Introduction à l’imagerie médicale :
L'imagerie médicale regroupe les moyens d'acquisition et de restitution d'images du corps humain
à partir de différents phénomènes physiques tels que : l'absorption des rayons X, la résonance
magnétique nucléaire, la réflexion d'ondes ultrasons ou la radioactivité.
On peut classer ces techniques en deux grandes familles :
Imagerie de transmission : le rayonnement ou faisceau externe traverse le patient. Par
exemple : radiologie par X, scanner, échographie, IRM,…
Imagerie d'émission : le rayonnement vient du patient après l'injection du traceur (isotope).
Exemple : les techniques de la médecine nucléaire.
détection détection
émission
Imagerie par transmission Imagerie par émission
(radiologie par R-X, échographie, IRM,) (médecine nucléaire)
Parmi les grands repères qui marquent l’évolution de l’imagerie médicale on cite :
rayons X scanner IRM Médecine
échographie
Hounsfield Lauterbur et nucléaire
Roentgen
1955 Damadian
1972 Année 1990
1895 1973
Chapitre 1 :
Imagerie par les Rayons X
1.1. Principes d’imagerie par les rayons X :
Les rayons X ont été découverts en 1895 par Wilhelm Röntgen. Ce rayonnement était alors
inconnu, Röntgen leur donna ainsi le nom de rayons X. Les rayons X sont, comme la lumière, une
forme de rayonnement électromagnétique. Ils se déplacent dans le vide à la vitesse de la lumière
c=300.000 km/s. Ils sont de haute énergie, très pénétrants et ionisant (ils sont nocifs pour la santé)
On note que les ondes électromagnétiques peuvent se propager dans le vide. Contrairement aux
ondes sonores, qui ont besoin d'un milieu matériel pour se propager.
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1.1.1. Bases physique des rayons X :
La production des rayons X fait suite à une interaction violente entre un électron à une vitesse très
élevée, et une cible métallique très dense.
Un filament de tungstène chauffé On applique une forte tension entre Les électrons heurtent
à 2500° par une haute tension et l’anode et la cathode pour accélérer violemment la cathode
produit des électrons libres les électrons
Production
des rayons X
1.1.2. Tube à rayons X :
La production des rayons X se fait par le tube à rayons X. Il se compose de : enveloppe externe,
cathode (en tungstène), L'anode (en tungstène), Un système de refroidissement.
Stator
Tige Disque de l’anode
(partie fixe) enveloppe Electrons accélérés
Filament
Anode Cathode
Cathode
Anode
Foyer en
Filament enveloppe tungstène
Tube à anode tournante Tube à anode fixe
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1.2. Radiologie conventionnelle :
1.2.1. Principe et matériel :
Son principe est simple : le patient est placé entre la source (tube à rayons X) et le système de
détection permettant d’obtenir des clichés (images) de certaines parties du corps.
Tube
Volet en plomb
Filtration
Faisceau
lumineux
Miroir
Lampe
Volet en
plomb
Collimateur : Délimite la zone irradiée - Simule le Collimateur
faisceau X avec une lampe dont la lumière qui
permet de contrôler la taille et la localisation du Table
faisceau X. Il est doté parfois de filtration.
La grille : constituée de fines lamelles de plomb et Grille
de papier son rôle est d’atténuer le rayonnement
Contrôle automatique Système de
diffusé par le patient (par effet de Compton). d’exposition (AEC)
détection
La quantité de rayonnement absorbé par le corps exposé, est mesurée en gray (Gy, où 1 Gy = 1
joule/kg).
1.2.2. Formation de l’image radiologique :
Le rayonnement X émis traverse les différents tissus du corps. Lors de cette traversée, certains
tissus absorbent les rayons (os) et d’autre les laissent passer (muscles) à différents degrés. Les
rayons ainsi subissent un phénomène d’atténuation. Elle est exprimée par la relation : I0
I(x) = I0e−μ.x où :
I(x) : l’intensité du faisceau après avoir traversé une épaisseur x de
I(x)
matière ; I0 : l’intensité du faisceau incident ; : la densité de la matière ;
Finalement, les rayons sortants seront détectés par un système de détection. On utilise :
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a. Détection par le film argentique :
Le film est une méthode traditionnelle de radiologie. Il est constitué d’un support transparent en
polyester recouvert d’une émulsion de cristaux de bromure d’argent AgBr. Des écrans
renforçateurs placés de part et d’autre du film accroissent son efficacité.
