Ingénieur en dépollution des sols pollués
Ingénieur en dépollution des sols pollués
pollués
Fiche métier Ingénieur en dépollution sites et
sols pollués
➢Le milieu "sol" est décrit comme étant très complexe et hétérogène, ce qui
signifie qu'il n'est pas uniforme. Cette variabilité provient des différences dans :
⁻ Sa composition chimique (minéraux, matière organique, etc.),
⁻ Sa structure physique (texture, porosité, perméabilité),
⁻ Ses caractéristiques biologiques (micro-organismes, racines, faune).
➢L'examen macroscopique d'un sol montre qu'il est constitué de différentes
couches appelées horizons. Ces horizons se forment naturellement au fil du
temps sous l’effet de processus biologiques, chimiques et physiques. Chaque
horizon a des propriétés spécifiques :
⁻ Horizon A (surface) : riche en matière organique, c'est la couche fertile.
⁻ Horizon B : zone d'accumulation de minéraux.
⁻ Horizon C : couche rocheuse altérée.
⁻ Roche-mère : base solide
➢En milieu urbain, les sols sont souvent remaniés (déplacés ou modifiés) en raison
d’activités humaines comme :
⁻ Les travaux de construction,
⁻ Les remblais ou excavations,
⁻ La pollution due à l’urbanisation.
Les composants du sol et leur organisation
Les Processus et les réactions au sein du sol
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Pourquoi reconvertir les sites pollués ?
Saisir une opportunité de territoire
= situation dans des zones à fortes pressions foncières (centres villes ou en
périphérie immédiate)
●
Opportunité pour réaliser une économie sur les coûts liés à la voirie, aux
réseaux et aux équipements publics car ces sites sont déjà intégrés à la
trame urbaine
●
Bonne opportunité pour renouveler l’espace urbain sans empiéter sur les
espaces agricoles et naturels (stratégie territoriale)
●
Solution pour redynamiser le territoire par un renouvellement du paysage
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Pourquoi reconvertir les sites pollués ?
= prise en compte de l’enjeu sanitaire, aussi bien pour les êtres humains que
pour l’environnement
●
Une SOURCE de pollution : localisation, description…
●
Une voie de TRANSFERT de la source vers la cible via des milieux
d’exposition : inhalation, ingestion de terres contaminées, contact cutané, …
●
Une CIBLE et de son temps d’exposition : adulte ou enfant, usage
résidentiel ou plus ponctuel, …
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Pourquoi reconvertir les sites pollués ?
Répondre à un risque sanitaire
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La politique de gestion des SSP
LES OUTILS :
[Link] de site
[Link] historiques et documentaires
3.Étude de vulnérabilité
[Link]
5. Schéma Conceptuel (SC) : C'est un modèle qui décrit les relations entre les
sources de pollution, les voies de transfert et les cibles potentielles sur le
site.
[Link] de Gestion (PG) : Réaliser des aménagements ou des actions pour
améliorer ou adapter l’état du site.
[Link]étation de l’État des Milieux (IEM) : évaluer l'état des milieux
environnants (comme l'eau, l'air et le sol)
[Link] de risques : Il s'agit de l'utilisation de modèles et de données pour
quantifier le risque pour la santé humaine et l'environnement 13
La démarche et les outils
Étude de vulnérabilité
Études historiques et ●
Cartes géologiques et hydrogéologiques,
documentaires , Agences de l’Eau… (nature,
●
Province, communes, cadastre, perméabilité du sol, écoulement de la
photographies aériennes nappe, captages AEP, ...)
