Conjoncture économique mondiale 2015
Conjoncture économique mondiale 2015
PERIODIQUE DE
CONJONCTURE
JUILLET 2015 N°108
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL
- Révision à la baisse, par la Banque mondiale et le FMI, du taux de croissance de l’économie
mondiale pour 2015.
- Baisse des prix internationaux des produits de base au mois de juin 2015.
- Faible niveau de l’inflation dans les pays industrialisés.
- Resserrement attendu de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine contre
des politiques toujours souples pour les autres grandes banques centrales.
- Orientation à la hausse des principaux indices bousiers internationaux et appréciation du
dollar, suite à l’accord conclu entre la Grèce et ses créanciers.
CONJONCTURE NATIONALE
- Baisse attendue du taux de la croissance économique pour l’année 2015.
- Repli de la production de céréales pour la campagne en cours.
- Baisse de la production industrielle durant les quatre premiers mois de 2015.
- Contraction des principaux indicateurs d’activité dans les services, notamment le tourisme
et le transport aérien.
- Détente des tensions inflationnistes au terme du mois de juin 2015.
- Accentuation des besoins de liquidité des banques au second trimestre de l’année 2015.
- Poursuite de la tendance haussière du marché financier conjuguée à une consolidation des
transactions et des émissions des sociétés par appel public à l’épargne.
- Contraction du déficit courant et consolidation des entrées nettes de capitaux au cours du
premier semestre de 2015.
- Dépréciation du dinar vis-à-vis du dollar et appréciation par rapport à l’euro au cours du
premier semestre de 2015.
La Banque Mondiale a révisé, au mois de juin 2015, ses prévisions de croissance de l’économie mondiale,
à 2,8% pour l’année en cours contre des estimations précédentes de 3% au mois de janvier dernier et 2,6%
réalisés en 2014, tout en gardant inchangées ses estimations pour les années 2016 et 2017, soit 3,3% et
3,2%, respectivement.
En effet, la Banque a expliqué cette révision à la baisse notamment par le repli de la croissance dans les
pays émergents et en développement et ce, en raison de plusieurs facteurs dont, principalement, le
resserrement de la politique monétaire américaine par rapport à des politiques de plus en plus souples des
autres grandes banques centrales, ce qui a favorisé l’appréciation du dollar et l’apparition de tensions
concernant l’afflux de capitaux vers les pays en développement. Ceci pourrait aggraver la fragilité des
équilibres extérieurs et de la dette extérieure dans ces pays. Par ailleurs, la plupart de ces pays n’étaient
pas en mesure de tirer avantage de la dépréciation de leurs monnaies vis-à-vis du dollar et accroître leur
niveau de compétitivité en raison de la dépréciation du yen et de l’euro. La Banque a précisé en outre que
l’impact de la baisse des prix internationaux du pétrole sur le rythme d’activité dans les pays importateurs a
été limité, alors que les répercussions négatives ont continué à se faire sentir dans la majorité des pays
exportateurs, surtout avec l’émergence de certaines tensions sur les taux de change et sur les budgets
publics, outre les pressions inflationnistes.
Par ailleurs, la Banque mondiale a exprimé son optimisme quant aux perspectives de croissance dans les
pays à revenu élevé, surtout avec la poursuite de la baisse des prix de l’énergie et l’amélioration des
conditions de financement en général, malgré le resserrement de la politique monétaire américaine. Dans
l’ensemble, la Banque prévoit une croissance de 2% dans ce groupe de pays, au cours de cette année, et de
2,3% pour les deux prochaines années.
S’agissant des Etats-Unis, il est attendu que l’activité continue son évolution à un rythme globalement
solide (2,7% en 2015 et 2,8% en 2016), en dépit de son affaiblissement au cours du premier trimestre de
l’année courante. Egalement, le rythme de croissance devrait s’accélérer dans la Zone Euro (1,5% en 2015
et 1,8% l’année prochaine), ainsi qu’au Japon (1,1% et 1,7% respectivement) dont l’économie a bénéficié
des mesures monétaires et fiscales, ainsi que des réformes structurelles mises en place par le
gouvernement japonais.
Pour la Chine, la Banque Mondiale prévoit une expansion économique de 7,1% en 2015, de 7% l’an
prochain et de 6,9% en 2017. Cette décélération est expliquée, essentiellement, par le ralentissement du
rythme de la demande intérieure, surtout l’investissement considéré comme le moteur principal de la
demande globale dans ce pays. Plus généralement, les incitations monétaires mises en place par la Banque
Centrale Chinoise et les réformes structurelles en vue de réduire la fragilité financière pourraient
contribuer à limiter l’impact du ralentissement de l’activité qui se caractérise désormais par une croissance
rapide du secteur des services contrastant avec une décélération continue du secteur de la production
industrielle.
2
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
CROISSANCE ECONOMIQUE
(En %)
6
5,0
5 4,6 4,7
4,2
3,8
4 3,4 3,3
3,4
3
1,8 2,4
2
1,4 2,1
1
0
2013 2014 2015 2016
De son côté, le Fonds Monétaire International (FMI) a également révisé ses prévisions de croissance
économique mondiale dans son dernier rapport paru au mois de Juillet 2015. En effet, il prévoit un taux de
croissance de 3,3% pour cette année (contre 3,5% prévus en avril dernier) et 3,8% pour l’année prochaine
(soit le même taux prévu en avril dernier). Par ailleurs, le FMI a justifié cette révision à la baisse par le repli
de la croissance aux Etats-Unis au cours du premier trimestre de l’année en cours, tout en prévoyant un
taux de croissance de 2,5% pour cette année dans ce pays (contre des estimations précédentes de 3,1%).
Globalement, il est attendu que le rythme d’activité demeure solide dans les pays avancés surtout avec le
maintien de conditions de financement encore souples et de politiques budgétaires modérées, outre le
repli des prix des hydrocarbures, le regain de confiance et l’amélioration du niveau de l’emploi.
Dans ce contexte, l’économie de la Zone Euro devrait croître de 1,5% au cours de cette année (prévision
inchangée) et de 1,7% l’an prochain (contre des prévisions précédentes de 1,6%). Toutefois, le FMI a mis en
garde contre les risques de la crise de la dette grecque sur toute la zone en l’absence d’un accord qui
mettrait fin à cette crise.
Pour les pays émergents et en développement, le FMI prévoit un taux de croissance de 4,2% en 2015 et
4,7% l’an prochain contre des estimations précédentes de 4,3% et 4,7% respectivement. En fait, le Fonds a
signalé que ce ralentissement continu de l’activité dans ces pays est imputable à plusieurs facteurs dont,
principalement, la baisse des prix des produits de base, le resserrement des conditions de financement et
l’absence de réformes structurelles, outre le ralentissement de l’économie chinoise et l’existence de
certaines difficultés économiques liées à certains facteurs géopolitiques, d’une manière générale.
Pour ce qui est de l’emploi, le taux de chômage s’est replié aux Etats-Unis pour revenir à 5,3% au mois de
juin 2015, soit son niveau le plus bas depuis avril 2008, contre 5,5% en mai dernier. Cette baisse est due,
3
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
notamment, à la diminution de la population active. Dans la Zone Euro, le taux de chômage s’est stabilisé
au niveau de 11,1% au mois de mai 2015.
S’agissant de l’évolution des prix internationaux des produits de base, l’indice général des prix, élaboré par
le FMI, a enregistré une baisse de 1,6% au mois de juin 2015 par rapport au mois précédent. Cette
évolution s’explique par la contraction des prix de l’ensemble des produits, surtout les métaux (-4,6%) et à
un degré moindre l’énergie (-1,9%). D’une année à l’autre, l’indice général des prix a accusé une baisse de
33,4%, au même mois, en raison du repli des prix de tous les produits, plus particulièrement ceux de
l’énergie (-41,7%) et des produits alimentaires (-19,5%), ainsi que des métaux (-17,7%).
EVOLUTION DES PRIX DES PRODUITS DE BASE
(En glissement annuel et en %)
20
10
0
10-
20-
30-
40-
50-
mars
mars
mars
octobre
octobre
juillet
août
juillet
août
janvier
février
janvier
février
janvier
février
avril
mai
avril
mai
avril
mai
juin
septembre
novembre
décembre
juin
septembre
novembre
décembre
juin
2013 2014 2015
Il est à signaler que les prix mondiaux du pétrole brut se sont orientés, récemment, à la baisse pour revenir
à 48,52 dollars pour le baril du léger américain et 53,31 dollars pour le baril de Brent, au terme du mois de
juillet 2015, soit pratiquement leur plus bas niveau depuis trois mois et ce, sur fond de hausse des stocks
américains et un retour probable des exportations iraniennes à un rythme plus accéléré, parallèlement au
repli de la demande chinoise et l’appréciation du dollar.
