Chapitre V
Variation de vitesse des machines
synchrones
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Définition
La machine synchrone est un convertisseur électromécanique réversible qui peut fonctionner
soit en génératrice (alternateur), soit en moteur.
En génératrice : elle produit un courant électrique dont la fréquence est déterminée par la
vitesse de rotation de la machine.
En moteur : elle absorbe un courant électrique dont la fréquence détermine la vitesse de
rotation de la machine.
Constitution
Ces machines comportent un induit et un inducteur ;
L’induit ou le stator dans lequel est logé un enroulement à 2p pôles réunis à la source,
fournissant les tensions et les courants de fréquence f.
L’inducteur ou le rotor sert a créer le champ magnétique qui va balayer les conducteurs de
l’induit.
Ce champ peut être élaboré de différentes manières :
- A partir d’aimants permanents dans le cas de machines dont la puissance peut aller jusqu’a
quelques dizaines de kilowatts.
- A partir de courants continus circulant dans l’enroulement inducteur répartis de façon à
créer des pôles alternativement nord et sud. Ce sont les rotors bobinés qui peuvent être
classés en deux catégories:
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Rotor a pôles lisses : ce rotor concerne les machines à grandes vitesses périphériques du
rotor. Dans ce cas, le bobinage à courant continu est logé dans des encoches fraisées dans la
masse cylindrique du rotor.
• Rotor à pôles saillants : ce rotor est utilisé dans les machines à faibles vitesses
périphériques du rotor. L’enroulement dans ce cas est identique a celui d’une machine a
courant continu (électroaimant alimenté en continu).
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Avantages des pôles saillants :
Meilleure capacité de démarrage: Applications nécessitant un couple de démarrage
élevé.
Réglage du facteur de puissance : important dans les systèmes électriques pour
maintenir la stabilité du réseau.
Adaptabilité aux variations de charge.
Contrôle de la vitesse : important dans les applications où une régulation précise de la
vitesse est nécessaire.
Avantages des pôles lisses :
Réduire les pertes par courants de Foucault et par hystérésis, car ils produisent un
champ magnétique plus uniforme et minimisent les variations locales du champ.
Moindre bruit et vibration : En raison de leur conception régulière et sans saillies, ce qui
peut être souhaitable dans certaines applications.
Meilleure efficacité énergétique en réduisant les pertes et en améliorant la conversion
de l'énergie électrique en énergie mécanique.
Meilleure fiabilité et durabilité de la machine: due à la conception régulière des pôles
lisses: réduire les contraintes mécaniques et minimiser l'usure des composants.
En résumé, les pôles saillants sont souvent privilégiés pour leur capacité de démarrage,
leur contrôle du facteur de puissance et leur adaptabilité aux variations de charge,
tandis que les pôles lisses sont préférés pour leur réduction des pertes, leur silence et
leur efficacité énergétique accrue. Le choix entre les deux dépendra des exigences
spécifiques de l'application et des compromis à prendre en compte en termes de
performance, de coût et de conception.
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Bilan des puissances
Modèle de la machines synchrone à pôles lisses ou a aimants permanents
Représentation de la machine synchrone dans le repère
triphasé
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R : Résistance d’une phase statorique
φa, φb, φc flux totalises à travers les phases a, b et c du stator.
Equations des flux :
Pour la phase a, on aura:
Où :
L : inductance propre statorique
M : inductance mutuelle entre deux phases statoriques
φfa : flux total envoyé par l’inducteur dans la phase (a).
On aura donc :
Ls est l’inductance cyclique statorique ou l’inductance synchrone.
De même pour les deux autres phases :
Reportons les équations des flux dans les équations des tensions :
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Donc :
De même pour les deux autres phases :
Avec :
Schéma équivalent
Schéma équivalent monophasé de la machine synchrone
Domaine de validité :
• absence de saturation
• Machines à pôles lisses
A vitesse constante et en régime sinusoïdal, on retrouve le diagramme de BEN-ESCHENBURG
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Diagramme vectoriel
Pour R=0, la relation devient :
Cette relation peut être traduite par le diagramme vectoriel suivant :
Diagramme vectoriel
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Expressions du couple
En fonction de l’angle ψ
La puissance électrique absorbée par le moteur est donnée par:
Si nous négligeons R et les pertes fer, cette puissance est intégralement transmise au rotor :
De plus, si nous négligeons les pertes mécaniques, la puissance électromagnétique est
entièrement transformée en puissance mécanique :
Ce qui donne :
Ce qui donne :
On aboutit à la fin a l’expression suivante :
C’est l’expression du couple faisant intervenir le courant I et l’angle ψ. Cette expression est
adaptée à l’étude de la machine associée a un onduleur de courant.
