Conception de solide par
impression 3D
Fabien Baillon
19 mars 2024
Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions : [Link]
2 Conception de solide par impression 3D
Table des matières
Introduction
Procédés de fabrication additive
Processus de fabrication par impression 3D
Place de l'impression 3D dans l'industrie : industrie du futur ?
Quelques repères chronologiques
Vers de nouveaux usages : prototypage, outillage ou production.
L'impression 3D des médicaments
Glossaire
Webographie
Crédits des ressources
Fabien Baillon 3
Table des matières
4 Conception de solide par impression 3D
Introduction
Ce cours va aborder les techniques d'impression 3D pour le développement de produits par un processus
de fabrication additive.
L'impression 3D consiste à fabriquer un objet en construisant des couches d'épaisseur millimétrique d'un
matériau donnée (polymère, métal, pâtes).
Ce type de fabrication peut permettre la création de petites séries, de personnalisation de produit, de
prototype, ou de création unique par l'utilisateur final.
Nous verrons les différentes techniques d'impression 3D les plus répandues.
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Introduction
6 Conception de solide par impression 3D
Procédés de fabrication additive I
Sous l’appellation de fabrication additive sont réunis différents procédés de fabrication consistant à
produire un objet par l'ajout successif d'un matériau. De ce fait, elle s'oppose aux techniques
traditionnelles soustractives, où l'objet prend forme par retrait de matière (par usinage).
Nous aborderons les différentes techniques existantes, ainsi que leur applications.
Ainsi, la conception est toujours réalisée couche par couche, même si le principe d'ajout de la matière
peut être différent selon le procédé considéré.
On peut considérer 7 procédés de fabrication additive selon une classification reconnue
internationalement (ASTM F42 p.19) :
l'extrusion et dépôt de fil fondu ;
la photo-polymérisation d'une résine ;
la fusion sur lit de poudre ;
la projection de matière ;
la projection de liants ;
le laminage, ou la stratification de matériau en feuilles ;
le dépôt direct de matière sous énergie concentrée.
Les procédés peuvent aussi être regroupés selon le principe physique engagé :
la fusion de fil ;
la stéréolithographie ;
le collage de feuilles ou de poudres ;
la fusion et le frittage de poudres.
extrusion de matière
L'extrusion de matière est le procédé le plus utilisé (appelée FDM p.19, Fused Deposition Modeling ou FFF,
p.19 Fused Filament Fabrication). Il s'agit d'un procédé d'extrusion qui vient déposer, via une tête
d'impression mobile, un matériau thermoplastique sur une surface. Le principe de dépôt de matière
fondue permet de s'adresser à de nombreux matériaux thermoplastiques, biomatériaux ou composites
(connaissant leur température de fusion), et rend possible l'impression simultanée de plusieurs
matériaux pour un même objet. La plupart du temps, le matériau initial est conditionné sous forme de
fil (c'est pourquoi on parle aussi de dépôt de fil fondu), mais cela peut aussi être des granulats ou des
pâtes (plus ou moins liquides). Ce large éventail de matériau fait de ce procédé un bon candidat pour
les industries agro-alimentaire ou pharmaceutique.
Au delà du procédé lui même, on peut classifier les imprimantes par extrusion de matière selon le type
de mécanisme, pour le déplacement de la tête d'impression : cartésien, delta, polaire ou à bras
robotique.
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Procédés de fabrication additive
Le système cartésien est le plus simple. Le principe delta permet des impressions plus rapides, mais est
plus consommateur de calcul pour la détermination de la trajectoire de la tête d'impression. Le
système polaire, ou le plateau peut tourner en même temps que la tête se déplace, permet aussi
d'imprimer plus vite. Enfin, l'utilisation d'un bras robotique permet une totale liberté de mouvement,
et est surtout adapter à des impressions complexes de grande taille.
La tête d'impression peut être constituée d'une simple buse, ou d'une seringue rendant alors possible
l'impression de matériaux spécifiques (alimentaire ou biologique par exemple).
Par ailleurs, pour des applications très spécifiques, le procédé d'extrusion peut être associé à un
faisceau lumineux focalisé (LASER ou UV), pour polymériser une résine par exemple, en cours
d'impression.
photo-polymérisation
Le procédé d'impression 3D par photo-polymérisation (stéréolithographie ou SLA p.20 pour
Stéréolithographie Apparatus) est le plus ancien, il est basé sur la polymérisation d'une résine
photosensible, par une source lumineuse focalisée, couche par couche, dans un bain de résine. De part
son principe, il permet la fabrication de pièces présentant des détails très fins, et un état de surface
totalement lisse.