Le couple film-écran est contenu dans une cassette. La cassette Cassett
e
protège le film de la lumière du jour mais permet le passage des
rayons X jusqu’au film.
Film
Emulsion
Avant l’exposition aux Après l’exposition : Les Développement : les Fixation : on enlève les
photons : l’émulsion cristaux exposés se atomes d’argent se cristaux non exposés (non
contient des cristaux de transforment en ions transforment en grains développés), on laisse
bromure d’argent. AgBr + → Ag+ + Br- métalliques (d’argent) seulement les grains
d’argent.
Roulements Développement Fixation Lavage Séchage
Introduction du Sortie du film
film
Machine de traitement des films
b. Détection dans la radiologie numérique :
Dans la radiologie numérique, le film-écran est remplacé par un système de détection permettant
l’obtention des images numériques. Plusieurs techniques sont utilisées :
- Radiographie computerisée : Utilise l'écran radioluminescent à mémoire (ERLM).
- Radiographie numérique à conversion indirecte
Utilise un scintillateur emissant de la lumière capté par
des caméras à CCD (Charge Coupled Device), ou des
matrices de transistors (thin-film transistors : TFT).
- Radiographie numérique à conversion directe :
Utilise un détecteur à capteur plan.
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1.3. La tomodensitométrie TDM (Scanner) :
La tomodensitométrie (TDM) ou Scanographie (Scanner) est une méthode d'imagerie utilisant
des rayons X et permet d'obtenir des images de coupes transversales du corps.
1.3.1. Matériel :
Le scanner se compose de : un statif, une table, un ordinateur, des armoires annexes contiennent
une partie de la climatisation et de la distribution électrique.
Processeur de contrôle Tube à R-X
Statif
du statif
Générateur haute
tension
Vitre de
Anode HT protection Table
Collimateurs et Cathode HT
filtres
Détecteur
Système d’acquisition
Ordinateur
de données
à l’intérieur de statif
Tube à rayon X
1.3.2. Principe d’imagerie par TDM :
Dans la salle d'examen, le patient est allongé sur un lit qui
va lentement se déplacer dans le statif (cercle du scanner). Détecteurs
Il doit rester immobile.
Parfois, l'examen nécessite l'injection
préalable d'un produit de contraste.
Une coupe
La TDM permet l’obtention d’une série de coupes
transversales d’une partie du corps. Une coupe est une image bidimensionnelle représentée
comme une matrice de pixels. L’obtention d’une coupe (matrice) se fait en deux étapes :
Etape 1 : réalisation de plusieurs projections :
Contrairement à une radiographie classique, dans le TDM la source de rayons-X n'est pas fixe.
Elle tourne autour de l'organe à explorer. Suite à cette rotation, on va obtenir plusieurs projections
suivant des degrés différents. Une projection représente une superposition des densités de tous les
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tissus traversés par les rayons.
Etape 2 : Reconstruction de l’image de la coupe :
A partir de n projections obtenues, l’ordinateur calcule la densité de chaque pixel de la matrice
(coupe). Ces calculs complexes reposent sur un principe simple : connaissant la somme des
chiffres d’une matrice selon tous ses axes (rangées, colonnes et diagonales), on peut en déduire
les chiffres contenus dans la matrice.
Projection 1
Projection 2
Projection 3
Avec la rotation autour du corps, on Exemple simple de calcul des valeurs des pixels à
1 obtient plusieurs projections
2 partir de leurs sommes en 4 projections
Les coefficients de densité des différents tissus sont exprimés en unités
Hounsfield (UH). Avec -1000 (métal) , +1000 (air), 0000 (eau).
poumons graisse muscle os
air eau métal TDM de la tête (16 coupes)
1.4. Autres examens utilisant les rayons X :
Radiographie
dentaire : comme le
Densitométrie osseuse : sert à étudier panoramique
la masse de calcium contenue dans l'os,
(exprimée en t score et z score). Mammographie : permet de
dépister des anomalies, notamment
une tumeur du sein
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Chapitre 2 : L’imagerie par l’ultrason (échographie)
L'échographie est une technique d'imagerie basée sur l'émission des ondes ultrasonores et la
réception des échos réfléchis par les différents tissus et organes, elle est sans danger pour la santé.