Pour ce qui est de l’évolution des prix à la consommation, le taux d’inflation s’est replié dans la Zone Euro
pour se situer au mois de juin 2015 à 0,2% en glissement annuel contre 0,3% le mois précédent en rapport,
notamment, avec la baisse des prix de l’énergie (-5,1%). Aux Etats-Unis, le rythme d’évolution des prix a
connu une certaine accélération, en juin 2015, soit 0,1% en glissement annuel contre une stabilité en mai
dernier. De même, l’inflation de base dans ce pays a connu la même tendance d’un mois à l’autre, soit 1,8%
contre 1,7%.
4
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
EVOLUTION DE L’INFLATION
(En % et en glissement annuel)
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5 0,2
0,0
-0,5 0,1
-1,0
janvier
février
janvier
février
janvier
février
mars
mai
mars
mai
mars
mai
octobre
octobre
juillet
août
novembre
décembre
novembre
décembre
juillet
août
avril
avril
avril
juin
septembre
juin
septembre
juin
2013 2014 2015
Etats-Unis Zone Euro
Du côté des politiques monétaires, il est attendu que la Réserve Fédérale Américaine (FED) procède à un
relèvement de son taux d’intérêt directeur durant la période restante de l’année en cours, selon les
déclarations récentes de la présidente de la FED au cours du mois de juillet 2015. En effet, plusieurs
facteurs plaident en faveur d’une telle augmentation, surtout l’amélioration de la situation de l’emploi,
l’accélération de l’inflation et la publication de statistiques encourageantes dans le secteur immobilier. Et
d’une manière générale, même si la présidente de la Banque n’a donné aucune précision quant à la
fréquence des augmentations du taux d’intérêt jusqu’à la fin de cette année, elle a insisté sur l’effet limité
du prochain relèvement sur le caractère accommodant de la politique monétaire et sur l’activité
économique américaine en général.
De son côté, la Banque Centrale Européenne (BCE) a maintenu inchangés ses principaux taux d’intérêt
directeurs lors sa dernière réunion. Par ailleurs, l’attention de la BCE s’est focalisée récemment sur les
moyens de trouver des solutions juridiques et institutionnelles lui permettant de traiter avec la Grèce dont
le système bancaire est resté quasi-paralysé durant près de deux semaines au mois de juillet. Dans ce
cadre, les interventions de la BCE se sont contractées sensiblement envers les banques grecques via les
facilités de liquidités d’urgence (Emergency Liquidity Assistance) qui devront désormais revenir à un rythme
plus élevé, surtout après la conclusion, récemment, d’un accord final concernant la crise de la dette
grecque.
Concernant l’évolution des marchés financiers internationaux, les principaux indices boursiers se sont
orientés à la hausse, au cours du mois de juillet 2015. Ainsi, les deux indices américains Dow Jones et
Nasdaq ont enregistré une augmentation de 0,7% et 2,5%, respectivement, vers la fin du mois et en
comparaison avec le terme du mois précédent, surtout après la conclusion d’un accord permettant à la
Grèce de rester dans la Zone Euro et, d’autre part, suite à la reprise progressive des bourses chinoises qui
ont déjà accusé une baisse qui a duré près de trois semaines (entre fin juin et début juillet) en rapport avec
les mesures restrictives prises par le gouvernement chinois en vue de limiter la spéculation boursière, outre
la parution de statistiques économiques américaines jugées positives concernant l’évolution du secteur
immobilier et les déclarations de la présidente de la FED à propos d’un relèvement probable du taux
d’intérêt directeur au cours de cette année. Egalement, la plupart des indices boursiers européens se sont
inscrits sur une tendance haussière en rapport avec l’accord positif conclu concernant la crise de la dette
5
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
grecque et qui va permettre à la Grèce de rester dans la Zone Euro. Ainsi, l’indice français CAC 40 a
augmenté de 5,3% à la même date. Parallèlement, l’indice japonais NIKKEI a enregistré une hausse de 1,7%
après avoir connu une certaine baisse au début du mois dans le sillage du repli des bourses chinoises et des
craintes quant à la dette grecque.
Pour ce qui est des marchés des changes internationaux, ils ont été marqués surtout par une baisse de
l’euro contre le dollar en relation avec le resserrement de plus en plus probable de la politique monétaire
américaine et le maintien d’une politique monétaire plus accommodante de la part de la BCE, surtout après
l’accord conclu concernant la crise de la dette grecque, ce qui devrait pousser la BCE à injecter plus de
liquidités dans les banques de ce pays. Ainsi, le taux de change de l’euro est revenu à 1,0930 dollar, vers la
fin du mois de juillet 2015, contre 1,1140 dollar à fin juin.
125 1,50
120 1,45
115 123,304 1,40
110 1,35
105 1,30
100 1,25
95 1,20
90 1,0998 1,15
85 1,10
80 1,05
75 1,00
Novembre
Décembre
Novembre
Décembre
Juin
Octobre
Juin
Octobre
Juin
Janvier
Avril
Mai
Janvier
Avril
Mai
Janvier
Avril
Mai
Juillet
Juillet
Juillet
Mars
Septembre
Mars
Septembre
Mars
Février
Février
Février
Août
Août
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Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
CONJONCTURE NATIONALE
Activité économique : Révision à la baisse du taux de croissance économique
attendu pour l’année 2015
Suite aux derniers évènements qu’a connus le pays, le taux de croissance économique estimé pour 2015 a
été révisé à la baisse pour la deuxième fois de 1,7% à 1% contre 3% prévu initialement. Encore faut-il
signaler que la croissance économique, au premier trimestre de l’année en cours, a atteint 1,7%, en
glissement annuel, contre 2,3% le trimestre précédent et 2,4% durant la même période une année
auparavant.
Egalement, le taux de chômage global a quasiment stagné au cours du premier trimestre de 2015 en se
situant à 15%. Néanmoins, le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur, qui demeure à
un niveau assez élevé, a légèrement diminué, revenant de 30,4% à 30%, entre le dernier trimestre de 2014
et le premier trimestre de l’année en cours.
1- AGRICULTURE ET PECHE
La quantité collectée de céréales au cours de la campagne 2014-2015 a atteint, au terme du mois de juin
2015, 5,6 millions de quintaux contre 7,5 millions durant la même période une année auparavant. Il y a lieu
de signaler que la production pour la campagne en cours est estimée à 14 millions de quintaux contre 23,4
millions réalisés la saison écoulée. Par ailleurs, les importations de céréales se sont accrues de 6% au cours
du premier semestre de 2015 pour se situer à 1.715,3 mille tonnes.
Concernant le secteur de l’élevage, la production du lait frais a enregistré, au cours du premier semestre
de 2015, un ralentissement de son rythme de progression (3,3% contre 6,4% au cours de la même période
de l’an passé) pour se situer à environ 670 mille tonnes, alors que les quantités collectées ont augmenté de
4,1% pour se situer à 443,6 mille tonnes, ce qui a entrainé une hausse du taux de collecte de 0,5 point de
pourcentage, passant d’une période à l’autre de 65,7 % à 66,2%. Egalement, la production de viandes
rouges a connu, durant la même période, une décélération, soit une hausse de 1,4% contre 4,2% au
premier semestre de 2014, pour se situer à 57,9 mille tonnes.
En revanche, pour le secteur de la pêche et de l’aquaculture, la production a baissé de 8,2% au cours des
six premiers mois de 2015 par rapport à la même période de l’année précédente, pour revenir à
58,1 mille tonnes. Ce fléchissement est imputable à la régression de la production des principaux modes de
pêche, notamment la pêche pélagique (-7,6%), la pêche au poisson bleu (-10,6%) et ce, malgré la
progression de celle de la pêche côtière (3,9%).
Par ailleurs et compte tenu de la récolte exceptionnelle de l’huile d’olive pour la campagne 2014-2015, la
balance alimentaire avec l’extérieur a dégagé, au cours du premier semestre de 2015, un excédent de
314,4 MDT contre un déficit de 656,5 MDT au cours de la même période de 2014 et ce, suite à la forte
reprise des exportations (129,3% contre -31,5%) face à une progression de moindre ampleur pour les
importations (19,2% contre -8,6%). Ainsi, le taux de couverture s’est élevé à 116% contre 60,3% un an plus
tôt.
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Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
2- ACTIVITE INDUSTRIELLE
L’indice général de la production industrielle (base 100 en 2010) a accusé, au cours des quatre premiers
mois de 2015, une baisse de 1,4% contre -0,2% pendant la même période de l’année précédente. Ce repli
est imputable à la poursuite de la régression de la production dans les industries non manufacturières
(-7,8% contre -4%), alors que celle des industries manufacturières a connu une légère décélération (1,3%
contre 1,4%).