●
Passif industriel : bases de
données
● Témoignages d’anciens riverains Diagnostics
ou salariés du site... = campagnes de
mesures sur le terrain
Schéma conceptuel État des milieux (sols,
Visite des lieux eaux, air)
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•,
●
Caractériser le type de composés présents dans les eaux
E
souterraines et leurs niveaux de concentrations
A
●
U Déterminer le sens d’écoulement de la nappe
X ●
Déterminer les caractéristiques de l’aquifère
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Diagnostic « SOLS » et « EAUX SOUTERRAINES »
E
●
Prévoir au moins 3 piézomètres,
A non alignés
U ●
En limite de site
X ●
À proximité des sources - sol
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Diagnostic « SOLS » et « EAUX SOUTERRAINES »
●
En surface si des espaces non couverts sont prévus dans le projet
risque par contact direct avec le sol
●
Dans les sols destinés à être excavés lors du terrassement
choix filière d’évacuation (DI/DD)
●
Sous le niveau des fondations des futurs bâtiments
risque par inhalation de vapeurs
●
Dans tous les horizons si prévision de remaniement du site ou
projet non défini
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Diagnostic « SOLS » et « EAUX SOUTERRAINES »
Les techniques de prélèvement de sols
à adapter aux contraintes du site, aux objectifs, aux composés
susceptibles d’être rencontrés
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Diagnostic « SOLS » et « EAUX SOUTERRAINES »
Les substances à rechercher
Les métaux lourds (As, Cd, Cr, Cu, Hg, Ni, Pb, Zn, …)
Les hydrocarbures par coupes C6-C12 + C10-C40
Les BTEX un groupe de solvants non chlorés – benzène, toluène, éthylbenzène et xylènes
Les COHV Composés organiques halogénés volatils (solvants chlorés utilisés pour
dégraissage)
Les HAP Hydrocarbures aromatiques polycycliques, qui sont des composés souvent
associés aux goudrons et huiles, pouvant provenir de la combustion incomplète de
matières organiques. (goudrons, huiles…)
Et d’autres, en fonction des données historiques
19
Diagnostic « SOLS » et « EAUX SOUTERRAINES »
20
Le schéma conceptuel : initial
Sur SITE : PG Hors SITE : IEM
21
En résumé
Reconvertir les sites et sols pollués dans une démarche de projet :
●
Raisonner en mode « projet »
= prise en compte des emplacements des pollutions au niveau du plan
de masse du projet
●
Mobiliser des compétences adaptées
= une expertise spécifique, du temps et une certaine trésorerie
●
Parvenir à monter le projet dans une optique d’équilibre de l’opération
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Questions de cours
1. Qu'est-ce qu'un site pollué et quelles sont les principales causes de pollution des
sols ?
2. Dans quels cas est-il nécessaire de réaliser une étude de diagnostic pour un site
pollué ?
3. Quels sont les trois éléments fondamentaux pour évaluer un risque
environnemental?
4. Quelle est la fonction du schéma conceptuel (SC) dans le processus d’analyse
des sites pollués ?
5. Comment les études historiques et documentaires contribuent-elles à la gestion
des sites pollués ?
6. Quels paramètres sont étudiés lors d'un diagnostic des sols et des eaux
souterraines ?
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CHAPITRE III
*La remédiation est le processus par lequel on traite un site contaminé pour réduire ou éliminer les polluants présents dans le sol,
l'eau souterraine,
Les quatre grandes familles de traitement
❑ Principe
Le procédé d'excavation désigne l'enlèvement de sols contaminés sur une zone
préalablement définie grâce à des investigations, prélèvements de sol. La
présence de bâtiments, l'exiguïté des lieux ou d'autres paramètres
indépendants des analyses de sols peuvent gêner l'excavation et restreindre la
zone possiblement excavable.
❑ Type de pollution traitée
L'excavation est pratiquée pour tous types de contaminants. Ce procédé est
souvent utilisé pour supprimer une source de pollution ou résoudre une
contamination difficilement traitable par d'autres techniques.
L'excavation s'applique aux contaminations peu profondes (typiquement 5
mètres de profondeur). Il est possible d'excaver plus profondément mais le
coût et la durée de chantier s'en trouvent considérablement augmentés.
2°/ Excavation
❑ Moyens techniques
• L’excavation de terres nécessite l’utilisation de matériel de travaux publics tel
des pelles mécaniques et des véhicules de transport habilités à contenir des
déchets. Une aire de stockage temporaire peut être prévue afin d’entreposer
les terres jusqu'à ce qu’elles soient enlevées par les transporteurs.