Ce procédé est particulièrement adapté pour l’impression de petit objet (voire nanométrique),
nécessitant une grande finesse de détails (on peut citer des applications électroniques, dentaires, ou
de joaillerie).
procédé par fusion de poudre
L'impression 3D par fusion de poudre (PBF p.19, Powder Bed Fusion) est basée sur l'utilisation d'un
LASER pour venir fusionner un matériau présent sous forme de poudre. Ces poudres peuvent être
métalliques, plastiques ou céramiques. La poudre est déposée couche par couche (de l'ordre de
100 μm), et le laser focalisé permet le frittage localisé du matériau (impression par SLS p.20 (Selective
Laser Sintering). En règle générale, le lit de poudre est maintenu à une température proche de la
température de fusion, et le laser apporte l'énergie nécessaire pour passer au dessus de cette
température, et permettre le frittage de la poudre. L'homogénéité de la poudre est un critère important
dans la conduite de ce procédé.
Lors de l'impression, la pièce est auto-portée dans le bac de poudre, ce qui permet de s'affranchir d'un
matériau de support, et rend aussi possible la fabrication de plusieurs pièces indépendantes au cours
d'une même impression.
procédé par projection de matériaux
Le procédé d'impression par projection de matériaux consiste à pulvériser des gouttelettes de photo-
polymères par des têtes d'impression qui viennent ainsi les déposer sur le plateau d'impression.
Chaque couche est alors polymérisée par une source d'ultraviolet. La composition des gouttelettes
peut varier en chaque point (comme lors d'une impression d'images par jet d'encre), ce qui offre une
grande richesse de l'objet final du point de vue de sa composition matériel, et donc de ses propriétés
d'usage.
Dans l'ensemble, cette technique est surtout adaptée à du prototypage, car la tenue dans le temps des
objets produits n'est pas très bonne.
8 Conception de solide par impression 3D
Procédés de fabrication additive
procédé par projection de liant
Il s'agit de la fabrication d'un objet par stratification d'une poudre. La poudre est progressivement
encollée, couche par couche, à l'aide d'un liant projeté. Le liant peut être une colle extraforte, type
cyano-crylate. Comme les colles peuvent être teintées, par mélange, on peut obtenir un objet
multicolore.
Dans le cas de poudres métalliques, l'impression peut être suivie d'une étape critique de frittage, pour
assurer la tenue mécanique de l'objet final.
Ce procédé est intéressant économiquement, et permet l'impression d'objets de grandes tailles, mais il
donne lieu a des objets dont la tenue mécanique est bien moindre de celle obtenue par fusion de
poudre. De ce fait, cette technique est surtout employée pour la production de moules (en sable ou
silice) pour la fonderie.
stratification de matériau en feuilles
Ce procédé consiste à assembler entre-elles des feuilles de papier, de plastique ou de métaux.
L'assemblage est réalisé par collage, ou par ultrasons. Après le dépôt d'une feuille, celle-ci est
découpée à l'aide d'une lame ou d'un laser.
dépôt de matière sous énergie concentrée
Le dépôt de matière sous énergie concentrée consiste à déposer du matériau (métal, céramique), le
plus souvent à l'aide d'un bras robotisé à 4 ou 5 axes de liberté, dans un faisceau d'énergie (laser ou arc
électrique) pour le faire fondre, comme lors d'une soudure. Cette étape de fabrication additive est
rapide, et permet une grande liberté de mouvement de la tête d'impression, mais bien souvent
grossière, elle peut alors être suivie par une étape classique d'usinage, notamment pour améliorer
l'état de surface de l'objet fini.
Ce type de procédé est très peu répandu.
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Procédés de fabrication additive
10 Conception de solide par impression 3D
Processus de fabrication par
impression 3D II
Différentes étapes sont nécessaires pour permettre la fabrication d'un objet par impression 3D, qu'il
s'agisse d'un prototype en cours de conception ou d'un produit final.