La progression des quantités produites dans les industries manufacturières est due, notamment, à la forte
reprise dans les industries agroalimentaires (16,1% contre -9,3%) et à la légère hausse dans les industries
diverses (1,2% contre 8,1%). En revanche, les autres secteurs ont enregistré une baisse, en particulier les
industries chimiques (-10% contre 6,8%), les industries de matériaux de construction, céramique et verre
(-2,5% contre 8,2%), les industries du textile et habillement, cuirs et chaussures (-1,5% contre 2,8%) et les
industries mécaniques et électriques (-0,9% contre 2%).
Quant au fléchissement de la production des industries non-manufacturières, il s’explique surtout par la
contraction de la production minière (-45,5% contre 81%) et à un degré moindre, par la poursuite de la
baisse de la production énergétique (-6,1% contre -6%).
S’agissant des échanges commerciaux du secteur industriel avec l’extérieur, les exportations des
industries manufacturières hors industries agroalimentaires ont enregistré, au cours du premier semestre
de 2015, un ralentissement de leur rythme d’accroissement (1,4% contre 5,4%), suite au repli des
exportations des industries du textile, habillement, cuirs et chaussures (-6,3% contre 2,7%) et à la
décélération de celles des industries mécaniques et électriques (3,7% contre 6,3%).
En outre et en relation avec la régression de la production industrielle dans la plupart des branches, les
importations de matières premières et demi-produits et celles des biens d’équipement ont connu, au terme
du mois de juin 2015, des évolutions modestes soit 1,5% et 0,9%, respectivement, contre 2,3% et 2,1%
durant la même période une année auparavant. Par ailleurs, la consommation d’électricité de haute et
moyenne tensions dans le secteur industriel a connu une reprise de 4,7%, au cours des quatre premiers
mois de 2015, contre une légère baisse de 0,1% à la même période de l’année écoulée.
Concernant les échanges commerciaux du secteur énergétique, ils ont enregistré, au cours du premier
semestre de 2015, un fléchissement notable des exportations de 41% et à un degré moindre pour les
importations (-15,2%) ce qui a entraîné l’aggravation du déficit de la balance commerciale du secteur
d’environ 217 MDT ou 12,2% relativement à la même période de 2014. Ainsi, le taux de couverture des
importations par les exportations s’est fortement détérioré revenant de 51,5% à 35,8%, d’une période à
l’autre.
3- TOURISME
Suite aux derniers évènements qu’a connus le pays, les principaux indicateurs d’activité du secteur
touristique ont poursuivi, en juin 2015, leur tendance baissière. En effet, les entrées de touristes étrangers
et les nuitées touristiques globales se sont repliées de 36,7% et 35,6% en glissement annuel,
respectivement, contre des baisses de 3,3% et 3,9% un an plus tôt. Aussi, les recettes touristiques en
devises ont-elles accusé un net recul de 23,6% contre une hausse de 15,1% en juin 2014.
8
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
Au cours du premier semestre de 2015, les entrées de touristes étrangers ont connu une baisse de 24,6%
en comparaison avec leurs niveaux au cours de la même période de l’année précédente, contre une hausse
de 1,3% en 2014, pour s’élever à 2 millions de visiteurs. Cette évolution a été enregistrée suite au repli du
nombre de touristes européens (-26,9% contre -0,6% au cours du premier semestre de 2014),
principalement les Allemands (-21,8% contre +3,2%), les Français (-25,9% contre -8%) et les Italiens (-53,4%
contre +27,3%). De même, les entrées des Maghrébins ont accusé un net fléchissement au cours de la
même période (-24,6% contre 2,6%), suite notamment au recul des entrées des Libyens (-39,5% contre
-7,6%) et la décélération de celles des Algériens (3,7% contre 32,3%).
Parallèlement, les nuitées touristiques globales ont enregistré, durant la même période, un fléchissement
de 23,1% (contre -0,7% une année auparavant) portant sur environ 8,5 millions d’unités.
Par zone touristique, la baisse des nuitées a touché toutes les régions notamment celles de Mahdia
(-42,3%), Djerba-Zarzis (-29,9%), Monastir-Skanès (-29,4%) et Nabeul-Hammamet (-22,2%).
Pour leur part, les recettes touristiques en devises ont accusé une baisse de 17,1%, au cours du premier
semestre de 2015, pour se situer à environ 1.199 MDT.
1.445
1.266
1.199
4- TRANSPORT AERIEN
Corrélativement à la baisse des flux de touristes étrangers, le trafic aérien de passagers a enregistré, au
cours du mois de juin 2015, une baisse de 32,1% en termes de glissement annuel contre -0,7% une année
auparavant.
9
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
Ainsi, durant le premier semestre de l’année en cours, le nombre de passagers a connu un net
fléchissement (-21,5% contre 4,1% durant la même période de 2014) pour s’établir à environ 3,8 millions de
voyageurs. Cette évolution est imputable au repli observé au niveau des lignes internationales (-23,7%)
contrastant avec la hausse du trafic sur les lignes intérieures (21,2%).
Par aéroport, le trafic de passagers s’est contracté dans tous les aéroports notamment ceux de Sfax
(-81,7%), de Tabarka (-58%), de Monastir (-42,1%) et de Tunis-Carthage (-17,9%).
L’indice général des prix à la consommation familiale a poursuivi, en juin 2015, la décélération de son
rythme de progression pour le deuxième mois consécutif. Ainsi, d’un mois à l’autre, la hausse de cet indice
s’est limitée à 0,2% contre 0,4% un mois auparavant et 0,5% au cours du même mois de 2014. Cette
tendance est principalement due à la baisse des prix des produits alimentaires (-0,5% contre 0% en mai
2015), ainsi qu’à la progression à un rythme moins rapide des prix des produits manufacturés (0,4% contre
0,7%), alors que les tarifs des services se sont inscrits en hausse (0,6% contre 0,3%).
En termes de glissement annuel, le taux d’inflation a connu, au cours du mois de juin 2015, un
ralentissement de son rythme d’évolution pour s’établir à 5% contre 5,3% en mai. Cette tendance
s’explique, surtout, par la poursuite du ralentissement de la hausse des prix des produits alimentaires (5,1%
contre 6,3%), ainsi que de ceux des produits manufacturés (5,4% contre 5,5%), alors que les tarifs des
services ont connu une accélération de leur rythme pour s’élever à 4,4%.
En moyennes mensuelles, le taux d’inflation s’est situé à 5,5% au cours du premier semestre de 2015
contre 4,5% pour la même période de 2014, en relation principalement avec la hausse des prix de
l’alimentation et boissons (6 ,9%), des articles de l’habillement et chaussures (6,7%) ainsi que des tarifs des
hôtels et restaurants (10,8%).
Par régime de fixation des prix, l’accélération de l’inflation a concerné aussi bien les produits libres (5,6%
en moyenne contre 5% au cours du premier semestre de l’an passé) que les produits non libres ou encadrés
(5% contre 2,8%).
Encore faut-il signaler que hors produits alimentaires et énergie, la hausse des prix s’est limitée à 4,9% en
moyenne au cours du premier semestre de 2015.
10
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
EVOLUTION DES PRIX DES PRODUITS ALIMENTAIRES ET
EVOLUTION DU TAUX D’INFLATION
BOISSONS AU COURS DU PREIMIER SEMESTRE 2015
AU COURS DU PREIMIER SEMESTRE 2015
(Variations en glissement annuel et en % des prix des produits
(Variations en glissement annuel et en % de l’indice général des prix à
alimentaires et boissons)
la consommation)
6,3 9,0
6,1 8,5 8,0
7,7
5,9 5,7 5,7 5,7 6,0 8,0
7,6
5,9 7,5 7,2
5,7 7,9 7,9
5,8 7,0
5,5 5,3 5,7 5,6 7,2
5,6 5,6 6,5 7,0 7,1 6,3 7,1
5,3 5,5 5,4
5 6,0 6,6 6,8
5,1 6,3
5,2 5,2 5,5 5,1
4,9 5,0 5,7 5,7 5,8
5,0 5,0
4,7
4,5
4,5
4,0
11
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
SITUATION DU SYSTEME FINANCIER
Accentuation des besoins de liquidité des banques au second trimestre
de l’année 2015
7000
6000
5000
4000
3000
2000
1000
0
-1000
-2000
-3000
-4000
-5000
-6000
-7000
1
Les données statistiques sont présentées en termes de moyennes trimestrielles.
12
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
de monnaies étrangères par les banques auprès de la Banque Centrale afin d’alimenter leurs comptes en
devises pour faire face à leurs transactions courantes.