❑Performances
— Le procédé d’excavation permet une réhabilitation extrêmement rapide du
site mais pas du sol (de l'ordre de la semaine, au plus du mois), le facteur
limitant étant souvent les délais d’acceptation des filières agréées.
— Le procédé d’excavation présente de fortes garanties de résultats. C’est
pourquoi c’est encore un des procédés les plus employés.
— Il s’agit de la technique la plus rapide de réhabilitation. Elle est
particulièrement utilisée dans le cas de projets immobiliers nécessitant des
mouvements de terres pour les fondations sans possibilités de traitement sur
site.
Excavation
❑ Maturité du procédé
Ce procédé est une des techniques de réhabilitation les plus fréquemment utilisées,
notamment en zone urbaine.
❑ Exemple industriel
Type de site : ancienne station de service en zone urbaine
Contaminant : carburant diesel + lubrifiant
Seuil d’excavation : 1 000 mg/kg
Profondeur d’excavation : 5 m
Volume excavé : environ 150 mᵌ (260 t)
Type de roche : limons + remblais
Durée d’excavation : 2 jours
Moyens techniques : 1 pelle mécanique
Contraintes : pas de traitement sur site possible
3°/ Tri granulométrique
❑Principe
Le tri granulométrique est une technique basée sur la séparation de différentes
fractions du sol en fonction de leur taille, leur densité et leurs propriétés de
surface (figure). Des étapes successives de séparation appliquées au sol
additionné d'eau permettent de récupérer les fractions du sol non polluées, les
fractions du sol polluées et l'eau de lavage chargée en polluant.
Tri granulométrique
Moyens techniques
Le tri granulométrique est généralement constitué des étapes suivantes :
— un dégrilleur qui permet d'éliminer les pierres et morceaux grossiers ;
— un aimant qui permet d'éliminer le fer du sol ;
— un décompacteur : le sol additionné d'eau est désagrégé par passage dans
un décompacteur ;
— un tamisage, séparation des fractions du sol en fonction de leur taille. Le
sol additionné d'eau subit plusieurs étapes de tamisage successives, afin
d'éliminer les grosses fractions résiduelles et les graviers ;
— un criblage, séparation des fractions du sol en fonction de leur densité. La
fraction « gravier » est séparée en fraction « graviers pollués » et « graviers
propres » ;
Tri granulométrique
Moyens techniques
— un hydrocyclone : le passage à l'hydrocyclone permet la séparation des
fractions du sol en fonction de leur densité. Les hydrocyclones permettent de
séparer les fractions sableuses des fractions fines puis les fractions fines
polluées des fractions fines propres ;
— des spirales qui permettent la séparation des fractions du sol en fonction de
leur densité. Les spirales sont utilisées sur le sol additionné d'eau pour trier la
fraction sableuse en sable pollué et sable propre ;
— des unités de flottation qui permettent la séparation des fractions du sol en
fonction de leur densité. Elles sont utilisées sur la fraction sableuse ;
— des filtres : différents systèmes de filtration sont utilisés pour séparer l'eau
des différentes fractions. Les filtres sont utilisés sur les fractions fines.
Tri granulométrique
N.B:
• En fonction de la nature du sol et des polluants, certaines étapes peuvent
être supprimées ou modifiées.
• L'eau utilisée lors des différentes étapes (décompactage, tamisage,
criblage, spirales) est récupérée, traitée pour éliminer le polluant présent
puis réutilisée dans le process.
• Les fractions de sol propre récupérées sont réutilisées.
• Les fractions polluées sont traitées par des procédés appropriés aux
polluants présents (stabilisation dans le cas de présence de métaux,
traitements thermiques ou biologiques dans le cas de polluants
organiques). La diminution du volume de sol à traiter permet une
diminution des coûts.
• En pratique, on trouve des installations fixes ou mobiles de tri
granulométrique fonctionnant suivant le même principe.
