Les addictions
Histoire du mot addiction :
Les champs de l’addiction ne sont autre que les champs de l’activité humaine : nourriture,
sexe, alcool, drogue, argent = tout ce qui nous entoure peut être source d’addiction.
A la fin du 18° siècle (séparation religion et hôpital) les conduite abusive deviennent des
maladie, avant on parlait de vice. La notion d’alcoolisme est reconnu en 1850 (Magnus Huss),
comme une maladie chronique et remplace le terme d’ivrognerie. En 1957 (Benedict
Augustin Morel), les alcooliques, toxicomanes, tuberculeux vont entrer dans la catégorie des
dégénérescences (criminels).
/!\ L’alcool n’est pas une hérédité mais plutôt une transmission inter générationnelle.
En 1885 arrive le terme de toxicomanie quand la personne peut avoir plusieurs addiction en
même temps : cocaïne, morphine, héroïne…
Définitions :
Ensemble des dépendances. On parle de conduites addictives pouvant concerner soit
une dépendance à un produit soit une dépendance comportementale (jeux…). Les
addictions concernent 20 à 25 % de la population en générale.
Si l’on devient addict c’est que l’objet d’addiction est une source de plaisir intense.
1° définition qui est incomplète : rencontre entre un produit et le corps du sujet -> il se passe
quelque chose au niveau du corps : sentiment de détente … Pour ne pas devenir dépendant il
suffirait d’éviter cette rencontre.
Cette théorie est mise à mal par un médecin américain Mr Jellinek : qui a constaté que 20%
des anciens buveur finissaient finalement par avoir de nouveau une consommation d’alcool
modéré et plus dans l’excès.
Alan Marlatt = idée d’un processus morbide pharmacologique induit par le produit : la
nicotine.
L’addiction serait une tentative d’éviter un conflit intra psychique et finalement cela devient
par la suite un PROBLEME.
Bergeret : addiction désigne en ancien français la contrainte par le corps : lorsque la
dépendance corporelle à valeur pour le sujet de tentative inconsciente de régler une dette =
comme si il y avait quelque chose à rembourser. Le sujet va utiliser inconsciemment son
corps pour répondre à une culpabilité (perte de quelqu’un dans un accident de voiture →
culpabilité → mise dans l’alcool pour oublier → ne pas en sortir pour ne pas oublier cette
dette). Ce serait alors une penne auto infligé.
Olievenstein : toxicomanie = rencontre d’un produit d’une personnalité et d’un moment
socio culturel.
Facteurs de risque :
- Facteurs de risque personnels : trait de personnalité, troubles du comportement,
évènement de vie (rupture, deuil, maltraitance, maladie grave), génétique,
neurobiologie.
- Facteurs de risque liés au produit : produit très addictifs (1 ou 2 prise). Tabac,
héroïne, cocaïne, alcool, cannabis.
L’âge de début de consommation, la fréquence, la durée de consommation,
substance en question, quantité absorbé, mode d’absorption.
- Facteurs de risque lié à l’environnement du sujet : environnement familial
(prévention ou initiation à la consommation), cercles d’amis, travail.
Les pratiques addictives résultent de l’interaction de ses 3 sphères : « il est impossible pour
une personne de connaitre avant de consommer la puissance comment elle va réagir, les
risque qu’elle prend et est ce qu’elle va devenir dépendant ».
Addiction :
Commence à être utilisé dans les années 90, comme synonyme de dépendance.
Mot pour désigner l’ensemble des dépendance que ce soit en lien avec des substance ou des
conduites : l’addiction est un processus dans lequel est réalisé un comportement qui peut
avoir pour fonction de procurer un plaisir et de soulager un malaise intérieur, et qui se
caractérise par l’échec répété de son contrôle et sa persistance en dépit des conséquences
négatives. Lorsque tout cela est réuni, on peut dire à la personne qu’elle est addicte.
Conduite addictive : impossibilité de résister aux impulsions à répéter un comportement qui
provoque du plaisir mais qui est marqué par la dépendance.
La notion de répétition est primordial dans l’addiction :
- Impossibilité de résister à l’impulsion de passage à l’acte.
- Soulagement ou plaisir durant la période.
- Perte de contrôle dès le début de la crise.
L’approche neurobiologique :
Le système de récompense.