• et à l’accroissement du compte «dépôts en devises» de 181 MDT suite à l’affectation, au terme
du premier trimestre 2015, du dépôt de la Banque d’Algérie d’un montant de 100 M$ (194 MDT) à ce
compte et dont l’effet a été pleinement ressenti au deuxième trimestre.
- La diminution importante du solde net des administrations publiques de 638 MDT, portant la
marque de la hausse du compte « gouvernement tunisien, compte divers » de 805 MDT en moyenne,
compte tenu de la comptabilisation, en mai 2015, d’une partie, soit 769.2 M$ (ou 1.468 MDT), de
l’emprunt obligataire encaissé au terme du mois de janvier1 de l’année courante, dans ledit compte.
- Quant au solde du compte courant du Trésor, il a diminué de 148 MDT, en moyenne, par rapport
au premier trimestre 2015. En effet, le repli du compte du Trésor est essentiellement imputable à
l’encaissement d’une enveloppe de recettes fiscales, au cours du trimestre sous-revu, moins importante
que celle perçue un trimestre auparavant, et à la consolidation des subventions de l’Etat au profit de
sociétés et organismes publics, notamment celles accordées à l’Office des Céréales.
- Un repli de 66 MDT, en moyenne, des billets et monnaies en circulation par rapport au trimestre
précédent. Etant précisé que ce facteur a connu une augmentation de 50 MDT au cours du mois de juin
2015, qui a coïncidé en partie avec le mois de Ramadan.
EVOLUTION DES FACTEURS DE LA LIQUIDITE BANCAIRE ET DES OPERATIONS DE POLITIQUE MONETAIRE
(Moyennes quotidiennes en MDT)
er ème Var.
1 trim. 2 trim. ème
DESIGNATION 2 trim.2015 /
2015 2015 er
1 trim.2015
BILLETS & MONNAIE EN CIRCULATION -8.502 -8.436 66
SOLDE NET DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES -472 -1.110 -638
Dont : SOLDE DU CCT -1.075 -927 148
ACTIFS NETS SUR L’ETRANGER 5.539 4.597 -942
Dont: AVOIRS NETS EN DEVISES 14.447 13.965 -482
AUTRES FACTEURS NETS -247 -165 82
= LIQUIDITE STRUCTUELLE (A) -3.682 -5.114 -1.432
APPELS D’OFFRES 3.280 4.877 1.597
OPERATIONS D’OPEN – MARKET 394 334 -60
SWAP DE CHANGE - 12 12
FACILITES PERMANENTES DE DEPOT A 24 HEURES -62 -37 25
FACILITES PERMANENTES DE PRET A 24 HEURES 357 76 -281
= TOTAL OPERATIONS DE POLITIQUE MONETAIRE (B) 3.969 5.262 1.293
= AVOIRS EN COMPTES COURANTS DES BANQUES (A) +(B) 287 148 -139
1
Il est à noter qu’initialement, lors de son encaissement le 30 janvier 2015, cet emprunt, dont la valeur est de
989,2 M$ (1.840,5 MDT), a été affecté totalement dans le « compte spécial du gouvernement tunisien en devises ».
13
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
EVOLUTION DES FACTEURS DE LA LIQUIDITE (EN MDT)
2014 T1 2014 T2 2014 T3 2014 T4 2015 T1 2015 T2
1800
1400
1000
600
200
-200
-600
-1000
-1400
-1800
-2200
Billets & monnaies en circulation Solde net des administrations pub.
Actifs nets / l'étranger Autres facteurs nets
Total des facteurs
Les facteurs autonomes de la liquidité ont exercé, au deuxième trimestre de 2015 un effet restrictif total de
1.030 MDT, contre 1.337 MDT au premier trimestre. Cet effet a résulté :
- de l’effet restrictif de 1.136 MDT exercé par les avoirs nets en devises dû essentiellement à
l’augmentation des opérations de change effectuées entre la BCT et les banques et ayant porté sur une
enveloppe totale nette de 1.398 MDT au second trimestre contre 1.265 MDT au trimestre précédent,
opérations qui ont servi à combler le creusement du déficit de la balance courante constaté sur la période
étudiée.
Il est à noter que les opérations de change manuel ont pu réduire l’effet restrictif des avoirs en devises de
190 MDT au cours du second quart de l’année 2015.
- de l’effet restrictif de 201 MDT exercé par le solde du compte courant du Trésor, ayant pour
cause, outre l’encaissement des recettes fiscales, essentiellement celles relatives aux acomptes
provisionnels du premier trimestre perçus en avril 2015, les souscriptions aux émissions de Bons du Trésor
qui ont entrainé le retrait d’un montant de 360 MDT du marché monétaire en faveur du Trésor au cours du
trimestre susmentionné.
- de l’effet expansif de 509 MDT des billets et monnaies en circulation sur la trésorerie bancaire,
contre +303 MDT le trimestre précédent. Paradoxalement, le mois de juin 2015 (dont la deuxième moitié a
coïncidé avec la première moitié de Ramadan) a enregistré l’effet expansif le moins important du trimestre,
soit +120 MDT contre +211 MDT et +178 MDT respectivement aux mois d’avril et de mai.
1
L’effet global est mesuré par le cumul des effets quotidiens des facteurs autonomes sur la trésorerie bancaire.
14
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
EFFETS DES FACTEURS AUTONOMES ET DES OPERATIONS DE POLITIQUE MONETAIRE SUR LA LIQUIDITE
(DONNEES DE FIN DE PERIODE EN MDT)
Désignation T1-2015 T2-2015
Billets et Monnaies en Circulation (a) 303,2 508,6
Compte Courant du Trésor (b) -552,2 -201,2
Avoirs Nets en Devises (c) -1.038,6 -1.135,7
Effets des autres facteurs nets (d) -49,5 -201,4
Total des effets des FAL (1) = (a)+(b)+(c)+(d) -1.337,1 -1.029,7
Effet des opérations de politique monétaire (2) 1.072 1.115
Variation du solde du compte courant ordinaire des banques
tenu à la BCT (3)=(1)+(2) -265,1 85,3
1000
500
-500
-1000
-1500
Compte tenu de l’évolution des facteurs autonomes de la liquidité bancaire, les opérations de politique
monétaire ont totalisé, en moyenne, 5.262 MDT au cours du deuxième quart de 2015, soit 1.293 MDT de
plus que le trimestre précédent. Les avoirs en comptes courants ordinaires des banques tenus à la Banque
Centrale ont baissé de 139 MDT, pour s’établir en moyenne à 148 MDT.
15
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
IMPACT DES FAL ET DES OPERATIONS DE PM SUR LE SCCOB
MDT MDT
8000 900
6000 800
4000 700
573
600
2000
500
0
400
-2000 287 300
-4000 200
-6000 100
148
-8000 0
Opérations de PM Total FAL SCCOB (axe droit) Moy trim SCCOB (axe droit)
500 50%
40%
300 30%
44,5 47,6 49,0
20%
33,1 31,9 31,7
100 10%
0%
-100 2014 T1 2014 T2 2014 T3 2014 T4 2015 T1 2015 T2 2014 T1 2014 T2 2014 T3 2014 T4 2015 T1 2015 T2
16
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
Sur le marché des titres de créances négociables, les encours des certificats de dépôts et des billets de
trésorerie ont reculé respectivement de 468 MDT et 43 MDT par rapport au premier trimestre pour
atteindre, au terme du trimestre sous-revu, des montants respectifs de 3.659 MDT et 914 MDT. Il est à
noter que contrairement aux billets de trésorerie dont l’encours a été plus ou moins stable, depuis le début
de l’année, l’encours des certificats de dépôts a sensiblement baissé par rapport à janvier 2015.
6000
5017,5
5000 4610,5 4542,1
4127 4148
3659
4000
3000
2000
0
janv.-15 févr.-15 mars-15 avr.-15 mai-15 juin-15
CD BT
Dans le cadre de ses opérations de politique monétaire, l’Institut d’émission est intervenu, principalement,
à travers des appels d’offres à 7 jours, qui ont porté sur une enveloppe moyenne de 4.877 MDT au cours
du second trimestre 2015, contre 3.280 MDT un trimestre auparavant.
Egalement, l’encours moyen des opérations d’open-market s’est établi à 334 MDT, en baisse de 60 MDT
par rapport à celui du trimestre précédent. Cela s’explique par le remboursement d’une ligne de BTA, au
mois de février 2015 pour un montant de 583 MDT dont 140 MDT en faveur de la BCT au titre de ses achats
fermes de Bons du Trésor.