Méthode
Les étapes incontournables sont :
1. construction de l'objet dans un environnement de CAO p.19
2. Conversion de la conception CAO p.19 au format de fichier STL p.20
3. Découpage en tranches du volume STL p.20 et génération de fichier de déplacement GCode p.19
Complément
Le format STL p.20 est le plus répandu, mais ce n'est pas le seul. On peut rencontrer aussi des fichiers de
modélisation au format OBJ p.19. Ce format est plus lourd, mais permet une plus grande précision de
rendu, car la surface est décrite par différentes formes polygonales (contrairement au STL p.20 qui
n'utilise que des triangles). Par ailleurs, les fichiers OBJ p.19 comportent des informations descriptives
complémentaires (matériaux, textures, couleurs).
Différents logiciels de CAO p.19 existent et permettent plus ou moins facilement de concevoir des objets
3D pour la fabrication additive.
On peut citer notamment OpenSCADOpenSCAD p.21, qui permet de construire un objet par association de
primitives, via un langage descriptif proche d'un langage de programmation.
Exemple
Nous prenons comme exemple un objet simple, ici défini par l'association (union et différence) de
primitives géométriques.
// Définition des variables
// nombre de facettes
$fn = 60;
// diamètres du cone
outsideDiameter = 50;
insideDiameter = 25;
// Profondeur du perçage
keyDepth = 10;
// nombre de face du perçage
numSides = 6;
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Processus de fabrication par impression 3D
union() {
difference() {
cylinder( r1 = outsideDiameter/1.5, r2= insideDiameter/3, h = keyDepth);
cylinder( r = insideDiameter/2, h = keyDepth+0.02, $fn = numSides);
}
translate( [0, 0, -keyDepth]) cylinder( r = outsideDiameter/1.5, h = keyDepth);
}
Code de programmation d'un objet 3D par OpenSCAD
Exemple de la conception d'un objet 3D avec OpenSCAD
Exemple
OpenSCADOpenSCAD p.21 permet de générer le fichier STL p.20 correspondant à cet objet.
(cf. fichier STL d'un objet 3D[stl])
La description géométrique en STL peut être importée dans un logiciel de tranchage, tel que
PrusaSlicerPrusaSlicer p.21 (basé sur Slic3rSlic3r p.21).
12 Conception de solide par impression 3D
Processus de fabrication par impression 3D
Exemple
Capture du tranchage d'un objet 3D
Le logiciel de tranchage (ici Slic3rSlic3r p.21) permet aussi de
choisir le taux de remplissage de l'objet, et l'impression d'un
support ou d'un filet d'initialisation.
Dans cet exemple, en marron est matérialisé un contour externe
permettant d'assurer un bon débit de matière avant l'impression
de l'objet, en jaune les zones à forte densité correspondent à des
faces externes, alors que les zones en violet correspondent à des
zones internes, de plus faible densité.
Exemple
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Processus de fabrication par impression 3D
Prévisualisation du déplacement de la tête d'impression 3D, selon
le fichier de commande gCode
La tête d'impression de l'imprimante 3D va se déplacer selon les
mouvements décrits dans le fichier GCode p.19. Dans cet
exemple, la couleur est indicative, et elle représente le débit de
matière (en mm /s). La prévisualisation a été réalisée sur GCode
3
ViewerGCode Viewer p.21.
14 Conception de solide par impression 3D
Place de l'impression 3D dans
l'industrie : industrie du futur ? III
1. Quelques repères chronologiques
Historiquement, la stéréolithographie est la première technique d'impression 3D (premier brevet en
1984).
Le premier brevet pour la FDM p.19 date de 1992. Ces premiers brevets conduisent à la
commercialisation de plusieurs imprimantes, destinées à l'industrie, pour le prototypage rapide, ou la
création de moulage et outillage industriels.
La démocratisation grand public aura lieu en 2009, où l'expiration du premier brevet FDM p.19
permettra la naissance de projet de recherche RepRAP p.20 (Replicating Rapid Prototyper). L'imprimante
3D développée dans ce cadre permettra un véritable essor de l'impression 3D par extrusion de matière,
car elle est de conception simple, facile à assembler, constituée de pièces mécaniques accessibles au
grand public. Par ailleurs, l'équipe de recherche décide de diffuser l'ensemble de la documentation
sous licence libre (GNU p.19, General Public License). La communauté libre de l'impression 3D grand
public est née de là. Le développement des FabLabs va aussi favoriser l'exploitation de cette
opportunité qu'offre l'open source hardware, et participer activement à la formation des particuliers et
la diffusion de l'impression 3D.
