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Cours Avancé en Résistance des Matériaux

Le document présente un cours de résistance des matériaux avancée, abordant les principes fondamentaux du dimensionnement des structures et des matériaux. Il détaille les hypothèses de base, les propriétés des matériaux, ainsi que les méthodes de calcul des déformations élastiques à la flexion. Les objectifs d'apprentissage incluent la définition de la ligne élastique et l'établissement des équations nécessaires pour déterminer les flèches et rotations des poutres.

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Cours Avancé en Résistance des Matériaux

Le document présente un cours de résistance des matériaux avancée, abordant les principes fondamentaux du dimensionnement des structures et des matériaux. Il détaille les hypothèses de base, les propriétés des matériaux, ainsi que les méthodes de calcul des déformations élastiques à la flexion. Les objectifs d'apprentissage incluent la définition de la ligne élastique et l'établissement des équations nécessaires pour déterminer les flèches et rotations des poutres.

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UNIVERSITE D’ABOMEY- CALAVI

ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY- CALAVI


(EPAC)

Département de Génie Civil

Document de l’étudiant

COURS DE RESISTANCE DES


MATERIAUX AVANCEE
(RDM)

Chargés du cours
Dr Valéry Kouandété DOKO
Maitre de Conférences des universités du CAMES, Chef de département de
Génie Civil
&
Boris GANMAVO
Ingénieur de conception, Docteur en science des matériaux et structures

Année Académique : 2025-2026


TITRE DU COURS :
RESISTANCE DES MATERIAUX AVANCEE

Introduction
La résistance des matériaux, désignée souvent par RDM, est la science du dimensionnement.
C’est une discipline particulière de la mécanique des milieux continus qui permet de concevoir
une pièce mécanique, un ouvrage d’art ou tout objet utilitaire. Ce dimensionnement fait appel
à des calculs qui prévoient le comportement de l’objet dont la conception doit réunir les
meilleures conditions de sécurité, d’économie et d’esthétique.

L’objet de la résistance des matériaux est l’étude de la stabilité interne c’est à dire la
détermination des contraintes et déformations à l’intérieur de la matière et les déplacements des
lignes moyennes des structures générés (machines en génie mécanique, bâtiment en génie
civil,…). Elle est basée sur des hypothèses simplificatrices vérifiées expérimentalement.

La RDM fait appel à la statique du solide qui est une branche de la statique étudiant l’équilibre
des pièces dans un mécanisme. C’est un maillon essentiel dans le dimensionnement des
systèmes mécaniques réels. L’objet de la statique est l’étude de l’équilibre d’un corps ou d’un
ensemble de corps solides dans leur géométrie initiale; c’est-à-dire dans la structure non
déformée par rapport à un repère Galiléen. Le solide sera considéré comme infiniment rigide.
Etudier donc la statique d’une structure revient à étudier sa stabilité externe, d’une part en
vérifiant qu’elle ne se comporte pas comme un mécanisme, et d’autre part en déterminant les
actions de liaisons (assemblages entre les différents solides et entre la structure et la fondation
ou le sol).

La statique et la résistance des matériaux constituent l’outil indispensable de l’ingénieur


constructeur pour concevoir et réaliser des ouvrages économiques qui ne risquent ni de se
rompre ni de se déformer excessivement sous les actions qui leur sont appliquées.

1
Généralités
Définitions et hypothèses
La résistance des matériaux ou la mécanique des matériaux est une branche de la mécanique
appliquée servant à étudier le comportement des corps solides sous l’action des différents types
de charges.

La résistance des matériaux traite non seulement les méthodes d’ingénieurs employées pour le
calcul de la capacité des structures et de ses éléments à supporter les charges qui leurs sont
appliquées sans se détruire, ou se déformer appréciablement, mais aussi à présenter les critères
de base pour la conception des structures (forme, dimensions,...) et l’utilisation des matériaux
dans les meilleurs conditions de sécurité et d’économie.

La résistance des matériaux est basée sur les résultats théoriques de la mécanique et les
propriétés des matériaux qui ne peuvent être disponibles qu’à travers les résultats des travaux
expérimentaux comme le témoigne l’histoire du développement de la résistance des matériaux
qui constitue une combinaison fascinante de la théorie et l’expérience. Les limites de la
résistance des matériaux sont celles imposées par ses hypothèses mêmes.