Avec l’élimination des réserves obligatoires sur l’encours des crédits à la consommation1, les banques
continuent à recourir de moins en moins aux facilités de prêt à 24 heures. Celles-ci ont reculé de 281 MDT,
en moyenne, par rapport au premier quart de 2015 pour s’établir à 76 MDT. Les facilités de dépôt à
24 heures ont diminué de 25 MDT, en moyenne, pour atteindre 37 MDT au trimestre sous-revu.
Les instruments d’intervention de la BCT sur le marché monétaire ont été enrichis par l’entrée en vigueur
des swaps de change, institués en vertu des dispositions de la circulaire aux établissements de crédit
n°2013-19 du 27 décembre 2013 .La première opération du genre a été effectuée au mois de mai et a porté
sur un montant de 35 MDT pour une échéance d’un mois. Elle a été suivie par une deuxième opération de
113 MDT, en juillet, donnant lieu à une moyenne trimestrielle de 12 MDT.
1
Circulaire aux banques n°2015-01 du 4 février 2015.
17
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
OPERATIONS DE POLITIQUE MONETAIRE (EN MDT)
(Données trimestrielles)
2015 T 2
2015 T 1
2014 T 4
2014 T 3
2014 T 2
2014 T 1
-200 100 400 700 1000 1300 1600 1900 2200 2500 2800 3100 3400 3700 4000 4300 4600 4900 5200 5500
Le taux moyen pondéré (TMP) des appels d’offres a augmenté d’un point de base par rapport au trimestre
précédent, pour s’établir à 4,76%.
S’agissant du taux d’intérêt pondéré au jour le jour sur le marché interbancaire, il a fluctué, au second
trimestre 2015, entre un minimum de 4,55% et un maximum de 4,96%. De ce fait, les taux moyens
mensuels du marché monétaire (TMM) se sont établis respectivement à 4,80%, 4,77% et 4,80% au cours
des trois mois du trimestre sous-revu, soit une moyenne trimestrielle de 4,79%, contre 4,84% au cours du
trimestre précédent.
4,80
4,75
4,70
4,60
En %
4,50
4,50
4,40
18
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
Concernant le taux minimum de rémunération de l’épargne (TRE), il est resté inchangé, à 3,50%, et ce,
depuis le mois de juillet 2014.
5,25
5,00
4,78 4,98 4,94 4,92 4,88 4,89 4,82 4,80 4,80
4,72 4,72 4,93 4,93
4,75 4,71 4,77
4,70 4,80
4,68
4,50
4,25
4,00
3,75
3,50
3,25
3,00
La masse monétaire M3 a connu, au cours du premier semestre de l’année 2015, une décélération pour
augmenter de 0,7% seulement contre 3,1% une année auparavant reflétant celle aussi bien des créances
nettes sur l’Etat (7,1% contre 12,1% en 2014) que des concours à l'économie (3,2% contre 5,1% en 2014) ;
alors les créances nettes sur l’extérieur ont poursuivi leur baisse quoique à un rythme inférieur à celui
enregistré au cours de la même période de l’année précédente (-10,2% contre -57,5%).
S’agissant des ressources, l’évolution de l’agrégat de monnaie M3, au cours du premier semestre de
l’année 2015, est imputable, notamment, à la quasi-stagnation de l’encours des billets et monnaies en
circulation (0,4% contre 4%) et la décélération des dépôts à vue auprès des banques (2,2% contre 6,4%).
Par ailleurs, le léger repli enregistré au niveau des dépôts quasi-monétaires, durant le même intervalle,
résulte, principalement, du ralentissement du rythme de progression des dépôts à termes et autres
produits financiers (6,1% contre 15,1%) et de l’accentuation de la baisse de l’encours des certificats de
dépôts (-22% contre -13,1%) qui ont été atténué en partie par l’augmentation des dépôts en comptes
spéciaux d’épargne (3,5% contre 1,7%).
19
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
VARIATION MENSUELLE DES PRINCIPAUX AGREGATS MONETAIRES (EN MDT)
1000
800
600
400
200
0
-200
-400
Avril Mai Juin Avril Mai Juin
-600
-800
2014 2015
MASSE MONETAIRE (M3) CREANCES NETTES/EXTERIEUR
CREANCES NETTES SUR L’ETAT CONCOURS A L’ECONOMIE
A signaler que la hausse notable des autres ressources, durant le premier semestre de l’année 2015,
notamment, les ressources spéciales (75,5% contre 4,5%) est imputable, essentiellement, à la mobilisation
d'un montant de 1 milliard $US en janvier 2015 au titre de l’emprunt obligataire que l'Etat Tunisien a émis
sur les marchés financiers internationaux, logé actuellement dans un compte au nom du Gouvernement en
devises et géré par la BCT.
Pour ce qui est des contreparties, les créances nettes sur l’extérieur ont accusé, au terme du premier
semestre de l’année 2015, une baisse moins importante que celle enregistrée l’année précédente
(-222 MDT contre -2.218 MDT). A noter que la forte diminution de cet agrégat au cours du premier
semestre de l’année 2014 est imputable, notamment, à l’augmentation des engagements extérieurs du
système financier dont les dépôts des non-résidents qui en constituent la principale composante.
Les avoirs nets en devises ont progressé, durant le premier semestre de l’année 2015, de 139 MDT contre
une baisse de 646 MDT une année auparavant pour clôturer le mois de juin de l’année sous-revue à un
niveau de 13.236 MDT soit l’équivalent de 114 jours d'importation contre 13.097 MDT et 112 jours,
respectivement, au terme de l’année 2014.
Les créances nettes sur l’Etat ont enregistré, au cours du premier semestre de l’année en cours, une
augmentation de 847 MDT contre 1.251 MDT durant la même période de 2014 sous l’effet conjugué de
l’accroissement modéré de l’encours des bons du Trésor en portefeuille des banques (394 MDT contre
1.713 MDT) et la baisse du solde du compte courant du Trésor (-212 MDT contre +421 MDT). A signaler que
la hausse des créances nettes sur l’Etat au cours du premier semestre de l’année 2014 résulte de
l’encaissement de l’emprunt obligataire national pour un montant de 959 MDT.
20
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
EVOLUTION DES RESSOURCES DU SYSTEME FINANCIER ET DE LEURS CONTREPARTIES
(Chiffres de fin de période en MDT)
VARIATIONS EN % SAUF
INDICATION CONTRAIRE
DESIGNATION JUIN 2015*
JUIN 2014 JUIN 2015
DEC.2013 DEC.2014
AGREGAT M4 59.718 4,0 0,6
MASSE MONETAIRE (M3) 59.241 3,1 0,7
MASSE MONETAIRE (M2) 56.220 3,3 0,6
MONNAIE (M1) 23.056 4,6 2,3
QUASI-MONNAIE 33.164 2,4 -0,6
M 3-M2 3.021 -0,5 4,4
M4 -M3** 477 504 -64
AUTRES RESSOURCES 19.213 -1,7 13,0
TOTAL RESSOURCES = TOTAL CONTREPARTIES 78.931 2,7 3,4
CREANCES NETTES/EXTERIEUR ** 1.951 -2.218 -222
CREDITS INTERIEURS 76.980 6,1 3,8
CREANCES NETTES SUR L’ETAT ** 12.802 1.251 847
DT : BONS DU TRESOR** 6.279 1.713 394
COMPTE COURANT DU TRESOR ** 403 421 -212
CONCOURS A L'ECONOMIE 64.178 5,1 3,2
DT : CREDITS A L’ECONOMIE 60.936 5,1 3,1
* Données provisoires.
** Pour ces agrégats, les variations sont exprimées en MDT.
Par ailleurs, les émissions des bons du Trésor, au cours du premier semestre de l’année 2015, se sont
accrues de 833 MDT contre des remboursements à ce titre d’un montant de 674 MDT, soit des
souscriptions nettes de +159 MDT contre 1.244 MDT, 868 MDT et +376 MDT, respectivement , durant la
même période de l'année écoulée.
En ce qui concerne les concours à l’économie, ils ont enregistré un ralentissement de leur rythme de
progression (3,2% contre 5,1%) reflétant, essentiellement, la forte décélération du taux de croissance de
l’encours du portefeuille-escompte (201 MDT contre 1.435 MDT).
Selon les statistiques de la centrale des risques et le fichier des crédits aux particuliers et compte non tenu
des avals et cautions, l’augmentation de l’encours des crédits, au cours du premier semestre de l’année
2015, a profité, principalement, au secteur des services (+959 MDT) qui a accaparé près de 78% de
l’enveloppe globale de l’augmentation des crédits à l’économie.