De nos jours, dans des configurations extrêmes, l'impression 3D par stéréographie permet d'atteindre
la limite de résolution de 100 nm, pour un objet de taille inférieure à 100 μm. Cela peut avoir un intérêt
dans des applications très spécifiques, mais pas pour un usage courant industriel.
En dépôt de matière fondue, qui reste à ce jour le procédé le plus répandu, la résolution est plutôt entre
100 et 600 μm, pour des objets de 10 mm à 1 m de taille caractéristique.
Les deux axes d'amélioration qui doivent être pris en compte pour une utilisation industrielle courante
et variée est l'impression multi-matériaux et multi-échelles.
Plus récemment, des travaux de recherche parlent d'impression 4D. Il s'agit d'assemblage de matière
3D qui s'adaptent au cours du temps (la 4ème dimension). Le terme de "matière programmable" peut
aussi être rencontré. La modification de forme de l'objet 3D peut être provoquée par un stimulus
spécifique (chaleur, solvant, pH, lumière, champs électromagnétique).
2. Vers de nouveaux usages : prototypage, outillage ou production.
L'utilisation à domicile de l'impression 3D ou dans un cadre associatif, pour créer de petits objets du
quotidien, pour reproduire une pièce ménagère défectueuse ou adapter une pièce à un usage
spécifique, est déjà une réalité. Cela préfigure l'émergence de micro-usine locale, répondant à un
besoin (simple) identifié.
D'un point de vue industriel, de la même manière, on peut s'attendre à l'émergence d'une fabrication
décentralisée et relocalisée au plus près de l'utilisateur final. L'impression 3D passera alors du statuts
de méthode de prototypage, à celui de méthode de production. L'usine du future produira à la
demande, et au plus près du consommateur final. L'impression 3D peut dans certains cas favoriser la
relocalisation de la production.
Fabien Baillon 15
Place de l'impression 3D dans l'industrie : industrie du futur ?
Au départ, surtout vue uniquement comme un outil de prototypage, les usages de l'impression 3D se
sont diversifiés :
prototypage rapide ;
réalisation à la demande de moules ou d'outillage ;
productions de petites séries de pièces commercialisées.
Prototypage
Le prototypage est l'usage le plus répandu de l'impression 3D. La fabrication additive permet la
réalisation rapide de prototypes, à différentes échelles, avec différents niveaux de détails, pour un coût
relativement modeste. Il est aisé d'adapter le prototype en cours de conception, sans que cela remette
en cause les outils de production du prototype. Ainsi, une fois l'investissement de départ réalisé, la
conception d'un produit peut être réalisée dans un processus itératif, en multipliant les prototypes
pour tester de nouvelles idées, dans des délais raisonnables, sans nouvel investissement.
Production des outillages industriels
En milieu industriel, l'impression 3D par extrusion a déjà trouvé sa place pour la réalisation d'outillages
spécifiques. En effet, le faible coût, la facilité de mise en œuvre et les performances des pièces
produites permettent d'utiliser ce type de fabrication additive, à la demande et au sein même du site
industriel. Cela concerne surtout du petits outillages spécifiques, des gabarits de montage ou de
vérification de pièces, etc.
La fabrication de moules pour l'outillage, de petites séries, profite aussi des possibilités offertes par
l'impression 3D, rendant possible des formes complexes, difficilement réalisable par les méthodes
traditionnelles de fabrication. Par exemple, des canaux de refroidissement peuvent être intégrés dans
la conception des moules, pour favoriser le refroidissement des pièces qui y seront ensuite injectées.
Production de petites séries
L'impression 3D trouve aussi sa place pour la fabrication d'objets en petites séries, notamment pour la
personnalisation dans le secteur automobile.
En aéronautique, de plus en plus de pièces finales sont fabriquées par méthode additive, où la
structure alvéolaire du remplissage des pièces permettent de réduire considérablement la masse des
objets produits, tout en maintenant leur résistance mécanique.
Dans les domaines de la joaillerie, du luxe ou de la mode, des produits de consommation fabriqués par
impression 3D commencent à apparaître. Cela s'explique par les possibilités de personnalisation ou de
formes complexes qu'offrent ce procédé de fabrication.
Certains industriels de l'électroménager notamment prennent le tournant de l'impression 3D, en
imprimant à la demande certaines de leurs pièces détachées de leurs appareils, ce qui réduit les coûts
de stockage de ces pièces, tout en répondant à l'obligation de fournir à leurs clients les pièces détacher
si nécessaire.