3°/ Tri granulométrique
❑Performances
Des rendements de l'ordre de 95-98 % peuvent être obtenus par tri
granulométrique.
❑ Maturité du procédé
Le procédé est actuellement commercialisé.
❑ Exemple industriel
•PCB (Polychlorobiphényles) et HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) sont souvent retrouvés dans des sols
industriels contaminés.
•Les unités fixes sont utilisées dans des projets de grande envergure, tandis que les unités mobiles conviennent à des
traitements rapides et localisés.
Les techniques de dépollution
❑ Principe
▪ Les méthodes de solidification sont des techniques d’inertage : la solidification consiste à
agir sur la matrice contaminée dans son ensemble. Les caractéristiques physiques de la
zone polluée sont ainsi modifiées afin de réduire l’accès physique des fluides du sol au
contaminant. Il s’agit principalement d'une réduction de la perméabilité.
▪ La solidification et la stabilisation conviennent aux terres souillées par des métaux lourds,
particulièrement par le chrome, l'arsenic et le plomb. Viennent ensuite le cadmium, le
cuivre, le zinc et le mercure peuvent également être appliquées aux PCB
(polychlorobiphényles) ou aux pesticides.
4°/ Solidification, stabilisation
❑ Moyens techniques
▪ Solidification
Le ciment de type Portland est particulièrement bien adapté pour ce procédé. Les matériaux
pouzzolaniques particulièrement lorsque leur teneur en silice est élevée.
Certains additifs peuvent être ajoutés au ciment ou aux matériaux pouzzolaniques afin d’améliorer
les propriétés du mélange final :
— bentonite— silicates — charbon actif — gypse
Le principe consiste à :
• injecter un mélange à base de ciment dans la zone contaminée, par une série de forages à la
tarière.
• Le mélange stabilisant est introduit par le tube de forage au fur et à mesure de la pénétration de
la tarière et ainsi mélangé au sol.
• Une fois l’outil retiré, on obtient une colonne cimentée.
• Les forages sont jointifs et couvrent toute la zone à traiter.
Ce procédé est utilisé aussi pour réaliser des parois de confinement autour d’une pollution.
Il permet de traiter des sols jusqu'à une profondeur d’environ 30 mètres, avec un rendement de
l’ordre de 75 m3 par jour.
4°/ Solidification, stabilisation
❑ Moyens techniques
Stabilisation
De nombreux adjuvants peuvent être utilisés lors d'une stabilisation. Les exemples
suivants montrent la diversité des adjuvants utilisés:
— La stabilisation de l’arsenic peut être obtenue en formant un précipité grâce aux
ions Fe(III).
— L’utilisation de l’asphalte représente une autre option de stabilisation ; le matériau
finement divisé est séché puis mélangé à chaud à de l’asphalte. Le tout est considéré
inerté une fois le mélange refroidi.
Un second procédé consiste à inerter le matériau pollué en le mélangeant à de la
chaux ou à de la cendre ; la stabilisation est produite par la liaison de la phase à
inerter avec le calcium de la chaux ou la partie non silicatée de la cendre.
N.B:
Le séchage et le mélange avec de l’asphalte chaud nécessitent l’extraction du sol contaminé,
ce qui en fait un traitement sur site, adapté aux matériaux nécessitant une inertie physique
élevée après traitement. Le choix entre les différentes techniques de stabilisation dépend
des caractéristiques du sol et des contaminants ciblés.
Principe de solidification/stabilisation
❑Performances
La solidification et la stabilisation sont parmi les techniques les plus utilisées pour les sols
pollués par les métaux. Elles permettent d’atteindre des concentrations dans les lixiviats
satisfaisant les critères légaux imposés.
▪ Solidification
De nombreux tests montrent que les quantités de métaux mesurées dans les lixiviats
d’échantillons solidifiés par cimentation sont infimes par rapport aux teneurs obtenues dans
les lixiviats sur sols non traités.
Pour des éléments comme le zinc, l’arsenic, le plomb, le cadmium ou le cuivre, on passe de
plusieurs dizaines ou centaines de mg/L dans un lixiviat de sol non traité, à moins de 0,1 mg/L
dans le lixiviat du produit solidifié, avec des pourcentages de réduction de plus de 95 %.