21
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
MARCHE FINANCIER
Poursuite de la tendance haussière du marché conjuguée à une consolidation
des transactions et des émissions des sociétés par appel public à l’épargne
L’activité du marché financier a été caractérisée, au cours du second trimestre de l’année 2015, par :
- Une poursuite de la hausse de l’indice Tunindex suivie par une légère baisse à la fin du trimestre
suite aux événements de Sousse ;
- L’enrichissement de la cote de la Bourse par l’introduction de la société « Universal Auto
Distributors Holding » -UADH- sur le marché principal. Le Conseil de la Bourse a également donné son
accord de principe pour l’admission de la société « Office Plast » spécialisée dans la fabrication d’articles
scolaires et bureautiques au marché alternatif de la cote ;
- L’octroi de l’agrément du Conseil du Marché Financier (CMF) pour la constitution :
• du fonds commun de placement (FCP) de type obligataire « UGFS Bonds Fund »,
• et du fonds d’amorçage « Capital Lease Seed Fund 2 » (15 MDT)
Et ce, outre l’octroi de l’agrément du CMF pour la liquidation des fonds communs de placement « FCP Fina
60 » et « FCP Serena Valeurs Financières » suite à l’expiration de leur durée de vie et pour la liquidation
anticipée des fonds « FCP Al Baraka » et « FCP Général Dynamique » et du FCPR « Syaha Capital FCPR » à la
demande de la société de gestion.
I- LE MARCHE PRIMAIRE
Le recours du Trésor à l’endettement intérieur s’est poursuivi au cours du second trimestre 2015 avec,
toutefois, une interruption des émissions de bons du Trésor assimilables (BTA) en mai en raison des taux
excessifs demandés par les adjudicataires.
EMISSIONS DE L’ETAT (En MDT)
EME ER EME
DESIGNATION 2 TRIM. 2014 (*) 1 TRIM. 2015 2 TRIM. 2015
Titres de capital 45 0 89
Titres de créance 75 180 255
TOTAL DES FONDS LEVES 120 180 344
22
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
Le second trimestre 2015 a été caractérisé par un dynamisme des émissions sur le marché primaire.
Dans ce cadre, le CMF a accordé son visa pour l’émission de cinq emprunts obligataires émis par deux
banques et trois sociétés de leasing pour une enveloppe globale de 200 MDT et pouvant atteindre un
maximum de 220 MDT1 ainsi que pour quatre opérations d’augmentation du capital en numéraire
susceptibles de drainer un montant cumulé de 199 MDT2.
Les fonds mobilisés par appel public à l’épargne (APE) par les entreprises sur le marché primaire se sont,
pour leur part, inscrites en hausse de 91% par rapport au trimestre précédent et ont totalisé 344 MDT dont
255 MDT ou 74,1% sous forme d’emprunts obligataires.
Les fonds levés au titre des emprunts obligataires ont totalisé 255 MDT, dont 160 MDT sous forme
d’emprunts subordonnés, alors que les augmentations du capital en numéraire ont été de 89 MDT.
ACTIVITE DES OPCVM
Le nombre des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) en activité s’est élevé à
125 unités à fin juin 2015 suite à l’entrée en activité du fonds commun de placement du type mixte
« FCP Smart Equity 2 ».
Les actifs nets détenus par les OPCVM se sont inscrits en baisse de 83 MDT par rapport à fin mars 2015 et
ont totalisé 4.590 MDT à fin juin 2015. Les OPCVM en activité ont réalisé un rendement de 2,04% au titre du
premier semestre 2015 (contre 1,9% au cours de la même période de l’année 2014).
Le nombre des sociétés cotées s’est accru à 78 unités, au terme du second trimestre de l’année 2015, suite
à l’introduction en Bourse de la société « Universal Auto Distributors Holding »- UADH- appartenant au
groupe « Loukil » sur le marché principal via une offre publique à prix ferme (OPF) au prix de 6,500 dinars
par action sachant que la demande exprimée pour l’OPF a atteint quatre fois la quantité offerte.
Concernant l’activité boursière, l’indice Tunindex a suivi un trend haussier continu tout au long du second
trimestre 2015 avec un plus haut niveau de 5.770,32 points atteint le 24 juin. Néanmoins les événements
de Sousse ont induit une légère baisse de l’indice qui a clôturé le mois de juin à 5.718,94 points ; soit un
rendement de 7,6% au titre du second trimestre et de 12,4% depuis le début de l’année 2015.
Au cours du second trimestre 2015, la plupart des indices sectoriels se sont inscrits en hausse, neuf indices
ayant réalisé des performances positives à des taux variant entre 7,9% (services financiers) et 20,3%
(produits ménagers et de soin personnel) alors que quatre autres indices ont enregistré une baisse à des
1
Il s’agit des emprunts émis par l’ATL (30 à 40 MDT) et l’AIL (15 à 20 MDT) et des emprunts subordonnés émis par
la BH (90 MDT), Tunisie Leasing (15 à 20 MDT) et l’UIB (50 MDT).
2
Il s’agit des augmentations du capital de Modern Leasing, Tunis Ré, la Banque de l’Habitat et de la société UADH
dans le cadre de son introduction en Bourse.
23
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
taux compris entre -2,9% (industries) et -6,5% (automobiles et équipementiers). L’indice TUNBANK a, quant
à lui, enregistré un rendement positif de 8,3%.
EVOLUTION DU VOLUME DES TRANSACTIONS (En MDT)
EME ER EME
DESIGNATION 2 TRIM. 2014 1 TRIM. 2015 2 TRIM. 2015
Les transactions réalisées sur la cote de la Bourse se sont, pour leur part, accrues de 21,4% d’un trimestre à
l’autre et ont totalisé 636 MDT, au titre du second trimestre 2015 ; soit un volume quotidien moyen des
transactions de 10,1 MDT (contre une moyenne quotidienne de 9,4 MDT depuis le début de l’année 2015).
EVOLUTION DES INDICATEURS BOURSIERS
24
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
Evolution quotidienne des indices TUNINDEX et TUNBANK
(En %)
32
28
24
20
16
12
8
4
0
-4
-8
TUNINDEX TUNBANK
25
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
PAIEMENTS EXTERIEURS
Contraction du déficit courant et consolidation des entrées nettes de capitaux au cours
du premier semestre de 2015
Les paiements extérieurs ont continué, au cours du premier semestre de 2015, à évoluer dans un contexte
national défavorable entaché par la dégradation de la situation sécuritaire et la persistance des tensions
sociales malgré l’achèvement de la période de transition politique depuis le début de l’année. La
contreperformance des principales activités exportatrices de biens et services, qui ont subi les effets
pervers du ralentissement de l’activité économique, a exercé des pressions sur les paiements courants.
Toutefois, la consolidation des entrées nettes de capitaux extérieurs a permis de financer pratiquement la
totalité du déficit courant qui s’est situé à près de 4 milliards de dinars ou 4,5% du PIB.
En conséquence, la balance générale des paiements a dégagé un léger déficit (-2 MDT au cours du premier
semestre de 2015 contre -641 MDT une année auparavant). De son côté, le niveau des avoirs nets en
devises s'est élevé à 13.236 MDT, soit l’équivalent de 114 jours d’importation, au terme du premier
semestre de 2015, contre 13.097 MDT et 112 jours, à la fin de l'année 2014.
EVOLUTION DES PRINCIPAUX SOLDES DE LA BALANCE DES PAIEMENTS (En MDT)
er
1 Semestre
DESIGNATION 2013 2014
2014 2015*
26
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
contre 4.134 MDT et 5% une année auparavant. Ce résultat est attribuable à la contraction du déficit
commercial (FOB/FOB) de 553 MDT pour se situer à 5.036 MDT, alors que l’excédent de la balance des
services et celui de la balance des revenus de facteurs et des transferts courants se sont inscrits en baisse
pour revenir à 484 MDT et 567 MDT, respectivement.
Le déficit commercial (FOB/CAF) a connu au cours du premier semestre de 2015 un allégement de 558 MDT
ou 8,3% par rapport à la même période de l’année 2014 pour revenir à 6.169 MDT. Ce résultat est
attribuable principalement au redressement notable de la balance alimentaire qui a tiré profit du net
affermissement des exportations d’huile d’olive, alors que le déficit de la balance énergétique s’est creusé
de 12,2% par rapport au premier semestre de 2014.
1000 314
725 63
0 -385
-334 -903 -1073
-1000 -1778 -1994
-498 -356
-1854
-2000 -656
-2000 -1952
-3000 -2275
-1811 -2031
-4000
-2069 -2236
-5000 -1959
-2050
-6000 -23
-255
-7000 -212
2011 2012 2013 2014 2015
S’agissant de l’évolution des échanges commerciaux au cours du premier semestre de 2015, elle a porté la
marque de la reprise des exportations (+3,4% contre -2,5%) qui s’est conjuguée à une légère baisse des
importations (-0,4% contre +4,1%). Le taux de couverture s’est par conséquent amélioré de 2,6 points de
pourcentage pour se situer à 70,1%.