Dans le secteur médical, la production de petites séries est poussée à l’extrême, puisque l'atout
principale de l'impression 3D est la possibilité de produite à façon, un objet personnalisé pour un
patient. Cela peut être pour des aides auditives sur mesure, des couronnes dentaires, des guides
chirurgicaux, des implants osseux, des prothèses ou des orthèses.
Dans le secteur de l'agro-alimentaire, l'impression 3D par extrusion est un procédé envisagée par
quelques pionniers pour l'extrusion de pâtes alimentaires. C'est aussi un procédé de fabrication
envisagé pour la mis en forme d'aliments à base de protéines végétales comme substitut aux protéines
animales.
En offrant la possibilité de créer des micro-entités de production, la fabrication additive s'inscrit
pleinement dans ce que l'on nomme l'industrie du future, en proposant une réponse concrète au
problème de la désindustrialisation. Ces micro-centres de fabrication, en alliant production et service,
permettent des fabrication à la demande, voire personnalisée, tout en optimisant les ressources
(énergie et matière) utilisées.
16 Conception de solide par impression 3D
L'impression 3D des médicaments IV
Une révolution industrielle ?
L'impression 3D est un terme générique qui regroupe différentes technologies permettant la
production d'objets tridimensionnels à partir d'une fabrication additive de matériaux selon un modèle
numérique 3D. Les applications de l'impression 3D sont multiples. D'abord cantonnée au prototypage
afin de permettre une diminution des durées de développement, elles concernent aujourd'hui
l'ensemble des secteurs industriels.
Dans le domaine des médicaments, cette technique offre de nombreuses possibilités, avec notamment
un accroissement de la complexité et une personnalisation des produits. Elle pourrait ainsi apporter de
nombreux avantages comme une diminution des effets secondaires, une amélioration de l'efficacité, le
développement de nouvelles thérapies, une meilleure acceptation par les patients, notamment les
enfants ou les personnes âgées.
L'impression 3D devrait également impacter l'ensemble de la chaîne de production en permettant la
production à tout moment et en tout lieu, dans une perspective d'industrie du futur. La crise du Covid-
19 a ainsi montré le potentiel de l'impression 3D dans ce contexte. En effet, de nombreuses initiatives
locales à travers le monde ont permis d'apporter des solutions aux pénuries de matériel, notamment
en milieu médical (écran de protection, respirateurs artificiels, ...) dès les premiers instants de la crise,
en attendant que des solutions à plus grande échelle aient le temps de prendre le relais.
Il semble donc évident que l'impression 3D jouera un rôle majeur dans le domaine du médicament
dans un futur proche et elle est de toute façon déjà une réalité aujourd'hui avec l'autorisation en 2015
par la FDA du premier médicament imprimé en 3D, le Spritam®, destiné à traiter l'épilepsie. Il reste
cependant encore de nombreux obstacles à surmonter, tant technologiques que sociétaux, avec par
exemple la gestion de la chaîne d'approvisionnement ou l'acceptabilité sociale.
Fabien Baillon 17
L'impression 3D des médicaments
18 Conception de solide par impression 3D
Glossaire
ASTM F42
Le Comité ASTM F42 sur les technologies de fabrication additive a été formé en 2009. Le F42 se
réunit deux fois par an, généralement au printemps et à l'automne (respectivement aux États-Unis
et hors des États-Unis), avec environ 150 membres participant à deux jours de réunions
techniques. Le Comité, qui compte actuellement plus de 725 membres, compte 8 sous-comités
techniques ; toutes les normes développées par F42 sont publiées dans le livre annuel des normes
ASTM, volume 10.04. Ces normes joueront un rôle prééminent dans tous les aspects des
technologies de fabrication additive.
CAO
Conception assistée par ordinateur : outils informatiques permettant la réalisation d'une
modélisation géométrique d'un objet, en vue de sa fabrication matérielle.
FDM
Fused deposition modeling (en français, dépôt de fil fondu), une technologie d'impression 3D par
dépôt de fil.
FFF
Le dépôt de fil fondu (DFF) ou Fused deposition modeling (FDM) ou encore Fused Filament
Fabrication (FFF) est une technologie d'impression 3D.