Transducteur (sonde) Moniteur
Onde émise
Système informatique
Cible Sonde
Gel
Onde réfléchie
Onde émise
Organe à explorer
Onde réfléchie
2.1. Bases physiques :
Les ultrasons sont des ondes mécaniques longitudinales de même nature que le son audible, mais
de fréquence supérieure. L'oreille humaine est sensible à une fréquences entre 15 et 20000 Hz.
Dans l’imagerie échographique les fréquences utilisées sont
Infra- son ultrasons
de l’ordre de 1 à 15 MHz environ. sonore audible
La vitesse de propagation (Célérité) d’une onde Célérité Imp. Acoust.
Milieu
(m/s) (kg/m2/s)
dépend du milieu traversé (plus élevée dans l’os). Air 340 440
Graisse 1470 1.4 × 106
Les différents milieux opposent une certaine
Eau 1500 1.5 × 106
résistance à la propagation des ondes. Cette Muscle 1540 1.75 × 106
Os 3000 7.8 × 106
résistance est l’impédance acoustique Z (kg/m2/s).
Interface : c’est la limite entre deux milieux d’impédance
différente. Lorsque l’onde (I) parvient à une interface, une
fraction poursuit son trajet en profondeur (transmission T), une
Interface
autre fraction est réfléchie vers la source d’émission (réflexion R)
Absorption – Atténuation : Du fait des réflexions successives, de la diffusion et de l’absorption,
l’onde ultrasonore s’atténue progressivement en profondeur.
2.2. Matériel :
La sonde (le transducteur) est l’élément principal de l’échographe. Elle est constituée
principalement de l’élément piézoélectrique. En appliquant un courant alternatif sur un cristal
piézoélectrique, il se comprime et se décomprime alternativement et émet un ultrason. Le même
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élément est utilisé pour transformer les ultrasons réfléchis en courant électrique.
Ecran
(moniteur)
Console de
commandes
Système
Composition d’une sonde
informatique
imprimante
Sondes
Principe piézoélectrique
2.3. Formation de l’image échographique :
Dans l’échographie, le même appareil (sonde) émet et reçoit les ondes, et le système informatique
a le rôle de traitement du signal reçu pour afficher l’image sur un écran.
a. Emission d’ondes : la sonde émet des ondes par impulsions de quelques microsecondes.
b. Réception d’ondes : Lors de la réception de l’écho, l’onde qui vient heurter la sonde induit
l’apparition de charges électriques. Ce signal électrique est ensuite traité dans les circuits
électroniques de l’appareil et sert à l’élaboration de l’image échographique.
La durée de la période d'attente de l’écho est plus longue, de l'ordre de la milliseconde.
L'image formée représente les propriétés mécaniques (sonores) des différents points traversés.
Le temps de retour de l’écho détermine la profondeur ou l’épaisseur des organes rencontrés.
L’image des contours des organes est obtenue grâce à la réflexion sur les interfaces.
La structure interne des organes est obtenue grâce à la diffusion.
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Chapitre 3 : Imagerie par Résonance Magnétique IRM
3.1. Composition d’un IRM :
Un système IRM comprend 4 composantes principales : antenne émettrice
L'aimant : L’élément de base de l’appareil. Il produit le d’ondes radio patient
champ magnétique B0 qui est fort (de 0.5 à 3 Tesla).
Les bobines de gradient : Les bobines de gradient table
Bobine de
produisent des champs magnétiques qui s’additionnent à gradient
B0. Il existe trois paires de bobines, une pour chaque
orientation dans l’espace. aimant
Les antennes : elles permettent l’émission des impulsions
radiofréquences (ondes électromagnétiques) et la réception du signal.
L’ordinateur : Permet l’acquisition de données, reconstruction des images, la gestion des périphériques.
3.2. Principe de fonctionnement :
Le principe est basé sur la résonance magnétique nucléaire (RMN) des protons
contenus dans l’organisme (protons d’hydrogène). Le corps est constitué de plus
de 75% d’eau (H20), ainsi les atomes d’hydrogène (noyaux) sont présents en
abondance. Le fonctionnement peut se résumé en points suivants :
Le proton d’hydrogène tourne sur lui-même (spin). Cela fait du proton comme
un dipôle magnétique. Naturellement, les spins sont aléatoires : c-à-d. les
protons sont orientés aléatoirement.
Quand le patient est placé dans un champ magnétique B0, tous les atomes
d'hydrogène s'orientent parallèlement à ce champ (organisation des spins).