Evalués aux prix constants, les échanges commerciaux font apparaitre une progression des exportations de
0,8% et de celle des importations de 1,6%. L’augmentation des prix à l’export de 2,6% et la baisse des prix à
l’import de 1,9% ont entrainé une amélioration des termes de l’échange de 4,6% par rapport au premier
semestre de 2014.
Quant à l’analyse des échanges commerciaux par régime, elle fait ressortir une contraction du déficit
commercial sous le régime général de 517 MDT pour se situer à 9,6 Milliards de dinars et ce, suite à l’effet
conjugué de l’augmentation des exportations de 5,4% et de la baisse des importations de 1,8%. Au niveau
du régime offshore, les échanges commerciaux ont connu au cours du premier semestre de 2015 un
ralentissement, les exportations et les importations n’ont progressé que de 2,4% et 3,1%, respectivement,
contre 4,2% et 3,5% une année auparavant.
27
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
EVOLUTION DES EXPORTATIONS PAR SECTEURS D'ACTIVITES (En MDT)
Premier Semestre
SECTEUR VALEUR (MDT) VAR. EN %
2013 2014 2015 14/13 15/14
AGRICULT, ET IND. AGRO. ALIM. 1.641,3 1.131,6 2.478,3 -31,1 119,0
ENERGIE ET LUBRIFIANTS 2.087,6 1.887,8 1.113,3 -9,6 -41,0
MINES,PHOSPH. & DERIVES 810,5 637,7 396,3 -21,3 -37,9
TEXTILES, HABILL. & CUIRS 3.280,0 3.332,0 3.146,8 1,6 -5,6
I.M.E. 5.235,8 5.568,2 5.772,3 6,3 3,7
AUTRES INDUSTRIES MANUF. 1.262,0 1.406,0 1.530,8 11,4 8,9
TOTAL DES EXPORTATIONS 14.317,2 13.963,3 14.437,8 -2,5 3,4
L’augmentation des exportations, au cours du premier semestre de 2015, a concerné en particulier les
ventes du secteur de l’Agriculture et des Industries Agroalimentaires (+119 %), et ce en relation avec la
progression des ventes d’huile d’olive qui ont atteint un niveau record avoisinant 1,3 Milliard de dinars
reflétant ainsi l’excellente récolte d’huile d’olive au cours de la compagne 2014-2015 (environ 280 mille
tonne1). La promotion des exportations tunisiennes d’huile d’olive a été stimulée, en outre, par la mauvaise
récolte des principaux pays producteurs en l’occurrence l’Italie et l’Espagne.
Quant aux ventes des secteurs des industries manufacturières, elles ont connu une décélération (1,4%
contre 5,4%) qui a concerné les exportations du secteur des industries mécaniques et électriques (3,7%
contre 6,3% lors de la même période de l’année précédente) ainsi que celles des autres industries
manufacturières (8,9% contre 11,4%). Le secteur des textiles, habillements et cuirs a même accusé une
contre-performance enregistrant une diminution de 5,6% de ses expéditions.
Parallèlement, les ventes du secteur de l'énergie ont connu une régression de 41% suite essentiellement à
la baisse des ventes de pétrole brut (-53,5%). Cette évolution s’explique par la chute des prix internationaux
des hydrocarbures qui s’est conjuguée au repli des quantités exportées (-27,6%) suite essentiellement à la
régression de la production nationale (-4% à fin de mai 2015 par rapport à la même période de 20142) ainsi
que le recours accru au pétrole brut produit localement en substitut à celui importé et ce pour satisfaire la
demande de la "Société tunisienne des industries de raffinage STIR".
S’agissant des ventes du secteur des mines, phosphates et dérivés, elles ont diminué de 37,9% par rapport
au premier semestre de 2014 ayant concerné les principaux produits relevant de ce secteur.
EVOLUTION DES IMPORTATIONS PAR GROUPES DE PRODUITS (En MDT)
Premier Semestre
SECTEUR VALEUR (MDT) VAR. EN %
2013 2014 2015 14/13 15/14
ALIMENTATION 1.809,2 1.652,9 1.970,3 -8,6 19,2
ENERGIE 3.160,9 3.665,3 3.107,6 16,0 -15,2
MAT. PREM & 1/2 PROD 5.948,8 6.085,6 6.177,7 2,3 1,5
BIENS D'EQUIPEMENT 4.263,6 4.351,1 4.388,8 2,1 0,9
BIENS DE CONSOMMATION 4.688,3 4.935,2 4.962,6 5,3 0,6
TOTAL DES IMPORTATIONS 19.870,8 20.690,1 20.607,0 4,1 -0,4
1
Selon les chiffres du ministère de l’Agriculture, des ressources hydrauliques et de la Pêche.
2
Selon les données disponibles de l’Observatoire de l’Energie.
28
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
Au niveau des importations, tous les groupes de produits ont enregistré une progression au cours du
premier semestre de 2015 à l’exception des produits énergétiques. En particulier les importations des
produits alimentaires ont connu une augmentation de 19,2% suite essentiellement à la hausse des achats
des produits céréaliers (blé tendre, blé dur et orge) de 19,8%.
Pour les achats des biens de consommation, des matières premières et demi-produits et des biens
d’équipement, elles ont connu une décélération (+0,6%, +1,5% et +0,9%, respectivement, contre +5,3% et
+2,3% et +2,1%) suite au ralentissement de l’activité économique et celle des investissements.
En revanche, les importations des produits énergétiques ont accusé un repli de 15,2% qui a concerné
surtout les achats de pétrole brut (-34,5%) en lien avec la baisse des prix des carburants sur les marchés
mondiaux ainsi que la diminution des quantités importées (-1,7%). De leur côté, les achats des produits
raffinés ont baissé de 7,5% et ce, malgré la hausse des quantités importées (+36,2%). Pour les achats de gaz
naturel, ils ont également diminué de 15,1% en raison du fléchissement de la demande de 10%. C’est que la
réactivation de certaines centrales électriques de la STEG fonctionnant avec le « fuel » en remplacement du
gaz naturel a permis la maitrise de la consommation de ce produit.
L’excédent de la balance des opérations en capital et financières et celles d’ajustement s’est consolidé de
490 MDT pour s'élever à 3.983 MDT au cours du premier semestre de 2015, résultat qui porte la marque
de:
- La hausse de l’excédent de la balance des investissements étrangers de 435 MDT pour s’élever à
1.124 MDT au cours du premier semestre de 2015. Ce résultat est, essentiellement, attribuable à :
29
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
• l’affermissement des flux des investissements directs étrangers au cours du premier semestre de
2015 de 40,7% pour s’élever à 993 MDT contre 706 MDT une année auparavant, hausse qui a concerné
tous les secteurs, en particulier, le secteur de l’énergie (+56,4%) et celui des industries manufacturières
(+16,5%) pour atteindre 570 MDT et 278 MDT, respectivement. Pour les flux des IDE bénéficiant au secteur
des services, ils se sont élevés à 141 MDT dont 67 MDT au titre de l’opération d’acquisition des parts
sociales de la « Polyclinique Taoufik» par le fonds d’investissement « Abraaj ».
• l’accroissement des recettes au titre des investissements de portefeuille passant, d’une période à
l’autre, de 63 MDT à 242 MDT, suite à l’intensification des acquisitions de titres par des non-résidents sur la
Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis, ayant concerné, principalement, les titres de la Société de
Fabrication des Boissons de Tunisie "SFBT" et ceux du groupe "SAH" propriétaire de la marque Lilas
d'articles hygiéniques.
- La hausse de l’excédent de la balance des autres investissements et ajustements qui a atteint
2.750 MDT et ce, en relation avec :
• la mobilisation d’un emprunt obligataire sur le marché international des capitaux, au cours du
mois de janvier 2015, d’un montant de 1 milliard de dollars américains, soit environ de 1,9 milliard de
dinars,
• la mobilisation de 68 MUSD au titre de la deuxième tranche du crédit octroyé par le Fonds
Monétaire Arabe au cours du mois de février 2015,
• la mobilisation de près de 100 MEUR (214 MDT) octroyés par la Commission Européenne dans le
cadre de l’appui budgétaire au cours du mois de mai 2015,
• le dépôt à MLT d’un montant de 100 MUSD (191 MDT) effectué par la Banque d’Algérie auprès de
la Banque Centrale de Tunisie au cours du mois de mars 2015.
• en revanche, les dépenses engagées au titre du remboursement de la dette à MLT se sont
inscrites en hausse de 5,9% pour se situer à 1.030 MDT.