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Cette expression fait apparaitre trois grandeurs de réglage indépendantes du couple ;
Expression du couple en fonction de l’angle interne δ
Du diagramme vectoriel, on peut déduire:
Donc :
Cette expression fait apparaitre un mode de contrôle à tension imposée ; on dispose de
trois paramètres de réglage.
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Le domaine de stabilité est défini par la relation :
Allure du couple en fonction de l’angle interne
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Le moteur synchrone en vitesse variable
Principe de la variation de vitesse du moteur synchrone
Le moteur synchrone tourne à la vitesse Ws=ws/p . Pour assurer un fonctionnement à vitesse
variable, il est nécessaire d’alimenter cette machine à fréquence variable.
Pour éviter le « décrochage » de la machine, il faut a tout instant que la pulsation des
grandeurs statoriques ωs soit telle que ωs=pΩs(p étant le nombre de paires de pôles de la
machine et Ωs la vitesse de rotation du rotor).
Machine synchrone alimentée par un convertisseur DC/AC
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Nécessité de l’autopilotage
- Le champ statorique tourne à la vitesse imposée par la fréquence d’alimentation,
- Le champ rotorique dans le mode fonctionnement classique est ≪ accroché ≫ au champ
du stator.
- Plus on demande de couple sur le rotor, plus les deux champs se décalent.
- La dynamique du champ statorique, déterminée par les constantes de temps électriques
de la source à fréquence variable, est plus rapide que la dynamique du champ rotorique
liée aux performances des parties tournantes (constantes de temps mécanique).
- D’où une variation brusque de la pulsation d’alimentation entrainera une variation tout
aussi rapide de la vitesse du champ statorique.
- Le champ rotorique n’augmentera pas aussi vite à cause de l’inertie des parties
tournantes.
Cela aura pour conséquence de générer un décalage trop important entre les deux champs
et de faire décrocher la machine.
La solution est d’asservir la position du champ rotorique par rapport à celle du champ
statorique. On impose, ainsi, le décalage angulaire entre les deux champs. Cela constitue le
mode de fonctionnement dit autopiloté.
Dans une machine synchrone, l’autopilotage consiste, grâce à une boucle
d’asservissement, à maintenir l’angle entre les champs statorique et rotorique constant.
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Moteur synchrone autopiloté : système a courant imposé
Le principe d'auto-pilotage d'une machine synchrone consiste à maintenir la
perpendicularité du flux magnétique statorique (image du courant du stator) par rapport au
flux magnétique du rotor.
Pour pouvoir piloté correctement le champs magnétique, la position du rotor sera récupéré
à l'aide d'une chaîne d'acquisition et à l'aide d'un onduleur commandé, nous pourrons
ajusté l'angle entre les courants du stator et la fréquence qui alimentera la machine
synchrone.
La fréquence de l'onduleur (image de la vitesse) est définit par l'utilisateur.
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Le système le plus fréquent est celui
représenté par la figure suivante:
Pont 1: Pont de Graetz à thyristors.
L: Bobine de lissage du courant.
Le pont 2 fournit i1, i2 et i3 du moteur.
Le capteur de position: solidaire du rotor
assurant l’autopilotage en commandant la
fermeture des composants de l’onduleur
aux instants convenables. Moteur synchrone autopilote associé à un onduleur de courant
Le capteur de position est calé mécaniquement sur le rotor et permet de mesurer la
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position angulaire du rotor par rapport au champ statorique.
A chaque séquence de conduction, le champ statorique à une direction fixe et seul le champ
rotorique se déplace à la vitesse du rotor.
Positions des vecteurs HS et Hr pour les deux premières séquences de fonctionnement (1 et 2)
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Réalisation de l’asservissement de vitesse
Pour asservir la vitesse de rotation, on réalise une régulation à deux boucles en cascade: une
boucle interne pour le contrôle du couple et une boucle externe pour le réglage de la vitesse.
La sortie de cette dernière doit constituer la référence de couple de la boucle interne.
Asservissement de la vitesse du moteur synchrone autopiloté alimenté par un onduleur
de courant
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Système à tension imposée
Le principe de contrôle du couple de la machine synchrone est toujours basé sur la relation:
un capteur de position numérique fournit les
grandeurs sin et sin(-2/3). Par multiplication
par la grandeur Iref fournie par la sortie du
régulateur de vitesse, on obtient les deux
consignes de courant i1ref, i2ref et par suite i3ref
puisque i1+ i2+ i3=0.
Schéma structurel de l’asservissement de vitesse
d’un moteur synchrone autopiloté alimenté par
Principe de génération des signaux de commande un onduleur de tension
de l’onduleur pour la phase i
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Les courants statoriques sont ici quasi-sinusoïdaux, les ondulations du couple sont de ce
fait éliminées.
L’emploi de cette structure en forte puissance est limité par les performances des
interrupteurs de l’onduleur MLI.
La complexité du circuit de commande demeure toutefois un inconvénient majeur de
cette structure.
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