Les disciplines connexes telles que la théorie d’élasticité, de la plasticité ou la méthode des
éléments finis se libèrent de certaines de ces contraintes. Les principales hypothèses de la
résistance des matériaux sont les suivantes:

- L’homogénéité, l’isotropie et la continuité du matériau : On suppose que le matériau


possède les mêmes propriétés élastiques en tous les points du corps, dans toutes les
directions en un point quelconque du corps, et que le matériau est assimilé à un milieu
continu.
- L’élasticité et la linéarité du matériau: On suppose admet qu’en chaque point
contraintes et déformations sont proportionnelles et qu’après déformation, l’élément
revient à son état initiale.
- La petitesse des déformations : les déformations dues aux charges sont négligeables
par rapport aux dimensions des éléments et la configuration géométrique reste
inchangée.
- Hypothèse des sections planes (hypothèse de Navier-Bernoulli): Les sections droites
restent planes et normales à la fibre moyenne au cours de la déformation.

2
- Hypothèse de Saint Venant : Tous les efforts qui interviennent dans la théorie peuvent
être schématisés par leur torseur résultant.

Ces hypothèses simplificatrices conduisent à des solutions approchées qui permettent en


général une bonne approximation du comportement des structures soumises à différents types
de charges.

L’action extérieure est caractérisée par les différents types de forces connues agissant sur une
structure ou un élément de structure défini par ses caractéristiques géométriques et mécaniques.

Pour une structure isostatique, les efforts internes sont déterminés directement en utilisant les
équations de la statique. Par contre pour une structure hyperstatique, il est nécessaire de faire
intervenir les déformations de la structure pour déterminer les réactions.

L’effort interne qui agit au niveau d’une section d’un élément de structure peut-être décomposé
en effort normal de traction ou de compression, moment fléchissant, moment de torsion, effort
tranchant ou une combinaison de ces sollicitations.

A partir de ces efforts internes, nous pouvons obtenir des informations sur la répartition des
contraintes et des déformations dans la section droite. Les valeurs extrêmes de ces contraintes
et déformations sont les mesures de base des critères de résistance, de rigidité ou de stabilité
pour vérifier ou dimensionner les éléments des structures.

3
Figure 1: Principe de calcul

La résistance des matériaux a donc pour but d’assurer qu’on utilise dans une structure donnée,
une quantité minimale de matériaux, tout en satisfaisant aux exigences suivantes:

1- Résistance : La pièce doit supporter et transmettre les charges externes qui lui sont
imposées, (la capacité qu’a un corps de résister aux forces appliquées).
2- Rigidité : La pièce ne doit pas subir de déformation excessive lorsqu’elle est sollicitée,
(la propriété qu’a un corps à résister aux déformations).
3- Stabilité : La pièce doit conserver son intégrité géométrique afin que soient évitées des
conditions d’instabilité (flambement).
4- Endurance : La pièce, si elle est soumise à un chargement répété, doit pouvoir tolérer
sans rupture un certain nombre de cycles de sollicitation variable (fatigue).
5- Résiliences : Enfin, dans le cas où un chargement dynamique (impact) est à prévoir, la
pièce doit pouvoir absorber une certaine quantité d’énergie sans s’en trouver trop
endommagée.

Propriétés des matériaux

Les matériaux résistent, dans la plupart des cas, aux sollicitations auxquelles ils sont soumis car
les forces extérieures qui leur sont appliquées, constituent un système en équilibre. Parmi ces

4
forces, il ne faut noter les réactions d’appuis ainsi que les liaisons. Mais ce n’est pas tout, c’est
aussi parce que ces matériaux sont doués de propriétés physiques données.

On note parmi les propriétés physiques importantes en résistance des matériaux : l’élasticité, la
résistance, la rigidité, la ductilité, la malléabilité, ...

Grâce à ces propriétés, les efforts internes engendrées dans les matériaux, sont capables de
s’opposer à l’action des forces extérieures, où :

1- Élasticité : La propriété physique d’un corps à reprendre sa forme après suppression de


la sollicitation (charge).
2- Ductilité : La propriété d’un corps à pouvoir être étiré en fils très mince.
3- Malléabilité : La propriété d’un corps de pouvoir être réduit en feuilles minces. Un
corps ductile est généralement malléable.

Un corps qui n’est pas ductile, ni malléable est un corps dit cassant.