Addiction = trouble de l’usage et perte de contrôle d’un objet qui est à l’origine source de
plaisir.
Les chercheur on constatés un dysfonctionnement du système de récompense lié aux
troubles de l’usage : usage excessif → envoie un signal au cerveau → usage courant →
récompense.
Le système de récompense nous invite à reproduire les expériences gratifiante : on
commence quelque chose qu’on aime bine → on recommence → on augmente la quantité
→ le système dopaminergique aime bien –> le système gabaergique dit STOP. Mais quand
on surstimule le système on abime les freins, le système gabaergique ne fonctionne plus
donc plus de frein, il y a que le système dopaminergique de récompense qui fonctionne.
MAIS cela se rééduque avec les soins.
Mais quand tout va bien le système est régulé par 2 neurotransmetteurs : dopaminergique
(système du plaisir) contrebalancé par le système gabaergique et glutamatergique qui vont
freiner.
Vidéo
Vocabulaire de l’addiction / la dépendance :
Addiction synonyme de dépendance.
Dépendance = asservissement, assujettissement, chaine, esclavage, obédience, obéissance,
servitude, soumission, subordination, suggestion, vassalité -> l’objet de l’addiction oblige. Le
patient est complètement soumis à son objet d’addiction, il n’est pas du tout libre.
Le syndrome de dépendance = ensemble de phénomènes comportementaux, cognitifs et
physiologiques dans lesquels l’utilisation d’une substance psychoactive spécifique ou d’une
catégorie de substances entraine un désinvestissement progressif des autres activités.
Addiction aux jeux vidéo = enfant ne sort plus de la maison, ne va plus voir ses
copains.
La caractéristique essentielle du syndrome de dépendance consiste en un désir souvent
puissant, parfois compulsif de prendre une substance psychoactive ou d’effectuer un
comportement.
Si le syndrome de dépendance ne donne pas lieu à une consommation impulsive : le
syndrome de dépendance se manifeste par une anxiété, irritabilité, hypersalivation,
tachycardie, hypertension et le syndrome de dépendance peut se manifester pendant des
moinsa près l’arrêt de la substance et c’est une des raisons majeur de la rechute.
Craving (synonyme du syndrome de dépendance) = envie irrépressible de consommer une
substance alors qu’on ne le veut pas à ce moment-là : une idée qui s’impose au sujet et le
pousse à la consommation ou au comportement. Il faut trouver des alternative plutôt que de
céder à cette envie.
Le sevrage = l’arrêt de la consommation du toxique. Il s’accompagne d’un ensemble de
symptôme qui va traduire un état de manque, cet état de manque s’appel aussi syndrome de
sevrage.
Signe clinique du syndrome de sevrage : anxiété, agitation, irritabilité, insomnie, cauchemars,
sueurs, tremblement, tachycardie, hypertension, troubles digestifs, anorexie, nausées ou
encore vomissements.
Le syndrome de sevrage dépend de la durée et de la dose de l’usage de la
substance prise. De même pour ce qui est des addictions comportementales.
Les différentes addictions :
2 types d’addiction :
- Les addictions comportementales ou sans substances :
Les addiction comportementales nous apprennent que ce n’est pas le produit qui
définit l’addiction, mais la relation que l’individu entretient avec son objet
d’addiction.
Jeux de hasard
Jeux vidéo
Sexe
Achats compulsifs
Travail
Nourriture
…
Le traitement : selon le type d’addiction comportementale et les conséquences physiques,
sociales et relationnelles qu’elles occasionnent, la proposition de traitement sera différente :
• Approche individuelle
• Approche familiale
• Approche médicamenteuse pour éviter le syndrome de sevrage
• Groupe de parole pour les proches
• Groupe de soutien pour le patient
- Les addictions avec substances :
EXEMPLE : l’addiction à l’ALCOOL (une substance capable de modifier l’état de
conscience :
Des propriétés psychotropes :
o Désinhibiteur
o Euphorisant
o Excitant
o Dépresseur ou antidépresseur
o Anesthésiant
Différents type d’usage de l’alcool :
1- Usage à très faible risque : consommation inférieur à 1 à 2 verres par jours, pas tous
les jours.
2- Usage à faible risque : consommation supérieur au seuil de manière continue sans
conséquence physique, psychique, sociale, juridique et familiale.