L'antenne émettrice transmet des ondes radio B1 dont la fréquence est égale à
la fréquence de rotation des protons. Cette fréquence (dite de résonance)
excite les protons qui vont entrer en résonance et les spins s'orientent tous
dans la même direction.
Une fois la stimulation arrêtée (phase de relaxation), les spins reprennent leur
place en libérant de l'énergie sous forme d'ondes (signaux) qui seront captées
par l'antenne réceptrice.
Ce signal est enregistré et traduit sous forme d'images de différentes coupes
par un système informatique.
L’image est obtenue suivant le temps de relaxation. Chaque tissu a un temps de
relaxation qui lui est propre (Graisse : 84 ms, Muscle : 47 ms).
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Chapitre 4 : La médecine nucléaire
4.1. Physique de la radioactivité :
Un atome est constitué d’un noyau et d’électrons qui tournent autour le noyau. Le
noyau est composé de Z protons, et N neutrons.
Les isotopes sont des atomes possédant le même nombre de protons mais un
nombre de neutrons différent. Par exemple le carbone a 3 isotopes C12, C13, C14
Certains isotopes sont instables et radioactifs alors que d'autres sont stables.
Les isotopes instables cherchent à acquérir une meilleure stabilité,
d’où ils se transforment spontanément en d'autres atomes
(désintégration) en émettant un rayonnement (α, β, γ). ( α : proton
de hélium, β- : électron, β+ : positon, γ : photon très pénétrant).
Chaque isotope a une demi-vie T : période fixe pendant laquelle il perd la moitié de son rayonnement.
4.2. Usage en médecine :
La radioactivité est utilisée pour des fins diagnostiques ou thérapeutiques.
4.2.1. Thérapeutique (traitement) :
Administration d’un élément radioactif → captation par un organe cible → la radioactivité détruit les
cellules malignes (exemple : traiter le cancer de la thyroïde par l’iode 131)
4.2.2. Diagnostique :
Plusieurs organes ont un métabolisme (utilisation) spécifique de certains éléments (thyroïde : iode, os :
calcium…). Pour étudier un organe, on va introduire dans le corps (par injection, ingestion, inhalation...)
un produit radio-pharmaceutique, et on va suivre comment l’organe cible utilise ce produit en détectant
les rayons qu’il émet. Deux modalités sont utilisées :
Soit on lie un atome radioactif (marqueur) à une
molécule non radioactif (vecteur) qu’utilise l’organe.
Soit l'organe cible est capable de métaboliser
directement un produit radioactif : on suit directement
ce produit qui envoie des rayons détectables.
4.3. Imagerie en médecine nucléaire :
C’est une imagerie d’émission : on obtient l’image en détectant les rayons venant de l’intérieur du corps.
(Par contre la radio-X est une imagerie de transmission).
C’est une imagerie fonctionnelle : on suit comment un organe utilise une substance radioactive, donc on
obtient l’image du fonctionnement de l’organe (la radio-X généralement donne une image anatomique).
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Deux modalités sont connues selon la technique de détection des rayons :
4.3.1. La tomographie par émission monophotonique (TEMP) :
Une fois fixé sur la partie ciblée, le radiopharmaceutique émet les rayons gamma qui sont détectés par
une caméra à scintillation appelé gamma caméra. Ces informations sont ensuite traitées par ordinateur à
l’aide d’un algorithme de reconstruction afin d'obtenir l’image 2D ou 3D de la partie du corps ciblée.
On distingue notamment : La scintigraphie myocardique, La scintigraphie pulmonaire, La scintigraphie
osseuse, La scintigraphie rénale, La scintigraphie cérébrale, La scintigraphie thyroïdienne.
Gamma caméra
Injection d’un
traceur
radioactif
Le traceur émet des
rayons γ qui seront
captés par γ caméra
4.3.2. La tomographie par émission de positrons (TEP) :
Consiste à administrer au patient une substance marquée par un radioactif émetteur de positons (béta+).
Une fois émis et après un court parcours de l’ordre du millimètre, le positron va s’annihiler avec un
électron du milieu donnant lieu à l’émission de deux photons gamma de 511 keV dans des directions
opposées (à 180°). La détection de ces
Système de détection des
photons se fait par coïncidence à l’aide
coïncidences
d’une caméra TEP.
Cette technique est utilisée surtout pour
le dépistage des tumeurs. Le traceur le
plus utilisé est 18FDG (Le fluor 18 est
l'émetteur de positrons +
Reconstruction de l’image
désoxyglucose très capté par les
tumeurs).
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