5
Chapitre1 : Déformation élastique à la flexion

Durée:
Pré-test
Maitriser le chapitre précédent et s’assurer que tous les objectifs spécifiques annoncés sont
atteints.
Reprendre tous les exercices de dudit chapitre
Revoir les cours de mathématiques sur les calculs d’intégrale

Objectifs spécifiques
A la fin de ce chapitre, l’étudiant doit être en mesure de :
 Définir une ligne élastique
 Ecrire l’équation différentielle de la ligne élastique
 Etablir les expressions de la flèche et de la rotation le long d’une poutre
 Déterminer la flèche maximale

6
Texte
Généralités
Quand on charge une poutre, la ligne moyenne qui, initialement est droite, se déforme sous
l'effet d'un moment fléchissant. L'allure de l'axe longitudinal de la poutre après flexion
(déformé) est appelée ligne élastique.
On s'intéresse au calcul des déformations élastiques à la flexion pour pratiquement deux -
raisons :
- Calcul à la rigidité : en plus du calcul à la résistance, on doit parfois vérifier que la flèche de
la poutre ne dépasse pas la valeur de la flèche maximale permise.
- Le calcul des déformations est essentiel pour l'analyse des systèmes hyperstatiques, comme
nous allons le voir dans le chapitre suivant.

Equation différentielle de la ligne élastique


L'expression de l'équation de la déformation peut être facilement obtenue à partir de la relation
entre la courbure et le moment fléchissant:

1 𝑀
= 𝐸𝐼𝑧
𝑅 𝑧

L’arc GG’ ayant pour longueur dl :


1 𝑑𝜃
𝑑𝑙 = 𝑅𝑑𝜃 𝑜𝑢 =
𝑅 𝑑𝑙

La tangente de la courbe v au point x est définie par :


𝑑𝑣
= 𝑡𝑔𝜃
𝑑𝑥

Pour des angles de rotations très petits on assimile :


𝑡𝑔𝜃 = 𝜃 𝑒𝑡 𝑑𝑙 = 𝑑𝑥
En remplaçant ces expressions dans celles précédentes, on obtient
1 𝑑𝜃
= 𝑑𝑥
𝑅
𝑑𝑣
𝜃 = 𝑑𝑥 (a)

7
En dérivant (a) par rapport à x :
𝑑𝜃 1 𝑑2 𝑣
= 𝑅 = 𝑑𝑥 2
𝑑𝑥

Il en résulte :
𝑑2 𝑣 𝑀
= − 𝐸𝐼𝑧 (b)
𝑑𝑥 2 𝑧

C'est l'équation différentielle de la ligne élastique que l'on intègre dans chaque cas particulier
afin de déterminer les flèches des poutres.
Le signe dans l'équation (b) correspond à :
 x et v sont positifs vers la droite et vers le bas respectivement.
 l'angle θ est positif dans le sens des aiguilles d'une montre à partir de l'axe x.
 M positif quand il tend les fibres inférieures.
 la courbure est positive si la courbe est concave vers le bas (M>0 et 1/R>0)
On dispose de plusieurs méthodes pour la résolution de l'équation différentielle de la déformée.
Les procédures les plus utilisées seront présentées ci-après.

Méthode d’intégration directe


L'équation de la déformée peut être obtenue par intégration successive de l'équation
différentielle (b).
En intégrant une première fois on obtient l'équation de l'angle de rotation :
𝑑𝑣 𝑀(𝑥)
𝜃(𝑥) = 𝑑𝑥 = ∫ − 𝑑𝑥 + 𝐶1
𝐸𝐼

En intégrant une seconde fois il vient :


𝑀(𝑥)
𝑣(𝑥) = ∫ [∫ − 𝑑𝑥 + 𝐶1 ] 𝑑𝑥 + 𝐶2
𝐸𝐼

Où C1 et C2 sont les constantes d’intégration à déterminer à partir des conditions aux limites.
Il faut noter que dans le cas des poutres ayant plusieurs tronçons dont chacun possède sa propre
équation du moment, il faut substituer l'expression de M dans chacune des équations
différentielles et procéder à l'intégration. Les constantes d'intégration dans ce cas sont
déterminées en utilisant les conditions aux appuis des extrémités de la poutre et aux conditions
de continuité aux limites des tronçons.
Conditions aux limites
 En tout point d’appuis (simple, double ou encastrement) la flèche est nulle (v=0)
 En tout point d’encastrement, la rotation est nulle (v’=0)
 En tout point intermédiaire, la flèche et la rotation à gauche sont égale respectivement
à la flèche et la rotation à droite

8
Application
Exemple 1
Déterminer l'expression de la déformée d'une console soumise à une charge uniformément
répartie sur toute sa longueur.