N.B:
En présence de blocs ou d’argiles, la solidification in situ n’est pas applicable. Cela est dû à la
faible perméabilité des blocs ou des argiles, qui limite la dispersion homogène des matériaux
injectés.
Dans le cas de sols contenant des blocs ou des argiles, un traitement hors site peut être
envisagé, nécessitant l’excavation et le mélange en centrale avant remise en place.
La stabilisation chimique peut compléter la solidification pour traiter efficacement les sols où
la perméabilité est réduite.
5°/ Solidification, stabilisation
❑Performances
▪ Stabilisation
La stabilisation in situ consomme moins d’énergie que les techniques ex situ. De
plus, aucun transport ni mise en décharge des matériaux traités n'est
nécessaires.
La stabilisation in situ est également préférée quand des contaminants volatils
ou semi-volatils sont présents dans les sols puisque l’excavation exposerait ces
composés à l'air.
Pour des profondeurs de plus de 3,5 mètres, les procédés in situ, deviennent
plus rentables que les procédés ex situ.
Pour la solidification comme pour la stabilisation, les procédés ex situ
permettent, après criblage préalable des sols excavés, un meilleur mélange. Il
existe des unités de traitement fixes ou mobiles.
Les plus grandes d’entre elles peuvent traiter jusqu'à 1 000 tonnes de sol par
jour.
Pour des profondeurs de contamination de moins de 3,5 mètres, les procédés
ex situ sont plus rentables que les procédés in situ.
4°/ Solidification, stabilisation
❑ Maturité du procédé
Le procédé est actuellement commercialisé.
❑ Exemple industriel
• Type de site : ancienne usine à gaz
• Site en activité : non (friche)
• Contaminant : HAP (Hydrocarbures aromatiques polycycliques)
• Concentration initiale : 2 000-5 000 mg/kg avec des pointes à 30 000 mg/kg
• Potentiel polluant cible : 0,2 mg/kg
• Volume de terre traité : 400 mᵌ
• Temps de traitement : 2 mois.
IV. Les techniques de dépollution
❑Principe
• Plusieurs procédés sont désignés par le terme lavage ex situ. Néanmoins, tous
ces procédés utilisent le même principe : ajouter aux terres excavées un solvant
adéquat ou de l’eau pour extraire les contaminants.
❑Moyens techniques
Le lavage ex situ peut être réalisé sur site, à l'aide d'une unité mobile de lavage,
ou dans un centre spécialisé.
Le sol est entraîné dans l'unité de lavage et mis en contact avec le solvant
d'extraction.
Dans le cas de pollution par un mélange de polluants, différents extractants
peuvent être utilisés successivement.
Le solvant chargé en polluant est récupéré, régénéré par distillation et réutilisé
dans le process de lavage.
Le polluant extrait par le solvant est orienté vers une filière de traitement
appropriée.
Lavage ex situ
Le sol est débarrassé des traces résiduelles de solvant par circulation de vapeur
d'eau, puis placé dans un centre de stockage en fonction des teneurs résiduelles
en polluants.
❑ Performances
Des rendements supérieurs à 95 % sont généralement obtenus par lavage ex situ.
❑ Maturité du procédé
Le procédé est actuellement commercialisé. On trouve à la fois des centres fixes
de lavage ou des unités de traitement mobiles.
❑ Exemple industriel
Pays : France
Capacité de traitement : 10000 t/an.
IV. Les techniques de dépollution
Le lavage in situ consiste à faire percoler sur un sol en place une solution permettant
d'extraire le polluant. L'eau ou une solution d'agents mobilisateurs peuvent être utilisées
comme solution de lavage.
Le fluide est injecté dans le sol puis récupéré par pompage (figure). Cette technique
génère des volumes importants d'effluent à traiter.
Principe
Ce procédé consiste en une injection de solution de lavage (eau ou agents
mobilisateurs en solution) en amont hydraulique et en un pompage en aval hydraulique
de la zone polluée.
