Forme bénigne
 Forme de l’immunodéprimé (VIH, MAS, déficit immunitaire congénital): Forme
gravisssime avec des complications souvent mortelles
2.4. Formes associées
Fréquentes dans notre contexte
- Rougeole + tuberculose : la rougeole maladie anergisante, déprime l’immunité permettant
l’expression de la tuberculose qui évolue souvent à bas bruit.
- Rougeole + Coqueluche
- Rougeole + Malnutrition : la malnutrition constitue un facteur aggravant de la rougeole et vice
versa
2.5. Formes compliquées (= complications)
Elles sont fréquentes, souvent graves, à redouter à tous les stades de la maladie :
- précoces, c'est la rougeole maligne ou toxique emportant l'enfant en quelques heures ;
- tardives, ce sont les complications liées soit au virus lui-même soit à une surinfection
bactérienne soit enfin, à une aggravation d'un état antérieur (malnutrition).
 Complications respiratoires
- otites tardives voire mastoïdite,

3
- laryngites aigues : toux et voix rauques
- Bronchopneumopathies
- Pleuropneumopathie,
- Abcès du poumon
 Complications neurologiques
- Encéphalite aigue morbilleuses ou tardive (Panencéphalite sclérosante subaigue de Van
Bogaert) : troubles de la conscience, convulsions/épilepsie, paralysies variées, retard mental,
mouvements anormaux. Le diagnostic se fait par EEG et Scanner cérébral.
 Complications oculaires : Kératite ulcérée avec fonte purulente de l’œil, cécité
 Complications cutanées et muqueuses : Abcès cutané, noma (stomatite gangreneuse)
 Musculaires : myosite
 Complications métaboliques : diarrhée avec déshydratation, malnutrition aigue carentielle
II. DIAGNOSTIC

1. Diagnostic positif
Il est clinique, et évoqué devant :
- Arguments épidémiologiques : notion de contage, contexte épidémique, absence de
vaccination
- Clinique : catarrhe oculo-nasal avec signe de KOPLICK à la phase d’invasion et les
caractéristiques de l’éruption cutanée à la phase d’état
NB : l’OMS retient 3 critères majeurs :
- l’éruption maculo-papuleuse généralisée,
- la fièvre > 38°C,
- un signe parmi les suivants : conjonctivite, catarrhe oculo-respiratoire, toux. On retrouve
parfois le signe de Koplick
2. Diagnostic différentiel
 Avant l’éruption : le catarrhe de la rougeole peut se confondre avec les infections des voies
aériennes,
- la grippe : maladie non éruptive dont le virus ressemble à celui de la rougeole
- une bronchite aigue
 A la phase d’éruption : autres fièvres éruptives
- Scarlatine : éruption en nappe diffuse avec desquamation linguale, angine rouge et absence de
catarrhe
- Rubéole : éruption débute au niveau du visage avec confluence des lésions dès le 2ème jour,
mais engorgement ganglionnaire cervical et sous occipital, et absence de catarrhe
- Mononucléose infectieuse(MNI): éruption, adénopathie, splénomégalie, asthénie et ictère
- Rash médicamenteux : éruption polymorphe, prurigineuse
III. TRAITEMENT
1. Traitement curatif
1.1. Moyens
 Mesures hygiéno-diététiques
- Repos au lit
- Alimentation adéquate
 Médicaments
- antipyrétiques : paracétamol : 15 mg/kg toute les 6 heures
- anticonvulsivants: Diazépam 0,5 – 1mg/kg en intrarectal ; Phénobarbital 5-10 mg/kg en IM
- Collyre ophtalmique: gentamicine collyre, Ofloxacine collyre
- Sérum physiologique ou antiseptique nasal (Soframycine = Isofra)
- Vitamine A : 50000 UI si < 6 mois, 100000 UI si 6-12 mois, 200000 UI si > 12 mois (J1, J2,
J14)
- Antibiothérapie : Amoxicilline + acide clavulanique, Cotrimoxazole, érythromycine

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- Immunoglobuline standard ou gammaglobuline 0,3 ml/Kg en IM
1.2. Indications
 Traitement des formes non compliquées
 Traitement symptomatiques :
- Mesures hygiéno-diététiques
- Antipyrétiques
- Vitamine A
 Traitement des formes compliquées
- Diazépam et/ou phénobarbital en cas de convulsions
- Traitement standard des otites et des infections respiratoires
- En cas d’encéphalite aigue : corticothérapie
 Traitement des formes malignes
- Traitement à faire dans un centre de réanimation
- Utilisation d’immunoglobuline standard
2. Traitement préventif
 Prévention collective : amélioration des conditions de vie et d’hygiène
 Prévention Individuelle :
- Vaccin anti-rougeoleux
o Seul : Rouvax à 9 mois (PEV Burkina Faso) ; rappel 15 mois RR (rubéole ; rougeole)
o Associé : oreillons et la rubéole : ROR (11-12 mois au BF)
- Gammaglobulines
- Prévention de la dissémination du virus
o isolement du malade jusqu’au 6ème jour de l’éruption
o Eviction scolaire jusqu’à la guérison clinique
o Déclaration obligatoire
o prévention de l’atteinte des sujets contacts par administration de gammaglobuline non
spécifique
CONCLUSION
La rougeole est une maladie infectieuse fréquente dans les pays à ressources limitées, très
contagieuse, bénigne mais redoutable à cause de ses complications. Le diagnostic positif est
clinique, la PEC précoce réduit la mortalité et l’éradication passe par une bonne couverture
vaccinale et l’amélioration des conditions de vie.

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