Solution
Le moment fléchissant d’une section située à une distance x de l’extrémité libre est :
𝑥2
𝑀 = −𝑞 2

En intégrant deux fois l’équation différentielle de la déformée on obtient :


𝑥2
𝐸𝐼𝑣 ′′ (𝑥) = −𝑀 = 𝑞 2

𝑥3
𝐸𝐼𝑣 ′ (𝑥) = 𝐸𝐼𝜃(𝑥) = 𝑞 + 𝐶1
6

𝑥4
𝐸𝐼𝑣(𝑥) = 𝑞 24 + 𝐶1 𝑥 + 𝐶2

Conditions aux limites


𝐿3 𝑞𝐿3
𝑣 ′ (𝐿) = 0 ⟹ 𝑞 + 𝐶1 = 0 ⟹ 𝐶1 = −
6 6

𝐿4 𝑞𝐿4 𝑞𝐿4
𝑣(𝐿) = 0 ⟹ 𝑞 24 − + 𝐶2 = 0 ⟹ 𝐶2 =
6 8

1 𝑞𝑥 4 𝑞𝐿3 𝑞𝐿3 1
D’où 𝑣 = 𝐸𝐼 [ 24 − 𝑥+ ] 𝑒𝑡 𝑣 ′ (𝑥) = 𝜃(𝑥) = 6𝐸𝐼 (𝑞𝑥 3 − 𝑞𝐿3 )
6 8

−𝑞𝐿3 𝑞𝐿4
A l’extrémité libre 𝑥 = 0 ⟹ 𝜃𝑚𝑎𝑥 = 𝑒𝑡 𝑓 = 8𝐸𝐼
6𝐸𝐼

9
Méthode de la poutre conjuguée (fictive)

La méthode d'intégration directe de l'équation différentielle de la ligne élastique qui est très
efficace pour les poutres simples à un seul tronçon, devient laborieuse même pour une poutre à
trois tronçons. Pour simplifier les calculs il est parfois utile de se servir d'autres méthodes,
comme la méthode des paramètres initiaux ou la méthode grapho-analytique dite méthode de
la poutre conjuguée (fictive). Cette dernière est basée sur l'analogie qui existe entre l'équation
différentielle de la déformée et celle qui lie le moment fléchissant à la charge répartie :

𝑑 2 𝑣(𝑥) 𝑀(𝑥) 𝑑 2 𝑀(𝑥)


= − ⟺ = 𝑞(𝑥)
𝑑𝑥 2 𝐸𝐼 𝑑𝑥 2

Pour une poutre donnée, la méthode grapho-analytique consiste à considérer le diagramme des
moments fléchissant comme une charge fictive répartie agissant sur une poutre fictive. La flèche
v(x) et l'angle de rotation θ(x) de la poutre donnée sont déterminés respectivement par le rapport
du moment fléchissant et de l'effort tranchant dans une section x de la poutre fictive à la rigidité
de la poutre donnée c'est-à-dire :

𝑻𝒇 (𝒙)
𝜽(𝒙) = 𝑬𝑰

𝑀𝑓 (𝑥)
𝑣(𝑥) = 𝐸𝐼

Où Tf(x) : l’effort tranchant de la poutre fictive

Mf(x) : moment fléchissant de la poutre fictive

Les règles de construction de la poutre fictive sont les suivantes :

1- Un appui à l'extrémité de la poutre réelle reste inchangé pour la poutre fictive.


2- Un appui intermédiaire de la poutre réelle est remplacé par une articulation dans la poutre
fictive.
3- Une articulation de la poutre réelle devient un appui intermédiaire dans la poutre fictive.
4- L'encastrement de la poutre réelle est pris comme extrémité libre dans la poutre fictive.
5- Une extrémité libre de la poutre réelle devient un encastrement dans la poutre fictive.

Le diagramme positif du moment fléchissant de la poutre réelle agit sur la poutre fictive de
haut en bas et le diagramme négatif du moment fléchissant de la poutre réelle agit sur la poutre
fictive de bas en haut.

10
Il faut noter aussi que cette méthode est efficace pour calculer les déplacements des sections
particulières de la poutre, pourvu qu'il soit facile de déterminer les aires et les centres de gravité
des diagrammes du moment fléchissant.