3- Usage nocif ou abus : consommation supérieur au seuil avec conséquence physique,
psychique, sociale ou juridique mais pas de signe de dépendance physique ou
psychique.
4- On parle de dépendance quand l’usage répondra à une dépendance physique et
psychique et ou des mécanisme de tolérance.
Usage nocif non égale à dépendance.
Critères physiques : Signes de manque à distance de la dernière consommation.
Critères psychologiques : l’organisation de al vie se fait autour de la consommation : refus de
certains activités… + apparition de Craving et Cues (situation favorisants la consommations
d’alcool : le patient va éviter certaines situation, il sait que cela va le faire boire).
Intoxication alcoolique aigue:
3 stades :
- Ivresse simple : +0,5 g/L, champs visuel, acuité auditive, reflexes, modification de
l’humeur, activité intellectuelle altérée, modification motrice.
- Ivresse pathologique ou atypique :
o Ivresse excito-motrice : violence, énervement
o Ivresse hallucinatoire : auditive et visuelle
o Ivresse délirante : mégalomanie (raconte des histoire), jalousie, persécution
➔ Elle ont tendance à récidiver sous la même forme.
➔ Elle se termine généralement par un coma.
- Le coma éthylique :
o Hypotonie
o Mydriase
o HypoTA
o Hypothermie
o Hypoglycémie
A partir d’une alcoolémie entre 4 et 5 gramme dans le sang ➔ URGENCE avec risque
de décompensation respiratoire.
Prise en charge :
o Vérifier la vigilance
o Attention au risque d’inhalation : mise en PLS
o Surveillance des constantes
o Correction des troubles électrolytiques + glucides + vitamines B1 et B6.
o O2 si besoin
o Rassurer le patient à son réveil
- Intoxication alcoolique chronique :
o Signes physique de dépendance :
➔ Troubles trophiques et capillaire : face rouge, coupe rose.
➔ Troubles digestifs : nausées et anorexie.
➔ Troubles neurologiques : tremblements, signes de polynévrite
(manque de coordination, engourdissement, douleurs musculaire,
fourmillements)
o Signes psychique :
➔ Troubles du caractère
➔ Troubles de l’affectivité
➔ Troubles de la mémoire
➔ Troubles du comportement
Elimination de l’alcool par le foie à hauteur de 0,10 à 0,15 gramme par heure environ.
Impact somatique de la consommation excessive d’alcool :
- Pathologies cancéreuse
- Pathologies cardio vasculaire
- Maladie alcoolique du foie
- Pancréatite aigüe ou chronique
- Neuropathie périphérique
- Syndrome cérébelleux : troubles de la marche
- Encéphalite de Gayet – Wernicke : paralysie oculomotrice
- Maladie de Korsakoff : troubles cognitifs très important
Les risque du sevrage alcoolique :
LE PRE DELIRIUM TREMENS :
Dans le cas du sevrage forcé, sans prise en charge médicale : le sujet peut présenter des
signes avant-coureurs de delirium trémens :
→ Vitamines : éviter la dégradation neuro.
Il peut se mettre en place environ 48h après l’arrêt de l’alcool.
A ce stade, le patient est dans un état de manque très important, risque de convulsion et un
risque de delirium tremens complet qui peut mener vers la mort.
LE DELIRIUM TREMENS : URGENCE
Syndrome confuso- Syndrome neurologique Autres signes Biologique
onirique :
✓ Le délire ✓ Tremblement intenses ✓ HyperTA ✓ Gamma GT
✓ Hallucinations : ✓ Dysarthrie ✓ Hyperthermie haut
zoopsie (petites ✓ Incoordination motrice ✓ Tachycardie ✓ Volume
bêtes) (risque de chute) ✓ Tachypnée globulaire
✓ Insomnie totale ✓ Hypertonie de défense ✓ Sueurs moyen haut
✓ Agitation ✓ Crise d’épilepsie (impression
✓ Désorientation alcoolique)
spatio- ✓ Transferrine
temporelles carboxy
déficience
haute
(impregnation
d’alcool lié à la
consommation
CHRO).
Ces troubles s’accentuent la nuit à la peine ombre.