❑ Moyens techniques
La mise en œuvre d'un traitement par lavage in situ implique l'utilisation des éléments suivants :
— une cuve de stockage des additifs, un système de mélange avec l’eau et un réseau de
distribution ;
❑ Performances
Avantages :
— traitement des zones saturées et insaturées,
— traitement d’un large spectre de contaminants,
— potentiel d’utilisation en combinaison avec d’autres procédés.
Inconvénients :
— temps de traitement élevé par rapport à d’autres procédés
— estimation difficile du temps de traitement,
— risque de ne pas récupérer la totalité de la solution injectée entraînant alors
l’étalement de la contamination,
— problèmes d’acceptation de la part des officiels dus à l’injection d’additifs dans le sol
et au risque d’élargissement de la pollution,
— application limitée dans le cas de sols à faible perméabilité ou présentant de fortes
hétérogénéités (blocs, remblais, canalisations...),
— une fois la solution de lavage extraite, la séparation contaminants/additifs/eau peut
poser problème et ainsi empêcher la recirculation de la solution amendée. La
consommation en additifs est alors élevée et rend le procédé peu compétitif.
6°/ Lavage in situ
❑Maturité du procédé
Le procédé est actuellement commercialisé.
Le lavage in situ à l'eau est fréquemment utilisé pour améliorer le rendement d'extraction.
❑Exemples industriels
1) Sur un site allemand pollué par du trichloroéthylène (C₂HCl₃), un aquifère de
perméabilité élevée (5,1x10-2 cm/s) fut traité par lavage in situ (infiltration de solution
par tranchées). Sur une durée de 18 mois, 17tonnes de TCE furent récupérées grâce à 8
puits d’extraction.
2) Sur un site contaminé par créosote*, un système de lavage in situ par infiltration d’eau
a permis de réduire la concentration en composés organiques extractibles totaux de
93000 mg/kg à 24500 mg/kg. Un lavage complémentaire avec additifs a réduit cette
concentration à 4 000 mg/kg.
3) Sur un site pollué par cadmium en Hollande, une extraction à l’acide menée sur 30 000
m3, à 5 mètres de profondeur, a permis d’atteindre un rendement de 95 % (de 20
mg/kg à 1 mg/kg).
*Créosote est le nom donné à plusieurs sortes d'huiles extraites de goudrons qui sont des composés complexes
*Un terril, est une colline artificielle construite par accumulation de résidu minier
IV. Les techniques de dépollution
7°/ L'incinération
L’incinération est la technique la plus ancienne et repose sur la combustion des
déchets du sol (figure). Les hautes températures détruisent les polluants ou les
volatilisent. Notons que les métaux demeurent dans les cendres ou les vapeurs.
❑Principe
En élevant fortement la température du sol pollué, les polluants sont convertis
en dioxyde de carbone et vapeur d’eau, ainsi qu’en différents résidus de
combustion. La transformation des polluants en molécules inoffensives simples
permet de classer cette méthode parmi les plus efficaces.
❑ Moyens techniques
Le sol est en premier lieu excavé puis séché et tamisé. De manière générale,
seules les particules du sol de taille centimétrique sont incinérées. Le sol est
ensuite mis dans le système de chauffage.
Généralement, deux étapes sont distinguées :
— la volatilisation à une température supérieure à 400 °C,
— la destruction à une température supérieure à 1 000 °C.
Le sol débarrassé des polluants est ensuite remis en place après
refroidissement. Le flux gazeux, quant à lui, est envoyé dans une chambre de
combustion à haute température (1 300 °C) décomposant les molécules
polluantes en CO2 et en eau. Les rejets toxiques sont filtrés par divers moyens.
Dans le cas de pollutions par métaux lourds, le système présente des
adaptations. Par exemple, dans le cas du fer, de l’aluminium, le sol peut suivant
les teneurs être valorisé ou envoyé en décharge.
7 °/ L'incinération
❑ Performances
Les rendements obtenus avoisinent les 99,99 % dans de nombreux
cas.