- Parallèlement, l’excédent de la balance des opérations en capital s’est affermi pour se situer à
109 MDT faisant suite, principalement, au don accordé par l’Algérie au cours du mois d’avril 2015 pour un
montant de 50 MUSD (près de 97 MDT).
30
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
EVOLUTION DU TAUX DE CHANGE DU DINAR ET DE L’ACTIVITE
DU MARCHE DES CHANGES
Dépréciation du dinar tunisien vis-à-vis du dollar américain, et appréciation par
rapport à l’euro et hausse des transactions devises-dinars
sur le marché des changes
L’évolution du taux de change du dinar sur le marché interbancaire a été marquée, durant les six premiers
mois de 2015, par une dépréciation vis-à-vis du dollar américain (4,1%) et du yen japonais (1,4%) contre
une progression de 3,9% par rapport à l’euro et au dirham marocain.
Au cours du deuxième trimestre, la valeur du dinar a enregistré une dépréciation de 3% par rapport à l’euro
et une appréciation de 1% face au dollar, contre des évolutions de 7,4% et de -5%, respectivement, à fin
mars 2015.
Sur le marché des changes international, l’euro a connu une dépréciation de 7,9% vis-à-vis du dollar
américain à fin juin qui a été atténuée par une certaine reprise enregistrée durant le deuxième trimestre
(+2,9%).
1,50 2,35
1,45 2,30
1,40 2,25
2,20
1,35 2,15
1,30 2,10
EUR/USD 1,25 2,05 EUR/TND
1,20 2,00
1,95
1,15 1,90
1,10 1,85
1,05 1,80
EUR/USD EUR/TND
En termes de moyenne, le taux de change du dinar a connu au cours du premier semestre 2015 et
comparativement à la même période de l’année écoulée, une appréciation de 2,2% vis-à-vis de l’euro
contre une dépréciation de 16,8% par rapport au dollar américain, de 2,1% par rapport au yen japonais et
de 1,4% face au dirham marocain.
31
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
EVOLUTION DU RAPPORT USD/TND
En dinar
2,00 2,00
1,95 1,95
1,90 1,90
1,85 1,85
1,80 1,80
1,75 1,75
1,70 1,70
1,65 1,65
1,60 1,60
1,55 1,55
1,50 1,50
1,45 1,45
1,40 1,40
1,35 1,35
1,30 1,30
1- MARCHE AU COMPTANT
Le volume des transactions effectuées sur le marché des changes au comptant a connu une hausse de 36%
durant les six premiers mois de l’année 2015, pour s’établir à 49.625 MDT. Cette évolution reflète une
progression aussi bien des opérations devises-devises que de celles devises-dinars.
EVOLUTION DES TRANSACTIONS DE CHANGE AU COMPTANT (En MDT)
DESIGNATION 6 MOIS 2014 6 MOIS 2015 VARIATIONS
TRANSACTIONS DEVISES CONTRE DEVISES 21.358 29.007 7.649
TRANSACTIONS DEVISES CONTRE DINAR 15.127 20.618 5.491
TOTAL 36.485 49.625 13.140
Les transactions devises contre dinar effectuées sur le marché des changes, au cours du premier semestre
2015, ont enregistré une hausse de 36% pour s’établir à 20.618 MDT contre 15.127 MDT au cours de la
même période de l’année écoulée, ce qui s’est traduit par la stabilité de la part des transactions devises
contre dinar du montant global des opérations de change au comptant à 41,5%.
L’évolution des transactions devises contre dinar a été marquée par la progression de 57,6% des
transactions effectuées sur le marché interbancaire après une baisse de 13% une année auparavant. Pour
sa part, l’intervention de la Banque Centrale a connu une faible hausse de 2% contre une diminution de
17,5% durant la même période de l’année écoulée. Ainsi, la part des opérations devises contre dinar avec la
Banque Centrale est revenue à 28,7% contre 38,3% une année auparavant.
32
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
EVOLUTION DES TRANSACTIONS DE CHANGE AU COMPTANT DEVISES CONTRE DINAR (En MDT)
Le volume des transactions devises contre devises a atteint 29.007 MDT au terme des six premiers mois
2015 contre 21.358 MDT durant la même période de l’année 2014, soit une hausse de 35,8%.
La part de ces transactions, dans l’ensemble des opérations de change au comptant, a représenté près de
58,5%. Les transactions avec les correspondants étrangers ont représenté 95%.
EVOLUTION DES TRANSACTIONS DE CHANGE AU COMPTANT DEVISES CONTRE DEVISES (En MDT)
33
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015
PRINCIPAUX INDICATEURS ECONOMIQUES (En MDT sauf indication contraire)
PREMIER SEMESTRE VARIATIONS EN %
DESIGNATION
2014 2015
2013 2014 2015
2013 2014
(1)
Indice de la production industrielle (base 100 en 2000) 96,2 96,0 94,6 -0,2 -1,4
Dont : industries manufacturières 98,9 100,3 101,6 1,4 1,3
BALANCE COMMERCIALE
- Exportations totales 14.317,2 13.963,2 14.437,8 -2,5 3,4
- Importations totales 19.870,8 20.690,2 20.606,9 4,1 -0,4
(2)
- Déficit commercial hors énergie 4.480,4 4.949,4 4.174,8 469,0 -774,6
(2)
- Déficit commercial global 5.553,6 6.727,0 6.169,1 1.173,4 -557,9
- Taux de couverture global (%) 72,1 67,5 70,1 -4,6 points +2,6 points
Hausse des prix à la consommation
- Glissement depuis le début de l’année (%) 2,8 1,7 1,9
- En termes de moyennes mensuelles (%) 6,1 4,5 5,5
Tourisme
- Entrées de non-résidents (1000 personnes) 2.622,5 2.656,0 2.003,4 1,3 -24,6
- Nuitées globales (1000 unités) 11.126,3 11.053,0 8.499,0 -0,7 -23,1
(1) (2)
Au terme du mois de février de chaque année. Variations exprimées en millions de dinars.
PRINCIPAUX INDICATEURS MONETAIRES ET DE FINANCES EXTERIEURES(1) (En MDT sauf indication contraire)
JUIN VARIATIONS EN %
DESIGNATION JUIN 2014 JUIN 2015
2014 2015
DEC.2013 DEC.2014
(2)
PRINCIPAUX AGREGATS MONETAIRES DU SYSTEME FINANCIER
AGREGAT M4 56.780 59.718 4,0 0,6
MASSE MONETAIRE (M3) 56.232 59.241 3,1 0,7
(3)
CREANCES NETTES SUR L'EXTERIEUR 1.642 1.951 -2.218,0 -222,0
CREDITS INTERIEURS 71.360 76.980 6,1 3,8
(3)
CREANCES NETTES SUR L'ETAT 11.613 12.802 1251,0 847,0
(3)
DONT : - BONS DU TRESOR ET EMPRUNT NATIONAL 5.407 6.279 1713,0 394,0
(3)
- COMPTE COURANT DU TRESOR 620 403 421,0 -212,0
CONCOURS A L'ECONOMIE 59.747 64.178 5,1 3,2
(2)
INDICATEURS DE PAIEMENTS EXTERIEURS
(4)
RECETTES TOURISTIQUES 1.445 1.199 14,2 -17,1
(4)
REVENUS DU TRAVAIL EN ESPECES 1.333 1.313 9,6 -1,5
(4)
SERVICE DE LA DETTE 1.408 1.474 -27,4 4,7
(3) (4)
SOLDE COURANT -4.134 -3.985 -739 149
(3) (4)
SOLDE DE LA BALANCE GENERALE DES PAIEMENTS -641 -2 720 639
(1) (3)
Chiffres de fin de période pour les statistiques monétaires et cumulés Les Variations sont exprimées en millions de dinars.
(4)
depuis le début de l’année pour les paiements extérieurs. Variations par rapport à la même période de l’année
(2)
Données provisoires pour 2015. précédente.
TAUX DE CHANGE (EN DINAR) (1)
JUIN VARIATIONS EN %
DESIGNATION JUIN 2014 JUIN 2015
2014 2015
DEC.2013 DEC.2014
1 DOLLAR DES ETATS-UNIS 1,6866 1,9406 -2,4 -4,1
1 EURO 2,3026 2,1764 -1,6 3,9
1000 YENS JAPONAIS 16,5278 15,7743 -5,5 -1,4
1 LIVRE STERLING 2,8554 3,0347 -5,1 -4,5
10 DIRHAMS MAROCAINS 2,0355 1,9855 -1,2 3,9
(1)
Cours moyens du marché interbancaire en fin de période.
34
Périodique de Conjoncture n° 108 JUILLET 2015