Applications

Exemple 2

On donne P, L, E et I

- Déterminer 𝜃𝑐 ; 𝜃𝐴 𝑒𝑡 𝑓𝐴
𝐿
- Déterminer la charge P pour que 𝑓𝑚𝑎𝑥 ≤ 300

Solution

Les réactions :

∑ 𝑀/𝐴′𝑑 = 0

𝐿 𝐿
𝑉𝐶′ ∗ 𝐿 + 𝑃𝐿 ∗ 2 ∗ 3 = 0

𝑃𝐿2 𝑃𝐿2
⟹ 𝑉𝐶 ′ = − ⟹ 𝑇𝐶 ′ = −𝑉𝐶 ′ =
6 6

𝑃𝐿2 −5𝑃𝐿2 −5𝑃𝐿2


𝑉𝐴′ = −𝑃𝐿 ∗ 𝐿 + = ⟹ 𝑇𝐴′ = 𝑉𝐴′ =
6 6 6

−𝑃𝐿2 2
𝑀𝐴′ = ∗ 2𝐿 + 𝑃𝐿2 ∗ 𝐿 = 3 𝑃𝐿3
6

𝑇𝐴′ −5𝑃𝐿2
D’où 𝜃𝐴 = =
𝐸𝐼 6𝐸𝐼

𝑇𝐶′ 𝑃𝐿2
𝜃𝐶 = =
𝐸𝐼 6𝐸𝐼

𝑀𝐴′ 2𝑃𝐿3 𝐿 𝐸𝐼
𝑓𝑚𝑎𝑥 = = ≤ 1000 ⟹ 𝑃 ≤ 2𝐿2
𝐸𝐼 3𝐸𝐼

Exemple 3

Déterminer la flèche au point C et la rotation au point B de la poutre ci-contre

Solution

11
On détermine les aires des diagrammes des moments de chaque tronçon et les bras de levier
par rapport à C.

4
𝐹1 = 3 𝑞𝑎3

3
𝐿1 = 2 𝑎

3𝐿 𝐿
Le centre de gravité de la section 1 : ( 4 , 4)

ℎ𝐿
L’aire de la section 1 : Ω = 3

5
𝐹2 = 2𝑞𝑎3 𝐿2 = 2 𝑎

5
𝐹2 = 𝑞𝑎3 𝐿2 = 2 𝑎

7𝑞𝑎4
𝑀𝑐 = ∑ 𝐹𝑖 𝐿𝑖 ⟹ 𝑉𝐶 = 𝐸𝐼

2𝑞𝑎3
𝑇𝐵 = 𝐹2 ⟹ 𝜃𝐵 = 𝐸𝐼

Méthode des paramètres initiaux (MacAulay)

La méthode des paramètres initiaux est basée sur le principe de la fonction discontinue pour la
détermination d'une expression unique du moment fléchissant d'une poutre de plusieurs
tronçons. L'intégration directe de cette expression résulte en deux constantes C1 0 = θ et C v 2
0 = qui s'avèrent être les paramètres initiaux. Ainsi si on prend l'origine des coordonnées aux
points situés à l'extrême gauche de la poutre, les expressions de v(x) et θ(x) sont données par
les équations :

(𝑥 − 𝑎) (𝑥 − 𝑏)2 (𝑥 − 𝑐)3 (𝑥 − 𝑑)3


𝐸𝐼𝜃(𝑥) = 𝐸𝐼𝜃0 + ∑ 𝑀 + ∑𝑃 + ∑ 𝑞𝑐 − ∑ 𝑞𝑑
1! 2! 3! 3!
(𝑥 − 𝑐)4 (𝑥 − 𝑑)4
+ ∑ 𝑞𝑐′ − ∑ 𝑞𝑑′ +⋯
4! 4!

12
𝑥 (𝑥 − 𝑎)2 (𝑥 − 𝑏)3 (𝑥 − 𝑐)4
𝐸𝐼𝑣(𝑥) = 𝐸𝐼𝑣0 + 𝐸𝐼𝜃0 + ∑𝑀 + ∑𝑃 + ∑ 𝑞𝑐
1! 2! 3! 4!
(𝑥 − 𝑑)4 (𝑥 − 𝑐)5 (𝑥 − 𝑑)5
− ∑ 𝑞𝑑 + ∑ 𝑞𝑐′ − ∑ 𝑞𝑑′ +⋯
4! 5! 5!