❑ Maturité du procédé
Le procédé est très souvent utilisé.
La France possède un parc d'incinérateurs capables de traiter les
sols pollués.
8°/ Dépollution biologique
• Principe général:
Les techniques de dépollution biologique exploitent la capacité naturelle de certains
organismes vivants (bactéries, champignons et plantes) à décomposer, filtrer ou bio-
accumuler les polluants organiques et inorganiques présents dans les sols. Ces organismes
transforment les substances toxiques en produits moins toxiques ou non toxiques, ou les
accumulent dans leur biomasse.
• Avantages :
Ces méthodes, apparues dans les années 1990, représentent une solution écologique et
économique par rapport aux techniques physico-chimiques traditionnelles. Elles offrent un
potentiel intéressant pour la dépollution des sites à coûts réduits.
• Efficacité locale variable :
Bien que les résultats des tests en laboratoire soient souvent satisfaisants, l'efficacité de ces
procédés sur le terrain est conditionnée par :
1. La nature du terrain, qui peut présenter des hétérogénéités rendant difficile la
diffusion uniforme des micro-organismes.
2. La concentration élevée de polluants, qui peut inhiber l'activité biologique des
organismes dégradants.
3. Des facteurs environnementaux comme le pH, la température, l'humidité et la
disponibilité de nutriments, influençant directement la croissance et l'efficacité des
micro-organismes.
8°/ Dépollution biologique: Utilisation de bactéries
1. Mécanismes biologiques impliqués :
• Biodégradation : Les bactéries utilisent les polluants comme source de carbone et d'énergie, les
transformant en produits inoffensifs comme du CO₂, de l'eau et des biomasses nouvelles.
• Biosorption : Les bactéries fixent les métaux lourds à leur surface ou dans leur structure cellulaire,
réduisant ainsi leur mobilité.
• Bioaccumulation : Les bactéries accumulent les polluants dans leur organisme.
2. Conditions optimales de croissance des bactéries :
• pH optimal (généralement neutre) et température adaptée (20-35°C selon les espèces),
• Disponibilité d'oxygène (bactéries aérobies) ou absence (anaérobies),
• Apport en nutriments essentiels (azote, phosphore, etc.).
3. Limites des traitements par bactéries :
• Inefficacité face aux polluants non biodégradables (par exemple : métaux lourds),
• Sensibilité aux conditions environnementales instables (température, humidité, salinité),
• Temps de traitement souvent long comparé aux méthodes physico-chimiques.
4. Exemples concrets d'applications :
• Bactéries du genre Pseudomonas pour dégrader les hydrocarbures pétroliers,
• Bactéries sulfato-réductrices pour immobiliser des métaux lourds en formant des sulfures,
• Utilisation dans des biopiles ou des biofiltres pour traiter des sols ou eaux contaminés.
8°/ Dépollution biologique: Utilisation de plantes
❑ Introduction scientifique
• La phytoremédiation est une technique innovante de dépollution qui utilise les plantes pour
extraire, stabiliser ou dégrader les contaminants présents dans les sols. Elle repose sur des
processus biologiques naturels permettant de traiter divers polluants, qu'ils soient métalliques ou
organiques, tout en favorisant des solutions écologiques et durables.
❑ Mécanismes de phytoremédiation
[Link] :
Les plantes absorbent les métaux lourds (comme le cadmium, le plomb et l'arsenic) via leurs
racines et les accumulent dans leurs tissus (feuilles, tiges). Ces métaux peuvent ensuite être
récupérés par incinération.
Exemple : Certaines espèces d'hyperaccumulateurs comme Thlaspi caerulescens sont capables
d’absorber des concentrations élevées de zinc et de cadmium.
[Link] :
Les racines des plantes fixent les contaminants dans le sol, réduisant leur mobilité et empêchant
leur migration vers les nappes phréatiques.
Exemple : Les graminées sont couramment utilisées pour stabiliser les métaux.