GCode
GCode est un format de fichier correspondant au langage G-Code. Ce langage est utilisé par les
machine à commande numérique pour décrire les mouvements de l'outil. Par extension, ce
langage est utilisé par la plupart des imprimantes 3D.
GNU
La licence publique générale GNU, ou GNU General Public License (son seul nom officiel en anglais,
communément abrégé GNU GPL, voire simplement « GPL »), est une licence qui fixe les conditions
légales de distribution d'un logiciel libre du projet GNU.
Le projet GNU est un projet informatique dont les premiers développements ont été réalisés en
janvier 1984 par Richard Stallman, pour développer le système d'exploitation GNU. Richard
Stallman est aussi président et fondateur de la Free Software Foundation.
OBJ
Le format de fichier OBJ est un format de stockage des informations nécessaires à la définition
d'un modèle 3D d'un objet. Ce format permet de décrire la géométrie de surface d'un objet par de
multiples surfaces polygonales, et comporte des information de texture, de couleur et de matériau.
PBF
Le procédé PBF (pour Powder Bed Fusion) ou SLS, est un procédé de fabrication additive par fusion
sur lit de poudre. Pour chaque couche, un faisceau d'énergie (par exemple un laser) effectue un
balayage sur la surface du lit de poudre et chauffe localement la surface de poudre et l'agglomère
aux couches précédentes par frittage. Une nouvelle couche de poudre est ensuite étalée et le
processus recommence.
Fabien Baillon 19
Glossaire
RepRAP
RepRap (contraction de l'anglais Replication Rapid prototyper, pouvant se traduire par concepteur
de réplication rapide) est un projet britannique de l'université de Bath, visant à créer une
imprimante tridimensionnelle en grande partie autoréplicative et libre (c'est-à-dire sans brevet, et
dont les plans sont disponibles pour tout le monde) sous licence Licence publique générale GNU.
RepRap désigne également les imprimantes 3D réalisées par le projet RepRap. Ce
projet/machines réelles est maintenant développé très activement par une communauté
mondiale, à la manière du logiciel libre.
SLA
SLA (Stéréolithographie Apparatus) Cette technique utilise en général une résine spéciale sensible
au traitement par rayon laser. À l'ajout de chaque couche de résine, le laser apporte l'énergie pour
chauffer la résine qui durcit, jusqu'à former l'objet complet.
SLS
Le procédé SLS (pour Selective Laser Sintering) ou PBF, est un procédé de fabrication additive par
fusion sur lit de poudre. Pour chaque couche, un faisceau d'énergie (par exemple un laser) effectue
un balayage sur la surface du lit de poudre et chauffe localement la surface de poudre et
l'agglomère aux couches précédentes par frittage. Une nouvelle couche de poudre est ensuite
étalée et le processus recommence.
STL
Le format de fichier STL est un format de stockage des informations nécessaires à la définition d'un
modèle 3D d'un objet. Ce format est très utilisé pour les imprimantes 3D, car il permet de décrire la
géométrie de surface d'un objet (par tessellation), sans texture, couleur ou information spécifique
au matériau.
20 Conception de solide par impression 3D
Webographie
[GCode Viewer] GCode Viewer, Outil gratuit en ligne, pour la visualisation et l'analyse d'un fichier GCode,
[Link]
[OpenSCAD] OpenSCAD, logiciel open-source et multi-plateforme permettant la conception d'objet 3D
par une approche de programmation, [Link]
[PrusaSlicer] PrusaSlicer est un logiciel de tranchage qui permet de définir les couches qui vont être
imprimées par une imprimante 3D, [Link]
[Slic3r] Slic3r, logiciel open-source et multi-plateforme pour l'impression 3D, visualisation de STL et
génération de G-Code, [Link]
Fabien Baillon 21
Webographie
22 Conception de solide par impression 3D
Crédits des ressources
Exemple de la conception d'un objet 3D avec OpenSCAD p. 12
Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions - Fabien Baillon
fichier STL d'un objet 3D p. 12
Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions - Fabien Baillon
Vidéo du tranchage d'un objet 3D p. 13
Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions - Fabien Baillon
Capture du tranchage d'un objet 3D p. 13
Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions - Fabien Baillon
Vidéo de prévisualisation du déplacement de la tête d'impression 3D, selon le fichier de commande
gCode p. 14
Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions - Fabien Baillon
Prévisualisation du déplacement de la tête d'impression 3D, selon le fichier de commande gCode p.
14
Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions - Fabien Baillon
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