La prise en charge infirmière :
Rôle prescrit :
- Hydratation adaptée
- Correction de l’hypokaliémie
- Surveillance des entrées et sorties car hydratation ++
- Apport de vitamines
- Benzodiazépines IV 10 mg par heure
- Recours prudent aux neuroleptique, seulement si persistance des hallucination
malgré les benzo
- Correction de l’hypothermie
- Traitement des autres facteurs
Rôle propre :
- Mise du patient dans chambre seul
- Vêtement confortable si possible
- Pas de contention pour éviter d’alimenter la persécution car impression de bêtes qui
monte dessus
- Laisser la lumière
- Aller voir le patient +++
- Attitude calme et rassurante
- Surveillance des constantes et conscience
- Accompagner les familles
- Expliquer au patient où il se trouve, lui expliquer ce qu’il se passe quand il commence
à reprendre ses esprits.
→PUIS : orienter le patient vers l’offre de soin en addictologie.
Les médicaments de l’alcoolodépendance :
Améliorer la qualité de vie globale des patients dépendants en ayant une incidence
sur leurs habitudes de consommation.
Arrêt de l’alcool OU réduction.
➔ Dans le but de stimuler le système de récompense :
Baclofene, nalméfène, aotal, naltrexone, accord, mylan, disulfirame esperal
+ Seresta
+ Vitamine
Le score de Cushman : dans le but de déterminer la nécessité de l’adjonction d’une
benzodiazépine et sa posologie chez un patient en sevrage OH.
Réflexions sur l’accompagnement des personnes présentant des addictions :
La plus grande difficulté serait d’accompagner le patient à faire lui-même la demande de
soins.
Souvent la première intention vient des proches ou bien de la société.
Le sujet et l’addiction :
➔ Quand est-il de la demande du sujet ?
Désigner quelqu’un comme l’alcoolique, le boulimique … c’est prendre le risque que le
patient s’identifie à son symptôme.
Pourquoi malgré toute les prises en charge, l’addiction revient tel qu’elle était ou avec un
autre objet d’addiction ?
On associe souvent une addiction à son objet et l’objet vient souvent voler la vedette au
sujet : on désigne plutôt l’objet à la place du sujet lui-même : l’alcoolique, le toxico …
ATTENTION à cet abus de langage, c’est prendre le risque que celui-ci s’identifie à son
symptôme, ne sera plus que l’alcoolique, l’anorexique et que le reste n’existe plus.
Et les patient s’identifie à cette étiquette qu’on leur donne de façon inconsciente : une fois
qu’il s’identifie comme un alcoolique alors il ne fera plus rien pour arrêter. Il est alors
important de faire l’effort de ne pas désigner la personne par sa pathologie.
Il ne faut pas occulter le fait que c’est bien le sujet qui est à l’initiative de l’addiction qui le
concerne. La conduite addictive c’est d’abord le résultat de la conduite avant d’être la
conséquence de son choix. Ce n’est donc pas la cigarette qui a rendu le sujet dépendant, c’est
parce qu’il a choisi la cigarette qu’il en ai devenu dépendant. C’est la ou il faut
responsabiliser le sujet sans pour autant le culpabiliser car l’addiction est la conséquence du
choix.
A un moment donné le patient à fait le choix de tenter le produit addictif mais il peut à tout
moment faire un autre choix. Et il faut lui permettre de faire un autre choix.
➔ Il ne faut pas juger : l’addiction a pu servir de béquille à un moment donné et à ce
jour elle ne fonctionne plus.
La jouissance : moteur de l’addiction :
Le plaisir est quelque chose dont nous avons conscience alors que la jouissance serait
quelque chose qui est inconscient et dont nous avons pas les mots pour en témoigner.
« L’alcoolique court après l’ivresse et comme il n’y a pas d’ivresse sans excès il boit trop ».
« quoi qu’il en soit du temps de la jouissance, elle entraine toujours la recherche de son
renouvellement ».
L’addiction comme un symptôme :
L’addiction serait un passage à l’acte lent.
Conclusion :
- Importance d’éviter d’infantiliser les patients, de leur dire ce qu’ils doivent faire.
- Être plus attentif à la manière dont les patient sont les témoins de ce qu’ils
traversent : écouter.
- On ne bois pas pour rien mais il n’est pas forcément nécessaire de savoir pourquoi il
bois. En revanche il est intéressant de savoir pourquoi il veut arrêter.
- Quand on voit quelqu’un avec des béquilles ont ne lui retire pas comme ça du jour au
lendemain.