3. Phytodégradation :
Les enzymes produites par les plantes ou leur rhizosphère décomposent les composés
organiques toxiques en produits moins dangereux.
Exemple : Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) peuvent être dégradés par des
plantes comme Phragmites australis.
8°/ Dépollution biologique: Utilisation de plantes
❑ Mécanismes de phytoremédiation
4. Rhizofiltration :
Les racines filtrent et absorbent les polluants présents dans les eaux contaminées, ce qui est
particulièrement utile dans les zones humides artificielles.
❑ Limites et recommandations
• Temps de traitement : La phytoremédiation nécessite des périodes prolongées pour atteindre
une dépollution complète.
• Concentration élevée de polluants : Certains sols extrêmement contaminés nécessitent une
approche combinée avec des techniques physico-chimiques.
• Climat et environnement : Le succès de la phytoremédiation dépend fortement des conditions
climatiques locales.
En résumé
Pollution aux ●
Traitement in situ : Dépollution réalisée directement sur site sans excavation
hydrocarbures (Venting, Biodégradation, Lessivage et stripping)
● Traitement sur site après excavation : Extraction des sols pollués pour un traitement
sur place «(lavage, désorption thermique)
Tous types ● Traitement hors site : Transport des sols contaminés vers un site externe.
de pollution Destinations possibles :
• Centre de traitement :
⁻ Biologique (traitement par bactéries)
⁻ Thermique (traitement par chaleur)
• Installation de stockage adaptée aux déchets pollués
Quelques exemples de réalisations
PENDANT
Quelques
AVANT exemples de réalisations
Quelques exemples de réalisations
APRÈS
Questions de cours
[Link]’est-ce que la remédiation des sols et pourquoi est-elle importante dans la gestion des sites pollués ?
[Link] les quatre grandes familles de techniques de traitement des sols pollués. Donnez un exemple pour
chacune.
[Link] la différence entre les traitements in situ et sur site.
[Link] est le principe du tri granulométrique, et dans quel cas est-il préférable de l'utiliser ? Et quels types
de polluants peuvent être traités par tri granulométrique ? Et dites pourquoi le tri granulométrique
devient-il peu rentable pour les sols ayant une proportion importante de fractions fines ?
[Link] sont les limitations de la solidification in situ ? Dans quels cas les procédés ex situ sont-ils plus
adaptés que les procédés in situ ?
6.Décrivez le principe du lavage ex situ. Quels sont les avantages de cette technique par rapport au lavage
in situ ? Et dites quels types de polluants peuvent être traités par lavage in situ ?
[Link] sont les défis principaux du lavage in situ, notamment en termes de récupération de la solution
injectée ?
[Link] l’incinération est-elle considérée comme l'une des techniques les plus efficaces pour la
dépollution des sols ? Quels types de polluants peuvent être traités par incinération ? Et quels sont les
principaux sous-produits générés par l’incinération et comment sont-ils gérés ?
[Link] le rôle des bactéries dans la dépollution biologique. Quels sont les risques associés à leur
utilisation ?
10. Quelles sont les caractéristiques des plantes utilisées en phytoremédiation ? Et quels sont les
avantages et les limites de la phytoremédiation par rapport aux autres techniques de dépollution ?
Questions de cours
EX 1 : Une unité de lavage traite un sol contenant 2 % de polluants organiques. Après lavage, la
fraction propre contient 0,1 % de polluants organiques.
•Volume de sol traité : 1 000 m³.
•Masse volumique du sol : 1,6 t/m³.
[Link] est le pourcentage de réduction des polluants ?
[Link] est la masse totale de polluants organiques éliminés ?
EX 2 : Un sol contaminé par des métaux lourds doit être stabilisé. Les données suivantes sont
fournies :
•Concentration initiale en cadmium : 50 mg/kg.
•Taux de réduction attendu par stabilisation : 95 %.
•Masse de sol contaminé : 1 000 tonnes.
[Link] sera la concentration résiduelle en cadmium après stabilisation ?
[Link] la stabilisation coûte 25 €/tonne, quel sera le coût total du traitement ?