Où :

M : moments concentrés extérieurs ou à l'encastrement

a : distance entre l'origine des coordonnées et les points d'application des moments M

p : les forces concentrées y compris les réactions

b : distances entre l'origine des coordonnées et les points d'application des forces P

qc, qd : respectivement, les intensités au début et à la fin de la charge répartie

q'c, q'd : respectivement, les valeurs des dérivées de q aux points x= c et x = d Les directions
des charges sont positives comme indiquées ci-dessous :

Les deux paramètres initiaux 𝑣0 et 𝜃0 sont déterminés par les conditions d'appui de la poutre.

Application

Déterminer la flèche maximale et les rotations aux appuis de la poutre représentée sur la figure
suivante

13
Solution

Par les équations de la statique on détermine les réactions aux appuis et on trouve:

RA = 10 kN

RB = 10 kN

10 𝑥3 (𝑥−12)3
𝐸𝐼𝜃(𝑥) = 𝐸𝐼𝜃0 − 𝑥2 + − + 2(𝑥 − 4)2 + 32(𝑥 − 8) − 5(𝑥 − 12)2
2 6 6

5 3 𝑥 4 (𝑥 − 12)4 2
𝐸𝐼𝑣(𝑥) = 𝐸𝐼𝑣0 + 𝐸𝐼𝜃0 𝑥 − 𝑥 + − + (𝑥 − 4)3 + 16(𝑥 − 8)2
3 24 24 3
5
− (𝑥 − 12)3
3

𝐸𝐼𝑣(0) = 0 ⟹ 𝐸𝐼𝑣0 = 0 ⟹ 𝑣0 = 0

118.22
𝐸𝐼𝑣(12) = 0 ⟹ 𝐸𝐼𝑣0 = 0 ⟹ 𝜃0 = 𝐸𝐼

118.22
𝜃(0) = 𝜃0 = 𝐸𝐼

57.78
𝜃(12) = − 𝐸𝐼

La flèche maximale

𝜃(𝑥) = 0 ⟹ é𝑞𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑝𝑜𝑙𝑦𝑛𝑜𝑚𝑖𝑎𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑑𝑒𝑔𝑟é 3.

X 0 4 8 12 16
EI(x) 118.22 48.89 -84.4 -57.78 -25.78

Donc θ(x) = 0 pour x ∈] 4, 8 [

En utilisant la méthode de dichotomie, on converge vers x = 5.48

14
414
⟹ 𝑣(5.48) = + 𝐸𝐼

Superposition des déformations

Les équations différentielles de la déformée sont des équations linéaires c'est-à-dire tous les
termes de v, v' et v'' sont du premier ordre. Les déformations dues à plusieurs cas de charges
peuvent être donc superposées ou cumulées. Cette méthode est surtout utilisée quand le
chargement est composé de plusieurs cas de charge élémentaire ou les déformations sont
données dans les aides mémoires de la RDM.

Exemple :

Déterminer la flèche maximale de la poutre ci-dessous.

Solution

𝑓𝑚𝑎𝑥 = 𝑓𝑞 + 𝑓𝑝

𝑞𝑎3
𝑓𝑞 = 24𝐸𝐼 (4𝐿 − 𝑎)

𝑃𝐿3
𝑓𝑝 =
3𝐸𝐼

𝑃𝐿3 𝑞𝑎3
𝑓𝑚𝑎𝑥 = 3𝐸𝐼 + 24𝐸𝐼 (4𝐿 − 𝑎)

15
Clarifications conceptuelles
La méthode des paramètres initiaux est basée sur le principe de la fonction discontinue pour la
détermination d'une expression unique du moment fléchissant d'une poutre de plusieurs
tronçons

Les équations différentielles de la déformée sont des équations linéaires c'est-à-dire tous les
termes de v, v' et v'' sont du premier ordre

Stratégie ou méthode d’apprentissage


La méthode d’apprentissage est la méthode constructiviste. Chaque chapitre sera développé par
un groupe d’étudiants.

Evaluation

Exercice 1

On donne P, L, E et I - Déterminer θc, θA et yA - Déterminer la charge P pour que ymax =300

Exercice 2

Déterminer la flèche au point C et la rotation au point B de la poutre ci-contre.

Exercice 3

Déterminer la flèche maximale et es rotations aux appuis de la poutre représentée sur la figure
ci-dessous.

16
Leçon
Pour résoudre les exercices, il faut suivre les méthodes décrites dans le cours et s’inspirer des
exercices d’application.

17

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